Partie XIII - La Croix d’Huriel   La Croix d’Huriel et Rennes le Château   Tintin et les Picaros : saint sang   
NONAGONES LA CROIX D'HURIEL TINTIN PICAROS RENNES CHATEAU

Tintin et les Picaros est le vingt-troisième et dernier album achevé de la série de bande dessinée Les Aventures de Tintin, créée par le dessinateur belge Hergé. L'histoire est d'abord pré-publiée du 16 septembre 1975 au 13 avril 1976 dans les pages du journal Tintin, avant d'être éditée en album aux éditions Casterman en 1976 (fr.wikipedia.org - Tintin et les Picaros).

Turlurons

Dans le Pagus Torlonensis (Turluron, comté de Billom et de Vic), il y avait aussi les vigueries ou vicairies de Roca-Savina (Roche-Savine) Cumliacus (Cunlhat) Vallis Vallornica (Vallorgues) et enfin Libratensis. Les trois premières étaient assez rarement mentionnées dans les cartulaires, certaines n'admettant que la seule vicairie du Livradois. On a constaté à côté des comtés d'Auvergne l'existence de vicomtes carolingiens dont on a tenté, sans  beaucoup de vérité, semble-t-il, d'en dresser une généalogie. Aux VIIIème et IXème siècles, les recueils temporels mentionnent bien les anciennes divisions, mais ne nous renseignent pas sur leur importance et leur réalité. Ce sont à peu près les seuls textes qui en parlent. En 1046, le pape, Urbain II, fait mention du Livradois dans une lettre. Par manque de barrières naturelles, les limites de ce pagus ont dû varier considérablement. Il se trouve généralement inséré entre le Forez au Levant et le Velay au Sud, sans indication précise au Couchant et au Nord. La religion chrétienne a pris grande extension. Les paroisses sont nées et, avec elles, les évêchés, prieurés, abbayes, monastères, suivant une hiérarchie bien précisée, qui rend solide l'implantation du christianisme. L'Eglise détient le pouvoir, concurremment avec les seigneurs, chacun entendant être maître sur son territoire (Jean Parot, Simone Parot, Livradois : mon cher pays, 1993 - books.google.fr).

Torlonia

M. Maret démontrait que les Torlonia étaient de Billomois de Turluron (Torlonensis, 950), et les descendants de fonctionnaires romains encore en place au Ve siècle, retournés après plus de dix siècles vers la terre des ancêtres (Aimé Dupuy, Un personnage de Stendhal : le banquier romain Torlonia, Stendhal club, Volume 11,Numéros 42 à 44, 1969 - books.google.fr).

La maison Torlonia est une famille noble romaine, qui a amassé une immense fortune entre le XVIIIe et le XIXe siècle en administrant les finances du Vatican. Le premier membre notable de la famille Torlonia fut Marino Torlonia (1725-1785), auvergnat de modeste condition, qui devint un richissime banquier à Rome. Né Marin Tourlonias, il était le fils d'Antoine Tourlonias, marchand et paysan d'Auvergne. Son grand-oncle était le prêtre de la paroisse d'Augerolles et l'aida à devenir assistant d'un abbé influent. Marin s'installa finalement à Rome. La famille Torlonia est l'une des quelques familles aristocratiques italiennes qui ont préservé leur place à la cour du pape après le motu proprio «Pontificalis Domus» de 1969. Aujourd'hui, les seules dignités héréditaires encore en vigueur au Vatican sont celles de princes assistants au trône pontifical. Elles sont actuellement détenues par Alessandro Torlonia et Marcantonio Colonna, prince et duc de Paliano. La famille Torlonia accéda à cette dignité en 1958, y prenant la succession de la Maison Orsini qui la détenait depuis 1735. Cette famille a réuni la plus grande collection particulière d'antiques au monde (fr.wikipedia.org - Famille Torlonia).

Il est parlé bien souvent des Torlonia dans l'œuvre de Stendhal. Déjà dans Rome, Naples et Florence, il n'a eu garde d'omettre le père. Dans Racine et Shakespeare, il ne le ménage pas : «...Voulez-vous vous ravaler, dit-il à Canova, à la grossièreté d'âme de ce banquier à qui vingt-cinq ans d'arithmétique (M. Torlonia, duc de Bracciano) et des idées sordides ont valu dix millions ? Dans sa loge, au théâtre d'Argentina, il ne songe qu'au moyen d'attaquer l'impresario et de le payer dix sequins de moins.» Les Promenades dans Rome nous reparlent de «M. le banquier Torlonia, duc de Bracciano». Il y a, surtout à la date du 11 décembre, le récit du fameux bal chez «M. Torlonia, duc de Bracciano», où il nous le présente comme un petit vieillard au regard inquiet, portant «un gilet blanc trop long», et racontant des anecdotes qui ne sont pas à son avantage. Stendhal n'épargne que «ses charmantes filles». Presque toujours en nommant le fondateur de cette nouvelle famille ducale il associe la qualité de banquier au titre de duc de Bracciano, en y ajoutant l'épithète de Juif. Alexandre, le fils cadet de Giovanni, est aussi souvent mentionné et nous le retrouvons de nombreuses fois dans la correspondance, tant officielle que privée, de Stendhal. L'une des lettres les plus significatives est celle qu'il adresse au duc de Broglie en 1835, et où il fait précisément état des talents financiers du fermier «des sels et tabacs» : «M. Alexandre Torlonia, duc de Ceri, le premier banquier de ce pays, se rendit adjudicataire de la ferme des sels et tabacs, il y a trois ans, dans un moment où aucun habitant de ce pays exalté ne croyait à la stabilité du gouvernement de Sa Sainteté. M. Torlonia versa une avance considérable, mais arrangea son contrat de façon à gagner 42 % ; quelques personnes disent beaucoup plus. Le pape, fort content d'avoir trouvé de l'argent, dit alors à Mme la duchesse Torlonia, mère de D. Alexandre : «Votre fils est le mien, il a sauvé l'État.» Maintenant, les énormes bénéfices de M. Torlonia paraissent par des dépenses excessives (Charles Dédéyan, Une hypothèse sur le duc Sanseverina-Taxis de La Chartreuse de Parme, Revue d'histoire littéraire de la France, Volume 38, 1954 - books.google.fr).

Neuillay les Bois

Le rayon allant de Neuillay-les-Bois à La Chapelle-Geneste, à côté de La Chaise-Dieu, passe par : Sauxillanges, Vic-le-Comte, Chambon-sur-Voueize, Neuvy-Saint-Sépulcre.

Il passe aussi par Rochemaure, l'un des sommets de la Croix d'Huriel, et la Croix Valmer, un des lieux légendaires de la vision de Constantin du "Par ce signe tu vaincras".

A l'opposé par rapport à Neuillay-les-Bois, on trouve le Mont Saint Michel.

La Chaise-Dieu arbore dans son blason les roses rouges du pape Clément VI, né à Rosiers d'Egletons, aligné avec Rouziers du Cantal, centre de la Croix d'Huriel, et Neuillay-les-Bois.

Le Précieux Sang

Comme Billom, Vic-le-Comte se glorifiait d'avoir une relique du Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Quelle était exactement la nature de cette relique ? D'où venait-elle ? Comment était-elle arrivée dans notre localité ? Nous avons vainement cherché la réponse à toutes ces questions. Mais nous possédons des documents qui semblent nous indiquer l'époque où on recommença à lui rendre un culte public, après une interruption plus ou moins longue.

