Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Nonagones et Sceau de Palaja : correspondances   
NONAGONES SCEAU DE PALAJA CORRESPONDANCES

Comme un lien a t trouv entre Fabrezan, associ au 18 septembre, et Metz prs de laquelle Ban-Saint-Martin qui est associ aussi la date nonagonale du 18 septembre, www.nonagones.info se propose de le systmatiser en mettant en relation tous les sommets du Sceau de Palaja avec les sommets d'un hexagone trac partir de Ban-Saint-Martin : Edern et Rennes-le-Chteau, points du grand nonagone, un point dans la Manche entre Hastings (Sussex) et Veules-les-Roses (Seine-Maritime), un point dans l'Atlantique entre Vendays (Gironde) et Santillana-del-Mar (Cantabrie), et enfin Saint Andr de Maurienne (Savoie). Tous ces points sont dans les mmes signes astrologiques que les sommets du Sceau de Palaja correspondants (Autour de Rennes le Chteau : Les Bergers dArcadie et le Sceau de Palaja).

Dans le Sceau de Palaja, Vnus (Douzens-Fabrezan, Eta) est l'oppos de Jupiter (Brugairolles, Upsilon) et forment un couple complmentaire comme sur les monnaies de Salamine. Une trinit fminine astrologique est constitue par Vnus, Mercure (qui tient des deux) et la Lune, une autre masculine par Mars, Jupiter, Saturne et le Soleil (Iota). Dans le Sceau de Palaja, Mercure (Villeneuve-Minervois) est oppos Mars (La Roque Mude) et Saturne (Moussoulens) la Lune. Saturne correspond Omega et la Lune Alpha, Mercure c'est Epsilon et Mars Omicron.

Mars (Roque Mude/Rennes-le-Chteau) et Mercure (Villeneuve-Minervois/En Manche) sont en opposition.

Assassin et voleur, Mars et Mercure incarnent les deux attributs essentiels du tyran chez Victor Hugo (Victor Hugo, Oeuvres potiques: Anthologie, annote par Claude Millet, 2013 - books.google.com).

Si Mars est le dieu de la guerre, Mercure tait le Dieu pacificateur par excellence.

Que si Mars est la Guerre mme, comme Mercure est la parole, plt au ciel que la guerre ne ft pas plus relle que cette divinit n'est vritable ! (Saint Augustin, La Cit de Dieu, Livre VII, Chapitre XIV, traduit par L. Moreau, 1843 - books.google.com).

On verra plus loin dans l'association de saint Herms (Mercure), prsent en Normandie et Renaix (Flandre-Orientale, Belgique), saint Sylvain, que celui-ci pourrait tre le modle du Salvayre du Saint-Salvayre d'Alet.

Dans l'glise Notre Dame de Mesland (Loir et Cher comme Cheverny), saint Herms et saint Sylvain, ces deux vieux noms de dieux du paganisme, sont l de chaque ct de l'autel du christ comme pour protester contre l'invasion du culte nouveau. Herms dut donner son nom au bourg dans lequel fut construit sanctuaire. Hermesland, la terre de Mercure, devint dans la suite Mesland, nom qu'elle conserve encore de nos jours (L. Guignard, Influence de l'art gaulois sur le portail de l'glise de Mesland, Compte Rendu, Volume 14, Numro 2, Association franaise pour l'avancement des sciences, 1886 - books.google.com).

Vnus (Douzens/Ban-Saint-Martin) et Jupiter (Brugairolles/En Atlantique) sont en opposition.

Un grand nombre de mdailles de Salamine nous montrent le temple de la Vnus paphienne ct de la figure de Jupiter Salaminius. Si l'on se rappelle le caractre minemment androgyne de la Vnus adore en Cypre, il sera permis de de considrer le Jupiter Salamimius comme exprimant part le ct mle de la divinit hermaphrodite (Trsor de numismatique et de glyptique, 1858 - books.google.com).

Saturne (Moussoulens/Edern) et la Lune (Mayronnes/Saint Andr de Maurienne) sont en opposition, chaque extrmit des sries diffrentes des 7 plantes adoptes par Eudoxe, Platon, Aristote - celle-ci avec Mercure central -, ou les stociens (La Croix dHuriel et lalchimie : Triple correspondance : chemin de croix, oeuvres alchimiques et voyage de lme).

"Par le nombre de chapelles et de statues de saint Maudez [not aussi saint Mand, ft le 18 novembre, le 17 Trguier et le 27 Dol] on peut voir que ce saint est, avec saint Yves [ft le 19 mai l'opposite], celui qui est le plus en vnration en Basse-Bretagne" dit M. l'abb J. M. Abgrall, Monuments de saint Maudez, dans Les vies des saints, page 612 (Nouvelle revue historique de droit franais et tranger, Volume 37, 1913 - books.google.com).

Il y a une Croix de Saint Yves Edern. Au nord se trouvent les Montagnes Noires comme au nord de Moussoulens la Montagne Noire.

Quand saint Maudez, saint Andr et saint Fiacre eurent fini de btir leur chapelle, ils rsolurent de faire un grand dner ;ils envoyrent une femme des environs leur chercher de la viande, puis ils lui dirent de prparer le repas. Pendant qu'il cuisait, les trois saints allrent faire un tour de promanade, chacun de son ct, en attendant le moment de se mettre table. Les ouvriers qui venaient de finir leur ouvrage, aperurent de beaux plats de viande dans la maison, et, profitant de ce que la cuisinire s'tait un peu loigne, ils convinrent entre eux de les prendre et de les manger. Ils les dvorrent en peu de temps. Quand les saints revinrent de leur promenade, ils furent bien surpris de ne rien trouver pour dner ; ils s'accusrent les uns les autres d'avoir mang la viande, et il s'leva mme une dispute entre eux ce sujet. Saint Maudez et saint Andr sortirent de la chapelle pour aller se promener encore, et saint Fiacre y resta seul et s'endormit profondment dans un coin. Les ouvriers qui venaient pour ramasser leurs outils, ayant aperu le saint qui ronflait comme un bienheureux qu'il tait, lui embeurrrent la bouche avec du jus de viande et des petits morceaux, puis ils s'en allrent sans faire de bruit. Quand les deux saints furent de retour, et qu'ils virent saint Fiacre, ils l'accusrent de nouveau d'avoir mang toute la viande pendant que la cuisinire avait le dos tourn, et ils l'accablrent de reproches. Saint Fiacre, qui n'aimait pas le bruit, s'avoua coupable pour avoir la paix, et les autres saints le laissrent tranquille. (Cont en 1883 par Franois Ramet, du Gouray, g de 50 ans). Cette lgende, assez irrespectueuse, a emprunt un des traits de la fin un pisode, trs populaire en Bretagne et ailleurs, des tours jous au loup par le renard. Celui-ci, ayant mang les provisions qui appartenaient tous deux, on convient que le coupable sera celui qui aura autour de la bouche des traces du larcin ; le loup s'endort et le renard lui embeurre aussi la bouche pendant son sommeil.

On offre des clous saint Maudez pour qu'il cloue la toiture de sa chapelle et parce qu'il soigne les furoncles, du chanvre saint Andr pour qu'il fasse un corde pour la cloche de la sienne (Paul Sebillot, Petite Legende Doree de La Haute-Bretagne, Socit des bibliophiles bretons et de l'Histoire de Bretagne, 1897 - archive.org).

Douzens/Fabrezan - Ban-Saint-Martin/Metz

Vierge

La Chronique de Frdegaire, compilation contemporaine, crite peut-tre par un moine bourguignon, relate avec quelque prcision la naissance du prince, son lvation sur le trne jusqu lanne 642. Les Gesta Dagoberti permettent de connatre la suite de sa vie, ainsi que les Gesta regum Francorum, malheureusement emplies derreurs. Ce sont, avec quelques lettres, diplmes et pices darchives, les principaux matriaux utiliss par Sigebert de Gembloux, rudit moine brabanon envoy Metz dans la seconde moiti du XIe sicle. Cest dans cette ville quil rdige une premire Vita Sancti Sigeberti, suivie dune seconde, mieux documente et plus historique, qui sera traduite par les bollandistes la fin du XVIe sicle.

Saint Sigisbert possde une indiscutable dimension lotharingienne. Roi dAustrasie, cet immense espace stendant entre Rhin et Meuse, entre Mer du Nord et Alpes aux VIe et VIIe sicles, il est un saint de lEntre-Deux. Si lmiettement de lEurope mdiane au Bas Moyen ge a fait sombrer lAustrasie, son fantme ressurgit lpoque moderne, lorsque les diffrents tats ns de cette entit composite, cherchant dans lhistoire une lgitimit, tentent dtablir un lien entre leur territoire, leur dynastie et leurs droits dune part, et lancienne Austrasie dautre part. Lors du sige de Metz qui, en 1552, met aux prises Franois de Guise commandant des troupes franaises et cousin du duc de Lorraine, et Charles Quint, labbaye Saint-Martin est en danger. Celle-ci tant sous souverainet lorraine, le duc de Guise dcide de mettre la relique labri, dabord au couvent des dominicains de Metz puis au prieur Notre-Dame de Nancy au dbut de lanne 1553.

Le XVIe sicle lorrain est celui de la naissance dun tat moderne. Laffirmation des princes lorrains dans lespace europen, dans les ngociations diplomatiques et parmi les grandes familles princires passe par la construction dune mythologie nationale, susceptible de rivaliser avec celles des rois des France et des empereurs germaniques. La gnalogie appartient ces difices symboliques qui lgitiment et aurolent les princes lorrains.

Sigisbert se prte admirablement ces thories. Comme roi dAustrasie, il a rgn sur un territoire dont les ducs revendiquent une portion, certes amoindrie. Comme saint roi, il rehausse les vertus chrtiennes de princes qui sauto-dsignent dfenseurs du catholicisme contre lavance de la Rforme. Comme descendant de Clovis, il tablit un lien avec les Francs, donc avec le royaume de France. Tandis quau XVe sicle encore il est considr comme un roi de France et de Lorraine , il est progressivement accapar par la seule famille de Lorraine qui sen veut lhritire directe. Nicolas Clment, tabellion des duchs et secrtaire de Charles III, dans ses Austrasiae Reges et Duces (1591), suite ininterrompue de princes de Clovis Henri II de Lorraine, tmoigne de linsertion du saint roi dans lhistoire dynastique. Il sinspire essentiellement de Richard de Wassebourg dont les Antiquitez de la Gaule Belgique, parues en 1549, ont jet les bases de la gnalogie ducale jusqu sa rfutation dfinitive au dbut du XVIIIe sicle. dire vrai, la parent est alambique ; mais elle suffit la dmonstration. Clment, comme Wassebourg avant lui, singnie confondre lAustrasie et la Lorraine, les rois de la premire avec les ducs de la seconde.

Ce discours gnalogique prend une certaine paisseur avec Georges Aulbry, ancien secrtaire de Charles III et auteur en 1616 dune Histoire de la vie de St Sigisbert roy dAustrasie. Le propos est de dmontrer que les ducs de Lorraine sont lignagiers & successeurs de saint Sigisbert, pour preuve, les droits immmoriaux que la famille ducale possde sur labbaye Saint-Martin o le prince austrasien stait fait inhumer.

Dans les annes suivantes, cette entreprise de glorification des ducs de Lorraine au travers dun pass mrovingien se poursuit. Jean Sauvage, provincial des minimes prononce en 1625 Nancy un discours funbre sur Henri II. Le titre annonce une rhtorique fleurie et emphatique aut our du grand soleil dAustrasie quHenri II aurait t tout au long de sa vie. Largumentation mrovingienne est reprise avec force, mais saint Sigisbert nest plus quun personnage parmi dautres dans une ample fresque qui tient plus de la mythologie que de lhistoire. Henri est prince dAustrasie au mme titre que Sigisbert ou dautres rois avant ou aprs lui ; il est dvot de la Vierge comme lont t tous les rois dAustrasie et les ducs de Lorraine, dont Sigisbert, f ondateur dun chapitre noble dans le Hainaut sous le patronage de la Vierge Marie.

Le cordelier Jacques Saleur est le dernier intgrer Sigisbert cette thorie gnalogique. Aprs lui, le saint roi napparat plus chez les historiographes des duchs, et encore moins lorsquau dbut du XVIIIe sicle, lorigine de la famille ducale est dfinitivement fixe Grard dAlsace au XIe sicle. Mais au mme moment, un glissement se fait jour : Sigisbert est discrtement rcupr par les gnalogistes franais, qui voient tout le profit quils peuvent tirer de ce personnage, qui lie plus troitement les Captiens aux Francs, alors que les gnalogistes lorrains ont fait valoir quHugues Capet tait un usurpateur, puisquil ntait pas li par le sang aux Carolingiens et aux Francs. Ds 1619, Scvole et Louis de Sainte-Marthe, historiographes de Louis XIII, intgrent Sigisbert la gnalogie des rois de France.

Sur le mode hagiographique, une compilation en franais de vies de saints, traduites des bollandistes, sans doute par Arnauld dAndilly, intgre saint Sigisbert comme roy de France . Le carme dchauss Dominique de Jsus, en 1677, dans sa Monarchie sainte, chafaude enfin, ou au moins reprend son compte, lide dune gnalogie la fois dvote et guerrire propre servir les intrts de Louis XIV, dans laquelle figure Sigisbert III.

Les ducs de Lorraine obtiennent, en 1602, une Primatiale, dont le premier prlat est Charles de Lorraine, fils de Charles III, et dans laquelle se trouve la relique de saint Sigisbert. Celle-ci, qui consiste dans le corps entier et incorrompu du roi dAustrasie, est une mtaphore de la cit, elle-mme constitue de diffrents corps et quartiers unis sous une mme autorit. Cette corrlation est sensible dans un rituel civique et religieux constant tout au long de lpoque moderne Nancy : la neuvaine de saint Sigisbert.

Ds le milieu du XVIIe sicle, le recours lintercession de saint Sigisbert par les habitants de Nancy est attest, le plus souvent dans des circonstances de grand dsarroi face aux conditions climatiques. De manire assez rgulire, sans doute deux trois fois par dcennie partir des annes 1700, cette crmonie est organise pour unir dans une mme ferveur les citadins autour dune prire commune. La chronologie correspond la restauration des tats du duc partir de 1697 et la rnovation urbaine qui sensuit. la fin du XVIIIe sicle encore, la neuvaine est dcrte la dernire en 1793. [...] Neuf jours durant, tandis que la relique est offerte aux regards, des prires publiques ont lieu. [...] Le rituel associe le saint roi, la Vierge qui le duc Charles IV avait vou ses tats en 1663, la prennit de ltat en la personne de son souverain, et le saint Sacrement qui connat alors une progression spectaculaire des dvotions qui lui sont associes.

lintrieur de la Primatiale, la chasse est dabord place en hauteur au fond du sanctuaire, et ensuite dplace, une date inconnue, sous le matre autel, afin dtre mieux visible. Un important programme iconographique est confi aux meilleurs pinceaux de la capitale pour glorifier le saint. Cest dabord Claude Jacquard qui sattelle la coupole entre 1723 et 1727 ; il y reprsente un vertigineux Paradis o la Vierge Marie prsente une clatante Trinit divers saints, dont Sigisbert.

Lrection de la Primatiale en sige piscopal en 1777 est pour le clerg nancien loccasion dune rflexion nouvelle sur sa liturgie. Saint Sigisbert fait lobjet dun traitement particulier. La fte est mise en valeur, clbre le dimanche le plus proche du 1er fvrier et voluant vers un rite double de premire classe tendu tout le diocse. Elle est dote dune octave, et est range dans la mme catgorie de ftes que celles de Marie (Assomption, Nativit, Conception de la Vierge), signe fort dun double patronage urbain qui perdure depuis le XVIIe sicle (Fabienne Henryot, Saint Sigisbert et Nancy lpoque moderne, La dorsale catholique. Mythe, historiographie, ralit, 2014 - www.academia.edu).

Selon Sigebert de Gembloux, vers 1063, le tombeau de Sigebert fut dplac de la crypte vers l'autel de Saint Martin (Ren Bour, Encyclopdie illustre de la Lorraine: L'pope industrielle, 1995 - books.google.com).

Sigebert tait, du reste, un homme distingu; il tait entr jeune l'abbaye bndictine de Gembloux; il savait l'hbreux, et professa plusieurs annes l'abbaye de St.-Martin de Metz ; vers 1050, il fut l'coltre de l'abbaye Saint- Vincent ; mais il se distingua [...] en prenant contre les papes lgitimes le parti d'un empereur schismatique et excommuni. On a de lui une Chronique, qui va de l'an 381 l'an 1112, et qui a t continue par Robert de Torigny jusqu'en 1206 (Charles Pollet, Histoire ecclsiastique de l'ancien diocse de Lige et des saints qui l'ont illustr, depuis son origine jusqu' la rvolution de 1793, 1860 - books.google.com).

Un moine de Bury St Edmund, Herman, qui semble venir du continent, crivit les Miracles de St Edmond, vers 1070, et semble s'inspirer des Miracula attribus parfois Sigebert de Gembloux sur Sigebert III. De mme que le corps du roi d'Austrasie Sigebert fut retrouv intact quatre cents ans aprs sa mort, celui du roi d'Est Anglie Edmund semblait dormir quand son tombeau fut ouvert sous l'abbatiat de Leofstan (1044-1065) (Tom Licence, Bury St Edmunds and the Norman Conquest, 2014 - books.google.com).

Moussoulens - Edern

Les Fournas de Fabrezan furent seigneurs de Moussoulens (aprs 1781), aprs les Ducup de Salvaza (1715) venus d'Espagne au XVme sicle, les d'Alibert (1654), les de Saint Jean d'Honoux (1592), les de Voisins (1296) (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien Diocse et de l'Arrondissement administratif de Carcassonne, Volume 1, 1857 - books.google.com).

On trouve la gnalogie de la maison de Fournas de La Brosse, barons de Fabrezan, seigneurs de La Brosse, de Truilhas , de Terreneuve, etc., dans lArmorial gnral de la France, par dHozier (registre VI, 10 pag. in-fol. avec la gravure de ses armes), et dans Chesnay-Desbois (Dict. de la Noblesse, 2 dit. in-4, t. VI. p. 616). Fournas: famille originaire du Lyonnais, et actuellement tablie en Languedoc, en Dauphin et en Bretagne. Les titres produits par cette famille pour la justification de sa noblesse, en remontent les filiations depuis Andr-Gabriel de Fournas, seigneur de La Brosse, dit le Capitaine de La Brosse, vivant sous les rois Franois Ier et Henri II , qu'il servit avec la plus grande distinction. Il eut pour petits-enfants Andr et Claude. Le premier forma la branche ane, celle qui subsiste en Bretagne ; Claude forma la branche cadette, celle qui possde aujourdhui les terres de Moussoulens et de Serres, dans l'arrondissement de Carcassonne; de Pouzzols, dans larrondissement de Narbonne; de la Seigneure, dans larrondissement de Castelnaudary.

