partie ix - synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Orval et le 6 septembre   
ORVAL STENAY 6 SEPTEMBRE MAURICE

Les communes de Stenay, de Margut (Ermitage de Saint Walfroy, fêté le 7 juillet et 21 octobre comme Ursule), de Villers-devant-Orval (abbaye d'Orval, Belgique) et de Clervaux (Luxembourg) sont alignées avec le centre des Nonagones Neuillay-les-Bois sur l'un des axes du 7 septembre, et non 6 (très grande faute). Mais cet axe a plus à voir avec le 6 septembre, juste la veille. Des axes du 6 septembre passent à Villers devant Orval et près de la limite de la commune de Stenay.

Orval

En tant que second abbé, Thierry de Vitry (1145-1152) comprit que son plus grand défi serait de maintenir l'observation de la règle et apporter quelques modifications/perfections nécessaires. A cause de son jeune âge, l'abbaye ne possedait pas de bibliothèque digne de se nom. L'abbé y remédia en faisant venir un grand nombre de manuscrits qui furent mis à la disposition des moines pour être retranscrit.

La première bibliothèque d'Orval à été fondée en 1152 par l'Abbé Thierry de Vitry. En tant que second abbé, Thierry de Vitry comprit que son plus grand défi serait de maintenir l'observation de la règle et apporter quelques modifications/perfections nécessaires. A cause de son jeune âge, l'abbaye ne possedait pas de bibliothèque digne de se nom. L'abbé y remédia en faisant venir un grand nombre de manuscrits qui furent mis à la disposition des moines pour être retranscript. Peu de temps avant la destruction de l'abbaye lors de la révolution, elle était garnie de plus de 15000 ouvrages (La bibliothèque d'Orval - www.perleau.be).

Thierry I de Vitry mourut le 6 septembre 1152.

73 manuscrits provenant de l'abbaye d'Orval sont conservés à la Bibliothèque nationale de Luxembourg et constituent le plus important fonds d'ouvrages qui existe encore de l'ancienne bibliothèque conventuelle détruite pendant la Révolution française. Ces manuscrits se trouvaient dans la maison de refuge que l'abbaye possédait à Luxembourg. Sise en Belgique dans les forêts ardennaises du diocèse de Namur (province de Luxembourg), non loin de la frontière française, l'abbaye faisait jadis partie du comté de Chiny et était incorporée au diocèse de Trèves. En 1364, lorsque le comté de Chiny fut cédé au duc de Luxembourg, l'abbaye d'Orval devint avec Echternach, une des plus importantes maisons religieuses luxembourgeoises. L'histoire de l'abbaye fut très mouvementée. Elle fut fondée en 1070 par des moines qui seraient venus de Salerne. Rappelée en Italie en 1118, la petite colonie fut remplacée par une Communauté de Chanoines réguliers envoyée de Trèves, qui resta jusqu'en 1130. Sur la demande de l'illustre Adalbéron, évêque de Verdun, Saint Bernard de Clairvaux envoya alors des moines cisterciens, qui se fixèrent définitivement à Orval et se mirent immédiatement à l'oeuvre pour construire et agrandir le monastère. A cause de sa situation frontalière, l'abbaye fut souvent en proie aux incendies et au pillage et les richesses de sa bibliothèque en souffrirent beaucoup, notamment en 1253 lorsqu'une partie de la bibliothèque brûla et en 1637 lorsque les bâtiments furent pillés par des cavaliers français et suédois qui enlevèrent une partie des livres précieux et les vendirent aux enchères dans leur camp. Malgré ces vicissitudes la bibliothèque était réputée posséder de grandes richesses et être installée dans une très belle pièce. Les témoignages laissés au XVIIIe siècle par des personnages comme Martène et Durand les deux bénédictins qui avaient visité une grande partie des plus importantes bibliothèques et qui avaient également séjourné â Echternach, ou comme Jean-Frédéric Schannat ou l'avocat luxembourgeois Merjay sont très éloquents à ce sujet. Sur l'origine et la formation de la bibliothèque, sur le scriptorium et sur l'existence des enlumineurs, très peu de choses précises sont connues. On sait que dès leur installation les moines blancs s'empressèrent de constituer une bibliothèque appropriée. Le deuxième abbé d'Orval, Thierry de Vitry (1145-1152), se rendit lui-même dans différents monastères d'on il emporta plusieurs manuscrits précieux qu'il fit copier par ses moines. Par la suite il chargea ces derniers de parcourir de nombreuses bibliothèques conventuelles et d'établir un échange de manuscrits rares et précieux. Ce fait est d'une grande importance pour l'étude des manuscrits enluminés d'Orval; c'est la seule indication sûre qu'on connaisse des débuts de la bibliothèque et elle permet d'expliquer les différentes influences artistiques qui se remarquent dans les peintures et dans les décorations. S'il y avait un atelier de copistes à Orval, il n'est cependant pas certain qu'il y ait eu un véritable atelier d'enlumineurs. C'est même peu probable. Parmi tous les manuscrits d'Orval que possède la Bibliothèque nationale de Luxembourg, le nombre de ceux qui sont décorés est peu élevé et il n'y a pas, comme à Echternach, des oeuvres d'art exceptionnellement précieuses et riches. Les plus intéressants et les plus précieux manuscrits sont ceux du XIIe siècle, ceux dont le style correspond de façon frappante aux enluminures de l'abbaye de Cîteaux, et qui ont été soit copiés sur des modèles de Citeaux soit apportés de la maison-mère des moines d'Orval : Trois- Fontaine. Les oeuvres de la fin du XIIIe et du XIVe siècle expriment la tendance générale de la peinture gothique française propagée par les ateliers parisiens. Un seul manuscrit antérieur à la création de l'ordre cistercien semble provenir de la région de Trèves. Deux manuscrits provenant du refuge sont arrivés par on ne sait quelle voie dans le fond de la bibliothèque du Grand Séminaire de Luxembourg. Il s'agit d'une bible monumentale de très belle facture qui contient des enluminures fort intéressantes notamment une initiale à personnage représentant sur quatre registres la création d'Adam et d'Eve et leur expulsion du paradis. Cette bible date du XIIIe siècle. D'autre part, les très importantes chroniques de Gilles d'Orval qui ont appartenu autrefois à Monseigneur Koppes, évêque de Luxembourg, sont aussi à la bibliothèque du Grand Séminaire. Ce volume est d'une importance capitale pour l'histoire de Liège (Blanche Weicherding-Goergen, Le fonds des manuscrits du refuge d'Orval, ons stad, n° 47, 1994 - onsstad.vdl.lu).

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En 1076, la comtesse Mathilde, duchesse de Toscane et suzeraine de comté de chiny, venait de perdre son mari, Godefroid le Bossu, duc de Lorraine. Pour consoler son veuvage, elle vint dans nos pays avec son fils, agé d'environs huit ans. L'enfant était à Bouillon chez sa tante, la bien-heureuse Ida, mère de Godefroid de Bouillon. Un jour, il glissait sur la Semois avec ses jeunes compagnons, quand tout à coup la glace se rompit sous leurs pas et deux énormes glaçons se rejoignant tranchèrent la tête au royal enfant. Mathilde fut inconsolable: meurtrie à la fois dans ses tendresses d'épouse et de mère, elle se tourna plus fort encore vers la religion et ses espérances.

Peu de temps après ces tragiques évènements, elle vint à Chiny chez le comte, son vassal, et voulut voir le nouveau monastère. Assise auprès d'une source limpide, elle plongea sa main dans l'eau bouillonnante et son anneau nuptial y glissa soudain. Dans sa douleur et son effroi, elle pria Marie avec ferveur et bientôt la bague reparut à la surface. Dans sa joie, Mathilde s'écria : "Vraiment, c'est ici un val d'or !" (Histoire de l'abbaye d'Orval, 4e édition, Abbé N. Tillière - www.perleau.be).

Tout à commencé en 1070, grâce à des Bénédictins venus de Calabre. Selon les Annales de Trèves, ils auraient quémandé une terre à l’Archevêque qui leur aurait indiqué le chemin vers Arlon et Chiny à l’extrême Ouest de son vaste diocèse via la chaussée romaine en direction d’Ivoix et Reims. C’est ainsi qu’ils arrivèrent au pied de la tour de Brunehaut sur les hauteurs d’Izel, tout en regardant les vallées boisées vers le midi. C’est le comte Arnould de Chiny qui leur donna la permission de s’établir dans ce vallon sauvage.

En 1076, la Comtesse Mathilde de Toscane, Duchesse de Lorraine et suzeraine du comté de Chiny vint chez son vassal et voulut voir les moines. C'est lors de cette visite qu'elle perdit son anneau nuptial dans un bassin qui fut à l'origine de la légende d'Orval. Suite à la découverte de son anneau nuptial, la comtesse prit des dispositions pour offrir les terres aux moines (seul le seigneur des terres en avait le droit au contraire de son vassal). Elle offrit également des sommes d’argent pour orner et agrandir la première église. Pourtant 40 années après leurs arrivées, les Bénédictins regagnent l'Italie. Nous ne connaissons pas la raison de leur départ mais la rigueur du climat et l’aridité sur sol et le peu de population de la région ne permirent pas à la pieuse colonie de se développer comme souhaitée.

Dans les fréquens voyages que la charité, le zèle & la réforme des mœurs, autant que la prédication de la pénitence, lui firent entreprendre, Bernard de Clairvaux lia d'amitié avec Adalberon, Evêque de Verdun. Celui-ci s'etant rendu à Rheims, pour assister à un Concile que le Pape Innocent II. y célébroit, y trouva S. Bernard, & le pria de satisfaire aux désirs d'Albert Comte de Chiny, son neveu, en lui envoyant quelques-uns de ses Religieux, pour prendre possession du Monastère d'Orval. Le Saint y consentit, mais ne pouvant lui en fournir de sa maison de Clairvaux, il donna ordre à Gui, Abbé des trois Fontaines, au Diocèse de Châlons, de lè charger de cette commission. Gui y envoya en 1131. Constantin pour premier Abbé, avec sept autres confrères du même Monastère : Ils y arrivèrent le 9. de Mars, & en prirent possession le même jour. Alberon, pour affermir cet établissement & y maintenir la ferveur, sous la protection de quelques Saints, leur donna, dit-on, le corps du Bienheureux Menas Martir, & d'autres Religues des Compagnes de Ste. Ursule, qu'il tira du tresor de l'Eglise de Verdun. Peu de tems après le Comte Albert accompagné de la Comtesses Agnès son Epouse, & de quantité de Noblesse, vint à Orval, non content d'y confirmer les donations de ses Prédécesseurs, il les augmenta par de nouvelles libéralités. Constantin l'en remercia & reçut encore de divers Evêques & Seigneurs, d'autres bienfaits, qui accrurent considérablement son revenu (Jean Bertholet, Histoire Ecclésiastique Et Civile Du Duché De Luxembourg Et Comté De Chiny: Depuis Sigéfroy, premier Comte de Luxembourg, Volume 3, 1742 - books.google.fr).

Le monastère de Saint-Martin, sur la montagne de Saint Walfroy, avait été bâti sur les ruines d'un temple où était autrefois adorée par les Gaulois la grande Diane des Ardennes (Diana Arduinna). Ce monastère, détruit dans le XIe siècle, a été remplacé par une chapelle élevée en mémoire de saint Walfroy, pieux cénobite lombard du , qui avait donné au pays le même spectacle que saint Siméon-Stylite, en se construisant, au sommet d'une colonne de 60 pieds de haut, une cellule étroite en osier, où il se tint constamment debout. Ce furent ses prosélytes qui détruisirent dans le pays le culte de Mercure et de Diane, et en renversèrent les images dans les précipices (Abel Hugo, France pittoresque, Volume 2, 1835 - books.google.fr).

