Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Stenay et Dagobert II : transgression du possible, et pet sur la terre   
DAGOBERT II ROI ET A SION EST CE TRESOR ET IL EST LA MORT PETIT PARCHEMIN BLAISE PET SUR LA TERRE STENAY

J'ai eu des regards avec une nana, mon avis y'a une ouverture (Les Bronzs, 1978)

Bon, ben va pas tre possible (Les Bronzs font du ski, 1979)

Le message cod contenu dans le petit parchemin serait : A DAGOBERT II ROI ET A SION EST CE TRESOR ET IL EST LA MORT

Stenay se trouve sur l'axe nonagonal du 7 septembre, lendemain du 6. La mort de Dagobert II un 23 dcembre permet de runir ces deux dernires dates sur la division des nonagones en 54. Dagobert est ft aussi le 2 septembre (translation de son corps dans la chapelle royale de Stenay) et le 10 septembre (Martyrologe de Bde) (Construction de la Croix dHuriel : Calendrier de la Croix dHuriel, Autour de Rennes le Chteau : Orval et le 6 septembre).

Ce 6 septembre 1633, le cardinal de Lorraine, nanti des pouvoirs requis, accepte les clauses d'un nouveau trait, dit de La Neuveville. Il se rend aussitt Saint-Dizier pour transmettre Charles IV le texte prpar par Richelieu.

Le trait de La Neuveville sign le 6 septembre par le cardinal de Lorraine aurait t complt d'articles additionnels signs le 20 Charmes par Charles IV lui-mme, ratifis le jour mme ou le lendemain par Louis XIII.

Les destins de Marsal, Stenay et Jametz seraient lis la fidlit du duc de Lorraine envers ses engagements passs et envers le roi trs chrtien (Jacques Bernard, Abraham-Nicolas Amelot de La Houssaie, Recueil des traitez de paix, de trve, de neutralit, de suspension d'armes, de confdration, d'alliance, de commerce, de garantie, et d'autres actes publics, Volume 3, 1700 - books.google.fr, Le cardinal de Richelieu la conqute de la Lorraine: correspondance, 1633, rdacteur : Marie-Catherine Vignal Souleyreau, 2010 - books.google.fr, Mmoires de la Socit d'archologie lorraine et du Muse historique lorrain, Volume 10, Socit d'archologie lorraine, 1860 - books.google.fr).

Le 6 septembre 1664, MM. de l'Etat de Stenay, accompagns du cur Jean Floncel et du prvt Nicolas Martinet du Jardinet, font une visite de l'glise, dont ils envoient le procs verbal au prieur, Charles de Lorraine. Ils constatent, pour ce qui regarde les toitures que des chevrons qui sont dessoub la toicture, moiti pourroient servir ; que les lattes ne vallent rien, et en fault de neuves ; que les ardoysses sont en partye pourryes de vieillesse, ausi bien que les bois ; les cloux rouilles et fort caducques ; que moiti des vieilles ardoisses pourroient servir, avec 28 30 milliers de neuves, les cloux l'avenant . (Revue historique de la Lorraine, Volume 52, Socit d'archologie lorraine et du Muse historique lorrain, 1903 - books.google.fr).

Le 30, on apprend que 50,000 Prussiens et Autrichiens s'avancent sur Verdun et qu'une colonne va faire le sige de Sarrelouis. Dumouriez masse alors ses troupes du 1er au 5 septembre Stenay, aux Islettes, prs de Clermont, dans la fort et les dfils d'Argonne. Il emprunte des secours aux camps du Nord o entraient dj un nombre assez imposant de volontaires dpartementaux. Parmi ceux-ci, le 1er de l'Orne, colonel Fromentin, le rejoint appel par Dillon et quitte le Quesnoy le 2 septembre, tandis que le 2e de l'Orne arrive au camp de Pont-sur-Sambre le 4. Le mouvement ordonn sur la frontire, du 1er aot 1792 au 31 janvier inclus, est sign de Chancel, alors adjudant gnral, et est dat de Saint-Amand, 31 aot 1792, prs du camp de Maulde, que Dumouriez a confi son chef d'tat-major Moreton. Ce mouvement a pour but d'aider aux desseins de Dumouriez dans le Clermontois, et d'augmenter l'arme des Ardennes. C'est ainsi que le 5 septembre les bataillons venant de de Pont-sur-Sambre sont au dbouch du Chne-Populeux, prs de la position du gnral en chef dcrite plus haut. Avant de participer la future et prochaine campagne de Belgique, Fromentin suit donc Dumouriez. Quand Luckner, gnralissime pour la Rpublique des lgions du Nord, du Centre, et du Rhin, il garde Chlons. Miaczinski, aide de camp Dumouriez, est envoy commander Sedan et Mzires. Kellermann, avec 16,000 hommes, est autour de Bar-le-Duc. La Champagne se trouve ainsi compltement garantie. Par contre, au Nord, l'affaiblissement rel de Maulde de 20,000 hommes environ, ramena l'ennemi sur ce point. Bruille fut forc; nos troupes furent obliges de se rfugier dansValenciennes. Les Autrichiens, sous La Tour, reprirent SaintAmand (7 septembre); Courtrai et Menin avaient dj t vacus prudemment par nous auparavant, leur occupation n'ayant pas t soutenue. Cependant une grande action se prparait sur l'Argonne. Le 18 septembre, l'ennemi, qui est Clermont, enfile la route de Rethel, o est le gnral Dillon, et de Reims. Kellermann rattrape alors Dumouriez Valmy o, le 20 septembre, s'engagea une bataille contre les colonnes prussiennes que nous mmes bientt en droute, tant par la canonnade qu' la baonnette et au cri de : Vive la Nation ! (Paul Marmottan, Le gnral Fromentin et l'arme du Nord (1792-1794) avec portrait, carte et nombreuses pices justificatives, 1891 - books.google.fr, (alexdesilesie.kazeo.com - Carr Sator).

SION

Sion a t mise en relation avec le sidh celtique, monde souterrain de l'au-del (Autour de Rennes le Chteau : CEIL BEIL MCCXCII de lAude lIrlande).

What is remarkable in the world of the sidh is that the famous Indo-European tripartite society (kings, warriors, druids) is no longer relevant. Only the third function (fecundity) retains its role. Moreover, women frequently rule in this world, which suggests that both time and the traditional distinction between classes are abolished. In this ideal world, we finally achieve the classless society. Similarly, the separation between Man and Animal no longer exists. We find again the theme of Merlin as Wild Man, governing the animals to which he is linked by a new type of contract like Saint Blaise at the entry to his cave and preaching to the animals, like Saint Ronan, Saint Hervea, and Saint Francis making a pact with the wolf. Universal brotherhood is restored in its primitive grandeur : man no longer needs to kill animals to feed himself, since the Tree of the World, the Apple Tree, gives delicious fruit all year. And on the symbolic level, even though integrated into Christian mysticism, the meal of the Holy Grail expresses the same idea of a feast of immortality, that feast at which Mananann presides in the world of the sidh (Jean Markale, Master and Mediator of natural world, Merlin: A Casebook, Arthurian Characters and Themes, 2004 - books.google.fr).

Dagobert et saint Blaise

Lglise saint Blaise domine le village de Baalon ancienne annexe de Stenay, 11 km ; Epoque drection ou de reconstruction de l'glise : l'ancienne glise existait avant 1157, puisque cest cette poque quelle a t annexe au prieur de Saint-Dagobert (Jean Franois Louis Jeantin, Histoire de Montmdy et des localits Meusiennes de l'ancien comt de Chiny, Volume 1, 1861 - books.google.fr).

L'abb Louis dcrit dans les termes suivants l'arrive des envoys de Dagobert chez Florent, dans son dsert : "Le roi Dagobert (second du nom) qui rsidait alors dans son palais de Kirchheim, envoya ses gens chasser dans cette fort; ils y allrent avec leurs chiens, parcourant tous les bois et toutes les montagnes, sans que leurs chiens rencontrassent, ni lanassent aucune bte. Enfin, ils arrivrent la cellule du saint, o ils virent un grand nombre de btes fauves ramasses devant sa porte et aussi immobiles que si elles avaient t toutes enchanes ont non seulement quitt leur frocit devant le saint, mais lorsqu'ils taient poursuivis, ils se sauvrent auprs de sa cellule, comme dans un asile, d'o les chasseurs du Boiont pris occasion de le regarder comme un magicien et de le maltraiter. On lit dans la litanie de saint Florent : "saint Florent, qui Dieu a soumis les animaux les plus froces, priez pour nous." Florent est reprsent au milieu des animaux sur un bas relief de l'glise Saint-Thomas, Strasbourg, gauche du portail nord et prs de l'ancienne chapelle SaintBlaise (Jean James Variot, Lgendes et traditions orales d'Alsace: Basse-Alsace, Volume 3, 1920 - books.google.fr).

Le pre de Dagobert II, saint Sigebert III est ft le 1er fvrier, deux jours avant Blaise, comme l'irlandaise sainte Brigitte, la date de la fte celtique d'Imbolc, nom mis parfois en rapport avec bolc (sac), avec l'ide du gonflement et de l'abondance (Asdis R. Magnusdottir, La voix du cor: la relique de Roncevaux et l'origine d'un motif dans la littrature du Moyen Age (XII-XIVe sicles), 1998 - books.google.fr).

Dagobert Ier fut sacr, dans le chteau de Forest, Milly-la-Fort o se trouve la chapelle Saint Blaise, construite aprs que Guillaume de Milly donna ses terres lglise en 1136, et dcore par Jean Cocteau en 1959.

Saint Eloi, trsorier de Dagobert Ier, devient vque de Noyon, sur le montant vertical de la Croix d'Huriel, o il tablit une cole piscopale dans cette ville (La Croix dHuriel et Rennes le Chteau : Sot Pcheur et Par ce signe tu le vaincras 2).

Noyon, le plerinage de Saint-Blaise se droulait au prieur de Saint-Alain o l'on achetait des pains bnits dits pains de saint Blaise qui gurissaient des maux de gorge (Inventaire mythologique du dpartement de l'Oise, Mythologie franaise: bulletin de la Socit de mythologie franaise, Numros 226 229, 2007 - books.google.fr).

