Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Orval et le 6 septembre   
ORVAL STENAY 6 SEPTEMBRE MAURICE

Les communes de Stenay, de Margut (Ermitage de Saint Walfroy, ft le 7 juillet et 21 octobre comme Ursule), de Villers-devant-Orval (abbaye d'Orval, Belgique) et de Clervaux (Luxembourg) sont alignes avec le centre des Nonagones Neuillay-les-Bois sur l'un des axes du 7 septembre, et non 6 (trs grande faute). Mais cet axe a plus voir avec le 6 septembre, juste la veille. Des axes du 6 septembre passent Villers devant Orval et prs de la limite de la commune de Stenay.

Orval

En tant que second abb, Thierry de Vitry (1145-1152) comprit que son plus grand dfi serait de maintenir l'observation de la rgle et apporter quelques modifications/perfections ncessaires. A cause de son jeune ge, l'abbaye ne possedait pas de bibliothque digne de se nom. L'abb y remdia en faisant venir un grand nombre de manuscrits qui furent mis la disposition des moines pour tre retranscrit.

La premire bibliothque d'Orval t fonde en 1152 par l'Abb Thierry de Vitry. En tant que second abb, Thierry de Vitry comprit que son plus grand dfi serait de maintenir l'observation de la rgle et apporter quelques modifications/perfections ncessaires. A cause de son jeune ge, l'abbaye ne possedait pas de bibliothque digne de se nom. L'abb y remdia en faisant venir un grand nombre de manuscrits qui furent mis la disposition des moines pour tre retranscript. Peu de temps avant la destruction de l'abbaye lors de la rvolution, elle tait garnie de plus de 15000 ouvrages (La bibliothque d'Orval - www.perleau.be).

Thierry I de Vitry mourut le 6 septembre 1152.

73 manuscrits provenant de l'abbaye d'Orval sont conservs la Bibliothque nationale de Luxembourg et constituent le plus important fonds d'ouvrages qui existe encore de l'ancienne bibliothque conventuelle dtruite pendant la Rvolution franaise. Ces manuscrits se trouvaient dans la maison de refuge que l'abbaye possdait Luxembourg. Sise en Belgique dans les forts ardennaises du diocse de Namur (province de Luxembourg), non loin de la frontire franaise, l'abbaye faisait jadis partie du comt de Chiny et tait incorpore au diocse de Trves. En 1364, lorsque le comt de Chiny fut cd au duc de Luxembourg, l'abbaye d'Orval devint avec Echternach, une des plus importantes maisons religieuses luxembourgeoises. L'histoire de l'abbaye fut trs mouvemente. Elle fut fonde en 1070 par des moines qui seraient venus de Salerne. Rappele en Italie en 1118, la petite colonie fut remplace par une Communaut de Chanoines rguliers envoye de Trves, qui resta jusqu'en 1130. Sur la demande de l'illustre Adalbron, vque de Verdun, Saint Bernard de Clairvaux envoya alors des moines cisterciens, qui se fixrent dfinitivement Orval et se mirent immdiatement l'oeuvre pour construire et agrandir le monastre. A cause de sa situation frontalire, l'abbaye fut souvent en proie aux incendies et au pillage et les richesses de sa bibliothque en souffrirent beaucoup, notamment en 1253 lorsqu'une partie de la bibliothque brla et en 1637 lorsque les btiments furent pills par des cavaliers franais et sudois qui enlevrent une partie des livres prcieux et les vendirent aux enchres dans leur camp. Malgr ces vicissitudes la bibliothque tait rpute possder de grandes richesses et tre installe dans une trs belle pice. Les tmoignages laisss au XVIIIe sicle par des personnages comme Martne et Durand les deux bndictins qui avaient visit une grande partie des plus importantes bibliothques et qui avaient galement sjourn Echternach, ou comme Jean-Frdric Schannat ou l'avocat luxembourgeois Merjay sont trs loquents ce sujet. Sur l'origine et la formation de la bibliothque, sur le scriptorium et sur l'existence des enlumineurs, trs peu de choses prcises sont connues. On sait que ds leur installation les moines blancs s'empressrent de constituer une bibliothque approprie. Le deuxime abb d'Orval, Thierry de Vitry (1145-1152), se rendit lui-mme dans diffrents monastres d'on il emporta plusieurs manuscrits prcieux qu'il fit copier par ses moines. Par la suite il chargea ces derniers de parcourir de nombreuses bibliothques conventuelles et d'tablir un change de manuscrits rares et prcieux. Ce fait est d'une grande importance pour l'tude des manuscrits enlumins d'Orval; c'est la seule indication sre qu'on connaisse des dbuts de la bibliothque et elle permet d'expliquer les diffrentes influences artistiques qui se remarquent dans les peintures et dans les dcorations. S'il y avait un atelier de copistes Orval, il n'est cependant pas certain qu'il y ait eu un vritable atelier d'enlumineurs. C'est mme peu probable. Parmi tous les manuscrits d'Orval que possde la Bibliothque nationale de Luxembourg, le nombre de ceux qui sont dcors est peu lev et il n'y a pas, comme Echternach, des oeuvres d'art exceptionnellement prcieuses et riches. Les plus intressants et les plus prcieux manuscrits sont ceux du XIIe sicle, ceux dont le style correspond de faon frappante aux enluminures de l'abbaye de Cteaux, et qui ont t soit copis sur des modles de Citeaux soit apports de la maison-mre des moines d'Orval : Trois- Fontaine. Les oeuvres de la fin du XIIIe et du XIVe sicle expriment la tendance gnrale de la peinture gothique franaise propage par les ateliers parisiens. Un seul manuscrit antrieur la cration de l'ordre cistercien semble provenir de la rgion de Trves. Deux manuscrits provenant du refuge sont arrivs par on ne sait quelle voie dans le fond de la bibliothque du Grand Sminaire de Luxembourg. Il s'agit d'une bible monumentale de trs belle facture qui contient des enluminures fort intressantes notamment une initiale personnage reprsentant sur quatre registres la cration d'Adam et d'Eve et leur expulsion du paradis. Cette bible date du XIIIe sicle. D'autre part, les trs importantes chroniques de Gilles d'Orval qui ont appartenu autrefois Monseigneur Koppes, vque de Luxembourg, sont aussi la bibliothque du Grand Sminaire. Ce volume est d'une importance capitale pour l'histoire de Lige (Blanche Weicherding-Goergen, Le fonds des manuscrits du refuge d'Orval, ons stad, n 47, 1994 - onsstad.vdl.lu).

villersdvtorval.canalblog.com

En 1076, la comtesse Mathilde, duchesse de Toscane et suzeraine de comt de chiny, venait de perdre son mari, Godefroid le Bossu, duc de Lorraine. Pour consoler son veuvage, elle vint dans nos pays avec son fils, ag d'environs huit ans. L'enfant tait Bouillon chez sa tante, la bien-heureuse Ida, mre de Godefroid de Bouillon. Un jour, il glissait sur la Semois avec ses jeunes compagnons, quand tout coup la glace se rompit sous leurs pas et deux normes glaons se rejoignant tranchrent la tte au royal enfant. Mathilde fut inconsolable: meurtrie la fois dans ses tendresses d'pouse et de mre, elle se tourna plus fort encore vers la religion et ses esprances.

Peu de temps aprs ces tragiques vnements, elle vint Chiny chez le comte, son vassal, et voulut voir le nouveau monastre. Assise auprs d'une source limpide, elle plongea sa main dans l'eau bouillonnante et son anneau nuptial y glissa soudain. Dans sa douleur et son effroi, elle pria Marie avec ferveur et bientt la bague reparut la surface. Dans sa joie, Mathilde s'cria : "Vraiment, c'est ici un val d'or !" (Histoire de l'abbaye d'Orval, 4e dition, Abb N. Tillire - www.perleau.be).

Tout commenc en 1070, grce des Bndictins venus de Calabre. Selon les Annales de Trves, ils auraient qumand une terre lArchevque qui leur aurait indiqu le chemin vers Arlon et Chiny lextrme Ouest de son vaste diocse via la chausse romaine en direction dIvoix et Reims. Cest ainsi quils arrivrent au pied de la tour de Brunehaut sur les hauteurs dIzel, tout en regardant les valles boises vers le midi. Cest le comte Arnould de Chiny qui leur donna la permission de stablir dans ce vallon sauvage.

En 1076, la Comtesse Mathilde de Toscane, Duchesse de Lorraine et suzeraine du comt de Chiny vint chez son vassal et voulut voir les moines. C'est lors de cette visite qu'elle perdit son anneau nuptial dans un bassin qui fut l'origine de la lgende d'Orval. Suite la dcouverte de son anneau nuptial, la comtesse prit des dispositions pour offrir les terres aux moines (seul le seigneur des terres en avait le droit au contraire de son vassal). Elle offrit galement des sommes dargent pour orner et agrandir la premire glise. Pourtant 40 annes aprs leurs arrives, les Bndictins regagnent l'Italie. Nous ne connaissons pas la raison de leur dpart mais la rigueur du climat et laridit sur sol et le peu de population de la rgion ne permirent pas la pieuse colonie de se dvelopper comme souhaite.

Dans les frquens voyages que la charit, le zle & la rforme des murs, autant que la prdication de la pnitence, lui firent entreprendre, Bernard de Clairvaux lia d'amiti avec Adalberon, Evque de Verdun. Celui-ci s'etant rendu Rheims, pour assister un Concile que le Pape Innocent II. y clbroit, y trouva S. Bernard, & le pria de satisfaire aux dsirs d'Albert Comte de Chiny, son neveu, en lui envoyant quelques-uns de ses Religieux, pour prendre possession du Monastre d'Orval. Le Saint y consentit, mais ne pouvant lui en fournir de sa maison de Clairvaux, il donna ordre Gui, Abb des trois Fontaines, au Diocse de Chlons, de l charger de cette commission. Gui y envoya en 1131. Constantin pour premier Abb, avec sept autres confrres du mme Monastre : Ils y arrivrent le 9. de Mars, & en prirent possession le mme jour. Alberon, pour affermir cet tablissement & y maintenir la ferveur, sous la protection de quelques Saints, leur donna, dit-on, le corps du Bienheureux Menas Martir, & d'autres Religues des Compagnes de Ste. Ursule, qu'il tira du tresor de l'Eglise de Verdun. Peu de tems aprs le Comte Albert accompagn de la Comtesses Agns son Epouse, & de quantit de Noblesse, vint Orval, non content d'y confirmer les donations de ses Prdcesseurs, il les augmenta par de nouvelles libralits. Constantin l'en remercia & reut encore de divers Evques & Seigneurs, d'autres bienfaits, qui accrurent considrablement son revenu (Jean Bertholet, Histoire Ecclsiastique Et Civile Du Duch De Luxembourg Et Comt De Chiny: Depuis Sigfroy, premier Comte de Luxembourg, Volume 3, 1742 - books.google.fr).

Le monastre de Saint-Martin, sur la montagne de Saint Walfroy, avait t bti sur les ruines d'un temple o tait autrefois adore par les Gaulois la grande Diane des Ardennes (Diana Arduinna). Ce monastre, dtruit dans le XIe sicle, a t remplac par une chapelle leve en mmoire de saint Walfroy, pieux cnobite lombard du , qui avait donn au pays le mme spectacle que saint Simon-Stylite, en se construisant, au sommet d'une colonne de 60 pieds de haut, une cellule troite en osier, o il se tint constamment debout. Ce furent ses proslytes qui dtruisirent dans le pays le culte de Mercure et de Diane, et en renversrent les images dans les prcipices (Abel Hugo, France pittoresque, Volume 2, 1835 - books.google.fr).

