partie ix - synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Sion, Soleil et Blaise   
SCEAU SIGNATURE GRAND PARCHEMIN SCHLEIERMACHER HESSE DARMSTADT SIANNO SION BLAISE SOLEIL APOLLON

Le sceau-signature du grand parchemin présente un plan centré autour d'une sorte de P manuscrit avec au quatre coins des lettres de l'alphabet latin : NO, N, IS et A, qui semblent être présentées à l'envers. On aurait alors les même lettres écrites SI, A, ON et N.

SIANNO

Mais on peut considérer NO, IS, A et N comme formant le mot SIANNO. En effet on a retrouvé un inscription mutilée : APOLLINI ... SIANNO ANNVA STIPE, (collecte annuelle) gravée sur une pierre conservée à l'église Saint-Pierre-des-Terreaux à Lyon, perdue aujourd'hui, et vraisemblablement trouvée dans cette ville ou dans son voisinage. L'inscription est mentionnée dans la compilation de Gruter, qui l'associe à la ville de Sienne (Janus Gruter, Graevius, Inscriptiones antiquae totius orbis romani in absolutissimum corpus redactae olim, exc. F. Halma, 1707 - books.google.fr).

M. Clerc cherche l'origine de Siannus dans le mot allemand sonne, soleil. L'Appollo Siannus est l'Appollon soleil. Effectivement, un bronze, trouvé au Champ-Noir, près de Besançon, présente ce Dieu avec des rayons autour de la tête (Xavier Boyer, Histoire d'Alsace depuis les temps les plus recules jusqu'a nos jours, 1862 - books.google.fr).

Septumanus, homme puissant venant probablement de Septimanie, dans une inscription d'hospitalité qui se trouvait dans la cour de la première maison au coin de la place Louis le Grand (Bellecour), près du pont de bois, nous rappelle le goût que nos anciens Lyonnois avoient pour Apollon : MERCVRIVS HIC LVCRVM / PROMITTIT APOLLO SALVTEM / SEPTVMANVS. HOSPITIVM / CVM PRANDIO QVI VENERIT / MELIVS VTETVR. POST / HOSPES VBI MANEAS PROSPICE. (Dominique de Colonia, Histoire littéraire de la ville de Lyon, Fr. Rigollet, 1728 - books.google.fr).

SIANNUS a été trouvé aussi au Mont-Dore (Les Bains-du-Mont-Dore, Puy-de-Dôme) (André Pelletier, La Médecine en Gaule: villes d'eaux, sanctuaires des eaux, 1985 - books.google.fr).

Stannus ou Siannus est attesté par CIL XIII 1669 à Lyon où la dédicace est expresse Apollino Sianno alors que CIL XIII 1536 au Mont-Dore ne connaît que le cognomen, à comparer directement au théonyme féminin Stanna dans des inscriptions de Périgueux (Ogam, Amis de la Tradition Celtique, 1959 - books.google.fr).

Et mieux le gaëlique sion, ciel ou clarté diurne, en sanscrit syôna, soleil ; ce qui ferait renonter jusqu'aux Gaëls, prédécesseurs des Cymres, l'adoration du dieu Siannus (Revue du Lyonnais, L. Boitel, 1862 - books.google.fr).

Ainsi l'esprit des eaux du Mont-Dore dans le Puy-de-Dôme était adoré dans les premiers siècles de notre ère sous le nom d'Apollo Siannus. Les eaux minérales ou thermales étaient naturellement l'objet d'un culte plus fervent encore que les autres, puisque des vertus réelles s'ajoutaient aux vertus magiques que leur attribuait l'imagination des croyants (Charles Renel, Les religions de la Gaule avant le christianisme, 1906 - books.google.fr).

NO ou le soleil

Or le NO du sceau-signature a une graphie particulière : le N est pointé en dessous et le O l'est en son centre.

Andreas August Ernst Schleiermacher (Darmstadt, 1787 - Auerbach, 1858), orientaliste hessois, a, dans ces recherches, proposé des notations d'une grammaire idéographique dans un mémoire qui, en 1828, a partagé le prix fondé par M. le comte de Volney (Andreas August Ernst Schleiermacher, De l'influence de l'écriture sur le langue, 1835 - books.google.fr).

On aurait pour NO du sceau-signature : "Le soleil" comme indiqué par le nominatif, même si dans le grand parchemin le N est majuscule :

Le convent des Gaules, tenu en novembre et décembre 1778, que fut décidée la création de la classe des Grands Profès et que Willermoz fut nommé chef suprême des provinces restaurées d'Auvergne (Lyon) et d'Occitame (Bordeaux) (Joseph de Maistre, La Franc-maçonnerie: mémoire inédit au Duc de Brunswick, 1782, 1925 - books.google.fr).

En plus de ses grades symboliques (trois bleus et un vert), de son Ordre intérieur (écuyers novices et C.B.C.S.), le Régime Écossais Rectifié avait la classe secrète des Grands Profès. Or, en 1810, il y avait un Collège de Grands Profès à Paris, autour du Frère Couchaud, mais dont on perd ensuite la trace. En 1817, il y a encore huit Profès, dont six à Strasbourg. Et l'on sait que le Collège de Strasbourg est encore actif en 1823 puisqu'il reçoit un nommé Witgenstein. En 1821, les trois Profès de Strasbourg, avec Jean de Turckheim, restent en relation avec les Collèges allemands de Francfort et de Darmstadt (Daniel Ligou, Histoire des francs-maçons en France, 1981 - books.google.fr).

Les Grands Profès strasbourgeois étaient en relations avec deux autres Collèges d'outre-Rhin. Le major de Meyer, étant venu habiter Francfort-sur-Mein, y avait initié à la Profession son neveu le sénateur F. de Meyer, théologien et égyptologue, Eq. a Cruce; l'échevin von Metzler, Eq. ad Rosa Rubra; l'avocat M. Kloss; J. P. Leonardi, Eq. a Pyramide; le médecin George Kloss, Eq. a Jordano; enfin le professeur Molitor, Eq. a Lingua Sacra.

Un second Collège allemand fut fondé à Darmstadt sous la présidence du prince Christian de Hesse-Darmstadt qui reçut les documents nécessaires soit du major de Meyer, soit de Jean de Turkheim. Le groupement comprenait, outre le prince Christian, Eq. a Cedro Libani, le prince héritier futur grand duc Louis II de Hesse-Darmstadt, Eq. a Leone Armato; André Schleiermacher, secrétaire du prince Louis, Eq. a Stella Magorum; le colonel Schuler, Eq. a Schola Salutis; Jules Siegfrieden, , Eq. a Schola Salutis; Jules Siegfrieden, Eq. a Pace; le Dr Karl Kayser, Eq. a Nunciatore; C.V. Isenburg, Eq. a Porta Hierosolyma; August von Riedt; Staerck, Eq. a Turri Forti.

Les réincarnations successives étaient d'ailleurs une des doctrines favorites de l'Ecole du Nord. Lavater apprit à Copenhague qu'il avait été le roi Josias de l'Ancien Testament, Joseph d'Arimathie du Nouveau et en dernier lieu Zwingli. [...] Quant à Charles de Hesse, il n'avait été rien moins que Jules César, et saint Pierre. Ce glorieux passé valait au landgrave une faveur spéciale qu'il ne révéla à Lavater qu'après beaucoup de réticences et sur les instances réitérées du pasteur: il était en correspondance secrète avec saint Jean l'Evangéliste «qui devait rester inconnu» et il en avait même reçu de fréquentes visites. Dans les lettres que le landgrave écrivit par la suite à Lavater il ne manquait jamais de lui transmettre les salutations de l'apôtre. Il ne semble pas que Charles de Hesse ait mis beaucoup d'empressement à reprendre la correspondance avec Lyon; à l'automne de 1813 Willermoz exprimait à Salzmann le désir «d'avoir des nouvelles du prince Charles de Hesse, beau-frère, à ce qu'il supposait, du roi de Danemark et qui fut au congrès de Wilhelmsbad». Peut-être le landgrave était-il alors trop occupé par la découverte et la mise en œuvre dans ses cahiers de grades d'un nouveau thème mystique dont il entretint Willermoz lorsqu'il lui écrivit en 1818. Il s'agissait de la quête du Graal, le vase dans lequel avait été recueilli le sang du Christ crucifié et qui, de ce contact, avait conservé une vertu surnaturelle. Dans un «billet séparé» que Willermoz ne devait montrer à âme qui vive le landgrave parlait d'une «sainte coupe», qui était «le pivot, le principal fondement de l'Ordre, autour duquel se ralliaient toutes les vraies connaissances et leurs adhérents». L'existence de cette coupe était «un fait historique longtemps ignoré de la multitude, mais ensuite secrètement transmis par d'anciennes traditions» (René Le Forestier, Franc-maçonnerie templière et occultiste, 1970 - books.google.fr).

Andreas Schleiermacher, secrétaire de Louis II de Hesse-Darmstadt, né le 26 décembre 1777 à Darmstadt, et mort le 16 juin 1848 à Darmstadt, Grand-duc de Hesse de 1830 à 1848, avait le titre de Eques a Stella Magorum : chevalier de l'étoile des Mages. L'étoile des Mages est l'étoile de Bethléem, en rapport avec la Stella luti alchimique. L'interprétation nonagonale du Sceau de Palaja et de la pierre de Coume sourde prend de plus en plus de consistance. Le "MESSIAS" écossais de Martinès de Pasqually recontre bien le M, SAE et SIS de la pierre de Coume sourde (Autour de Rennes le Château : PSPRAECUM ou PS PRAECUM : le petit frère des pieuvres - books.google.fr, Autour de Rennes le Château : Messie, Messias).