Fondation du prieur de Saint-Blaise ou d'Orroir dans le faubourg de Noyon aprs 1049. Robert de Dive, prieur de Saint-Blaise, "bon compaingnon" de Gautier de Coincy auteur des Cinq miracles de Notre Dame, fut ensuite abb de Saint-Eloy de Noyon (1230). Concession au prieur de Saint-loi de Noyon d'une partie du bras de saint Blaise conserv Saint-Comeille de Compigne (1648) (fr.wikipedia.org - Milly-la-Fort).

La pierre de Stenay

Sur la pierre qui fut dcouverte en 1873 par un certain M. Rivart, propritaire d'une partie de l'ancien prieur Saint-Dagobert, taient graves verticalement les lettres SRNPR ainsi qu'un chevron et qu'une croix sur le con suprieur droit. Nous devons l'association du Cercle Saint-Dagobert II une reproduction de cette pierre. Ces lettres s'inscrivent parfaitement dans un carr SATOR et se place sous la forme d'un chevron, motif prsent sur les armoiries de la cit (revelations-gnose-occultisme.pagesperso-orange.fr - Carr Sator).

 

Lorsqu'on range le carr SATOR selon la colonne SRNPR, les voyelles sont rassembles sur d'autres colonnes. Si l'on prend celle de droite, alors on peur former ASER EN PEOR.

En latin EN est une forme archaque de "in". PEOR dsigne Baal-Por, le dieu des Madianites, et ASER la tribu issu du 8me fils de jacob, Aser (Asher).

La croix est place sur les lettres TOPE : le latin "pote", possible en franais.

Cana se trouve dans la tribu d'Asher. C'est l que Jsus changea l'eau en vin. Nazareth aussi selon certains auteurs.

Asher (Aser) serait l'un des noms de Yahv dont la pardre est Ashera dans les inscription de nombreux de ces autels.

En fait, l'ponyme de Asher se retrouve sur le territoire de Tyr et en outre il est trs frquent dans l'onomastique des colonies d'origine tyrienne certaine, telles Chypre, Malte et Carthage. D'autre part, il n'est pas moins certain que la population d'Asher qui, sous David, comptait, dit-on, 40.000 guerriers habiles au combat fut absorbe par Tyr et ses colonies. Elle est la premire qui disparat des annales du peuple d'Isral (Nahum Slouschz, La civilisation hbraque & phnicienne Carthage: confrence faite l'Institut de Carthage, 1911 - books.google.fr).

D'Aser, viendra le pain gras et excellent qui lui est propre et ce pain fera les dlices du roi (Gense XLIX, 20). On prtend que le terroir de la tribu d'Aser toit trs fertile, et qu'on y faisoit de trs-bon pain; qu'il produisoit beaucoup d'huile, ce qui a fait dire Mose, dans la bndiction de cette tribu, Aser trempera son pied dans l'huile; qu'on ptrissoit le pain avec cette huile, et qu'on en faisoit frire dans cette liqueur, ce qui faisoit un pain gras qu'on ne connoissoit rien de plus exquis, et que les rois ne mangeoient rien de meilleur. Tout cela est possible; il n'y a rien dans le texte sacr qui contrarie cette hypothse, comme il n'y a rien qui l'tablisse: et l'on peut en tirer un premier sens grossier qui s'adapte la prophtie; mais il faudroit tre bien malheureux pour s'y renfermer. Comment supposer en effet qu'un prophte comme Jacob, visiblement rempli de l'esprit de Dieu, ne voie rien de plus admirable, dans la tribu d'Aser, que la manire dont on y fera des gteaux l'huile; et qu'il la bnit afin qu'elle ait toujours ce privilge, qui les rois mme porteront envie. D'ailleurs qu'on y fasse attention : il s'agit d'un pain qui est propre Aser; on faisoit ailleurs des gteaux l'huile; l'usage en toit commun, et la loi vouloit qu'on en offrt avec les victimes dans plusieurs sacrifices. Il s'agit aussi d'un pain qui fait les dlices du roi, et non des rois. D'Aser, viendra le pain gras et excellent qui lui est propre ; et ce pain fera les dlices du roi. M. Duguet observe que la tribu d'Aser, mal figure dans les cartes de certains gographes (elle l'est mieux dans celle de Danville), comprenoit, et non pas Zabulon, la ville de Nazareth, o le Sauveur s'est incarn, o il a t nourri et lev, et o il a pass toute sa vie jusqu' l'poque de son baptme et de son ministre public. Voil le pain qui est propre la tribu d'Aser, pain vivant descendu du ciel; seul digne d'tre offert sur la table du Roi des rois, qui est son autel; et qui, distribu aux humbles dans le festin eucharistique, engraisse leurs mes dela Divinit mme. Une autre ville, o le Sauveur prendra naissance, portera le nom de Bethlem, qui signifie maison du pain : mais elle ne sera pas la premire maison du pain. Le Messie n'y natra que comme voyageur, et comme par emprunt. Sa patrie sera, dans la tribu d'Aser; et c'est l qu'il fera sa principale demeure. Voil un sens digne de Jacob, digne de l'esprit de Dieu, et o toute la prophtie est explique (Pierre Jean Agier, Prophties concernant Jsus-Christ et l'glise: parses dans les Livres Saints, 1819 - books.google.fr).

Deutronome XXXIII, 24-25 : Sur Aser il [Mose] dit: Bni soit Aser entre les enfants d'Isral ! Qu'il soit agrable ses frres, Et qu'il plonge son pied dans l'huile ! Que tes verrous soient de fer et d'airain, Et que ta vigueur dure autant que tes jours !

Les premieres paroles de ce verset s'expliquent ordinairement des filles de la Tribu d'Aser, qui tant belles trouvoient, aisment des partis parmi les hommes des autres Tribus, mme parmi les Prtres, descendans de Lvi, & les Rois. Il y avoit dans le partage de cette tribu une quantit considrable d'Oliviers, & des mines de fer et d'airain (Franois-Honorat-Antoine Beauvillier de Saint-Aignan, Nouvelle traduction de la bible suivant la vulgate, par de Beauvilliers de Saint-Bignan, 1747 - books.google.fr).

L'criture donne vingt-deux villes la tribu d'Aser. Elle a joute que ses villes lvitiques taient : Masal, Abdon , Helcath et Rohob. Suivant le livre des Juges, Aser n'extermina point les Chananens qui occupaient Accho, Sidon, Ahalab, Achazib, aujourd'hui Zib, Helba, Aphec et Rohob (A.-H. Dufour, Geographie sacre faisant connatre l'tat de la Palestine, depuis le temps des Patriarches jusqu' l'poque des voyages des Aptres, 1842 - books.google.fr).

Cependant les tribus manqurent de force ou d'nergie pour expulser ou exterminer les Cananens, comme l'avait ordonn Mose. Josu avait peut-tre fait une grande faute en ne se donnant pas de successeur; le manque de chef et l'absence d'unit et d'ensemble dans les oprations paralysrent les forces des Hbreux. Ce furent surtout les tribus du nord, celles de Dan, Manass, Ephram, Aser, Zabulon, Naphthali, qui ne purents'emparer de toutes les villes qui leur avaient t destines, ou qui se contentrent de rendre les Cananens tributaires, en leur permettant de demeurer au milieu d'elles. Un messager de Dieu, ou un prophte, se prsenta pour montrer aux Hbreux les consquences funestes de leur faiblesse. Le peuple reconnut la vrit de tout ce que disait l'homme de Dieu ; mais il ne pouvait plus rpondre son appel que par des larmes. Les Cananens devinrent de plus en plus dangereux, par leur force matrielle qui n'tait pas brise, et plus encore par leur culte plein de sductions et par l'exemple de leurs murs corrompues (Salomon Munk, Palestine description gographique, historique et archologique, 1845 - books.google.fr).

La tribu d'Aser a donc transgress les ordres divins de Mose donns Josu d'expulser ou d'exterminer les Cananens : c'est la transgression d'Aser.

Les Hbreux ont ainsi gnocid les Cananens qui les avaient accueillis, comme les WASP chrtiens l'ont fait avec les Indiens d'Amrique. La Bible : manuel du gnocide, pire que Mein Kampf.

Mais, fort de leurs succs, les Hbreux attaqurent ensuite les autochtones palestiniens (ou Cananens) qui les avaient accueillis, s'emparrent de la ville de Salem qu'ils rebaptisrent Jrusalem (Salem sacre), et se sdentarisrent (Bernard Rathaux, Le fil rouge de l'histoire: les religions du livre, 2006 - books.google.fr).

Le scone ( comparer avec la pierre de Scone, identifie la pierre de Bthel que Jacob oignit comme le ferait l'abb Henri Boudet) est un gteau. On peut mettre en relation le pain l'huile venant d'Aser et la pierre de Bethel ointe d'huile. Bethel est le lieu rebaptis, de Luz, par Jacob o il eut le songe de l'chelle parcourue par les anges. C'est son retour Bthel, aprs les exactions commises par ses fils la suite du viol de Dinah, sa fille, par Sichem fils d'Hamor prince du pays, que Dieu lui confirma son nouveau nom d'Isral (Gense ch. 34-35) qu'il acquit au passage du Yabok, lieu rebaptis Phanuel (Peniel, Penuel : face de dieu), aprs son combat avec l'ange de Dieu. Phanuel, de la tribu d'Aser, est le nom du pre d'Anne la prophtesse, vieille veuve qui vit 7 ans avec son mari depuis sa virginit, qui annona le Christ et la dlivrance d'Isral lors de la Prsentation de l'enfant Jsus au Temple ainsi que de la Purification de la Vierge (Luc 2,36), fts le 2 fvrier, veille de la Saint Blaise.