L'historien a le droit de demander d'où pouvaient venir ces reliques insignes du Précieux Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'on vénérait non seulement à Billom et à Vic-le-Comte, mais encore dans beaucoup d'autres localités du monde catholique. La réponse à cette question ne saurait offrir de difficulté pour quiconque est croyant. Il est d'abord indiscutable qu'on ait pu recueillir du sang répandu sur le Calvaire par le Sauveur du monde, et il paraît insoutenable qu'il ne se soit trouvé personne pour accomplir cet acte de piété. Ce sang miraculeusement conservé à travers les siècles, a pu être distribué à un nombre d'églises plus ou moins considérables, comme une relique ardemment désirée des fidèles. Mais outre le sang naturel de Jésus-Christ, répandu sur le Calvaire pour le salut du monde, les annales du monde catholique mentionnent, comme absolument historiques, plusieurs événements miraculeux, où l'on a vu des images du Sauveur et des hosties consacrées répandre du sang, qui a été recueilli et précieusement conservé (Memoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand, 1898).

L'église de Neuvy-Saint-Sépulcre (Indre) possède deux gouttes du Sang de Notre Seigneur Jésus Christ, recueillies, au jour de la Passion, sur le Calvaire. Elles ont la forme de deux larmes coagulées. Pur et sans mélange d'eau ni de terre, ce Sang divin est peut-être la plus précieuse relique du monde (www.nonagones.info - La Croix d’Huriel et Rennes le Château : La croix d’Huriel et les nonagones 2).

Bruges

En 865, Bauduin, surnommé Bras-de-Fer, premier comte de Flandre, vint se fixer à Bruges, après avoir résidé longtemps à St. Omer. C'est à peu près à cette époque qu'il se fit construire l'antique palais connu depuis sous le nom de Oudenburcht, qui devint sa résidence ordinaire, ainsi que celle de la plupart de ses successeurs. En même temps, il fit enclaver dans ce vaste bâtiment une chapelle dédiée à St. Basile, où journellement lui et sa cour assistaient au service divin. Cette chapelle existe encore de nos jours; on la nomme chapelle souterraine, parce qu'elle est bâtie précisément au-dessous de celle où tous les vendredis le Saint Sang se trouve exposé. Malgré sa vétusté, elle a résisté à la destruction, et, chose extraordinaire ! aucun changement important n'a eu lieu dans son enceinte intérieure. On y voit encore les vestiges de l'ancienne tribune, d'où les comtes de Flandre assistaient au service divin, ainsi que l'ancien autel en pierres de taille blanchâtres, d'une construction simple et sans art, au-dessus duquel se trouve un bas-relief fort curieux taillé dans une pierre d'une teinte grisâtre, et qui représente le baptême du Christ dans les eaux du Jourdain. Ainsi, constatons le bien ici, la chapelle de St. Basile existait déjà au IXe siècle, et quant à la crypte dont nous parlons, le style de l'autel et le bas-relief qui le décore annoncent par leur caractère qu'ils datent l'un et l'autre des premières prédications évangéliques dans les Gaules. Lorsqu’en 1150, Thierry d'Alsace arriva dans cette ville avec le très-précieux Sang de Notre-Seigneur, il fit construire une autre chapelle à côté de celle dont nous venons de parler. La dédicace en fut célébrée par l'évêque de Tournay qui la consacra en l'honneur de cette sainte relique. Plus tard cette chapelle fut abandonnée à la confrérie des maçons qui la gardent encore aujourd'hui. Au moyen d'une large ouverture pratiquée près de l'autel on avait rendu celui-ci commun aux deux chapelles, de manière que le comte de Flandre qui se trouvait dans l'une était présent aux prières du prêtre aussi bien que les prisonniers du château qui se trouvaient dans l'autre, sans que de part et d'autre on pût se voir toutefois. En faisant construire la chapelle du Saint Sang, Thierry voulut y instituer quatre chapelains, jouissant chacun d'une prébende : ils avaient pour mission la garde de la précieuse relique et le service de la chapelle. Le comte y établit encore un sacristain qu'il dota de la moitié d'une prébende, comme il appert d'après la majoration de ces fondations ordonnée en 1187 par Philippe d’Alsace, fils de Thierry.

La relique aurait été déposée dans la chapelle de Bruges le 7 avril 1150.

Le 13 Avril 1310, une nouvelle extraordinaire se répandit dans la ville de Bruges, et jeta la consternation dans l'âme de tous les habitants. On apprit que le Saint Sang, jusque là conservé miraculeusement à l'état liquide, s'était soudain caillé et durci comme un corps solide.

Il résulte de la lecture de la bulle de Clément V de 1310 que le Sang sacré se liquéfie tous les vendredis et cela dès six heures du matin, de manière qu'on le voit distiller goutte à goutte et circuler dans la fiole tandis que les autres jours de la semaine ce même Sang n'est plus qu'une matière figée, coagulée et pour ainsi dire pétrifiée, et que la procession générale qui a lieu annuellement en l'honneur du Saint Sang, ainsi que la pieuse coutume de consacrer spécialement à cette dévotion la quinzaine qui suit la fête, existent déjà depuis 1303. Cependant cette pieuse cérémonie, qui dès lors devint annuelle, n'a été définitivement instituée qu'en 1311, époque où fut érigée la confrérie du Saint Sang, composée des personnes les plus notables de cette ville qui se choisirent un chef, la veille même de la procession (Jean Jacques Gailliard, Recherches historiques sur la chapelle du Saint-Sang, à Bruges, avec une description détaillée de tous les monuments archéologiques qu'on y admire, 1846 - books.google.fr).

Les Brugeois crurent leur relique enlevée par les Gantois avec lesquels ils étaient en conflit ouvert depuis 1382. Elle avait été cachée dans une fontaine lors d'une procession dont elle était l'objet. Retrouvée par une béguine, ces consœurs eurent l'honneur d'inaugurer les cérémonies de la fête en 1385 (cf. Tintin au Congo).

Sous Charlemagne et le pape Léon III, fut trouvée à Mantoue une première fiole cachée dit-on par Longin, qui perça Jésus de sa lance, et emplie de son sang. Longin se serait exilé dans la ville italienne avant que de repartir pour Césarée de Cappadoce. Sous Léon IX, elle fut de nouveau enterrée lors des guerres, et elle fut redécouverte par le pieux Adelbert grâce à l'intervention de saint André (Jean Jacques Gailliard, Recherches historiques sur la chapelle du Saint-Sang, à Bruges, avec une description détaillée de tous les monuments archéologiques qu'on y admire, 1846 - books.google.fr).

