Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Les parchemins : dans le texte   
PARCHEMINS PETIT GRAND SOT PECHEUR BLAISE

Les Nonagones se proposent maintenant d'tudier les parchemins qui auraient t retrouvs par l'abb Brenger Saunire dans le pilier carolingien lors de la rfection de l'glise sainte Marie Madeleine, anisi que le cryptogramme du Sot Pcheur. Ici, il ne s'agit pas de les dchiffrer, mais de dfinir quel sens leurs textes en clair peuvent avoir. L'interprtation de ces textes se centre autour de la figure de saint Blaise de Sbaste, et des autres Blaise qui le recontrent dans la tradition occidentale.

les images des parchemins ont t repris du site (revelations-gnose-occultisme.pagesperso-orange.fr - Parchemins).

Le Codex Bezae

Thodore de Bze, qui avait recueilli le Codex qui porte son nom, drob par les protestants Lyon Saint Irne, l'offrit l'universit de Cambridge en 1581.

Ds le XVIe sicle les critiques s'intressent la question que soulve l'existence de deux manuscrits bilingues : le Codex Bezae (D, d) et le Codex Lodianus (E, e) (D et E dsignent le texte grec, d et e le texte latin). C'est sur cette base que se dessinera la problmatique dite du texte occidental. La troisime dition du Nouveau-Testament que donne Stephanus [Robert Etienne (Paris, 1503 - Genve, 1559)] en 1550 inclut dj le manuscrit D et le dsigne dans son apparat par "beta 3". En 1686, le thologien Hollandais [d'origine suisse] Jean Leclerc [Genve, 1657 - Amsterdam, 1736], intrigu par les variantes du Codex Bezae suggra l'hypothse de deux ditions ralises par Luc lui-mme. L'une aurait donn le texte du Codex Bezae, l'autre, le texte normalement retenu. Cependant, aprs examen des variantes en question, il devait conclure qu'il s'agissait d'interpolations. Le XVIIIe sicle avec les travaux de Bengel, Wettstein et Semler, tendit la problmatique en considrant les familles de manuscrits. La question n'tait plus celle de deux manuscrits particuliers, mais plutt celle d'un groupe occidental dont D tait un tmoin. Malheureusement le terme occidental tait encore entendu sur le plan gographique. Le texte donn par D est souvent considr comme une rdaction tardive et dgnre, mais il est cependant publi pour la premire fois par Kipling en 1793. Les travaux et l'dition de White en 1799 permettaient de faire apparatre les particularismes de la version Philoxno-harklenne et ouvrait ainsi la voie la recherche des smitismes dans le N.T. et dans les Actes. C'est en 1848 que F.A. Borneman prsente une thse favorable au manuscrit D. Pour lui, le texte occidental est le texte original qui a t abrg par la suite. Cette thse, du moins dans son esprit, sera reprise par A.C. Clark en 1914. Mais il faut reconnatre que le criticisme allemand dans son ensemble devait montrer peu d'intrt pour la question dite du texte occidental. [...]

C'est Wettstein qui met en place la numrotation des manuscrits grecs en quatre corpus, dont le premier pour les vangiles. Cette numrotation sera conserve par Tischendorf et adopte par Gregory avant qu'il mette au point une nouvelle numrotation en un seul corpus. Par ailleurs, Wettstein dsigne les onciaux par des lettres majuscules. Ds lors, A = codex Alexandrinus;B= codex Vaticanus;C= codex Ephraemi syri rescriptus;D= codex Bezae (v.-ac.) et codex Claromontanus (p. de P.), L = codex Regius, etc (Paul Tavardon, Le texte alexandrin et le texte occidental des Actes des aptres: Doublets et variantes de structure, 1997 - books.google.fr).

La dsignation de texte occidental remonte Johann Jakob Griesbach, n en Hesse-Darmastdt Butzbach en 1745 et mort Ina en 1812 (de.wikipedia.org - Johann Jakob Griesbach).

Le type syro-latin (Griesbach dit: occidental) se divise en deux groupes, l'occidental et l'oriental. On pourrait qualifier le type syro-latin de priphrique, en rappelant la clbre thorie de G. Pasquali sur le conservatisme des rgions priphriques (Storia dlia tradizione e critica del testo. p. 160). Le groupe occidental comprend le Codex Bezae, bilingue grco-latin crit Lyon au VIe Sicle, et la Vtus Latina, traduite Carthage dans le dernier tiers du IIe sicle (Byzantina, Volume 5, 1973 - books.google.fr).

Le rvrend Thomas Kipling, de l'universit de Cambridge, qui a donn pla premire dition du Codex en 1793, et Schulz pensaient que le Codex Bezae a t crit en Egypte, et Bengel le voyait en relation avec l'aire anglo-saxonne (J. Rendel Harris, Codex Bezae: A Study of the So-Called Western Text of the New Testament, 1891 - books.google.fr).

Edward Everett Hale mentionne le Codex Bezae dans une vitrine de l'University Library de Cambridge ouvert la page o est relat l'pisode des pis de bl du petit patrchemin (Edward Everett Hale, Ninety Days' Worth of Europe, 1861 - books.google.fr).

Edward Everett Hale (Boston, 1822 1909) was an American author, historian and Unitarian minister. Edward Everett Hale have a prominent position among short-story writers of 19th century America. His short story "The Brick Moon", serialized in the Atlantic Monthly, is the first known fictional description of an artificial satellite. It was possibly an influence on the novel The Begum's Fortune by Jules Verne. (en.wikipedia.org - Edward Everett Hale).

On peut conclure que le Codex Bezae a t tudi ds le XVIme sicle et que des copies, s'il n'y avait pas d'dition, ont d circuler. Cela peut autoriser une certaine anciennet aux parchemins de Saunire.

Le petit parchemin

Le petit parchemin transcrit l'pisode des pis de bls de Luc 6,1-5 dans la version du Code Bezae :

Et factum est cum in sabbato secundo primo abire per segetes discipuli autem illius coeperunt uellere spicas et fricantes manibus manducabant quidam autem de farisaeis dicebant ei ecce quid faciunt discipuli tui sabbatis quod non licet respondens autem ihs dixit ad eos numquam hoc le gistis quod fecit dauid quando esuriit ipse et qui cum eo erat introibit in domum dei et panes propositionis manducauit et dedit et qui cum erant quibus non licebat manducare si non solis sacerdotibus eodem die uidens quendam operantem sabbato et dixit illi homo si quidem scis quod facis beatus es si autem nescis maledictus et trabaricator legis (Fol. 206 a.) (Bezae Codex Cantabrigiensis, being an exact copy, in ordinary type, of the celebrated uncial Graeco-Latin manuscript of the Four Gospels and Acts of the Apostles ... Edited with a critical introduction, annotations, and facsimiles by Frederick Henry Ambrose Scrivener, 1864 - books.google.fr).

La signature de SION se lit la fin des quatre lignes du bas du parchemin : propositioniS - quI - nO - noN.

La parabole des pis de bl mangs par les disciples un Jour de sabbat est rapporte par Matthieu (12, 1-5), Marc (2, 23-28) et Luc (6, 1-5), peu prs dans les mmes termes. Il est remarquer que Matthieu 12,1-5 est prcd des paroles du Christ inscrite sur la fresque de la Montagne fleurie de l'glise Marie-Madeleine de Rennes-le-Chteau : "Venez moi vous tous qui souffrez et qui tes accabls et je vous soulagerai" qui renvoie aux deux lignes du grand parchemin : "Jesu medela vulnerum", Jsus remde aux blessures.

Deux mots sont rajouts au texte : REDIS et BLES.

En REDIS on peut reconnatre DIS, le dieu Dis Pater, contraction de Dives (richesses qui se tiraient des entrailles de la terre, le dieu des enfers toit regard comme le dieu des richesses. Ditis Pater, le Pere Dis, tait regard comme le Crateur et le Pere du genre humain, en particulier des Celtes comme en tmoigne Jules Csar qui l'assimile Pluton.

L'abb Boudet en parle page 22 de La Vraie Langue Celtique, page qui correspond au psaume 22 (Vulgate) : "d'une onction tu me parfumes la tte" (Ps 22,5) :

L'explication d'une tradition soi-disant druidique rapporte par Csar fait ressortir encore cette consquence. Les Gaulois, dit il, se glorifient de descendre tous de Pluton et ils assurent tenir cette croyance de l'enseignement des Druides: c'est pourquoi ils comptent le temps, non par les jours, mais par les nuits et ils sont attentifs indiquer les jours de naissances, les commencements de mois et d'annes, de telle sorte que le jour suive la nuit. (Lib. VI. 18, de bello gallico.)

Au puissant Dieu Pluton, pour le rendre propice; / On jeta tous ces corps, alors cbauds et sanglans, / Pendant l'obscurit, dans des brasiers ardens : / Les chairs de ces taureaux taient encor tremblantes; / Mais d'huile on arrosa leurs entrailles brlantes (Virgile, L'Eneide: mise en vers franais, Livre VI, Volume 1, 1802 - books.google.fr).

Il y a aussi RE du latin "res", chose, mais aussi ce qui concorde avec Dis, le bien possd.

Res marque la possession (res esse, rem habere), l'acquisition (rem parare, struere...), la gestion (rem servare, tutari...) ou la mauvaise gestion (rem perdere, res labi). Les diffrents emplois de res font ressortir deux lments : solidit de la possession, l'activit du sujet possdant. Cependant res dsigne un tout solide qui disparat en subissant une sorte de dgradation (Monique Crampon, Salve Lucrum, Volume 63 de Annales littraires de l'Universit de Besanon, 1985 - books.google.fr).

O apparat saint Blaise

Cette ambigut de la divinit solaire, aussi bien femelle que mle, aussi bien bnfique que malfique, on la reconnat dans le clbre saint Blaise. Disons d'abord qu'il y a eu plusieurs pieux personnages du nom de Blaise dans l'histoire du christianisme, mais qu'au-del des figures authentiques se distingue un visage mythologique, celui que les sculpteurs gaulois ont fix dans la pierre sous forme du Monstre Androphage (du type de la Tarasque de Noves, conserve au Muse Calvet d'Avignon, ou des ttes coupes d'Entremont conserves au Muse Granet d'Aix-en-Provence) reconnaissable sur d'innombrables chapiteaux d'glises ou de simples chapelles romanes, notamment dans le Massif Central. C'est un peu l'image du Dis Pater latin dont Csar dit que les Gaulois se disaient tous issus. Or Dispater, ou Dis Pater, c'est Jup-Piter, dieu des vivants et des morts, celui que les Gaulois honoraient sous le nom de Teutats (ou Toutatis), Pre du Peuple , ou de Sucellos ( Qui frappe Fort ), le dieu au marteau, celui que les Irlandais nomment, dans leurs popes, Dagda, le Dieu Bon : sa massue avait une caractristique bien rvlatrice, car lorsqu'il frappait quelqu'un avec une extrmit il tuait, mais lorsqu'il frappait avec l'autre, il ressuscitait. C'est aussi l'Esus reprsent sur l'Autel des Nautes de Paris(conserv au Muse de Cluny). Et par l, on rejoint le personnage pique de Cchulainn, le guerrier qui peut, lui seul, s'opposer plusieurs armes, et dont le nom veut dire Chien de Culann . Car ce personnage de dieu-frappeur est reconnaissable dans saint Blaise. L'un de ses archtypes, Blasios, vque armnien, mort parat-il en 316, subit le martyre : il fut dchir par des crocs et des peignes de fer. Ce dtail peut lui seul rendre compte du personnage mythique (Jean Markale, Le christianisme celtique et ses survivances populaires, 1983 - books.google.fr).

