Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Par ce signe tu le vaincras : croisade, graal, lance et hannap   

Le graal en littrature

De 1170 1190, Chrtien de Troyes, agissant sur commande de Marie de Champagne, fille d'Alinor d'Aquitaine, publie cinq romans arthuriens passant de l'histoire proprement dite une conception dj artistique du roman d'amour. Il y fait montre d'un certain got pour l'vocation du merveilleux. Ce sont :

Erec et Enide, Cligs ou la Fausse Morte, Lancelot ou le Chevalier la Charrette, (premire apparition de Lancelot, chevalier gaulois), Yvain ou le Chevalier au Lion, Perceval ou le Conte du Graal, inachev, et un Guillaume d'Angleterre.

La socit dcrite dans les romans de Chrtien de Troyes est plus celle du XIIme sicle (date de l'criture des oeuvres) que celle du VIme (l'poque de l'Arthur historique) et Michel Pastoureau a bien montr comment les crivains de l'poque taient d'abord marqus par ce qu'ils vivaient. Les contemporains de Chrtien pratiquaient aisment une double lecture des oeuvres, voyant se profiler derrire les personnages imaginaires d'Arthur, de Guenivre ou de Lancelot, ceux bien rels de Henri II, d'Alinor ou de Guillaume le Marchal.

En 1212, Robert de Boron crit une trilogie : Joseph d'Arimathie, Merlin, Perceval. C'est le premier auteur connu avoir tent de composer un cycle complet concernant le Graal. On ne conserve que le dbut de son Merlin.

Dbut XIIIme, parat le Perlesvaus, uvre un peu droutante o les barons d'Arthur font croisade contre les paens tenants de l'ancienne loi. Perceval y est un vritable Christ-Chevalier.

Vers 1225-1228, c'est La Vulgate du Lancelot en Prose, ou corpus Lancelot-Graal, premier roman en prose et en langue vulgaire de notre histoire et dans lequel Guillaume Assolant voyait "le pre de tous nos romans". Il s'agit d'une somme immense qui dcrit les aventures des chevaliers de la Table Ronde. Au centre du cycle: Lancelot, fils de Ban de Banoc, province des Marches de Gaule, lev par la Dame du Lac. Il arrive la cour d'Arthur, tombe amoureux de la reine Guenivre, l'pouse d'Arthur. C'est le premier et le meilleur chevalier du monde.

Les 8000 pages de l'uvre, telles que la restitue l'actuelle dition critique d'Alexandre Micha ont contribu rpandre ses exploits dans toute l'Europe comme en tmoigne l'extraordinaire profusion de rcits hroques et lgendaires consacrs ce personnage et ses compagnons d'aventures.

Cette oeuvre en forme de tapisserie est compose en rcits qui utilisent le processus du "flash back", entrecroisant les aventures des hros partis la conqute du Graal. Elle comprend : l'Estoire del Saint Graal relatant la venue du Graal en Bretagne au temps de Joseph d'Arimathie, l'Estoire de Merlin, Le Lancelot en Prose, La Queste del Saint Graal, La Mort le Roi Artu.

Vritable, pour reprendre l'expression de Jean Markale, "deus ex machina du monde arthurien", la figure de Lancelot du Lac a sembl, d'aucuns, l'archtype de la culture chevaleresque du XIIme sicle.

Vers 1230, parat le Tristan en Prose, roman encore plus long que le Lancelot-Graal. A la mme poque, lui font suite: Guiron le Courtois, aussi considrable, Perceforest, Ysae le Triste... (g.bertin.pagesperso-orange.fr - Saint graal).

Du XIIIme au XVme sicles, ces uvres connaissent plusieurs continuateurs : Wauchier, le pseudo-Wauchier, Wolfram Von Eschenbach qui compose un Parzival dont s'inspirera Wagner, Alfred von Scharfenberg avec son Jeune Titurel trs important pour notre schma sphirotique, Sir Thomas Malory qui crit une Morte d'Arthur, Ulrich von Zatzikowen et son Lanzelet, le Grimaud...

En ce qui concerne la croisade, la notion est large et couvre des secteurs gographiques europens (Occitanie, Espagne) et asiatiques (Palestine, Egypte, Afrique du Nord, Turquie). Les Templiers font partie de la croisade, ce ne sont que des pions qui ont t rapidement limins lorsquils ne rpondirent plus aux besoins de la papaut et de ses allis couronns.

Kether Haguenau Le Bateleur/Le Pendu 17 novembre/19 mai

Le graal

Au XIme sicle, et le foss rhnan prend de l'importance avec l'arrive au pouvoir en 1024 des Saliens, une famille de Franconie. Elle possde des biens dans le Palatinat, aux limites du nord de l'Alsace. Les centres du pouvoir deviennent Spire, o les Saliens rigent leur glise spulcrale, l'abbaye de Limburg sur les contreforts du Palatinat, et les premiers chteaux en pierre dans ce mme Palatinat avec, pour coeur et symbole du pouvoir, le Trifels, le chteau aux trois rochers, protg son tour par tout un systme fortifi (chteaux voisins de l'Anebos et du Scharfenberg). Le Trifels surveille un important noeud de voies de communication : route reliant la valle du Rhin la Lorraine, axe nord-sud reliant le Palatinat la plaine d'Alsace.

LEmpereur Henri V (1106-1125), dernier des Saliens, qui mise sur les Hohenstaufen pour lui succder, ordonne en 1125 Frdric le Borgne de transfrer les insignes de la couronne au Trifels, qui devient ainsi le chteau symbole de l'empire. Ces insignes rassemblent ce que l'empire possde de plus prcieux : le sceptre, la couronne de Charlemagne, le manteau du couronnement et d'innombrables reliques dont la lance de Longinus qui pera le flanc du Christ. Par la suite, Wolfram von Eschenbach fera du Trifels le chteau du Graal dans son Parzival.

En 1125, Adalbert de Mayence tient sa revanche : la mort de Henri V, en 1125, il russit faire lire Lothaire de Supplimbourg et ainsi carter les Hohenstaufen du pouvoir. Le nouvel empereur (1125-1137) cherche immdiatement contrler les rgions qui lui sont dfavorables : il remplace les comts du Nordgau et du Sundgau par deux landgraviats et cr la fonction du Landgraf qui a pour mission d'assurer l'empereur les terres contestataires. Il confie le landgraviat de Haute Alsace aux comtes de Habsbourg et celui de Basse Alsace la famille de Hunebourg cette fonction. En mme temps, il s'empare de la ville de Haguenau (1127) pour bien montrer aux Hohenstaufen qui est le matre.

Les territoires staufriens protger se situent autour de Wissembourg et de Haguenau, dont le chteau est le centre administratif. Parmi les chteaux, placs en demi-cercle dans les Basses-Vosges du Nord, il y a le Fleckenstein, le Hohenbourg, le Lutzelhardt, le Falkenstein, leWasigenstein. Un deuxime centre staufrien est Slestat, avec le prieur de Sainte-Foy et une partie de Kintzheim. Ses chteaux protecteurs sont le Haut-Kamigsbourg et le Ribeaupierre. Les Hohenstaufen possdent par ailleurs le Hohenbourg (Sainte-Odile) avec Obernai et dans le Haut- Rhin, des fiefs Munster et Mulhouse.

La leve du sige de la ville de Haguenau voit la victoire de Frdric II. Cette fois, les Hohenstaufen ne laissent plus chapper leur lection. Conrad III de Hohenstaufen, frre de Frdric le Borgne devient empereur (1138-1152), et sa mort son neveu et fils du Borgne, Frdric Ier Barberousse accde au trne. Il fait transfrer les insignes de la couronne du Trifels en sa Pfalz de Haguenau. Le rle de l'Alsace, au coeur de l'empire, sen trouve confort. Le titre de landgrave est enlev aux Hunebourg et le systme des Burgmnner est dvelopp : Frdric Iert installe Haguenau des chevaliers fidles qui veillent sur sa cit prfre et qui, pour de courtes priodes, iront monter la garde dans les chteaux des Vosges du Nord (www.encyclopedie.bseditions.fr - Trifels).

Jean Haicelin est dit de Haguenau.

Un volumineux recueil en deux tomes de la Bibliothque de France contient le Roman de Guiron le Courtois, suivi de la Compilation de Rusticien de Pise, dans une configuration particulire : au folio 241 du deuxime tome commence en effet, sous le titre "le tiers livre de Guyron", une nouvelle version du second livre dj copi aux folios 1-240 v. Cette version figure galement dans un manuscrit "jumeau" provenant des ducs de Bourgogne (Arsenal, mss 3477-3478) et qui a t ralis dans le mme atelier parisien, ou au moins copi sur un modle identique. L'illustration a t complte par le Matre de Dunois, qui doit son nom au livre d'Heures du comte de Dunois, fils illgitime de Louis d'Orlans (Londres, BL, Yates Thompson, ms. 3). Quand les Anglais ont quitt Paris en 1436, le Matre de Dunois, disciple du Matre de Bedford, s'est mis travailler pour la nouvelle clientle des chefs de guerre et hauts dignitaires de l'entourage de Charles VII. D'aprs Franois Avril, le Matre de Dunois serait identifiable avec Jean Haincelin, qui comptait parmi ses clients le duc d'Orlans et l'amiral Prigent de Cotivy. En 1444, Haincelin a ralis pour ce dernier un Lancelot et un Guiron le Courtois aujourd'hui disparus. Sans doute familier de ces sujets, il a trait avec originalit et lgance la scne de la rencontre, sur un fond bois vert tendre. Le destinataire initial du manuscrit est inconnu, mais les armes de Jean-Louis de Savoie (1447-1482), vque de Tarentaise (1456) puis de Genve (1460), ont t ajoutes en marge (expositions.bnf.fr - Jean Haicelin).

La croisade

En 1193, Richard Coeur de Lion, roi d'Angleterre, accus d'avoir trahi les croiss en Terre Sainte, comparat Haguenau devant l'empereur Henri VI, pour y tre condamn une amende de 100.000 marcs d'argent. IL avait t arrt en Autriche par le duc Lopold le 20 dcembre 1192. Richard comparaissait cette poque devant la dite d'Haguenau, o sa mle dfense mut en sa faveur les princes allemands : l'empereur consentit traiter de sa ranon, qui fut fixe cent mille marcs. A cette nouvelle, le prince Jean ne rougit pas de tenter la cupidit de Henri VI par la promesse d'une somme plus forte s'il voulait retenir Richard dans les fers : les princes allemands obligrent l'empereur garder sa parole, et aprs avoir acquitt les trois quarts de cette ranon Richard norme prleve par une taxe gnrale sur son royaume, recouvre Richard fut libre et la terreur entra dans l'me de son frre.

Mais c'tait surtout le monarque franais, le roi Philippe Auguste, qu'il avait cur de punir, et l'Angleterre, aprs avoir pay pour dlivrer Richard, paya encore pour servir sa vengeance. Tout fut de nouveau mis en uvre pour procurer au roi de l'argent et des soldats, et les plus hautes charges furent offertes au plus offrant. Richard eut recours comme jadis aux plus vils expdients et se fit un trsor des dpouilles de ses sujets. Il passa ensuite sur le continent dans son duch de Normandie, o son frre Jean, cit devant sa cour, vint se jeter ses pieds et obtint son pardon.

Les Templiers

Le 17 novembre, le pape envoyait au roi son chapelain Arnaud de Faugres, porteur des bulles qui ordonnaient l'arrestation gnrale des membres de l'ordre. Ce revirement pourrait s'expliquer parce que Clment aurait admis que le roi n'avait pas agi de sa propre initiative, mais sur les rquisitions de l'inquisiteur; qu'il avait arrt les chevaliers avec l'intention de les remettre l'glise. Aprs le succs du 22 novembre, la bulle Pastoralis prseeminentise, le roi se montre conciliant, il fait savoir Clment que, contrairement aux bruits qui couraient dans son entourage, jamais le pape ne lui a abandonn le procs (Karl Joseph von Hefele, Joseph Hergenrther, Alois Knpfler, Charles de Clercq, P. Richard, Albert Michel, Histoire des conciles dprs les documents originaux, Volume 6, Partie 1, 1914).

Hochmah Lige La Papesse/La Mort 4 dcembre/4 juin

Le graal eucharistique

Les Cisterciens ont contribu, par leurs sermons et leurs crits, provoquer ou alimenter la dvotion au Saint-Sacrement. Elle se manifeste chez eux par diverses pratiques (frquence de la communion ou de la clbration de la messe, lvation de l'hostie, culte de la sainte rserve).