Une statuette en bronze, conservée au cabinet des Médailles, est également révélatrice des thèmes mythologiques qui sous-tendent la représentation plastique de la Déesse. Cette statuette, découverte à Margut (Ardennes), nous montre une femme vêtue d'une tunique courte, tenant une flèche dans la main droite et assise sur le dos d'un sanglier bondissant. Il ne peut s'agir que de la déesse Arduinna, signalée par plusieurs inscriptions votives, ce nom étant à l'origine de celui des Ardennes (Jean Markale, La Grande Déesse: Mythes et sanctuaires. De la Vénus de Lespugue à Notre-Dame de Lourdes, 1997 - books.google.fr).

On trouve un Ursus, natif de Bénévent, qui fonda le prieuré de Saint Jacques à Neufchâteau dans le diocèse de Toul, et y déposa des reliques du saint éponyme (Augustin Calmet, Notice de la Lorraine qui comprend les duchés de Bar et de Luxembourg, 1840 - books.google.fr).

Sainte Ursule est fêtée le 21 octobre comme Walfroy. On a vu les liens de Stenay avec saint Blaise. Tous ces saints participent de la division en 14 de l'année.

Connue par deux manuscrits du XIe siècle, dont l'un provenant de l'abbaye d'Orval située non loin de Stenay, la Vita Dagoberti a fait l'objet de datations contradictoires oscillant de l'extrême fin du IXe siècle au dernier tiers du XIe. Cl. Carozzi, qui en a fixé la rédaction à 898-899, n'emporte pas l'adhésion. [...] La Vita Dagoberti se présente comme la première expression rémoise d'un courant idéologique qui triomphera au début du XIe siècle. En fixer précisément la date de composition est difficile: probablement sous l'épiscopat des archevêques lorrains Odalric (962-969) et Adalbéron (969-989), ce dernier étant le frère du comte de Verdun Godefroid et l'éducateur, dans son école capitulaire, de ses deux neveux Gérard et Ascelin ; plus précisément quand la reine Emma, femme de Lothaire et fille de l'impératrice Adélaïde tenait en douaire le fisc de Stenay (966-987) - la fête de saint Dagobert est inscrite dans son psautier49 -; enfin à une époque où le culte de ce roi bénéficiait déjà d'une réelle célébrité, condition réalisée dès 964 lors du baptême du duc des Polonais Miezsko sous le nom de Dagome = Dagobert, patronage vraisemblablement suggéré par des clercs mosans, dont le futur évêque de Poznan Jordan, venu, dit-on, de Liège pour occuper ce siège en 966. Ainsi Dagobert de Stenay, modèle du roi souffrant, ferait d'une extrémité de l'Occident à l'autre le lien entre Clovis-Clotilde et Miezsko Ier-Dobrava ! (Michel Rouche, Clovis, Volume 1 de Clovis: histoire & mémoire, 1997 - books.google.fr).

Stenay faisait partie du comté de Chiny qui recouvrait l'ancien pagus d'Ivoix (aujourd'hui Carignan) dont Orval occupait exactement le centre. Au mont Tilleul de Carignan, les sorciers, dit-on, allaient au sabbat avec les ours et les loups qui qui hantaient les forêts d'Ardenne (Mythologie française: bulletin de la Société de mythologie française, Numéros 181 à 184, 1996 - books.google.fr).

Un certain Ursus aurait conduit des moines basiliens Calabrais à Orval.

Des moines basiliens sont donnés par Laurent Mélart comme occupant du Val de Rodum, puis explusés par Albert de Moha.

Quant à Mélart, on se demande où il a été chercher ces Frères de l'Ordre de Saint Basile dont il n'est question nulle part ailleurs. Il devait pourtant connaître à fond les documents concernant les origines du Val Notre-Dame car au 17e siècle il fut le syndic et l'ami de la maison et l'on conserve un grand nombre de copies des plus anciennes chartes de l'abbaye, authentiquées par sa signature. La présence de moines orientaux en ces lieux, quoique inattendue, ne doit cependant pas être exclue a priori. En France, par par exemple, l'abbaye cistercienne d'Aiguebelle s'éleva à proximité des ruines d'un monastère basilien. Dans nos régions, Orval a été fondé en 1070 par un groupe d'ermites chassés de Calabre : or on sait que l'Italie du du Sud fut envahie par le monachisme grec dès le haut moyen âge. D'ailleurs, on retrouve des traces de l'émigration orientale, avant le 8e siècle, dans le nord de la Gaule et jusqu'en Germanie. Il ne serait donc pas impossible qu'avant de devenir cistercien le Val-de-Rodum ait été occupé par des moines orientaux, d'autant plus qu'il était situé sur le passage d'une route (Cîteaux, commentarii cistercienses, Volumes 12 à 13, 1961 - books.google.fr).

En Suisse romande, Orvaux ou Orval, ancien nom du val de Tavannes, paraît être un Ors-vaux, une vallée de l'ours, et le latin Aurea vallis, XIVe s., n'est qu'une fausse traduction (Henri Jaccard, Essai de toponymie: origine des noms de lieux habités et des lieux dits de la Suisse romande, 1906 - books.google.fr).

Bernard de Percin de Montgaillard, né en décembre 1562 à Montgaillard (Tarn-et-Garonne) et décédé le 8 juin 1628 à l’abbaye d’Orval (Belgique) était un moine cistercien et abbé d'Orval. Il est connu dans l’histoire comme le "Petit Feuillant" pour son éloquence et ses violentes diatribes contre Henri IV. Son père Jean de Percin était bourgeois de Lectoure. À 15 ans il entre à l’abbaye cistercienne Notre-Dame de Feuillant, près de Toulouse, qui venait d’être reformée dans un sens très austère par Jean de la Barrière. En 1582, à l’âge de 19 ans, Montgaillard est ordonné prêtre grâce à une dispense pontificale rarement accordée. Le 13 mai 1590 il prend part à la procession du clergé révolutionnaire dans les rues de Paris : 1300 prêtres et moines armés défient Henri IV, qui sera assassiné le 14 mai 1610, sa femme Marie de Médicis ayant été couronnée reine de France le 13 la veille (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique 2 : 7 février - Romuald - Burjassot).

Sur l'axe : Orçay, Nançay, Argent-sur-Sauldre

Sur l'axe d'Orval, se trouve Orçay (Loir-et-Cher) dont l'église est vouée à saint Ursain (www.orcay.fr).

Nançay est la commune du célèbre Grand Meaulnes, une "bourgade mystérieuse aux confins de la terre", selon les mots d'Alain-Fournier. Le village minuscule de Nançay ne doit pas seulement sa renommée au héros littéraire, mais aussi à ses sablés et à sa station de radioastronomie (Petit Futé France, Le petit futé, Region guide, 2007 - books.google.fr).

Nançay est le troisième sommet de ce triangle géographique cher à Fournier et dont les deux autres sommets sont Epineuil et La Chapelle-d'Angillon. Alors qu'Epineuil est le pays de la Famille et La Chapelle-d'Angillon, le pays de la Mère, Nançay est le pays du Père. A plusieurs reprises Fournier s'exprime très clairement à ce sujet. C'est le « pays de mon père », précise-t-il à Rivière, le 13 août 1905 et, le 16 septembre 1908, s'adressant cette fois à son père, il écrit : Je voudrais bien être avec toi ; nous irions ensemble à Nançay : l'autre jour, dimanche, nous rencontrions dans le bois, de l'autre côté de Lecueillé, je crois, des voitures menées par des paysans endimanchés ; entre deux côtes, au bord de la route, une chapelle dans une éclaircie, m'a redonné le désir de ton pays (Michèle Maitron-Jodogne, Alain-Fournier et Yvonne de Quiévrecourt: fécondité d'un renoncement, 2000 - books.google.fr).

Alain-Fournier, demi-pseudonyme d'Henri-Alban Fournier, né le 3 octobre 1886 à La Chapelle-d'Angillon dans le Cher et mort au combat le 22 septembre 1914 (à 27 ans) à Saint-Remy-la-Calonne, est un écrivain français, dont l’œuvre la plus célèbre est Le Grand Meaulnes (fr.wikipedia.org - Alain-Fournier).

Chez Péguy, le sentiment d'une faute plus précise augmente la parenté avec Fournier, faute qui lui fait écrire à son cadet. le 6 septembre : « Mon petit, veuillez m'envoyer en épreuves sous n'importe quelle forme la fin du Grand Meaulnes. J'en suis anxieux, comment avez-vous pu croire un instant que le grand frère me serait étranger. Hélas ! il n'est que trop l'hôte et le maître » Il est bien, en effet, l'hôte et le maître, ce Meaulnes qui a renoncé au bonheur comme quelqu'un dans le monde qui va s'en aller parce qu'aucun amour humain ne le saurait satisfaire. "Et le jour où le bonheur indéniable, inéluctable se dresse devant lui et appuie contre le sien son visage humain, le Grand Meaulnes s'enfuit, non point par héroïsme, mais par terreur, parce qu'il sait que la véritable joie n'est pas de ce monde" écrit Fournier à son beau-frère Jacques Rivière (Pol Vandromme, Journal de lectures, 1991 - books.google.fr).

En aimant, comme son ami, une femme lointaine, Bichet s'était engagé dans une voie poétique sur laquelle Fournier était parti en éclaireur depuis 1905, depuis sa rencontre avec Yvonne de Quiévrecourt - le modèle d'Yvonne de Galais -, celle de la transformation du vécu en matériau de l'œuvre. Au fil de la correspondance avec Bichet, on voit en effet Fournier faire d'Yvonne de Quiévrecourt son personnage par le biais de la relation épistolaire, à mi-chemin entre littérature et vie. Ainsi dans la lettre du 6 septembre 1908 où il évoque sa rencontre avec la jeune fille : « Certes - écrit-il à Bichet -, je n'ai jamais vu de femme aussi belle. (...) C'était une beauté que je ne puis pas dire (...), c'était en tout cas l'âme la plus féminine et la plus blanche que j'ai connue ; c'était une dame de village à la procession des Rogations ; c'était une hampe de lilas blanc ; c'était une soirée déserte d'été où l'on a découvert, en fouillant dans les tiroirs, une paire de minuscules souliers jaunis de mariée avec de hauts talons comme on n'en porte plus. » (Bulletin des amis de Jacques Riviere et Alain-Fournier, Volumes 33 à 34, Association des amis de Jacques Rivière et Alain-Fournier, 2007 - books.google.fr).

Fils d'un typographe, Edmond Bichet, et d'une couturière, Sydonie Poirier, René Bichet est un poète français né le 28 février 1887 à Pithiviers (Loiret) et mort le 21 décembre 1912 (à 25 ans) à Paris d'une overdose de morphine. C'est au lycée Lakanal à Sceaux qu'il se lie avec Alain-Fournier et Jacques Rivière (fr.wikipedia.org -René Bichet).

On trouve encore Argent sur Sauldre, patrie de l'abbé Moreux, Louis Théophile Moreux (20 novembre 1867 - Bourges, 13 juillet 1954), astronome et un météorologue français, célèbre par de nombreuses publications de vulgarisation destinées à faire connaître l'état des sciences du début du XXe siècle au plus large public possible (fr.wikipedia.org - Théophile Moreux).

Le Serpent Rouge contient ces lignes :

« Avant de lire les lignes qui suivent, Au lecteur de daigner se souvenir que » : « ...après un long sommeil les mêmes hypothèses ressuscitent sans doute nous reviennent-elles avec des vêtements neufs et plus riches mais le fond reste le même et le masque nouveau dont elles s’affublent ne saurait tromper l’homme de science... » (Abbé Th. Moreux, Directeur de l’Observatoire de Bourges, page 10, du livre l’Alchimie moderne).

Saulzais le Potier possède son Monument du Centre de la France (vers 1947) : Ce monument fut érigé d'après les calculs de l'abbé (Les curiosités de La Vraie Langue Celtique : Un alignement Carnac - Grand Pressigny - Neuillay-les-Bois).