Une enluminure d'un manuscrit du Dialogus miraculiorum de Csar de Heisterbach, prsente son tour sous la forme d'une chelle, et dans un dveloppement plus complet, les ordres de l'glise, en une hirarchie qui n'est pas mise en parallle avec la hirarchie cleste, mais est cette fois identifie ouvertement l'chelle de Jacob. L'initiale M ouvre et illustre le premier chapitre du livre VIII. Le texte prsente les trois sortes de visions, corporelle, spirituelle et intellectuelle, coite dernire tant incluse pour des raisons pratiques, pour ce bref expos, dans la vision spirituelle. L'ide de l'chelle sert de base l'explication : Car comme le Christ dans l'vangile a compos une chelle de huit batitudes, par laquelle tout chrtien peut monter au ciel, ainsi dans ce livre une chelle est dresse en autant d'ordres, par lesquels la vision humaine peut monter jusqu'aux armes clestes. [...] Le petit personnage en prire, la base, reprsente tout chrtien - omnis christianus , et l'attention du copiste, ou le hasard, a permis de situer ces mots juste ct de la figure - qui peut monter au ciel. Les deux personnages qui dsignent leurs yeux, et dont le texte ne parle pas. Sont identifis par leur nom et une inscription : droite Jacob, avec un extrait de Gense 28, 1 7 ; gauche zchiel, avec un extrait de son livre en 1 , 1 : Le ciel s'ouvrit et je fus tmoin de choses divines ; ce dernier illustrant la vision corporelle, et Jacob la vision spirituelle, dont le texte prcise qu'elle vient par des extases ou des songes. L'ouverture du ciel voque par zchiel est en accord avec la porte du ciel de la vision de Bthel, signifie par l'association de Jacob et de l'chelle, et la prsence divine au sommet (Christian Heck, L'chelle cleste dans l'art du moyen ge: Une histoire de la qute du ciel, 1999 - books.google.fr).

Pour les anciens gyptiens, le bton, symbole de l'arbre de la cration, est grav au nom de Dieu. Ce qui signifie que le nom mme de Pharaon est la mtaphore cosmique de l'un des noms de Dieu. Voil certainement pourquoi les pharaons vnraient autant les noms de leurs prdcesseurs, compars aux toiles. Sthy Ier et son fils Ramss II leur rendent hommage, face aux murs du temple d'Abydos (temple des pres). Dans le judasme, le bton-arbre est galement symbole de rvlation divine, transmis depuis la cration du monde140. Reprenons en dtail le voyage de ce bton. Depuis Adam et Eve, le bton du Messie (le sauveur) chut Seth, Hnoch, No, puis Abraham, Isaak, Jacob. Jacob le confia Acher. Curieux hasard, car Acher ou Aser, est justement le nom gyptien d'Osiris, ASR . Survivant ses frres, Acher transmit le secret du bton de saphir sa fille Srah, puis Joseph. la mort de Joseph, le bton fut port au trsor de Pharaon. Enfin, Jthro-Ytro reprit possession du bton dans le trsor royal de Pharaon en quittant l'gypte pour Madian, et le transmit Mose et Aaron. lie Bnamozegh, minent kabbaliste, considre que le bton suivit la chane de la tradition religieuse. [...]

Selon la tradition gyptienne, Osiris est l'esprit du Nil. Le fleuve d'Egypte serait n des exhalaisons du soleil. Le Zohar donne la mme explication : Acher serait le fleuve, panchement divin manant du jardin d'den. Ce fleuve est appel Acher ainsi qu'il est crit "Je suis celui qui (Acher) suis". Le Zohar a aussi conserv le souvenir du pain sacr mais aussi d'Achra, la lune, pouse d'Acher, le soleil, symboles d'Isral, la prunelle des yeux de Dieu. (Roger Sabbah, Les secrets de la Bible, 2004 - books.google.fr).

Jthro a sept noms dont Ytro, Yter, Rouel, seuls nomms dans la bible, est grand prtre de Madian. Un ou le dieu des Madianites est Baal-Por.

Por ou l'ouverture : Trou de Baal

Un autre nom de divinit fort fameux, dont nous trouvons la trace chez bien des nations smitiques, est celui de Baal ou Bel. Les Assyriens et les Babyloniens, les Phniciens et les Carthaginois, les Moabites et les Philistins, et nous pouvons ajouter les Juifs, connaissaient tous Bel ou Baal comme un grand Dieu, ou mme comme le Dieu suprme. Cest peine si l'on peut dire que Baal ait t un dieu tranger aux yeux des Juifs, car ils ne cessrent jamais de ladorer dans les bois qui entouraient Jrusalem. Les Juifs le considraient presque comme une divinit domestique, ou, dans tous les cas, comme une divinit smitique, et, parmi les dieux que leurs pres adoraient de l'autre ct du fleuve, Bel occupait assurment un rang des plus levs. Bien que dabord un, Baal se divise bientt, sous linfluence des cultes locaux, en un grand nombre de personnalits divines. Lhistoire nous parle dun Baal-Tsur, BaalTsidon, Baal-Tars, qui n'taient autre chose que le Baal de Tyr, de Sidon et de Tarse. Sur deux candlabres trouvs l'le de Malte nous lisons cette ddicace phnicienne: " Melkart, le Baal de Tyr". A Shechem, Baal tait ador comme Baal-Barith, nom que lon suppose avoir signifi le dieu des traits; Ekron, les Philistins l'invoquaient comme Baal-Zebub, le dieu des mouches, tandis que les Moabites et les Juifs aussi le connaissaient sous le nom de Baal-peor (Max Muller, Classification des religions, La Revue politique et littraire (revue bleue), 1872 - books.google.fr).

Belphgor, Belphgor, BaalPhgor, Baal-Por, ou Pgor, est le nom d'une idole des Ammonites, des Moabites et des Madianites, qui, dans la thogonie syrienne, joue tantt le rle du soleil, tantt celui de Saturne, et plus souvent encore celui de Priape, dont il avait les attributs. Isidore dans ses Origines, saint Jrme (sur le chap. 9 d'Ose, et liv. I contre Jovinien, chap. 12), et Ruffin (liv. III, sur Osee), mettent cet avis, qui est partag par le pre Kircher, par Masius, Bochart et plusieurs autres auteurs ou commentateurs. Les uns lui font offrir des victimes humaines par ses prtres, qui en mangent ensuite les chairs; d'autres lui font faire des sacrifices immondes, et de ce nombre est Salomon Jarkhi, lequel (sur les Nombres, XXV, 3) prtend que le mot hbreu d'o l'on a fait phor a la mme signification que la phrase latine : aperire et distendere foramen podicis. Maimonides insinue la mme opinion dans son Moreh Nebuhhim (p. III, ch. 46), et il dit que les prceptes de l'Exode, XXVIII, 42, et XX,26, n'ont eu pour but que d'engager les prtres du vrai Dieu s'loigner d'un culte aussi absurde et aussi abominable. La vrit est qu'on ne sait rien de bien positif sur ce faux dieu, dont on a fait une idole d'ignominie, et que les rabbins disent qu'on honorait par des actions qui blessent la modestie et la pudeur. Origne (dans son Hom. 20, sur le livre des Nombres) dit qu'il n'a rien trouv dans les interprtations des noms des Hbreux sur cette idole, sinon que c'tait une reprsentation d'impuret, et il ajoute qu'elle tait adore dans le pays de Madian, principalement par les femmes, ce qui semble contredire le culte honteux qu'on lui suppose. Mose (au livre des Nombres, XXV, 3) rapporte aussi que les Isralites l'adorrent: Et Isral se consacra au culte de Belphgor , dit la Bible de Saci. Selden (De diis syr, I, chap. 5), dit que Belphgor est le mme qui est appel simplement Phegor, ou Phogor dans l'hbreu (chap. XXII de Josu, v. 17, et Nombres XXXI, 16), et qui n'est autre que Baal, ou Blus, le Jupiter enfin des Chaldens. L'auteur de la Vulgate est du mme sentiment (Josu, XXII, 17), et il dit que Phgor est un nom de lieu. C'est en effet le nom d'une montagne au Livre des Nombres (XXIII, 28), et d'une ville, dans Josu (XIII, 19); et Baal, Beel, ou Bel, signifiant Dieu ou Seigneur, il s'ensuit que Bel-Phgor dsigne simplement une idole ou un faux dieu qui aurait t ador sur la montagne. On lit dans le Deutronome (XXXIV) que le temple de ce dieu se nommait Bethphgor, de beth, maison (voyez ce mot) et de por, ouvert, parce que la montagne sur laquelle il tait situ s'ouvrait pour laisser un passage ; qu'il y avait l un col, une ouverture, par o en effet passa le peuple d'Isral. Cela trouv, nous sommes fonds penser que, pour tourner en drision et vouer au mpris le culte des faux dieux, les chrtiens leur auront attribu un nom et des fonctions qui n'taient point rellement les leurs. Nous lisons en effet dans Martin Bucer (Commentaire sur le psaume CVI, v. 29 ) que c'est l'Ecriture qui interprte mal le nom de Bel-Phgor, et que c'est la coutume de donner ainsi des sobriquets aux faux dieux, pour mieux les ridiculiser aux yeux des chrtiens et de leurs propre adhrents. Joseph Scalger , qui est du mme sentiment, ajoute que le vritable nom de ce dieu tait Baal-reem, c'est- -dire dieu du tonnerre, et que les Isralites lui ont donn celui de Baal-Phgor, de Phor, qui, d'aprs l'interprtation que nous avons donne plus haut de ce dernier mot, laquelle est aussi la version adopte par Scaliger, ferait de ce dieu le rival, l'mule, ou, si l'on veut, le Sosie du dieu Crepitus des Latins. Mais, l'aide d'une interprtation plus large et plus gnreuse, nous parviendrons rtablir la vrit et prouver que Belphegor n'est autre que le Dieu de toute la terre et de tous les temps, dont les nations les moins civilises ont eu quelque sentiment, et, pour ainsi dire, la vague intuition, qu'elles ont exprime, chacune sa manire, et en crant, pour reprsenter et pour adopter ce Dieu, des images plus ou moins matrielles, plus ou moins grossires, selon le degr de cette faible intelligence humaine, que la rvlation pouvait seule clairer. Nous dclarons donc partager ce sujet l'opinion de Vossius, qui soutient (liv. II De l'idoltrie, chap. 7) que Belphgor n'est autre que le Soleil, et qui prtend runir par-l tous les sentiments des anciens, qui, sous les noms divers de Saturne, Jupiter, Priape, Bacchus, le Soleil, le Ciel, Orus, Uranus, Osiris, adoraient tous la mme divinit, c'est--dire le matre de la gnration et de toutes les productions du monde. Le nom de Priape, selon lui, vient de celui de Por, ou Pgor, quece dieu porte quelquefois seul, sous la dsignation gnrique de Baal (Deutronome, XXXIV, 5 et 6 , et Josu, XII, 17). La premire partie de Priapus, dit-il, est peor, et la seconde ab, ap, qui signifie pre; de sorte que Priapus n'est autre chose que Peor pater, somme on crit et comme on dit Jovis pater, Marspiter, Saturnus pater, Janus pater, Dies pater, etc. Or, ce mot de peor aurait rellement en hbreu la signification aperire (ouvrir), qui s'applique parfaitement au Dieu ador de toute antiquit, mme par les nations au Soleil, qui produit tout, ouvre tout, amne tout enfin maturit. La Fontaine a tir d'un petit ouvrage de Machiavel (Le mariage de Belphgor) le sujet du conte de Belphgor, qui ne vaut pas la Satire des femmes de Boileau, quoique le but soit peu prs le mme, puisque sa moralit est de faire voir qu'il se trouve quelquefois des femmes qui sont plus mchantes que le diable (Dictionnaire de la conversation et de la lecture: Bat - Bes, Volume 5, Belin-Mandar, 1833 - books.google.fr).