La Queste del saint Graal, qui aurait pu tre compos sous linfluence de labbaye dOurscamp, mise en uvre romanesque de la doctrine et de la vie la recherche de l'amour divin tel qu'on le concevait Citeaux, et Le Plerinage de Vie Humaine (1330-33) de Guillaume de Digulleville, prieur de Chlis dont la vogue fut immense, ont eu leur importance sur la pratique eucharistique. Les Analecta hymnica sont remplies de pices eucharistiques provenant des maisons cisterciennes; les anciennes bibliothques en contiennent encore une foule d'indits. Les liens taient troits entre les milieux cisterciens et les bguines. Dans la biographie des plus clbres d'entre elles, on trouve les traces du rveil eucharistique de cette premire moiti du XIIIme sicle. Avec la recluse Marie d'Oignies (morte en 1213), Odile de Lige (morte en 1220), Marguerite d'Ypres (morte en 1237), Ivette de Huy (morte en 1228) et Ide do Nivelles (morte en 1231) qui devint cistercienne, ont dsir communier frquemment et manifest une vive dvotion pour la sainte rserve (Revue du Moyen ge latin, Volumes 3 4, 1947).

La doctrine eucharistique de l'poque n'est tudie que chez deux thologiens spars l'un de l'autre par un sicle, Alger de Lige (mort Cluny v. 1131) et saint Thomas. L. Brigu, le spcialiste d'Alger, s'applique prciser l'apport de l'ancien coltre ligeois sur les deux questions du sacrifice de la messe et de la prsence du Christ dans l'Eucharistie.

La Fte-Dieu, appele aussi Fte du Saint-Sacrement, Corpus Domini, Corpus Christi est une fte religieuse catholique romaine, mais aussi anglicane, clbre le jeudi qui suit la Trinit, c'est--dire soixante jours aprs Pques. Actuellement, le nom officiel de la fte, dans l'Eglise catholique, est Solennit du corps et du sang du Christ . Cette fte commmore la prsence relle de Jsus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie, c'est--dire sous les espces (apparences sensibles) du pain et du vin consacrs au cours du sacrifice eucharistique (Messe).

C'est en grande partie Julienne de Cornillon que l'on doit la Fte-Dieu : partir de 1209, elle eut de frquentes visions mystiques. Une vision revint plusieurs reprises, dans laquelle elle vit une lune chancre, c'est--dire rayonnante de lumire, mais incomplte, une bande noire la divisant en deux parties gales. Elle y vit la rvlation qu'il manquait une fte dans l'glise. La fte du saint Sacrement devait tre institue pour ranimer la foi des fidles et expier les fautes commises contre ce Sacrement. partir de cette priode, elle uvra pour l'tablissement d'une fte solennelle en l'honneur du Trs Saint Sacrement. Elle fut aide pour cela par la Bienheureuse ve de Lige, recluse.

En 1222, Julienne fut lue prieure du Mont-Cornillon et continua les dmarches pour l'instauration de la Fte-Dieu, demandant conseil d'minentes personnalits de l'poque, tels que Jean de Lausanne, chanoine de Saint Martin, Jacques Pantalon, archidiacre de Lige et futur Pape Urbain IV, Guy, vque de Cambrai, et aussi des thologiens dominicains, dont Hugues de Saint Cher.

La fte fut clbre pour la premire fois par le prince-vque Robert de Thourotte. Tomb malade Fosses, craignant de n'avoir pas le temps de confirmer la fte sa principaut, il recommanda l'institution de la fte au clerg qui l'entourait et en fit clbrer l'office en sa prsence, Fosses mme. Il y mourut, le 16 octobre 1246, sans avoir pu tenir un synode gnral et y publier son mandement. Cependant, partir de 1246, la Fte-Dieu fut introduite d'abord dans le diocse de Lige la Basilique Saint-Martin de Lige.

Robert de Thourotte fut vque de Langres de 1232 1240 puis prince-vque de Lige jusqu' sa mort en 1246 (fr.wikipedia.org - Fte-Dieu).

La croisade

Aprs la prise d'Antioche, qui fut livre aux croiss pendant la nuit du 3 au 4 juin 1098 par la trahison d'un rengat armnien, nomm Pyrrhus, la dtresse des plerins devint plus grave encore; ils se trouvrent bientt cerns dans les murs de la ville par une arme de deux cent mille hommes que le calife de Perse avait envoye contre eux sous les ordres de Korboga, mir de Mossoul.

Dans ces circonstances, mieux valait tenter les chances d'une bataille que de prir sous les atteintes de cet ennemi invisible, la faim. Aussi se dcidrent-ils bravement pour ce parti extrme. Ce qui servit surtout exciter cet enthousiasme, ce fut la nouvelle d'une vision qu'un moine provenal prtendait avoir eue. Saint Pierre, disait- il, lui tait apparu et lui avait rvl l'endroit o se trouvait cache la lance qui avait servi percer le flanc du Sauveur. Imposture ou ralit, on fouilla l'endroit indiqu dans l'glise du prince des aptres, et on tira du sol l'arme historique, qui devint ds lors un gage assur de victoire, saint Pierre ayant prdit, assurait-on, que celui-l ferait la conqute de Jrusalem, qui retrouverait Antioche la lance du Calvaire.

Bientt la lutte s'engage, terrible et sans misricorde ; mais elle tourne contre lui. Ses deux cent mille hommes sont balays comme si le souffle d'une tempte et pass sur eux, et leurs dbris s'chappent vers l'Euphrate, laissant au pouvoir des chrtiens un butin considrable et une victoire qui et tonn sans doute ceux-l mmes qui l'avaient remporte s'ils n'avaient eu lattribuer la visible protection de Dieu (Andr Hasselt, Biographie nationale: vie des hommes et des femmes illustres de la Belgique, Volume 1, 1853, Frdric Auguste Ferdinand Thomas de Reiffenberg, Le Chevalier au cygne et Godefroid de Bouillon, 1854).

Dans le pome Godefroi de Bouillon et la Chanson dAntioche, c'est lvque du Puy Adhmar de Monteil qui, sur le refus des barons, se charge de porter la relique de la sainte lance.

Les Templiers

Les Templiers possdaient plusieurs maisons dans le diocse de Lige : outre la commanderie de Villers-le-Temple, en Condroz, ils avaient des tablissements Leuze-le-Temple, en Famenne, Corswarem, prs de Waremme et Longpr, deux lieues de Huy; ils possdaient aussi le Temple, prs de Vis, et un emplacement Huy qui conserve encore le nom de Temple. On voit encore, dit M. Ernst (a), dans le sanctuaire de la chapelle de la commanderie de Villers-le-Temple, vis--vis de l'autel, la tombe du fondateur de cette maison, qui reprsente un chevalier de grandeur naturelle, en habit de templier. Les ruines d'une autre de ces maisons se voient encore trois lieues de Limbourg, dans la fort de Hertogenwald. La maison des Templiers Lige tait situe en Chodelistre, c'est-- dire dans la rue Surs de Hasque actuelle, du ct gauche (Charles Pollet, Histoire de l'ancien diocse de Lige et des Saints qui l'ont illustr, Volume 2, 1860).

Cest vers 1260 que les Templiers deviennent propritaires de biens Bierset et selon un document conserv aux Archives de lEtat Lige et dat du XVme sicle, il savre que les frres du Temple reurent Bierset une partie de la co-seigneurie que leur donna messire Gilles, seigneur en partie du lieu (www.templiers.org - Bierset).

Thibaud V le Jeune, comte de Champagne et roi de Navarre, mourut au couvent des Carmes de Trapani en Sicile, au retour de la croisade de Tunis, le jeudi 4 dcembre 1270.

Les relations entre Lige et la croisade commencent trs tt.

Godefroy-le-Bossu, oncle maternel de Godefroi de Bouillon, mort en 1076. l'adopta lui et son frre Eustache. Notre jeune hros porta toujours depuis ce temps-l le titre de duc de Bouillon. L'Empereur Henri IV le dpouilla de la Basse-Lorraine, sous prtexte que c'tait un fief mle qui devait lui revenir ; mais il lui donna en change le marquisat d'Anvers. Godefroy servit dans les guerres que ce prince fit ses ennemis, et surtout aux Saxons. Il y fit paratre tant de courage et de prudence, que Henri, pour le rcompenser, lui rendit le duch de la Basse-Lorraine, qui comprenait le pays de Lige et le Brabant. Il engagea une partie de ce duch l'glise de Lige, pour subvenir aux frais de la croisade. Mais avant de partir pour l'Orient, il attaqua et dfit en bataille range l'Empereur Henri IV, pour venger l'outrage que ce prince avait fait l'Impratrice Praxde, sa sur. Durant la croisade, on distingua toujours ses troupes au bon ordre qu'elles observaient. Il commenait et finissait toutes ses entreprises par des actes de religion.

Binah Sion LImpratrice/La Temprance 20 dcembre/21 juin

Le graal

En ce qui concerne la prsence ou le passage du Graal Sion en Valais, la source du mythe, commune toutes les interprtations, des plus srieuses aux plus romantiques, est double: Mention dans le Parsifal de Wolfram von Eschenbach (1195 1216) du lieu de naissance de Perceval en Waleis , rgion de montagnes.

Son histoire est fonde sur une information due un certain Kyot de Provence, lui-mme la tenant dun dnomm Flgtanis, Tolde, dans des manuscrits abandonns. Flgtanis, paen, tait de la ligne de Salomon, n dun pre arabe, et adorait un veau. Il avait dcouvert lexistence dun objet qui sappelait le Graal, nom quil avait lu dans les toiles, dpos sur Terre par une troupe danges, et qui tait toujours gard par des hommes de haut mrite: la famille Mazadan en Anjou. On peut donc conclure que la famille de Mazadan est lie au Graal, sur le rle de la maison dAnjou, quil existe une version originale venue de Tolde, centre dtudes sotriques juives et musulmanes, ce qui voudrait dire que les aventures du Graal ont une origine juive ou musulmane ! Kyot de Provence tait sans doute Guiot de Provence, moine et troubadour.

Mention chez le continuateur de Chrtien de Troyes, Wauchier, du lieu de naissance de Perceval dans la ville de Sinadon . Je rappelle ici lessentiel de ce qui est dit et cit du Graal. Cest le trsor prsum des Cathares, gard par les vigilants Chevaliers du Temple, cont et chant par les clbres romans ns la cour des Comtes de Champagne, eux-mmes lis de prs la fondation de lOrdre du Temple. Selon certains, le Graal tait la coupe dont se servirent Jsus et ses disciples lors de la dernire cne; selon dautres, il tait le vase dans lequel Joseph dArimathie recueillit le sang de Jsus clou sur la croix. Ses origines dans la littrature paenne se trouvent dans lternel cycle fondamental de la mort et de la renaissance. Il possde son quivalent paen: le chaudron de rsurrection o les guerriers morts sont jets au crpuscule pour les ressortir vivants laube. Ce mythe apparat en 1188 jusquen 1307/1314 (poque des Templiers), puis rapparat en 1470 dans La Mort dArthur de Thomas Malory. Pour lui, le Graal est le vase dans lequel Joseph dArimathie a recueilli le sang de Jsus, puis Magdeleine laurait emport avec elle en fuyant la Terre Sainte vers Marseille, o ses reliques sont encore vnres. Le premier roman consacr ce sujet est Perceval ou le conte du Graal par Chrtien de Troyes en 1188, ddi Philippe dAlsace, Comte de Flandre.

Sion porte en franais (homographe) le nom de la montagne de Jrusalem qui supportait le Temple, mont du Temple ou mont de Sion ou encore rocher de Sion. Le mot est mentionn 155 fois dans lancien testament et 7 fois dans le nouveau. Etymologiquement Sion drive du celtique Sedunum qui est compos de deux mots sed (paix) et dunum (mont, enceinte fortifie) selon Wolfgang Guerraty. Or on sait que lhbreux Jrusalem se dcompose ainsi: irousa, qui signifie habitation (ville, par extension), peuple, maison et salem, paix. Donc, les sens de Sion et Jrusalem sont identiques en celtique comme en hbreux, non seulement homographes mais synonymes: ltymologie est la mme. Et lhbreux tzion (Sion) signifie: lieu aride, dsert. Enfin le Sion celte du Valais se trouve lui aussi, et avant Gruyre, sur la route de ltain emprunte par Joseph dArimathie porteur prsum du Graal. Que cette double colline, sa noblesse, son souffle sacr et chevaleresque (aujourdhui encore, malgr limpardonnable hideur de la ville moderne) aient frapp limagination, que Rilke ait fait de cette valle sauvage et marque de grandeur son ultime terre dlection (Pre Nicolas de Preux).