Au dieux et ces saints dont la puissance est associe aux rochers, aux sources, la lumire, s'opposent les dieux funbres et leurs successeurs chrtiens. Les Gaulois se disaient descendus d'un dieu de la nuit et de la mort, Dispater. Du moins, Csar emploie-t-il ce nom, mais les Gaulois ont laiss trs peu d'autels qui le portent. Ils savaient que Dispater n'tait pas un dieu de chez eux ; c'tait les druides qui leur avaient appris le regarder comme leur pre, mais o les druides avaient-ils pris leur science ? Les Gaulois prfraient ce dieu tranger et trop abstrait un dieu forme animale, le Horkos grec, l'Orcus latin. Parce qu'il se nourrissait de cadavres, il est devenu l'ogre franais, Vorco italien, Vuerco espagnol. Il tait le loup, nocturne et insatiable comme la tombe. Il tait le chien de la noire Hcate. Il tait Cerbre le mangeur de chair (kroboros). Les Gaulois le figuraient par le clbre carnassier androphage , symbole saisissant de la cruaut de la mort. Il est le lion de Noves du muse d'Avignon, le chien dvorant du muse de Clermont, l'ours difforme qui se dressait sur la place de l'glise de Gipcy-l'Ours en Bourbonnais. C'est lui qui a nomm Orcival en Auvergne, Orcemont en Seine-et--Oise, Orceveaux en Haute-Marne, Orcet en Puy-de-Dme, Orchaise prs de Blois, Orchies dans le Nord, et l et ailleurs Orches, Oray, Orsay ; n'est-ce pas son nom que portent encore la rivire Ourcq, et l'Ource bourguignonne et l'Ourse pyrnenne ? Ne s'est-il pas dguis jadis sous les traits de saint Ours, mystrieux compagnon de saint Ours, mystrieux compagnon de saint Victor et soldat dans la Lgion thbaine ? Les combattants thbains taient noirs, et saint Ours semble avoir succd un dieu de la mort. Il existe un village de Saint-Ours petite distance du funbre Orcival. A Loches, dans l'glise trs ancienne de Saint-Ours, qui fut btie par les fes, on a retrouv un autel reproduisant les mystres d'Attis. Loup en celtique se disait blez. En gallois, bela signifie loup et belladone , bleidgi chien-loup , blai loup ou ravageur ; loup se dit bleidh en comique, et bleiz en breton de chez nous. C'est le loup qui a nomm Les Blais en Isre et Blaise dans les Ardennes, et la rivire la Blaise en Eure-et-Loir, et une Biaise qui en Haute-Marne traverse Blzy et Blaise et recueille le Blaiseron. Le loup figure dans les armes de Blois, il a nomm le Blsois et la Beauce (Belsa). Une monnaie carnute porte, avec le signe S, symbole du soleil, un loup. Tout cela est fort naturel, puisque, au moyen ge encore, la France paysanne vivait sous la menace du loup. Quelle place il tient dans notre folklore ! D'autre part, l'quation carnassier = mort se retrouve jusqu'au Prou. Mais deux points sont instructifs pour nous. Plusieurs statuettes gallo-romaines figurent le Jupiter infernal, Dispater, sous l'aspect d'un homme vtu d'une peau de loup. En second lieu, parmi plusieurs martyrs nomms Blasios, certain vque armnien, mort en 316 parat-il, mais aussi obscur et non moins douteux que les autres Blasios, fit parler de lui en Occident. Il obtint vite une clatante popularit. Comme il avait pri dchir par des crocs ou des peignes de fer, il devint le patron des cardeurs de laine et fut invoqu aussi par les maons qui raclent leur pltre avec une ripe. Rien de plus lgitime, si toutefois sa lgende tait vridique. Mais en vertu de son nom, il reut bien d'autres pouvoirs. Dans les pays de langue germanique, parce que blasen en allemand signifie souffler , Sankt Blasius fut le matre des temptes, capable de marcher sur la mer ; sur les calendriers du Nord, il tait dsign par un cor ou par un navire aux voiles dployes, ou par des joues gonfles d'air, et sa fte, la Blasmesse, tait une fte du vent que les marins Scandinaves n'osaient pas mentionner. En Flandre parce qu'un nom celtique de l'orge, braccia, rappelle Blas, il fut le patron des brasseurs et malteurs. En France, tant le loup, il ne fut pas seulement l'hritier d'Orcus : il pouvait protger les troupeaux, comme le Vls ou Volos des Slaves, qui est un berger tte de loup. Il tait aussi chez nous, en sa qualit d'associ d'une grande desse, le patron des laboureurs et le gardien des semailles. D'ailleurs, nos vieux mots blaice, blaiche, blaisse, ont signifi la rcolte des bls . En outre, sans doute pour expier son indigne conduite envers la cigogne, il s'tait fait le mdecin des gorges et des gosiers : son premier miracle avait t de sauver un enfant qui avait aval une arte. Le clerg touchait la gorge des malades avec deux cierges en croix ou un peu d'huile, consacrs saint Blaise. Mais son rle funraire fut d'abord le plus important. Februus tait un surnom de Pluton, fvrier tait le mois des morts, et la Saint-Blaise vient le 3 fvrier, lendemain de la Chandeleur, jour autrefois sacr Proserpine et Crs. Il nous parat donc significatif que la Vierge noire, Vichy, soit loge dans une glise Saint-Blaise, et que le Saint-Blaise, et que le personnage soit install prs de la Vierge noire Bollne, Marseille, Pzenas, Montpellier et ailleurs. Il occupait une place d'honneur Rocamadour ; Chtillon-sur-Seine, il domine un rocher d'o jaillit, nouvelle rencontre, la rivire Ource. Des circonstances inconnues amenrent un saint de chez nous empiter sur le domaine de saint Blaise. Il s'agit d'un authentique bourgeois montpellirain nomm Roch, n la fin du XIIIe sicle. Plerin charitable, il acquit la rputation de gurir la peste noire, dont il porte sur les jambes les plaies buboniques. Un chien l'accompagne. Vers 1630, sa dvotion s'tablit dans le Forez. Elle se rpandit en Auvergne et en Velay. En Allier dans la rgion recule d'Arfeuilles (Fortier-Beaulieu, Revue du Folklore franais, 1937), il tait particulirement renomm. Les paysans venaient Arfeuilles se procurer des herbes de saint Roch qu'ils suspendaient dans leurs tables. On lui brlait jusqu'au bout autant de cierges que l'on avait de btes. A Trinit, Haute-Loire, on lui faisait bnir le pain, le vin et le grain. Dans le Midi, l'apparition du phylloxra, en 1876, on eut recours saint Roch. Sa fte tombe rgulirement le 16 aot, le jour o dans le Midi a lieu la bndiction du btail. Mais Arfeuilles la clbre le 3 fvrier, jour de la Saint-Blaise... Est-ce que par hasard, roc aurait rappel orc ? En tout cas, la similitude est frappante, entre saint Roch, son chien, son bton surmont de la gourde du plerin, et la figuration gallo-romaine de Dispater, le dieu au maillet, accompagn du chien symbolique. L'histoire de de Dispater-Orcus ne s'arrte pas l. Dante devait le montrer au centre de l'Enfer, comme le ver dans le fruit, sous la forme d'un dmon dmesur, de ses trois bouches dchirant trois damns. Mais la lgende est moins pessimiste. Un prtre, un peu partout, entendant parler d'un monstre, lui a pass son tole autour du cou et l'a rendu souple comme un gant. Le tympan des glises romanes figure souvent le Jugement dernier. Dans l'angle infrieur droit, les damns sont prcipits dans une gueule bante, vaste comme un portail d'glise. Cette gueule, c'est bien Dis-pater-Blez dans son rle dantesque (mile Saillens, Les Vierges Noires: leurs origines, 1945 - books.google.fr).

Le grand parchemin

Le Grand Parchemin (de Rennes le Chteau) transcrit le chapitre 12,1-11 de l'vangile de Jean. L'pisode relate la visite de Jsus Bthanie lorsque Marie l'oint de nard sur les pieds.

Un mot sur l'ordre chronologique que nous suivons. Nous supposons d'abord, et l'on en verra la raison plus tard, que le 14 Nisan, premier jour de Pques, tait, cette anne-l, un vendredi. Or Jean (XII, 1) dit que Jsus vint Bthanie six jours avant la Pque. Il s'agit maintenant de savoir comment il faut compter ces six jours. Le 14 Nisan est-il compris ? Alors, en revenant de six jours en arrire, nous trouvons que Jsus serait arriv Bthanie le jour mme du sabbat, ce qui n'est pas vraisemblable, car c'eut t transgresser la loi sabbatique, et Jsus ne se serait pas expos sans des motifs puissants paratre mpriser la loi. Ou bien Jean compte-t-il les deux jours qui servent de limite, le 14 Nisan et le sabbat, et veut-il dsigner le sixime jour avant la Pque, c'est--dire le premier jour de la semaine (le dimanche) ? Il faudrait alors admettre que la caravane des Galilens est arrive Jricho le jour du sabbat ou du moins qu'elle y a pass le sabbat, ce dont les vanglistes ne disent absolument rien. Pour lever la difficult, il ne reste donc qu' supposer que Jean compte six jours entiers depuis le 14 Nisan exclusivement, et qu'ainsi Jsus est arriv Bthanie le vendredi. Nous avons dj trouv un autre exemple de cette manire de compter. Ou bien, en adoptant l'opinion de Jacobi, que le sabbat tait dj commenc quand Jsus arriva (on sait que le sabbat commenait le vendredi soir), on pourrait compter les jours la manire ordinaire (August Neander, Vie de Jsus, traduite par Pierre Goy, 1851 - books.google.fr).

Aprs avoir ainsi prpar l'esprit de ses disciples aux vnements qui s'approchaient, Jsus partit avec eux de Jricho le vendredi, et vint Bthanie pour y passer le sabbat dans la maison de Lazare. L'heure du repas tant arrive, il s'assit table avec la famille. Dans cette circonstance, les deux surs de Lazare montrrent de nouveau la diffrence de leurs caractres, par la manire diffrente dont elles cherchrent tmoigner leur reconnaissance celui qui avait ressuscit leur frre. Tandis que Marthe ne songeait qu' sertir ses htes, Marie, n consultant que son cur, mettant de ct toute autre considration, court chercher ce qu'elle avait de plus prcieux, une livre du nard le plus pur, et le rpand sur les pieds de Jsus qu'elle essuie ensuite avec ses cheveux. Comme Jsus avait l'habitude de repousser plutt que de rechercher les hommages extrieurs rendus sa personne, Judas, qui ne pouvait ni apprcier ni comprendre les sentiments qui avaient dict la conduite de Marie, crut rpondre aux intentions de son Matre en dsapprouvant hautement ce qu'il considrait comme une pure prodigalit. Au lieu de rpandre inutilement ce baume, ne valait-il pas mieux le vendre et donner le produit aux pauvres ? Mais comme Jsus regarde toujours l'intention, il discerne dans le cur de Marie l'amour qui est le principe de la vritable sanctification. Aussi, bien loin d'approuver un jugement mesquin, qui prtend appliquer une mme mesure toutes les actions, il rpond Judas: Laisse-la, elle a gard cela pour ma spulture; c'est un dernier tmoignage d'amour et de respect qu'on ne peut pas apprcier avec la mesure ordinaire; elle a pressenti que je ne serais bientt plus au milieu de vous, tandis que vous aurez toujours des pauvres. (August Neander, Vie de Jsus, traduite par Pierre Goy, 1851 - books.google.fr).

L'entre de Jsus Jrusalem ("dimanche des rameaux") fait immdiatement suite l'pisode de Marie lui oignant les pieds.

Le bruit des actions de Jsus, et en particulier de la rsurrection de Lazare, s'tait rpandu Jrusalem, et avait vivement mu la multitude des Juifs accourus de toutes les contres pour clbrer la fte. Ds que le sabbat fut pass, un grand nombre accoururent aussitt Btbanie, pour Voir Jsus et Lazare, et pour se convaincre par eux-mmes de la ralit du miracle qu'on leur racontait (Jean XII, 9), et peut-tre y arrivrent-ils dj le matin du premier jour de la semaine, avant que Jsus ft lui-mme parti, ou du moins avant qu'il ft entr Jrusalem. [...] Suivi de ses disciples et de la foule accourue Bthanie depuis le jour prcdent, Jsus se dirigea vers Jrusalem. En apprenant son arrive, une multitude sortit de la ville et vint au-devant de lui. L'enthousiasme allait croissant; de toutes parts on racontait que le miracle qui avait nagure fait tant de bruit dans la capitale tait bien rel, que Lazare avait t ressuscit. Comme la foule devenait chaque instant plus nombreuse et plus compacte, Jsus parvint se procurer un non et monta dessus, afin d'avancer plus facilement et de pouvoir se montrer aux regards de tous. Ainsi fut amene d'une manire toute naturelle une circonstance parfaitement propre reprsenter l'humble et pacifique avnement du roi thocratique, et raliser la prophtie de Zacharie (IX, 9). (August Neander, Vie de Jsus, traduite par Pierre Goy, 1851 - books.google.fr).

Prophtie de Zacharie o apparat le mot "ani", humble, pauvre se manifestant dans l'inscription "XR ANI TE".

Ainsi le grand et le petit parchemin parlent de sabbat et possiblement tous deux de sa transgression.

Le Sot Pcheur

Les Pres, en commentant les passages scripturaires en question, n'ont fait que trs tardivement le rapprochement entre le poisson, nourriture sacre, et le Christ, nourriture eucharistique. Nous n'avons plus le commentaire d'Origne sur le passage de Jean XXI, 8-13. Il nous faut descendre jusqu' saint Augustin, dans son Trait sur l'Evangile de Jean (vers 416) pour trouver un premier tmoignage explicite : Piscis assus est Christus passus, ipse est et panis qui de caelo descendit Le poisson grill est le Christ souffrant, c'est lui aussi qui est le pain descendu du ciel . Augustin n'ignorait videmment pas le symbolisme du poisson, mais la question n'est pas l. Il est le premier avoir clairement affirm que le poisson mang dans le repas sacr s'identifiait au Christ et avoir ainsi donn une valeur eucharistique l'Ichthys.