La vie « profane » de Martinès - la graphie exacte de son nom aussi, tout comme la réalité de son appartenance maçonnique - reste obscure. Il semble être né à Grenoble en 1727 ; nous sommes mal informés sur ce que fut son existence jusqu'aux années 1758, date à laquelle il organise sa propagande ; cette absence documentaire a permis les pires hypothèses : on en a fait un Juif (impossible), un « marrane » (non démontré), un Italien, un Espagnol, un « barbaresque », que sais-je encore ? Après 1758, sa vie est assez bien connue : jusqu'en 1762, il circule ; de 1762 à 1766, il réside à Bordeaux, prendant l'hiver 1766-1767, il est à Paris où il négocie vainement un accord avec ce qui restait de la Grande Loge, il installe un « Tribunal souverain », publie les statuts de l'Ordre et rencontre Claude de Saint-Martin. De 1769 à 1772, Martinès aidé de ses deux secrétaires successifs, Pierre Fournié, clerc tonsure (on dit « l'abbé Fournié ») et Claude de Saint-Martin, travaille au Traité de la Réintégration qui demeurera manuscrit jusqu'à la fin du XIXe siècle. En 1772, il part pour Saint-Domingue, où il doit recevoir un héritage, et y meurt en 1774. Martinès a beaucoup écrit ; sa correspondance est importante, mais quelque peu dispersée. Il y a beaucoup à tirer du Traité, mais aussi des « documents d'Ordre » des Elus Cohens et particulièrement des Statuts (1767), et subsidiairement des Catéchismes, La thèse essentielle est celle de la « Réintégration », qui prend aisément place dans le courant ésotérique judéo-chrétien, avec, pense R. Amadou, une orientation provençale et espagnole - ce qui continedrait une influence islamique "de seconde main". Il s'agit d'une « réintégration » des êtres par un savoir opératoire. Cette réintégration doit être universelle, mais elle est œuvre humaine, théorie des moyens, des intermédiaires, des techniques. Donc, une théurgie particulière, spécifique. Une gnose, mais une « gnose particularisée » (Amadou). Dieu est un, mais ses puissances sont « trines » et son essence « quatriple ». Au commencement, il « émane » des êtres spirituels dont certains ont chuté, et ont été, à titre de sanction, emprisonnés dans le monde matériel qui lui, est créé et non émané. L'homme est alors « émané » à son tour, et chargé à la fois de la garde et de la réhabilitation. Mais il tombe lui aussi. Il perd son caractère céleste et toute communication directe avec Dieu. Cette communication ne pourra désormais s'effectuer que par l'intermédiaire du monde des esprits. Pour entrer en rapports avec eux, l'homme devra user de moyens partiellement matériels. La mystique devient théurgie. Le théurge prie pour demander à Dieu de lui rendre son pouvoir sur les esprits et commande à ceux-ci. Des signes, généralement lumineux, matérialisent la réussite de la démarche. Le théurge « Cohen » vient s'insérer dans une économie vétéro-testamentaire qui commence à Seth, se poursuit par Noë, élimine Caïn et Cham, intègre élus et prophètes et, par agrégation, les disciples de Martinès. Mais cette réintégration a un caractère cosmique ; l'« Élu » s'approprie et discerne la « figure universelle » où toute la nature, les immensités célestes et temporelles communiquent avec Dieu. Il doit aider à la réintégration de tous les êtres (la réintégration « universelle ») par des méditations (dont une méditation numérologique à partir des doigts de pied), une ascèse, des règles alimentaires, une morale, une théurgie cérémonielle. De 1754 (environ) à sa mort, Martinès va rêver à la construction de son « Temple Cohen », réservé à une élite portant le titre d'« Élus Cohens », c'est-à-dire possédant à la fois un titre sacerdotal (Cohen veut dire prêtre en hébreu) et un titre maçonnique (« Élu » devant être pris dans le sens de « choisi » et non de vengeur d'Hiram). Le système est « souché » sur la Maçonnerie « bleue », mais, en fait, reste à l'écart de la vie générale des loges. Il est au point dans les années 1766-1767. Au-dessus des trois grades symboliques vient celui de « Maître parfait Élu », puis les six grades « Cohens » proprement dits : « Apprenti cohen », « Compagnon cohen », « Maître cohen », « Grand Architecte », « Compagnon Chevalier d'Orient », « Commandeur d'Orient » , enfin le grade suprême « Réau-Croix », Martinès ayant, quant à lui, le titre de « Grand Souverain ». Il y eut, dans les années 1769-1770, un certain engouement pour le nouveau rite, et on compte quelque vingt-cinq temples « Élus Cohens » en France, dont Paris, Bordeaux, Toulouse, Marseille, Versailles, Avignon ; mais l'organisation n'a jamais été le fort ni de Martinès ni de ses secrétaires successifs, Fournié et Saint-Martin. D'autre part, il n'avait jamais été capable de mettre sur pied un véritable système maçonnique solidement construit. En tant qu'Ordre maçonnique, les « Élus Cohens » n'ont donc pas une grande importance, mais leur rôle est capital en ce sens que nous trouvons les traces de Martinès et de ses « émules » dans le mouvement maçonnique jusqu'au-delà de la Révolution. Le « Grand Souverain » a fortement influencé Claude de Saint Martin qui, en 1771, abandonna la carrière militaire pour devenir secrétaire du Maître. Il a fortement marqué Bacon de la Chevalerie et l'abbé Fournié, ce dernier étant exceptionnellement favorisé en matière de manifestations surnaturelles, enfin et surtout J.B. Willermoz. Tout le mouvement théosophique et théurgique français de la fin du XVIIIe siècle - et depuis - est « martinésiste », au moins par les « techniques », telles la « passe », la « chose » (puissance surnaturelle qui se manifeste), la « Chambre d'opérations », ou par l'aspiration envers un « sacerdoce » d'une Église intérieure que les « Cohens » semblaient se réserver, ou encore par la quasi-divinisation de l'homme « réintégré », le « très puissant Maître ». Le moins que l'on puisse dire, c'est que nos mystiques n'avaient pas un sens aigu du péché ! Les deux disciples seront Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz. Rien, en apparence, ne pouvait unir ces deux hommes, l'officier mystique, excellent écrivain, bien reçu dans le monde des salons, et le selfmade man, d'abord apprenti mercier, puis « facteur », enfin « fabricant et commissionnaire en soierie », un métier qui, dans la ville du président Herriot, a toujours largement nourri son homme. On peut dire, très grossièrement, que le premier fut le théoricien et que le second fut le réalisateur, réalisateur tellement actif - efficace a un tout autre sens - qu'on put se demander, après Wilhelmsbad, s'il n'était pas devenu le Maçon le plus « puissant » du monde (Daniel Ligou, Histoire des francs-maçons en France, 1981 - books.google.fr).

Le Convent de Wilhelmsbad eut l'immense mérite de confirmer l'autorité de Jean-Baptiste Willermoz, et de fixer définitivement les principes de la « Rectification ». Bien sûr le n'épousa pas toutes les thèses que Joseph de Maistre avait exposées avec une force de conviction manifeste dans son Mémoire; il est tout de même frappant de constater combien ce Régime Rectifié est imprégné de l'esprit maistrien sous de nombreux aspects, ou, devrions-nous dire et c'est peut-être normal, combien Maistre lui-même fut singulièrement impressionné par les thèses qui, sous la bénéfique et bienheureuse influence de Willermoz, triomphèrent en 1782 à Wilhelmsbad, puisque, ayant été à leur école pendant plusieurs années, et tout particulièrement dans cette période de jeunesse où l'esprit se forge au contact des influences extérieures qu'il peut recevoir à la faveur des rencontres que lui dispense la divine Providence. La pensée du comte savoyard est à ce titre, à sa base initiale, liée de manière indissociable aux doctrines qui se rencontraient dans ce courant, certes composite, mais singulièrement riche d'une longue tradition, représenté au XVIIIe siècle par l'illuminisme maçonnique. C'est pourquoi on ne peut pas faire l'économie d'un examen attentif des théories qui apparurent au sein de ce mouvement spirituel, sous peine de ne pas percevoir ce qui unit étroitement et intimement la pensée du comte de Maistre à sa source première, source qui est également et incontestablement une authentique origine. [...] La pensée maistrienne telle qu'exprimée dans les principaux textes du comte savoyard correspond aux bases doctrinales du Régime Écossais. Toutes les conceptions de Maistre portant sur les desseins de la divine Providence au cœur de l'histoire, la condition de l'homme, sa chute et sa possible « réconciliation » avec Dieu, sa vigilante attention appliquée aux lois de l'analogie mettant en lumière la correspondance entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, le monde regardé comme l'expression, selon la phrase de saint Paul, reprise par Maistre dans le dixième entretien des Soirées de Saint-Pétersbourg, d'un « ensemble de choses invisibles manifestées visiblement », sans compter, ce qui est peut-être l'essentiel, une « interprétation allégorique des Ecritures, dans le sillage de Martines de Pasqually, si négligée de son temps par l'Église; son intérêt pour la métaphysique des nombres par lesquels l'intelligence suprême se prouve à la nôtre; son apologie de l'intuition divinatrice, participation immédiate à la pensée de Dieu en qui repose la vérité; son exaltation de la prophétie toujours présente parmi les hommes et qui lui laisse pressentir un prochain et splendide épanouissement du christianisme... », ce faisceau d'éléments confirme incontestablement la profonde influence des thèses maçonniques de la Rectifiction écossaise (Philippe Barthelet, Joseph de Maistre, 2005 - books.google.fr).

Joseph de Maistre est cité par l'abbé Henri Boudet dans La Vraie Langue Celtique, pages II et 253, cette dernière, appariée à la 98, correspondant au psaume 98 (253-155) où sont mentionnés Moïse et Aaron comme sacrificateurs, alors q'un extrait d'Eclaircissements sur les sacrifices, de Joseph de Maistre est donné page 253 (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre IV - Ps. 98).

Psaume 98 : Exhortation à prier Dieu sur le mont Sion. Sans titre en hébreu. Vulgate : « Psaume de David. » Composé probablement pour la cérémonie de la translation de l'arche à Jérusalem. C'est le 3ème des Ps. qui commencent par Dominus regnavit. Le 1er XCII, chante la gloire de Dieu ; le 2ème XCVI, les bénédictions qu'il répand sur la terre, et le 3ème XCVIII, les faveurs qu'il accorde à ceux qui le prient. — 4 str. de 6 vers, la 1° et la 2° terminées par sanctum est ; la 4° par sanctus Dominus Deus noster, de sorte que nous avons en quelque sorte ici le trois fois saint d'Isaïe; de plus, la 2° et la 4° ont un même refrain, 5 et 9, avec quelques légères modifications de mots; 1-3; 4-5; 6-7; 8-9. — ler str., 1-3 : La royauté de Dieu fait trembler les Gentils et la terre elle-même; il faut le louer, parce qu'il est grand et saint; — 2° str., 4-5 : parce qu'il gouverne Israël avec équité. — 3° str., 6-7 : Il a exaucé les saints des premiers temps. — 4° str., 8-9 : Il faut l'adorer à leur exemple, sur Sion, la montagne sainte (Fulcran Vigouroux, Louis Bacuez, Manuel biblique: ou, Cours d'Écriture sainte à l'usage des séminaires, Volume 2, 1894 - books.google.fr).

A la page 98 de la VLC : "saint Augustin méritait certainement le nom d'Aigle des assemblées, qu'on lui a donné avec justice et bonheur". On retrouve en effet la justice que Dieu exerce en Jacob, Ps. 98,4, et le bonheur fait aux persécuteurs par leur destruction accomplie dans leur conversion, chez Augustin (Augustin, Discours sur le Psaume XCVIII, Oeuvres complètes, L. Vivès, 1872 - books.google.fr).

Il a été déjà remarqué qu'à Darmsdat, capitale des Hesse-Darmastadt, a été construite, en 1899, l'église Marie-Madeleine.

L'église orthodoxe Sainte-Marie-Madeleine, construite par le célèbre architecte russe Léon Benois sur la Mathildenhöhe qui domine Darmstadt et consacrée le 8 octobre 1899 en présence du couple impérial de Russie (photographie in Reinhard Thöle, Orthodoxe Kichen in Deutschland, Vandenhoeck & Ruprecht, Gottingue 1997, p.27), présente en ce qui concerne son porche une certaine similitude avec Rennes-le-Château. Deux des filles du grand-duc Louis IV de Hesse, Elisabeth (1864-1918) et Alix - devenue Alexandra après sa conversion à l'Orthodoxie - (1872-1918) avaient épousé le grand-duc Serge Alexandrovitch Romanov (1857-1905), fils d'Alexandre II, et le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch Romanov (1868-1918), fils d'Alexandre III, devenu tsar en 1894. Les deux couples connurent un destin tragique: le grand-duc Serge fut assassiné par des terroristes en 1905, l'empereur Nicolas et l'impératrice Alexandra furent massacrés par les communistes dans la maison Ipatiev à Catherinebourg le 17 juillet 1918 et la grande-duchesse Elisabeth, qui avait pris l'habit monastique dans son veuvage, fut précipitée par les communistes dans un puits de mine à Alapaïev dans l'Oural le 18 juillet 1918 (Autour de Rennes le Château : Eglise Marie-Madeleine et calendrier kabbalistique).

Eglises Sainte Marie Madeleine, à gauche à Darmstadt, à droite à Rennes le Château - www.bibleetnombres.online.fr

Topographia Hassiae von Matthäus Merian 1655

Les relations entre Rennes-le-Château et la Hesse-Darmstatd semblent se confirmer, même si ce ne sont que des points de détail.

