Partie XV - Le Cercle et la Croix des Prophètes   Les Prophètes et Rennes le Château   Les Quatres Reines, histoire et jeu de cartes   
LE CERCLE ET LA CROIX DES PROPHETES RENNES LE CHATEAU QUATRE N QUATRE REINES PROVENCE MARIE MADELEINE

Les quatre N de la plaque d'Elisabeth Raynaud suscitent l'intérêt de poursuivre l'étude des quatre reines qui ont une existence historique ouvrant sur la "découverte" du corps de Marie Madeleine à Saint Maximin (Les Prophètes et Rennes le Château : Le Fauteuil du diable, Layram ou Aram).

Le Chant Royal est un poême dont la forme est due aux Troubadours. Il est composé de cinq strophes de onze vers chacune, et tellement disposées, que le dernier vers de la première, qui est le refrein de toute la pièce, cadre avec la fin de toutes les autres, et y revient prendre sa place, aussi bien qu'à la fin de l'envoi, de cinq vers, par où ce poême finit. L'envoi, ordinairement adressé à un roi, ou à un Prince, a fait donner à ce poême le nom de Chant Royal. Le Pèlerin, auquel ce Chant Royal est adressé, est fameux dans les annales de Provence. Jean et César Nostradamus parlent de lui fort au long, l'un dans son Histoire de Provence, et l'autre dans ses illustres Troubadours. Le Dante, poête presque contemporain, en fait aussi mention dans son poëme du Paradis. Suivant les récits les plus authentiques, ce Pèlerin était un gentilhomme inconnu, qui, revenant de Saint Jacques de Compostelle, arriva à la cour de Raimond Bérenger, dernier comte de Provence de la maison de Barcelone, et touché de l'accueil gracieux qu'il y reçut, s'attacha au service de ce Prince. Il montra tant de talens, et déploya une sagesse si rare, que le Comte l'éleva bientôt au rang de son premier ministre. Ses soins, son économie triplèrent le revenu de l'Etat; de manière que Bérenger put, non-seulement avoir une cour brillante, mais encore soutenir la guerre allumée entre lui et la comte de Toulouse, qui comptait quatorze comtes parmi ses vassaux. Le mariage des quatre Princesses de Provence mit le comble aux services du Pèlerin. Jamais les Provençaux n'avaient été si heureux que sous son Administration. Les impots arbitraires connus sous les noms expressifs de toltes et adempres, c'est-à-dire enlèvements et emprunts forcés, furent abolis. Il est rare que la vertu échappe aux traits de la calomnie : celle du Pèlerin en reçut les atteintes, ét il y succomba. La Prince, animé contre lui par la méchanceté de ses courtisans, lui demanda ses comptes; Il les rendit et prouva son intégrité. « Monseigneur; dit-il ensuite je vous ai servi long-temps ; j'ai mis un tel ordre dans vos finances, que votre état est devenu très considérable, de petit qu'il était. La malice de vos Barons vous engage à me payer d'ingratitude. J'étais un pauvre Pèlerin quand je suis venu à votre cour; j'ai vécu sans orgueil et sans bassesse dans le poste où vous m'avez placé : faites-moi rendre mon mulet, mon bourdon et ma panetière; et je m'en retournerai comme j'étais venu ». Touché de ces paroles, le comte voulut, dit-on, le retenir; mais il résista à toutes ses instances; il partit, et l'on ne sut jamais ce qu'il était devenu. C'est à l'occasion de ce trait, arrivé vers l'an 1240, que le Dante reproche à Raimond son ingratitude envers le Romiu, traduit en italien, par il Rometto, c'est-à-dire, le Pèlerin allant à Rome. [...]

Le Pèlerin a été cause du mariage des quatre Princesses de Provence. C'est par ce trait remarquable que le Poête le désigne ici. La première de ces Princesses, Marguerite, fut l'épouse de saint Louis, roi de France ; la seconde, Elyonne [Eléonore], devint reine d'Angleterre, en épousant Henry III ; la troisième, Sanche, fut mariée à Richard d'Angleterre [frère d'Henri III], roi des Romains ; et enfin , la quatrième, nommée Béatrix, déclarée héritière de Provence par le testament de son père, fut unie à Charles, frère de saint Louis, qui fut depuis couronné roi de Naples et des Deux-Siciles. [...]

Le vent du Midi est désigné dans l'original par le nom de Mistraû. Ce mot, encore en usage en Provence, a une origine très-ancienne : il vient du nom de Mistzrè, Mistzra, ou Mistzraim, que les Orientaux donnaient à l'Egypte. Ainsi, Mistraû signifie littéralement, vent d'Egypte.

Prouz é noble Roumiû que, de quatre beûtadz / Per la gracia del ciel, quatre Reynas has fatz; / T'aûze, d'aqueste cant faire lou lige-houmatje. Del Parnasso, senz tu, temeriey lou fangàs: / « Mais siés lou naûtounié que salvo dal naûfratje ». (Le Troubadour, poésies occitaniques du XIIIe siècle, 1804 - books.google.fr).

Dante honore la mémoire du « Grand Romé », qu'il place au Paradis dans son sixième chant, le nommant : « Cette perle où luit la lumière de Rome et dont l'œuvre grande et belle fut si mal récompensée. »

Sa gloire demeure dans Le Paradis, au sixième chant de Dante, en ces termes : « Quatre filles eut Raimond Bérenger et toutes reines, et cela pour lui fit Roméo, personnage humble et étranger. Puis de louches paroles le portèrent à demander compte à ce juste, qui lui rendit sept et cinq pour dix. De là il partit pauvre et vieux. Et si le monde savait quel cœur il eut, mendiant sa vie morceau à morceau, il le loue beaucoup, mais plus il le louerait. » (Thyde Monnier, La ferme des quatre reines: roman historique, 1963 - books.google.fr).

Un manuscrit de Philippe de Mézières contient la règle de la Militia passionis Jhesu Christi qu'il se proposait de créer. L'ouvrage s'ouvre par une rude epistre adressée aux chevaliers, qui se montrent peu disposés à adopter les idées de Philippe de Mèzières.

L'auteur réfute les objections dressées contre le projet du nouvel ordre de chevalerie. "Il prouve que le véritable devoir de tout chevalier chrétien est de combattre pour la délivrance de la Terre-Sainte ; ceux qui hésitent sont comme les Israélites, qui regrettaient dans le désert les aulx et les ognons d'Égypte (ff. 5-6). Mais toutes ces objections préoccupaient le vieil escrivain solitaire, et, pensant à y répondre, il eut une vision; il se crut transporté dans un palais de cristal. Là, dans une chambre de Parement et de parlement, il trouve assises sur quatre trônes , quatre reines lumineuses , toutes quatre filles de Dieu: ce sont Providence divine, Predestinacion, Dispensacion et Permission divine. Autour d'elles sont les Vertus, qui aident les quatre reines à gouverner le monde. Dans la salle, sont groupés des prélats, des chevaliers, des gens du tiers, qui, servants fidèles des reines, les contemplent avec dévotion; d'autres, rebelles à leurs lois, les regardent avec terreur (ff. 7-8). Et voilà que dans cette assemblée divine , se présente un ancien homme, tout courbé de vieillesce; c'est Philippe de Mézières, qui vient rendre compte aux reines de sa légation; il se donne le nom de Ardant Désir; pendant quarante ans, il a été messager spécial de Providence divine dans le monde entier: aussi vient-il demander congé de son office, et cherche-t-il à s'excuser de n'avoir pas réussi. Alors commence ce que l'auteur appelle le Livre de sa légation (ff. 9° et suiv). Il rappelle ses débuts en Lombardie et au service d'André, roi de Sicile, son voyage en Orient avec le dauphin de Viennois, Geoffroy de Charny et le premier Boucicaut, son pèlerinage à Jérusalem, où un songe dans l'église du Saint Sépulcre lui donna la première idée de la Chevalerie Jésus Christ. Devenu familier du roi de Chypre, Hugues IV, le nouveau Pierre l'Hermite convertit ce prince à ses idées. L'ordre est accepté et établi par le conte de Triple, plus tard roi de Chypre (Pierre de Lusignan) par veu et par promesse et par le moyen de son très-gracieux ordre de l'Espée devant Dieu (f. 15"). Ce prince l'envoie vers le pape Innocent VI vers Philippe de Valois et Jean, duc de Normandie : la guerre contre les Anglais empêche le roi de France de donner suite à ces projets (f. 16°). Philippe raconte ensuite le voyage du nouveau roi Pierre avant la guerre d'Alexandrie, et ses propres pérégrinations à la recherche d' alliés effectifs. Tout cela, dit-il, il le raconte pour prouver que la dicte chevalerie n'a pas esté trouvée de nouvel ne songié en la taverne à Paris ou à Londres, mais inspirée par Dieu en Orient même (f. 13°). Il y a quelques années sa prédication a paru être écoutée avec plus de faveur ; un pape, des prélats, des clercs, des maîtres en théologie et en décrets de l'université de Paris, six ducs royaux de France et d'Angleterre ont promis leur concours. Mais le temps s'est écoulé, l'année 1396 est arrivée (f. 14°) et toujours impuissant, Ardant Désir demande à Providence divine d'être déchargé de sa mission et de voir la fin du schisme avant de mourir. Le livre de sa légation est reçu et approuvé, et lui-même est admonesté d'avoir confiance en Dieu (ff. 18-21). Providence divine, l'aînée des quatre reines, prend alors la parole et s'adresse aux chevaliers chrétiens. Comme de raison, son discours contient des parties mystiques et de longs développements émaillés de citations de l'Écriture appuyés d'exemples empruntés à l'histoire ancienne, profane et sacrée. La reine reproche leurs vices aux prélats ; elle parle de l'Église, qui, grâce au schisme, est comme un monstre à deux têtes. La nouvelle chevalerie sera une seconde arche de Noé, au milieu du déluge universel. Les grandes épidémies qui ont dépeuplé la chrétienté, ont été la juste punition des crimes des seigneurs, qui ne tenaient aucun compte des avertissements des gens sages; la nouvelle chevalerie sera le remède, le triade de tous ces maux. Certains chevaliers, poursuit la reine, entreprennent légèrement la guerre sainte et vont sans ordre combattre en Prusse, à Grenade, en Barbarie, en Turquie, en Serbie, en Valachie; ils ne s'informent pas des ressources du pays, ne savent pas le temps qu'il leur faudra rester, les services qu'ils pourront rendre. Le luxe, les dépenses inconsidérées des chevaliers croisés, c'est là ce qui a fait échouer toutes les croisades depuis la prise de Jérusalem par Saladin. Les croisés partis, les Chrétiens d'Orient restent exposés sans défense aux attaques des Sarrasins, qu'irritent et qu'excitent ces expéditions. Si les chevaliers Chrétiens agissent ainsi, c'est qu'en se croisant, ils n'obéissent pas aux ordres de Dieu, ils suivent les inspirations d'une fausse reine, appelée Vaine Gloire. Tout ce développement est ingénieux et plein de finesse, mais perdrait à être abrégé; il mérite d'être lu dans le texte original. Tous ces défauts de la chevalerie chrétienne seront corrigés par la nouvelle règle. Les obstacles à vaincre ne sont pas invincibles; les grands hommes des anciens temps en ont surmonté de plus redoutables, et les nouveaux chevaliers auront pour guide Jésus-Christ, qui se chargera de les payer mieux que ne le sont les soudoyers de France et de Lombardie. La chevalerie de la Passion suivra l'exemple d'Annibal et de Scipion l'Africain; au lieu d'attaquer les Turcs et leur chef Baxeta (Bajazet) dans leurs nouvelles conquêtes autour de Constantinople, en Bulgarie ou en Serbie, il faut aller les combattre chez eux, en Turquie même, c'est là qu'on pourra les vaincre plus sûrement, et délivrer le Saint Sépulcre. La Syrie, la Palestine, pays peuplés et fertiles, fourniront plus de ressources à l'expédition que les déserts de Valachie et de Hongrie." (Auguste Molinier, Description de deux manuscrits contenant la règle de la Militia passionis Jhesu Christi de Philippe de Mézières, 1881 - books.google.fr, Synthèse : L’étoile hermétique : Louis IX).