La croisade

A Saint-Lonard entre Sion et Sierre (1184), aprs un combat sanglant, Berthold IV de Zaeringen remporte une victoire chrement paye, et les Valaisans lui prtent forcment, au Grand Sable noir prs Sierre, le serment de fidlit. Ce duc eut pour successeur son fils Berthold V. Il requit des Valaisans le mme hommage dans les champs de Loche (1186), mais il lui fut rpondu qu'un serment forc ne saurait lier, et ils protestrent nergiquement contre le joug qu'on voulait leur imposer. Il marcha contre eux en 1187, mais il n'obtint d'eux qu'une obissance simule. Berthold V accompagna l'empereur Frdric Barberousse dans la grande expdition en Terre Sainte; ses vassaux profitrent de son absence. pour s'manciper; mais de retour en 1190, il les dompta par deux victoires remportes, la premire sur les grands du pays rvolts contre lui, et la seconde, en 1191, dans les montagnes l'entre du Grindelwald-, sur les barons et les Valaisans. Ce fut la mme anne que ce prince jeta les premiers fondements de la ville de Berne (Hyacinthe Brousoz, Histoire du Valais: ddie la jeunesse de ce canton, 1859).

Aprs la mort de lempereur Henri VI de Hohenstaufen en 1198, les princes entourant lvque de Cologne Adolphe dirigrent leurs regards sur Berthold V de Zaeringen et lui proposrent d'accepter la couronne. Ils fixrent pour jour de l'lection le dimanche Reminiscere du carme alors le 22 fvrier. Roger Hoveden dit aussi que les messagers chargs d'inviter Richard d'Angleterre se rendre l'lection lui avaient annonc qu'elle aurait lieu VIII kal. mart.

Le 20 dcembre 1192, Richard Cur-de-Lion, roi d'Angleterre, de retour de croisade, est captur Vienne par le duc Leopold V dAutriche et remis l'empereur Henri VI. Il le libra contre forte ranon. Richard sentremit srement dans llection du successeur dHenri VI, avant mme quon propose la couronne son neveu Otton.

Les autres princes, qui taient opposs ce parti, lurent empereur Philippe de Souabe, frre de Henri VI, de son ct, fit sommer ses adversaires de le reconnatre pour souverain. Adolphe se sentit le cur trop grand pour se dsister si facilement de ses projets; mais il ne se sentit pas assez grand pour les sacrifier la paix, la concorde et au bien-tre de l'Allemagne. Une lection d'empereur, observa-t-il, n'a jamais eu lieu sur le territoire saxon : les anciens usages de l'Empire veulent qu'elle soit effectue sur la terre de Franconie. En consquence, les princes qui s'taient assembls Cologne avec l'archevque renouvelrent, sans avoir gard ce qui avait t fait en Saxe, leurs ngociations avec Berthold, et fixrent un second jour, auquel il devait revenir avec une arme Andernach, et tre ensuite lu. Bertholde prit l'engagement et livra pour otages Conrad et Berthold d'Urach, ses neveux, fils de sa sur Agns. Mais ses conseillers lui ayant reprsent que les princes de l'Allemagne orientale n'adhreraient pas son lection ; que le fils de l'empereur dfunt avait t dj lu par eux; son peu de got pour la guerre, qui claterait infailliblement avec une lection conteste; enfin, son attachement pour les richesses, tous ces motifs le firent chanceler dans sa rsolution. Il resta Mayence afin de rflchir plus mrement sur les offres qu'on lui faisait. L, il pesa tranquillement les soucis et les dpenses insparables de la dignit impriale, combien Philippe tait puissant, combien son voisinage serait dangereux pour ses propres possessions; il renona donc aussitt son dessein ', et prfra la conservation de ses trsors au premier trne de la chrtient. Il laissa ensuite non- seulement couler le dlai fix pour se trouver Andernach, mais il laissa ses neveux entre les mains des princes; ce qui fit que ses neveux, conformment l'obligation contracte en cas de non-rachat, furent obligs de se vouer l'tat ecclsiastique V Leur famille s'teignit, et leurs biens enrichirent la famille naissante de Wurtemberg. Quant aux frais que Berthold avait inutilement faits cause de cette lection, Philippe, dont il fortifia le parti, le ddommagea plus tard en lui donnant une somme considrable3; et il trouva, dans la satisfaction de sa cupidit, une compensation suffisante pour la couronne qu'il avait ddaigne.

Pendant que les princes attendaient en vain Andernach l'arrive de Berthold, ils apprirent l'arrangement qu'il avait conclu avec Philippe, et furent justement outrs d'une si indigne conduite. Philippe ne put parvenir les gagner ni parles deux mille marcs donns l'archevque de Trves, ni par des offres et des promesses plus considrables faites Adolphe de Cologne; soit que l'archevque, le chef et l'me de cette assemble, n'ait eu aucune confiance dans ces promesses, soit que le sentiment de ce qu'il devait son propre honneur l'ait fait rsister toute sduction.

Aussitt que Berthold V eut rejet la proposition des princes, ceux-ci portrent leurs regards sur le petit-neveu de Henri le Lion, le duc Bernard de Saxe, de la famille d'Ascanie, le mme qui, le premier, avait lev la voix contre la proposition de l'empereur Henri, qui demandait qu'on lui cdt l'hrdit de la couronne. Bernard se rendit sur le Rhin, non sans esprer que le choix tomberait sur lui. Mais en prince prudent et intelligent, il reconnut bientt que c'tait l'argent qui tait appel frayer le chemin du trne, et il comprit que son corps, malgr toute sa lourdeur, ne serait pas de force supporter le fardeau plus pesant encore de l'Empire. Il refusa donc aussi, s'en retourna en Saxe et embrassa le parti de Philippe.

Ce second refus, loin de dcourager Adolphe et ses allis, ne les fit nullement renoncer l'espoir de porter sur le trne un autre adversaire de la maison de Souabe. Otton, deuxime fils de Henri le Lion, proscrit et dpouill de ses fiefs par l'empereur Frdric, se trouvait en Angleterre auprs du roi Richard, son oncle maternel. Si Henri, son frre an, n'et pas t absent pour la croisade, les princes se seraient adresss lui; car il se recommandait non-seulement par un ge plus murs, mais encore par les riches domaines et les grandes esprances d'hritage que lui avait apport sa femme Agns. Richard lui-mme et peut-tre choisi le plus g des deux neveux. Mais les circonstances exigeaient cette poque un prince dont on pt connatre promptement la rsolution, et qui ft mme de prendre sans retard sa position, et de se placer la tte du parti.

Aprs tre mont sur le trne d'Angleterre en 1189, Richard donna son neveu Otton de Brunswick des preuves de son attachement, en le gratifiant de l'usufruit du comt d'York. Mais celui-ci n'ayant pas paru avoir obtenu l'affection des habitants, il changea plus tard ce comt contre celui du Poitou, qui avait t la dotation personnelle de Richard comme prince, et dans lequel Otton tait dj connu, cause de quelques domaines qu'il y possdait. Dans la suite, il y ajouta le duch d'Anjou (Friedrich von Hurter, Histoire du Pape Innocent III et de ses contemporains, tome I, 1855).

Sachant que Wolfram Eschenbach tait un proche dHermann de Thuringe attach au parti dOtton, lallusion dune dynastie dAnjou dans le roman Parzifal peut faire penser au prtendant welf lempire.

Hesed - Ourscamp/noyon LEmpereur/Le Diable 6 janvier/8 juillet

Le graal

Une copie du Perlevaus a t assez tt dans les mains de Jean de Nesle. Cet homme fut un bienfaiteur toute sa vie des fondations cisterciennes dans la rgion o a t crite la Queste du saint Graal. Il fut spcialement en relation avec labbaye dOurscamp, au cur de la rgion que lauteur de la Queste devait connatre. Il devait soit appartenir cette abbaye soit tre proche de ses moines selon Justice Neale Carman (The relationship between the Perlesvaus abd the Queste, Bulletin of University of Kansas, XXXVII (July 1936)) (Pauline Maud Matarasso, The Redemption of chivalry: a study of the Queste del Saint Graal, Volume 180, 1979).

Cette opinion est conteste par Ferdinand Lot (Albert Pauphilet, tudes sur la Queste del Saint Graal attribue Gautier Map, 1996).

Rien dans le roman de Chrtien ne permet de dceler que la relique du Saint Sang de Bruges ait exerc une influence quelconque sur sa conception du Graal. Cependant les continuateurs ne se sont pas privs de rattacher le graal au sang du Christ.

Les continuateurs de Chrtien et l'auteur de La Queste del saint Graal notamment y parviendront, mais en christianisant tout va les deux objets, en faisant du sang qui perle le sang du Christ en croix qui, dans La Queste del saint Graal, vient sunir lhostie que contient le Graal (Emmanule Baumgartner, Chrtien de Troyes: Le conte du Graal, Volume 62 de tudes littraires, 1999).

La Queste del Saint Graal, vraisemblablement compose dans un milieu cistercien, milieu auquel Joachim de Flore a appartenu, nous semble susceptible de faire directement cho certaines spculations particulirement en vogue du XIIme sicle, spculations qui ont abouti la conception joachimite des trois ges du monde.

Si la Queste ne peut incarner ce nouvel vangile qui pour Joachim de Flore se situe au del de tout langage, du moins peut elle prtendre y prparer. Le roman se termine en effet, comme on sait, sur une vision aperte qui renvoie toute figure et tout signe langagier son insuffisance, l'instar du troisime Evangile joachimite : Cum venerit Spiritus veritatis et docebit vos omnem veritatem, quid nobis ulterius de figuris? Sicut enim evacuata est observatio agnis paschalis in Observatione corporis Christi: ita in clarificatione spiritus sancti cessabit observatio figure, ut non sequantur ultra homines figuras, sed ipsam simplicissimam veritatem. (Liber concordiae Novi ac Veteris testamenti) (Mireille Sguy, Les romans du Graal ou le signe imagin, Volume 58 de Nouvelle bibliothque du Moyen ge, 2001).

La croisade

Pour se librer de l'influence de sa mre, la reine Adle de Champagne, et du parti champenois, le jeune Philippe Auguste a fait alliance avec Philippe d'Alsace, comte de Flandre, en pousant sa nice Isabelle de Hainaut. Mais, voyant que ce mariage ne lui permet pas d'accrotre son influence et son pouvoir, le Flamand va changer de politique et se rapprocher des Champenois. Le 14 mai 1181, sous prtexte de ngocier le mariage du fils du comte Baudouin V de Hainaut avec une fille du comte Henri II de Champagne, les princes de Flandre, de Champagne et de Bourgogne se concertent au chteau de Provins et forment une ligue contre Philippe Auguste. Les hostilits, comme c'est toujours le cas au Moyen Age, sont sans cesse interrompues par des trves, celle de l'hiver, celles des grandes ftes religieuses. Par ailleurs les belligrants ne se hasardent ni aux longs siges ni aux combats dcisifs; ils vitent mme soigneusement de se rencontrer ! Philippe Auguste arrivera se dbarrasser de ses ennemis par dhabiles oprations : il reprend Saint Brisson, d'o il expulse son oncle, qui il enlve ensuite la forteresse de Chtillon sur Loire et qu'il rduit implorer la paix (chrisagde.free.fr - Philippe Auguste).

Philippe d'Alsace, comte de Flandre, donna, au cours de la guerre, l'ordre d'incendier les faubourgs de Noyon le 27 novembre 1181, mais la cathdrale ne fut pas atteinte par les flammes.

Philippe d'Alsace, comte de Flandre, et de Vermandois par son mariage, en 1159, avec Elisabeth, sur de Raoul II, dit le Jeune on le Lpreux, comte de Vermandois, de Valois et d'Amiens, mort en 1176 de la lpre et sans postrit. Celle-ci tant morte en 1183, sans laisser d'enfants, sa sur Elonore revendiqua le comt de Vermandois qui, aprs de longs dmls, lui fut enfin cd en 1185. Craignant d'tre pris dfinitivement en tau entre le domaine royal et le Hainaut, la paix est signe Amiens le 10 mars 1186. Philippe d'Alsace conserva en ddommagement le titre de comte de Vermandois, et eut sa vie durant les villes de St-Quentin, Ham, Pronne, etc.

Philippe dAlsace meurt de la peste en 1191 au sige dAcre qui avait t reprise en 1187 comme Jerusalem. Il tait parti en Terre sainte en 1190, et dj une premire fois en 1177.