Le jour de la saint janvier, à Naples... Tout à coup, aux orgues, éclate le Te Deum. Le délire s'empare de la cathédrale, car c'est le signe que les reliques ont été transportées sur le seuil de la chapelle, et qu'on peut les vénérer. Les premiers à le faire sont les membres du clergé, ceux de la députation, puis «les Parents». Cela n'en finit pas. Les prêtres offrent aux lèvres des fidèles le buste d'argent et le reliquaire du saint sang. Tous veulent baiser le reliquaire. Le saint sang. Tous veulent baiser le reliquaire. Le buste est fortement patiné. Je ne peux dire qu'il ait ombre de vert-de-gris. Il m'a été raconté, et les Promenades dans Rome de Stendhal le rapportent, que si le sang tarde trop à se liquéfier, la foule le turlupine de ses lazzi. Cette année, il ne s'est pas fait invectiver et bousculer . Il faut croire que vingt minutes n'excédaient pas la patience des gens. Mais ils criaillaient un peu entre eux en se reprochant de rester trop longtemps les lèvres collées au cristal du reliquaire. Il est recommandé d'aller vite. Déjà, le cardinal Mimmi avait pris place au grand autel. La procession se formait de la chapelle au chœur. Tout le monde n'avait pas vénéré son content. Mais les protestations demeuraient vaines. Les «Parents de saint janvier» avaient formé le cordon, et par le nombre, sinon par la force, défendaient leur protoplasme contre l'amour inassouvi de la multitude. La tête de la procession approche du trône du cardinal. Elle s'agenouille (Tadeusz Breza, La porte de bronze: chronique de la vie vaticane, 1962 - books.google.fr).

Et enfin, en 1828, j'ai vu à Naples des familles fort nobles et fort riches croire à la liquéfaction du sang de saint Janvier, qui s'opère à jours fixes, trois fois par an. Les plus jolies femmes ôtent leur chapeau pour que le prêtre puisse appliquer sur leur front le reliquaire qui contient le vénérable sang. Nous avons vu l'une des plus aimables répandre des larmes au moment où elle donnait un baiser à ce reliquaire, et, un mois auparavant, elle s'était donné mille peines pour faire venir de Marseille un exemplaire de Voltaire. L'introduire à Naples n'avait pas été une petite affaire. Les amis de cette dame recrutaient les leurs au café près de la poste, pour aller voir le vaisseau français, et, au retour, chacun prenait un volume de Voltaire dans chacune de ses poches (Promenades dans Rome par De Stendhal (Henry Beyle), Tome 1, 1878 - books.google.fr).

La Chartreuse de Bruges

La Chartreuse Sainte Anne près de Bruges, au diocèse de ce nom (Belgique), destinée à des Moniales, eut pour fondateurs Guillaume Scot, chirurgien, et Marguerite, son épouse. Quelques auteurs attribuent cette fondation, à Baudouin Vosse, riche marchand de Bruges, ou encore, à Bertrand de Vos, gentilhomme flamand. On compte parmi les bienfaiteurs du Couvent Jean Hertsberge, Catherine, son épouse, et Jean, son fils qui devint chanoine de l'église de Bruges. Cette Chartreuse ayant été pillée et saccagée par les Gueux, en 1578, les Religieuses durent se réfugier dans la ville. Réparée quelques années plus tard, elle fut supprimée par l'Empereur Joseph II, en 1783 (François A. Lefebvre, Saint Bruno et L'Ordre des Chartreux, Tome 2, 1883 - books.google.fr).

Saint Sang

Dans le Roi pêcheur, comme Julien Gracq n'est pas iconoclaste et qu'il n'exclut pas du Graal le "Saint-Sang" que répandit celui qui souffrit "dans le jardin des Olives", son théâtre constitue une épopée complète du sang : sang lunaire, sang guerrier, sang sauveur ; il forme un tout qui ne réclame ni complément ni confirmation (Thierry Miguet, Filles-fleurs et flux de sang, Le théâtre des romanciers, 1996 - books.google.fr).

Le Graal, coupe sacrée supposée avoir recueilli le sang  du Christ, serait en fait le Sang Real, le sang royal transmis de génération en génération via tout ce qu'il y a de plus humain (Bertrand Portevin, Le démon inconnu d'Hergé, ou, Le génie de Georges Rémi, 2004 - books.google.fr).

Mais je ne vais pas tourner plus longtemps autour du pot de ladite substance piquante et vais vous livrer tout de go la prose de Claude Gaignebet : «Tombée du ciel, la moutarde [est] Sang Réal (royal) ou Gréal», elle vient «conforter les Andouilles [...] et les trois Pierres en triangle équilatéral [...] qui marquent le parvis du temple...» Tombée du ciel où s'élance le long courrier qui ramène notre trio héroïque à Moulinsart, la moutarde est le Saint Graal, tombé d'un «monstre volant, gros et gris», elle est l'objet de la quête d'Hergé enfin atteint ! Elle vient nous réconforter du chagrin du départ d'un fils de roi, d'un moutard de roi ! Les trois pierres sont là sous nos yeux, en triangle, posées sur un toit de tôle, face à deux colonnes au parvis d'un temple bien couvert, à la gloire de Juan Alcazar, à la gloire des deux Jean. Ces trois pierres font intégraalement partie de la légende du prêtre Jean, «très noble seigneur indien», comme est indien notre général d'Amérique du Sud, général des Indes de l'Ouest... Ici tout est encore si proche de la légende : il est écrit que «Perceval finit par transférer le Graal et rebâtir le Temple dans l'Inde, et c'est le prêtre Jean, ce chef fantastique d'une chrétienté orientale imaginaire, qui hérit (a) de la garde du  qui hérit(a) de la garde du saint Vaissel». Chez les Picaros, le grand oiseau d'acier, le porteur de moutarde, est lui aussi marqué de trois points sur le museau (case D1) ; tel un grand martinet (autre nom du moutardier), il traverse l'azur au nez et à la barbe de deux andouilles, sosies de celles de la page 11. L'étui des pistolets est passé du noir au blanc et la matraque a raccourci, mais les habitants des bidonvilles de rester toujours Gros Jean comme devant... Quelle tristesse ! Mais aussi quelle joie de constater que malgré tout et malgré le monde, le dernier mot d'Hergé à ses petits lecteurs, fut et restera un mot de grand maître : GRAAL. Fallait l'faire ! (Bertrand Portevin, Le démon inconnu d'Hergé, ou, Le génie de Georges Rémi, 2004 - books.google.fr).

Alcazar investit le palais le 23 février, jour de la saint Lazare ! (Bertrand Portevin, Le démon inconnu d'Hergé, ou, Le génie de Georges Rémi, 2004 - books.google.fr).

Ce Lazare n'est pas celui ressuscité par Jésus mais il est de Constantinople et peintre persécuté par les iconoclastes (cf. la BD 9ème art). Il peignit une tableau représentant la vie de Jean Baptiste en reconnaissance d'un miracle par lequel il guérit des blessures infligées à ses mains pour l'empêcher d'exercer son art, et qui eut lieu dans l'église Saint Jean de Constantinople où il s'était réfugié avec l'aide de l'impératrice Theodrora ("don de dieu" en grec : cf. San Theodoros) (Abbé Pétin, Hagiographie des saints, 1850).

Page 11, Tournesol parle de tache de peinture comme il entendait "attachez votre ceinture, professeur", dans l'avion les conduisant à Tapiocapolis.

"cinq (pour) sang"

A la dernière page, Tintin refuse encore les 5% que lui propose Alcazar sur le trésor public, comme il avait déjà refusé la moitié, puis le tiers et les 10% de la réserve d'or de la Banco de la Nacion, à la page 43. A la même page il fait promettre au général une révoltion sans effusion de sang. La seule effusion qui vaille est celle du Christ.

Picaros et Los Dopicos : pique, carreau, et as de pique ?