C'est la branche de Bretagne, province des Svign, quapportenait M. de La Brosse, dont il est question dans la Correspondance de Madame de Svign : "M. de La Brosse veut que ma lettre lintroduise prs de vous: n'est-ce pas la moquer des gens ? Vous savez lestime et lamiti que j'ai pour lui; voue savez que son pre est l'un de mes plus anciens amis; vous savez vousmme le mrite de l'un et de lautre, et vous avez pour eux tous les sentiments que je voudrais vous inspirer: vous Voyez donc bien que ma lettre ne peut lui tre utile" (Mad. de Svign lad. de Grignan, sa fille. A Paris, dimanche 15 mars 1671 ) ; "Je vous remercie, ma fille, de toutes les honntets que vous avez faites La Brosse" (Ibid. Lettre de la marquise de Svign la comtesse de Grignan. du 26 mai 1671) (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien diocse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, vol. 1-6, Partie 1, 1857 - books.google.com).

Les Fournas taient aussi baron de Fabrezan.

A la suite de la rvolte du duc de Montmorency contre l'autorit royale en 1633, certains barons du Languedoc furent privs de leurs droits d'entre aux Etats du Languedoc et remplacs. Jean de Seigneuret, seigneur de Fabrezan, fut reu en remplacement du baron de Castries. Ainsi venait d'tre cre la baronie de fabrezan. Vers 1680, une descendante vendit la seigneurie de Fabrezan et de Villerouge Pierre d'Augier (ou Aug). Par alliance, Claude de Fournas de La Brosse, mari en 1671 avec Catherine Aug, fille de Pierre, et sa famille conserveront ce bien jusqu' la Rvolution (www.fabrezan.fr - Historique du village).

On trouve une lettre du mme M. de La Brosse. adresse la marquise de Sabl, sur la Logique de Port-Royal, dont il se montre grand admirateur, dans le volume intltul : Madame de Sabl, par Victor Cousin (Paris. 1854. in-8'. p. 317).

Nous savions quaprs avoir compos le discours qui est en tte de la premire dition de la Logique de Port Royal, Arnauld le soumit en manuscrit laimable et srieuse marquise; les portefeuilles de Valaut nous apprennent que celleci y applaudit, et ladressa avec son avis un M. de La Brosse, que nous ne connaissons pas. mais qui parat avoir t un homme de mrite, en juger par la lettre judicieuse et fort bien faite quil rpondit Mme de Sabl (Victor Cousin, Madame de Sabl nouvelles tudes sur la socit et les femmes illustres du 17me sicle, 1859 - books.google.com).

A Edern la chapelle Saint Jean Botlan (Saint Jean Baptiste des Ajoncs) fait cho aux de Saint Jean, seigneurs de Moussoulens aux XVIme et XVIIme sicles.

Un cerf pour un taureau

Saint Edern est traditionnellement reprsent cheval sur un cerf.

Et sur le chaudron de Gundestrup le dieu est reprsent entre un cerf et un taureau. Dans les textes irlandais il est parfois difficile de dcider s'il s'agit d'un cerf ou d'un taureau. Le cerf est appel boeuf sauvage (oss allaid, dam allaid, ag allaid), la biche vache sauvage (b allaid) et le faon veau sauvage (loeg allaid). Et les autorits ecclsiastiques, entre le Ve et VIIIe sicle, dnoncent et stigmatisent cervulum seu vitulum facere, c'est--dire les rites paysans comportant des masques et des dguisements emprunts aux cervids et aux taureaux (Mircea Eliade, Dragos et la chasse rituelle, Revue des tudes roumaines, Volumes 11 12, Institut universitaire roumain Charles 1er, 1969 - books.google.com).

Le taureau noir est le symbole fcondateur tellurique des civilisations agricoles primitives par son ct de grande force et de fcondit, comme le cerf qui lui sera prfr plus tard par les Celtes. Le taureau, c'est la richesse, c'est Cernunnos, le bel encorn des Celtes, souvent reprsent avec des cornes de taureau. Cernunnos correspond la divinit de la pense primordiale des renouvellements, de longvit, de prosprit et d'quilibre des trois plans (physique/esprit/me) (Morgane Camiret, Arthur Hennot, Vision Stonehenge, 2004 - books.google.com).

Sur le chaudron de Gundestrup figure, comme l'un des dieux de la triade (comprenant galement Taranis et Teutats), un dieu accroupi, de forme humaine, la tte couronne de ramures de cerf. Le mme dieu, sous le nom de Cernunnos, parat associ sus sur le pilier des nautes Paris (J. J. Hatt, Essai sur l'volution de la religion gauloise, Revue des tudes anciennes, Volume 67, 1965, p. 90).

la suite de la gurison dune grave maladie, Alain Canhiart fonde selon la tradition vers 1029 lAbbaye Sainte-Croix de Quimperl avec ses cts son frre lvque Orscand et il en confie la direction Gurlos, saint appel en breton sant Ourlou et qui devint par homophonie avec le mot breton urlou ("goutte"), le saint gurisseur de la goutte, en breton droug sant Ourlou (mal de saint Ourlou). Une nuit dans un songe, il vit descendre au-dessus de son lit une croix brillante comme de l'or et se rveilla soudain soulag de ses souffrances. Judith son pouse et Orscand son frre qui fut rapport ce songe miraculeux le pressrent alors de btir une glise et un monastre consacr la Saint-Croix. Il attribue sa fondation Belle-le. Alain accde au comt de Cornouaille vers 1020 par renonciation de son pre Benot ou Benedic, comte et vque de Cornouaille, puisqu'il a t lu au sige piscopal de Quimper aprs 990 dans des circonstances inconnues, et qui se dmettra peu aprs en 1022 de son vch en faveur de son second fils Orscand.

La dynastie comtale des comtes de Cornouaille, devenus comtes de Nantes en 1054, reut par mariage le duch de Bretagne en 1066, anne d'Hastings (fr.wikipedia.org - Alain Canhiart, fr.wikipedia.org - Abbaye Sainte-Croix de Quimperl).

Les Cotlogon, mme ceux qui, par choix ou par devoir, habitaient plutt la Bretagne, se maintenaient au premier rang par la distinction de leurs manires et l'importance de leurs emplois. Mme de Svign, qui les voit de prs, ne leur pargne pas les loges : Aprs le dner, MM. de Locmaria et de Cotlogon, avec des Bretonnes, dansrent des passe-pied merveilleux et des menuets, d'un air que nos bons danseurs n'ont pas beaucoup prs : ils y font des pas de Bohmiens et de Bas-Bretons, avec une dlicatesse et une justesse qui charment... Je suis fort bien avec toute cette famille des Cotlogon. Je ne sais si Mjusseaume me voudra trangler volontairement, mais son frre le comte, sa sur la religieuse, son neveu l'vque et le gouverneur de Rennes, me font mille honntets, et mme trop, car la marquise de Cotlogon m'est venue voir la premire, toutes les fois que j'ai t Rennes, et son mari aussi. (Flix Hmon, Un roman conjugal, Etudes Litteraires Et Morales, 1889 - books.google.com).

Franois de Cotlogon n Rennes en 1631, mort Quimper en 1706, fut vque de Cornouaille de 1668 1706. On raconte qu'en tant qu'habitu de la cour de Versailles, il rapporta une histoire de carrosse enlis prs de Quimper, ce qui inspira Jean de La Fontaine " la fable du chartier embourb " (1706) (Autour de Rennes le Chteau : Retire-moi de la boue : la couronne borale).

L'association Moussoulens - Edern permet de lier la boue de la fable au signe du Taureau, celle-ci tant absente dans la strophe correspondante dans le Serpent rouge alors qu'elle se trouve dans celles de la Vierge et du Capricorne, signes de Terre :

TAUREAU : " Grce lui, dsormais pas mesurs et dun oeil sr, je puis dcouvrir les soixante-quatre pierres disperses du cube parfait, que les Frres de la BELLE du bois noir chappant la poursuite des usurpateurs, avaient semes en route quant ils senfuirent du Fort Blanc. "

VIERGE : " J'tais comme les bergers du clbre peintre POUSSIN, perplexe devant l'nigme : " ET IN ARCADIA EGO... ". La voix du sang allait-elle me rendre l'image d'un pass ancestral. Oui, l'clair du gnie traversa ma pense. Je revoyais, je comprenais ! Je savais maintenant ce secret fabuleux. Et merveille lors des sauts des autres cavaliers, les sabots d'un cheval avaient laiss quatre empreintes sur la pierre, voil le signe que DELACROIX avait donn dans l'un des trois tableaux de la chapelle des Anges. Voil la septime sentence qu'une main avait trace : RETIRE MOI DE LA BOUE, QUE JE N'Y RESTE PAS ENFONCE. Deux fois IS, embaumeuse et embaume, vase miracle de l'ternelle Dame Blanche des Lgendes. "

CAPRICORNE : " Mon motion fut grande, " RETIRE-MOI DE LA BOUE " disais-je, et mon rveil fut immdiat. J'ai omis de vous dire en effet que c'tait un songe que j'avais fait ce 17 janvier, fte de Saint SULPICE. Par la suite mon trouble persistant, aprs rflexion, j'ai souhait vous le raconter la manire d'un conte de PERRAULT. Cher lecteur, les pages qui suivent sont la consquence d'un rve m'ayant berc dans les mondes de l'trange et de l'inconnu. A CELUI QUI PASSE DE FAIRE LE BIEN. "

Villeneuve-Minervois - En Manche

Le sommet sur le cercle circonscrit au grand nonagone correspondant Villeneuve (25 juin - 19 juillet) se situe dans la Manche entre Veules-les-Roses (Seine-Maritime) et Hastings (Sussex - Angleterre).

En 1066, Robert de Veules tait Hastings ; il fut gratifi par Guillaume-le-Conqurant, de nombreux biens en Angleterre. Grand snchal de Guillaume le Conqurant, il assista le 25 dcembre 1066 la crmonie historique de Westminster. Mais il fut pourvu de fiefs si considrables en Angleterre qu'il ne revint pas en France. Il s'teignit, sans doute sans postrit, en Angleterre (Saint-Valry-en-Caux et ses alentours: pages d'histoire locale : les Cauchois la recherche de leur pass, Association le Vieux Saint-Valry-en-Caux, 1980 - books.google.com).

On the 14th, in 1066, was fought the celebrated battle of Hastings. The 15th of October was dedicated by the merchants of ancient times to the god Mercury, and is so noted in the calendar of Julius Cesar. This was because he was the god of merchandise, in which character he is represented with a cock perched on one hand and a purse of money in the other (Nast's Illustrated Almanac, 1871 - books.google.com).

La famille de Tosny, originaire vraisemblablement d'le de France, est un important lignage aristocratique de la Normandie ducale (Xe-XIIe sicles) mme si elle ne compta aucun comte ou vicomte. Son premier membre est Raoul Ier de Tosny (mort aprs 1024). Les Tosny ont probablement acquis une partie de leur fortune par des aventures lointaines. Raoul Ier et Roger Ier ont combattu en Apulie et en Espagne dans le premier quart du XIe sicle. Alors que le pre s'illustre en Pouille, Roger Ier, dit Roger d'Espagne, se fait un nom en combattant les Musulmans en Espagne. Les petits tats chrtiens du Nord accueillent volontiers les aventuriers qui peuvent leur prter main forte pour la Reconquista. En 1018, le Normand est appel par Ermessende de Carcassonne, comtesse rgente de Barcelone aprs la mort de son mari Raymond Borrell de Barcelone (972-1017), fille de Roger Ier de Carcassonne et de son pouse Adelade de Melgueil, car le roi musulman Musetus menace son pouvoir. Roger accourt, pouse la fille de la comtesse (fr.wikipedia.org - Ermessende de Carcassonne, fr.wikipedia.org - Famille de Tosny).

En 1066, on peut penser que Roger III tait comte de Carcassonne, en partie (fr.wikipedia.org - Raimond-Brenger Ier de Barcelone).

Les descendans de Raimond I, comte de Carcassonne, ne jouirent donc que d'une partie du comt de Carcassonne, quoique ce comt lui et t donn en entier par le testament du comte Roger I, son pre. Il est certain d'ailleurs que Bernard, frre de Raimond I, & ses descendans, en possdrent la moiti, avec plusieurs autres biens qui avoient t destins ce dernier; ce qui prouve, ou que Roger I changea la disposition de son testament, ou que pendant le bas ge des enfans de Raimond I, leurs oncles s'emparrent d'une partie des domaines qui leur toient chus en partage. Pierre, comte de Carcassonne, fils de Raimond l, avoit en 1054 un fils nomm Roger & trois filles de Rangarde, sa femme, sur d'Almodis, comtesse de Toulouse. Ce Roger succda vers l'an 1060 au comte Pierre-Raimond, son pre, sous la tutelle de sa mre, dans une portion du comt de Carcassonne & dans les vicomts de Bziers & d'Agde. Nous lappelons Roger III, parce qu'il est certain que le comte Roger, son oncle la mode de Bretagne, avec lequel il saccorda sur le comt de Carcassonne, possda la moiti du mme comt. Cet accord est sans date, mais il est postrieur l'an 1060 & antrieur l'an 1067, puisquil y est fait mention, dun ct, de Guillaume, comte de Toulouse, qui ne succda au plus tt Pons, son pre, qu'en 1060, & que, de lautre, Roger III mourut sans enfans avant l'an 1067. En effet, Rangarde, sa mre, & ses surs, qui lui avoient succd aprs son dcs, vendirents cette dernire anne le comt de Carcassonne au comte de Barcelone. Par l finit la postrit masculine (Claude Devic, Joseph Vaisste, Histoire gnrale de Languedoc avec notes et pices justificatives..., Volumes 1 2, 1872 - books.google.com).

Aprs la fin de la croisade albigeoise, quand les chanoines du chapitre Saint-Nazaire reurent en don les biens confisqus aux hrtiques situs dans le terroir du petit village de Saint-tienne-de-Clamous, ils firent difier un puissant chteau-fort, sentinelle gardant lentre de la valle de la Clamoux (www.tourisme-haut-minervois.fr - Villeneuve-Minervois).

Villeneuve est cre dans la paroisse de Saint Etienne de Clamous, donne selon Etienne Griffe aux chanoines de Saint Nazaire de Carcassonne enn 1176. Auparavant Saint Etienne dpendait de l'abbaye de saint Pons de Thomires.

L'glise Saint-Etienne du Clamous figure dj dans un document de l'anne 1102 (Gallia christ., t. VI, col. 82). Les revenus de son vicaire perptuel furent valus, la fin du XIIIe sicle, la somme de 80 livres (lie Griffe, Les Anciens pays de l'Aude: dans l'antiquit et au Moyen ge, 1974 - books.google.com, Jean Martial Besse, Recueil historique des archevchs, vchs, abbayes et prieurs de France, Volume 4, Provinces ecclsiastiques d'Alby, de Narbonne et de Toulouse, 1999 - books.google.com).

Ne parlons pas de l'extension prodigieuse que prit l'abbaye de Saint-Pons de Thomires sous l'abb Frotard et qui lui permit en 1317 de fournir deux vchs l'Eglise catholique, ceux de Saint-Pons et de Lavaur ; mais , si on veut bien le remarquer, presque tous les princes qui se rencontrrent dans la sphre d'action de notre lgat, quels qu'aient t leurs commencements, finirent par tre les champions dvous de l'Eglise et du Saint-Sige. Ce fut dabord Bernard comte de Besalu qui s'en reconnut vassal ; puis Pierre de Melgueil qui se donna lui et son comt & l'Eglise romaine: puis le comte Brenger-Raymond de Barcelone qui suivit ces exemples; sans compter Raymond de Saint- Gilles qui, par son serment, scrupuleusement tenu, de ne plus quitter la Terre-Sainte et d'y mourir, contribua plus que personne, malgr mille dsastres, maintenir le flot sans cesse renouvel de la croisade.

Nous sommes persuads aussi, que ce fut un trait d'excellente politique de la part du Saint-Siege de favoriser les alliances des Norniands de Sicile et d'ltalie et mme d'Angleterre avec les comtes de Barcelone, de Toulouse , de Saint-Gilles et les vicomtes de Narbonne. Nous avons vu, en effet, que Guillaume IV avait pous Emme de Mortaing, nice de Guillaume le Conqurant; que Raymond de Saint-Gilles, en pousant une cousine de sa belle-soeur Emme, devenait le gendre de Roger de Sicile, si dvou au Saint-Sige que le pape Urbain , drogeant tous les prcdents, le nomma son lgat perptuel pour la Sicile. Quant au comte de Barcelone et au vicomte de Narbonne, ils avaient cherch tous les deux l'alliance de Robert Guiscard. Lorsque l'on pense que ces princes avaient tous vcu dans la familiarit de Frotard, ou du moins s'taient rencontrs avec lui dans toutes les transactions importantes de la province, on ne peut s'empcher d'imaginer qu'ils trouvrent dans notre lgat un grand encouragement ces alliances, si l'on n'aime mieux supposer qu'elles naquirent de l'initiative de l'Eglise, cherchant grouper autour de la Papaut, contre la tyrannie des Csars allemands, le dvouement traditionnel de la vieille France, qu'il vint des preux de la Normandie ou des fidles du Languedoc (Abb Bene, Recherches historiques sur Frotard, dixieme abbe de Saint-Pons de Thomieres, 1875 - archive.org).

Cancer

Le signe du Cancer est appel aussi Ecrevisse.

Pche aux crevisses Veules-les-Roses - www.delcampe.net

Station balnaire depuis le XIXe sicle, le village conserve dans son glise, ddie saint Martin, un ensemble de sculptures excutes sur une partie des supports intrieurs. Cette glise a t reconstruite dans sa presque totalit la fin du XVe sicle et au dbut du sicle suivant. Il existait un plerinage du Prcieux Sang dans cette glise, grce l'autorisation de l'abbaye de Fcamp, et une confrrie dite des Cinq Plaies y honorait tout particulirement ce prcieux symbole. Il nous faut maintenant revenir la pile A (nord du choeur), la plus ancienne selon notre chronologie. Nous avons dj insist sur les difficults lire son dcor, constitu de sculptures indpendantes. L'ensemble est de facture plus lourde, plus grossire que dans le support B, et cela reste vrai pour la corbeille du chapiteau, o nous trouvons ce qui peut tre une reprsentation de chapeaux de triomphes palinodiques, des sirnes, des dauphins, des cornes et des bourses... Cet archasme n'interdit nullement des rfrences au dcor italianisant ; ainsi, l'amour ail, agenouill sur un cul de lampe, d'inspiration lombarde, qui deviendra caractristique de la dcoration normande de cette priode. Mais le courant traditionnel, populaire, utilise et rutilise un certain nombre de formes puises directement dans le fond local : quadrupdes affronts, sirnes, crevisse, chouette aux ailes dployes... (Yves Bottineau-Fuchs, Les piles figures de l'glise Saint-Martin de Veules-les-Roses. In: Annales de Normandie, 30e anne n2, 1980 - www.persee.fr).

Mercure

A Saint Riquier s Plain, prs de Saint Valry en caux, une statue du XVIme sicle de saint Herms se trouve dans l'glise, tandis qu' Rouville, un peu plus loin au sud-ouest, l'glise est consacre ce saint, et encore plus loin dans le Calvados Fontenay-le-Marmion (Normandie, Les Guides bleus, 1965 - books.google.com).