Symbole que l'on retrouve sur la pierre tomable de l'abb Henri Boudet.

Lviathan

La signification originelle du repas au poisson devra tre cherche en dehors du Nouveau Testament et en dehors de la tradition patristique.

Les repas au poisson, l'ouverture du sabbat (vendredi soir) avaient l'poque o est n le christianisme, et plus prcisment en Syrie, une signification religieuse hors de pair. Toutes les survivances juives dans le culte chrtien sont loin d'tre dceles ; dans le sujet qui nous occupe elles semblent indniables. Le problme du repas au poisson tiez les juifs est li au problme de la cena pura. Tertullien, deux reprises, nomme la cena pura parmi les grandes observances rituelles du judasme : Vous (les marcionites) clbrez les jours, les mots, les annes (cf. Gai. IV, 10) et, ce me semble, les jours de sabbat et les cenae purae, les jenes et les jours de fte. Il fallait vous en abstenir, comme il fallait renoncer la circoncision. Les juifs de langue latine de l'poque impriale, et plus prcisment les juifs de Rome, appelaient du nom de cena pura, le jour avant le sabbat, dit aussi parasceve, savoir le vendredi. Ainsi en tmoigne la traduction latine du livre premier de l'Adversus haereses d'Irne : La parasceve dite cena pura, c'est--dire le vendredi. Saint Augustin s'exprime de mme. Le codex Bezae Cantabrigiensis (VIe sicle) rend assez rgulirement le terme parasceve par l'expression cena pura : Mt. XXVII, 62 : In crastinum autem, quae est post cenam pur am, convenerunt principes sacerdotum. Lc. XXIII, 54 : Et dies erat cena pura et sabbatum inlucescebat. Le vendredi tait clbr par un repas solennel qui a pu donner au jour son qualificatif. En quoi consistait ce repas ? Il ne peut s agir d'un simple repas kasher , car c'tait l, au moins en thorie, le propre de chaque repas juif et pas seulement le vendredi, encore que, Rome ou en milieu romain, il dt tre difficile pour les juifs de toujours manger kasher. D'autre part, la cena pura n'est pas seulement un repas plus fin ou plus luxueux par la rechercha des mets, mais un repas qui se distinguait des autres repas juifs par un caractre tout spcial. Cette particularit provenait du fait qu'tant organis le vendredi soir, c'est--dire au dbut du sabbat, il constituait le premier des trois repas sabbatiques obligatoires, et le plus solennel des trois (51). Or, la nourriture spcifique de ce premier repas sabbatique tait prcisment le poisson, et l'on peut dire que la cena du vendredi chez les juifs est pura prcisment parce que c'tait un repas au poisson. Les tmoignages abondent sur ce point. Nous en citons ici quelques-uns in extenso, emprunts au Talmud. Talmud, Shabhath 1.18 b: Dclaration du rabbi Simon ben Pazi. R. Simon ben Pazi dclara au nom du rabbi Jehosua ben Levi, au nom de Bar Qappara : Qui observe les trois repas le jour du sabbat, sera prserv des trois tribulations : des souffrances messianiques, du jugement infernal et de la guerre de Gog et Magog... Qui clbre le sabbat dans la jubilation, celui-l recevra un hritage incommensurable... Comment prpare-t-on le sabbat dans la jubilation ? Avec des repas de bettes, avec de grands poissons et de l'ail... Mme une nourriture de peu d'importance condition qu'on la prpare en l'honneur du sabbat est un mets dlicieux pour le sabbat. Que veut dire cela ? Rabbi Papa rpondit : Un mets comprenant du poisson grill... Je voudrais avoir part avec ceux qui clbrent le dbut du sabbat Tibriade et la fin du sabbat Sepphorim . Talmud, Shabbath 119 a : Histoire du rabbi Joseph, du poisson et de la perle. Un jour (Joseph) tait dans son bateau et un vent balaya la perle prcieuse, la fit tomber dans la mer et la perle fut engloutie par un poisson. Quand on eut retir ce poisson de l'eau et qu'on le mit en vente la veille du sabbat, les pcheurs demandrent qui pourrait bien acheter un si grand poisson ; on leur rpondit : Allez, apportez-le Joseph le vnrateur du sabbat, car il a coutume d'en acheter de pareils. Et les pcheurs le lui apportrent et il l'acheta. Quand il l'ouvrit, il trouva la perle qu'il vendit pour 13 mesures de deniers-or. Un jour un vieillard le rencontra et lui dit : Qui prte au sabbat sera rembours par le sabbat . [...]

Ce n'est pas sans raison que le poisson inaugurait chez les juifs la cena pura, le premier repas sabbatique, au soir du vendredi. C'est que le poisson est la nourriture eschatotogique et messianique par excellence. Quand la fin des temps, le Messie se manifestera, Lviathan sortira des eaux de la mer. L'ange Gabriel avec l'aide de Dieu le capturera. Lviathan sera eoup en morceaux et sera distribu aux bienheureux comme nourriture et comme remde. Ici encore il convient de laisser parler les textes : Apocalypse de Baruch : Quand sera accompli ce qui doit se produire en ces temps, le Messie commencera se manifester. Et semblablement Behemoth se manifestera en son lieu et Lviathan sortira de la mer les deux grands monstres que j'ai crs au 5e jour de la cration, et que j'ai rserves pour ces jours. Ils serviront alors de nourriture tous les survivants. Et la terre donnera ses fruits par milliers, un plant de vigne portera mille sarments, un sarment portera mille grappes, une grappe portera mille grains de raisin, et un grain de raisin donnera une mesure de vin et heureux seront ceux qui ont eu faim . Apocalypse d'Henoch : Et l'ange de la paix qui tait avec moi me dit : Ces deux monstres (Lviathan et Bhmoth) prpars conformment la grandeur de Dieu, nourriront... (lacune). Apocalypse d'Esdras : A Lviathan tu as donn la septime part, savoir la part aqueuse et tu as rserv {Lviathan seul ou Lviathan et Bhmoth) pour servir de nourriture ceux que tu veux, et quand tu veux . Talmud, Baba Bathra 74 b - 75 a : Dclaration de rabbi Dimi. Quand arriva rabbi Dimi, il dit au nom du rabbi Jonathan : En ces temps l, Gabriel fera la chasse au Lviathan, car il est dit : Peux-tu tirer hors de l'eau Leviathan avec un hameon et comprimer sa langue avec une cordelette ? Et si le Saint que son nom soit lou ne l'aidait pas, Gabriel n'en aurait pas raison. Car il est dit : Celui qui l'a cr, approche avec son pe... Rabba dit au nom de rabbi Johanan : En ce temps l, le Saint que son nom soit lou prparera de la chair de Lviathan un repas pour les pieux, car il est dit : Les compagnons firent un festin. Par festin il faut entendre un repas. Suivant la tradition, quand Jonas se trouvait dans le ventre du monstre marin, il lui donna l'ordre de nager vers le Lviathan, dans l'intention de le capturer et de le faire manger aux juifs pieux. La capture et la manducation de Lviathan inaugurent l're messianique. L'on a object qu'il tait difficile d'admettre la signification messianique d'un monstre malfaisant. C'est oublier l'volution subie par Lviathan dans la croyance juive ; l'poque du Christ, il avait perdu ses caractristiques redoutables et malfaisantes pour devenir, ainsi que l'indiquent nos textes, un poisson eschatologique. Progressivement mme, les traits du Lviathan se reporteront sur le Messie venir, au point que les deux tendent s'identifier compltement. Un texte du XIIIe sicle, dans lequel des traditions bien plus anciennes ont abouti, suggre cette superposition : Zohar ( propos de Jonas II, 11) : Quand Dieu redonnera la vie aux morts, alors il ordonnera au poisson, dont le ventre symbolise les cimetires, de cracher les morts et de les rendre. Et par le poisson nous trouverons un remde pour le monde entier. De mme que le poisson, quand il eut aval Jonas, mourut et ne revint la vie qu'aprs trois jours et ensuite rendit Jonas, de mme maintenant le monde est mort, mais l'poque messianique, il ressuscitera les morts et les rendra la vie. L'allusion devient plus prcise encore si l'on veut bien se souvenir que pour les cabbalistes, Jonas est le second messie (Messias ben Joseph), prodrome du troisime et dernier messie (Messias ben David). Or, on le sait, l'poque de Jsus l'attente de la venue du Messie, et donc du Poisson qui l'accompagnera, qui inaugurera les temps nouveaux, et avec qui il s'identifie, tait particulirement vive. Faut-il tellement s'tonner que les chrtiens, tributaires des traditions juives plus que l'on ne voulait l'admettre, aient report sur le Christ tout le symbolisme du grand Poisson, comme ils ont report sur Jsus tous les traits du Messie, et aient continu par leurs repas au poisson la cena pura juive ? L'on peut mme concevoir qu'en un second temps, la manducation de l'Ichthys s'est dveloppe et fortifie par contraste avec la cena pura repas d'attente chez les juifs, repas de possession ou d'achvement chez les chrtiens. Mais quoi qu'on veuille bien penser de ces rapprochements, il reste hors de discussion que le poisson est un animal messianique et eschatologique, qui comme tel figure sur la table des juifs, le vendredi soir, au jour de la cena pura. Et il est non moins certain que les repas chrtiens au poisson qui n'ont pas d'explication dans les crits spcifiquement chrtiens, rptons-le trouvent au mieux leur explication si l'on veut bien admettre qu'ils continuent la cena pura iau poisson. Les juifs mangeront Lviathan au dbut de l're messianique, mais en outre, dans le Royaume, les bienheureux se nourriront principalement de poissons. Nul doute que cette croyance ait corrobor encore la signification de la cena pura (Cyrille Vogel, Le repas sacr au poisson chez les Chrtiens. In: Revue des Sciences Religieuses, tome 40, fascicule 1, 1966 - www.persee.fr).

L'ange Gabriel est associ Rochemaure sur la Croix d'Huriel.

Il est avec le ciel des accommodements, et les rabbins ont imagin des moyens d'luder ces prescriptions trop rigoureuses. Les usines isralites devraient chmer le jour du sabbat, mais alors elles ne pourraient soutenir la concurrence de celles des gentils c'est pourquoi, le vendredi soir, on les confie un infidle au moyen d'une vente simule. Ne pas chauffer les poles le jour du sabbat, ce serait s'exposer prir de froid; on loue donc une femme chrtienne, qui s'acquitte de ce devoir en retour d'un verre d'eau-de-vie. Il en est de mme de la cuisine. On prpare les aliments ds le vendredi et on les mange froids le lendemain, ou bien on les fait rchauffer au four d'un boulanger chrtien. Ces aliments consistent surtout en une sorte de boulettes la sauce piquante qui, au dire du Talmud, donne aux croyants un avant-got du dlicieux lviathan, dont les lus seront exclusivement nourris dans un monde meilleur. Enfin l'Isralite orthodoxe ne doit pas s'loigner de plus de deux mille pas. Que faire, lorsque la ncessit impose un dplacement plus prolong ? On se rend la place o se terminent les deux mille pas, et l'on y dpose un morceau de pain, ce qui constitue une sorte d'lection de domicile. Ds cet endroit on peut faire encore deux mille pas, et ainsi de suite (G. Richard, Coutumes, Moeurs et croyances des juifs de Russie, Bibliothque universelle et revue suisse, 1881 - books.google.fr).

Dans un pome de Wace sur le martyr de Marguerite, Leviathan intervient parmi toute une foule de diable : "Sathan appelle Leviathan pour surveiller les derniers moments d'Olibrius et veiller ce qu'on ne leur drobe pas son me et qu'il ne puisse se sauver." (Wace, La vie de sainte Marguerite, prsent par A. Joly, 1879 - books.google.fr).