Le Royaume de Jérusalem des Lusignan aux Anjou

Marie d'Antioche, prétendante au Royaume de Jérusalem, vend ses droits à Charles II d'Anjou. Elle est la fille de Mélisende de Lusignan et de Bohémond IV, prince d'Antioche. Mélisende est fille d'Amaury II de Lusignan et d'Isabelle Ière fille d'Amaury Ier et de Marie Comène. Amaury Ier est fils de Mélisende et de Foulque d'Anjou. Cette Mélisende est fille de Baudoin II de Jérusalem, cousin de Boudouin Ier, frère de Godefroy de Bouillon, et de Morfia de Matalya.

Charles II d'Anjou, fils de Charles Ier, et ses successeurs, rois de Naples de la famille d'Anjou, portent le titre jusqu'à Jeanne Ière. Celle-ci adopte Louis d'Anjou, deuxième fils de Jean le Bon et de Bonne de Luxembourg. mais un cousin, Charles de Durazzo, s'empare du royaume. Le royaume de Naples passe ensuite aux rois d'Aragon, qui deviennent ensuite rois d'Espagne. Louis d'Anjou transmet le titre à ses descendants jusqu'à René d'Anjou et son neveu Charles V d'Anjou. La succession fut disputée entre René II de Lorraine, qui transmet le titre aux ducs de Lorraine, puis aux Habsbourg-Lorraine, et Louis XI de France, qui transmet le titre aux rois de France (fr.wikipedia.org - Liste des rois de Jérusalem).

Charles II est le fils de Charles Ier d'Anjou et de Béatrice comtesse de Forcalquier (1231-1267), l'une des "quatre reines" filles de Raimond Bérenger IV, comte de Provence et de Forcalquier, et de Béatrice de Savoie.

À la mort de sa mère (1267), il devient comte de Provence. Il fait entreprendre des fouilles sous l'église de Saint-Maximin et découvre le tombeau de Sainte Marie-Madeleine en 1279. Après six ans de détention à Barcelone, Charles II peut mettre en œuvre en 1288 son projet de basilique pour abriter les reliques. Il fait ériger la ville de Saint Maximin en cité royale et fait construire la basilique en l'honneur de la patronne de Provence, qui demeure aujourd'hui un exceptionnel ensemble architecturale gothique en Provence (fr.wikipedia.org - Charles II d'Anjou).

Charles Martel, fils aîné de Charles II, est créée Prince de Salerne le 8 septembre 1289 par son père lors de son retour à Naples (fr.wikipedia.org - Charles Martel de Hongrie).

Salerne, avec son université de Médecine, a été associé à Rochemaure, et Rochemaure à Rennes les Bains (Les sommets de La Croix d’Huriel : Scolastique, Les Prophètes et la Croix d’Huriel : Prophètes, Vertus, Fleuves du Paradis et Evangélistes, La Croix des Prophètes à Rennes le Château).

Jean de Berry

Jean de Berry (1340 - 1416), troisième fils du roi de France, Jean II dit le Bon et de Bonne de Luxembourg (Bon-Bonne), est apanagé comte-pair de Poitou en juin 1357, à charge pour lui de reconquérir le Poitou (fr.wikipedia.org - Jean Ier de Berry).

La prise de Lusignan, dans l'été 1374, fut le dernier acte des opérations en Poitou (Françoise Autrand, Jean de Berry, 2000 - books.google.fr).

Quand Jean d'Arras entreprend, en 1392, de fixer par écrit les traditions orales qui constituent la trame de la légende mélusinienne, regroupées sous le titre de La noble histoire de Lusignan, son dédicataire, Jean, duc de Berry, vient de reconquérir sa province à grands frais ; le château de Lusignan, surtout, lui a coûté cher, mais il n'était pas question de le sacrifier : tenir Lusignan, c'est tenir le Poitou. Toutefois, la victoire n'est pas encore assurée ; l'année même où Jean d'Arras se met au travail, les Anglais, à la conférence d'Amiens, revendiquent la restitution du Poitou. Or, Jean de Berry est allié aux Lusignan par sa mère, Bonne de Luxembourg. Le récit, dont nul ne met en doute l'authenticité, servira à prouver ses droits sur la forteresse, qui ne saurait rester « trente ans accomplis dans les mains de quelqu'un qui n'appartiendrait pas, par son père ou par sa mère, à la lignée des Lusignan ». C'est ainsi que le duc de Berry détourne à son profit la hiérogamie qui a donné naissance à la maison poitevine dont l'étoile, en ce XIVe siècle finissant, commence d'ailleurs à pâlir (Brigite Hébert, La folie, miroir de la sagesse : pour une lecture de la Melusine de Thüring von Ringoltingen, Héroïsme et démesure dans la littérature de la Renaissance: les avatars de l'épopée : actes du colloque international (21-23 octobre 1994), 1998 - books.google.fr).

Jean de Berry aurait déjà manifesté son intérêt pour les Lusignan en commandant à Guillaume de Machaut la Prise d'Alexandrie, juste après l'assassinat de Pierre Ier de Lusignan en 1369. Cette chronique épique des exploits du roi de Chypre n'introduit pas la fée Mélusine comme ancêtre du lignage. Elle célèbre l'une des dernières grandes figures historiques de roi-croisé, un Lusignan prestigieux qui avait fasciné l'Occident (Catherine Gaullier-Bougassas, La tentation de l'orient dans le roman médiéval: sur l'imaginaire médiéval de l'autre, 2003 - books.google.fr).

Bonne de Berry (1365-1435), vicomtesse de Carlat et de Murat, se marie en 1393 avec Bernard VII, comte d'Armagnac. Le Carladez passe alors aux Armagnacs (fr.wikipedia.org - Jean Ier de Berry).

Jean de Berry est donc le frère du roi de Jérusalem Louis d'Anjou (de la famille des Valois), adopté par la reine Jeanne Ière, de la lignée des Anjou Capétiens, issu de Charles fils de Louis VIII et frère de saint Louis (fr.wikipedia.org - Louis Ier de Naples).

Jean de Berry et Gaston Phoebus se rencontrèrent probablement à Notre de Dame de Marceille en 1381 pour une réconciliation. Ils se disputèrent la lieutenance du Languedoc que le duc de Berry avait obtenu en 1380, nommé pour la seconde fois par le conseil de régence établi à la suite de la mort de son frère Charles V. Il rencontra de grandes difficultés à se faire reconnaître contre le comte de Foix, et il dut s'imposer par la force (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre V - Ps. 124).

Le pays veut comme chef Gaston Fébus le puissant et indépendant comte de Foix qui a su faire prospérer ses terres en restant neutre dans le conflit anglais. Ce dernier s'adresse aux Languedociens en Gascon et a promis de purger les trois Sénéchaussées de tous les pillards issus de la démobilisation à la fin des conflits castillans et franco-anglais qui y pullulent. Jean de Berry doit intervenir à la tête d'une puissante armée pour restaurer l'autorité royale. Le Languedoc se soulève, Gaston Fébus met à mal des routiers issus des rangs de l'armée du Duc de Berry. Charles VI a 13 ans, il ne rêve que de combats épiques: il va chercher l'oriflamme à Saint Denis. Voyant venir une sévère répression menée par l'armée royale, les états préfèrent céder et font savoir qu'ils se soumettraient au Duc de Berry contre l'amnistie pour les actes de rébellion et restitution des biens confisqués. Gaston Fébus lui exige le versement de 65 000 francs immédiatement puis une pension de 40 000 francs. Il faut l'intervention énergique du cardinal Jean de la Grange pour obtenir la paix en décembre 1381. Ce dernier obtient une réunion des états de Languedoc à Béziers pour discuter des conditions de l'impôt et ne quitte la ville qu'une fois que tous les habitants de plus de 14 ans ont juré fidélité au roi! En 1390, Charles VI, dès qu'il put gouverner, retira au duc de Berry son gouvernement et fit périr sur le bûcher Jean Béthisac, son principal agent (1389). D'abord médiateur dans l'opposition entre Bourgogne et Orléans, Jean Ier favorisa, à partir de 1410, les Armagnacs dans la guerre civile les opposant aux Bourguignons, puis traita avec les Anglais et fut nommé capitaine de Paris et lieutenant du roi en Languedoc (1413). Maître de Paris lors de la réaction anticabochienne en 1413, il ne sut éviter les violences ; ses hésitations, qui l'empêchèrent d'intervenir lors de la bataille d'Azincourt, achevèrent de le déconsidérer (fr.wikipedia.org - Jean Ier de Berry, fr.wikipedia.org - Liste des gouverneurs du Languedoc, www.universalis.fr).