Les incursions des Normands dans les annes 880 dans la rgion des Flandres et des Pays-Bas, sous la conduite du chef Hastings, qui semble avoir t partout, et qui donna son nom la ville du Sussex, provoqurent la fuite des moins de Renaix avec les reliques de saint Herms pour Inde (Cornelismnster, prs dAix-la-Chapelle) en Allemagne. Les restes revinrent Renaix vers 940 (Archives, bibliothques et muses de Belgique, Volumes 21 23, 1950 - books.google.com).

Hasting, sometime wrote Hastinge and Hastings, in Latin Hastingia and Hastinga. Cambden in his Britannia says, it seems to take its Name from the Arch-pirate Hasting, for being called in the Saxon Tongue Hastinga-Ceaster, is as much as Hasting's Town (Charters of the Cinque Ports, B. Lintot, 1728 - books.google.com).

A Villey-sur-Tille en Bourgogne, la DEA ARNALIA gurissait les maniaques qui y venaient de loin; on btit depuis dans ce lieu une chapelle ddie ST HERMES et ST AVGVSTIN qui furent substitus Mercure et aux dieux Augustes de linscription galloromaine. Le souvenir de la DEA resta la fontaine et aux arbres des fes, troncs normes que lon visitait encore par curiosit au sicle demie (J.-G. Bulliot, L'ex voto de la Dea Bibracte, Etudes celtiques, 1870 - books.google.com).

Il y a un Herms, martyr Csare sous Dce, qui aurait tu Julien l'Apostat (Bibliothque orientale, Moutard, 1783 - books.google.com).

Mais l'Herms de Renaix est le saint romain, que quelques-uns appellent S. Helme, et qui souffrit la mort Rome pour la dfense de la foi dans le IIme sicle, sous l'Empereur Hadrien, ft le 28 aot comme Augustin.

La Mre de Cambry, renomme Soeur Jeanne de la Prsentation mourut le 19 juillet 1639. Son frre le Pre de Cambry tait chanoine de l'glise collgiale de Saint Herms Renaix (Pierre Hlyot, Maximilien Bullot, Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, Volume 4, N. Gosselin, 1715 - books.google.com).

Mais le plus beau 19 juillet, est le dbut de l'anne alexandrine.

Sous le nom d'Herms, les manuscrits nous ont conserv un Organon, un Kanonion, et des Iatromathmatika d'Herms Ammon l'Egyptien (recettes pour prdire l'issue d'une maladie selon l'tat du ciel au moment o cette maladie commence), qui affirment la valeur thrapeutique du principe des similitudes.

Corpus hermeticum, Asklpios 31, le Poimandrs ou les Iatromathmatika sont des crits noplatoniciens attribus Herms, rvls Asklpios-Sauveur ; ils font partie de la Gnose magique.

Le calendrier gyptien est une institution qui remonte au moins jusqu' la VIIIme dynastie. Nous verrons qu'elle peut tre plus ancienne encore, puisque, au dire des prtres d'Hliopolis et de Thbes, ainsi que nous le verrons bientt, le calendrier, dans la forme qui nous est connue, avait t institu par Herms, c'est--dire une poque anthistorique.

L'astrologue Hphestion de Thbes, en gypte, crivit au plus tt sous Constantin. Dans un fragment de son trait sur les pronostics, trtamuzariat, il parle de Sirius et des prdictions qui se fondaient sur les circonstances du lever de cet astre : il dit" que Sirius se lve le 25 piphi, ce qui rpond, dans le calendrier fixe alexandrin, au 19 juillet. La diffrence du 19 au 20 tient sans doute la manire de commencer le jour. Pour Censorin et Diophane, qui suivaient, l'un l'usage romain, de compter le jour de minuit, et l'autre l'usage grec, de le compter du coucher du soleil, la 11me heure de la nuit, poque du lever de Sirius, appartenait galement au 20 juillet. Les Egyptiens, au contraire, quoi qu'en aient dit par erreur Pline et Lydus, commenaient le jour au matin, ainsi que l'a dmontr M. Ideler ; la 11me heure de la nuit appartenait donc encore au 19, comme l'a marqu le Thbain Hphestion (Jean-Antoine Letronne, L'anne vague en Egypte, Le lever hliaque de Sirius, Histoire et mmoires de l'institut royal de France, Acadmie des inscriptions et belles-lettres, 1861 - books.google.com).

Le kanonion ou organon d'Herms Trismgiste tait du mme got : on comptait depuis le lever hliaque de l'toile du Chien, c'est--dire depuis le 25 Epiphi (19 juillet), dbut de l'anne sothiaque, jusqu'au jour de l'alitement; on divisait le nombre ainsi obtenu par 36 (sans doute cause des 36 dcans) et on cherchait le reste dans la table (Andr Jean Festugire, La Rvlation d'Herms Trismgiste, Volume 1, 1944 - books.google.com).

Mayronnes - Saint Andr de Maurienne

Le correspondant de Mayronnes sur le cercle du grand nonagone est Saint Andr de Maurienne. L'glise de Mayronnes est ddie galement Saint Andr.

Maironnes (ou Mayronnes) existait ds l commencement du 10me sicle, selon d'anciennes chartes. Mayronnes a t donn l'abbaye de Lagrasse en 956, donation reconnue par Bernard Aton, vicomte de Carcassonne, puis dpendit du prieur de Saint Martin des (ou du) Puits, lui-mme office claustral de l'abbaye (Alphonse Mahul, Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocse et de l'arrondissement administratif de Carcassone, Didron, 1857 - books.google.com).

L'glise Saint-Andr de Mayronnes tait une annexe de Saint-Martin-des-Puits. En 1404, elle avait un vicaire perptuel dsign par le prieur : il y avait au dit lieu une maison presbytrale. Le prieur tait tax pour un revenu de 160 livres, dont 30 pour l'glise de Mayronnes (lie Griffe, tudes d'histoire audoise, IXe-XIVe sicles, Imprimeries Gabelle, 1976, p. 86).

Saint Andr de Maurienne se situe sur la rivire Arc. Il existe un lieu-dit L'Arc-d'en-haut Mayronnes.

Sur la commune se trouve aussi la petite chapelle de Saint Clment de Jonquires de style roman primitif (XIme sicle) (www.lagrasse.com).

Il y a lettres communes entre Maurienne et Mayronnes, six sur neuf.

Deux actes publics, l'un de 588, l'autre de 1208, nous ont laiss les confins principaux de l'ancien diocse de Maurienne. Contre le diocse de Turin une limite tait place entre la Chiusa et Aveillane, Vologia ou Volovia, une autre la Cluse entre les valles de Pragelas et du Cluson. Contre le diocse d'Embrun la limite tait vers l'ancien village de Rama, au-dessus de Mont-Dauphin. Contre le diocse de Grenoble c'tait la Breda et l'Isre, par La Rochette et Sainte-Hlne-du-Lac. Les crtes des montagnes compltaient la ligne entre ces trois points. Enfin, la Maurienne a le titre de Marche, Marca Maurianensis, comme les Marches d'Italie et d'Espagne. C'tait, en effet, dans le diocse de Maurienne que se trouvaient les deux plus importants passages des Alpes au moyen ge, celui du Mont-Cenis et celui du Mont-Genvre, aboutissant tous les deux Suse, dont les seigneurs furent ainsi Mark-Grafs, c'est--dire comtes d'une marche, margrave, marquis. (C.-A. Ducis, La Maurienne, Revue savoisienne, Volumes 11 13, 1870 - books.google.com).

Le Mont Genvre tait le Mons Matrona :

La table Thodosienne appelle le mont Genvre Alpis Cottia, en l'honneur de Cottius qui, par de grands travaux, en avait rendu le passage praticable (quoique cette voie ait d beaucoup aux soins d'Agrippa, et qu'Auguste y ait employ une partie de ses troupes, exemple que Probus a suivi). si l'Itinraire de Jrusalem se sert du mot matrona que le Mont-Genvre reut la suite dun accident mortel remarquable qui, suivant Ammien Marcellin (Histoire de Rome, XV, 10), y tait arriv une grande dame ; il est dnomm Mons-Janus, en 1125, dans un acte de partage des terres de Provence, fait entre les comtes de Toulouse et de Barcellonne, et en 1155, dans une ordonnance de Frdric Ier. Plusieurs auteurs le disent Mons-Janua, d'autres Genua ; et si l'on tenait avoir une tymologie, on pourrait croire que de janus ou janua on a fait successivement janvre, jenvre, genvre, ou que ce dernier mot vient de Genua, comme de Genua lon a fait Gnes (Jean-Charles-Franois Ladoucette, Histoire, antiquits, usages, dialectes des Hautes-Alpes, 1820 - books.google.com, encyclopedie.arbre-celtique.com - Matrona-Montgenvre).

Sous l'empire de Nron, les Alpes cottiennes, dont la Maurienne faisait partie, lurent dclares province romaine. Le proconsul Burrhus en eut le gouvernement, et vint se fixer Turin, capitale de la nouvelle province. On dit que Burrhus tait secrtement du nombre des nophytes qui, du temps de saint Paul, taient dans la maison de Csar. Nron ayant ordonn la premire perscution contre les chrtiens, Priscille, dame romaine et parente du proconsul, vint, avec Elie et Milet, disciples de saintPierre, chercher un asile dans la province de Burrhus. La pieuse matrone ne sjourna pas longtemps Turin, et, soit dgot du monde, soit dsir de se livrer plus librement la profession de sa foi, elle se retira la Novalaise, bourg situ dans un lieu agrable, au pied du Mont-Cenis. Pendant qu'elle s'adonnait aux exercices de la pit, Elie et Milet se mirent vangliser les habitants de ce pays, et rpandre la lumire de la foi dans les pays voisins. Ils passrent le Mont-Cenis, et pntrrent jusque dans la haute Maurienne, o la tradition porte qu'ils btirent des oratoires dans des lieux dserts, pour y clbrer en secret les divins mystres. Ce que l'histoire nous dit de la vierge sainte Thcle, qui illustra la Maurienne par ses vertus, et lui apporta d'Orient les reliques de saint Jean-Baptiste, ne permet pas de douter que le christianisme n'y ft dj trs florissant vers le milieu du sixime sicle; mais, en ce temps-l, les paens y taient encore assez nombreux pour inquiter les chrtiens et leur susciter des perscutions. Jusqu' cette poque, la Maurienne avait appartenu au diocse de Turin, et Gondran, roi de Bourgogne, tait la veille de lui donner un sige piscopal, que Felmase devait occuper le premier (F. Grobel, Notre-Dame de Savoie, et varits historiques, 1860 - books.google.com).

Scorpion

L'association du scorpion et du peuple de la Synagogue ne caractrise pas uniquement un courant local savoyard. On la retrouve galement en Italie centrale, dans la plaine du P, Aoste, dans le Comt de Nice, en Provence, dans le Tessin, au Tyrol et mme jusqu'aux Pays-Bas ! La premire apparition du symbole du scorpion remonterait la Bible historie manuscrite, toute figure, de la Bibliothque Nationale de Paris (aussi appele Bible de Jeanne d'vreux d'aprs mile Mle), dont les miniatures, sans doute du dbut du XIVme sicle, sont siennoises. [...]

Plusieurs animaux ont t utiliss pour reprsenter le peuple de la Synagogue, comme la chauve-souris, l'ibis, voire le dragon... (on sait combien la fin du Moyen ge aime orner les tendards d'animaux rels ou imaginaires). Lanslevillard [Haute-Maurienne] Sant'Antonio di Ranverso (dans l'glise abbatiale) et Bessans [Haute-Maurienne], c'est le scorpion que peint l'artiste Mais pourquoi cet insecte ? Il est indniable qu' cette poque les sentiments des chrtiens l'gard du peuple juif n'taient gure chaleureux. Aussi, vu l'aversion et la mfiance prouves envers ce peuple, le choix du scorpion s'explique n'incarne-t-il pas la fausset qu'on attribuait aux Juifs de l'poque ? Noir, sournois et vivant le plus souvent cach, n'agit-il pas en tratre lorsqu'il vous pique de son dard mortel? Feignant de vous attaquer de face, ne vous envoie-t-il pas dans l'autre monde avec l'extrmit de sa queue, recourbe au-dessus de lui ? Le jaune de l'tendard manifeste que l'oriflamme appartient au peuple d'Isral, cette couleur ayant depuis toujours t attribue la Synagogue (Michel Thomas, Trsors de l'art sacr dans les hautes valles de Maurienne, 2004 - books.google.com).

Lune

En partant du Monolithe de Sardires (Haute-Maurienne), on peut joindre deux des grands classiques du secteur : le monolithe de Sardires et le trou de la Lune ou roc de Corneilles, tous deux issus du travail drosion dune roche de type dolomitique (legrosjerome.free.fr).

Le nom de Diane a t connu durant tout le moyen ge, et l'on peut aisment admettre que, dans notre nom de lieu, les scribes et mme les populations de Vuissens et des environs aient senti le Diana originaire, et qu'ainsi la forme du nom de lieu n'aurait pas volu normalement, et qu'elle aurait t au contraire influence par la forme littraire, comme c'est le cas dans l'interjection par dienne, dans laquelle M. Dsormaux voit trs justement le nom de Diane, puisqu'un drame en vers, L'Hystoyre de Monseigneur Sainct Sbastien reprsent au mois de mars 1567 Lanslevillard en Maurienne, appelle Diane prcisment Dienne, Dyenne, dans une suite d'invocations de divinits (Paul Aebischer, La "fontaine de Diane" de Vuissens, Schweizer Volkskunde, Volume 18, Schweizerische Gesellschaft fr Volkskunde Verlag G. Krebs., 1928 - books.google.com).

Cladon, hros de l'Astre (II, 10, 403-405), voyage de Lyon en Italie en passant par la valle de la Maurienne, pays des Ceutrons et des Carrocles. [...] Honor d'Urf tablit une comparaison entre les passions et le paysage des monts du Valais, de la Maurienne, de la Tarentaise et le cours de l'Isre et de l'Arc (Epistres Morales, II, 7, 304-305). (Maxime Gaume, Les inspirations et les sources de l'uvre d'Honor d'Urf, 1977 - books.google.com).

En 1598, Honor saute cheval. Le sieur de Lesdiguire vient d'envahir la Maurienne. D'Urf, capitaine des gardes du duc de Savoie, lutte la tte de ses carabiniers contre les troupes franaises du spirituel Crquy, gendre de Lesdiguire (tombant d'un escalier sans se faire mal : Dieu vous a pargn, lui dit-on. - Oui, pas un chelon). D'Urf contribue repousser de la valle de la Maurienne les soldats du Marchal de Lesdiguires. La paix de Vervins (mai 1598) interrompt les exploits d'Honor. En 1600, il pouse la femme de son frre (il a trente-trois ans, elle trente-huit), mariage avec Anne annul deux ans auparavant par le pape Clment VIII pour cause d'impuissance du mari. Le 18 mai 1599, l'ollicial de Lyon prononce l'annulation du mariage d'Anne d'Urf et de Diane de Chteaumorand. Honor a obtenu de l'ordre de Malte la rupture de ses vux. Les d'Urf ne pardonneront pas Diane d'avoir dvoil publiquement la dfaillance de l'an de la famille (Michel Chaillou, Michle Chaillou, La fleur des rues: Petit guide pdestre de la littrature franaise au XVIIe sicle, 2000 - books.google.com, Honor d'Urf , Amours d'Alcidon, annot par Gustave Charlier, 1921 - books.google.com).

Aprs avoir servi le duc de Savoie par les armes, il dcide de le servir par la plume. Il ne compose pourtant pas une Amedeide, mais un pome fond sur la lgende de Brold, prince saxon qui serait l'origine de la dynastie ducale. Il commence en 1599 son pome, dont la premire version manuscrite, qui comprend six livres, est acheve en 1605. Il intitule les trois premiers livres successivement La Beroldide, puis Berol, enfin La Savoye. Les trois derniers sont intituls Brol. En 1606, le pome est remani en profondeur. Lorsqu'il est abandonn dfinitivement le 29 novembre 1606, il porte le titre de Savoisiade ou de Savoysiade, il ne comprend que neuf livres et il reste inachev. [...] Le mythe de Brold a t cr au XVme sicle [...] surtout parce qu'Amde VIII, qui avait intrt mnager ses relations avec le Saint Empire, y trouvait l'occasion de s'attribuer une ascendance germanique. Au XVIe sicle, cette lgende n'a pas perdu toute utilit diplomatique, puisqu'elle fait reconnatre l'Empire de Rodolphe II, en 1582, la supriorit de Charles-Emmanuel, ex sanguine germanico ducum Saxoni oriundus, sur les autres princes italiens (Bruno Mniel, Renaissance de l'pope: la posie pique en France de 1572 1623, 2004 - books.google.com).

Brugairolles - Vendays

Le sommet correspondant Brugairolles se trouve dans l'Ocan Atlantique, entre Vendays sur la cte franaise, qui se trouve sur le Chemin des Anglais, qui dbarquaient Soulac, de Saint Jacques de Compostelle, et Santillana dans les Asturies, o se trouve la grotte peinte d'Altamira.

Il n'y a pas de doute que le monastre trs riche et trs puissant de Santillana aux Asturies, situ sur un des chemins secondaires du plerinage Saint-Jacques de Compostelle, tait un centre du culte de sainte Julienne de Nicomdie (Hans-Erich Keller, Autour de Roland: recherches sur la chanson de geste, 1989 - books.google.com).

Julienne (Juliana, 16 fvrier), vierge et martyre de Nicomdie, refusa d'pouser le prfet Eleusius. Sa rputation lui est venue de l'nergie avec laquelle elle combattit le dmon dans sa prison : elle ligota le diable avec la chane qui lui avait servi de lien. Plonge dans une chaudire de plomb fondu, elle fut finalement dcapite : ce martyre doit tre situ vers 307, sous Galre. Culte Son corps fut amen en Campanie : d'abord Pouzzoles, puis Cumes, en 568, et Naples en 1207. Un Crois rapporta le chef de la sainte au Val-Saint-Germain, prs de Dourdan. Sainte Julienne est patronne de Vrone et de Santillana (Sancta Juliana), dans les Asturies, o ses reliques avaient t apportes ds le VIe sicle. Elle est invoque contre les maladies contagieuses. Iconographie Son attribut est un diable enchan (Jacques Baudoin, Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident, Editions Crer, 2006, p. 297).

Julienne tait ft le 21 mars Paris.

Au nord de Vendays, Soulac aurait abord Vronique, sainte de la sainte Face, appele aussi Vnice.

Vronique venue par la mer, offrant cheveux et lait de la Vierge ; voil autant de thmes qui la dsignent comme une nymphe, comme une sirne, on est tent de dire : comme Vnus elle-mme. Par son nom populaire, Vnice, comme par son iconographie, c'est bien cette desse qu'elle s'assimile (Claude Gaignebet, plus hault sens: l'sotrisme spirituel et charnel de Rabelais, Volume 1, 1986 - books.google.com).

Ven-days, au nord Ven-sac, font penser Ven-us, mme si en gnral on reconnat en "ven" une vendo gaulois signifiant blanc. Port-Vendres est un Portus Veneris.

Le nom de Vendays est form de deux mots celtiques : giuenn blanc et la prposition suffixe marquant le lieu, dont la mutation en days est due une dformation idiosyncrasique du dialecte gascon. Vendays signifie donc station des Blancs (Revue de gographie commerciale, Socit de gographie commerciale de Bordeaux 1903 - books.google.com).

