Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Par ce signe tu le vaincras : sephiroth, tarot et arbre de vie   

Et la mer efface sur la sable les pas des amants dsunis.

Jacques Prvert

La reprsentation de l'arbre des sephiroth sur la carte est une empreinte marque sur le sol qui s'imprime l'envers.

Kether Haguenau Le Bateleur/Le Pendu 17 novembre/19 mai

Haguenau

Haguenau n'est pas une ville trs-ancienne. La date de sa naissance se place entre les annes 1105 et 1125. Elle doit son origine au chef de l'illustre et ambitieuse maison de Hohenstaufen, Frdric-le-Borgne, duc de Souabe et d'Alsace. Sur une le de la Moder, l o s'lve aujourd'hui la caserne, jadis collge des Jsuites, Frdric construisit un chteau de chasse. Ce chteau devait, avec d'autres, former une ligne de dfense pour protger l'Alsace qu'il avait reconquise pour l'Empereur contre les partisans du Pape. Haguenau venait de natre. La fort sainte, o s'taient imprims les pas de saint Arbogast, de saint Di et d'une foule de pieux solitaires jaloux de se former leur cole, offrait aux poursuites des hardis chasseurs du Moyen ge un gibier abondant. Le chteau de chasse fut converti en chteau imprial par le clbre Frdric-Barberousse, fils de Frdric-le-Borgne, en 1153, et devint une des plus belles uvres architecturales de l'Allemagne.

Le sceau primitif de la ville nous montre la clbre Burg impriale de Haguenau, le palais et la chapelle de marbre rouge s'levant sur un plan cinq cts et compos de quatre tours massives, du haut desquelles l'il dominait la ville et les environs. Ces tours taient relies entre elles par des corps de btiments assez levs entre les quatre tours, plus bas sur le devant, o ils se rejoignaient en s'appuyant la porte de triomphe, orne d'une immense aigle impriale. Au milieu de ces quatre tours, une cinquime s'lanait, plus lgante, surmonte d'une colombe, symbole du Saint-Esprit. A cette tour s'adossait une chapelle (die ReichsKapellen) trois tages, ddie la trs-sainte Trinit; elle tait btie en marbre rouge et les tages, spars les uns des autres par des votes en briques, formaient chacun un sanctuaire distinct. Dans la chapelle suprieure, que sa structure garantissait contre les atteintes du feu et des voleurs, taient dposs les insignes de l'Empire : le sceptre, la couronne, le globe globe imprial (Reichsapfel) de Charlemagne et les insignes plus prcieux encore et plus vnrables de la Passion de Jsus-Christ, la sainte lance, la couronne d'pines, les clous, une portion de la vraie croix.

Les bourgeois de Haguenau organisrent des processions et donnrent des reprsentations pieuses de la passion de Jsus-Christ; un peuple nombreux de plerins fut attir dans la ville pour vnrer les reliques. Ces trsors, enlevs plus tard par le chancelier de l'empereur, Henri de Scharpfenberg, vque de Spire, furent transfrs au chteau de Trifels dans le Palatinat et plus tard Aix-la- Chapelle. La Burg elle-mme avec le palais et la chapelle furent dtruits dans le cours de la guerre de trente ans, et les dbris servirent lever les murs de Fort- Louis. Haguenau perdit ainsi son monument le plus prcieux et, en son genre, le plus remarquable peut-tre de l'Allemagne entire (Bulletin, Volume 2, Socit pour la conservation des monuments historiques d'Alsace, 1858, Joseph Guerber, Haguenau et la Rforme, 1861).

En 1349, la communaut isralite comptant six familles, n'est pas extermine par les Haguenoviens, comme ce fut le cas ailleurs, lors de la Grande Peste.

Kether

Dans lEncyclie de Guy Lefvre de la Boderie, la sephira Kether est la couronne mais une couronne entoure d'pines (Enc, f. 146). Postel crit en effet dans son Candelabre propos du Christ : C'est Mitatron, qui veult dire le gardien du monde esgual Jehovah, par la divine vertu de ce nom, Henoch et Elie, qui sont deux des principales et plus nobles parties de sa substance sont transports sans mort. C'est le prince des faces. (Dominique de Courcelles, D'un principe philosophique un genre littraire : les "secrets", 2005).

Hardi hbrasant et un des premiers hellnistes de l'Allemagne, Jean Reuchlin s'gara plus loin peut-tre par les mystres de la Kabbale ; mais il appela de mme au tribunal de la papaut des jugements ports contre lui Cologne et Mayence. Le procs fut diffr par ordre de Lon X [Mandatum de supersedendo 1515), et puis abandonn par suite des troubles religieux de l'Allemagne; mais l'issue semblait devoir tre favorable celui qui s'apprtait dfendre l'orthodoxie de ses doctrines.

Les hommes qui ont fond l'exgse nouvelle ne sont pas sortis de l'glise ; elle n'a pas dsespr d'eux, et leur science doit lui appartenir dans l'histoire. Jean Reuchlin, qui est mort en 1522, sans avoir pass la rformation, ouvrit la voie aux travaux d'exgse sur l'Ancien Testament, comme rasme, qui n'a pas cess d'tre catholique, a jet les bases de l'exgse philologique sur le Nouveau Testament. C'tait le but principal qu'il assignait lui-mme ses travaux de grammaire dans sa prface, comme s'il avait travaill pour la religion et la vraie thologie.

En 1517, Haguenau, Reuchlin fit paratre un nouvel ouvrage plus srieux et mieux document que le Verbo mirifico, le De arte cabbalitica, que Scholem propose de traduire, non pas par De l'art de la Kabbale mais de la Science de la Kabbale qui contient une exposition plus rgulire de la doctrine critique des Hbreux.

Le premier ouvrage de Reuchlin [De verbo mirifico; Basil., 1494, in folio) cherche l'origine de toute philosophie dans les livres hbreux, et montre l'analogie des principaux dogmes chrtiens avec les traditions de la kabbale, posant ainsi les fondements de ce qu'on a appel plus tard Kabbale chrtienne (Mmoires couronns et mmoires des savants etrangers, Volume 28, 1856, Maurice R. Hayoun, Gershom Scholem: un juif allemand Jrusalem, 2000).

Le saint bronien

La fort de Haguenau portait anciennement le nom de Heilige Vorst ou de Sylva sancta, cause du grand nombre d'ermitages qui s'abritaient l'ombre de ses chnes. Saint Arbogast tait au nombre des cnobites de la fort dans la seconde moiti du 7e sicle. Vers le mme temps, saint Dodat, vque de Nevers, quitta son vch et alla fixer son sjour dans le lieu le plus obscur de la fort. Les deux saints se rencontrrent et se lirent, mais bientt ils durent se sparer, Arbogast pour devenir vque de Strasbourg, Dodat pour diriger l'abbaye d'Ebersmunster. Dans la fort on montre le gros chne mesurant 6 mtres de circonfrence, au pied duquel est un petit monument rig rcemment en l'honneur de saint Arbogast, qui vcut dans une hutte voisine (Jacques Baquol, Paul Ristelhuber, L'Alsace ancienne et moderne, 1865).

Tous deux taient des amis du roi d'Austrasie, Dagobert II (652-679) : Arbogast ressuscita Rouffach (Rufach) son fils Sigebert, et Florent gurit Kirchheim sa fille Rathilde, aveugle et sourde-muette (Pierre Zind, Brve histoire de l'Alsace, 1977).

Le Pendu

La prsence juive est atteste en Alsace depuis l'an mil. Hors le royaume de France, les Juifs alsaciens n'ont pas souffrir des expulsions dcides par les rois de France, mais ils sont perscuts lors de l'pidmie de peste noire du XVe sicle et expulss des villes.

De 1336 1339, un mouvement insurrectionnel de paysans pauvres, les Judenschlger ou tueurs de Juifs, men par un aubergiste surnomm Armleder, fait rgner la terreur en Alsace et menace les Juifs.

Ainsi ds le 19 mai 1338, Colmar mme, l'vque de Strasbourg, plusieurs autres seigneurs, les villes de Strasbourg, Colmar, Haguenau et autres se ligurent pour se mettre l'abri des entreprises du fameux Armleder, qui avait reu du ciel la mission d'exterminer les juifs.

Mais l'poque la plus terrible est celle de la peste noire qui svit en Europe de 1347 1349. En Alsace et ailleurs, les Juifs sont accuss d'avoir empoisonn les puits. Si dans le Comtat-Venaissin, le pape protge les Juifs2, les autorits ne pourront rien faire Strasbourg, d'autant plus que les reprsentants des villes impriales runis Benfeld avaient dcid d'anantir ( abzuschaffen ) les Juifs. Malgr l'opposition de l'Ammeister (c'est--dire du chef des corporations) Pierre Schwarber qui y perdra sa charge, sa fortune et son droit de rsidence, la populace mene par les corporations d'artisans prend le pouvoir dans la ville et le 14 fvrier 1349, jour de la Saint-Valentin se livre la chasse aux Juifs. Ceux qui chappent aux premiers massacres sont rassembls et jets dans un bcher. A la mme poque, les Juifs de Colmar sont aussi brls vifs au lieu-dit Judenloch (la fosse aux Juifs), nom encore port par un chemin communal de Colmar.

Mme si, aprs les meutes, les Juifs survivants qui ont trouv refuge dans les campagnes alentour peuvent revenir en ville, ces vnements marquent la transformation du judasme alsacien qui devient rural pour les cinq sicles suivants (fr.wikipedia.org - Histoire des Juifs en Alsace, Bulletin de la Socit pour la conservation des monuments historiques d'Alsace, 1863).

Au Moyen ge, les excutions capitales contre les juifs taient particulirement brutales. Ils taient pendus par les pieds et on lchait les chiens contre eux. On trouve une description de ces supplices dans les Annales et Chroniques de Colmar (1296). Des illustrations en sont montres dans le pome de Thomas Murner Entehrung Maria (1515). Un exemple d'excution de ce type rpond la profanation d'une image de la Vierge Cambron en Belgique.

(Mjhurst, www.tarotforum.net).

Le Bateleur

Ici, le Bateleur sera un Jongleur, qui suivant la lgende tait Blondel de Nesle, jongleur du roi Richard-Cur-de-Lion.

La lgende de Blondel a t raconte pour la premire fois dans les Rcits d'un mnestrel de Reims au XIIIe sicle, dont l'auteur anonyme est parfois un merveilleux conteur, mais dont l'autorit historique est nulle (L'Universit catholique, Volume 49, 1905).

Blondel de Nesle (entre 1175 et 1210) pote, trouvre et seigneur du nord de la France, crivit vingt-quatre chansons courtoises. Il s'attache Richard Cur de Lion, roi d'Angleterre, devient son confident et le suit dans toutes ses expditions. On cite Blondel comme un modle de fidlit : on raconte qu'aprs de longues recherches, il dcouvre la prison o Lopold V de Babenberg, duc d'Autriche, a enferm le roi anglais, et que c'est en chantant une romance qu'il avait compose avec ce prince qu'il s'en fait reconnatre (fr.wikipedia.org - Blondel de Nesle).

Blondel a t identifi Jean Ier de Nesle, pre de Jean II de Nesle, chtelain de Bruges, bienfaiteur de labbaye dOurscamp, et qui reut avec ddicace particulire un exemplaire du Perlesvaus, dont la source latine doit provenir de l'abbaye de Glastonbury

Hochmah Lige La Papesse/La Mort 4 dcembre/4 juin

Le saint bronien

Le lgendaire dit au dbut de sa narration quHubert abandonna l'Aquitaine pour fuir ung tyran plain de toute cruault, qui s'appeloit Ebroin, guerroyet et oppressoit le royaulme de France. Ebroin, maire du palais sous les rgnes de Clotaire III et de Thierri son successeur, s'tait attach ruiner le crdit de la noblesse. Son insolence obligea plusieurs des grands de l'Etat, et Hubert fut du nombre, se rfugier auprs de Ppin, duc d'Austrasie, qui tenait sa cour Jupille. Ce prince envoya une ambassade Thierri pour l'engager rappeler les seigneurs qu'broin avait forcs de s'expatrier. Non-seulement Thierri ne rendit point aux envoys de Ppin une rponse favorable sur l'objet de leur mission, mais il leur dclara qu'il irait bientt faire la guerre leur matre, pour le punir d'avoir os prendre ouvertement le parti de sujets rebelles. Ppin rassembla sans dlai les principaux seigneurs de son duch et les consulta sur la conduite qu'il convenait de tenir dans cette circonstance. Tous conclurent la guerre et furent d'avis de se porter immdiatement au-devant de l'ennemi. L'ambitieux Ppin n'en demandait pas davantage; il ouvrit la campagne. Les deux armes se rencontrrent dans les plaines de Testri ; on sait l'issue du combat. Compltement vaincu, Thierri prit la fuite pour chapper son rival qui le poursuivit jusqu' Paris, et qui reut des bourgeois de cette ville sa personne en otage. Le malheureux roi ne conserva plus qu'un vain titre, et Ppin s'attribua, comme maire du palais, un pouvoir souverain. De cette poque datent vritablement l'anantissement de la race mrovingienne et le commencement d'une nouvelle monarchie en France. Saint Hubert ne fut pas tranger ces grands vnements, puisqu'il contribua, avec les seigneurs exils comme lui de la cour de Thierri, brouiller ce prince avec le duc d'Austrasie.

Nos historiens ne sont pas unanimes sur la part que prit saint Hubert la fondation de la ville de Lige. Suivant ce que nous apprennent la plupart d'entre eux, cet vque l'entoura de murailles et de tours, cra un tribunal, compos de quatorze magistrats, auquel il dfra les causes criminelles et celles de police. Ce tribunal avait un chef; deux de ses membres, qui se renouvelaient chaque anne, exeraient des fonctions analogues celles de nos bourgmestres, car ils dcidaient de toutes les questions d'administration intrieure. Saint Hubert fixa les poids et mesures, fit frapper une monnaie, sur une des faces de laquelle tait reprsente l'image de saint Lambert, et dtermina la forme du sceau qui devait tre appliqu sur les actes publics. Tous les crivains qui se sont occups de l'histoire de Lige, ne considrent pas ces faits comme constants. La question du transfert de l'vch de Mastricht Lige est elle-mme fort dbattue. Les anciens crivains s'expriment explicitement, la vrit, sur ces diffrents points.

Le P. AEgid. Bucherius qui annota l'histoire des vques de ce diocse, commence par Harigne et continue par Anselme, dit, en parlant de saint Hubert, qu'il transporta le sige piscopal de Mastricht Lige, o il fonda une glise sous l'invocation de saint Pierre; qu'il donna des lois rgulires aux citoyens de cette ville; qu'il adoucit leurs murs et qu'il tablit des poids et mesures pour les objets de consommation (''). On peut citer aussi l'opinion de Ransin, qui l'on doit d'intressantes recherches sur les antiquits de l'glise de Lige. Suivant cet crivain, il n'ya nulle apparence que Lige ait exist comme ville, antrieurement saint Hubert, puisque Usuordus, crivain contemporain de Charlemagne, qui composa un martyrologe par ordre de ce prince, dit que saint Lambert reut la couronne du martyr au village de Lige, apud villam Legiam (douard Ftis, Legende de Saint Hubert, 1846).

La Papesse

Le trait de Verdun entrina le partage en 843 de l'empire de Charlemagne entre Charles le Chauve, Louis le Germanique et Lothaire Ier. En 855, ce dernier partagea son royaume entre ses fils. Louis II reut l'Italie, Charles reut la Provence et le duch de Lyon et Lothaire II reut l'ancienne Francia Mdia avec la Frise, l'Alsace et la Bourgogne. Charles rgna peu de temps et sa mort ses frres se partagrent son royaume. Le royaume de Lothaire II prit alors le nom de Lotharingie. Lothaire II tait dans une position difficile entre ses deux oncles Charles le Chauve et Louis le Germanique qui cherchaient chacun tendre leur royaume. Aussi, lorsque Lothaire II mourut en 869, sans laisser d'hritier lgitime, Charles le Chauve accourut-il Metz pour se faire sacrer roi. Il dut toutefois consentir partager la Lotharingie avec son frre. Par le trait de Meersen (870), Charles recevait la partie occidentale de la de la Lotharingie avec Toul, Verdun et Lige et Louis le Germanique recevait la partie orientale avec Metz, Trves, Strasbourg et Cologne. Depuis l'Italie, l'empereur Louis II essaya certes de revendiquer la succession de son frre Lothaire II mais il devait dcder en 875 sans laisser de descendant et c'est Charles le Chauve qui russit lui succder et se faire couronner empereur. Peu aprs, la mort de Louis le Germanique, Charles le Chauve essaya, mais en vain, de s'immiscer dans le partage entre ses trois neveux afin d'accaparer la partie orientale de la Lotharingie. Finalement, Carloman reut la Bavire et les tats slaves qui dpendaient de son pre, Louis le Germanique. Ses deux autres frres, Louis le Jeune et Charles le Gros se partagrent le reste du royaume et en particulier la Lotharingie orientale (Histoire Administrative de la Lorraine, 1982).