Avant de mourir, selon le rcit de Jacques de Voragine, Marguerite adressa au ciel une prire : "Elle pria avec dvotion pour elle-mme, pour ses bourreaux, et encore pour ceux qui auraient mmoire d'elle et l'invoqueraient, ajoutant que toute femme en couches en danger qui l'invoquerait mettrait au monde un enfant indemne". Cette ultime requte ne laisse de surprendre, de la part d'une vierge qui n'a jamais eu connatre les douleurs de l'enfantement. Rien dans la logique explicite du rcit ne vient justifier ce souci tardif des femmes en couches... Il n'y a l aucun mystre : Jacques de Voragine prend acte d'une croyance dj tablie, et lui donne un fondement "historique". Marguerite est en effet la grande accoucheuse, celle dont la ceinture apaise les douleurs, celle dont on lit la vie au chevet des parturientes. Cela suffit expliquer la prsence dans le rcit de ce passage en rupture avec tout le contexte. Mais le rappel de cet usage n'explique rien : pourquoi Marguerite est-elle donc, de longue date, crdite de vertus obsttricales ? Ici encore, il est facile de rpondre. Comme le notait par exemple Paul Perdrizet, c'est l'analogie entre la dlivrance et la sortie du ventre du dragon que Marguerite doit ses "vertus maeutiques" (op. cit. : 176). L est bien l'essentiel. Mais les textes cits plus haut permettent de donner tout son sens une comparaison qui pourrait sembler assez arbitraire : le sein mme de la Vierge y tait compar au ventre du crocodile et l'enfer. Que dire de celui d'une humble fille d'Eve! N'est-il pas rapproch du Shol par les Proverbes ? Louis Rau note d'ailleurs juste titre que les images de Marguerite sortant du ventre du dragon grce l'arme de la croix rappellent celles du Christ brisant la porte des enfers, souvent reprsente comme la gueule du Lviathan. Rappelons enfin le parcours mtaphysique que reprsente toute naissance. L'enfant vient d'un au-del aux contours indcis, marqu nanmoins d'une connotation ngative. Port la lumire, il sort en somme des enfers. Voil bien le parcours de la perle et de Marguerite : la comparaison n'a rien de fortuit. [...]

Ce systme symbolique trouve un prolongement immdiat dans les pratiques. A l'imitation d'autres saints ou saintes dragon, on prte Marguerite une ceinture dont elle aurait entour la bte. Il en existe bien sr plusieurs reliques, ou copies paraliturgiques : deux Paris, une Amiens, et tant d'autres... De cette ceinture on entoure le ventre des femmes en couches : n'est-ce pas pour apaiser l'animal matriciel, que les traditions populaires reprsentent volontiers comme une sorte de reptile ou de batracien ? Cette croyance trange se reflte dans des pratiques qui ont beaucoup intrigu historiens et ethnographes : on offre dans la rgion rhnane aux saints du "mal de mre" des ex-voto en forme de crapaud qui reprsentent la matrice ; lors des accouchements, on rapproche des parfums du bas-ventre de la parturiente, on lui fait respirer des odeurs nausabondes - par exemple la fume de vieilles savates brles - afin d'attirer vers le bas une matrice qui remonte pour mieux retenir l'enfant : cette cure est en tous points comparable aux mthodes utilises pour attirer les serpents dans des piges, ou au contraire les loigner. Brler des vieilles savates cet effet est un procd trs caractristique, encore employ dans la rgion d'Alicante il y a une cinquantaine d'annes. Que le dragon de la lgende voque la matrice, un dtail du texte de Jacques de Voragine le suggre encore d'une autre manire : Marguerite en prison demande Dieu de lui montrer "l'ennemi qui combat avec elle (ou : en elle, secum)", et le dragon se prsente. Le dmon confesse un peu plus loin sa honte d'tre vaincu non par un homme, mais par une jeune fille, suppose plus sensible, sans doute, l'appel de la chair. Qui est donc l'ennemi d'une vierge dfendant sa foi, et aussi sa virginit ? Le diable, bien sr, mais surtout l'attachement la chair, et donc le lieu de la jouissance et de la fcondit le dragon, ventre infernal. [...]

Et, en effet, on peut le lire comme la rptition d'une mme squence formelle : celle du passage de l'intrieur l'extrieur, correspondant, dans la logique du rcit, aux tapes successives d'une vocation spirituelle. Marguerite est d'abord loigne de la sphre paternelle : elle est mise en nourrice la campagne. Olibrius l'arrache ensuite l'intimit retrouve d'une vie bucolique. Les supplices portent alors l'extrieur de son corps ce qui tait son intrieur cach. Mise au cachot, elle est avale par le dragon, et ressort de son ventre. Prend place alors dans le texte de la Lgende dore un pisode qui ne s'explique gure en dehors de l'hypothse ici prsente : la sainte est tente par le diable, et, parvenant le vaincre, elle l'crase de son talon. N'y-t-il pas l une allusion des figures de la sortie ? Un souvenir d'Eve chasse du paradis, et l'annonce de la Rdemption : la femme crasant le serpent est la Vierge, par qui Jsus vint au monde, lui qui libra les justes de l'enfer. Plus clairement encore, dans la suite, Marguerite obtient des aveux du dmon : "Et il ajouta que Salomon avait enferm une multitude infinie de dmons dans un vase, et qu'aprs sa mort ces dmons en faisaient sortir du feu ; les hommes, dans l'ide qu'un grand trsor y tait enferm, le brisrent : et les dmons qui en sortirent emplirent l'air." Nouvelle image, donc, d'une libration. La sainte ensuite, jete dans un bassin, "en ressortit indemne la vue de tous". Vient enfin l'ultime dlivrance : Marguerite frappe sa demande par le bourreau rend l'esprit. Selon un manuscrit toulousain du XIVe sicle rsum par A. Aymar, interviennent alors "deux anges emportant, dans un linge, un petit corps nu, symbole de l'me de la martyre (op. cit. : 302)"... (Jean-Pierre Albert, La lgende de sainte Marguerite : un mythe maeutique ? 2008 - halshs.archives-ouvertes.fr).

Ceintures

Jean Baptiste a tait vtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait: Celui qui est plus fort que moi s'en vient derrire moi. Je ne suis pas digne de m'incliner devant lui pour dlier la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptiss dans l'eau, mais lui vous baptisera dans l'Esprit Saint. (Bernard Lafrenire, Traduction interlinaire de l'vangile selon saint Marc, 1996 - books.google.fr).

La pense grecque a galement utilis l'image de la prsure et du lait comme analogie pour l'union de l'me et du corps : L'me ceinture l'homme dans sa totalit et le ligote son tour, tant elle-mme entrave, comme la plus insignifiante goutte de prsure procde l'gard d'une norme masse de lait (fragment de Diogne d'Oenoanda, cit par J. Pioeaud, La Prsure et le lait. Quelques remarques sur la rverie de la caille du lait , Les Etudes classiques, 1975, XLIII (1) : 6) (L'homme: revue franaise d'anthropologie, Volume 28, 1988 - books.google.fr).

Le serpent est dans l'iconographie gnostique un symbole ouranien: gardien de l'espace sacr, il figure l'Ocan, la ceinture marine qui spare les eaux infrieures des rgions suprieures du pneuma; pour les Ophites qui le vnrent, il est le Fils du Dieu de lumire (Annie Zdenek, Gnose et science dans Die Verzauberung de Hermann Broch, Recherches germaniques, Numro 36, Universit des sciences humaines de Strasbourg, 2006 - books.google.fr).

Au geste de la jeune pouse qui dnoue sa ceinture au jour de ses noces, celui de la femme sur le point d'accoucher qui dfait, son bandage de poitrine et ses cheveux, symbole du libre passage au travers de son corps, rpond la mort par tranglement. car la correspondance phantasmatique de la bouche d'en haut et de la matrice qui, ferme, provoque la suffocation, peu expliquer que seules les femmes en Grce, se suicident par pendaison (C. Bonnet-Cadilhac, Traduction et commentaire du trait hippocratique Des maladies de jeunes filles, History and Philosophy of the Life Sciences, Volume 15, 1993 - books.google.fr).

Tarasque

Tout au long du littoral mditerranen lOuest de lembouchure du Rhne et jusqu lAndalousie, les lgendes font tat de la Bte carnassire de murs amphibies, hantant les eaux douces, les zones palustres et mme les eaux saumtres.

Le texte le plus ancien mentionnant la Tarasque qui nous soit parvenu, est " La vie de Sainte Marthe ", que la lgende attribue une certaine Martilla (ou Marcelle), qui aurait t la servante de la Sainte. Le texte en question est un apocryphe datant du XIIme sicle, attribu un certain Synthique et connu des exgtes sous le titre de " Pseudo-Marcelle ". Parmi les nombreux textes qui suivirent il en est deux, datant tous deux du XIIIme sicle, qui demandent tre pris en considration : " Speculum Historiae " de Vincent de Beauvais et " La Lgende Dore " de Jacques de Voragine. " Pseudo-Marcelle ", " Speculum Historiae " et " La Lgende Dore " donnent tous trois une description minutieuse de la Tarasque ; avec une variante toutefois, seuls les deux premiers parlent de sextupdie. Le passage " Senos pedes et ungens ursinas " (six pattes et des griffes dours), identique chez Synthique et Vincent de Beauvais, ne figure pas chez Jacques de Voragine. En revanche les trois textes sont conformes quant la gnalogie de la Bte ; la Tarasque est ne de laccouplement dun Lviathan et dun (dune) Bonachus, monstre propre la Galatie, appel galement Bonachos et Onachum.

Le fait d'avoir 6 pattes catalogue la bte parmi les insectes qui devaient pulluler sur les bord du Rhne.

Galats est le fils d'Hercule et de Galate. Il a donn son nom la Gaule et la Galatie (parfois utiliss l'un pour l'autre).

Danciennes traditions, dans lesquelles on a voulu voir le souvenir de phnomnes volcaniques dont cette contre aurait t le thtre, plaaient dans le voisinage dHracle la bouche des enfers par o Hercule y aurait pntr, et par laquelle il aurait tran jusqu la lumire Cerbre vaincu et enchan (Georges Perrot, Exploration archologique de la Galatie et de la Bithynie, d'une partie de la Mysie, de la Phrygie, de la Cappadoce et du Pont, excute en 1861, 1872 - books.google.fr).

Cet exploit d'Hercule, descendu dans la caverne d'Acherusia prs d'Hracle en Bythinie, rappelle fortement celui de Marthe. D'autant que la cte mditerranenne gauloise a t parcourue par Hercule lors de ses prgrinations.

La voie terrestre joignant l'Italie en Espagne, travers les Alpes ligures, les territoires celto-ligures des Pralpes, les pays celtiques, puis ibriques, tait apparemment une sorte de voie sacre, protge par un respect religieux, inspir aux indignes par le souvenir du hros divin Hrakls, de sa puissance, et des bienfaits qu'il avait apports. Cette voie prsentait la vrit un grand intrt conomique pour les pays qui la traversaient ou qui la bordaient. La conscience collective de cet intrt prenait la forme d'un sentiment religieux entretenu par les relations amicales entre les marchands et les voyageurs grecs ou trusques hellniss, et les dynastes rgionaux, sous l'gide du hros divin (Jean-Jacques Hatt, Mythes et dieux de la Gaule, Tome 2, 1997 - www.vendomois.fr).

Les Visigoths constiturent un empire englobant toute la Gaule au sud de la Loire et l'ouest du Rhne, ainsi que toute la pninsule Ibrique l'exception du royaume suve au nord-ouest. Mais en 507, Alaric II fut dfait et tu par Clovis, et les Francs occuprent pratiquement tous leurs territoires au nord des Pyrnes. Aprs quoi le royaume visigoth, qui devait durer deux sicles encore et tomber pour finir aux mains des Arabes en 713, fut rduit la pninsule Ibrique plus la Narbonnaise, une troite bande de terrain bordant la cte mditerranenne, des Pyrnes l'embouchure du Rhne. Au VIe sicle, le monnayage visigothique, entirement en or, se rpartit en deux priodes que spare l'inauguration par Lovigild d'un monnayage national vers 580. Durant la premire priode, celle des monnaies pseudo-impriales, on frappa des solidi et des tremisses, dans la seconde uniquement des tremisses. Dans la premire priode, les monogrammes royaux ou les lettres indiquant peut-tre le lieu d'mission font totalement dfaut, de sorte que l'attribution aux Visigoths est entirement base sur la prsence d'exemplaires dans les collections espagnoles ou dans des trsors dont on sait qu'ils ont t trouvs en Espagne ou au Portugal. Les solidi, relativement rares, portent les noms, plus ou moins dforms, d'Anastase, Justin Ier ou Justinien. Au droit, le buste imprial est de grande taille et ornement de manire complique; au revers, la longue croix ou le christogramme que tient la Victoire a frquemment un pied en forme de fourche. Les tremisses sont communs et, bien que de de type uniforme, ils sont de style extrmement vari. Le type du droit comporte un buste de profil avec une grande croix bien en vidence sur la poitrine, accompagn du nom dform d'un empereur byzantin. Le revers montre, avanant vers la droite, portant une couronne et une palme, une Victoire de profil qui, progressivement, va se dformer en une sorte d'animal ressemblant soit un insecte, soit un dragon, parfois mme un kangourou. Nous ignorons si ces monnaies proviennent d'missions locales, souscontrle municipal, et jusqu' quel point elles taient - si mme elles l'taient - soumises la juridiction royale. Il nous est galement impossible de dterminer parmi les premires monnaies au nom d'Anastase celles qui furent mises en Gaule mridionale par les Visigoths et celles qui le furent par les Francs aprs la conqute de 507. Le monnayage national visigothique dbuta quelques annes avant la fin du rgne de Lovigild (568-586), le plus grand des rois visigoths. Les circonstances exactes de ce changement sont incertaines, mais on sait qu'il se droula en trois phases. Les premires pices sont au type traditionnel de la Victoire, mais le nom du roi y remplace la lgende dforme des sries pseudo-impriales. Dans la seconde phase, la Victoire succde une croix sur des degrs, copie des solidi du contemporain de Lovigild, l'empereur byzantin Tibre II, et la lgende du revers donne le nom de l'atelier. La troisime phase voit l'introduction du buste royal de face sur les deux cts de la pice. Au droit, il s'accompagne du nom du roi et du titre de rex. et sur l'autre ct du nom d'un atelier et d'une pithte laudative (par exemple: pius. In clitvs) destine caractriser le roi mais qui, pour des raisons de place, a d tre rejete au revers de sorte qu'elle semble qualifier l'atelier (Philip Grierson, Monnaies du Moyen ge, 1976 - books.google.fr).