Si on se pose des question concernant Jean Orth, le Habsbourg Jean Salvator, on peut entrevoir un rapprochement entre le milieu audois et les cours de la Hesse et de la Russie, peut-être dans un projet d'union des Eglises (cf. Huriel et l'ange orthodoxe Uriel) (www.octonovo.org).

« La manifestation publique du rosicrucianisme eut lieu entre 1614 et 1615, par la publication de trois célèbres déclarations de la Fraternité : 1° L'Allgemeine und General Reformation ; 2° La Fama fraternitatis Rosœ-Crucis (dans laquelle était relatée la légende de Christian Rosenkreuz) ; 3° La confessio fratrum rosœcrucis... suivie en 1616 de la parution de l'étrange roman alchimique intitulé : Les noces chymiques de Christian Rosenkreutz ». (Serge Hutin, ouv. cit., p. 34) « Partout où ils se trouvaient, les Rose-Croix se signalaient par leur dévotion au christianisme, mais, toutefois, interprété librement, de manière personnelle. » (Ubaldo Triaca : Le livre de Rose-Croix, 1950, p. 26.) [...]

Wolfgangus Ratichius (1571-1635), luthérien très strict, n'acceptait pas les libertés qui s'étaient introduites dans le mouvement de la Réforme depuis la disparition de Luther. Son orthodoxie intransigeante pouvait donc passer pour suspecte. « Les Rose-Croix, dont la plupart étaient protestants et considérés comme fidèles à leur religion, furent considérés par les théologiens catholiques du XVIIème siècle, soit comme des Libertins » (c'est-à-dire des « libres penseurs »), soit comme fanatiques ; les autorités luthériennes d'Allemagne, au contraire, y voyaient un retour déguisé au catholicisme. » (Serge Hutin, Histoire des Roses-Croix, 1955, p. 42) [...]

Ratichius travaillait sans relâche comme les adeptes du mouvement théosophico-alchimique, à une encyclopédie du savoir désignée sous le nom de Pansophie. (S. Hutin, ouv. cit., p. 27.) Ses fréquents déplacements, le faisaient soupçonner d'assister aux réunions clandestines des Rosicruciens ; son caractère secret, son célibat, renforçaient ce jugement. A Ulm, de fin juin 1615 au 17 juillet, Ratichius avait rencontré « de bons amis », dont le mathématicien Johann Faulhaber, « passionné de Kabale et de mystique des nombres, comme le prouve son ouvrage Mysterium arithmeticum sive cabalistica et philosophica inventio (1615) (S. Hutin, ouv. cit., p. 40) [...]

Ratichius avait été appelé aussi en avril 1616 par le comte Maurice de Hesse-Cassel (1592-1627). fils de Guillaume IV de Hesse-Cassel 0567-1592) et petit-fils de Philippe de Hesse (1509-1567), dont l'autre fils, Georges Ier (1567-1596), hérita de la principauté de Darmstadt. Or, le comte Maurice de Hesse-Cassel est signalé par Robert Ambelain (in Templiers et Rose-Croix, Edit. Adyar, Paris, 1955) et par Serge Hutin (ouv. cit., p. 34), comme le fondateur du chapitre rosicrucien de Cassel (en 1609). De plus, son père Guillaume IV «le Sage », avait été protecteur de Tycho de Brahé et l'ami de Jacques VI d'Ecosse, instigateur du mouvement rosicrucien anglais. Jacques VI d'Ecosse, était même venu rendre vrsite à Guillaume IV en 1590 (Georges Rioux, L'oeuvre pédagogique de Wolfgangus Ratichius, 1571-1635, 1963 - books.google.fr).

Le Holsteinois Wolfgang Radtke, plus connu sous son nom latinisé de Ratichius, né à Wilster, près de Glückstadt, est le premier en date des novateurs qui ont essayé en Allemagne de réformer la pédagogie traditionnelle. Il étudia la théologie, mais un défaut de prononciation l'éloignant de la chaire, il se voua plus spécialement à l'étude des langues, apprit à fond l'hébreu, l'arabe et les mathématiques. Il mourut à Erfurt à l'âge de soixante-quatre ans, après avoir été atteint d'une attaque d'apoplexie en 1633 (James Guillaume, Ratichius (Radtke) - www.inrp.fr).

Gaspard Lavater en 1768, le duc Louis de Hesse-Darmstadt en 1771 voulaient apprendre de Swedenborg le moyen de s'entretenir avec les anges et les morts (Jean Pierre Bayard, La symbolique de la Rose-Croix, 1975 - books.google.fr).

Paul Chacornac pense que le Comte de Saint-Germain est le fils bâtard de la Reine d'Espagne, Marie-Anne de Neubourg, et de l'Amirante de Castille ; notre personnage peut réellement se dire « prince d'Espagne ». Il aurait été ainsi mourir chez l'un des parents de sa présumée mère, le landgrave de Hesse, puisque Marie-Anne de Neubourg est de Hesse-Darmstadt. Le Comte de Saint-Germain figure dans la galerie des êtres immortels. Après Henoch, Melchissédec, Elie, saint Jean l'Évangéliste, les traditions orientales parlent des Immortels du Taoïsme, des Yogis, des Supérieurs Inconnus de l'Himalaya ; chez les Shiites, El-Khidr, qui renouvelle sa jeunesse tous les 120 ans, pratique aussi l'alchimie. On pourrait multiplier ces exemples en les prenant tant dans les livres sacrés que dans les grandes légendes. On peut se demander si le comte de Saint-Germain n'a pas été Rose-Croix, tant son état spirituel paraît élevé. Son don des langues, ses connaissances initiatiques certaines, son élixir (Jean Pierre Bayard, La symbolique de la Rose-Croix, 1975 - books.google.fr).

A la fin de sa vie, le prince Charles de Hesse lui offrit l’hospitalité et se proclama disciple du comte. Il écrit dans ses Mémoires que Saint-Germain se disait fils du prince François II Rakoczi et de Charlotte Amélie de Hesse Rhein Felds (Voyage dans le temps : Saint-Germain).

La Maison de Hesse est issue de celle de Brabant (comtes de Meuse, Maasgau). Henri II de Brabant (1207-1248), veuf de Marie de Hohenstauffen, se remaria vers 1240 à Sophie de Thuringe, fille de Louis IV, landgrave de Thuringe, et d'Élisabeth de Hongrie (canonisée en 1235, sainte au miracle des roses comme Germaine de Pibrac). Ils eurent Henri Ier (né en 1244, mort en 1308), landgrave de Hesse, tige de la maison de Hesse (fr.wikipedia.org - Famille des Régnier).

On dit qu'Elisabeth de Hongrie portait secrètement du pain aux pauvres d'Eisenach, à pied et seule, ce que réprouvait son mari. Un jour qu'il la rencontra sur son chemin, celui-ci, contrarié, lui demanda ce qu'elle cachait ainsi sous son manteau. Elle lui répondit d'abord que c'étaient des roses, puis, se rétractant, elle lui avoua, pour finir, que c'était du pain, et lorsque son mari lui ordonna alors d'ouvrir son manteau, il n'y trouva que des roses : c'est le miracle de sainte Élisabeth de Hongrie. On trouve un récit similaire dans la vie de la petie-nièce de la landgravine, Elisabeth de Portugal (fr.wikipedia.org - Elisabeth de Hongrie).

Elle est morte un 17 novembre, 1231, date kabbalistico-tarotique (Kabbalisation du Tarot : Calendrier kabbalistique à Rennes-le-Château).

Quand Louis X, landgrave de Hesse-Darmstadt entra dans la Confédération du Rhin en 1806, il changea son titre de landgrave en celui de grand-duc. Il prit alors le nom de Louis Ier. Le landgraviat de Hesse-Darmstadt devint alors le grand-duché de Hesse. Schleiermacher fut nommé directeur du Hofmuseum sous Louis II en 1844, charge qu'il conserva jusqu'en 1854, sous Louis III, date de sa retraite (de.wikipedia.org - Andreas Schleiermacher).

Joseph Hartmann (1812-1885), Andreas Schleiermacher (1787-1858) Museumsdirektor, Porträt, stehende, linksvorblickende Halbfigur mit verschränkten Armen (1840) - www.lagis-hessen.de

Le Hessisches Landesmuseum de Darmstadt abrite un remarquable fonds de dessins anciens, dont une importante série de la main d'artistes français des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles constituée à partir des prestigieuses collections du duc de Dalberg, du marquis de Lagoy et du grand-duc de Hesse.

Wilhelmine de Bade, née le 10 septembre 1788 à Karlsruhe et morte à Offenbach am Main le 27 janvier 1836, était la fille du prince héréditaire Charles Louis de Bade et d'Amélie de Hesse-Darmstadt, elle épousa en 1804 son cousin, le grand-duc héréditaire Louis II de Hesse. Amélie est la fille du landgrave Louis IX de Hesse-Darmstadt et soeur de Louis X qui devient le grand-duc Louis Ier de Hesse, qui épousa sa cousine germaine Louis-Henriette-Caroline de Hesse. Le prince héréditaire Charles Louis de Bade est le fils du grand-duc Charles Ier de Bade et de Caroline-Louise de Hesse-Darmstadt.

En 1828 apparut en Bavière Kaspar Hauser, un jeune homme inconnu et limité mentalement qu'on suspecta bientôt d'être le fis aîné subitement décédé en 1812 du grand-duc Charles II (1786 - 1818) et de la grande-duchesse Stéphanie de Beauharnais et de ce fait le légitime héritier de la couronne grand-ducale de Bade. Charles II est le fils du prince héréditaire Charles Louis de Bade (1755 - 1801) et frère de Wilhelmine de Bade.

Il est donc probable que l'abbé Henri Boudet y fasse allusion (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : 25 octobre - Crépin - Chalon).

Le 1er juillet 1862, le grand-duc Louis IV épousa la princesse Alice, (1843-1878), fille cadette de la reine Victoria du Royaume-Uni et du défunt prince-consort Albert. Leur fille Alix, devenue Alexandra Feodorovna, donna naissance, avec le tsar Nicolas II, au tsarévitch Alexis Nikolaïevitch, malade de l'hémophilie. Cette maladie génétique incurable, transmissible uniquement par les femmes, et qui n'atteint que les hommes, lui avait été transmise par son arrière-grand-mère, la reine Victoria du Royaume-Uni (fr.wikipedia.org - Alexis Nikolaievitch de Russie).

Alexis Nikolaievitch de Russie

Lors de la première guerre mondiale, la famille de Hesse-Darmstadt était alliée matrimonialement aux souverains russes et anglais, dans le camp opposé à celui de l'allliance austro-allemande. Cette supposée alliance rendrait plus crédible la présence de la pierre de Scone, siège des couronnements des souverains de Grande Bretagne jusqu'à 1996, dans le "dispositif" des curés de Rennes le Château.

A côté de Darmstadt : le roman noir de Rennes-le-Château

On retrouve des ingrédients du roman noir, voire du grand guignol, dans l'histoire de Rennes-le-Château : parchemins cryptés, cimetière, tombes retournées, passages secrets, crypte, abbayes dans les environs, châteaux cathares, assassinat (de l'abbé Gélis), tortures (du même, à la scie), il manque des spectres comme celui de Marie de Nègre qui aurait pu indiquer sa fantômatique dalle horizontale, ou de l'abbé Bigou, conduisant au(x) trésor(s).

Le château de Frankenstein, à Mühltal, doit sa célébrité au livre Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley. En effet, Mary Shelley aurait visité le château en 1816 et pris connaissance de l'alchimiste Johann Conrad Dippel qui, au XVIIe siècle, aurait essayé de créer un être artificiellement. Dippel est né au châteuau de Frankenstein en 1673 et mort dans celui de Wittgenstein en 1734, un 25 avril, date du Sceau de Palaja.