Mais le nom de Vnus drive d'une racine indo-europenne *wen signifiant "dsirer" (Philippe Dain, Mythographe du Vatican III, 2005 - books.google.com).

La croupe dessche que nous avions sous les yeux se nomme San Giulaiano. Nous reconnmes, sans hsiter, le mont ryx, ddi a Vnus, et clbre autrefois dans la Grce entire. Je ne sais pourquoi le moyenge catholique a plac sous linvocation de saint Julien tous les lieux consacrs par le paganisme Cythre. Quon veuille dsigner dans, les fabliaux un logis mal fam, on le qualifie dhtel SaintJulien. Dans le conte de Courtois dArras, les courtisanes qui sefforcent dattirer chez elles lenfant prodigue lui promettent a lhtel SaintJulien. Javais conu jusque-l que lon se ft livr, en France seulement, une malicieuse interprtation des fonctions ordinaires du bienheureux Qui hberge les crestiens; Mais, si l'on considre que chaque peuple a son saint Julien qui lon assigne partout le mme attribut, si lon observe que saint Julien rgne sur le mont ryx o il succde Vnus, le fait acquiert plus d'importance dans l'histoire des mythologies compares. [...] Saint Julien du mont ryx nest pas le premier vque du Mans, qui donna lhospitalit Notre Seigneur, ni lvque de Tolde qui porte aussi ce nom, ni le saint dgypte qui, ayant tu pre et mre pour obir la fatalit, se fit aubergiste et batelier en Italie. Le pa.. trou de San-Giuliano, de qui J .-J . de Voragine, Butler et les autres lgendaires nont fait aucune mention, et qui eut lutter, ainsi que Diomde, contre les dits de l'Olympe, tait fils dun prince, comme tous les bienheureux de la contre, dun monarque byzantin parfaitement inconnu (Francis Wey, Les Calabres et la Siclie, V, Revue de Paris, 1841 - books.google.com).

Il existe un saint Julien d'Egypte, comme l'Hospitalier, martyris avec 5000 autres pendant le rgne de l'empereur Diocltien, sous la prsidence de Marcien, et ft aussi le 16 fvrier comme Julienne.

L'glise de Brugairolles est consacre saint Julien et sainte Basilisse. Basilisse en grec c'est la Reine.

A Vendays passait un chemin appel de la Reyne, ainsi que le chemin royal de Bordeaux Soulac et au Verdon (Paroisse Saint Seurin de vendays, Varits bordeloises, Tome II, 1784 - books.google.com).

La gens Julia, dont faisait partie Jules Csar, prtendait descendre de Vnus par Ascagne, fils d'Ene, lui-mme fils d'Anchise et de la desse.

Il existe un fleuve "fossilis" qui coulais Vendays, l'Anchise.

Non loin de la plage de Montalivet o fut dcouverte d'une statuette romaine, taient le fleuve Anchise et le port du mme nom. Le citoyen Fleury de la Teste crit dans son mmoire (1800) : " Il a exist autrefois des bassins tels, par exemple, que celui d'Arcachon, quoique peut-tre moins tendus. Quelques-uns avaient des issues assez considrables pour la petite navigation. On en cite un dans la partie du nord, qu'on dsigne sous le nom de port Anchise," Les cartes des XVIme et XVIIme sicles marquent sur la cte du Mdoc aux environs ds Vendays et de Naujac cette rivire d'Anchise. Elles lui donnent un estuaire assez spacieux et placent, les unes son embouchure, les autres plus en amont, la ville d'Anchise. Celte dernire figure dans diffrents portulans du XVIme sicle sous le nom de Balania Ballanas etc. (Pierre Buffault, Etude sur la Cote et les Dunes du Medoc, 1897 - www.forgottenbooks.com).

On retrouve Anchise, roi sarrasin de carcassonne qu'il aurait dfendue contre Charlemagne, ou pre d'Ene qui aurait fond cette ville.

La notion d'une divinit androgyne est regarde comme un dogme fondamental des religions de l'Asie antrieure ; tous les mythologues s'accordent reconnatre l'existence d'une Vnus hermaphrodite et mme mle chez les peuples qui occuprent cette rgion. Un texte assyrien expose ainsi les lments de la doctrine androgyne-sidrale : L'astre parmi les femlles est la plante Vnus ; elle est femelle au coucher du soleil. L'astre mle est la plante Vnus; elle est mle au lever du soleil. (Charles de Linas, Les origines de l'orfvrerie cloisonne: recherches sur les divers genres d'incrustation, la joaillerie et l'art des mtaux prcieux, Volume 3, 1887 - books.google.com).

A Paphos, Amathonte, Idalie, dans toute l'le de Chypre, Aphrodite Urania ou Vnus cleste tait androgyne : Sa statue, en Chypre, dit Macrobe, est barbue, mais avec un vtement de femme, le sceptre et la stature d'un homme. (Jules Baissac, Les origines de la religion, Volume 1, 1899 - books.google.com).

En Mdoc, les plus anciennes et les plus nombreuses glises portent le nom de saint Pierre : Jau ainsi appel d'un temple de Jupiter sur les ruines duquel il s'leva; Verteuil qui, selon plusieurs, reut de Charlemagne un magnifique agrandissement mais non pas sa naissance; Dignac, Blagnan, Grayan signals par des titres du XIIIe et XIVe sicles; Civrac qui a remplac un temple de Diane dont les cerfs sculpts se voyaient encore au sicle dernier; Gaillan remarquable par son plan et ses dtails romans; Vinsac, Vendays, Avensan, riches en vestiges d'antiquits; Lilhan entirement envahi par la mer depuis le XVIe sicle, mais conserv dans des actes seigneuriaux de haute date, et qui dort probablement sous son immense dune; Parempuyre, Bruges, Hostens, Cazaux , Sales , Gradignan , Saucats, Lges et Comparrian qui prolongent en tournant autour de Bordeaux le mouvement commenc Soulac (Abb Cirot de la Ville, Origines chrtiennes de Bordeaux on Histoire et description de l'glise de St.-Seurin, 1867 - books.google.com).

Jau se trouve au nord-est de Vendays, l'est de Vensac.

Poissons

Tous les tangs du littoral, jusqu' Vendays prs de Lesparre, seraient habits par un poisson, l'Aubour-lime (Squalius [Alurius] bearnensis), inconnu dans les eaux de la Garonne et trs commun dans celles de l'Adour.

L'aubour est un cousin du chevesne, un petit poisson d'eau douce, et plus connu sous le nom de vandoise . Vandoise/Vendays, au bord de la mer comme Santillana del Mar (J. Blayac, Contribution l'tude du sol des landes de Gascogne. In: Annales de Gographie. 1916, t. 25, n133 - www.persee.fr).

La Roque Mude - Rennes-le-Chteau

Rennes le Chateau (famous for its mystery), Carcassonne (famous for its castle, Limoux (famous for its blanquette) (www.self-catering-breaks.com).

Dans la mise en correspondance des sommets du Sceau de Palaja avec ceux de l'hexagramme dfini partir du triangle Ban-Saint-Martin - Edern - Rennes-le-Chteau, Rennes-le-Chteau est proche de la Roque Mude (PS PRAECUM). PS PRAECUM qui pourrait se traduire par Psaume des prires qui est le 42 (Vulgate) dit "Et ce sera encore par elles que j'entrerai jusqu' l'autel de Dieu, jusqu' Dieu mme qui, en me donnant cette esprance, remplit de joie ma jeunesse." (traduction Carrires de "Et introibo ad altare...").

Or Rennes-le-Chteau est align avec la Roque Mude et Palaja (prs de Cazaban o se trouve la Tour (pigeonnier) du prieur de Saint Foulc). Palaja est le centre du coeur, o se trouve le matre-autel, sur le plan de l'glise de Saint Sulpice de Paris projet l'envers sur la carte du dpartement de l'Aude.

Au cours de la conscration d'un difice religieux, glise ou chapelle, le psaume 42 (Vulgate) entre en jeu au moins depuis le concile de Trente et avant le concile Vatican II :

En entrant, l'vque souhaite la paix cette maison. Le chur chante d'abord une antienne de paix puis une antienne rappelant l'entre de Jsus chez Zache et enfin le Veni creator pour demander la venue de l'Esprit Saint. Un clerc rpand deux bandes de cendre de la largeur d'un palme sur le pavage de l'glise, en forme de croix, un depuis l'angle nord-ouest jusqu' l'angle sud-est, l'autre depuis l'angle sud-ouest jusqu' l'angle nord-est. Si l'glise est grande, il suffira de faire, la place de la premire bande, vingt-quatre carreaux (areole) disposs gale distance, et, la place de la seconde bande, vingt trois carreaux. Puis on termine le chant des litanies des saints. Aprs quoi, l'vque tendant sa main droite fait trois fois le signe de la croix sur l'glise et l'autel. On chante le Benedictus " Bni soit le Seigneur, le Dieu d'Isral, car il a visit son peuple... " et l'antienne O quam metuendus est " O que que ce lieu est redoutable : vraiment ce n'est rien d'autre que la maison de Dieu et la porte du ciel ". Ce sont les paroles de Jacob dans le rcit mythique de la Gense qui raconte le rve dans lequel il vit une chelle relier la terre au ciel. L'vque, du bout de sa crosse, trace, sur la premire bande de cendre, les vingt-quatre lettres de l'alphabet grec et sur la seconde bande les vingt-trois lettres de l'alphabet latin. Puis, genoux devant l'autel, il dit: Deus in adjutorium. "Dieu, viens a mon aide . La chorale rpond : Domine ad adjuvendum ... " Seigneur hte-toi de me secourir " puis l'vque dit le Gloria Patri ... " Gloire au Pre, au Fils et au Saint Esprit ". La chorale rpond Sicut erat. .. " Comme il il tait au commencement, maintenant et toujours et pour les sicles des sicles. Amen ". Ce dialogue se chante trois fois d'abord sur un ton grave, puis sur un ton moyen et enfin sur un ton aigu. Ce semblant de dialogue dbute chacun des offices du jour mais il n'y est alors chant qu'une seule fois. Aprs quoi, l'vque bnit un autre mlange de sel, d'eau, de cendre et de vin en disant des prires diffrentes de celles qu'il avait employes la fois prcdente. Il se rend la porte de l'glise, l'intrieur, et du bout de sa crosse, trace le signe de la croix sur le haut puis sur le bas de la porte en disant une prire. Il revient devant l'autel dire deux prires. Il commence ensuite la conscration de l'autel par la rcitation du psaume 42 qui, dans le rit tridentin, est rcit au dbut de chaque messe : Introbo ad altare Dei, "Je m'avancerai jusqu' l'autel de Dieu... ". L'vque, dans une prire, voque l'chelle de Jacob. Il trempe le pouce de sa main droite dans le mlange d'eau, de sel, de cendre et de vin, et en marque cinq croix graves dans la pierre de l'autel, une au centre et les autres chaque coin dans un ordre dtermin... (Maurice Gruau, L'homme rituel: Anthropologie du rituel catholique franais : Essai d'une ethnologie de l'intrieur, 1999 - books.google.com).

La Roque Mude se trouve prs du hameau d'Arce sur la commune de Limoux.

La famille d'Arse, originaire d'Arsa prs de Sournia dans le Fenolheds ou d'Arce prs d'Alet les Bains, implante ds le XIIIme sicle en divers points du Termens, restera en possession de la seigneurie jusqu'au XVIme sicle. Elle rendait hommage pour cette terre la fois l'archevque et au roi (www.dernacueillette.fr).

Les registres paroissiaux de la communaut de Cascastel datent de 1643. Que l'on veuille bien se reporter l'tude prsente par nous dans le Bulletin T. XXXII de la Socit d'Etudes Scientifiques de l'Aude, sur la commune de Castelmaure; on y lira que Franois d'Arsse tait seigneur de Castelmaure et de Saint-Jean de Barrou vers le milieu du XVIIIme sicle, et les registres auxquels nous faisions allusion plus haut signalent ce mme Franois d'Arsse, seigneur de Cascastel. Des actes de baptme de noble Guillaume d'Arsse, baron de Castelmaure (1650), noble Barthlmy d'Arsse (1652), damoiselle Louyse d'Arsse (1653), y sont transcrits, de mme que le dcs du susdit, noble Franois d'Arsse, baron de Castelmaure, g de 35 ans, enterr dans la chapelle de Saint-Franois de l'glise de Cascastel. Nous y trouvons aussi couch le dcs de Marianne d'Arsse, dcde en bas-ge et ensevelie aussi dans l'glise. Ces mmes registres consignent en 1659, une visite Cascastel de Monseigneur Franois de Fouquet, archevque, primat de Narbonne qui confirma dans l'glise du dit lieu les trois enfants vivants de Franois d'Arsse et dans ces registres un Etat de la famille d'Arsse , est ainsi transcrit. Dame Tonette de Mayreville, veuve feu noble Franois d'Arsse, seigneur de Cascastel (ge de 39 ans), mre des suivants : Noble Guillaume d'Arsse, baron de Caslelmaure, son fils an, g de 18 ans; Noble Barthlmy d'Arsse, g de 16 ans; Demoiselle Louyse d'Arsse, sa fille, ge de 15 ans. Il ne nous semble pas tmraire de conclure que Franois d'Arsse, seigneur de Castelmaure et de Saint-Jean de Barrou, dans lesquels lieux ne se trouvaient qu'une tour noble en ruines (V. Bull, de la Soc. d'Et. Scientif., p. 136), habitait surtout Cascastel, puisque ses enfants y ont t baptiss et confirms, qu'il y est dcd et inhum dans la chapelle Saint-Franois de l'glise Saint-Julien. Il tait, l'gal de Raymond de Castro, Codominus de Cascastel, coseigneur de ce fief, en mme temps que l'abb de Lagrasse, peut-tre tait-il un feudataire de ladite abbaye. Aucun document connu ne nous a permis de suivre les enfants de Franois d'ArtssE. Les registres paroissiaux n'en portent pas trace aprs le dnombrement de 1668.

Franois d'Arsse, seigneur aussi de Cardires tait Cascastel en 1615, puisqu'il est port sur le compoix gnral en langue romane de Cascastel.

La maison d'Arsse possdait depuis le 14e sicle le fief noble d'Arnecueillette (Dernacueillette). Hugues de Arcis (d'Arse), chevalier, en tait le Seigneur de 1335 1358. En, 1523 et 1557, les d'Arsse dnombrent en toute justice Montrouch (Maisons), Flines, Laroque de Fa, Massac, Montgaillard, Davejean.

Pierre d'Arsse, dj seigneur de Castelmaure au milieu du 16e sicle, et par consquent, l'aeul de Franois d'Arsse de Cascastel, tait chtelain de Ternies (place forte royale) de 1563 1574. Franois d'Arsse lui succda comme capitaine du chteau en 1576. Franois d'Arsse, cuyer, poux de Jeanne de Mage de Salsa et de Nouvelles, tait seigneur de Sgure en 1564. Il est intressant de signaler que Jean-Franois Rgis naquit le 31 janvier 1597 Fontcouverte, fils de Jean Rgis et de Madeleine d'Arsis, fille du seigneur de Sgur (Voir la Vie de Saint Franois Rgis, du pre Gros).

En 1564, la seigneurie de Sgure passa entre les mains de Franois d'Arcis (de Arcia ou d'Arse), seigneur d'Arncuillde (Dernacueillte), cuyer, dont la femme fut Jeanne de Mage (de Nouvelles).

Les d'Arsse blasonnaient : de gueules au lion d'or, arm et lampass de mme, soutenant un sautoir d'argent . (D'Aubais: Pices fugitives et La Roque: Armoriai du Languedoc) (Excursion du 22 Avril 1934 dans la Corbire orientale : Coustouje, Conquires, Fontjoncouse, Albas, Cascastel, Bulletin de la Socit d'Etudes Scientifiques de l'Aude, Tome XXXIX, 1935).

Un Hugues de Arcis prcdent, snchal de Carcassonne, commanda le sige de Montsgur en 1244.

Les d'Arce (de Limoux) furent reprsents en 1227 par Arnaud Raymond qui fut tmoin du trait entre Trencavel et le comte de Foix.

En 1227, Trencavel avait fait avec le comte de Foix, son cousin, un trait d'alliance sign en son nom par Boson, abb d'Alet, et Arnaud Raymond d'Arce. Quand le comte de Foix, suivant l'exemple de Raymond VII de Toulouse, eut fait sa soumission, le vicomte de Bziers dut se soumettre son tour, et ses domaines furent runis la couronne. Nanmoins plusieurs des anciens seigneurs de la contre, qui taient rentrs en possession d'une partie de leurs domaines continuaient s'agiter : aprs lui avoir prt leur concours et leur dvouement pendant la lutte, ils faisaient la guerre de partisans Joseph-piphane Darras, Histoire gnrale de l'Eglise depuis la cration jusqu' nos jours, L. Vivs, 1881).

Dom Vaissette cite un acte de serment, dat de 1172, par lequel Oton d'Aniort, Ugo de Caderone et Guillaume d'Arce jurent sur les saints Evangiles dans l'glise de Limoux, de conserver et de dfendre le chteau de Coustaussa, au profit de son seigneur Pierre de Vilar, viguier de Rhed, et du comte Roger de Bziers (Louis Fdi, Le Comt de Razs et le diocse d'Alet: notices historiques, 1880 - books.google.com).

Le nom d'Arsse fut repris par les Duston ou D'Uston de Limoux qui subsistent travers les D'Uston de Villerglan.

Sur une hauteur voisine de Saint-Polycarpe, il existe un menhir de 1 m 45 de hauteur Il existe, au sujet de cette pierre, une lgende qui m'a t raconte par les habitants du pays : Un gant appel Marre jouait, un jour, avec cette pierre qu'il avait, dit-on, arrache une chane de rochers appele la Roquo-d-Broundo, prs de St-Polycarpe. Il voulait la lancer, comme un palet, sur le village d'Alet situ 7 kilomtres, lorsque, dans le trajet, la pierre heurta la cme de la montagne et s'y planta solidement.

Prs du hameau d'Arce, dont le nom aussi est romain et signifie fort, sur une haute colline, il y a des ruines qu semblent tre les restes d'une forteresse romaine. Il ne reste de celte forteresse que quelques pans de murailles trs paisses. construites en pierres tailles de petit appareil et relies entre elles par un ciment ou mortier excessivement dur. On appelle ces ruines, dans le pays, la Tour d'Arce et l'on croit mme qu'il y avait, au pied de celle tour, une ville dont il ne reste aucun vestige. On a commenc faire, au milieu de ces ruines, des fouilles qui promettent d'tre intressantes. Mais le temps et l'argent manquent pour les mener bonne fin. Jusqu'ici on n'a dcouvert que des ossements et une espce de fer de lance. Il y a quelques annes on trouva dans les environs de ces ruines une monnaie romaine. Elle portait un crocodile enchan un palmier avec celte inscription abrge : COL. NEM., qui signifie Colonie Nimoise. Probablement des soldais de la colonie romaine de Nmes ont tenu garnison dans ce fort. On dit, dans le pays, que la Tour d'Arce fut dtruile par les Polacres (Sarrasins, en patois du pays). Du reste, le pays a t, dans les temps anciens, le thtre de beaucoup de guerres, puisqu'on y trouve frquemment, en dfonant le sol un peu profondment, des squelettes humains (Mmoires de la Socit des arts et des sciences de Carcassonne, 1894 - books.google.com).

