Partie XV - Le Cercle et la Croix des Prophètes   Les Prophètes et Rennes le Château   Les T de la dalle verticale de Marie de Nègre : saintes lances   
LE CERCLE ET LA CROIX DES PROPHETES DOMAINE SAUNIERE RENNES LE CHATEAU TELPHE LANCE ACHILLE

Les T de la dalle verticale de Marie de Nègre

Le T de PACTUM qui se trouve dans le cimetière de l'église de Rennes le Château est peut-être l'un de ceux de la dalle de Marie de Nègre (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière, hexagone et nouvelle alliance - books.google.fr).

La dalle verticale de Marie de Nègre présente 6 T inscrits. La diagonale des T de CT, SEPT et CATIN coupe les deux parallèles CT-GIT et ANTE-SEPT selon un angle octogonal. En effet si on trace un octogone posé sur la parallèle du bas on en a les sommets CT, BLANCHEFORT, ANTE et SEPT. Le centre de l'octogone est sur le P de HAUPOUL et ce point avec le T de GIT fait un angle hexagonal (30 degrés) avec la diagonale. On a alors une trisection de l'angle de 45 degrés de l'octogone.

Sur la diagonale des T on a le mot TELPHE TET ou TLET. On s'en tiendra à TET.

Télèphe

Telphe est semble-t-il une variante étrusque du nom de Télèphe, héros de la mythologie grecque, comme Achle l'est d'Achille (L. Bouke van der Meer, Interpretatio Etrusca: Greek Myths on Etruscan Mirrors, 1995 - books.google.fr, La Presenza Etrusca Nella Campania Meridionale: Atti Delle Giornate Di Studio: Salerno-Pontecagnano, 16-18 Novembre 1990, 1994 - books.google.fr).

Dans la mythologie grecque, Télèphe est le fils d'Héraclès et d'Augé, fille d'Aléos, roi de Tégée en Arcadie, ou comme à Mantinée, se trouve un tempkle d'Athéna Aléa, potnia du marais desséché. Aléos, roi de Tégée en Arcadie, est prévenu par un oracle contre la naissance d'un petit-fils. Il fait donc de sa fille Augé une prêtresse d'Athéna, vouée à la chasteté. Violée par Héraclès, qui avait trop bu, elle donne naissance à Télèphe. Découverte, elle est abandonnée à la mer dans une barque, cependant que Télèphe est exposé sur le mont Parthénion.

La ville de Pergame, en Mysie, le revendique comme son fondateur. La ville est citée dans l'Apocalypse parmi les sept Églises d'Asie, les chrétiens de la ville étant mis en garde contre les tenants du nicolaïsme. Le terme « nicolaïtes » est cité à deux reprises dans l'Apocalypse. La première mention apparaît aux versets 2:6 dans les paroles adressées à l'Église d'Éphèse : « tu as pourtant ceci, c'est que tu hais les œuvres des Nicolaïtes, œuvres que je hais aussi. » Une seconde apparaît dans la lettre à l'Église de Pergame (2,14–15).

La bibliothèque de Pergame est une des plus importantes bibliothèques de l'Antiquité ; elle n'était dépassée, dans le monde grec, que par celle d'Alexandrie. Selon Pline l'Ancien, Pergame aurait inventé le parchemin, car Ptolémée V, de peur que cette nouvelle bibliothèque ne fasse de l'ombre à celle d'Alexandrie, aurait interdit l'exportation de papyrus (fr.wikipedia.org - Télèphe, (fr.wikipedia.org - Bibliothèque de Pergame, (fr.wikipedia.org - Nicolaïsme, La Croix d’Huriel et pierres noires : Le Sceau de Palaja et les 7 diacres).

Dans la fresque du Télèphe trouvée à Herculanum, Hercule, couronné d’olivier, portant suspendus à un baudrier son arc, son carquois et la peau de lion, debout entre un aigle et un lion, symbole de la puissance et de la force, regarde avec complaisance son fils Télêphe, que la biche est en train d’allaiter. L’Arcadie personnifiée est devant lui, assise sur un rocher, tenant une branche d’arbre et ayant à côté d’elle un panier rempli de fruits divers, symbole de sa fertilité. Derrière elle se tient Pan, le dieu arcadien par excellence, objet d’un culte spécial à Tégée, tenant la syrinx et le pédum. Près Hercule est le Génie de 1’été, tenant des épis et montrant du doigt Télèphe au héros thébain (François Lenormant, Felix Robiou, Chefs-d'oeuvre de l'art antique, Tome 2, 1867 - books.google.fr).

On connaît la légende de Télèphe, à laquelle Euripide avait consacré une de ses tragédies, parodiée par Aristophane dans les Acharniens puis dans les Thesmophories. Quand les Achéens débarquèrent en Mysie, Télèphe, qui tentait de les repousser, fut blessé à la cuisse par Achille. Il ne pouvait obtenir la guérison de sa blessure qu'en s'adressant à celui qui en était l'auteur. Selon l'Epitome d'Apollodore (III, 20), Achille répandit sur la plaie la rouille de la lance du Pélion. On reconnaîtra dans cette légende l'application du principe "o trôsas iasetai" (principe des médecins grecs : « c'est ce qui a blessé qui guérira »), dont la légende du Graal offre un autre exemple célèbre (Léon Lacroix, Le problème des armes d'Achille dans l'Iliade et dans les prolongements de la légende. In: Journal des savants, 2002, n° 2 - www.persee.fr, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Etudes particulières de psaumes : Psaume 93 : Orion, la folie et le Sot Pêcheur).

Le Pélion fait une apparition dans La Vraie Langue Celtique page 239 correspondant au psaume 84 (239-155) et à la page 84 qui parle du labyrinthe :

...on n'est guère surpris que les Grecs aient inventé, au sujet de ces énormes pierres, dont ils ignoraient la signification et placées sur le sommet des collines, leur fable des géants aux longs cheveux, au regard farouche, cherchant à escalader le ciel, et entassant Ossa sur Pélion et l'Olympe sur Ossa. (VLC, p. 239)

L'étoile Sirius semble faire le lien entre les deux pages.

Le culte d'un Zeus Akraios (c'est-à-dire des hauteurs) se célèbre sur le Pélion. Voici maintenant la donnée qui nous y intéresse: tous les ans, au moment de l'apparition de Sirius (nous avons relevé la même précision à Céos et dans la légende correspondante d'Aristée), il y a une procession qui se rend au sommet de la montagne et dont les participants sont enveloppés de peaux de béliers fraîchement tués (sans doute fraîchement immolés). Tous les détails de la description que nous devons à un auteur du IIIe siècle avant J.C. sont à retenir. A la procession, conduite par le prêtre, participent les jeunes gens les plus distingués, dans la fleur de l'âge. Au sommet du Pélion, qui doit être son point d'arrivée, il y a, contre le sanctuaire de Zeus, un antre qualifié Cheironion - du nom du fameux Centaure, lequel est le représentant le plus éminent et le plus caractéristique de l'espèce, comme éducateur de maints héros et comme incarnant aussi une société d'initiés, telle que nous avons le droit de considérer celle des Centaures dont le mythe doit perpétuer le souvenir de confréries préhistoriques à déguisements animaux (qui ne sont peut-être pas celles qui nous intéresseraient directement ici, mais il va de soi que les associations d'idées et des souvenirs à l'époque classique sont plus ou moins capricieuses, et l'essentiel, c'est que nous en trouvions une semblable) (Louis Gernet, Polyvalence des images: testi e frammenti sulla leggenda greca, 2004 - books.google.fr).

Aristée naquit de Cyrène enlevée par Apollon du mont Pélion et transportée en Libye. Aristée se rendra dans l'île de Céos avec des Arcadiens et fera souffler les vents étésiens pour rafraichir le pays accablé par la canicule en sacrifiant à Zeus Ikmaios. Héros civilisateur, il règnera en Arcadie où il enseigne la culture des abeilles et l'usage du miel (Charles Daremberg, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines d'après les textes et les monuments, Tome 1, 1875 - books.google.fr, Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière : son testament anti-cathares - books.google.fr).

Les anciens avaient bâti en différentes contrées certains monuments appelés labyrinthes, et les plus renommés étaient celui de Crète attribué à Dédale, et celui d'Egypte, dont le savant architecte était demeuré inconnu. Hérodote fait du labyrinthe égyptien l'oeuvre de douze rois, tandis que Pline pense que Tithoès seul doit en revendiquer la gloire. D'après la description faite par Hérodote de cet édifice, douze palais étaient enfermés dans une seule enceinte. Quinze cents appartements, mêlés de terrasses, étaient disposés autour de douze salles principales, et les communications étaient ménagées de telle sorte, que ceux qui s'engageaient dans le palais étaient impuissants à en retrouver la sortie. (VLC, p. 84)

Ps 84,13-14 : Yahvé lui-même donnera le bonheur et notre terre donnera son fruit ; Justice marchera devant lui et de ses pas tracera son chemin.

On trouve dans les catacombes de l'Egypte de petites Pyramides votives dont Biot avait examiné quelques-unes. Ces Pyramides se trouvent placées à côté des momies; sur l'une de leurs faces est gravé le Cynocéphale, et sur les autres faces, des prières'adressées à cette divinité. Cela, tout en prouvant qu'il y avait une relation intime entre le Cynocéphale ou Sothis et la Pyramide, nous certifie que Sothis était le dieu juge des morts.

On voit figurer, sur les monuments égyptiens, le dieu Toth ou Hermès sous la forme d'un Cynocéphale tenant dans ses pattes une tablette d'écrivain. On le voit aussi écrire le résultat de la pesée des âmes dans l'enfer (voir l'Egypte ancienne, par Champollion, pages 26 et 258).

Le symbole qui désigne Sothis sur les monuments égyptiens étant, c'est-à-dire un triangle ou face de la Pyramide, un croissant et une étoile, l'on peut également en conclure que la forme pyramidale a été consacrée à Sothis.

Dupuis compare, avec Pline, les formes des obélisques et des Pyramides au feu et aux rayons solaires, d'où il déduit que ces figures géométriques ont été consacrées au feu et au soleil. Il cite, comme argument, l'existence d'une Pyramide haute de 40 toises à l'angle qui termine le labyrinthe lequel n'est autre chose, selon lui, que le zodiaque divisé en douze compartiments ou maisons (constellations) du soleil et en régions Nord et Sud, en été et hiver, longs et courts jours, etc., etc. Cependant, si l'on suppose avec ce savant que le labyrinthe représentait réellement le zodiaque, cette Pyramide, par sa position à l'angle qui termine ce monument, semblerait plutôt rappeler le gardien fidèle Sothis, que le soleil. Car, le calcul nous apprend que la déclinaison de Sirius était, à peu près, égale à l'obliquité de l'écliptique, l'an 4000 avant J.-C, et la parallèle de cet astre formait par conséquent la clôture du zodiaque vers le Sud ou le solstice d'hiver. Sothis était alors, par sa place naturelle dans le firmament, la sentinelle céleste chargée de garder le soleil, de l'empêcher de passer outre , de tomber dans l'abîme de la région Sud et de le faire rebrousser chemin aussitôt qu'il serait arrivé jusqu'à son poste, au solstice d'hiver. La Pyramide à l'extrémité du zodiaque représenté par le labyrinthe serait ainsi ce que le chien céleste Sothis est au zodiaque céleste, c'est-à-dire un factionnaire et un fidèle gardien. D'où je conclus que la Pyramide est l'emblème de Sirius et qu'elle lui était par conséquent consacrée.

Enfin, les historiens arabes et des traditions populaires, encore répandues en Egypte de nos jours, attribuent la construction des Pyramides au grand Hermès; ils lui attribuent même un temple à côté des Pyramides de Memphis, lequel n'existe plus maintenant. Ces traditions doivent avoir au fond quelque chose de vrai, et l'on peut en induire que la forme Pyramidale était réellement consacrée à Hermès qui n'est autre chose que Sothis.

Le chien céleste, Sothis, avait du reste joué le rôle le plus important dSns l'antiquité égyptienne: il présida à la création du monde, il commença la grande année de Dieu (période Sothiaque) ; il annonçait la crue du Nil par son lever héliaque et le printemps par son coucher héliaque; il était le gardien du Ciel, le roi des astres, et, par sa position, il empêchait le soleil d'aller s'enfoncer dans l'abîme de la région Sud (Mahmoud-Bey, L'âge et le but des pyramides lus dans Sirius, 1865 - books.google.fr).

On connaît en Egypte de nombreuses représentations de Toutou-Tithoes, tant dans les temples que sur des stèles privées, des fresques, des terres cuites et des monnaies (S. Sauneron, op. laud., p. 270-274) mais son nom Tithoes n'apparaît que deux fois dans les documents grecs "). D'abord dans l'inscription au bas du grand sphinx en pierre tendre du Musée du Caire trouvé à Koptos qui est une dédicace du synode du grand dieu Tithoes au dieu Ammon, du IIe s. p.C. (voir, entre autres, O. Guéraud, « Sphinx composites au Musée du Caire» ASAE 35 (1935), p. I, 1). Ensuite dans une inscription sur marbre, de 210 p.C, trouvée entre Koptos et Apollinopolis parva où il est question d'une statue du seigneur Tithoes et d'un archiprêtre des dieux Tithoes et Ammon (IG RR 1185 = S. B. 305, 10). On voit donc qu'Ammon était certainement l'un des dieux "tunnaoi" de Tithoes. Le dieu Toutou était représenté dans le temple de Koptos où un César Autocrator lui faisait offrande (S. Sauneron, op. laud. p. 271) mais il semble bien que notre inscription constitue le premier témoignage d'un culte de Tithoes dans la Grande Oasis. On remarquera aussi que les trois inscriptions grecques mentionnant Tithoès sont bien groupées dans la région de Koptos si l'on considère que l'une des pistes d'accès à Dakhleh partait un peu au Nord de Koptos en passant par El Khargeh. Notons enfin que ces trois inscriptions sont du IIe ou du début du IIIe s. (Bulletin de l'Institut français d'archéologie orientale, Volume 73, 1973 - books.google.fr).

Pour certains, Thot et Touotu (Tithoès) sont distincts. Mais G. Lefebvre se demande si Tothès n'est pas une variante de Thoteus, Totheus, «Thot arrive» (Étienne Bernand, Inscriptions grecques et latines d'Akôris, 1988 - books.google.fr).

Le dieu Thot, sous le nom de Tithoès — Thot le grand — faisait partie de la seconde de ces dynasties divines qui étaient restées, dans la pensée des Égyptiens, comme un souvenir des temps fabuleux qui avaient précédé leur époque historique. Ces dynasties divines, il ne faut pas l'oublier, ont été formées par certaines familles égyptiennes des ancêtres de ces mêmes familles (Annales du Musée Guimet, Volume 28, 1896 - books.google.fr).

D'un autre côté, la grandeur universelle de ce personnage divin, Thoth, à qui l'antiquité tout entière attribue une tête de Chien, et dans lequel nous venons de reconnaître le Grand Toutou du Ciel, c'est-à-dire, une personnification du Grand-Chien descendu sur la terre pour civiliser les hommes, ou du Petit-Chien, Thoth II, Toutou II, apôtre-Chien, envoyé à cet effet par le Grand-Chien, Thoth I, Toutou I, son Père et son Maître (Le Quen d'Entremeuse, Sirius, aperçus nouveaux sur l'origine de l'idolatrie. Introduction, 1852 - books.google.fr).