Le 6 septembre à Sens

Les continuateurs de Bollandus ont tiré d'un légendaire manuscrit de Sens, inséré dans leur collection au 6 septembre, les actes des saints Sanctien et Augustin, et de Sainte Béate, vierge et martyre, sœur de saint Sanctien. La légende de la vie de Béate est courte ; elle se confond avec celle de saint Sanctien, qui serait venu d'Espagne avec elle jusqu'à Sens, et tous deux auraient succombé pendant une persécution de l'empereur Aurélien. Ils furent décapités, en haine de la religion catholique, a Sancéia, à deux milles de la ville de Sens. En 865, les païens (Normands) auraient renversé un grand nombre d'églises, entre autres, celle de saint Sanctien, et l'archevêque Anségise transporta de la ville de Sancey dans la basilique de Saint-Pierre-le-Vif (à Sens).

Dans l'église Saint-Maurice, sont gardées dans une chasse les reliques des saints Fort et Guinefort et de leur sœur Aveline, morts subitement alors qu'ils venaient de se retrouver à l'auberge du Chapeau Rouge, à l'entrée du faubourg d'Yonne. [...] Le pèlerinage des saints Forts avait lieu tous les ans le 25 février, et le 26 les années bissextiles (Bernard Sergent, Le guide de la France mythologique: parcours touristiques et culturels dans la France des elfes, des fées, des mythes et des légendes, 2007 - books.google.fr).

Un lien s'établit entre Guinefort et Millefort, fêté lui le 6 septembre aussi (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : Le calendrier et l’église Saint Suplice de Paris).

A l'ouest de Sens, à Brannay où prend sa source le ruisseau l'Orval, se trouvent le lieu-dit Les Ursules. Un Buisson d'Orval est à Villy et un autre à Linay, juste au nord de Margut (ermitage de saint Walfroy).

A Châlons en Champagne (anciennement sur Marne), il y avait des processions au début de septembre pour la neuvaine de saint Memmie (fêté le 5 août) qui prit le temple de Jupiter qui était sur le mont Jovin, mons Iovis (mont Saint—Michel), pour en faire une chapelle qu'il dédia a saint Michel, archange. Il existe d'ailleurs un village de Saint Juvin (fêté le 27 septembre) à côté de Granpré sur cet axe (Georges Clause, Le Diocèse de Châlons, 1989 - books.google.fr, Louis Barbat, Histoire de la ville de Châlons-sur-Marne et de ses monuments depuis son origine jusqu'en 1854, 2003 - books.google.fr).

La bataille des Champs catalauniques

Au nord est de Châlons sur Marne, il y a La Cheppe (église Saint Martin) avec son camp d'Attila où est venu Napoléon III le 6 septembre 1857.

Le 9 septembre 1857, trois jours après la dernière visite de l'Empereur, M. Failly, son aide-de-camp, écrivit a M. le Maire de La Cheppe pour lui exprimer le désir qu'avait S. M. de faire fouiller la butte du camp d'Attila et le dernier tumulus qui reste sur le terroir de La Cheppe (Voir chapitre XIV). Le 21 septembre 1857, vingt soldats commandés par M. Dogny, lieutenant, et un sergent du génie de la garde impériale, commençaient les fouilles. Les travaux durèrent jusqu'au 9 octobre suivant (P.-H. Letaudin, Etude historique sur La Cheppe, le camp d'Attila, et ses environs, 1869 - books.google.fr).

Le lieu-dit « Camp d'Attila » et les alentours seraient, selon certains chercheurs, le lieu de la bataille des champs Catalauniques qui eut lieu en 451 et ou plusieurs milliers d'hommes furent aux prises. Le combat principal aurait eu lieu sur une hauteur appelée l'Ahan des Dibles. Cette vaste enceinte protohistorique, qui date du Ier siècle av. J.-C., est un vestige d'un oppidum gaulois occupé ensuite par les Romains d'environ trente hectares. La forme est elliptique avec fortifications et levée de terre, des fossés hauts d'environ sept mètres. Au Moyen Âge deux buttes médiévales furent construites dessus. Dans la région, on parlait autrefois de cet oppidum comme étant le Vetus Catalaunum, le vieux Châlons, l'appellation de Camp d'Attila réapparaît au XIXe siècle, donné déjà par Adrien Sanson, géographe du roi Louis XIII de France. Napoléon III, fasciné par l'histoire, y fait lancer des fouilles, mais sans résultat. De nouvelles fouilles, effectuées à la fin du XIXe siècle, permettent de mettre au jour des céramiques, des colliers en bronze et diverses pièces en fer forgé, de l'époque gauloise, qui sont conservés au musée de Saint-Germain-en-Laye. La Cheppe correspond à Fanomin (pour Fanum Minervae = Temple de Minerve) dans l'Itinéraire d'Antonin et à Tanomia (à la suite d'une erreur de transcription) dans la Table de Peutinger (connue autrefois sous le nom de Table théodosienne) (fr.wikipedia.org - La Cheppe).

Jean Grangier (Beauvais, 1576-1644), professeur d'éloquence, principal du Collège d'Harcourt, dans son De loco ubi victus Attila fuit olim Dissertatio (Paris, 1641) place aussi à La Cheppe la bataille des Champs Catalauniques, le nom de Camp d'Attila étant déjà connu (Gustave Lapérouse, Etude sur le lieu de la défaite d'Attila dans les plaines de Champagne, 1862 - books.google.fr).

Mais le 6 septembre, sur la Marne, à la lisière des champs catalauniques, la justice immanente arrêtera les Barbares scientifiques. L'orgueil et la convoitise germaniques seront vaincus (Fernand Roches, Manuel des origines de la guerre: causes lointaines--cause immédiate, avec un tableau synoptique, 1919 - books.google.fr).

L'invasion de 1914 a fait revivre l'époque des Huns d'Attila, battus en 451 par le général romain Aétius, le roi des Francs Mérovée et le roi des Wisigoths Théodoric (La Marne III - La Trouée de Revigny, Guides illustrés Michelin des Champs de bataille (1914-1918), 2014 - books.google.fr).

La bataille de la Marne marque le premier tournant décisif en faveur des Alliés sur le front occidental lors de la Première Guerre mondiale. Depuis l'invasion allemande de la Belgique le 4 août 1914, les armées belge et française ainsi que le corps expéditionnaire anglais, la British Expeditionary Force (BEF), ne font que reculer devant l'armée allemande. Le général français Joseph Joffre ne perd cependant pas l'espoir de lancer une vaste contreattaque. L'occasion se présente lorsque le général allemand Helmuth Johannes von Moltke ne se tient pas au plan initialement prévu et laisse se réer un espace entre ses armées. Dès le 6 septembre, une action combinée des Anglais et des Français permet aux soldats de se glisser dans la brèche, ce qui menace les positions allemandes. L'armée allemande est donc arrêtée et est contrainte d'entamer le 10 septembre une retraite générale, alors qu'elle ne se trouve plus qu'à 50 kilomètres de Paris (Pierre-Luc Plasman, La bataille de la Marne: Une première victoire des Alliés porteuse d’un nouvel espoir, 2014 - books.google.fr).

Le dimanche 6 septembre à l'aube, la bataille de la Marne commence. Ce sera la semaine la plus meurtrière de la Grande Guerre (www.france.fr - Première bataille de la marne 6 au 12 septembre 1914).

Méry sur Seine dans l'Aube est aussi proposé comme site de la bataille, ou d'une autre bataille précédent celle de Châlons, et se trouve très proche de cet axe du 7 septembre. Près de là se trouve Saint Mesmin, lieu du martyre des saint Memorius et de ses compagnons, décapités par Attila selon la légende.

C'est que l'ancienne légende de St Mesmin porte qu'ils furent martyrisés, le 7 septembre : cette mention se retrouve dans plusieurs autres légendes, notamment dans celle de St Loup, où il est dit que "St Mesmin et ses compagnons subirent le martyre le 7e jour des ides de septembre, et que ce jour-là ils quittèrent la terre pour le ciel." Attila s'est donc trouvé dans la plaine de Méry lors de sa retraite: car on sait d'une manière certaine que, dans sa marche agressive, il était sous les murs de Metz la veille de Pâques, qui, cette année là, était le 8 avril (Gustave Lapérouse, Etude sur le lieu de la défaite d'Attila dans les plaines de Champagne, 1862 - books.google.fr).

La bataille se trouve placée dans la légende près du 6 septembre. La date fixée actuellement est au 20 juin 451 ou au 20 septembre.

Sur leur retour, ils sont battus par une armée de coalition dirigée Aétius dans les Champs catalauniques (campus Mauriacus), vraisemblablement entre Troyes et Châlons, le 20 juin 451 (Marieke Van Acker, Ut quique rustici et inlitterati hec audierint intellegant: hagiographie et communication verticale au temps des mérovingies (VIIe-VIIIe siècles), 2007 - books.google.fr, structurae.info - Camp d'Attila).

Après sa défaite, Attila resta un temps sur les lieux puis se retira lentement sur le Rhin, guidé par l’évêque Loup de Troyes.

Savy signale que d'après les itinéraires, il existait à l'emplacement du village de La Cheppe un petit temple de Minerve (Fanum Minervae) remplacé, après la suppression du culte payen par un sanctuaire chrétien dédié saint Maurice, qui fut lui-même détruit au cours des guerres de religion. Cette chapelle de saint Maurice, seul édifice existant dans la vaste plaine déserte devait nécessairement servir à désigner la région environnante et c'est pourquoi Jornandès lui donne le nom de Champs Mauriciens. A cette preuve, l'auteur ajoute encore la présence de nombreux tumuli notamment celui de Poix qui porte encore de nos jours le nom de Tombeau de Théodoric, celui de Vésigneul-sur-Coole toujours considéré dans le pays comme le Tombeau d'Attila, et celui de Baudement près d'Anglure, qui ne serait autre que la sépulture d'un officier romain du nom de Cireneus. Enfin un lieudit situé à une lieue au nord-ouest du camp de La Cheppe, dénommé l'Ahan-des-Diables aurait également conservé le souvenir du combat : Ahanner dans le parler local signifie enterrer les grains des semailles, et l'épithète de diables ne peut désigner que les Huns tués pendant la bataille et qui furent inhumés sur place. (Jean Camille Niel, 451; Attila dans les Gaules. La bataille de Troyes, 1951 - books.google.fr).

M. Savy suppose l'existence de cette chapelle saint Maurice.

L'Eglise de La Cheppe, placée dans la petite rue du village, était ogivale et voûtée. En 1821, elle a été démolie et reconstruite sur ses anciens fondements, sous l'administration de M. Tronsson (Pierre-Thomas), alors maire de la commune; elle fut reçue, bénite et consacrée sous l'invocation de Saint-Martin en 1822. Elle possède un magnifique tabernacle représentant en relief l'Annonciation de la Sainte Vierge. Remarquable surtout par la beauté de la sculpture, il provient du couvent des Ursulines de Châlons et a été acheté quatre-vingts francs, au momentoù il allait être brûlé par les dévastateurs des églises, à l'époque de la Révolution. [...] Avant la reconstruction de cette église, la chapelle à gauche du maître-autel était dédiée à saint Maurice: elles était ornée d'un vieux tableau de ce saint, qui, d'après la tradition, venait de la chapelle de Parjouët. Cette chapelle templière dépendait de La Neuville-au-Temple , aujourd'hui Dampierre-au-Temple, située à six kilomètres et demi à l'ouest (P.-H. Letaudin, Etude historique sur La Cheppe, le camp d'Attila, et ses environs, 1869 - books.google.fr).

Certaines variantes de la légende de sainte Ursule la font périr par la volonté d'Attila qui voulait l'épouser. Les reliques d'Ursule avaient été apportés à Orval par le moine Constantin (8 décembre) lors de la refondation de l'abbaye.

Baudement se trouve près de l'axe. Vésigneul, aujourd'hui dans la commune de Faux-Vésigneul se trouve sur la Coole qui se jette dans la Marne à Coolus sur l'axe.

Les dates du 6 et du 22 septembre appartiennent à une division de l'année en 22. Un des axes du 22 passe à Toul (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : Introduction).