Mars

Mars est associ la Roque Mude (Autour de Rennes le Chteau : Une toile hermtique deux niveaux).

En 118 une colonie romaine fut fonde Narbonne, qui prit le nom de Narbo Martius, parce quelle tait consacre au dieu Mars (chalabremetaitconte.pagesperso-orange.fr).

Peut-tre cette protection s'tendait toute la Narbonnaise laquelle appartenait Rennes-le-Chteau.

A l'glise de Rennes-les-Bains aurait t transport, d'aprs G. Lafont, un bandeau (haut. 0,40 m : larg. 0,30 m) portant l'inscription : 2. C. Pompeius / Quartus / l(ibens) a(nimo) M(arti) / Suo. C. Pompeius Quartus, d'un cur reconnaissant, au dieu Mars Suus ? Sur la face oppose, une branche de laurier : C.I.L. XII, n 5377 : - H.G.L.. XV, n 1322. (Eric Dellong, Narbonne et le Narbonnais, Carte archologique de la Gaule, 2002 - books.google.com).

Dj nous avons eu l'occasion de noter, en tudiant le culte de Mars sans pithte dans la Gaule romaine, que chaque Gallo-romain invoquait son Mars, Mars suus, comme chaque Romain s'adressait son Genius, et que nanmoins ce Mars protecteur, sorte d'ange gardien, tait reprsent sous les traits du dieu de la guerre (Jules Toutain, Les cultes indignes nationaux et locaux, Afrique du Nord: Pnisule ibrique, Gaule, 1920 - books.google.com).

D'autres inscriptions, sur lesquelles le croyant appelle le dieu familirement Mars suus, montrent que pour ces simples gens Mars doit avoir t un dieu tutlaire personnel. Ainsi donc, le dieu celtique qu'on a identifi avec le Mars romain ffre sensiblement de celui-ci. Cela est dmontr encore d'une faon non quivoque par un assez grand nombre d'inscriptions ddies par des militaires dans la rgion du limes germanique, Mars militaris et Mars arm[iger]. Ces deux qualificatifs jettent une trs vive lumire sur la diffrence qui spare le dieu paisible autochtone; du Mars des militaires (Werken uitgegeven door de Faculteit van de Letteren en Wijsbegeerte, Numros 91 93, Rijksuniversiteit te Gent. Faculteit der Letteren en Wijsbegeerte, 1941 - books.google.com).

Selon le rapport Cholet, l'glise Marie-Madeleine de Rennes-le-Chteau aurait t construite sur les ruines d'un temple consacr Mars.

Capricorne

La dmone Onoskelis ("jambes d'ne" en grec) est cite juste avant Asmode dans Le Testament de Salomon dans les interrogatoires que fait subir Salomon aux dmons qui lui obissent et qui contribuent construire le Temple. Asmode rappelle son aventure avec Tobie et Raphal : la fume du poisson "granos"(silure grane) grill sur des cendres de tamaris (Le Testament de Salomon, La Lgende de Soliman (Salomon), Filbluz ditions, 2011 - books.google.com).

Apparently Onoskelis is referring to the constellation Capricorn, the Goat, which is the tenth sign of the zodiac. The ancients identified Capricorn with the god Pan, the god of forests and fields. Pan had goats' horns and hoofs, was a musician who played the pipes, and was always falling in love with the nymphs (James H. Charlesworth, The Old Testament Pseudepigrapha: Apocalyptic literature and testaments, Volume 1, 2010 - books.google.com).

Le Testament de Salomon amne au premier une autre diablesse, dont le nom et apparition sont clbres lpoque de la rdaction du trait. Elle sappelle Onoskelis, se prsente sous la forme dune femme trs belle, mais aux pieds dne et ses fonctions principales sont de sduire les hommes et de les trangler. La lgende de la naissance dOnoskelis est raconte par Aristokles, dans ses Paradoxa, qui est, son tour, cit par Plutarque. Un certain Aristonymos dEphse entretient des relations sexuelles anormales avec une nesse. Le fruit de cette union interdite est Onoskelis, une fille aux jambes dne. Mais la vraie diabolisation dOnoskelis se produit dans le rcit parodique de Lucien, Verae Historiae, o il est dit que les femmes dune le fabuleuse, Kabbalusa, dont les traits sont ceux dOnoskelis, mais qui parlent parfaitement le grec, sduisent les visiteurs, les enivrent et, finalement, les dvorent. Les milieux chrtiens connaissent, eux aussi, la figure dOnoskelis. Thodoret de Cyr, tablit la correspondance entre les onocentaures (traduction grecque du mot hbreu lilin, dans la Septante, et les onoskelides, diablesses qui peuplent les ruines de Babylone et les lieux dserts (onokentaurous, tas para tinon onoskelidas kaloumenas). Sozomne raconte, dans son Histoire ecclsiastique que Grontios, vque de Nicomdie, a t rvoqu parce quil affirmait quune nuit, il avait vu une Onoskelis quadrupde dont il avait coup les cheveux et la tte.Tout en suivant la tradition aristophanesque, qui assimilait lEmpouse des Grenouilles une Onoskelis (cf. Scholie), la Suda renforce lancienne quivalence : Empousa : Oinopole; Onokole hoti onou poda ekhei . K. Preisendanz dcrit dans son article Onoskelis la fortune impressionnante que la figure de la diablesse du Testament de Salomon a eue dans les ouvrages byzantins et dans les croyances populaires du Moyen ge et il serait superflu de reprendre ses arguments rudits. Nous nous bornerons constater que dans tous les dveloppements de larchtype, Onoskelis, la diablesse aux sabots dne, conserve son caractre de sductrice des hommes. Toutefois, Peter Busch nadmet pas le principe, mais il confre la sduction de la diablesse un caractre plutt spirituel118. Nanmoins les donnes textuelles confirment la thse de Preisendanz : voir la beaut concrte du dmon, ses prfrences pour un certain type dhommes (notamment pour les melikhrooi ), les illusions charnelles quelle donne et le signe astral quelle partage avec ses victimes (une allusion zodiacale subtile la constellation du Capricorne). Si lont tient compte du contexte gnral de lapparition dmoniaque, Onoskelis reprsente un cas flagrant de transgression du code sacerdotal juif. Son hybridisme suspect renvoie linterdiction ferme concernant les relations sexuelles anormales du Lv. 18, 23 : Tu ne coucheras point avec une bte, pour te souiller avec elle. La femme ne sapprochera point dune bte, pour se prostituer elle. Cest une confusion . Un indice supplmentaire de limpuret dOnoskelis est contenu dans linformation sur la naissance de la diablesse : elle est la fille dune voix sans age, lcho du Plomb . Le plomb, mtal aux proprits magiques associ la plante Saturne, tait considr impur par les milieux lgalistes juifs. Il est trs important de souligner ce propos le symbolisme saturnien de lne (Voir le clbre jeux de mots : Kronos-Onos, qui circulait dans les milieux sotriques de lpoque impriale (Diogne Laerce, Vies des philosophes II,112,121) et la relation particulire entre la constellation du Capricorne et la plante de la mlancolie (Le Capricorne est la rsidence prdilecte de Saturne) (Stefan Colceriu, Lespace dans le Testament de salomon et les manifestations d'une polmique identitaire dans l'antiquit tardive, New Europe College Yearbook 2008-2009, 2009 - www.nec.ro).

Le diable du bnitier de Rennes-le-Chteau a en effet l'aspect de Pan mis en rapport avec le Capricorne selon les mythographes.

Le Capricorne est, selon ratosthne, un gipan, c'est--dire qu'il ressemble un bouc par en haut et un poisson par en bas. Il fut lev avec Jupiter dans l'le de Crte, et l'aida vaincre les Titans, en les effrayant par le bruit que lui et ses compagnons faisaient avec des fltes sept tuyaux, et en leur jetant des coquilles de mer la tte; voil pourquoi ce dieu le plaa au ciel, ainsi que sa mre la Chvre Amalthe, qui fait partie de la constellation du Cocher. Hygin raconte que, les dieux s'tant rfugis en Egypte pendant la guerre des Gans, Typhon les y suivit pour les faire prisonniers; mais Pan les tira de danger en leur conseillant de se changer en animaux, ce qu'ils firent. Pan lui-mme se jeta dans une rivire , y prit moiti la forme d'un bouc et moiti celle d'un poisson. Jupiter prit tant de plaisir cette mtamorphose de Pan, qu'il plaa au ciel le Capricorne, dont Pan avait ainsi revtu la figure. Les Romains se servent tantt du mot grec AEgoceros, tantt du mot latin Capricornus, et quelquefois aussi du mot Caper, bouc, pour dsigner le Capricorne Selon Horapollon, les anciens Egyptiens ont reprsent le cours du soleil par le signe du Capricorne, par deux pieds placs l'un ct de l'autre (Fragmens, OEuvres compltes de Cicron, Panckoucke, 1839 - books.google.com).

Dans le livre de Tobie, VIII, 3, l'archange Raphal va lier le dmon Asmode, dans le dsert de la Haute-Egypte, prcisment dans le lieu que les Egyptiens regardaient comme le sjour de Typhon (Louis-Ferdinand-Alfred Maury, Essai sur les lgendes pieuses du moyen-ge, 1843 - books.google.com).

Asmodaios, fils dun ange dchu et dune fille des hommes, dit que le trne de son pre se trouve encore aux cieux (T.Sal. 5,4) et que les hommes lappellent La Grande Ourse (T.Sal. 5,3). Asmodaios prdit la chute du roi, la ruine de son royaume et la dissmination universelle des dmons (T.Sal. 5,5). De mme, Belzbul annonce le triomphe total des derniers dmons (Abezethibou et Ephippas) dont Salomon sera la victime (T.Sal. 6,3.6) (Stefan Colceriu, Lespace dans le Testament de salomon et les manifestations d'une polmique identitaire dans l'antiquit tardive, New Europe College Yearbook 2008-2009, 2009 - www.nec.ro).

Sylvain / Salvayre

L'origine de Sylvain est italique comme l'indique son nom. Il est le compagnon de Pan et des Nymphes, lami du beau Cyparisse : il est surnomm : Pecufider, Conservator, Mars, Pater, Terminalis, Custos, Lactifer, Deus Agricola, Agrestis , Dendrophorus, Pomifer, Glandifer, Cannabifer, Linifer, Coelestis, Domesticus, Silumius, Lar, Dominus, Salutaris, Sanctus, Pollens, Aurelianus, Augustus, Staanus, Panthes, Caminensis, Eleutherius, Monolithus, Littoralis ; l'inscription Silvano Flaviorum annonce que la famille Flavia se mettoit sous sa protection. On le nommoit encore chasseur de loups, renverseur d'arbres. On appelle Sylvains les suivans de ce Dieu; les Romains en faisoient des Gnies des bois, et leur associoient des Divinits du mme nom Sylvan. Autel Sylvain: il avoit des temples et des statues dans les temples des autres Dieux. Sacrifices Sylvain; bas-reliefs. Sylvain incube. Offrandes Sylvain. Des inscriptions associent ce Dieu Pan, Bacchus, Hercule et Minerve (A. L. Millin, Magasin encyclopdique, Tome VI, 1808 - books.google.com).

Dans le De agri cultura de Caton l'Ancien, il est fait au milieu d'une fort une offrande Mars Sylvanus pour la sant des bovins (fr.wikipedia.org - Sylvanus (mythologie)).

Silvanus (Sylvanus), en franais Sylvain, comme divinit protectrice et bienfaisante, portait aussi le titre de Salutaris (www.cosmovisions.com - Sylvain).

Salutaris (adj. et subst.) et salvator, deux mots chrtiens qui se trouvent dj dans la langue vulgaire des anciennes versions de la Bible, ont t adopts par Lactance. Quand il hsite divin. inst. 4,12,6 entre salutaris (subst.) et salvator : "Emmanuel autem numquam vocitatus est, sed lesus, qui latine dicitur salutaris sive salvator, quia ... gentibus salutifer venit", il reflte l'usage de son temps: seulement vers la fin du quatrime sicle, chez Augustin, Ambroise et Jrme, salvator l'a dfinitivement emport sur salutaris.

"Atque etiam Iovem cum Optimum et Maximum dicimus cumque eundem Salutarem, Hospitalem, Statorem, hoc intellegi volumus, salutem hominum in eius esse tutela" (Des vrais biens et des vrais maux - De Finibus - Livre III) : C'est le seul passage o Jupiter figure avec l'piclse de salutaris et on ne saurait dire, s'il s'agit ici d'une cration de Cicron, ou bien d'une ralit cultuelle. En tout cas salutaris rend ici ster. L'ide de Jupiter Sauveur tait d'ailleurs d'ailleurs assez rpandue l'poque impriale (Christine Mohrmann, tudes sur le latin des chrtiens: Latin chrtien et liturgique, 1961 - books.google.com).

Dans sa version des Livres Saints, la Vulgate, saint Jrme a employ quelquefois salutaris, surtout dans le livre des Psaumes o il utilise une version plus ancienne ; mais salvator est le terme qui se forme d'ordinaire sous sa plume (Pierre de Labriolle, Salvator, Archivum latinitatis medii aevi, Bulletin du Cange, Tome XIV, 1939 - books.google.com).

Ainsi peut-on associer le Salvayre de Saint Salvayre d'Alet Sylvain (Sylvanus) puis Saint Sylvain.

SYLVANUS DEUS NEMORUM - Sylvain (dieu latin des Forts et des Champs) - Gravure sur cuivre de Hieronymus Cock (vers 15101570) (www.akg-images.fr

On trouve Sylvain reprsent tantt avec les cornes et la moiti du corps de chvre, tantt avec toute la forme humaine. Les attributs de Sylvain, sous cette dernire forme, sont une serpe la main, une couronne grossirement faite de feuilles et de pommes de pin, un habit rustique qui lui descend jusqu'aux genoux, un chien auprs de lui,et des arbres A ses cts, comme dieu des forts. Sylvain, sous la forme de Pan, fils d'Herms, tait avec les cornes, les oreilles, et toute la partie infrieure du corps de chvre, tout nu , et couronn de lierre, mais dont les cornes percent la couronne; portant de la main gauche une branche de pin, ce qui montre que le pin tait l'arbre favori de ce dieu. Souvent, au lieu de pin, c'est uuc branche de cyprs, cause de la tendresse qu'il avait pour le jeune Cyparisse qui fut mtamorphos en cyprs, ou , selon les historiens, parce qu'il apprit le premier cultiver cet arbre en Italie; c'est pour cela qu'on l'appelait Dendrophore. Il y a une troisime manire assez ordinaire de reprsenter Sylvain; c'est en forme de Terme, o l'on ne voit que la tte et la moiti du corps, sans bras. le reste se terminant en gaine, dont la grbsseur diminue toujours jusqu' la base.

Sylvain tait regard comme incube; aussi tait-il la terreur des femmes en couches, et fallait-il implorer contre lui la protection des divinits Iutercido, Pilumnus et Dverra (Franois-Joseph-Michel Nol, Dictionnaire de la fable ou mythologie grecque, latine, gyptienne, Volume 2, Le Normant, 1803 - books.google.com).

Sylvain faunesque se rapproche du diable du bnitier de Rennes-le-Chteau et le Sylvain incube, d'Asmode.

Entre Nol, Chalando (calendes de janvier, Dauphin), et les Rois, se situe la veille de la Saint-Sylvestre, qui porte le nom d'un pape contemporain du Concile de Nice (325). Il semble avoir pris dans le calendrier la place de Sylvain, dieu des forts chez les Latins, reprsent sous les traits d'un vieillard jovial portant une serpe et une branche bourgeonnante : le bois qui reverdit, symbole du futur renouveau (Pierre-Louis Menon, Roger Lecott , Des moissons la Nol, Volume 2 de Au village de France: la vie traditionnelle, ditions Bourrelier, 1954, p. 5).

Selon M. Gaidoz, derrire le saint Sylvain auquel est assign comme compagnon saint Sylvestre sur le territoire de Bourges, on peut trs bien souponner le Sanctus Silvanus qui tait ador sous le vocable de Silvestris chez les paens de la Gaule (Revue de l'histoire des religions, Volume 65, 1912 - books.google.com).

Dans le monde romain, les fort taient ddies au dieu Sylvanus, et ce nom nous le retrouvons sanctifi avec saint Sylvain, le jeune martyr d'Ahun (Creuse) et le saint berrichon, Sylvain de Levroux, trs honor dans la Marche, notamment Bonnat et dans cinq autres paroisses. Le chne est le roi des forts, et l'on sait quel rang, avec la cueillette du gui, il tenait dans la religion des druides. De nos jours, le gui est encore associ aux ftes de Nol et du Nouvel An (Bulletin de la Socit scientifique, historique et archologique de la Corrze, Volumes 87 89, 1965 - books.google.com).

La Roque Mude, associe sur le sceau de Palaja au 25 dcembre, et Saint-Salvayre sont dates du 17 janvier sur le calendrier nonagonal, comme Rennes-le-Chteau.

Palaja - Neuillay-les-Bois et l'anne 1028

A titre indicatif, sachant qu'il y avait coseigneurie comme en 1389 entre les familles Dariete, de Saint Julian, Silva, et de Laselme :

Familles de Villeneuve (XIIIe-XIVe), hommes liges des comtes de Carcassonne, installs Trbes, de Roger (XVe), Dariete (XVIe), de Roger de Cahuzac (XVIe) (D'or trois pals onds d'azur), de Pruel (XVIIe-XVIIIe).

Brenger-Raimond Ier de Barcelone (vers 1005 - Barcelone, 1035), comte de Carcassonne en 1028, soutient aussi la diffusion de la rforme grgorienne, avec l'appui de l'abb Oliba. Le 29 juin 1022, il reconnait les droits de l'abbaye de Ripoll sur la montagne de Montserrat, o est tabli un monastre en 1025. Vers la fin de 1032, Brenger-Raimond se rend Rome, o il rencontre Benot IX, afin de poursuivre la politique de son pre Borell d'alliance avec les papes (fr.wikipedia.org - Brenger-Raimond Ier de Barcelone).

L'glise de Saint Hilaire, primitivement appele Saint Saturnin, abbatiale renferme un sarcophage dit sarcophage de Saint-Sernin. Ce coffrage sculpt d'un seul bloc dans du marbre blanc des Pyrnes est attribu au matre de Cabestany. On pense qu'il s'agit dun devant dautel datant du XIIe sicle. Les sculptures entourant l'autel racontent la vie de lvanglisateur Saint-Sernin, premier vque de Toulouse au IIIe sicle.

L'abbaye est construite sur l'ancien emplacement de la chapelle Saint-Hilaire, premier vque de Carcassonne. Saint-Hilaire vanglisa la rgion du Carcasss au VIe sicle. La premire mention crite de l'abbaye date de 825 et on apprend que celle-ci est d'abord ddie Saint-Saturnin, 1er vque de Toulouse. En 970 a lieu le transfert des reliques de Saint-Hilaire sous l'abbatiat de Benot et en prsence du comte de Carcassonne Roger Ier. Jusqu'au XIIe sicle, l'abbaye bnficie de la protection des comtes de Carcassonne (fr.wikipedia.org - Abbaye de Saint-Hilaire).

