Partie XI - La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet   La Carte de La Vraie Langue Celtique   Péché originel et seuil du Paradis   
RENNES LE CHATEAU LA VRAIE LANGUE CELTIQUE BAINS CARTE DIAMANT PECHE ORIGINEL SEUIL PARADIS

Diamond Jubilee

En 1875, on parlait de "diamond wedding" pour un mariage de 60 ans dans l'Angleterre victorienne (A Diamond Wedding at Snave, Kent, July 29th, 18758, Igglesden and Friend, steam printers, Ashford, 1875 - books.google.fr).

La reine Victoria fêta elle-même ses 60 ans de règne en 1897 par un "Diamond Jubilee".

Une revue maçonnique parle déjà de "diamond wedding" en 1863 (Masonic Voice Review, Volume 28, 1863 - books.google.fr).

Certains donnent comme durée pour cela 75 ans.

60 ans avant 1854 donnent 1794, date de la mort de l'abbé Bigou chapelain de Marie de Nègre, à Sabadell ou à Collioure (www.renne-le-chateau.com).

Derrière le vent du nord

On retrouve les aspects de la thématique abordée ici dans la nouvelle At the Back of the North Wind, Londres du britannique écossais George Macdonald datée de 1870.

Derrière-le-vent-du-nord est un royaume que l'on atteint en traversant le vent qui souffle à l'entrée du grand désert arctique. On ne possède sur cette région que des renseignements contradictoires. Le premier explorateur du lieu, l'écrivain italien du Quattrocento Durante, raconte avoir traversé une porte de feu et s'être retrouvé dans un pays plein de senteurs parfumées, constamment rafraîchi par la brise, où le mois de mai dure l'année entière. Les habitants, selon Durante, portent des couronnes ou des mitres et jouissent d'une heureuse liberté. Il a fallu attendre plusieurs siècles avant d'obtenir des renseignements complémentaires : la fille d'un paysan écossais, s'étant endormie dans un bois, se réveilla dans le royaume arctique, d'où elle revint un mois plus tard. Elle parla d'un pays lumineux, traversé par un ruisseau d'eau pure, un pays sans soleil ni lune, sans nuit ni ombre, où la pluie ne tombe jamais et où le vent ne souffle pas. Le récit le plus complet date du XIXe siècle. Diamant, fils d'un conducteur de fiacre londonien, fut transporté par le Vent du Nord lui-même et se retrouva dans une contrée où il n'y avait plus ni neige ni glace. Il n'aperçut pas le soleil, mais une lumière pure, qui semblait irradier toutes choses. Une rivière merveilleuse recouvrait les longues herbes ondulantes des prairies. Selon lui, rien ne changeait jamais dans ce pays, ni en bien ni en mal. D'autre part, Diamant affirma que les gens se regardaient et se comprenaient sans avoir besoin de parler ; il ajouta que si tous avaient l'air heureux, une ombre de tristesse passait parfois sur leur visage, comme s'ils attendaient quelque félicité à venir. Il semble que ce royaume soit peuplé par ceux que le Vent du Nord y amène après avoir coulé leurs bateaux. Une fois installés dans le pays, ils ont la possibilité de revoir ceux qu'ils aiment en grimpant au sommet d'un arbre particulier, qui est assez grand pour accueillir tous les habitants du royaume (George Macdonald, At the Back of the North Wind, Londres, 1870) (Alberto Manguel, Dictionnaire des lieux imaginaires, 2017 - books.google.fr).

Évocation à peine voilée des deux premiers stades de l'Œuvre alchimique, Diamant passe donc de la nigredo (la cathédrale sombre) à la pâle clarté élyséenne de l'albedo (le vitrail éclairé par la lune). Quant à la rubedo, il est on ne peut plus significatif (et conforme à la thématique lunaire du roman) qu'elle ne soit évoquée que de façon très indirecte : symboliquement, par le régime de faveur dont bénéficient Jean et Paul (et plus loin, Luc), figures qui, pour des raisons diverses sont toutes les trois placées sous le signe d'une Lumière solaire ; analogiquement ensuite, car ce vitrail éclairé par la Lune (mais dont Diamant dans sa candeur croit qu'il génère sa propre lumière) est métaphore de la Lune elle-même éclairée par le Soleil, brillant elle aussi d'une lumière réfléchie, mais qu'un observateur naïf pourrait croire être générée par elle. Au matin, d'ailleurs « when the ocean of light bursts from the fountain in the east » (McD 6. 156), c'est une autre lumière qui, succédant à celle de la Lune, viendra révéler les beautés du vitrail. La Lune est donc très exactement ici ce qu'elle est à l'échelle du roman, image d'un astre plus glorieux, de ce Soleil dont la jeune Daylight est la seule à ne pas savoir que « it shines like the moon, rises and sets like the moon, is much the same shape as the moon, only so bright that you can't look at it for a moment ». La Lune est ce Voile évoqué par le poète tempérant une Lumière aveuglante qui, sans sa médiation, nous resterait à jamais étrangère. Cette nécessité d'une révélation partielle est une notion récurrente sous la plume de MacDonald : « The life 'is a light by abundant clarity invisible ;' it is the unspeakable unknown ; it must become light such as men can see before men can know it » (McD 7. 15). Le roman s'arrête donc nécessairement au seuil de cet Ineffable, de cette Splendor Sol is dont, par analogie, il n'a pourtant jamais cessé d'être question. Si l'on rétablit l'ordre logique du voyage, c'est le rêve de Nanny (ch. 30) qu'il convient d'abord d'examiner, en relation, non pas, comme on pourrait être tenté de le faire, avec celui de Diamant mais (éloquente illustration du mariage Textes-Texte) avec une séquence de trois chapitres (10, 1 1, 12) consacrés au voyage hyperboréen de Diamant — ce qu'en termes modernes certains appelleraient sa N.D.E., mais que MacDonald eût sans doute nommé, comme les Anciens, Katabase. Accédant au désir de son jeune ami, North Wind emmène en effet Diamant visiter le pays dont elle vient. La traversée relatée au chapitre 9 (« How Diamond Got to the Back of the North Wind ») est reprise moderne d'une métaphore traditionnelle, celle du voyage, sur le ciel-océan, vers les Îles des Bienheureux. Arrivé à destination, Diamant découvre un paysage de neige et de glace, et, comme promis, North Wind assise sur son seuil. Pour accéder au pays dont, telle une Sphinge, elle garde l'entrée, Diamant doit littéralement passer à travers elle : « 'You must walk on as if I were an open door, and go right through me [...] Do it,' said North Wind ». Docile, le garçonnet s'avance, mais ne rencontre rien qu'un froid cuisant qui le transperce. Persévérant néanmoins au sein de toute cette blancheur qui semble l'engloutir (« he felt swallowed up in whiteness »), il atteint le cœur de North Wind et franchit le seuil crucial : « It was when he reached North Wind's heart that he fainted and fell. But as he fell, he rolled over the threshold, and it was thus that Diamond got to the back of the north wind » ( 1 1 2). Le chapitre 10 (dont le titre, comme celui du chapitre final, se confond avec celui du roman) est la description, fragmentaire et vaguement intriguante, du pays, tel qu'il a été perçu par Diamant, dont l'expérience est rapprochée de celle de la Bonnie Kilmeny de James Hogg, mais aussi de celle de Dante (C. Persyn, Sous le signe d'Astarté : voyage initiatique au pays du vent du nord, Cahiers Victoriens Et Édouardiens, 2003 - books.google.fr).

L'oeuvre au blanc semble être présente dans l'affaire avec Pomponnet, chien de l'abbé Saunière, dont le nom pourrait être tiré d'une opérette : La Fille de Madame Angot (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière : V et A de PACTUM, Vénus et Adonis).

Le texte de la stèle de Marie de Nègre d’Ablès marquise de Blanchefort, décédée le 17 janvier 1781, est uniquement connu des chercheurs de l’énigme dite de Rennes-le-Château par le relevé paru en 1905 dans le N°17 du bulletin de la S.E.S.A. (Société d’Etudes Scientifiques de l’Aude). Ce texte contient un certain nombre de lettres anormales (3 substituées O, R, T) ou de tailles différentes (2 E + e) ou encore déplacées (un M et un p). Personne à ce jour ne peut affirmer que ce texte est identique à celui de l’original, et dans cette expectative les spéculations vont bon train pour savoir si les anomalies constatées existaient ou non sur la stèle d’origine. La combinaison de ces lettres permet d’écrire MORT EpeE (www.portail-rennes-le-chateau.com - Jules Verne).

Si on retire le M qui n'est que coupé du reste de "MARIE" et on ajoute len T manquant à "HAUPOUL" on obtient OPERETTE, le petit oeuvre, en alchimie l'oeuvre au blanc reliée à la Roque Mude du Sceau de Palaja (Autour de Rennes le Château : Dalle verticale de Marie de Nègre : un triangle isocèle rectangle).

Rouge et blanc forment les couples des deux principes originels dans l'alchimie de la Renaissance (sulfur et mercure) et symbolisent le grand et le petit œuvre (Barthélemy Aneau, Alector, ou Le coq, histoire fabuleuse, présenté par Georges Bourgueil, 2003 - books.google.fr).

La pierre blanche du Petit Œuvre alchimique transmute en argent d'où Argenteuil et sa tunique christique par l'intermédiaire de Pressigny (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : La Carte de La Vraie Langue Celtique : Carte et psaume).

Le Moyen-Age connaissait aussi des pierres maléfiques. Dante cependant n'a pas jugé nécessaire de recourir plus à celles-ci qu'à celles-là pour sa première Cantica. En revanche dès les premiers vers du Purgatoire nous sommes accueillis par une « douce couleur de saphir d'orient », et les quelques gemmes auxquelles Dante fait allusion sont en effet toutes réparties sur le Purgatoire et le Paradis. Et même là, il y a un ordre évident, qu'il soit volontaire ou inconscient. Rubis et topaze sont réservés au Paradis, tandis que l'émeraude ne paraît qu'au Purgatoire. Le diamant est au seuil du Purgatoire et au seuil du Paradis ; le saphir n'apparaît qu'au début de la première et à la fin de la deuxième Cantica : à la base de la montagne de purification, au faîte du ciel des Étoiles qui couronne les autres ciels, où il représente la Mère de Dieu. Tout cela laisse à penser que des liens symboliques doivent exister entre les différentes images tirées d'une même pierre (A. Levavasseur, Les pierres précieuses dans la Divine Comédie, Revue des études italiennes, 1957 - books.google.fr).