Jean VIII de ce nom ayant prins le surnom d'Anglois. cause d'un certain Anglois Moine de lAbbaye de Fulden qui l'aymoit singulierement. Qu'ant son office este Pape, mais femme quant au sexe. Estant fille Allemande de nation natisve de Mayence, & premirement nomm Gilleberte, se feignant estre homme, dont elle en pris les acoustremens, s'en alla avec son amoureux de Moine Athenes. Auquel lieu comme ainsi soit qu'elle eut excellemment profite en toutes fortes de sciences, apres la mort de son dict amoureux, elle retourna Rome, tousjour dissimulant qu'elle fut femme. Or pour autant qu'elle estoit d'un esprit fort aigu, & qu'elle avoit la grce de bien & promptement parlerez disputes, & leons publiques, & que plusieurs s'esmerveilloyent grandement de son scavoir, chacun sut tellement affectionne envers elle, & gagna si bien les coeurs de tous, qu'apres la mort de Lon IV elle fut elue Pape. Auquel office estant introduitte elle confra les ordres presbiteraux, la faon des autres Papes , elle fit des Prestres, & Diacres, elle ordonna des evefques,& Abbez, elle chanta des messes, elle consacra des temples & autels , elle administra les sacremens , elle prsenta ses pieds baiser : & ft toutes les autres choses que les autres Papes de Rome ont coustume de faire. Et ne furent pourtant tous ces actes point estimez de nulle valeur. Durant que ceste femme a est en cest office Papal, l'Empereur Lothaire Ier sestant renferm de soy mesme pour sa vieillesse en un Monastre, son fils Louys second de ce nom Empereur, estant venu Rome, print le sceptre & la couronne de l'Empire de sa main, avec la bndiction de S. Pierre. Enquoy faisant, ceste paillarde se monstra avoir telle puissance qu'elle rendit les Rois subiects soy. De son temps Etelwolph Roy d'Angleterre donna la dixime partie de son Royaume aux Prestres & aux Moines: & depuis Etelbalde son fils espousa Judith sa marastre, veuve de son Pere. Alphonse III regnoit lors en Espagne. Or pendant que ceste Jeane estoit en Estat de Pape, elle fut rendue enceinte par un sien chappellain Cardinal, qui scavoit bien de quel sexe elle estoit. Le jour de l'enfantement approchant, comme elle alloit en procession sollennelle l'Eglise de Latran, elle acoucha de cest enfant ainsi conceu en paillardise, entre le Colosse & le temple de S Clment, au milieu de la ville de Rome, & mourut la mesme place ainsi qu'elle rendoit son enfant l'an 857, A cause d'un tel forfait, & qu'elle avoit ainsi enfante en public, elle fut prive de tout Honneur qu'on avoit accoustum de faire aux Papes, & enterre fans aucune pompe funbre. Or afin que les Papes samblent avoir un tel forfait en detestation : maintenant en leurs processions ils se destournent de ceste place, o ceste Papesse acoucha (Jean-Franois Le Petit, La grande chronique ancienne et moderne, de Hollande..., 1601).

Lothaire Ier se retira au monastre ardennais de Prm dans le pays de Lige cette poque, relevant du diocse de Trves. Il y meurt le 29 septembre 855. Selon la lgende, Louis II, son fils, est couronn empereur par la papesse Rome. Avec lui, la Lotharingie indpendante disparat.

En cinquante ou soixante ans, la lgende de la Papesse Jeanne se constitue peu peu, avant de prendre la forme archtypale qui se transmettra par la suite en s'amplifiant et se modulant. Les traces qu'on a crues antrieures 1250 proviennent d'interpolations tardives (le plus souvent du XIVme sicle), comme l'ont montr de faon indpendante les diffrents diteurs ou commentateurs contemporains du Liber Pontiflcalis, de Marianus Scot, de Sigebert de Gembloux, d'Othon de Freising, de Richard de Poitiers, de Geoffroy de Viterbe et de Gervais de Tilbury. Tout commence vers 1250.

Une anecdote ne survit que si elle prend sens, que si elle peut illustrer une vrit gnrale ; le processus de gnralisation le plus immdiat relve de la moralisation. Trs rapidement, vers 1260, l'anecdote note par Jean de Mailly, chroniqueur modeste et obscur, dominicain bourguignon, est extraite de la Chronique de Metz par Etienne de Bourbon, et dresse en exemplum au sixime livre de son Trait des Sept Dons du Saint-Esprit ; la filiation est certaine, puisque les textes sont fort proches et qu'Etienne cite Jean de Mailly parmi ses trs rares sources historiques.

Etienne inverse le sens de la formule 6 P : Parce Pater Patrum Prodere Partum (Pre des Pres Prends garde de Publier la Parturition de la Papesse), alors que pour Mailly cest : Pierre, Pre des Pres, Publie la Parturition de la Papesse (Petre, Pater Patrum, Papisse Prodito Partum).

L'existence exemplaire de la fable dura peu, alors mme que la littrature des exempta ne cesse, jusqu'au XVme sicle de se dvelopper par recopiages et emprunts, alors mme que le recueil d'Etienne de Bourbon a connu un succs plus grand qu'on ne pouvait le penser10. La seule reprise de l'histoire sur un mode exemplaire se trouve dans lAlphabetum Narrationum d'Arnold de Lige (encore un dominicain), recueil d'exempla rdig avant 131011 et dans son adaptation catalane, connue par un manuscrit du dbut du XVme sicle. Ces deux textes procdent nettement de la version dsormais canonique de Martin le Polonais, mais demeurent exemplaires en leur agencement et leur moralisation, comme le montre le double classement de la fable dans lAlphabetum, la rubrique Papa et la rubrique Mulier .

Cette interruption de la tradition exemplaire s'explique difficilement, si ce n'est par l'emprise croissante d'un troisime mode narratif, o la thmatique pontificale du rcit sert un tout autre dessein que celui d'amplifier une caractristique morale banale de la nature fminine.

En effet, une autre faon de raconter la fable se rencontre trs tt, vers 1260, mais de faon embryonnaire, dans la Chronique franciscaine anonyme d'Erfurt. [L]intgration historique, et non plus anecdotique, l'institution papale se marque nettement dans la version de Martin le Polonais (ou de Troppau), haut personnage de l'glise, dominicain, vque, chapelain de plusieurs papes, qui achve peu avant sa mort en 1278, une Chronique des Pontifes romains et des Empereurs qui sera la plus rpandue des chroniques universelles au XIVme sicle et au dbut du XVme sicle. Dsormais, la papesse se voit dote d'un nom, d'une origine, d'une date de rgne, d'une situation dans la srie pontificale : Aprs ce Lon (IV), Jean l'Anglais, originaire de Mayence sigea 2 ans, 7 mois et 4 jours.

On assiste au paradoxal succs clrical d'une histoire anticlricale. L'adhsion officielle de l'glise, au-del mme de la succession narrative continue (assure surtout par des gens d'glise) se lit clairement : la fable prend place dans l'officielle Vies des Papes commande par Sixte IV, vers 1471 Platine, premier bibliothcaire de la Vaticane, pour remplacer l'htrogne et ancienne collection du Liber Pontificalis ; en 1486, ce qu'il rapporte dans son Journal, le matre des crmonies pontificales Jean Burchard veut supprimer le dtour commmoratif, lors d'une procession mene par Innocent VIII ; malgr le soutien de l'vque de Pienza, il encourt la colre vhmente de Rinaldo Orsini, archevque de Florence. A la fin du XVme sicle, un buste de Jeanne se trouve, son rang et sa place, parmi les effigies de papes de la cathdrale de Sienne.

L'Empire parat avoir jou un rle capital dans la formation du mythe : c'est au couvent des Dominicains de Metz vers 1255 qu'on en trouve la premire manifestation, puis chez Arnold de Lige, chez les Franciscains d'Erfurt, chez Martin de Tropau, et Jean l'Anglais fait natre la papesse Mayence. Il y aurait lieu de rechercher si le mythe n'a pas pris racine au temps de la lutte de la papaut et de Frdric II, dans des milieux impriaux hostiles au pape, dans certains cercles faisant cho 1' Antchrist auquel tait assimil l'empereur. Il conviendrait peut- tre de voir comment s'est dveloppe l'image de la prostitue de Babylone o partir d'un certain moment on a vu une allusion la Curie romaine.

En ce qui concerne les lments partir desquels a pu se forger la lgende, deux pourraient tre prminents. D'une part, l'iconographie de l'glise elle-mme, reprsente par opposition la Synagogue sous les traits d'une femme couronne, tenant la croix et le livre : il aura suffi que la couronne simple soit remplace par la triple couronne sur son chef pour qu'on identifie cette papaut de l'glise catholique avec une papesse , au moins par plaisanterie de clerc. C'est exactement la figuration de la papesse Jeanne sur la carte de tarot prsente par M. Boureau : assise, couronne d'une tiare, elle tient de la droite la croix et de la gauche le livre. D'autre part, si on a plac cette papesse au ixe sicle, il y a lieu de penser que cela rsulte d'une interprtation sans doute abusive de la situation relle de la papaut la fin de ce sicle et au dbut du Xme, au temps de Thodora la femme du vestiarius pontifical Thophylacte et de leur fille Marozia : celle-ci ne fut-elle pas la concubine du pape Serge III, dont elle eut un enfant au terme mme du Liber pontificalis, avant de devenir la matresse du pape Jean X qu'elle avait fait hisser sur le trne de saint Pierre, selon le tmoignage de Liutprand ? On dit qu'elle gouvernait Rome et, aprs avoir assassin Jean X, elle fit investir du pontificat Jean XI le propre fils qu'elle avait eu du pape Serge III. Une meute romaine, en mme temps qu'elle dtrnait Jean XI, jeta Marozia dans un cachot o elle disparut (Alain Boureau, La papesse Jeanne. Formes et fonctions d'une lgende au Moyen ge, 1984).

La Mort

Bruno Latini, notaire de la commune de Florence partir de 1254, est n vers 1220 et mort en 1294. Il a connu lexil lorsque les Gibelins prirent le pouvoir Florence. Une copie du Livre du Trsor de Bruno Latini a t excute Lige dans les annes 1300-1310. Le deuxime livre souvre sur une miniature du Dit des trois vifs et des trois morts reprsents sous la forme de squelettes (Brigitte Roux, Mondes en miniatures: l'iconographie du Livre du trsor de Brunetto Latini, Volume 8 de Matriaux pour l'histoire, 2010).

Dom Grard van der Stappen (1520-1558) continue d'embellir et agrandir le monastre Saint-Laurent de Lige. Le livre d'heures ralis pour lui contient aussi un Dit des trois vifs et des trois morts (users.skynet.be - Abbaye Saint-Laurent).

Les reprsentations de la mort continue avec celle du tombeau d'Erard de la Marck, prince-vque de Lige de 1505 1538, qui a t dtruit en mme temps que lancienne lglise cathdrale Saint-Lambert en 1794. Le Prince-Evque, de grandeur colossale, plac a genoux sur un stylobate isol et lev en avant du sarcophage, tait reprsent les mains jointes, revtu de ses habits de chur, et fixant des yeux, la mort figure par un squelette ail, arm d'une faux et tenant a la main un clepsydre dans l'action d'appeler le Prince, en lui montrant sa dernire heure (Messager des sciences historiques, Socit royale des beaux-arts et de littrature, 1823).

Antoine Wiertz (Dinant 1806 Bruxelles 1865), form Anvers, Paris et Rome, peintre d'histoire aux ambitions dmesures, annonce le symbolisme par son imagination romantique souvent macabre et hallucine (la Belle Rosine, 1847 ou 1843, muse Wiertz, Bruxelles), avant James Ensor (Ostende 1860 id. 1949) et Paul Delvaux (Antheit, province de Lige, 1897 Veurne 1994). Cette toile, inspire de Schiller, dpasse le romantisme et, tout en prolongeant le motif des Vanits, prend un accent baudelairien. Prix de Rome, Wiertz sjourne en Italie (1834-1837), entre l'Acadmie de France et peint Grecs et Troyens se disputant le corps de Patrocle (muse de Lige, esquisse sur bois Anvers), norme toile expose sans succs en 1839 Paris. Cet chec ramena Wiertz en Belgique, d'abord Lige avec sa mre, jusquen 1844, puis Bruxelles. En 1850, Wiertz obtint du gouvernement belge un atelier, construit sa demande sur les plans du temple de Paestum, sous rserve qu'il deviendrait proprit de l'tat et serait transform aprs sa mort en muse (www.larousse.fr - Wiertz).

Antoine Wiertz, La belle Rosine (1847 ou 1843)

Ceux de ses concitoyens dinantais qui avaient accompli un curieux plerinage la mansarde anversoise, en taient revenus frapps, comme d'une fantaisie trange l'ge des jeunes orgies acadmiques, de cette tte de mort peinte sur la muraille. Plus tard, on s'arrtait, parmi les splendeurs de l'atelier bruxellois, devant la folle jeune fille qui, une rose dans la chevelure, contemple le blanc squelette qui s'est appel la belle Rosine. Bien des fois depuis, l'image de la mort surgit de la riche palette, sous toutes ses faces, empreinte du ddain philosophique de la vie, dans Une seconde aprs la mort, de dsespoirs sans nom dans Penses et visions dune tte coupe, des larmes de la joie infinie dans On se retrouve au ciel. Avec Inhumation prcipite, l'horreur de la mort, marie l'idal de la terreur humaine, se trouva portraite dans la vieille femme dont le bras sort, repoussant la tombe vivante.' L'atelier lui-mme, avec la demeure englobe de l'artiste, figurait la ruine d'un temple. Il apparaissait aux visiteurs comme la tombe des sicles et des dieux disparus. Partout pour l'hte le fatal Mmento mori (Louis Labarre, Antoine Wiertz : tude biographique, 1866).

Hochmah comme Sagesse

Lige, source de sagesse

Wazon (980? - 1048), que l'on prsume tre n au pays de Lige, fut prince-vque de Lige de 1042 au 8 juillet 1048. Il avait t lev, depuis son enfance, dans l'abbaye de Lobbes, sous la discipline du savant Hriger. Ses talents le signalrent Notker, qui l'appela Lige, le nomma chapelain et lui confia peu aprs la direction de l'cole piscopale. Il passa au service de l'empereur Conrad en qualit de chapelain. Il ne tarda pas gagner l'estime de la cour et les bonnes grces de l'Empereur qui le consulta frquemment et le prit mme pour arbitre dans mainte cause difficile. Wazon fut un imprialiste ardent qui l'on prte cette parole: " Si l'empereur me faisait arracher l'il droit, j'emploierais l'il gauche pour son honneur et son service. " On raconte qu'en ce temps, certain Isralite, " qui passait pour le plus habile docteur de sa nation, " tait fort bien accueilli la cour cause de ses grandes connaissances en mdecine. Celui-ci, vain de sa science, provoquait souvent Wason a la dispute, et Wason russit si bien, diton, le confondre sur des points de la Bible, que l'isralite lui-mme s'avoua vaincu.

Adelman, savant clerc de l'glise de Lige, remplaa Wason dans l'coltrie. Cependant Wason tant revenu Lige, y fut rintgr dans son dcanat, devint archidiacre et prvt, et succda finalement dans l'vch (1042-1048) son disciple Nithard, en faveur duquel il avait antrieurement refus la dignit piscopale. Il semble qu'il se soit attach suivre en tout point les traces de Notker en ce qui concerne l'enseignement : mme zle, mme dvouement, mme libralit. Aussi la vogue de l'cole de Lige se soutint-elle et l'on vit les clercs y accourir de tous les pays.