Dès le XVIe siècle, la littérature espagnole ajoute à son patrimoine une autre forme de roman populaire, le roman picaresque, directement inspiré de la réalité. Dans le roman picaresque, le héros est, en vérité, l'anti-héros, puisque sa conduite est l'opposé de celle d'un héros. Le picaro essaie de survivre en dépit et en marge de la structure sociale en vigueur, tandis que le héros est un élément ou un résultat de cette structure. Il convient de citer l'un des critiques le plus lucide du roman picaresque, le philosophe Ortega y Gasset: «La novela picaresca no puede ser sino realista en el sentido menos grato de la palabra ; lo que posee de valor estético consiste justamente en el que al leer el libro levantamos a cada momento los ojos, y nos gozamos en la confirmación de su exatitud. Es arte de copia». Arte de copia, c'est-à-dire : art du miroir. Et art qui trouve ses personnages, non dans les milieux aristocratiques, mais dans les couches mêmes du peuple, sous la forme de narration la plus convaincante : l'autobiographie. Dans un panorama du roman français du XVIIe siècle, en préface au volume qui a rassemblé, dans la Bibliothèque de la Pléiade, les ouvrages les plus représentatifs du genre, Antoine Adam nous rappelle que «le roman picaresque était à la mode, en France, au début du siècle, et le public lisait, dans le texte espagnol ou dans des traductions, Lazarillo de Tormes, Guzman d'Alfarache, Obregon.» Le même auteur ajoute dans son étude que, «dans le monde que décrivaient les romans picaresques, nulle trace ne restait pour l'esprit chevaleresque ou pour les sentiments délicats.» En Angleterre, au XVIIIe siècle, Henri Fielding déclare avoir recueilli l'héritage littéraire du créateur de Don Quichotte, en reconnaissant, dans le frontispice de son Joseph Andrews, que son roman était une «imitation of the manner of Cervantes». La vérité c'est qu'il s'était inspiré également du roman picaresque. Son autre roman, Tom Jones, est plus proche encore de Don Quichotte, par son humour et son procédé. [...]

Plus proche de Stendhal, le romancier anglais Henry Fielding, — que Beyle admirait beaucoup, au point d'inclure un de ses romans dans une liste des œuvres lui ayant plu davantage, — évoque le miroir à propos du roman, dans le Livre III de The history of the adventures of Joseph Andrews and his friend Mr. Abraham Adams, quand il imagine son livre tel un miroir tendu «à des milliers de personnes dans leur cabinet afin qu'elles puissent contempler leur laideur et s'efforcer de la corriger, leur permettant ainsi au prix d'une mortification secrète d'éviter la honte publique». Stendhal, lecteur attentif, qui repensait ses lectures, aurait dû rencontrer dans le roman de  Fielding l'image du miroir. Cependant ce n'est pas du romancier anglais qu'il s'est souvenu au moment d'épingler l'épigraphe du chapitre XIII du Rouge et le Noir, mais bien du vieil abbé de Saint-Réal. La signature est probante. S'agit-il d'un caprice de sa mémoire, lui offrant un souvenir imprécis et mêlé de ses lectures de De l'usage de l'Histoire ? En vérité, la mémoire humaine, tout au long du temps, parfois se refait ou se recompose, sans que nous nous apercevions de ses petites et trompeuses transfigurations (Josué Montello, Un maître oublié de Stendhal, traduit par Michel Simon, 1970 - books.google.fr).

Les Discours De l'usage de l'histoire, écrits en 1671, énoncent la règle qui semble guider Saint-Réal : “il faut voir dans l'histoire, comme dans un miroir, les images et leurs fautes” (Andrée Mansau, DoDon Carlos, La Conjuration des Espagnols contre la République de Venise de César Vichard de Saint-Réal, 1977 - www.google.fr/books/edition).

On pense au miroir de la Castafiore dans lequel elle se remaquille et qu'elle chante dans un air du Faust de Gounod, lors de son procès.

Un thème est immédiatement apparent et commun au moins à trois de nos ébauches : le thème picaresque, qui traverse le Juif, A-imagination, et Don Pardo ; ici se retrouve plus pur le picaresque que Stendhal a d'ordinaire dilué dans dans ses romans. Je ne parle pas de la «technique» picaresque du roman à laquelle Stendhal demeurerait plus ou moins fidèle, ni de son goût pour une narration familière qui sauve la bassesse des faits ou leur laideur par l'enjouement du conteur, ou de la victime, non plus de sa recherche obstinée du comique dans le roman, recherche vaine, dans la mesure où il n'est pas picaresque, mais voudrait bien l'être. L'affinité la plus vraie qui le lie à l'univers du picaro, c'est dans le choix des personnages, plus que dans les modes du récit, qu'il faut la saisir. La liberté et le cynisme du picaro, à qui «l'ordre du monde ne pèse guère», qui s'engage «sur une route grande ouverte, sur un avenir où ses actes ne le suivront pas», si prompt à se délivrer du malheur «par une simple secousse des épaules» sont une tentation stendhalienne maintes fois éprouvée ; à coup sûr le roman stendhalien implique «le principe de réalité», l'insertion du héros dans un monde sévèrement assumé ; mais quand il voudrait ne pas s'élever jusque-là, le picaresque triomphe, et nommément dans l'ébauche et le fragment Elles ne sont que latentes dans les autres œuvres, ces formes du picaresque que l'écrivain ici laisse se développer (Michel Crouzet, Romans abandonnés de Stendhal, Bibliothèque 10/18, 1968 - books.google.fr).

Ainsi la nouvelle intitulée Le Juif tente de brosser le portrait de ce commerçant-né. De fait, elle ressemble plaisamment à un registre de comptabilité, par certains points (Josiane Attuel, Le style de Stendhal: efficacité et romanesque, 1980 - books.google.fr).

Stendhal admirait qu'un juif de la plus vulgaire condition eût assez d'habileté pour grossir sans limite sa fortune, et l'établir si solidement que rien d'important ne pût se réaliser sans lui dans l'Etat. Ce juif, c'était encore, en 1829, Torlonia (Henry Lapauze, L'Académie de France à Rome, La Nouvelle revue, Volume 8, 1909 - books.google.fr).

Dans une lettre d'Hergé à Marcel Dehaye, le 25 juin 1948, il dira avoir emporté un ouvrage de Montaigne et La Chartreuse de Parme, de Stendhal (Philippe Goddin, Hergé : lignes de vie, 2007 - books.google.fr).

"Je vous ai compris" : putsch

Un Dupondt parodie la phrase du général de Gaulle prononcée à Alger en 1958 (page 60). Il y a aussi la contrepétrie des mêmes : "tendre enfance" et "france entendre".

«Je vous ai compris» est resté un souvenir au moins aussi marquant que le «Vive l'Algérie française !» pour les Pieds-noirs. À la suite de ces phrases, l'acceptation par de Gaulle de l'autodétermination algérienne leur a donné un sentiment de trahison. De Gaulle fut ainsi détesté par certains partisans de l'Algérie française. L'organisation terroriste l'OAS, organisa l'attentat du Petit-Clamart le 22 août 1962 contre lui. Le décalage entre la phrase du général de Gaulle prononcée en 1958 et la conclusion du conflit algérien en 1962 fit dire à l'humoriste Pierre Desproges que le texte réel aux Pieds-noirs était : « Je vous hais ! Compris ?»