Difficilement perceptibles car disséminés au fil des pages, mais corroborés aussi bien par la vision héraclitéenne de MacDonald (toute mort à un état est naissance à un autre état) que par la structure de l'œuvre (la Fin-Negans du serpent auto-dévorateur), divers échos et symétries significatives suggèrent que Diamant est bien cette étoile qui s'allume dans le ciel nocturne au moment où il disparaît de l'horizon du lecteur : Diamant est mort, Vive Diamant ! cette fois en tant que "daimôn" — une ces « âmes délivrées de la génération » mais qui prennent soin des hommes et ne méprisent pas les efforts d'ici-bas » (Plutarque 2. 593 e-f) — prêt à jouer auprès du prochain initiable (Dulcimer), une lunaison plus tard le rôle qui était celui de North Wind auprès de lui. C'est en effet d'une autre secrète façon encore que At the Back of the North Wind est placé sous le signe d'Astarté, de cette Lune dont la symbolique de perpétuelle résurrection se confond avec celle de l'ouroboros, puisque c'est une périodicité de vingt-huit jours, celle du mois lunaire, qui constitue la scansion invisible de l'œuvre : de même que la lune vieillissante s'anéantit pour donner naissance à la nouvelle lune, et de même que Diamant-le-profane était mort pour que naisse Diamant l'initié, Diamant-l'initié meurt au chapitre 38 (soit 28 chapitres après sa naissance 'd'en haut' au chapitre 10) pour que naisse (devenant ainsi son nom, thème macdonaldien par excellence) Diamant-le-daïmon, lequel, un cycle lunaire plus tard, mourra à son tour, puisque « tout périt, sauf Dieu » (C. Persyn, Sous le signe d'Astarté : voyage initiatique au pays du vent du nord, Cahiers Victoriens Et Édouardiens, 2003 - books.google.fr).

George MacDonald est un écrivain et pasteur calviniste britannique né le 10 décembre 1824 à Huntly et mort le 18 septembre 1905 à Ashtead. Son œuvre littéraire, aujourd’hui peu connue en France, a suscité l’admiration, entre autres de W. H. Auden, G. K. Chesterton, et J. R. R. Tolkien. C. S. Lewis le considérait comme son « maître ». MacDonald servit aussi de mentor à Lewis Carroll (le nom d’écrivain du Révérend Charles Lutwidge Dodgson). Suivant l’avis de MacDonald de faire lire Alice aux enfants de ce dernier, la réception enthousiaste d’Alice au pays des merveilles par les trois jeunes filles de MacDonald convainquit Carroll de proposer Alice à la publication. Carroll, un des photographes les plus doués de l’époque victorienne, créa aussi des portraits photographiques des filles et de leur frère Greville. MacDonald fut aussi ami avec John Ruskin et servit comme entremetteur dans la longue histoire d’amour de Ruskin avec Rose la Touche. MacDonald connut de nombreuses personnalités littéraires de l’époque ; une photo de groupe le montre en compagnie d’Alfred Tennyson, Charles Dickens, Wilkie Collins, Anthony Trollope, John Ruskin, George Henry Lewes, et William Makepeace Thackeray. Pendant son séjour en Amérique il fut ami avec Longfellow et Walt Whitman. [...]

Ses ouvrages les plus célèbres sont Phantastes, La Princesse et le Gobelin, et Lilith, tous des romans fantastiques et des contes féériques, comme La princesse légère, ou La Clé d’or. « J’écris, non pour les enfants », écrit il, « mais pour ceux qui ont une âme d’enfant, qu’ils aient cinq, cinquante, ou soixante quinze ans. » (fr.wikipedia.org - George MacDonald).

Boudet a pu connaître l'oeuvre de Macdonald, son contemporain.

Ouragan et Aquilon : le péché originel

Le mot ouragan se rencontre dans La Vraie Langue Celtique aux page 4, 153 et 159. Or 159 = 4 + 155.

Environ 300 ans avant Jésus Christ, une puissante confédération de Kimris, celle des Belges, envahit le Nord de la Gaule et s'en empara. Deux tribus belges, les Volkes Tectosages et, les Volkes Arécomiques traversèrent la Gaule, les armes à la main, et s'arrêtèrent dans le Midi, les Volkes Tectosages sur les bords de la Garonne, à Toulouse, dont ils firent leur capitale, et les Volkes Arécomiques, à l'Est des Cévennes, avec leur centre à Nimes. Les Volkes Tectosages ne restèrent pas longtemps en repos dans le pays qu'ils venaient de conquérir. Vers l’année 281 avant Jésus-Christ, une forte émigration alla rejoindre, sur les bords du Danube, les tribus gauloises qui descendaient des compagnons de Sigovèses. Emportés par leur humeur guerrière, tous ces Gaulois se divisèrent en trois corps et s'abattirent comme un ouragan dans la Macédoine, l'Epire et la Thrace. Une partie de ces Tectosages, insatiables d'aventures, traversèrent le Bosphore, se partagèrent l'Asie Mineure, et, près de leur patrie primitive, fondèrent une nouvelle Gaule, la Galatie. (VLV, p. 4)

A l'ouest des Vénètes, dans la partie de l'ancien comté de Cornouailles se terminant, au cap ou bec du Raz, vivaient les Corisopites. Pour bien juger et apprécier cette contrée, il suffit d'en citer la description faite par Châteaubriand qui connaissait sa chère Bretagne : « Région triste et solitaire, enveloppée de brouillards, retentissant du bruit des vents, et dont les côtes hérissées de rochers étaient battues d'un océan sauvage. » Ces paroles sont la traduction fidèle et complète de Corisopites, – cor, coeur, – hiss, sifflement, – sob, soupir, sanglot, – to hit, frapper, toucher –. Les sifflements aigus, les gémissements incessants produits dans les rochers par la furie des ouragans, n'étaient-ils pas de nature à frapper, à attrister le coeur des Corisopites ? (VLC, p. 159)

Tradition ample du péché originel selon les Juifs. Sur le mot de la Genèse, ch. VIII [21] : La composition du cœur de l'homme est mauvaise dès son enfance. R. Moïse Haddarschan : Ce mauvais levain est mis dans l'homme dès l'heure où il est formé. Massechet Succa : Ce mauvais levain a sept noms dans l'Ecriture. Il est appelé mal, prépuce, immonde, ennemi, scandale, cœur de pierre, aquilon; tout cela signifie la malignité qui est cachée et empreinte dans le cœur de l'homme. Midrasch Tillim dit la même chose, et que Dieu délivrera la bonne nature de l'homme de la mauvaise. Cette malignité se renouvelle tous les jours contre l'homme, comme il est écrit, psaume XXXVII : « L'impie observe le juste, et cherche à le faire mourir; mais Dieu ne l'abandonnera point. » Cette malignité tente le cœur de l'homme en cette vie, et l'accusera en l'autre. Tout cela se trouve dans le Talmud. Midrasch Tillim sur le psaume IV : « Frémissez, et vous ne pécherez point : » frémissez et épouvantez votre concupiscence, et elle ne vous induira point à pécher. Et sur le psaume XXXVI : « L'impie a dit en son cœur: Que la crainte de Dieu ne soit point devant moi; » c'est-à-dire que la malignité naturelle à l'homme a dit cela à l'impie. Midrasch Kohélet : « Meilleur est l'enfant pauvre et sage que le roi vieux et fol qui ne sait pas prévoir l'avenir. » L'enfant est la vertu, et le roi est la malignité de l'homme; elle est appelée roi parce que tous les membres lui obéissent, et vieux, parce qu'il est dans le cœur de l'homme depuis l'enfance jusqu'à la vieillesse, et fol, parce qu'il conduit l'homme dans la voie de perdition qu'il ne prévoit point. La même chose est dans Midrasch Tillim. Bereschit Rabba, sur le psaume XXXV : « Seigneur, tous mes os te béniront, parce que tu délivres le pauvre du tyran : » et y a-t-il un plus grand tyran que le mauvais levain ? Et sur les Proverbes, xxv : « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger : » c'est-à-dire, si le mauvais levain a faim, donne-lui du pain de la sagesse dont il est parlé, Proverbes, IX; et s'il a soif, donne-lui de l'eau dont il est parlé, Isaïe, ch. Lv. Midrasch Tillim dit la même chose, et que l'Écriture en cet endroit, en parlant de notre ennemi, entend le mauvais levain; et qu'en lui donnant ce pain et cette eau, on lui assemblera des charbons sur la tête. Midrasch Kohélet, sur l'Eccl., IX : « Un grand roi a assiégé une petite ville. » Le grand roi est le mauvais levain; les grandes machines dont il l'environne sont les tentations, et il a été trouver un homme sage et pauvre qui l'a délivrée, c'est-à-dire la vertu. Et sur le psaume XLI : « Bienheureux qui a égard au pauvre. » Et sur le psaume LXXVIII : « L'esprit s'en va et ne revient plus: » dont quelques-uns ont pris sujet d'errer contre l'immortalité de l'âme; mais le sens est, que cet esprit est le mauvais levain, qui s'en va avec l'homme jusqu'à la mort, et ne reviendra point en la résurrection. Et sur le psaume CIII, la même chose. Et sur le psaume XVI (Pensées, actuelle 446) (Pensées de Blaise Pascal, présenté par Victor Rocher, 1873 - books.google.fr).

La doctrine de Pierre Lombard, théologien du XIIème siècle, sur le péché originel est influencée par saint Augustin et Hugues de saint Victor. Il l'expose dans ses Sentences commentées entre autres par Thomas d'Aquin.

La prévarication d'Adam ayant corrompu la nature, l'acte générateur ne peut plus s'exécuter sans la concupiscence Par elle, la chair de l'enfant contracte la souillure, et la chair à son tour souillc l'âme au moment de son infusion : c'est par la chair que l'âme contracte le vice de la concupiscence. La concupiscence parvient donc jusqu'à nous à cause d'une génération impure, et la culpabilité à raison de notre unité matérielle avec le chef de notre nature, qui la corrompit librement. Tels sont les deux éléments requis pour constituer le péché originel, et c'est parce que chaque homme nait par la génération naturelle, qu'il porte la souillure morale et pénale du premier péché. Il résulte de là que le Christ, qui ne fut pas engendré par la concupiscence, mais par l'action du Saint-Esprit, fut préservé de cette tare universelle, bien qu'il descendît lui aussi du premier homme quant à sa substance corporelle. Le péché originel est donc libre et nécessaire à la fois : libre dans sa cause première, l'acte libre d'Adam ; nécessaire, par sa cause intermédiaire, la génération par voie de concupiscence, qui le rend inévitable (Jean Baptiste Kors, La justice primitive et le péché originel d'après S. Thomas; les sources, la doctrine, 1922 - archive.org).

Parlons simplement de la Judée, dont le prophète Ezechiel (chap. 1) est originaire, et dont en prophétisant il voit de loin la perte. Après l'incarnation du Seigneur, elle subit le vent d'ouragan venu du nord, si violent que, perdant sa rectitude, elle tomba à terre, et resta spirituellement engourdie dans sa froide infidélité. Un vent d'ouragan est donc bien venu du nord, quand l'esprit du mal a ruiné par la tentation ce qui faisait la vie du peuple juif.

Avec raison, Grégoire voit dans la vision de l'ouragan une prophétie de menace. Il en indique d'abord le sens eschatologique, soit qu'il s'agisse de la fin de ce monde, soit du temps du Messie. Puis il revient, avec plus d'insistance, sur la signification qu'elle avait pour le peuple juif, au moment où prophétisait Ézéchiel (Grégoire le Grand, Homélies sur Ezéchiel, Tome 1, traduit par Charles Morel, 1986 - books.google.fr).