Une statuette en bronze, conserve au cabinet des Mdailles, est galement rvlatrice des thmes mythologiques qui sous-tendent la reprsentation plastique de la Desse. Cette statuette, dcouverte Margut (Ardennes), nous montre une femme vtue d'une tunique courte, tenant une flche dans la main droite et assise sur le dos d'un sanglier bondissant. Il ne peut s'agir que de la desse Arduinna, signale par plusieurs inscriptions votives, ce nom tant l'origine de celui des Ardennes (Jean Markale, La Grande Desse: Mythes et sanctuaires. De la Vnus de Lespugue Notre-Dame de Lourdes, 1997 - books.google.fr).

On trouve un Ursus, natif de Bnvent, qui fonda le prieur de Saint Jacques Neufchteau dans le diocse de Toul, et y dposa des reliques du saint ponyme (Augustin Calmet, Notice de la Lorraine qui comprend les duchs de Bar et de Luxembourg, 1840 - books.google.fr).

Sainte Ursule est fte le 21 octobre comme Walfroy. On a vu les liens de Stenay avec saint Blaise. Tous ces saints participent de la division en 14 de l'anne.

Connue par deux manuscrits du XIe sicle, dont l'un provenant de l'abbaye d'Orval situe non loin de Stenay, la Vita Dagoberti a fait l'objet de datations contradictoires oscillant de l'extrme fin du IXe sicle au dernier tiers du XIe. Cl. Carozzi, qui en a fix la rdaction 898-899, n'emporte pas l'adhsion. [...] La Vita Dagoberti se prsente comme la premire expression rmoise d'un courant idologique qui triomphera au dbut du XIe sicle. En fixer prcisment la date de composition est difficile: probablement sous l'piscopat des archevques lorrains Odalric (962-969) et Adalbron (969-989), ce dernier tant le frre du comte de Verdun Godefroid et l'ducateur, dans son cole capitulaire, de ses deux neveux Grard et Ascelin ; plus prcisment quand la reine Emma, femme de Lothaire et fille de l'impratrice Adlade tenait en douaire le fisc de Stenay (966-987) - la fte de saint Dagobert est inscrite dans son psautier49 -; enfin une poque o le culte de ce roi bnficiait dj d'une relle clbrit, condition ralise ds 964 lors du baptme du duc des Polonais Miezsko sous le nom de Dagome = Dagobert, patronage vraisemblablement suggr par des clercs mosans, dont le futur vque de Poznan Jordan, venu, dit-on, de Lige pour occuper ce sige en 966. Ainsi Dagobert de Stenay, modle du roi souffrant, ferait d'une extrmit de l'Occident l'autre le lien entre Clovis-Clotilde et Miezsko Ier-Dobrava ! (Michel Rouche, Clovis, Volume 1 de Clovis: histoire & mmoire, 1997 - books.google.fr).

Stenay faisait partie du comt de Chiny qui recouvrait l'ancien pagus d'Ivoix (aujourd'hui Carignan) dont Orval occupait exactement le centre. Au mont Tilleul de Carignan, les sorciers, dit-on, allaient au sabbat avec les ours et les loups qui qui hantaient les forts d'Ardenne (Mythologie franaise: bulletin de la Socit de mythologie franaise, Numros 181 184, 1996 - books.google.fr).

Un certain Ursus aurait conduit des moines basiliens Calabrais Orval.

Des moines basiliens sont donns par Laurent Mlart comme occupant du Val de Rodum, puis expluss par Albert de Moha.

Quant Mlart, on se demande o il a t chercher ces Frres de l'Ordre de Saint Basile dont il n'est question nulle part ailleurs. Il devait pourtant connatre fond les documents concernant les origines du Val Notre-Dame car au 17e sicle il fut le syndic et l'ami de la maison et l'on conserve un grand nombre de copies des plus anciennes chartes de l'abbaye, authentiques par sa signature. La prsence de moines orientaux en ces lieux, quoique inattendue, ne doit cependant pas tre exclue a priori. En France, par par exemple, l'abbaye cistercienne d'Aiguebelle s'leva proximit des ruines d'un monastre basilien. Dans nos rgions, Orval a t fond en 1070 par un groupe d'ermites chasss de Calabre : or on sait que l'Italie du du Sud fut envahie par le monachisme grec ds le haut moyen ge. D'ailleurs, on retrouve des traces de l'migration orientale, avant le 8e sicle, dans le nord de la Gaule et jusqu'en Germanie. Il ne serait donc pas impossible qu'avant de devenir cistercien le Val-de-Rodum ait t occup par des moines orientaux, d'autant plus qu'il tait situ sur le passage d'une route (Cteaux, commentarii cistercienses, Volumes 12 13, 1961 - books.google.fr).

En Suisse romande, Orvaux ou Orval, ancien nom du val de Tavannes, parat tre un Ors-vaux, une valle de l'ours, et le latin Aurea vallis, XIVe s., n'est qu'une fausse traduction (Henri Jaccard, Essai de toponymie: origine des noms de lieux habits et des lieux dits de la Suisse romande, 1906 - books.google.fr).

Bernard de Percin de Montgaillard, n en dcembre 1562 Montgaillard (Tarn-et-Garonne) et dcd le 8 juin 1628 labbaye dOrval (Belgique) tait un moine cistercien et abb d'Orval. Il est connu dans lhistoire comme le "Petit Feuillant" pour son loquence et ses violentes diatribes contre Henri IV. Son pre Jean de Percin tait bourgeois de Lectoure. 15 ans il entre labbaye cistercienne Notre-Dame de Feuillant, prs de Toulouse, qui venait dtre reforme dans un sens trs austre par Jean de la Barrire. En 1582, lge de 19 ans, Montgaillard est ordonn prtre grce une dispense pontificale rarement accorde. Le 13 mai 1590 il prend part la procession du clerg rvolutionnaire dans les rues de Paris : 1300 prtres et moines arms dfient Henri IV, qui sera assassin le 14 mai 1610, sa femme Marie de Mdicis ayant t couronne reine de France le 13 la veille (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique 2 : 7 fvrier - Romuald - Burjassot).

Sur l'axe : Oray, Nanay, Argent-sur-Sauldre

Sur l'axe d'Orval, se trouve Oray (Loir-et-Cher) dont l'glise est voue saint Ursain (www.orcay.fr).

Nanay est la commune du clbre Grand Meaulnes, une "bourgade mystrieuse aux confins de la terre", selon les mots d'Alain-Fournier. Le village minuscule de Nanay ne doit pas seulement sa renomme au hros littraire, mais aussi ses sabls et sa station de radioastronomie (Petit Fut France, Le petit fut, Region guide, 2007 - books.google.fr).

Nanay est le troisime sommet de ce triangle gographique cher Fournier et dont les deux autres sommets sont Epineuil et La Chapelle-d'Angillon. Alors qu'Epineuil est le pays de la Famille et La Chapelle-d'Angillon, le pays de la Mre, Nanay est le pays du Pre. A plusieurs reprises Fournier s'exprime trs clairement ce sujet. C'est le pays de mon pre , prcise-t-il Rivire, le 13 aot 1905 et, le 16 septembre 1908, s'adressant cette fois son pre, il crit : Je voudrais bien tre avec toi ; nous irions ensemble Nanay : l'autre jour, dimanche, nous rencontrions dans le bois, de l'autre ct de Lecueill, je crois, des voitures menes par des paysans endimanchs ; entre deux ctes, au bord de la route, une chapelle dans une claircie, m'a redonn le dsir de ton pays (Michle Maitron-Jodogne, Alain-Fournier et Yvonne de Quivrecourt: fcondit d'un renoncement, 2000 - books.google.fr).

Alain-Fournier, demi-pseudonyme d'Henri-Alban Fournier, n le 3 octobre 1886 La Chapelle-d'Angillon dans le Cher et mort au combat le 22 septembre 1914 ( 27 ans) Saint-Remy-la-Calonne, est un crivain franais, dont luvre la plus clbre est Le Grand Meaulnes (fr.wikipedia.org - Alain-Fournier).

Chez Pguy, le sentiment d'une faute plus prcise augmente la parent avec Fournier, faute qui lui fait crire son cadet. le 6 septembre : Mon petit, veuillez m'envoyer en preuves sous n'importe quelle forme la fin du Grand Meaulnes. J'en suis anxieux, comment avez-vous pu croire un instant que le grand frre me serait tranger. Hlas ! il n'est que trop l'hte et le matre Il est bien, en effet, l'hte et le matre, ce Meaulnes qui a renonc au bonheur comme quelqu'un dans le monde qui va s'en aller parce qu'aucun amour humain ne le saurait satisfaire. "Et le jour o le bonheur indniable, inluctable se dresse devant lui et appuie contre le sien son visage humain, le Grand Meaulnes s'enfuit, non point par hrosme, mais par terreur, parce qu'il sait que la vritable joie n'est pas de ce monde" crit Fournier son beau-frre Jacques Rivire (Pol Vandromme, Journal de lectures, 1991 - books.google.fr).

En aimant, comme son ami, une femme lointaine, Bichet s'tait engag dans une voie potique sur laquelle Fournier tait parti en claireur depuis 1905, depuis sa rencontre avec Yvonne de Quivrecourt - le modle d'Yvonne de Galais -, celle de la transformation du vcu en matriau de l'uvre. Au fil de la correspondance avec Bichet, on voit en effet Fournier faire d'Yvonne de Quivrecourt son personnage par le biais de la relation pistolaire, mi-chemin entre littrature et vie. Ainsi dans la lettre du 6 septembre 1908 o il voque sa rencontre avec la jeune fille : Certes - crit-il Bichet -, je n'ai jamais vu de femme aussi belle. (...) C'tait une beaut que je ne puis pas dire (...), c'tait en tout cas l'me la plus fminine et la plus blanche que j'ai connue ; c'tait une dame de village la procession des Rogations ; c'tait une hampe de lilas blanc ; c'tait une soire dserte d't o l'on a dcouvert, en fouillant dans les tiroirs, une paire de minuscules souliers jaunis de marie avec de hauts talons comme on n'en porte plus. (Bulletin des amis de Jacques Riviere et Alain-Fournier, Volumes 33 34, Association des amis de Jacques Rivire et Alain-Fournier, 2007 - books.google.fr).

Fils d'un typographe, Edmond Bichet, et d'une couturire, Sydonie Poirier, Ren Bichet est un pote franais n le 28 fvrier 1887 Pithiviers (Loiret) et mort le 21 dcembre 1912 ( 25 ans) Paris d'une overdose de morphine. C'est au lyce Lakanal Sceaux qu'il se lie avec Alain-Fournier et Jacques Rivire (fr.wikipedia.org -Ren Bichet).

On trouve encore Argent sur Sauldre, patrie de l'abb Moreux, Louis Thophile Moreux (20 novembre 1867 - Bourges, 13 juillet 1954), astronome et un mtorologue franais, clbre par de nombreuses publications de vulgarisation destines faire connatre l'tat des sciences du dbut du XXe sicle au plus large public possible (fr.wikipedia.org - Thophile Moreux).

Le Serpent Rouge contient ces lignes :

Avant de lire les lignes qui suivent, Au lecteur de daigner se souvenir que : ...aprs un long sommeil les mmes hypothses ressuscitent sans doute nous reviennent-elles avec des vtements neufs et plus riches mais le fond reste le mme et le masque nouveau dont elles saffublent ne saurait tromper lhomme de science... (Abb Th. Moreux, Directeur de lObservatoire de Bourges, page 10, du livre lAlchimie moderne).

Saulzais le Potier possde son Monument du Centre de la France (vers 1947) : Ce monument fut rig d'aprs les calculs de l'abb (Les curiosits de La Vraie Langue Celtique : Un alignement Carnac - Grand Pressigny - Neuillay-les-Bois).