Attila

Lorsqu'Attila se vit obligé de quitter la région d'Orléans, il s'arrêta à l'une ou l'autre des deux idées suivantes qui lui ont été prêtées par certains érudits : gagner délibérément les plaines catalauniques qu'il avait déjà traversées et où il savait trouver des terrains permettant à ses armées de se déployer et d'offrir la bataille à Aétius et à ses alliés dans de meilleures conditions qu'à Orléans ; ou bien, continuer sa route pour gagner la région de Trêves, franchir le Rhin et se rendre en Thuringe comme il le fit après la bataille de Champagne. Et toujours dans cette seconde hypothèse qui paraît la plus plausible, Attila se sentant serré de près aurait laissé une forte arrière-garde pour couvrir le passage d'une rivière par le gros de ses troupes et donner à celui-ci le temps de se dérober et de se placer plus loin en bataille pour attendre l'ennemi. Il n'y a Il n'y a en effet que 200 kilomètres environ entre Orléans et l'Aube, soit huit étapes modérées pour des troupes se déplaçant à cheval ou en chariots (25 kilomètres en moyenne), ce qui donne à croire que les armées d'Aétius et de ses alliés étaient constamment sur les talons des armées d'Attila pendant les huit journées qui s'écoulèrent entre l'abandon d'Orléans et la grande bataille. C'est pourquoi Attila se décida à constituer une arrière-garde destinée à lui donner le temps nécessaire pour faire prendre au gros de ses troupes leur dispositif de combat. Dans l'une comme dans l'autre des deux hypothèses envisagées, l'axe général de marche était d'abord Orléans, Château-Landon, Méry-sur-Seine et Châlons-sur-Marne. La zone de marche pouvait être limitée à gauche par la ligne Montereau, Nogent-sur-Seine, Granges-sur-Aube, Fère-Champenoise ; à droite par la ligne Montargis, Troyes, Arcis-sur-Aube, Sompuis. Abordant ensuite la Marne en aval et en amont de Châlons, de Condé-sur-Marne à Pogny, les armées d'Attila se seraient portées vers les défilés de l'Argonne, la trouée de Stenay et la région de Trêves. A cette époque, il y avait de nombreux itinéraires possibles entre Orléans et la Seine, au delà de laquelle le terrain est d'un parcours facile jusqu'à l'Argonne, surtout à la belle saison (Charles Jordan, César et Attila en Gaule: 3 énigmes historiques, 1947 - books.google.fr).

On a vu que Méry-sur-Seine, Granges-sur-Aube, Châlons et Stenay sont sur cet axe du 7 septembre.

Le roi des Huns parait devant Orléans, avec 150,000 hommes le 24 juin 451 ; l'investissement et le siège durent quarante-neuf jours. Aetius arrive le 12 août avec 100,000 hommes ; deux jours après les lignes sont forcées et le siège levé avec perte, pour les Huns, de 50,000 hommes (Journal des sciences militaires, R. Chapelot, 1834 - books.google.fr).

Au milieu du XIVe siècle, un nommé Niccolò da Casola compose une épopée de 37.535 vers, en 16 chants, sous le titre de La Guerra d’Attila. Elle est conservée dans un seul manuscrit en papier de la Biblioteca Estense de Modène (ms a.W.8. 16-17), en deux tomes. Elle a été commencée en 1358 et terminée dix ans plus tard. L’auteur est identifié avec un notaire originaire de Bologne, qui vivait à la cour de la famille d’Este (Estensi) à Ferrare. Il développe largement les exploits légendaires d’Attila en Italie et fait figurer ses ennemis, défenseurs du christianisme et de l’Italie, comme des ancêtres glorieux de la famille d’Este. Sa thématique est influencée par des oeuvres françaises tels le Roman d’Alexandre, la Chanson d’Aspremont, l’Entrée d’Espagne et la Pharsale.

En 1565 est rédigée l’adaptation en prose de la première partie de la Guerra d’Attila par Giovan Maria Barbieri (1519-1574), important philologue, sous le patronage d’Alfonso d’Este. Le texte est publié à Ferrare en 1568, puis à Venise en 1569 (Edina Bozoky, La naissance d’Attila dans la littérature médiévale franco-italienne, Littérature et folklore dans le récit médiéval, 2011 - books.google.fr).

Attila est cité par La Vraie Langue Celtique, page 209 :

L'héritier royal était seul admis à porter les cheveux longs, et ce fait, bien reconnu et certain d'ailleurs, devient encore plus manifeste par la composition du nom de Mérovée, Merowig, le vainqueur d'Attila, – mere (mire) seul, – to owe (ô), être obligé de, – wig, chevelure –. Lorsque Mérovée mourut, jeune encore, les possessions des Franks s'étendaient jusqu'à la Seine.

Dans la Guerre d'Attila, celui-ci est le fils d'un lévrier et de la fille du roi de Hongrie Ostrubal.

Par sa consonance, le nom du roi – Ostrubal – évoque probablement l’envahisseur punique, Hastrubal, frère d’Hannibal (Deuxième guerre punique). D’emblée, Ostrubal représente l’ennemi juré du christianisme ; fort chagriné par la diffusion de celui-ci, il veut entreprendre son éradication. L'épopée La Guerre d'Attila en fait un mahométan, ennemi typique des chrétiens dans les chansons de geste. L'actualité d'un tel personnage est aussi liée à lamenace turque, de plus en plus grave au mileiu du XIVème siècle (Edina Bozoky, La naissance d’Attila dans la littérature médiévale franco-italienne, Littérature et folklore dans le récit médiéval, 2011 - books.google.fr).

Hasdrubal est cité pages 93 et 94 de La Vraie Langue Celtique.

On retient un lien indirect entre Attila et le 6 septembre, fête de saint Millefort, autre Guinefort qui est aussi le saint lévrier de Sandrans (Ain) (Jean Claude Schmitt, Le saint Lévrier: Guinefort, guérisseur d'enfants depuis le XIIIe siècle, 1979 - books.google.fr, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Histoire d’âme).

Dans le trou n° 14 des fouilles de 1864 du Camp d'Attila à La Chappe a été retrouvée une tête de chien lévrier, "il est vraisemblable que cette belle tête a été offerte en sacrifice à Diane, déesse de la chasse" (P.-H. Letaudin, Etude historique sur La Cheppe, le camp d'Attila, et ses environs, 1869 - books.google.fr).

Les deux versions de La Guerra soulignent la nature ardente de la jeune fille qui la pousse à l'accouplement bestial, motif clé de la naissance d'Attila. Commençons par le motif de la cynocéphalie, caractéristique d'Attila dans la légende. Les hommes à la tête de chien figuraient depuis l'Antiquité parmi les « peuples monstrueux » que l'on imaginait vivre en ExtrêmeOrient, en Inde. Plus tard, ils sont parfois mentionnés parmi les peuples enfermés par Alexandrele Grand derrière le Caucase. Or, dès le Ve siècle, on imagine que les Huns font précisément partie de ces «nations perverties par Satan », représentées par Gog et Magog, qui sortiront du Caucase à la fin des temps. Quoiqu'il en soit, au XIIIe siècle, le chroniqueur florentin Robert Malespini attribue déjà à Attila des oreilles de chien : «Cet Attila flagellum Dei avait la tête chauve, des oreilles comme un chien ». Mais il ne parle point de la légende de l'accouplement avec le lévrier. De même, le chroniqueur de Padoue, Rolandino, parle d'«Attila le chien» à propos du sac de la ville au milieu du XIIIe siècle. Curieusement, le «père» d'Attila, le lévrier, a un rôle ambigu dans notre récit. Premièrement, le lévrier jouit au Moyen Âge d'un statut spécial parmi les chiens. Au milieu du XIII esiècle, Vincent de Beauvais, faisant une classification des chiens, en distingue trois sortes : les chiens de chasse, les chiens de garde et les lévriers, qui sont les plus nobles, les plus élégants, les plus rapides à la course, les meilleurs à la chasse. Animal étroitement associé à l'aristocratie, à la noblesse, le lévrier a une place prépondérante dans l'héraldique. Bien que chiens de chasse, on sait qu'ils pouvaient habiter avec leur maître, partager son intimité. Dans le roman Partonopeus de Blois (av. 1188), Partonopeus, rentrant au château après la chasse, renvoie ses chiens sauf deux lévriers qu'il garde auprès de lui, Auques li tolent son enui (v.860). Dans le même roman,le jeune Anseau sauve un lévrier dans un naufrage, l'adopte et le prend toujours avec lui. De cette façon, la cohabitation du lévrier avec la princesse dans notre légende reflète la réalité. Par contraste avec la nature amoureuse de la jeune fille, le lévrier de la légende fait figure de victime. Sa couleur blanche indique son innocence : ce n'est pas lui qui prend l'initiative de s'unir avec la princesse. De plus, il subit un véritable martyre. Le texte en prose précise que « la demoiselle était échauffée de la luxure, elle tourna son ventre vers le lévrier ». La mort tragique du lévrier, jeté dans le fossé, fait penser à la mort injuste du «saint »lévrier Guinefort, injustement tué par erreur. [...]

Il existe plusieurs légendes, bulgare, turque, chinoise, aïnou, mais aussi esquimaude, indienne et autres, qui mettent en scène l'union d'une femme avec un animal, en particulier avecun chien.

L'origine bestiale d'Attila devait souligner la monstruosité du personnage et, par contraste, exalter la valeur de ses ennemis, défenseurs du christianisme etde l'Italie. On avu plus haut que, selon une antique tradition, les Huns seraient descendus des sorcières goths, chassées loin de leur peuple et fécondées par démons ("esprits immondes"). La théorie de la génération démonique des Huns est bien connue au Moyen Âge. Si, après 1230, le thème disparaît des débats théologiques, les traités démonologiques le citent de nouveau au XVe et au XVIe siècles, tel Jean Wier, De prestigiis daemonorum (Bâle, 1583). Dans notre légende, la procréation bestiale remplace l'ascendance démoniaque. Au Moyen Âge, on croyait en la possibilité d'union fertile entre bêtes et humains ; les fruits de telles unions, des hybrides, furent considérés comme des monstres. Aux XIIIe et XIVe siècles, les monstres, résultats d'une transgression, sont les incarnations favorites du Diable. [...]

De cette façon, Attila, un être hybride, est tout à fait rejeté du monde chrétien. Le motif de l'origine canine d'Attila semble être également lié à l'assimilation des païens aux chiens. L'origine de la métaphore chiens/païens se trouve dans l'Ancien Testament (Psaumes, LIX) : les païens sont comparés aux chiens qui rôdent autour de la ville en aboyant. Les auteurs chrétiens commentent surtout un passage de l'Évangile de Matthieu (XV, 21-28) où les Cananéens sont assimilés aux chiens. À la suite des Pères de l'Église comme Tertullien, Lactance, Augustin, Jérôme, l'usage de cette métaphore se répand au Moyen Âge non seulement dans la littérature théologique mais aussi dans les chansons de geste, et ceci jusqu'àla fin de la période médiévale. Notre légende fait incarner– ausens littéral – cette métaphore dans le motif de la naissance d'Attila, personnage représentant par excellence le païen et, de surcroît, dans La Guerra d'Attila, le païen mahométan, situé dans une véritable ambiance de croisade. [...]

La mauvaise image du roi hongrois/hun peut s'expliquer, au moins en partie, par les conflits d'intérêts qui opposaient au XIVe siècle Venise et le roi de Hongrie, Louis d'Anjou, en particulier en Dalmatie. En 1358, Venise a dû renoncer – provisoirement – à la possession de cette région. Raffaino Caresini, en parlant en 1373 des dévastations de Louisd'Anjou dans le Frioul, s'étonne de la barbarie d'un tel roi «qui descend non pas d'Attila flagellum dei mais du roi très chrétien de France » (Edina Bozoky, Attila et les Huns: Vérités et légendes, 2012 - books.google.fr).