Un passage du prophète Joel était encore expliqué du péché originel : le prophète dit : « J'éloignerai de vous Celui qui vient de l'Aquilon. » (Joel, II, 20). Le Nord ou l'aquilon dans le style des prophètes, c'est le mal, comme le Sud ou le Midi, c'est le bien. Aussi les docteurs de la Synagogue entendaient-ils ce mot de Joel du péché originel. Le savant rabbin David Kimhhi dit à ce sujet : « Nos maîtres, d'heureuse mémoire, exposent ce verset du temps du Christ en cette manière : J'éloignerai de vous Celui qui vient de l'Aquilon : C'est là le foyer du mal qui est caché et réside dans le coeur de l'homme » (Abbé Emmanuel, Opuscules doctrinaux, 1912 - books.google.fr).

Mcdonald, étant un religieux érudit, ne devait pas avoir ignoré cette tradition.

MacDonald was looking to original sin and the fall out of Eden (Diamond: “I suppose it was a young one of the same serpent that tempted Adam and Eve... That killing of the snake... It's what I've got to do so often.”) (John Goldthwaite, The Natural History of Make-believe: A Guide to the Principal Works of Britain, Europe, and America, 1996 - books.google.fr).

Dante's Terrestrial Paradise, and, I would argue, MacDonald's Hyperborian region, is the restoration of human innocence: a childlike trust in, and cooperation with, the Divine love. [...]

The country at North Wind's back is the place North Wind herself can never come, but she sits on the doorstep, and, to enter, she tells Diamond to walk through her, “as if I were an open door." When Diamond worries that such a proceeding will hurt North Wind, she replies, “Not in the least. It will hurt you, though” (Bonnie Gaarden, The Christian Goddess: Archetype and Theology in the Fantasies of George MacDonald, 2011 - books.google.fr).

Si North Wind a quelque rapport avec le péché on comprend qu'elle ne puisse entrer dans le pays de l'innocence.

Dans la chanson de geste Belle Hélène de Constantinople, l'épisode du bois de la croix est une allusion à un épisode apocryphe que rapporte également La Légende dorée en se référant à l'Evangile de Nicodème: Adam étant malade, Seth, son fils, alla à la porte du paradis pour implorer l'aide de Dieu. Un ange (l'archange Michel) lui donna un rameau de l'arbre par le fruit duquel Adam avait péché et lui annonça que son père serait guéri quand ce bois porterait son fruit. A son retour, Seth trouva son père mort et planta le rameau sur sa tombe. Le rameau grandit et devint un arbre que, beaucoup plus tard, Salomon fit couper et dans lequel, finalement, fut taillée la sainte Croix. Un tel récit résulterait de la combinaison d'une légende de Seth (voyage au paradis et promesse de rédemption), qui pourrait remonter à un texte araméen du premier siècle de notre ère, et d'une légende plus tardive, d'origine grecque ou slave, concernant l'histoire du bois de la croix. Sous cette forme complète, la légende ne paraît pas connue en occident avant la seconde moitié du XIIe siècle. La mention des graines que Seth place dans la bouche de son père après la mort de celui-ci (« Le pepins du fruit propre que adont tu mengas » Belle Hélène 12341) caractérise la version du De Imagine Mundi d'Honorius Augustodunensis et surtout celle du traité anonyme en prose latine (fin du XIIe siècle) Post peccatum Adae expulsa ipso de paradyso... (PPA), connu par de très nombreux manuscrits, traduit en français dès le début du XIIIe siècle, et dont semblent procéder nombre de versions en langue vulgaire. Sans doute plus récente que celle du rameau, la tradition des graines développe, comme le souligne A. M. L. Prangsma-Hajenius, une symbolique de la bouche, propice ici à une interprétation religieuse, mais aussi largement exploitée dans les rituels et les contes folkloriques. Sous bénéfice d'inventaire, la présence de ce motif paraît constituer un hapax dans le système de références codé du credo épique (Claude Roussel, Conter de geste au XIVe siècle: inspiration folklorique et écriture épique dans La belle Hélène de Constantinople, 1998 - books.google.fr, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : La Carte de La Vraie Langue Celtique : Carte et psaume).

La première partie du Roman d'Arles puise dans la légende du Bois de la Croix, si l'on comprend par là l'ensemble de textes relatant (une partie de) l'histoire du Bois de la Croix, et non seulement PPA, le texte phare de cet ensemble. Ainsi, nous pouvons distinguer dans la première partie du RdA, en fonction des sources mises à contribution, les segments suivants : 1) Chute et exil d'Adam et d'Eve (vv.1-138) Mis à part le commentaire du narrateur sur la chute (vv.21-44), le RdA suit dans un premier temps le récit biblique, mais non sans présenter des éléments étrangers à celui-ci. Ces éléments doivent pour l'essentiel s'expliquer par une influence de la Vita Adae et Evae apocryphe. 2) Le voyage de Seth au Paradis et la mort d'Adam (vv.139-211). Cet épisode remonde à PPA (11-52/53), mais présente des changements importants. Ainsi le RdA introduit le motif des fleurs parfumées, qui risquent d'endormir Seth pendant son voyage (vv.151-152 et vv.171-177). Lors de ce même voyage, Seth gravit une montagne (vv.161, 163), laquelle n'apparaît en principe ni dans PPA, ni dans les textes qui en dérivent. Seul à notre connaissance le ms. A de la Chronique universelle en langue romane fait exception à cette règle. Ainsi, dans ce manuscrit, Adam répond à la demande de Seth portant sur le chemin qui le mènera au paradis comme suit : «per aquesta val amont t'en anaras e al som d'aquesta val trobaras carreyra uberta». Plus loin, nous lisons en effet que «Cant Seth ac auit aisso, comenset ad anar per la val d'aqui amont, e cant fo al som de la val, el trobet la pesadas secas et poyrridas, e seguent aquelas pesadas el venc a paradis». L'on notera également l'insistance sur les empreintes à suivre que nous n'avons, en dehors du RdA et de la Chronique universelle, rencontrée nulle part. Il est donc possible que le RdA ait connu PPA à travers une version provençale de la Chronique universelle. Par la suite, le RdA omet les trois visions de Seth et, plus loin, l'explication symbolique des trois arbres qui poussent dans la bouche d'Adam. En outre, l'ange commande dans le RdA à Seth de mettre les trois grains dans la bouche d'Adam avant la mort de celui-ci, et non, comme dans PPA, dans l'ordre inverse. Ce petit changement pourrait être dû à Boysset lui-même: en effet, dans la version du livre de Sidrac qu'il avait copié dans le ms. Arbaud avant juin 1372, c'est-à-dire trois ans avant le RdA, un fils d'Adam, à la quête d'un remède pour son père, revient du Paradis avec trois grains qu'il doit mettre dans la bouche de celui-ci; sept jours et demi plus tard, celui-ci sera guéri. Le fils fait comme il lui a été dit, et Adam meurt (ff.13d-14b). Une influence directe n'est donc pas à exclure ; 3) Construction d'une ville du nom de Jozia au bord de la mer (w.212-217) Pour cet épisode, nous ne disposons d'aucune source directe; à l'instar de Chabaneau, nous proposons d'y voir un reflet de l'épisode relaté dans le Pseudo-Methodius, où l'on lit que Jonitus, fils de Noé, fit bâtir une ville de son nom. Cependant, du Pseudo-Methodius au RdA, le chemin semble un peu long. Or, nous croyons que la Chronique universelle en langue romane pourrait ici représenter le chaînon manquant. Cette Chronique comporte, comme nous l'avons déjà signalé, le début de PPA. Cependant, elle abandonne PPA au milieu du §53, tout comme le RdA (w.210- 211): les arbres restent jusqu'au temps de Noé, et non pas jusqu'au temps de Noé d'Abraham et de Moïse. Après une digression, consacrée à la génération de Seth et à l'Arche Noé, l'on nous raconte, inspiré d'un passage du Pantheon de Godefroi de Viterbe, l'épisode de Jonitus, fils de Noé, allant au val Hebron chercher la tombe d'Adam et trouvant les trois verges. Comme le suggère le motif de la montagne (cf. supra), le RdA a donc pu connaître les §§1 1-52/53 de PPA à travers la tradition (provençale) de la Chronique universelle; cependant, il aurait ensuite remplacé l'épisode de Jonitus provenant du Pantheon par l'épisode de Jonitus provenant du Pseudo-Methodius ; 4) Le chevalier "chrétien" à Jozia (vv.218-261). La source de cet épisode nous est inconnue, bien qu'il comporte des motifs que l'on retrouve ailleurs: - vision 1 (songe : les arbres désignant l'endroit où gît Adam ; RdA, w.219-220) : à rapprocher de Jonitus cherchant la tombe d'Adam et trouvant les trois arbres (d'après la Chronique universelle) ; - vision 2 (Jésus-Christ sera crucifié sur cet arbre ; RdA, v.225) : à rapprocher des variantes des prophéties respectives de Maximilla / Maxilla et de la reine de Saba (PPA §§106 & 117, voir Pr.-H. pp. 72-73, motifs 34 et 39) ; - désapprobation (Hans-Christian Haupt, Le Roman d'Arles dans la copie de Bertran Boysset(Manuscrit Aix-en-Provence, Musee Paul Arbaud, M.O. 63): Etudes et edition, 2003 - books.google.fr).

A l'Est d'Eden

Dieu chassa Adam ; et il mit à l'orient du jardin d'Eden des chérubins armés d'une épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie (Genèse 3, 24).

Les chérubins sont mentionnés une seule fois au sujet de l'arche d'alliance page 75.

...Bèzeléel dut faire en or battu les deux Chérubins – share (shére) partage – up (eup) en haut - placés de chaque côté du propitiatoire... (VLC, 75)

Bèzeléel entre en assonance avec Bazel à la page 75 + 155 :

Bazel ne veut pas dire autre chose. En rendant à ce terme la prononciation assez dure qu'il devait avoir autrefois, nous aurions à dire Passel. Or, pass signifie une route, et ell la mesure de longueur dont se servait les Celtes. (VLC, p. 230)

Une de ces pierres mesure plus de huit mètres de longueur, sur deux de largeur et autant de hauteur : cette masse d'environ trente deux mètres cubes a été soulevée, inclinée dans une direction voulue, et calée à une de ses extrémités afin que son poids énorme ne l'entraînât point sur la pente raide de la montagne. (VLC, p. 230)

Cette direction pourrait être celle de Cardou - Houns, selon J. Lucain (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : La Carte de La Vraie Langue Celtique : Carte et psaume).

Du psaume 75,9-10 : « La terre frémit et s'effraya quand le Seigneur se leva pour juger le monde. ». Comme la nature a été associée à la malédiction de Dieu contre le péché d'Adam, ainsi, au dire de s. Paul attend-elle avec impatience le jour où elle pourra s'affranchir, en secouant la dégradante servitude où la tient le pécheur. Au premier signal de l'apparition du Christ ressuscité, la terre branle sur sa base, parce ce que le jugement de Dieu sur le monde infidèle commence déjà. Mais au dernier jour, quand Jésus viendra rendre la sentence définitive pour les vivants et les morts, toute la création sentira la présence du Créateur et passera de son côté pour combattre les impies, comme le dit la Sagesse : et pugnabit cum illo orbis terrarum contra insensatos (Sap. V,21) (D.I. Schuster, Le dimanche de Pâques, Revue liturgique et monastique, Volume 8, Abbaye de Maredsous., 1922 - books.google.fr).

