Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Marie Madeleine, la Queue du Dragon, Belcaire et Trassoulas   
MARIE MADELEINE QUEUE DU DRAGON TRASSOULAS BELCAIRE

Belcaire se trouve l'intersection de l'axe Nord/Sud de la Croix d'Huriel (catholique), passant par La Cassaigne, et de la Ligne gnostique, passant par Alet, Magalas (la Lne : Lene du Serpent Rouge), Buc (Buxeum du Serpent Rouge) (Autour de Rennes-le-Chteau : Un alignement inattendu : la ligne gnostique). Belcaire se trouve aussi dans la queue du Dragon cleste projet sur la terre d'Aude, selon une des cartes anciennes du ciel toil. Le couronnement de Marie Madeleine doit se trouver dans les parages.

Belcaire et la queue du... serpent

Le lgndaire de la rgion de Belcaire porte sur le serpent comme Puivert. Cependant Goportail indique un lieu-dit "Le Dragon" Belcaire, dans la Coume de la Benague, l'ouest de Trassoulas. Dans l'glise Saints Cme et Damien, la chapelle Saint Michel annonce ce dragon, et le cimetire de la commune a aussi sa chapelle du premier archange de Dieu.

On explique mme certaines maladies par la prsence d'un serpent l'intrieur du corps, image hyperbolique des vers qui mangent le corps de l'enfant ou donnent le tournis aux btes du troupeau : On dit que la personne atteinte d'une hernie aurait aval un serpent et que ce serpent sjournerait dans l'intestin. On utilise alors divers moyen pour s'en dbarrasser : Dans les rgions de Camurac et de Belcaire il tait d'une opinion courante, au XVIIme sicle, que pour librer l'homme du serpent aval, il fallait le suspendre par les pieds aprs lui avoir fait avaler une drachme (quatre grammes) de jalpa en poudre. Et le serpent s'enfuyait par la bouche du pauvre malheureux (Jean-Pierre Pinis, Croyances populaires des pays d'Oc, 1984 - books.google.com).

Trassoulas ("trois soleils" en patois) renvoie un combat titanesque et cleste. Des phnomnes clestes non expliqus taient aperus autrefois. Le temps des prodiges semble atteindre le fate ou se clore au XVIme sicle. Les prodiges de Julius Obsequens (Lyon, 1555; illustrations de Bernard Salomon), montrent le porc double tte; deux soleils. Un dragon, trois soleils, des falots ardents. En 1500, la ville de Lucerne fut menace par un dragon de feu , horrible voir, qui n'avait pas moins de douze pieds de long, et qui volait de l'Est au Midi ; en 1514, tout le duch de Wurtemberg eut le spectacle de trois soleils, offrant chacun l'empreinte d'une pe rouge de sang ; au mois de mai 1523 furent vus trois soleils et divers cercles Zurich ; (Aim Patri, Pense vivante d'un autre ge, Monde nouveau, Numros 96, 1956 - books.google.com, Paul Lacroix, Le Moyen-ge et la Renaissance, 1848 - books.google.com).

Victor Hugo combine dans La fin de satan le chapitre XII de l'Apocalypse, repris par l'abb Constant, o il est dit du dragon que "sa queue entrana le tiers des toiles du ciel et les jeta sur la terre" avec l'ide de la mort du soleil la fin des temps et des efforts dsesprs du dernier homme de Grainville ou de l'antchrist de Soumet pour ranimer l'astre moribond. Dans l'ombre o les a entrans Satan, trois soleils agonisent ; un seul survit encore ; l'archange dchu s'lance vers lui, dans un effort farouche, et souffle sur l'toile (bibliotheq.net - Victor Hugo - La Fin de Satan, Pierre Albouy, La cration mythologique chez Victor Hugo, 1985 - books.google.com).

Marie Madeleine catholique et gnostique

La posture catholique de pnitente de Marie Madeleine semble hriter de son identification gnostique avec la Sophia.

L'importance exceptionnelle de Marie Madeleine pour les Gnostiques non-Chrtiens provient de son identification avec la Sophia dchue, la prostitue sacre, la Putain de Sagesse.