Anselme compare Wason un arbuste en fleurs, o les abeilles de diverses ruches venaient puiser le mielleux nectar pour le transporter au loin dans leurs arides alvoles : il le reprsente encore comme un autre Salomon qui attirait " lui des essaims de jeunes gens, avides de le voir et de l'couter, et lui apportant des dons prcieux, comme autrefois la reine de Saba au sage d'Isral. Si grande tait sa rputation, que les papes, les empereurs, les vques avaient recours ses lumires. La renomme de Lige s'accrut en raison de celle de son prlat, et elle acquit parmi les villes les plus clbres le nom de Source de sagesse (Sapientiae Fons), et Nourrice des grands arts (Legia Magnarum Artium Nutricula).

Wazon fut enterr dans la Cathdrale Notre-Dame-et-Saint-Lambert de Lige. Sur sa pierre tombale, on pouvait lire : " Ante ruet mundus, quam surgat Wazo secundus " (Le monde prira avant que renaisse un autre Wazon).

En 1025, Rginard, ayant succd Durand dans l'piscopat de Lige, crivit Fulbert pour exiger le retour de son diacre Adelman qui avait rejoint l'cole de Chartres, qu'il qualifiait de brebis errante. Adelman, qui regrettait peut-tre beaucoup de se voir cart du thtre des discussions scolastiques, continua y prendre part de loin, mais ce fut pour combattre les carts des hrsiarques. C'est ainsi qu'il s'immisa dans la question de la transubstantiation, qui avait conduit Brenger de Tours nier la prsence relle; il crivit ce sujet une lettre Brenger, De veritate corporis et sanguinis Christi in Eucharistia. Adelman s'exila en Allemagne puis en Lombardie o il fut vque de Brescia en 1050, et mourut en 1062 (Charles Stallaert, Philippe Van der Haeghen, De l'instruction publique au moyen-age (VIIIe au XVIe sicle), 1850, fr.wikipedia.org - Wazon).

Sainte Barbe, fte le 4 dcembre

Dioscore, le pre de sainte Barbe toit d'ailleurs d'une humeur bizarre, et d'un naturel cruel, ayant toutes les inclinations barbares. Comme il n'avoit que cette fille, en qui Dieu avoit runi toutes les brillantes qualit, une beaut rare, un gnie suprieur son sexe, et une ame si noble et si amie de la raison, que ds son enfance, on admiroit en elle une minente sagesse (Jean Croiset, Exercices de piet pour tous les jours de l'anne: dcembre, 1804).

Binah Sion LImpratrice/La Temprance 20 dcembre/21 juin

Carr de Saturne de 3 : anne 45

Ere chrtienne

Sous le rgne de Claude (41-54 aprs J.-C.), le Valais est dtach de la Rhtie-Vindlicie pour former une nouvelle province avec la Tarentaise. La voie du Grand-Saint-Bernard, qui semble tre ds lors carrossable sur l'entier de son trac, est sous la dpendance directe de l'Etat. C'est sa situation stratgique primordiale au cur de l'Empire qui explique l'importance qu'on lui accorde. Elle permet de joindre, par le Plateau suisse et la Gaule septentrionale, l'Italie et la Grande-Bretagne, dont Claude a entrepris la conqute. Ce qui en fait une voie probable et lgendaire de Joseph d'Arimathie vers l'Angleterre.

Au pied du col, non loin d'Octodurus, une nouvelle ville, Forum Claudii Augusti est fonde. Capitale de la Vallis Poenina unifie, elle sera appele par la suite Forum Claudii Vallensium, "march de Claude dans le pays des Valaisans" (www.wikivalais.ch - Histoire du Valais), ceci entre 41 et 47 aprs J.-C.

Selon le Mors Pilati (" Mort de Pilate "), son corps fut d'abord jet dans le Tibre. Les eaux ragirent si vivement aux esprits malins, que son cadavre fut conduit Vienne et jet dans le Rhne. Ici aussi les eaux ragirent et son corps dut tre noy dans le Lman Lausanne. Selon cette tradition, le corps dcompos fut en dernier lieu enterr au pied du Mont Pilate qui domine Lucerne et le lac des Quatre Cantons.

La lgende veut que chaque Vendredi saint, le corps merge des eaux du lac et se lave les mains.

Selon des traditions divergentes, Pilate se serait ensuite converti et serait mort martyr, ou aurait t puni par Tibre et excut. Les glises thiopienne orthodoxe et copte clbrent Ponce Pilate comme saint. Selon cette tradition, il se serait converti en secret au christianisme, sous l'influence de sa femme Claudia Procula, ne Narbonne. Ils sont tous les deux fts le 25 juin. Un document nomm actes de Pilate (ou vangile de Nicodme), quoique considr ds les origines comme apocryphe compos en grec au IVe sicle, a fortement influenc la culture occidentale : il a influenc Robert de Boron dans ses romans portant sur le graal (fr.wikipedia.org - Ponce Pilate).

Ere hbraque

La conqute du pays de Canaan est dcrite dans le Livre de Josu. Dieu encourage Josu tre fort et s'appuyer sur les lois de la Torah pour conduire le peuple.

Josu est le fils de Noun, membre de la Tribu d'phram. Il est n en gypte l'poque de l'esclavage des Hbreux. Il est tmoin de la sortie d'gypte des Isralites sous la direction de Mose.

Il assiste Mose et l'accompagne dans l'ascension d'une partie du Mont Sina pour recevoir les dix commandements (Exode 32:17). Il fait galement partie des douze explorateurs que Mose envoie en claireurs dans le pays de Canaan. C'est cette occasion que, prcdemment nomm Ose, il devient Josu (Livre des Nombres 13:16, 17). Seuls Caleb et Josu rapporteront des nouvelles encourageantes dans leur rapport auprs du peuple. Ils seront donc les seuls de cette gnration entrer sur la terre promise aprs que le peuple eut err 40 ans dans le dsert.

Avant de mourir sur la rive orientale du Jourdain, Mose dsigne Josu comme son successeur pour franchir le fleuve, conduire le peuple et lui permettre de conqurir le pays de Canaan (fr.wikipedia.org - Josu).

Binah

Flavius Mithridate tait un humaniste, un orientaliste et un traducteur originaire de Sicile, qui vcut en Italie la fin du XVe sicle. rudit en religion judaque, Flavius Mithridate tait un ancien Juif converti au catholicisme. Il initia dans la Kabbale le jeune philosophe Pic de la Mirandole (fr.wikipedia.org - Flavius Mithridate).

Il traduisit le Ha-Yeri'ah ha-Gedolah (Grand Parchemin) pour Pic. Ce texte est une exposition de la kabbake mlang avec les commentaires de Reuven Sarfatti, situ au milieu du XIVme sicle.

The tenth tale refers to binah within malkut. As stated by the first sentence Zion is superior to Jerusalem binah (Zion) is on a higher sefirotic level than malkut (Jerusalem). To reach the former, the mystic has to follow a contemplation path that ascends from the lower material level toward pure spirituality. According to the text he who is outside the land [of Israel] should direct his heart toward the land, until he comes to Jerusalem and Zion. In other words, the mystic who is outside the land (that is to say who is still involved in the material world) should concentrate on sefirotic symbolism moving on malkut (Jerusalem) and then moving on binah (Zion). [] In order to escape the temptation of evil and to attain the ultimate goal of contemplating Zion-binah, the mystic has to wear white garments (Giulio Busi, Simonetta M. Bondoni, The great parchment: Flavius Mithridates, Latin translation, the Hebrew text, and an English version, 2004).

LImpratrice

Rodolphe, arrire-petit-fils de Louis-le-Pieux, gouvernait une partie de l'ancien royaume de Bourgogne avec le titre de duc sous Charles-le-Gros. A la mort de ce prince, il russit se rendre indpendant et obtenir la couronne des mains de lvque de Sion dans le Valais. Le nouveau royaume qui fut nomm haute Bourgogne ou Bourgogne transjurane embrassait la Suisse occidentale et mridionale avec la Savoie. Forc d'abord de reconnatre pour suzerain le roi Arnulf d'Allemagne, Rodolphe reprit cependant son indpendance et dfendit son royaume contre les Sarrazins, qui, de leur chteau-fort de Fraxinet, venaient tomber sur la Suisse. Sous son fils Rodolphe II, les Magyares, aprs avoir dvast l'Italie, envahirent aussi la Bourgogne : mais ils furent dfaits. Rodolphe accepta alors la couronne lombarde qu'on lui offrait ; mais il ne s'arrta pas longtemps en Italie et renona ses prtentions en faveur de Hugues de Provence, qui lui cda la Bourgogne cisjurane. Cette acquisition augmenta la puissance de Rodolphe II qui fixa sa rsidence Arles. Son fils Conrad, qui tait encore mineur en arrivant au trne, fut plac sous la tutelle du roi d'Allemagne Othon le Grand, le royaume d'Arles devint ainsi un fief de la couronne d'Allemagne. Sa runion ce dernier pays s'accomplit a la mort de Rodolphe III, fils de Conrad. Les rois d'Allemagne joignirent alors leur titre celui de rois d'Arles.

Cest une longue histoire qui a conduit Otton sur le trne imprial, levant du mme coup son pouse Adlade la dignit dimpratrice. Rappelons-nous que limpuissance de Louis lEnfant face aux hongrois conduisit un changement de dynastie : les Grands firent confiance dsormais aux Saxon Henri lOiseleur. Celui-ci acheta Rodolphe II, roi de Bourgogne et pre dAdlade, la Sainte Lance dont la pointe contenait une relique prcieuse qui donnait celui qui la possdait la force de vaincre les adversaires du christianisme ; cest du moins ce que lon croyait. Il sagissait en loccurrence dun clou de la Sainte Croix. En 933, cette lance porta chance son nouveau propritaire qui repoussa les Hongrois sur les bords de la rivire Unstrut. Adelade mourut le 16 ou 17 dcembre Selz en 999, et enterre le 19. Elle est fte le 16 dcembre (seltzparoisse.free.fr - Adelade imperatrice).

Le saint bronien

Anim du dsir d'une plus haute perfection, il se retira dans le monastre d'Agaune, que l'amour des saintes lettres et de la rgularit avait rendu clbre. Il obtint de son abb la permission de demeurer dans une petite cellule taille dans le roc, auprs de laquelle il y avait un oratoire, et que l'on appelle aujourd'hui Notre-Dame du Roc. Quelque temps aprs, on le tira de sa solitude pour l'employer au service de l'glise, et on le plaa, vers l'an 669, sur le sige piscopal de Sion, en Valais. Thierri III, fils de Clovis II, qui runit en sa personne toute la monarchie franaise, fut pendant plusieurs annes livr au vice, et matris par des ministres corrompus. Il est le premier de nos rois qui aient gouvern par les maires du palais, et auxquels on donne le titre de fainants. Ebron, qui exerait cet emploi, tait un des plus mchants hommes qui aient jamais t chargs de l'administration du royaume de France. Il suffit, pour se former une ide de lui, de se rappeler qu'il fut le meurtrier de saint Lger; qu'il perscuta et fit condamner l'exil un grand nombre de Saints et d'vques recommandables par leur vertu. Les ennemis de saint Am profitrent des dispositions d'un tel roi et d'un tel ministre pour le perdre; ils l'accusrent de divers crimes dont il tait innocent. Thierri, sans examiner si l'accusation tait fonde, et sans permettre l'vque de Sion de se justifier, l'exila dans le monastre de Saint- Fursy Pronne. Saint Ultan, qui en tait abb, traita le saint avec beaucoup de vnration. Am souffrit avec joie cette disgrce ; il la regarda comme un moyen que Dieu lui fournissait de goter les douceurs de la retraite, et de suivre son attrait pour les austrits de la pnitence. Jamais il ne fit entendre de plaintes, quoiqu'on et viol son gard toutes les lois de la justice. Une seule chose l'affligeait ; c'tait de voir son troupeau livr un intrus, qui cachait la mchancet d'un loup sous l'habit d'un pasteur.

Aprs la mort de saint Ultan, saint Mauront, fils de sainte Rictrude et de saint Adalbald fut charg du soin de garder l'vque de Sion. L'ayant pris quelque temps avec lui dans le monastre de Hamaye, il le conduisit ensuite celui de Breuil ou de Merville, qu'il venait de fonder. Il se flicitait tous les jours de possder le serviteur de Dieu, et il se dmit en sa faveur du gouvernement de son abbaye. Saint Am, encore plus par ses exemples que par ses discours, portait ses moines la perfection. Lorsqu'il vit la rgularit parfaitement tablie, il s'enferma dans une petite cellule attenante l'glise, o il mourut vers l'an 690.

Hucbald, moine de Saint-Amand, qui florissait au dixime sicle, assure dans la vie de sainte Rictrude, que saint Am fut vque, non de Sens, mais de Sion, en Valais (Sedunensis). Il fut abb de Saint-Maurice d'Agaune, avant d'tre lev l'piscopat, ce qui se prouve, suivant Mabillon, par le catalogue des abbs du monastre, et par celui des vques de Sion (Alban Butler, Godescard, Vies des Pres, des martyrs et des autres principaux saints, 1824).

Hesed - Ourscamp/noyon LEmpereur/Le Diable 6 janvier/8 juillet

Hesed, Misricorde

Sur l'emplacement d'un ancien oratoire fond par saint loi en 641, l'abbaye Notre-Dame d'Ourscamp fut tablie en 1129 par saint Bernard la demande de Simon de Vermandois, vque de Noyon, et cousin du roi de France Louis VI le Gros. Elle devint l'un des plus importants monastres cisterciens de la France du Nord. Le nom d'Ourscamp remonte une trs vieille lgende; elle veut que saint loi, vque de Noyon/Tournai, lors de la construction de l'oratoire, ait russi atteler l'ours qui venait de tuer le buf charg de tirer la charrue.

L'ancienne infirmerie appele Salle des morts est une salle du XIIme sicle avec trois nefs de neuf traves voutes en ogives. Elle constitue l'unique infirmerie gothique cistercienne en France qui soit intacte. A la tte de chacun des cent lits que comptait l'infirmerie, une niche creuse dans le mur permettait aux malades de ranger leurs affaires. Le soin des malades fait partie des uvres de misricorde. Ces Les sept uvres majeures de misricorde, numres par saint Matthieu, sont d'ordre corporel: " Nourrir l'affam, abreuver l'assoiff, accueillir l'tranger, vtir les malheureux, soigner les malades, et visiter les prisonniers "; "ensevelir les morts " a t ajout par l'glise vers le XIIIe sicle. Hesed peut vouloir dire aussi misricorde (fr.wikipedia.org - Abbaye Notre-Dame d'Ourscamp, fr.wikipedia.org - uvres de misricorde).

Satan au Nord, et la Misricorde : contradiction ?

Le Satan n'est pas "un tre foncirement mauvais, qui s'opposerait l'homme par instinct de perversit ; il est un ange parmi des myriades d'anges, au service de la justice divine : en accusant Josu devant le tribunal de Dieu, il ne fait que s'acquitter de la fonction que Dieu lui a confie. Mais pourquoi l'ange de Yahv doit-il le " rprimer " ? Parce que Dieu veut pardonner Josu sans exiger le chtiment qu'il aurait mrit par ses pchs. Dans un acte de pure misricorde, l'ange de Yahv ordonne que Josu soit dpouill de ses habits sales et revtu d'habits somptueux ; c'est le symbole de la purification que Dieu lui accorde : " Vois, j'ai enlev de dessus toi ton iniquit ". Le Satan est " rprim " par Dieu, non pas parce qu'il aurait accus Josu injustement, mais parce que, en bon " accusateur public ", il exige que justice soit faite et que Josu soit puni, et donc soit exclu de toute fonction sacerdotale. [...] Satan reprsente la justice de Dieu. Toute cette vision a pour but de montrer la victoire de la misricorde sur la justice. Le Satan ne devient " mauvais ", ennemi de Dieu, que pour autant qu'il veut s'opposer au triomphe de la misricorde. C'est ce thme que l'on retrouve dans l'Apocalypse de Jean, qui dpend peut-tre ici d'un document plus ancien" (Lumire et Vie, Numros 76 80, 1966).