D'autres ont voulu dcouvrir la nature de Phegor par l'tymologie de son nom; ce terme signifie, dit-on, en Calden, lcher le ventre ; d'o l'on a conclu que Phegor pouvoit signifier le Dieu Pet, dont Minutius Flix, Origne & S. Jrme ont parl, comme d'une Divinit adore en Egypte, de mme que le Dieu Rot. Et certes ils ne mritoient gures moins les honneurs divins, que les poireaux, & les oignons, que les crocodiles & les loups, que la fivre, la tempte, la foudre, & la mauvaise fortune, qui ces peuples aveuglez ont rendu des honneurs, qui ne font ds qu' Dieu. Mais il est assez inutile de rfuter ces foibles conjectures, on en sent assez la foiblesse. Il y a d'autres Scavans qui ont soutenu, que le nom de Beelphegor toit un terme de drision donn au Dieu des Moabites. Ces peuples l'appelloient entreux Baal-reem le Dieu du tonnerre ; mais les Hbreux, par mocquerie, l'appeilerent le Dieu du Pet. C'est par le mme principe qu'ils changrent le nom du Dieu d'Accaron, en le nommant Beelsebub, le Dieu Mouche ; & qu'ils donnrent Bethel, o toient les Veaux d'or de Jroboam, le nom de Bethaven, Maison d'iniquit. (Augustin Calmet, Commentaire litteral sur tous les livres de l'ancien et du nouveau testament, 1709 - books.google.fr).

Nous arrivons maintenant cet autre culte, moins froce mais tout aussi orgiastique que celui du Moloch: je veux dire le Baalisme, dont le symbole sacr chez les anciens Hbreux tait l'ne, comme le taureau tait le symbole du Molochisme. Balaam, le possesseur de l'ne qui parle, introduit (Mose IV [Nombres], 31,16) chez eux le culte du dieu Baal Peor, dont il se donne pour un descendant; il prdit l'avenir sur le mont de Peor. Peor et Beor, il me semble, sont parfaitement le mme mot, de l'arame qui signifie, comme on sait, ne; je le retrouve en oreus, nom grec de la mule, car le b n'est probablement que le beth essentiae de la grammaire orientale, comme l'article copte p ou pi, qui, mis la tte des substantifs ne fait qu'un mot avec eux; le tapir amricain s'appelle beori. Quant la monture de Balaam, il faut la comparer au cheval qui parle et qui appartient Achille : il faut la comparer surtout l'ne mythologique du dieu Dionyse des Hellnes; Hygine (Poet. Astr. 2. 98) dit: Dionyse faisant un plrinage l'oracle de Dodone, traverse un tang sur le dos d'un ne, qui fut rang parmi les images astronomiques par le dieu reconnaissant : selon d'autres, il donna cet ne la voix humaine, dont le quadrupde se sert contre le dieu Priape, ce qui lui cote la vie. Fort ressemblant cet ne dionysiaque est l'ne du dieu Silne (Creuzer, la Symbolique, III, 208, 383). Ce qui est hors de doute, c'est que l'ne de l'antique mythologie est constamment combin avec l'eau et le vin (Pausan. Corintk. 38; Mose, I, 49, 10; Kanne, Panthon de la plus ancienne Philos, nat.) et Nauplie on voyait taille dans le roc, l'image d'un ne dont les habitans prtendaient avoir appris couper la vigne. L'ne joue un rle dans les contes feriques de l'ancienne Allemagne et des Indes-Orientales : des esprits suprieurs l'homme se servent de la forme de cet animal pour apparatre sur la terre. Les talmudistes (selon Gfrrer, Sicle du Salut, II, 30; Eisenmenger, Judasme dcouvert,I, 316) nomment parmi les choses cres avant le monde, le nom du Messie, et parmi celles cres avec le monde, la bouche parlante de l'nesse, cres avec neuf autres choses dans la soire du premier vendredi ; les talmudistes parlent aussi d'un ne qui date d'un temps immmorial, fils de cette nesse cre au commencement du monde ; c'est assis sur cet ne que le Messie entrera dans la ville de Jrusalem. En d'autres termes, il y a identit mtaphysique entre l'ne de Balaam et l'ne du Messie; on fera bien aussi de combiner avec eux le nom du Messie prononc avant la cration de l'univers, et le Logos du Nouveau-Testament.

Le Logos se prsente videmment chez les peuplades smitiques sous la forme d'un dieu-ne; l'ne est en ce cas le double symbole de la force productive ou gnratrice, et de l'humilit. Or, le Logos comme une mtamorphose, une transsubstantiation de Dieu descendant dans le sein de la matire, peut trs bien choisir l'ne pour domicile temporaire. Le lecteur n'oubliera pas que notre critique doit travailler ici dans le domaine qui appartient l'alination mentale systmatise en guise de spculation mtaphysique; Gfrrer, 339; Eisenmenger, 2, 697 ; Micha le prophte, 5, 1. Chez les Hellnes et les Germains, peut-tre aussi chez les Perses, de la haute antiquit, ce culte de l'ne devient un culte du cheval; c'est plus potique, mais moins vrai. L'ne du dieu Dionyse meurt en parlant, la tte du cheval miraculeux Falada dans un conte ferique allemand parle mme aprs avoir t spare du cou (Hermann Ewerbeck, Qu'est-ce que la Bible ?: d'aprs la nouvelle philosophie allemande, 1850 - books.google.fr).

Si le Christ est sur un ne, image du Logos, doit-on confondre l'ne avec celui qu'il porte ? On en revient Christ-me qui l'ne/pneuma (logos) sert de vhicule (La Croix dHuriel et lalchimie : Triple correspondance : chemin de croix, oeuvres alchimiques et voyage de lme).

Le "grand parchemin" "de Saunire" cite l'pisode de l'onction des pieds de Jsus par Marie de Bthanie Bthanie qui prcde immdiatement l'entre du Christ sur un ne.

Priape est souvent aussi pris, comme Pan. pour l'emblme de la fcondit de la nature. Quelques auteurs l'ont confondu avec Baal-Phgor. On le reprsente le plus souvent en forme d'Herms ou de Terme, avec des cornes de bouc, des oreilles de chvre , et une couronne de feuilles de vigne ou de laurier (Franois-Joseph-Michel Nol, Dictionnaire de la fable, Volume 2, 1810 - books.google.fr).

Dans le Panthon stercoraire romain, le dieu du Pet, Crpitus, fait trs bonne figure ct de Cloacine, la desse de la vidange et Stercutus, avatar de Saturne, dieu de l'agriculture et des amendements du sol. A en croire Norbert-Bertrand Barbe, le dieu Crpitus pourrait avoir cette proprit particulire de chasser le dmons et les esprits malfiques. Une odeur pestilentielle aurait donc des pouvoirs prophylactiques tant d'un point de vue spirituel que bassement matriel. Encore au XIXe sicle, avant les thses hyginistes, on accrdite l'ide que la salet et les mauvaises odeurs protgent des pidmies et sont salutaires. Le ventre est le sige des envies de l'me. Et on ira jusqu' penser que le pet contient l'me. Il est au fondement de la cration du vivant. La puanteur et la scatophilie sont des remparts contre tous les assauts et les difficults de natre. Devant chaque effort il est sant de jurer, de pester et de pter. Le souffle vital reste anal pour de nombreuses inspirations, et comme le dit Ronsard : Le pet, de son chant, donne La vie maintes personnes. Une fcondation par un zphyr, un courant d'air participe de toute une fantasmagorie de violences ariennes sulfureuses et mystrieuses. La naissance et l'accouchement par le sige sont courants dans les mythes. Prsenter ses fesses est une intronisation de type primitif. Les premiers papes doivent s'asseoir non pas tant sur une pierre mais sur un sige macul d'excrments (Bob O'Neill, Variations scatologiques: Pour une potique des entrailles, 2008 - books.google.fr).