A Noyon, l'vque avait, comme seigneur fodal, un pouvoir trs-tendu : il tait la fois grand vassal de la couronne, en vertu de fiefs immdiats runis son sige, et seigneur indpendant du Vermandois, qui relevait de son vch. Comme grand vassal, il tait un des pairs ecclsiastiques, et portait le baudrier au sacre du roi de France; comme suzerain du Vermandois, il traitait d'gal gal avec le pouvoir royal. Aussi, lorsqu'en 1191, aprs la mort de Philippe d'Alsace, comte de Vermandois, Philippe-Auguste eut runi le Vermandois la couronne, il fallut qu'il transiget avec l'vque de Noyon. Le roi et le prlat se donnrent des lettres doubles ou lettres d'change, scelles de leurs sceaux, en date du mois d'aot 1213, par lesquelles, d'un ct, Etienne, vque de Noyon, dclare qu'il remet et quitte au roi Philippe l'hommage d son glise pour le comt de Vermandois; et le roi, en change, lui cde les terres et fiels qu'il possdait Lassigny et Coye. Dans ce march, c'tait l'vque qui gagnait du pouvoir temporel (Ludovic Vitet, Etudes sur l'histoire de l'art, 1868).

La bataille de Hattin, qui mit fin, en 1187, au royaume franc de Jrusalem, mit fin en mme temps au protectorat direct de la France sur la Ville Sainte. Les Templiers et les Hospitaliers furent massacrs sans merci, le nouveau roi de Jrusalem, Guy de Lusignan et le Grand Matre du Temple, Grard de Ridefort se trouvaient parmi les prisonniers. Arriv en Terre Sainte pour s'y tailler un fief, Grard de Ridefort rejoint la deuxime croisade en 1146. Raymond III de Tripoli lui promet un riche mariage avec sa vassale Lucia de Botrun mais se ravise finalement, prfrant l'offre d'un riche ngociant pisan. Il s'est fait de Ridefort un ennemi mortel. Dsormais alli de Guy de Lusignan, Ridefort s'introduit dans l'Ordre du Temple dont il devient Snchal en 1183 et matre ds 11851. Aprs la mort de Baudouin IV en 1185 et de Baudouin V peu aprs, il arrache la couronne du Royaume de Jrusalem Raymond III en 1186 au profit de son alli. Les campagnes tmraires menes par Ridefort contre Saladin sont dsastreuses et cotent de nombreuses vies dans les deux camps. la mort de Ridefort devant Acre le 4 octobre 1189, les quatre tats latins d'Orient sont exsangues et le sort des combats incertain (fr.wikipedia.org - Grard de Ridefort).

Le 8 juillet 1187, Saladin arrive devant les murs de Saint-Jean d'Acre, dfendue par Josselin III de Courtenay. Ce seigneur, il est vrai sans grands moyens militaires, mais aussi sans grand courage, ne cherche pas rsister et ngocie ds le lendemain la reddition de la ville avec Saladin. Malgr lhostilit des bourgeois et du bas peuple de la ville, qui faillit dgnrer en meute, cette dernire est livre Saladin le 10 juillet (fr.wikipedia.org - Sige de Saint-Jean-d'Acre (1191)).

Baudouin le Lpreux avait fait couronner son neveu g de 5 ans, le 20 novembre 1183. Nous avons dit que les comtes de Tripoli et d'desse avaient t chargs de la rgence et de la tutelle du roi. Josselin de Courtenay lemmena Saint-Jean d'Acre pour s'occuper de son ducation. Le rgent venait de conclure une trve de quatre ans avec Saladin, lorsque l'enfant-roi mourut Saint-Jean d'Acre au commencement de septembre. Le bruit public fut que ce prince avait pri victime dun empoisonnement.

Les Templiers

Les Templiers reurent le domaine du mont Hrimont, Mont Renaud , o prit place une commanderie, la demande de l'abb d'Ourscamp et de saint Bernard, pour dfendre l'abbaye et la rgion.

Parmi les premiers bienfaiteurs des Templiers dans le Noyonais, nous devons citer principalement Simon de Vermandois, vque de Noyon. En 1130, Simon et les chanoines de sa cathdrale accordent aux templiers la jouissance pendant un an de toute prbende canoniale vacante par dcs, dmission, entre en religion ou autrement. Ils dotrent aussi largement les Cisterciens, appels Ourscamp.

Le 8 juillet est la fte dElisabeth de Portugal, au miracle des roses, fondatrice de lglise du Saint-Esprit Alenquer, qui instaura avec son mari Denis, roi de Portugal, vers 1295, la solennit de lEmpire , ou Messe du Saint-Esprit lexemple de celle de la Queste du Saint Graal, dj traduit en portugais, o Galaad, fils de Lancelot, sassoit sur le sige prilleux le jour de la Pentecte, fte du Saint-Esprit, o les trois sergents de Jsus-Christ Galaad, Perceval et Bohort entrent dans la Fort Gaste et y suivent le Blanc Cerf, escort par 4 lions, qui les conduit l'ermite d'un vieux prud'homme, revtu des armes de Notre Seigneur , s'apprtait commencer la messe du Saint-Esprit .

En 1319, Denis fondera avec laccord de Jean XXII, lordre des Chevaliers du Christ qui prend la succession des Templiers aboli en 1312, sans que le moindre mal ne leur fut fait au Portugal (Jean-Pierre Brach, L'Histoire cache entre histoire rvle et histoire critique, Numro 10 de Collection Politica hermetica, 1997).

Gevurah Rochemaure Le Pape/La Fouldre 23 janvier/24 juillet

Rochemaure eut, au moyen ge, de puissants seigneurs, terribles la guerre, mais magnifiques et hospitaliers dans la paix. D'abord les Adhmar, d'antique et noble race, puis les Rohan-Soubise, grande et riche famille de Bretagne, dont le chef portait au front une couronne de prince. Au XVIme sicle celte ville ferma ses portes aux protestants. Plus tard le seigneur de Rochemaure se dclara contre Louis XIII qui fit raser son chteau (Victor Adolphe Malte-Brun, La France illustre: Gographie, histoire, administration et statistique, Volume 1, 1855).

Partie du royaume de Bourgogne-Provence, le pays de Montlimar entre dans la mouvance du Saint Empire Romain germanique en 1032. Les bndictins de lIsle- Barbe-Ls-Lyon y possdent onze glises. Cette poque voit lascension de la famille des Adhmar de Monteil qui construit un vaste palais et donne son nom la ville. En 1198, les Montiliens obtiennent une charte des liberts. En 1449, Montlimar est intgre au Dauphin par le Dauphin futur Louis XI. Lglise Sainte Croix est reconstruite et rige en collgiale.

La croisade et la lance

Adhmar de Monteil, fils du consul ou comte gouverneur de Valence en Dauphin, le 39e vque du Puy, le lgat de Rome chef de la premire croisade, l'habile gnral qui mena dans l'arme du comte de Toulouse huit mille hommes presque tous sortis du Velay, le hros de Dorile et d'Antioche, le pontife guerrier chant par le Tasse, serait une des gloires de la race illustre que les gnalogistes font descendre des ducs de Gnes, et quelques-uns des vicomtes de Marseille (Le Hraut d'armes: revue illustre de la noblesse, 1863).

La situation au sige dAntioche en 1198 semble critique quand le 10 juin, un prtre provenal, Pierre Barthlmy, annonce Raymond de Saint-Gilles et Adhmar que le Christ lui est apparu en rve et lui a rvl le lieu o est cach la Sainte Lance. Adhmar, connaissant lexistence dune relique similaire Constantinople, nattacha pas dimportance au rcit, tandis que le comte de Toulouse le croit et fait entreprendre des fouilles pour la retrouver. Sans tre le moins convaincu par cette dcouverte, Adhmar garde le silence et laisse la conviction des croiss stimuler leur enthousiasme. Le 28 juin, les croiss effectuent une sortie et attaquent le camp musulman. Adhmar commande une des divisions, prcd dun chapelain, Raymond dAguiliers, qui porte la Sainte Lance, et prend une part trs active cette bataille (fr.wikipedia.org - Adhmar de Monteil).

Le coup de la lance tait une pieuse ruse d'un Adhmar, par laquelle il sauva la ville d'Antioche, assige par les Sarrasins selon certains (Mmoires et proces-verbaux, Volume 2, 1848).

Depuis lors les Adhmar portent dans leurs armoiries : Dor trois bandes dazur. Cimier : un lion issant arm d'une lance banderole d'or charge de la lgende : Lancea sacra. Devise : Plus d'honneur que d'honneurs.

La Lance se trouve ainsi du ct de Gabriel la gauche du Christ crucifi. Selon Guillaume Durand qui crivit un rational faisant autorit au moyen ge :

Mais, puisque le Christ a t perc d'une lance au ct gauche, pourquoi dit-on ici que cette eau sort du ct droit? Je rponds : Il y a deux cts du Christ, le droit et le gauche. Le droit est sa divinit, et le gauche son humanit. Donc, l'eau est sortie du ct droit, parce que de la nature divine du Christ l'eau invisible de l'Esprit saint s'est panche, et il a donn cette eau invisible qui jaillit du ct gauche, c'est--dire de l'humanit du Christ perce d'un coup de lance, la vertu du salut. C'est donc juste titre qu' la procession du jour de Pques nous chantons ces paroles la louange de ce fleuve, dans l'inondation duquel nous avons pris une seconde vie par la mort du Christ. Mais aprs l'Octave de la Pentecte, les dimanches, pendant l'aspersion, on chante l'antienne Asperges me, Domine, etc., qui, depuis Pques jusqu'alors , tait omise parce que le Prophte avait prdit tout ce qui se rattache la foi de la passion et l'humilit du baptme (Guillaume Durand, Volume 2 de Rational ou manuel des divins offices, traduit par Charles Barthlemy, 1854).

Les Templiers

C'est le 23 janvier 1120, lors du concile de Naplouse que naquit, sous l'impulsion d'Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin : pauperes commilitones Christi Templique Solomonici), qui avait pour mission de scuriser le voyage des plerins affluant d'Occident depuis la reconqute de Jrusalem et de dfendre les tats latins d'Orient (fr.wikipedia.org - Ordre du Temple).

La famille des Adhmar apparat trs lie l'ordre du Temple dans sa seigneurie de Montlimar. Le lgat Adhmar de Monteil a en effet emmen avec lui en Terre sainte deux frres et quatre neveux.

La dvotion de Tiburge a pu en revanche se transmettre aux Adhmar par l'intermdiaire de son premier poux Graut Adhmar (mort en 1127/9). L'attrait pour le Temple, ici un peu plus tardif mais tout aussi profond, parat tre l'origine de la prsence de l'ordre Montlimar dont le lignage tenait la seigneurie. Les templiers possdent une maison Montlimar prs de l'glise Sainte-Croix. Il est d'abord le fait de Guilhem Uc III et de Graut I Adhmar, deux neveux de Graut Adhmar, puis sera poursuivi par le fils de ce dernier, Lambert Adhmar I. La maison de Richerenches bnficie de la protection des Adhmar. Graut II dAdhmar est inhum dans la maison du Temple Montlimar. Guigue Adhmar est matre de la maison du Temple de Provence de 1293 1300 (Damien Carraz, L'Ordre du Temple dans la basse valle du Rhne : 1124-1312, 2005).

Lachesnaye des Boys, dans son Dictionnaire de la Noblesse (Paris, A. Boudet, 1776), donne une note gnalogique sur les Pagan de Toulouse, qui, dans les divers actes les mentionnant, sont nomms en latin Pagani, Pagauo et en franais Pagan.

En 1117, Hugues de Pagan et Geoffroy d'Adhmar, tous deux gentilshommes de Toulouse, fondrent l'Ordre des Templiers. Lachesnaye des Boys n'en dit pas davantage et il ajoute pour toutes preuves: Un Hugues et Bertrand de Pagan rendirent hommages de leurs fiefs au roi en 1170. Voil encore une question historique toute pose aux savants Toulousains, mais non rsolue (Delorme, Ode sur la paix, 1801).

Certains auteurs parlent dun Hugues de Payens issu de Saint-Symphorien-de-Mahun et font de Geoffroy de Saint-Omer un Adhmar :

Le midi contribua aussi merveilleusement la fondation des ordres chevaleresques. C'est Girard Tune, des Martigues, qui cra, en 1099, les chevaliers de St-Jean; Hugues de Paganis et Geoffroy d'Adhmar, qui tablirent l'ordre des Templiers. Cette illustre famille d'Adhmar ( Azmar, Aimar), dont il existe encore deux branches aujourd'hui, descendait de Giraud, seigneur de Monteil, cr comte de Gnes par Charlemagne. Ils taient issus d'un prince sarrazin converti la foi. Charlemagne, peut-tre parrain de Giraud, ou Ppin-le-Bref, lui donna la terre de Monteil (Montlimar)

Au XVIIme sicle, Polycarpe de la Rivire est l'origine de l'invention de l'origine vivaroise d'Hugues de Payns. Il est tonnant de constater que cette fantaisie compte encore des dfenseurs (Damien Carraz, L'Ordre du Temple dans la basse valle du Rhne : 1124-1312, 2005).