Le motif de la Victoire transform en animal a pu tre repris dans l'illustration de la lgende de Marthe et de la tarasque qui marque en effet une victoire, sur le paganisme, les lments naturels (crues du Rhne, invasion d'insectes ?).

Or, continue la lgende, dans le fleuve, entre Arles et Avignon, en un lieu alors nomm Nerluc (le bois noir), vit un dragon, moiti animal (terrestre), moiti poisson, qui dvore les passants et submerge les navires. On demande Marthe d'en dlivrer le pays. Elle entre dans le bois, asperge le monstre d'eau bnite et lui montre la croix, et il devient doux comme un agneau. Elle le lie avec sa ceinture, le ramne au peuple qui le tue et devant le miracle, se convertit. Les gens, dit Voragine, appelaient ce dragon Tarasque, d'o le nom de Tarascon donn au lieu anciennement nomm Nerluc (Saints et dragons: rle des traditions populaires dans la construction de l'Europe, Volume 2, 1998 - books.google.fr).

L'intrt de la lgende de la tarasque, monstre moiti Lviathan dont le poisson du sabbat annonce son partage lors de la victoire du Messie juif, est de faire lien entre le Sot Pcheur et le grand parchemin par l'entremise de Marthe, prsente et affaire l'onction de Jsus, pendant le sabbat, effectue par Marie de Bthanie qui est identifie Marie Madeleine par ce mme grand parchemin.

Si la dynamique de lpope exigeait des dieux, le grand fleuve, rival du Rhin, mais orient vers la Provence, terre du soleil, imposait Mistral au moins deux figures divines : un dieu fluvial, un dieu solaire. Le premier : le Drac, est emprunt au folklore rhodanien ; mais sa figure est isole et grandie, pour en faire un digne partenaire du dieu solaire, Mithra. En fait, ce ntait quun gnie aquatique parmi dautres. Il y avait aussi les Trves, quon voit entraner au fond des eaux le criminel Ourrias, dans un pisode fantastique, le plus beau peut-tre, de Mireille. Et il y avait non un Drac, mais des Dracs ; dans diverses rivires, des bons et des mauvais. Parmi les lgendes recueillies16, Mistral a opr un tri, choisi traits et dtails ; il a anim, potis la figure du monstre, mi-reptile, mi-poisson, mais pourvu dune tte humaine ; ravisseur et dvorateur ; capable dailleurs derrer sur les rives, de prendre une forme son gr. Surtout il a prcis sa valeur mythique. Il le fait entendre clairement : le Drac quil a recr, avec son corps onduleux, ses yeux glauques, ses lvres tremblantes, sa voix indistincte, ses manires caressantes, vasives, incarne la sduction de leau, la fois cline et perfide. Cela dans les anses, les bras o le fleuve salentit et flne parmi les fleurs des marcages. Mais pour la puissance du courant et la furie des crues, il fallait une autre figure mythique : ce sera le taureau, le Rouan : une note de Mistral prcise le double sens du terme : taureau en pleine force, masse deau qui se prcipite ; il en fait le nom emblmatique du Rhne, driv du Rhodanus.

Il faut cerner ce qutait Mithra pour notre pote. Indiffrent ses origines mazdennes, son sens primitif, il voit en cette figure divine le Soleil, et le Soleil de Provence. Soleil de la Provence , dieu rhodanien , cest de ces appellations quuse le prince, dans sa prire Mithra. Le dieu solaire introduit par les lgions romaines, dont le culte a remont la valle du Rhne vers la Germanie, laissant sur son passage une srie de monuments : cest lui que Mistral intgre dans la mythologie de son terroir. Ces monuments nigmatiques semblent lavoir fascin, ainsi que le rituel des mystres ; il a d examiner les uns, tenter de sinformer des autres. Deux monuments surtout lont retenu : le bas-relief de la Fontaine de Tourne, Bourg-Saint-Andol ; et le dieu dArles . Le premier illustrait une scne reproduite de nombreux exemplaires, avec quelques variantes : le jeune dieu immolant un taureau. De ce sujet, le pome donne deux exgses. Celle du prince dOrange doit tre celle de lauteur : il connat Mithra, et voit dans limmolation du taureau un sacrifice ce dieu, sacrifice inconsciemment reproduit aujourdhui dans les Arnes. Plus intressante, linterprtation dune sorcire de Bourg-Saint-Andol : le taureau, le Rouan, reprsente lantique batellerie du Rhne ; le dur jeune homme qui lgorge est le futur destructeur des mariniers. Nous devons comprendre que, pour Mistral, le Rouan incarne ici la fois lantique batellerie et le fleuve lui-mme, gorg, en mme temps quelle, qui tait sa vie, par lhomme des temps nouveaux, Il a crev pour tous, aujourdhui, le grand Rhne , sera le dernier mot de Matre Apian. Lautre monument est au muse dArles : cest le torse acphale dun dieu, troitement enroul dans les replis musculeux dun serpent. Ce dieu, pour Mistral, est Mithra ; le prince dOrange croit reconnatre dans le serpent, le gnie du Rhne. Il retrouve celui-ci la fontaine de Tourne, o lon voit un serpent qui rampe et ondule aux pieds du taureau immol. Ainsi le Drac et Mithra, le Fleuve et le Soleil, sont, pour le prince rveur et pour le pote, deux divinits associes, insparables. Et lors du banquet offert par le prince aux mariniers, il leur propose de clbrer conjointement, en fondant deux traditions locales diffrentes, la Rouanado e la Soulenco , la fte du Rhne et celle du Soleil (Hlne Tuzet, Retour Mistral ou : Thrne pour un fleuve dfunt, 2014 - licorne.edel.univ-poitiers.fr).

Les Trves sont des fes prsentes Rochemaure (La Croix d'Huriel : Sot Pcheur et Par ce signe tu le vaincras 1).

Il semble que dans la religion de Mithra, le dimanche, jour du soleil, tait "particulirement sanctifi". Ainsi les adeptes de Mithra devaient-ils corriger l'ordre traditionnel de la semaine plantaire qui plaait en tte le jour de Kronos-Saturne, tout comme les chrtiens clbraient leur dies dominica ou "kuriak" le jour du Soleil et non le jour de Saturne qui se trouvait correspondre au sabbat juif. [...] origne a conserv un fragment de Clese, o il est dit que selon "la doctrine des Perses et l'initiation mithriatique pratique chez eux", l'me, dans son ascension, passe par sept portes dont la dernire est d'or et est attribue au Soleil. Dans ce classement o le Soleil a la position la plus eminente, l'ordre des plantes est celui des jours de la semaine et le dimanche se trouve au plus haut rang le plus sacr des jours (Vivarais et Languedoc, Fdration historique du Languedoc mditerranen et du Roussillon, 1972 - books.google.fr).

Jsus s'opposa l'ide qu'un jour hebdomadaire ou sabbat dt tre rigoureusement respect. L'origine de la semaine de sept jours provient sans doute du culte primitif de la lune. Les jours de la pleine lune taient sacrs presque partout dans l'Antiquit ; ce fait impliquait la reconnaissance d'un cycle d'environ quatorze jours, dont une semaine tait la moiti. La vritable longueur d'une semaine ainsi dtermine tait exactement de sept jours et trois huitime. Les Babyloniens et les Perses avaient adopt ce mode, et leurs calendriers contiennent des instructions au sujet de plusieurs actes dont il fallait s'abstenir certains jours appels sabbat , lesquels semblent revenir une fois sur sept. [...] Le dimanche ddi au soleil tait sacr depuis des sicles dans les religions paennes et notamment chez les adorateurs de Mithra. Le jour du Seigneur des mithrastes devint le jour du Seigneur des chrtiens, en l'an 321, avec le dcret de l'empereur Constantin (Christian Elleboode, Jsus, l'hritier: Histoire d'un mtissage culturel, 2011 - books.google.fr).

Les peignes et l'arte de poisson

D'aprs La Lgende dore, aprs que Blaise fut dsign comme vque de Sbaste (Armnie) et pour chapper aux perscutions de Diocltien, le saint gagna une caverne du Mont Arge, ancien volcan au sud est d'd'Ancyre, appele aussi Sbaste en l'honneur d'Auguste, o il vcut en ermite. Le gouverneur le fit arrter. En route, Blaise sauva un enfant mourant qui avait aval une arte de poisson, et obtint d'un loup qu'il restitut un pourceau qu'il avait ravi une pauvre veuve. Le gouverneur, ne pouvant obtenir de lui qu'il sacrifit ses dieux, le fit jeter en prison. L, la veuve lui apporta du pain et la tte de son pourceau, ainsi qu'une chandelle : ceci explique l'utilisation de chandelles dans le culte du saint. Par la suite, le gouverneur le fit torturer l'aide de peignes de fer qui lacraient ses chairs, puis ordonna qu'on le jette dans un tang. Mais alors Blaise fit un signe de croix, et la surface de l'tang devint pour lui solide. Le gouverneur le fit alors dcapiter. Lors de sa mort, le saint demanda Dieu que quiconque l'invoquerait pour un mal de gorge ou une autre maladie ft exauc, et cela lui fut accord (fr.wikipedia.org - Blaise de Sbaste).

Blaise serait le doublet d'une divinit solaire perse : Mithra.

Le Proun russe avait pour compagnon Volos, Veles, que nous avons vu figurer avec lui dans les traits conclus avec les Grecs; c'tait un dieu des campagnes et des bergers, sans doute la faon du Mithra perse, Mithra, roi des gras pturages . Ce Veles tait des plus populaires, car il a survcu l'introduction du christianisme, sous le nom de saint Blaise, patron des bestiaux (Andr Lefvre, Germains et Slaves: origines et croyances, 1903 - books.google.fr).

L'oppidum de Saint-Blaise est un site archologique majeur en Mditerrane occidentale, situ sur la commune de Saint-Mitre-les-Remparts, prs de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhne (fr.wikipedia.org - Oppidum de Saint-Blaise).

Mitre appelle Mithra mais en fait il s'agit d'un Demetrius. Le couple Blaise de Sbaste et Demetrius de Thessalonique a pour doublet Blaise et Demetrius de Veroli o ils aboutirent en compagnie de sainte Marie Salom, mre des aptres Jacques et Jean. Vroli est en concurrence avec les Saintes Maries de la Mer, connu depuis le VIe sicle sous le nom de Sanctae Mariae de Ratis , c'est--dire Saintes-Maries-du-Radeau ou de la Barque, pour accueillir cette femme tmoin du Christ. Comme Blaise et Demetrius vont de pair et que Blaise se rapproche de Mithra, on ne peut que penser que Demetrius est un camouflage du mme dieu perse.

Il est significatif que les saintes Maries est accost en Camargue aux bouches du Rhne prs desquelles se trouvent Saint Blaise et Saint Mitre. Or le culte des Maries semblent avoir pour origine des saintes persanes, religieuses d'Hazza en Perse msopotamienne. Le culte de Sara, tant aussi persane, a t adjoint en 1719 (Jacques Baudoin, Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident, 2006 - books.google.fr).

Le BLES du petit parchemin peut faire rfrence Blaise.

Et saint Blaise, qui dcidment tait mis toutes les sauces ! fut considr (lui aussi !) comme patron des agriculteurs et des laboureurs, parce qu'il apprivoisa des btes sauvages. Dans de nombreuses communes, les cultivateurs apportaient l'glise le 3 fvrier une poigne de crales ou de grains semences pour les faire bnir. Au retour, ils mlangeaient cette poigne bnite au reste des semences, afin d'assurer une bonne germination et de prserver les plants des geles et des orages.

Et comme le fait justement remarquer Van Gennep, la coutume se fondait dans l'Isre comme en Savoie sur le jeu de mots qui assimilait bl (bl) San bl ou Sin Bl. La Saint-Blaise, c'tait aussi... la fte des btes ! (Claude Muller, Coutumes & traditions du Dauphin, 1977 - books.google.fr).