Aux fêtes d'Esna, on trouve le 14 Thot : Fête de Tithoès fils de Neith.

Neith, la déesse de Saïs, se retrouve comme mère et protectrice d'Horus (Behedety et Fils d'Isis), de Thot et de Toutou (Tithoës). C'est en particulier à Esna où, après avoir été mèie de Ré, elle est également mère du Thot lunaire, affirmant ainsi son rôle créateur dans la mise en place des éléments célestes et des Deux Luminaires (Chronique d'Égypte: bulletin périodique de la Fondation égyptologique reine Élisabeth, Numéros 117 à 118, 1984 - books.google.fr).

TET

Selon une tradition, citée pour la première fois par Lycophron, Télèphe aurait eu d'Hiéra deux fils, Tarchôn et Tyrsénos, qui seraient venus en Italie après la prise de Troie et auraient fondé des villes. On parlait même d'une fille de Télèphe nommée Rhomé, ou Roma, qu'Enée aurait épousée (brève allusion de la Vie de Romulus de Plutarque). Que ces légendes, auxquelles s'ajoutent celles qui concernent le rôle d'Héraclès en Italie et celles qui concernent des rapports avec l'Arcadie, aient été créées dans des officines étrusques qui entretenaient des relations politico-commerciales avec la Grèce et l'Ionie ou qu'elles se soient formées surtout tout au début du IIe siècle avant J.-C., au moment des premiers rapports de Rome avec la confédération achéenne, et bientôt avec Pergame, peu importe; elles ont pu, en tout cas, influencer la création ou la modification de schémas iconographiques. Les artistes ne paraissent pas avoir suivi la version d'Euripide selon laquelle Héraclès aurait vu Augé menant les chœurs de danse au Temple d'Athéna, mais plutôt à celle qui faisait allusion à une fontaine située en dehors de l'enceinte, à quelque distance, dans une région escarpée. Cette fontaine pouvait se trouver dans une sorte de caverne, schématiquement figurée sur l'un des plus anciens exemples iconographiques, un miroir de la collection Hélène Stathatos. Héraclès, à droite, assis sur un rocher où il a déposé la peau du lion de Némée sous laquelle est figuré un carquois, exhibe les formes massives de son corps complètement nu ; la tête est penchée en avant, en raison de la forme courbe du cadre certes, mais aussi pour mieux exprimer le désir qui commence à l'animer. Sa main gauche repose sur le rocher; de la main droite, il tire sur l'himation d'Augé dont un pan passe encore sous l'aisselle droite laissant presque tout ce corps à nu ; elle résiste en rejetant le buste en arrière et, de la main droite, elle repousse l'avant-bras de l'assaillant (Henri Stern, Mosaïque, 1983 - books.google.fr).

Les scholies précisent que, des deux fils de Télèphe issus du sang d'Héraclès, le premier, Tyrrhénos, a donné son nom au pays et le second, Tarchon, à une ville, qui n'est autre que Tarquinia (Françoise-Hélène Massa-Pairault, La cité des Étrusques, 1996 - books.google.fr).

"tet" en étrusque est une contraction de "tetet" (ou "telet") et correspond à "a donné" (George Hempl, Mediterranean Studies: IV. Etruscan, V. Venetic, Volumes 4 à 5, 1932 - books.google.fr).

Ce que Télèphe a pu donné de plus important dans le Cycle de Troie, ce sont les chevaux qu'il offrit à Achille pour l'avoir guéri de sa blessure avec la rouille de sa lance, aux bouches du fleuve Caicus. Thetis, mère d'Achille, à la mort de son fils, en fera cadeau à Nestor pour son éloge funèbre.

Ces chevaux, Nestor le Néléide les remet à ses compagnons qui vont les conduire aux nefs, tout en célébrant bien haut leur roi pareil aux dieux. Mais voici que Thétis, au milieu de l'assemblée, place l'enjeu de la course, dix vaches. [...] Pour les conquérir, deux hommes se lèvent, pleins du désir de vaincre: Teucros d'abord, le fils de Télamon; puis Ajax, — Ajax, le meilleur entre tous les archers locriens. [...] Un dieu, ou quelque malchance, jette Teucros sur une souche de tamaris aux profondes racines. Il bute et tombe à terre en se tordant cruellement la pointe du pied gauche; les veines, toutes tuméfiées, s'enflent sur les deux côtés du pied. Vite, les médecins étanchent le sang de son pied; ils appliquent sur ses plaies un pansement de laine imbibé d'onguents, qu'ils enveloppent avec précaution dans un bandage et ils calment ainsi les cruelles souffrances du héros (Quintus de Smyrne, The Trojan Epic, 2010 - books.google.fr, Quintus Smyrnaeus, The fall of Troy, traduit par Arthur Sanders Way, 1984 - books.google.fr).

Le Caïque fait partie des dieux-fleuves, fils de Téthys et d'Océan que Hésiode cite dans sa Théogonie. D'après Plutarque, Caïque, fils d'Hermès et de la nymphe Ocyrhoé, commet un meurtre. Pour échapper à la vengeance de la famille de la victime il se jette à son tour dans le fleuve qui porte depuis son nom, mais d'abord appelé Adouros puis Astraios (fr.wikipedia.org - Caïque).

Achille

L'Éthiopide, l'une des épopées du Cycle troyen, reprend le récit de la guerre de Troie là où l'Iliade s'arrête. Elle raconte comment, après la mort d'Hector, la ville de Priam voit arriver de nouveaux champions. C'est d'abord l'Amazone Penthésilée, fille d'Arès. Achille l'affronte en duel et s'éprend d'elle au moment où il la tue, ce qui excite les moqueries de Thersite. Excédé, le héros le tue et doit ensuite se purifier sur l'île de Lesbos. Peu après arrive Memnon, fils d'Éos (l'Aurore) et de Tithon, et prince des Éthiopiens. Là encore, il rencontre Achille en combat singulier et est tué par lui. (fr.wikipedia.org - Achille).

Les colosses de Memnon se trouvent en face de Louxor d'où a été emporté l'obélisque planté au ùmilieu de la place de la Concorde à Paris, le 25 octobre 1836.

Parfois appelé l'Aménophium, le palais des millions d'années d'Amenhotep III (père d'Akhénaton) se situe à l'occident de Thèbes, à Kôm el-Hettan, sur la rive ouest du Nil, face à Louxor... Il était destiné à magnifier la position de Pharaon sur terre. On y entrait en passant entre deux immenses statues : les colosses de Memnon. Ces deux statues représentent le roi Amenhotep III, flanqué de chaque côté de deux reines, à droite la grande épouse royale Tiyi et à gauche la reine mère Moutemouia (Anne-Marie Molinié, Mémoires d'Egypte, 2010 - books.google.fr).

Patrocle, ému par les malheurs de ses compatriotes, obtient l'autorisation d'Achille de sauver les Grecs en portant ses armes. La manœuvre réussit mais Patrocle, malgré sa promesse à Achille, engage la poursuite. Il est tué par Hector, qui prend les armes d'Achille comme butin. Furieux et humilié — trompé par Patrocle, qui en est mort et donc hors de punition, et symboliquement vaincu par Hector —, Achille décide de se venger, malgré les avertissements de sa mère : s'il affronte Hector, il mourra peu de temps après. Héphaïstos lui forge de nouvelles armes, avec lesquelles il sort à la recherche d'Hector (fr.wikipedia.org - Achille).

Quand Achille reçoit ces armes, il exprime son admiration pour cette « œuvre d'Immortel, telle qu'aucun humain n'en peut exécuter » (XIX, 21- 22). Le héros va revêtir les présents d'un dieu (XIX, 368) et nous retrouvons ici le motif de l'armement selon la formule traditionnelle (XIX, 369-383). Aux armes défensives forgées par Héphaïstos, le poète ajoute une épée, arme qui figure dans les scènes d'armement et qui trouve ici sa place. Reste la fameuse pique dont Patrocle ne pouvait se servir. Elle était restée dans son étui (XIX, 387). Nouvelle occasion de rappeler que cette « pique paternelle », taillée dans un frêne du Pélion, avait été offerte à Pelée par le centaure Chiron. Elle servira à la mort d'Hector (Léon Lacroix, Le problème des armes d'Achille dans l'Iliade et dans les prolongements de la légende. In: Journal des savants, 2002, n° 2 - www.persee.fr).

Octogone

Cour du Belvédère, cour octogone construite par Bramante, modifiée plus tard, entourée d'un portique et de quatre cabinets qui renferment quelques-uns des chefs-d'œuvre de la collection. On y remarque un puits antique; au-dessus des arcades, huit masques antiques de proportions colossales; sur les murs, huit sarcophages et seize statues. On trouve sous le portique un haut-relief : Hercule Télèphe et Bacchus appuyé sur un satyre, un, sarcophage avec la bataille des Amazones et au milieu Achille et Penthésilée ; dans un des cabinet (cabinet de l'Antinoüs) du Cortil un autre sarcophage avec les néréides et les armes d'Achille (Italie; manuel du voyageur, Tome II : Italie centrale et Rome, Partie 2, 1875 - books.google.fr, Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière, hexagone et nouvelle alliance).

À la fin du XVIe siècle, au château-neuf de Saint-Germain, Toussaint Dubreuil réalisa les peintures de la galerie de la Reine d'après le récit de la Franciade de Ronsard, dont les quatre premiers livres étaient parus en 1572. Cet ouvrage raconte l'histoire du fils d'Hector, Astyanax rebaptisé Francus, qui n'aurait pas été tué lors de la prise de Troie, et qui ayant été amené à conquérir la Gaule, est présenté comme l'ancêtre mythique des rois de France. Toussaint Dubreuil a suivi une narration dont on peut reconstituer les étapes, bien que le château ait été détruit au xixe siècle, en confrontant le texte de Ronsard aux sujets des tableaux de Dubreuil cités dans l'inventaire Bailly en 1709-1710, ainsi qu'aux dessins et peintures subsistant. Au début du XVIIe siècle, au château de Fontainebleau, dans le cabinet de la reine dit cabinet de Clorinde, Ambroise Dubois a peint huit scènes de l'histoire de Tancrède et de Clorinde d'après un épisode de la Jérusalem délivrée du Tasse. Ce décor a été démembré, mais celui du cabinet Ovale (actuellement salon Louis XIII) subsiste pour l'essentiel. Le même artiste y a peint l'histoire de Théagène et Chariclée d'après le célèbre roman grec antique traduit par Jacques Amyot. La narration continua d'être le ciment des programmes iconographiques sous Richelieu, et en particulier pour le décor de son château du Poitou. L'histoire d'Achille y était peinte dans l'antichambre et la chambre de l'appartement du roi, depuis le sujet de Thétis plongeant Achille dans le Styx, dans le premier octogone du plafond de l'antichambre, jusqu'au Sacrifice de Polyxène sur le tombeau d'Achille, en dessus de cheminée dans la chambre (Nicolas Milovanovic, Du Louvre à Versailles: Lecture des grands décors monarchiques, 2005 - books.google.fr).

Le trésor d'Augst (1962) comprend 255 objets — notamment des coupes, plats, gobelets, cuillers, etc., d'un service d'argenterie, portant parfois des indications de poids, le nom de l'orfèvre et le lieu de production. Le plat d'Achille, octogonal, signé par Pausylypos de Thessalonique. a sur son pourtour 10 scènes séparées par des colonnes illustrant la jeunesse d'Achille. En médaillon central, la ruse d'Ulysse qui permet la découverte d'Achille (Stace, Achilleis, I, 204) (Bulletin analytique d'histoire romaine, Volume 10, 1975 - books.google.fr).

La mosaïque d'Achille dans la Maison d'Achille à Palmyre présente un octogone développé (Henri Stern, Les mosaïques des maisons d'Achille et de Cassiopée à Palmyre, 1977 - books.google.fr).

Chez Hésiode, certains héros qui ont combattu devant Thèbes et Troie, considérés comme des « demi-dieux », sont envoyés par Zeus dans les îles des Bienheureux. Le fait qu'Hésiode parle d'îles des Bienheureux et non de Champs-Elysées n'est pas une innovation très importante par rapport à Homère : les deux termes sont à peu près interchangeables. Lucien par exemple, plus tard, utilisera indifféremment les expressions "èlusios lemôn" et "makarôn nèsoi" dans l'Histoire véritable (II, 14). Quant à Pindare, il suit une leçon orphique et pythagoricienne : l'âme passe d'abord par une sorte de purgatoire ; elle doit vivre une triple vie terrestre avant d'être admise dans les îles des Bienheureux, sur lesquelles règne Cronos avec Rhadamante à ses côtés. On y trouve Pélée, Cadmos et Achille. Ces îles sont vues comme un jardin des béatitudes, on y voit briller des fleurs d'or, des fruits pendent d'arbres de gloire, les habitants disposent d'eau en abondance et se couronnent les mains et la tête avec des guirlandes. Parfois aussi, des héros sont emportés sur l'île de Leukè : il n'y a pas d'unicité du séjour bienheureux. Ce qu'il faut voir avant tout, c'est que, chez tous les poètes, l'île des Bienheureux demeure le séjour de héros privilégiés. Même encore dans les fantaisies de Lucien, seuls des héros ou des hommes illustres y sont conduits. C'est seulement plus tard d'après des idées théologiques qu'à l'époque tardive, ce royaume de délices va être conçu comme la demeure des "eusebeis", en opposition avec un lieu de punition, le Tartare. C'est cette dernière conception que nous rencontrons dans l'épigraphie funéraire. Celle-ci étend ce qui était auparavant l'apanage d'une élite de mortels à la grande majorité des défunts, même sans qu'ils aient fait preuve de vertus particulièrement « héroïques » (Anne Le Bris, La mort et les conceptions de l'au-delà en Grèce ancienne à travers les épigrammes funéraires: étude d'épigrammes d'Asie mineure de l'époque hellénistique et romaine, 2001 - books.google.fr).

Les étoiles placées à côté du Christ symbolisent sa divinité et son éternité. — Au nombre de sept, elles représentent l'Église. Les étoiles à huit branches symbolisent les huit Béatitudes, principe de la béatitude où les saints brilleront comme des étoiles dans les perpétuelles éternités. Les Égyptiens désignaient le Dieu de l'Univers par une étoile, parce que rien ne démontre plus visiblement l'existence et la puissance de Dieu, que les astres (Eugène de Seyn, Iconologie, 1949 - books.google.fr, Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Philolaos, les Bergers d’Arcadie et le cube).

Mais Pergame effectue une variation sur le concept de Parthénos, soit la situation hors mariage d'Augè et le fait que l'enfant par les circonstances de sa naissance sur le mont Parthénion est l'expression de cette situation illégale. Mais justement la nature qui a créé cette situation est aussi la nature morale de l'univers qui contient en elle tous les éléments pour la renverser et la résoudre. Par un jeu d'écho volontaire, on voir d'abord Augè, parthénos humiliée attendant la mort, assise sur un rocher du rivage. Mais une autre Parthénos, qui est Dikè, justice, et Hestia, foyer du Parthénion. Elle contemple le foyer qui va fait de Télèphe l'enfant des dieux du Parthénion (Françoise-Hélène Massa Pairault, L'interprétation des frises du grand autel de Pergame et des Stylopinakia de Cyzique, Images et modernité hellénistiques: appropriation et représentation du monde d'Alexandre à César, 2007 - books.google.fr).