Les Nibelungen

Attila, impliqué par certaines variantes de la légende dans le martyre de sainte Ursule, est l'un des personnages principaux de la Chanson des Nibelugen, qui portent, comme le font remarquer les auteurs de L'énigme sacrée (p. 275), des noms mérovingiens.

Le chant des Niebelungen est formé de deux parties d'égale étendue, dont la première comprend dix-neuf aventures ou chants, et se termine au meurtre de Siegfried; la seconde, composée de vingt aventures, a pour objet la vengeance que Chriemhilde, veuve de Siegfiied, devenue reine des Huns, épouse d'Attila (Etzel), exerce sur ses parents, meurtriers de son premier mari. La scène s'ouvre sur les bords du Rhin, à Worms, capitale du royaume burgonde i; là, trois frères régnent en commun, Gunther, Gernot et Giselher; Gunther qui est l'aîné paraît exercer la principale autorité. Leur sœur Chriemhilde est élevée auprès d'eus.Toute jeune, elle est déjà célèbre par sa grande beauté. Leurpèredécédé à l'ouverture du récit se nommait Dankrat; Uta leur mère vit encore. Chriemhilde a fait un rêve qui l'agite. Elle élevait un beau faucon, deux aigles vinrent le tuer sons ses yeux. Sa mère lui explique son rêve en lui annonçant qu'elle épousera un noble guerrier, mais le perdra au bout de peu de temps. Ce futur époux de Chriemhilde est Siegfried, fils de Siegmund, roi franc, résidant à Santen, sur le bas Rhin.

Worms, cité importante de la province des Gaules nommée première Germanie, aujourd'hui la Bavière rhénane, est appelée Wormatia, Vuormacia, Gormetia, Barbetomagum et Civitas Vangionum. Gunther, Gundahar ou Gundicaire, roi des Burgondes, y était établi dès l'an 413 (Edouard Sécretan, La tradition des Nibelungen, 1865 - books.google.fr).

Le nom de Gunther est rapproché de celui du roi des Burgondes Gundicarius, qui a essuyé une défaite, en 436 ou 437, infligée par des Huns commandés par le chef des armées romaines Aetius.

Aetius, le général et chef d'état romain qui avait accédé au pouvoir en 433, décide de s'appuyer sur les Huns pour repousser les Burgondes. En 436/7 il attaque avec ses alliés huns le roi burgonde, Gundicarius, le tue et anéantit son peuple. Les survivants burgondes sont transférés dans la région de Lyon et Genève et fondent là un royaume qui vers 495 s'étend du sud de la Champagne jusqu'à la Durance. Dans ce royaume Germains et Romains avaient les mêmes droits (Danielle Bushinger, Attila - Chef des Huns, figure légendaire, personnage littéraire, Attila dans la réalité historique, la littérature et les beaux-arts: actes du colloque de Saint-Riquier, (Décembre 2002), 2004 - books.google.fr).

Worms se trouve sur un des axes du 22 septembre passant par Toul. Saint Epvre voulait dédier à saint Maurice, chef de la légion Thébaine, l'église qu'il fit élever dans un des faubourgs de sa ville épiscopale de Toul ; mais, quand son corps y fut inhumé, le peuple, qui aimait à venir prier sur sa tombe, ne l'appela plus que l'église Saint-Epvre, et ce dernier nom lui est resté (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : 22 septembre - Maurice - Toul).

L’exemple mauricien sert à l’exhortation du prince ottonien au début du XIe siècle, mais, quelques décennies plus tard, au moment où la question des investitures génère de fortes tensions entre l’Empire germanique et la Papauté, il est mis en avant par les partisans de l’empereur et, en particulier, du Salien Henri IV. Benzo d’Albe signale ainsi qu’en 1061 les Normands, acquis à la cause de l’élu des cardinaux, le pape Alexandre II, s’opposèrent avec force à l’avancée des troupes impériales, mais qu’ils ne purent empêcher Pierre Cadalus, consacré à Bâle sous le nom d’Honorius II, de parvenir au Latran. Il ne s’agit pas, pour l’ancien évêque d’Albe, de vanter la valeur des armées d’Henri IV, mais de légitimer la position du monarque. Il précise en effet que saint Maurice se trouvait au milieu des soldats. La présence du Thébain est lourde de signification car chacun sait que le légionnaire mania la lance et l’épée, mais qu’il veilla toujours à ce que son combat soit juste aux yeux de Dieu, conforme à la volonté de Dieu. La conclusion qui s’impose est claire : Henri IV avait, dans sa lutte contre le pape et les cardinaux, le soutien du ciel. Le Thébain retint aussi l’attention d’un autre clerc favorable à l’empereur, le cardinal Benno. En 1081, le prélat relit le texte laissé par Eucher de Lyon, soulignant que le refus de porter les armes contre leurs coreligionnaires n’avait pas conduit les soldats à se retourner contre Maximien, mais que ceux-ci étaient, au contraire et jusqu’à la mort, restés respectueux du serment qu’ils avaient prêté au moment de leur intégration dans les armées impériales. Il interprète l’attitude des Thébains à la lumière du commentaire que donne saint Jérôme du passage du livre du prophète Ézéchiel concernant le roi de Juda, Sédécias. Il rappelle ainsi que Sédécias promit fidélité à Nabuchodonosor puis qu’il rechercha l’appui de l’Égypte pour se révolter contre le monarque de Babylone et qu’il subit, finalement, le châtiment divin parce qu’il avait méprisé le serment dont Dieu était le témoin. L’important, conclut il, n’est donc pas celui auquel on donne sa parole, mais celui au nom duquel et devant lequel on la donne. Le contexte éclaire le propos du cardinal. En 1075, le pape Grégoire VII a écrit à Henri IV pour dénoncer la situation de l’Église dans l’Empire et, en particulier, le contrôle de l’empereur sur l’élection des prélats. Le monarque n’apprécie guère la démarche du pontife et, entouré des évêques de l’Empire qu’il a réunis à Worms, déclare Grégoire VII usurpateur. L’intéressé réagit en déliant tous les sujets de l’empereur de leur serment de fidélité puis dépose et excommunie Henri IV. Ce dernier s’incline. Il se rend, pénitent, à Canossa. Pieds nus et en chemise dans la neige, il obtient le pardon du pape sans, toutefois, convaincre les grands, qui se donnent un nouveau roi en la personne du duc de Souabe, Rodolphe de Rheinfelden. Henri IV, furieux, en appelle au pape. Il réclame la condamnation de l’anti-roi, arguant de l’absolution qu’il a reçue et de l’annulation de sa déposition, mais Grégoire VII reste sourd à sa requête, niant même l’avoir réhabilité. Il n’y a plus alors, pour départager les deux prétendants à la couronne, que l’affrontement. Il a lieu le 16 octobre 1080 à Hohenmölsen : Henri IV est battu, mais Rodolphe ne profite pas de la victoire puisqu’il meurt au cours de la bataille. L’interprétation que livre Benno de la Passion de saint Maurice s’explique. Dans ces années 1075-1080 durant lesquelles les serments sont prêtés, oubliés voire dénoncés au gré des circonstances et des intérêts, le cardinal avertit les aristocrates de l’Empire. Il leur rappelle que les paroles données l’ont été devant Dieu et que celui-ci, parce qu’il en a été le témoin, punira les parjures. Il signale aussi au pape, qui revendique pouvoir délier des sujets de leur fidélité à leurs seigneurs, que Dieu fut et demeure le témoin des serments prêtés et qu’il veillera à sanctionner ceux qui, écoutant le pontife, manqueront à leurs engagements. L’auteur de la Vie d’Henri IV, au début du XIIe siècle, lui donne raison et conforte sa lecture, aussi savante qu’orientée, du récit d’Eucher. Relatant le combat qui oppose l’empereur à Rodolphe de Rheinfelden, il note que le corps de ce dernier fut retrouvé et précise qu’il manquait la main droite. L’amputation n’est pas une blessure. Elle est une peine, celle qui est réservée aux parjures et qui manifeste donc autant la faute du duc de Souabe qu’elle dénonce les prétentions du pape (Esther Dehoux, Saint Maurice, soldat au service du prince, Inflexions, n° 27, 2014 - www.academia.edu, univ-lille3.academia.edu).

Pendant la querelle des Investitures, Matilde soutient très fermement le parti du pape (guelfes). Le 25 janvier 1077, c'est dans la cour du château de Canossa, appartenant à Mathilde, que l'empereur Henri IV « fit amende honorable » lors d'une rencontre avec le pape Grégoire VII : c'est l'origine de l'expression « aller à Canossa ». Après la mort de Grégoire VII, Mathilde soutient son successeur Victor III, réfugié au Mont-Cassin, contre l'antipape impérial Clément III. Après la mort du Pape une quarantaine d'évêques et d'abbés réunis sous la protection des milices de Mathilde élisent l'évêque d'Ostie, sous le nom d'Urbain II pour lui succéder. C'est un français proche comme elle d'Hugues de Cluny.

En 1089 à l'incitation du nouveau pape Mathilde accepte de se remarier à 43 ans avec Welf II de Bavière un jeune garçon de 17 ans Il s'agit d'une union politique destinée à renforcer les liens entre le Pape et les Welfs eux aussi en conflit avec l'empereur Henri IV du Saint-Empire. Sous l'influence de Mathilde, Conrad le second fils de Henri IV, couronné roi des Romains dès 1087 se rallie au camp du pape et s'oppose à son père. L'archevêque de Milan le couronne roi d'Italie en 1093. Le pape Urbain II négocie son mariage avec une fille de Roger Ier d'Hauteville, comte de Sicile en 1095. Cette même année Mathilde et Welf se séparent. Conrad déshérité par son père meurt à Florence en 1101. Son frère cadet Henri, roi des romains depuis 1098 se révolte à son tour contre son père en 1104 et rejoint le parti du nouveau Pape, successeur d'Urbain II, Pascal II. Par une donation de 1077 solennellement renouvelée en 1102, Mathilde avait cédé, après sa mort, l'ensemble de ses États au Saint-Siège bien qu'une partie d'entre eux, la Toscane notamment relèvait, de la suzeraineté impériale. Cet acte est à l'origine d'un conflit d'un siècle entre le Pape et les empereurs.

En 1110, Henri, devenu l'empereur Henri V du Saint-Empire, effectue une descente en Italie, Novare qui refuse d'accueillir ses troupes est châtiée et Mathilde reste sans réaction. Elle se déplace même à la diète impériale de Roncaglia pour rencontrer l'empereur. La comtesse Mathilde meurt à Bondeno di Roncore le 24 juillet 1115.

L’archevêque de Vienne, dont la cathédrale était vouée à saint Maurice, Guy de Bourgogne, né à Quingey sur les tracés des nonagones, réunit en 1112 à la demande de Pascal II un concile afin de statuer sur la querelle qui s’était élevée au sujet des investitures. Pascal II avait été fait prisonnier, en 1111, par Henri V qui l’avait contrait d’accepter que l’empereur puisse accorder l’investiture des évêchés et des abbayes par les insignes religieux de la crosse et de l’anneau. Des protestations s’étaient élevées, surtout en France. Le concile de Vienne déclara, « sous la dictée du Saint-Esprit », que toute investiture donnée par un laïc était hérétique, et que les chrétiens seraient déliés de l’obéissance au pape si celui-ci en jugeait autrement. Pascal II ratifia ces prescriptions en octobre 1112.

En 1117, Pascal II s’enfuit de Rome dans laquelle entrait Henri V qui se fit couronner empereur par Maurice, dit Burdin, archevêque de Braga. A la mort de Pascal, son successeur Gélase II dut aussi quitter Rome à l’approche de l’empereur qui nomma Burdin pape devenant ainsi l’antipape Grégoire VIII. Gélase finira sa vie en France qui lui offre refuge et meurt à Cluny le 29 janvier 1119, recommandant Guy de Bourgogne pour sa succession.