Et le lendemain, (de la Chandeleur), pour Sen Blat (Saint-Blaise), les crpes, c'tait pour les btes, les champs, la rcolte. Eh, t, blat, c'est le bl ! clame Rose Bertin, emporte par un crescendo enthousiaste l'vocation des rituels d'un pass qu'elle regrette. (Les Toureilles, 1991.) Le 2 et le 3 fvrier, en effet, se partagent l'espace : le 2 fvrier, la crpe de la Chandeleur est pour l'intrieur, l'aire ferme, la maison. Le 3, celle de la Saint-Blaise est pour l'extrieur, l'aire dcouverte, les champs. Toutefois, parmi mes nombreux informateurs au premier degr, Rose Bertin fait partie de la petite minorit une quinzaine peine qui se souvienne de cette fonction de la crpe de saint Blaise. Blaise est parfaitement vcu par tous ceux qui l'voquent dans son rle de saint protecteur agraire. Mais le thme de la fabrication, le jour de saint Blat (Blaise), de la crpe faite de blat (bl), et protgeant donc par extension toute production agraire, est moins frquent. En fait, il semble que l'association de la crpe de saint Blaise avec le bl n'existe que l o le vocable gascon de saint Blaise est Sen Blat et non Sen Blas (Isaure Gratacos, Calendrier pyrnen: rites, coutumes et croyances dans la tradition orale en Comminges et Couserans, 1995 - books.google.fr).

On trouve une lgende de "Seint Bles" dans un manuscrit conserv Cambridge (Montague R. James, The western manuscripts in the library of trinity college, cambridge, Volume 1, 1900 - books.google.fr).

Au sabbat nous baisons le cul du diable. Pourquoi ? L'me vritable est porte dans le dans le ventre et non ailleurs. L'os d'immortalit termine le bas de l'pine dorsale et il est nomm en kabbale Luz. C'est le fondement du corps et la pierre fondamentale du Temple. Il n'y a l nulle inversion, nulle nulle messe rebours ! C'est la messe peut-tre qui inverse l'adoration de forces un peu platement appeles gnsiques. N'est-il pas naturel que les Templiers qui sont au lieu de de la pierre fondamentale, c'est--dire Luz - l o circulent les mes de l'chelle de Bethel car la pierre du rve de Jacob fut translate pour tablir le fondement du Temple (Zohar) , baisent au fondement celui qui les reoit. Ainsi communient-ils l'me du Prince architecte du monde. [...] On aura invoqu ici un saint patron du souffle anal, des temptes alvines et mtorologiques. C'est Blaise, Vlas, dieu des pendus. En son jour en pays Scandinaves on interdit l'usage d'aliments flatulents, tant on craint que le jeu sur blasen et Blasius, la Saint-Blaise (3 fvrier), ne dchane des temptes pendant toute l'anne. Saint Blaise est celui qu'Eva Pocs a voqu ds les premires heures de notre sabbatique convent : Volos-Veles. Car bien des sicles avant la premire mention de cette divinit slave, le culte du saint est attest en rapport avec les maux de gorge, les souffles, la protection des animaux domestiques. D'origine byzantine, ce culte apparat ds le dbut du VIme sicle. [...] La nuit du 1er mai ou ce jour que dans toute l'Europe apparaissent les Feuillus. Mais les feuilles tournent aussi la Saint-Jean d't et au 1er novembre. Pline nous explique qu'aux solstices les feuilles des arbres bicolores (peuplier, saule, olivier) se retournent. Celles qui paraissaient claires le jour prcdent sont sombres le lendemain. En ces nuits de tournefeuilles, selon saint Grgoire le Grand (Dialogues), les mes des morts se reposent sur les feuilles. Lorsque nous nous en revtons, en se retournant, elles nous incorporent, par leur naturel mouvement, les souffles des dfunts. Voil ce que nous apprend le 1er mai, ce que nous enseigne le temps o tombent les premires feuilles, le 11 novembre et son sabbat de la Saint-Martin. Voil enfin la leon de l'agraire Loup Vert de Jumiges de la Saint-Jean Baptiste, quand tournent les feuilles (Claude Gaignebet, Discours de la sorcire de Saint Julien Lampon, Le sabbat des sorciers en Europe: XVe-XVIIIe sicle : colloque international E.N.S. Fontenay-Saint-Cloud, 4-7 novembre 1992, 1993 - books.google.fr).

La fontaine o se trouve le bas-relief de Mithra Bourg-Saint-Andol s'appelle fontaine de Tourne. Saint Andol (o rsonne Eole, le dieu des vents) est mort martyris le 1er mai 208, qui tait un dimanche, jour sacr de la religion de Mithra, selon la tradition (Vivarais et Languedoc, Fdration historique du Languedoc mditerranen et du Roussillon, 1972 - books.google.fr).

Une translation des reliques de Saint Blaise est clbre le 1er mai.

Volcanisme

Le Bonachus avait pour principale caractristique la facult dexpulser sur des distances considrables, ses excrments, que lon ne saurait mieux comparer qu de la lave en fusion, et qui carbonisaient instantanment tout ce quils atteignaient (cerbi.ldi5.com).

La tarasque alliait l'eau par le Leviathan, et le feu par le bonachus. La bte galate avait donc un rapport avec le volcanisme, qui a lu domicile dans le Vivarais, Rochemaure se trouvant sur un dyke, comme Ancyre, la capitale de la Galatie, aujourd'hui Ankara. La lgende de la fondation de la ville raconte qu'on y trouva une ancre. Alors que proclame un vieux cantique cit par Mistral, "Allez sans voile et sans cordage, Sans mt, sans ancre, sans timon, Sans aliments, sans aviron, Allez faire un triste naufrage ! Retirez-vous d'ici, laissez-nous en repos, Allez crever parmi les flots ! (Frederic Mistral, Mireille: pome provenal, 1864 - books.google.fr).

A l'extrmit de la rgion qui est l'objet de nos recherches on remarque un vaste Systme volcanique qui s'tend sur plusieurs Dpartemens. On croit qu'il se rattachait celui dont l'le basaltique de Brescou est une extrmit, et que de cette pointe, jete dans la Mditerrane, il s'avanait par les hauteurs de Nizas et de l'Arvene, tournait vers Lodve, gagnait les lieux voisins de Cabrillac, parvenait Langogne et Pradelles, prolongeait l une de ses branches dans le Velai, et continuait ensuite au-del de l'ancienne Chartreuse de Bonnefoi et de Montpezat vers Thueys, Jaujac et les Monts Courou [Coiron], jusqu' Rochemaure, sur les bords du Rhne; ainsi, dans cette vaste tendue, des bouches normes, vomissant des torrens embrass, des pluies de cendres et de pierres, avaient, pendant long-temps, accumul les couches de matires liqufies et form ces chausses normes que le voyageur contemple encore. L'histoire se tait sur les rvolutions physiques dont ces lieux furent les tmoins, et seulement l'idiome vulgaire, reste informe, mais prcieux de la langue des Romains, a conserv quelques Montagnes, volcanises autrefois, des noms qui indiquent que si les anciens peuples de la Gaule Mridionale n'ont point vu les flammes s'lever les Cratres que nous retrouvons dans ces contres, ils ont cependant reconnu que ces rochers avaient, comme ceux de l'Etna, des Iles Vulcaniennes et du Vsuve, t couverts par des laves brlantes, et qu'ils ont compar ces feux ceux que la fable plaait dans les sombres demeures de Pluton. Lou Mount Tartas, (Mons Tartas), lous Ufernels ou Infernels (Infrni), l'Arvene (Averni), indiquent, en effet, que ces antiques peuplades ne s'taient point mprises sur ces volcans, dont l'un tait, disait-on, l'entre, la bouche des enfers, Inferni gula, et o l'on avait plac, selon les ides mythologiques de ces temps reculs, l'Averne et le Tartare (Alexandre Louis Charles Andr Du Mge, Statistique gnrale de dpartmens pyrnens, ou, Des provinces de Guienne et de Languedoc, Volumes 1 2, 1828 - books.google.fr).

La tarasque de sainte Marthe a pour parent l'Onachum ou Bonachos galatien qui expluse des excrments incandescents par l'anus, voie basse.

C'est Cluny, dans les annes 1030, sous l'abbatiat d'Odilon, que fut institue la commmoration solennelle de tous les dfunts, le 2 novembre, lendemain de la Toussaint (Michel Lauwers, La mmoire des anctres, le souci des morts: morts, rites, et socit au Moyen Age : Diocse de Lige, XIe-XIIIe sicles, 1997 - books.google.fr).

L'institution de la Commmoration des Morts gagna, ds le principe, tous les curs et frappa les ames d'admiration pour son fondateur. Elle tait l'expression d'une pense la fois si chrtienne et si humaine, elle tmoignait d'un si grand amour pour les hommes et d'une si grande pit envers Dieu, qu'on n'hsita pas la considrer comme une inspiration de Dieu mme. La lgende l'attribua une rvlation, dont le rcit, s'il en faut croire le moine Jotsald (Vita Odilonis, liv. II, c. XIII), tait rpandu partout de son temps. On racontait qu'un moine de Rhodez, revenant d'un plerinage Jrusalem, fut pouss par la tempte sur les ctes de Sicile, dans une de ces les volcaniques o les anciens plaaient le Tartare et les forges de Vulcain. Il y trouva un reclus, auprs duquel il s'arrta quelques jours, en attendant que la mer, devenue plus calme, lui permt de continuer son voyage. Ce solitaire lui demanda de quel pays il tait. Je suis Aquitain, rpondit le moine. Connais-tu un monastre qu'on appelle Cluny et son abb Odilon ? Je les connais parfaitement; mais pourquoi me faites-vous cette question? Je vais te le dire, et grave bien mes paroles dans ta mmoire. Il y a, prs d'ici, des feux souterrains qui vomissent des flammes; les ames des pcheurs, par un jugement manifeste de Dieu, y endurent pour un temps dtermin divers supplices. Une multitude de dmons est sans cesse occupe renouveler leurs tourments, les accrotre chaque jour, les rendre de plus en plus intolrables. Souvent j'ai entendu ces dmons se plaindre amrement entre eux de ce que la misricorde divine accordait frquemment ces ames souffrantes leur libration par l'intercession des hommes religieux et par les aumnes qui se font dans divers lieux saints. Ils se plaignent surtout de la congrgation de Cluny et de son abb. C'est pourquoi, je t'en adjure au nom de Dieu, lorsque tu seras de retour dans ta patrie, fais part cette communaut de ce que je viens de te dire; recommande-lui de redoubler de prires, de veilles, d'aumnes, pour la rdemption des ames places dans les peines, afin que la joie se multiplie dans le ciel, et que le deuil rgne parmi les dmons. Rentr en France, le moine de Rhodez raconta ces choses Odilon et ses religieux, qui en prouvrent une grande joie, et s'occuprent de travailler de plus en plus au soulagement des ames du purgatoire : de l vint Odilon la pense de fonder la Fte des Trpasss (Jean-Henri Pignot, Histoire de l'ordre de Cluny depuis la fondation de l'Abbaye jusqu' la mort de Pierre-le-Vnrable: 909-1157, 1868 - books.google.fr).

Au Prou, dans certaines communauts indiennes christianises ayant conserver une part de leur propre culture, le volcan est un lieu de passage obligatoire des mes qui s'y purifient par le feu et en sont libres sous forme de colombes (Valrie Robin Azevedo, Miroirs de l'autre vie: pratiques rituelles et discours sur les morts dans les Andes de Cuzco, Prou, 2008 - books.google.fr).

Sabbat et me

Les Juifs reconnaissent une sorte de Purgatoire qui dure pendant toute la premire anne qui suit la mort de la personne dcde. Selon eux, lame, pendant ces 12 mois, a la libert de venir visiter son corps, revoir les lieux et les personnes pour lesquels elle a eu pendant la vie quelque affection particulire. Ils nomment le Purgatoire le sein d'Abraham, le trsor des vivants, le jardin d'Eden, la Gehenne suprieure, l'opposition de l'enfer qu'ils appellent Gehenne infrieure. Le jour du sabbat est, selon eux, un jour de relche pour les mes du Purgatoire ; et au jour de lexpiation solennelle, ils font beaucoup de prires et d'uvres satisfactoires pour les soulager (Franois-Joseph-Michel Nol, Dictionnaire de la fable, Tome II, 1810 - books.google.fr).

Blaise celte et gorge

Un Blaise apparat aussi la lgende Merlin, tre fou et rempli de vent.