Aboulafia efface l'opposition binaire de la droite et de la gauche en se fondant sur l'enseignement rabbinique qu'il n'y a pas de gauche au-dessus (Cantique des cantiques Rabbah 1:13). Aboulafia emploie ce thme midrashique pour illustrer l'ide que la dichotomie entre Isral et les nations est rsolue par une concidence des contraires telles que la gauche est la droite et la droite la gauche. Dans un deuxime passage des Sitre Torah, fol. 124a, Aboulafia fait allusion la transformation du bton en serpent (qui se fonde sur Ex. 7:10-12) comme au "secret de l'inversion", sod ha-hippukh. Voir aussi le commentaire sur le Sefer ha-Melis, MS Munich-BS 285, fol. 15a: "Et c'est l'esprit de Samael, et sache que son contraire est l'ange, et de lui tu sauras que le misricordieux est le juge et aussi que le juge est le misricordieux. Dans ce passage, il ya identification de Samael et de Mtatron, du principe de la matire et de l'Intellect agent. Voir ibid., fol. 15a, o Aboulafia exprime la mme ide par l'quivalence numrique de ha-sekhel, "l'intellect", et 'ashmadai, Asmode, qui est l'un des noms de l'tre dmoniaque (les deux expressions valent 355). Sur la transposition et l'identification ultime des des attributs de la misricorde et du jugement, voir aussi Sefer ha-Melammed, MS Paris-BN hb. 680, fol. 308a-b; et l'intressante remarque dans le Sefer-ha-Hesheq, MS NVJTSA Mic. 1801, fol. 34b: "Le secret de la rception du discours divin (sod qabbalat ha-dibbur ha'eloh) est l'lment commun ('inyan meshutaf) entre l'attribut du jugement et l'attribut de la misricorde."

Pour Aboulafia, c'est "le secret de l'excision de l'alliance de circoncision, couper le prpuce cr par la nature chez l'homme, et il [reprsente] l'abondance du sang et de la chair dont il faut se dfaire, afin que se ralise la [qualit de la] misricorde. C'est un signe pour que jamais l'on n'oublie d'o vient cet homme et qu'il est chair et sang, et qu'il doit se dbarrasser de leur puissance pour les affaiblir, les soumettre et les briser quand il voit qu'ils l'empchent d'atteindre la et quand ils seront briss il atteindra la perfection."

Dans ce contexte la circoncision s'explique par la ncessit d'affaiblir les lments physiques de la chair et du sang associs plus prcisment au prpuce. La soumission du corps favorise son tour la perfection vritable de la personne qui est associe l'intellect et que dsigne le terme moralisateur hesed. Bien que cette question ne s'exprime pas ici en termes d'union intellectuelle avec le divin, objectif mystique ultime, c'est prcisment une telle conception qui sous-tend le commentaire d'Aboulafia concernant l'affaiblissement de la chair et du sang par l'excision du prpuce. La raison de l'excision du prpuce est de soumettre le corps, ou plus prcisment le dsir sexuel [Asmode], et c'est chose ncessaire pour que se ralise pleinement l'intellect, thme qu'Aboulafia ne cesse de reprendre dans ses crits (Elliot R. Wolfson, Abraham Aboulafia, cabaliste et prophte: hermneutique, thosophie et thurgie, 1999).

Selon Aboulafia, s'appuyant sur une tradition, YHWH serait associ la misricorde et Elohim la justice. Sur l'exemple de l'histoire de Balaam, nous avons considr, et selon une tradition diffrente, que c'tait l'inverse. Aboulafia identifie l'ange Mtatron comme l'intellect agent, la dixime sephira Malkuth, que nous associons Sandalphon son " frre jumeau " (Kabbalisation du tarot).

Parcours de vie

Cette misricorde recouvrant Satan peut trouver une autre explication dans un parcours de vie, de l'embryon la mort et plus. Embryon produit en Marie, pleine de grce (Hesed aussi), chaos de cellules informe, que l'image d'un diable monstrueux peut symboliser, la naissance Bethlem (Ferrires-en-Gtinais), blessure de la lance Huriel dont l'ange Uriel recueille le sang, ascension La Cassaigne (Montalivet). Parcours un peu rapide, mais que ce passe-t-il entre la conception et la mort au " regard " de l'histoire de l'univers ? Pas grand-chose (Par ce signe tu le vaincras 3).

Carr de Jupiter de 4 : anne 136

Ere chrtienne

Environ l'an 132 de lre chrtienne, Barcochebas (Simon Barkokba, Bar Kokhba), dont le nom veut dire fils de l'toile, se donna pour le Messie, s'appliquant l'oracle de Balaam (Nombres ch. XXIV, v. 17) : Une toile sortira de Jacob. L'empereur Adrien envoya un de ses meilleurs gnraux, Jules Svre, en Palestine pour craser l'meute; plus d'un demi-million de Juifs y prirent; on prit beaucoup de prisonniers, dont on vendit un grand nombre. Dans la valle des trbinthes, prs d'Hbron, quatre Juifs ne cotaient qu'une mesure de froment. Dfense, sous peine de mort, aux Juifs de demeurer Jrusalem; plus tard on leur permit prix d'argent de la visiter et d'y pleurer une fois l'anne en un jour dtermin. L'an 136, aprs l'issue de la guerre, Adrien continua de rebtir Jrusalem, qu'il nomma Aelia Capitolina ; Aelia d'aprs lui, car il s'appelait aussi Aelius, et Capitolina d'aprs Jupiter Capitolin, auquel le temple fut consacr et o il fit placer sa statue et celle du faux dieu. Les Juifs furent contraints de remettre pour l'entretien de ce temple l'impt des deux drachmes qu'ils payaient pour celui de Jrusalem. Ni sous les Romains, ni sous les Arabes, ni sous les Croiss, ni sous les Turcs, les Juifs n'y ont joui de leur ancienne libert. Leurs anciens malheurs n'ont jamais autant dur. Leurs diverses oppressions du temps des Juges furent passagres ; la captivit de Babylone dura septante ans, la perscution sous Antiochus fut de trois ans et demi (Jean-Franois-Daniel Andri, Troisime livre de lecture l'usage des jeunes gens et des familles, Volume 2, 1867).

La province romaine de Jude devient "Syria Palaestina", premire mention du terme de Palestine comme dsignation de la Jude.

Noyon a t rcemment jumel avec Hexham, ville proche du Mur dAdrien.

Flodoard, dans son Histoire de l'glise de Reims, crite vers 940, mentionne un autre Jrusalem, situ en Noyonnais, sur la rive gauche de l'Oise, et dont il fut question, en un concile tenu Noyon en 814, propos de contestations entre les vques de Noyon et de Soissons touchant les limites de leurs diocses (Auguste Longnon, Les noms de lieu de la France: leur origine, leur signification, leurs transformations, 1920).

Jacqueste Vasseur, de son vivant docteur en thologie, chanoine doyen de la cathdrale, et auteur des Annales de la ville et de l'glise de Noyon. Cette histoire, curieuse par l'esprit pdantesque et les recherches vraiment excentriques de l'auteur, renferme, ct de quelques faits positifs concernant le pays, une foule d'erreurs vraiment tranges. Quoique cet ouvrage ait t publi dans la premire partie du XVIIe sicle, le style en est aussi incorrect que s'il datait de cent ans auparavant, et certains passages, tout srieusement crits qu'ils sont, pourraient tre compars aux pages les plus bouffonnes des romans burlesques de la fin du XVIe sicle. Ds le dbut de son livre, l'historien discute gravement la question de savoir si Noyon ne drive pas de No, qui, dans ses voyages aprs le Dluge, serait venu des rives de l'Euphrate aux bords de l'Oise fonder une ville laquelle il aurait donn son nom; et le docte Le Vasseur conclut pour l'affirmative. Vient ensuite une comparaison emphatique entre Noyon et Jrusalem, d'o il ressort videmment que les deux villes ont t bties sur le mme plan. Du reste, les connaissances en fait d'art, chez le respectable doyen, sont de la force de ses apprciations historiques. Selon lui, la cathdrale, sauf le chur, a t btie par Charlemagne, et il en donne pour preuve irrcusable le tableau plac en la croise septentrionale de l'glise, vis--vis du revestiaire [Lieu spar dans l'glise, o les prtres se revtent des habits sacerdotaux pour l'office divin], lequel tableau reprsentait le grand empereur tenant dans une main la boule du monde, et dans l'autre l'glise de Noyon avec la nef et les deux clochers (Alphonse Dantier, Description monumentale et historique de l'glise N.-D. de Noyon, 1845).

Ere hbraque

Ehud est le deuxime des juges d'Isral (2556 2636). Son histoire est conte au 3e chapitre du Livre des Juges. Il est fils de Gura, de la tribu de Benjamin.

Il va librer le peuple de l'asservissement d'Eglon, roi de Moab. Pour cela, il va utiliser la ruse en se prsentant pour lui offrir un cadeau muni d'une pe au ct droit. Eglon ne se mfie pas car il ignore que Ehud est gaucher. Ds qu'il se retrouve seul avec le roi, Ehud le tue ; puis sortant du palais comme si de rien n'tait, il va rameuter une partie du peuple d'Isral. Cet assassinat donne le signal de la rvolte des Benjaminites qui repoussent les Moabites de l'autre ct du Jourdain (fr.wikipedia.org - Ehud, fr.wikipedia.org - Livre des Juges).

LEmpereur

Jusqu'au Xme sicle, la prsence royale Noyon n'est pas un vain mot et, sur l'Oise, nous retrouvons une grande concentration de biens fiscaux et de palais royaux. Au XIme sicle, on l'a vu, courait la tradition d'un palais royal abandonn par Clotaire III, qui devait s'entremler avec celle qui concernait la tour royale dtruite sous Robert le Pieux. C'est Noyon, o il est mort en 721, que le dernier mrovingien, Chilpric II, est enterr avec l'autorisation de Charles Martel. C'est Noyon que Charlemagne est couronn ; tout autant que la situation de la ville sur la voie Paris-Lige-Maastricht, joue sa proximit des palais royaux (Olivier Guyotjeannin, Episcopus Et Comes, Affirmation Et Declin de la Seigneurie Episcopale Au Nord Du Royaume de France, 1987).

Noyon est sur la route de Lige, ou sur le sentier de Lige o serait n Charlemagne le 2 avril 742.

Noyon, la capitale de l'empire de Charlemagne ? Cest de Noyon, quil part pour mater la rvolte dHunold, et cest au cours de cette expdition que le chteau de Fronsac aurait t construit.

Le Diable

Dans le livre kabbalistique du Bahir, Satan est au nord. Noyon se trouve dans cette situation gographique par rapport larbre sphirotique. Noyon tant la ville du couronnement de Charlemagne et de Hugues Capet, ces deux dynasties sont donc marqus du signe de Satan , ce sont des dynastie sataniques usurpatrices de la lgitime ligne des Mrovongiens.

Le saint ebronien

loi de Noyon (Chaptelat, vers 588 - 1er dcembre 659), vque de Noyon/Tournai, orfvre et monnayeur, il eut une fonction de ministre des Finances auprs de Dagobert Ier. Saint loi pour les catholiques est ft le 1er dcembre. Paris, on commmore le 25 juin la translation d'un de ses bras en la cathdrale Notre-Dame de Paris en 1212. Quoique tant encore lac, il fut lev en 640 sur le sige de Noyon. Aprs son lection comme vque de Noyon, saint loi a pass vingt ans convertir la population druidique des Flandres et des Pays-Bas au christianisme. Son compagnon saint Ouen le relate dans sa Vita d'Eligius (fr.wikipedia.org - loi de Noyon).

La Vie de saint Eloi signale et l des tensions, qu'il s'agisse de violents reproches adresss par l'vque des membres de la familia d'Erchinoald , frre de saint Adalbald mari de sainte Rictrude, ou encore d'un voyage que l'vque entreprit de trs mauvais gr avec le maire du palais. Au cours de ce dplacement, Noyon eut une vision lui annonant la mort brutale de son illustre compagnon qui, effectivement, ne tarda pas se produire. loi assista alors Erchinoald dans ses derniers moments, promettant notamment d'uvrer pour les plus pauvres, ce que le mourant n'aurait gure fait de son vivant. Les relations avec le nouveau maire du palais Ebron ne semblent pas avoir t meilleures: un de ses familiers - un vir infaustus qui aurait tent de qui aurait tent de s'emparer d'un bois appartenant l'glise de Noyon - fut pour ce motif excommuni par l'vque et s'effondra foudroy sur le champ. [] Tout indique donc qu'loi s'est oppos assez tt au petit cercle influent de la cour neustrienne qui l'a marginalis (Charles Mriaux, Gallia irradiata: saints et sanctuaires dans le nord de la Gaule du haut Moyen ge, 2006).

Gevurah Rochemaure Le Pape/La Fouldre 23 janvier/24 juillet

Tarot et carr magique

Un carr magique de 5 peut s'crire :

7

22

5

8

23

6

12

11

16

20

25

17

13

9

1

24

10

15

14

2

3

4

21

18

19

On associe le carr SATOR ce carr, et on ordonne suivant le carr naturel de 1 25 :

T

A

R

O

T

A

S

O

E

P

E

R

N

R

E

P

E

A

S

O

T

A

R

O

T

 

Le saint bronien

Selon ce que dit le Martyrologe de Viviers, manuscrit du XVme sicle, abrg d'un manuscrit plus ancien, saint Arcous ou Arconce (Arcontius), vque de Viviers, fut massacr, le 8 janvier 659, par des sclrats la solde d'Ebroin selon les Acta Sanctorum, pour avoir dfendu avec zle les liberts de son glise. Son corps, qui tait conserv dans l'glise de Saint-Vincent alors cathdrale de Viviers (Analecta bollandiana, Volume 53, 1935, Auguste Prudhomme, Histoire de Grenoble, 1888 Albert Marignan, Jean Georges Platon, Maurice Wilmotte, Maurice Prou, Le Moyen ge, Volumes 40 41, 1930).

Le Pape : Innocent III ou Urbain II ?

Les seigneurs dAdhmar furent entrans au dbut du XIIIme sicle dans le conflit qui opposait l'glise et la dynastie toulousaine, dont ils taient les allis et les Giraud II et son cousin Lambert II durent remettre Burnon, vque de Viviers, leur chteau de Rochemaure. Celui-ci le leur rendit toutefois en change de l'hommage fodal. Giraud II tait l'poux de Mabille de Marseille, et parents. En juin 1209, alors que les croiss se rassemblaient Lyon, Raymond VI comparut Valence devant les lgats du pape Innocent III, et leur offrit en gage de soumission sept chteaux. Avec l'entre en lice du roi d'Aragon Pierre II aux cts de Raymond VI, les barons rhodaniens relevrent la tte. Mais la dfaite de Muret en 1213 changea le cours de l'histoire : les troupes d'Aimar II de Valentinois et de Giraud II furent battues prs de Viviers, et Simon de Montfort vint assiger Montlimar en 1217. Les Adhmar durent se soumettre Montfort en personne. la mort de Simon de Montfort en 1218, les Adhmar reprirent le combat, notamment aux cts de Raymond VII de Toulouse. En 1227, Giraud II confie son fils Giraud III le chteau de Rochemaure ; excommuni par le concile d'Arles, Giraud III conserva pourtant Rochemaure jusqu'en 1248 et le transmit ses descendants (Michel Riou, Ardche, terre de chteaux, 2002).

Durant le voyage, Urbain II, en habile diplomate, s'appuie sur les rseaux ecclsiastiques et aristocratiques pour assurer le succs de son entreprise. Ainsi, son tape Valence s'explique par le fait que l'vque Gontard est en rapport avec Adhmar de Monteil, l'vque du Puy, qui est lui-mme li au comte de Saint-Gilles. L'appel du pape semble avoir t entendu en Provence mme o la nouvelle de la perte de Jrusalem dut, comme ailleurs, marquer les esprits. Le haut-clerg local est venu en masse Clermont. Et certains prlats se sont particulirement investis, tel Guilhem d'Orange envoy Gnes par Urbain II, en juillet 1096, pour prcher la croisade (Damien Carraz, L'Ordre du Temple dans la basse valle du Rhne: 1124-1312, 2005).