Adam et Eve chassés du Paradis, sont appelés à le réintégrer grâce à des procédés théurgiques mis en pratique par des groupes de francs-maçons tels les Elus Cohen de Martinez de Pasqually.

Daniel A. Bertrand ( "Le destin 'post mortem' des protoplastes selon la 'Vie grecque d'Adam et Eve'", in La litterature intertestamentaire. Colloque de Strasbourg, 17-19 octobre 1983, Paris 1985) souligne bien le retour du corps d'Adam à la terre : funérailles avec déplacement du créateur sur terre, promesse de résurrection et d'intronisation sur le trône du Diable et le retour de l'esprit à Dieu après un séjour intermédiaire au paradis où il est emmené par Michel dans l'attente du Jugement dernier (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Les Chartreux de la Loubatière et la réintégration).

L'espace entre Rennes le Château et Rennes les Bains est proposé comme "Paradis" avec le hameau d'Aram (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le Fauteuil du diable, Layram ou Aram).

En Genèse, IV, 16, Caïn condamné pour son crime à être « fugitif et fuyard sur la terre » gagne « le pays de Nod, à l'orient d'Éden ». Cette contrée n'a pas plus de référent géographique que le jardin d'Éden. Son nom est significativement construit sur la racine du mot hébreu qui désigne l'errance (nâd). Pour Caïn comme pour Adam, qui le premier y fut condamné (Gn, III, 24), l'est d'Éden s'opposerait donc à l'Éden, qui traduit l'état de jouissance et de béatitude procuré par l'enracinement dans un espace préservé (le jardin, Gan en hébreu, provient d'un verbe qui signifie protéger). Dans la pensée juive, l'instabilité vaut comme châtiment. Aussi comprend-on que le mystérieux signe de Caïn (Gn, IV,15) puisse y être présenté sous la forme d'un tremblement perpétuel, interprétation parfois reprise dans les versions littéraires (« Car toujours tu seras tremblant / Et seras paralitique », Passion de Semur, XVe s.). Pourtant, le système d'opposition entre Éden et est d'Éden est-il si rigoureux ? L'orient d'Éden apparaît en fait comme un espace oxymorique où errance rime avec fondation, puisque le fugitif s'y sédentarise, devenant le bâtisseur d'une ville dont le nom Hénoch signifie « inauguration » et qui oscille elle-même entre valences positives et négatives. Il s'agit tout à la fois d'un lieu de réprobation et de civilisation, dont la dualité rappelle l'ambivalence du signe caïnique. D'une manière plus générale, l'est d'Éden semble refléter la position équivoque que la Bible manifeste à l'égard d'une direction qu'elle rattache tant à l'exil qu'à l'asile. Les premiers coupables que sont Adam et Caïn sont chassés à l'est, là où seront ensuite fondées les villes d'Hénoch ou de Babel. La symbolique cosmique d'une telle orientation n'en est pas moins pleinement affirmée : les villes-refuges qui ont vocation à accueillir les homicides involontaires (Nb, 35 et Dt, 19) comme la Jérusalem céleste elle-même (Éz, XLIII,2) sont tournées en direction de la naissance de la lumière. La profonde ambiguïté de l'est d'Éden est maintenue et même explorée dans la littérature. Présenté traditionnellement comme un espace de déréliction, le lieu se charge à partir de la Renaissance de connotations positives que les romantiques exploiteront plus avant, dans le mouvement de transvaluation qu'ils impriment au mythe. L'est d'Éden devient dès lors un espace d'ouverture des possibles (ceux-ci fussent-ils rapportés à Abel, comme dans les réécritures postmodernes), un espace dévolu à la création, à l'accomplissement et au rachat (Véronique Léonard-Roques, Caïn et Abel: Rivalité et responsabilité, 2018 - books.google.fr).

Nod est à la page 44 de la La Vraie Langue Celtique (Autour de Rennes le Château : Miramont).

"péché" dans La Vraie Langue Celtique

La seule occurence de mot péchés dans La Vraie Langue Celtique se trouve à la page 79. Page qui suit la 77 qui est mise en rapport avec le diamant, et la 78 avec la ruine de Jérusalem. Le Cughulou est mentionné à la page 234 : 79 + 155. la page 79 : "vous donnerez le nom de Jésus : en effet, il sauvera lui-même son peuple" correspond à la 155 : "Seigneur Jésus, le Sauveur de l'humanité" (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : La Carte de La Vraie Langue Celtique : Carte et psaume).

...car l'ange apparaissant à saint Joseph lui adressa ces paroles : « Joseph fils de David, ne craignez point de prendre avec vous Marie votre épouse, car ce qui est né en elle, est l'ouvrage du Saint-Esprit : et elle enfantera un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus : en effet, il sauvera lui-même son peuple en le délivrant de ses péchés. » (Saint Math. c. I. 21.) (VLC, p. 79)

Avec la série des psaumes 23 à 28, où lon retrouve le même titre : «à David » pour les psaumes 25 à 28, réapparaît le thème de l'entrée dans le sanctuaire. Le psaume 23, qui figure en tête du groupe, en est le plus récent; il évoque le retour d'Exil, et reprend les thèmes et formules des grands prophètes de l'Exil : Jr 31, 10-20; Ez 34, et le second Isaïe, 40, 11 ; 49,9. Les exégètes modernes ont malencontreusement classé ce psaume parmi les chants individuels de confiance. La tradition chrétienne unanime, inspirée en cela par la synagogue, est plus heureuse lorsqu'elle en fait le chant par excellence du baptême et de l'eucharistie, c.-à-d. le chant de l'entrée en terre promise. Le thème de Dieu-berger, en effet, n'appelle aucunement l'idée d'une sollicitude divine pour des individus; qui dit berger dit troupeau, et le troupeau de Yahvé est toujours Israël. Étroitement associée à l'idée d'Alliance (Ps 95, 7), l'image s'applique plus spécialement à la sortie d'Égypte (Ps 77,20; Is 63,14), ou au retour de captivité (Jr 23, 3-4). Car Yahvé ne promène pas son troupeau de point d'eau en point d'eau, il le rassemble et le conduit vers son pâturage (Ez 34, 14) ; c'est là qu'il attend lui-même les siens, afin de leur offrir blé, vin et graisse (Is 55, 1-2). Le Pasteur d'Israël devient alors tout naturellement son hôte (cf. Jr 31, 10-12). On voit mal, toutefois, dans quel contexte liturgique un tel psaume a vu le jour. Qui a pu parler ainsi au nom d'Israël? Mais on ne sait rien. ou à peu près, de ce qu'a pu être la liturgie juive, lors de la reconstruction du temple. Le verset d'introduction (v. 1) exprime lidée maîtresse du psaume : quand le Dieu de l'Alliance reprend en main son peuple, il le comble. Israël n'aura de la sorte plus rien à demander à qui que ce soit. Ses désirs seront comblés, sa sécurité parfaite et sa nourriture abondante (Ps 81, 16-17; 147, 13-14). Car la tâche du berger est tout à la fois de défendre et de faire paître son troupeau ; Yahvé fait bien les choses, son troupeau est étalé (Ez 34, 14-15) dans l'herbe grasse; il ne mange pas, sur le qui-vive, l'herbe maigre du chemin. Le psaume lui-même est formé de deux parties égales, comprenant chacune deux quatrains. Les deux premiers (v. 2-4) chantent la marche du retour sous la conduite de Yahvé. On est sur la route qui mène au repos et à la justice (Jr 31,23 ; Ps 118, 19), car on sort d'un monde de violence et d'oppression. Israël, qui avait épuisé ses forces à courir après de faux dieux (Is 49, 4), peut alors reprendre souffle (Ps 19, 8). Pêcheur, il mérite certes moins que jamais la sollicitude de son Dieu ; mais Yahvé a décidé de lui faire jusitce pour l'honneur de son nom, dont l'Exil avait provoqué la profanation parmi les nations (Ez 36,22). On croit entendre, dans le deuxième quatrain (v. 4), un écho des formules chères au second Isaïe : « ne crains pas, car je suis avec toi » (Is 41, 10; 43, 5), « consolez, consolez mon peuple ». [...]

Pour l'idée de Yahvé-Berger, et du berger d'Israël en général, voir : Ps 28,9; 74,1; 77,20; 78,52; 79,13 ; 80,2 ; 95,7; 100,3;Gn 48,15; 49,24;2S 5,2; 7,7; Is 40,11; 49,9; 63, 14;Jr23,1-4; 31,10; Ez 34; Mi 5,4; 7,14 [numérotation hébreue] (Evode Beaucamp, Le Psautier, Tome 1, 1976 - books.google.fr).

Immaculée conception

Le mot "vierge" apparaît aux pages 121 à 126 qui tombent dans les 15 psaumes des montées (129 - 133).

A peu de distance, vers le haut de la rampe (Cette rampe porte le nom de Voie sacrée) bordée d'arbres verts conduisant au sanctuaire, une fontaine laisse tomber goutte à goutte son eau limpide dans un bassin de marbre. (VLC, p. 277)

En grec "anabathmos" désigne une rampe alors qu'"anabathmoi" désigne les psaumes graduels (Dictionnaire Grec-Français (1908), 2015) (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre V - Ps. 106 à 150 : Ps. 119 à 133).

La Vierge est l'immaculée conception, dogme édicté en 1854, date du calvaire du Jubilé - Delmas.

Le dogme de l'Immaculée Conception signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel selon la bulle Ineffabilis Deus du pape Pie IX du 8 décembre 1854 (fr.wikipedia.org - Immaculée Conception).

À Lourdes, Bernadette Soubirous affirme que, le 25 mars 1858, soit quatre ans après la promulgation du dogme, la dame qui lui est apparue s'est elle-même présentée ainsi, en gascon, dans la grotte de Massabielle, à Lourdes : « Que soy era immaculada councepciou » (« Je suis l'Immaculée Conception ») (fr.wikipedia.org - Immaculée Conception).

Si l'on prend les citations de Tarbes (pour Lourdes), Espéraza, le cromleck de Rennes les Bains (pour Rennes les Bains) et l'Etang de Leucate, on a bien un axe ordonné des pages 144-145, 220-222, 224-245 et 281. Mais il n'y a pas de concordance précise entre l'espacement cartographique et l'espacement paginal de La Vraie Langue Celtique comme c'est plutôt le cas pour l'axe du 13 mai Carnac-Richelieu-Grand Pressigny-Neuillay les Bois (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Lourdes et la Croix des Prophètes : Leucate, Le Cercle et la Croix des Prophètes : Lourdes et la Croix des Prophètes : Alignement).

Marie a trouvé son repos et son bonheur dans le Seigneur, et ses yeux sont attachés sur lui comme ceux des servantes sont attachés sur leurs maîtresses. Ps. 122. 3 (Notice historique sur l'origine et les effets de la nouvelle médaille frappée en l'honneur de l'immaculée conception de la Vierge, 1842 - books.google.fr).