Dégoûté de la théologie qui lui valut un emprisonnement pour un traité piétiste dirigé contre ses coreligionnaires, il s'occupa de médecine et d'alchimie, et mena une vie errante et persécutée, résidant tantôt en Allemagne, tantôt en Hollande ou en Suède. Au milieu de ses extravagances, il fit quelques découvertes utiles, entre autres celle du bleu de Prusse et de l'huile animale qui porte son nom, qu'on employa longtemps contre l'épilepsie et le ver solitaire.

Du fait de longues disputes territoriales et religieuses entre les Frankenstein catholiques et les princes de Hesse-Darmstadt, luthériens, la famille vendit ses domaines autour du château fort aux landgraves de Hesse en 1662 pour une somme de 109 000 florins et se retira sur ses possessions en Veteravie et en Franconie (fr.wikipedia.org - Château Frankenstein, fr.wikipedia.org - Johann Conrad Dippel).

Après le Golem, Kaspar Hauser, maintenant Frankenstein, tout va y passer.

« Lorsqu'on fait la liste des ouvrages canoniques représentant le genre gothique, on inclura nécessairement Frankenstein. La liste est bien connue : le Château d'Otrante de Walpole, un ou deux romans d'Ann Radcliffe, Le Moine de Lewis, Melmoth de Maturin, et Frankenstein. » (Jean-Jacques Lecercle, Frankenstein roman du paradoxe, 1997, p. 54). L'adjectif « gothique » éveille des sonorités très diverses selon que c'est l'un ou l'autre de ces auteurs qui l'utilise. Cependant, il recouvre dans tous les cas le recours à une architecture médiévale, à la présence de l'Au-delà et à une atmosphère d'angoisse et de mystère. Dans les romans de Lewis, de Mary Shelley et de Maturin, c'est moins le décor gothique qui importe. Sauf si l'on entend ici le terme gothique, non pas dans le sens habituel mais abusif donné à l'architecture médiévale, mais au sens de « gothicité, » de sombre, de dévastateur, de barbare : en effet, les thèmes de la peur, de l'agression sadique, du mystère et de la mort figurent dans ces récits, où une « inquiétante étrangeté » révèle au plus près les désirs de l'homme. [...]

Les pérégrinations des personnages de ces romans dans des architectures labyrinthiques, le parcours initiatique qu'ils subissent, sont la représentation du retour en eux-mêmes, de la descente vers leur inconscient, qu'ils accomplissent. « Comme tout labyrinthe, celui-ci est intérieur : s'y plonger c'est descendre en soi. Le château est image de moi-même » (Jean Roudaut, les demeures du roman noir, 1959, p. 727). Le rôle cathartique que joue en ce sens le roman gothique est à rapprocher de l'effet produit par la tragédie ou du résultat atteint par la psychanalyse. Comme le souligne Milan Kundera, « le roman connaît l'inconscient avant Freud, la lutte de classes avant Marx, il pratique la phénoménologie (la recherche de l'essence des situations humaines) avant les phénoménologues. » (L'art du roman, 1986, p. 50) (Elizabeth Durot-Boucé, Le lierre et la chauve-souris: réveils gothiques : émergence du roman noir anglais, 1764-1824, 2004 - books.google.fr).

Pour clore cette évocation, notons que la tombe d'Otto Rahn se trouve à Darmstadt.

Otto Rahn (1904-1939), écrivain et archéologue allemand, est né le 18 février 1904 de Charles et Clara Rahn, à Michelstadt dans l'arrondissement d'Odenwald (Hesse). Il est l'auteur de deux ouvrages consacrés à la légende du Graal et à la croisade contre les Albigeois, Croisade contre le Graal (1933) et La Cour de Lucifer (1937).

« La thèse d'Otto Rahn consistait pour l'essentiel à assimiler le château de Montségur à Montsalvage, le légendaire château du Graal, pour des raisons étymologiques. » (René Nelli, préface de Croisade contre le Graal) (fr.wikipedia.org - Otto Rahn, Autour de Rennes le Château : Rennes les Bains, la Petite Ourse et le Dragon).

Otto Rahn memorial - otto-rahn.com).

ON ou Héliopolis et SI

Comme le A est à l'envers, si on retourne le sceau alors NO devient ON.

Héliopolis (la « ville du Soleil », aujourd'hui arabe Aîn-ech-Chams soit l'« Œil du Soleil ») est le nom donné par les Grecs à la ville antique de Onou (ou Iounou) dans le delta du Nil. Elle était la capitale du treizième nome de Basse-Égypte (fr.wikipedia.org - Héliopolis d'Egypte).

En Gn 41, 45-50, Pharaon donne à Joseph pour femme, Asénath, fille de Pôtîphar, prêtre d'On (Héliopolis), patrie d'Ephraïm et de Manassé, que Jub. 40,10 comprend "la fille du prêtre d'Héliopolis" (Qumran Cave 4, Volume 31, Palestine Archaeological Museum, Ecole biblique et archéologique française, 2001 - books.google.fr).

Aseneth serait une double de la déesse Neith, patronne de Saïs (Autour de Rennes le Château : Messie, Messias).

On remarque cependant les ruines de On ou Hon, la Héliopolis des Grecs, à cause de son temple magnifique dédié au Soleil On la citait pour la beauté de ses temples et pour son collége, où les prêtres enseignaient les hautes sciences, collége dans lequel Hérodote, Platon et Eudoxe vinrent s'initier aux secrets de l'Egypte (Baron Taylor, Louis Reybaud, La Syrie, L'Egypte, La Palestine et la Judé considérées sous leur aspect historique archéologique, 1839 - books.google.fr).

Pour en revenir à "un nonagone".

Les Ennéades les plus connues sont celles des villes d'Héliopolis et d'Hermopolis, qui servirent de modèles aux Ennéades des autres centres religieux de l'Egypte. L'Ennéade d'Héliopolis, ou plutôt la première des Ennéades d'Héliopolis, avait pour chef le dieu Toum ou Atoum, contemporain de la Création, que Lefébure a supposé être le même qu'Adam, le premier homme de notre Écriture Sainte. Atoum donna naissance, de sa propre substance, au couple du dieu Shou et de la déesse Tafnouît, suivi des trois autres couples Gabou (Sibou) et Nouit, Osiris et Isis, Set et Nephthys. Telle fut la première Ennéade d'Héliopolis. Elle forma avec une seconde et une troisième Ennéade, les dynasties divines qui organisèrent et gouvernèrent le monde avant la première dynastie historique (Revue pratique d'apologétique, Volume 7, 1908 - books.google.fr).

Le mot égyptien t3 (to/ta) (= la terre, la région habitée) a évolué par palatalisation en /, ts et si22. En kirundi, la terre se dit: i-si (Célestin Simbanduku, Amun et Imana, Bible et Terre Sainte: mélanges Marcel Beaudry, 2008 - books.google.fr).

Papyrus Saitique 825, III, 4 /III, 5 : « La terre d'Héliopolis. la terre de Létopolis, Râ s'y est installé, sa sueur y est tombée. (La terre de Memphis, Ptah s'y est installé); sa sueur y est tombée. La terre d'Abydos, la terre de ht df, w, Osiris s'y est installé ; sa sueur y est tombée. » (Philippe Derchain, Le papyrus Salt 825 (B.M. 10051): rituel pour la conservation de la vie en Égypte, 1965 - books.google.fr).

Table ronde à libations au nom de Ouzasoutenpa (Musée Guimet) : « Le prince héréditaire Ouzasoutenpa, surnommé Neferàbri-neb-pehti. Je t'offre cette tienne libation qui se manifeste sur la terre d'Héliopolis et dont vivent les dieux dans Hàit-Baq d'Héliopolis. Je t'offre ces choses pour que tu te poses sur elles (ou : pour que tu te complaises en elles), que tu vives, que tu sois glorieux, que tu te réjouisses, que tu sois fort par elles à jamais, et que ton cœur se rafraîchisse avec elles. » (Alexandre Moret, Catalogue du Musée Guimet, Galerie égyptienne, Annales du Musée Guimet, Tome XXXII, 1880 - archive.org).

Les juifs à Héliopolis

On a, au reste, multiplié à l'infini les explications conjecturales de l'origine delà tradition répandue sur le culte de l'âne chez les Hébreux. Il existait à Héliopolis, sous les Ptolémée, un temple juif appelé "onion" du nom du grand-prêtre Onias, qui l'avait fait bâtir (Joseph. Antiq.jud. XIII, 6; — XIV, II). Un critique à pensé que des ignorants, faute de connaître celle étymologie historique du mot Onion, avaient pris cet édilice pour un temple dédié à l'âne ("onos"). D'autres ont imaginé que le nom du ciel "ouranos", dont les Juifs passaient pour les adorateurs, avait ele lu onos ;, sans tenir compte de l'abréviation usitée par les calligraphes, pour écrire le mot "ouranos" ; ou encore que l'on avait confondu le mot latin cœlum, avec cillum (âne) Les hébraïsants sont d'avis que l'urne d'or du temple de Jérusalem, qui renfermait la manne, a pu être assimilée à une tête d'âne, à cause du rapprochement du mot hébreu chamos (âne), avec gomor (manne). On connaît aussi la croyance admise chez les Gnostiques, suivant laquelle le dieu des armées, Jehovah Sabaoth, avait la forme extérieure d'un âne (Epiphan. Hœres. XXVI, 10). Il n'est pas non plus tout à fait hors de propos de rappeler l'usage jadis en vigueur chez les Juifs, si l'on en croit Suidas (voce zenôn), de contraindre les individus qui abjuraient leur religion, à parcourir la synagogue au jour du sabbat, montés sur un âne blanc (Amédée Fleury, Saint Paul et Sénèque; recherches sur les rapports du philosophe avec l'apòtre et sur l'infiltration du christianisme naissant à travers le paganisme, Volume 2, 1853 - books.google.fr).

Onias III, fils de Simon, et petit-fils d'Onias II, fut établi dans la grande sacrificature après la mort de son père, vers l'an 200 avant J. C. C'était un homme juste, dont on voit le plus bel éloge dans le livre de l'Ecclésiastique, chap. 60. Sa piété et sa fermeté faisaient observer les lois de Dieu dans Jérusalem, et inspiraient aux rois mêmes et aux princes idolâtres un grand respect pour le temple du Seigneur. C'est sous lui qu'arriva l'histoire d'Héliodore. Un Juif, nommé Simon, outré de la résistance qu'Onias apportait à ses injustes entreprises, fit dire à Séleucus, roi de Syrie, qu'il y avait dans les trésors du temple des sommes immenses, qu'il pouvait facilement faire passer dans le sien. Le roi, sur cet avis, envoya à Jérusalem Héliodore. Le perfide Simon, toujours plus animé contre Onias, ne cessait de le faire passer pour l'auteur de tous les troubles qu'il excitait lui-même. Onias, craignant les suites de ces accusations, se détermina à aller à Antioche pour se justifier auprès du roi Séleucus: ce prince mourut sur ces entrefaites. Antiochus Epiphanes, son frère, lui ayant succédé, Jason, frère d'Onias, qui désirait avec ardeur d'être élevé à la souveraine sacrificature, l'acheta du roi à prix d'argent, et en dépouilla son frère, qui se retira, dans l'asile du bois de Daphné. Ce saint homme n'y fut pas en sûreté ; car Ménélaus, qui avait usurpé sur Jason la souveraine sacriftcature, et pillé les vases d'or du temple, fatigué des reproches que lui en faisait Onias, le fit assassiner par Andronic, gouverneur du pays. Ce meurtre révolta tout le monde. Le roi lui-même, sensible à la mort d'un si grand homme, ne put retenir ses larmes, et la vengea sur l'auteur, qu'il fit tuer au même lieu où il avait commis cette impiété (163 avant J. C.). Onias laissa un fils qui, se voyant exclu de la dignité de son père par l'ambition de Jason et de Ménélaûs, ses oncles, et par l'injustice des rois de Syrie, se réfugia en Egypte auprès du roi Ptolémée Philométor. Ce prince lui accorda la permission défaire bâtir un temple au vrai Dieu dans la préfecture d'Héliopolis. Il appela ce temple Onion, et le construisit sur le modèle de celui de Jérusalem. Il y établit des prêtres et des lévites, qui faisaient le même service et pratiquaient les mêmes cérémonies que dans le vrai temple. Le roi lui assigna de grandes terres et de forts revenus, pour l'entretien des prêtres et pour les besoins du temple. Après la ruine de Jérusalem, Vespasien, craignant que les Juifs ne se retirassent en Egypte, et ne continuassent à faire les exercices de leur religion dans le temple d'Héliopolis, le fit dépouiller de tous ses ornemens, et en fit fermer les portes (François-Xavier Feller, Dictionnaire historique, Volume 10, 1833 - books.google.fr).