Tiphereth Huriel LAmoureux/LEtoile 8 fvrier/10 aot

LEtoile

Le trsor d'Huriel a t dcouvert en 1904 au Moulin-Gargot par un agriculteur plantant une vigne dans un vase de terre grise contenant plus de 900 monnaies carolingiennes au nom de Charles le Chauve et Charles le Gros qui ont frappes Bourges et Nevers, mais aucun denier d'Eudes, le lgue de Charles le Gros parait bien convenir pour la date cherche. Quelques jours aprs, dans le mme champ, il brisait un nouveau vase renfermant aussi un grand nombre de pices, 1200, dit-on. Le produit de ces deux dcouvertes a t mlang ; il n'ya donc pas de distinction faire entre les deux trsors. Toutes les pices, du reste, sont des monnaies carolingiennes du IXme sicle, qui, pour la plupart, sont dans un tat parfait de conservation (Memoires, Volumes 29 30, Socit des antiquaires du Centre, Bourges, 1906).

L'toile est un symbole ; c'est un signe sacr de toute antiquit. Ds lors, comme les grands types chrtiens, comme le triangle, les sphres, le chrisme, le croissant, le lys, il a d apparatre en divers lieux en mme temps.

Lorsqu'Alain III a grav l'toile, en marque centrale, sur ses monnaies, il n'a point emprunt ce type aux sires de Deols. Cette opinion est aussi celle d'un savant numismate, mais par un autre motif.

Ce numismate ne pense pas qu'un puissant duc de Bretagne ait recherch le type d'une monnaie d'une faible principaut et dont la circulation devait tre fort restreinte. Ce motif peut avoir sa valeur, mais pour nous, il n'est pas dcisif. La vritable raison de dcider, est celle que nous avons donne plus haut. C'est que ce signe sacr, l'toile, tant dans l'ordre des grands types chrtiens, a d se produire en divers lieux la fois, comme une manation spontane des sentiments chrtiens.

Le Messie, le Christ tait annonc et attendu depuis le commencement des sicles. Il tait la plus vive proccupation des Juifs. Leurs livres sacrs en tmoignent chaque page : Atque in te behedicentur universae cognationes terrae. Et benedicenda e sint in illo omnes nationes. Et non auffertur sceptrum de Jud et Dux de femore ejus, Donec veniat qui mittendus est et ipse erit expectatio gentium. (Gen. XLIX, 10.) Jusqu' ce que vienne celui qui doit tre envoy, et lui-mme sera l'attente des nations.

Voil le Messie promis et attendu. Voil l'esprance des Hbreux. Les prophtes et Mose, le premier de ces crivains sacrs, avec quelles images inspires expriment- ils cette esprance? Orietur Stella de Jacob et consurget Virga de Isral. Voil la parole inspire de Mose Qui novit Doctrinam Altissimi, et visiones omnipotentis videt. (Num. XXIV, 16,17.) Voil la parole de Mose, qui connat la doctrine du Trs- Haut et voit les visions du Tout-Puissant : Une toile s'lvera de Jacob, et cette toile, c'est le Messie attendu des nations, c'est le Christ qui guidera les peuples vers les destines divines. Et le Christ a dit de lui-mme : Ego sum Stella matutina et splendida.

M. de Longprier avait touch de bien prs la vrit, lorsque, essayant de remonter aux origines de ce symbole, comme type montaire, il dit que l'toile tait grave sur le sceau de Salomon, et que ce symbole tait, suivant la croyance des Orientaux, un talisman d'une incroyable puissance. Un talisman! C'tait bien autre chose, et surtout une bien plus grande chose.

Orietur stella de Iacob. Voil pourquoi l'toile tait comme un symbole protecteur, recherch des peuples de l'Orient. C'est de l'Orient que devait venir le Messie, l'toile nouvelle que Dieu gardait sous son sceau (Job), l'toile nouvelle que Dieu a envoye comme un guide cleste la terre. Nous voil aux vraies sources, aux divines origines de ce mystrieux symbole qui nous est rvl par les Saintes- Ecritures. Je m'en vais faire venir l'Orient qui est mon serviteur, -et Orietur vobis sol justiciae. Ecce vir Oriens nomen ejus! Voil la merveilleuse parole de l'Eternel qui fait lever l'toile de Jacob et germer les gouttes de rose, qui gennit stillas roris. Voil pourquoi Salomon, s'inspirant de la parole de Mose, avait grav sur son sceau l'toile symbolique.

Voil pourquoi, non en imitation de Salomon, mais en vertu d'une inspiration chrtienne, ce type apparat la fois en divers lieux sur les monnaies des Gaules, acquises par le sang des martyrs, la prdication et les vertus de l'Evangile la foi de J.-C. (Jean-Marie-R. Lecoq-Kerneven, Trait de la composition et de la lecture de toutes inscriptions montaires monogrammes, symboles, et emblmes, 1869).

D'aprs M. Crochet, ce fut Eudes qui, le premier des princes de Dols, frappa pour lui-mme les monnaies que ses prdcesseurs faisaient battre pour le roi. Il aurait adopt, comme signe distinctif de ses monnaies, une sorte d'toile vide cinq pointes, et comme forme d'un seul trait continu se repliant angulairement sur lui- mme. Plus tard, partir de Raoul VI, l'toile se forma de deux triangles enlacs, et prsenta ds lors six pointes. M. Crochet semble regarder ce signe comme un souvenir traditionnel, comme une marque ou une distinction toute locale. Cette observation n'est peut-tre pas exacte, l'toile six pointes des monnaies de Dols et d'Issoudun se faisant aussi remarquer sur des monnaies royales ou baronales trangres nos localits, et notamment sur quelques pices carlovingiennes, parmi lesquelles je citerai ici un sou de Charles le Simple (Compte rendu des travaux de la Socit du Berry Paris, Volume 5, Socit du Berry, Paris, 1857).

On trouve pour Eudes lAncien sur ses monnaies : H I entre une croisette substituant Alpha et un Omga = Iesus-Christus Alpha et Omega. ainsi quune toile cinq pointes, plus tard huit pointes (comme lEtoile du tarot) Christus Stella matutina et splendida.

L'Amoureux

La lame de l'Amoureux est la sixime et correspond la lettre waw.

Le Nom de Jsus avait date archaque un autre symbole que le tav : le waw. En effet, il est compos de six lettres. Or la lettre waw est la sixime de l'alphabet grec archaque. Elle a disparu de l'alphabet. Mais elle a subsist dans la liste des nombres. Les gnostiques faisaient des spculations sur cette curieuse proprit. M. Dupont-Sommer a montr en effet que, sur une lamelle aramaque chrtienne, le waw dsignait le Nom de Dieu, c'est--dire le Christ (Jean Danilou, Les symboles chrtiens primitifs, Seuil, 1961).

Christ amoureux

Saint Bonaventure, aussi, tait exubrant quand il dveloppait le thme de l'amour, en particulier comme une vrification de la doctrine de l'Assomption corporelle. Le dogme tait un sujet de dbat considrable cette poque, en particulier entre les Franciscains et les Dominicains. Les arguments que Bonaventure prsente dans ses sermons affirment que Marie, la fiance du Christ, fut leve comme un tout (un compos d'me et de corps) ; elle fut fiance et transfre dans la chambre cleste du Roi. Bonaventure aussi crivit un commentaire sur le Cantique et il dcrit la faon dont l'me se prpare l'lvation spirituelle par la dvotion, l'admiration et l'exultation, sur la base de passages tirs du Cantique. Dans son enthousiasme il dcrit la passion du Christ amoureux comme si extatique que l'me se dissout dans l'treinte amoureuse. Il dfinit le lien entre mre et fils, entre mari et femme, entre Dieu et le Fidle, comme infiniment doux et infiniment dsirable. Et alors, afin qu'il n'y ait pas de malentendu, il rappelle immdiatement au dvot que dans cet exercice on doit draciner l'amour des cratures et tourner son cur vers l'Epoux lui-mme. Le don de Rdemption viendra (Bonaventure le promet) tous les fidles quand, eux aussi, ils auront t " maris au Christ avec un amour chaste ". Cela avait prpar la voie pour l'image de Cimabue qui reprsente un couple d'amants montant avec grce au ciel, accompagn, salu et entour d'une thorie d'anges. A travers cette figuration charge d'motion, il mle la sexualit humaine aux dons divins de l'amour spirituel. La corporalit accentue de son style rend manifestement visible que le Christ est venu sur terre pour chercher Marie, qu'elle a t enleve au ciel avec son corps et qu'elle t unie son poux dans un mariage cleste pour l'ternit.

Selon HJS Ennis, Bonaventura (1274-1974), Rome, 1974, 4, p. 129-45, Bonaventure voit la " signification relle du sacrement du mariage d'un double point de vue d'union dans l'amour. Il le considre d'abord comme un signe de l'union d'amour entre le Christ et Son Eglise ; ensuite il y voit le reflet de l'union des deux natures divines et humaines dans la personne du Christ (Christian Mouchel, Colette Nativel, Rpublique des lettres, Rpublique des arts : mlanges offerts Marc Fumaroli, 2008).

Rien dans le schma, pour l'instant, ne prsente un lien entre Jsus et Marie-Madeleine.

Netzah La Fert-Bernard Le Chariot/La Lune 25 fvrier/26 aot

La Fert-Bernard

La naissance de La Fert-Bernard rsulte de la cration d'un site dfensif, au sein de la valle marcageuse de l'Huisne et proximit d'un carrefour de voies anciennes, dans le cadre des luttes fodales entre seigneurs du Maine et du Perche au XIme sicle. Ce n'est qu'au sortir de la guerre de Cent Ans que la ville acquiert sa physionomie urbaine. Au XVIme sicle, elle bnficie d'un essor conomique important avec la tte de la seigneurie les ducs de Guise.

La Fert, dont le nom, Firmitas ou Feritas, signifie forteresse en latin du Bas Empire, a compt parmi ses seigneurs des personnages clbres diffrents titres dans l'histoire nationale: elle appartint d'abord aux comtes du Perche. Son premier seigneur, Avesgaud, trentime vque du Mans, vivait de 994 1035. Les discussions d'Avesgaud avec Herbert, Eveille-chien, l'obligrent deux fois se rfugier dans son chteau, o il mourut au retour d'un plerinage en Palestine. Il eut pour successeur Bernard Ier, qui donna son nom la ville. Celui-ci signa, vers 1060, l'acte de fondation du prieur de Ceton dans le Fertois, puis accompagna Guillaume- le Conqurant en Angleterre. Robert Wace, dans son roman de Rou, cite le sire de La Fert comme un de ceux qui maint Anglaiz uni a parent.

Un autre Bernard, IIme du nom, fondateur de l'abbaye de la Pelice sur les bords de l'Huisne, reut dans son manoir Louis VII, roi de France, et Henri II, roi d'Angleterre, runis pour poser les bases d'un trait qui fut sign Montmirail le 6 janvier 1168. Il fallait que La Fert-Bernard ft ds lors une place importante, car, onze annes plus tard, on la dsigna pour une entrevue de laquelle dpendait le sort de la chrtient. Les querelles de Henri II avec Richard-Cur-de-Lion, son fils, dont Philippe-Auguste avait embrass le parti, suspendaient la ralisation d'une croisade projete. Le pape Clment III intervint pour le rtablissement de la paix, et son lgat, le cardinal d'Agnani, dtermina les deux souverains s'en rapporter l'arbitrage des archevques de Reims, de Bourges, de Rouen et de Cantorbry. Les rois de France et d'Angleterre, Richard-Cur de-Lion, le lgat, les prlats, se trouvrent La Fert- Bernard, le jour de l'octave de la Pentecte, l'an 1189, avec une nombreuse suite de chevaliers, de barons et de gens d'armes. Pendant les Rogations, le cardinal d'Agnani, corrompu par Henri II, menaa de mettre la France en interdit. Philippe- Auguste, indign, rompit les confrences, et s'empara de La Fert-Bernard, qui avait encore la glorieuse pithte de non polluta. Jusqu' cette poque, les sires de La Fert-Bernard n'avaient pas souffert qu'on btit auprs de leur forteresse, de peur d'en faciliter l'approche aux ennemis. Quelques maisons construites au nord-ouest du chteau en taient spares par un terrain vague, appel la Lice, qui servait aux manuvres et aux a monstres. D'autres habitations s'chelonnaient l'est, sur le coteau de Saint-Barthlemi, que traverse aujourd'hui la route royale de Paris Nantes. A la fin du XIIme sicle, ce faubourg fut li au manoir parla rue du Bourg- Neuf. Des bastions, des tours, des remparts de dix-huit pieds d'paisseur, compltrent les dfenses de la ville, naturellement protge par les nombreuses ramifications de l'Huisne. En mme temps, les manants obtinrent l'autorisation de se constituer en communaut, et d'lire un capitaine, lieutenant du gouverneur, quatre chevins, un syndic, un greffier, deux gardes et un tambour.

Vers 1317, Bernard V, de La Fert, vendit son domaine Amauri de Craon. Pierre de Craon, petit-fils de l'acqureur, encourut la peine de la confiscation pour avoir tent d'assassiner le conntable de Clisson. L'amiral Jean de Vienne, charg par Charles VI d'aller prendre possession de La Fert-Bernard, chassa demi-nues de leur demeure Jeanne de Chatillon, femme du proscrit, et Marie sa fille unique. Le roi donna la terre de La Fert Louis de France, duc d'Orlans, et, aprs la mort de ce dernier, Marie de Blois, veuve de Louis Ier d'Anjou, crancire du sire de Craon. Louis II d'Anjou devint, en 1411, premier baron de La Fert-Bernard. Sous son fils, Louis III, les Anglais, conduits par Salisbury, assigrent La Fert-Bernard ; la place se dfendit quatre mois, et ne se rendit que lorsqu'elle eut perdu tout espoir d'tre secourue. Son brave gouverneur, Louis d'Avaugour, dtenu par les assigeants au mpris de la capitulation, sauta dans l'Huisne par la fentre de sa prison, et se rfugia Sabl (1424). L'anne suivante, la ville fut reprise en un seul assaut par Ambroise de Lor.

C'tait le temps o la lutte de la France contre la Grande-Bretagne allait devenir dcisive: pendant l'une des courtes intermittences de la guerre, un combat en champ clos eut lieu La Fert-Bernard, en 1432, entre un gentilhomme fertois, dont le nom est rest inconnu, et un anglo-normand nomm Lepeintre. Guillaume de Vignoles, frre du chevalier La Hire, tait l'un des juges du camp; ce fut Lepeintre qui succomba. Les Anglais firent des tentatives ritres pour surprendre La Fert- Bernard, mme aprs la paix de 1444; ils trouvrent constamment la population sous les armes. Suivant la tradition locale, ils allaient un jour pntrer dans la ville par la porte du chemin d'Orlans, quand une statue de la Vierge, place dans une niche, les mit en fuite en s'criant : Arrtez, adversaires ! Ces mots furent gravs sur une croix sculpte en relief dans la muraille. La porte d'Orlans a t abattue en 1823, mais on a conserv, sur son emplacement, une image de Notre-Dame; et l'on fait encore tous les ans, le dernier dimanche d'octobre, la procession institue en commmoration du miracle. Tel tait d'ailleurs le patriotisme des habitants, qu'ils pouvaient se passer d'une intervention surnaturelle. Louis XI les rcompensa de leur dvouement, en confirmant par lettres-patentes, donnes Tours le 19 dcembre 1461, les privilges qui leur avaient t accords par les rois ses prdcesseurs. Il dclare que la ville tant une des clefs du pays du Maine et des marches de Normandie, d'une grande rsistance aux Anglais, c'est pour en rparer les fosss, murailles, boulevards et autres emparements, qu'il lui confirme ses privilges, droits et exemptions.