L'Evangile de la Nativité de la Vierge la met en lien avec les quinzes degrés qui conduisent au Temple et les psaumes des montées :

Et lorsque le terme de trois ans fui révolu et que le temps de la sevrer fut accompli, ils conduisirent au temple du Seigneur cette Vierge avec des offrandes. Or, il y avait autour du temple quinze degrés à monter, selon les quinze Psaumes des degrés. Car, comme le temple était bâti sur une montagne, il fallait monter des degrés pour aller à l'autel de l'holocauste qui était au dehors. Les parents placèrent donc la petite bienheureuse vierge Marie sur le premier degré. Et comme ils quittaient leurs habits de voyage et qu'ils en mettaient de plus beaux et de plus propres selon l'usage, la Vierge du Seigneur monta tous les degrés un à un sans qu'on lui donnât la main pour la conduire ou la soutenir, de manière qu'en cela seul on eût pu croire qu'elle était déjà d'un âge parfait. Car le Seigneur, dès l'enfance de sa Vierge, opérait déjà de grandes choses, et faisait voir d'avance par ce miracle qu'elle serait la sublimité des merveilles futures. Ayant donc célébré le sacrifice selon la coutume de la loi, et accompli leur vœu, ils l'envoyèrent dans l'intérieur du temple pour y êlre élevée avec les autres vierges, et s'en retournèrent à leur maison (Dictionnaire des Apocryphes, Tome I, 1856 - books.google.fr).

Au chapitre II, Joachim, futur père de Marie, se retire auprès de bergers.

Il arriva que, comme la fête de la Dédicace approchait, Joachim monta à Jérusalem avec quelques-uns de sa tribu. C'était alors Isaschar qui était grand-prêtre. Lorsqu'il aperçut Joachim parmi les autres avec son offrande, il le rebuta et méprisa ses dons, en lui demandant comment étant stérile, il avait la hardiesse de paraître parmi ceux qui ne l’étaient pas, et disant que, puisque Dieu l'avait jugé indigne d'avoir des enfants, ses dons n'étaient nullement dignes de Dieu ; l’Écriture portant :« Maudit celui qui n'a point engendré de mâle en Israël (04) ; » et il dit que Joachim n'avait qu'à commencer d'abord par se laver de la tache de cette malédiction en ayant un enfant, et qu’ensuite il pourrait paraître devant le Seigneur avec ses offrandes. Joachim, rempli de confusion de ce reproche outrageant, se retira auprès des bergers qui étaient avec ses troupeaux dans ses pâturages : car il ne voulut pas revenir en sa maison de peur que ceux de sa tribu qui étaient avec lui ne lui fissent le même reproche humiliant qu'ils avaient entendu de la bouche du prêtre. [...]

Cet Évangile est l'un des moins chargés de circonstances fabuleuses et de miracles supposés ; quelques-uns des récits qu'il renferme sont mentionnés et signalés comme dénués de fondement dans les écrits de divers Pères de l'Église, tels que saint Augustin et saint Jérôme. Tel qu'il nous est parvenu, nous penchons à le regarder comme rédigé au sixième siècle, et il fut en possession durant tout le moyen-âge d’une célébrité soutenue (Evangile de la Nativité de la Vierge, traduit par Gustave Brumet - remacle.org).

Etoile de Marie et d'Hygée

Dès le milieu du douzième siècle la dévotion au Nom de Marie était déjà connue en Italie, en France et en d'autres pays. Mais elle s'étendit surtout après qu'Innocent XI, en 1684, eut établi dans tout l'univers catholique la fête du glorieux nom de Marie, et qu'il eut institué à Rome l'archiconfrérie du Saint-Nom-de-Marie, avec la faculté d'y agréger toutes celles du même nom qui s'établiraient hors de Rome. Voici les cinq psaumes dont les lettres initiales réunies forment le nom de Marie : M - Magnificat, etc. Cantique composé pour la sainte Vierge (le dimanche à vêpres) ; A - Ad Dominum, cum tribularer, etc. (Ps. 119; le mardi à vêpres. ) ; R - Retribue, etc. (Première division du ps. 118, et qui forme le troisième ps. du dimanche à prime) ; I - In convertendo, etc. (Ps. 125, le lundi à vêpres) ; A - Ad te levavi, etc. (Ps. 122, le mercredi à vêpres) (Pierre Ravier, La chef du trésor de l'Église, ou Les indulgences expliquées aux fidèles, 1851 - books.google.fr).

On a dans cette pratique 3 lettres associées à des psaumes des montées. : 119, 122 et 125. Le Magnificat (Luc I, 45-55) s'inspire de psuames en particulier du 102 (103 hébreue). Hymne d'action de grâces pour le salut national, récité au nom de la fille de Sion, il s'apparente donc aux psaumes (Vulgate) 77, 78, 79 comme prière nationale.

Il est question du retour à l'innocence ou de sa préparation dans la pénitence de Marie Madeleine.

MARIA a cinq lettres à disposées peut-être en étoile à 5 branches.

M : Cardou - A : Cugulhou - R : Houns - I : Fontaine des Amours - A : Scarrajols. Cela se double de Y : Cardou - G : Cuigulhou - E : Houns - I : Fontaine des Amours - A : Scarrajols.

YGEIA (Hygée) appelée aussi SALUS en latin.

Houns

La Coume das houns – hound (haound) chien de chasse, chien courant, – et la fontaine das houns, garants de cette assertion, sont situées au nord de l'Haum moor... (VLC, p. 298)

La lettre R est appelée "littera canina" par les Latins (Perse) : Houns ? ; la lettre M "littera mugiens" (Quintilien).

Sonat hic de nare canina littera (Satire I) : mot à mot : « ici (c'est-à-dire sur le seuil [limina] des grands) gronde la lettre canine tombant du nez », c'est-à-dire : « il y aun chien de garde qui te montre les dents avec un grondement de menace » ; canina littera, c'est l'r : « Hic, in domo diuitum. Nam canes lacessiti sic hirriunt ut uideantur r litteram minitabundi exprimere » scol. ; on racontait que Démosthène avait appris à prononcer la lettre "rhô" en écoutant le grondement des chiens (Les satires de Perse: texte latin, publié avec un commentaire critique et explicatif et une introduction, 1918 - books.google.fr).

Les expressions vocales et mystiques du système planétaire et du Dieu-soleil, qui en était le chef, et qui répandait sa lumière depuis alpha jusqu'à oméga, ou dans toute l'étendue du système du monde, figuré par sept chandeliers, n'étaient point étrangères aux Phrygiens et à toute la côte de l'Asie-Mineure où sont placées les sept églises. On a trouvé dans ce même pays, vis-à-vis Pathmos, près d'Ephèse et de Laodicé, enfin à Milet, une inscription qui renferme des invocations mystérieuses adressées aux sept planètes, et les planètes y sont désignées chacune par une des sept voyelles, qui, combinées différemment entre elles, forment un mot mystique et sacré que l'on prononçait en l'honneur de chacune d'elles. La lettre initiale du mot, suivant qu'il commence par alpha, ou epsilon, ou iota, etc., désigne la planète à qui s'adresse la prière. Si c'est alpha qui est la première voyelle, c'est à la lune; si c'est iota, c'est au soleil ; si c'est epsilon, c'est à Mercure. M. Barthélémy, dans les Mémoires de l'Académie des belles-lettres, a donné une dissertation aussi savante que juste et bien pensée sur ce monument. Ceux qui désireront plus de détails sur cette théorie pourront la consulter, ainsi que le Panthéon de Jablonski. Pour nous, il nous suffit d'observer ici que, dans ce monument, le caractère du soleil, désigné par un cercle traversé dé plusieurs diamètres qui sortent de la figure comme autant de rayons de lumière, iota, ou la voyelle qui désigne cet astre, est initiale du nom iouoaeé. [...] Toute cette théorie mystique sur le Dieu-lumière et sur les planètes qu'il illumine au nombre de sept, exprimée par des voyelles, était donc,connue et consacrée dans le pays où l'auteur de l'Apocalypse écrivait (Charles-François Dupuis, Origine de tous les cultes, Tome 5, 1822 - books.google.fr).

La statue du Mercure du Capitole, portait une tête de chien, et le sistre d'une main et le caducée de l'autre (Autour de Rennes le Château : Signol - Sigzol : la lettre de Mantinée).

Va pour un E au Mercure-Chien au Houns.

Cardou

Ils ont laissé à leurs descendans le souvenir exact de leurs pensées et de leur embarras momentané, en appelant cette montagne Cardou, – to cart, voyager dans un char, – how (haou), comment ? de quelle manière ? – Carthow –. (VLC, p. 228)

Dans la traduction de Rutebeuf de Jean Dufournet, l'Alphabet par Équivoques décrit le O toujours rond tel que Platon l'a naturellement défini; il se rapporte au corps qui contient le trésor de l'âme. Les autres lettres subissent la qualification de leur insertion phonique dans la langue. La lettre M qui se prononçait « âme », représentait la psyché; E, la plainte : Eh ! (Roger Mazelier, Gérard de Nerval et l'humour divin, 1995 - books.google.fr).

Platon, dans Phèdre, nous a déjà dépeint le char, ochêma, sur lequel montent les âmes (247 b) (A. Des Georges, La Réincarnation des âmes selon les traditions orientales et occidentales, 1966 - books.google.fr).

Le cocher, c'est l'entendement, la partie spirituelle de l'âme ; le char, c'est le corps subtil que l'ame régit ; les deux chevaux, c'est la partie irascible, & la partie concupiscible. Ces deux chevaux du char des Dieux sont tous bons, parce que ni l'excès, ni le vice n'approchent de la divinité. Mais au char de l'âme humaine, l'un est bon & docile, c'est la partie irascible, qui sert & obéit à la raison, & l'autre est méchant & rebelle, c'est la partie concupiscible, qui foule aux pieds la raison, & ne connoisse point de frein (Dacier, La vie de Pythagore, ses symboles, ses vers dorez, & la vie d'Hierocles, 1706 - books.google.fr).

Durer, sur le mont Ararat, expose à la fois la vision du devenir des âmes et sa mélancolie. L'Arménie dans laquelle il s'imagine l'autorise à entrelacer deux légendes, celle d'Er l'Arménien et celle des Dix mille soldats arméniens, c'est-à-dire aussi de nouer le platonisme et le christianisme. [...]