Le 6 septembre Sens

Les continuateurs de Bollandus ont tir d'un lgendaire manuscrit de Sens, insr dans leur collection au 6 septembre, les actes des saints Sanctien et Augustin, et de Sainte Bate, vierge et martyre, sur de saint Sanctien. La lgende de la vie de Bate est courte ; elle se confond avec celle de saint Sanctien, qui serait venu d'Espagne avec elle jusqu' Sens, et tous deux auraient succomb pendant une perscution de l'empereur Aurlien. Ils furent dcapits, en haine de la religion catholique, a Sancia, deux milles de la ville de Sens. En 865, les paens (Normands) auraient renvers un grand nombre d'glises, entre autres, celle de saint Sanctien, et l'archevque Ansgise transporta de la ville de Sancey dans la basilique de Saint-Pierre-le-Vif ( Sens).

Dans l'glise Saint-Maurice, sont gardes dans une chasse les reliques des saints Fort et Guinefort et de leur sur Aveline, morts subitement alors qu'ils venaient de se retrouver l'auberge du Chapeau Rouge, l'entre du faubourg d'Yonne. [...] Le plerinage des saints Forts avait lieu tous les ans le 25 fvrier, et le 26 les annes bissextiles (Bernard Sergent, Le guide de la France mythologique: parcours touristiques et culturels dans la France des elfes, des fes, des mythes et des lgendes, 2007 - books.google.fr).

Un lien s'tablit entre Guinefort et Millefort, ft lui le 6 septembre aussi (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : Le calendrier et lglise Saint Suplice de Paris).

A l'ouest de Sens, Brannay o prend sa source le ruisseau l'Orval, se trouvent le lieu-dit Les Ursules. Un Buisson d'Orval est Villy et un autre Linay, juste au nord de Margut (ermitage de saint Walfroy).

A Chlons en Champagne (anciennement sur Marne), il y avait des processions au dbut de septembre pour la neuvaine de saint Memmie (ft le 5 aot) qui prit le temple de Jupiter qui tait sur le mont Jovin, mons Iovis (mont SaintMichel), pour en faire une chapelle qu'il ddia a saint Michel, archange. Il existe d'ailleurs un village de Saint Juvin (ft le 27 septembre) ct de Granpr sur cet axe (Georges Clause, Le Diocse de Chlons, 1989 - books.google.fr, Louis Barbat, Histoire de la ville de Chlons-sur-Marne et de ses monuments depuis son origine jusqu'en 1854, 2003 - books.google.fr).

La bataille des Champs catalauniques

Au nord est de Chlons sur Marne, il y a La Cheppe (glise Saint Martin) avec son camp d'Attila o est venu Napolon III le 6 septembre 1857.

Le 9 septembre 1857, trois jours aprs la dernire visite de l'Empereur, M. Failly, son aide-de-camp, crivit a M. le Maire de La Cheppe pour lui exprimer le dsir qu'avait S. M. de faire fouiller la butte du camp d'Attila et le dernier tumulus qui reste sur le terroir de La Cheppe (Voir chapitre XIV). Le 21 septembre 1857, vingt soldats commands par M. Dogny, lieutenant, et un sergent du gnie de la garde impriale, commenaient les fouilles. Les travaux durrent jusqu'au 9 octobre suivant (P.-H. Letaudin, Etude historique sur La Cheppe, le camp d'Attila, et ses environs, 1869 - books.google.fr).

Le lieu-dit Camp d'Attila et les alentours seraient, selon certains chercheurs, le lieu de la bataille des champs Catalauniques qui eut lieu en 451 et ou plusieurs milliers d'hommes furent aux prises. Le combat principal aurait eu lieu sur une hauteur appele l'Ahan des Dibles. Cette vaste enceinte protohistorique, qui date du Ier sicle av. J.-C., est un vestige d'un oppidum gaulois occup ensuite par les Romains d'environ trente hectares. La forme est elliptique avec fortifications et leve de terre, des fosss hauts d'environ sept mtres. Au Moyen ge deux buttes mdivales furent construites dessus. Dans la rgion, on parlait autrefois de cet oppidum comme tant le Vetus Catalaunum, le vieux Chlons, l'appellation de Camp d'Attila rapparat au XIXe sicle, donn dj par Adrien Sanson, gographe du roi Louis XIII de France. Napolon III, fascin par l'histoire, y fait lancer des fouilles, mais sans rsultat. De nouvelles fouilles, effectues la fin du XIXe sicle, permettent de mettre au jour des cramiques, des colliers en bronze et diverses pices en fer forg, de l'poque gauloise, qui sont conservs au muse de Saint-Germain-en-Laye. La Cheppe correspond Fanomin (pour Fanum Minervae = Temple de Minerve) dans l'Itinraire d'Antonin et Tanomia ( la suite d'une erreur de transcription) dans la Table de Peutinger (connue autrefois sous le nom de Table thodosienne) (fr.wikipedia.org - La Cheppe).

Jean Grangier (Beauvais, 1576-1644), professeur d'loquence, principal du Collge d'Harcourt, dans son De loco ubi victus Attila fuit olim Dissertatio (Paris, 1641) place aussi La Cheppe la bataille des Champs Catalauniques, le nom de Camp d'Attila tant dj connu (Gustave Laprouse, Etude sur le lieu de la dfaite d'Attila dans les plaines de Champagne, 1862 - books.google.fr).

Mais le 6 septembre, sur la Marne, la lisire des champs catalauniques, la justice immanente arrtera les Barbares scientifiques. L'orgueil et la convoitise germaniques seront vaincus (Fernand Roches, Manuel des origines de la guerre: causes lointaines--cause immdiate, avec un tableau synoptique, 1919 - books.google.fr).

L'invasion de 1914 a fait revivre l'poque des Huns d'Attila, battus en 451 par le gnral romain Atius, le roi des Francs Mrove et le roi des Wisigoths Thodoric (La Marne III - La Troue de Revigny, Guides illustrs Michelin des Champs de bataille (1914-1918), 2014 - books.google.fr).

La bataille de la Marne marque le premier tournant dcisif en faveur des Allis sur le front occidental lors de la Premire Guerre mondiale. Depuis l'invasion allemande de la Belgique le 4 aot 1914, les armes belge et franaise ainsi que le corps expditionnaire anglais, la British Expeditionary Force (BEF), ne font que reculer devant l'arme allemande. Le gnral franais Joseph Joffre ne perd cependant pas l'espoir de lancer une vaste contreattaque. L'occasion se prsente lorsque le gnral allemand Helmuth Johannes von Moltke ne se tient pas au plan initialement prvu et laisse se rer un espace entre ses armes. Ds le 6 septembre, une action combine des Anglais et des Franais permet aux soldats de se glisser dans la brche, ce qui menace les positions allemandes. L'arme allemande est donc arrte et est contrainte d'entamer le 10 septembre une retraite gnrale, alors qu'elle ne se trouve plus qu' 50 kilomtres de Paris (Pierre-Luc Plasman, La bataille de la Marne: Une premire victoire des Allis porteuse dun nouvel espoir, 2014 - books.google.fr).

Le dimanche 6 septembre l'aube, la bataille de la Marne commence. Ce sera la semaine la plus meurtrire de la Grande Guerre (www.france.fr - Premire bataille de la marne 6 au 12 septembre 1914).

Mry sur Seine dans l'Aube est aussi propos comme site de la bataille, ou d'une autre bataille prcdent celle de Chlons, et se trouve trs proche de cet axe du 7 septembre. Prs de l se trouve Saint Mesmin, lieu du martyre des saint Memorius et de ses compagnons, dcapits par Attila selon la lgende.

C'est que l'ancienne lgende de St Mesmin porte qu'ils furent martyriss, le 7 septembre : cette mention se retrouve dans plusieurs autres lgendes, notamment dans celle de St Loup, o il est dit que "St Mesmin et ses compagnons subirent le martyre le 7e jour des ides de septembre, et que ce jour-l ils quittrent la terre pour le ciel." Attila s'est donc trouv dans la plaine de Mry lors de sa retraite: car on sait d'une manire certaine que, dans sa marche agressive, il tait sous les murs de Metz la veille de Pques, qui, cette anne l, tait le 8 avril (Gustave Laprouse, Etude sur le lieu de la dfaite d'Attila dans les plaines de Champagne, 1862 - books.google.fr).

La bataille se trouve place dans la lgende prs du 6 septembre. La date fixe actuellement est au 20 juin 451 ou au 20 septembre.

Sur leur retour, ils sont battus par une arme de coalition dirige Atius dans les Champs catalauniques (campus Mauriacus), vraisemblablement entre Troyes et Chlons, le 20 juin 451 (Marieke Van Acker, Ut quique rustici et inlitterati hec audierint intellegant: hagiographie et communication verticale au temps des mrovingies (VIIe-VIIIe sicles), 2007 - books.google.fr, structurae.info - Camp d'Attila).

Aprs sa dfaite, Attila resta un temps sur les lieux puis se retira lentement sur le Rhin, guid par lvque Loup de Troyes.

Savy signale que d'aprs les itinraires, il existait l'emplacement du village de La Cheppe un petit temple de Minerve (Fanum Minervae) remplac, aprs la suppression du culte payen par un sanctuaire chrtien ddi saint Maurice, qui fut lui-mme dtruit au cours des guerres de religion. Cette chapelle de saint Maurice, seul difice existant dans la vaste plaine dserte devait ncessairement servir dsigner la rgion environnante et c'est pourquoi Jornands lui donne le nom de Champs Mauriciens. A cette preuve, l'auteur ajoute encore la prsence de nombreux tumuli notamment celui de Poix qui porte encore de nos jours le nom de Tombeau de Thodoric, celui de Vsigneul-sur-Coole toujours considr dans le pays comme le Tombeau d'Attila, et celui de Baudement prs d'Anglure, qui ne serait autre que la spulture d'un officier romain du nom de Cireneus. Enfin un lieudit situ une lieue au nord-ouest du camp de La Cheppe, dnomm l'Ahan-des-Diables aurait galement conserv le souvenir du combat : Ahanner dans le parler local signifie enterrer les grains des semailles, et l'pithte de diables ne peut dsigner que les Huns tus pendant la bataille et qui furent inhums sur place. (Jean Camille Niel, 451; Attila dans les Gaules. La bataille de Troyes, 1951 - books.google.fr).

M. Savy suppose l'existence de cette chapelle saint Maurice.

L'Eglise de La Cheppe, place dans la petite rue du village, tait ogivale et vote. En 1821, elle a t dmolie et reconstruite sur ses anciens fondements, sous l'administration de M. Tronsson (Pierre-Thomas), alors maire de la commune; elle fut reue, bnite et consacre sous l'invocation de Saint-Martin en 1822. Elle possde un magnifique tabernacle reprsentant en relief l'Annonciation de la Sainte Vierge. Remarquable surtout par la beaut de la sculpture, il provient du couvent des Ursulines de Chlons et a t achet quatre-vingts francs, au momento il allait tre brl par les dvastateurs des glises, l'poque de la Rvolution. [...] Avant la reconstruction de cette glise, la chapelle gauche du matre-autel tait ddie saint Maurice: elles tait orne d'un vieux tableau de ce saint, qui, d'aprs la tradition, venait de la chapelle de Parjout. Cette chapelle templire dpendait de La Neuville-au-Temple , aujourd'hui Dampierre-au-Temple, situe six kilomtres et demi l'ouest (P.-H. Letaudin, Etude historique sur La Cheppe, le camp d'Attila, et ses environs, 1869 - books.google.fr).

Certaines variantes de la lgende de sainte Ursule la font prir par la volont d'Attila qui voulait l'pouser. Les reliques d'Ursule avaient t apports Orval par le moine Constantin (8 dcembre) lors de la refondation de l'abbaye.

Baudement se trouve prs de l'axe. Vsigneul, aujourd'hui dans la commune de Faux-Vsigneul se trouve sur la Coole qui se jette dans la Marne Coolus sur l'axe.