On a pilogu longuement sur la relation entre Jsus et Marie-Madeleine depuis cette dcouverte. Pas trs canonique, en effet, cette rvlation de l'vangile selon Philippe : La compagne du sauveur est Marie-Madeleine. Mais le Christ l'aimait plus que tous les disciples, et souvent il l'embrassait sur la bouche. Le reste des disciples s'en offensaient... Ils lui dirent: Pourquoi l'aimes-tu, elle, plus que nous tous ? Le sauveur leur rpondit en disant : "Pourquoi ne vous aim-je pas comme elle je l'aime ?... Pourtant, la condamnation de la sensualit s'exprime sans dtour dans l'vangile des gyptiens qui dclare : Marie Salom demanda au Seigneur : Matre, quand finira le rgne de la mort ? et Jsus rpondit : lorsque vous autres femmes ne ferez plus d'enfants... lorsque vous aurez dpos le vtement de honte et d'ignominie, lorsque les deux deviendront un, qu'il n'y aura plus ni homme ni femme, alors finira le rgne de la mort. Ensemble, ces deux personnages auraient constitu un couple non mari sans enfants, car les gardiens Gnostiques des Mystres - qui se nommaient eux-mme des telestai, ceux qui sont tendus vers un but - rejetaient la procration.

L'vangile selon Thomas est, semble-t-il, le plus connu. Avec Marie-Madeleine et Marie-Salom, Thomas a bien t, semble-t-il, l'un des trs rares initis du Matre, un gnostique contraint au silence face la jalousie et l'incomprhension navrante des disciples tout entiers absorbs dans leur grand rve du salut d'Isral. Thomas ses compagnons : Si je vous disais une des paroles qu'il m'a dtes, vous prendriez des pierres, vous les jetteriez contre moi; et le feu sortirait des pierres et elles vous brleraient. (log. 13) Les premires lignes de l'vangile selon Thomas sont si abruptes qu'elles nous plongent immdiatement au cur mme de la gnose ternelle : Voici les paroles secrtes que Jsus le Vivant a dites et qu'a crites Didyme Judas Thomas. (Didyme : le Jumeau de Jsus) (www.webnietzsche.fr - Nag Hamadi, http://www.liberterre.fr - Marie Madeleine).

la gmellit de Thomas se reflte dans celle de Cme et Damien, patrons de l'glise de Belcaire et de celle ce Trassoulas, selon l'abb Auguste Sabarths dans son Dictionnaire topographique du dpartement de l'Aude. Cme et Damien sont patrons de l'art mdical comme Marie Madeleine dont le pot onguents en tait un symbole.

Marie Madeleine et le Dragon

La Pistis Sophia (La Fidle sagesse) contient un intressant passage :

Marie, continuant de parler, dit Jsus : Seigneur, quelle est la forme des tnbres extrieures et combien renferment-elles de lieux de tourments? Jsus rpondit : Les tnbres extrieures sont un grand dragon, dont la queue est en dedans de sa gueule , et il est en dehors du monde entier, et il entoure le monde entier. Il enserre un grand nombre de lieux de tourments, et ils comprennent douze divisions, consacres des supplices terribles. [...] Et quand le Sauveur eut ainsi parl, Marie-Madeleine lui rpondant, dit : Seigneur, est-ce que les mes qui sont conduites dans ces lieux, ont passer par ces douze portes pour y souffrir chacune les tourments qu'elles mritent? Et le Sauveur rpondant Marie dit: Nulle me n'est conduite vers le dragon par ces portes, si ce n'est les mes des blasphmateurs et de ceux qui sont plongs dans une doctrine trompeuse, et de ceux qui enseignent la fausset, et de ceux qui pchent contre nature, et des hommes souills de vices et ennemis de Dieu, et de tous les impies, des adultres et des empoisonneurs ; toutes les mes de ces pcheurs, s'ils n'ont pas fait pnitence en ce monde, et s'ils ont persist dans leur pch, lorsque le temps qui leur a t assign sur la terre sera accompli, seront conduites par la porte de la queue du dragon dans la division des tnbres extrieures, et lorsqu'elles auront t conduites dans les tnbres extrieures par la porte de sa queue, il replacera sa queue dans sa bouche, afin de fermer la porte. C'est de cette manire que les mes sont conduites dans les tnbres extrieures. Et les douze noms du dragon des tnbres extrieures sont des noms inscrits sur les portes des diverses divisions, et ces noms sont diffrents, mais ils alternent entre eux, afin que qui a dit un nom, dise les douze. C'est ce que je vous dirai dans l'manation de l'univers. Et telles sont les tnbres extrieures qui sont les mmes que celles du dragon. (J.-P. Migne, Dictionnaire des apocryphes, 1856 - books.google.com).

A Jan en Andalousie, Marie Madeleine rencontre aussi un monstre reptilien.