Durer peint donc son âme, avec un motif (les Dix Mille) qui la protégera au moment du jugement dernier. Il porte, par devant, l'indication de son acte « fatiebat » et ce transport par devant, rappelle la description que donne Er au moment du jugement des âmes : "Aussitôt sortie de lui, son âme disait-il [Er], s'était mise en route avec quantité d'autres, et elles étaient parvenues en un lieu extraordinaire où la terre avait deux ouvertures contiguës entre elles, et le ciel, de son côté, deux autres, qui en haut leur faisaient face. Dans l'espace compris entre ces quatre ouvertures siégeaient des juges qui, leur jugement rendu, commandaient aux justes de prendre la route de droite, celle qui monte et traverse le ciel, leur ayant, par devant, attaché l'indication des actes qui avaient fait l'objet du jugement ; aux injustes, de prendre la route de gauche, celle qui descend, portant, ceux-là aussi, mais par-derrière, l'indication de tout ce qu'ils ont fait." Durer tient son écriteau par devant et il avance, séparant ainsi son portrait de ce qu'un Roger Caillois appelait « la part dédaignée et inquiétante du monde dorsal, aveugle, abandonné, comme laissé pour compte », la part visible de ceux qui, chez Platon, descendent (La Part de l'œil, Numéros 21 à 22, Eliane Escoubas, Lucien Massaert, Corinne Bonnetain, 2006 - books.google.fr).

La lettre fourchue Y (Du bartas, La Sepmaine, 1585) est renvoyée par le Rocko Fourkado du Cardou, "monstroit le chemin de vice et de vertu" (La Sepmaine, ou Creation du monde de G. de Saluste Seigneur du Bartas, 1585 - books.google.fr).

Les Dix Mille Martyrs ou les Dix mille martyrs du mont Ararat sont, d'après une légende médiévale, des soldats romains commandés par saint Acace, qui se sont convertis au christianisme et qui ont été crucifiés au mont Ararat en Arménie sur ordre de l'empereur romain. L'histoire est attribuée à Anastase le Bibliothécaire, un érudit du IXe siècle.

Albrecht Dürer, Marter der zehntausend Christen, 1508, Vienne - fr.wikipedia.org - Dix Mille Martyrs

Le mont Qardu, d'où peut-être Cardou, et le Mont Ararat sont distincts mais ont le même rôle dans la légende du déluge.

Une légende ancienne, déjà connue de Fauste de Byzance (III, 10, p. 33-34) plaçait la découverte de l'arche sur le mont Qardu, en Cordyène ; la légende, transplantée en Arménie proprement dite, identifia ensuite la montagne de l'arche avec le Masis, en Ayrarat (voir Peeters, Jacques de Nisibe, p. 312-329) (Gérard Garitte, La narratio de rebus armeniae, Corpus scriptorum Christianorum Orientalium, Université catholique de Louvain (1835-1969), 1952 - books.google.fr).

Scarrajols

Un des sommets de l'étoile est un peu au-delà de Scarrajols à l'est. scarrajols, – square (skouère), carré, – rash, écoulement, – hall (haûll), maison –. C'est bien là, la tuile carrée à crochets, qui se trouve en quantité considérable, sur plusieurs points, dans le cromleck de Rennes-les-Bains. (VLC, p. 291) (Le Prieuré de Sion : Les documents secrets : 6 - Dossiers secrets de Henri Lobineau : 11 juillet ou le Pasteur d’Hermas).

L’identité collective est une appartenance qui s’exprime en sens et en essences. Les Stuarts en exil devaient affirmer leur identité et leur revendication. Le sentiment d’appartenance ne se raffermit que pour ceux qui entretiennent la mémoire du centre et du retour. (Au plan symbolique et dans une certaine proportion, l’exil des Stuarts est à rapprocher de l’exil des Hébreux à Babylone. On retrouve ici un emprunt,un mimétisme historique assez courant dans la royauté soucieuse de légitimité pseudo-historique). L’acclamation serait une mémoire vivante, voire nostalgique du centre originel, une raison d’être qui pourrait devenir nostalgique. Par mimétisme pseudo historique, l’acclamation écossaise est la mise en application du psaume 137 qui allie le geste (le bras droit) la parole (la langue) et surtout la mémoire (face à l’oubli) d’un centre spirituel : Jérusalem. Ce désir de réintégrer le centre s’exprime en langages essentiels, mais aussi en images et intentions telle la reconquête du trône « royal » des 4 royaumes (Écosse, Angleterre, Irlande, et France) par Jacques II Stuart et ses successeurs. L’identité clanique « verbale » est le propre des Scots ou des Pictes et de toute tribu, car le sens donné au mot leur est commun et inconnu des étrangers qui en ignorent la prononciation et l’accent spécifique. Le tuilage est alors de mise pour démontrer son appartenance, ledit tuilage se fait dans la prononciation spécifique au clan et par la main droite dans la bonne compréhension du psaume 137. Le bon geste et la bonne prononciation sont des codes d’appartenance. [...]

Le célèbre psaume 137 n’évoque-t-il pas la nostalgie des exilés (qui sont des « excentrés ») pour leur patrie perdue et ainsi leur appartenance à un centre spirituel ? « Comment chanterions-nous l’hymne de l’Éternel en terre étrangère ? Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite me refuse son service, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au-dessus de toutes mes joies ! », répondent les captifs à leurs geôliers babyloniens qui leur demandent de jouer sur leurs harpes des chants d’Israël. La paralysie de la langue et du bras droit signifiant la perte de la raison d’être, de la parole et de l’agir, soit une perte de « l’Orient » (L'acclamation écossaise - deuxième partie, 2016 - www.ecossaisdesaintjean.org).

L'abbé Henri Boudet avec sa Vraie Langue Celtique, partageait-il l'Anglo-Israélisme qui faisait des souverains de Grande-Bretagne les descendants des Hébreux ? Mettre à l'honneur ainsi l'anglais comme langue mère pourrait le faire croire. Souhaitait-il aussi la conversion des Anglicans au catholicisme, comme Le Loyer ? Cela est évident, ramener au bercail l'Angleterre a été un souci constant de l'Eglise catholique. A moins que son ouvrage soit du tout ironique. Les coïncidences darmstadtiennes (églises Marie Madeleine de Darmstadt et de Rennes le Château ; NO pointé du sceau-signature schleiermacherien du grand parchemin) laisseraient penser à une communauté de pensée entre prêtres audois (Boudet et Saunière) et certaines familles régnantes à la fin du XIXème siècle. La famille de Hesse était attachée à la franc-maçonnerie écossaise, et à la famille Windsor, anciennement Hanovre, dont le premier roi d'Angleterre Georges Ier était marié avec la petite-fille de Jacques Ier Stuart, Sophie (Autour de Rennes le Château : Le méridien de Scone).

Honorius Augustodunensis assimile, dans sa Gemma animae, les fenêtres de l'église – métonymie de l'Eglise - aux docteurs ; les colonnes aux évêques ; les poutres aux princes du siècle ; les tuiles du toit aux milites qui protègent la communauté chrétienne de ses ennemis extérieurs (Dominique Iogna-Prat, La Maison Dieu. Une histoire monumentale de l'Eglise au Moyen Age (v. 800-v. 1200), 2009).

Le Paradis du Liber chronicarum n'est clôturé qu'au premier plan pour conserver l'impression de lointain créée par les masses rocheuses et les vallons de l'arrière-plan. Pour des raisons narratives, la clôture suit un plan très irrégulier : l'œil découvre, de gauche à droite, un mur plus haut qu'Adam et Eve puis une porte à battant ouvert. Au premier plan se déroule l'Expulsion ; les plis du vêtement de l'ange cachent la partie du mur faisant le lien entre la porte et l'ouverture par laquelle s'échappent les fleuves. Une construction rectiligne et haute caractérise la clôture d'une planche du Maître aux Banderoles. Ces formes géométriques se distinguent de la majorité des représentations du mur, le plus souvent de forme circulaire. Celle-ci souligne la circularité du monde perçu à travers la conception aristotélicienne. Le procédé se découvre nettement dans la gravure d'une Bible de 1476-1478 : à l'ellipse formée par la clôture répond le cercle de l'océan primordial entourant le monde, nourri des fleuves paradisiaques. L'architecture est rythmée de petites ouvertures et de deux portes ouvragées, animées de tourelles et d'échauguettes, recouvertes de tuiles, éléments suggérant la localisation de l'Éden à proximité de l'urbs moderne (Virginie Ortega-Tillier, Le jardin d'Éden: iconographie et topographie dans la gravure, XVe-XVIIIe siècles, 2006 - books.google.fr).

Dans le vocabulaire maçonnique, ce mot signifie « interrogatoire ». Le tuilage apourbutde vérifier la qualité maçonnique d'une personne se présentant à l'entrée d'un temple. Un tuilage complet comporte une série de questions précises auxquelles doivent être données des réponses rituelles, ainsi que la vérification des signes, mots et attouchements, connus par celui qui est tuilé. Le tuilage n'est pas systématique, il est peu appliqué aux membres de la loge et aux visiteurs connus. Il est en revanche très utile en cas de doute. Selon les rites, le tuilage complet est de la compétence de l'Expert ou du Couvreur. Dans les locaux disposant de plusieurs temples existe une fonction particulière remplie par un franc-maçon qu'on appelle le «Tuileur». A ne pas confondre avec le Couvreur. Le Tuileur garde l'entrée de l'ensemble du local, devant les parvis, et ne participe pas aux tenues. Il opère rarement un tuilage complet mais vérifiera systématiquement la possession des "mots du semestre" (Monique Cara, Jean-Marc Cara, Marc de Jode, Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, 2011 - books.google.fr).

Le Tuileur est donc en quelque sorte un Cerbère, gardien du seuil.

Mappalique, martyr torturé (quaestio : interrogatoire) en 250 à Carthage, dont parle saint Cyprien dans ses lettres, est un nom à rapprocher de mapalia.

Le psaume 136 n'apparaît pas dans l'oeuvre de saint Cyprien, mais dans un texte qui lui est attribué, le De Montibus Sina et Sion, qui oppose les deux montagnes, le Sinaï des Juifs et de leur loi terrestre, contre le Sion chrétien et la Jérusalem céleste (Le Prieuré de Sion : Les documents secrets : 6 - Dossiers secrets de Henri Lobineau : 11 juillet ou le Pasteur d’Hermas).

La littérature intertestamentaire évoque çà et là les deux montagnes. C’est ainsi que,Selon le livre des Jubilés, Noé « savait que le jardin d’Éden est le saint des saints, la demeure du Seigneur, que le mont Sinaï est le milieu du désert et que le mont Sion est le milieu du nombril de la terre » (Jub 8,19) (Dominique Cerbelaud, Thèmes de la polémique chrétienne contre le judaïsme au IIIe siècle, Le De montibus Sina et Sion, Revue des sciences philosophiques et théologiques, Volume 91, Numéro 4, 2007 - www.cairn.info).

Noé reporte au Cardou/Ararat.

En Afrique du Nord, la grande majorité des nécropoles classiques et tardives fut fouillée entre la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle.