Les dates du 6 et du 22 septembre appartiennent une division de l'anne en 22. Un des axes du 22 passe Toul (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : Introduction).

Attila

Lorsqu'Attila se vit oblig de quitter la rgion d'Orlans, il s'arrta l'une ou l'autre des deux ides suivantes qui lui ont t prtes par certains rudits : gagner dlibrment les plaines catalauniques qu'il avait dj traverses et o il savait trouver des terrains permettant ses armes de se dployer et d'offrir la bataille Atius et ses allis dans de meilleures conditions qu' Orlans ; ou bien, continuer sa route pour gagner la rgion de Trves, franchir le Rhin et se rendre en Thuringe comme il le fit aprs la bataille de Champagne. Et toujours dans cette seconde hypothse qui parat la plus plausible, Attila se sentant serr de prs aurait laiss une forte arrire-garde pour couvrir le passage d'une rivire par le gros de ses troupes et donner celui-ci le temps de se drober et de se placer plus loin en bataille pour attendre l'ennemi. Il n'y a Il n'y a en effet que 200 kilomtres environ entre Orlans et l'Aube, soit huit tapes modres pour des troupes se dplaant cheval ou en chariots (25 kilomtres en moyenne), ce qui donne croire que les armes d'Atius et de ses allis taient constamment sur les talons des armes d'Attila pendant les huit journes qui s'coulrent entre l'abandon d'Orlans et la grande bataille. C'est pourquoi Attila se dcida constituer une arrire-garde destine lui donner le temps ncessaire pour faire prendre au gros de ses troupes leur dispositif de combat. Dans l'une comme dans l'autre des deux hypothses envisages, l'axe gnral de marche tait d'abord Orlans, Chteau-Landon, Mry-sur-Seine et Chlons-sur-Marne. La zone de marche pouvait tre limite gauche par la ligne Montereau, Nogent-sur-Seine, Granges-sur-Aube, Fre-Champenoise ; droite par la ligne Montargis, Troyes, Arcis-sur-Aube, Sompuis. Abordant ensuite la Marne en aval et en amont de Chlons, de Cond-sur-Marne Pogny, les armes d'Attila se seraient portes vers les dfils de l'Argonne, la troue de Stenay et la rgion de Trves. A cette poque, il y avait de nombreux itinraires possibles entre Orlans et la Seine, au del de laquelle le terrain est d'un parcours facile jusqu' l'Argonne, surtout la belle saison (Charles Jordan, Csar et Attila en Gaule: 3 nigmes historiques, 1947 - books.google.fr).

On a vu que Mry-sur-Seine, Granges-sur-Aube, Chlons et Stenay sont sur cet axe du 7 septembre.

Le roi des Huns parait devant Orlans, avec 150,000 hommes le 24 juin 451 ; l'investissement et le sige durent quarante-neuf jours. Aetius arrive le 12 aot avec 100,000 hommes ; deux jours aprs les lignes sont forces et le sige lev avec perte, pour les Huns, de 50,000 hommes (Journal des sciences militaires, R. Chapelot, 1834 - books.google.fr).

Au milieu du XIVe sicle, un nomm Niccol da Casola compose une pope de 37.535 vers, en 16 chants, sous le titre de La Guerra dAttila. Elle est conserve dans un seul manuscrit en papier de la Biblioteca Estense de Modne (ms a.W.8. 16-17), en deux tomes. Elle a t commence en 1358 et termine dix ans plus tard. Lauteur est identifi avec un notaire originaire de Bologne, qui vivait la cour de la famille dEste (Estensi) Ferrare. Il dveloppe largement les exploits lgendaires dAttila en Italie et fait figurer ses ennemis, dfenseurs du christianisme et de lItalie, comme des anctres glorieux de la famille dEste. Sa thmatique est influence par des oeuvres franaises tels le Roman dAlexandre, la Chanson dAspremont, lEntre dEspagne et la Pharsale.

En 1565 est rdige ladaptation en prose de la premire partie de la Guerra dAttila par Giovan Maria Barbieri (1519-1574), important philologue, sous le patronage dAlfonso dEste. Le texte est publi Ferrare en 1568, puis Venise en 1569 (Edina Bozoky, La naissance dAttila dans la littrature mdivale franco-italienne, Littrature et folklore dans le rcit mdival, 2011 - books.google.fr).

Attila est cit par La Vraie Langue Celtique, page 209 :

L'hritier royal tait seul admis porter les cheveux longs, et ce fait, bien reconnu et certain d'ailleurs, devient encore plus manifeste par la composition du nom de Mrove, Merowig, le vainqueur d'Attila, mere (mire) seul, to owe (), tre oblig de, wig, chevelure . Lorsque Mrove mourut, jeune encore, les possessions des Franks s'tendaient jusqu' la Seine.

Dans la Guerre d'Attila, celui-ci est le fils d'un lvrier et de la fille du roi de Hongrie Ostrubal.

Par sa consonance, le nom du roi Ostrubal voque probablement lenvahisseur punique, Hastrubal, frre dHannibal (Deuxime guerre punique). Demble, Ostrubal reprsente lennemi jur du christianisme ; fort chagrin par la diffusion de celui-ci, il veut entreprendre son radication. L'pope La Guerre d'Attila en fait un mahomtan, ennemi typique des chrtiens dans les chansons de geste. L'actualit d'un tel personnage est aussi lie lamenace turque, de plus en plus grave au mileiu du XIVme sicle (Edina Bozoky, La naissance dAttila dans la littrature mdivale franco-italienne, Littrature et folklore dans le rcit mdival, 2011 - books.google.fr).

Hasdrubal est cit pages 93 et 94 de La Vraie Langue Celtique.

On retient un lien indirect entre Attila et le 6 septembre, fte de saint Millefort, autre Guinefort qui est aussi le saint lvrier de Sandrans (Ain) (Jean Claude Schmitt, Le saint Lvrier: Guinefort, gurisseur d'enfants depuis le XIIIe sicle, 1979 - books.google.fr, La Vraie Langue Celtique de labb Henri Boudet : Histoire dme).

Dans le trou n 14 des fouilles de 1864 du Camp d'Attila La Chappe a t retrouve une tte de chien lvrier, "il est vraisemblable que cette belle tte a t offerte en sacrifice Diane, desse de la chasse" (P.-H. Letaudin, Etude historique sur La Cheppe, le camp d'Attila, et ses environs, 1869 - books.google.fr).

Les deux versions de La Guerra soulignent la nature ardente de la jeune fille qui la pousse l'accouplement bestial, motif cl de la naissance d'Attila. Commenons par le motif de la cynocphalie, caractristique d'Attila dans la lgende. Les hommes la tte de chien figuraient depuis l'Antiquit parmi les peuples monstrueux que l'on imaginait vivre en ExtrmeOrient, en Inde. Plus tard, ils sont parfois mentionns parmi les peuples enferms par Alexandrele Grand derrire le Caucase. Or, ds le Ve sicle, on imagine que les Huns font prcisment partie de ces nations perverties par Satan , reprsentes par Gog et Magog, qui sortiront du Caucase la fin des temps. Quoiqu'il en soit, au XIIIe sicle, le chroniqueur florentin Robert Malespini attribue dj Attila des oreilles de chien : Cet Attila flagellum Dei avait la tte chauve, des oreilles comme un chien . Mais il ne parle point de la lgende de l'accouplement avec le lvrier. De mme, le chroniqueur de Padoue, Rolandino, parle d'Attila le chien propos du sac de la ville au milieu du XIIIe sicle. Curieusement, le pre d'Attila, le lvrier, a un rle ambigu dans notre rcit. Premirement, le lvrier jouit au Moyen ge d'un statut spcial parmi les chiens. Au milieu du XIII esicle, Vincent de Beauvais, faisant une classification des chiens, en distingue trois sortes : les chiens de chasse, les chiens de garde et les lvriers, qui sont les plus nobles, les plus lgants, les plus rapides la course, les meilleurs la chasse. Animal troitement associ l'aristocratie, la noblesse, le lvrier a une place prpondrante dans l'hraldique. Bien que chiens de chasse, on sait qu'ils pouvaient habiter avec leur matre, partager son intimit. Dans le roman Partonopeus de Blois (av. 1188), Partonopeus, rentrant au chteau aprs la chasse, renvoie ses chiens sauf deux lvriers qu'il garde auprs de lui, Auques li tolent son enui (v.860). Dans le mme roman,le jeune Anseau sauve un lvrier dans un naufrage, l'adopte et le prend toujours avec lui. De cette faon, la cohabitation du lvrier avec la princesse dans notre lgende reflte la ralit. Par contraste avec la nature amoureuse de la jeune fille, le lvrier de la lgende fait figure de victime. Sa couleur blanche indique son innocence : ce n'est pas lui qui prend l'initiative de s'unir avec la princesse. De plus, il subit un vritable martyre. Le texte en prose prcise que la demoiselle tait chauffe de la luxure, elle tourna son ventre vers le lvrier . La mort tragique du lvrier, jet dans le foss, fait penser la mort injuste du saint lvrier Guinefort, injustement tu par erreur. [...]

Il existe plusieurs lgendes, bulgare, turque, chinoise, anou, mais aussi esquimaude, indienne et autres, qui mettent en scne l'union d'une femme avec un animal, en particulier avecun chien.

L'origine bestiale d'Attila devait souligner la monstruosit du personnage et, par contraste, exalter la valeur de ses ennemis, dfenseurs du christianisme etde l'Italie. On avu plus haut que, selon une antique tradition, les Huns seraient descendus des sorcires goths, chasses loin de leur peuple et fcondes par dmons ("esprits immondes"). La thorie de la gnration dmonique des Huns est bien connue au Moyen ge. Si, aprs 1230, le thme disparat des dbats thologiques, les traits dmonologiques le citent de nouveau au XVe et au XVIe sicles, tel Jean Wier, De prestigiis daemonorum (Ble, 1583). Dans notre lgende, la procration bestiale remplace l'ascendance dmoniaque. Au Moyen ge, on croyait en la possibilit d'union fertile entre btes et humains ; les fruits de telles unions, des hybrides, furent considrs comme des monstres. Aux XIIIe et XIVe sicles, les monstres, rsultats d'une transgression, sont les incarnations favorites du Diable. [...]

De cette faon, Attila, un tre hybride, est tout fait rejet du monde chrtien. Le motif de l'origine canine d'Attila semble tre galement li l'assimilation des paens aux chiens. L'origine de la mtaphore chiens/paens se trouve dans l'Ancien Testament (Psaumes, LIX) : les paens sont compars aux chiens qui rdent autour de la ville en aboyant. Les auteurs chrtiens commentent surtout un passage de l'vangile de Matthieu (XV, 21-28) o les Cananens sont assimils aux chiens. la suite des Pres de l'glise comme Tertullien, Lactance, Augustin, Jrme, l'usage de cette mtaphore se rpand au Moyen ge non seulement dans la littrature thologique mais aussi dans les chansons de geste, et ceci jusqu'la fin de la priode mdivale. Notre lgende fait incarner ausens littral cette mtaphore dans le motif de la naissance d'Attila, personnage reprsentant par excellence le paen et, de surcrot, dans La Guerra d'Attila, le paen mahomtan, situ dans une vritable ambiance de croisade. [...]

La mauvaise image du roi hongrois/hun peut s'expliquer, au moins en partie, par les conflits d'intrts qui opposaient au XIVe sicle Venise et le roi de Hongrie, Louis d'Anjou, en particulier en Dalmatie. En 1358, Venise a d renoncer provisoirement la possession de cette rgion. Raffaino Caresini, en parlant en 1373 des dvastations de Louisd'Anjou dans le Frioul, s'tonne de la barbarie d'un tel roi qui descend non pas d'Attila flagellum dei mais du roi trs chrtien de France (Edina Bozoky, Attila et les Huns: Vrits et lgendes, 2012 - books.google.fr).