La parthenos Augé préfigure la Vierge Marie soupçonnée par Joseph.

Mais le thème du retour en Arcadie ouvre une autre perspective qui transfigure le paysage moral de la Parthénos d'Arcadie (le mont Parthénion, foyer de Télèphe) en paysage moral de la Parthénos céleste qui est Dikè chantée par Aratos. L'apothéose d'Apollônis est donc retour vers la Parthénos céleste, elle est le retour de la Parthénos, soit de lage d'or que le héros reportera en Arcadie (Françoise-Hélène Massa Pairault, L'interprétation des frises du grand autel de Pergame et des Stylopinakia de Cyzique, Images et modernité hellénistiques: appropriation et représentation du monde d'Alexandre à César, 2007 - books.google.fr).

En Etrurie (cf. Volterra), des personnalités artistiques d'origine grecque ont en commun d'avoir traité le sujet de Télèphe dans le Camp Grec (ateliers «de Télèphe») (Françoise-Hélène Massa-Pairault, Recherches sur l'art et l'artisanat étrusco-italiques à l'époque hellénistique. Rome : Ecole française de Rome, 1985 - www.persee.fr).

"partenus" est un terme étrusque que l'on trouve dans une inscription de Novilara découverte en 1892 : "Partenus polem isairon tet" (.partenos .polem .isairon .ded) "A maid presented this pedestal", partenus (partenos), "maid", from "parthenos", "maid", tet "gave" (August Carl Mahr, Dramatische Situationsbilder und -bildtypen 1928 - books.google.fr).

On pense aujourd'hui que la Tour des Vents, un beau monument octogonal en marbre pentélique avec des reliefs des Vents sur les huit faces et à l'intérieur une horloge à eau très complexe, sur l'Agora romaine d'Athènes, au pied nord de l'Acropole, mesurant 14 m de haut, date de la période antérieure à Sylla, probablement du troisième quart du IIe siècle, et fut élevée par l'architecte et astronome syrien Andronikos Kyrrestes (de Kyrrhos). Cette tour octogonale en marbre portait une girouette (le triton en bronze a disparu), un cadran solaireet abritait une horloge hydraulique complexe. Sa frise représente des personnages ailés incarnant les huit vents dominants : Borée (nord), Calcias (nord-est), Euros (est), Apéliote (sud-est), Notos (sud), Lips (sud-ouest), Zéphyr (ouest) et Skiron (nord-ouest). La tour abrita à l'époque ottomane une communauté de derviches tourneurs (Claude Vial, Les Grecs. De la paix d'Apamée à la bataille d'Actium (188-31), 1995 - books.google.fr).

Des vents de Nord et de Nord-Est, qu'on appelle les vents étésiens, étaient prédominants pendant l'été. Hésiode, Aratus, Aristote et Théophraste signalaient déjà leurs caractères. « En été, disent les Instructions nautiques de la mer Ionienne, on éprouve quelquefois des coups de vent, mais de courte durée, d'une couple d'heures peut-être; ils sont très violents et, dans les canaux intérieurs, entre les îles, ils sont annoncés par de gros nuages noirs, qui viennent sur ces bras de mer crever en grains dangereux, accompagnés de pluie ou de grêle si épaisse que toute vue de la terre avoisinante est cachée » (Revue de l'histoire des religions, Volume 39, Annales du Musée Guimet, 1899 - books.google.fr).

Labyribnthe, cuculle et Vraie Langue Celtique

Un orateur de foules se fera le plus ardent missionnaire de la croisade : Pierre l'Ermite – « Coucoupiètre ». Il est appelé aussi Pierre Capuchon, Cucullo, ou Pierre d'Achères (Acheris) selon Oderic Vital et les chroniqueurs des comtes d'Anjou]. Il parcourt à dos d'âne le Berry, l'Orléanais, la Champagne, la Lorraine, créant à travers les masses un courant qui dépassera les Marches rhénanes. Le peuple devance une noblesse qui, avec raison, prépare sans précipitation la grande aventure. Une troupe hétéroclite et misérable, mal armée, précédée d'une avantgarde emmenée par un simple chevalier, Gautier, s'en va vers l'est, mêlant chrétiens fervents, confiants dans le secours de la Providence céleste, et mauvais garçons fuyant les gibets ou les prisons du roi ou de l'empereur, selon l'invitation du Souverain Pontife, mais demeurés avides de pillages. Au long de la route, à chaque ville rencontrée, les plus naïfs s'enquièrent : « N'estce pointlà Jérusalem ? » Cette route est en effet marquée de scènes de brigandage éhonté. Les villes de Semlin et Nich seront ainsi mises à sac, ce qui provoquera une sévère répression de la part des Byzantins : des milliers de malheureux seront massacrés. Parvenus enfin devant Constantinople, puis assignés par l'empereur byzantin Alexis Comnène dans la forteresse de Kybitos, à la frontière grecque d'Asie Mineure, les survivants devaient y attendre l'arrivée de la croisade des nobles. Ils n'en feront rien, malgré leurs chefs. Le 21 octobre 1096, en l'absence de Pierre l'Ermite qui s'était rendu à Constantinople, ils marchent sur Nicée, non comme une armée disciplinée, mais comme une foule exubérante et exaltée. C'est un un jeu cruel pour la cavalerie arabe de les cribler de flèches et de massacrer les fuyards éperdus : épouvantable hécatombe, à laquelle seuls trois mille hommes sur vingt-cinq mille échapperont, mais non Gautier, qui n'avait pu empêcher cette folie (Les Grandes Enigmes du temps jadis, Tome 3, 2012 - books.google.fr, Félix Guillon, Étude sur Pierre l'Ermite, 1874 - books.google.fr).

La Porte du Loup en bronze de l'octogone palatin de Charlemagne à Aix-la-Chapelle présente deux têtes de lion couronné. Ouverte, la porte symbolise la marche du soleil du nord au sud au cours de l'année.

Cette roue du soleil - rota - se lit dans le Tarot. Coucoupiètre n'est-il pas l'Ermite (ou Hermite) au capuchon (cucullus) enveloppé dans son grand manteau ? La Lame IX (ternaire cosmique au carré) du jeu de Marseille est l'Hermite, le vieil Hermès qui s'avance d'est en ouest, éclairant de sa lanterne voilée comme la lampe du Trismégiste le chemin qu'il sonde de sa canne. Sa Lame porte la lettre hébreue teth, bien proche de Toth [dieu cynocéphale : à tête de chien], le grand dieu d'Hermopolis. Il est comme saint Cucufas de Scillite, celui qui guide de sa lanterne saint Christophe, le géant cynocéphale chargé de l'Oint du Monde, dans sa traversée du Fleuve céleste, au 25 juillet, lever de Sirius, la Chienne. Pierre d'Achéres ne tient-il pas d'Aschère, vieux nom de Sirius, tiré de l'arabe ash-shi'râ. Cucullus n'a-t-il pas éclairé la Voie en allant à Jérusalem en précurseur ? N'a-t-il pas guidé le premier Grand Passage des Gueux à travers le Bosphore et attendu sur la côte anatolienne l'arrivée, sur la Corne d'Or en face, de l'armée des Princes pour les conduire jusqu'au Saint Sépulcre ? l'Hercule gaulois en Ogmios, "Le Fort" mais compris, suivant le grec, en "Celui du Chemin", comme l'irlandais Setanta, qui s'appellera ensuite Cuchulainn, "le Chien du Forgeron", c'est-à-dire correspondants du canin Anubis/Anupou, dit Wpwawt, "l'Ouvreur de la Voie" (Mythologie française: bulletin de la Société de mythologie française, Numéros 181 à 184, 1996 - books.google.fr).

Achères se trouve près d'Amiens où, dans la cathédrale, il y avait un labyrinthe.

Mesraïm seul peut nous mettre sur la voie et nous montrer l'issue de ce labyrinthe d'hypothèses, en avouant qu'il est bien l'auteur de cet édifice étrange, formé de longues rangées d'appartements, et dû à une fan-, taisie à un caprice de son esprit – maze (méze) labyrinthe, ou bien encore to maze (méze) égarer, embarrasser, – row (rô) rangée file, – whim (houim), caprice, fantaisie.

Ennemis déclarés des Egyptiens, dont ils différaient d'une manière fort sensible, les Libyes et les Gaetules menaient la vie nomade, errant à travers les prairies – lea (li), prairie, – by (baï ), à travers, – et se faisaient remarquer par la forme particulière de leurs manteaux, – to get (guet) avoir, – hull, une couverture extérieure, un manteau. – Le signe distinctif du manteau des Gaetules consistait dans le capuchon, et le burnous algérien nous paraît être une partie traditionnelle des vêtements portés par Puth et ses descendans. Les Gaetules nous ont seuls permis, par la vue de leurs manteaux à capuchon, de saisir la composition du nom de Puth leur aïeul – foe (fô) ennemi, – to hood (houd), mettre un capuchon. (VLC, p. 85)

Dans le Psaume 85, mis en rapport avec Vincent Ferrier et la croix de Malviès, comparée au Christ de Maindron dans l'église Saint Sulpice de Paris, David demande à Yahvé de lui enseigner ses voies, comme dans le psaume 84 où "Justice... de ses pas tracera un chemin". Le chemin peut désigner le parcours dans le labyrinthe (Autour de Rennes le Château : Eglise Saint Sulpice - Aude : correspondance).

Le dominicain Vincent Ferrier portait l'habit avec capuchon ainsi est-il représenté dans un calendrier breton gravé sur bois du XVIIème siècle.

Les religieux mendiants (Frati, comme disent les Italiens) et particulièrement les Frères Prêcheurs, sont indiqués par une silhouette extrêmement élémentaire où le corps du personnage se résout en une ligne droite, plus un petit triangle qui est le capuchon, et deux bras formés en une ligne transversale terminée à ses deux extrémités en trois petits appendices qui ont l'intention d'être une main Ces deux bras ainsi étendus figurent assez singulièrement un homme qui gesticule en chaire. Cela se voit au 5 avril (saint Vincent Ferrier, mort à Vannes) [...] Le 6 septembre marqué comme fête chômée, paraît indiquer la seconde translation des reliques de saint Vincent Ferrier, qui ne remonte qu'à 1637 (Charles Cahier (1807-1882), Caractéristiques des saints dans l'art populaire, 1867 - archive.org, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre III - Ps. 85).

Au sujet du départ de la croisade, de tous les chevaliers et de la troupe de Pierre l'Ermite, Foulcher de Chartres cite le psaume 85 :

Un certain Pierre ermite, suivi d'une foule de gens de pied, mais de peu de chevaliers, prit d'abord son chemin par la Hongrie; toute cette troupe eut après pour chef un certain Gauthier, surnommé Sans-Argent, excellent chevalier, qui par la suite fut tué par les Turcs, avec beaucoup de ses compagnons, entre les villes de Nicomédie et de Nicée, au mois de septembre. [...] Que dirais-je de plus ? toutes les îles de la mer, et tous les royaumes de la terre furent mis en mouvement par la main de Dieu, afin qu'on crût voir s'accomplir la prophétie de David, disant dans ses psaumes: « Toutes les nations que vous avez créées viendront se prosterner devant vous, Seigneur, et vous adorer » (Ps. 85,9) (Foucher de Chartres (vers 1060 - après 1127), Histoire des croisades, 1825 - books.google.fr, www.templiers.net - Foulcher de Chartres).

Les manteaux à capuchons des Numides sont cités à la page 85, comme on vient de le voir, et à la page 88, appariée à la page 243, correspondant au psaume 88, le psaume de l'alliance (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière, hexagone et nouvelle alliance).

Du coté du levant, le cromleck n'est plus marqué que par les trois points de Cugulhou, de la Fajole et Montferrand, rejoignant ainsi le Col de Bazel contigu au Cardou. (VLC, p. 243)

"Cugulhou" ressemble fort à "cuculle", comme la coule monastique.

Il faut différencier le scapulaire monastique du scapulaire de dévotion.

Le « scapulaire monastique » est apparu le premier, aux environs du VIIe siècle dans l'Ordre de Saint-Benoît. Le tissu est un peu plus large que les vêtements, il est composé d'un grand morceau de tissu à l'avant et à l'arrière, joint sur les épaules par deux bandes de tissu. Le « scapulaire de dévotion » est un objet beaucoup plus petit, et a évolué à partir du scapulaire monastique. Il se compose généralement de deux petits morceaux (généralement rectangulaires) de tissu, de bois ou de papier plastifié, de quelques centimètres de taille, qui peuvent porter des images ou des textes religieux. Ils sont rejoints par deux bandes de tissu et le porteur place un carré sur la poitrine, pose les liens de tissu sur chaque épaule et laisse le deuxième carré de tissu pendre dans son dos.

Le mot "Scapulaire" vient du latin scapulæ qui signifie "épaule". Mais le scapulaire monastique était parfois également dénommé scutum (c'est-à-dire bouclier) car il était posé sur la tête, et celle-ci était initialement couverte et protégée par une partie du vêtement (à partir de laquelle la capuche s'est ensuite développée). Un aspect spécifique de l'utilisation du scapulaire monastique depuis ses débuts était l'obéissance, et le terme jugum Christi, c'est-à-dire "joug du Christ" (Mt 11,29), a été utilisé pour se référer à lui. Si bien que retirer son scapulaire signifiait « renier la vie monastique embrassée, abdiquer le service de Dieu, manquer de fidélité aux engagements pris ». Par exemple, la constitution des Carmes de 1281 prescrit que le scapulaire doit être porté la nuit (au lit) sous peine de faute grave. Et la constitution de 1369 comprenait l'excommunication automatique pour un carme disant la messe sans son scapulaire. Au fil des siècles, les ordres religieux ont adapté le scapulaire de base comme ils pensaient être le mieux pour eux-mêmes, à la suite de quoi nous avons maintenant plusieurs modèles différents de scapulaires en usage, que ce soit par leur couleur, leur forme ou leur longueur. Par exemple, l'Ordre des dominicains et celui des Chartreux ont une capuche fixée à leur scapulaire, alors que d'autres ordres ont gardé la capuche distincte du scapulaire (fr.wikipedia.org - Scapulaire (vêtement)).

Le Mauriste Mabillon prétend que la coule (cuculle cf. Pierre l'Ermite) dans son origine est la même chose que le scapulaire (Encyclopédie, Ou Dictionnaire Universel Raisonné Des Connoissances Humaines: Cou - Ddx, Tome 12, 1772 - books.google.fr, Dictionnaire Universel Francois Et Latin, Tome II, 1743 - books.google.fr).

La carmélite Thérèse d'Avila a sans doute lu la vie et des oeuvres de la tertiaire dominicaine sainte Catherine de Sienne sur le conseil de ses confesseurs dominicains. Le Cardinal Cisneros avait fait traduire et publier ces oeuvres. Thérèse a-t-elle lu les Dialogues ? Même si elle a pu les avoir en main, nous n'en avons pas de preuve. Mais les similitudes entre l'expérience spirituelle des deux saintes sont telles que, moins de six ans après la mort de sainte Thérèse, ses filles firent ajouter sur le tableau qu'exécuta Jean de la Misère ocd, la banderole avec les mots : Misericordias Domini in aeternum cantabo (Ps 88,2 / 89,2) pour caractériser son charisme: c'est par le même verset que Pie II commence sa bulle de canonisation de sainte Catherine. [...]