L'arrivée au pouvoir du militaire De Gaulle en 1958 a été fortement favorisée par la prise de contrôle officielle de l'Algérie par les militaires français qui firent pression pour évincer Pflimlin du pouvoir, supposé favorable à la négociation avec le FLN (fr.wikipedia.org - Je vous ai compris).

Je discutais sur les vins, lorsque j'ai vu descendre de la diligence de Marseille M. Buisson, négociant d'Alger, qui veut bien se charger de nos petites affaires en ce pays-là. M. Buisson se rend à Pont-en-Royans, où il possède une fabrique de draps : il cherchait une voiture; je lui ai offert la mienne pour le mener dans son pays, que M. Bigilion m'a vanté comme fort pittoresque, et ce matin, à cinq heures, nous avons quitté Valence, Il m'a dit, chemin faisant, de drôles de choses sur Alger, où il était il y a six jours. Avant le sage maréchal Valée, notre légèreté et notre jactance avaient si bien fait, que les Arabes croient fermement que les Français sont un peuple misérable, mourant de faim sur le rivage de la Méditerranée, autour d'une ville qui n'est pas le quart d'Alger, et que l'on nomme Marseille. Ces Français, ne sachant que devenir, viennent à Alger pour voler les bœufs; ce sont d'ailleurs les plus fous des hommes. Un jour ils fusillent leurs prisonniers; le lendemain, la peur naturelle qu'ils ont des Arabes leur revient, et ils accablent leurs prisonniers de cadeaux. En vérité, me dit M. Buisson, ce qu'il y aurait de plus sage, ce serait d'enlever cinquante Arabes de quarante ans, et de les conduire à Paris, où on leur donnerait un logement aux Invalides et dix francs par jour. De retour dans l'Atlas, ils diraient ce qu'ils ont vu. Jusque-là, avec tant d'esprit, notre vanité inquiète n'aura réussi qu'à se faire complétement mépriser par la gravité arabe (Mémoires d'un touriste par de Stendhal (Henry Beyle), 1891 - books.google.fr).

Exécration de l'alcool et exécration du sang versé

À Potosi, deux semaines avant le carnaval, on célèbre Compadres, les Compères, en marquant par un rituel le lieu de travail et tous les outils que le mineur utilise La ch'alla évolue toujours vers une ivresse collective. «On boit d'abord des verres d'alcool fin et cher, puis il faut sortir nos réserves d'eau-de-vie.» Il y a en effet une différence qualitative entre l'alcool blanc de raisin, le singani, qui est un produit industriel proche de la grappa, et l'eau-de-vie distillée dans des alambics de fortune, à laquelle on ajoute des substances diverses, pour en accroître l'acidité et la force. La ch'alla à la Terre-mère se fait uniquement avec de l'alcool blanc, généralement le plus fort en teneur alcoolique. Les autres boissons comme les bières sont réservées à la consommation locale et familiale. Le jour de la fête des Compères, on va chercher dans la mine tout le minerai que l'on peut porter et on le dépose à l'entrée, puis on fait une ch'alla, on boit, on mange, on mâche des feuilles de coca et on invoque la Pachamama et le Gardien pour leur demander protection et fécondité. Le vendredi précédant les Compères est le jour où le Tata Kajchu, le Christ des mineurs, symbolisé par une image du Christ en croix que l'on trouve à l'entrée de chaque mine, est porté à l'extérieur. En fait, chaque coopérative sort son christ et toutes s'organisent pour fournir les boissons alcoolisées, la nourriture et les ornements de l'image, et pour lancer les cartouches de dynamite annonçant la fête. Les images sont portées par les membres des coopératives jusqu'à un local loué pour les réjouissances ; les mineurs y dansent, y mangent et y boivent, et «certains sont tellement ivres que leurs parents doivent les ramasser par terre». Le lendemain, le samedi, les coopérativistes amènent leur Tata Kajchu à la messe. Une fois la messe terminée, les images sont ramenées au local et la fête continue. Le Tata Kajchu est porté à l'entrée de la mine le jour de Compadres.

À Oruro, en Bolivie, des spécialistes religieux, qu'on appelle yatiris, célèbrent le rituel du Karaku la dernière nuit du mois de juillet ou le 1er août. Celui qui a été préposé à la fête descend dans les galeries accompagné des yatiris et de deux autres mineurs qui conduisent les lamas qui seront sacrifiés lors du rituel. Une fois arrivés au niveau désiré (souvent un endroit où il y a eu un accident mortel), les yatiris invoquent le Tío et une divinité féminine appelée Awicha, pour leur demander de nouveaux filons et protection contre les accidents. L'Awicha est une «grand-mère», et quand un accident arrive dans la mine c'est parce qu'elle a puni les ouvriers. Selon certains témoignages, le Tío est bienveillant et son pendant féminin est méchant. D'autres mineurs disent que l'Awicha est l'épouse du Gardien, qu'elle tempère ses colères et qu'il faut l'invoquer quand il y a une explosion de dynamite «qui fait trembler la terre». Une fois les invocations faites, les yatiris aspergent les parois et le sol de la mine de plusieurs types d'alcool, eau-de-vie et vin. Puis ils font un piccho. Les yatiris sacrifient ensuite les deux lamas, une femelle et un mâle. On égorge d'abord le lama femelle , dont le sang est récupéré dans un récipient. Puis le yatiri lui arrache le cæur encore palpitant et le dépose dans un autre récipient avec des feuilles de coca, des cigarettes et de l'alcool. Il va ensuite enterrer ce récipient sous la statuette du Tío, tout en invoquant la divinité de la mine pour lui demander protection pour les travailleurs. Enfin, il asperge le sol avec le sang du lama sacrifié. Un second yatiri procède de la même manière, en sacrifiant l'autre lama, le mâle En une sorte de prière, il nomme tous les endroits dangereux, tous ceux où un accident a eu lieu, étonnante géographie souterraine et macabre. Puis il enterre le cæur de l'animal sacrifié dans l'endroit le plus «mangeur» de force et d'énergie vitale, et il asperge également les parements du sang de l'animal Les corps des lamas sacrifiés sont ensuite transportés à l'extérieur où ils sont cuits et servis aux mineurs et leurs familles sur le carreau de la mine. Il faut souligner que, pendant ce rituel sacrificiel, l'alcool est toujours utilisé pour asperger. Il y a un parallélisme entre alcool et sang animal, liquides qui servent de nourriture aux divinités telluriques.

Contrairement aux mineurs boliviens, ceux de Huancavelica au Pérou ne pratiquent pas de rites hebdomadaires, mais ils participent à un rituel collectif annuel (en février ou en août) consacré au Muki, qui a pour but de lui demander fécondité pour la mine et protection. Le rituel est exécuté par un spécialiste venu pour cette occasion à la mine. Le jour de la cérémonie, il descend au fond des galeries accompagné des représentants de toutes les sections et dresse une table rituelle composée de plusieurs offrandes disposées en rangs, et divisée en deux parties : une partie droite, masculine, avec des offrandes destinées au Muki, et une partie gauche, féminine, avec des offrandes en paires destinées à plusieurs personnages féminins. Levant les offrandes du côté droit il invoque le Muki pour lui demander sa protection, son autorisation pour entrer travailler dans la mine, des richesses et du bien-être pour les mineurs. Levant ensuite les objets du côté gauche il invoque la Pachamama, la Terre-mère, la Vierge et un personnage féminin diabolique conçu comme la femme du Muki (Collection Mutations, Numéros 190 à 193, Autrement, 2000 - books.google.fr).