Elu le 2 février et couronné le 9 février 1119, Guy, devenu le pape Calliste ou Calixte II, fut reconnu tel par les cardinaux romains bien qu’il ne fut pas italien et qu’il fut choisi par un petit groupe de cardinaux restés en France. Calixte crut utile de faire un tour de France afin d’assurer son pouvoir.

Finalement, une négociation entre Henri V et l’Eglise s’ouvrit à Worms où fut signé un concordat, le 22 septembre 1122 (Voyage dans le temp : Le pape Calixte II).

On trouve soit la date du 22 septembre soit celle du 23. En fait la Diète ou Concile de Worms se tint le 8 et le 22 septembre 1122. La signature eut lieu le 23, jour de l'absolution de l'empereur Henri V. Au Ier Concile général d'Occident de Latran (IXème Concile oeucuménique), en 1123, fut ratifié le premier concordat entre l'Empire et l'Eglise.

Les Pères écoutèrent attentivement les paroles qu'avait prononcées l'empereur et que l'on avait enregistrées, avec celles de Callixte, dans l'acte rendu précédemment public à Worms et sur les rives du Rhin. Le lecteur ne sera sans doute point fâché de trouver ici le texte de ce document, premier exemple d'un Concordat véritable entre le Sacerdoce et l'empire.

Cet acte portait les signatures d'Adalbert, Archevêque de Mayence, de Fréderic Archevêque de Cologne, de S. Othon Évêque de Bamberg, de Brunon Évêque de Spire, d'Arnulphe Abbé de Fulde, de quatre autres Évêques et de huit Seigneurs pris parmi les ducs, les marquis et les comtes de l'empire. Il fut authentiqué par Frédéric, Archevêque de Cologne, et convalidé par l'apposition du sceau d'or de l'empire, sous la date du IXe jour des Calendes d'Octobre 1122, comme le rapportent les chroniques d'Usperge et d'Hildesheim (Vincenzo Tizzani, Les conciles généraux, traduit par Joseph Antonin Doussot, 1869 - books.google.fr).

Le IXe jour des Calendes d'Octobre 1122 est le 23 septembre 1122. La veille, le 22 septembre 1122, a aussi son importance.

Finalement, ce furent des Français encore qui, sous le pontificat de Calixte II, préparèrent non sans risques la solution d'un conflit presque séculaire. A Reims, en présence du pape, de notre roi Louis VI et du concile, la renonciation formelle d'Henri V avait été apportée avec des souhaits très vivement exprimés de réconciliation et de paix. « Plût à Dieu que la chose fut faite, s'était écrié Calixte, à supposer qu'elle fût sans fraude ». Lui aussi n'oubliait ni la « protervia Teuticorum », ni les « enormitates Germanorum ». Étant allé à Mouzon pour s'assurer des intentions des Allemands, il constata que, dans l'intervalle l'empereur avait fait modifier et tronquer le texte des propositions les plus importantes. Notre Guillaume de Champeaux fit constater publiquement le procédé et rompit la discussion. On apprit en même temps que tout avait été préparé pour l'enlèvement du pape qui dut se replier en toute hâte sur Reims. C'était Canossa, Sutri et le drame de Saint-Pierre combinés en un scénario unique. On y échappa ; mais il fallut se satisfaire de nouveaux anathèmes. Cependant ce qui fera toujours capituler les chefs de l'Allemagne, c'est la peur des sécessions, de la désagrégation de l'État instable auquel ils commandent. La guerre civile dans son royaume germanique, la désaffection grandissante et la menace normande en Italie contraignirent enfin le Salique à céder. Sans doute ce fut une transaction, une paix de compromis si l'on confronte ce concordat de de Worms (1122) à ce qu'opposait Grégoire VII à Henri IV ; c'était pourtant une défaite allemande si l'on compare le résultat aux formidables exigences de jadis. Au lieu de la souveraineté universelle, tant dans le spirituel que dans le temporel, le chef germain y était considéré comme un quelconque d'entre les souverains, et traité distinctement et différemment comme roi de Germanie, roi d'Italie, roi de Bourgogne. C'était écarter par prétérition la dignité impériale et la réduire à un titre personnel et nu. Dans le royaume de Germanie, le roi pouvait assister aux élections épiscopales et abbatiales et, en cas de litige, participer avec le métropolitain au jugement, après quoi il devait faire remise à l'élu des régalia par le sceptre avant le sacre. En Italie et en Bourgogne, aucune intervention du souverain danslesélections, remise des régalia à l'élu par le sceptre, mais seulement après le sacre et dans les six mois. Partout les investitures par la crosse et l'anneau, sous peine d'anathème, étaient interdites ; partout la liberté des élections et des consécrations était garantie (22 septembre 1122) (Revue des questions historiques, Volumes 123 à 124, 1935 - books.google.fr).

Le 8 et le 22 Septembre 1122, se tint à Worms, en présence de l'empereur Henri V et des trois Légats du Pape Callixte II, une Diète, (à laquelle plusieurs auteurs donnent le nom de Concile), composée des grands, des Évêques et des Abbés feudataires de l'empire. Dans cette assemblée, fut traitée la question des Investitures et les deux parties confirmèrent leur accord par un écrit qui constitue un document historique de la plus haute importance. [...]

Afin donc de rendre à la fois plus solennelle et plus facile la cérémonie de l'absolution, on convint que l'armée toute entière se déploierait le long de la rive gauche du Rhin. A la tête de ses troupes se trouverait l'empereur Henri V, entouré des grands de sa cour et de tous les dignitaires Ecclésiastiques et civils. Viendrait ensuite la grande multitude de personnes qui désiraient également se faire délier des censures Ecclésiastiques par l'autorité Pontificale, dont Lambert, Évêque d'Ostie, était le principal représentant. Le 23 Septembre, les soldats, les nobles, les dignitaires, l'empereur et le peuple, disposés suivant l'ordre que l'on vient d'indiquer, écoutèrent en silence la lecture de la convention arrêtée entre Callixte et Henri. Les trois Légats du S. Siège s'étaient rendus auprès de l'empereur et ratifièrent au nom du Pape la déclaration Pontificale, pendant que Henri de son côté ratifiait la sienne. Après qu'on eut lu cette double ratification et publié le Concordat, Lambert, Évêque d'Ostie, au nom et par l'autorité du Pontife Romain, donna publiquement à l'empereur, à l'armée et à tous ceux qui étaient en état de la recevoir, l'absolution de l'excommunication encourue par eux à l'occasion des Investitures. Ensuite il célébra, en présence de tous, le très-Saint Sacrifice de la Messe, l'empéreur Henri, délié del'excommunication et réconcilié avec l'Église, fit la sainte Communion et fut admis au baiser de paix par le représentant du Pape. Ce jour fut un jour de joie pour les nombreux assistants, dont la foule présentait de loin l'aspect d'une armée occupant ses positions sur un immense champ de bataille (Vincenzo Tizzani, Les conciles généraux, traduit par Joseph Antonin Doussot, 1869 - books.google.fr).

Le mariage de Louis VI avec Adélaïde de Maurienne fut célébré en 1115. Mais, du fait de la rareté des sources françaises pour ces années, et parce que peu d'entre elles mentionnent l'événement, il est très difficile de préciser davantage cette date. Le seul témoignage contemporain recueilli dans une source narrative est une note des annales de Saint-Pierre-le-Vif de Sens : mais, explicite sur l'année, le texte ne donne aucune indication de mois ou de jour (Andrew W. Lewis, La date de mariage de Louis VI et d'Adélaïde de Maurienne, Bibliotheque de l'Ecole des Chartes, Tome 148, 1990 - books.google.fr).

Sigismond fils de Gondebaud (de la loi Gombette), le fondateur de l'abbaye royale de Saint Maurice Agaune, est l'un des successeurs du Gunther des Nibelungen.

Afin d'honorer la mémoire des martyrs saint Maurice et ses compagnons, Sigismond, convertit par saint Avit de Vienne, fonde un monastère et bâtit une vaste basilique qui englobe le modeste sanctuaire existant, à Agaune, dans le Valais. Dans cette abbaye est instituée la louange perpétuelle, confiée à cinq chœurs de moines qui se relaient jour et nuit sans interruption pour glorifier Dieu. Le roi affecte à cette fondation les revenus considérables de domaines situés sur Lyon, Vienne, Besançon, Genève, Aoste... Mais après la mort de sa première épouse, Sigismond fait assassiner Sidéric, son fils, pour plaire à la seconde qui l'a persuadé que celui-ci complote contre lui. Saisi de remords il supplie Dieu de le châtier et va faire pénitence dans son monastère d'Agaune, doit en sortir pour aller guerroyer contre le roi des Francs, et y revient, vaincu, pour prendre l'habit monastique. Mais Sigismond est enlevé par Clodomir, le fils de Clovis, ramené à Orléans et précipité au fond d'un puits en 523. Le trésor de l'abbaye Saint-Maurice garde encore la châsse des enfants de saint Sigismond et un vitrail moderne du peintre suisse Edmond Bille évoque la cérémonie de la remise de la charte de fondation du monastère en présence du roi de Bourgogne. Il est fêté le 1er mai (Jean-Maurice Barbé, Tous les prénoms, 1994 - books.google.fr).

Les successeurs immédiats du dernier Rodolphe, mort le 6 septembre 1032, les premiers comtes de Maurienne et de Savoie, s'efforcent de renouer la tradition burgonde du premier et du second royaume, revendiquant avec obstination l'héritage des pacifiques descendants de ceux qui sont célébrés dans les Niebelungen et l'Edda. L'abbaye de Saint-Maurice devient pour eux un sanctuaire politique et religieux. Sous ce nom vénéré, auquel s'est ajouté celui de Saint-Lazare, Amédée VIII fonde, au XVe siècle, l'ordre religieux et militaire qui est devenu la première distinction honorifique de la petite monarchie. (Hudry-Menos, La Maison de Savoie, Revue des deux mondes, Volume 66, 1866 - books.google.fr).

Le bourg d'Epaune appelé anciennement Epaone (aujourd'hui Epinassey), est situé presqu'au pied de la chaîne du rocher appelé Tauredunum qui domine le territoire où fut massacrée la légion thébéenne, à une demi-lieue au nord de St-Maurice, fut construit par Sigismond pour y retirer tout ce qui était étranger au couvent qui, devenu si vaste, demandait tout l'emplacement d'Agaune. Le 6 septembre 516, un concile national s'y tint sous la présidence de Saint-Avit. Vingt-cinq évêques souscrivirent les quarante canons de discipline de l'Eglise Gallicane (Hyacinthe Brousoz, Histoire du Valais: dédiée à la jeunesse de ce canton, 1859 - books.google.fr).

Der Rückgriff auf die Karlszeit ist im übrigen nicht nur im literarischen Raum für die staufische Zeit üblich, sondern insgesamt politisches Programm: So ließ Friedrich Barbarossa sein politisches Vorbild Karl den Großen auf dem Hoftag zu Aachen am 29.12.1165 heilig sprechen; ebenso eindrucksvoll ist die Gestaltung des Karlsschreins, begonnen 1182, auf dem Karl der Große als Stellvertreter Christi begriffen wird. „Die Gestalt des heiligen Kaisers wird im Karlsschrein zur Inkarnation des deutschen Herrschertums. Karl und Friedrich I. sind vermutlich in einer Figur dargestellt. Friedrich erscheint hier als ein neuer Carolus. Künstlerisches Vorbild des Karlsschreins war wohl der Reliquienschrein von St. Maurice d'Agaune, des Klosters, das der letzte nicht fränkische König von Burgund, Sigismund, gegründet hatte und wo er selbst nach seinem gewaltsamen Tod 524 bestattet wurde, um danach als Heiliger verehrt zu werden: „Mit der Legendenbildung um den Untergang des Rhönereiches und um König Sigismund hat die Burgundia der Nachwelt den ersten als heilig verehrten germanischen König geliefert; und in der Strahlkraft des Patroziniums von Agaunum hat sich - zwar anders als in der Nibelungensage - ein weiteres Mal die ungewöhnliche Zähigkeit burgundischen Traditionskraft bestätigt", schreibt Laetitia Boehm in ihrer Geschichte Burgunds. Ursprung dieser Tradition ist die Verehrung des Mauritius, der zu Beginn des 4. Jahrhunderts als römischer Hauptmann der thebaischen Legion sich weigerte, die befohlene Christenverfolgung durchzuführen und deshalb in Agaunum hingerichtet wurde. Die Verehrung des Mauritius und des Klostergründers Sigismund hat sich in ganz Burgund ausgebreitet und wurde dann ebenfalls von den deutschen Königen und Kaisern übernommen.