Eugene Delacroix (1798-1863), Héliodore chassé du temple, 1857 - reproarte.com

Dans l'excursus sur l'histoire juive qui sert de préambule au commentaire du psaume 54, Théodore de Mopsueste a comme source principale II Macc: l'épisode d'Héliodore y est rapporté avec force détails, et dans tout cet épisode, Onias garde un rôle de premier plan. En II Macc, 3.33, par exemple, il intercède pour Héliodore et parvient ainsi à l'arracher à la mort. A la suite des calomnies de Simon, le préfet du temple, Onias se résout à demander l'intervention du roi (II Macc, 4.2). La narration, comme nous l'avons rappelé plus haut, se poursuit par la mort de Séleucos IV, la succession d'Antiochos Epiphane et l'usurpation de la grand-prêtrise par Jason, le frère d'Onias III, qui fonde ensuite un gymnase et une éphébie à Jérusalem. Dans le récit du II Macc, Onias III ne semble jamais prendre part à ces événements. Il n'est mentionné à nouveau que plus avant (II Macc, 4.33), lorsque l'on signale qu'il s'était réfugié dans le sanctuaire de Daphné, tout près d'Antioche; ce sanctuaire, ainsi que tous les temples, jouissait du droit d'asile. C'est de là qu'Andronique l'aurait fait sortir sous un faux prétexte afin de le tuer.

Dans le récit de Théodore, on trouve une suite plus vraisemblable surtout en ce qui concerne le rôle joué par Onias. Jason reçoit le pontificat car Onias en avait été déclaré déchu. Ensuite, lorsque Jason introduit des coutumes grecques dans la ville, et qu'on laisse tomber la pratique de la circoncision et l'observance du sabbat, Onias en fait reproche à son frère. Comme la situation empire, "il partit de la ville et, parvenu en Egypte, il érigea dans ce pays un autel, il bâtit un temple" (Revue des études juives: Historia judaica, Volume 154, 1995 - books.google.fr).

Qu'un ancien grand-prêtre juif se réfugie dans un temple païen, et que son assassin soit puni par Antiochos d'avoir tué un dignitaire déposé, semblent à certains peu vraisemblable.

Notons que ce temple païen est le Temple d'Apollon, dieu solaire, du vallon de Daphné et qu'Héliodore est le "présent du soleil".

CEIL BEIL MCCXCII

On retrouve l'inscription de la pierre de Coume Sourde, comme soleil caché : du gaélique "ceil" : caché, et Beil le dieu soleil (La Croix d’Huriel et pierres noires : Bénédiction et pierre noire de l’abbé Henri Boudet, Autour de Rennes le Château : Villemaury, Ligne gnostique et Sceau de Palaja : Stella luti).

Babylas

Lorsque Julien se mit en route pour aller rendre hommage à l'Apollon de Daphné dont on célébrait la fête, sa dévotion se monta au dernier degré de la ferveur. Sa vive imagination entrevoyait déjà toute la pompe des victimes, des libations et des cérémonies du temple; une longue procession de jeunes garçons et de jeunes filles, revêtus de robes blanches, symbole de leur pureté, et le concours tumultueux d'un peuple innombrable. Mais le zèle d'Antioche s'était porté ailleurs depuis le règne du christianisme. Au lieu des hécatombes de bœufs gras, sacrifiés par les tribus d’une riche communauté, il se plaint de n'avoir trouvé qu'une oie, fournie par un prêtre, pâle et solitaire habitant de ce temple tombé en ruines. L'autel était abandonné, l'oracle ne parlait plus, et les cérémonies funéraires du christianisme profanaient aux yeux de Julien cette terre sacrée. Le corps de Babylas (évêque d'Antioche, qui mourut en prison lors de la persécution de Decius), après avoir reposé près d'un siècle dans son tombeau, fut transporté au milieu du bocage de Daphné, par l'ordre du césar Gallus. On y éleva une belle église; une portion des terres consacrées à Apollon, fut appliquée à l’entretien du clergé et aux funérailles des chrétiens d’Antioche, qui voulaient être enterrés aux pieds de leur évêque, et les prêtres du dieu du jour se retirèrent avec leurs sectaires, remplis d‘indignation et d'effroi. Lorsqu'une autre révolution sembla rétablir la fortune du paganisme, on démolit; l'église de Saint—Babylas, et on ajouta de nouveaux bâtimens à l'édifice à demi ruiné qu’avait fait construire la piété des rois de Syrie. Mais l'un des premiers soins de Julien, et celui dont il s’occupa le plus, fut de délivrer son dieu chéri de l‘odieuse présence des chrétiens morts ou vivans, qui avaient éteint la voix de l'imposture et de l’enthousiasme. Il purifia ce lieu d'infection d’après les lois des anciens rituels; on enleva les corps avec décence, et on permit aux ministres de l‘église de porter les restes de saint Babylas dans les murs d'Antioche, d’où on les avait tirés. Le zèle des chrétiens dédaigna l'humble conduite qui aurait pu calmer la jalousie d'un gouvernement mal intentionné. Une multitude innombrable accompagna ou suivit le char élevé qui transportait les ossemens de saint Babylas. Elle chantait à haute voix ceux des psaumes de David qui expriment avec le plus d'énergie le mépris des idoles et des idolàtres. Le retour du saint fut un triomphe, et ce triomphe était une insulte à la religion de l'empereur, dont l'orgueil dissimulait le ressentiment. Le temple de Daphné brûla durant la nuit qui termina cette procession indiscrète; la statue d'Apollon fut consumée, et il ne resta plus que les murs dégradés de l'édifice qu’on y voyait la veille. Les chrétiens d'Antioche assurérent hardiment que l'interccssion de saint Babylas avait dirigé la foudre sur ce temple odieux. Réduit à l'alternative de supposer un crime ou un miracle, Julien, sans hésiter, sans entendre de témoins, mais avec quelque apparence de probabilité, imputa l'incendie au zèle des Galiléens. Leur délit, s'il fut prouvé, justifia la clôture de la cathédrale d’Antioche, et la confiscation de ses richesses, que l'empereur ordonna bientôt après.

Babylas est nommé par Eusèbe dans la liste des évêques d'Antioche (Hist. Ecclès. I, VI, c. 29,30) (Histoire de la decadence et de la chute de l'Empire Romain par Edouard Gibbon, Volume 1, traduit par J.A.C. Buchon, Desrez, 1840 - books.google.fr).

Les Latins tout sa fête le 24 janvier et les Grecs le 4 septembre. Son nom se trouve écrit Babylas, Babyllus et Babila, en français Babel, Baible, et Babyle.

San Babila est une église de la ville de Milan en Italie. Construite, à en croire la tradition, sur l'emplacement d'un ancien temple païen dédié au Soleil, San Babila serait la plus ancienne église chrétienne de Milan puisqu'elle fut édifiée en 46 ap. J.-C. Elle aurait été fondée par saint Barnabé, qui, à peine arrivé à Milan, y aurait également célébré la première messe (Rina Bucci, Patrizia Fabbri, Milano. Ediz. francese, traduit par L. Meijer, 2004 - books.google.fr).

Babilas désigne en français un sot, un biais, sans doute du latin babulus (vantard), de babio (vanter, d'une onomatopée).

Babylone se présente tout d'abord isolée au milieu d'une grande plaine (comme la cité du Soleil de Campanella) : elle forme comme une île qui peut vivre en autarcie (Babylone chez les auteurs de recueils de "leçons" : l'exemple de Coelius Rhodiginus, Babel à la Renaissance: actes du XIe colloque de la Société française d'étude du XVIe siècle, Toulon, mars 1997, 2007 - books.google.fr).

Cette tour de Babylone ou de Babel, qui, comme on sait, servit d'observatoire aux prêtres chaldéens, inventeurs de l'astronomie, avait 307 pieds d'élévation. Elle était consacrée à Belus (c'est-à-dire au seigneur, au roi) qui très probablement est le même que Bel, Baal, ou le Soleil. Or, l'enchanteur Merlin, dans l'une de ses prophéties, appelle le Diable le grand dragon de Babylone, ce qui porterait à croire que Merlin, qui professait le christianisme, se sert de cette appellation pour désigner le dieu Bel, ou le soleil, dont le dragon, ou le serpent, dans plusieurs anciennes théogonies, symbolisait la toute-puissance. Un énorme dragon, par un jour de foire, s'élança, en plein midi, des souterrains du château de Culan (Cher), et a laissé de terribles souvenirs dans la contrée. A midi, heure du méridien, Culan se trouve sur celui de Paris ; les seigneurs de Culan avaient comme cri : "Au peigne d'or !". (Germain Laisnel de la Salle, Croyances et légendes du centre de la France, 1875 - books.google.fr, Autour de Rennes le Château : Les parchemins : dans le texte).

Laisnel de la Salle évoque le dragon de Culan (Cher) qui laissa de terribles souvenirs dans la région. C'était le cocadrille partant pour Babylone. Ce dragon pose problème : de quel Babylone s'agit-il ? L'original ou celui de Cordes, oppidum voisin des limites du Berry, sur le territoire de Hérisson, forteresse d'époque de la Tène, puis médiévale, appelée Babylone et dont les archéologues viennent de découvrir une porte monumentale (Mythologie française: bulletin de la Société de mythologie française, Numéros 226 à 229, 2007 - books.google.fr).

Dans le vieux Caire, le coeur historique, il existe une forteresse romaine que l'on appelle la Babylone du Caire, construite près de la rive orientale du Nil, face à l'île de Rhoda, dans le quartier copte. Il s'agit en fait d'une déformation d'un nom arabe donné après la conquète de l'Egypte par les Arabes (après 642). Le nom arabe de cette partie du Caire est Bab el On ou encore babalyûn ce qui a donné Babylone. Bab signifie Porte. On / yun fait référence au nom égyptien de la grande ville pharaonique situé dans le quartier actuel d'Héliopolis, la ville du culte solaire dont le nom était On ! Bab el On est "la porte de On" (www.pharaon-magazine.fr).

Le dragon de Babylone se trouve en effet dans Les Prophéties de Merlin d'un certain Richard d'Irlande, en fait d'un moine véntitien, probablement franciscain. Il désigne l'empereur Frédric II de Hohenstauffen (Paul Zumthor, Merlin le prophète: un thème de la littérature polémique de l'historiographie et des romans, 1943 - books.google.fr).

2000 pas ou 2000 coudées

Le centre du sceau-signature du grand parchemin porte un signe qui ressemble au chiffre indo-arabe 2 surmonté d'un trait recourbé qui, en numération romaine, signifie un multiple de 1000. Ce signe 2 est le miroir de celui de l'ancienne Egypte.