L'exécration est l'action d'exécrer, du latin secratio, consecratio, action de sacrer ou consacrer, et ex, dehors. Exécration exprime deux actions différentes, celle de perdre la qualité de sacré, et celle d'attirer ou provoquer contre quelqu'un la vengeance divine. Dans un sens relâché, il désigne encore une sainte horreur, l'horreur la plus profonde, ou même l'action digne de cette horreur. Il s'agit de l'exécration qui réclame la colère du ciel contre un objet (François Guizot, Dictionnaire universel des Synonymes de la langue française, Tome 1, 1850 - books.google.fr).

Le mois de février est à l'opposé du mois d'août en représentation circulaire de l'année.

 

Oruro est une ville de Bolivie, capitale du département d'Oruro et chef-lieu de la province de Cercado. Elle est située entre les deux capitales du pays : à 197 km au sud-est de La Paz et à 230 km au nord-ouest de Sucre, près des rives du lac Uru Uru. La ville est fondée en 1606 comme centre minier d'argent. Elle s'appelle alors «Ville Royale de Don Felipe de Austria» en l'honneur du roi d'Espagne Philippe III. Elle est abandonnée lorsque les veines du précieux métal s'épuisent mais est rétablie à la fin du XIXe siècle comme centre minier d'étain. Pendant un temps la mine d'étain «La Salvadora» est la plus importante du monde. Cette ressource s'épuise progressivement à son tour et Oruro connaît un second déclin. La ville tente actuellement de remédier à son déclin en essayant d'attirer de nombreux touristes. Cela grâce notamment au Carnaval reconnu par l'UNESCO comme patrimoine culturel de l'humanité. On y voit des danses telles que la diablada, la morenada, los tobas, los caporales, la saya, la kullawada et d'autres. À l'époque du mardi gras, la ville voit affluer un nombre considérable de touristes venus du monde entier pour assister ou participer aux festivités.

Les cérémonies proviennent de coutumes andines, des invocations faites autour de la Pachamama (la Terre Mère, transformée en la Vierge Marie en raison du syncrétisme chrétien) et Tio Supay (Oncle Dieu de la montagne, transformé en diable). Les cérémonies indigènes Itu ont été stoppées au XVIIe siècle par les Espagnols, qui étaient au pouvoir sur le territoire du Haut-Pérou à l'époque. Toutefois, les Uru ont continué à célébrer le festival sous la forme du rituel catholique de la Chandeleur, pendant la première semaine de février. Les icônes chrétiennes ont été utilisées pour cacher les représentations de dieux andins, et les saints chrétiens représentaient des divinités andines. Aujourd'hui, le carnaval dure quatre jours pour se clore à Mardi Gras. La légende raconte aussi que, en 1789, une fresque de la Vierge Marie apparut miraculeusement dans un des puits de la mine d'argent la plus riche d'Oruro. Depuis, le Carnaval a lieu en l'honneur de la Virgen de la Candelaria (Vierge de la Chandeleur) ou Virgen del Socavón (Vierge de la Mine). Les éléments les plus importants du carnaval se produisent maintenant autour de la Sanctuaria del Socavón (L'église de la Mine).

Le carnaval commence par une cérémonie dédiée à la Virgen del Socavón. Des fanfares jouent dans la grotte de Pie de Gallo, le dimanche, ce qui représente le salut à la Vierge. Le point culminant du carnaval en est la grande procession qui voit défiler, pendant vingt heures et sur un parcours de quatre kilomètres, plus de 28 000 danseurs et 10 000 musiciens par groupes de cinquante danseurs. Ces groupes présentent diverses danses typiques du folklore comme les Caporales, Diablada, Kantus, Kullawada, Llamerada, Morenada, Potolo, Pujllay, Suri Sikuris, Tinku, Tobas et Waca Waca. La procession se termine par la présentation de deux pièces de théâtre, qui rappellent les mystères médiévaux. La première a pour thème la conquête espagnole tandis que la seconde tourne autour de la bataille classique entre le bien et le mal, avec l'archange Michel qui triomphe du diable et des sept péchés capitaux. L'adoption de ce dernier a été introduit par le clergé catholique en 1818 (fr.wikipedia.org - Oruro).

Tintin, toujours dans la position du missionnaire : exécration de tout ce qui n'est pas cacatholique donc.

Pour la grosse tête du carnaval de Tapiocapolis on pense à Nice, à Laeken, ou à L'Entrée du Christ à Bruxelles du Belge Ensor mâtinée de grosses têtes du Danois Asger Jorn comme on les retrouve dans les dessins à la plume d'Alfred Kubin (Francine-Claire Legrand, Ensor, Cet Inconnu, 1971 - books.google.fr).

Les anciennes mines de Potosi se trouvent entre la ville de Sucre et les mines de Huanchaca, sur la route que prolonge la voie ferrée de Antofogasta à Sucre. Elles se trouvent au pied ou au flanc d'une montagne qui s'élève aussi haut que le Mont-Blanc (4,888 mètres). M. de Humboldt a calculé que de 1545 à 1800 les mines d'argent de Potosi avaient produit 872 millions de francs. Elles ont été abandonnées au XVIIIe siècle, puis reprises, délaissées de nouveau et reprises encore par une Société anglaise. A une assez grande distance des mines de Potosi on rencontre celles de Huanchaca, non moins célèbres à notre époque que celles de Potosi au xvi1e siècle. Les mines de Huanchaca ont été exploitées avec plus de soin que celles de Potosi. Elles paraissent fort riches ; mais comme elles ont donné lieu à une spéculation dangereuse, nous nous contenterons de dire qu'en 1885 les droits d'exploitation du Trésor bolivien lui ont rapporté 1,761,936 fr. Si la baisse de l'argent n'avait fait les progrès auxquels la production de ces mines n'est pas étrangère, les actionnaires palperaient encore de fort beaux dividendes. On peut citer parmi les autres mines d'argent de Bolivie, celle de Guadalupe, celle de San Antonio de Lipez, celles de Porco, de Colquechaca, de Gallofa, Nueva Virginia, Gran Poder Alianza, Esmoraca, Flamenca, Guariguari, Andacaba, toutes situées dans le département de Potosi. Ce n'est là, bien entendu, qu'une indication ; elle n'est pas limitative, il faudrait un volume pour énumérer toutes les mines d'argent de la Bolivie. Citons cependant quelques mots des mines d'Oruro, situées au nord du lac de Poopo, entre ce lac et celui de Titicaca.

Les mines d'or sont moins riches ; mais on trouve de l'or dans toute la Bolivie comme de l'argent, quoiqu'en quantité beaucoup moins considérable. Le principaux gisements se trouvent dans le département de la Paz, de Béni et de Chuquisaca. Sans que l'indication soit absolue, l'or se rencontre plutôt au nord et l'argent plutôt au sud de la Bolivie. Mines principales : celle de Tupuani, le long du Tupuani, affluent du Beni, l'un des bras principaux de la Madeira. Nous sommes dans le haut bassin de l’Amazone, tandis que Potosi, Huanchaca, Sucre sont dans le bassin du Pilcomayo, Paraguay et la Plata ; mines de Chuquiaguilla, d'Araca, de Palca, même bassin. Dans le bassin du Pilcomayo, mines de Copacisco, Estaros Pilaya. La production de l'or, en Bolivie, est actuellement sans importance : 67,000 dollars par an (L'Economiste français, 1894 - www.google.fr/books/edition).