Depuis le tableau de Jean de la Misère ocd, contemporain de sainte Thérèse, complété peu après la mort de la sainte, la tradition iconographique a représenté le plus souvent sainte Thérèse avec les mots Misericordias Domini in aeternum cantabo pour caractériser son charisme [...]

Le grand théologien dominicain et ami apporta une aide opportune et parfois décisive à Thérèse. Le réalisme des théologiens de Salamanque, dont s'est inspiré Banez, l'a aidée à réaliser une perfection toute divine et très humaine, moins un humanisme chrétien qu'un christianisme humain, tout ce qui est humain, étant par le Christ, restauré en Dieu. L'expérience de la miséricorde de Dieu chez Thérèse ne saurait être une simple vue de l'esprit ou une apologétique, c'est bien une expérience qui se vérifie dans le concret de l'existence (Marie-Joseph Huguenin, L'expérience de la miséricorde divine chez Thérèse d'Avila: essai de synthèse doctrinale, 1991 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Catherine de Sienne).

Il n'est pas question du scapulaire, qui est la partie essentielle de l'habit des religieux et des religieuses de Saint -Dominique ; les Tertiaires portaient peut-être le scapulaire par dévotion sous leur robe. Le costume de sainte Catherine, dans les peintures d'André Vanni et des anciens maîtres de l'École siennoise, est parfaitement conforme aux prescriptions de la règle [...]. Cependant sainte Catherine, dans beaucoup de peintures anciennes, est représentée avec le scapulaire et le voile noir doublé de blanc, tel que le portent les religieuses cloîtrées (Vie de sainte Catherine de Sienne par le b. Raymond de Capoue, Tome 2, 1877 - books.google.fr).

Sur-lecture (surlecture)

Fagioli (cf. Fajole) est le nom italien des haricots.

La Toscane est traditionnellement dénommée la région des “mangeurs de haricots” (mangiafagioli). Ces fagioli (petits haricots blancs secs parfois appelés cannellini) furent importés, comme les tomates, à partir de la Renaissance de la lointaine Amérique (GEOguide Toscane - Ombrie, Collectif Gallimard Loisirs, 2016 - books.google.fr).

Après la mort de la sainte, Stefano Maconi se plaisait à retrouver en toutes choses son souvenir. Ainsi — on nous pardonnera ces détails familiers, mais ravissants par leur familiarité même - les haricots étaient sa nourriture préférée, parce que, un jour de Pâques, où Catherine l'avait convié à sa table, il n'avait eu que des haricots à manger. En mémoire de ce repas, devenu général de l'ordre des Chartreux, il voulut que, le jour de Pâques, ses religieux mangeassent des haricots, et cette coutume se conserva longues années dans plusieurs monastères de l'ordre (L'Université catholique, Volume 11, 1892 - books.google.fr).

L'histoire du cassoulet se confond avec celle du haricot qui vient presque certainement du nouveau monde. C'est au chanoine Piero Valeriano qu'on "devrait la première culture européenne de ces quelques fèves exotiques confiées au Pape Clément VII vers 1528. Introduit sans doute en France grâce à Catherine de Médicis, il se développe rapidement dans toute le pays et en particulier dans le Sud-Ouest. D'autres historiens assurent qu'il nous vient directement d'Espagne, ce qui expliquerait sa popularité dans le Sud-Ouest. On l'appelle à l'époque fagioli, sans doute à cause de sa ressemblance avec la fève, fava. Il devient fayoun en patois puis, quelques années plus tard, haricot. Plutôt étrange comme évolution (Cuisine et vins de France, Numéros 465 à 474, 1990 - books.google.fr).

Catherine de Sienne, morte en 1380 donc avant l'introduction du haricot d'Amérique, aimait donc manger des fèves qui se disent aussi fagioli.

La stigmatisation, réelle ou alléguée, est aussi ancienne que le mysticisme lui-même. Au début de ce siècle, les historiens disputèrent la question de savoir si le premier stigmatisé fut saint François d'Assisel ou bien un personnage assez vague décrit par divers chroniqueurs du début du XIIIe siècle et qui aurait vécu dans la région d'Oxford, ou encore un Robert, dauphin d'Auvergne et marquis de Montferrand, dont il est question vers 1246 dans un ouvrage du dominicain Étienne de Bourbon, ou un moine frison mort en 1231 dont la vie est brièvement racontée par les Acta sanctorum. Cette discussion a quelque peu perdu de son intérêt depuis que l'on a découvert des stigmatisés antérieurs au christianisme : comme Epiménide (VIème siècle avant machin) (Aimé Michel, Métanoïa, 1986 - books.google.fr).

Etienne de Bourbon prétend que ce dauphin d'Auvergne portait les stigmates du Christ, comme saint François et sainte Catherine de Sienne (Albert Lecoy de la Marche, La chaire française au moyen âge: spécialement au XIIIe siècle, d'après les manuscrits contemporains, 1974 - books.google.fr).

Sainte Catherine de Sienne avait l'habitude de commencer ses lettres par l'expression : «dans le Précieux Sang du Christ». A Thomas della Fonte, elle écrivait : «Je vous écris dans la Précieux Sang du Christ, avec le désir de vous voir plonger dans le Sang du Christ crucifié, lequel Sang enivre, fortifie, réchauffe, illumine l'âme de vérité. » Ce précieux Sang est celui que Catherine de Sienne désignait à la fin de ses correspondances par ces mots : « Doux Jésus, Jésus Amour. » Tout le sang des victimes de la première Alliance était incapable de nous délivrer du péché et de la mort et de nous ouvrir les portes du ciel (cf. He 9,15- 28). Il fallait le Sang de l'Agneau, le Sang de Jésus pour nous purifier de tout péché (cf. 1 Jn 1,7) et nous permettre d'accéder à Dieu (cf. He 10,19). Pour les Apôtres, c'est l'émerveillement : nous sommes affranchis du péché par un Sang précieux, celui d'un Agneau sans reproche et sans tache, le Christ (cf. 1 P 1,19) ; « Il nous aime et nous a lavés de nos péchés par son Sang» (Ap 1,5). Le Christ a donc tout réconcilié et a fait la paix par le Sang de sa Croix (cf. Col 1.20). C'est par le Sang du Christ que nous sommes devenus proches nous qui, jadis, étions éloignés (cf. Ep 2,13). Nous sommes également justifiés dans son Sang (cf. Rm 5,9), ajustés à Dieu, participants de la nature même de Dieu. Ce Sang est le Sang versé pour nous, Sang de la «nouvelle Alliance» (Lc 22,20), Sang d'une «Alliance éternelle» (He 13,20). En recevant le Sang du Christ, en «étant là, plantés comme des coupes pour recevoir le Sang qui coule de la croix», nous recevons la force même du Christ pour aimer jusqu'au bout, jusqu'à l'effusion d'amour, jusqu'à l'effusion de notre propre sang. Depuis que le Sang du Christ a coulé sur notre terre, les martyrs sont vainqueurs par ce Sang de l'Agneau (cf. Ap 12,1 1). Bossuet pouvait alors dire : « La grâce qui vous sanctifie et l'Esprit qui vous régénère ont coulé sur vous, avec son Sang... enfants de sang, enfants de douleur.» (Nicolas Buttet, L'Eucharistie à l'école des saints, 2000 - books.google.fr).

Bazel peut faire penser à la baselle, plante d'origine asiatique, semblable à l'épinard. la variété de Chine a des organes cucullés (Annales de la Société royale d'agriculture et de botanique de Gand, 1847 - books.google.fr).

Haricot et baselle sont des plantes volubiles : trop grêle pour se soutenir, elles s'enroulent autour d'un support (www.cnrtl.fr - volubile).

D'autres se roulent de droite à gauche, ou du couchant au levant en passant par le nord ; comme le Liseron [Courjejhôlo en languedocien], le Haricot, la Baselle, le Cynanchum, l'Euphorbe, l'Eupatoire (Erasmus Darwin, Les amours des plantes, poëme en quatre chants; suivi de notes et de dialogues sur la poésie, traduit par Joseph Philippe François Deleuze, 1799 - books.google.fr).

Le pistil est l'organe femelle de la fleur, portant l'ovaire à sa base qui est renflé. Le stigmate est l'extrémité du pistil et le style la partie du pistil supportant le stigmate. L'étamine est l'organe mâle de la fleur (www.aujardin.info).

Les maisons construites que l'auteur latin désigne par mapalia – to map, tracer, – hall, habitation, – n'ont pu faire renoncer la plus grande partie de la population à parcourir en tout sens le pays pour conduire les troupeaux dans des prairies nouvelles et plus fraîches – new (niou) nouveau, – mead (mid) prairie. (VLC, p. 88)

Sylvius AEneas [Vita paparum, ap. Murât., II, m, col. 880) dit à propos de BACCANO : Pauca sunt mapalia, eaque hospitia faciunt Theutonici, hoc hominum genus totam fere Italiam hospitalem facit ; ubi non repereris hos, neque diversorium quaeras (Jacob Burckhardt, La civilisation en Italie au temps de la Renaissance, 1906 - archive.org).

Baccano se trouve sur la route reliant Sienne à Rome. Situé dans une plaine formant le fond d'un ancien cratère, et où règne en été la malaria. A quelque distance est le lac de Bracciano. Le paysage que l'on traverse jusqu'à Rome est nu, aride et composé d'ondulations de terrains monotones. Au delà de Baccano, quand on est parvenu au point le plus élevé de la route, si on gravit à g. un des mamelons qui la bordent, on a une vue des plus étendues sur les Apennins, les montagnes de la Sabine, le monte Genaro, le monte Lucretile, etc., la campagne de Rome et la ville aux sept collines, la ville des Césars, qu'annonce seulement au loin le dôme de St-Pierre, l'église des papes. C'est le village de Baccano dont parle l'Árioste en racontant le voyage de Joconde.

Entre Montefiascone et Viterbe, il y a Bomarzo.

A mirror from Bomarzo, dated to c. 350 B.C., shows a sitting Telphe (Gr. Telephos), with a gaping wound on his right thigh. In front of him stands Achle (Gr. Achilles). His name is written on the upper edge of a shield hung up on an imaginary wall. He is scraping rust with a sickle from the spear with which he had wounded Telephos. According to the oracle Telephos could only be healed 'by the man who had wounded him'. On the left stands Achmemrun (Gr. Agamemnon) holding a spear in his left hand, who seems to be making an encouraging gesture. Baucchens-Thüriedl suggests that the representation is the copy of a painting by Parrhasios (c. 420-370 B.C.) of which Pliny gives a precise description: Praised are also Aeneas, and Castor and Pollux on the same painting, likewise Telephus, Achilles, Ulixes. Pliny adds some other details without explicitly mentioning Parrhasios:12 He (Achilles) was painted while scraping with his sword the rust from his spear, rust that was destined for the wound of Telephus. The mirror scene does not correspond completely with the description but in later ancient art, on a Volterran urn and on a glass paste, both from the first century B.C., the basic scheme reappears with small variations. The conclusion that can be drawn is that there was a common model, probably the tabula picta mentioned.

Sur le miroir de Bomarzo on aurait "TELE". Il est conservé à Berlin et décrit par Eduard Gerhard (1843).

Rendus célèbres par André Pieyre de Mandiargues, les jardins de Bomarzo, appelés également parc des Monstres, sont un complexe monumental construit au XVIe siècle en Italie, dans la région du Latium, par un prince Orsini (cf. Ourse).

Le Belvédère: c'est une indication de lieu, presque un fléchage touristique, qui sert de titre chez Gallimard en 1958 au premier recueil d'essais et d'articles critiques d'andré Pieyre de Mandiargues, dans la collection “La Galerie” de Georges Lambrichs. Le Belvédère de 1958 s'ouvre sur un article de 1950, “Le Chef d'œuvre aux terrains vagues” et se clôt sur un texte de 1957, “Les monstres de Bomarzo”; passant de la revue au livre, il souligne d'un “comme on l'a vu” l'effet de boucle qui lie la statue du Bernin abandonnée aux friches de Versailles aux géants dans les ronces de Bomarzo.

Par ce terme de “Belvédère”, Mandiargues admet d'emblée que la vue est belle, et cet acte de foi se confirme, dans cette formule de “Certains visionnaires”, “la vision admirable”, ou dans l'apologie des objets merveilleux et de l'art défini comme élan “tendu vers la merveille”. La vue est première: “Voir ici s'impose et l'œil ne saurait être suppléé par les mots”; pourtant chaque Belvédère est bien un monument de mots, par endroits baroque, ailleurs maniériste, avec quelques rocailles, palais hanté par l'ombre de Breton.

Le regard est situé, il n'est pas fixe pour autant; le promeneur déambule et nous conduit en des lieux improbables en dehors des routes même secondaires, dans des jardins oubliés – Bomarzo peut devenir l'emblème de l'écriture critique comme déambulation capricieuse par des chemins mal frayés: “Ainsi (...) allaient mes pensées, lorsque je franchis le portail à double grille”. Ce geste de transgression, de passage de la grille ou de la “porte dévergondée” que les lecteurs de ses récits connaissent bien, transforme la démonstration critique en initiation aux domaines sulfureux et souterrains d'un inconscient archaïque et collectif où règne l'eros noir. Le détour a une fonction démonstrative et herméneutique (Marie-Paule Berranger, André Pieyre de Mandiargues sur son Belvédère, Tradizione e contestazione. Canon et anti-canon, 2009 - books.google.fr).

Le château de Caprarola près de Viterbe est l'œuvre capitale de Vignole, qui succède à Antonio da Sangallo le Jeune, Peruzzi, et Serlio . Ce palais, bâti pour le cardinal Farnèse, neveu de Paul III, est élevé sur une colline entourée de rochers qui ont permis le déploiement d'une composition variée et théâtrale. La forme générale est un pentagone dont le soubassement, flanqué de 5 espèces de bastions, donne à l'ensemble une certaine apparence de forteresse et lui imprime, par un mélange des deux caractères d'architecture, civile et militaire, un style imposant de force et de grandeur. La réputation de ce magnifique palais y attira longtemps une fouie de curieux et de connaisseurs. Les appartements sont décorés de fresques et d'arabesques par les Zuccari, à la gloire des Farnèse, sur des sujets fournis par Annibal Caro; des perspectives ont été peintes par Vignola lui-même (Joseph Jérôme Le Français de Lalande, Voyage en Italie, 1787 - books.google.fr, Augustin Joseph Du Pays, Itinéraire descriptif, historique et artistique de l'Italie et de la Sicile, Volume 1, 1865 - books.google.fr, L. Bouke van der Meer, Interpretatio Etrusca: Greek Myths on Etruscan Mirrors, 1995 - books.google.fr, Françoise-Hélène Pairault, Recherches sur quelques séries d'urnes de Volterra à représentations mythologiques. Rome : École Française de Rome, 1972 - www.persee.fr, Ariodante Fabretti, Corpus inscriptionum italicarum antiquioris aevi: ordine geographico digestum et glossarium italicum, 1867 - books.google.fr).