Dans le cas de Merlin, bien que le texte de la Vita Merlini ne le prcise pas, ce loup gris traduit vraisemblablement le mot celtique bleizh (qui signifie loup ). En ralit, ce loup (bleizh) n'est autre que matre Blaise, personnage bien connu des romans franais o il est justement le scribe et le confident attitr de Merlin (chez Robert de Boron, dans le Merlin et ses suites, etc.). Matre Blaise transcrit exactement tout ce que lui rapporte Merlin. Il est le scribe qui recueille ses prophties, son porte parole et son secrtaire particulier la fois. Blaise est ainsi le double de Merlin, comme le loup est le compagnon de l'Homme sauvage. Dans les Prophties de Merlin, compilation romanesque de la fin du XIIIe sicle, lorsque matre Blaise meurt, c'est un certain matre Antoine qui le remplace. Cesdeux personnages portent des noms de saints particulirement lis aux animaux (le loup pour Blaise, le cochon pour Antoine) et une priode calendaire (le 3 fvrier pour Blaise, le 17 janvier pour Antoine). Ils tmoignent l'un et l'autre de l'importance du thme de l'animalit divine li l'enchanteur. Dans la Vita Merlini, l'invocation de Merlin au loup (v. 102 et suiv.) souligne la sollicitude singulire de l'enchanteur pour les btes sauvages en gnral et pour le loup en particulier. Tel saint Blaise dans la Lgende dore, Merlin sait parler aux animaux et se faire comprendre d'eux. [...]

En usant d'une mtaphore capitale dans la pense thologique des Celtes (et, curieusement, aussi du christianisme), on pourrait dire que Blaise dlie la gorge de l'enfant. l'inverse du loup qui paralyse la gorge les personnages qu'il rencontre, le loup Blaise gurit la gorge en la dliant. Le christianisme n'a retenu comme vritable pouvoir thaumaturgique que la capacit dlier mais, primitivement, le loup Blaise lie et dlie, autrement dit possde un pouvoir de vie et de mort la fois. En ce sens, il s'apparente ce dieu lieur gaulois dont parle un historien grec du IIe sicle aprs J.C., Lucien de Samosate, Ogmios (Philippe Walter, Merlin ou le savoir du monde, 2012 - books.google.fr).

La dcouverte de deux tablettes de dfixion Bregenz, publies par R. Egger, Aus der Unterwelt der Festlandkelten, JOEAI, XXXV, 1943, p. 93-137, fait d'Ogmios un dieu souterrain assimil Dis-Pater. Il doit lier plusieurs parties du corps de la victime (Annales littraires de l'Universit de Besanon, 1973 - books.google.fr).

Thomas de Cantimpr (1201- Louvain, 1272), dominicain, considr comme un prcurseur de la science moderne, explique, la mme poque, le fait qu'un homme qui est vu par un loup devient muet par l'action desschante sur sa gorge du pneuma, autrement dit du spiritus issu du regard du loup (Max Caisson, La science du mauvais oeil (Malocchio), Le Regard, Numro 30 de Terrain (Paris, France), 1998 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Thomas de Cantimpr).

En s'appuyant sur les crmonies qui avaient lieu Jumiges la Saint-Jean [Loup Vert], Gaignebet a tabli un lien intressant entre le loup, les ftes des solstices et la gorge. [...] Comme saint Biaise et le loup, saint Jean-Baptiste a un pouvoir sur la gorge : chaque fois que le larron qui avait vol les ornements d'un tombeau prs d'une glise de saint Jean- Baptiste tentait d'entrer dans l'glise, "il tait frapp la gorge comme par un vigoureux athlte et il tait jet aussitt la renverse" (Asdis R. Magnusdottir, La voix du cor: la relique de Roncevaux et l'origine d'un motif dans la littrature du Moyen Age (XII-XIVe sicles), 1998 - books.google.fr).

La Saint-Blaise, en Angleterre surtout, et le Carnaval, connaissent le tabou du travail des fibres textiles, cardage et purification, par crainte de lier magiquement les vents. La relation du pantagruelion au souffle y est donc explicite. Comment situer, face ces deux ples, le caractre ursin de Blaise? Est-il chanvre, est-il ours ? Pour des raisons de symbolisme lmentaire, les cheveux et les poils correspondent, dans le registre animal, aux fibres du domaine vgtal. Les jeunes filles procdent aux semailles, les cheveux dnous ; la prsence d'un chauve est de mauvais augure. Les divinits charges de la croissance ont en commun un aspect velu et hirsute. L'ours est donc en fait le matre de toutes les plantes textiles dangereusement liantes. Nous en trouvons confirmation dans l'aspect de sa pardre, l'tre mythique qui lui est associ : nymphe des fontaines, des sources et des lacs, sirne mdivale compagne de l'homme sauvage. Mlusine, elle est reprsente peignant sa longue chevelure. Elle est la redoutable image du rouissage. Enfin, saint Blaise est-il ours, ou souffle ? Dj Aristote nous apprend que le jour de sa dshibernation cet animal mange d'une plante purgative et expulse un bouchon anal qu'il a conserv tout l'hiver. C'est ce pet de l'ours qui assure la libration printanire des mes (Claude Gaignebet, Marie-Claude Florentin, Le carnaval: essais de mythologie populaire, 1974 - books.google.fr).

Le volcanisme, c'est le mtorisme de la terre (Pierre Vandevennne (12/04/2005, 21h23)).

L'anneau de saint Blaise

Parmi les bagues inscriptions doivent tre rangs les amicaux de caractre, talismanique. Celle qu'on a trouve dans le tombeau d'Ulger, vque d'Angers au XIe sicle, est surmonte d'un jaspe ordinaire et porte l'inscription quelque peu mystrieuse THEBAL GUT GUTTHAN! (Guris bien la goutte). L'anneau de saint Blaise, vque de Sbaste, conserv dans le trsor de l'abbaye de Viguogne et reproduit dans le Hierogazophilacium Belgicum d'Arnold Bayssius, fournit, sur sa face extrieure, la lgende analogue GHEBAL. GVT. GUTHENsis, GVTHANI; et l'intrieur, NAI. GUBA. VBA. GOTA.

GHEBAL : mot hbreu signifiant "guris !" ; GUT : allemand "bien" (Lt-Col Dervieu, La bague au moyen ge, Revue archologique t. XIX - loadz.free.fr).

Le peigne d'or

On retrouve un peigne d'or dans la main d'un saint identifi saint Blaise dans un vitrail York en Angleterre (The Painted Glass of York: An Account of the Medieval Glass of the Minster and the Parish Churches, 1927 - books.google.fr).

In Nottingham, the mayor was installed on Saint Michael's Day, in Coventry this happened at Candlemas, in York on the following day, Saint Blaise's Day (Franois Laroque, Shakespeare's Festive World: Elizabethan Seasonal Entertainment and the Professional Stage, traduit par Janet Lloyd, 1993 - books.google.fr).

Les sirnes, Vnus, les banshees ont des peignes d'or qui leur servent lisser leurs cheveux.

Flandre au lion ! tait le cri des comtes de Flandre ; Au peigne d'or ! celui des sires de Culant. Telle autre maison faisait de son cri de guerre une sorte d'exhortation aux vaillants ou de menace aux vaincus, sans caractre propre ou gnrique (Paul Lacroix, L'ancienne France: la chevalerie et les croisades, fodalit, blason, ordres militaires, 1886 - books.google.fr).

La dfinition de quelques cris tranges a chapp toutes les investigations. Celui des Culant du Berry "Au peigne d'or!" et celui, non moins curieux, des Chteauvilain (Franche-Comt) "Chastelvilain l'arbre d'or!" tonnent d'autant plus qu'ils n'ont ni peignes ni arbres dans leurs blasons (Magasin pittoresque, Jouvet & cie., 1889 - books.google.fr).

Culan se trouve sur le mridien de Paris. C'est la pointe nord du parler occitan ("Croissant occitan") et de l'araire chambige, rpandue dans le sud de la France, absente sur la faade atlantique, dans la valle du Rhne et dans les Alpes.

Culan est le nom du forgeron de la lgende irlandaise dont Demn tua le chien qu'il remplaa pour devenir le "chien de Culan", Cuchulainn.

Culan en irlandais se rapporte une coiffure de cheveux laisss longs en arrire de la tte, appele en anglais coolin que le roi Edouard Ier interdit en 1295 (Dublin Penny Journal, Volume 1, 1833 - books.google.fr).

Cela rappelle les cheveux longs des rois mrovingiens.

Linstitution des rois chevelus, bien antrieure la conversion des Francs au christianisme, traduit ainsi lintgration de modles culturels transmis par le canal de la romanit et repris par Grgoire de Tours, qui les intgre dans sa construction narrative. Lhistoriographe, qui ne peut ignorer la symbolique biblique de la chevelure royale, y compris celle de la dsinvestiture par la coupe des cheveux, ni ses liens avec la vocation sacrale des rois vtrotestamentaires, apparat ainsi comme le vritable inventeur des reges criniti. La longue chevelure permet Grgoire de Tours dtablir une filiation entre les rois mrovingiens et ceux de lAncien Testament; elle devenait lexpression dune forme dlection divine que la conversion au christianisme devait magnifier (Rgine Le Jan, La sacralit de la royaut mrovingienne, 2003 - www.cairn.info).

Le peigne d'or des couronnement des rois d'Angleterre

The ancient Regalia of England, from the time of the Conquest to that of the Commonwealth, comprised the presumed royal ensigns and vestments of Edward the Confessor, and consisted of 1. The crown ; 2. The orb, or mound ; 3. The sceptre with the cross ; 4. The sceptre with the dove ; 5. The staff ; 6. The bracelets ; 7. The spurs ; 8. The sword, or swords ; 9. The ring ; 10. The comb ; 11. The ampulla and spoon ; 12. The chalice and paten ; 13. The royal robes, buskins, &c.

In the Cotton MS., Claudius A. VIII. is an inventory of the Regalia, preserved in the Abbey of Westminster about the year 1450, written by a monk named Richard Sporley, by the aid of which, combined with the inventory made in 1649, we shall be able to arrive at something like a satisfactory conclusion.

Few persons are aware of such an article forming part of the English Regalia, but in Sporley's Catalogue we find "unum pectinem aureum" and in "a brief out of the book called Liber Regalis, we read, The prayers being ended, a shallow quoife is put on the King's head, because of the annoynting: if his Majestie's haire be not smooth after it, there is King Edward's ivory combs for that end. Amongst the regalia at Westminster, the Parliament commissioners found neither a gold nor an ivory comb, but "one old combe of home, worth nothing." (J.R. Planch, Regal Records Or A Chronicle of the Coronations of the Queens Regnand of England, 1838 - books.google.fr).

L'onction des rois suivant leur onction permet de mettre en relation le peigne d'or avec l'huile. D'autant que la pierre de Scone qui serait la Lial Fail irlandaise (saxum fatale : pierre du destin), ainsi que la pierre de Bethel que Jacob oignit d'huile.

The Stone of Scone in the Coronation Chair at Westminster Abbey. Published in A History of England (1855)

Dans certaines glises o l'on vnre saint Blaise, les fidles recueillent l'huile des lampes allumes sur l'autel de l'vque de Sbaste. Cette huile, appele huile de saint Blaise, gurit dit-on les maux de gorge (Andr Jeanmaire, Vieux Metz : Le Quartier Saint-Eucaire, 1974 - books.google.fr).

En Maurienne, on connat galement l'huile de saint Blaise, ainsi Notre- Dame du Cruet [...] Le cur bnit une huile de saint Blaise, en frotte le cou avec un pinceau aux fidles qui se prsentent la table de communion. Ils en emportent une petite quantit chez eux comme remde. (Roger Devos, Vie et traditions populaires savoyardes: Chablais, Faucigny, Genevois, Tarentaise, Maurienne, Combe de Savoie, 1991 - books.google.fr).

Quatre glises sont ddies saint Blaise en Angleterre, celles de Milton dans le Berkshire, de Saint-Blazey en Cornouailles, de Haccombedans le Devonshire, et de Boxgrove dans le Sussex, celle-ci ddie en mme temps la Vierge. La commmoration de ses divers attributs a lieu encore tous les sept ans dans la ville de Bradford, o l'on clbre en son honneur une de ces solennits thtrales, moiti chrtiennes, moiti mythologiques, qui rappellent les mystres et les pageants du moyen-ge. On y mle aux personnages de l'histoire du saint ceux de la fable des Argonautes, le hros grec Jason partageant les honneurs avec son compatriote l'vque de Sebaste (Les saints et les ftes du calendrier anglican, Revue britannique: Revue internationale reproduisant les articles des meilleurs crits periodiques de l'tranger, complts par des articles originaux, Volume 1, 1852 - books.google.fr).