Cf. la réserve d'or de la Banco de la Nacion (page 43).

Stendhal et Bolivie

Stendhal parle de l'"anthropophage du Potose" (Potosi) dans son Histoire de la peinture en Italie (Paul Arbelet, Victor Del Litto, Ernest Abravanel, Histoire de la peinture en Italie, Volume 27 des Œuvres complètes de Stendhal, 1969 - books.google.fr).

Ce qui permet de relier à l'album de Tintin au Tibet avec son yéti.

Dans les pays andins sévit un personnage que l'on appelle pishtako, au Pérou, likichiri ou kharisiri en Bolivie, et qui présente un certain nombre de traits qui le rapprochent de façon étonnante de notre loup-garou bas-dauphinois. Loin de nous rappeler simplement les nombreuses rumeurs contemporaines qui naissent régulièrement en Amérique latine (notamment sur le trafic d'organes), le pishtako possède une véritable profondeur historique : toujours bien vivant à notre époque, il est en effet connu depuis le XVIe siècle. En 1987, le bruit se répandit à Ayacucho (Pérou) que des égorgeurs, ayant envahi la ville sur ordre du président de la République, tuaient les paisibles citadins afin de prélever leur graisse, laquelle servait à payer la dette extérieure du pays au même titre que la cocaïne. Extrêmement malfaisant, le pishtako n'est cependant qu'un simple être humain dénué de pouvoirs surnaturels. Il assassine les Indiens (toujours afin de prendre leur graisse) généralement la nuit, dans les lieux isolés, confins, limites et autres zones liées à l'extériorité de la communauté. En effet, il s'agit toujours d'un «autre», espagnol autrefois, gringo aujourd'hui, prêtre, moine ou tout au moins d'un personnage qui se met en marge du groupe par son activité au service des dominants. En effet, il ne travaille pas pour son compte, mais pour un commanditaire, qui peut être le gouvernement, l'ingénieur des Ponts-et-Chaussées, le propriétaire d'une mine, etc. Autrefois, il était protégé par les ecclésiastiques. Quant à la graisse humaine ainsi prélevée, elle est destinée à la fabrication des médicaments, à l'amélioration des alliages métalliques, au graissage des avions («aceite de christianos para los aviones»), ou des ordinateurs, ou à tout autre usage technologique au profit des blancs. Mais ce qui retient particulièrement notre attention, c'est qu'à l'époque coloniale, on disait que cette graisse humaine favorisait la fonte des cloches, dont la sonorité était d'autant plus belle que la voix des personnes ainsi sacrifiées était agréable (Charles Joisten, Robert Chanaud, Alice Joisten, Les loups-garous en Savoie et Dauphiné. In: Le Monde alpin et rhodanien. Revue régionale d'ethnologie, n°1-4/1992 - www.persee.fr) (www.nostradamus-centuries.com - IX, 10 - Catalogne, Navarre et Dauphiné - 2110-2111).

Lik'ichiri (Aymara lik'i fat, grease, fatness - chiri a suffix, "fat remover", lik'ichiri a supernatural creature of the Andean cultures, hispanicized spelling Likhichiri, equivalent to pishtaco in Peru) is a mountain in the Andes of Bolivia in the Potosí Department, Tomás Frías Province, Potosí Municipality. It lies north of Potosí and the river Samasa and east of the village Tarapaya. Lik'ichiri is about 4,086 metres (13,406 ft) high (en.wikipedia.org - Likichiri).

Procès inique

On pense au procès de Burgos, en 1970. L'ETA essaya de libérer les accusés au moyen d'un tunnel percé sous la prison où ils étaient enfermés (en.wikipedia.org - Burgos trials).

Le monothéisme, en rendant d’autant plus dramatique la question du mal qu’il est difficile d’en rendre responsable le Dieu unique, créateur d’une création bonne, selon le premier chapitre de la Genèse, ne peut qu’un jour ou l’autre déboucher sur le soupçon et le doute, puis sur la question du pourquoi. Dès lors, et malgré la part de tremendum qui demeure dans le corpus biblique, le procès devient envisageable entre deux interlocuteurs qui excluent le recours possible à un tiers, ou l’éliminent a priori : le Dieu unique d’un côté et, de l’autre, le peuple d’Israël son élu. Mais qui va alors intenter le procès ? Les deux parties l’une contre l’autre ! C’est ainsi que nous trouvons d’abord Dieu en procès contre son peuple, puis le peuple ou un de ses représentants en procès contre Dieu, ce qui enfin nous amènera à voir comment le procès est repris avec le Christ dans le Nouveau Testament.

Fils d’Israël

Écoutez la parole de Yhwh.

Yhwh plaide contre les habitants d’ici !

(Os 4,1)

Dans la mesure où nous avons là très vraisemblablement une des plus anciennes évocations du procès pour dire la relation de Dieu à Israël, nous avons du même coup une des plus anciennes concrétisations d’une conception particulière de cette relation, induisant déjà peut-être ce que doit être la relation de l’humanité au Dieu unique. Car Dieu est aussi le juge des comportements humains non seulement vis-à-vis de Lui-même mais vis-à-vis des humains entre eux. Ainsi avons-nous sans doute ici un des premiers témoignages de ce que dut être la conception de la Loi divine fondamentale pour les premiers prophètes écrivains, précisée par deux types de transgression : les transgressions qui concernent directement Dieu et donc sa non-reconnaissance comme Tel («Plus de Désir pour Yhwh», Os 4,1c), et les manifestations de violence et d’injustice à l’égard du prochain (« Jurer tromper tuer voler / et toujours adultères / Et tout se multiplie / le sang se mélange au sang », Os 4,2).

Mais ici comme en tout procès, il y a deux parties, Yhwh et Son peuple ; et l’« autre » partie peut aussi entrer en procès, soit communautairement, soit individuellement. On pense ici assez spontanément à Job osant se présenter la tête haute devant la cour divine de justice.de par son époque, le livre de Job se situe à un moment particulier de l’histoire d’Israël, marqué par un déploiement de la réflexion théologique en héritage et dans une certaine différence de la théologie impliquée par les grands prophètes pré-exiliques. Car le polythéisme dépassé, et épuisée la solution au problème du mal par la responsabilité d’Israël auquel Dieu fait procès pour son idolâtrie et son irrespect du prochain, demeure le mal précisément, dans son injustice et son excès fondamental. S’éprouve alors la nécessité d’un dépassement de la problématique prophétique traditionnelle.

Ce dépassement se fait déjà sentir dans le vieux prophétisme préexilique, ainsi que nous l’avons évoqué par quelques références prises chez Amos. Les choses apparaissent plus nettes chez Ézéchiel qui annonce une expression littéraire nouvelle qu’on peut qualifier d’apocalyptique.