Château des Farnèse à Caprarola - www.caprarola.info

On peut relier Numides et Etrusques par l'intermédiaire des mapalia, habitation en forme de bateau renversé, et les urnes-cabanes décrites par Alessandro Visconti (1757-1835) lors d'une découverte à Castelgandolfo en 1816-1817. Alessandro Visconti, médecin et numismate, est l'oncle de Ludovico Tullius Joachim qui émigra à Paris et construira le Louvre de Napoléon III (Alexandre Grandazzi, Alba Longa, histoire d’une légende: Recherches sur l’archéologie, la religion, les traditions de l’ancien Latium, 2013 - books.google.fr, Bulletin de la societe des sciences naturelles, 1879 - books.google.fr, Bologne: villanovienne et étrusque VIIIe-IVe siècles avant notre ère, Numéro 106 de Bibliothèque des écoles françaises d'Athènes et de Rome, 1912 - books.google.fr).

Le père d'Alessandro, Antonio Giambattista Visconti (1722 - 1784), également archéologue italien de renom, est le fondateur du Musée du Vatican, sous le pape Clément XIV, en 1770, à la suite de l'achat des collections Fusconi et Mattei. Installé dans le Petit Palais du Belvédère, le musée a été continué par Pie VI jusqu'en 1793, d'où le nom « Pio-Clementino », selon les plans de l'architecte Michelangelo Simonetti. Il abrite des collections de sculptures grecques, romaines et classiques, ainsi que des œuvres liées au monde funéraire (sarcophages, autels, etc.) et des mosaïques. Il compte certains chefs-d'œuvre de l'art mondial (fr.wikipedia.org - Musée Pio-Clementino).

Le Siennois AEneas Sylvius est le nom en littérature du pape Pie II.

Basel est aussi le nom allemand de la ville de Bâle.

Il participe au concile de Bâle (1431-1449) où il assume une charge prééminente comme orateur et secrétaire. Quand le pape Eugène IV transfère le concile à Ferrare, en 1438, Enea reste à Bâle avec les dissidents. Amédée VIII de Savoie, devenu l'antipape Félix V (1439-1449), le nomme son secrétaire. Couronné poète en 1442 par l'empereur Frédéric III, pour son œuvre poétique et romanesque, il devient secrétaire de cet empereur qui l'utilise comme ambassadeur. En 1445, au cours d'une mission, il choisit de se rallier au pape légitime de Rome, Eugène IV, et abjure devant lui ses erreurs. Il est nommé en 1446 secrétaire apostolique du pape. Il joue un rôle majeur dans le ralliement de l'Allemagne, qui jusque là était restée neutre, à Eugène IV. Il participe au concile de Bâle (1431-1449) où il assume une charge prééminente comme orateur et secrétaire.

Il réunit un congrès à Mantoue (Lombardie) du 1er juin 1459 au 14 janvier 1460, où il convoque tous les princes. Mais le succès est mitigé. Le 18 janvier 1460, à Mantoue, il publie la bulle Execrabilis qui interdit les appels au concile et condamne le conciliarisme, comme doctrine de la supériorité du concile sur le pape.

Il est probable que les Tarots de Mantegna soient la vision par un artiste de la pensée d'un ou plusieurs humanistes. Ce pourrait être le jeu du " Gouvernement du Monde " inventé par le pape Pie II (Aenas Sylvius Piccolomini, élu en 1458, décédé en 1464) et les cardinaux Nicolas de Cuse (1401-1464) et Jean Bessarion (1403-1472), lorsqu'ils se réunirent pour le long concile de Mantoue en 1459 et 1460 (Gisèle Lambert, Suite d'estampes de la Renaissance italienne dite tarots de Mantegna, ou, Jeu du gouvernement du monde au quattrocento, vers 1465, Volume 1, 1985).

On l'a vu, il canonise Catherine de Sienne le 29 juin 1461 au milieu de grandes festivités (fr.wikipedia.org - Pie II, 22 v’la l’Tarot : Kabbalisation du Tarot : Tarot et Gonzague).

Le concile de Bâle se réunit à la demande du pape Martin V qui meurt peu avant en 1431 pour réformer l'Eglise. Le concile se déclare supérieur au pape, en l'occurrence Eugène IV qui le déporte à Bologne mais doit reconnaître la légitimité de Bâle, appuyé par l'empereur Sigismond. En Bohême, la nouvelle croisade contre les hussites convoquée par le pape Martin V est écrasée en août 1431. Le concile de Bâle se montre prêt à négocier le 15 octobre, ce qui donne à la cour romaine un motif d'opposition contre le concile qui remet en cause la condamnation des Hussites à Constance. Convoqué au Concile de Constance en 1414 pour se justifier, Jan Hus s'y était rendu. Emprisonné, convaincu d'hérésie, il est brûlé en 1415. Son disciple Jérôme de Prague est brûlé l'année suivante. Les Hussites les plus extrémistes, les taborites, rejettent les accords de Bâle, mais sont battus par une armée de barons et de pragois (modérés) le 6 mai puis sont écrasée à la bataille de Lipany le 30 mai. Leur chef, Procope Holy, y est tué. Le concile ne reconnaîtra les Compacta qu'en 1435, tandis que le pape refusa leur ratification.

Le 18 septembre 1437, le pape Eugène IV, arguant de la nécessité de tenir un concile d’union avec les orthodoxes, transfère le concile de Bâle à Ferrare. Seuls restent à Bâle les extrémistes : ils suspendent Eugène IV et désignent comme nouveau pape le comte de Savoie, Amédée VIII, Félix V. Les pères du concile de Bâle se séparent lors de la quarante-cinquième session, le 16 mai 1443, prévoyant la tenue d'un nouveau concile général à Lyon dans trois ans. Le noyau dur des prélats schismatiques reste à Bâle. L'antipape ne recrute que peu d'adhérents.

L'Allemagne reste neutre, Charles VII de France se limite à assurer à son royaume un grand nombre de réformes décrétées à Bâle par la Pragmatique Sanction de Bourges du 13 juillet 1438. L'Angleterre et l'Italie restent fidèles à Eugène IV.

Le 4 juillet 1448, les pères du concile quittent Bâle pour Lausanne. L'antipape, devant l'insistance de la France, finit par abdiquer le 7 avril 1449. Lors de sa deuxième session le 16 avril, le concile de Lausanne lève toutes les sentences prononcées par le concile de Bâle contre ceux qui ont soutenu Eugène IV. Celui-ci étant mort le 23 février 1447, les pères du concile reconnaissent son successeur Nicolas V en échange de la ratification par celui-ci de tous les décrets de Bâle et de Lausanne (bulle du 18 juin 1449) (fr.wikipedia.org - Concile de Bâle-Ferrare-Florence-Rome).

Le 22 septembre, ces personnages, réunis aux députés du roi des Romains, rédigèrent une déclaration secrète, portant que la réponse du Pape était suffisante pour arriver au rétablissement de la paix religieuse et qu'ils s'engageaient mutuellement à soutenir cette opinion. Le 5 octobre, renforcés par de nouvelles adhésions, ils tinrent une seconde réunion dans le but de préparer la reconnaissance d'Eugène IV. Le 11, fut publié le recez de la diète : comme d'ordinaire, il se bornait à dissimuler la scission qui s'était produite dans le sein de l'assemblée. Peu à peu, par une succession d'efforts patients, Frédéric III et le margrave Albert de Brandebourg arrivèrent à gagner encore divers princes et évêques, de sorte qu'à la fin de 1446 des messagers furent expédiés de toutes les parties de l'Allemagne pour Rome : le rendez-vous était Sienne; ils repartirent delà au nombre de soixante, et se dirigèrent sur la Ville éternelle en passant par Baccano. Tous ces messagers de paix arrivèrent à Rome le 7 janvier 1447 et y reçurent l'accueil le plus honorable. Dans le nombre on distinguait Jean de Lysura, représentant du prince évêque de Mayence, le chancelier Sesselmann, représentant du prince électeur de Brandebourg, Æneas Sylvius et Procope de Babstein, députés du roi des Romains. Le Pape les reçut immédiatement en audience solennelle. Ce fut Æneas Sylvius qui porta la parole pour exposer les demandes des Allemands; il le fit avec tant d'habileté, de talent et d'éloquence, qu'il n'y eut qu'une voix pour louer son esprit et sa finesse, et pour lui prédire le plus brillant avenir (Ludwig Freiherr von Pastor, Histoires des papes depuis la fin du Moyen Age, 1888 - books.google.fr).

En 1447, l'empereur Frédéric III, après des négociations avec Eugène, commande au bourgmestre de Bâle de ne pas délivrer de sauf-conduit aux pères du concile dans la ville impériale. Il signe avec le Saint-Siège le concordat germanique le 17 février 1448, lors de la diète dite d'Aschaffembourg. La Convention restitue au pape tous les droits que lui a enlevés le concile de Bâle et provoque l’indignation des clercs allemands qui pensent avoir été privés de leurs libertés traditionnelles (fr.wikipedia.org - Concile de Bâle-Ferrare-Florence-Rome).

La Pharmacie du Cerf, à Strasbourg, existait déjà en 1268. En 1428, Aeneas Sylvius Piccolomini, le futur pape Pie II, y logeait. Goethe qui était inscritàl'Université de Strasbourg (1770) venait pour suivre des cours de chimie que Charles Reinbold Spielmann, propriétaire de la pharmacie du Cerf, faisait dans une salle du premier étage. Quatre Spielmann dirigèrent cette officine pendant un laps moyen de 48 ans chacun (L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1905 - books.google.fr, Darmstadt : La piste Darmstadtienne : Complot des pharmaciens et bouse d’aurochs).

Le célèbre AEneas Sylvius Piccolomini avait fait une partie de ses études à Strasbourg. Il logeait dans une maison, qui fait le coin de la rue mercière, vis-à-vis la Cathédrale, où est aujourd'hui la pharmacie de M. le Professeur Spielmann., qui en 1432 revint trois fois dans cette ville, en qualité de Légat du Concile de Basle. AEneas Sylvius eut alors à Strasbourg, eo tempore quo Argentinae gerebam oratoris munus, une aventure galante avec dame anglaise, qu'il raconte assez naïvement dans une de ses lettres écrite à son père. Epistolarum, lib. I. epist. 15. edit.a nn 1551. pag. 510 — 512. II demeurait alors dans l'hostellerie du thiergarten. Cette hôtellerie, détruite en l688 était située au fronhoff, près du palais épiscopal. Il parle de l'église cathédrale & de sa tour nouvellement achevée, comme d'une des merveilles du monde (Philippe-André Grandidier, Essais historiques et topographiques sur l'église cathédrale de Strasbourg, 1782 - books.google.fr).

Non loin de Baccano, nous aperçûmes le lac Bracciano, autrefois Sabatin, qui envoie par un aqueduc des eaux potables à Rome ; demi-heure avant d'arriver à Baccano la coupole de Saint-Pierre s'offrit à nos regards (Charlotte Elisabeth Constantia von der Recke, Voyage en Allemagne: dans le Tyrol et en Italie pendant les années 1804, 1805 et 1806, Tome I, traduit par Mme de Montolieu, 1819 - books.google.fr).

Le "privilège sabbatin" est le privilège accordé à certaines âmes d'être délivrées du purgatoire le samedi suivant leur décès. Cette croyance est issue de la "Bulle Sabbatine" qu'aurait accordée le pape Jean XXII en 1317 concernant les porteurs du scapulaire de Notre Dame du Mont-Carmel (fr.wikipedia.org - Privilège Sabbatin).

J'appelle Etrurie méridionale le pays borné nord par le massif de la Tolfa et les monts Ciminiens compris entre la mer Tyrrhénienne ouest et le Tibre est et au sud j'en excepte le territoire falisque dont les eaux sont drainées par un affluent du Tibre, la Treja. Ce pays est d'origine volcanique. Au centre se place le soulèvement des monts Sabatins où le pic de la Rocca Romana dresse sa pyramide bien reconnaissable 602 mètres. Le grand lac de Bracciano doit vraisemblablement son origine un effondrement. Mais plus à l'est le lac de Martignano et les anciens lacs desséchés de Baccano et de Stracciacappe sont des cratères. [...] Sur le bord du lac de Bracciano (lacus Sabatinus) se plaçait Sabate au milieu des montagnes qui gardent encore aujourd'hui son nom. [...] Le premier réseau de routes établi par les Romains pour desservir l'Etrurie méridionale est celui de la via Clodia avec ses embranchements d'une part autour du lac Sabate et de l'autre vers Tarquinii. Les Romains ont toujours cherché utiliser ce qui existait avant de créer (D. Anziani, Les voies romaines de l'Étrurie méridionale. In: Mélanges d'archéologie et d'histoire, tome 33, 1913 - www.persee.fr).

Baccano est le lieu d'une bataille qui opposa autoctones et Sarrasins en 916.

Les envahisseurs qu'il s'agissait de repousser des domaines de saint Pierre n'étaient plus seulement des seigneurs ambitieux et rebelles, mais ces nuées de Sarrasins qui s'étaient abattus dans la campagne romaine, après avoir inondé les plaines de Naples et de Bénévent. Le codex Regius nous a déjà appris que dans une première rencontre sous les murs de Rome, avant l'arrivée de Bérenger, ces audacieux pillards avaient été mis en fuite « par le conseil et avec l'aide du pape Jean X : Hujus concilio et auxilio Saraceni qui tune duminabantur in Italiam primo prope urbem devicti sunt. » Le fait est confirmé par la chronique contemporaine du moine Benoît de Saint-André, découverte et publiée récemment par Pertz au tome III de ses Monumenta Germanicœ historiée. Voici comment s'exprime la chronique de Benoît : « Pendant que le pape conférait avec le marquis Albéric sur les mesures à prendre pour repousser les Sarrasins, un certain Akiprand, venu de Riéti, s'adjoignit un certain nombre de Lombards et d'habitants de la Sabine. Ensemble ils se préparèrent à combattre l'ennemi qui occupait une ancienne citée démantelée du nom de Tribulum (Trévi). L'action s'engagea, et, par l'intercession du bienheureux Pierre, prince des apôtres, les Sarrasins furent taillés en pièces. Ce succès partiel fut suivi d'un second remporté dans la plaine de Baccano par les habitants de Népi et de Sutrii. » (Joseph Épiphane Darras, Jean François Bareille, Histoire générale de l'Église depuis la Création jusqu'à nos jours (jusqu'au XIIe siècle), Tome XIX, 1873 - books.google.fr).

Ses forces n'étant pas suffisante, Bérenger Ier, duc et margrave du Frioul (874-888), roi de Lombardie (887-888), empereur des Romains (915-924), s'allia avec des rois hongrois du nom de Dursac et Bugat (Charles-Albert Cingria, La reine Berthe, 1992 - books.google.fr).

Prairies

Ils arrivèrent au sommet de la côte d'où on découvre la maison blanche de Baccano, perdue dans une enceinte circulaire de montagnes. Ils traversèrent cette immense prairie, désert de verdure, et après avoir relayé à la Storta, ils découvrirent à l'horizon le dôme de Saint-Pierre, et les points blancs et lumineux qui sont les grands édifices du Monte-Mario et du Vatican (Joseph Méry, Saint-Pierre de Rome, 1857 - books.google.fr).