La dvotion de la famille comtale s'explique par le fait que l'abbaye fonde sur le tombeau de l'vque Hilaire de Carcassonne est un des grands sanctuaires du Carcasss, avec Montolieu, autre monastre qui bnficie des donations comtales. Mais ne pourrait-on attribuer cette pit particulire une homonymie avec un autre vque Hilaire, le grand saint de Poitiers ? Cela renforcerait l'hypothse d'une origine guilhelmide de la nouvelle ligne comtale. Ces batailles des annes 980, fondatrices dans la mmoire comtale, sont encore clbres en 1002, lorsqu'un vicomte de Carcassonne au nom trs comtal d'Arnaud fit son tour une restitution Saint-Hilaire (Hlne Dbax, La fodalit languedocienne: XIe-XIIe sicles : serments, hommages et fiefs dans le Languedoc des Trencavel, 2003 - books.google.com).

Selon certains auteurs religieux (Adam d'Auvergne avant Bernard Guidonis, vque de Lodve), saint Saturnin fut envoy en Gaule par Martial du temps de saint Pierre et des Aptres. Comme Trophime Arles, Austremoine en Auvergne, Paul Narbonne, Ursin Bourges (Bonaventure de Saint-Amable, Histoire de Saint Martial, aptre des Gaules, ou la dfense de son apostolat, 1676 - books.google.com, Super-toile (Superstar in english) : Aigueperse, 9 novembre).

Le village de Cazilhac possde une glise ddie Saint Hilaire de Carcassonne comme Neuillay-les-Bois celui de Poitiers.

Rgimbaldus fut abb de Mobecq en 1023. Dans le concile de Limoges en 1031, il se montra trs fervent dfenseur des prrogatives de saint Martial, premier vque du pays. De son temps, l'glise du Monastre fut consacre en 1048 ; Ce fut lui sans doute qui en entreprit la construction, la fit ddier et orner de peintures murales dont on voit les prcieuxres les dans le sanctuaire. Le portrait de saint Pierre commence la srie, puis celui de saint Martial.

En 1154, un abb de Mobecq tenta, avec l'agrment du pape Anastase V, de transporter l'abbaye de Mobec dans le diocse de Tours o ce monastre avait des possessions nombreuses et des bnfices. Mais Adrien IV rvoqua la sentence de son prdcesseur, et dans sa bulle nomme ces possessions. En 1174 et 1183, Alexandre III lui adresse une bulle pour confirmer l'abbaye dans ses possessions du diocse de Bourges et en donne le dnombrement: 1 le bien de Mobec o est situ l'abbaye; 2 l'Eglise Saint-Hiiaire de Neuillay ; 3 la chapelle de Saint-Jean de Mbou- chet; 4 l'glise de Saint-Lactencin; 5 de Saint-Martin et de La Prouille; 6 de Saint-tienne de Vendoeuvres, de Sainte-Marie sur Claise ; 7 de Saint-Pierre de Mign ; 8 de Saint-Pierre de Pouligny et de la chapelle de Saint-Pierre deBnavant ; 9 de Sainte-Marie de Jovart ; 10 de Saint-Martin d'Oulches avec la chapelle de Cors et de Saint-Nazaire ; 11 de Saint-Christophe de Chezelles ; 12 de Saint-Martin de Villegongis ; 13 de Saint-Pierre de Mntrols et d'Ecueill; 14 de Saint-Pierre d'Abrilly prs de Buzanais; 15 de Sainte-Marie de Buzanais ; 16 l'glise et les chapelles de Saint-tienne, Saint-Honor et Saint-Lazare de Buzanais; 17 l'glise de Saint-Pierre de Ogni (Constantin Gaudon, Histoire des abbayes royales de Mobecq et de Saint-Cyran, Revue du Centre (Chteauroux), 1901 - www.lemaire1957.net).

La ddicace de lglise de Mobecq est le 3 septembre 1048, en prsence des vques de Tours et de Bourges. Elle est ddie Saint-Pierre et les paroisses de Mobecq et de Neuillay-les-Bois qui dpendent de labbaye forment dsormais la terre de Saint-Pierre (http://www.cfqlmc.org - L'abbaye royale de Mobecq).

Neuillay dpendait-elle dj de Mobecq en 1028 ?

Fulco ou Foulques succda Adalbert, & fut Evque de Carcassonne : la Chronique de Gaufredi Moine de saint Martial de Limoges, assure que l'an 1028. Cet Evque fut prsent la conscration de l'Eglise de saint Sauveur de la mme Ville, faite par Gutifred Archevque de Bordeaux, assist des Evques Jordan de Limoges, Irembert de Poitiers, Rhone d'Angoulme, Arnaud de Perigueux, Fulco de Carcassonne, Dieudonn de Cahors, Amlie d'Albi, & Arnaud de Rhodez. Devic ajoute que sous le rgne du Roi Robert, Gausclin Archevque de Bourges tint un Concile Limoge sur le fait de l'Apostolat de saint Martial, auquel Fulco Evque de Carcassonne assista avec plusieurs autres Prlats (Autour de Rennes le Chteau : Les Bergers dArcadie et le Sceau de Palaja).

Diffrentes sources placent le concile de Limoges en 1028 ou en 1031.

Regembaldus est cit dans le concile de Limoges (vide en 1028, d'aprs l'hist. d'Henrion, dit. Migne, en 1031 d'aprs la Gall chr.) qui se proccupa surtout de l'apostolat de saint Martial. Le pre abb de Mobec se montra trs fervent dfenseur de la prrogative du premier vque de Limoges et il est fort lou d'avoir soutenu cette opinion depuis longtemps. Cette date et les dtails qui s'y rattachent sont fort importants (Bulletin, Volumes 1 2, Acadmie du Centre, Chateauroux, 1895 - books.google.com).

Ainsi Foulc, vque de Carcassonne, a pu rencontr Regembaldus, abb de Mobecq, au Concile de Limoges, portant sur l'apostolat de saint Martial, au sujet duquel il ne fut rien dcid.

Seul l'affabulateur Antoine de Chabannes note un concile tenu le 18 et 19 novembre 1031 Limoges concluant l'apostolicit de Martial.

Le culte de saint Martial, dont la vigueur est bien atteste au VIe s., connat un moment fort aux environs de l'an mil. Considr d'abord comme un des sept vques vanglisateurs de la Gaule au milieu du IIIe s. (Grgoire de Tours), puis comme un des vques dsigns Rome par saint Pierre pour porter la bonne parole en Gaule (Vita Martialis antiquior, des environs de 850), Martial devient alors un parent de Pierre, un compagnon de Jsus, un vritable aptre (notamment Vita Martialis prolixior). Cette prtention, dfendue avec fougue par les moines de Saint-Martial de Limoges et amplifie par Admar de Chabannes, se heurte immdiatement une srie d'objections lourdes... avant d'tre progressivement reprise, accepte et de trouver une ultime (et phmre) conscration au milieu du XIXe s. lorsqu'en 1854, le culte apostolique de Martial obtient une fois encore l'approbatur de Rome. [...]

Michel Sot a bien mis en vidence la tendance vieillir et romaniser les vanglisateurs de la Gaule. Par le fait mme de recourir de plus frquemment Pierre plutt qu' Clment, la tentation est grande de les rattacher directement l'action apostolique en Terre Sainte ou, ventuellement, en Asie Mineure (via saint Paul) et de les identifier avec certains de ces soixante-douze disciples dont parlent les critures (Luc 10 1 : aprs cela, le Seigneur en dsigna encore soixante-douze [disciples] et les envoya deux par deux en avant de lui ) ou avec l'un ou l'autre protagoniste des vnements rapports par le Nouveau Testament. [...]

La Vita antiquior de Martial (vers 850) s'inscrit dans la mme tendance et insiste, par exemple, sur le rle thaumaturge du bton de saint Pierre. [...]

Aux XIe et XIIe s., la tendance historiographique rattacher les saints de Gaule la Terre Sainte ou aux Pres du Dsert s'accrot encore. On le verra plus loin propos de la Vita prolixior de Martial.

Mais pourquoi le dossier de Martial, qui prsentait un profil relativement similaire celui de Trophime, Sernin ou Austremoine, a-t-il soudain t dmesurment grossi ? L'hypothse la plus vraisemblable est lie au vrai danger que reprsentait pour les moines de Saint-Martial la concurrence de Saint-Jean d'Angly, o venait d'avoir lieu l'lvation du chef de saint Jean-Baptiste [en avril 1016].

C'est devant cette relle concurrence, politique et religieuse, que les moines de Saint-Martial auraient souhait relancer le culte. Le travail d'Admar n'en est que le superbe (et maladroit) point d'orgue. Alors que le dossier de Martial prsentait, vers l'an mil, une originalit relle mais limite quant la place du saint dans l'vanglisation de la Gaule comme dans les rapports entre christianisme et pouvoir central romain, Admar a cru devoir donner un coup de pouce (Alain Dierkens, Martial, Sernin, Trophime et les autres : propos des vanglisateurs et des aptres en Gaule, Saint-Martial de Limoges: ambition politique et production culturelle (Xe-XIIIe s.) : actes du colloque, Poitiers et Limoges, 26-28 mai 2005, 2006 - books.google.com).

L'vque de Limoges, Jourdain, tout en croyant aux fausses traditions sur saint Martial, sa contemporanit des aptres, se refusait au titre d'aptre, disant que celui de confesseur tait seul connu dans son glise.

Cette mode nouvelle de faire des saints locaux des personnages de l'Evangile n'est pas propre au Limousin et dans maintes autres rgions on procda alors de semblable faon, telle, pour ne citer que l'un des cas les plus illustres, la Provence, avec Marie-Madeleine : "Il semblait, a pu crire plaisamment Emile Mle, que tous les personnages de l'Evangile se fussent donn rendez-vous en Gaule" (Michel Aubrun, L'ancien diocse de Limoges des origines au milieu du XIe sicle, 1981 - books.google.com).

Saint Agathe, la lessive, et le bton de Martial

A Limoges, place au 5 fvrier sur le calendrier nonagonal, qui est la ville de saint Martial, ft le 30 juin, on note l'importance du culte de sainte Agathe, clbr le 5 fvrier justement, par la confrrie qui lui est ddie. Seule saint Eutrope avait aussi une confrrie Limoges.

La chapelle Saint-Martial de la cathdrale Saint Sernin de Toulouse est toujours reste consacre ce saint, mais on lui adjoignit tour tour saint Gaudens, sainte Agathe, sainte Jeanne, saint Guillaume puis saint Cyr et sainte Julitte (Pascal Julien, D'ors et de prires: art et devotions Saint-Sernin de Toulouse XVIe-XVIIIe sicle, 2004 - books.google.com).

Jusqu' la Rvolution, le beau reliquaire de sainte Agathe tait conserv dans une armoire situe dans le chur prs du tombeau du cardinal de Saragosse gauche du matre-autel de la basilique. La sainte tait invoque pour teindre les incendies. Une confrrie de sainte Agathe, propritaire ou gardienne de la relique et du reliquaire, dtentrice des clefs de l'armoire, existait Saint-Martial jusqu' la Rvolution ; elle dtenait galement cette date la ceinture de sainte Valrie et son reliquaire (Bulletin de la Socit archologique et historique du Limousin, Volume 134, 2006 - books.google.com).

Contrairement ce que l'on pouvait voir Grandmont o presque chaque relique de saint s'accompagna d'un reliquaire, de nombreuses reliques dtenues Saint-Martial, y compris des reliques aussi importantes que celles de saint Pierre ou de la Vierge, furent ngliges et simplement conserves au XIIIe s. dans un coffret argent Seules les reliques confies des confrries furent mieux traites, comme celles de saint Eutrope ou sainte Agathe (Jean-Franois Boyer, Reliquaire et orfvrerie Saint Martial, Saint-Martial de Limoges: ambition politique et production culturelle (Xe-XIIIe s.) : actes du colloque, Poitiers et Limoges, 26-28 mai 2005, 2006 - books.google.com).

Agathe de Catane est un copier-coller d'Isis, desse honore dans la ville (fr.wikipedia.org - Agathe de Catane).

Santo Gato (santa Gata en graphie occitane classique), littralement Sainte Chatte , est la dsignation occitane d'Agathe de Catane. Par association avec les rituels supposs de sorcellerie, o les sorcires provoquaient orages et temptes en faisant tourbillonner leau dun tang ou mme dun rcipient quelconque, il tait interdit de faire la lessive le jour de la fte de sainte Agathe. Cette superstition tait largement rpandue dans les Pyrnes et en Gascogne. A Catane, pour prserver l'efficacit de son intercession, il tait interdit aux mnagres de faire des miches le jour de sa fte. Car la sainte tait cense, tous les 5 fvrier, apparatre sous la forme d'un chat pour venir punir les femmes qui lui avaient dplu en travaillant en ce jour. Les pains de Sainte-Agathe taient cuits au four, le 4 fvrier, pour tre bnis le lendemain au cours de la messe (fr.wikipedia.org - Santo Gato).

On reconnat une certaine homophonie entre le latin "catta" (chatte) et Catane, la Katane des Sikles et des Grecs, dont le nom signifie "rpeux" (comme une langue de chat), "corch".

Le linge de l'enfant, le premier surtout, qui va entrer en contact avec son corps et remplacer la chaleur du ventre maternel, joue un rle protecteur la fois symbolique et concret. Il faut donc l'utiliser selon des rgles bien prcises. En Limousin et dans le Confolentais, il ne faut pas retourner la chemise d'un enfant avant sept ans car cela lui tournerait l'esprit. Il faut aussi prendre beaucoup de prcaution moment de la lessive : puisque le linge est un lment protecteur, la faon dont on va le laver va influencer la sant et le bonheur de l'enfant. En Limousin, il ne faut pas le laver la Saint-Martial sous peine de feux ardents . Il ne faut pas le laisser dehors la nuit pour viter les "frayeurs", les cauchemars (Sabine Bosio, La mre et l'enfant: dans l'ancienne France, 1988 - books.google.com).

Ainsi peut se comprendre l'interdit de faire la lessive : par un principe de magie imitative simple. En effet, dans beaucoup de civilisations, agiter de l'eau peut causer, par un principe de correpondance symbolique, des orages: troubler les "eaux d'en bas" peut entraner des troubles dans les "eaux d'en haut", le firmament tant souvent considr comme liquides dans l'imaginaire populaire comme dans l'imaginaire de l'crit (voir Gense). Dans le Lauragais, on prtendait autrefois que les prtres pouvaient, en troublant une surface d'eau avec leur bton, provoquer des averses.

Il est dit que, si l'on transgresse ces lois, une personne de la maisonne mourra dans l'anne, et que l'on "lave son linceul"... Sainte Agathe sous sa forme animale, la chatte qui habite au "Cimetire vieux" selon les termes de la lgende, a partie lie avec ce domaine de la mort, comme avec celui du religieux. Elle incarne la menace de mort qui pse sur celui qui transgresse... (polymathe.over-blog.com).

En Sologne, au XIXme sicle, "la mre, Agathe Boucher, Agoy de son nom de fille, ployait sous le travail et n'avait jamais rien connu d'autre. Elle allait faire des lessives domicile, parfois plus d'une lieue la ronde [...] Elle avait en gnral plusieurs paires de draps laver, de ces grands draps de toile comme on n'en fait plus. Et pardi, l'blanc y faut ben qu'a bouille ! Elle allumait alors le feu sous la casse [...] Pendant que l'eau chauffait, Agathe s'activait au savonnage. [...] En mme temps, elle ne cessait d'activer le feu, et quand l'eau frmissait, notre laveuse y dlayait une poigne de saponaire et quelques cristaux de soude mlangs de la cendre... lessive maison, la lessive de l'poque. Au fur et mesure que les draps taient savonns, Agathe les dposait dans l'eau de lessive bouillante, et pendant un bon moment elle agitait le tout l'aide d'un grand bton opration qui ncessitait galement des bras solides. Quand le linge avait suffisamment bouilli, Agathe le sortait (encore une preuve de force !) et elle le tapait avec son grand battoir. Puis venaient les diverses oprations du rinage (on imagine la quantit d'eau puiser une fois de plus). Puis venaient les diverses oprations du rinage [...] Il s'agissait enfin de rassembler ce qui restait de force et de courage pour tordre les draps et les essorer le plus possible avant d'aller les tendre sur le fil, sur la haie ou dans le pr" (Janine Palacin, Le monde d'hier Chaumont-sur-Tharonne: mmoires familiales et citoyennes, 2011 - books.google.com).

Faire la lessive pendant l'octave de la Toussaint porte malheur au matre de la maison. C'est, d'autre part, un moyen presque sr d'attirer Herqueuche, une fe, une mchante sorcire, dont l'unique occupation est de malfaire. Grande, raide, sche, dente, cachant sous un large chapeau de paille sa tte prive de cheveux, et sous des guenilles immondes son corps dcharn, Herqueuche s'attaque de prfrence aux jeunes gens qui vont seuls la veille et aux femmes qui coulent la lessive. Gare aux coups de bton pour les premiers;, tant pis pour les autres, si elles les chaude ! Quand elle rudoie les lessiveuses, il est rare qu'il ne lui prenne fantaisie de monter sur le cuveau, et, si elle y monte, l'une ou l'autre des personnes dont le linge y a t jet mourra sans faute avant la fin de l'an. Il n'est pas seulement imprudent, dangereux de couler la lessive pendant la semaine qui suit la Toussaint : une femme qui se livrerait ce travail serait une femme sans cur, car elle tourmenterait les mes du purgatoire (L. F. Sauv, Le folklore des Hautes-Vosges, 1889 - archive.org).

Mais l'lment le plus important notre propos actuel, est son nom : Herqueuche. N'est-ce pas l une dformation de hoche-queue ? On serait d'autant plus convaincu le croire, qu'il existe un oiseau surnomm hoche-queue, hoche-cul, et c'est la bergeronnette. Or, celle-ci porte aussi habit de moine, noir et blanc comme la pie. Mais le point qui emporte dfinitivement l'adhsion, est le surnom donn la bergeronnette: lessiveuse, ou encore lavandire, petite lavandire ou batteuse du prtre (kanneresic ar boelecq en breton), foteresec an dour ar belek (petite fouetteuse d'eau du prtre), strinkerezik an-dour (petite clabousseuse d'eau) (velyne Sorlin, Cris de vie, cris de mort: les fes du destin dans les pays celtiques, 1991 - books.google.com).

Ion n'estoit qu'une courtisane qui par charmes s'esforoit de rendre Iupiter amoureux de sa personne: & pour ce faire, se seruoit de l'aide d'Iynx fille d'Echo (ou plustost de Suadele) & de Pan, de quoy Iunon ayant auis, transmua cette Iynx en oiseau de mesme nom qu'elle, que l'on dit seruir aux sorcelleries & enchantements : & pource qu'il remue & hoche tousiours la queue, on l'appelle communment Hochequeue, & Lavandire, parce qu'il tient ordinairement compagnie telle manire de femmes. C'est un petit oiseau, ayant le plumage de couleur, le col long pour la grosseur de son corps ; il tire la langue assez souvent, & retourne tous propos ou le col ou e corps. Les sorcires rattachent une roue de cire, puis avec quelques parolles & coniurations le rtissent & bruslent sur les charbons, quelques unes n'en prennent que les parties de dedans. Voila ce qu'en dit Andretas. On dit que Venus donna un de ces oiseaux Iason lors qu'il fit le voiage de la Colchide fin d'attirer Mdee son amiti. Ainsi donc Iupiter ensorcel par l'artifice d'Iynx, s'enveloppa d'une nue, & veint embrasser Ion (Natale Conti, Montlyard, Couvent des Carmes dchausss, Mythologie, Paul Frellon, 1612 - books.google.com).