Les Nibelungen

Attila, impliqu par certaines variantes de la lgende dans le martyre de sainte Ursule, est l'un des personnages principaux de la Chanson des Nibelugen, qui portent, comme le font remarquer les auteurs de L'nigme sacre (p. 275), des noms mrovingiens.

Le chant des Niebelungen est form de deux parties d'gale tendue, dont la premire comprend dix-neuf aventures ou chants, et se termine au meurtre de Siegfried; la seconde, compose de vingt aventures, a pour objet la vengeance que Chriemhilde, veuve de Siegfiied, devenue reine des Huns, pouse d'Attila (Etzel), exerce sur ses parents, meurtriers de son premier mari. La scne s'ouvre sur les bords du Rhin, Worms, capitale du royaume burgonde i; l, trois frres rgnent en commun, Gunther, Gernot et Giselher; Gunther qui est l'an parat exercer la principale autorit. Leur sur Chriemhilde est leve auprs d'eus.Toute jeune, elle est dj clbre par sa grande beaut. Leurpredcd l'ouverture du rcit se nommait Dankrat; Uta leur mre vit encore. Chriemhilde a fait un rve qui l'agite. Elle levait un beau faucon, deux aigles vinrent le tuer sons ses yeux. Sa mre lui explique son rve en lui annonant qu'elle pousera un noble guerrier, mais le perdra au bout de peu de temps. Ce futur poux de Chriemhilde est Siegfried, fils de Siegmund, roi franc, rsidant Santen, sur le bas Rhin.

Worms, cit importante de la province des Gaules nomme premire Germanie, aujourd'hui la Bavire rhnane, est appele Wormatia, Vuormacia, Gormetia, Barbetomagum et Civitas Vangionum. Gunther, Gundahar ou Gundicaire, roi des Burgondes, y tait tabli ds l'an 413 (Edouard Scretan, La tradition des Nibelungen, 1865 - books.google.fr).

Le nom de Gunther est rapproch de celui du roi des Burgondes Gundicarius, qui a essuy une dfaite, en 436 ou 437, inflige par des Huns commands par le chef des armes romaines Aetius.

Aetius, le gnral et chef d'tat romain qui avait accd au pouvoir en 433, dcide de s'appuyer sur les Huns pour repousser les Burgondes. En 436/7 il attaque avec ses allis huns le roi burgonde, Gundicarius, le tue et anantit son peuple. Les survivants burgondes sont transfrs dans la rgion de Lyon et Genve et fondent l un royaume qui vers 495 s'tend du sud de la Champagne jusqu' la Durance. Dans ce royaume Germains et Romains avaient les mmes droits (Danielle Bushinger, Attila - Chef des Huns, figure lgendaire, personnage littraire, Attila dans la ralit historique, la littrature et les beaux-arts: actes du colloque de Saint-Riquier, (Dcembre 2002), 2004 - books.google.fr).

Worms se trouve sur un des axes du 22 septembre passant par Toul. Saint Epvre voulait ddier saint Maurice, chef de la lgion Thbaine, l'glise qu'il fit lever dans un des faubourgs de sa ville piscopale de Toul ; mais, quand son corps y fut inhum, le peuple, qui aimait venir prier sur sa tombe, ne l'appela plus que l'glise Saint-Epvre, et ce dernier nom lui est rest (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : 22 septembre - Maurice - Toul).

Lexemple mauricien sert lexhortation du prince ottonien au dbut du XIe sicle, mais, quelques dcennies plus tard, au moment o la question des investitures gnre de fortes tensions entre lEmpire germanique et la Papaut, il est mis en avant par les partisans de lempereur et, en particulier, du Salien Henri IV. Benzo dAlbe signale ainsi quen 1061 les Normands, acquis la cause de llu des cardinaux, le pape Alexandre II, sopposrent avec force lavance des troupes impriales, mais quils ne purent empcher Pierre Cadalus, consacr Ble sous le nom dHonorius II, de parvenir au Latran. Il ne sagit pas, pour lancien vque dAlbe, de vanter la valeur des armes dHenri IV, mais de lgitimer la position du monarque. Il prcise en effet que saint Maurice se trouvait au milieu des soldats. La prsence du Thbain est lourde de signification car chacun sait que le lgionnaire mania la lance et lpe, mais quil veilla toujours ce que son combat soit juste aux yeux de Dieu, conforme la volont de Dieu. La conclusion qui simpose est claire : Henri IV avait, dans sa lutte contre le pape et les cardinaux, le soutien du ciel. Le Thbain retint aussi lattention dun autre clerc favorable lempereur, le cardinal Benno. En 1081, le prlat relit le texte laiss par Eucher de Lyon, soulignant que le refus de porter les armes contre leurs coreligionnaires navait pas conduit les soldats se retourner contre Maximien, mais que ceux-ci taient, au contraire et jusqu la mort, rests respectueux du serment quils avaient prt au moment de leur intgration dans les armes impriales. Il interprte lattitude des Thbains la lumire du commentaire que donne saint Jrme du passage du livre du prophte zchiel concernant le roi de Juda, Sdcias. Il rappelle ainsi que Sdcias promit fidlit Nabuchodonosor puis quil rechercha lappui de lgypte pour se rvolter contre le monarque de Babylone et quil subit, finalement, le chtiment divin parce quil avait mpris le serment dont Dieu tait le tmoin. Limportant, conclut il, nest donc pas celui auquel on donne sa parole, mais celui au nom duquel et devant lequel on la donne. Le contexte claire le propos du cardinal. En 1075, le pape Grgoire VII a crit Henri IV pour dnoncer la situation de lglise dans lEmpire et, en particulier, le contrle de lempereur sur llection des prlats. Le monarque napprcie gure la dmarche du pontife et, entour des vques de lEmpire quil a runis Worms, dclare Grgoire VII usurpateur. Lintress ragit en dliant tous les sujets de lempereur de leur serment de fidlit puis dpose et excommunie Henri IV. Ce dernier sincline. Il se rend, pnitent, Canossa. Pieds nus et en chemise dans la neige, il obtient le pardon du pape sans, toutefois, convaincre les grands, qui se donnent un nouveau roi en la personne du duc de Souabe, Rodolphe de Rheinfelden. Henri IV, furieux, en appelle au pape. Il rclame la condamnation de lanti-roi, arguant de labsolution quil a reue et de lannulation de sa dposition, mais Grgoire VII reste sourd sa requte, niant mme lavoir rhabilit. Il ny a plus alors, pour dpartager les deux prtendants la couronne, que laffrontement. Il a lieu le 16 octobre 1080 Hohenmlsen : Henri IV est battu, mais Rodolphe ne profite pas de la victoire puisquil meurt au cours de la bataille. Linterprtation que livre Benno de la Passion de saint Maurice sexplique. Dans ces annes 1075-1080 durant lesquelles les serments sont prts, oublis voire dnoncs au gr des circonstances et des intrts, le cardinal avertit les aristocrates de lEmpire. Il leur rappelle que les paroles donnes lont t devant Dieu et que celui-ci, parce quil en a t le tmoin, punira les parjures. Il signale aussi au pape, qui revendique pouvoir dlier des sujets de leur fidlit leurs seigneurs, que Dieu fut et demeure le tmoin des serments prts et quil veillera sanctionner ceux qui, coutant le pontife, manqueront leurs engagements. Lauteur de la Vie dHenri IV, au dbut du XIIe sicle, lui donne raison et conforte sa lecture, aussi savante quoriente, du rcit dEucher. Relatant le combat qui oppose lempereur Rodolphe de Rheinfelden, il note que le corps de ce dernier fut retrouv et prcise quil manquait la main droite. Lamputation nest pas une blessure. Elle est une peine, celle qui est rserve aux parjures et qui manifeste donc autant la faute du duc de Souabe quelle dnonce les prtentions du pape (Esther Dehoux, Saint Maurice, soldat au service du prince, Inflexions, n 27, 2014 - www.academia.edu, univ-lille3.academia.edu).

Pendant la querelle des Investitures, Matilde soutient trs fermement le parti du pape (guelfes). Le 25 janvier 1077, c'est dans la cour du chteau de Canossa, appartenant Mathilde, que l'empereur Henri IV fit amende honorable lors d'une rencontre avec le pape Grgoire VII : c'est l'origine de l'expression aller Canossa . Aprs la mort de Grgoire VII, Mathilde soutient son successeur Victor III, rfugi au Mont-Cassin, contre l'antipape imprial Clment III. Aprs la mort du Pape une quarantaine d'vques et d'abbs runis sous la protection des milices de Mathilde lisent l'vque d'Ostie, sous le nom d'Urbain II pour lui succder. C'est un franais proche comme elle d'Hugues de Cluny.

En 1089 l'incitation du nouveau pape Mathilde accepte de se remarier 43 ans avec Welf II de Bavire un jeune garon de 17 ans Il s'agit d'une union politique destine renforcer les liens entre le Pape et les Welfs eux aussi en conflit avec l'empereur Henri IV du Saint-Empire. Sous l'influence de Mathilde, Conrad le second fils de Henri IV, couronn roi des Romains ds 1087 se rallie au camp du pape et s'oppose son pre. L'archevque de Milan le couronne roi d'Italie en 1093. Le pape Urbain II ngocie son mariage avec une fille de Roger Ier d'Hauteville, comte de Sicile en 1095. Cette mme anne Mathilde et Welf se sparent. Conrad dshrit par son pre meurt Florence en 1101. Son frre cadet Henri, roi des romains depuis 1098 se rvolte son tour contre son pre en 1104 et rejoint le parti du nouveau Pape, successeur d'Urbain II, Pascal II. Par une donation de 1077 solennellement renouvele en 1102, Mathilde avait cd, aprs sa mort, l'ensemble de ses tats au Saint-Sige bien qu'une partie d'entre eux, la Toscane notamment relvait, de la suzerainet impriale. Cet acte est l'origine d'un conflit d'un sicle entre le Pape et les empereurs.

En 1110, Henri, devenu l'empereur Henri V du Saint-Empire, effectue une descente en Italie, Novare qui refuse d'accueillir ses troupes est chtie et Mathilde reste sans raction. Elle se dplace mme la dite impriale de Roncaglia pour rencontrer l'empereur. La comtesse Mathilde meurt Bondeno di Roncore le 24 juillet 1115.

Larchevque de Vienne, dont la cathdrale tait voue saint Maurice, Guy de Bourgogne, n Quingey sur les tracs des nonagones, runit en 1112 la demande de Pascal II un concile afin de statuer sur la querelle qui stait leve au sujet des investitures. Pascal II avait t fait prisonnier, en 1111, par Henri V qui lavait contrait daccepter que lempereur puisse accorder linvestiture des vchs et des abbayes par les insignes religieux de la crosse et de lanneau. Des protestations staient leves, surtout en France. Le concile de Vienne dclara, sous la dicte du Saint-Esprit , que toute investiture donne par un lac tait hrtique, et que les chrtiens seraient dlis de lobissance au pape si celui-ci en jugeait autrement. Pascal II ratifia ces prescriptions en octobre 1112.

En 1117, Pascal II senfuit de Rome dans laquelle entrait Henri V qui se fit couronner empereur par Maurice, dit Burdin, archevque de Braga. A la mort de Pascal, son successeur Glase II dut aussi quitter Rome lapproche de lempereur qui nomma Burdin pape devenant ainsi lantipape Grgoire VIII. Glase finira sa vie en France qui lui offre refuge et meurt Cluny le 29 janvier 1119, recommandant Guy de Bourgogne pour sa succession.