De mauvais bois croissent çà et là, et quelques rares cultures apparaissent dans les bas-fonds, dont le plus étendu se fait facilement reconnaître pour le cratère d'un volcan; après les feux, les eaux, comme à Vico, s'emparèrent de cet entonnoir; mais les vapeurs de ce lac, appelé de Baccano, ajoutant aux causes de mortalité, le pape Alexandre VII (Chigi) fit ouvrir un canal pour porter les eaux dans le ruisseau delia Valca, qui se jette dans le Tibre un peu au-dessus de Rome. De beaux champs de blé, de riantes prairies tapissent maintenant ce sol de laves, recouvertes par le limon des eaux. Mais le desséchement du lac, quoique complet, n'a pas amélioré l'air, et quelques familles d'aubergistes luttent péniblement à Baccano contre la fièvre et la mort. Cette terre a été vendue par le prince Chigi, et le titre de prince de Baccano déguise maintenant celui qui, sous le nom de prince de la Paix, régna sur les Espagnes et sur les Indes. La ville antique de Baccanas existait dans ce territoire (Camille de Tournon, Etudes statistiques sur Rome et la partie occidentale des états Romains, Tome I, 1855 - books.google.fr).

Je me souviens que, quand elle voyait des fleurs dans une prairie, elle nous disait : « Ne voyez-vous pas comme tout honore Dieu et nous parle de lui ? Ces fleurs rouges ne nous représentent-elles pas les plaies vermeilles de Jésus ? » (Raymond de Capoue, Vie de sainte Catherine de Sienne, par son confesseur, 1859 - books.google.fr).

Le précieux sang

La dispute sur le sang se déroula pendant trois jours au palais pontifical [du Vatican] devant le pape, le Sacré Collège des cardinaux et l'assemblée des autres prélats. Les Prêcheurs formulèrent leurs conclusions de la manière suivante : le précieux sang du Seigneur Jésus, versé pendant la Passion et revenu ensuite dans son corps glorieux, ne fut jamais privé de l'union hypostatique avec le Verbe. Les Mineurs soutinrent au contraire que, pendant les trois jours de la Passion, l'union avait cessé. Ce fut une belle et agréable chose que d'écouter ces hommes très savants et d'esprit brillant s'opposer sur des mots et de voir tantôt l'un, tantôt l'autre l'emporter. Ils combattaient, ces religieux, comme il convenait à la noblesse du sujet, non sans modestie et passion. Et toutefois, la lutte fut si âpre et si acharnée que, bien que l'on fût au cœur de l'hiver et que tout fût sous l'emprise du froid, ils ruisselaient de sueur, si grande était en chacun l'ardeur de vaincre. [...] Le pontife mit alors fin à la délibération. Il traita ensuite la question pendant quelques jours avec les cardinaux. La majorité soutenait l'avis des Prêcheurs, un petit nombre celui des Mineurs. Pie se rangea du côté de la majorité. Toutefois il parut peu opportun de publier un décret à ce moment-là, pour ne pas offenser la multitude des Mineurs dont la prédication contre les Turcs était nécessaire. Il fut convenu de remettre la décision (Mémoires d'un pape de la Renaissance : Les Commentarii de Pie II, présenté par Ivan Cloulas et Vito Castiglione Minischetti, 2001 - books.google.fr).

Pie II donne beaucoup de détails encore sur les effroyables cruautés de Dracula ; mais il le nomme Jean, tandis qu'il appelle Ladislas (Wladislaus, Bladus), un chef que Jean Huniades avoit donné aux Valaques en 1456. Comment. Pii Papae II. L. XI, p. 296, 297. Le wayvode de Valachie étoit feudataire des rois de Pologne, et c'est dans les écrivains polonois qu'on doit chercher quelques renseignemens sur les princes valaques. Dlugoss, historien polonois, contemporain, donneroit lieu de croire que Bladus (Vlad) Dracula avoit usurpé la Valachie, mais qu'il étoit vwayvode de Bessarabie ; que son fils Radul lui succéda dans cette province, qu'il livra aux Turcs en 1474 (Histor. Polonicæ. L. XIII, p.516), et que Bladus Dracula, après treize ans de captivité chez les Hongrois, fut relâché par eux en 1476, et périt la même année en Bessarabie, d'où il vouloit chasser les Turcs. Il fut surnommé Dracula (« le diable ») et Tepes (« l'Empaleur ») en raison de sa cruauté sadique (Histoire des républiques italiennes du moyen âge, par J.C.L. Simonde De Sismondi, Tome X, 1826 - books.google.fr).

Intelligence élevée, avide de toute science et surtout de vérité, esprit subtil et pénétrant, ayant une parole entraînante et un raisonnement d'une logique inébranlable, saint Augustin méritait certainement le nom d'Aigle des assemblées, qu'on lui a donné avec justice et bonheur – hawk (hâuk), faucon, – hustings (heusstings), salle d'assemblée. (VLC, p. 98)

« Le genre humain ne pouvait deviner par lui-même que le sang dont il avait besoin, était celui d'un Dien Sauveur, parce qu'il ne soupçonnait pas l'immensité de la chute et l'immensité de l'amour réparateur. Le véritable autel a été dressé à Jérusalem, et le sang de la victime a baigné l'univers » (Eclaircissements sur les sacrifices, par J. de Maistre, passim). (VLC, p. 253)

Le lien entre Augustin et le psaume 98 conduit à lire ce que celui-là dit dans l'Enarration in psalmum XCVIII où le sacrifice eucharistique, pain et sang, est abordé :

S. Augustin expose le sens grossier dans lequel les Capharnaïtes prirent l'instruction de Jésus-Christ, "Ils conçurent, dit-il, dans un sens charnel ces paroles : Si l'on ne mange ma chair, on n'aura point la vie éternelle. Ils crurent que Jésus-Christ couperait quelques parties de son corps, et qu'il les leur donnerait; c'est pour cela qu'ils dirent : Ce langage est dur. Mais, reprend le saint docteur, c'étaient plutôt ces gens-là qui étaient durs de conception. Ils auraient dû penser qu'il y avait là quelque mystère caché; et en restant auprès de Jésus-Christ, ils auraient été instruits comme ceux qui ne l'abandonnèrent pas... Car que dit-il aux douze apôtres qui lui demeurèrent attachés ? C'est l'esprit qui vivifie, la chair n'est d'aucun usage : les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. Entendez spiriluelle ment ce que je vous ai dit: vous ne mangerez pas le corps que vous voyez. et vous ne boirez pas le sang que verseront ceux qui me crucifieront. Je vous ai parlé d'un sacrement : si vous le concevez spirituellement, il vous donnera la vie ; et quoiqu'il soit nécessaire qu'on le célèbre visiblement, il faut néanmoins l'entendre invisiblement." Dans ce passage je remarque deux choses: 1° saint Augustin saisit très-bien la pensée des Capharnaîtes; ils croyaient que Jésus-Christ parlait d'une manducation sanglante de son corps; que ce corps sacré serait coupé en lambeaux et donné à ses disciples. C'était là être tout charnel et sans aucune intelligence à l'égard de la promesse de Jésus-Christ. Ils se comportèrent d'ailleurs en téméraires, abandonnant sur le champ le Sauveur, qui les aurait instruits plus particulièrement de ce qu'il voulait faire. 2° Le saint docteur rapporte les paroles de Jésus-Christ, puis il les paraphrase: Entendez spirituellement ce que je vous ai dit, c'est-àdire, quittez les idées grossières et charnelles des Capharnaites. Vous ne mangerez pas le corps que vous voyez, etc., c'est-à-dire, il ne vous sera pas donné en morceaux, comme les Capharnaïtes l'ont pensé. Je tout ai parlé d'un sacrement, ou d'un mystère : si vous le recevez spirituellement, il vous donnera la vie; c'est-à-dire, si vous croyez que je puis vous donner ma chair à manger et mon sang à boire par l'opération de ma puissance, et d'une tout autre manière que l'entendent les Capharnaïtes ; si d'ailleurs vous recevez cette chair, non comme de la chair pure, non précisément comme cette chair que j'ai prise en me faisant homme, mais comme unie à ma divinité, ce sacrement vous donnera la vie. A la vérité il sera nécessaire qu'on le célèbre visiblement; car un sacrement est toujours visible, et d'ailleurs ce sera le sacrifice public de ma religion : mais il faut néanmoins l'entendre invisiblement, c'est-à-dire, croire que ce sacrement contiendra toul autre chose que ce qui frappera les sens (Berthier, psaume 98 verset 5) (Scripturae Sacrae cursus completus, Tome XV, Migne, 1863 - books.google.fr).

Nemo autem illam carnem manducat, nisi prius adoraverit : inventum est quemadmodum adoretur tale scabellum pedum Domini, et non solum non peccemus adorando, sed peccemus non adorando

« Non seulement nous ne péchons pas en adorant, mais nous péchons si nous n'adorons pas. » (En. in ps. 98, 9) (C. Boyer, Calvin Et Luther, 1973 - books.google.fr).

Selon le dominicain Thomas d'Aquin, au-dessus des trois déficiences de l'essence des choses créées, corruption, composition et mutabilité, se trouve le premier principe : incorruptible, simple et immobile, et cette sainteté est la sainteté même de Dieu le Père qui est le principe de toute la déité : Qu'ils célèbrent ton nom, [grand et redoutable ; il est saint, lui et puissant] (Psaume 98/99, 3). C'est pourquoi au Père sont attribuées trois propriétés qui excluent ces trois déficiences : la puissance, pour écarter la faiblesse de la corruption : Tu es puissant, Seigneur (Psaume 88/89, 9) ; l'unité, selon Augustin, pour exclure toute corruption ; l'éternité, d'après Hilaire, pour exclure mutabilité : Toi, tu es toujours le même [et tes années ne passent pas] (Psaume 101/102, 28) (Sermon pour la fête de la Trinité) (Thomas d'Aquin, Sermons, présenté par Jean-Pierre Torrell, 2016 - books.google.fr).

Sang dans La Vraie Langue Celtique

"sang" est présent dans les pages 101 (256), 140 (295), 203 (48) et 253 (98).

Il construisit l'arche sur l'ordre donné par le Seigneur, et s'enfermant avec sa famille et les animaux qui devaient être conservés sur la terre dans ce vaisseau placé sous la protection divine, il fut sauvé du déluge dans lequel périrent tous les hommes criminels. (VLC, p. 48)

L'extérieur des Franks ne différait point de l'extérieur des Gaulois, leur religion présentait une analogie frappante avec le druidisme : elle avait pour fondement l'immortalité de l'âme, et, disent les historiens, leurs autels ne furent jamais souillés de sang humain. (VLC, p. 203)

On pourrait attribuer ces caractères naturels au mélange des envahisseurs Vandales : mais comme ce dernier peuple appartenait aussi à la famille de Gomer, il a dû reproduire plus fortement les caractères imprimés dans les Berbers par le premier mélange de sang gaulois. (VLC, p. 101)

De ce mélange est sortie la nation Celtibérienne, dans laquelle le sang ibère est resté prédominant. (VLC, p. 140)

On peut affirmer avec certitude qu'ils cultivaient le blé, puisque cet aliment était l'objet d'une distribution impartiale et la kaï rolo – key (ki) clef, – ear (ir), épi de blé. – hole, creux, petite maison –, le grenier et peut-être le silo ou souterrain renfermant la précieuse céréale, existait toujours auprès des centres d'habitations celtiques. (VLC, p. 295)

L'Église, en offrant le sacrifice de louange par la médiation du sacerdoce du Christ, offre son propre sacrifice qui consiste dans l'oblation spirituelle effectuée collectivement par chacun des chrétiens tandis qu'ils sont assemblés au Nom du Christ en sa présence (Mt 18, 19) ; oblation qui est signifiée dans l'offrande commune du pain et du vin (prémices de la Création et figure du corps et du sang du Christ) « eucharistiés » par la grande invocation. L'assemblée, par la bouche de l'évêque, demande que cette offrande ecclésiale soit agréée en étant à l'image de l'unique sacrifice du Christ ; le sacrifice « logique » (volontaire et conscient) par excellence que l'eucharistie commémore. Selon Cyprien (Ep. 63, 13), c'est même cette conformité du sacrifice ecclésial avec celui du Christ qui fait l'eucharistie car « lorsque l'un [le sang du Christ figuré par le vin] et l'autre [le peuple figuré par l'eau] sont mêlés, et qu'ils sont réciproquement confondus dans l'unité, alors le sacrement spirituel et céleste est accompli.» L'euchologie souligne ainsi que la synaxe eucharistique unit, au sein d'un rite, l'oblation spirituelle de tous au sacrifice du Christ. Nous avons une belle expression de cette doctrine dans l'acte d'offrande concluant l'immolatio pascale Missale Gothicum 316/Missale Gallicanum Vetus 245 qui associe Malachie 1, 11, le psaume 140 et le thème de l'institution du sacrifice par le Christ : « Ainsi donc, Père très haut, nous t'offrons un don immaculé avec une pure dévotion et, nos mains élevées, nous célébrons le sacrifice pieux conformément à l'ordre de Jésus-Christ ton Fils. » (Matthieu Smyth, La liturgie oubliée: la prière eucharistique en Gaule antique et dans l'Occident non romain, 2003 - books.google.fr, Autour de Rennes le Château : La Prophétie de saint Malachie et l’eucharistie).

S. Augustin, suivant la pensée de S. Ambroise, et expliquant comme lui ce verset du psaume : « Adorez l'escabeau de ses pieds, » dit : Que personne me mange cette chair, qu'il ne l'ait premièrement adorée. Et il rend même cette adoration, qui ne se peut rapporter qu'à la chair de Jésus Christ, et cette manducation, qui ne se peut rapporter aux seuls symboles, puisqu'elle a le même objet que l'adoration, commune aux méchants et aux superbes, marqués par ce verset du psaume : « Manducaverunt et adorarerunt omnes divites terrae. » Ils s'approchent, dit-il (ep. ad Honor., c. 27), aussi de la table de Jésus-Christ; on leur donne part à son corps et à son sang ; mais ils adorent seulement, et ils n'en sont pas nourris et remplis, parce qu'ils ne l'imitent pas. Ils mangent Jésus-Christ pauvre, et ils dédaignent d'être pauvres. Et sur le psaume 48 : Les uns mangent et adorent, les autres mangent et sont rassasiés - mais tous mangent. (Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'eucharistie, Tome 2, 1841 - books.google.fr).

Les saintes lances

Il y a plusieurs reliques de sainte lance ayant percer le côté de Jésus.

La première description de la sainte lance du saint Empire germanique se trouve dans l’Antapodosis de Liutprand de Crémone au Xe siècle. Luitprand ne la présente pas comme une relique, et en retrace l’histoire : en 921 ou 922 le comte Samson, avec d’autres seigneurs italiens, a fait appel à Rodolphe II de Bourgogne pour qu’il prenne le royaume d’Italie et en chasse l’empereur Bérenger Ier de Frioul. À cette occasion, Samson remet à Rodolphe la Lance. Selon Liutprand, le roi allemand Henri l’Oiseleur désirait l’avoir et menaça Rodolphe II d’envahir ses États. Rodolphe céda et Henri lui fit de riches présents, entre autres une grande partie de la Souabe.