Tiphereth Huriel LAmoureux/LEtoile 8 fvrier/10 aot

On a dit et rpt que Flamenca tait le premier en date des grands romans psychologiques franais qui inaugure la longue tradition qui aboutira Marcel Proust en passant par la Princesse de Clves.

Flamenca, tout comme La Princesse de Clves laquelle on l'a parfois compare, s'ouvre ainsi sur la peinture brillante d'un monde o tout parat tre luxe, calme et volupt de vivre. Apparence fragile ! Que l'amour fasse irruption, que succde l'moi polic la ralit brutale de la passion, et l'harmonie disparat, la grce des attitudes apprises s'vanouit, la vraie nature des tres se rvle (Jean Frappier, Hans Robert Jauss, Erich Khler, Grundriss der romanischen Literaturen des Mittelalters, Volume 2,Partie 1,Numro 4, 1968).

Avec Flamenca, nous sommes dans le domaine occitan seul, encore que l'action de ce roman se droule en pays d'ol. Le passage souvent cit du roman de Flamenca (compos vers 1240-50) est significatif : les contes arthuriens que l'on rcite la cour de Bourbon-l' Archambault sont bien plus nombreux que ceux d'inspiration antique , biblique ou pique (Actes du congrs national, Volume 7, 1956).

Le Roman de Flamenca date du milieu du XIIIme sicle, ce qui le fait peu prs contemporain de l'crasement des Cathares et du tristement clbre Bcher de Montsgur. La seule copie existante a t retrouve Carcassonne.

Raynouard est le premier qui ait fait connaitre par une analyse et des extraits le pome dont je publie la premire dition. L'unique manuscrit qui nous l'a conserv ayant perdu ses premiers et .ses derniers feuillets, il n'y avait point compter sur lincipit ni sur l'explicit pour fournir un titre l'ouvrage. Il a donc fallu l'imaginer. Raynouard a choisi Roman do Flamenca , du nom de l'hrone, comme il aurait pu dire Roman de Guillaume de Nevers , puisque tel est le nom du hros. J'adopte le titre consacr.

Ce roman occupe dans la littrature provenale une place part. Il n'a rien de commun avec les vieilles traditions carlovingiennes ou bretonnes; le sujet n'en est pas emprunt aux lgendes que l'antiquit a transmises au moyen-ge; et on ne saurait non plus y voir un de ces rcits populaires que l'on retrouve presque en chaque littrature, et dont le caractre impersonnel empche de dmler l'origine. Flamenca est la cration d'un homme d'esprit qui a voulu faire une uvre agrable o ft reprsente dans ce qu'elle avait de plus brillant la vie des cours au XIIme sicle. C'tait un roman de murs contemporaines.

Archambaud, seigneur de Bourbon, a obtenu la main de Flamenca, fille du comte Gui de Nemours; les noces sont clbres avec magnificence, et le nouvel poux, ne voulant pas tre en reste de libralit, revient seul Bourbon afin d'y ordonner une fte dont l'clat dpassera toutes celles qu'on a vues jusqu' ce jour. Ses prparatifs termins, il fait annoncer sa cour; il y invite le roi de France et le prie de lui amener Flamenca reste Nemours.

La fte est splendide. Cependant un incident futile vient troubler pour longtemps le bonheur d'Archambaud. Le roi s'tait avis, on ne sait pourquoi, de fixer au bout de sa lance une manche de femme. La reine s'en aperoit; irrite, elle fait appeler Archambaud, et lui laisse entendre que ce gage d'amour pourrait bien venir de Flamenca. Archambaud se dfend d'en rien croire, toutefois, il quitte la reine plus affect qu'il ne veut en avoir l'air. Certains faits qu'en une autre situation d'esprit il n'et pas remarqus, certaines galanteries du roi l'gard de Flamenca viennent augmenter ses soupons ; cependant il se contient jusqu'au dpart de ses htes, mais alors il clate en reproches insenss contre sa femme, il se croit tromp, il accuse le roi. Dsormais, un seul moyen peut assurer sa scurit, c'est de tenir sa femme renferme dans une tour (Paul Meyer, Le roman de Flamenca, 1865).

Parmi les auteurs cits dans Flamenca, un seul reprsente la littrature provenale ; c'est Marcabrun, un des plus anciens de nos troubadours et aussi un des plus clbres, comme nous l'apprennent les tmoignages recueillis par Raynouard, par Mann, par Diez et par Bartsch, dans les uvres de Peire d'Auvergne, de Guirautde Cabreira, de Raimon Jordan, de Marcoat, de Matfre Ermengaut, etc (Ph. Tamizey de Larroque, Flamenca, Revue de Gascogne: bulletin bimestrial de la socit historique de Gascogne, Volume 7, 1866).

Les courtes biographies manuscrites ne s'accordent pas absolument l'gard de ce troubadour remarquablement original. On le dposa enfant la porte d'un homme riche, Aldric de Villar de Carcassonne, qui le fit lever. Plus tard il habita chez le troubadour Cercamon, jusqu' ce que lui-mme et commenc potiser; on l'appelait Panperdut. Il adopta le nom de Marcabrun. Sa clbrit fut grande et l'on redoutait sa mauvaise langue. Mal lui en prit, car le chtelain de Guian se vengea en lui donnant la mort. L'autre notice semble une rectification : il tait Gascon et fils d'une pauvre femme, Maria Bruna. La critique a, quant prsent, plac Marcabrun dans la seconde moiti du XIIIme sicle. Il prend rang au contraire parmi les plus anciens troubadours. L'une des biographies le dit positivement et l'autre affirme que de son temps on ne connaissait pas encore le canson et que toute posie chante tait dnomme vers. Joignez cela les tmoignages d'autres troubadours. P. d'Auvergne, l'un des ans, cite Marcabrun comme> un contemporain, et Raimon Jordan, qui florissait vers 1200, en parle comme d'un ancien matre. Somme toute et en tirant induction de ses propres chansons, sa carrire potique nous parat comprise entre 1140 et 1185. La pice la plus importante est un sirventes sur l'expdition d'un empereur d'Espagne contre les Almoravides, dans lequel on a cru reconnatre Alphonse X. Mais il s'agit d'Alphonse VIII, roi de Castille et Lon, qui se dclara (1135) empereur d'Espagne et flt plusieurs leves de boucliers contre les mcrants. La plus mmorable eut lieu de concert (1147) avec le roi de Navarre et le comte de Barcelonne, rgent d'Aragon; c'est elle que notre pote avait en vue; l'on sait au surplus que la dynastie des Almoravides fut renverse parcelle des Almoades, en 1149. Un autre sirventes a trait un roi Louis faisant un appel la croisade; ce roi est Louis VII et non pas Marcabrun est l'un de ces potes qui faisaient consister le grand mrite de la haute posie dans l'locution obscure; aussi sommes-nous littralement hors d'tat de bien comprendre le quart de ses chansons. Quelques-unes toutefois sont exemptes de ce travers. Ennemi jur du beau-sexe qu'il attaque incessamment et sans rime ni raison, mais non sans recevoir en retour de rudes coups de lance, il moralise sur un ton blesser les oreilles les moins dlicates et professe, quant lui, un cynisme effront et notamment un insoutenable amour-propre. L'ensemble de ses productions ne nous apprend pas grand chose sur ses destines ultrieures. Dans un sirventes, il parle du comte de Poitiers (Ricbard- Cur-deLion) et d'un Alphonse qui possde Avignon, la Provence et Beaucaire (Alphonse II d'Aragon); mais un vers nous ferait supposer qu'il atteignit une certaine vieillesse: quan per aver es un gariz emperaire. IV. 304. Un gars est devenu empereur cause de sa richesse, cela ne peut gure s'entendre que du bysantin Alexis II qui monta sur le trne (1180) l'ge de trente ans (Friedrich Diez, Ferdinand de Roisin, La posie des troubadours, 1845).

Bien de ces sirventes portent sur la reconquista et sur la croisade. L'un des plus connus a t compos par Marcabru, probablement en 1149, l'occasion de la conqute de Tortosa : il contient une comparaison entre la lutte contre les musulmans et le lavador, bain par lequel les combattants chrtiens se purifient de leurs pchs (Dominique Billy, Franois Clment, Annie Combes, Lespace lyrique mditerranen au Moyen ge, 2006).

Bourbon-lArchambaud est justement une ville de bains ds lantiquit et Guillaume de Nevers et Flamenca se rencontre dans un tablissement de bains tenu par Pierre GUy.

Le roman de Flamenca aurait t compos dans l'entourage des Roquefeuil ; il clbre le seigneur d'Algues. Le chteau ponyme de la famille se dressait sur le Saint-Guiral, position stratgique entre Rouergue et Languedoc. Elle possdait d'autres forteresses dominant les gorges de la Dourbie (Algues et Cantobre).

Roquefeuil, ancien fief dont le chteau dont il reste quelques ruines tait construit 1366 mtres d'altitude sur le Mont Saint Guiral (forme dialectale de Saint-Graud) au hameau de Seingleys , la limite entre la commune de Saint-Jean-du-Bruel (autrefois appele: Saint Jean de Roquefeuil), dans le dpartement de l'Aveyron, et celle d'Alzon dans le dpartement du Gard. Les Roquefeuil furent parmi les premiers seigneurs du Midi qui se rallirent aux Franais du Nord aprs la dfaite des Albigeois. Le Roman Flamenca prsente une intrigue empreinte de courtoisie occitane dans lenvironnement de la France du Nord.

La Vie de saint Amand prsente la donation qu'il reut de Childric II, roi d'Austrasie entre 662 et 675, pour fonder un monastre Nant dans l'Aveyron. Cest un de ces moines au XIIIme sicle qui aurait crit le roman Flamenca en lhonneur des seigneurs de Roquefeuil. Nant se trouvait en effet dans le diocse de Rodez qui faisait partie des cits mridionales appartenant aux rois austrasiens depuis 561 et restitues Sigebert III immdiatement aprs la mort de son pre (639). Derrire le geste de Childric, il faut sans doute voir la main, non plus de la puissante famille Pippinide en retrait depuis 657 -, mais dsormais du maire du palais Waratton (Charles Mriaux, Gallia irradiata: saints et sanctuaires dans le nord de la Gaule du haut Moyen ge, 2006).

Brenger de Roquefeuil, fils de Jean, de la famille de Roquefeuil Blanquefort, et d'Isabeau de Peyre, (n en 1448 au chteau de Flaugnac (Quercy) - mort le 10 janvier 1530) qui n'avait pas particip la Ligue, quitta brutalement en 1477 la cour d'Amboise, lorsqu'il apprit que Jacques d'Armagnac (1433-1477), duc de Nemours et comte de la Marche, dont il tait fal et avec qui il tait apparent, allait tre dcapit en place publique. Revenu sur ses terres, Brenger montre sa puissance en agrandissant et en fortifiant considrablement son chteau de Bonaguil, reclant un carr SATOR et lglise Saint-Michel et sa chapelle Sainte-Barbe.

M. A Thomas puis Charles Grimm pensent que Nemours est une transcription de Namur, car le pre de Flamenca invite tous les seigneurs de Flandres, ses voisins, sa visite Bourbon, qui tait pass aux Dampierre en 1196. Ceux-ci recueilleront la Flandre puis Namur aprs en 1244.

Lauteur de Flamenca dsigne souvent lhrone comme dame de Belmont (Charles Grimm, tude sur le roman de Flamenca: pome provenal du XIIIe sicle, 1980).

Marguerite II de Flandre (vers 1202 - 1280) ou Marguerite de Hainaut ou Marguerite de Constantinople, dite la Noire, comtesse de Flandre et de Hainaut de 1244 1280, dame de Beaumont (Hainaut), la seule de toute lhistoire du Hainaut. Elle tait la fille cadette du comte Baudouin IX, Baudoin VI de Hainaut, comte de Flandre et de Hainaut, puis empereur latin de Constantinople, fils de Marguerite d'Alsace - comtesse de Flandre, sur de Philippe dAlsace commenditaire du Conte du graal de Chrtien de Troyes -, et de Marie de Champagne (1174 - 1204). Marguerite est la sur de la comtesse, Jeanne de Flandre (1188 - 1244) et anctre de Pierre de Craon, l'auteur de l'attentat contre Olivier de Clisson qui occasionnera une expdition punitive de Charles VI au cours de laquelle le roi aura une crise de folie provoque par l'apparition d'un "spectre" dans la fort du Mans.

Guillaume II, n en 1196, mort le 3 septembre 1231, fut seigneur de Dampierre de 1216 1231, et seigneur de Beaumont (Hainaut), du droit de sa femme de 1223 1231. Il tait fils de Guy II, conntable de Champagne, seigneur de Dampierre, de Bourbon et de Montlucon et de Mathilde, dame de Bourbon.