Près de là, au Canigou

Au royaume d'Albanie, ancêtre du comté d'Albany, le roi Elinas chassait dans la forêt et rencontra, près d'une fontaine, une magnifique jeune femme qu'il salua bien humblement. À son souhait de la prendre pour épouse, celle-ci accepta en lui demandant de jurer à ne jamais chercher à la voir au temps de ses couches. La fée Persine (ou Presine) épousa Elinas et ils eurent trois filles, toutes aussi belles que leur mère. L'aînée s'appelait Mélusine, la deuxième Mélior et la dernière Palestine. Mataquas, fils du premier lit d'Elinas, jaloux du bonheur de sa belle-mère, poussa son père dans la chambre où Persine baignait ses filles. Celle-ci s'exila avec ses trois filles au sud, sur l'île magique d'Avalon, où elles montaient chaque matin sur la colline d'Elénos, la montagne fleurie, d'où elles pouvaient apercevoir la lointaine Albanie. La fée Persine leur dit qu'elles y étaient nées et que la fausseté de leur père les avait réduites à une misère sans fin. Chaque fois elle répétait son malheur, si bien que Mélusine, poussa ses sœurs à enfermer leur père en la merveilleuse montagne de Northumberland, appelée Brumblerio, d'où il ne sortirait plus jamais. Leur mère s'en montra fort courroucée, et condamna Mélusine à devenir serpent au-dessous du nombril chaque samedi. Si toutefois elle trouvait un homme qui veuille l'épouser, à la condition de ne jamais la voir le samedi, elle vivrait le cours naturel d'une vie de femme et mourrait naturellement, enfantant une très noble et très grande lignée qui accomplirait de belles et hautes prouesses. Mais si jamais elle se séparait de son mari, elle retournerait, sans fin, au tourment d'auparavant. Mélior fut condamnée à garder un épervier merveilleux dans un château en Arménie. Quant à Palestine, elle fut enfermée, avec un lutin, dans le mont Canigou et dut garder le trésor de son père jusqu'à ce qu'un preux chevalier la délivrât (fr.wikipedia.org - Mélusine).

Le Mont Canigou est au sud de Rennes le Château comme la Palestine est au sud de l'Arménie.

Jeu de cartes : PARIS

C'est ce qu'avait senti le P. Menestrier; car, après avoir rappelé les noms des quatre dames, Rachel, Judith, Pallas et Argine, il ajoute que «ces figures marquent les quatre voies par lesquelles les dames peuvent régner ; par la beauté, comme Rachel; par la piété, comme Judith; par la sagesse, comme Pallas, et par les droits de la naissance, comme Argine,» dont il fait l'anagramme de regina. [Bibliothèque curieuse, t. II, pag. 182-83.) C'est en ce même sens que l'opinion de Menestrier, adoptée par des critiques anglais, a été reproduite à diverses époques dans les papiers publics de la Grande-Bretagne, notamment dans l'article suivant, où Rachel est remplacée par Esther : «By the queens are intended Argine, Esther, Judith and Pallas (names retained on the french cards), typical of birth, pîety, fortilude and wisdom.» (Public Ledger, 5 feb. 1760.) (C. Leber, Etudes historiques sur les cartes à jouer, Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, 1842 - books.google.fr).

A l'entrée de Louis XI à Paris, parla porte Saint-Denis, en 1461, la ville lui donna, près de l'église Saint-Lazare, le divertissement d'une scène allégorique dont le sujet était le Hérault loyal cœur. Ce personnage, revêtu des armes de la ville, présenta au roi cinq dames richement parées et montées sur de superbes haquenées; « lesquelles dames, et chascune par ordre, avoient tous personnaiges tout compilez à la signification de cinq lettres faisant PARIS, qui toutes parlèrent au Roy ainsi que ordonné leur estoit. » (Chronique du très chr. roys Loys unziesme. Paris, 1508, in-8, p. 8.) Or, les noms des quatre dames du piquet sont Pallas, Argine, Rachel, Judith, qui, rangés dans cet ordre, forment le mot PARIS, moins l'S. Cette dernière lettre pouvait être l'initiale de Sémiramis, femme de Ninus, ancien roi de cartes; mais on conçoit qu'il n'y avait pas moyen de la faire entrer, cinquième, dans un quadrille (C. Leber, Etudes historiques sur les cartes à jouer, Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, 1842 - books.google.fr).

Pallas est la dame de pique ou tarotique épée, placée à Saint Just.

Les objets que représente ce Tableau, trouvé en 1758 dans les fouilles de Civita, lui donnent un mérite particulier. Sur un piédestal carré, contre lequel est appuyée une longue pique, on voit placé un bouclier de couleur jaune contenant un bas-relief, dont le sujet est la Déesse Pallas, exterminant avec son épée le Géant Pallante, vaincu déja et abattu à ses pieds. [...] Cette longue pique posée le long du piédestal appartient à Pallas. Fulgentius, II, 2, en donne une raison qui semblera peut-être un peu recherchée et tirée de loin : Minerva longam. hastam fert, quod sapientia longé verbo percutiat. Il est moins ordinaire de voir Pallas avec une épée, telle qu'on l'a représentée dans le médaillon du bouclier de notre Tableau, qu'avec une longue pique (François Anne David, Pierre Sylvain Maréchal, Antiquités d'Herculaneum, ou les plus belles peintures antiques, et les marbres, bronzes, meubles, Volume 2, 1780 - books.google.fr).

Le chêne est associé à Daniel par l'histoire de Suzanne. C'est l'un des deux arbres désignés par les vieillards dans leur accusation. Pour que leur témoignage soit validé, il aurait fallu qu'ils nomment un même arbre. Daniel les menace d'être coupés en deux. c'est le sort de Tirésias d'une certaine façon, en une autre occasion.

Le parallèle du récit de Tacite avec ce qu'on nous dit du bain de Pallas à Argos, nous offrira des résultats bien autrement concluants. Dans le petit poëme que Callimaque a consacré à décrire l'origine et les cérémonies du bain de Pallas à Argos, le poëte insiste surtout sur la virginité, la pudeur de la déesse, et sur la vengeance éclatante qu'elle sait tirer de ceux qui l'ont vue nue dans le bain. Le poète recommande aux Argiens de détourner leur vue de la figure de la déesse, de peur qu'ils ne meurent ou ne perdent la vue en punition d'une telle indiscrétion pour que ses auditeurs se pénètrent encore davantage du danger qu'ils pourraient courir, il leur raconte l'histoire de Tirésias, qui, errant dans les montagnes pendant la chasse, a eu le malheur de voir Pallas nue dans son bain, et qui, en punition de ce crime involontaire, a été privé de la vue. (Ch. Lenormant, Etude de la religion phrygienne de Cybèle, Nouvelles annales publiées par la section française de l'Institut archéologique, Volume 1, 1836 - books.google.fr).

Comme la nymphe Chariclo, mère de Tirésias, faisait partie du cortège divin, elle supplia Athéna de rendre la vue à son fils. La déesse refusa mais consentit à alléger sa sentence. « Elle lui purifia les oreilles, et ce qui lui permit de comprendre parfaitement le langage des oiseaux ; puis elle lui donna un bâton de cornouiller, grâce auquel il marchait comme les gens qui voient » (Apollodore III, 6, 7). Athéna lui concéda également une vie plus longue que le commun des mortels et le pouvoir de garder ses dons aux Enfers (fr.wikipedia.org - Tirésias).

Dans Pour le bain de Pallas d'Ovide en effet, on rencontre trois des éléments précités : - la nudité : il s'agit du bain que prit Pallas le jour du jugement de Paris, - la rougeur [...] - la chevelure. Il est à noter que, dans le poème de Callimaque, les trois catégories n'ont pas la force symbolique qui affleure dans le texte d'Ovide : le corps est dénudé dans une pure solitude et la rougeur est due à un massage. Mais Callimaque ne se limite pas à cette relation du bain qui précéda la comparution de la déesse devant le prince troyen. Il raconte qu'un jour quelqu'un vit la déesse et en fut puni : Tirésias y perdit en effet la vue (Hymnes V) (Jacqueline Fabre, Mythologie et littérature dans les Métamorphoses, Journées ovidiennes de Parménie, 1985 - books.google.fr).

L'arbre d'Athéna c'est l'olivier qu'elle offrit à sa ville. Mais la déesse est aussi attachée à Dodone.

L'idée d'un arbre sacré doté de la parole est si présente à l'esprit des Grecs qu'ils expliquent de la façon suivante le pouvoir miraculeux du navire des Argonautes. Quand on le construisait, disent-ils, Athéna avait introduit dans sa charpente une poutre provenant du chêne sacré de Dodone. C'est pourquoi l'Argo était capable de parler, pour énoncer la pensée de Zeus. Cette histoire serait incompréhensible si l'oracle de Dodone était émis par les feuilles du chêne sacré ; c'est le bois qui produit un son. Selon le récit que les prêtresses de Dodone ont fait à Hérodote, c'est une colombe venue d'Egypte à Dodone qui a prescrit d'y fonder un sanctuaire (Jean Rudhardt, Les dieux, le féminin, le pouvoir: enquêtes d'un historien des religions, 2006 - books.google.fr).

Avancée en âge, Deborah, nourrice de Rébecca (mère de Jacob, femme d'Isaac), mourut et fut enterrée au pied de la colline sur laquelle se dressait la ville de Bethel; elle fut ensevelie sous un chêne auquel on a donné le nom de Chêne des Pleurs ou de la Lamentation (Gen.24:59; Gen.35:8). Alon, Elon : Chêne; c'est l'un des arbres importants du pays, dont plusieurs espèces sont connues dans les forêts israéliennes; le chêne est souvent cité dans la Bible, soit pour indiquer un repère de lieu : Abraham s'installe au milieu des chênes de Mamré à Hébron (Gen. XIII, 18), soit déjà pour nommer quelqu'un : un des fils de Zevoulounest nommé Elon (Gen. XLVI, 14); soit encore pour évoquer la force :« J'ai exterminé devant eux l'Amorrhéen dont la hauteur était la hauteur des cèdres, lui qui était fort comme les chênes » dit Amos II, 9, parlant de la conquête du pays de Chanaan, faite par les Hébreux (Marc-Alain Ouaknin, Dory Rotnemer, Le Livre des prénoms bibliques et hébraïques, 1997 - books.google.fr).