Elu le 2 fvrier et couronn le 9 fvrier 1119, Guy, devenu le pape Calliste ou Calixte II, fut reconnu tel par les cardinaux romains bien quil ne fut pas italien et quil fut choisi par un petit groupe de cardinaux rests en France. Calixte crut utile de faire un tour de France afin dassurer son pouvoir.

Finalement, une ngociation entre Henri V et lEglise souvrit Worms o fut sign un concordat, le 22 septembre 1122 (Voyage dans le temp : Le pape Calixte II).

On trouve soit la date du 22 septembre soit celle du 23. En fait la Dite ou Concile de Worms se tint le 8 et le 22 septembre 1122. La signature eut lieu le 23, jour de l'absolution de l'empereur Henri V. Au Ier Concile gnral d'Occident de Latran (IXme Concile oeucumnique), en 1123, fut ratifi le premier concordat entre l'Empire et l'Eglise.

Les Pres coutrent attentivement les paroles qu'avait prononces l'empereur et que l'on avait enregistres, avec celles de Callixte, dans l'acte rendu prcdemment public Worms et sur les rives du Rhin. Le lecteur ne sera sans doute point fch de trouver ici le texte de ce document, premier exemple d'un Concordat vritable entre le Sacerdoce et l'empire.

Cet acte portait les signatures d'Adalbert, Archevque de Mayence, de Frderic Archevque de Cologne, de S. Othon vque de Bamberg, de Brunon vque de Spire, d'Arnulphe Abb de Fulde, de quatre autres vques et de huit Seigneurs pris parmi les ducs, les marquis et les comtes de l'empire. Il fut authentiqu par Frdric, Archevque de Cologne, et convalid par l'apposition du sceau d'or de l'empire, sous la date du IXe jour des Calendes d'Octobre 1122, comme le rapportent les chroniques d'Usperge et d'Hildesheim (Vincenzo Tizzani, Les conciles gnraux, traduit par Joseph Antonin Doussot, 1869 - books.google.fr).

Le IXe jour des Calendes d'Octobre 1122 est le 23 septembre 1122. La veille, le 22 septembre 1122, a aussi son importance.

Finalement, ce furent des Franais encore qui, sous le pontificat de Calixte II, prparrent non sans risques la solution d'un conflit presque sculaire. A Reims, en prsence du pape, de notre roi Louis VI et du concile, la renonciation formelle d'Henri V avait t apporte avec des souhaits trs vivement exprims de rconciliation et de paix. Plt Dieu que la chose fut faite, s'tait cri Calixte, supposer qu'elle ft sans fraude . Lui aussi n'oubliait ni la protervia Teuticorum , ni les enormitates Germanorum . tant all Mouzon pour s'assurer des intentions des Allemands, il constata que, dans l'intervalle l'empereur avait fait modifier et tronquer le texte des propositions les plus importantes. Notre Guillaume de Champeaux fit constater publiquement le procd et rompit la discussion. On apprit en mme temps que tout avait t prpar pour l'enlvement du pape qui dut se replier en toute hte sur Reims. C'tait Canossa, Sutri et le drame de Saint-Pierre combins en un scnario unique. On y chappa ; mais il fallut se satisfaire de nouveaux anathmes. Cependant ce qui fera toujours capituler les chefs de l'Allemagne, c'est la peur des scessions, de la dsagrgation de l'tat instable auquel ils commandent. La guerre civile dans son royaume germanique, la dsaffection grandissante et la menace normande en Italie contraignirent enfin le Salique cder. Sans doute ce fut une transaction, une paix de compromis si l'on confronte ce concordat de de Worms (1122) ce qu'opposait Grgoire VII Henri IV ; c'tait pourtant une dfaite allemande si l'on compare le rsultat aux formidables exigences de jadis. Au lieu de la souverainet universelle, tant dans le spirituel que dans le temporel, le chef germain y tait considr comme un quelconque d'entre les souverains, et trait distinctement et diffremment comme roi de Germanie, roi d'Italie, roi de Bourgogne. C'tait carter par prtrition la dignit impriale et la rduire un titre personnel et nu. Dans le royaume de Germanie, le roi pouvait assister aux lections piscopales et abbatiales et, en cas de litige, participer avec le mtropolitain au jugement, aprs quoi il devait faire remise l'lu des rgalia par le sceptre avant le sacre. En Italie et en Bourgogne, aucune intervention du souverain dansleslections, remise des rgalia l'lu par le sceptre, mais seulement aprs le sacre et dans les six mois. Partout les investitures par la crosse et l'anneau, sous peine d'anathme, taient interdites ; partout la libert des lections et des conscrations tait garantie (22 septembre 1122) (Revue des questions historiques, Volumes 123 124, 1935 - books.google.fr).

Le 8 et le 22 Septembre 1122, se tint Worms, en prsence de l'empereur Henri V et des trois Lgats du Pape Callixte II, une Dite, ( laquelle plusieurs auteurs donnent le nom de Concile), compose des grands, des vques et des Abbs feudataires de l'empire. Dans cette assemble, fut traite la question des Investitures et les deux parties confirmrent leur accord par un crit qui constitue un document historique de la plus haute importance. [...]

Afin donc de rendre la fois plus solennelle et plus facile la crmonie de l'absolution, on convint que l'arme toute entire se dploierait le long de la rive gauche du Rhin. A la tte de ses troupes se trouverait l'empereur Henri V, entour des grands de sa cour et de tous les dignitaires Ecclsiastiques et civils. Viendrait ensuite la grande multitude de personnes qui dsiraient galement se faire dlier des censures Ecclsiastiques par l'autorit Pontificale, dont Lambert, vque d'Ostie, tait le principal reprsentant. Le 23 Septembre, les soldats, les nobles, les dignitaires, l'empereur et le peuple, disposs suivant l'ordre que l'on vient d'indiquer, coutrent en silence la lecture de la convention arrte entre Callixte et Henri. Les trois Lgats du S. Sige s'taient rendus auprs de l'empereur et ratifirent au nom du Pape la dclaration Pontificale, pendant que Henri de son ct ratifiait la sienne. Aprs qu'on eut lu cette double ratification et publi le Concordat, Lambert, vque d'Ostie, au nom et par l'autorit du Pontife Romain, donna publiquement l'empereur, l'arme et tous ceux qui taient en tat de la recevoir, l'absolution de l'excommunication encourue par eux l'occasion des Investitures. Ensuite il clbra, en prsence de tous, le trs-Saint Sacrifice de la Messe, l'empreur Henri, dli del'excommunication et rconcili avec l'glise, fit la sainte Communion et fut admis au baiser de paix par le reprsentant du Pape. Ce jour fut un jour de joie pour les nombreux assistants, dont la foule prsentait de loin l'aspect d'une arme occupant ses positions sur un immense champ de bataille (Vincenzo Tizzani, Les conciles gnraux, traduit par Joseph Antonin Doussot, 1869 - books.google.fr).

Le mariage de Louis VI avec Adlade de Maurienne fut clbr en 1115. Mais, du fait de la raret des sources franaises pour ces annes, et parce que peu d'entre elles mentionnent l'vnement, il est trs difficile de prciser davantage cette date. Le seul tmoignage contemporain recueilli dans une source narrative est une note des annales de Saint-Pierre-le-Vif de Sens : mais, explicite sur l'anne, le texte ne donne aucune indication de mois ou de jour (Andrew W. Lewis, La date de mariage de Louis VI et d'Adlade de Maurienne, Bibliotheque de l'Ecole des Chartes, Tome 148, 1990 - books.google.fr).

Sigismond fils de Gondebaud (de la loi Gombette), le fondateur de l'abbaye royale de Saint Maurice Agaune, est l'un des successeurs du Gunther des Nibelungen.

Afin d'honorer la mmoire des martyrs saint Maurice et ses compagnons, Sigismond, convertit par saint Avit de Vienne, fonde un monastre et btit une vaste basilique qui englobe le modeste sanctuaire existant, Agaune, dans le Valais. Dans cette abbaye est institue la louange perptuelle, confie cinq churs de moines qui se relaient jour et nuit sans interruption pour glorifier Dieu. Le roi affecte cette fondation les revenus considrables de domaines situs sur Lyon, Vienne, Besanon, Genve, Aoste... Mais aprs la mort de sa premire pouse, Sigismond fait assassiner Sidric, son fils, pour plaire la seconde qui l'a persuad que celui-ci complote contre lui. Saisi de remords il supplie Dieu de le chtier et va faire pnitence dans son monastre d'Agaune, doit en sortir pour aller guerroyer contre le roi des Francs, et y revient, vaincu, pour prendre l'habit monastique. Mais Sigismond est enlev par Clodomir, le fils de Clovis, ramen Orlans et prcipit au fond d'un puits en 523. Le trsor de l'abbaye Saint-Maurice garde encore la chsse des enfants de saint Sigismond et un vitrail moderne du peintre suisse Edmond Bille voque la crmonie de la remise de la charte de fondation du monastre en prsence du roi de Bourgogne. Il est ft le 1er mai (Jean-Maurice Barb, Tous les prnoms, 1994 - books.google.fr).

Les successeurs immdiats du dernier Rodolphe, mort le 6 septembre 1032, les premiers comtes de Maurienne et de Savoie, s'efforcent de renouer la tradition burgonde du premier et du second royaume, revendiquant avec obstination l'hritage des pacifiques descendants de ceux qui sont clbrs dans les Niebelungen et l'Edda. L'abbaye de Saint-Maurice devient pour eux un sanctuaire politique et religieux. Sous ce nom vnr, auquel s'est ajout celui de Saint-Lazare, Amde VIII fonde, au XVe sicle, l'ordre religieux et militaire qui est devenu la premire distinction honorifique de la petite monarchie. (Hudry-Menos, La Maison de Savoie, Revue des deux mondes, Volume 66, 1866 - books.google.fr).

Le bourg d'Epaune appel anciennement Epaone (aujourd'hui Epinassey), est situ presqu'au pied de la chane du rocher appel Tauredunum qui domine le territoire o fut massacre la lgion thbenne, une demi-lieue au nord de St-Maurice, fut construit par Sigismond pour y retirer tout ce qui tait tranger au couvent qui, devenu si vaste, demandait tout l'emplacement d'Agaune. Le 6 septembre 516, un concile national s'y tint sous la prsidence de Saint-Avit. Vingt-cinq vques souscrivirent les quarante canons de discipline de l'Eglise Gallicane (Hyacinthe Brousoz, Histoire du Valais: ddie la jeunesse de ce canton, 1859 - books.google.fr).

Der Rckgriff auf die Karlszeit ist im brigen nicht nur im literarischen Raum fr die staufische Zeit blich, sondern insgesamt politisches Programm: So lie Friedrich Barbarossa sein politisches Vorbild Karl den Groen auf dem Hoftag zu Aachen am 29.12.1165 heilig sprechen; ebenso eindrucksvoll ist die Gestaltung des Karlsschreins, begonnen 1182, auf dem Karl der Groe als Stellvertreter Christi begriffen wird. Die Gestalt des heiligen Kaisers wird im Karlsschrein zur Inkarnation des deutschen Herrschertums. Karl und Friedrich I. sind vermutlich in einer Figur dargestellt. Friedrich erscheint hier als ein neuer Carolus. Knstlerisches Vorbild des Karlsschreins war wohl der Reliquienschrein von St. Maurice d'Agaune, des Klosters, das der letzte nicht frnkische Knig von Burgund, Sigismund, gegrndet hatte und wo er selbst nach seinem gewaltsamen Tod 524 bestattet wurde, um danach als Heiliger verehrt zu werden: Mit der Legendenbildung um den Untergang des Rhnereiches und um Knig Sigismund hat die Burgundia der Nachwelt den ersten als heilig verehrten germanischen Knig geliefert; und in der Strahlkraft des Patroziniums von Agaunum hat sich - zwar anders als in der Nibelungensage - ein weiteres Mal die ungewhnliche Zhigkeit burgundischen Traditionskraft besttigt", schreibt Laetitia Boehm in ihrer Geschichte Burgunds. Ursprung dieser Tradition ist die Verehrung des Mauritius, der zu Beginn des 4. Jahrhunderts als rmischer Hauptmann der thebaischen Legion sich weigerte, die befohlene Christenverfolgung durchzufhren und deshalb in Agaunum hingerichtet wurde. Die Verehrung des Mauritius und des Klostergrnders Sigismund hat sich in ganz Burgund ausgebreitet und wurde dann ebenfalls von den deutschen Knigen und Kaisern bernommen.