La croisade

Roger De Brosse, Ier du nom, seigneur de Boussac, Sainte-Svre et de Huriel, pousa, en 1266, Marguerite de Dols, fille d'Ebbes de Dols, seigneur de Chteaumeillant. Il meurt en 1297 et est inhum en labbaye de Prbenot. Il participe la 7me et 8me croisades. Le 6 Jun 1249, il s'empare de Damiette en Egypte. En 1250, il participe la bataille de Mansourah, le 8 fvrier.

Pour attaquer la ville, il faut franchir un bras du Nil, le Bahr al-Saghr, mais Fakhr al-Dn tient fermement lautre rive. Ayant appris dun dserteur Bdouin lexistence dun gu Salamn, quelques kilomtres en aval, Louis IX et son arme traversent le Bahr al-Saghr le 8 fvrier. Le comte dArtois est lun des premiers mettre le pied sur lautre rive et, malgr les conseils de prudence des Templiers qui ne peuvent cependant labandonner. Ils se jettent sur les turcs, suivis du grand-matre du Temple Guillaume de Sonnac et bousculent le petit corps gardant la rive ; sans attendre le gros de larme, Robert dArtois exploite son avantage, entranant sa suite les Templiers, et traverse presque sans opposition le camp sarrasin. Lmir Kahreddin est tu. Les croiss entrent par surprise lintrieur de Mansourah, se rpandent dans la ville, quand les mamelouks turcs, qui staient replis dans la ville, sont repris en main par leur chef Rukn ad-Dn Baybars (Baybars lArbaltrier). Les assaillants sont tous massacrs, dont le comte de Salisbury, lexception de quelques chevaliers, dont Guillaume de Sonnac qui sen tire avec un il en moins. Il est aveugl puis tu la seconde bataille de Mansourah, le 11 fvrier 1250.

La bataille suivante de Fariskur eut lieu le 6 avril 1250. Elle opposa les Croiss franais mens par Saint-Louis une arme gyptienne. Les Franais reculaient depuis l'chec du sige de Mansourah o ils avaient t battus durant la bataille de Mansourah. Les gyptiens victorieux, Louis IX fut captur avec son arme et chang contre la reddition de Damiette en 1248 dont la capture avait t la seule vraie victoire de la Croisade. Cette bataille marqua la fin de la septime croisade. Une ranon de 400.000 besants (200.000 livres) runie par la reine Marguerite de Provence est paye et les prisonniers sont librs.

En 1270, Boussac participe au sige de Tunis avec Louis IX (huitime croisade) (fr.wikipedia.org - Bataille de Mansourah, fr.wikipedia.org - Septime croisade, fr.wikipedia.org - Bataille de Fariskur).

Netzah la Fert-Bernard Le Chariot/La Lune 25 fvrier/26 aot

Le graal

Nous avons nous-mmes tudi les Ftes des Lances qui se produisaient, chaque anne aux jours des Pques Fleuries, dans treize paroisses de l'ancien diocse du Mans (Cenomanicum) au Moyen ge, toutes font tat du culte des reliques de la Passion (Lance et calice du Prcieux Sang). Les conditions socio-historiques d'apparition de ces crmonies sur fond de croisade, l'intrt que semblent y avoir port les Plantagents, nous est apparue trangement semblable au climat qui entourait la composition des rcits du Graal (g.bertin.pagesperso-orange.fr - Saint graal).

Dat des annes 1220, un manuscrit conserv la bibliothque de Rennes Mtropole est le plus ancien Lancelot-Graal connu, ce vaste cycle des lgendes arthuriennes dont il renferme trois des cinq textes : lHistoire du Saint Graal, le roman de Merlin et le roman de Lancelot. LHistoire du Saint Graal conte comment Joseph, fils de Joseph dArimathie emporte le Graal. Joseph, fils de Joseph dArimathie, quitte Sarras et apporte le Graal depuis lOrient jusquen Grande Bretagne pour propager la religion chrtienne. Evque, il quitte sa famille et se dirige avec cent cinquante ministres vers Norgales et Camelot pour convertir les peuples paens, l'aide du Vase sacr. Selon le conte, le Graal tait le plat de la Cne dans lequel Jsus a mang lagneau pascal lors de son dernier repas chez Simon le Lpreux. Un juif le trouve chez Simon et le donne Pilate, qui en fait don Joseph. Cest dans ce plat que Joseph dArimathie recueille le sang du Christ lors de la Crucifixion (expositions.bnf.fr - Lancelot-Graal de Rennes).

Julien fut vque du Mans. On dit que c'est Simon le lpreux que le Seigneur gurit de sa lpre et qui invita J.-C. dner. Aprs lascension de N.-S, il fut ordonn vque du Mans parles aptres. Il fut illustre, par ses nombreuses vertus et ressuscita trois morts, aprs quoi il mourut en paix. On dit que c'est ce saint Julien qui est invoqu par les voyageurs, afin qu'ils trouvent un bon gte parce que c'est dans sa maison que le Seigneur fut hberg (www.abbaye-saint-benoit.ch - Julien du Mans).

En 1150, quand Henri II Plantagent prend possession du Maine, il fait des offrandes Saint Julien du Mans (dont la figure mythologique est bien proche de celle de Simon le Lpreux, un des premiers dtenteurs du Graal), parmi ses prsents: une coupe orne de pierreries et une pe sertie de pierres prcieuses (g.bertin.pagesperso-orange.fr - Saint graal).

La croisade

Le Matre du Temple, Guillaume de Chartres, fut parmi les victimes du sige de Damiette. Il mourut le 26 aot 1219. Pour le remplacer, les Templiers choisirent Pierre de Montaigu, Matre en Espagne et Provence .

Guillaume de Chartres, fils du comte de Bar-sur-Seine, est lu Grand Matre et assiste, peu aprs, en 1210, au couronnement de Jean de Brienne, son parent, nouveau roi de Jrusalem, nomm par Philippe Auguste. Son royaume ne consiste plus qu'en deux ou trois places fortes que les chrtiens peuvent esprer tenir tant que durera la discorde dans les rangs musulmans.

Le pape, touch par ce triste bilan, exhorte en 1213 tous les princes chrtiens se croiser nouveau, et convoque un concile Latran (novembre 1215). Il faut, s'crie-t-il dans son discours d'ouverture, rompre les fers de la captivit de Jrusalem... Me voila tout prt, mes trs chers frres, me mettre votre tte (...), venger les injures faites au Sauveur des hommes, qui est chass aujourd'hui de cette terre arrose de son sang, et sanctifie par le mystre de notre rdemption. Les vques partent prcher la croisade dont le dpart est fix en juin 1217. Mais Innocent III meurt avant le rassemblement, Son successeur Honorius III fait excuter cette sixime croisade qui prend du retard. Il faut plus d'un an pour que tous les croiss se retrouvent en Terre Sainte.

En Espagne, l'Ordre atteint son apothose. Les Templiers sont de toutes les batailles que les chrtiens gagnent contre les Maures. Ils prennent l'Alcazar en 1217. Les rois d'Espagne comblent l'Ordre de donations qui augmentent encore les richesses et la puissance des Templiers.

Les Templiers profitent de l'attente du gros de l'arme croise pour riger Chteau Plerin, entre Dora et Csare. L'arme croise a dcid d'attaquer Damiette, sur la rive droite du Nil. C'est Damiette qu'arrivent toutes les richesses de la Syrie et de l'Asie mineure.

La ville a t solidement fortifie par ses mirs successifs. Son sige va durer dix-huit mois. La mort du sultan Marek-Adel provoque des rbellions chez les musulmans, dont les croiss profitent plus ou moins, car eux aussi sont diviss.

Plage, le lgat du pape, dispute le commandement de l'arme Jean de Brienne sous prtexte que les croiss sont des soldats de l'Eglise, et qu'ils doivent donc le reconnatre comme chef suprme. Les chefs musulmans profitent des atermoiements dus ces querelles pour refaire l'union sacre. Le sultan de Damas envoie des renforts Damiette; renforts qui, au passage, rasent les murailles de Jrusalem : ainsi, s'il prenait l'ide aux croiss de reconqurir la ville sainte, ils ne pourraient plus s'y retrancher et y tenir un sige ! (www.templiers.net - uillaume de Chartres).

Il y eut deux confrences la Fert-Bernard entre Henri II dAngleterre et Philippe-Auguste, roi de France, le 9 et 16 juin 1189, afin de prparer la croisade et de rgler les diffrents entre les deux rois. Richard-Cur-de-Lion, le fils dHenri, stait alli avec Philippe contre son pre.

Les propositions de Henri II rejetes par ses adversaires, ce prince se vit forc de se dfendre sur tous les points contre son fils Richard et contre le roi de France Philippe. La Fert-Bernard, Chaumont, Amboise, Chteau-du-Loir, ouvrirent successivement leurs portes aux allis. La ville du Mans fut prise d'assaut, et Henri courut le danger d'y tre fait prisonnier. Tours fut investi, et le roi d'Angleterre se retira Saumur. Sa sant tait extrmement altre par les chagrins et les fatigues; il crut ressentir les atteintes d'une dissolution prochaine. Le duc de Bourgogne, le comte de Flandre et l'archevque de Reims, saisirent ce moment d'affaiblissement d'esprit et de corps pour l'engager recevoir une paix qu'il ne pouvait se flatter d'imposer. Henri se soumit tout ce que l'on voulut, se reconnut expressment l'homme lige de Philippe, merci et misricorde, lui cda le Berry; consentit la remise d'Alix et son mariage avec Richard; la prestation du serment de foi et hommage par les Anglais, et tous ses sujets d'outre-mer, ce fils rebelle; au paiement de vingt mille marcs en indemnit Philippe; la promesse, jure par ses barons, de le contraindre excuter ce trait, s'il tentait de se soustraire aucune de ses conditions ; donner enfin Richard le baiser de paix et de rconciliation.

L'un des articles du trait stipulait une amnistie pour tous les barons et seigneurs qui avaient ostensiblement ou secrtement adhr aux projets de Richard. Henri voulut connatre leurs noms, et le premier de tous tait celui de son fils bien-aim, Jean! Quoi! s'cria-t-il, celui que j'ai le plus chri s'est aussi loign de moi ! Bien, que tout aille dornavant comme il pourra, je n'ai plus souci ni de moi ni du monde!

II partit pour Chinon, le cur bris. Honte au roi vaincu! s'criait-il dans les accs d'une fivre violente, honte! Honte ternelle! Maudit soit le jour qui le vit natre ! Maudits les enfants qu'il procra !

Il mourut enfin en exhalant une dernire maldiction contre ses fils. Son corps fut l'instant dpouill par ses serviteurs, comme l'avait t celui de Guillaume-le-Conqurant ; peine put-on trouver un linceul pour l'envelopper, et un mauvais chariot pour le conduire sa dernire demeure (1189). Il fut inhum Fontevrauld (Prudence-Guillaume de Roujoux, Alfred Mainguet, Histoire d'Angleterre, Volume 1, 1844).

Hod La Cassaigne La Justice/Le Soleil 13 mars/12 septembre

Le hannap

Le seul exemplaire du Roman Flamenca a t retrouv Carcassonne. Le prcieux ms. dans lequel est contenu le roman de Flamenca ou la Dame de Bourbon, a t compltement inconnu jusqu'en 1818. Dans les catalogues de l'Ecole centrale, et mme dans le rapport de M. Benche, en 1834, sur la bibliothque de Carcassonne, il est inscrit sous ce titre: Un livre en langue romane et en vers, auquel manque le commencement et la fin. " Ce n'est qu'en " 1818 , M. de Blacas, ministre de la maison du roi, ayant repris glorieusement le projet du cardinal de Richelieu qui voulait runir les posies parses et indites des troubadours, et en former une collection nationale, qu'un des rudits chargs de rechercher ces trsors enfouis dans la poussire des archives, dcouvrit la Dame de Bourbon. Le ms. envoy Paris, par ordre, y resta vingt ans dans le cabinet de M. Raynouard " selon M. Mary- Lafon. M. Raynouard constate la dcouverte du document dans une lettre crite l'administration carcassonnaise, le 15 juin 1834, et relie maintenant en tte du ms (Mmoires de la Socit des arts et des sciences de Carcassonne, Volume 3, Socit des arts et des sciences de Carcassonne, 1870).