Il semble bien, en effet, que sainte Agathe soit l'origine une divinit paenne (Agath Tych, Bonne Fortune, hritire de la Persphone grecque, desse de la fcondit). C'est ainsi que sainte Agathe est reconnaissable une poitrine importante, symbole de fcondit. En Tarentaise et dans la rgion d'Albertville, sainte Agathe est la patronne des vignerons (Claude Terreaux, Pays de Savoie: petite encyclopdie Savoyarde, 1985 - books.google.com).

Le culte de Saint-Jean Baptiste (qui donna son nom la ville de Maurienne en 581) est associ celui de Saint Gontran, roi de Bourgogne qui fonda l'vch de Maurienne et celui de Sainte Thcle de Valloire qui ramena ses reliques d'Alexandrie. Marie-Madeleine est l'objet d'un culte populaire qui lui donne une fonction de protection des passages et des voyageurs (ses chapelles et oratoires sont tablis dans les tournants dangereux et les cols comme en valle d'Avrole). La protection des voyageurs est aussi demande Saint Bernard de Menthon ; par contre Saint Michel Archange, le passeur par excellence, n'est gure vnr en Haute- Maurienne. Citons encore les cultes des Saints Maurice et Lazare (associs depuis la fondation de l'ordre chevaleresque par Amde VIII en 1434), de Sainte Anne invoque pour la protection des chalets et villages contre les avalanches ( partir du troisime quart du XVe sicle en Haute-Maurienne). Sainte Agathe rappelle le culte d'une divinit paenne christianise (Agathe Tyche), vnre par les femmes qui l'honoraient chaque anne par un banquet et invoque contre le feu, la foudre (Mmoires et documents, Volume 88, Socit savoisienne d'histoire et d'archologie, 1983 - books.google.com).

L'hagiologie et l'hagiographie habituent de telles associations d'ides chez les fidles du peuple, et je crois cette explication meilleure, au moins pour ce qui concerne l'Europe centrale et occidentale, tant donns les rsultats acquis par la comparaison, que celle qui se fonderait sur le rapprochement propos par Georg Thilenius (Congrs des Anthropologistes allemands Salzbourg, 1905) de sainte Agathe avec la Bonne Fortune, Agathe Tych, de l'antiquit classique. Cette explication gnrale ferait aussi rentrer dans un mme cycle l'invocation sainte Agathe en faveur des mes qui brlent dans le Purgatoire, dites Ames de sainte Agathe . La coutume, qui comprend peu de choses prs les mmes crmonies que la Toussaint (vpres des Morts, glas funbre, etc.), est certifie pour toutes les communes de la Tarentaise, y compris Conflans ; mais si, dans certaines d'entre elles, elle a lieu le jour mme de Sainte-Agathe, dans d'autres, comme aux Brvires, Peisey et Csarches, elle a lieu le lundi qui le suit. En outre, Montfort, hameau de la commune de Saint-Marcel, les femmes s'approchent hameau de la commune de Saint-Marcel, les femmes s'approchent de la Sainte Table, baisent un reliquaire, puis vident une bouteille de vin dans un rcipient prsent par le cur, afin de rafrachir les mes du Purgatoire ; et, Rognaix, chacun vide un petit sac de grains dans un sac commun tenu par le clerc, aprs avoir bais un reliquaire ; la valeur du grain sert racheter les mes en souffrance (Arnold van Gennep, Le Culte populaire de sainte Agathe en Savoie, Revue d'ethnographie et des traditions populaires, Volume 5, 1924 - books.google.com).

Le thme de la roue de Fortune est n d'une comparaison toute naturelle de l'coulement du temps, du caractre mouvant de la vie et des revirements du sort, avec la mobilit de la roue. Ce motif s'panouit, dans sa plus riche signification, , au Moyen Age, mais auparavant, il existe sous des formes moins volues. Il semble que le fait de mettre la roue en mouvement confre celle-ci un pouvoir prophylactique. Dj, l'poque helstattienne, deux personnages font, probablement, tourner une grande roue. Les textes grecs qui font allusion ce thme sont peu nombreux, car les auteurs tragiques envisagent, plutt, les existences individuelles comme des forces aux prises avec la fatalit. Mais, Sophocle, dans un fragment conserv de Tantale fait cette remarque : Comme une roue, la fortune tourne en cercle . Sur une mosaque d'Olynthe, une roue accompagne, comme un porte-bonheur, un souhait de bonne chance, Agathe Tych , qui, par ailleurs, s'incarne en une desse allgorique, couronne de crneaux, prsidant au sort de la cit, par exemple Antioche. Le thme lysippique de Kairos, l'occasion, jeune homme difficile saisir dans sa course rapide, le pied pos sur un globe ou, bien plus tard, exceptionnellement, sur des roues, reprsente un aspect apparent de la mobilit de la chance.

Mais, c'est dans les scnes figures sur la cramique et quelques boucles d'oreilles que le sujet s'enrichit d'un sens de magie amoureuse : Eros le plus souvent, Aphrodite parfois, tiennent les cordons sur lesquels tourne la roue et en dmontrent le maniement aux amoureux. Pour augmenter la puissance bnfique, on associe un oiseau : l'iynx talismanique (au double sens de bergeronnette et de charme magique), qui se pose sur le tour ou sur les rayons de la roue. Un exemple particulirement intressant de ce type se trouve Boston sous la forme d'un grand motif de cramique, muni de trous de suspension. Dans les Magiciennes de Thocrite, Simtha, pour faire revenir son amant infidle, se livre une incantation de ce genre, en faisant tourner un rhombos, objet (toupie ?) dont le sens est complexe et imprcis. Certains motifs de sommet d'tandard, en bronze, originaires d'Asie Occidentale, figurent des roues sur lesquelles sont poss des oiseaux et dont les rayons figurent des personnages (Odette Sargnon, Le symbolisme de la roue de Fortune au Moyen Age, Archologia, Numro 23, A. Fanton, 1968 - books.google.com).

C'est aussi l'une des significations que Giordano Bruno associait la Roue de Fortune lorsqu'il y voyait une image des mtamorphoses et de la roue des renaissances, marquant mme le passage ventuel de l'animalit l'homme ou le mouvement descendant inverse par le caractre semi-animal des cratures, dont l'une monte et l'autre descend, reprsentes par l'image du Tarot de Marseille. Il est bon de rappeler que certains interprtes du Tarot insistent sur l'troit rapport qui existe entre la symbolique du signe saturnien du Capricorne, l'ide de rincarnation des mes et la Roue de Fortune (rappelons que le Capricorne est la porte des dieux ). J. Maxwell renvoie ce propos un passage du Livre VI de l'Enide (748-751) o on lit : Toutes ces mes, ds que la roue a tourn pendant mille ans, sont appeles par Dieu en nombreux bataillons auprs du fleuve Lth afin qu'elles retournent sur la terre, au-dessus d'eux et revoient la vote des deux, sans conserver aucun souvenir du pass, afin qu'elles aient de nouveau le dsir de revenir dans des corps matriels. (James Dauphin, Jean Richner, Les Structures symboliques du "Roi Lear" de Shakespeare, 1979 - books.google.com).

Laver c'est chasser les miasmes, les parasites, les impurets et nous revenons l au pouvoir de purification et de rgnration de l'eau. Purgatura signifie d'ailleurs lessive en latin, et ce n'est pas par hasard si les lavandires choisirent comme patronage la Purification de la Vierge. La lessive est donc une opration magique et quelque peu sacralise. A tel point que dans les temps anciens on n'effectuait, en milieu rural, la grande lessive (buie, buge ou bue) que deux fois par an et, qu'alors, toute la communaut tait mobilise. Calchimie du lavage reste cependant un savoir-faire strictement fminin et la lessive est soumise un certain nombre d'interdits. Il ne faut surtout pas couler la lessive le vendredi (jour nfaste), ni pendant la semaine des morts (la Toussaint), le Carme (entre le mercredi des Cendres et le jour de Pques), la Semaine sainte ou les Rogations.

Dans la socit paysanne, la laveuse tait d'ailleurs souvent la femme qui aidait aussi bien lors des accouchements que des dcs. Des pratiques divinatoires sont galement attaches la lessive. Ainsi, la faon dont le linge flotte ou s'enfonce dans l'eau quand la laveuse le lance pour le rincer est rvlateur : une chemise de malade qui coule est signe de mort prochaine. Des souillures du corps celle de l'me la translation est frquemment effectue. Cela nous renvoie la lgende des lavandires de nuit qui voudrait que de mystrieuses laveuses se retrouvent la nuit auprs des mares pour y laver les mes des enfants morts sans baptme ou des damns (Nol Cannat, L'honneur des pauvres: valeurs et stratgies des populations domines l'heure de la mondialisation, 1997 - books.google.com).

L'Antiquit paenne avait prpar le terrain dans l'tablissement de la notion de purgatoire que le catholicisme a rcupre.

L Hads ouranien est un thme de pense qui caractrise tout un millnaire de la philosophie et de la religion de lAntiquit paenne. LHads ouranien est un lieu de purification pour lme et donc, un purgatoire. On peut distinguer en ralit trois lieux o lHads cleste a t situ : il y a dun ct lemplacement dans la Voie Lacte (Hraclide du Pont) ; il y a aussi un effort, assez divers en ses formes, de situer ce Purgatoire entre la Lune et la terre ou aux alentours de la Lune (les acadmiciens, les stociens, Cicron, Virgile, Plutarque, les crits hermtiques) ; finalement, Numnius et les noplatoniciens latins lont situ entre la sphre des fixes et la terre. Le platonisme et le noplatonisme ont fourni un milieu propice pour le dveloppement et la propagation dans lempire grco-romain des doctrines sur lHads cleste. De plus, ces mouvements ont aid la spiritualisation progressive de cet espace purgatoire (Adrian Mihai, la naissance du purgatoire dans l'Antiquit, 2014 - papyrus.bib.umontreal.ca).

La purification a partie lie avec le feu que l'on retrouve dans le fait de faire bouillir le linge remu avec un bton.

Dans les rites grecs anciens, "l'effusion d'eau pure est la partie principale du sacrifice, parce que les morts, d'aprs les croyances religieuses, ont soif. [...] Les mes des morts se baignent aussi dans cette eau pure qui, ainsi a la fois, sert la nourriture et au bain des mes. Mais l'eau sale a aussi un rle particulier; les mes des morts vivent dans l'eau sale qu'elles rendent malpropre par leur contact, mme si elle est pure avant. Les mes aiment la salet comme les vivants la hassent; c'est pourquoi l'eau dans laquelle on s'est lav est jete par terre pour servir nourrir les mes des morts.

Le feu a un caractre apotropique en repoussant les dieux mchants. De l'avis de l'auteur, le feu a servi dans le culte des morts consacrer le tombeau d'avance, comme on le voit dans les tombeaux o le corps repose sur une couche de cendres. Les mes des morts, comme les dieux, aiment le feu qui a donc aussi un caractre hilastique, ce que nous voyons surtout par le rle du flambeau dans les croyances populaires. L'importance du feu dans le service religieux, surtout le feu de l'autel,tient au fait que le feu, c'est--dire la lumire, est le signe de la vie. Puis le feu a un caractre cathartique ; il rend tout ce qu'il touche rituellement pur (agna), mais laisse ce qu'il ne touche pas, souill (mimiasmina), comme l'eau. Le feu est souvent port en un cercle pour purifier ce qui est l'intrieur, comme on met du feu dans l'eau pour asperger les assistants d'eau bouillante (Paul Collart, Passages controverss des Dionysiaques de Nonnos, Revue de philologie, de littrature et d'histoire anciennes, Volume 41, 1917 - books.google.com).

La pratique de la lessive a donc un rapport avec les cultes des anciennes religions auxquelles le christianisme a succd, interdisant pendant les temps sacrs le mlange des genres.

Ce qui n'empchera pas les mystiques chrtiens d'en rcuprer les thmes :

Le feu de l'me : L'me de l'homme est igne, elle attire elle les quatre lments et fait ainsi en sorte que l'homme se serve de sa vue, de son oue et de ses autres sens. L'me est en l'homme une sorte de force, comme le feu dans l'eau, car, sans me, l'homme ne pourrait pas vivre, de mme que l'eau ne pourrait s'couler sans le feu, si elle ne sentait pas sa prsence en elle (Hildegarde de Bingen, Les causes et les remdes, traduit par Pierre Monat, 1997 - books.google.com).

Le nom mme d'Agathon nous est prcieux, puisque comme celui d'Agde (Agatha Tych), il dsigne un bon mouillage : il sera vite christianis en sainte Agathe (Jean Paul Clbert, Provence antique: L'poque gallo-romaine, 1970 - books.google.com).

Naujac ou Naviac (au sud est de Vendays), o la fte de Saint-Martial attirait chaque anne est attire encore un grand nombre de plerins. La tradition fait consacrer par saint Martial l'glise de Naujac.

Aprs diverses conversions, opres dans l'enceinte mme de la ville d'Else, Saint-Martial eut le bonheur d'y consacrer une glise qui devait tre plus tard le sige piscopal de Bordeaux. Au moment de consacrer ce modeste sanctuaire qui n'tait, peut-tre, que la maison d'un nouveau converti, l'aptre reut du ciel, par une rvlation mystrieuse, la nouvelle de la mort du glorieux Saint-Andr, qui venait de souffrir en croix pour Jsus-Christ, Patras, en Achae. Le pape Innocent VIII, dans une bulle o il rappelle les circonstances que nous venons de rapporter, dclare que l'glise de Bordeaux est la premire qui ait t fonde dans tout l'univers sous le vocable de Saint-Andr.

L'Italia sacra, qui correspond notre Gallia christiana, raconte qu'un grand prodige eut lieu dans cette ville, lorsque Saint-Martial, un des soixante-dix disciples de Jsus-Christ, l'aide du bton de l'aptre Saint-Pierre, ressuscita son compagnon Austriclinien, quarante jours aprs sa mort (Abb Mezuret, Notre-Dame de Soulac ou de la Fin-des-Terres: Le tombeau et le culte de Sainte-Vronique Soulac, 1865 - books.google.com).

Martial tablit un vque Bordeaux et y laissa son bton pastoral, que le chapitre de Saint-Seurin conserva comme relique. Autour de lui, la lgende groupe de saintes femmes, Vronique, Bndicte : celle-l, sa compagne de voyage, celle-ci, sa premire disciple bordelaise devenue sa sur d'apostolat. On montrait Saint-Seurin leurs sarcophages de marbre, tombes anonymes du VIe sicle que la foi du peuple transformait en spulcres de saints (Camille Jullian, Histoire de Bordeaux: depuis les origines jusqu'en 1895, Laffitte, 1895, p. 116).

La source Figueyreau Bordeaux, juge miraculeuse, possde la particularit de faire pleuvoir, condition toutefois d'organiser une procession pour implorer le miracle. L'glise Saint-Seurin, toute proche, possde une prcieuse relique, le bton (ou verge) de Saint-Martial, bton remis par Saint-Pierre lui-mme Saint-Martial. Le protocole pour attirer la pluie doit tre strictement appliqu. Lors d'une grande scheresse, la procession part de Saint-Seurin, des chants et des prires accompagnent le bton de Saint-Martial qui doit tre pos sur une nappe tendue au-dessus de l'eau. Il ne faut surtout pas faire tomber le bton dans source sous peine d'inondation. ...] Le bton disparat en 1789 au cours des journes rvolutionnaires (Histoire des maires de Bordeaux, Les Dossiers d'Aquitaine, 2008 - books.google.com).

En 1063, l'poque glorieuse du grand abb de Cluny saint Hugues, le monastre de Saint-Martial a t rattach au clbre monastre bourguignon et le Limousin Admar a t plac sa tte (Janine Wettstein, La Fresque Romane, 1971 - books.google.com).

A l'occasion de la conscration de l'glise restaure par l'abb Admar, conscration laquelle prsida le Pape Urbain II, l'autel de sainte Agathe fut revtu de reliefs de cuivre dor et maill (Jacques Remy Antoine Texier, Dictionnaire d'orfvrerie, de gravure et de ciselure chrtiennes, Volume 27 de Encyclopedie theologique, 1857 - books.google.com).

L'abb Legros a relev une mention concernant la confrrie de Sainte-Agathe Saint-Martial, qui offrait deux fois l'an, la veille de la fte de Sainte-Agathe et la veille de la Fte-Dieu, une collation au clerg de l'abbaye. confrrie ait absorb celle de la Fte-Dieu, plus ancienne, puisque ses bailes sont chargs de porter le pole et les panonceaux la procession du Saint-Sacrement (Jean Levet, Histoire de Limoges: Des origines la fin de l'Ancien Rgime, 1974 - books.google.com).

Valrie, jeune vierge, martyrise Limoges sous Claude Tibre, en l'an 46, fut pour la ville de Limoges ce qu'avaient t sainte Ccile et sainte Agns pour Rome, sainte Agathe pour Palerme ou Catane, sainte Catherine pour Alexandrie. Fille spirituelle de saint Martial, elle se rattache par lui l'histoire vanglique, puisque, d'aprs une antique tradition, saint Martial fut envoy par saint Pierre dans les Gaules (Le Contemporain: revue d'conomie chrtienne, 1867 - books.google.com).

Tout coup, du milieu des flammes, on vit s'lancer un matre chat qui gravit jusqu' la plus fine pointe du mt, et qui, de cette hauteur, tournait autour de lui des yeux aussi flamboyants que le feu lui-mme, et en mme temps on entendit par-dessus les rires de la multitude la voix d'une vieille femme qui criait de toutes ses forces: Le voil Martial, mon chat Martial, Martial! Martial! La vieille avait reconnu son chat. L'animal reconnut aussi la voix de sa maltresse; car au moment o il tait prs de disparatre dans les tourbillons de flammes, il se lana d'un bon prodigieux et tomba au del du cercle de feu qui entourait l'arbre. Les sergents qui veillaient autour pour l'attiser, voulurent frapper le chat; mais il s'enfuit du ct de sa matresse au milieu des rires de la cour et du peuple, ravis de voir cet animal sauv par son intrpidit (Frdric Souli, Aventure du Chat galant, L'homme de lettres, Volume 2, 1838 - books.google.com).

Frdric Souli est un romancier, auteur dramatique, critique et journaliste franais, n Foix le 23 dcembre 1800, mort Bivres le 23 septembre 1847. Il fut, avec Honor de Balzac, Eugne Sue et Alexandre Dumas, l'un des quatre grands feuilletonistes de la monarchie de Juillet (fr.wikipedia.org - Frdric Souli).

A Vitrac, l'est de Rouziers, l'glise est voue saint Martial.

Guillaume le Conqurant

C'est autour de l'anne 1028 que Guillaume le Conqurant nat Falaise, d'un adultre entre Robert le Magnifique et sa matresse Arlette, pour mourir en 1087 (Carole Schreuder, La bataille dHastings: Guillaume le Conqurant, un Normand sur le trne anglais, 2014 - books.google.com).