Der Text des Nibelungenliedes spricht eindeutig von Worms als der Hauptstadt des burgundischen Reiches. Zentrale und Ausgangspunkt jeder Handlungsepisode ist Worms, egal ob Siegfried um Kriemhild wirbt, ob sich Gunther zur Brautfahrt nach Island aufmacht, ob man zur Jagd in den Odenwald aufbricht, ob der ermordete Siegfried im Mnster aufgebahrt ist, ob Rdiger von Bechelaren fr Etzel um die Witwe Kriemhild wirbt, ob Kriemhild den Weg entlang der Donau zu Etzel nimmt und ob schlielich die Burgunden gegen Rumolds Rat zum Fest an Etzels Hof ziehen. Historisch erweist sich die Liedaussage - Worms sei die Hauptstadt von Burgund - zunchst als nicht plausibel, denn Worms hat zu keiner Zeit der Geschichte zum Territorium der Burgundia, des burgundischen Reiches gehrt, wenn wir nicht auf die Sagengestaltung des 30-jhrigen Aufenthaltes des Stammes der Burgunden in unserem Raum zurckgehen, der 436 durch den rmischen Feldherrn Aetius beendet wurde. Dennoch gibt es, wie oben bereits angedeutet, historische Beziehungen zwischen Burgund und Worms, die mit den Knigs- und Adelsdynastien des frnkischen Reichs zusammenhngen und dem Dichter mit groer Sicherheit bekannt waren. Beginnen wir mit der gerade genannten burgundischen Mauritiusverehrung und der thebaischen Legion: Sie ist Barbarossa auf dem Kreuzzug kurz vor seinem Tode bewusst und macht die Weihe seines Unternehmens aus: Von der miles Christi- Idee her wird zum Typus fr das Kreuzfahrerheer die Thebische Legion: in omnibus comparanda legioni Thebeorum martyrum". Der burgundische Knig Friedrich Barbarossa, gekrnt 1177 in Arles, beruft sich bewusst auf die burgundische Tradition der Mauritiusverehrung und der Heiligen Lanze, die er nun im Auftrag Christi als rmischer Kaiser und Vogt von Jerusalem gegen die Heiden fhrt. Ursache hierfr ist nicht nur die Ehe mit Beatrix von Burgund, die in Worms gesalbt wurde, sondern auch die Verpflichtung gegenber seinen Vorgngern, von denen er die Heilige Lanze als Zeichen der Herrschaft ber Burgund erhalten hat (Jrgen Breuer: Die Burgunden und ihr Wormser Hof im Nibelungenlied, Die Nibelungen in Burgund: Dokumentation des Symposiums von Stadt Worms und Nibelungenlied-Gesellschaft Worms am 30. September 2000, 2001 - books.google.fr).

Lohengrin ou Garin le Lorrain

Godefroi de Bouillon, n de la maison de Boulogne, qui porte un cygne dans son blason, suzerain d'Orval et de Stenay, concentre dans sa lgende de fils de Lohengrin, le Chevalier au Cygne, la convergence des traditions hyperborennes de l'ours et du cygne apolliniens qui ressurgiront trois sicles plus tard, au centre de la France, avec l'ours du Duc de Berry et sa devise Ors cygne le tems venra (Mythologie franaise: bulletin de la Socit de mythologie franaise, Numros 181 184, 1996 - books.google.fr).

Le nom de Lohengrin est issu du franais li Loheren Gerin, c'est--dire Gurin le Lorrain. Selon Wolfram, Lohengrin, fils de Parzival, vient Anvers sur une nacelle trane par un cygne et pouse la princesse de Brabant, en lui faisant promettre qu'elle ne lui demandera jamais qui il est. Aprs plusieurs annes d'une heureuse union, la reine lui fait la question interdite. Aussitt, le cygne reparat avec sa nacelle et emmne Lohengrin Montsalvage. Ce court rcit de Wolfram, inspir par l'ancienne lgende franaise du Chevalier du Cygne, fut repris dans la Guerre de la Wartbourg, et ici, c'est Wolfram lui-mme qui raconte l'aventure de Lobengrin (www.cosmovisions.com - Lohengrin).

Garin le Lorrain, qui lui seul compte prs de quinze mille vers, fait partie d'un ensemble bien plus vaste connu sous le nom de Chanson des Lorrains qui s'tend de Charles Martel (688-741) Ppin le Bref (714-768). Cette Chanson de geste comprenait quatre parties, chacune groupe autour d'un ou plusieurs personnages princi- paux : 1 -le duc Hervis de Metz, pre de Garin et de Bgon ; 2 - Garin le Lorrain, et son frre, Bgon de Belin ; 3 - Girbert, fils de Garin, et Hernaut et Gzin, fils de Bgon ; 4 - enfin une quatrime gnration qui se poursuit jusqu' Garin de Montglave. La seconde partie a pour thme central la rivalit qui clate entre Garin, le Lorrain, et Fromont, le Bordelais, propos de Blanchefleur, la fille de Thierry, roi de Maurienne. Cette rivalit dclenche un antagonisme qui opposera les Bordelais et les Lorrains. C'est, en fait, la guerre des grands vassaux du Nord, les Francs, contre les grands vassaux du Midi, les Aquitains. Elle se poursuivra de gnration en gnration dans des guerres cruelles, et se terminera par l'extermination complte de la postrit d'Hadr, le Bordelais. La Chanson des Lorrains est sans doute la plus ancienne chanson qu'il nous soit donn de connatre, antrieure notamment celles consacres Roland. [...] Les Lorrains ont t chants par de nombreux trouvres, qui n'ont pas craint de modifier les textes. La seconde partie qui concerne Garin le Lorrain est la plus authentique et la plus belle (Garin le Lorrain: chanson de geste du XIIe sicle, prsent par Paul Tuffrau, 1999 - books.google.fr, Gabriel Monod, Etudes d'histoire du moyen age: ddies Gabriel Monod, 1975 - books.google.fr).

Les chansons de Garin commencent avec Charles-Martel, qui, aprs avoir battu les Wandres (Hongres ou Huns) et les Sarrazins, laisse la couronne son fils Ppin. Hervis duc de Metz, un des soutiens de Charles-Martel dans ses guerres, est tu en poursuivant les paens prs des murs de cette ville. Ses deux fils, Garin et Begon ou Begues, hritent de ses domaines. Garin devait pouser Blancheflor, fille du roi Thierry de Maurienne (Savoie), qui la lui avait destine en mourant. Fromont de Lens, chef d'une grande famille fodale qui possdait la majeure partie de la Gascogne, de la Picardie, du Ponthieu et de l'Artois, aspirait galement la main de Blancheflor de Maurienne. De l querelles et combats qui ne finissent plus. Mais le jeune roi Ppin qui a vu la belle, et l'a trouve fort son gr, fait constater les liens de parent qui existent entre elle et Garin; les fianailles de Garin sont rompues, Fromont est dbout aussi de ses prtentions, et Blancheflor devient reine de France. Ce mariage nous parat une pure invention du pote. Dans un roman, il est vrai moins ancien, celui de Berte-aux-grans-pis, Blancheflor est le nom de la belle mre de Ppin. Cette Blancheflor est femme du roi de Hongrie, et ce fut Berthe sa fille qui reut le titre de reine, et la main du fils de Charles-Martel (Vincent Victor Henri de Vaublanc, La France au temps des croisades: ptie. Sciences, littrature et arts, 1849 - books.google.fr).

L'opposition des Lorrains et des Bordelais se manifeste sur les nonagones par l'alignement de Fronsac et de Chteau-Regnault avec le centre des nonagones Neuillay les Bois et est encore illustre par l'pope des Quatre Fils Aymon prsents Chteau-Regnault statufis par Albert Poncin qui reu une mdaille d'or en 1929 pour la prsentation de cette uvre au Salon des artistes franais. Jean Rogissart fit beaucoup pour que cette uvre soit place l ou elle se trouve. La premire pierre tant pose le 23 aot 1932 et inaugure le 2 juillet 1950 (fr.wikipedia.org - Chteau-Regnault (forteresse)).

Clervaux

Ltablissement des moines de l'Abbaye Saint-Maur de Glanfeuil Baronville, non loin de Beauraing, dans une maison mise leur disposition par le Comte van Liedekerke de Pailhe en 1901, ne pouvait tre que provisoire. Devant laccroissement lent mais constant de la communaut la maison savrait bientt trop petite et, surtout, il ny avait pas la possibilit dy amnager une chapelle qui convienne sa vie monastique. Ds 1904, dom Edouard du Cotlosquet, abb de Saint-Maur de Glanfeuil, cherchait donc un autre lieu, si possible hors de Belgique dj sature de communauts exiles. Sur le conseil du P. Louis Poisat S.J., un ami de jeunesse, il se rendit Clervaux en septembre de cette anne pour un entretien concernant ses recherches avec le maire de cette localit, M. Emile Prm, alors chef du parti catholique la Chambre des Dputs du Grand-Duch. Assez gravement malade, le 8 dcembre, Dom Cotlosquet offrit sa dmission. Le 25 janvier 1907, la communaut de Baronville lut pour lui succder son prieur, dom Paul Renaudin. Dom Renaudin prit cependant contact avec M. E. Prm et, le 7 octobre, ils eurent une entrevue Arlon. Sur son conseil Dom Renaudin, comme lavait fait dj prcdemment Dom Delatte, abb de Solesmes, sollicita lintervention de la R.M. Adelade de Bragana, mre de la Grande-Duchesse Marie-Anne. Entre labbaye Ste Ccile de Solesmes, la M. Adelade y avait fait profession en 1897. Princesse de Lwenstein Wertheim Rosenberg, elle avait t marie Don Miguel de Bragana, ancien roi de Portugal. Son intervention aurait donc un double poids. Elle accda aussitt la demande de Dom Renaudin et, ds le 20 octobre, lvque rpondit favorablement sa lettre. Le 22 dcembre suivant et lieu une entrevue entre Mgr Koppes et dom Renaudin. Sans connatre probablement les rapports existant dj entre dom Renaudin et M. Prm, lvque conseillait au Pre Abb de demander lappui de ce dernier, afin de trouver quelque chose dans le nord du pays. Ds le lendemain, le 23 dcembre 1907, dom Renaudin informait la communaut en indiquant Clervaux comme lieu possible du nouveau monastre. Mais o trouver largent ncessaire pour une entreprise si considrable ? Dom Edouard du Cotlosquet qui, en dcembre 1906, tait all se reposer en Suisse, revenait le 3 octobre 1907 Baronville. Inform par dom Renaudin, il crivit fin octobre sa nice Caroline, fille unique de son frre Maurice, laquelle avait hrit de son pre. Il lui demandait de venir en aide la communaut de Baronville pour la construction dun monastre Clervaux en Luxembourg. Il faut dire que le frre de dom du Cotlosquet venait en aide chaque anne la communaut de Glanfeuil dabord, puis de Baronville. [...] Toutefois, la lettre adresse Caroline, cest la mre qui rpondit. Cest elle, en effet, qui grait la fortune de sa fille. La rponse fut dilatoire. Arguant des temps difficiles, elle conseillait dattendre encore une anne ou deux avant dentreprendre une construction Clervaux. Peu aprs avoir reu cette lettre, dom du Cotlosquet et une rechute et dut de nouveau aller se reposer en Suisse; il tait accompagn de sa soeur ane, Jeanne. Il lui exposa la situation et lui suggra de vendre son chteau de Mortain pour venir en aide la communaut et provoquer aussi le soutien de sa belle-soeur en faveur de Clervaux. Jeanne avait dj offert son chteau en 1901 la communaut de Solesmes et avait fait quelques amnagements pour ly accueillir; mais Solesmes tait all se refugier dans lle de Wight. La vente ft donc faite, mais cause de la hte avec laquelle elle dut saccomplir, celle-ci ne rapporta que 40.000 F, qui furent donns la communaut de Baronville. [...] Dom Renaudin se rendit le 3 fvrier Clervaux o tout fut dfinitivement rgl. Entre-temps la belle-soeur de dom du Cotlosquet avait appris le geste gnreux fait par Mlle Jeanne du Cotlosquet. Comme lavait espr son beau-frre, ce geste dclencha sa gnrosit; elle ne voulait plus attendre des temps plus favorables pour permettre sa fille de faire ce que son oncle lui avait suggr en octobre prcdent. Profitant du passage chez elle, Rambervillers, de M. labb Bombardier, ancien prcepteur de son autre beau-frre Jean, lui aussi moine Baronville, elle le pria daller faire connatre dom Renaudin ses dispositions bienveillantes en faveur des constructions Clervaux. Elle connaissait bien le successeur de son beau-frre comme abb, car il avait accompagn sa famille, son mari, elle-mme et leur fille, dans une mission en Egypte, en 1897. Dom Renaudin rpondit donc sans tarder son invitation en exposant brivement les plans et en demandant la prire pour leur russite. Deux jours aprs, le 31 juillet 1908, il recevait une lettre de Mme du Cotlosquet dont nous citons quelques phrases: Vous me demandez une prire pour le succs de votre oeuvre; elle vous sera accorde bien volontiers. Mais cest, il me semble, insuffisant... Donc nous ferons suivre notre prire dun chque que signera Caroline (sa fille) lorsque nous saurons combien se montera le devis et quand le moment de payer sera venu.