La croisade

La bataille de Muret eut lieu le 12 septembre 1213 dans la plaine 25 km au sud de Toulouse dans le cadre de la croisade des Albigeois. Lass de l'ingrence et des assauts du parti du pape et des croiss, renforc par le prestige de la victoire de Las Navas de Tolosa sur les Maures (1212), le roi d'Aragon ose finalement soutenir son alli toulousain, pourtant tolrant envers les cathares. Aussi, Raymond VI, comte de Toulouse et ses allis occitans comme Raymond-Roger, comte de Foix et Pierre II, roi d'Aragon lancent une contre-attaque. Ils s'attaquent la forteresse de Muret tenue par les croiss sous les ordres de Simon IV de Montfort, parti de Fanjeaux ct de La Cassaigne leur rencontre, pour le compte du pape Innocent III. Mais la place tient, Pierre II d'Aragon est tu dans la bataille, son fils est fait prisonnier par les croiss et les milices toulousaines sont massacres. Cette grande victoire franco-croise met fin toute vellit de domination de la couronne aragonaise sur le Languedoc (fr.wikipedia.org - Bataille de Muret).

Yesod Fronsac LHermite/Le Jugement 30 mars/29 septembre

Les pes servaient relier entre elles les diverses mythologies, puisque, ds les Fatti de Spagna, Durandal est prsente comme ayant appartenu Hector et dans la Tavola Ritonda, on apprend que l'pe d'Ogier le Danois, est celle de Tristan, que Joyeuse, l'pe de Charlemagne fut celle de Galaad, que Haute-claire, avant d'tre celle dOlivier fut celle de Lancelot (Denise Alexandre-Gras, L'hrosme chevaleresque dans le Roland amoureux de Boiardo, 1988).

La Tavola Ritonda, qui date de la premire moiti du XIVe sicle, est une traduction/adaptation italienne du Tristan en prose.

La tradition veut que Joyeuse ait t en la possession des comtes de Flandres, depuis Baudouin Bras de Fer, qui enleva Judith, fille de Charles le Chauve Au sacre de Philippe Auguste, lui-mme descendant de Charlemagne, Joyeuse tait prsente : et c'tait Philippe, comte de Flandres, qui la tenait. Telle aurait d tre, logiquement, la suite des aventures de Perceval dans le projet primitif, dont il nous reste suffisamment pour reconstituer, notre avis, le dessin. Il convenait au chevalier d'achever, tout le moins, les aventures commences, et que son incapacit, son insuffisance spirituelle, avait laisses en suspens (Paulette Duval, La pense alchimique et le conte du Graal, 1979).

Selon la lgende, Joyeuse portait dans son pommeau de nombreuses reliques, entre autres celle de la Sainte Lance (lance qui aurait perc le flanc du Christ sur la croix), ce qui explique son nom (fr.wikipedia.org - Joyeuse (pe)).

Le hros de la chanson du mme nom, Huon de Bordeaux, a t mis en relation avec Hunold, le fils du duc dAquitaine Eudes, rvolt contre Charlemagne, et enferm dans la forteresse de Fronsac aprs sa construction par lempereur.

Le thme central en est sa brouille avec Charlemagne (confondu avec Charles Martel) et ses combats avec les Sarrasins. Mais il ya un passage o Huon affirme que son pays tait autrefois un royaume, et que bien qu'il soit un duch maintenant, il fera appeler de nouveau ce pays un royaume. L encore, le pote populaire nous a gard un fait historique incontestable. Il est fort probable que si Charles Martel a considr ds lors l'Aquitaine comme un duch, les Aquitains avec Hunald continurent l'appeler royaume (Michel Rouche, L'Aquitaine des Wisigoths aux Arabes : 418-781, 1979).

Huon de Bordeaux est une chanson de geste anonyme datant de la fin du XIIIme sicle ou du dbut du XIVme. Bien que l'uvre fasse partie du Cycle de Charlemagne, le thme a une grande influence fantastique : le monde ferique envahit le pome.

Charlot, le fils an de Charlemagne attaque le jeune Huon. Huon ne connat pas son ennemi et le tue. Charlemagne le condamne l'exil Babylone et il lui demande d'apporter la tte du premier paen qu'il trouve au Palais et la barbe et quatre dents de l'mir, et donner trois baisers la fille de ce dernier, Esclarmonde de Babylone, au vu de tous. Pendant son voyage il se retrouve perdu dans la fort du mage Obron (Aubron). Aprs quelques aventures Obron devient le protecteur de Huon. Il russit accomplir sa mission, mais son retour il voit que son frre a usurp ses terres. Avec l'aide d'Obron, il peut faire valoir son droit.

Pour Huon, le sjour en Ferie est le signe du dpart en aventure et Auberon lui remet les objets magiques destins laider dans sa qute, mais ces objets perdront leur pouvoir si Huon tombe dans ltat de pch1044. Dans son tude sur Huon de Bordeaux, M. Rossi considre quAuberon se trouve pourvu de tous les dons que confrent lunion Dieu, labsence de toute trace de pch : il est ce quaurait pu tre lhomme, sans le pch originel 1045, do la spcificit du sjour dans son royaume et celle de son rle dans la suite des aventures de Huon.

Si le royaume ferique sapparente fortement la cour arthurienne, ce monde possde cependant des caractristiques qui le rapprochent du domaine du surnaturel, par ladjonction dlments hagiographiques et par la mise en relation des actions des personnages fas avec la volont divine : on peut retenir pour exemple la nature spcifique dAuberon dans Huon de Bordeaux, qui tient ses pouvoirs de Jsus (http://theses.univ-lyon2.fr - Thse Guillemot : Huon de Bordeaux).

M. Ruelle rapproche le hanap d'Auberon du Graal, du moins tel qu'il apparat dans la premire continuation de Perceval, celle du pseudo-Wauchier : il a la mme facult de distinguer les bons des mchants.

Dans Huon de Bordeaux, c'est du sang cler (v. 2038) ou du sang tout cler (v. 2047) qui coule de la Sainte Lance de Longin, exactement comme chez les continuateurs de Chrtien de Troyes. On doit donc admettre qu' leur poque, le sang miraculeux du Christ coulant du fer de lance jusqu' la main de Longin est une image consacre du catchisme chevaleresque.

La croisade

Ce n'est qu'en 1146 et avec l'accord du Pape, que les templiers s'engagrent activement contre les musulmans d'Espagne. Par la suite, ils participrent tous les combats majeurs de la reconqute espagnole : sige de Tortosa (1147), prise de Lrida (1149), sige de Caceres (1184), bataille de Las Navas de Tolosa (1212), bataille de Majorque (1228) et bataille de Valence (1238).

Le roi d'Aragon, aprs diverses incursions dans le royaume de Valence, y entra la tte de quatre-vingt mille hommes, traversa le Guadalabiar, battit en plusieurs rencontres la cavalerie des Maures qui voulait arrter sa marche, et vint camper devant Valence, qu'il assigea par terre, tandis qu'une flotte nombreuse de Catalans et de Franais la bloquait par mer. Le sige commena le 17 ramadhan 635 (3 mai 1238). Abou-Djomal Zeyan dfendit la place avec intrpidit, et sollicita des secours en Andalousie, en Afrique, et surtout auprs de son parent, le roi de Temelsen, Yaghmourasan ben-Zeyan. Ce prince envoya une flotte qui, arrte plusieurs jours par les vents contraires, la vue de Valence, ne put dbarquer et fut oblige de s'en retourner(1). Malgr ce contre-temps, malgr l'inutilit de ses dmarches auprs des rois de Grenade, de Murcie et des walis d'Andalousie, Abou-Djomal continua de rsister; mais les Valenciens, fatigus des incommodits d'un long sige et puiss par les assauts qu'ils avaient soutenus, forcrent leur souverain de capituler des conditions avantageuses. Ils obtinrent la vie sauve, et la facult de sortir de la ville et d'emporter leurs biens. Ceux qui voulurent y rester, conservrent leurs proprits, leur libert, avec l'exercice de leurs lois, de leurs coutumes et de leur religion , habitrent des quartiers particuliers, et furent seulement imposs au simple tribut que payaient les sujets du roi d'Aragon. Ce prince conclut en mme temps une trve de cinq ans, avec Zeyan. Il entra dans Valence, le 17 safar 636 (29 septembre 1238). Les Maures en sortirent dans l'espace de cinq jours, et se retirrent sur la rive droite du Xucar. Ainsi finit le royaume d'Abou-Djomal Zeyan, et la domination des musulmans Valence (Ivy-Stevan Guiho, L'Ordre des Templiers: petite encyclopdie, 2009, David Bailie Warden, Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Nicolas Viton de Saint-Allais, Agricol Joseph Franois Fortia d'Urban, L'Art de vrifier les dates, Volume 3, 1826).

Malkuth Guernica La Roue de la Fortune/Le Monde 16 avril/15 octobre

Le graal

Dans certains romans sur le Saint-Graal, notamment dans le jeune Titurel dAlbrecht von Scharfenberg, continuateur de Wolfram Eschenbach, l'ide chrtienne de la lgende, l'opposition entre la chevalerie spirituelle et temporelle, se font vivement sentir. Le roman d'Albrecht von Scharfenberg embrasse un plus vaste cadre que celui de Wolfram d'Eschenbach, sans cependant l'emporter sur ce dernier sous le rapport de la conception et de l'excution potique. Voici les principaux traits dont se compose le roman de Titurel.

Le Saint-Graal est une pierre prcieuse, d'un merveilleux clat, tombe de la couronne de Lucifer, dont on fit un vase qui, au temps de Notre-Seigneur, tait entre les mains de Joseph d'Arimathie. Dans ce vase fut plac l'agneau pascal que le Christ mangea avec ses disciples; on y recueillit plus tard le sang qui coula de la blessure que Longin porta avec sa lance au flanc du Christ crucifi. Ce vase, prcieux par sa matire, plus prcieux par sa destination, combl de la plnitude des biens terrestres et clestes, communiquait ces biens ceux qui le conservaient fidlement et au lieu mme o on le gardait. Cette contre devenait un paradis terrestre ; l'homme qui considrait le Saint Graal (du vieux franais gradhal, vase, ou sang ral, san gral, le sang du Seigneur) demeurait jeune, quand il l'aurait contempl pendant cent ans. Garder le Saint-Graal, veiller sa conservation, est le plus grand honneur et le plus grand bonheur auquel puisse aspirer et parvenir un homme sur la terre; mais il ne s'accorde qu'aux lus de tous les pays qui se distinguent par leur humilit et leur puret, leur bravoure et leur fidlit parmi tous leurs semblables, c'est--dire aux chevaliers du Temple, aux vrais Templiers. Joseph d'Arimathie apporta le Saint-Graal en Occident; mais pendant des sicles ce vase sans prix n'eut pas de gardiens; il demeura planant dans les airs, soutenu par des anges ou de clestes vierges. Enfin Titurel, fils d'un roi chrtien d'Anjou, vint Salvaterra en Biscaye, trouva le Graal et construisit sur le mont Salvaz (Mont- Sauvage), au milieu d'une immense fort, le chteau du Graal, dans lequel ce saint vase fut dpos et o demeurrent les chevaliers prposs sa garde. Le ciel lui- mme contribua la construction du chteau.

Le Saint-Graal resta pendant de longues annes en Occident et y eut ses chevaliers. Cependant l'Occident, livr de plus en plus au pch, n'est plus digne de possder dans son sein le vase sacr. Parzival songe le transporter en Orient. Il prend le Saint-Graal, s'embarque avec les templois Marseille, et se rend dans l'lnde auprs de son frre Feirifiz. Celui-ci lui fait un tableau enchanteur des richesses et de la saintet du prtre Jean, qui est le chef spirituel et temporel d'un pays voisin de l'lnde. Parzival consent confier le Graal ce personnage; mais la volont manifeste par le vase sacr est que Parzival reste roi et qu'il change seulement son nom en celui de Prtre-Jean. En consquence, Parzival et les templois s'tablissent dans l'Inde; ils adressent des prires au Saint-Graal pour qu'il fasse que le palais et la chapelle de Montsalvage soient aussi transports dans ce pays. Leur prire est exauce ; le lendemain, palais et chapelle, miraculeusement transports pendant la nuit travers les airs, se trouvent tablis plus beaux et plus brillants dans l'lnde, et la chapelle renferme comme auparavant le vase sacr du Saint-Graal. Aprs la mort de Parzival, le fils de Feirifiz et d'Urepanse-de-Joie devient prtre Jean. Le Graal ayant disparu en Occident, le roi Arthur et les chevaliers de la Table-Ronde vont sa recherche; ils parcourent le monde, mais c'est en vain, ils ne peuvent le trouver; il est jamais cach au fond de l'Orient.