Elle passa ensuite aux divers empereurs du Saint-Empire romain germanique qui la firent transférer à la cathédrale de Magdebourg, fondation d’Otton le Grand. Connue sous le nom de lancea sacra imperialis, elle devint le symbole de leur investiture et du transfert de pouvoir. Elle fut intégrée au rituel de leur sacre. En 1350, l’empereur Charles IV la transfère dans la chapelle de la Sainte-Croix du château de Karlštejn (cette chapelle renferme des reliques insignes, un fragment de la vraie Croix, un clou et un morceau de lance), et obtient du pape Innocent VI le droit de faire célébrer dans tout son empire une Fête de la Sainte Lance. C’est Charles IV qui vers 1350 fait placer la manchette dorée (feuille d’or faisant office de fourreau) identifiant la relique comme "Lance et Clou du Seigneur". La lance fut ensuite transférée à Nuremberg à partir de 1424, par ordre de l’empereur Sigismond qui déclara : « C’est la volonté de Dieu que la couronne, le globe, le sceptre, la croix, l’épée et la lance du Saint Empire Romain ne quittent jamais le sol de la Patrie ». Cette collection est appelée Reichskleinodien ou "regalia impériaux" (fr.wikipedia.org - Sainte Lance).

L'empereur Frédéric III, au cours du Concile de Bâle, convoquera plusieurs assemblées dans des villes allemandes dont une à Nuremberg d'où il députe Aeneas Slyvius, son conseiller, auprès du pape, en 1445.

Secrétaire du concile de Bâle avant d'être pape sous le nom de Pie II, Aeneas Sylvius Piccolomini réside dans la ville de Bâle pendant que s'effectue le combat de Saint-Jacques sur la Birse du 26 août 1444, entre troupes suisses et françaises "armagnacs". Dans une lettre datée de Nuremberg et adressée à Jean Gers, pronotaire royal à Vienne, le futur fondateur de l'Université de Bâie rapporte le déroulement de cet important combat (Michel Salamin, Documents d'histoire suisse, Volumes 1 à 5, 1969 - books.google.fr).

Aeneas Sylvius connaît bien la ville de Nuremberg. Il décrit les instruments du sacre des empereurs en doutant de leur ancienneté.

On dit que toutes ces choses ont servi à Charlemagne; quoique Æneas Sylvius prétende qu’elles ne sont que du tems de Charles IV [père de l'empereur Sigismond de Luxembourg], parce que l'on voit le Lion de Bohème gravé sur une des Epées. Mais comme Wittichind assure que cette Epée vient des anciens Rois de France ; & que l'Empereur Charles IV. lui même, en donnant le détail de ces Marques d'honneur, les attribuë à Charlemagne, on ne peut guére ajouter foi à ce que dit Æneas Sylvius à ce sujet. Il est probable que Charles IV. fit graver le Lion sur la garde de l'Epée, dans le tems qu'il avoit ces Marques d'honneur à Prague ; & qu'il cherchoit par là à assurer à sa famille le droit de succéder à l’Empire.

Des trois Epées qui servent au Couronnement, la première est fort grande; & sur le pommeau de la poignée qui est rond, on voit d'un côté une Aigle & de l'autre un Lion qui a la Queue Fourchue. Le Fourreau est d'Argent doré, & enrichi de Pierres précieuses & de Perles. Sur la partie la plus large, la lame, on a gravé en long ces motS : Christus vincit ; Christus regnat ; Christus imperat. Ensuite : Christus vincit ; Christus regnat. Une tradition fabuleuse veut qu'un Ange ait aporté du Ciel cette épée à Charlemagne Dans l'autre : qui à ce que l'on dit a servi au Martyr Saint Maurice, le pommeau de la poignée est fait en forme de Cœur ; car le haut est fort large & le bas se termine en pointe. Un des côtés de ce pommeau n'a aucune figure, l'autre represente la figure d'un demi Aigle accompagnée de trois Léopards les uns sur les autres. Sur un côté de la lame on lit ces mots, Benedictus dos des, & sur l'autre côté ceux-ci, Deus qui docet manus. Ces deux Epées sont conservées à Nuremberg. La troisième est gardée à Aix-la-Chapelle. On veut qu'elle ait pareillement servi à Charlemagne.

Ces marques d'honneur étoient autrefois dans une telle vénération qu'à la prière de l'Empereur Charles IV le Pape Innocent VI. ordonna en 1353. que l'on célébreroit non seulement dans toute l'Allemagne; mais encore dans la Bohême la fête de la Lance & des Cloux de Notre Seigneur. La Fête se faisoit le troisiéme jour après Pasques, & on avoit attaché à ces Reliques une foule d'Indulgences. L'Empereur Sigismond regla que dans le tems que l'on feroit les funérailles de l'Empereur défunt les Reliques seroient exposées à la vénération des Peuples. Cela se pratiqua en 1437. à la mort de Sigismond, & à celle d'Albert II. en 1439. Mais lorsque la Ville de Nuremberg, eut embrassé la Religion Evangelique, en 1533. cette exposition cessa (Johann Heiß von Kogenheim, Histoire De L'Empire, Tome 2, 1733 - books.google.fr, Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière, pentagone et AOMPS).

Après la prise de la ville en 1453, elle tomba aux mains des Turcs. En 1489, le pape Innocent VIII passa un accord avec le sultan Beyazid (Bajazet) II : il garderait le frère (et rival) du sultan prisonnier, en échange d’une rançon annuelle et de la Sainte Lance. C’est ainsi que la relique parvint à Rome en 1492. Au début du XVIIe siècle, Urbain VIII fit aménager par le Bernin quatre loggias dans les quatre piliers soutenant le dôme de la basilique, pour y placer les quatre plus importantes reliques de Saint-Pierre de Rome :

des fragments de la Vraie Croix, provenant des églises romaines Sainte-Croix de Jérusalem et Sainte-Anastasie, dans le Pilier de Sainte Hélène ; le Volto Santo (Sainte-Face), linge portant l’image d’un homme barbu (provenant de Jérusalem) dans le Pilier de Sainte Véronique ; le crâne de Saint André rapporté de Constantinople à Venise en 1460 par Thomas Paléologue et offert à Pie II, dans le Pilier de Saint André ; enfin, le fragment de la Lance dans le Pilier de Saint Longin.

Deux statues visibles dans la basilique représentent cette Sainte Lance : la statue en bronze du tombeau d’Innocent VIII, par Antonio Pollaiuolo, représentant ce pape tenant le fer de la Sainte Lance, et une statue en marbre de saint Longin par le Bernin (fr.wikipedia.org - Sainte Lance).

La lance dans La Vraie Langue celtique

La seule occurrence du mot "lance", au pluriel, est à lapage 178, appariée à la page 23 et au psaume 23.

Au cours des années de construction du Porche de la Gloire de la cathédrale Saint-Jacques de Compostelle (1168-1188), la fièvre des reliques connut un grand développement. Un an avant la mise en place des linteaux, Jérusalem tombait aux mains de Saladin, ce qui provoqua la Troisième Croisade. En Terre Sainte, les croisés avaient développé une fascination particulière pour le Christ souffrant et les arma Christi. La Chronique anonyme de la Première Croisade, dans le récit du siège d'Antioche, décrit l'apparition du Christ, la tête surmontée de la Croix - tel qu'il est représenté quelques années plus tard sur le tympan de Beaulieu -, demandant à un prêtre de faire chanter aux armées le répons "les princes des peuples se sont réunis" du psaume de pénitence 47, 10. Aussitôt, saint André apparaît à Pierre Barthélemy pour lui signaler l'endroit où est enterrée la Sainte Lance qui rend invincible celui qui la porte. Du contexte des Croisés est issue une série de productions artistiques et littéraires qui expriment l'amour que le pénitent chrétien doit témoigner aux instruments de la Passion ainsi qu'aux plaies sanglantes du Christ, le jour du Jugement Dernier. Ces dernières acquièrent aussi une représentation monumentale inusitée sur le Porche de la Gloire, dans lequel un inhabituel Christ à demi-nu, dont la tête inclinée semble chercher le regard du spectateur, montre les plaies des pieds, des mains et des côtes, et dont les restes de peinture rouge rendent patente l'intention de représenter un corps souffrant. Dans une récente publication, j'ai essayé de suggérer l'influence dans l'iconographie du Porche de la Gloire, de compositions comme l'hymme de saint Bernard de Clairvaux, Rythmica oratio ad unum quodlibet membrorum Christi patientis et a cruce pendentis, dans lequel l'abbé cistercien se prosternait devant un Christ souffrant, dédiant alors une émouvante prière à chacune de ses plaies : "Ad pedes" (Aux pieds), "Ad genua" (Aux genoux), "Ad manus" (Aux mains), "Ad latus" (Aux flancs), "Ad pectus" (A la poitrine), "Ad cor" (Au cœur) et "Ad faciem" (Au visage). [...]

Outre les exemples déjà cités de l'hymne de saint Bernard ou du Porche de la Gloire, il existe d'autres démonstrations de cette dévotion particulière aux plaies du Christ. Parmi elles, retenons un poème croisé anonyme de la seconde moitié du XIIe siècle qui scande : "Au jour du Jugement Dernier Quand Dieu, ses côtes, paumes et pieds, Montrera sanglants et blessés". Révélatrice aussi, la décoration de mosaïque de l'arc triomphal de la Chapelle Palatine de Palerme (1150-1170), dans laquelle une représentation de l'étimasie avec les arma Christi est accompagnée d'un long épigraphe relatif à la Seconde Parousie : "La lance, l'éponge, la croix de bois, les clous et la couronne d'épines d'un côté inspirent la peur (mais aussi) mènent (l'homme) à fondre en larmes. Oh pêcheur ! Pleure quand tu verras ces instruments et adore les". La grandeur du Porche de la Gloire réside précisément dans la sagesse d'avoir su unir deux traditions iconographiques dans une représentation de Jésus avec les arma Christi : la tradition liturgico-pascale et la tradition triomphante du du Jugement Dernier. À la première appartiennent les précédents hispaniques signalés par S. Moralejo, tous chapiteaux de petit format situés dans l'abside de l'église, dont l'iconographie se caractérise par la procession des anges et la situation, dans la plupart la plupart des cas, de thèmes adjacents en relation avec les rites pascaux : Santa Maria d'Aguilar de Campo (Palencia, 1160-1173), Santo Domingo de la Calzada (1165-1175), Santa Maria de Lebanza (1185) et la cathédrale de Mondonedo. Au contraire, quant à la seconde tradition mentionnée, le thème est alors situé sur le tympan, mais dans celle-ci les anges "porteurs" ne marchent pas apaisés, mais ils volent, animés d'une intense frénésie, par exemple sur le tympan central de la façade occidentale de Saint-Denis (1135), la porte de Beaulieu (ca. 1150) et la tardive porte occidentale du baptistère de Parme (ca. 1190-1212) 92. Alors qu'il faudrait mettre en relation la tradition liturgique avec les programmes des reliquaires de la Sainte Croix, comme le triptyque attribué à Godefroy de Huy à Paris, dans lequel les anges impassibles porteurs des arma Christi sont sont associés à la scène de la Visitatio, la version triomphale semble alors provenir d'enluminures anglaises, dans lesquelles le Christ du Jugement Dernier apparaît accompagné des anges et des instruments de la Passion, soit en plein vol, dans le Livre des Bénédictions de saint Ethelwold, réalisé à Winchester vers 980, soit comme offrants, dans l'Évangéliaire de Bury Saint Edmunds (1130-1140), lequel représente un précédent suggestif pour la disposition monumentale du tympan du Porche de la Gloire. [...]

La victoire de Jésus sur la mort est patente dans les anges thuriféraires situés à côté de la tête du Seigneur, transposition céleste de la cérémonie de l'Elevatio, telle qu'elle apparaît dans le Rituel de la Cathédrale de Bamberg et dans les Ordinaires des cathédrales de Exeter (1337) et de Hereford (XIVe siècle), dans lesquels les ecclésiastiques portant des encensoirs entonnaient l'antienne Cum rex glorie dont le chant célèbre la Descente au Limbe, représenté dans l'arc gauche du Porche de la Gloire. Alors que le motif de la couronne du Christ des plaies dériverait de cette antienne, inspirée du Psaume 23, 9 [Vulgate] - "Levez, oh portes !, vos linteaux, levez-vous, portes éternelles, pour que rentre le Roi de la Gloire !" - les arma Christi constituent quant à elles les signes du triomphe avec lesquels Christ reviendra dans sa Seconde Parousie, selon Matthieu 24, 30 : "et tunc parebit signum Filii hominis in caelo ; et tunc plangent omnes tribus terra : et videbunt Filium hominis venientem in nubibus caeli cum virtute multa et maiestate". Mais son corps lacéré est aussi une invitation à la compassio chantée dans la poésie des Croisades et dans l'hymne de Bernard : "Dum me mori est necesse Noli mihi tunc deesse In tremenda mortis hora Veni, Jesu, absque mora Tuere me et libera". (Puisque je dois mourir, ne me déçois pas à cette heure, à cette heure terrible de la mort, viens, Jésus, ne tarde pas, pour me protéger et me libérer). Ainsi, dans le Porche de la Gloire, la figure du Christ montrant ses plaies symbolise, comme nous l'avons vu, une véritable imago pietatis ou image de dévotion, elle constitue en effet le centre d'un fourniment liturgique d'arrière-plan pascal ; et est, en plus, objet d'une dévotion des figures de la partie haute de l'ensemble sculptural, lesquelles la placent dans un ensemble tridimensionnel partagé identique à celui qui existe entre les statues-colonnes. (Les Cahiers de Saint-Michel de Cuxa, Volume 34, 2003 - books.google.fr).

Le 5, la lance et le carré SATOR

Bolsena est une petite ville entre Sienne et Baccano, sur la route de Sienne à Rome, entourée de murs garnis de tours, située sur les ruines de l'antique et puissante cité étrusque de Vulsinii. On y a trouvé une grande quantité d'objets antiques, statues, vases étrusques, etc... C'est à Bolsène qu'une pieuse légende place le miracle arrivé en 1263 à un prêtre bohémien; miracle immortalisé par Raphaël (Augustin Joseph Du Pays, Itinéraire descriptif, historique et artistique de l'Italie et de la Sicile, Volume 1, 1865 - books.google.fr).

Un prêtre bohémien célébrant la messe vit le corporal maculé de vingt-cinq taches de sang émanant de l'hostie. Le pape Urbain IV fit chercher la relique et l'adora à genoux aux portes d'Orvieto comme le montre une fresque d'Ugolino di Prete Ilario (1357-1364) (Orvieto, cathédrale) (Albert Châtelet, L'Eucharistie dans la peinture médiévale, Le miracle du Saint Sang: Bois-Seigneur-Isaac 1405 - 2005: actes du colloque organisé au prieuré des Prémontrés de Bois-Seigneur-Isaac (Brabant wallon) les 13 et 14 mai 2005, 2009 - books.google.fr).

Par une association d'idées toutes naturelles, les fèves sanglantes de Pythagore reportent la pensée vers les hosties sanglantes dont l'observation eut tant de retentissement mille huit cents à deux mille ans plus tard. Des tableaux célèbres nous en ont transmis le souvenir. C'est, par exemple, la fameuse fresque de Raphaèl, au Vatican, qui représente le miracle de Bolsena ; l'hostie apparaît sanglante aux yeux d'un prêtre incrédule (Le Naturaliste, Volumes 25 à 26, 1903 - books.google.fr).