La notice de la chronique du 6 septembre 1908, qui rsume les dmarches faites durant les mois prcdents, nous montre que dom Renaudin entendait faire du monastre de Clervaux une fondation nouvelle et pas seulement un refuge provisoire. Il est bon de la citer compltement : Dimanche 6 septembre : Le Rvrendissime runit le chapitre (cest--dire les moines profs ayant droit de dcider sur des questions importantes) lheure de la confrence (le soir)... Il annonce que les bienfaitrices qui dj nous font vivre, lui promettent leur appui gnreux pour nos constructions de Clervaux qui pourront tre pousses activement. Ce monastre sera ddi S. Maurice, en souvenir du Vicomte du Cotlosquet (Jean-Baptiste Maurice), pre de notre ancien Abb et de son fils an, Joseph Charles Maurice, Vicomte du Cotlosquet, poux et pre des fondatrices. Cette notice nous apprend que la communaut de Saint-Maur de Glanfeuil, rfugie Baronville, se dissout pour ainsi dire, et que ses membres crent Clervaux un monastre nouveau, ddi S. Maurice. Dom Renaudin lavait voulu ds lachat des premiers terrains Clervaux en fvrier 1908, mais le patron et par consquent le nom dfinitif de cette fondation nouvelle ne lui fut suggr que par la famille des fondatrices. Et le 3 mai de lanne suivante, le Saint-Sige confirma ce changement, et dom Renaudin, lu comme deuxime abb de Saint-Maur, devint le premier abb de Saint-Maurice.

La famille du premier abb de Glanfeuil, dom Edouard du Cotlosquet, a largement contribu limplantation des moines Clervaux. Sa nice, Caroline, dcde le 9 fvrier 1911, peu aprs la venue des moines dans la maison dont elle avait rendu possible la fondation, doit tre nomme la fondatrice (Dom Vincent Truijen OSB, Il tait une fois... la fondation dun monastre, l'implantation de l'annaye de Saint-Maurice Clervaux, 1997 - www.abbaye-clervaux.lu).

Docteur honoris causa en thologie (1944) de luniversit de Fribourg, Paul Renaudin contribua la recherche thologique en ecclsiologie, en vue dun rapprochement avec les communauts protestantes et les glises orthodoxes. En mariologie, ses recherches approfondissent le mystre de lAssomption et tudient lopportunit quil y aurait en faire un dogme de la foi catholique (le grand cart) (fr.wikipedia.org - Paul Renaudin (bndictin)).

Maurice : comment passer du 22 au 6 septembre

Ce Maurice de Cotlosquet (Joseph Charles Maurice) est celui qui offrit la chsse en argent aux religieuses du Carmel de Nancy pour contenir les reliques du roi saint Sigebert III d'Austrasie, dont le tombeau se trouvait dans l'abbaye de Ban Saint Martin, un des neuf sommets du grand nonagones, pre de Dagobert II, mort Stenay, ville align avec Orval et Clervaux sur un des axes du 7 septembre.

Buste de Maurice Coetlosquet - - musee.metzmetropole.fr

Les Cotlosquet ("bois brl" en breton) sont originaires de Plounour-Menez sur un axe nonagonal du 23 ou 24 mai qui passe par Angers et par Saint Maur de Glanfeuil. On constate aussi que Vienne en Isre (22 novembre : fin du signe astrologique du Scorpion et dbut du Sagittaire) est dans le prolongement l'oppos de l'axe d'Angers : cathdrale Saint Maurice toutes les deux.

Il y a dans le Lon deux paroisses sous le vocable de saint Enour. Elles se diffrencient par leur situation : l'une est au bord de la mer prs de la grve de Goulven, on la nomme Plounour Trez, Plounour du sable; l'autre est sur le versant nord des Montagnes d'Arre, et s'appelle Plounour Menez, Plounour de la Montagne. En Cornouaille une troisime paroisse porte encore le mme nom : c'est Plonour, que, dans les anciens titres, on distingue des prcdents par l'addition du nom de Lanvern, paroisse voisine qu'elle a absorbe. Ces trois Plou rappellent le souvenir de saint Enour, qui est aussi invoqu Plonis et Qumnven. A Plounour Menez, le saint est reprsent vtu d'habits sacerdotaux, et la tradition dit qu'il y est enterr. A Plounour Trez, il est figur comme un simple ermite ; il n'est plus d'ailleurs le patron principal de cette paroisse, o il a t remplac par saint Pierre. Bien que fort rvr en Lon et en Cornouaille, St Enour est un des nombreux saints dont les actes nous manquent.

La tradition tient Eneour (ou Enmour, Enewyr en gallois) pour ermite, et en fait un frre de sainte Thumette (ou Thunvez), qui est considre comme l'une des onze mille vierges compagnes de sainte Ursule. Le frre est ft le 4 mai, la soeur le 8 mai (Topologie des paroisses de Lon, Revue de Bretagne, de Vende & d'Anjou, Volumes 45 46, 1811 - books.google.fr).

A Plonour-Lanvern, un menhir passait pour le mt du bateau de pierre sur lequel saint Eneour aurait travers la mer et le jour du pardon, (...) les jeunes Bigoudennes dansent autour du menhir, en se tenant par les mains et en l'encerclant .

Le lit de Saint-Eneour est situ dans la commune de Plounour-Mnez dans le Finistre, environ un kilomtre au Nord de lglise, et trois cents mtres lEst du manoir du Penhoat (, Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest (Anjou, Maine, Touraine), Volume 98, 1991 - books.google.fr).

On remarque que cet axe du 7 septembre d'Orval est balis par les Saint Maurice, villages (Saint Maurice sur Aveyron, Saint-Maurice aux Riches-Hommes, ou glise de villes et village (Sens, Granges-sur-Aube, Massiges) (cths.fr).

Saint Maur de Glanfeuil se trouve dans le diocse d'Angers dont la cathdrale est voue saint Maurice de la Lgion thbenne.

Une relique de saint Victor et saint Maurice tait honore en fte double dans l'Eglise d'Angers (6 septembre) (Isabelle Bonnot-Rambaud, Hrtique ou saint ? Henry Arnauld, vque jansniste d'Angers au XVIIe sicle, 1984 - books.google.fr).

Le chapitre de Saint-Maurice voulant donner une marque publique de sa vnration pour son illustre patron, dputa deux de ses membres, en 1642, pour aller l'abbaye d'Agaune, en Valais, rendre leurs hommages en son nom ce glorieux martyr. Ils en rapportrent les reliques de deux saints soldats de la lgion Thbaine, dont l'une tait le radius d'un bras de saint Victor. Ces reliques, dposes d'abord dans l'glise Saint-Laud, furent transportes solennellement la cathdrale, par M. de Rueil, le 6 septembre 1643 (Franois Marie Tresvaux du Fraval, Histoire de l'glise et du diocse d'Angers, Volume 2, 1858 - books.google.fr).

Grandet rapporte que l'glise d'Angers clbre le 6 septembre la rception des reliques de saint Innocent, compagnon de saint Maurice, et que le chapitre de Tours fait un office solennel des reliques de saint Maurice (D'Espinay, la cathdrale d'Angers, Revue de l'Anjou, 1873 - books.google.fr).

Le roi Ren avait promis aux chanoines de Saint-Maurice de leur donner l'Apocalypse, aussi M. de Brie crit-il, le 4 dcembre 1479, au Chapitre qu'il a obtenu du roy Louis (XI) pour leurs deputs d'aller vers Ren et que le roy avait ajoul qu'il tait d'avis que le chapitre demandait la tapisserie, que le roi Ren lui avait promise . La tapisserie est rendue Saint-Maurice, pour l'arrive de Louis XI Angers : 6 septembre 1480. Lyta de bougrano ad arma defuncti regis Sciliae circum ecclesiam intra posita, tollatur, propter adventum Regis et tendatur tapisseria Apocalypsis (Louis de Farcy, Les tapisseries de la Cathdrale d'Angers, 1901 - books.google.fr).

Eugne Delacroix peignit " Nature morte au homard " en 1827 Beffes pour le gnral Charles Yves Csar de Cotlosquet. N Morlaix en 1783, le futur gnral entra fort jeune au service, se distingua en Italie, Austerlitz, Ina, en Espagne, Essling, et dans la campagne de Russie. Il obtint, en 1813, le commandement du 8me hussards, devint gnral de brigade dans la mme anne, et assista la bataille de Montereau. Charg, pendant la premire Restauration, du commandement du dpartement de la Nivre, il fit, lors du retour de Napolon, quelques tentatives en faveur de l'autorit royale, et resta sans emploi pendant les cent jours. Aussitt aprs la seconde Restauration, il fut charg d'une mission dans l'Ouest, se rendit ensuite Bordeaux, auprs du gnral Clausel, et fut nomm aide-major-gnral de la garde royale. lev, en 1821, au grade de lieutenant gnral, il fut appel la direction du personnel du ministre de la guerre. Il tait conseiller d'tat lors de la rvolution de 1830, aprs laquelle il se retira des affaires. Il est mort en 1836. Le gnral tait parent de Jean Gilles Du Cotlosquet. Celui-ci, n, en 1700, Saint-Pol de Lon, chancelier de Bourges, vque de Limoges, fut prcepteur du duc de Bourgogne mort 9 ans, puis de Louis XVI, et de ses frres; fonctions qui, suivant l'usage, le firent entrer l'Acadmie franaise en 1721. Il mourut en 1784, l'Abbaye de Saint-Victor Paris.

L'arrire-arrire grand-pre du gnral, Charles Louis, tait le frre du pre de l'vque, Alain Franois, lui-mme pre d'un autre garon, Ren Franois, aeul de Maurice du Cotlosquet (Thmes : Homards Delacroix).