Le dernier roi d'cosse tre couronn sur la pierre de Scone fut John Balliol, le 30 novembre 1292. Ce dernier avait d, pour triompher de ses comptiteurs, prter au roi d'Angleterre douard Ier un serment d'allgeance qui en faisait son suzerain. Mais la volont d'douard de faire sentir de tout son poids les devoirs qu'imposait la nouvelles sujtion des cossais au roi anglais entrana un mouvement de rvolte dont Balliol prit la tte en dsavouant le serment fait douard. La campagne militaire qui s'ensuivit vit le triomphe d'douard, qui se saisit, entre autres symboles de la royaut cossaise, de la pierre de Scone en 1296. la pierre fut prise comme butin de guerre et emporte l'abbaye de Westminster o elle fut place sous la King Edward's Chair (trne du couronnement du roi Edouard le Confesseur) sur laquelle les souverains anglais s'asseyaient, afin de symboliser leur domination autant sur l'cosse que sur l'Angleterre. (fr.wikipedia.org - Pierre du destin).

Selon la lgende, l'abbaye aurait t fonde en 616, sur le site d'un ancien lot de la Tamise baptise Thorn Ey ( le de Thorn ). Un pcheur nomm Aldrich y aurait t tmoin de visions de l'aptre Pierre. Au xe sicle par Dunstan de Cantorbry qui y installa une communaut de moines bndictins avec l'appui du roi Edgar le Pacifique. Puis, au milieu du XIe sicle, le roi anglo-saxon douard le Confesseur fait construire son palais sur les rives de la Tamise proximit du monastre qu'il dcide alors de construire avec des dimensions plus grande et qu'il ddia saint Pierre. L'abbatiale est consacre le 28 dcembre 1065, peu avant la mort du souverain le 5 janvier 1066. Le 6 janvier, douard le Confesseur est enterr dans l'glise et neuf ans plus tard son pouse, dith de Wessex, est enterre ses cts. LAngleterre est envahie par le duc de Normandie Guillaume le Conqurant et celui-ci se fait couronner roi dAngleterre dans labbatiale le 25 dcembre 1066 (fr.wikipedia.org - Abbaye de Westminster).

But the south transept was not devoid of altars. One such existed bearing the dedication of St. Blaise, the patron saint of Woolcombers, though not a trace survives today. For upwards of a century all knowledge of its existence disappeared. Only within comparatively recent times has its curious history been revealed. The Chapel of St. Blaise, according to Dart, originally consisted of an enclosure, square in plan, and surrounded on three sides with stone walls or screens. The eastern screen stood several feet east of the place where is now the modern wall, which provides a back to the monuments of Matthew Prior, Shakespeare, and others. The western enclosure was pierced with a doorway in the centre and skirted the passage leading into St. Faith's Chapel. On the south it was bounded by the wall of the transept. In the document entitled the 'Cartulary of Westminster' quoted by Dean Stanley, it is stated that Prior Richard de Merston spent one hundred marks on the altar of St. Blaise and its appurtenances. Moreover, this Chapel was closely associated with the famous name of Abbot Nicholas Litlyngton, who was buried here in 1386 beneath a plain marble slab. Apparently some traces his tomb still remained when Widmore was writing his history during the first half of the eighteenth century Dart, again, when enumerating the Benefactors of the Abbey, speaks of 'his chapel' in connexion with the great Abbot. Hence we can assume that it was equipped with splendid furniture and that its screens were at least as ornate as those which have escaped destruction. Striking confirmation of the magnificence of the Chapel has been revealed within the last few years by the discovery of the two majestic paintings of the Incredulity of St. Thomas the Apostle and St. Christopher on what was once its south wall. Professor Tristram has claimed that the emergence of these two great figures which, hidden away behind monuments, had passed out of the mind of man, 'must rank among the most important discoveries of recent years'. The figure of St. Christopher, over nine feet high, is clothed in a tunic. The general colour scheme is purple, blue, and yellow, on a light green background. Purple and green predominate in its companion on a vermilion background diapered with crimson fleur-de-lis. The two figures are outstanding examples of the work of the Westminster School of painters in the latter part of the thirteenth century. They may even be the work of Master Walter, the King's painter, one of the most famous English craftsmen of his day. It is possible that these figures formed part of a series adorning the whole south transept. They clearly added immense dignity to the grave of Nicholas Litlyngton. At some date unknown, but subsequent to the Dissolution, the Dean and Chapter decided that this Chapel, stripped by now of most of its glory, might well be adapted to form a choir vestry. Accordingly they extended its area westward to the wall now covered with the monuments of Handel and others, enclosing it with wainscot partitions. The first allusion to the Chapel in this, its Post-Reformation character, occurs in the pages of Keepe whose history was written in 1682. His words suggest that its use as a vestry had become an established custom by that time. In the South Cross where the Dial and Clock stand and the place made use of at present as a Revestre, was formerly a Chappel dedicated to St. Blase in which Chappel Nicholas Litlyngton Abbot of Westminster was buried in the year 1386, after he had governed the Monastery twenty five years. Dart speaks in greater detail and complained of this 'scandalous blot on the beauty of this part of the Church'. Thus the existence of the medieval chapel was still remembered in the early decades of the eighteenth century, when further changes took place. In 1721 there died a distinguished Old Westminster, the poet Matthew Prior. It was decided to commemorate him with a monument of exceptional importance, including a bust by Coysevox presented to him, when at Versailles on a diplomatic mission, by Louis XIV. The inscription was composed by Dr. Freind, the Headmaster, 'in honour of one who had done so great honour to the school'. The monument was designed by James Gibbs and placed in the hands of the sculptor Rysbrack for execution, the immense sum of 500 having been bequeathed by Prior for 'this last piece of human vanity'. Down came the eastern screen of the Chapel of St. Blaise and part of that on the north. An ugly wall was erected from pillar to pillar to serve as a background for the huge monument. It seriously reduced the original area of the Chapel, though it came in useful, later on, for the memorials of Shakespeare and others. The Dean and Chapter a few years later, decided to transfer the Choir Vestry to the adjoining Chapel of Saint Faith, at the same time destroying the remaining vestiges of the Chapel of St. Blaise, save for a few tiles which disappeared in the following century (Jocelyn Perkins, Westminster Abbey, its Worship and Ornaments, Volume III, Alcuin Club Collections, Volume 38, Mayhew-McCrimmon, 1952 - books.google.fr).

The Chapel of St. Blaise, is supposed to have been originally occupied as a treasury, or place of security for the numerous valuables, either deposited in, or belonging to, the ancient monastery. Dart describes it as having in his time three doors, the inner one being cancellated; and that in the middle of great thickness, lined with skins, resembling parchment, and driven full of nails. He adds, that there was a traditionary account, that these were the skins of some captive Danes, which had been tanned and placed here in memorial of the delivery of England from the yoke of those invaders. (Edward W. Brayley, The History and Antiquities of the Abbey Church of St. Peter, Westminster, Volume 2, 1823 - books.google.fr).

Le scone est un petit pain britannique, ou cake lorsque la recette inclut du sucre, d'origine cossaise. Les scones sont principalement constitus de bl, orge ou avoine, avec de la levure comme levain (fr.wikipedia.org - Gteau scone).

Boudet fait une mme association entre pierre et pain page 167 de La Vraie Langue Celtique :

Le cercle de pierres, ordinairement de forme ronde, reprsente le pain : Cromleck, en effet drive de Krum (Kreum), mie de pain et de to like (la ke), aimer, goter. Dans le Cromleck de Rennes-les-Bains, on voit de fortes pierres rondes, figurant des pains, places au sommet de roches normes.

En Angleterre, l'huile de saint Thomas Beckett (donne par Notre-Dame) n'apparat que sous Edouard II et n'est utilise rgulirement qu' partir de l'accession au pouvoir des Lancastre. Les onctions sont moins nombreuses en Allemagne o l'on attribue aucune origine particulire l'huile utilise. La remise des insignes est faite par le clbrant et par des corps privilgis : les pairs de France, les barons des cinq ports et les chefs du peerage en Angleterre, les princes lecteurs en Allemagne. Les objets utiliss qui sont de date trs variable sont partout considrs comme immmoriaux et sacrs. La couronne de France serait celle de Charlemagne ou de saint Louis, l'pe Joyeuse est carolingienne, en Angleterre on attribue les regalia saint Edouard le Confesseur, en Allemagne, Charlemagne ou Otton Ier. Ils sont gards en lieu sr (Westminster, Saint-Denis, Karlstein sous les Luxembourg et Nuremberg aprs 1424) o ils sont exposs rgulirement la vnration des foules. En Allemagne, leur possession est considre comme le signe tangible de la lgitimit du prince. Aprs la crmonie, une nouvelle procession ramne l'lu de Dieu au palais au milieu de la liesse populaire. Banquet du sacre, tournois, adoubements par le nouveau roi clturent la fte. Le sacre fait du prince une personne mixte mi-laque mi-ecclsiastique. Si l'Eglise ne lui reconnat que le rang d'un diacre et des prrogatives liturgiques restreintes (le roi de France communie sous les deux espces, l'empereur lit l'Evangile de Nol), le peuple ne doute pas de son caractre sacr et mme quelque peu magique. Le roi de France gurit les crouelles, avec un succs que n'branlent ni ses conflits avec le pape ni la guerre de cent ans. Le rite formalis au XIIIe sicle ( le roi te touche, Dieu te gurit ) fonctionne mme pour des plerins trangers au royaume ou lors des expditions d'Italie. Les rois d'Angleterre rencontrent aussi le succs avec les cramps rings qui soignent l'pilepsie (the king's evil). Rien de tel en Allemagne o le roi ou l'empereur sont nanmoins revtus d'un caractre religieux trs net. Le sacre est-il gnral et obligatoire ? Les pratiques impriales ont certes gagn assez gnralement toute l'Europe chrtienne, l'Italie du Sud y compris. Mais la pninsule Ibrique fait bande part. Le sacre y est inconnu (Portugal) ou encore tardif et rare. La Navarre le pratique depuis 1257 par influence franaise, l'Aragon de 1204 1414, la Castille de 1332 1379. Au XVe, il n'y a donc sacre ni en Aragon ni en Castille mais simplement une rception solennelle des insignes royaux. L'hritier qui a t jur (reconnu solennellement) par les Cortes et les grands auxquels il a promis le respect des Fueros reoit le pouvoir Las Huelgas de Burgos (pour la Castille), Saragosse (Aragon) ou Lisbonne. Plus exactement, il y manifeste publiquement pour la premire fois l'tendue et la nature de son pouvoir. En effet, les princes espagnols avaient le souci de dmontrer leur indpendance vis--vis de la papaut qui avait protg la Reconquista mais multipli les interventions et obtenu la vassalit de certains d'entre eux. Aussi, en recevant l'onction, prcisait-on bien que cela n'engageait rien vis--vis de Rome et on y renona assez vite. Passrent alors au premier plan l'adoubement royal et le couronnement. Selon les cas, le roi est adoub par l'vque, s'adoube lui-mme ou reoit l'adoubement du bras mcanique de la statue de saint Jacques. Ensuite, il s'autocouronne (selon le modle de Frdric II) et reoit solennellement l'pe du royaume. Le retour au palais se fait sur un cheval blanc sceptre ou globe d'une main, pe dans l'autre (Jean Favier, XIVe et XVe sicles: crises et genses, 1996 - books.google.fr).

Carr SATOR et Mithra

Et M. Carcopino passe alors en revue les diverses explications proposes par les spcialistes qui se sont attaqus au problme. Il semble qu'un seul d'entre eux, travers l'explication mithriaque qu'il donne, ait souponn la ralit : il s'agit de M. Omodeo (Critica 38, 1940, 45 s.), qui voit dans le semeur (Sator) Mithra, le Dmiurge, et dans les roues (rotas) qu'il tient (tenet) celles du char solaire (arepo) dont la course est en train d'uvrer le monde (opera). Que l'on rejette cette interprtation en ce qu'elle a d'exclusivement mithriaque et par consquent de non-chrtien, n'implique nullement que l'on doive en repousser l'ide principale ; or cette ide n'est pas fausse, sous rserve du double sens suggr par le mot AREPO : ce mot suggre en effet, non seulement l'ide du char, ou plutt du Chariot polaire et non pas du mythique char solaire , mais aussi, par extension, celle du cosmos au milieu duquel se tient, immobile en son ubiquit, le char cosmique men par la Providence ; on aurait pu s'en aviser en se demandant comment un semeur peut en mme temps tenir les roues d'une charrue ... Il semble donc que l'on puisse envisager de traduire, dans cette perspective, peu prs ainsi : par son uvre (opera) dans le monde (arepo) le divin semeur (sator) maintient leur place (tenet) les roues du char cosmique (rotas). C'est--dire, sotriquement : par sa cration continue, le crateur ralise sa perfection (puisque, en dfinitive, tout est toujours parfait) (tudes traditionnelles, Numros 321 328, 1955 - books.google.fr).

La thse mithriatique a t reprise par W.O. Moeller (Walter O. Moeller, The Mithraic origin and the meanings of the Rotas-Sator square, 1973 - books.google.fr).

Une chapelle Saint Blaise se trouve Gras, entre Rochemaure et Bourg-Saint-Andol, celle de Saint Sulpice Saint Marcel d'Ardche un peu plus au sud.