Pourtant l'offrande excrmentielle se retrouvait bien chez les Isralites et les Moabites (peuple dont l'anctre serait Moab, fils de Lot dans la Bible), comme le rapporte Dulaure : le fidle prsentait devant l'autel ddi Belphgor, son postrieur nu et soulageait ses entrailles et faisait l'idole une offrande de sa puante djection . Dans le mme ordre d'ide, et cette fois tous les orifices et toutes les excrtions y sont convis, Robert Allen Campell rvle que ces fidles offraient Belphgor, les larmes des yeux, cire des oreilles, humeur du nez, salive de la bouche, urine et djections des orifices infrieurs . Le peuple lu n'aurait ainsi point chapp ces rites scatologiques et la pratique d'une idoltrie base sur les offrandes excrmentielles. Nous sommes loin de la reprsentation d'une religion inexcrmentielle et spiritualiste au sens fort du terme. Le Deutronome signifie bien ces pratiques la lecture d'un passage : Vous avez vu les dieux de l'excrment, de bois et de pierres . Pourtant la version que nous consultons mentionne pudiquement : Vous avez vu leurs abominations et leurs idoles, le bois et la pierre, l'argent et l'or, qui sont chez elles . Reste ajouter qu' la dcharge (c'est le cas de le dire) des littrateurs ou bonimenteurs en tous genres, ou encore de tous les crdules qui remettaient leurs parties basses aux effets des fientes, plantes, potions ou aux bons soins des saints patrons tels que sainte Nomaye, ou sainte Pdauque en Poitou, saint Blaise en Allemagne, saint Firmin dit saint Accroupi (puisqu'il s'agissait de s'accroupir sur son visage pour tre soign des hmorrodes) ou saint Fiacre mdecin du phy - du polype donc - et du fondement , moine irlandais du VIIe sicle, il faut admettre les contraintes d'excrtion et de digestion lies aux conditions d'hygine, d'alimentation et de vie (Cyrille Harpet, Du dchet: philosophie des immondices : corps, ville, industrie, 1999 - books.google.fr).

Si Belphgor (Baal-Por) est le dieu du pet, saint Blaise en est le saint.

L'onopordum ou pet d'ne vient du grec onos (ne) et pord (pet). les jeunes tiges de ce chardon sont manges avec de l'huile d'olive et du sel en Sicile. On en tire aussi une huile pour la cuisine (Franois Couplan, Le rgal vgtal: plantes sauvages comestibles, 2009 - books.google.fr).

On retrouve la notion d'ouverture ("pator" en latin) dans la lecture suivant le parcours du cavalier d'checs du carr SATOR : RESERES TE ORO PATOR O TAPANTA. Lantique Hymne dHerms rcit par les alchimistes pour favoriser leurs travaux fait cho au chamane eskimo et donne la formule tire du carr SATOR toute sa valeur alchimique : Univers, sois attentif ma prire. Terre, ouvre-toi, que la masse des eaux souvre moi. Arbres, ne tremblez pas ; je veux louer le Seigneur de la cration, le Tout et lUn. Que les cieux souvrent, et que les vents se taisent. Que toutes les facults qui sont en moi clbrent le Tout et lUn (Serge Hutin, Lalchimie, PUF, p. 101).

En rangeant le carr SATOR par permutations selon des carrs magiques d'ordre 5 on trouve parmi le rangement un carr avec le mot PAEOR (Le carr SATOR et l'alchimie).

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Paeor, selon Addison, est un des noms de Baal Por, Belphegor, transcrit par Cornelius a Lapide, auteur bien connu de l'abb Henri Boudet (John Milton, Le paradis perdu: pome hroque, Volume 1 avec les annotations de Joseph Addison, traduit par Pierre Mareuil, 1765 - books.google.fr).

"Pote" : possible et transgression

L'absurde est la conscience de la disproportion entre l'impuissance humaine et la toute puissance divine, entre la fermeture du cercle du possible pour l'homme et l'ouverture du tout est possible en Dieu. La dtermination ngative trouve sa formule dans le : humainement c'est impossible, et son expression dans le dsespoir comme signe ngatif de la foi . Mais la foi est ce qui veut du possible. La maladie la mort l'avait dit peine un an auparavant : quand il s'agit de croire il n'y a qu'un seul remde : Dieu tout est possible (Kierkegaard, Sygdommen til Doden, III, b, b SV XVII) (Olivier Cauly, Une critique de Magnuss Eiriksson, Kierkegaard: colloque franco-danois, Volume 10 de Kairos, revue de la Facult de Philosophie de l'Universit de Toulouse-Le Mirail, 1997 - books.google.fr).

La possibilit comme capacit, comme possibilit d'action, reprsente une vue plus positive que celle qui maintient comme point de dpart le barrage que reprsente la mort. La temporalit du Dasein, ouverte dans le souci par son tre-pour-la-mort , fait de la mort un point de vue infranchissable et invitable. Mais, se demande Ricur, n'y a-t-il pas l un point de vue limit, partiel, qui ne se charge pas justement de la chair dans sa puissance gnrative ? Ne sympathisant pas trop avec la destinalit ngative de la mort comme possibilit la plus propre, il s'interroge s'il ne faut pas s'ouvrir au thme arendtien de la natalit (qui chez H. Arendt soutient les catgories de la vie active : le travail, l'uvre et l'action) : Les ressources d'ouverture de l'tre possible n'ont-elles pas t obtures par l'insistance sur la thmatique de la mort ? . La philosophie du premier Heidegger semble en vrit, d'un point de vue phnomnologique une pense dpressive o l'ontologie ngative prvaut sur toute positivit (mais les choses sont bien plus complexes que cela, car la voie ngative est une voie d'accs elle-mme). C'est prcisment cela qui suscite la perplexit de Ricur. Car la mort comme horizon de finitude qui dtermine le temps ne fait qu'attnuer la tension entre ouverture du possible et fermeture de la fin : L'angoisse qui met son sceau sur la menace toujours imminente du mourir ne masque-t-elle pas joie de l'lan du vivre ? A cet gard, le silence d'Etre et temps sur le phnomne de la naissance [...] est tonnant . Il faudrait donc remplacer l'obsession de la mtaphysique du problme de la mort par la jubilation de la vie active ouverte par la naissance. Ricur recourt plusieurs fois au mot obsession lorsqu'il explique la faon dont Heidegger parle de l'angoisse. Et il met en rapport direct l'obsession angoisse de la mort avec un autre terme significatif, celui d' obturation : l'obsession obture les rserves d'ouverture de l'tre possible (Enrico Castelli-Gattinara, Les puissances actives et positives de l'oubli, La juste mmoire: lectures autour de Paul Ricur, 2006 - books.google.fr).

Pour rasme et Mlanchton, les procds de mmorisation ne prsentent aucune utilit vritable, et ne sont que le rsultat des superstitions monastiques. Ces ides sont partages par Rabelais, qui y revient frquemment dans Pantagruel et apprendre les livres si bien qu'il les rendait par cur au rebours. Mais lorsqu'on lui demande quelque chose de plus rflchi, il est impossible de lui tirer une parole, non plus qu'un pet d'un ne mort. Au-del de la priode humaniste, Francis Bacon (1561- 1626) reste trs svre vis--vis des techniques de la mmoire artificielle, qu'il juge tout fait striles dans son Trait de la valeur et avancement des sciences divines et humaines, publi en 1605 (Marie-France Auzpy, Jol Cornette, Palais et pouvoir: De Constantinople Versailles, 2003 - books.google.fr).

Si le pet d'un ne mort est employ aussi pour caractriser un avare, il est donc aussi utilis pour marquer l'impossibilit (tirer des pets d'un ne mort), comme d'ailleurs "tirer l'huile d'un mur", aussi employ pour l'avarice.

Nombreuses sont les expressions images franaises qui servent exprimer une action impossible : chercher la lune en plein jour, vouloir prendre la lune avec les dents, chercher le mouton cinq pattes, demander de la laine un ne, tirer des pets d'un ne mort, quand les poules auront des dents (Sylvie Brunet, Petit livre de - Les proverbes, 2012 - books.google.fr, Claude Duneton, Sylvie Claval, Le bouquet des expressions images: encyclopdie thmatique des locutions figures de la langue franaise, 1990 - books.google.fr).

Ose associe ces reproches une vue profonde de l'histoire. Au baalisme dans lequel Isral sombre avec tant d'excs, il oppose les origines heureuses : Comme des raisins dans le dsert je trouvai Isral ; tel un fruit prcoce sur un figuier, je vis vos pres ; mais arriv Baal-Por, ils se vourent la honte (= Baal) (9,10). Nomb 25 rapporte une transgression cet endroit, peu de temps avant le passage du Jourdain. Pour Ose, c'est la transgression type par laquelle Isral s'engage dans le baalisme (Walther Zimmerli, Esquisse d'une thologie de l'Ancien Testament, 1990 - books.google.fr).

L'impuret est aussi redouble quand la relation sexuelle s'accompagne d'impit. Ainsi le montre l'pisode de Shittim, o se sont un temps tablis les Isralites. Certains d'entre eux ont des relations sexuelles avec des femmes moabites. Le texte dit : Le peuple commena se prostituer avec les filles de Moab, c'est--dire que non seulement il couche avec des Moabites, mais il se prosterne devant leurs dieux. Dieu, le vrai, se met en colre. Il ordonne Mose de pendre tous le tous les chefs du peuple, face au soleil . On commence tuer tous ceux qui se sont mis sous le joug du Baal de Por, c'est--dire de Belphgor. Heureusement, un prtre, Pinhas, petit-fils d'Aaron, se montre particulirement farouche dansla perscution desfautifsen transperant de son pe un Isralite coupable et son amie moabite. La colre de Dieu s'apaise. Il reste que les victimes vingt-quatre mille. Et Dieu dit que, grce Pinhas, il s'est abstenu d'exterminer les fils d'Isral (Nb, XXV, 1 15). (Philippe Barret, Mose, Jsus, Mahomet: Prceptes moraux de la Torah, du Nouveau Testament et du Coran, 2010 - books.google.fr).

Elie triompha du Dieu Baal au mont Carmel, promontoire rocheux de ltat dIsral dans la tribu d'Aser. Des ermites latins y vivent ds 1155 et leur rgle sera donn par saint Albert puis modifie par Innocent IV qui souhaite plus daction que de contemplation. Coexisteront ainsi les Carmes dchaux (car point besoin de chaussures pour le clotre) et les Carmes chausss ou mitigs (1205). La mythologie de Baal, Dieu de lorage et de la pluie, aid par sa sur Amat desse de la guerre et de lamour contre le Dieu Mot de la scheresse et de la mort, laisse beaucoup de trace dans le Judasme par exemple : la dnomination du Dieu vtrotestamentaire El qui tait aussi le grand Dieu auprs duquel intercdait Baal et le Belzbut du Nouveau Testament (Mathieu XII,24) : seigneur du fumier ou de la maison suprme (lenfer), nom du diable qui est une pjoration de Baal Zbut (Dieu des mouches). Belphgor vient aussi de cette mythologie (Baal Peor : Seigneur du mont Peor) (Bernard Guiter, Femme de l'ros et femmes de l'agap, 2002 - www.cairn.info).