L’apocalyptique nous a déjà assuré la transition vers le Nouveau Testament. Mais ici, le procès ne sera pas que métaphorique dans la mesure où les Évangiles, mais aussi les Actes des Apôtres présentent de véritables procès contre le Christ puis contre ses disciples. Cependant la métaphore ne perdra pas ses droits dans la continuité du discours prophétique et de l’imagerie apocalyptique. Cependant, et c’est peut-être par là qu’il faut commencer pour respecter une spécificité fondatrice du Nouveau Testament, l’Évangile, tel que Paul en particulier en donnera l’intelligence, se place sous le signe d’une certaine critique et donc relativisation de la Loi.

Le procès montre un Jésus accusé, vaincu d’avance. Mais un tel procès révèle vite ses enjeux symboliques, transcendant le réalisme narratif. En définitive, c’est l’humanité qui accuse un juste, qui lui fait procès, sans savoir ce qu’elle fait, par-delà le fait divers plus ou moins anecdotique et le réalisme narratif et historique. Quant à Jésus lui-même, si la Résurrection va révéler sa dimension divine – de Fils de Dieu –, le procès révèle son humanité dans ce qu’elle subit de pire, le mal que l’homme fait à l’homme, moralement et physiquement, avec à la clé l’injustice et la violence.

Jésus convie l’humanité à une sorte de gigantesque procès quand «viendra le Fils de l’homme dans sa gloire» : Les messagers du Seigneur feront cercle autour de lui, et il prendra place sur son siège de gloire. Les peuples se rassembleront devant lui. Et, comme le berger sépare brebis et chèvres, il les départagera. Les brebis iront à sa droite, les chèvres à sa gauche (Mt. 25,31-32). On connaît cette scène souvent dite du «Jugement dernier». Il s’agit bien pour le Fils de l’homme, à travers cette métaphore de jugement, d’établir les responsabilités de chacun, et donc de les juger. Ainsi les uns recevront «l’héritage du Règne» (Mt 25,34), tandis que les autres «se dirigeront vers le châtiment éternel» (Mt 25,46).

Notons pour finir qu’une telle «parabole» reste dans la logique de la justice réclamée par les prophètes, mais cette fois les deux articles de la Loi prophétique sont pour ainsi dire fondus en un seul. En effet, alors que les prophètes dénonçaient par la métaphore du procès divin, d’une part les insultes faites à Yhwh, d’autre part les injustices commises contre le prochain, dans la scène du Jugement dernier, le Christ identifie celui qui juge à celui qui a soit bénéficié des bienfaits des justes, soit souffert des négligences des insouciants. Le Fils de l’homme identifié aux affamés, aux assoiffés, aux étrangers, aux pauvres, aux malades et aux prisonniers, fond pour ainsi dire en une seule et même loi l’exigence du respect divin et de l’amour fraternel.

Le procès peut dès lors se clore, même si à travers celui que vivra le Christ dans sa Passion se poursuivra ce mystère du mal livrant le juste à l’injustice et à ce qu’un procès peut toujours avoir d’inique (Gibert Pierre , Le procès dans la Bible, 2007 - esprit.presse.fr).

Qu'est-ce qu'elles lui ont fait, les chèvres ?

«Lorsque a deux ou trois d'entre vous seront réunis en mon nom, moi-même je serai là au milieu d'eux» (Ubi enim sunt duo vel tres congregati in nomine meo; ibi sum in mcdio corum, Matth., XVIII, 20) (Louis-Gaston de Ségur, Mois du Sacré-Coeur. Le Sacré-Coeur de Jésus, 1872 - books.google.fr).

Le droit est défini par François Ost comme Référent, tiers au sens fort — non seulement porte-parole de la loi ou juge impartial mais, plus fondamentalement, Autre qui permet de se décentrer d'un vécu fermé sur des relations bilatérales (moi vs un autre) et développer une subjectivité autonome (soi comme un autre). Outre qu'elle permet un clin d'oeil à l'un des mantras de son auteur, que l'on pourrait traduire par «1 + 1 = 3» (Diane Bernard, Symbolique et lien social : le droit comme tiers, Le droit malgré tout: Hommage à François Ost, 2019 - books.google.fr).

Le théâtre d’Eschyle est contemporain à Athènes d'une rénovation juridique : fin de la vengeance, reconnaissance de la délibération, institution du juge impartial. En retraçant la naissance de cette figure du «tiers», l’impossibilité de son maintien, selon Ost, apparaît significative dans le sentiment de tragique moderne de Kafka (static.fnac-static.com).

Comme l'illustre sa lecture de Kafka, les dérives du Procès sont dues à un déficit de symbolisation, un rapport à l'autre faussé par l'absence d'un tiers que devrait être le droit (Diane Bernard, Symbolique et lien social : le droit comme tiers, Le droit malgré tout: Hommage à François Ost, 2019 - books.google.fr).

Le procès de la Castafiore

L'événement, représenté dans la tapisserie achetée par les Musées de Bruxelles en 1964 La Justice (Justitia) désarmée par la Miséricorde (Misericordia), se joue sur un double plan : au-dessus, dans un lieu céleste et idéal, et en dessous, sur la terre elle-même. Dans la partie supérieure, on voit à gauche comment les Vertus, émues par les malheurs de l'humanité pécheresse, délibèrent sur ce qu'elles ont à faire. Elles sont conduites par la Justice (Justitia) et la Force (Fortitudo). [...] Parmi les Péchés capitaux, on remarque Superbia, l'Orgueil (écu avec un aigle ou un phénix), Luxuria (blason avec une sirène tenant un peigne et un miroir), Gula, la Gourmandise (écu avec un poisson), Ira, la Colère (coiffée d'un casque et tenant un cimeterre), Avaritia (reconnaissable à la bourse qu'elle tient à la main, et la ruche d'abeilles (?).

La seconde partie de cette représentation se passe sur la terre même. L'humanité s'adonne entièrement aux plaisirs terrestres et aux amusements futiles. On entend partout de la musique frivole ; des couples d'amoureux s'amusent dans une nature en fleurs. Dans l'eau fraîche d'un ruisseau, on a placé une cruche de vin pour étancher la soif de ces joyeux étourdis. […] Cette fête est cependant interrompue brutalement. Le personnage principal de cette assemblée, le jeune homme, symbole de l'Homo, gît entre ses compagnes. La Force (Fortitudo) fait irruption, brandissant son épée, au milieu de ceux qui festoyaient étourdiment, et elle produit une consternation générale dans le petit groupe central. Justitia est également descendue des régions célestes où se  tenaient les Vertus, et elle attaque une femme agenouillée, qu'il faut peut-être identifier avec Culpa, la Faute. Entre elles cependant vient s'interposer Misericordia ou la clémence qui retient le bras vengeur de sa compagne. Apparemment, Misericordia exécute ici la décision finale du grand Procès de Paradis, où elle a réussi à exciter la pitié du Juge divin Tapisseries bruxelloises de la pré-Renaissance: exposition, Bruxelles, 22 janvier-7 mars 1976, 1976 - books.google.fr).

 

La Justice (Justitia) désarmée par la Miséricorde (Misericordia), vers 1500 -Musées royaux d'art et d'histoire, Bruxelles - primo.getty.edu

On reconnaît la clémence de Tintin pour éviter de verser le sang des opposants à Alcazar ; la musique mondaine de la cantatrice Castafiore, présentée comme une sirène, en effet l'artiste arbore un miroir au tribunal (pages 47-48). Il manque le peigne.