Der Text des Nibelungenliedes spricht eindeutig von Worms als der Hauptstadt des burgundischen Reiches. Zentrale und Ausgangspunkt jeder Handlungsepisode ist Worms, egal ob Siegfried um Kriemhild wirbt, ob sich Gunther zur Brautfahrt nach Island aufmacht, ob man zur Jagd in den Odenwald aufbricht, ob der ermordete Siegfried im Münster aufgebahrt ist, ob Rüdiger von Bechelaren für Etzel um die Witwe Kriemhild wirbt, ob Kriemhild den Weg entlang der Donau zu Etzel nimmt und ob schließlich die Burgunden gegen Rumolds Rat zum Fest an Etzels Hof ziehen. Historisch erweist sich die Liedaussage - Worms sei die Hauptstadt von Burgund - zunächst als nicht plausibel, denn Worms hat zu keiner Zeit der Geschichte zum Territorium der Burgundia, des burgundischen Reiches gehört, wenn wir nicht auf die Sagengestaltung des 30-jährigen Aufenthaltes des Stammes der Burgunden in unserem Raum zurückgehen, der 436 durch den römischen Feldherrn Aetius beendet wurde. Dennoch gibt es, wie oben bereits angedeutet, historische Beziehungen zwischen Burgund und Worms, die mit den Königs- und Adelsdynastien des fränkischen Reichs zusammenhängen und dem Dichter mit großer Sicherheit bekannt waren. Beginnen wir mit der gerade genannten burgundischen Mauritiusverehrung und der thebaischen Legion: Sie ist Barbarossa auf dem Kreuzzug kurz vor seinem Tode bewusst und macht die Weihe seines Unternehmens aus: „Von der miles Christi- Idee her wird zum Typus für das Kreuzfahrerheer die Thebäische Legion: in omnibus comparanda legioni Thebeorum martyrum". Der burgundische König Friedrich Barbarossa, gekrönt 1177 in Arles, beruft sich bewusst auf die burgundische Tradition der Mauritiusverehrung und der Heiligen Lanze, die er nun im Auftrag Christi als römischer Kaiser und Vogt von Jerusalem gegen die Heiden führt. Ursache hierfür ist nicht nur die Ehe mit Beatrix von Burgund, die in Worms gesalbt wurde, sondern auch die Verpflichtung gegenüber seinen Vorgängern, von denen er die Heilige Lanze als Zeichen der Herrschaft über Burgund erhalten hat (Jürgen Breuer: Die Burgunden und ihr Wormser Hof im Nibelungenlied, Die Nibelungen in Burgund: Dokumentation des Symposiums von Stadt Worms und Nibelungenlied-Gesellschaft Worms am 30. September 2000, 2001 - books.google.fr).

Lohengrin ou Garin le Lorrain

Godefroi de Bouillon, né de la maison de Boulogne, qui porte un cygne dans son blason, suzerain d'Orval et de Stenay, concentre dans sa légende de fils de Lohengrin, le Chevalier au Cygne, la convergence des traditions hyperboréennes de l'ours et du cygne apolliniens qui ressurgiront trois siècles plus tard, au centre de la France, avec l'ours du Duc de Berry et sa devise Ors cygne le tems venra (Mythologie française: bulletin de la Société de mythologie française, Numéros 181 à 184, 1996 - books.google.fr).

Le nom de Lohengrin est issu du français li Loheren Gerin, c'est-à-dire Guérin le Lorrain. Selon Wolfram, Lohengrin, fils de Parzival, vient à Anvers sur une nacelle traînée par un cygne et épouse la princesse de Brabant, en lui faisant promettre qu'elle ne lui demandera jamais qui il est. Après plusieurs années d'une heureuse union, la reine lui fait la question interdite. Aussitôt, le cygne reparaît avec sa nacelle et emmène Lohengrin à Montsalvage. Ce court récit de Wolfram, inspiré par l'ancienne légende française du Chevalier du Cygne, fut repris dans la Guerre de la Wartbourg, et ici, c'est Wolfram lui-même qui raconte l'aventure de Lobengrin (www.cosmovisions.com - Lohengrin).

Garin le Lorrain, qui à lui seul compte près de quinze mille vers, fait partie d'un ensemble bien plus vaste connu sous le nom de Chanson des Lorrains qui s'étend de Charles Martel (688-741) à Pépin le Bref (714-768). Cette Chanson de geste comprenait quatre parties, chacune groupée autour d'un ou plusieurs personnages princi- paux : 1 -le duc Hervis de Metz, père de Garin et de Bégon ; 2 - Garin le Lorrain, et son frère, Bégon de Belin ; 3 - Girbert, fils de Garin, et Hernaut et Gézin, fils de Bégon ; 4 - enfin une quatrième génération qui se poursuit jusqu'à Garin de Montglave. La seconde partie a pour thème central la rivalité qui éclate entre Garin, le Lorrain, et Fromont, le Bordelais, à propos de Blanchefleur, la fille de Thierry, roi de Maurienne. Cette rivalité déclenche un antagonisme qui opposera les Bordelais et les Lorrains. C'est, en fait, la guerre des grands vassaux du Nord, les Francs, contre les grands vassaux du Midi, les Aquitains. Elle se poursuivra de génération en génération dans des guerres cruelles, et se terminera par l'extermination complète de la postérité d'Hadré, le Bordelais. La Chanson des Lorrains est sans doute la plus ancienne chanson qu'il nous soit donné de connaître, antérieure notamment à celles consacrées à Roland. [...] Les Lorrains ont été chantés par de nombreux trouvères, qui n'ont pas craint de modifier les textes. La seconde partie qui concerne Garin le Lorrain est la plus authentique et la plus belle (Garin le Lorrain: chanson de geste du XIIe siècle, présenté par Paul Tuffrau, 1999 - books.google.fr, Gabriel Monod, Etudes d'histoire du moyen age: dédiées à Gabriel Monod, 1975 - books.google.fr).

Les chansons de Garin commencent avec Charles-Martel, qui, après avoir battu les Wandres (Hongres ou Huns) et les Sarrazins, laisse la couronne à son fils Pépin. Hervis duc de Metz, un des soutiens de Charles-Martel dans ses guerres, est tué en poursuivant les païens près des murs de cette ville. Ses deux fils, Garin et Begon ou Begues, héritent de ses domaines. Garin devait épouser Blancheflor, fille du roi Thierry de Maurienne (Savoie), qui la lui avait destinée en mourant. Fromont de Lens, chef d'une grande famille féodale qui possédait la majeure partie de la Gascogne, de la Picardie, du Ponthieu et de l'Artois, aspirait également à la main de Blancheflor de Maurienne. De là querelles et combats qui ne finissent plus. Mais le jeune roi Pépin qui a vu la belle, et l'a trouvée fort à son gré, fait constater les liens de parenté qui existent entre elle et Garin; les fiançailles de Garin sont rompues, Fromont est débouté aussi de ses prétentions, et Blancheflor devient reine de France. Ce mariage nous paraît une pure invention du poète. Dans un roman, il est vrai moins ancien, celui de Berte-aux-grans-piés, Blancheflor est le nom de la belle mère de Pépin. Cette Blancheflor est femme du roi de Hongrie, et ce fut Berthe sa fille qui reçut le titre de reine, et la main du fils de Charles-Martel (Vincent Victor Henri de Vaublanc, La France au temps des croisades: ptie. Sciences, littérature et arts, 1849 - books.google.fr).

L'opposition des Lorrains et des Bordelais se manifeste sur les nonagones par l'alignement de Fronsac et de Château-Regnault avec le centre des nonagones Neuillay les Bois et est encore illustrée par l'épopée des Quatre Fils Aymon présents à Château-Regnault statufiés par Albert Poncin qui reçu une médaille d'or en 1929 pour la présentation de cette œuvre au Salon des artistes français. Jean Rogissart fit beaucoup pour que cette œuvre soit placée là ou elle se trouve. La première pierre étant posée le 23 août 1932 et inaugurée le 2 juillet 1950 (fr.wikipedia.org - Château-Regnault (forteresse)).

Clervaux

L‘établissement des moines de l'Abbaye Saint-Maur de Glanfeuil à Baronville, non loin de Beauraing, dans une maison mise à leur disposition par le Comte van Liedekerke de Pailhe en 1901, ne pouvait être que provisoire. Devant l‘accroissement lent mais constant de la communauté la maison s‘avérait bientôt trop petite et, surtout, il n‘y avait pas la possibilité d‘y aménager une chapelle qui convienne à sa vie monastique. Dès 1904, dom Edouard du Coëtlosquet, abbé de Saint-Maur de Glanfeuil, cherchait donc un autre lieu, si possible hors de Belgique déjà saturée de communautés exilées. Sur le conseil du P. Louis Poisat S.J., un ami de jeunesse, il se rendit à Clervaux en septembre de cette année pour un entretien concernant ses recherches avec le maire de cette localité, M. Emile Prüm, alors chef du parti catholique à la Chambre des Députés du Grand-Duché. Assez gravement malade, le 8 décembre, Dom Coëtlosquet offrit sa démission. Le 25 janvier 1907, la communauté de Baronville élut pour lui succéder son prieur, dom Paul Renaudin. Dom Renaudin prit cependant contact avec M. E. Prüm et, le 7 octobre, ils eurent une entrevue à Arlon. Sur son conseil Dom Renaudin, comme l‘avait fait déjà précédemment Dom Delatte, abbé de Solesmes, sollicita l‘intervention de la R.M. Adelaïde de Bragança, mère de la Grande-Duchesse Marie-Anne. Entrée à l‘abbaye Ste Cécile de Solesmes, la M. Adelaïde y avait fait profession en 1897. Princesse de Löwenstein Wertheim Rosenberg, elle avait été mariée à Don Miguel de Bragança, ancien roi de Portugal. Son intervention aurait donc un double poids. Elle accéda aussitôt à la demande de Dom Renaudin et, dès le 20 octobre, l‘évêque répondit favorablement à sa lettre. Le 22 décembre suivant eût lieu une entrevue entre Mgr Koppes et dom Renaudin. Sans connaître probablement les rapports existant déjà entre dom Renaudin et M. Prüm, l‘évêque conseillait au Père Abbé de demander l‘appui de ce dernier, afin de trouver quelque chose dans le nord du pays. Dès le lendemain, le 23 décembre 1907, dom Renaudin informait la communauté en indiquant Clervaux comme lieu possible du nouveau monastère. Mais où trouver l‘argent nécessaire pour une entreprise si considérable ? Dom Edouard du Coëtlosquet qui, en décembre 1906, était allé se reposer en Suisse, revenait le 3 octobre 1907 à Baronville. Informé par dom Renaudin, il écrivit fin octobre à sa nièce Caroline, fille unique de son frère Maurice, laquelle avait hérité de son père. Il lui demandait de venir en aide à la communauté de Baronville pour la construction d‘un monastère à Clervaux en Luxembourg. Il faut dire que le frère de dom du Coëtlosquet venait en aide chaque année à la communauté de Glanfeuil d‘abord, puis de Baronville. [...] Toutefois, à la lettre adressée à Caroline, c‘est la mère qui répondit. C’est elle, en effet, qui gérait la fortune de sa fille. La réponse fut dilatoire. Arguant des temps difficiles, elle conseillait d‘attendre encore une année ou deux avant d‘entreprendre une construction à Clervaux. Peu après avoir reçu cette lettre, dom du Coëtlosquet eût une rechute et dut de nouveau aller se reposer en Suisse; il était accompagné de sa soeur aînée, Jeanne. Il lui exposa la situation et lui suggéra de vendre son château de Mortain pour venir en aide à la communauté et provoquer aussi le soutien de sa belle-soeur en faveur de Clervaux. Jeanne avait déjà offert son château en 1901 à la communauté de Solesmes et avait fait quelques aménagements pour l‘y accueillir; mais Solesmes était allé se refugier dans l‘île de Wight. La vente fût donc faite, mais à cause de la hâte avec laquelle elle dut s‘accomplir, celle-ci ne rapporta que 40.000 F, qui furent donnés à la communauté de Baronville. [...] Dom Renaudin se rendit le 3 février à Clervaux où tout fut définitivement réglé. Entre-temps la belle-soeur de dom du Coëtlosquet avait appris le geste généreux fait par Mlle Jeanne du Coëtlosquet. Comme l‘avait espéré son beau-frère, ce geste déclencha sa générosité; elle ne voulait plus attendre des temps plus favorables pour permettre à sa fille de faire ce que son oncle lui avait suggéré en octobre précédent. Profitant du passage chez elle, à Rambervillers, de M. l‘abbé Bombardier, ancien précepteur de son autre beau-frère Jean, lui aussi moine à Baronville, elle le pria d‘aller faire connaître à dom Renaudin ses dispositions bienveillantes en faveur des constructions à Clervaux. Elle connaissait bien le successeur de son beau-frère comme abbé, car il avait accompagné sa famille, son mari, elle-même et leur fille, dans une mission en Egypte, en 1897. Dom Renaudin répondit donc sans tarder à son invitation en exposant brièvement les plans et en demandant la prière pour leur réussite. Deux jours après, le 31 juillet 1908, il recevait une lettre de Mme du Coëtlosquet dont nous citons quelques phrases: „Vous me demandez une prière pour le succès de votre oeuvre; elle vous sera accordée bien volontiers. Mais c‘est, il me semble, insuffisant... Donc nous ferons suivre notre prière d‘un chèque que signera Caroline (sa fille) lorsque nous saurons à combien se montera le devis et quand le moment de payer sera venu“.