Dans l'Egypte byzantine, où les traits diagonaux, placés à gauche d'une lettre-chiffre, désignent les milliers. On trouvera aussi les dix milliers indiqués par un arc au-dessus du chiffre (Claude Calame, D'Hippocrate à Galien, trois recettes médicales sur papyrus, Revue d'études grecques, Volume 97, 1984 - books.google.fr).

2000 comme "MM" en numération romaine (Marie-Madeleine), "XX" ou ",alpha" en numération grecque.

Les lettres autour NO, IS, A et N ne sont pas forcément celles qu'elles paraissent. En effet le O est pointé comme un théta grec. On pourrait lire ces lettres comme "S ITHNAN" où ITHNAN en arabe signfie 2, comme le signe au centre.

Les prétendus parchemins de Saunière nous parlent de trangression et du sabbat.

L'Evangile parle du Chemin d'un Sabbat, & le borne depuis la Montagne des Oliviers jusqu'à Jérusalem. Joseph, rapportant l'Histoire de cet Egyptien, qui sous le Gouvernement de Félix avoit séduit la Populace, en lui faisant croire que si elle vouloit le suivre sur la Montagne des Oliviers, elle verroit de là tomber les Murailles & les Portes de Jérusalem, ne compte que cinq Stades depuis cette Montagne jusqu'à la Ville; ce qui était le Tiers d'une Lieue de deux mille Pas. Mais, les Histoliens Sacrez rapportent que Jésus-Christ ressuscité conduisit ses Disciples jusqu'en Bethanie, située sur la Montagne des Oliviers, qu'il sut enlevé de là au Ciel, & qu'ils s'en retournérent à Jérusalem, oùiî y avoit le Chemin d'un Sabbat. En accordant Joseph & Saint Luc, on concluroit qu'il étoit permis de faire six ou sept cens Pas au Jour du Sabbat; mars, cela ne s'accorde ni avec la Tradition des Juifs modernes, lesquels, quoi que plus superstitieux que les Anciens, permettent de faire mille Pas; ni avec St. Jean, qui compte une Lieue de deux mille Pas depuis Bethanie jusqu'à Jérusalem. Grotius s'imagine que Saint Jean parle des Stades selon la Mesure des Juifs, qui étoit peut-être beaucoup plus petite que les autres; mais, il ne leve pas la Difficulté, puis qu'il n'appuie sa Conjecture sur aucune Preuve. II me semble qu*on peut dire que du tems de Jésus-Christ le Chemin du Sabbat étoit de quinze Stades, c'est-à-dire, d'une petite Lieuë, comme Saint Luc & St. Jean l'assurent; car, il y avoit cette Distance de Bethanie, d'où Jésus-Christ monta au Ciel, à Jérusalem, où les Apôtres retournérent. Un ancien Géographe Arabe, conforme aux Evangélistes, compte deux milles Pas depuis la Montagne des Oliviers, & le Bourg, où Jésus-Christ envoia quérir un Ane. Joseph ne contredit point les Apôtres, parce que l'Imposteur Egyptien ne fit pas monter le Peuple jusque sur le Sommet des Oliviers, ni jusqu'en Bethanie, d'où il n'auroit pu découvrir Jérusalem. Il ne les mena qu'à Betphagé, qui étoit beaucoup plus proche, puis que c'étoit là où l'on faisoît cuire l'Oblation du Soir pour la porter au Temple. Origene confirme ce que nous avançons; car, il avoue que si le Samaritain demeuroit dans la Place & dans la Situation, où le Sabbat le trouvoit, le reste des Juifs permettoit de faire un Chemin de deux mille Aunes. On a changé depuis les Aunes en Coudées, afin de concilier Origene avec les Rabbins; mais, en suivant l'ancien Interprête, il faut avouer que deux mille Aunes font deux mille Pas. Ainsi, les Juifs conservoient encore de son tems la même Regle qu'ils avoient observée du tems de Jesus-Christ.

C'est que la Superstition aiant augmenté dans la suite des tems, on régla le Chemin d'un Sabbat à mille Pas. En effet, Saint Jérôme remarque que les Maîtres Juifs avoient décidé qu'on ne pouvoit faire que mille Pas sans violer le Jour du Repos. Erasme, qui a voulu corriger le Texte, & doubles ce nombre, s'est trompé; car, Agobard, Evêque de Lion, copiant cet Endroit de Saint Jérôme, l'a cité précisément, comme on le lit dans nos Exemplaires; mais, ce Changement s'étoit fait depuis J. Christ. Les Docteurs avoient changé la Loi de Moïse sur cet Article; car, au lieu que cet ancien Législateur avoît permis de marcher douze malle Pas, afin de se rendre au Tabernacle, ils avoient rétreci cette Liberté. Il n'est donc pas étonnant qu'ils y aient donné une nouvelle Atteinte depuis Jésus-Christ, puisque la Superstition a augmenté. D'ailleurs, Saint Jérôme découvre la Source de ce Changement; car, il attribue cette Décision à Akiba, qu'Erasme a déguisé mal à-propos en Bar-Aquiba. Jérôme y ajoute Simeon & Hillel ; mais, il n'est pas nécessaire de remonter jusqu'à l'ancien Hillel, Chef de Secte, comme fait Drusius, puis que Saint Jérôme le place après Akiba. On fait assez qu'il y a eu des Patriarches de ce Nom depuis Jésus-Christ & l'Empereur Adrien, qui ont donné une nouvelle Autorité au Décret d'Akiba, & ont reduit le Chemin du Sabbat à mille Pas. Les Thalmudistes ont suivi ce Decret, & ont réduit les deux mille Pas des Anciens à deux mille Coudées, qui ne font que mille Pas; & c'est là la Mesure ordinaire du Chemin du Sabbat chez les Juifs modernes, comme Leon de Modenenous en assure. (Jacques Basnage, Histoire des Juifs, depuis Jesus-Christ jusqu'à présent, Volume 9, 1716 - books.google.fr).

Le géographe arabe est Muhammad Ibn-Muhammad-al-Idrisi, traduit en latin par Gabriele Sionita (comme Sion) :

Inciusdem præfati mentis parte orientalis, aliquando cum flexu ad meridiem, cernitur sepulchru Lazari, quem Christus vivificvit. Ad duo milliaria a monte oliuarum est castellum, e quo ducta suit asina, in quaequitauit Christus Dominus quado ingressusest Hierosolymam ; est autem modo dirutum, a nemine habitatum (Muhammad Ibn-Muhammad-al-Idrisi, Geographia nubiensis: id est accuratissima totius orbis in septem climata divisi descriptio, traduit par 1619 - books.google.fr).

Ce Béthanie est le même que celui où Marie-Madeleine oignit les pieds de Jésus (Jean 12,1-11 ; Matthieu 26,3-13 ; Marc 14,3-9).

Al Idrissi, Al-Idrisi, Edrisi ou encore Charif Al Idrissi, de son nom complet Abu Abdallah Muhammad Ibn Muhammad Ibn Abdallah Ibn Idriss al-Qurtubi al-Hassani, connu aussi sous le nom latin de Dreses et dit l'Arabe de Nubie, est un géographe et botaniste, né à Sebta, l'actuel Ceuta, vers 1100. Il a grandi à Cordoue sous l'empire Almoravide, et serait probablement mort vers 1165 en Sicile.

On connaît mal les circonstances de sa venue en Sicile où il arrive à Palerme en 1138. Le roi normand Roger II de Sicile l'aurait appelé à sa cour pour y réaliser un grand planisphère en argent et surtout pour écrire le commentaire géographique correspondant, le « Livre du divertissement de celui qui désire parcourir le monde », Kitâb Nuzhat al Mushtâq ou Kitâb Rudjâr - Le « Livre de Roger ». Ce travail lui prendra 18 années de sa vie. On perd sa trace en 1158, après qu'il eut effectué ce travail. Les historiens situent la date de sa mort entre 1164 et 1180. Le peu de renseignements sur ce savant du Moyen Âge, réside peut-être, d'après l'historien Francisco Pons-Boigues, dans le fait que les biographes arabes ont considéré Al-Idrisi comme un renégat, au service d'un roi chrétien (fr.wikipedia.org - Al Idrissi).

Gabriel Sionite ou Sionita (de son vrai nom arabe Jibra'il as-Sahyuni), né en 1577 à Ehden, dans le nord du Liban, mort en 1648 à Paris, est un savant maronite, professeur d'arabe, célèbre pour la part qu'il prit à l'édition de la Bible polyglotte (dite Polyglotte de Paris), réalisée sous la direction de Guy Michel Lejay (fr.wikipedia.org - Gabriel Sionite).

Il semble que la situation de Ceuta à l'entrée du détroit de Gibraltar ait favorisé l'élaboration d'une littérature mythologique. C'est là qu'on localise le rocher où Mûsâ (Moïse), ou son campagnon Yûsha, oublia son poisson. La légende est, cette fois-ci, d'origine maghrébine. Al-Kazwînî qui en fait mention, l'attribue à Abu Hâmid al-Andalusî et dans un autre passage à Muhammad b. 'Abd al-Rahîm al-Gharnâtî. Nous nous demandons si cette tradition n'est pas née dans les milieux hébreux. Un indice existe dans le récit même de la légende : les Juifs faisaient sécher ce poisson (le poisson de Moïse) et l'exportaient aux pays lointains pour l'offrir comme cadeau. Il est possible aussi que la légende ait vu le jour au moment où quelques commentateurs du Coran pensaient localiser «le confluent des deux mers » mentionné par le livre sacré au détroit de Gibraltar. Il est évident que cette tradition se classe, comme beaucoup d'autres, dans la liste des légendes qui ont été inventées après la conquête arabe et qui tentent de trouver un appui matériel aux «histoires des prophètes» relatées par le Coran. Remarquons que la Sole est toujours connue dans la région de Ceuta et dans le monde arabe en général sous le nom de Hût Mûsâ (poisson de Moïse).

Le " poisson de Moïse" cité dans le Coran, est décrit comme un "poisson qui n'a de chair que d'un seul côté, l'autre côté en est dépourvu de sorte que sa peau s'est collée aux arêtes. Sa chair est d'un goût agréable et s'emploie avec avantage pour guérir la gravelle et fortifier la sécrétion séminale." Il est l'objet d'un fructueux commerce pendant tout le Moyen Age. Pline citait déjà cette espèce parmi les mets recherchés par la population de Cadix. Son exportation de Sabta est signalée dans toutes les chroniques. Nourriture, reméde et aliment sacré, son histoire est liée à la légende de al Hadir et de Moïse. (Halima Ferhat, Sabta des origines au XIVème siècle, 1993 - books.google.fr).

Le poisson est aussi un symbole de la rencontre de Moïse et d'al-Khadïr. Les saints pèchent eux-mêmes pour se nourrir, mais sans se comporter en professionnels ; ils utilisent une technique sommaire, un fil et un crochet ou un simple clou. Ils peuvent aussi se contenter des poissons et des coquillages rejetés par la mer, comme 'Abd as Salâm at-Tûnsy, car il s'agit seulement de ne pas mourir de faim, tout en évitant les contacts avec la société et l'argent ; l'ascète se contente de pêcher la quantité de poisson névessaire à ses besoins (Halima Ferhat, Frugalité soufie et banquets de zaouyas : l'éclairage des sources hagiographiques, Médiévales, 33, 1997 - books.google.fr).

Le poisson de Moïse est dans le Coran, sourate 18, mais on ne sait quand la légende s'est fixée à Ceuta. Al-Idriss n'en parle pas, seulement du thon et de la centaine de variétés de poisson qui y sont pêchées. Le rocher de Ceuta où se serait retiré Moïse est cité dans le masdlik (Le Livre des Etats et des Routes) avec la référence au Coran. Le poisson aurait rejoint Moïse en passage souterrain (Bibliothèque des géographes arabe, Volume 2, 1927 - books.google.fr).