Le miracle du mont du Carmel est rapport dans I Rois, XVIII, 19-40 : invits par lie invoquer leur dieu pour qu'il mette le feu au bcher de leur autel, les quatre cent cinquante prophtes de Baal prirent en vain une matine entire mais sitt qu'lie, de son ct, eut achev son autel et invoqu Dieu, la flamme du Ciel vint tout consumer. lie fit alors gorger tous les prophtes de Baal. Voir I Rois, xvn, 1 et xvm, 1. Dans la Bible, cette scheresse prcde immdiatement l'pisode du Carmel (voir la note prcdente). L'image de la fermeture des cieux vient de Luc (IV, 25) : Au temps d'lie, quand le ciel fut ferm pendant trois ans et six mois (Jean Racine, uvres compltes, Volume 1, rdacteur : Georges Forestier, 1999 - books.google.fr).

La naissance d'lie dcrite dans le commentaire attribu Jean de Damas n'est pas relate dans la Bible, mais la Vie des prophtes, qui fait cho au midrash sur le psaume 42 [43],3 dans lequel lie, de la maison d'Aaron, est la lumire, et le Messie, la vrit (Le saint prophte lie: d'aprs les Pres de l'glise, Volume 53 de Spiritualit Orientale, Monastre Saint Elie (Saint-Rmy, Cte-d'Or), 1992, p. 21).

"L'orgie est au contraire une transgression generalise et comme un tat exaspr de transgression" (Georges Bataille, Histoire de l'rotisme, 8,130).

La transgression sadienne est une rcupration incessante du possible mme, pour autant que l'tat de choses existant a limin le possible d'une autre forme d'existence. Le possible de ce qui n'existe pas, ne peut jamais rester que du possible : car si c'tait ce possible que l'acte de transgression rcuprait comme nouvelle forme d'existence, il la lui faudrait transgresser de nouveau, puisqu'il y aurait derechef du possible limin rcuprer ; ce que l'acte de transgression rcupre, au regard du possible de ce qui n'existe pas, c'est sa propre possibilit de transgresser ce qui existe. En tant que comportement pervers, l'acte de transgresser les normes existantes, au nom d'une possibilit toujours inexistante, suggre par le phantasme, est minemment reprsent par la nature mme du numraire : soit la libert de choisir ou de refuser tel ou tel bien parmi d'autres qui existent. Par cette possibilit du choix ou du refus il met en cause la valeur de ce qui existe en faveur de ce qui n'existe pas. Ce qui n'existe pas selon les normes, donc les anomalies qui ne s'noncent que ngativement selon le langage en tant qu'absence de norme, s'nonce positivement par le numraire non dpens, donc refus ce qui existe. Le monde clos de la perversion, en tant que le monde de l'incommunicable, sanctionne par le numraire l'incommunicabilit mme entre les tres ; c'est la seule manire intelligible par laquelle le monde des anomalies ragit positivement au monde des normes. Pour se faire entendre du monde institutionnel, la monstruosit intgrale lui emprunte le signe abstrait des biens changeables. Ce qui revient affirmer qu'il n'y a qu'une communication universelle authentique : l'change des corps par le langage secret des signes corporels. L'argumentation de Sade est en quelque sorte la suivante : les institutions prtendent sauvegarder la libert individuelle, donc l'intgrit des personnes, en substituant l'change des corps l'change des biens selon le signe neutre et partant quivoque, du numraire : mais, sous le couvert de la circulation des richesses, le numraire ne fait qu'assurer sourdement l'change des corps au nom et dans l'intrt des institutions. (Pierre Klossowski, Sade et Fourier, Topique, Numros 1 5, 1969 - books.google.fr).

Transgression mrovingienne

La sacralit des premiers Mrovingiens leur venait moins de leur conscration au Dieu chrtien que dune force dangereuse qui ncessitait de transgresser un certain nombre de rgles sur lesquelles reposait lordre social. Grgoire de Tours situe Clovis du ct des rois magiciens quand il raconte comment il a tu ses consanguins et dtruit systmatiquement sa parentle. Ces actes, qui sont une violation absolue de lordre familial, oprent une rupture avec la culture, cest--dire avec lordre de la parent sur lequel se fonde la socit tribale. En versant le sang de ses parents et en violant lordre familial, Clovis accomplit lacte social le plus dangereux qui soit, mais cette transgression porte en elle une efficacit surnaturelle. Dans cette perspective, les meurtres mrovingiens et llimination brutale des rivaux prsentent un caractre magique vident.

Dans de nombreuses socits tribales, limpuret royale, inhrente la sacralit, se manifeste par un inceste originel qui relve du mme champ de linterdit que le meurtre consanguin. Or, sil nest pas question dinceste royal chez les Mrovingiens, le mythe dorigine de la famille mrovingienne se rfre la naissance presque impure de Mrove, qui serait n du contact de sa mre avec un monstre marin. Mrove nest pas un tre hybride, comme les centaures antiques ou les hommes-loups, mais son origine tient de lanimalit, gnratrice de force surhumaine. Comme eux, les premiers Mrovingiens se sont signals par leurs pchs sexuels, en particulier par la pratique du rapt des filles et des femmes.

Les rois francs ne sont appels Merovingii au sens propre, les descendants de Mrove que dans le livre III de la chronique de Frdgaire. Le mme auteur souligne galement les fondements surnaturels de la lgitimit mrovingienne, par lorigine fabuleuse de Mrove. Frdgaire opre galement une projection dans le pass en faisant de Clodion, pre de Mrove, le fils de Theudemar dont le nom, crit-il, suggrerait un lien avec les rois troyens Priam, Friga et Francio. Le mythe de lorigine troyenne des Francs, quil reprend ici, tait apparu pour la premire fois au livre II de la mme chronique, vraisemblablement crit par un premier auteur . Le mythe troyen sinscrit dans les traditions romaines, mais aussi gallo-romaines, puisque les Arvernes avaient galement prtendu descendre des Troyens et que le Quinotaure tait lexpression de rminiscences antiques, probablement mal assimiles. Ces mythes staient dvelopps dans le courant du VIe sicle, mais ils ne sexpriment clairement quau dbut du VIIe sicle, avec la seconde fondation du royaume. La dynastie royale, maintenant appele mrovingienne, porte dsormais un attachement particulier au nom de Mrove, systmatiquement repris chaque gnration. Cest aussi sous le rgne de Clotaire II, dans lentourage de Dagobert, alors roi dAustrasie (623-629), quon rdige les premires gnalogies mrovingiennes, pour construire la lgitimit de la branche neustrienne, victorieuse des descendants de Sigebert dAustrasie.

Grgoire de Tours oppose deux modles quil utilise alternativement : celui du roi magicien, quil associe plutt la toute premire priode mrovingienne, des prtendants illgitimes ou de mauvais souverains, et celui du roi chrtien qui est reprsent par Gontran dont il crit que plein de bont, il gouvernait son peuple avec les prtres en se comportant lui-mme comme un prtre . Les deux modles lui permettent dintgrer lhistoire des Francs dans une mme marche vers le salut, en gommant les ambiguts profondes de la royaut mrovingienne du VIe sicle. Le roi de la conqute dominait les fonctions lies la terre, cest--dire les fonctions guerrires et nourricires, mais il nassumait que partiellement les fonctions lies au ciel, cest--dire les fonctions juridico-religieuses sans lesquelles il ntait point de stabilit. La conversion au christianisme et le modle imprial ont ensuite fourni aux rois mrovingiens les moyens daccder progressivement une vritable auctoritas, selon un processus qui sest poursuivi durant le VIe sicle, mais qui nest arriv son terme quau dbut du VIIe sicle, avec le triomphe de la dynastie neustrienne (Rgine Le Jan, La sacralit de la royaut mrovingienne, 2003 - www.cairn.info, Keikoz, Les rois de France morts violemment, 11/01/2011 - www.passion-histoire.net).

Le possible s'est, au cours des sicles et bien avant l're chrtienne, incarn dans les mtamorphoses. Et, passes dans l'imaginaire, proches du rve, tudies des psychanalystes, ces mtamorphoses parlent un langage obscur qui enseigne voir le monde en soi et autour de soi (Anny Cazenave, Images et imaginaire au Moyen ge: l'univers mental et onirique de l'homme mdival, de Chartres la Normandie, des Pyrnes aux confins de mondes inconnus, 2007 - books.google.fr).

Mihaela Bacou propose une classification des mtamorphoses de loups-garous :

La mtamorphose peut tre leffet dun chtiment, ce qui suppose que le coupable sest livr une transgression, ou lobjet dune initiation, ce qui laisse entrevoir la finalit dune intgration. [...] Ainsi dans les Mtamorphoses dOvide, Lycaon est mtamorphos en loup par Zeus parce quil a dout de la divinit de ce dernier et commis des actes inhumains. Cette transgression de la loi lui a valu sa mtamorphose et le dluge qui sabat sur lhumanit tout entire. En revanche, chez Hrodote, aucune forme de transgression ne se manifeste. La mtamorphose constitue un rituel, une initiation assurant la cohsion dun groupe dont la caractristique premire est dtre un peuple de chasseurs et de guerriers. Un moyen terme existe cependant, qui est li une apparente absence de causalit interne ou externe, produisant ainsi un effet que lon pourrait qualifier de merveilleux gratuit. Ni coupable ni initi, un tel loup-garou privilgie le seul aspect remarquable de la mtamorphose sans linclure dans une instance moralisatrice. Le Satiricon est le seul offrir cette vision gratuite que rien dieux, dmons ou mythes ne peut venir justifier (Mihaela Bacou, De quelques loups-garous , in Mtamorphose et bestiaire fantastique au Moyen ge, tudes rassembles par Harf-Lancner, Laurence, Paris : Collection de lEcole Normale suprieure de Jeunes Filles, 1985 p. 30-31) (Ccile Darribeau-Rmond, De lhomme et de lanimal : quelques mtamorphoses dans la littrature arthurienne des XIIe et XIIIe sicles, 2010 - dumas.ccsd.cnrs.fr).