Argine est la dame de Trèfle, soit le tarotique denier ou l'argent. Argine rappelle en effet argent. Comme elle correspond au droit de la naissance, on fait correspondre droit et justice et on place Argine à l'ouest à Rennes le Château.

Les fenêtres de la Tour Magdala, toutes de forme ogivale, sont percées de trilobés. Le dessin en forme de trèfle fait référence dans la symbolique religieuse chrétienne, à la trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit (www.lesportailsdumystere.fr).

Une croix trèflée se trouve dans l'église Sainte Marie Madeleine de Rennes le Château au dessus du groupe statuaire du baptême de Jésus par Jean-Baptiste (Autour de Rennes le Château : Eglise Marie-Madeleine et calendrier kabbalistique).

Rachel est la dame de carreau (d'arbalète) ou tarotique bâton, correspond à la Beauté et elle prend place à Cassaignes ou aux environs.

Autrement dit, le bâton de Jacob représente le principe actif qui féconde le principe passif des eaux. Il est caractérisé dans le dans le texte de la Genèse (30, 37) de « frais », «vert», en hébreu: lah. Ce mot de maqêl signifie aussi « houlette » (Zacharie, 11, 7 et 10). C'est la houlette de Jacob qui a servi à séparer ses troupeaux de ceux de Laban, séparation qui évoque la vision escatologique où Jésus séparera les chèvres des brebis. Le bâton de Christophe est, de même, l'axe qui relie le géant à la divinité. Les germes que l'on voit sur le bâton sont alternés comme les barreaux de l'échelle de Jacob. Deuxième exemple : le passage de la mer Rouge par les Hébreux : « IHWH dit à Moïse : lève ton bâton et étends ta main sur la mer et divise-la et les enfants d'Israël entreront au milieu de la mer à sec » (Exode, 14, 15). Ce bâton de Moïse porte, en hébreu, le nom de mattêh complémentaire de celui de maqel, comme on le voit par Jérémie 48, 17 : « Comment est-il brisé le sceptre de puissance, mattêh 'oz, le bâton de beauté, maqel tifarah ? » D'ailleurs maqel reste le nom du bâton que les Hébreux emportaient avec eux la nuit de Pâques (Exode, 12, 11). Il est identique, de nom et de propriétés à la verge d'Aaron. C'est avec lui qu'Aaron a frappé le Nil, lors des plaies d'Egypte et Moïse le rocher à Mériba pour en faire jaillir la source (17, 5). Comme le bâton de Jacob il est « verdoyant ». [...]

Maqel est en Jérémie la "branche d'olivier" (Jacques Bonnet, Le passage des eaux, Études traditionnelles, Numéros 479, 1983 - books.google.fr).

On a pas loin de maqel à raqel.

Judith est la dame de coeur ou tarotique coupe, correspond à Rennes-les-Bains.

Sachant que les quatre rois, Alexandre (trèfle), César (carreau), David (pique), et Charles (coeur) représentent les quatre monarchies grecque, latine, juive et française on a penser faire correspondre les reines à ces mêmes monarchies. Judith, selon le Père Daniel, serait l'impératrice Judith de Bavière (v. 800-843), seconde femme de Louis le Débonnaire, empereur d'Occident, et mère de Charles II le Chauve (823-877) qu'elle réussit à mettre sur un des trônes de l'empire. Cependant Argine est inconnue, Pallas-Athéna n'est pas reine, Rachel non plus. On ne voit pas pourquoi le David juif serait marié à la Pallas grecque.

Le nom de Judic que l'on voit sur certaines cartes anciennes est interprété celtiquement par l'abbé Bullet comme "Jud Dyc" (reines deux fois) mais sur sur les plats de l'antique couverture d'un Dictionnarium nominum propriorum de Robert Etienne, in-4.u de 154l, on voit, d'un côté une petite tête estampée en or qui porte pour légende : Judic, et de l'autre côté une autre petite tête avec ce mot: Oliferne (Gabriel Peignot, Recherches historiques et littéraires sur les danses des morts et sur l'origine des cartes à jouer, 1826 - books.google.fr).

Il paraît plus probable que Rachel est la seconde femme de Jacob, mère de Joseph et de Benjamin ; son nom hébreu signifie « brebis ». Judith serait sans doute l'héroïne de la Bible, une veuve de Béthulie, riche, vertueuse, pieuse et belle qui, après un repas, coupa la tête d'Holopherne, un général de Nabuchodonosor, qui s'endort, ivre ; et dans certaines cartes, Judith est « accompagnée » d'une tête monstrueuse qui porte le nom : « Oliferne » (Gilbert Lascault, Cartes à jouer et réussites: une esthétique localisée et fictionnelle, 2003 - books.google.fr).

Ainsi l'on peut assurer, que ce repas fut un repas sacré, où tout se passa selon les règles, non seulement de l'Honnêteté, mais de la Piété, & que la Coupe, qui fut remplie du vin du Seigneur, fut une Coupe de bénédictions & d'actions de grâces: Et si les Juifs avoient accoutumé de dire, avant que de boire, Béni soit le Seigneur du monde, qui a créé le fruit de la vigne, les Conviez n'ajoutèrent-ils point, Béni soit Dieu, qui nous a envoyé un Prophète, qui ne change pas comme Moïse les eaux en sang, mais en un vin excellent, pour réjouir & fortifier le cœur de l'Homme; & qui, comme un autre Elie, ne permettra pas que la farine manque ni l'huile, comme il vient de suppléer au vin, qui manquoit (Jacques Saurin, pasteur, Les Noces de Cana, Discours historiques, critiques, theologiques et moraux sur les evenemens... du vieux et du nouveau testament, Volume 9, 1739 - books.google.fr).

Pieta en italien signifie à la fois pitié et piété.

Et d'ailleurs, quelle cité ? Serait-ce l'antique Béthel ? Ou bien une pure création, « Béthulie » étant alors une forme dérivée de « betoula », la vierge ? En effet, la ville la plus flottante de cette étrange topographie, c'est bien Béthulie elle- même , puisqu'en dehors du livre de Judith, la Bible ne la mentionne jamais. Quant à sa localisation, elle a de quoi laisser songeur. Où se situe vraiment cette cité, en principe aux portes de la plaine d'Esdrelon, mais d'où l'on peut se rendre en procession à Jérusalem, et qui commande un étrange défilé « où deux deux hommes ne peuvent avancer de front » ? Pour ce qui est du destin d'Israël, il est indifférent de préférer Béthulie à Jérusalem, mais au plan affectif, la différence est notable : faire de Jérusalem le lieu de l'action implique une forme de solennité, tandis que le choix de Béthulie correspond à un autre type de dramatisation. Face à ces difficultés, plusieurs exégètes ont proposé de corriger certaines « erreurs » de lecture, mais ces détours, subtils, n'emportent guère la conviction. D'autant que les variantes hébraïques procèdent d'une Histoire différente. Alors que la tradition situe Judith pendant l'époque perse, le cantique final évoquant la stupeur des Perses et des Mèdes, le Midrash propose une autre datation, « maccabéenne » celle-là. En effet, dans la plupart de ces textes, l'armée étrangère qui, ici, occupe Jérusalem depuis plusieurs années ne vient pas de Ninive mais de Grèce. Et Holopherne est alors le roi des Grecs venu venger le meurtre de son représentant et/ou parent. La grande victoire finale est donc ici remportée non sur un envahisseur mais sur un occupant, et un occupant de tout autre nature. Avec les Avec les Midrashs, on quitte donc la datation perse, proposée par la Bible, pour une datation maccabéenne, puisque tout l'arrière-plan renvoie plutôt aux événements rapportés dans les livres des Maccabées (Jacques Poirier, Judith: Échos d'un mythe biblique dans la littérature française, 2004 - books.google.fr).

Il y avait un Béthul ou Béthuel dont parle Josué XIX,4. Sozomènes suppose que c'est Béthélie dont le nom signifierait "Maison de Dieu" comme Béthel. Béthélie et le Béthulie de Judith serait aussi identiques (Encyclopédie théologique, Tome I, Migne, 1845 - books.google.fr).

Transportez-vous en esprit dans la Palestine, et considérez comment l'orgueilleux Holopherne y répand partout la dévastation, réduisant tout à feu et à sang sur son passage. Qui donc pourra mettre un frein à son orgueil, et arrêter le cours de ses victoires ? (Domenico Barberi, Excellence de Marie et de son culte, traduit par M. Labis, 1856 - books.google.fr).

On suppose que Gabriel est l'ange de la Perse.

Pour se rapprocher de Rennes les Bains, notons le poème Judith écrit par Marie du Pech, Madame de Calages, au XVIIème siècle. Madame de Calages est morte à Mirepoix le 8 octobre 1661 à 29 ans. elle était née à Ancenis en Bretagne, fille de George de Puech-Kersalan ou Kersolan et de Marguerite de Druilla. Son père s'exila en Languedoc en 1649 et Marie épousa en 1649 à Narbonne henri de Calages, fils de Pierre de Calages de Chabancé et d'Anne d'Alègre. Le poème était écrit pour le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche et elle devait le présenter à Saint Jean de Luz (Luz : amandier en hébreu). Une maladie la retint chez elle. Elle fut choisie pour être la nourrice d'un des enfants du couple royal. (Auguste de Labouïsse-Rochefort, Voyage à Rennes-les-Bains, 1832 - books.google.fr).