Dans les textes antiques, le terme « area » est employé pour désigner des espaces funéraires à ciel ouvert délimités par des murs et dont l’accès était limité. Il correspond donc aux « enclos » documentés par exemple à Pupput ou à Cherchell. Ce terme est pourtant employé par le capitaine Farges en 1884 pour désigner des fosses dans lesquelles les corps étaient déposés, mais ces fosses pouvaient également être nommées « caveaux », « auges », « trous à ossements » voire « sarcophages ». Alors qu’il désigne actuellement un contenant dont la cuve est faite d’une seule pièce, le plus souvent en pierre mais parfois aussi en plomb et en terre cuite, le terme sarcophage a souvent été employé pour décrire des coffrages en tuiles : « sarcophage formé de grandes tuiles arc-boutées en forme de toit, et s’appuyant aux deux extrémités à deux tuiles verticales ». À Chemtou, il correspond même à l’ensemble des types de sépultures recensés tels que les coffrages de dalles et de tuiles, les simples fosses recouvertes de fragments d’amphores ou les bassines retournées au-dessus du corps : « le sarcophage […] c’est une caisse en dalles plates, en tuiles disposées en chevrons, un dôme en fragments de grande jarre, ou simplement un grand plat creux renversé sur le reste ». Les expressions « jarres-sarcophages » et « sarcophages à jarres » correspondent aux sépultures en amphore, mais parfois celles-ci sont décrites comme des « urnes à ossements », des « vases-cercueil » ou des « sépultures à urne ». Or, cette dernière expression indique aujourd’hui la découverte d’une sépulture secondaire à crémation, et certains auteurs de l’époque l’utilisaient d’ailleurs dans ce sens. D’autres, en revanche, préféraient les expressions « vase à ossement » ou « jarre-sarcophage » (Solenn de Larminat, Un regard du présent sur les fouilles du passé en Afrique du Nord : lecture critique des anciennes publications relatives aux nécropoles antiques classiques et tardives, 2014 - 124revue.hypotheses.org, Paul Monceaux, Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne depuis les origines jusqu'à l'invasion arabe, 1905 - books.google.fr).

Le triangle est la figure de la lettre A (Louis Moréri, Le grand dictionnaire historique, 1725). Le triangle rectangle isocèle est la moitié d'un carré. C'est encore le cas dans l'allégorie, comme celle du bouclier de Persée, qui commente sa forme, triangulaire et/ou ronde. La forme triangulaire est celle du A, la ronde est celle du O : Dieu est A et O, c'est-à-dire non seulement l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin, mais aussi le triangle que dessine le A et le cercle que dessine le O : Il est "Alpha" trianguliers Et "O" simples et singuliers, Qui tout commence et tout affine Et comprend par vertu divine (V, 1116-1119). La forme triangulaire du A note les trois angles de la Trinité, la forme ronde du O symbolise la totalité, l'Éternité de Dieu. On se rappelle encore que dans l'allégorie énumérative de l'écu de Persée, l'auteur commence par évoquer un écu non pas quelconque, mais très général, qui, « s'il est bien fait », doit contenir tel et tel élément ; mais tout à coup l'écu est devenu une véritable œuvre d'art que notre auteur a sous les yeux, et l'on comprend que les termes de figure, de représentation, d'image ne sont pas seulement des mots abstraits pour l'allégoriste médiéval, puisqu'il parle même alors d'un artiste génial1. L'écu est alors présent concrètement sous ses yeux fascinés qui y voient la totalité de la foi chrétienne, de ses articles et commandements, de ses artisans aussi, évangélistes et apôtres, tous véritables forgerons de la foi (L'Ovide moralisé, présenté par Marylène Possamaï-Pérez, 2006) (Autour de Rennes le Château : Superposition de dalles et Saint Sulpice).

Rencontrer, comme chez Pétrone (Satyricon), non loin de la loge du portier, un énorme chien enchaîné peint sur le mur, accompagné de la légende en lettres capitales (quadrata littera scriptum) CAVE CANEM - un usage attesté par la mosaïque à Pompéi - doit étiqueter par le goût de l'illusion le maître de maison comme un homme du commun (Mireille Corbier, Donner à voir, donner à lire: mémoire et communication dans la Rome ancienne, 2006 - books.google.fr).

Toujours le chien sur le seuil, comme Cerbère à l'entrée des enfers, en guise d'ange à l'épée flamboyante.

Cugulhou

Il est inutile d'insister sur l'assertion des habitants du pays, par rapport à ces croix grecques, car le nom même de Cugulhou fait la lumière sur ce sujet. Ces roches sont de vrais ménirs, mais vilains et ne présentant point la forme ordinaire des autres pierres levées, to cock, relever, redresser, – ugly (eugly), laid difforme, vilain, – to hew (hiou), tailler –. [...] Ils ont construit leur chemin en suivant une autre direction ; ce chemin existe encore... (VLC, P. 233)

Pour les auteurs latins, il y a des lettres horridae (anglais ugly) et insuavissimae.

Zephyri, si nostris litteris scribantur, surdum quiddam et barharum efficient, et velut in locum earum succèdent tristes et horridae quibus Graecia caret' (Quintilien). (Here the fact that the combination PH does not occur in old Latin leads him not only to transliterate Y and Z, as V and S, but also PH as F, thereby introducing one more littera hórrida of which he proceeds to give a description, quoted below in note on insuavissima littera (John Edwin Sandys, M. Tulli Ciceronis Ad. M. Brutum Orator, 1885 - books.google.fr).

C'est seulement eu égard à l'harmonie du discours, que Cicéron (Traité de l'Orateur, chap. 149) qualifie l'A de lettre désagréable, insuavissima littera, quand le retour en est trop fréquent. Dans les comices de Rome, un bulletin portant la lettre A signifiait antiquam volo (je m'en tiens à l'ancienne loi), et exprimait un vote négatif (Théodore Bachelet, Charles Dezobry, Dictionnaire général des lettres, des beaux-arts et des sciences morales et politiques, Tome I, 1876 - books.google.fr).

M. Avril fait, dans son Dictionnaire à l'occasion de cet impératif latin i (va !), une remarque, que si elle n'est pas bien exacte, elle est du moins curieuse. « Il est à remarquer, dit-il, que tous les termes employés par nos paysans et nos rouliers de Provence, dans la direction de leurs mulets et autres bêtes de somme, figurent dans leur première lettre, le commandement qu'ils, leur font ; ainsi la lettre i, dont le jambage n'a d'inclination d'aucun côté, leur prescrit d'aller en avant sans se détourner à droite ni à gauche. Le mot jha, ayant le jambage tourné à gauche, leur commande de prendre cette direction, comme riou ou rie, détourner à droite, o, qui représente un point fixe, est pour eux l'ordre de s'arrêter. » (Simon Jude Honnorat, Dictionnaire provençal-français, Tome 2, 1847 - books.google.fr).

Le r en question est le r minuscule qui se changeant en gamma rejoint le changement de direction à droite du balisage actuel des chemins de randonnée.

Concernant la nature, comme d’habitude, on se réfère à Jean-Jacques Rousseau, botanisant dans la forêt de Montmorency. 1832 : le sylvain Charles-François Denecourt balise les sentiers de la forêt de Fontainebleau. Peintres et écrivains s’y précipitent, George Sand en tête… Premier topoguide du Touring-Club de France, premier best-seller. 1872 : Le Club Vosgien, inspiré des marcheurs saxons, applique son balisage géométrique, toujours en vigueur sur le massif des Vosges. En 1897, les Excursionnistes Marseillais délimitent leurs chemins (www.routard.com).

Claude François Denecourt est né le 4 décembre 1788 à Neurey-en-Vaux en Haute Saône. Il est l'aîné d'une famille de onze enfants. Ses parents sont de modestes vignerons. Il entre très jeune au service d'un parent aubergiste puis, en 1809, il s'engage comme volontaire dans l'armée napoléonienne et participe aux campagnes d'Espagne et de Prusse. Il est mis en retraite en 1812 à la suite de blessures puis envoyé à Mayence en qualité de lieutenant des douanes. En 1814, la guerre est finie et les Bourbon règnent.

Agé de 25 ans, il vient à Paris apprendre le métier de bijoutier en faux. Tout allait bien quand on apprit que l'exilé de l'Île d'Elbe venait de débarquer à Fréjus. Sa mentalité de soldat prit alors le dessus et Denecourt partit immédiatement au-devant de l'Empereur entraînant avec lui plusieurs de ses camarades d'atelier. Il reprend du service et, promu sergent, combat jusqu'en 1815. Il achève sa carrière militaire comme concierge de caserne à Melun puis à Versailles, ce qui lui permet d'amasser une "petite fortune" en vendant vin et eau de vie aux soldats. Bien que "quasiment analphabète" à l'âge de vingt ans, il découvre les livres et la politique. Ses idées libérales puis républicaines, lui valent d'être muté à Fontainebleau en 1832, où il est destitué quelques mois plus tard. En octobre 1839, il profite d'une grande manœuvre militaire pour publier un petit fascicule permettant de se rendre sur les lieux et d'admirer les troupes qui défilent.

Libre de son temps, Denecourt découvre avec enthousiasme les beautés de la forêt qu'il se met à parcourir dans tous les sens A partir de 1842, il commence à tracer lui-même les chemins grâce à l'aide des carriers, tailleurs des pavés des rues parisiennes, fervents républicains. Denecourt balise ses promenades au moyen de flèches bleues. Il attribue un nom aux 600 arbres, 700 rochers, sites et points de vue les plus remarquables. Son heure de gloire arrive lorsque de grands écrivains du XIXe siècle, Lamartine, Hugo, Sand, Baudelaire, Musset, Gautier et quelques autres, saluent le "grand Sylvain de la forêt de Bière" dans Hommage à Denecourt, un recueil de 43 textes en prose ou en vers, publié en 1855, par l'élite des jeunes auteurs contemporains Ce grand amoureux de la forêt décède à Fontainebleau le 25 mars 1875 à 86 ans (www.genea77-shage.info).

Fontaine des Amours

Le 5ème sommet est à la Fontaine des Amours qui n'apparaît pas sur la carte de Boudet, une des quatre sources d'eau froide avec la Madeleine, le Cercle, et le Pontet.

Cette dénomination ne remonte pas qu'à la découverte d'Henry Lincoln. On la trouve dans le Guide pratique du baigneur dans les stations thermales de l'Aude, Alet, Rennes-les-Bains, Campagne, Ginole, Escouloubre-Carcanières-Usson, par J.-L. Lagarde daté de 1908 (gallica.bnf.fr).

On pouvait voir il y a encore quelques années sur un rocher proche de la fontaine des Amours, à côté de Rennes-les-Bains, les initiales B. S./Calvé gravées dans un cœur. Selon la légende, si un homme et une femme se baignent en même temps dans ce bassin, ils tombent immanquablement amoureux (Jean-Luc Robin, Rennes-le-Château: Le secret de Saunière, 2014 - books.google.fr).

Sur la photo de Lincoln (La clé du mystère de Rennes-le-Château), il s'agit de E. CALVET 1891 en dessous d'un coeur flèché sans BS.

La fatigue se fait bien un peu sentir en grimpant sur les flancs du Serbaïrou par des sentiers peu fréquentés, – to swerve (souerve), grimper, – by-road (baï - rôd), chemin peu fréquenté – ; mais on est largement dédommagé, lorsqu'on est en présence du travail gigantesque fait par nos ancêtres. (VLC, p. 238)

Ps 83,2 : "Mon cœur et ma chair tressaillent d'amour pour le Dieu vivant" (Guy-Toussaint-Julien Carron de La Carrière, Le beau soir de la vie ou petit traité sur l'amour divin, 1817 - books.google.fr).

La Bible de Carrière, à laquelle Boudet, se réfère parle d'ardeur.