D'origine militaire, La Fert-Bernard n'avait encore d'autres difices religieux que des chapelles insuffisantes. Jusqu'au treizime sicle, on l'appelait Notre-Dame des Marais, parce que, dans le principe, elle n'avait t qu'une modeste glise leve en 1020, au milieu des marais, entre deux bras de la rivire de l'Huisne, par Avesgaud, vque du Mans, seigneur de Bellme. Longtemps elle dpendit du bourg de Cherr, dont le cur est nomm, dans un titre de 1281, rector Feritatis Bernardi. On projeta de la remplacer par une glise plus grande et sur un sol plus favorable. Dans cette vue, on transporta ailleurs avec grande, solennit la statue vnre; mais le lendemain cette statue s'tant retrouve sa premire place, on se "dcida a btir au mme endroit une nouvelle glise: on poussa les travaux avec activit, et le 8 avril 1367, elle fut non-seulement acheve, mais rige en glise paroissiale. Les habitants mirent toute leur confiance dans la patrone qui ils venaient d'riger un sanctuaire. Cela entraine l'ouverture d'un chantier de reconstruction de l'difice retarde par la guerre de Cent Ans, les travaux dbutent vers 1450, mais il faudra attendre un sicle et demi pour construire une glise dont les dimensions sont hors de proportion avec les besoins de la population, celle-ci n'excdant pas mille habitants. L'ouvrage de structure gothique est dfinitivement achev en 1624. Son dcor extrieur est enrichi d'ornements de style Renaissance mlant les vocations religieuses comme l'Ave Regina Coelorum, et le Regina Coeli Laetare sur le garde corps, et le rpertoire ornemental italien associ aux surprenantes images profanes, comme ces personnages figurant les plantes, Saturne, Vnus, ....la lune et le soleil. Le caractre exceptionnel de Notre-Dame des Marais est li l'mulation entre les donateurs du chantier. On en fit un des plus beaux difices consacrs dans le diocse la Mre de Dieu. On ne pourrait dire ses innombrables richesses artistiques du dedans et du dehors, ses feuillages sculpts, ses mille statuettes, ses belles verrires, ses ciselures de toute espce, toutes ses merveilles enfin qui forment comme antant d'hymnes de pierre, de bois ou de verre, la gloire de Marie. C'est une glise sans modle et sans copie, une sorte de pome pique, o la dernire poque du style ogival se marie aux splendfdes illustrations dela renaissance. Des inscriptions sans fin yclbrent les gloires de la Mre de Dieu, qu'elles appellent martgrum Constantin, apostolorum magisterium, patriarcharum Jtdes, evantjelica puritas, materna dignitas, virginum constantia, virga Jesse, oliva speciosa, fons signatus, hortus conclusus, turris David, domus Dei, porta cli, domina angeloruni, regina cli, civitas Dei, etc.

A l'poque o les Fertois tmoignaient par cette construction de leur zle pour la foi catholique, leurs seigneurs dfendaient la religion nationale contre les envahissements de l'hrsie. La baronnie de la Fert-Bernard tait chue par hritage la maison de Lorraine. Le marquisat de Mayenne, constitu en faveur de Claude de Lorraine, premier duc de Guise, comprenait les trois baronnies de Mayenne, de Sabl, et de La Fert-Bernard. Tout puissants dans la contre, les ducs de Guise, Franois et Henri le Balafr, entretenaient les habitants dans l'horreur du schisme, et enjoignaient aux gouverneurs de svir contre les protestants. Lorsque l'arme calviniste, chasse du Mans le 11 juillet 1562, se retira en Normandie, un grand nombre de partisans de la reforme tombrent sous les coups de la population fanatise. Henri-le-Balafr cda le marquisat de Mayenne son frre Charles de Lorraine. Pendant que ce chef de la Ligue disputait Henri IV le chemin du trne, le gouverneur qu'il avait laiss La Fert-Bernard, Dragues de Comnnes, de la famille des empereurs d'Orient, soutenait avec une pareille nergie la cause de la Sainte- Union. Henri IV, en se rendant au Mans, que bloquait le marchal de Biron, reconnat La Fert-Bernard ; mais jugeant, avec raison, que le sige en serait long et difficile, il marche directement vers le chef-lieu de la province, et charge le prince de Conti d'investir la capitale du Fertois. Le 18 avril 1590, les troupes royales campent sur les coteaux voisins. Elles livrent successivement deux assauts la place, le 6 et le 14 mai, et sont repousses par les habitants, qui combattent sur la brche avec la garnison. Pendant le sige, Dragues de Comnnes fit dguiser deux cents soldats en paysannes et leur ordonna de s'approcher, sous ce travestissement, d'un poste command par Ren de Bouille, capitaine de cent hommes d'armes. Celui-ci se tenait sur la dfensive; il devina le stratagme et reconduisit rudement dans la place les prtendues paysannes. Le Manceau a t plus fin que le Grec, dit Henri IV en apprenant cette escarmouche ; je l'ai toujours connu pour aussi avis que valeureux C'est au dguisement imagin par le Grec, qu'on attache l'origine de cette locution proverbiale : Des agnelles de La Fert, il n'en faut que deux pour trangler un loup. Comnnes, oblig enfin de se rendre, obtint une honorable capitulation de l'estime des assigeants.

Durant les troubles de la minorit de Louis XIII, l'arme des princes, commande par le duc de Beaufort, ravagea le Fertois, sans pouvoir s'emparer de la ville qu'occupait, pour le roi, Charles de Valois comte d'Auvergne, fils naturel de Charles IX. On s'entretient encore avec terreur dans le pays des violences exerces par les Beauforts. Le duc de Mayenne avait fait riger la baronnie de La Fert-Bernard en pairie, et l'avait donne en-dot sa fille Catherine, qui pousa en 1599, Charles de Gonzague, qui vendit la terre Georges de Brancas, duc de Villars, lieutenant- gnral au duch de Normandie (1627). Le duc, afin de se concilier ses nouveaux vassaux, donna des fonds pour la reconstruction de la rue du Bourgneuf ou rue Brle, entirement dtruite par un incendie, le 6 septembre 1624. Louis XIII vint aussi au secours des Fertois. Il s'en faut de beaucoup que la duchesse de Villars, ne d'Estres, dont la municipalit fertoise possde un portrait questre, ait laiss d'aussi agrables souvenirs dans le pays. D'une humeur altire et cruelle, elle faisait jeter dans les oubliettes du chteau quiconque rsistait ses volonts. Elle aimait faire cheval le tour de la ville sur les murs d'enceinte, et montrait, dans le corps d'une femme, les inclinations d'un soldat. Le cardinal de Richelieu acheta, par dcret sur le duc de Villars, la terre de La Fert-Bernard, et obtint confirmation de la pairie par lettres-patentes du 13 janvier 1642. La baronnie-pairie resta dans cette famille jusqu' la rvolution. Un hpital plac sous l'invocation de Saint-Julien existait, depuis un temps immmorial, dans le faubourg septentrional de La Fert. Au mois de septembre 1787, un autre tablissement de bienfaisance, un bureau de charit, fut cr par les soins d'un Richelieu, le duc de Fronsac (notre Fronsac), qui souscrivit, comme seigneur de la ville, une somme annuelle de trois cents francs, et tablit, dans une salle de son chteau, un atelier pour les jeunes filles pauvres. M. Le Franc des Fontaines, abb commendataire de la Pelice, s'engagea galement secourir l'institution naissante Pendant la cruelle disette de 1789, il fit venir du riz des villes voisines, et abandonna la municipalit une crance de six mille livres.

Lorsque la fodalit fut renverse, le seigneur de la baronnie tait Armand Emmanuel du Plessis, duc de Richelieu, depuis duc et pair, et ministre des affaires trangres et prsident du conseil sous le roi Louis XVIII. La Rvolution fit de la Fert-Bernard le chef-lieu d'un district et d'un tribunal civil, mais elle priva les habitants d'une branche de revenu considrable, en supprimant son grenier sel. La Fert-Bernard n'en accueillit pas moins avec enthousiasme les principes de 1789 et mme ceux de 1793 (Aristide Matthieu Guilbert, Histoire des villes de France, 1844, Andr Jean Marie Hamon, L'histoire du culte de la Sainte Vierge dans les provinces ecclsiastiques de Bordeaux, Tours et Rennes, Volume 4, 1864, www.fontainesdefrance.info - La Fert Bernard).

Le Chariot/La Lune

Nous avons vu que ces lames avaient rapport avec Vnus : Kabbalisation du Tarot : le Chariot et la Lune.

La sainte Venisse de Ceton, aux confins de l'Orne et de la Sarthe, tout proche de La Fert-Bernard, environne de lieux-dits La Rouge , et Le Chteau-de-Mondragon , pourrait bien avoir faire ce dragon de La Fert, matre des eaux, doubl dune figure nigmatique de sirne.

Notons que les lieux de culte de sainte Venisse concident galement avec des toponymes voquant le culte de sainte Colombe (ou de colombes), de sainte Ccile , de saint Nicolas. Le rapprochement de sainte Venisse et de sainte Ccile (Saint- Pierre-du-Tronchet ) ou de saint Nicolas (La Roche-Mabille), peut se faire par l'usage (diversifi dans chaque cas) du cuveau.

Les colombes sont les habituels attributs de Vnus desse de l'Amour et de la Fcondit, dont Sainte Venisse est jusqu'au XVIme sicle la reprsentante christianise. Venisse-Vnus, sortant des eaux, entoure de roses et de colombes, est une figure qui se rapproche de la sirne peigne et miroir telle qu'elle apparat Bayeux et La Fert-Bernard, o elle symbolise aussi la figure du dragon.

Tout aussi exemplaire que celui de la gargouille de Rouen, quoique moins clbre, est le cas de la velue de La Fert- Bernard, prs du Mans (Sarthe), dont la lgende date du XVme sicle, a t renouvele et romance - par les folkloristes du XIXme sicle. Cette velue est encore un dragon mdival au nom vocateur non plus cette fois de son aspect dvorant comme la gargouille, mais de son aspect sauvage (rappelant l'tymologie biblique du nom des sirnes) (Franoise Clier-Colombani, La fe Mlusine au Moyen ge : images, mythes et symboles, 1991).

26 aot

Pierre de Craon tait seigneur de la Fert-Bernard par son pre Guilluame Ier, lui-mme layant acquise par mariage avec Marguerite de Flandre, vicomtesse de Chasteaudun, fille pune de Jean de Flandre, seigneur de Nesle et de Tenremonde, vicomte de Chasteaudun. Pierre de Craon est donc le descendant de Baudouin IX de Hainaut, empereur de Constantinople, par Marguerite de Flandres sa fille, probable Flamenca du roman du mme nom.

Il s'attacha au duc d'Anjou, qui marchait en 1384 la conqute de royaume de Naples. Ce prince n'avait pu retenir la multitude de guerriers qui suivaient sa fortune, qu'en puisant son immense trsor form des dpouilles de la France. Il dpcha vers son pouse Craon, qui en reut des sommes considrables, et qui, au lieu de les porter au duc d'Anjou, les dpensa follement Venise, dans le jeu et la dbauche, tandis que l'arme franaise tait assige par la famine et par les maladies (fr.wikipedia.org - Pierre de Craon).

Pierre de Craon, l'ancien favori du roi, avait t exil de la cour. Persuad que c'tait Clisson qui l'avait desservi auprs de son matre, il n'hsita pas attaquer le conntable, un soir que celui-ci rentrait fort tard son htel. Surpris avant d'avoir pu porter le coup mortel son ennemi, le meurtrier laissa sa victime noy dans le sang et s'enfuit prcipitamment de Paris.

Le 13 juin 1392, jour de la Fte-Dieu, Clisson avait soup avec le roi, Craon le savait. Il envoya Jamet Le Moyne, un de ses serviteurs, l'htel Saint-Paul, pour pier Clisson et, ce qui parat incroyable, Le Moyne entra jusque dans la chambre du roi pour s'assurer de la prsence du conntable. Il revint ensuite informer Craon que Clisson partait mont sur une mule, et accompagn de cinq hommes cheval. Les chevaux des conjurs taient tout prts l'htel du Chariot [alors que Craon logeait lhtel royal de Putimusse]. Craon n'avait pas dit ses hommes qu'il voulait tuer le conntable; il leur avait seulement annonc l'intention de le prendre et de l'amener au duc de Bretagne. Il ne se dcouvrit qu'au dernier moment. En sortant du Chariot, Bonabes de Tuss lui demanda ce qu'il faudrait faire si Clisson ne pouvait tre pris. Nous le tuerons, rpondit Craon1. Ils attaqurent le conntable neuf heures du soir, (rue Saint-Antoine, entre la rue Saint-Paul et la rue Culture Sainte-Catherine ?) lorsqu'il sortait des jardins de l'htel Saint-Paul, et le blessrent la tte et au fondement. Clisson dut son salut son courage et la retraite qu'il trouva dans une maison, soit qu'il ft tomb dans une porte entr'ouverte, comme le dit Froissart (ce qui expliquerait la seconde de ses blessures), soit qu'il ait pu s'y sauver et monter un escalier, comme l'avance un auteur contemporain cit par Denys Godefroy. Ce dernier auteur dit que les passants accoururent son secours en entendant crier au meurtre (Craon (princesse de), Mmoire sur Pierre de Craon, 1860).

Le 14 juin, le roi prescrivait son arrestation ; le 1er juillet, on procdait la saisie de la Fert, on y trouva des richesses immenses et Jeanne de Chtillon, sa femme, et sa fille, en furent chasses ignominieusement, dnues de tout ; le 18 juillet un mandement de Charles VI attribuait au duc d'Orlans la proprit des biens confisqus sur Pierre de Craon et sur ses complices, dont la valeur devait venir en dduction de quatre mille livres de rente que le roi avait promises son frre.

Clisson, guri de ses blessures, en appela de nouveau la justice du roi qui donna l'ordre au duc de Bretagne de livrer Pierre de Craon. Ce gentilhomme s'tait enfui depuis longtemps en Espagne. Mais Jean, trop fier pour descendre jusqu' une justification, refusa d'indiquer la retraite du meurtrier. Indign d'un tel refus, Charles VI, quoique atteint d'une maladie cruelle, se mit la tte de son arme et marcha vers la Bretagne. Le 5 aot, un quart de lieue de Sabl, Charles traversait la fort du Mans, peu accompagn, parce qu'on s'tait cart pour qu'il ne ft pas incommod de la poussire. Tout-- coup un homme en chemise, la tte et les pieds nus, s'lance d'entre deux arbres, saisit la bride du cheval, et crie d'une voix rauque : Roi, ne chevauche pas plus avant ! retourne, tu es trahi ! Il tenait les rnes si fortement, qu'on fut oblig de le frapper pour le faire lcher; mais on ne songea ni l'arrter ni le poursuivre, et il disparut. Aprs le premier moment d'effroi, le roi ne dit mot; on remarqua seulement de l'altration sur son visage, et dans son corps une espce de frmissement. En sortant de la fort, on entra dans une plaine de sable chauffe par un soleil ardent. Le roi n'tait accompagn que de deux pages. L'un, presque endormi sur son cheval, laisse tomber ngligemment sa lance sur le casque de l'autre. Le roi, au bruit aigu qui frappe son oreille, sort comme en sursaut de la rverie o il tait plong, et croit que c'est l'accomplissement de l'avis qu'on vient de lui donner. Il tire son pe, pousse son cheval, frappe tous ceux qu'il trouve sa rencontre, criant : Avant, avant sur les tratres! Le duc d'Orlans, son frre, veut le retenir. Fuyez, beau neveu d'Orlans ! lui crie le duc de Bourgogne, monseigneur vous veut occire. Haro ! Le grand mchef ! monseigneur est tout dvoy! Dieu ! qu'on le prenne ! Mais personne n'osait approcher le roi. Il s'tait form autour de lui un grand cercle qu'il parcourait en furieux, et chacun fuyait quand il tournait de son ct. On dit qu'il tua quatre hommes dans cet accs de frnsie. A la fin son pe se cassa, ses forces s'puisrent. Un de ses chambellans, nomm Guillaume Martel, se saisi de lui. Plac demi-mort sur un chariot, Charles fut reconduit au Mans, et l'arme franaise, plonge dans la stupeur, reprit le chemin de Paris.

Cependant, Pierre de Craon, qui n'avait fait que traverser la Bretagne, s'tait rendu en Aragon, o, aprs avoir t menac d'extradition, il put enfin reprendre sa libert.

La sentence contre lui est du 26 aot. Il en rsulta pour Pierre une dpossession complte de ses biens, dont l'administration fut temporairement confie Louis de Cepoy, mais qui passrent, au moins, pour la plus grande partie, aux mains du duc d'Orlans.