La cinquième reine

Mais passons à Sémiramis, en qui nous allons reconnaître un personnage modelé sur Ève gardienne de l'Eden et mère des vivants. Épouse de Ninus-Adam, Sémiramis se montre à nous comme un représentant de la première femme, constituée de Dieu gardienne de l'Éden, avec son époux, et, de plus, mère de tous les vivants, ou des vivants, en hébreu am Izi (mater viventium) Schemir am hi, ou Sémir am is, custos mater viventium. Entrons dans l'examen de la légende, et voyons si elle viendra confirmer ou démentir cette première indication fournie par l'étymologie. Suivant la tradition, Sémiramis n'aurait jamais été allaitée par aucune femme, ainsi qu'on le pouvait dire de l'épouse d'Adam. Elle aurait d'abord été unie à un personnage dont le nom, Onnès, identique à celui du dieu Oannès, qui signifie force, puissance, est un équivalent de l'hébreu Ale’, Alébim. Et nous retrouvons là le trait de la première femme se disant redevable à Dieu de sa maternité, et de ses deux premiers-nés. Ces deux premiers fils de Sémiramis, et que l'on nomme Hyapates et Hydaspes, seraient ainsi des représentants des deux premiers fils d'Ève, c'est-à-dire de Caïn et d’Abel. Ces deux noms Hyapates et Hydaspes sont-ils sémitiques ? nous ne savons; mais nous ne saurions négliger de rapprocher du premier, Hyapatès ou Uapatès, le mot "aiorpata" , donné par Hérodote comme signifiant homicide, et qui convient si bien a Caïn, le premier meurtrier d’entre les hommes. Devenue ensuite l'épouse de Ninus, elle l'aurait fait périr, comme Ève avait attiré la mort sur la tête de son époux, soit à la suite d’un repas, ce qui rappelle la sentence de mort dont avait été frappé le premier homme après avoir mangé du fruit offert par son épouse ; soit en obtenant de lui de jouir un seul jour, comme Ève dans l’Eden, de l'autorité suprême, et le faisant mettre a mort par ses gardes, fable où se reproduit le trait du ou des Chérubins, armés d’épées, à qui avait été remise la garde de l’Eden, séjour du premier homme, et qui, en éloignant celui-ci de l'arbre de vie avaient exécuté la sentence de mort portée contre lui. Le conte au sujet des jardins suspendus, ou paradis, qu’elle aurait plantés soit à Babylone, soit sur une montagne de Médie, où ils auraient été arrosés par une grande source, et où l’on aurait joui de toutes sortes de délices, nous font de nouveau voir dans Sémiramis, la gardienne d’Eden, mère des vivants, que la tradition a partout fait suivre de son paradis, ou jardin de délices, et de la source qui en occupait le centre (Coup d'oeil sur l'ancienne chronologie de l'Assyrie, Revue du monde païen: recueil semi périodique, 1857 - books.google.fr).

Couleurs et éléments

Le rapport des couleurs modernes avec les couleurs anciennes ne fait pas consensus, les études historiques du tarot confirment les correspondances Coupes/Cœurs et Epées/Piques, et affirme plus clairement une évolution des Bâtons en Trèfles et des deniers en Carreaux, alors que certaines pratiques de cartomancie préféreraient voir une correspondance des bâtons aux carreaux et des deniers aux trèfles (fr.wikipedia.org - Cartomancie).

Parmi les cartes françaises de l'époque Louis XII, le valet de trèfle a un bâton. En Espagne l'as de trèfle est appelé baste.

La Bibliothèque impériale possède un jeu composé de dix cartes, auquel elle a fait les honneurs d'un cadre a part, et de l'exposition dans la grande salle des estampes. Ce jeu, trouvé à Lyon par M. Hennin, a été décrit par M. Duchesne. [...] Nous verrions dans l'objet que tient la dame de trèfle un souvenir du denier que porte la royne de denier dans les tarots français et italiens (Bibliothèque de l'Ecole des chartes, 27ème année, Tome 2, 1866 - books.google.fr).

Selon les cartomanciens, en identifiant denier à trèfle et bâton à carreau, alors, selon la liste des associations de la Croix d'Huriel, denier correspond à l'élément terre, l'épée au feu, la coupe à l'air et le bâton à l'eau.

Les deniers correspondraient à l'élément terre (solide, physique, minéral, froid) par leur analogie avec la rotondité de la terre mais surtout parce que le denier métallique est le symbole des métaux que recèle la terre (Patrick Coq, Les Mystères du tarot de Viéville - les 56 arcanes mineurs: Essai de décryptage d'un tarot ésotérique du XVIIème siècle, 2013 - books.google.fr).

Il existe un rapport biblique ancien entre le bâton et l'eau.

On en trouve un avec la lessive que le bâton remue dans l'eau bouillante (Saint Agathe et saint Martial à Limoges) (Autour de Rennes le Château : Nonagones et Sceau de Palaja : correspondances).

Avec son bâton qui serait de saphir selon des écrits rabbiniques, Moïse fend la Mer rouge selon le commandement de Dieu (Exode 14,16), fait tomber la grêle (eau gelée) (Exode 9,23), jaillir l'eau du rocher de Rephidim (Exode 17,1), et assainit les eaux de Mara (Exode 15,23) (Patrick Coq, Les Mystères du tarot de Viéville - les 22 arcanes majeurs: Essai de décryptage d'un tarot ésotérique du XVIIème siècle, 2013 - books.google.fr, Germain Bienaimé, Moïse et le don de l'eau dans la tradition juive ancienne: targum et midrash, 1984 - books.google.fr).

Enfin, de même que le saphir est la plus belle des pierres, Joseph passe pour avoir été le plus beau des fils d'Israël. Jacob le qualifie expressément de décoras aspecta. Moïse, de son côté, par une métaphore tout à fait dans le goût oriental, compare les charmes de cet enfant de Rachel à ceux du « premier né du taureau », et sa corne, c'est-à-dire son éclat, sa gloire, à ceux du rhinocéros. (Revue de linguistique et de philologie comparée, 1878 - books.google.fr).

De même pour le feu et l'épée, c'est dans la Bible que l'on trouve les Chérubins qui gardent l'entrée du Jardin d'Eden avec des épées de feu.

C'est ainsi qu'il chassa Adam; et il mit à l'orient du jardin d'Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l'arbre de vie. (Genèse 3,24) (saintebible.com - Genèse 3,24).

Les épées correspondraient à l'élément feu (l'éther, la chaleur) parce que l'épée naît dans le feu puis vit dans le feu du combat (Patrick Coq, Les Mystères du tarot de Viéville - les 56 arcanes mineurs: Essai de décryptage d'un tarot ésotérique du XVIIème siècle, 2013 - books.google.fr).

Notre épée est au sud.

Mais plutôt qu'"orient" on a «Ayant chassé (vaygarech) l'homme (l'humanité, eth haadam), il posta (vayachken) en avant du jardin d'Eden (mikedem le Gan Êden) les chérubins (eth hakeroubim), avec la lame de l'épée flamboyante (veeth lahat hah'ereb hamitahapekhet) pour garder les abords (lichmor ethderekh) de l'arbre de la vie (êts hah'aym)» (Gn; 3,24) (Raphaël Draï, La Communication prophétique: L'économie chabbatique, 1998 - books.google.fr).

La coupe est plutôt liée à un liquide mais on a le "bol d'air" (au moins 1892 : Revue mensuelle de laryngologie, d'otologie et de rhinologie).

Le bol alimentaire (1767 Cuvier, et 1761 Mercure de France) viendrait de bolus/bolos boule - en effet en anglais c'est traduit par bolus -, alors que le bol (à café par exemple) vient de l'anglais bowl (1786) (M. Hoin, Tableau de la rage, Mercure de France, 1761 - books.google.fr).

La Chose est ce qui est «étranger à moi tout en étant au cœur de ce moi» (J.Lacan, L’Éthique de la psychanalyse, Le Séminaire, livre VII, p. 87) ; elle est «ce qui, du dedans du sujet, se trouve à l’origine porté dans un premier dehors»; et «c’est cet objet, das Ding, en tant qu’Autre absolu du sujet, qu’il s’agit [pour lui] de retrouver» (p.65). Elle est à la fois le Souverain Bien et un bien interdit à tout jamais. [...]

Au fil des siècles notre rapport à la Chose a changé du tout au tout. Au XIIe siècle, les premières croisades, les romans du Graal, la poésie des troubadours célébraient tous le vide de la Chose, les uns sous la forme du tombeau (vide) du Christ, les autres sous celle du saint Calice (vide) ou de la Dame idéalisée et vidée de sa substance. Mais à la fin du XVe siècle, l’Inquisition s’est substituée aux croisades, la chasse aux sorcières à l’amour courtois, et la quête de l’Eldorado à celle du Graal. [...]

Les troubadours, chanteurs de la fin’amor, mettent dans leur cansone la dame en position de signifier cette Autre jouissance qui manque; ils l’élèvent ainsi, selon le jeu de mots translinguistique de Lacan, à la «dignité» de la Chose. [...]

L’Occident a passé ainsi de la sublimation à la colonisation de la Chose. La pulsion de mort faisant tendre, en dernière instance, le désir à la Chose, c’est sur elle qu’opère le processus de sublimation afin d’en dégager une puissance de création ex nihilo : l’œuvre créée naît du vide ou du chaos qu’elle promeut, renouvelant ainsi notre rapport au réel (Jonathan Pollock, Furo ergo sum, Le sujet bouge encore, 2013 - www00.unibg.it, Autour de Rennes le Château : La dalle horizontale de Marie de Nègre : vers Montolieu).

Au XVe siècle, on ne représente pas encore la luxure dans ses manifestations (érotisme de la femme tentatrice) mais dans son résultat : la coupe vide de la vanité, l'inconsistance des plaisirs (Sandra Gorgievski, Le mythe d'Arthur: de l'imaginaire médiéval à la culture de masse : paralittérature, bande desinée, cinéma, beaux-arts, 2002 - books.google.fr).

La vanité (du latin vanus : vide) renvoie à L'Ecclésiaste (1,11) de la tombe de l'abbé Boudet, curé de Rennes les Bains (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Trésors : Henri Boudet ou le prophète Jérémie).

Du vide qui bée au plus profond de son intimité surgit la force détonante d’une énergie négative. Cette énergie « singularisante » a connu plusieurs appellations au cours de l’histoire : thumos, virtus, volonté, libido… On pourrait la dire consubstantielle à tout sujet véritable, si justement la fureur était une substance. De toute manière, elle est la seule substance dont dispose un sujet. Cicéron appelait furor la melagkholia (« bile noire ») des Grecs, cette humeur virulente à laquelle la médecine moderne n’accorde aucune espèce de créance, mais que les Anciens tenaient pour responsable non seulement des troubles mentaux et des écarts de conduite, mais également de toute manifestation de génie. (Jonathan Pollock, Furo ergo sum, Le sujet bouge encore, 2013 - www00.unibg.it).