La notice de la chronique du 6 septembre 1908, qui résume les démarches faites durant les mois précédents, nous montre que dom Renaudin entendait faire du monastère de Clervaux une fondation nouvelle et pas seulement un refuge provisoire. Il est bon de la citer complètement : Dimanche 6 septembre : „Le Révérendissime réunit le chapitre (c‘est-à-dire les moines profès ayant droit de décider sur des questions importantes) à l‘heure de la conférence (le soir)... Il annonce que les bienfaitrices qui déjà nous font vivre, lui promettent leur appui généreux pour nos constructions de Clervaux qui pourront être poussées activement. Ce monastère sera dédié à S. Maurice, en souvenir du Vicomte du Coëtlosquet (Jean-Baptiste Maurice), père de notre ancien Abbé et de son fils aîné, Joseph Charles Maurice, Vicomte du Coëtlosquet, époux et père des fondatrices“. Cette notice nous apprend que la communauté de Saint-Maur de Glanfeuil, réfugiée à Baronville, se dissout pour ainsi dire, et que ses membres créent à Clervaux un monastère nouveau, dédié à S. Maurice. Dom Renaudin l‘avait voulu dès l‘achat des premiers terrains à Clervaux en février 1908, mais le patron et par conséquent le nom définitif de cette fondation nouvelle ne lui fut suggéré que par la famille des fondatrices. Et le 3 mai de l‘année suivante, le Saint-Siège confirma ce changement, et dom Renaudin, élu comme deuxième abbé de Saint-Maur, devint le premier abbé de Saint-Maurice.

La famille du premier abbé de Glanfeuil, dom Edouard du Coëtlosquet, a largement contribué à l‘implantation des moines à Clervaux. Sa nièce, Caroline, décédée le 9 février 1911, peu après la venue des moines dans la maison dont elle avait rendu possible la fondation, doit être nommée la fondatrice (Dom Vincent Truijen OSB, Il était une fois... la fondation d‘un monastère, l'implantation de l'annaye de Saint-Maurice à Clervaux, 1997 - www.abbaye-clervaux.lu).

Docteur ‘honoris causa’ en théologie (1944) de l’université de Fribourg, Paul Renaudin contribua à la recherche théologique en ecclésiologie, en vue d’un rapprochement avec les communautés protestantes et les Églises orthodoxes. En mariologie, ses recherches approfondissent le mystère de l’Assomption et étudient l’opportunité qu’il y aurait à en faire un dogme de la foi catholique (le grand écart) (fr.wikipedia.org - Paul Renaudin (bénédictin)).

Maurice : comment passer du 22 au 6 septembre

Ce Maurice de Coëtlosquet (Joseph Charles Maurice) est celui qui offrit la châsse en argent aux religieuses du Carmel de Nancy pour contenir les reliques du roi saint Sigebert III d'Austrasie, dont le tombeau se trouvait dans l'abbaye de Ban Saint Martin, un des neuf sommets du grand nonagones, père de Dagobert II, mort à Stenay, ville aligné avec Orval et Clervaux sur un des axes du 7 septembre.

Buste de Maurice Coetlosquet - - musee.metzmetropole.fr

Les Coëtlosquet ("bois brûlé" en breton) sont originaires de Plounéour-Menez sur un axe nonagonal du 23 ou 24 mai qui passe par Angers et par Saint Maur de Glanfeuil. On constate aussi que Vienne en Isère (22 novembre : fin du signe astrologique du Scorpion et début du Sagittaire) est dans le prolongement à l'opposé de l'axe d'Angers : cathédrale Saint Maurice toutes les deux.

Il y a dans le Léon deux paroisses sous le vocable de saint Enéour. Elles se différencient par leur situation : l'une est au bord de la mer près de la grève de Goulven, on la nomme Plounéour Trez, Plounéour du sable; l'autre est sur le versant nord des Montagnes d'Arrée, et s'appelle Plounéour Menez, Plounéour de la Montagne. En Cornouaille une troisième paroisse porte encore le même nom : c'est Plonéour, que, dans les anciens titres, on distingue des précédents par l'addition du nom de Lanvern, paroisse voisine qu'elle a absorbée. Ces trois Plou rappellent le souvenir de saint Enéour, qui est aussi invoqué à Plonéis et à Quéménéven. A Plounéour Menez, le saint est représenté vêtu d'habits sacerdotaux, et la tradition dit qu'il y est enterré. A Plounéour Trez, il est figuré comme un simple ermite ; il n'est plus d'ailleurs le patron principal de cette paroisse, où il a été remplacé par saint Pierre. Bien que fort révéré en Léon et en Cornouaille, St Enéour est un des nombreux saints dont les actes nous manquent.

La tradition tient Eneour (ou Enémour, Enewyr en gallois) pour ermite, et en fait un frère de sainte Thumette (ou Thunvez), qui est considérée comme l'une des onze mille vierges compagnes de sainte Ursule. Le frère est fêté le 4 mai, la soeur le 8 mai (Topologie des paroisses de Léon, Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 45 à 46, 1811 - books.google.fr).

A Plonéour-Lanvern, un menhir passait pour le mât du bateau de pierre sur lequel saint Eneour aurait traversé la mer et « le jour du pardon, (...) les jeunes Bigoudennes dansent autour du menhir, en se tenant par les mains et en l'encerclant ».

Le lit de Saint-Eneour est situé dans la commune de Plounéour-Ménez dans le Finistère, à environ un kilomètre au Nord de l’église, et à trois cents mètres à l’Est du manoir du Penhoat (, Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest (Anjou, Maine, Touraine), Volume 98, 1991 - books.google.fr).

On remarque que cet axe du 7 septembre d'Orval est balisé par les Saint Maurice, villages (Saint Maurice sur Aveyron, Saint-Maurice aux Riches-Hommes, ou église de villes et village (Sens, Granges-sur-Aube, Massiges) (cths.fr).

Saint Maur de Glanfeuil se trouve dans le diocèse d'Angers dont la cathédrale est vouée à saint Maurice de la Légion thébéenne.

Une relique de saint Victor et saint Maurice était honorée en fête double dans l'Eglise d'Angers (6 septembre) (Isabelle Bonnot-Rambaud, Hérétique ou saint ? Henry Arnauld, évêque janséniste d'Angers au XVIIe siècle, 1984 - books.google.fr).

Le chapitre de Saint-Maurice voulant donner une marque publique de sa vénération pour son illustre patron, députa deux de ses membres, en 1642, pour aller à l'abbaye d'Agaune, en Valais, rendre leurs hommages en son nom à ce glorieux martyr. Ils en rapportèrent les reliques de deux saints soldats de la légion Thébaine, dont l'une était le radius d'un bras de saint Victor. Ces reliques, déposées d'abord dans l'église Saint-Laud, furent transportées solennellement à la cathédrale, par M. de Rueil, le 6 septembre 1643 (François Marie Tresvaux du Fraval, Histoire de l'église et du diocèse d'Angers, Volume 2, 1858 - books.google.fr).

Grandet rapporte que l'église d'Angers célèbre le 6 septembre la réception des reliques de saint Innocent, compagnon de saint Maurice, et que le chapitre de Tours fait un office solennel des reliques de saint Maurice (D'Espinay, la cathédrale d'Angers, Revue de l'Anjou, 1873 - books.google.fr).

Le roi René avait promis aux chanoines de Saint-Maurice de leur donner l'Apocalypse, aussi M. de Brie écrit-il, le 4 décembre 1479, au Chapitre « qu'il a obtenu du roy Louis (XI) pour leurs deputés d'aller vers René et que le roy avait ajoulé qu'il était d'avis que le chapitre demandait la tapisserie, que le roi René lui avait promise ». La tapisserie est rendue à Saint-Maurice, pour l'arrivée de Louis XI à Angers : « 6 septembre 1480. Lyta de bougrano ad arma defuncti regis Sciliae circum ecclesiam intra posita, tollatur, propter adventum Regis et tendatur tapisseria Apocalypsis » (Louis de Farcy, Les tapisseries de la Cathédrale d'Angers, 1901 - books.google.fr).

Eugène Delacroix peignit " Nature morte au homard " en 1827 à Beffes pour le général Charles Yves César de Coëtlosquet. Né à Morlaix en 1783, le futur général entra fort jeune au service, se distingua en Italie, à Austerlitz, à Iéna, en Espagne, à Essling, et dans la campagne de Russie. Il obtint, en 1813, le commandement du 8ème hussards, devint général de brigade dans la même année, et assista à la bataille de Montereau. Chargé, pendant la première Restauration, du commandement du département de la Nièvre, il fit, lors du retour de Napoléon, quelques tentatives en faveur de l'autorité royale, et resta sans emploi pendant les cent jours. Aussitôt après la seconde Restauration, il fut chargé d'une mission dans l'Ouest, se rendit ensuite à Bordeaux, auprès du général Clausel, et fut nommé aide-major-général de la garde royale. Élevé, en 1821, au grade de lieutenant général, il fut appelé à la direction du personnel du ministère de la guerre. Il était conseiller d'État lors de la révolution de 1830, après laquelle il se retira des affaires. Il est mort en 1836. Le général était parent de Jean Gilles Du Coëtlosquet. Celui-ci, né, en 1700, à Saint-Pol de Léon, chancelier de Bourges, évêque de Limoges, fut précepteur du duc de Bourgogne mort à 9 ans, puis de Louis XVI, et de ses frères; fonctions qui, suivant l'usage, le firent entrer à l'Académie française en 1721. Il mourut en 1784, à l'Abbaye de Saint-Victor à Paris.

L'arrière-arrière grand-père du général, Charles Louis, était le frère du père de l'évêque, Alain François, lui-même père d'un autre garçon, René François, aïeul de Maurice du Coëtlosquet (Thèmes : Homards Delacroix).