La Fert-Bernard ne resta pas la proprit dOrlans : la maison d'Anjou, se prvalant d'une instance en flonie intente par elle contre Pierre de Craon avant 1392 et d'une condamnation obtenue contre lui par dfaut le 4 mars 1396, ainsi que de l'arrt criminel du 7 juin 1399, pour se couvrir du dtournement de cent mille ducats commis au dtriment de Louis Ier d'Anjou, se fit allouer, par un arrt du Parlement du 4 juin 1407, la proprit de la Fert-Bernard dont, ds le 3 juillet 1407, la jouissance viagre fut attribue Yolande d'Aragon.

On ne tint nul compte des droits de Jeanne de Chtillon qui, une fois son mari mort, rclama vainement la valeur de ses biens propres alins et le douaire de quinze cents livres de rente, qui lui avait t assign sur la Fert-Bernard. Cinquante ans plus tard, ses ayant droit plaidaient encore contre ceux du duc d'Anjou et ne parvinrent jamais en obtenir justice (Bertrand de Broussillon, Paul de Farcy, Sigillographie des seigneurs de Craon,, Aurlien de Courson, Histoire des peuples Bretons dans la Gaule et dans les iles britanniques, 1846, Le magasin pittoresque, Volume 1, 1833).

Carr de Vnus de 7 : anne 1225

Ere chrtienne

Le chroniqueur Lambert nous a laiss la description du palais de bois que s'tait fait btir Arnoul II comte d'Ardres vers 1090, et qui, dit-il, dpassait en magnificence les maisons de bois qui existaient alors dans toute la Flandre : l'excution fut confie au matre charpentier Louis de Bourbourg qui, nouveau Ddale, composa un plan dont le chroniqueur vante la complication, avec au levant la chapelle, semblable, dit le chroniqueur, pour l'ouvrage de la portraiture, au temple de Salomon (Camille Enlart, Manuel d'archologie franaise depuis les temps mrovingiens jusqu'a la Renaissance: Architecture civile et militaire, 1929).

Les comtes de Guines et les seigneurs d'Ardres contractrent des mariages qui les unirent des familles plus puissantes, ou qui augmentrent leurs domaines. Ils acquirent des biens en Angleterre, lors de la conqute de Guillaume, duc de Normandie, et dans les expditions postrieures. Plusieurs prirent aux croisades. D'autres en revinrent, toujours pauvres, mais avec de la gloire et des reliques; tel fut Arnoul, l'ancien seigneur d'Ardres, compagnon de Godefroy de Bouillon aux siges d'Antioche et de Jrusalem, et renomm pour sa bravoure et pour sa force. Ce vieux crois, accabl d'annes et de maladies, dit la chronique, mourut en son donjon d'Ardres, en prsence de ses enfants, de ses amis et de beaucoup de peuple, embrassant une petite croix qu'il portait pendue son cou par une chainette d'argent, et o il croyait tre enchass un poil de la barbe de Notre Seigneur Jsus-Christ. Leurs fils et les jeunes seigneurs les plus distingus allaient faire leur ducation la cour du comte de Flandre, leur souverain, et s'y exeraient surtout au maniement des armes et aux actes de bravoure, pour mriter plus tard le titre de chevalier (Bulletins de la Socit des antiquaires de Picardie, Socit des antiquaires de Picardie, 1855).

Le hros involontaire, le prte-nom, en cette affaire fut le seigneur Baudouin d'Ardres qui, parti pour la seconde croisade, mourut de maladie sur les ctes d'Asie mineure et dont le corps fut jet la mer (1146). Or trente ans plus tard, en 1176, apparut dans la rgion de Douai, au village de Planques (actuellement Lauwin-Planques) un ermite, l'aspect le plus religieux, qui demi mot se donnait pour Baudouin d'Ardres : pour gagner le Christ, il avait rsolu de vivre dans la pnitence et les bonnes uvres plutt que de revendiquer son hritage.

On dit quun btard du vrai Baudouin reut du faux de largent pour le reconnatre comme son pre. Mais celui-ci senfuit avec les aumnes quon lui avait verses.

Un autre ermite apparut en 1225 en Flandres dans le bois de Glanon sur la seigneurie de Mortagne prs de Saint-Amand. Un fort courant dans le petit peuple souhaitait la survie de Baudouin IX, un comte bienveillant, contrairement sa fille qui en avait hrit, Jeanne de Flandres. Les anciens compagnons de Baudouin restrent fidles sa fille tandis que Bouchard dAvesne, poux depuis 1212 de la sur de Jeanne, Marguerite (la Flamenca du roman) qui pousera plus tard Gui de Dampierre dont la famille tenait le Bourbonnais, apportait son soutien lermite qui fut accueilli avec honneur Valenciennes, Lille et Gand. La plupart des seigneurs du Hainaut lui tait favorable. Jeanne fit appel au roi de France qui tait son suzerain. Celui-ci appela Pronnes lermite pour quil renouvelle son hommage au roi. Au cours de la rencontre du 30 mai 1225, les trous de mmoires de lermite le poussrent senfuir. Il fut arrt en Bourgogne do il semble quil ft originaire : Bertrand de Rais ou de Li Clos (boiteux), que Clrambaud de Chappes aimait pour ses qualits de trouvre et sa pit. Il fut tran puis pendu entre deux chiens fin septembre. Le chroniqueur franais Mathieu Paris lui garda sa confiance en accusant Jeanne de Flandres de parricide (Henri Platelle, Prsence de l'au-del: une vision mdivale du monde, Volume 898 de Histoire et civilisations, 2004).

La prsence des morts parmi les vivants est symbolise dans ces histoires par le retour du roi cach, (avatar de lImam cach ?). Le graal en est lexemple le plus connu, substitut la prsence du Christ reparti au ciel. La Shekhinah lie, la sephira Malkut, est une hypostase de dieu dans le monde. Malkut est situe ici dans la Biscaye o Alfred de Shaffenberg situe le chteau Graal construit par Titurel.

En Espagne, la mort dAlphonse Ier le Batailleur, appel Anfos parfois, qui semble tre lAmfortas dEschenbach, suscita aussi un imposteur surgi en 1174, qui aurait survcu la bataille de Fraga perdue par son modle, dmasqu par son fils Alphonse II. Pierre II, mort Muret en 1213, est le petit-fils dAlphonse II, et gagna la bataille des trois rois (Castille, Aragon, Navarre) de Las Navas de Tolosa en 1212.

La fille de Pierre III, an de Jacques Ier le Conqurant, Elisabeth ou Isabelle, se maria avec le roi Denis de Portugal. Cest la sainte Elisabeth de Portugal, fte le 8 juillet (Hesed - Ourscamp) au miracle des roses, lexemple de sa parente Elisabeth de Hongrie.

Ere hbraque

Alexandre Jonathan (Janne en grec, ou Yanna en hbreu), roi hasmonen de Jude et grand prtre de Jrusalem (10376 av. J.-C. ou 3657-3684), frre dAristobule Ier Philhellne et fils de Jean Hyrcan Ier.

la mort dAristobule, sa femme Salom Alexandra libre ses trois frres emprisonns, se remarie probablement avec le plus g en vertu de la loi du lvirat. Alexandre Janne supprime dabord un de ses frres qui revendique la royaut. Il prend le titre de grand-prtre et de roi de Jude, ce qui provoque lhostilit des pharisiens, quil fait massacrer en grand nombre.

Alexandre Janne dirige le pays d'une poigne de fer, rprime les rvoltes intrieures soutenues par le mouvement pharisien, en particulier la rvolte des paysans contre le poids des taxes royales. Il est probablement le premier hasmonen frapper monnaie.

En 96, les pharisiens mettent en doute la lgitimit du sacerdoce dAlexandre Janne. Une inadvertance commise par le grand-prtre dans l'excution du rituel du fte des Tabernacles dclenche une meute Jrusalem. Le roi rpond par des massacres dans lesquels prissent six mille personnes.

En 88, Alexandre Janne se dcide ngocier avec les Pharisiens rvolts. Ceux-ci refusent toute discussion et font appel au roi sleucide Dmtrios III qui bat Janne prs de Sichem. Cependant les six mille Juifs de larme de Dmtrios labandonnent bientt et ce dernier se hte de regagner la Syrie. Janne crase alors les rvolts et sempare de leur chefs rfugis dans Bmslis (Misilya, au sud de Jenn ?). Huit cents dentre eux, ramens enchans Jrusalem, sont crucifis au cours dun banquet, tandis quon gorge sous leurs yeux leurs femmes et leurs enfants. Terrifis, huit mille opposants senfuient en exil (Damas ?). A la fin du rgne dAlexandre Janne, le royaume hasmonen comprend la Jude, lIdume, la plaine philistine et celle du Sharon, la Samarie, la Galile jusquau mont Thabor, le plateau du Golan, la Galaaditide et la Moabitide. Dans tous les territoires conquis, le roi a impos la circoncision et la Loi juive, mesure qui provoque des rvoltes locales comme Pella. Pour assurer la scurit de son royaume face aux Nabatens, Janne fait btir deux forteresses : lAlexandrion face la Galaaditide et Machronte face la Moabitide.

Avant de mourir, Alexandre Janne se rsout la sparation des pouvoirs que demandaient les pharisiens pour limiter l'omnipotence du grand-prtre roi. Il lgue la royaut sa femme Alexandra Salom qui tait acquise au parti pharisien. Alexandra donne le pontificat son fils an Hyrcan II et fait entrer les pharisiens au Conseil.

En 76, Alexandre Janne meurt de maladie lors du sige de Ragaba, dans le territoire de Gras. Son fils Hyrcan II, grand prtre et prince juif hasmonen, rgne sous la tutelle de sa mre Salom Alexandra (7667) (fr.wikipedia.org - Alexandre Janne).

Le saint bronien

L'vque du Mans (644) saint Berard ou Beraire (ft le 18 octobre) qui, pour se soustraire, dit-on, au despotisme d'Ebron, maire du palais de Thierri III, s'tait retir dans la Guyenne, dont il tait originaire, tait en route pour revenir au Mans, lorsque, tant mort au village de Bannech (Buneuil ?), dans le Bordelais, le 17 octobre 679, son corps fut apport au Mans et inhum dans l'glise de Pontlieue, qu'il avait fait btir, dans l'emplacement de l'oratoire de l'hospice construit par S. Bertrand et attenant cet hospice (Julien Rmy Pesche, Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, 1836).

Hod La Cassaigne La Justice/Le Soleil 13 mars/12 septembre

La Justice

La Cassaigne tait le chef-lieu de la temporalit du couvent de Prouilhe, fond par saint Dominique (et non de l'vch de Carcassonne comme prcdemment dit), qui en possdait l'entire justice haute, moyenne et basse (Jean Ramire de Fortanier, Les droits seigneuriaux dans la snchausse et comt de Lauragais (1553-1789), 1932).

Les souvenirs historiques les plus remarquables que que possdent les couvents du Midi, rapporte Michaelis, sont les suivants. Toulouse, outre les prcieux manuscrits de Bernard Gui, le crucifix que tenait Dominique la bataille de Muret le 12 septembre 1213, la bulle Religiosam vitam dlivre par Honorius III Dominique le 22 dcembre 1216, les reliques des trois frres massacrs Avignonet le 29 mai 1242. Bziers, une discipline de Dominique, faite de trois chanes de fer attaches un manche de bois et un ossement de Dominique utilis par infusion dans l'eau pour gurir les fivres. En Lauragais enfin, tout ce qui voque la mission de Dominique en Narbonnaise : sur le chemin de Carcassonne Prouilhe, le monument qui commmore le miracle de l'orage ; au couvent de Fanjeaux, dans la chapelle du clotre, la chemine du miracle du feu (Nicole Bouter, Ecrire son histoire: les communauts religieuses rgulires face leur pass, 2005).

Le saint bronien

La lgende de St Stapin : (Daprs Jean ESCANDE et son livre sur Les Escoussens)

Ils taient quatre frres qui, en des temps fabuleux, habitaient les environs de Dourgne: Macaire, Hippolyte, Ferrol, Stapin. Ces frres se jetaient des meules de moulins en guise de palets dune montagne lautre. Stapin serait n, dit-on, au dbut du VIIme sicle dans un hameau prs de Dourgne appel En Lanet. Ce hameau garde le souvenir de cette naissance au lieu-dit Les Mirgues ou Les Mourgues. En effet au milieu des champs se trouve une parcelle de terre non cultive que les gens du hameau appellent Lou Camp de Sant Estapi. Stapin prfre la vie rmitique aux plaisirs de la vie courante et pour cela, il dcide de vivre seul sur un plateau dsertique appel aujourdhui Dsert de St Ferrol. Au milieu de sa vie, peut-tre vers lan 685, il est sollicit pour devenir lvque de Carcassonne, cette ide lui fait peur, on vient jusqu Dourgne pour le chercher, il se cache alors dans les grottes de la rgion, notamment dans le Trou Cruzel. On le dcide enfin, mais il ne peut rsister lattrait de ses montagnes quil vient revoir souvent. Sur son chemin, entre Dourgne et Carcassonne, il se repose Ventenac, petit village de lAude qui le vnre encore aujourdhui. Il quittera son poste quelques annes avant sa mort pour revenir dans les montagnes de Dourgne (cameras-obscuras.blogspot.com - Stapin).

Stapin est ft le 6 aot, Ferrol, son frre , le 18 septembre dans la rgion. Ce qui fait de Ferrol un doublet de celui de Vienne, vque de la ville au IVme sicle. Un autre Ferrol, vque de Grenoble, est mort assassin sous les ordres dEbron le 12 janvier 659 Vienne.

Yesod Fronsac LHermite/Le Jugement 30 mars/29 septembre

LHermite

Dans les annes 1090, le vicomte de Castillon Pierre succda Olivier et ne tint aucun compte de l'abandon et des promesses de son prdcesseur; il avait pour parent un moine du monastre de Nanteuil en Valle, lequel tenta sans succs de chasser les chanoines de Saint-Emilion ; mais l'abb de son monastre, pour mieux russir, eut recours un moine de Saint-Florent, frre du vicomte, et n'pargna pas l'argent, moyen le plus assur: aussi des religieux de son couvent prirent la place des chanoines qui se retirrent Fronsac emportant avec eux le corps de saint milian. Ils en revinrent bientt: l'archevque de Bordeaux les rtablit dans leur monastre et frappa d'anathme, comme coupables de simonje, les moines et le vicomte (Raymond Guinodie, Historie de Libourne et des autres villes et bourgs de son arrondissement, 1845).

En 1563, Fronsac servit de nouveau de refuge aux reliques de saint Emilion face lavance des Protestants. Depuis lors, elles nont pas t retrouves.

Au VIIIe sicle, un moine breton natif de Vannes nomm Emilion choisit comme lieu de retraite Ascumbas (ancien nom du site de Saint-Emilion). Cet homme de cur quitta sa famille et sa Bretagne natale pour entrer dans les ordres. Il fut dabord victime des pires injustices auxquelles il rpondit toujours par la plus grande bont.

Econome dans un couvent bndictin en Saintonge, combl de louanges et de respect en raison de sa grande vertu, Emilion finit par se retirer, loin de tous, dans la fort des Combes qui recouvrait jadis lactuel site de Saint-Emilion. Par ses miracles et sa gnrosit, sa renomme rayonna par-del la valle et de nombreux disciples le rejoignirent. Durant dix-sept ans, Emilion vanglisa la population, crant ainsi un site monastique auquel fut donn son nom aprs sa mort. Une communaut de moines bndictins gra laccs ce lieu de plerinage jusquen 1110, date laquelle une rforme engage par lvque de Bordeaux permit linstallation dun chapitre de chanoines augustins (fr.wikipedia.org - Saint-milion).