Lorsque l'accession à la souveraineté se fait par l'offre d'une boisson et / ou du récipient contenant la boisson, l'objet lui-même symbolise l'acquisition d'un statut royal qui restera étroitement dépendant du récipient, plein ou vide. Ainsi le vol de la fiole de la reine Gwenhwyvar, qui marque l'arrivée de Peredur à la cour d'Arthur, a-t-il été interprété non seulement comme un simple vol mais comme l'enlèvement de la reine elle-même, considérée comme une figure de la Souveraineté. Les propos tenus par le Chevalier Vermeil dans le Conte du Graal indiquent clairement un lien entre la coupe d'or emportée et la terre du roi Arthur que le voleur n'hésuite pas à réclamer pour lui-même. [...] On apprend ensuite que pour le roi Arthur, les menaces du Chevalier Vermeil n'auraient pas eu de poids s'il ne s'était emparé de la coupe de façon à renverser tout le vin qu'elle contenait sur la reine, devenue si furieuse que, selon Arthur, elle aurait pu y laisser la vie, tandis que le roi, triste et silencieux, garde la tête baissée en proie à la mélancolie. Est-ce un hasard que le premier exploit de Perceval soit la récupération de la coupe royale qui semble annoncer la quête du Graal, inaugurée plus tard par le même chevalier ? (Asdis R. Magnusdottir, La voix du cor: la relique de Roncevaux et l'origine d'un motif dans la littérature du Moyen Age (XII-XIV siècles), 1998 - books.google.fr).

Déplacés dans la littérature, les signes de la Lance « qui n'a ni chair ni veine » et du Graal si proche en sa figure de la « coupe dorée » vidée de son contenu par le Chevalier Vermeil fonctionnent comme double emblème de l'ornatus poétique. Il s'agit de comprendre que tout ce qui apparaît comme signe sacramentaire n'en est que la semblance, et par conséquent est la dissimulation de la perte fondamentale du principe originaire. Si le roman de Chrétien supprime l'ordre théologique du Père, il n'y aura plus de hiérarchie que simulée. Aussi n'est-ce pas un hasard si on trouve dans le récit une chaîne de parricides dont le héros ou ses doubles sont rendus responsables L'ensemble de ces prémisses nous permet d'articuler, sur les oppositions Philippe /Alexandre, Perceval /Gauvain, Graal /Lance, un premier niveau structurel du récit (Roger Dragonetti, La Vie de la lettre au Moyen âge: Le conte du Graal, 1980 - books.google.fr).

Alain de Lille est fidèle en cela aux images de Cicéron et Quintillien, qui font de l'ornatus un « chemin doux et plaisant », et qui lui donnent justement le nom de Fleurs métaphoriques et fleurs de rhétorique (Aline Geyssant, Fleurs métaphoriques et fleurs de rhétorique, Poétique, Numéro 123, 2000 - books.google.fr).

La coupe est un élément important de la littérature irlandaise qui annonce celle du graal.

When the king is overcome by a supernatural thirst imposed on him by druidic magic, he asks his champion, the giant Mac Cecht, to fetch him a drink. Mac Cecht balks at this demeaning task, tells the king that his duty is to defend the king from attackers, and advises him "seek drink from your dispensers and from the cup-bearers" Like the fool Taulchaine, however, these members of the Body Politic are no longer able to perform their proper functions. At Conaire's third request, Mac Cecht, after unsuccessfully trying to induce other warriors to perform the task, finally undertakes the errand of fetching a drink, against his own inclination but in accordance with Conaire's wishes, leaving the head of society unguarded and assailable by the marauders Bearing witness to Conaire's misrule, the land revolts: all of the major bodies of water in Ireland hide from Mac Cecht, and only a spring in Roscommon yields up water, which is used to wet the lips of the beheaded king. It is unlikely to be coincidence that Mac Cécht, whose absence as defender permits the beheading and final tragic death of the king, is depicted earlier in the text as a literal embodiment of the land (Amy C. Eichhorn-Mulligan, Togail Bruidne Da Derga and the Politics of Anatomy, Cambrian Medieval Celtic Studies, Numéro 49, 2005 - books.google.fr).

La coupe royale joue donc également un rôle important dans la mort de Conaire qui, assoiffé, se retire de la bataille. [...] La coupe vide que Mac Cecht emporte avec lui dans cette véritable quête de l'eau, directement associée à la mort du roi, semble ainsi s'opposer au récipient tendu par la Souveraineté à son élu (Asdis R. Magnusdottir, La voix du cor: la relique de Roncevaux et l'origine d'un motif dans la littérature du Moyen Age (XII-XIV siècles), 1998 - books.google.fr).

Soif et décapitation se manifestent dans l'histoire biblique de Judith, ce qui permet de la retrouver.

La consternation où le peuple fut réduit aux paroles d'Achior fut bien encore plus grande lors qu'ils virent Holopherne s'aprocher de plus en plus avec une armée de six vingt mille nommes de pied, & vingt deux mille chevaux. Ils se jetterent tous par terre ; & reconnurent que leur secours en cette extrémité ne leur pouvoit venir que du Ciel. Holopherne ayant investi Bethulie & consideré tous ses dehors, vit qu'elle n'avoit de l'eau que par un aqueduc qu'il fit couper, afin de les obliger par la soif à se venir rendre. L'eáu manque en peu de jours dans toute la ville; & ses habitans pensoient déja à finir le tourment d'une longue soif en se rendant à Holopherne, lorsque Judith se présenta à eux pour les consoler & pour relever leur courage. C'étoit une veuve d'une excellente vertu, qui avoit passé les années de son veuvage dans le secret de sa maison, toujours dans le jeune & dans le cilice. Et s'étant depuis longtems fortifiée pat ces saints exercices, elle se sentit dans cette extrémité poussée de son peuple, poussée d'un dessein qui ne pouvoit venir que de Dieu. Elle fit appeller les Prêtres, elle les fit venir chez elle, & après leur avoir reproché leur peu de confiance en Dieu, elle leur déclara qu'elle avoit un dessein, mais qu'elle ne le leur diroit pas ; & qu'elle leur recommandoit seulement de prier pour elle pendant qu'elle seroit hors de la ville (Isaac Lemaistre de Sacy, L'histoire du vieux et du nouveau Testament: avec des explications édifiantes, 1735 - books.google.fr).

Couleurs et sephiroth

Huriel est associé à la séphira Tipheret, Fronsac à Yessod, La Cassaigne à Hod et Rochemaure à Gebourah (La Croix d’Huriel et Rennes le Château : Par ce signe tu le vaincras : sephiroth, tarot et arbre de vie).

L'association des sephiroths aux sommets de la Croix d'Huriel proviennent d'une projection inversée de l'arbre séphirotique. Aussi le lien Rennes-les-Bains - Rochemaure - Gevourah est contrarié par la piété de la reine Judith, Hesed ou Chesed en kabbale.

On assiste à un repliement, par rapport à l'axe Tiphereth/Yessod, de l'arbre Hesed sur Gevourah, et Netzah sur Hod : la Piété sur la Force, la Victoire sur la Gloire (Terance Wall, The Symmetry of Gnosis, 2012 - books.google.fr).

Rachel (Cassaignes - Huriel) est en effet Beauté, une des traductions de Tipheret.

Rachel est décrite comme yefat to’ar, « belle d’apparence » (Genèse 29 :17). Sa grâce extérieure traduit sa beauté spirituelle intérieure (Contradiction entre Héllenisme et Judaisme, Japhet et Sem ? - www.aschkel.info).

Littéralement « beauté », « splendeur », sixième des dix émanations (sefirot) de Dieu selon l'enseignement théosophique de la Kabbalah, Tiferet a essentiellement un rôle médiateur dans l'arbre séfirotique (Adin Steinsaltz, Rabbi Nahman de Braslav, Le Maître de prière: Six contes de Rabbi Nahman de Braslav, 2012 - books.google.fr).

D'autre part, la laideur du Christ est affirmée par Isaïe 53, 2 « Il n'avait ni forme ni beauté ». Ce verset d'Isaïe ne s'oppose pas à celui du Psaume 44 ("il surpasse en beauté les fils des hommes") : ils sont comme deux flûtes ayant divers sons mais remplis d'un seul souffle (spiritus) c'est-à-dire de l'Esprit Saint (Dany Dideberg, Saint Augustin et la première Èpître de saint Jean: une théologie de l'Agapè, 1975 - books.google.fr).

Selon Isaïe, le Seigneur dépouillera les femmes hautaines de leur beauté qui ne sera plus qu'une brûlure (G. F. Berthier, Isaïe, Volume 1, 1788 - books.google.fr).

Argine (Rennes-le-Château - Fronsac) est en effet Justice, Yessod (le fondement) est aussi Tsedeq.

La neuvième Sephira, Yesod (Fondement), par sa combinaison des puissances créatrices, mâle et femelle, est le fond, la base de la vie. Elle est le lieu du Sadik (Juste), c'est-à-dire du Messie. C'est pourquoi elle est nommée Tsedek (Justice) (Pierre Gilles Weil, Répression et libération sexuelles: origines psychologiques, ésotériques, et religieuses, 1973 - books.google.fr).

Tsedaka : Désigne, dans le langage courant, l'argent dont on fait don : aux pauvres, aux institutions d'étude, aux synagogues. Il ne s'agit pas d'« aumône » ou de « charité » ; dans la mesure où la tsedaka est liée à tsedek, « justice », elle connote plutôt l'idée qu'il s'agit d'un usage « juste » de l'argent qui nous est confié par Dieu (David Saada, Le point intérieur: méditations sur les lectures hebdomadaires de la Torah, 2008 - books.google.fr).

L'importance du yessod est soulignée par la sanction de sa méconnaissance. Ce qu'exprime, entre autres, le prophète Ézéchiel : « Du fait que (yaân) mes dispositions juridiques (michpataiv) ils n'ont pas accomplies (lo âssou) et que mes principes généraux du droit (h'ou- kotaiv) ils ont méprisés et que mes chabbats ils ont profanés, qu'après les immondices de leurs pères étaient leurs yeux ; et moi aussi je leur ai donné des principes généraux qui n'étaient pas bénéfiques (lo tovim) et des dispositions juridiques par lesquelles ils ne vivèrent pas (Éz. 20; 24, 25). »

Pallas (saint Just - La Cassaigne) est Sagesse. Comment la relier à la séphira Hod ?

Le peuple de la Grèce antique était doté de yofi, comme l’atteste le verset de la Genèse 9 :27. Israël, par contre, est décrite avec le terme hod dans le livre de Daniel 10 :8. En détaillant ses rêves qui prédisent le sort des quatre royaumes, Daniel s’écrie : « Ma gloire s’est changée en destruction ». (Voir aussi Rav Tsaddok haCohen, Pokei’a’h Ivrimp.50). C’est spécifiquement, hod, la gloire d’Israël qui a été dévastée par yofi, la beauté de la Grèce. Comment cette tension entre hod et yofi se manifeste-t-elle dans la lutte entre Israël et la Grèce ? Nous y trouvons un précédent dans la rivalité sous-jacente entre Ruben et Joseph. Le peuple d’Israël repose sur deux fondations : les deux femmes de Jacob, Rachel et Léa (les concubines Bilah et Zilpah, étant complémentaires à leurs maîtresses.) Tout comme les patriarches ont contribué une facette unique à Israël, chacune des matriarches constitue, par sa force de caractère, un pilier distinctif dans l’établissement du Peuple juif (Contradiction entre Héllenisme et Judaisme, Japhet et Sem ? - www.aschkel.info).