Mais encore le psaume 83 dit dans une traduction française de la liturgie anglicane (repris par la Bible de Jérusalem d'ailleurs) :

6 "Quand ils traversent la vallée de Baca, ils la convertissent en une fontaine, et la pluie d'automne répand sur elle ses bénédictions." ; et 10 "Car un jour en tes parvis vaut mieux que mille ailleurs. J'aimerais mieux me tenir au seuil de la maison de mon Dieu, que d'habiter dans les tentes de l'impiété." (La Liturgie, M'Dowall, 1842 - books.google.fr).

83. I, telle fut la première parole humaine, le premier cri humain que l'enfant lance en venant au monde. Le maître dit à l'esclave : i, marche ; la mère à l'enfant : i, marche ; le laboureur dit encore à ses chevaux comme aux premiers jours : i, marche, et ri pour reculer. i est donc le cri initial, le cri humain par excellence, et rien ne peut le changer, sans changer en même temps le genre humain. Quelles que soient les modifications qu'on lui fera subir pour former langue, toujours on retrouvera i, soit sous une autre intonation, soit suivi ou précédé d'une liaison dont le son s'entendra en même temps, et que nous appelons consonne. I veut dire aussi : chemin, voie. De là le proverbe : droit comme un i. Les premiers i ou chemins étaient de simples sentiers créés par l'usage et très doits naturellement, Iter = triple voie. Quant à la pauvre petite lettre i, sa rectitude n'a rien de frappant pour que le peuple, qui ne sait pas lire, l'ait prise pour terme de comparaison (La Grammaire logique, p. 422). On ne peut manquer l'allusion au pansexualisme du docteur Hans Sperber. Pour lui les sons du langage ont d'abord servi pour attirer le partenaire sexuel, puis ils ont été transportés au domaine du travail comme s'il y avait eu quelque ressemblance entre les deux activités ; avec le temps, le mot a perdu son caractère initial, sexuel, la métaphore s'est « éteinte », la translation a été oubliée. Ces racines verbales primitives sont liées à l'excitation sexuelle, à la découverte de la fonction sexuelle (Jean-Pierre Brisset, Œuvres complètes, présenté par Marc Décimo, 2001 - books.google.fr, Marc Décimo, Jean-Pierre Brisset: prince des penseurs, inventeur, grammairien et prophète, 2001 - books.google.fr).

238 = 83 + 155.

Jean-Pierre Brisset, né à La Sauvagère le 30 octobre 1837 et mort à La Ferté-Macé le 2 septembre 1919 (Orne), est un écrivain français. En 1878, il publie La Grammaire logique ou Théorie d’une nouvelle analyse mathématique. En 1883, il publie une nouvelle édition de la Grammaire logique et reçoit la révélation qui sera le fondement de tous ses ouvrages : « L’homme est né dans l’eau, son ancêtre est la grenouille et l’analyse des langues humaines apporte la preuve de cette théorie. » (fr.wikipedia.org - Jean-Pierre Brisset).

Boudet et Brisset se seraient bien entendus.

Serbaïrou fait penser à Cerbère, encore une fois le chien sur le seuil.

Enfer ou Paradis ?

La demeure souterraine des enfers est décrite diversement par les anciens ; Apulée fait passer Psyché par la caverne du Tenare pour aller jusqu'au trone de Pluton & de Proserpine, au bout de la caverne elle trouve le fleuve infernal Acheron, où elle passe la barque de Caron, va de là au trone de Pluton & de Proserpine, gardé par le chien Cerbere. Voici la description qu'en fait Lucien, qui parle selon l'opinion commune des profanes : » Cette Region, dit il, est arrosée par de grands fleuves que leurs seuls noms rendent terribles; ce sont des Cocytes & des Pyriphlegethons, & d'autres noms non moins affreux. Mais ce qui est encore plus horrible, c'est ce grand marais Acherusia que l'on rencontre le premier, si profond qu'on ne peut le passer à gué, & si large qu'on ne sauroit le passer à la nage ; tel en un mot que les Manes mêmes des oiseaux ne sauroient le franchir en volant. A la descente au delà du lac est une porte de diamant, gardée par AEacus cousin du Roi ; auprès de lui se tient un chien furieux à trois têtes, qui regarde de bon œil & fait un accueil favorable à tous ceux qui entrent, mais qui abboie horriblement, & qui fait des heurlemens épouvantables, quand quelqu'un veut s'échapper. Quand on a passé le lac, & qu'on est entré, on trouve un grand pré couvert d'une herbe qu'on appelle asphodele, & l'eau qui fait perdre la memoire, c'est pour cela qu'on l'appelle Lethé. C'est ce qu'ont raconté de ce payis-là ceux qui en sont revenus, savoir Alcestis & Protesilaüs Thessaliens,Thesée fils d'Égée, & Ulysse dans Homere ; gens dignes de foi à la verité, mais qui n'ont pas bu de l'eau de l'Oubli, car s'ils en avoient bu, comment se seroient-ils souvenus de tout cela ? Pluton & Proserpine, disent ils, dominent là, & ont un empire absolu sur tous les enfers. Ils ont un grand nombre d'officiers subalternes, qui sous leurs ordres gouvernent cet Etat, les Furies, les Peines, les Terreurs & Mercure ; mais celui ci ne s'y trouve pas toujours. Il y a là deux Princes qui sont comme des Satrapes & des juges des causes, assis pour porter leurs jugemens, savoir Minos & Rhadamante, tous deux Cretois & fils de Jupiter. Ils recompensent les hommes vertueux qui ont vécu avec probité, ils attendent qu'ils soient plusieurs ensemble , & les envoient aux champs Elysiens pour y mener une vie heureuse. Si ce sont des mechans & des scelerats, ils les livrent aux Furies, qui les mcnent au lieu destiné aux impies, pour y souffrir les tourmens que leurs crimes ont meritez (Bernard de Montfaucon, L'antiquité expliquée et représentée en figures, Tome V, première partie, 1722 - books.google.fr).

Marie, seuil du Paradis

En ce qui concerne personnellement Dante, cette évocation correspond au fait qu'il obtient ici sa véritable naissance à la vie éternelle. Le huitième ciel apparaît ainsi comme étant plus spécialement le lieu où règne la Vierge Marie, dans le cadre de la création. Nouvelle Eve du "beau jardin" (71) dont l'Eden n'était que l'image et comme l'amorce terrestre (Purg. 28, 93 ; 29, 31-33). Couronnée par Gabriel "Dame du ciel", elle est vraiment la Souveraine de ce ciel (94-96, 106), le fleuron du Paradis (88), et par suite (19-21) la Reine de tous les cieux, la "Regina coeli" que pour finir les bienheureux de toutes catégories, restés sous les yeux de Dante après que la Vierge Marie fut remontée à l'Empyrée, célèbrent à l'unisson (127-129) (Louis Lallement, Dante, maître spirituel: Paradis, 1993 - books.google.fr).

O douce Souveraine, Sainte Marie, tu es le seuil du paradis. tu es la porte du Fils du Dieu ; tu es le temple de Dieu. le palais du Christ ! Par toi, Mère de Dieu, les portes du paradis nous ont été ouvertes. Par toi, la paix s'est établie entre les anges et les hommes et le monde a été restauré. Par toi, ô Vierge, notre Sauveur est né et tous les biens sont amassés dans le ciel et sur la terre. Toi, souveraine et sainte Marie, tu es la gloire de Jérusalem, tu es la joie d'Israël, tu es l'exultation du monde, et tu demeures pour toujours dans le royaume de ton Fils où les anges et les archanges, les patriarches et les prophètes t'obéissent, les apôtres et les martyrs... (Marie Louise Thérel, Le triomphe de la Vierge-Église: à l'origine du décor du portail occidental de Notre-Dame de Senlis : sources historiques, littéraires et iconographiques, 1984 - books.google.fr).

Macdonald, étant calviniste, n'est pas entré dans ces considérations.

Synthèse d'alchimie spirituelle

La première étape de ce difficile parcours est le sacrifice ou la désintégration du moi, la dissolution/séparation des éléments composant la nature : l'Œuvre au noir (la nuit noire de l'âme pour reprendre l'expression de Saint Jean de la Croix) qui entraîne Dante dans une descente aux Enfers, parcours du désespoir. [...] La noirceur est le temps de la mortification nécessaire pour perdre l'orgueil, briser les certitudes infondées et tous les masques mensongers. On entre dans la vérité après être passé par son propre anéantissement. Les appétits [...] tournés vers le monde extérieur, avides de toutes vanités terrestres, sont brûlés par un désir inconscient de l'âme en quête de sens. [...] Une telle libération prélude à une recomposition selon les lois de l'harmonie et de l'équilibre. Caton attend Dante, à l'aube, sur la plage où se dresse le Mont Purgatoire, pour lui ouvrir le chemin de la progression/délivrance. Le Purgatoire ou l'Œuvre au blanc réalise la fusion harmonieuse des principes constitutifs de la personnalité de l'adepte reconnu désormais capable de prendre son plaisir pour seul guide : "libre, droit et sain est ton arbitre,/ et faute serait ne pas faire ce qu'il veut". [...] La traversée de ce royaume transitoire est un temps d'initiation, d'introduction au droit usage du libre arbitre, elle est tendue entre deux confessions. Dès l'entrée, le subtil symbolisme des trois marches à franchir nous place d'emblée dans l'optique de la pénitence. La première marche est blanche, couleur de la contritio qui doit rendre le pécheur pur comme le marbre, la seconde, rouge, représente la confession, la troisième, d'un rouge flamboyant, comme l'ardeur de la Charité, évoque la pénitence. [...] L'Œuvre au rouge manifeste l'accession aux états supra-humains, résumée par ce transumanar que Dante ressent fugitivement dès le seuil du Paradis. Au terme d'un voyage introspectif où la conduite spirituelle s'est affermie dans l'ascèse, sous la férule d'un seul guide intérieur qui s'appelle successivement Virgile [...], puis Béatrice, [...] Dante parvient à une « vision » du monde qui n'est plus connaissance médiate, rationnelle, mais adhésion immédiate à la réalité supra-sensible (Catherine Guimbard, Une lecture de Dante, Tome I, 2004 - books.google.fr).

Pour mémoire, l'alchimie dans une acception spirituelle selon le Dictionnaire des symboles de Chevalier et Gheerbrant, "désigne par l'œuvre au noir "une mort, un retour au chaos indifférencié", et par l'œuvre au blanc, "l'atteinte du centre du monde ou de l'état édénique", précédant l' œuvre au rouge (qui est "la sortie du cosmos, le long de l'axe du monde, et l'atteinte des états suprahumains")" (Daniel de Bruycker, L'office intérieur. L'espace architectural dans la poésie de Werner Lambersy, Courrier du centre international d'études poétiques, Numéros 205 à 208, 1995 - books.google.fr).

Les ravissements des saints Paul, Madeleine, Thérèse, tels qu'ils sont décrits, sont des états supranormaux. L'oeuvre au blanc par la pénitence (Madeleine) conduit à un état d'innocence édenique (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Le ravissement de l’âme, Autour de Rennes le Château : Villemaury et les hommes noirs).