Ce serait en 1035 que le duc Robert serait parti pour la Jude. On sait quil mourut la mme anne, Nice, au retour de Jrusalem. Guillaume-le-Conqurant tant g de 7 8 ans, selon Robert Wace, en 1035, serait donc n en 1027 ou 1028 au plus tard ; ce qui justifie dj le dire de Guillaume de Jumiges, de Guillaume de Malmesbury, de la chronique de Tours, et dtruit celui d"Orderic Vital et de Robert Wace (Mmoires de la Socit des Antiquaires de la Normandie, Volume 11, 1840 - books.google.com).

Onfroi de Vieilles ou de Veules (vers 995 - 1044), proche du duc Robert Ier de Normandie, tait le fils de Thorold Giffard de Bolbec (vers 965 - aprs 1040) et de Duvelina Seinfira de Crpon (vers 974 - 999), belle sur du duc Richard Ier. Thorold fut prcepteur du jeune Guillaume, futur Conqurant. Onfroi devint moine de Saint Pierre de Praux, qu'il avait fond, vers 1040.

Suivant D. Toussaint Duplessis, cet Onfroy aurait t tort dsign par les historiens franais, et mme par Orderic Vital, sous la dnomination de Vieilles. Le vritable surnom du fondateur des deux abbayes de Praux tait Veules, d'un petit bourg situ prs de Valery-en-Caux, et dont Onfroy tait seigneur.

Veules, en latin Vetulae, serait prfrable de ne pas tre traduit Vieilles (gw.geneanet.org - Onfroy de Veules, gw.geneanet.org - Humphrey de Vieilles, Gilles A. de La Roque de la Lontire, Histoire gnalogique de la maison de Harcourt, Volume 2, 1662 - books.google.com, Delphine Lematre Philippe, La Normandie an Xe sicle, suivie des Recherches sur les droits des rois de France au patronage d'Illeville, 1845 - books.google.com, Revue critique d'histoire et de littrature, recueil mensuel, 1907 - books.google.com, Mmoires, Volumes 35 37, Socit historique et archologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, 1918 - books.google.com).

Symon, n Syracuse, devint moine du Mont-Sina, et fut charg de rcuprer les subsides verss par le duc de Normandie Richard II son monastre. Il passa par l'Aquitaine o il tmoigna auprs du duc Guillaume de l'appartenance aux 72 disciples du Christ au temps des Aptres de saint Martial, suivant l'opinion de l'Eglise orthodoxe. Il parvint en Normandie en 1027, alors que le duc tait dj mort et remplac par son fils Robert le Magnifique, ou le Diable, car il cessa la contribution normande. Symon passa Verdun, puis Trves dont l'vque Popon partit en plerinage en Terre-Sainte avec lui. Revenus tous deux Trves, Symon se fit reclus dans une tour de la ville, la Porte Noire, le jour de la saint Andr 1028. Il mourut le 1er juin 1035, et fut canonis en 1042. Le jour de sa fte est celui de sa mort (Ren-Franois Rohrbacher, Histoire universelle de l'glise catholique, Volume 13, 1845 - books.google.com).

Il ne faut pas confondre Poppon, archevque de Trves, et Poppon, abb de Saint Maximin de Trves et de Stavelot qui changea des possessions, vers 1033, avec Nanthre, abb de Saint Martin de Metz (Ban-Saint-Martin).

Vers 1028, Thierry Ier de Haute-Lotharingie meurt et lui succde son petit-fils mineur Frdric III l'ge de 8 ans. Mort en 1033, la Lorraine est donne au duc Gozelon Ier le Grand, aussi duc de Basse-Lotharingie, qui avait succd son frre Hermann la vicomt de Verdun en 1028. Les duc de Lorraine comtes de Bar taient avous de l'abbaye de Saint Martin ls Metz. C'est comme avou de l'abbaye que Gozelon assiste l'change de 1033. (Augustin Calmet, Notice de la Lorraine, 1840 - books.google.com).

Les Asturies

Les Asturies, unies au royaume de Lon, formrent le royaume des Asturies et de Lon. En 1230, la Castille runissait dfinitivement ce royaume au sien. Les rois de Castille portrent dornavant le titre de rois des Asturies, de Lon et de Castille pour se simplifier avec le temps en simple rois de Castille.

N de la runion de plusieurs chteaux (castillos d'o le nom de Castille), le comt de Castille fit son apparition la fin 9me sicle. La capitale de cette "vieille Castille" tait Burgos fonde en 884 par le comte Diego Rodriguez. Mais c'est sous l'impulsion de son fils et successeur, Fernan Gonzalez que la Castille devint un tat pratiquement indpendant. Quand Garcia II Sanchez fut assassin vers 1028, la branche masculine de Fernan Gonzalez s'teignit. La Castille passa alors sous la coupe du puissant royaume de Navarre alors dirig par le roi Sanche III le Grand. Son fils Ferdinand Ier annexa le Lon (regroupant la Galice et les Asturies) en 1037. A sa mort, les tats furent diviss entre ses diffrents enfants dont Sanche II qui hrita la Castille et le Lon. Mort prmaturment assassin c'est son fils cadet, Alphonse VI qui maintint non seulement l'hritage paternel mais qui reconquit Tolde tenue par les musulmans. La "nouvelle Castille" tait ne. Guerres, unions et hritages rythmeront ainsi le royaume jusqu' ce que, en 1516, Charles Quint en dpossde sa mre Jeanne la Folle, qui en tait souveraine pour ainsi constituer dfinitivement le royaume d'Espagne (www.tombes-sepultures.com).

Garcia Sanchez II est le dernier comte de Castille, assassin par les fils du comte Vela (ou Vigila) le Jeune en 1028 (ou 1027) lors de son mariage avec Sancha, fille d'Alphonse V de Lon et soeur de Bermude III, qui fit des donations l'abbaye Sainte Julienne de Santillana del Mar en 1018 (ou 1017) ou en 1028 (ou 1027) (Antonio Linage Conde, Los orgenes del monacato benedictino en la Pennsula Ibrica, Volume 2, 1973 - books.google.com).

On a bien souvent parl de l'influence de Sancho el Mayor et de ses fils sur la relance de l'art roman en Espagne. Sancho el Mayor rorganisa galement le Chemin de Saint-Jacques, le dota de ponts et en assura la scurit. Grce lui pntrrent en Espagne toutes les ides novatrices d'outre-Pyrnes et parvinrent en Europe les curiosits de ce pays hispanique nigmatique et inconnu. Le Chemin des plerins forme une croix couvrant toute l'tendue du roman lonais (Antonio Vinayo Gonzalez, L'ancien royaume de Lon roman, 1972 - books.google.com).

Au dbut du XIe sicle, Sanche III de Navarre, son tour, fait appel aux clunisiens qui, en 1028, prennent possession du monastre de San Juan de la Pea (Joseph Prez, Histoire de l'Espagne, 1996 - books.google.com).

Le grand abb de Cluny que fut Odilon eut-il le sentiment de la ncessit de faire reprendre aux constructeurs le chemin initiatique pu donner au roman, naissant du byzantin et du romain, la base de science traditionnelle qui lui manquait ? C'est possible. Tout ce qui touche la construction religieuse est toujours et en tous lieux demeuir extrmement secret, mais toujours est-il que nous voyons se dvelopper, partir d'Odilon, une subtile politique laquelle participe Don Sanche [...]. Des moines espagnols se rendent Cluny et des novices clunisiens San Juan, puis les changes s'tendent Leyre qui embrasse bientt galement la rgle clunisienne (Louis Charpentier, les Jacques et le mystre de Compostelle, J'ai lu, p. 146).

La via Lemovicensis (ou voie limousine ou voie de Vzelay) est le nom latin d'un des quatre chemins de France du plerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle passe par Limoges, d'o son nom, mais son lieu de rassemblement et de dpart est l'abbaye de la Madeleine Vzelay.

Le Chemin de Vzelay ou Via Lemovicensis est jalonne de nombreux sanctuaires parmi lesquels : Sainte-Madeleine de Vzelay, Saint-Martial de Limoges, avec sa basilique au plan compostellan, Saint-Lonard de Noblat (fr.wikipedia.org - Via Lemovicensis, www.chemins-compostelle.com - Voie de Vzelay).

Si le Liber sancti Iacobi, traitant du chemin, ne parle pas de Limoges et conseille Saint Lonard de Noblat, "les preuves de relations entre Saint-Martial et la route de Galice ne manquent pas depuis l'an mil. Dans l'abbatiale elle-mme, la rfrence saint Jacques existait explicitement, mais surtout par la position des autels ddis des saints hispaniques, et peut- tre par la pose, au sommet du clocher, d'un coq, une croix et... de coquilles , ce qui donne un indice sur les correspondances suggestives pour un homme du Moyen Age" (Claude Andrault-Schmitt, L'architecture de la grande glise en question, Saint-Martial de Limoges: ambition politique et production culturelle (Xe-XIIIe s.) : actes du colloque, Poitiers et Limoges, 26-28 mai 2005, 2006 - books.google.com).

En Savoie

La Savoie faisait partie du second royaume de Bourgogne, qui fut cd en 1028 l'empereur Conrad II.

Humbert aux Blanches-Mains, premier prince de la Maison de Savoie, a commenc paratre vers l'an 1020; dans l'origine, cette Maison ne possdait que le Comt de Maurienne, dont Humbert avait reu l'investiture de Conrad-le-Salique, vers 1034, et que c'est ds cette poque seulement que ce nouvel Etat s'est agrandi sur les dbris du royaume de la Bourgogne Transjurane. (Xavier de Vignet, Mmoire sur Humbert aux blanches-mains, Mmoires de l'Acadmie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, 1828 - books.google.com, fr.wikipedia.org - Humbert Ier de Savoie).

N Aoste en 1033 dans les futurs tats de Savoie (Aoste appartient ds 1024 au domaine constitu par la maison de Savoie) du Royaume d'Arles, en Empire, Anselme, futur vque de Cantorbry, est le fils d'Ermenberge et de Gandulf, noble lombard, parent du comte Humbert de Maurienne. Anselme est vque de Cantorbry en 1093, succdant Lanfranc (Pavie, 1010 - Cantorbry, 1089) qui l'tait depuis 1070, remplaant l'anglo-scandinave Stigand, mort emprisonn en 1072.

Ayant su que Benoit de Cluse contestait l'apostolat de saint Martial, Antoine de Chabannes, qui l'avait si fort cur, crivit l-dessus une grande lettre adresse Jourdain, vque de Limoges; Odolric, abb de Saint-Martial; Itainald, et aux autres chanoines de la cathdrale; Grald, abb de Saint-Augustin de Limoges; un autre Grald, abb de Solignac; Thierry, vque de Metz; l'impratrice Cungonde; l'empereur Conrad; Guillaume, duc d'Aquitaine; au pape Jean XIX, et quelques autres dnomms dans l'inscription. La plupart avaient assist au concile de Limoges, et il tait de l'intrt d'Admar de rpondre aux difficults que le prieur de Cluse avait opposes son sentiment. Mais prvoyant que sa lettre pourrait parvenir jusquau pape, lempereur et au duc dAquitaine, ce lui fut une raison de la leur adresser, pour les engager par cette politesse lui tre favorable (Remy Ceillier, Bauzon, Histoire gnrale des auteurs sacrs et ecclsiastiques qui contient leur vie, le catalogue de la critique,... des diffrentes ditions de leurs ouvrages, Volume 2, 1863 - books.google.com).

Jean XIX, n Romanus, pape de 1024 1032, issu des comtes de Tusculum, leva la fte de saint Martial, disciple rput des Aptres et fondateur de l'glise de Limoges, au rang d'une fte d'aptre. Il couronna aussi empereur le 26 mars 1027 Rome Conrad le Salique, lu roi d'Allemagne aprs la mort d'Henri II le 1er juillet 1024, qu'il avait invit, avec l'archevque de Milan Heribert, se rendre en Italie et qui avait reu en 1026 la couronne de fer de Lombardie aprs avoir travers les Alpes, accompagn de deux rois, Rodolphe des Burgondes et Canut du Danemark et d'Angleterre (fr.wikipedia.org - Jean XIX).

La ville de Saint-Jean-de-Maurienne est situe sur une voie de passage importante en direction de l'Italie et de ses centres religieux prestigieux, particulirement celui de Rome. La cathdrale de Maurienne constitue un lieu d'tape pour les plerins, qui viennent vnrer la relique de saint Jean-Baptiste. En 1312, le trsor conserve deux exemplaires du bton du plerin (bourdon) et une coquille de cuivre mettre en rapport avec le plerinage Saint-Jacques-de-Compostelle. Ces objets servent peut-tre lors des crmonies liturgiques qui accompagnent le dpart en plerinage (Gabrielle Michaux, Le chapitre cathdral de Saint-Jean-de-Maurienne du XIme au XIVme sicle, 2003 - books.google.com).

D'autres encore n'hsitent pas associer les deux hauts lieux occidentaux de la chrtient : Rome et Compostelle. En ce cas, on emprunte : le Grand Saint Bernard, et son clbre hospice, que le Pape place au mme rang que ceux de Jrusalem et de Sainte Christine du col du Somport ; la valle de Chamonix, (glise Saint Jacques de Sallanches) ; le Petit Saint Bernard et la Tarentaise : on y comptait seize chapelles ddies Saint Jacques ; le Mont Cenis et la Maurienne (douze chapelles Saint Jacques) ; le Mont Genvre et le Brianonnais (fresques de la chapelle Saint Jacques de Prelles et de Saint Antoine d'Eygliers) ; d'autres plerins, en moins grand nombre car la route ligure n'offre pas la mme scurit, longent la cte mditerranenne, trouvant abri, en Provence, dans de nombreux difices romans (Jean Boyer, Saint Jacques de Compostelle: lgendes et chemins d'hier et d'aujourd'hui : essai, 1999 - books.google.com).

C'est en Maurienne, assure-t-on, que Roland a pour la premire fois ceint sa fidle pe Durandal, la suite d'un songe de Charlemagne, et la ville de Pavie conserve l'une de ses reliques (Raymond Oursel, Les plerins du Moyen-ge: les hommes, les chemins, les sanctuaires, 1963 - books.google.com).

Selon la lgende, la mythique pe de Roland, Durandal, lui aurait t remise par Charlemagne. Ce dernier l'aurait lui-mme reu, dans la Maurienne, des mains d'un ange envoy par Dieu, avec comme recommandation de la transmettre un comte et capitaine (Jean-Pierre Colignon, Curiosits, jeux et nigmes de la Bretagne, 2014 - books.google.com).

Roland renvoie Roncevaux, lieu de passage du chemin de Saint Jacques.

Arnold von Harff qui ne nous a laiss qu'un seul texte (un rcit de plerinage), est un noble qui a vcu entre 1471 et 1505. Il est originaire d'une famille du Rhin infrieur (rgion de Julich).

Comme les plerins traditionnels, A. v. Harff embarque Venise. Lui aussi nous dcrit ses prparatifs: quipement pour le voyage en bateau, provisions, argent. Puis c'est le trajet par voie de mer par la cte dalmate (Pula), le sud du Ploponse (Methoni), Cythre, la Crte, Rhodos, Alexandrie puis le Caire dont il nous fait un tableau trs prcis dans tous les domaines, politique, conomique, gographique, historique et folflorique. Notre plerin poursuit ensuite son voyage avec les missaires du souverain indien et leur caravane jusqu'au Mont Sinai et au Couvent Sainte Catherine. Puis par Thor il poursuit vers la Mecque, Aden, Ceylan, les Indes (province de Madras), le tombeau de Saint Thomas. Le bateau le mne ensuite aux Comores, Madagascar et enfin la cte africaine dans la rgion de Zanzibar. Aprs plusiers jours de marche, il escalade le Kilimandjaro et le Kenya. Il affirme y avoir dcouvert les sources du Nil. Il descend ensuite le Nil, contourne les diffrentes chutes et parvient ainsi au Caire. Aprs la traverse du dsert et les difficults classiques (3 semaines enchan en prison) il visite Jrusalem, fait avec application le plerinage traditionnel en Terre sainte : Ebron, Jrusalem et toutes les stations, le Mont des oliviers, Getzemaneh, la mer morte, Nazareth, le Mont Thabor, Tibriade. Il reprend ensuite la route pour Damas, Beirouth, Halep, l'Armnie, Constantinople, (description de la ville et audience chez l'empereur qui craint une croisade du roi de France), Andrinople, la Thrace, Bulgarie, Dalmatie, Slavonie, Istrie, Venise, Padoue, Milan, Turin. Il passe les Alpes au col du Mont Cenis, Saint Jean de Maurienne, Pont Saint Esprit, Bearn, Roncevaux, pamlubne en Navarre, Brugos, le Lon et enfin Saint Jacques de Compostelle et le cap Finistre (Annie Faugre, Arnold von Harff, un homme du monde, Nouveaux mondes et mondes nouveaux au Moyen Age: actes du colloque du Centre d'tudes mdivales de l'Universit de Picardie Jules Verne, Amiens, mars 1992, 1994 - books.google.com).

Sur une fausse carte date de 1648 des chemins de Compostelle, ralise en fait en 1970, Briec de la paroisse de laquelle Edern est un dmembrement (1008), se trouvait sur un chemin partant de Landerneau et se poursuivant vers Quimper, Brech, Vannes, La Roche-Bernard, Nantes (www.infobretagne.com - Edern).

En Angleterre

Conrad II le Salique, saint empereur romain, entretient des relations amicales avec Knut, et son jeune fils Henri le Noir pouse la fille de Knut, Cungonde (Gunhilda). L'empereur laisse Knut gouverner sur le Schleswig et la Pomranie. Celle-ci est probablement le fief de Knut, puisque Boleslas Ier le Vaillant envoie son arme aider Knut conqurir l'Angleterre sur thelred, puis partir d'avril 1016, son fils Edmond II jusqu' sa victoire crasante en octobre 1016 Assandun (aujourd'hui Ashingdon ou Ashdon, dans l'Essex). Edmond doit partager le royaume mais meurt si bien que Knut est proclam seul roi par le Witenagemot (conseil des sages) des nobles anglais.

En 1018 (ou 1019), Knut succde son frre an Harold II comme roi du Danemark, et en 1028 il conquiert la Norvge avec une flotte de 50 navires anglais. Avant cette expdition, il est all se recueillir sur la tombe d'Edmond Glastonbury. Sa conversion au christianisme est mentionn par Admar de Chabannes dans sa Chronique (Laurence Marcellus Larson, Canute the Great The Rise of Danish Imperialism during the Viking Age, 2014 - books.google.com, fr.wikipedia.org - Knut II de Danemark).

The story of St Martial as close friend of Christ and the Apostles, created by Ademar of Chabannes, first appears at the same time at Limoges (and a grand new basilica was dedicated to him in 1028). In England the legend that Joseph of Arimathea, who had provided the tomb in which Jesus was buried, came to Glastonbury with the Holy Grail, the cup used by Jesus at the Last Supper and then by Joseph to catch the blood of Jesus as he hung from the Cross, appears not much later (Charles Freeman, Holy Bones, Holy Dust: How Relics Shaped the History of Medieval Europe, 2011 - books.google.com).