Nous avons vu que l'Ecriture parlait de cette Gloire comme d'un aspect de la manifestation divine, comme d'une épiphanie. La révélation par elle-même de la Sagesse équivaut à celle de Dieu par lui-même. La Sagesse est la Gloire de Dieu. L'on peut appliquer pareillement les deux termes à la révélation au sein de la Divinité, car ils se rapportent tous deux à la même essence divine. Il est néanmoins préférable de désigner cette Gloire comme la Sophie, Sagesse de Dieu ; autrement dit, de la considérer dans son rapport avec la Deuxième Hypostase, avec le Logos, en ce sens qu'il lui donne son contenu, tandis que dans la Gloire il est défini selon son essence (Serge Boulgakov, La sagesse de dieu, 1983 - books.google.fr).

Le symbole de kabhod (gloire) et ses synonymes, spécialement tiphereth (splendeur), hod et hadhar (majesté) sont traduit par les Septantes par le grec "doxa", et la Vulgate "gloria" (Samuel Terrien, The Elusive Presence: Toward a New Biblical Theology, 2000 - books.google.fr).

Le mot numen peut, selon son sens, rendre trois termes hébraïques fort communs dans le Zohar : 1) rason, volonté; 2) kabhod, majesté, divinité; 3) ghebhûrah, puissance. Il ne désigne donc pas directement les sephirot, sauf évidemment la sephirah Ghebhûrah ou Din, qui est la puissance de Dieu manifestée comme pouvoir de juger et de châtier, ou encore la sephirah Hod, la majesté de Dieu. Numen ne paraît donc pas être donné par Georges de Venise pour un terme zoharique mais, tout comme celui d'attributum, pour un équivalent du concept zoharique et kabbalistique de "source sephirotique" (Marie-Odile Goulet-Cazé, Goulven Madec, Denis O'Brien, Chercheurs de sagesse, 1992 - books.google.fr).

Raphaël-Âme, Dieu-Corps et Sagesse-Esprit/Pneuma/Logos forme la tripartition de la personne humaine selon certains auteurs antiques (La Croix d’Huriel, ses anges et les humeurs : Au nom du Père, du Fils et du saint Esprit, Amen, La Croix d’Huriel et Léonard de Vinci : A quatre mains).

Pallas ou Minerve n'est pas que Sagesse.

La figure de Pallas avec des ailes est celle de Pallas-Nikè ou Victoire (Netzah en kabbale ou éternité), que l'on trouve sur les médailles d'Athènes (Trésor de numismatique et de glyptique, Volume 1, 1858 - books.google.fr).

Le type 16 (Pallas-Victoire) appartient peut-être aussi à Nicomédie ; il figure sur des monnaies de cette ville au nom du proconsul Carbon (Revue Numismatique, Société française de Numismatique, Blois, 1887 - books.google.fr).

Judith (Rennes les Bains - Rochemaure) est Piété qui correspond à Hesed le contraire de Gebourah.

Aux quatre vertus cardinales de la morale classique, Origène avait soin d'ajouter la piété « principe et fin de toutes les vertus » (Contra Celse XII,148-149) (Pierre Nautin, Origène, 1977 - books.google.fr).

L'hébreu geboura est employé dans la Bible avec les acceptions suivantes: 1°. Force, puissance, courage, la virtus des Latins; 2°. Actes de valeur, œuvres puissantes, et en particulier (Psaumes. 106, 2) les œuvres puissantes de Dieu. "Dunameis", dans les Evangiles grecs, s'explique très bien comme la traduction littérale du pluriel de geboura) il en est de même de virtutes et de fortitudines (Salomon Reinach, Les arétalogues dans l'antiquité. In: Bulletin de correspondance hellénique. Volume 9, 1885 - www.persee.fr).

Pierre Paul Rubens (1577–1640), Judith avec la tête d'Holopherne (vers 1616) - commons.wikimedia.org - "Rubens prête à Judith coupant la tête d'Holopherne une mâchoire énorme et des lèvres lippues et saillantes" (Cesare Lombroso, Les applications de l'anthropologie criminelle, 1892 - books.google.fr, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : La Pieta de Rennes les Bains : le Christ aux mâchoires)

La piété, la foi absolue en son Dieu sont toute la force de Judith, d'autant plus remarquable qu'une femme ne saurait compter sur ses capacités physiques. C'est ainsi que la peignent toutes les œuvres d'inspiration chrétienne. Lors de la christianisation, son histoire devient celle des premiers chrétiens luttant contre le paganisme. Au moment des guerres de Religion, chaque camp, catholique ou protestant, l'engage à ses côtés ! Judith est l'image de la Foi victorieuse. Judith est une héroïne exceptionnelle dans le contexte biblique. Certes, elle est inspirée par Dieu et a la suprématie sur les hommes – comme Déborah (Juges 4) – et elle tue – comme Yaël (ibid.). Toutefois, Déborah n'agit pas en personne, elle transmet les ordres divins à un général ; quant à Yaël, si elle tue Sisera, le chef ennemi, c'est à l'aide d'une cheville de tente qu'elle lui enfonce dans la tempe avec un marteau, et non avec un un cimeterre – arme d'homme. Ainsi, Judith semble usurper le pouvoir et des attributs traditionnellement masculins : c'est l'une des raisons proposées pour expliquer l'absence du Livre dans la Bible hébraïque. [...] Cette dualité de Judith, amoureuse parfois et toujours menaçante, se rappelle à nous de façon plus souriante sous la plume de Lewis Carroll : la Reine de cœur d'Alice au pays des merveilles (1865) décapite tout ce qui bouge. Or, la Reine de cœur dans nos jeux de cartes se nomme... Judith ! (Michèle Drévillon, Judith: L'espoir de Béthulie, 2010 - books.google.fr).

Jeu de cartes et territoire

Pique et Gémeaux : la Pique

Dans la direction du Bézu, se trouve le relief de La Pique, dans les Gémeaux, qui, outre Castor et Pollux et d'autres, seraient aussi Hercule et Thésée selon Lucius Ampelius (Vème siècle parès J.-C.) ("sunt qui dicant herculem et theseum") dont la tradition remonterait au pythagoricien Nigidius Figulus (Ier siècle avant J.-C.), rappelée par Philipp von Zesen (Filip Cösius) ou Caesius (1619 – 1689) dans son Coelum Astronomicum Poeticum sive Mythologicum Stellarum fixarum (Le mémorial de Lucius Ampelius, traduit par Victor Verger, 1842 - books.google.fr, Jacques Schwartz, Pseudo-Hesiodeia, 1960 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Nigidius Figulus, en.wikipedia.org - Philipp von Zesen).

Huit ou neuf cents ans après la mort de Thésée, au temps où Eschyle et Sophocle se disputaient le prix de la tragédie, le général athénien Cimon se rend maître de Scyros et cherche à découvrir le tombeau du bienfaiteur d'Athènes. Il aperçoit un aigle frappant un tertre de son bec et cherchant à l'ouvrir de ses serres. Saisi d'une inspiration divine, dit Plutarque, il fait fouiller en cet endroit et l'on y trouve les ossements d'un homme d'une grande taille, magna ossa, comme a dit Virgile, avec le fer d'une pique et une épée (Félix Martin-Doisy, Dictionnaire d'économie charitable, Volume 2, Troisième et dernière Encyclopédie théologique, Migne, 1855 - books.google.fr).

"La Pique" pour "Le Pique" est assez immédiat mais peut-être trompeur, les autres couleurs n'étant pas directement lisibles sur la carte.

Trèfle et Vierge : la Borde du Loup

On aurait la Borde du Loup et le Pas du Loup à l'ouest pour le trèfle.

La lupinelle est le nom vulgaire du trèfle incarnat ou farouch (férou aussi en occitan).

Le loup animal farouche, & nourri à la cruauté, à ce qu'en content les naturalistes, s'il void le premier un homme, il empeste tellement l'air, que je ne sçay par quelles occultes & sinistres influences, il lui oste la voix, & le prive de la parole, le Poëte a voulu dire son opinion. te Moeri lupi videre priores (9ème églogue des Buccoliques de Virgile : Vox quoque Moerim Jam fugit ipsa : Lupi Moerim videre priores) (Pierre de Besse, Conceptions theologiques sur les quatre fins de l'homme: prechées en un Advant l'an 1605, 1609 - books.google.fr).

Lupinus est un diminutif de lupus, nom latin du loup. Les Latins donnoient ce nom au lupin qui est le thermos des Grecs, parce que le lupin dévore la terre où il est cultivé, ainsi que le loup dévore les animaux qu'il rencontre. Pline, Discoride et Galien distinguent le lupin cultivé du lupin sauvage (Jacques Eustache de Sève, Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle: appliquée aux arts, à l'agriculture, à l'économie rurale et domestique, à la médecine, etc, Volume 18, 1817 - books.google.fr).

C'est tout à la fin du Moyen Age qu'un Italien du nom de Camillo Leonardi, médecin de Pisaure dont nous ignorons tout, prit la peine de compiler les manuscrits les plus représentatifs touchant aux aux pierres, et il dédia son ouvrage à César Borgia. Son Speculum lapidum fut imprimé pour la première fois à Venise, le premier décembre 1502.

La rubrique 43 semble à première vue provenir du lapidaire de Damigéron (L), ou de la source de celui-ci, où nous lisons à propos de la sarde : « Sculpis in eum uineam et hederam inuolutam. » Une recherche dans les autres lapidaires révèle qu'il s'agit en fait de la constellation de l'Épi de la Vierge (Spica) et que l'information vient d'Hermès ou de son remaniement par Enoch (Le Traité des Quinze Etoiles). Selon le premier, on prend une émeraude, on y grave le le carectus (chiffre) de Spica, on ajoute de la sauge, du trèfle, de la pervenche, de l'armoise et de la mandragore, on l'enchâsse dans de l'or et la gemme augmentat et accumulat divitias, devincit causas et eruit hominem ex malo et ab angustia (manuscrit Bodleian, e Museo 52, XVe siècle). Enoch (éd. delatte, p. 283) propose : [...] et vincit causas in iudicio et extrahit hominem de malo et de angustiis, mais la gravure est différente. [...]