Gnalogie de Titurel

Parille, fils de Sennabor de Cappadoce, ayant embrass le christianisme avec ses frres et ses surs, prte assistance l'empereur Vespasien au sige et la prise de Jrusalem. L'empereur, pour l'en rcompenser, lui donne sa fille Argusille en mariage, et de plus il lui donne en fief le royaume de France. Parille a un fils, Titurisone, qui pouse Eligabel d'Arragon. Le fils de Titurisone et d'ligabel est nomm Titurel, nom compos et contract de ceux de son pre et de sa mre. Un ange du ciel annonce que Dieu a choisi Titurel pour dfenseur de la foi et pour gardien du Saint-Graal. Le jeune homme reoit une ducation la foi pieuse et chevaleresque, et aprs avoir combattu avec son pre contre les infidles en Espagne, il est conduit par des anges Montsalvatch. L il btit la chapelle magnifique dans laquelle le Saint-Graal, descendu du ciel, vient s'installer lui-mme. Titurel pouse la princesse Richoude d'Espagne: il veille sur le Saint-Graal et propage le christianisme parmi les infidles. Quand il est devenu vieux, son fils Frimutel est dsigne roi du Graal par une inscription qui parait sur le vase sacr. Frimutel pouse Clarisse de Grenade, qui lui donne cinq enfants. Ce sont Amfortas, qui succde son pre dans la royaut du Graal ; Trvrizent, le sage ermite ; Tchoysiatu ; qui devient mre de Sigune et qui meurt en donnant le jour cet entant. Herzlode, la mre de Parzival, et enfin Urepanse-de-Joie, qui pouse Feirifiz et devient la mre de Jean-le-prtre. La belle Sigune est leve chez sa tante Herzelode et elle est fiance Tchionatulandre. Ce jeune chevalier se distingue en Orient par sa bravoure; il est li d'amiti avec les chevaliers de la Table-Ronde; il dlivre avec le roi Arthur le royaume de Canvoleis, qui a t envahi par le duc Orilus, mais il est tu par cet ennemi dans un combat singulier. Sigune est inconsolable de la mort de son fianc; elle fait embaumer son corps, le place entre les branches d'un tilleul, et s'asseoit auprs de lui en proie aux chagrins les plus cuisants. C'est l que son cousin Perceval la trouve et qu'elle lui apprend la faute qu'il a commise par sa trop grande retenue au banquet du Saint-Graal. Perceval, touch de repentir, veut rparer sa faute; aprs beaucoup d'efforts et aprs mainte aventure, il parvient enfin la royaut du Graal Montsalvage.

Tels sont les principaux traits du roman de Titurel. Albrecht von Scharfenberg est le dernier pote allemand qui ait trait l'histoire du Saint-Graal dans son ensemble et qui y ait ajout des dtails nouveaux. Aprs lui les potes ne font plus que rapporter plus ou moins exactement les diffrentes traditions rpandues en France, en Angleterre et en Allemagne (M. Bergmann, Sur lorigine et la signification des romans du Saint Graal, 1843, Heinrich Joseph Wetzer, Benedikt Welte, Johann Goschler, Dictionnaire encyclopdique de la thologie catholique, Volume 9, 1860).

C'est dans le corpus germanique de la Bible du Graal que du chteau du Graal, du Gralsburg, merge en toute nettet la description du Temple. Dans ce corpus c'est le roi Titurel qui est le fondateur de la dynastie des gardiens du Graal. Le Temple sera son uvre propre. Allusion a t faite ci-dessus au Titurel de Wolfram von Eschenbach. Dans le Parzival du mme pote, c'est l'occasion du baptme de Feirefis, demi-frre paen de Parsifal, qu'est mentionn expressment le Temple du Graal. Jusque l, il ne s'agit encore que de la demeure, de la maison du Graal, le chteau-temple en quelque sorte. Et c'est seulement dans le Nouveau Titurel (Der Junge Titurel) d'Albrecht von Scharfenberg (entre 1260 et 1270) que l'Imago Templi surgit dans toute sa splendeur architecturale. (La grande pope du Nouveau Titurel comporte 6000 strophes de sept vers, soit 42000 vers. Il n'en existe encore aucune traduction, pas mme en allemand moderne). L mme, le cycle du Graal se dveloppe en une pope du Temple, atteignant un sommet qui culmine entre le Temple de Salomon sur le mont Moriah et la Jrusalem cleste. C'est aussi toute la thologie et toute la spiritualit du Temple qui atteignent un de leurs sommets, sur les hauteurs de Montsalvat, support de la hirophanie qui est le Temple du Graal. C'est en effet toute une thologie du Temple qui se dgage des enseignements de Titurel, aussi complte que celle que nous avons trouve Qumrn et en d'autres lieux privilgis. Cette thologie s'achve en une eschatologie qui donne finalement tout son sens la chevalerie des Templiers du Graal par rapport celle des Templiers de l'histoire (Henry Corbin, LImago Templi face aux normes profanes, Norms in a changing world, 1977).

Vitoria-Gasteiz : La Terre Gaste ?

Aprs la chute de l'empire romain, plusieurs tribus du nord de l'Europe sont arrives dans la zone du plateau central. Le lieu est rest dans une zone o habitaient les Vascons attaqus au sud par les Wisigoths et par les Francs au nord3. On a traditionnellement affirm que la ville appele Victoriacum , qu'a t fond par le roi wisigoth Lovigild en 581, correspondait la ville actuelle.

L'influence wisigothe ou franque n'est pas significative dans cette zone. La toponymie basque de toute cette rgion dmontre plutt la prsence de tribus basques. Comme le dmontre le cartulaire de San Milln de la Cogolla, au XIme sicle la majorit des toponymes de la plaine Alavaise, o on trouve Vitoria, taient d'origine basque ou latine mais adapte aux rgles phontiques de l'euskara. Le cartulaire de San Milln est un document de 1025 qui numre une srie de populations qui payaient les diezmos au monastre de San Milln. La premire mention documente d'un village appel Gastehiz se trouve dans ce document. Ce mme document mentionne galement beaucoup de populations qui composent actuellement la commune de Vitoria.

En 581, le roi wisigoth Lovigild fonde la ville de Victoriacum, en essayant d'imiter les fondations romaines, comme conclusion de la victoire contre les Vascons sur ce que - pour des raisons tymologiques nous devons supposer tait une colline occupe par un village primitif de Gasteiz. (cette donne n'est pas suffisamment prouve et des historiens experts jugent que Victoriaco n'tait pas dans l'actuelle Vitoria ou ancienne Gasteiz mais dans une zone proche, probablement aux pieds de la montagne Gorbeia (il y a aussi l un village appel Vitoriano ).

En 1150, Sanche VI, fils an de Garcia IV et de la Reine Marguerite, est proclam Roi immdiatement aprs la mort de son pre. L'an 1153, il pouse Dona Sanche, fille d'Alfonse VIII, Empereur d'Espagne, et de Brengre, sa premire femme qui mourut le 3 Aot 1179. Alfonse VIII, Roi de Castille, et Raymond, Prince d'Aragon, s'tant ligus contre lui en 1156, lui enlevrent plusieurs places qu'il reprit l'anne suivante; aprs quoi il fit la paix avec eux, Il runit ses armes aux leurs pour faire la guerre aux Almohades. Sanche rompit, l'an 1171, l'union qui rgnait entre les Princes chrtiens d'Espagne, par lirruption qu'il fit en Aragon, tandis qu'Alfonse II, qui tenait alors ce Royaume, tait occup faire la guerre aux Infidles. Alfonse, oblig par l d'abandonner son expdition, entra dans la Navarre son tour avec le Roi de Castille, son alli, et rendit Sanche avec usure les dommages qu'il lui avait causs. La guerre qu'ils lui firent ne fut termine qu'en 1179, par la mdiation de Henri II, roi d'Angleterre. Mais la paix que rgla ce Monarque, entre les Puissances belligrantes, ne fut point durable, s'il est vrai, comme on le conjecture, que la ville de Vittoria en Biscaye fut btie, l'an 1181, en mmoire d'une bataille gagne par le Roi de Navarre fur le Roi de Castille. L'an 1191, sur la demande que Richard, Roi d'Angleterre, fit de Brengre, fille de Sanche, cette Princesse est amene au Monarque anglais par Elonore, sa mre, en Sicile, o il lui donne fa main au mpris d'Alix de France, qui lui avait t fiance longtemps auparavant. L'an 1194, (de lre d'Espagne 1131) le 17 Juin, Sanche meurt aprs avoir rgn environ 44 ans, laissant un fils de mme nom que lui, qui succda la Couronne, et deux filles, Brengre dont on vient de parler, et Blanche qui pousa Thibaut III de Champagne.

Richard semble stre toujours fort peu proccup de la reine : on ne l'entend prononcer le nom de Brengre que pour rclamer de son alli, Sanche VII, frre de la princesse, les chteaux de Roquebrune et de Saint-Jean-Pied-de-Port, qui, disait- il, avaient t promis en dot la jeune Navarraise : il va jusqu' prier le pape Innocent III d'obliger Sanche celte restitution (I). Il est mme probable que Brengre n'alla jamais en Angleterre o le roi, du reste, sjourna bien peu depuis son retour de prison ; c'est l'avis de la plupart des historiens anglais (2), et ainsi s'explique l'ombre dans laquelle ils ont laiss cette partie de la vie de la reine. Enfin, le 6 avril 1199. Richard alla se faire tuer l'assaut du chteau de Chalus, o il esprait trouver un fabuleux trsor: il avait quarante-deux ans. Brengre, pour son malheur, ne lui avait pas donn de postrit : ses enfants lgitimes, comme le lui disaient les prlats, c'taient l'orgueil, l'avarice et la luxure qu'il avait aims ds sa jeunesse.

Alphonse III de Castille, l'an 1199, ayant appris le voyage de Sanche, Roi de Portugal, en Afrique, et souponnant qu'il vouloir renoncer au Christianisme, se jette dans ses Etats, et prend plusieurs places. II entre l'anne suivante dans la Navarre, et enlev les trois provinces, d'Alava, de Biscaye et de Guipuscoa, qui, depuis ce tems, ont t runies la Couronne de Castille. Ce Prince aimait les Lettres. II en donna des preuves, l'an 1108, en fondant Palentia une Universit o il attira, de France et d'Italie, plusieurs hommes de rputation (Maur-Franois Dantine, Ursin Durand, Charles Clmencet, Simon Pierre Ernst, L'Art de vrifier les dates des faits historiques, 1783, fr.wikipedia.org - Vitoria-Gasteiz).

La croisade

Iurreta en basque ou Yurreta en espagnol est une municipalit et un village dans la province de la Biscaye, situe dans la Communaut autonome du Pays basque en Espagne, o se trouve Orobio.

Selon la tradition, et mme des historiens, le 16 avril 890 eut lieu une bataille Orobio entre les maures de Navarre avec leur tte Uliamet et les Biscayens de Iiguez Fortun du Ibarguen des Urart (Juan Ernesto Delmas, Gua histrico-descriptiva del viajero en el Seoro de Vizcaya, 1980).

La Lur Laua (Terre De niveau) est une ancienne dnomination administrative de Biscaye, en Pays basque (Espagne), qui du temps de la seigneurie groupait les territoires et les populations qui taient rgies, juridiquement, par le for (fuero) de Biscaye. La lgislation traditionnelle de la Seigneurie tait compose des elizates organises dans des merindades. Ils restaient hors de la Tierra Llana, avec des juridictions diffrentes, la Ville et les villas, le Durangaldea et les Enkarterri (fr.wikipedia.org - Iurreta).

Les Templiers au 16 avril et au 15 octobre

Les templiers de la commanderie de Reims ont laiss un obituaire qui indique, mois par mois, les messes anniversaires qu'ils doivent clbrer dans leur chapelle. Au mois de mai est inscrit l'anniversaire de Thibaud Gaudin, grand mitre de lordre du Temple : Le 16 des kalendes de mai trs prcisment. tant donn que le jour des calendes correspond au premier du mois et qu'ensuite on compte rebours (1er mai ou premier des calendes de mai, 30 avril, 2 des calendes de mai, 29 avril, 3 des calendes, etc.), le 16 des calendes de mai correspond donc au 16 avril. Thibaud Gaudin serait donc mort un 16 avril d'une anne qu'on ignore, mais qui ne peut tre que 1 292 ds lors que l'on tient compte du document des Archives de la Couronne d'Aragon qui indique que Molay est dj grand matre la date du 20 avril.

Le dimanche, 15 octobre 1307, Philippe le Bel fit assembler dans son jardin le clerg et le peuple de Paris. Nogaret leur adressa encore un discours pour prvenir le scandale de la subite arrestation des chevaliers du Temple, et fit connatre les motifs de leur emprisonnement. Puis, pour trouver des complices parmi les ttes couronnes, le roi envoya douard II un message pour le prier d'informer galement contre les Templiers. Le roi d'Angleterre se contenta de lui rpondre que ce que lui mandait Philippe tait tellement inou et incroyable qu'avant d'agir il avait besoin de s'entourer de tous les claircissements possibles.

L'instruction commena, ds le ce jour, devant Guillaume de Paris, grand inquisiteur de la Foi.