Dag, Dago, Dagobert

Le nom de Baalon, commune ct de Stenay, qui reprend la graphie du dieu Baal, n'est sans doute pas fortuit.

On peut aussi rapprocher Dagobert de Dagon, dieu sirnien comparer au Quinotaure, cit par le pseudo-Frdgaire, moiti terrestre et moiti aquatique, qualifiant un Neptune : bestia Neptuni Quinotauri similis. L'historien Godefroid Kurth la rsume ainsi : Un jour que la reine, femme de Clodion, se baignait dans la mer, un dieu s'unit elle, et de cette union naquit Mrove, le hros ponyme de la dynastie franque. (Bernard Fontaine, Genevive Bduneau, Mystres et merveilles de l'histoire de France: L'Hexagone couronn, 2015 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Clodion le Chevelu).

Le dieu principal de la Phnicie et de la Palestine nous apparat donc en Crte avec son triple caractre de Baal (nom le plus gnral de cette divinit et commun plusieurs des peuples qui parlaient les idiomes smitiques), de Dagon spcial aux villes d'Ascalon et d'Azot, et de Jupiter Arotrius, un des aspects que se partagent Baal et Dagon. Pour complter ce tableau il faut se rappeler la forme sous laquelle Jupiter conduit Europe de la Phnicie en Crte. Un came clbre du Cabinet de France nous prsente la transition naturelle des symboles que nous avons examins jusqu'ici au Jupiter-taureau. Cet ouvrage du travail le plus dlicat et sign par le graveur Glycon, montre une jeune nymphe que porte sur la mer un monstre moiti taureau et moiti poisson, au milieu d'une nue d'Amours qui les accompagnent (Achille Collas, Paul Delaroche, Louis-Pierre Henriquel-Dupont, Charles Lenormant, Trsor de numismatique et de glyptique, Volume 4, 1850 - books.google.fr).

S'il faut trouver une explication au mot Quinotaure, on a dj "taure" de taurus taureau et peut-tre "quino" de quien, forme normande de chien (de mer). Le chien de mer est un requin (quin) dont l'origine tymologique serait requiem. Ce serait un Requin-Taureau.

Requin, attest depuis 1529, est d'origine controverse. La graphie requien (1578), puis requiem (XVIIe s.) disparue, est une altration due l'tymologie alors donne du mot : Quand il a saisi un homme... il ne reste plus qu' faire chanter le Requiem pour le repos de l'me de cet homme-l (Huet, XVIIme sicle) (Potique, 1982 - books.google.fr).

Le requin-taureau (Eugomphodus taurus), nageant en permanence la gueule ouverte, est facilement reconnaissable grce ses dents trs effiles (Philippe Ecalard, Le grand requin blanc, 2006 - books.google.fr).

Les requins-taureaux, reconnaissables leur absence de pli mdio-dorsal, sont familiers des embouchures de rivires o ils sont attirs par l'eau saumtre (Andr Thibault, Pierre Rzeau, Richesses du franais et gographie linguistique, Volume 2, 2008 - books.google.fr).

On reconnatra dans le Quinotaure le Lviathan, la Tarasque, le Drac.

Aprs la dfaite des Hbreux Aphec, et la destruction probable de Silo, les Philistins emportent l'arche d'alliance et la dposent dans le temple de Dagon Asdod (Azot). Les commentateurs au moyen ge, comme Rashi (Rabbi Salomon de Troyes, vers 1040 - 1105) et David Kimchi (rabin narbonnais mort en Provence vers 1240), faisaient de Dagon un dieu-poisson par mauvaise interprtation du premier livre de Samuel 5,4.

Bien loin de se prsenter comme une divinit marine, Dagon apparat au contraire comme une divinit agraire. Il n'est autre que le bl divinis (dgn) particulirement cultiv dans la Shphlah, le pays bas situ non loin de la mer o s'taient installs les Philistins). C'est d'ailleurs ce que savait Philon de Byblos, lorsqu'il traduisait en grec le vocable smitique: Dagon qui est le champ de bl" et lorsqu'il assimilait le dieu smitique Zeus Arotrios (Phil. ii 16). Il y a donc entre le dieu Dagon et le bl dgn la mme relation qu'entre la divinit Ceres et les cerealia (Mathias Delcor, tudes bibliques et orientales de religions compares, 1955 - books.google.fr).

Beth-Dagon est une ville de la Tribu d'Aser (Josu XIX, 27). Beth-Dagon signifie la maison, ou le Temple de Dagon. Beth-Dagon est une autre ville, de la Tribu de Juda, ainsi nomme apparemment parce qu'il y avoit un Temple de Dagon , avant que les Israelistes la possdassent (Augustin Calmet, Dictionnaire historique, critique, chronologique, gographique et littral de la Bible, 1783 - books.google.fr).

Ebron

Ebroin, maire du palais, prsent parfois comme un usurpateur, comme le dmon Asmode avec le roi Salomon, poursuit la politique de centralisation neustrienne. Il aurait participer l'assassinat Dagobert II (La Croix dHuriel et Rennes le Chteau : Sot Pcheur et Par ce signe tu le vaincras 2).

En Neustrie, deux groupes de parent tiennent successivement la mairie du palais : le groupe Erchinoald-Ebroin-Leudesius, puis le groupe Waratton-Bertharius. Aucun decesdeux groupes nerussit imposerun mode de transmission direct et patrilinaire de la fonction, ce qui explique sans doute l'chec final des Neustriens face aux Austrasiens. Clovis II rgne d'abord sous l'autorit de sa mre Nanthilde et du maire du palais Aega que Dagobert a choisi. la mort d'Aega, c'est Erchinoald, apparent Clovis II, qui devient maire du palais (641-658). Il appartient un puissant groupe familial implant dans le nord-ouest de la Neustrie. Lui-mme possde d'importants domaines dans le Soissonnais et il en obtient d'autres du fisc royal. Il mne une active politique monastique, accueillant le moine irlandais Fursy qui fonde les monastres de Lagny, de Pronne et de Fontenelle. Lamortde Clovis II, en 657, prcde de peu celle d'Erchinoald, en 658. La reine Bathilde, d'origine anglo-saxonne, exerce la rgence au nom de son jeune fils Clotaire III (657-673). Son action illustre bienle rle jou par les reines mrovingiennes aprs la mort de leurs poux, lorsque leurs fils sont mineurs. Elles gouvernent au nom de leurs jeunes fils, mais leur position est fragile, car il leur faut obtenirle soutien des aristocrates. Bathilde a une haute ide de la mission royale. Elle comprend toute l'importance dela politique religieuse mene par ses prdcesseurs. Elle perptue donc la tradition inaugure par Dagobert en faisant preuve d'une trs grande gnrosit envers les glises du Parisis. Elle entretient galement des liens particulirement troits avec l'vque de Paris, Chrodobert, ainsi qu'avec celui de Rouen, Ouen. Elle fonde de nombreux monastres, dont Corbie et Chelles, o son fils Clotaire III l'oblige finalement se retirer en 664 ou 665. Elle a pu compter sur le maire du palais Ebroin (658-673), qui a succd Erchinoald. Comme Clovis II l'avait fait auparavant, Bathilde et Ebroin tentent de s'opposer aux tendances autonomistes de la Bourgogne. Cette politique centralisatrice suscite de fortes oppositions qui clatent la mort du roi Clotaire III, en 673. Ebroin impose Thierri III, jeune frre de Clotaire III, tandis mene par Lger, vque d'Autun, prendparti pour Childric II, autre fils de Clovis II, devenu roi d'Austrasie en 662. Ebroin doit s'enfuir et accepter l'exil au monastre de Luxeuil. En 675, Childric II est assassin et une partie de l'aristocratie choisit alors Leudesius, fils d'Erchinoald, comme maire du palais, tandis qu'Ebroin refait surface. Il s'allie aux Austrasiens qui soutiennent Clovis, un fils de Clotaire III. Ebroin russit liminer Lger et Leudesius et gouverner la Neustrie-Bourgogne (677-680/683). Il esprait certainement runifier compltementle royaume franc. Il s'allie d'abord Ppin II contre le maire du palais d'Austrasie Wulfoald et Dagobert II, devenu roi d'Austrasie en 675. En 679, il participe probablement l'assassinat du mme Dagobert II, le 23 dcembre, mais sa politique lui vaut aussitt l'hostilit des Pippinides, qui profite la mort de Dagobert II. Lorsque Ebroin bat les ducs austrasiens Ppin et Martin prs de Laon, en 680,il semble prs d'atteindre son but, maisil est assassin par Ermenfred, un aristocrate neustrienqui appartient sans douteau parti pippinide puisqu'il s'enfuit en Austrasie. La Neustrie-Bourgogne a donc connu une succession d'assassinats et d'exils durant la dizaine d'annes qui suit la mort de Clotaire III. Elle illustre la monte de l'aristocratie face un pouvoir central qui lutte pour la contrler. Les oppositions rgionales ne sont cependantque la comptition souvent violente entre des groupes de parent aristocratiques pour accaparerle pouvoir dans chacun des regna. Les aristocrates neustriens hostiles Childric II ont des relais en Austrasie o ils s'appuient surles Pippinides. De leur ct, les Pippinides ontdes relais dans le nord-ouest de la Neustrie. L'chec final de la Neustrie face l'Austrasie s'explique par les tensions l'intrieur mme des groupes de parent qui tiennent la mairie du palais (Rgine Le Jan, Michel Ballard, Histoire de la France, Origines et premier essor, 2012 - books.google.fr).

Saint Wilfrid, dont Eddius et aprs lui Fridgod, ainsi que Eadmer, ont crit la vie, avait connu Dagobert en Irlande, l'avoit fait passer en Angleterre, et navait pas peu contribu son rappel et son retour en France. Dagobert avoit conserv le souvenir de saint Wilfrid ; cet vque, perscut dans son pays, trouva un asile auprs de lui ; Dagobert offrit son ami lvch de Strasbourg ; et sur le refus de Wilfrid, qui adgmenta lestime du roi pour lui, Dagobert le combla de prsents et de bienfaits. Cest par cette liaison de saint Wilfrid avec Dagobert II, que les historiens de saint Wilfrid deviennent des autorits pour l'histoire de Dagobert (M. Gaillard, Histoire de Charlemagne, suivie de l'histoire de Marie de Bourgogne, Tome 1, 1819 - books.google.fr).