Le saint bronien

Aprs la mort de Caribert, roi de Toulouse, Dagobert Ier donna le gouvernement de l'Aquitaine Adalbald ou Adalbaud, l'an des trois fils que sa sur Blithilde avait eu d'Ansbert. Adalbaud rencontra en Aquitaine la vasconne Rictrude, elle-mme sainte plus tard, et fut assassin prs de Prigueux par des membres de la famille de Rictrude qui dsapprouvaient ce mariage mixte, vers 656, linstigation dEbroin (on ne prte quau riche)

Malkuth Guernica La Roue de la Fortune/Le Monde 16 avril/15 octobre

Ce nom de Biscaye, crit Vizcaya par les Espagnols, dsigne la principale des trois provinces bascongadas, ayant l'ouest le canton appel montagne de Santander annexe de la Castille-Vieille, l'est le Guipuzcoa, au sud l'Alava, et au nord le golfe de Gascogne, nomm aussi, en celle partie, baie de Biscaye. Le pays a titre spcial de sfiniiemie en mme temps que de comte ; sa capitale est Bilbao, ville commerante de 15,000 urnes avec un port assez frquent, l'embouchure du rio Ansa ; les navires d'un fort tonnage ne remontent gure jusqu' Bilbao, mme pendant les grandes mures : les plus gros ne dpassent point Portugalie, les autres s'arrtent Olaviaga , une lieue de la ville; on peut citer encore le port de Lequeitio et la rade de Bernio; Durango, Ordtina, Balmaseda, Garnica,sont divers titres les points les plus remarquables de l'intrieur. Des mines de fer et de cuivre, de vastes troupeaux de gros et de menu btail, des cultures de chanvre assez considrables, forment la richesse du pays, et les diverses prparations de leurs produits exercent l'industrie des habitaiis, dont les forges, fonderies, tanneries, chapelleries, suiveries, corderies et toileries seraient susceptibles d'une grande extension si d'une part le vicieux systme des douanes espagnoles ne paralysait la production, pendant que d'un autre ct la guerre civile dsole les provinces Bascongades, qui eu sont le principal thtre.

Nous avons dj dit, l'article Basques, quelles vicissitudes politiques annexrent tour tour le territoire de ces peuples au domaine des Carthaginois, des Romains, des Suves, des Francs, et des Goths; et comment, sous le litre de duch de Cantabrie, il fut successivement donn en apanage Francion, tabli en 542 par Childebert et Clotaire; puis, sous les Goths, Pierre, petit-fils du roi Recared et pre d'Alfonse-le-Catholique; Favila, fils du roi Chindasvinde et pre du clbre Pelage ; enfin Andeca, tu avec Roderic la bataille de Guadalte. Ces pays se rangrent alors sous la protection et l'autorit du grand Eudes d'Aquitaine, dont la postrit fonda, un sicle aprs, les trnes de Navarre et d'Aragon; Aznar, comme comte de Jaca et comme matre de la Navarre de 831 836, est plac, aprs Andeca et Eudes, sur quelques listes des comtes de Biscaye; mais les traditions locales ne donnent des seigneurs particuliers ce canton que depuis Lope Zuria (prononcez Tsouria ou Tchouria), c'est--dire Loup-le-Blanc, successivement remplac par ses fils Nuno Lopez et Inigo Lopez, puis par son petit-fils Lope Iniguez, contemporain de l'empereur des Espagnes Sanche-le-Grand.

Mais sans remonter Andeca avec Larratguy, et en commenant notre liste Lope Tchouria comme Sandoval et Garibay, nous reconnatrons volontiers avec le savant Arnaud d'Oihnart, que ces premiers degrs demeurent au moins incertains, que les noms soit individuels soit patronymiques de ces comtes sont loin d'tre dtermins sans variantes, et qu'on ne saurait gure tablir avec une prcision satisfaisante la srie des seigneurs de Biscaye qu' partir de ce Lope Iniguez qui vivait la fin du dixime sicle. Nous mettrons seulement la conjecture que Lope Tchouria tait, suivant toute probabilit, un prince de la maison de Gascogne, de la ligne d'Aznar ou de celle des rois de Navarre : il est en effet peu croyable que ceux-ci eussent donn ou laiss une de leurs provinces un seigneur tranger leur famille, faisant ainsi une exception unique au systme qu'on leur voit suivre dans tout le reste de leurs domaines; il est remarquer aussi que les noms des premiers comtes de Biscaye sont analogues ceux des rois de Navarre et des comtes d'Aragon qui rgnaient la mme poque, particularit qui milite encore en faveur de noire hypothse de consanguinit prochaine entre les souches de ces diverses dynasties.

Henri de Transtamare tant parvenu la couronne de Castille (1369) rendit le gouvernement de Biscaye son frre Tello, qui prit l'anne suivante; le roi Henri donna alors l'investiture de ce fief son propre fils ain Juan V, la faveur des droits que ce prince tenait de sou aeule Blanche de Lara ; l'avnement de celui-ci au trne de Castille (1379) opra la runion dfinitive de la Biscaye au domaine royal.

Son fils Henri III, en prenant l'ge de quatorze ans les rnes du gouvernement, confirma aux Biscayens leur for ou charte constitutionnelle; celte rdaction, date de 1394 et connue sous le nom de Fuero de Vizcaya, est la plus ancienne qui nous soit parvenue ; elle reut en 1537 une confirmation solennelle de Charles-Quint.

Elle oblige le seigneur venir, dans l'anne de son avnement, sous peine de suppression des subsides, jurer l'observation du for et se faire reconnatre par les tats ; le serment tait prt jadis suivant certaines formes singulires, et Andres de Poza a notamment trait, en 1587, De la antiquisima costumbre del un pie descalzo con que los senores de Vizcaya suelen jurar los fueros y libertades de ella. Le serment tait d'abord prononc aux portes de Bilbao devant la milice assemble, puis en l'glise de Larrabezua devant la sainte Hostie, ensuite sous le chne de Guernica, lieu de runion du bilzar ou tats gnraux de Biscaye, o le prince tait reu et proclama comme seigneur du pays; enfin il se rendait Bermeo, en l'glise de Sainte-Euphmie, et la main pose sur l'autel, il rptait pour la quatrime fois le serment de garder au plat pays de Biscaye, villes et cits, canton le Durango et hautes valles (eucartiaciones), aux chevaliers, cuyers et gentilshommes (hijos d'Algo), tous et chacun, leurs privilges, franchises, liberts, fors, us et coutumes, proprits ou bnfices.

Malkuth, le Royaume qui est une Rpublique

On a fait grand bruit, et les Biscayens tirent eux-mmes vanit de ce que leur loi fondamentale tablit qu'ils, sont et doivent tre considrs, tous sans exception, comme vrais gentilshommes, non seulement de pre et aeul, mais de tous leurs anctres et de temps immmorial; aussi nul Biscayen ne peut-il, pour quelque dlie que ce soit, moins qu'elle ne rsulte de dlit ou quasi-dlit, tre saisi en sa personne, sa maison, ses armes, ni ses chevaux, lors mme qu'il aurait expressment dclar renoncer sa noblesse ; tel point que, outre la nullit de toute sentence ce contraire, le juge qui l'aurait prononce serait passible d'une amende de 10.000 maravdis, dont moiti pour la partie condamne, un quart pour l'hpital du lieu, et l'autre quart pour la rparation des chemins. Ces privilges suivent le Biscayen dans toute l'Espagne, et il n'est justiciable, hors de sa province, que d'un seul tribunal spcial sigeant Valladolid. On conoit qu'une population ainsi place, par une constitution propre, au-dessus du droit commun des provinces environnantes, rsiste opinitrement une fusion qui nivellerait tous les dpartements d'une monarchie homogne; aussi le soulvement actuel des provinces bascongades reprsente-t-il moins la cause de la libert, que celle du privilge et d'une nationalit spare.

On suppose gnralement aux Biscayens un esprit et des habitudes beaucoup plus dmocratiques qu'ils ne les ont en ralit : ils possdent la vrit leur bilzar ou assemble gnrale qui se lient sons le chne de Guernica, et qui se compose d'un dput par chaque ville, village ou hameau; mais ce bilzar ne s'assemble que tous les deux ans, sur la convocation du corregidor de Bilbao, et son action est presque nulle, tandis que la prpotence effective appartient une autre assemble, la Junta de Merindad, laquelle se tient tous les ans Bilbao, et se forme exclusivement de la runion des dputs des villes, pris habituellement parmi les chefs des maisons les plus riches et les plus influentes; eu sorte que leurs dcisions, dont l'autorit est la mme que celle des rsolutions du bilzar, sont domines par un intrt d'aristocratie dont le reste de la population n'a pas toujours se louer. Le pouvoir excutif, dfr par elle, est ncessairement exerc conformment ses vues : il est entre les mains d'un comit ou directoire annuel, compos de deux dputs gnraux, assists de six regidors, deux syndics et deux secrtaires; l'administration politique, militaire, civile, la justice, les finances, tout ressortit ce comit suprme, la seule condition de rendre compte de sa gestion l'assemble gnrale.

Dans ces juntas comme dans la diputacion general se dessinent des partis politiques opposs, notamment ceux des Onecinos et des Gambonos, dont l'origine remonte aux troubles qui agitrent la Biscaye vers la (in du treizime sicle, et qui ont pris leur nom de deux puissantes maisons qui taient leur tte; les dnominations de sabehjorriac (ventres rouges) et de sabeltchovriac (ventres blancs) que nous entendons prononcer dans l'insurrection actuelle, ont aussi une ancienne clbrit, et c'est la premire, ds longtemps considre par les Basques comme une injure, que nos gazelles rptent sous la forme de chapelgorrys.

Le nom de Guernica signifie pente de la colline, sous laquelle se trouve la plaine appele el Juncal, sujette aux inondations. A Guernica taient tenus les parlements des snateurs basques, ou apoderados de las unte-iglesias. Cette Calzarra prenait place prs de lermitage de Na. Sa. de la Antigua, sous lombrage dun ancient chne.

Un for de Biscaye, ajoute cet auteur, dfendait aux ecclsiastiques ou moines de se prsenter l'assemble de Guernica, d'en approcher plus d'une lieue de distance pendant toute la dure des dlibrations, et de rester plus d'une nuit, quand ils taient en voyage, la distance marque par la loi. (Charles Ginoulhiac, Revue historique de droit franais et tranger, 1859).

Les casas consistoriales et plus de la moiti de la ville furent brles par les troupes napolonniennes prchant la libert en plantant un de ses arbres et en coupant la chne sacr des Basques, connu depuis 1334 sous lequel Ferdinand and Isabelle jurrent de respecter en 1476 les Fueros de la province, comme leur petit-fils Charles Quint le fit le 5 avril 1526 (A Handbook for Travellers in Spain, Volume 2, 1855, P. Leroux, J. Reynaud, Encyclopdie nouvelle, ou dictionnaire philosophique, scientifique, littraire et industriel, 1836).

Malkuth

La Shekhina en exil, c'est la totalit de toutes les souffrances de tous les temps et des souffrances de toutes les cratures dans tous les mondes. Tant que durera la Cration, il y aura l'exil, jusqu'au temps o la dernire Neshma sera descendue en ce monde. L'Ange qui accompagne la Neshma au cours de sa descente, lui rvle qu'elle le retrouvera au terme de sa route travers le monde de l'exil, qu'il sera l pour la ramener chez elle . Il lui annonce que tout ce qu'elle a appris du sens de la Cration dans son existence avant ce monde, va s'enfoncer dans l'oubli, pareil au temple dtruit. Son vtement de lumire va devenir un vtement conditionn par la forme du temps. Mais dans son exil, la Neshma va se trouver l'unisson de l'exil de la Shekhina. Imitant le geste des prtres sur la toiture du Temple de Salomon dvor par les flammes, l'Ange rejette dans le ciel les clefs du Temple (Henry Corbin, LImago Templi face aux normes profanes, Norms in a changing world, 1977).

La colombe symbolise la paix. Or ici, elle se situe entre le taureau et le cheval et on peut remarquer qu'elle s'efface dans l'obscurit ce qui signifie que la paix est impossible entre les deux parties, qui s'opposent dans cette guerre, les Rpublicains et les Nationalistes (kalideodie.free.fr - Guernica).

Dans la kabbale, la colombe du Dluge devient le symbole de Malkuth.

La Roue de la Fortune

Lanciennet de Fortuna en Biscaye est atteste par la dcouverte dune statuette d'Isis-Fortuna, exhume en 1949 Fora (Orientalia, Volume 43, Pontificio Istituto biblico, Pontificio Istituto biblico, 1968).

Cette roue parcourt les sicles jusquau moins au vingtime avec le tableau de Picasso Guernica .

Composition study for the Guernica (VII) 9 May 1937-pencil on paper

Spiros Tzelepis, http://users.otenet.gr

A similar wheel occurs in one of the preliminary drawings for Guernica. In the first essay, in the context of Guernica, the wheel was interpreted as the wheel of time or the wheel of fortune, the Buddhist wheel of life from which relief is sought, or the medieval rack. All of these meanings are appropriate here as well (Doumanian Tankard, Picasso's Guernica after Rubens's Horrors of war, 1984).

Fortun est un prnom courant en Navarre et aux Pays Basques. On le retrouve dans la croisade du 16 avril 890 Irruta.

Domingo de Aguirre (Ondrroa, 1864 - Zumaya, 1920) prtre et crivain basque a publi plusieurs romans dont La Fleur des Pyrnes (Auemendiko lorea) (1898) dans lequel la sainte Rictrude est lhrione. Lassassin du mari de Rictrude partie en Gascogne est un certain Portun Osinbletz (Appellation doublement anachronique : le prnom chrtien Fortun d'origine latine a t habill selon la phontique du biscayen moderne - l'origine les "f" latins furent rendus par une consonne aspire ou limins), basque paen, veut pouser la veuve (Jean-Baptiste Orpustan, Prcis d'histoire littraire basque, 1545-1950, 1996).

Lope Garca de Salazar (1399-1476) est un historien biscayen. En juillet 1470, son fils lenferme dans sa maison-tour de San Martn de Muatones, Lope Garca y crira son uvre Historia des Buenas andanas e fortunes grce laquelle il est connu et par certains proclam comme le premier historien de Biscaye. Face aux tentatives de fuites il est envoy la tour de Salazar Portugalete, o il mourra empoisonn avec sa fille btarde Menca de Avellaneda (fr.wikipedia.org - Lope Garca de Salazar).

La sainte bronienne

Sainte Rictrude tait dorigine vasconne, fille dErnold et de Lichia. Le franc Adalbalde ou Adalbaud, duc de Douai, lavait courtis dans sa rgion et lavait pouse. Aprs la mort de Caribert, roi de Toulouse, Dagobert Ier donna le gouvernement de l'Aquitaine Adalbald, l'an des trois fils que sa sur Blithilde avait eu d'Ansbert.

Il fut assassin en Gascogne par les sicaires d'Ebroin, le 2 fvrier 656, et Rictrude se retira dans son domaine. Quoiqu'elle et cinq enfants, elle se vit bientt recherche par plusieurs seigneurs qui convoitaient ses riches possessions. Le roi Clovis II lui adressa de pressantes instances en faveur d'un de ces prtendants. Rictrude, aprs avoir repouss ces propositions avec dignit, et rclam avec nergie les privilges d'une noble franke, tira de son sein un voile bni par saint Amand qui lavait visit en Gascogne lorsquil y tait exil, et s'en couvrit en dclarant qu'elle se consacrait Dieu. Rictrude se retira Marchiennes et fit don de son domaine de Boiry l'abbaye qu'elle fonda. Elle mourut en 687. C'est cette pieuse famille que l'on doit la fondation de l'abbaye de Marchiennes, du monastre d'Hamage, prs de Douai, et de celui de Merville (Broylum).

Rictrude eut quatre filles, Eusbie et Gertrude qui se retirrent l'abbaye d'Hamage ; Clotsinde et Adalsende qui restrent avec leur mre, et un fils, saint Maurant ou Mauront, n en 642, duc d'Ostrevent, forestier, etc. Il se retira au monastre de Broylus (Merville), et mourut en 699 (Louis Joseph Harbaville, Mmorial historique et archologique du dpartement du Pas-de-Calais, Volume 1, 1842, Nouveaux guide de l'tranger dans Douai, 1861).

A cette poque, deux ducs puissants, allis par leur mre Gerberte la famille royale et parents de Dagobert, Adalbald et Erkhinoald, possdaient du chef de Gerberte, le chteau de Douai; ils le firent rparer et y construisirent, leurs frais, une glise consacre la Vierge Marie, et qui devint plus tard la collgiale de Saint-Am. Ils levrent en outre, au bord de la rivire, une tour d'une force et d'une hauteur merveilleuses. Erkhinoald fut maire du palais sous Clovis II, roi de Neustrie, assassin peut-tre par Ebroin.