Curieusement, la femme croise le chemin dans tous ces corps exploss... Concernant le rcit du lzard de la Madeleine, deux villes semblent vouloir se jumeler par association du lzard, vouivre ou dragon l'intrieur d'une grotte avec le nom de Marie Madeleine : Jan et Rennes-le-Chteau, Rennes-Les-Bains, dont la toponymie d'origine celte - Aer Red, ville riveraine du fleuve Atax, l'Aude, qui a volu vers Rhedae, Rennes - rappelle le serpent coureur, la vouivre des anciens qui n'hsite pas, comme le lzard de la Madeleine, s'entourer d'eau (Claude Fintz, Les imaginaires du corps en mutation: Du corps enchant au corps en chantier, 2008 - books.google.com).

En espagnol Jan se prononce [xa'en] presque Raen... Rennes...

Le conte du lzard Jan dit qu'un de ces reptiles logeait en face de l'glise de la Madeleine dans la ville et que personnes n'osait sortir le soir. Un condamn mort se proposa d'en dbarrasser ses concitoyens moyennant sa grce. Il trompa le lzard en lui faisant prendre un sac de poudre canon pour des miches de pains tout fumant. Si bien que l'animal explosa (J. Eslava Galn, La Leyenda del Lagarto de la Malena y los mitos del dragn).

Pistis Sophia et psaume 68 (Vulgate)

Le livre de la Fidle Sagesse (Pistis Sophia) imite, dans sa contexture, la forme dramatique. Le Christ, aprs sa rsurrection, passe douze annes converser avec ses disciples et les instruire dans les mystres d'une science suprieure dont ses enseignements, pendant sa vie terrestre, n'avaient t qu'une imparfaite rvlation. Les disciples et les saintes femmes paraissent tour a tour en scne, et proposent des questions Jsus, qui les rsout suivant les donnes gnostiques, de manire leur donner un cours complet de celle doctrine. Ces questions embrassent la cosmogonie, la thorie des manations, la nature et la hirarchie des esprits et des'gnies, la discussion de l'origine du mal physique et moral. L'ouvrage se termine par le rcit d'une crmonie o figurent Jsus et ses disciples, et qui reproduit probablement l'une de celles du culte gnostique

Aprs que Jsus a prononc la premire repentance de la Sophia, Marie Madeleine intervient pour rciter le psume 68 (69 hbreu) d'o on extrait le "Retire-moi de la boue".

33. Now it happened, as Jesus said these words to his disciples, he said to them : "This is the song of praise which the Pistis Sophia spoke in the first repentance, as she repented for her sin. And she spoke of all the things which had happened to her. Now at this time, he who has ears to hear, let him hear*." Maria came forward again and said : "My Lord, there are ears to my man of light and I hear in my light-power, and thy Spirit, , which is with me, has made me sober. Hear now, that I may speak concerning the repentance which the Pistis Sophia said, as she spoke of her sin, and all the things which had happened to her. Thy light-power once prophesied about it through David, the prophet, in the 68th Psalm (Vulgate) :

1. Save me, O God, for the waters have come in to my soul.

2. I have sunk or been immersed by the mire of the abyss, and there was no power. I came to the depths of the sea; a storm wind overwhelmed me.

3. I have suffered as I cried out. My throat has gone. My eyes have failed as I waited upon God.

etc. (Carl Schmidt, Violet MacDermot, Pistis Sophia, Volume 9 de Nag Hammadi Studies, 1978 - books.google.com).

"mire" dsigne la boue en anglais. On a vu que La Cassaigne tait associ la station VII de Saint Sulpice et au psaume 68 ("Retire-moi de la boue") (Autour de Rennes le Chteau : Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse).

La Gnose et Trassoulas

La lgende prciserait que Louis XVII, vad du Temple, se serait cach Trassoulas (signifiant trois soleils en patois), village de l'Aude, ct de Belcaire, chez un nomm Simon, dit le Breton. L, il y aurait grandi. Cette lgende du Breton a t transmise par l'intermdiaire de l'abb Toustou, originaire, comme de nombreux Toustou, du Hameau de Trassoulas. L'abb Toustou, aujourd'hui disparu, aurait tay son histoire de nombreux documents trouvs a et l dans les archives, de diverses manires et dans les presbytres. Il ne lui aurait manqu qu'une date pour prouver sa prsence dans le de Trassoulas, sous le pseudonyme du Breton, de Louis XVII. Les notes prises par l'abb, dcd dans un hpital de Limoux, n'ont jamais pu tre retrouves. Le "Breton", qui exerait le mtier de cordonnier, aurait fond lui- mme le hameau de Trassoulas, en mme temps que le nom de Toustou, lequel aujourd'hui est trs rpandu. Il aurait eu sept garons, dont le mrite le plus grand aurait t de perptuer la lgende. Un coffret et un fauteuil portaient, parat-il, le sceau de la famille royale ; ces meubles sont, bien entendu, introuvables aujourd'hui. Cette lgende ressemble bien d'autres, et chaque fois qu'un journal se fait le rapporteur d'un rcit, l'on trouve encore des gens pour acquiescer. Sources La Dpche du Midi et la correspondance de M. Jean Mdus, demeurant Carcassonne (Maurice tienne, Jacques Hamann, Louis XVII et les 101 prtendants, 1999 - books.google.com).