Bien sûr nul ne peut prouver que ces événements historiques ou d'autres présentant les mêmes aspects, à savoir des hosties ou autres produits qui "saignent", sont dus effectivement à la bactérie Serratia marcescens mais cette bactérie a tout de même beaucoup d'atouts pour elle ; c'est le micro-organisme qui produit des colonies ressemblant particulièrement bien à des gouttes de sang frais (Henri Broch, L'art du doute ou Comment s'affranchir du prêt-à-penser, 2008 - books.google.fr, 22 v’la l’Tarot : Kabbalisation du Tarot : V - Pape . XVI - Fouldre).

Christ a répandu son sang cinq fois : circoncision, sueur, flagellation, crucifiement, coup de lance (Antoine de Padoue,, Sermons des dimanches et des fêtes: Index analytique, bestiaire et lexiques, 2016 - books.google.fr).

Vingt ans après Chrétien de Troyes, Robert de Boron transcrit l'œuvre de Chrétien en termes évangéliques. Chrétien avait déjà accompli une partie du travail en disposant une simple petite hostie dans le graal décrit comme un immense plat. Il avait également expliqué qu'un personnage mystérieux servi par le graal ne se nourrissait que de cette seule hostie. Celleci permet le transfert insensible du mythe païen vers le dogme eucharistique. Le rituel de la communion est entrevu sans toutefois être présenté comme tel. Parce qu'il semble être à l'origine d'une profusion de mets, le graal qui apparaît lors d'un plantureux repas suggère la multiplication des pains et la Cène. La réécriture chrétienne du mythe païen peut s'engager plus loin encore. L'attention portée à la lance qui saigne (qui rappelle celle de Longin) et le souci de relier la lance et le plat (devenu récipient) permettent de développer un mythe du saint sang du Christ. L'imaginaire littéraire semble ainsi précéder une évolution que le concile de Latran IV (1215) traduit en termes canoniques par le dogme de la transsubstantiation. Celui-ci édicte la présence réelle du Christ dans le pain et le vin consacrés par le prêtre lors de la messe. Le mystérieux plat évoqué par Chrétien devient alors, sur l'initiative de Robert de Boron, le récipient contenant le sang du Christ. Le graal n'est d'abord, dans le Roman de l'histoire du graal, qu'un simple veissel, une écuelle dans laquelle mangea Jésus lors du dernier repas qu'il prit en commun avec ses disciples chez Simon. Après la Passion et la mort du Christ, une analogie s'opère entre le veissel et le vase-calice. C'est dans ce récipient que Joseph d'Arimathie recueille le dernier sang coulant des plaies du Christ avant sa mise au tombeau. Alors que Robert de Boron laissait dans l'ombre la lance qui saigne, l'auteur anonyme de la Quête du Saint Graal reprend l'idée de l'écuelle légendaire devenue vase-calice (270, 30) et intègre dans cette fragile construction la dangereuse lance de Chrétien. Il n'y avait évidemment aucune difficulté pour un clerc averti à faire de cette lance sanguinolente l'arme du centurion Longin qui avait transpercé le flanc du Crucifié. Mais Chrétien s'était bien gardé d'une telle assimilation en maintenant l'étrange pouvoir de l'arme vengeresse et féerique qui, dit-il, détruira un jour tout le royaume de Logres. L'adaptateur de la Quête dut juger que cette réinterprétation chrétienne n'était nullement contraire à l'esprit de la tradition qu'il recueillait. La fusion réalisée au cœur des romans en prose du Graal entre imaginaire païen et tradition biblique représente ainsi une nouvelle étape du mythe. La synthèse des univers biblique et celtique s'opère à partir d'un élément majeur : le sang. [...] Le sang est à la fois pur et impur, nocif et bienfaisant. Il illustre un paradoxe anthropologique qui, en tant que tel, est nécessaire à toute construction mythique. Car le mythe est avant tout un récit paradoxal, contradictoire et complexe qui échappe par définition à toute rationalité. Répandre le sang peut être un crime ou un acte salvateur. Le sang peut aussi guérir. Le mythe du Graal se trouve au coeur de cette ambivalence (Philippe Walter, Galaad - Le pommier et le Graal, 2004 - books.google.fr).

Dans le carré SATOR le mot SATOR (semeur) a pour anagramme ARTOS. Le terme latin ecclésiastique artona, provenant directement du grec artos, signifie pain sans levain, qui est constitutif de l’hostie. Le carré SATOR produit ainsi non seulement l’origine de Chrétien – Troyes, TROAS signifiant troyen en latin – mais aussi la fameuse hostie. Le terme arton a persisté en argot en désignant le pain (Le carré SATOR : Perceval : Le mot graal).

Pour le vin on aurait bien l'anagramme d'AREPO : APERO. Mais cela ne ressemble pas à un mot latin ou grec.

Comment trouver le sang ou le vin dans une anagramme d'un terme du carré SATOR ?

Pour le moment on a la messe dans le terme OPERA : les oeuvres.

« Les papistes, nous dit Luther, prétendent que la messe est une œuvre méritoire par elle-même, indépendamment des dispositions spirituelles et des motifs, soit du prêtre qui la célèbre, soit des fidèles qui ont le bonheur d'y participer. Selon leur doctrine, la messe est méritoire « non opere operantis, sed vi operis operati ? .» Ces affirmations, qui d'abord peuvent paraître obscures et arbitraires, s'expliquent parfaitement, et, jusqu'à un certain point, se justifient par l'ensemble de la théorie d'où elles sont tirées. En effet, dans la célébration de la messe, la chose essentielle, c'est évidemment l'oblation du corps et du sang de Jésus-Christ, le sacrifice du Calvaire, renouvelé par les mains du prêtre, – sacrifice d'un prix immense devant Dieu, non pas à cause du prêtre qui le renouvelle, ni à cause des fidèles qui y participent, mais à cause de la victime qui se laisse ainsi offrir.Supposé que ce sacrifice s'accomplisse dans la messe, il est évident que la messe est efficace comme opus operatum, et que la valeur en est à la fois infinie et inaltérable, comme la divinité elle-même. Ici, l'opus operantis, s'il est bon, ne peut rien ajouter à l'opus operatum; et s'il est mauvais, il ne peut rien en ôter. Tout dépend de la réalité du sacrifice de Jésus-Christ, et il s'agit uniquement de savoir s'il est ou s'il n'est pas renouvelé dans la messe. Pour le catholique qui croit à la transsubstantiation des espèces sacramentelles, cette question se résout d'elle-même aussitôt qu'elle est posée. Si Jésus-Christ est réellement, corporellement présent dans le pain et dans le vin consacrés, il est évident aussi que sa chair y est rompue, son sang versé, et que son sacrifice se remouvelle. Rien de plus conséquent que cette théorie, rien de plus beau, ni de plus attrayant pour certaines âmes mystiques; mais rien aussi de plus dangereux pour les âmes vulgaires. C'est ce qui parut par l'usage qu'on faisait partout de la sainte messe. Elle était devenue une marchandise. On s'associait pour en faire l'achat, on se la partageait; on la laissait à ses héritiers; on l'expédiait d'un pays à l'autre et de la terre en purgatoire (Moritz Schwalb, Luther, ses opinions religieuses et morales pendant la première période de la Réforme (1517-1525), 1866 - books.google.fr).

Le carré SATOR a servi à nommer les cinq clous de la crucifixion du Christ. En effet une prière copte attribuée à la Vierge y fait mention :

Je vous en prie, ô mon Fils bien aimé, par votre merveilleuse naissance, Je vous le demande par les cinq clous qui traversèrent votre corps sur la croix glorieuse et sont : SADÔR, ‘ALADOR, DANAT, ‘ADERA, RÔDAS, Je vous en prie par les quatre animaux qui portent le trône de votre majesté et dont les noms sont ‘ALFA, LÊWON, KUANA, et ‘AYAR (Cité par G. de Jerphanion, « La voix des monuments », Les éditions d’art et d’histoire, p. 51) (Le carré SATOR : Perceval : Carré SATOR et chiffre 5).

La Pâque de Josué à Gilgal, au moment de l'entrée des Israélites en Terre promise (Jos 5,1012), constitue un précédent intéressant, car la manne cesse, et aussitôt après ils commencent à consommer le « produit du pays », dont les éléments typiques traditionnels sont le pain et le vin. Le discours de Jésus à Capharnaüm s'appuie sur le même modèle (Jn 6) (le souvenir de la Pâque de Josué est présent dans le « discours du pain de vie » (Jn 6,3554)) : le contexte est la Pâque, et Jésus oppose la manne du désert, avec laquelle tous les Israélites sont morts, à la consommation de sa chair et de son sang, qui donne la vie éternelle ; c'est le nouveau « produit du pays », c'est-à-dire le Christ ressuscité. Les synoptiques mettent ainsi dans un cadre pascal une superposition de l'ancienne entrée en Canaan et de la nouvelle entrée dans le Royaume. Que le lien du rite avec la Pâque soit une synthèse théologique se dégage à partir d'un exemple. Selon Ac 20,712, quelques semaines après la Pâque, Paul conduit à Troas une veillée eucharistique une nuit du samedi au dimanche (le « premier jour ») ; c'est le cadre de l'aventure d'Eutyque (le Chanceux), qui s'endort en écoutant Paul et tombe d'un troisième étage, puis qui est ramené vivant à l'aube, signe de résurrection. Il y a donc un rite hebdomadaire connu, où la résurrection est célébrée le premier jour de la semaine, commençant le samedi soir (Étienne Nodet, L'Odyssée de la Bible: Études et thèmes, 2016 - books.google.fr).

Rochemaure eut, au moyen âge, de puissants seigneurs, terribles à la guerre, mais magnifiques et hospitaliers dans la paix : d'abord les Adhémar, d'antique et noble race. Dans le poème Godefroi de Bouillon et la Chanson d’Antioche, c'est l’évêque du Puy Adhémar de Monteil qui, sur le refus des barons, se charge de porter la relique de la sainte lance. Adhémar de Monteil, fils du consul ou comte gouverneur de Valence en Dauphiné, le 39e évêque du Puy, le légat de Rome chef de la première croisade, l'habile général qui mena dans l'armée du comte de Toulouse huit mille hommes presque tous sortis du Velay, le héros de Dorilée et d'Antioche, le pontife guerrier chanté par le Tasse, serait une des gloires de la race illustre que les généalogistes font descendre des ducs de Gènes, et quelques-uns des vicomtes de Marseille.

La carré SATOR est mis en relation avec le symbole carré de la Roma Quadrata fondée par Romulus. Celui-ci a été divinisé sous la forme de Quirinus. La formule (incorrecte) "A RE PO", "la campagne par dessus tout", donne à penser à l'opposition ville-campagne illustrée par la dualité Quirinus-Mars. Quirinus est custos urbi. Mars est le protecteur de l’ager et des cultures.

A aucun instant Mars n'intervient dans la procédure minutieuse qui, d'étape en étape, aboutit à l'ouverture rituelle des hostilités. C'est seulement ensuite qu'il se déchaîne sur le champ de bataille. Il n'est venu à l'esprit d'aucun romain de dire que la lance dont use le fétial à la frontière ennemie, avait été prise parmi les hastae Martis de la regia. Cette lance est celle du dieu bellorum potens, qui garde la guerre en réserve. C'est lui Quirinus qui, conjointement avec Jupiter, est invoqué par le fétial quand est mise en marche la procédure de déclaration de guerre : Liv. 1, 32, 10 bellum ita iudicit: "Audi, Jupiter et tu, lane Quirine…. » ; Janus ne lui est associé qu'accessoirement comme iudex pacis bellique, quand on passe de l'une à l'autre (Le carré SATOR : Perceval : SAUTRAN vs SFUTRAN).

Il est d'autres cépages, plus rares et moins connus, aux noms de bon aloi, une petite centaine qui existe en France – pas moins (Jean Loup Chiflet, Dictionnaire amoureux de la langue française, 2014 - books.google.fr).

Tenet est le nom d'un cépage viticole - ce ne semble pas une coquille du Terret - appelé aussi Piquepout ou Piquepouille, connu en Chalosse (Landes), mais aussi dans l'Aude et l'Hérault. Le picapulla est répandu dans le Roussillon. Le Tannât est un cépage des Hautes-Pyrénées. On ne connaît pas l'ancienneté de ces appellations (Joseph Perraud, La taille de la vigne: étude pratique et comparée des divers systèmes de conduite et de taille, 1905 - archive.org, Georges Jacquemin, Les fermentations rationnelles : (vins, cidres, hydromels, alcools), 1900 - archive.org).

Si le lait est un produit du sang, a contrario, des aliments produisent directement du sang, sont doués d'une telle affinité avec le sang qu'ils sont directement assimilés à lui, transformés en sang dès leur ingestion. Il en est ainsi de la viande rouge, pour laquelle s'applique parfaitement le type de raisonnement circulaire qui fonde les « évidences » : notre chair est du sang cuit, et inversement, par contamination imagée pourrait-on dire, la chair que nous mangeons est du sang. Le vin rouge possède également cette vertu de transsubstantiation (Chantal Beauchamp, Le sang et l'imaginaire médical: histoire de la saignée aux XVIIIe et XIXe siècles, 2000 - books.google.fr).

On peut se demander si le sang ne cuit pas la chair.

Tant dans le froid hivernal que dans la chaleur estivale, le corps humain doit conserver une température intérieure d’environ 37° C. La chaleur corporelle se produit avant tout dans les cellules qui travaillent. Le sang véhicule cette chaleur à travers le corps dans tous les organes. La chaleur excédentaire est dirigée par des vaisseaux sanguins larges vers la peau et rejetée. Si nécessaire, le rejet de la chaleur est soutenu par la transpiration (évaporation de l’eau) (www.blutspende.ch).

Les deux TENET forment croix : le sang qui est lié au pneuma rejoint la symbolique cruciale du logos/sagesse/esprit (Autour de Rennes le Château : Dalle verticale de Marie de Nègre : un triangle isocèle rectangle).

Le pneuma est associé au sang, dont il constitue une exhalaison. Il importe peu de savoir si les Stoïciens ont connu directement la littérature médicale ou s'il y a eu un relais aristotélicien ou autre. Le lien, par le jeu du pneuma, de l'âme, de la vie, de la respiration, de l'irrigation sanguine et d'un principe divin avait de toute façon été fait avant eux, ils n'ont eu qu'à l'adopter et à lui donner sa place dans leur système. Si on aborde le Portique avec pour seuls points de référence Platon et Aristote, on risque d'avoir l'impression que les Stoïciens ont transposé un thème médical dans l'ordre métaphysique. En réalité ils sont par certains côtés beaucoup plus proches des physiologues présocratiques; ils se rattachaient d'ailleurs à Héraclite, chez qui des schèmes physico-biologiques servent de principes globaux d'explication du monde (Jean-Joël Duhot, La conception stoïcienne de la causalité, 1989 - books.google.fr).

Dans le carré SATOR ou ROTAS, remarquons la disposition des voyelles qui reliées forment une croix de Malte ou croix des Béatitudes et en traversant la case centrale du N, le mot AEON (chantsdamour.canalblog.com - Rotas-Sator).