Wilfrid fut le premier vque d'York, ville du Yorkshire, o l'on trouve, sur le vitrail d'une de ses glises, un peigne en or (Sot Pcheur) dans la main d'un saint identifi saint Blaise qui a sa chapelle dans l'glise Saint Thomas de Strasbourg dont Dagobert avait offert l'vch au saint anglais.

Le rcit de la Vita Dagoberti, probablement crite par un moine de l'abbaye de Fontenelle Saint Bertin au IXme sicle, est conu pour tablir un rapport entre Dagobert et des lieux et des hommes qui lui donnent l'occasion de manifester sa saintet dans le cadre de sa fonction royale. Il se prsente donc comme un itinraire symbolique. Son pre Childebert, lu roi par le princeps Ppin et l'exercitus Francorum, le confie pour son ducation sainte Bathilde au monastre de Chelles. C'est l qu'il apprend les rudiments de la saintet. Aprs la mort de son pre il est lu roi son tour au cours d'une assemble, Reims, des vques, des satrapes, des ducs, des comtes et de tous les proceres francs. Il n'accepte sa dsignation qu'aprs un dbat o il se dclare, comme le font traditionnellement les vques ou les abbs, indigne de cette charge. Il est pourtant sacr par l'archevque de Landon et tous les vques. C'est alors que, se dirigeant vers la cit de Reims, la prire de l'archevque, il rencontre les paysans du pagus qui le supplient de semer les premiers grains de sa propre main. Il le fait, pour le bnfice des habitants d'alentour, et cet endroit le bl pousse plus vite qu'ailleurs et la rcolte est plus abondante que d'habitude. Ce premier miracle du nouveau roi est donc li fortement par l'auteur au sacre et au lieu o il s'est droul (Claude Carozzi, La vie de saint Dagobert de Stenay : histoire et hagiographie. In: Revue belge de philologie et d'histoire. Tome 62 fasc. 2, 1984 - www.persee.fr).

Les Pippinides sont, en effet, les vritables matres de l'Austrasie depuis Ppin Ier et aprs leur alliance avec les Arnulfiens de Metz et l'archevch de Cologne. A son retour d'exil, Dagobert II mne une politique hostile aux Pippinides, avec le maire du palais d'Austrasie Vulfoald (autre ennemi personnel des Pippinides) ; ce point hostile qu'elle motivera, le 23 dcembre 679, l'assassinat de Dagobert II l'instigation de Ppin II et avec l'accord de l'aristocratie et de l'piscopat d'Austrasie (Alain Dierkens, Note sur un passage de la Vita Dagoberti : Dagobert II et le domaine de Biesme. In: Revue belge de philologie et d'histoire. Tome 62 fasc. 2, 1984 - www.persee.fr).

Christ et transgression

Il est connu que le dbat entre Jsus et les scribes s'est enflamm sur la question du sabbat ; l'vangliste Marc dsigne d'emble ce litige comme la cause de la mort de Jsus (3,1-6). A l'vidence, Jsus a voulu provoquer ses contemporains, en choisissant symboliquement le jour du sabbat pour effectuer une gurison ou un exorcisme qui auraient pu sans peine attendre au lendemain. Le chef de la synagogue en Lc 13,4 lui en fait le grief, quoi Jsus rpond en formulant le sens de sa provocation : la dlivrance de la femme courbe cristallise la vritable signification du sabbat, qui est d'attester la libration du peuple (13,16). A regarder de plus prs, le geste de Jsus n'est pas si novateur qu'il y parat : savoir si le sabbat peut tre transgress pour sauver une vie est une question ouverte au premier sicle. Les avis sont trs partags. Mme les essniens, pourtant les plus rigoristes, tolrent une exception pour l'homme tomb dans un puits (CD 11,16-17), tandis que les pharisiens se montrent nettement plus libraux. De faon gnrale, les rabbis ne sanctionnent pas l'usage de la parole, qui n'est pas un travail (or, Jsus gurit par la parole le jour du sabbat). Les rabbis codifient en mesurant la gravit du danger auquel autrui doit tre soustrait. La singularit de Jsus ne rside pas dans la trangression comme telle, mais plutt : (1) dans son dsintrt codifier l'entorse faite au sabbat ; (2) dans le fait d'agir en faveur d'autrui plutt qu'animer une palabre ; (3) dans la lgitimation donne son acte, qui puise dans l'exprience commune de chacun ( Le jour du sabbat, chacun de vous ne dtache-t-il pas de la mangeoire son buf ou son ne pour le mener boire ? Le 13,15 ; cf. Mt 12,11-12 et Lc 14,5). Sans entrer dans le jeu de la halakah, Jsus la recadre en plaant la dcision devant l'alternative : faire vivre ou faire mourir (Mc 3,4). (Daniel Marguerat, Jsus et la loi, La mmoire et le temps: mlanges offerts Pierre Bonnard, 1991 - books.google.fr).

Que peut se promettre la vertu la plus pure et la plus irrprhensible de l'injustice du monde, puisqu'il a pu trouver autrefois dans la saintet mme de Jsus-Christ, des sujets de scandale et de censure ? S'il opre aux yeux des Juifs des prodiges clatants, s'il rend aujourd'hui la vue un aveugle-n, ils l'accusent d'tre violateur du sabbat; d'oprer ces miracles au nom de Belzbuth, plutt qu'au nom du Seigneur, et de ne vouloir par ces prestiges qu'anantir et dtruire la loi de Mose: Non est hic homo Deo, qui sabbatum non atstodil (Joan. IX, 16); c'est--dire, qu'ils attaquent ses intentions, pour rendre ses uvres suspectes et criminelles (Jean Baptiste Massillon, Oeuvres de Masillon, eveque de clermont: Avent. Careme. Petit careme. Oraisons funebres, Volume 1, 1853 - books.google.fr).

Les pharisiens sont plus prs de la vrit que ce qu'on interprte habituellement de cet pisode dans les vangiles.

Le diable

Le cimier en forme de tte de diable au-dessus des armoiries de la ville de stenay ne serait qu'une invention de l'architecte de l'actuelle mairie de la ville construite en 1925 (Raymond Terrasse, Amiti franco-mariale et gomtries ufologiques, 2012 - books.google.fr).

Cependant, un nom proche de celui de Satan tait employ trs tt.

En latin Astenidum , ainsi appel dans les capitulaires de harles-le-Gros, tait sous ce rgne une rsidence royale Villa Regia,que la proximit de grandes forts rendait agrable et commode pour la chasse. Les crivains postrieurs Charles-le-Chauve l'appellent Satanacum, d'o est venu le nom vulgaire de Stenay que cette ville porte encore aujourd'hui. Le fameux Gerbert, dans sa cent troisime pitre, dit : Nam quia dux Theodoricus Satanacum vllam pervenit, et dans la cent vingtim il l'appelle encore Villam Satanicam. La situation de cette place est marque avec prcision dans les anciens auteurs. Elle est, selon eux, dans le territoire de Woevre; in Pago Vabrensi, dans le doyenn d'Yvois, in Decanatu Epoisensi, sur la Meuse entre Dun et Mouzon, dans le diocse de Trves ; ad flumen Mosam Dunum inter et Mosomagum, Treuv. d. Il parat que Stenay demeura simple rsidence royale Villa Regia, jusqu'en 1088 que le duc Godefroi de Bouillon, fortifia ce lieu et y fit btir un chteau; Godefridus dux Bublionis ibi casello difcato, locum munivisse dicitur a Joanne Monaco Verodunensi : peine cette forteresse tait-elle acheve qu'elle fut assige par Thierry, vque de Verdun et Albert, comte de Namur. Mais le duc Godefroi, aid de ses frres Eustache et Baudouin, les fora de se retirer. Le roi denna en 1648 la terre et seigneurie de Stenay M. le prince de Cond, en se rservant nanmoins les droits rgaliens, la souverainet et le ressort (Charles-Joseph Delahaut, Abb L'Ecuy, Annales civiles et religieuses d'Yvois-Carignan et de Mouzon, 1822 - books.google.fr).

Le carr sator dcal et redress forme une tte barbue et cornue : le diable

La ville de Stenay est trs-ancienne; d'aprs une tradition peu fonde, on y voyait au Ve sicle un temple ddi Saturne (Sadorn), d'o l'on croit que drive le nom de Stenay, qui primitivement tait Satan ou Saten. Dagobert Il, roi d'Austrasie, y avait un palais et une chapelle ddie saint Remy, dans laquelle ce prince fut enterr aprs l'assassinat dont il fut victime au lieu dit Scorze, actuellement Sincretel, dans la fort de Wvre, "in saltu Wawriusi, in loco qui dicitur Scortias, tribus millibus a fisco Sathanico (martyrologe de Saint Laurent de Lige). Stenay a donn son nom l'Astenay, dit aussi Astenois ou Stenois, pays qui se forma au commencement du VIe sicle et qui passa successivement des mains des comtes de Rethel dans celles des ducs de Bouillon et des vques de Verdun ; cette ville fut cde en 1110 aux comtes de Luxembourg, en 1554 aux ducs de Lorraine et en 1641 Louis XIII, roi de France ; elle avait un chteau fort construit par Godefroy de Bouillon ; elle devint chef-lieu d'un baillage cr en 1635 et supprim en 1697. [...]

Les armoiries de Stenay taient : dargent au chevron dazur accompagn en pointe dun lion dor arm et lampass de gueules (Jeantin, Manuel de la Meuse) (Flix Linard, Dictionnaire topographique du dpartement de la Meuse: comprenant les noms de lieu anciens et modernes : Rdig sous les auspices de la Socit Philomathique de Verdun, 1872 - books.google.fr, patrimoine-nord-meusien.eklablog.fr - Stenay).