L'industrie de la pêche était fort florissante à Ceuta. [...] Idrisi nous apprend que " nulle côte n'est plus productive, soit sous le rapport de l'abondance, soit sous celui du commerce du poisson. On en compte environ 100 espèces différentes, et l'on s'y livre particulièrement à la pêche du thon qui se multiplie beaucoup dans ces parages. Al-Bakri lui asussi dit combien la côte du Détroit est poissonneuse, et au XIVme siècle, l'auteur de la description accorde un assez long développement à cette industrie. Il nous apprend en effet que dans ce qu'il appelle les deux mers de Ceuta, de part et d'autre de l'isthme, il n'y avait pas moins de neuf madragues. Quant aux pêcheries, elles étaient disséminées sur tout le littoral, depuis le Cabo Monte jusqu'à Marsa Musa. Idrisi signale aussi à propos de Ceuta la pêche du corail. On pêche, dit-il, aux environs de cette ville, du corail dont la beauté surpasse ce qu'on peut voir de plus admirable dans toutes les autres mers. Il s'y trouve un bazar où l'on s'occupe à tailler, à polir, à arrondir, à percer et enfin à enfiler le corail. C'est l'un des principaux articles d'exportation ; la majeure partie en est transportée à Ghana et autres villes du Soudan, où l'on en fait grand usage (Évariste Lévi-Provençal, Conférences sur l'Espagne musulmane prononcées à la Faculté des lettres en 1917 et 1918, 1951 - books.google.fr).

Sourate La Caverne (18) :

(Rappelle-toi) quand Moïse dit à son valet: "Je n´arrêterai pas avant d´avoir atteint le confluent des deux mers, dussé-je marcher de longues années" Puis, lorsque tous deux eurent atteint le confluent, ils oublièrent leur poisson qui prit alors librement son chemin dans la mer." Puis, lorsque tous deux eurent dépassé [cet endroit,] il dit son valet: "Apporte-nous notre déjeuner: nous avons rencontré de la fatigue dans notre présent voyage" [Le valet lui] dit: "Quand nous avons pris refuge près du rocher, vois-tu, j´ai oublié le poisson - le Diable seul m´a fait oublier de (te) le rappeler - et il a curieusement pris son chemin dans la mer" (fr.wikipedia.org - Al-Khidr).

The raising of Lazarus with his sister Mary and Martha as two witnesses or “two eyes” takes place in Beth-any — Bethania in the Greek and Beit-Anyah in the Aramaic, meaning “house of dates” or “house of misery” — which appears to be equivalent to the Egyptian “House of Anu.” The Book of the Dead discusses the “house of the great god in Heliopolis” or Annu, as that city was called in Egyptian. Annu is the “celestial On or Heliopolis”, the city of the sun, as well as “the capital of the mythological world.” In BD 89, Annu is “the land wherein are thousands of reunions,” referring to the souls in the afterlife reuniting with their kas. In BD 57, the Osiris says, “I rest in Annu,” where he goes to be resurrected: “Every good Egyptian that died was believed to be assimilated to Osiris, to go the dark journey, and have his resurrection in Annu in like manner.” [...]

Hence, while Lazarus is raised at Bethany, the “house of Anyah,” Osiris is resurrected in the “House of Annu”.[...]

The correspondences continue, with Lazarus and Osiris even sharing the same name, as explained in my book Who Was Jesus? Fingerprints of The Christ: The Greek name “Lazarus” or “Lazaros” equals “Eleazar” in Hebrew and, per Strong's [Concordance] (G2976), means “whom God helps.” It is a strange coincidence firstly that the person whom Jesus resurrects happens to be named “whom God helps,” and secondly that “Eleazar”— or, breaking down its original components in Hebrew, El-Azar—clfy Osiris with the Semitic god “El” or “Elohim,” calling him “Osiris-Eloh.” osely resembles a combination of the Semitic word for God, “El”, with the Egyptian name for Osiris, “Ausar” (D. M. Murdock, Acharya S, Christ in Egypt: The Horus-Jesus Connection, 2008 - books.google.fr).

De même, la parabole du pauvre Lazare dans Luc 16,20-25 a un précédent dans le roman égyptien de Satni-Khamois, comme le fait remarquer l'égyptologue Maspero.

Le sabbat, iter sabbati ou limes sabbatinus, étant un jour de repos, il a donc un rapport avec le soleil.

Le jour du sabbat est la première fête des Juifs et la plus ordinaire ; elle est aussi la plus expressément prescrite. Nous avons déjà expliqué et ce que ce nom signifie, et quand le sabbat commençoit et finissoit, et les préparatifs qu'on faisoit la veille ; j'ajouterai seulement que chaque Juif allumoit une chandelle un moment avant le coucher du soleil, pour s'en servir le lendemain. De peur que quelque Juif ne fût surpris travaillant à quelque chose lorsque le sabbat commençoit, on annonçoit ce moment, par le son d'une trompette , à diverses heures. Le premier à l'heure neuvième, qui répond à nos trois heures après midi; alors on cessoit de travailler à la campagne ; le second quelque temps après, et dans le moment tous les ouvriers de la ville quittoient leur travail et fermoient leurs boutiques; le dernier, lorsque le soleil étoit près de se coucher, et on allumoit des lampes, Nous parlerons ailleurs de l'exactitude des Juifs, ou pour mieux dire, de leurs superstitions à l'égard du jour du sabbat : ils demeuroient dans un parfait repos; cependant il leur étoit permis de sortir hors de la ville, pourvu qu'ils ne s'en écartassent pas de plus de deux mille coudées, ce qu'on appeloit le chemin du sabbat. Cette coutume étoit fondée sur ce que, dans leur marche après la sortie d'Égypte, l'arche étoit éloignée de cet espace - là des tentes des Israélites ; et comme les jours de sabbat ils pouvoient s'approcher du tabernacle pour prier, ils ont conclu, que de faire le même chemin, n'étoit pas contraire au repos du sabbat (Sainte Bible traduite d'après les textes sacrés avec la Vulgate, Exode, sd Eugène Genoude, Tome II, 1821 - books.google.fr).

Un prétendu écrit de saint Basile de Césarée, conservé, on dirait par hasard et à l'état de pétrification, dans un manuscrit géorgien du XVIIème siècle, donne une description du monde et présente un parallélisme frappant et décisif entre cette énumération et celle qu'on trouve dans une Expositio totius mundi et gentiam du IVème siècle de notre ère, dont l'original grec est perdu mais qu'on connaît par deux recensions latines anciennes. On y trouve une allusion au chemin du sabbat.

"Épitre de saint Basile le Grand, sage de par Dieu, à son précepteur Evevlos concernant les justes-nus et la mesure de la terre, de l'Orient à l'Occident.

Description de l'Eden, demeure des justes-nus. Leur nourriture, etc :

C'est dans l'Eden, où les justes-nus ont leur demeure, à proximité du Paradis, qu'est l'endroit où le soleil se lève à côté du Paradis. Ils ont une église pareille à une montagne. Il y a aussi cette pierre Anthrac, longue de sept milles et large de trois, et sept autels au dedans. On y accède par douze escaliers. Au-dessous passe le fleuve du Paradis en se divisant ensuite en quatre (cours d'eau) ; le Géon et le Phison qui coulent vers le midi, et le Tigre et l'Euphrate vers le septentrion. Quant à la nourriture de ces hommes (elle se compose) des fruits des arbres, du miel agreste et de la pluie de manne. Or il en tombe (à partir du) samedi saint, sept jours; et la farine (pour) l'hiver s'étend en sortant du Paradis comme un brouillard.

Itinéraires et distances. Mesure de la terre :

Il y a de l'Inde jusqu'au (pays des) Brachmen soixante-dix étapes, et de (chez les) Brachmen le chemin suit le rivage du fleuve qu'on appelle Phison et va, en soixante-quinze étapes, en Evilat. En amont de là on fait des semailles et des moissons. On a cependant tout en commun sans partage. Ces gens sont chrétiens; mais petits de taille n'ayant — quelques-uns et pas tous — qu'une coudée. D'Evilat à Iehmer, pays des Ténèbres, quarante étapes. De Iehmer à Ienoco (on compte) trente-deux étapes. Et de Ienoco à Da-sim(o)ni deux étapes; jusque-là, tout ce (pays) est irrigué par le fleuve Phison, car il n'y tombe pas de pluie. Ce sont des hommes de bien en tout point, serviteurs de Dieu. Et il n'y eut jamais chez eux d'idolâtrie ni avant ni après Jésus-Christ, et ils restent dans la vraie foi. De Da-sim(o)ni, le cheminl va jusqu'au peuple nommé Khounia. Et long est ce chemin, à savoir huit mois de marche. Et tous sont chrétiens et orthodoxes. Or ceux d'entre Khounia et Davad sont également chrétiens orthodoxes et ils ont des terres non irriguées sur un parcours de vingt-neuf étapes. De Dadav on arrive au bord de la mer et l'on va en navire jusqu'à la Grande Indes, distance de sept étapes. A partir de là il y a des chrétiens, et aussi des païens : des têtes-canines et des hommes avec un œil. Et de l'Inde on voyage à Klmoma par bateau : sept mois de navigation. Il y a des chrétiens et des païens. De Khsoma, par la mer Rouge, on arrive en Nubie en cinq mois. On y trouve des chrétiens et des païens. Ensuite de Nubie on se rend jusqu'en Perse, en trois mois. Ceux de ce pays-là sont thaumaturges et empoisonneurs, mages et adorateurs du feu. De la Perse au pays des Saracènes : deux étapes. Des Saracènes, par la petite mer Rouge, on va, en dix étapes, à Evlat, le le port des marchands Indiens, Perses et Saracènes, ainsi que des Égyptiens. Il y a des chrétiens et des païens. Or il y a neuf étapes d'Evlath à Elam. D'Elam à Antioche vingt étapes. D'Antioche à Constantinople trente-deux étapes. Et de Constantinople à Rome quatre-vingt-six étapes. De Rome à Ghadirni vingt-quatre étapes.

En tout, il y a du Paradis où le soleil se lève jusqu'à Ghalia où il s'achève, mille quatre cent vingt-cinq étapes. Or chaque étape vaut soixante milles; un mille vaut deux mille coudées ou sept stades et demi. Le chemin du sabbat a la même longueur.

Voilà quelle est la mesure de la terre en passant par son juste milieu. Quant aux golfes et îles, considère toi-même leur grandeur.

Mais il faut qu'on sache encore ceci : la distance de la terre au ciel est égale à celle du Paradis où le soleil se lève à Ghadirni où le soleil se couche." (Z. Avalichvili, Géographie et légende dans un écrit apocryphe de saint Basile, Revue de l'Orient chrétien, Troisième série, Tome VI (XXVI), 1927-1928 - archive.org).

On retrouve cette distance à Delphes en Grèce.

Dans les tems les plus reçulés, la Ville de Delphes s'appelloit Pytho, Python, & Pythia, selon Homère, & Pausanias. Delà peut-être le surnom de Phytique que les Grecs donnaient à Apollon, Dieu tutélaire de cette Ville. Macrobe rapporte l'origine du même mot au récit fabuleux des combats qu'Apollon eut à livrer conrre le monstrueux serpent Python. Pour le nom de Delphes, quelques Sçavans conjecturent qu'il est emprunté de Delphin, terme qui dans l'ancienne Langue des Phéniciens, répond à celui de Prophete. Quoiqu'il en soit, cette Ville si fameuse par l'Oracle d'Apollon, & par le superbe Temple que les Amphyctions firent bâtir en son honneur, étoit située vers les confins de la Phocide & de la Bcocie, sur le sommet du Mont Parnasse, Bien qu'elle fut de toutes parts environnée de rochers Se & de précipices, Strabon assure qu'elle contenoit environ seize stades d'etenduë, c'est-à-dire, deux mille pas Géométriques, ou environ, dans son circuit. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un grand amas de ruines. Près delà, est un petit Village nommé Castri. (François Catrou, Pierre Julien Rouillé, Histoire Romaine, Volume 15, 1730 - books.google.fr).