La secte des sauveurs de Louis XVII appartient, sous ce rapport, l'histoire de la magie. En 1839, les sauveurs de Louis XVII qui avaient rempli les almanachs de prophties pour l'an 1840, comptant bien que, si tout le monde attendait une rvolution, cette rvolution ne tarderait pas s'accomplir, les sauveurs de Louis XVII qui n'avaient plus leur prophte Martin rsolurent d'en avoir un autre ; quelques-uns de leurs agents les plus zls taient en Normandie, pays dont le faux Louis XVII avait la prtention d'tre le duc ; ils jetrent les yeux sur un ouvrier dvot, d'un caractre exalt et d'une tte faible, et voici le tour dont ils s'avisrent : ils supposrent une lettre adresse au prince, c'est--dire au prtendu Louis XVII, remplirent cette lettre des promesses emphatiques du rgne futur, jointes des expressions mystiques capables de faire impression sur une tte faible et firent tomber cette lettre dans les mains de l'ouvrier qui se nommait Eugne Vintras (Eliphas Levi, Histoire de la Magie, 1859).

Proche des milieux naundorfistes, Vintras est lorigine, on le sait, de luvre de la Misricorde, la suite de lapparition, Tilly-sur-Seulle, o il grait une cartonnerie, puis Paris, dun mystrieux vieillard en qui il vit la figure de saint Joseph. Ds lors, Vintras semploiera annoncer le rgne du Saint-Esprit et sactivera la rgnration de lEglise catholique romaine. Lapparition dhosties sanglantes partir de 1841, Tilly-sur-Seulle, vient conforter luvre, tandis que lEglise catholique sinquite de voir des membres de son clerg rejoindre les rangs de la secte. Inculp descroquerie, Vintras passera six ans en prison, avant dtre libr, en 1848, puis exil Londres. Dornavant pontife damour et rincarnation du prophte lie, Vintras, se voue ses disciples, groups en carmels liaques. Rentr en France en 1862, il mourra Lyon, en 1875 (Maurice Garon, Vintras, Hrsiarque et prophte, Editions Jrme Millon, 2007).

Labb Boullan chouera succder Vintras. Mais Joris-Karl Huysmans limmortalisera en 1891 dans L-Bas. A son tour, en 1913, Maurice Barrs sintressera la secte dans La Colline inspire.

Le jeune martiniste lyonnais Joanny Bricaud (1881-1934) a hrit de la ligne liaque (il publiera dailleurs en 1927 L'Abb Boullan, sa vie, sa doctrine et ses pratiques magiques) dont il fondra aussitt le dpt dans lEglise gnostique catholique, en 1907 (sergecaillet.blogspot.fr - Vintras).

On l'annona comme la fusion de trois glises "gnostiques" existantes en France : l'Eglise Gnostique de Doinel, l'Eglise Carmlite de Vintras et l'Eglise Johannite de Fabr-Palaprat. En fvrier 1908, le synode piscopal de l'Eglise Catholique Gnostique se runit et lit Bricaud comme Patriarche sous le nom de Jean II (www.morgane.org).

Pierre-Michel-Eugne Vintras, ou Eugne Vintras ou Michel Vintras, ou Pierre-Michel Vintras (1807-1875), ouvrier cartonnier de Tilly-sur-Seulles, se prtendait la rincarnation du prophte lie. Selon ses dires, il fut visit par la grce au dbut de l'anne 1839. Il est surtout connu pour avoir obtenu lors de crmonies de mystrieuses hosties sanglantes, dont certaines ont t transmises l'occultiste Joanny Bricaud. Maurice Barrs, dans son roman La Colline inspire, dcrit longuement l'influence que Vintras, dpeint comme un mystificateur, exera notamment sur les trois frres Baillard, ecclsiastiques non fictifs, responsables du sanctuaire lorrain de Notre-Dame de Sion (fr.wikipedia.org - Eugne Vintras).