On peut faire correspondre pas et coudée :

Notons encore deux traits du maintien ordinaire de l'homme. D'abord son pas, évalué à une coudée (56 cm). « Un pas moyen : selon la manière habituelle de marcher, soit une coudée » (Eruvin, 13ème traité du Talmud, 42 a)... (M. Catane, Le monde intellectuel de Rashi, Les Juifs au regard de l'histoire, 1985 - books.google.fr).

Dans l'Antiquité le beau jeune homme par excellence, c'est le jeune et beau dieu Apollon, dieu du soleil mais aussi dieu de l'or (En alchimie, le soleil et l'or n'ont qu'un seul signe - un cercle pointé pour eux deux) (Mythologie française: bulletin de la Société de mythologie française, Numéros 226 à 229, 2007 - books.google.fr).

A 56 cm, 2000 pas/coudées font 1,12 km.

Le concept même de royauté provient d'Atoum, de par l'appartenance de ce dernier à la cosmogonie héliopolitaine, tandis que l'héritage d'Amon semble plus « terrestre », plus « physique», pourrait-on dire. L'union des deux, quand on la retrouve — ce qui a été le cas dès le Moyen- Empire — , «produit» une divinité accomplie: Atoum-Amon, susceptible de transmettre au roi une forme parfaite et achevée de royauté comme héritage divin, suivant l’archétype horien. À Karnak, Thoutmosis III a surtout évo-qué la forme syncrétique du dieu Amon-Atoum. [...] Il y a ici une véritable équivalence entre Atoum et Amon. Il faut alors comprendre « Atoum maître d’Héliopolis, dieu grand, maître du grand Château, (c’est-à-dire) Amon, souverain d’Héliopolis ». Et là, l’assimilation est faite et clairement annoncée : Atoum est Amon. De plus, l’information que nous donne l’épithète royale "tit Imn", dans cette même scène, nous invite à énoncer le syllogisme suivant : Atoum est Amon, or Thoutmosis III est l’émanation d’Amon, donc Thoutmosis III est également l’émanation d’Atoum. Thoutmosis III se proclame ainsi comme étant le fruit d’une double filiation. La filiation « terrestre », liée à Amon et à Karnak, et la filiation « céleste », divine, liée à Atoum et à Héliopolis (Emmanuelle Arnaudiès-Montélimard, L’arche en granit de Thoutmosis III et l’avant-porte du VIe pylône, Fouilles et études 2003-2004: les films du Centre franco-égyptien d'étude des temples de Karnak, Institut français d'archéologie orientale, 2007 - books.google.fr - www.academia.edu).

Blaise, grand saint protecteur de la gorge, San Blas Gargantero en Castille, Gargabano aussi, est fêté le même jour que celui de la naissance de Gargantua donné par Rabelais : 3 février. Blaise est le saint patron, en plus des cardeurs et des tisserands, des maçons français au temps de saint Louis. Le livre d'Etienne Boileau sur les confréries de Paris dit que c'est au nom de ce saint qu'étaient établis les privilèges "des Maçons, des Tailleurs de pierre, des Plastriers et des Morteliers depuis le temps de Charles Martel". On trouve un autre patron dans le manuscrit Ashmole (1686) qui reprend des éléments des Old Charges. Après la construction du Temple de salomon, apparaît Graecus, homme curieux ("curious"). Il semble qu'il se retrouvait par ailleurs sousle nom d'Aymon, Aynon ou Amon. Le nom diu dieu-bélier Amon, selon Plutarque, signifie "caché", "musé". A l'inverse le dieu-bouc Mène a un nom qui veut dire "apparent". A Alexandrie le Christ sous le nom d'Amen (stable, fidèle, caché) est accompagné du saint Ménas, niommé ainsi à la suite de la confusion de sa mère stérile qui répondit à l'ange Gabriel "ménas" au lieu d'"amen". A l'époque de Charles Martel où les statuts des maçons de Paris ont été fixés, vivaient les 4 fils Aymon. Parmi ceux-ci, Renaud de Montauban, dont Rabelais disait : "Je ferai comme Renaud de Montauban, je mettrai à bouillir pour les maçons... je mettrai à bouillir pour la cathédrale de Cologne". Dans la légénde les quatre fils volent une couronne : "les quatre couronnés". (Claude Gaignebet, Le dieu caché des Old Charges, Maçonnerie et antimaçonnisme: de l'énigme à la dénonciation, Numéro 4 de Politica hermetica, 1990 - books.google.fr).

Les Saints Blaise dans l'Aude et en Savoie : près du Prieuré de Sion

La chapelle Saint Blaise de l'église Saint André d'Alet est devenue celle du Sacré Coeur. La chapelle de Saint-Blaise est signalée dans le compte rendu de la consécration, en 1453. On sait que saint Blaise était le patron des cardeurs et des peigneurs de laine, très nombreux à Limoux, et que son chef était conservé à Montpellier (Gratien Leblanc, L'église Saint André d'Alet, Congrès archéologique de France, Volume 131, 1973 - books.google.fr).

L'église Saint Blaise à Pexiora fut reconstruite en 1348, à partir du chevet et du clocher existants. La partie orientale de la nef fut certainement refaite au XVIIe siècle, ce qui expliquerait un autre type de retombées. La nef fut couverte d'une fausse voûte d'ogives en 1893 et deux chapelles latérales furent construites la même année (www.culture.gouv.fr).

Dans l'église de Fanjeaux, il y a un chef reliquaire de saint Blaise, en argent et vermeil (www.culture.gouv.fr).

L'apothéose de saint Blaise fait partie d'un ensemble de 18 tableaux exécutés par le peintre Jacques Gamelin, né en 1738 et mort en 1803, restaurés en 1848 par le peintre Désirat, dans l'église paroissiale de Sallèles-d'Aude (www.culture.gouv.fr).

A Chalabre, au Cazal-Sainte-Marie, un tableau Le Christ en croix entre saint Sébastien et saint Blaise (XVIIème siècle) (www.culture.gouv.fr).

A Carcassonne, dans l'église Saint Vincent, un buste reliquaire de saint Blaise de la fin du XVIIIème siècle (www.culture.gouv.fr).

Le Pétassou de Trêves (Gard) doit son nom aux pétas (chiffons) qui constituent son vêtements pesant plusieurs dizaines de kilos. Il se manifeste aux alentours de la Saint Blaise lors d'un rite attesté depuis 1444. Il n’est pas sans rappeler le mythe du réveil de l’ours sur lequel s’exprime M. Pauvert, lié à l’éclosion de la végétation au printemps, fête de l’ours que l’on retrouve dans les Pyrénées-Orientales, à Arles-sur-Tech et à Prats-de-Mollo. Dans le cadre de cette comparaison, Mme Escarmant précise la symbolique du souffle, du mouvement de la vie, représenté par l’air contenu dans la vessie de porc et que les participants essaient de percer. A la même symbolique se rattache le pet libérateur de l’ours sortant de son hibernation que l’on retrouve dans le nom de Pét(assou) (etudesmillavoises.so.free.fr).

La chapelle sépulcrale dans l’église de Notre—Dame-de-Liesse d'Annecy que le comte de Genevois Amé III avait chargé son fils de construire, et dans laquelle serait placé son tombeau (1360), était placée dans le chœur, du côté gauche, en face de la porte de la sacristie. Entre autres fondations il ordonne de faire célébrer trois messes par jour, avec commemoration de saint Antoine, et s’il mourait avant l’achèvement de cette chapelle, elles devaient être célébrées au maître—autel qui, comme on l’a vu, était précisément dédié à saint Antoine (17 janvier). Une visite pastorale de 1646 constate que les ducs de Genevois y exerçaient alors le droit de patronage, réservé par le fondateur aux comtes de Genevois. L’autel était dédié à saint Blaise, encore un saint invoqué pour les maladies dans les hôpitaux, et devenu le titre d'un ordre chevaleresque en Arménie pendant les croisades. Saint Blaise était surtout le protecteur du passage du Mont—Sion, entre Cruseilles et Pomiers. Le second titulaire était saint Adrien, officier romain, devenu martyr et honoré le 8 septembre, le même jour que Notre-Dame—de—Liesse (Revue savoisienne, Académie florimontane, Annecy, 1870 - books.google.fr).

Les ermites sont fréquemment des saints protecteurs : saint Blaise retiré dans les forêts d'Arménie est en bonne harmonie avec les ours, lions et tigres, guérisseur célèbre des maux de gorge et saint patron des porchers ; saint Goussand l'ermite limousin est protecteur du bétail, figuré avec un bœuf à ses pieds ; saint Guérin (/guérit !) protège du bétail à Sion en Valais, il est associé à saint Blaise, figuré entre un âne et un bœuf agenouillés (cet agenouillement sera récupéré par Antoine comme on peut le voir sur l'image d'Épinal) ; Geneviève de Brabant, comme saint Gilles tous deux retirés au désert, ont pour attribut une biche. L'ermite limousin saint Léonard est aussi protecteur des chevaux. Enfin, est-il besoin de signaler saint Jérôme guérisseur de son fidèle lion, si ce n'est pour ajouter que la Légende dorée attribue généralement ce miracle du lion au Docteur de l'Église Jérôme, alors qu'il provient de la légende de saint Gérasime de Lydie ? (Monique Alexandre, Philippe Walter, Saint-Antoine entre mythe et légende, 1996 - books.google.fr).

On se souvient que c'est à Annemasse que le Prieuré de Sion a été enregistré en 1956, ville qui est située dans le cercle templier du petit nonagone centré sur Le Sarnieu à Groisy, à quelques kilomètres seulement de Saint Blaise près de Cruseilles.

L'église de Saint-Blaise-ès-Liens, donnée a Cluny par le roi Rodolphe, pourrait être Saint-Blaise au mont de Sion, ou bien Chaumont, dont l'église était dédiée à Saint—Blaise, et dans le territoire duquel on voit plus tard Cluny gratifié d'une manse (n° 193). En tout cas, cette donation n'est pas de 1019, mais du 14 janvier 1028 ou 1029 « XIV Kal. februarii anno ab Incarnatione M.XX.VIIII regnante Rodolfo rege anno regni sui XXXV », ainsi que porte l'original qui a été publié dans le Bulletin de l'Académie Delphinale, 4° série, tome IV, page 497 (Jean-François Gonthier, Oeuvres historiques, 1903 - books.google.fr).

Une conséquence plus grave des familles de prêtres était la tentation de détourner une part du patrimoine ecclésiastique à l'usage des siens. Pressé par le besoin, Guichard Suchet, curé de Saint-Blaise (minuscule village accroché au flanc sud du Salève) et recteur de l'hôpital du Mont-de-Sion annexé à cette église, commet différentes indélicatesses. Pour faire vivre sa concubine et ses trois enfants — l'un d'eux est encore au berceau — il dispose d'un revenu misérable. Il a dû se procurer des ressources en usurpant des biens ecclésiastiques; il a mis en gage le calice de l'hôpital et il a vendu à son profit diverses rentes annuelles payées à l'hôpital du Mont-de-Sion (Louis Binz, Vie Religieuse et Reforme Ecclesiastique Dans le Diocese de Geneve pendant le grand schisme et la crise conciliaire (1378-1450), Tome I, 1973 - books.google.fr).