Le recueil des Cyranides9 occupe une place particulière. Il s'agit d'un traité magico-médical dont la rédaction la plus ancienne conservée est en latin, l'original grec s'étant perdu. Ce traité qui repose sur la littéromancie, donne les recettes pour fabriquer des talismans en prenant une pierre que l'on grave et à laquelle on ajoute une plante, un poisson et un oiseau, tous commençant par la même lettre. [...] À la démarche des Cyranides, les traités d'Hermès et d'Enoch ajoutent la référence à un astre dont le nom est donné en arabe et parfois difficilementidentifiable étant donné les cacographies dues à des copistes qui ne comprenaient pas ce qu'ils lisaient. Les pierres sont mises en correspondance avec les constellations et les planètes dont elles tirent leurs pouvoirs (Camillo Leonardi, Les pierres talismaniques: Speculum lapidum, Livre 3, traduit par Claude Lecouteux et Anne Monfort, 2003 - books.google.fr).

Kuranos, qui a donné le nom des Cyranides par son auteur supposé, a formé le nom des cyranocéphales ou centaurée du solstice (Les Prophètes et Rennes le Château : Le Zodiaque du Cercle des Prophètes).

Coeur et Poissons : Faviès

Si la fève est bien, dans le monde des plantes, le lieu de la génération le plus marqué, au point d'apparaître comme un mélange horrible de sang et de sexe dans les fantasmes des Pythagoriciens, l'interdiction d'y goûter ne fait que reprendre en des termes plus pressants la défense triviale de consommer de la viande ou de verser le sang d'un être vivant)" Detienne note aussi que l'œuf, le coeur et la fève sont tous les trois ramassés, comme pour les adeptes des doctrines orphiques ou pythagoriciennes, « dans une même liste d'interdictions qu'énumère pour les initiés de Dionysos Bromios un règlement culturel provenant de Smyrne et daté du IIe siècle de notre ère : ne pas s'approcher des autels en vêtements de couleur noire, ne pas porter la main sur des victimes non sacrifiables, ne pas servir d'oeufs dans les banquets en l'honneur de Dionysos, faire brûler sur les autels le coeur (de la victime), s'abstenir de menthe qui (accompagne?) la race exécrable des fèves (Mirko Drazen Grmek, Les maladies à l'aube de la civilisation occidentale: recherches sur la réalité pathologique dans le monde grec préhistorique, archaïque et classique, 1983 - books.google.fr).

L'année dernière, à Cannes, un habitant du Mans tirant de sonporte-monnaie, une carte minuscule qui représentait le roi de cœur, imprimé sur un papier collé sur une petite plaque d'ivoire me dit que c'était la moitié d'une fève d'un gâteau des rois lui venant d'une dame qui, l'année précédente l'avait choisi pour roi. La seconde moitié, gardée par la reine, représentait la dame de cœur. Les deux cartes sont légèrement collées ensemble sur les bords du papier, ce qui fait qu'une personne qui n'est pas initiée, croit tout d'abord n'avoir pour fève qu'un petit morceau d'ivoire. Quand la fève échoit à un fiancé, celui-ci donne le roi à sa future et réciproquement, une jeune fille donne la reine à son promis. Il est de règle absolue, dans la Sarthe, que le roi doit se lever de table et aller embrasser la reine. A Montpellier, le gâteau des rois, fait par les boulangers, ressemble assez à un pain de munition, mais la pâte est relativement légère, bien levée et d'un beau jaune safrané à l'intérieur ; on le parfume avec de l'eau de fleur d'oranger. Un petit cœur, en papier blanc, est collé sur un côté de l'hémisphère pour indiquer qu'il y a une fève, laquelle est une vraie fève, la traditionnelle fève. Mais celle-ci ne se trouve au point indiqué que lorsqu'elle a été introduite après la cuisson du gâteau. Quand la fève a été mise dans la pâte, il est impossible de savoir à quel endroit elle se trouve et ce fait n'est pas celui qui excite le moins la gaité des convives. Le dôme est surmonté d'une fleur artificielle d'un sou ou de deux sous, choisie par l'acheteur. Lorsqu'on ne veut pas faire cette depense, le boulanger offre d'en mettre une, gratuitement, en papier blanc découpé. Une fleur ! proposent les marchandes de gâteaux, installées avec des tables sur tréteaux, a la porte des marchés. Et en deux temps, trois mouvements, elles déchirent un morceau de papier blanc très commun dans la pâte duquel il doit entrer du plâtre, le plient en deux, font des entailles du côté du pli avec les ciseaux qu'elles ont pendus à leur ceinture, roulent en forme de tige la partie du papier restée dans la main ; puis avec un doigt de la main droite elles font trou au sommet du gâteau et y plantent la fleur (Alphonse Certeux, Le gâteau des rois, Revue des traditions populaires, Volume 12, 1897 - books.google.fr).

Le mot Carnaval vient d’Italie mais a conservé son étymologie latine : « carnis levare », c’est à dire « enlever, ôter la viande, la chair ». Les Pythagoriciens qui excluaient la consommation des fèves étaient végétariens. Comme tant d’autres fêtes, c’est une récupération par le christianisme de très anciens cultes dont les Lupercales romaines (15 février) et les Saturnales (23 décembre). Le Mardi gras, situé entre le 3 février (Saint Blaise) et le 9 mars dans les signes du Verseau aux Poissons, marque le dernier jour des réjouissances qui durent en fait depuis l’Epiphanie et qui, en passant par la Chandeleur, se terminent par le mercredi des Cendres. On entre le lendemain dans les 40 jours du Carême qui vont mener au dimanche de Pâques (Le Carnaval - www2.ac-toulouse.fr).

Rite saisonnier, le carnaval est également rite de fécondité favorisant la reproduction des plantes, des animaux et des humains, à l'image des fêtes romaines de février dont il dérive. Le 13 février était célébré le sacrifice des 306 Fabiens; leur nom provient de faba, la «fève», qu'ils excellaient à cultiver. Or il est d'usage de consommer une fève avec la galette des Rois, le 6 janvier, au début du carnaval. [...] Le 18 février, lors des Quirinales, on honorait Quirinus, divinité agraire, ainsi que Fornax, la déesse des fours qui assurait que le froment fut grillé à point (Suzanne Chappaz-Wirthner, Le Turc, le fol et le dragon. Figures du carnaval haut-valaisan, 1995 - books.google.fr).

Le semis des fèves en Europe, longtemps aliment de base, couvre les mois de novembre à février sous les climats méditerranéens, et de février à mars en climat doux. L'Epiphanie se trouve à la charnière des deux, et le Carnaval à la fin du premier et pendant le second. Récolte au printemps ou en juin/juillet (Marianne Loison, Légumes anciens, saveurs nouvelles, 2006 - books.google.fr).

Les quatre premiers fruits du corps du Seigneur ont pour objet de faire disparoître ces quatre maux; ils nous délivrent des liens du péché. Le corps du Seigneur met le démon en fuite, il calme le foyer du mal qui est en nous, il purifie le cœur de ses souillures, il apaise la colère de Dieu. Les paroles suivantes du livre de Tobie, ch. VI : « Si vous mettez un morceau du cœur sur les charbons ardents, la fumée qui en sort chasse toutes sortes de démons, » s'entendent du premier de ces remèdes. Le fleuve dans lequel se trouvent ces poissons est la figure du monde; tous les poissons qui s'y trouvent représentent les divers genres d'hommes ; ce grand poisson figure la nation juive ; le cœur du poisson, comme étant la partie la plus noble, et celle de laquelle découle la vie, est la figure de la bienheureuse Vierge; la particule du cœur représente le corps que le Sauveur a pris de la Vierge. Ce corps doit être servi sur les charbons, c'est-à-dire qu'il doit être donné aux fidèles qui sont embrasés du feu divin; alors sa fumée, c'est-à-dire la vertu spirituelle qui en sort, éloigne les tentations du démon. On lit, Ps. LXVII : « Que le Seigneur se lève, et que ses ennemis soient dissipés, » etc. On lit dans le même Psaume du second remède : «"Selmon montagne de Dieu, montagne grasse. » La montagne de Dieu, c'est Jésus-Christ. Le mot Selmon signifie ombre. Jésus-Christ est donc une ombre rafraîchissante pour nous; parce que, comme le dit le Commentaire : Du corps de Jésus-Christ découle l'ombre de la grâce, qui nous protège contre l'aiguillon des vices et de la concupiscence charnelle: c'est pour cela qu'il a été. dit de la bienheureuse Vierge: « La puissance du Très-Haut vous couvrira de son ombre; » c'est-à-dire vous ombragera. L'ombre, en effet, est le résultat et du corps et de la lumière; la lumière, c'est le Verbe de Dieu; le corps, c'est la chair de Jésus-Christ. La lumière se joint au corps, c'est-à-dire le Verbe à la chair. Le Verbe, en effet, s'est fait chair. Par conséquent lorsque le fidèle prend le corps de Jésus-Christ, il reçoit un rafraîchissement spirituel, qui vient en quelque sorte de l'ombre de la grace qui découle de ce même corps. On lit dans le prophète Osée, ch. XIV : « Je suis comme la rosée, et Israël germera comme le lis. » (Des douze effets ou fruits du corps du Seigneur, opposés à nos douze langueurs : et d'abord des quatre premiers) (Saint Thomas d'Aquin, Opuscule LVII, chapitre 21, Opuscules, Volume 6, Jean Védrine, 1858 - books.google.fr).

Ps 67,4 Chantez à Dieu, chantez son nom, dressez un chemin à celui qui passe comme à cheval par les déserts [chevaucheur dans la Bible de Jérusalem] : son nom est Jah, réjouissez-vous devant lui (La Bible - L'Ancien Testament - 2ème partie - books.google.fr).

Encore faut-il ajouter que Raphaël est l'Archange — vecteur de Mercure, régent des Gémeaux (et aussi protecteur de Cordoue) (Jean Richer, L'Astrologie, source d'inspiration: de Hugo à Lorca : psychologie, astrologie et littérature : Nodier, Baudelaire, Gautier, Hugo, Nietzsche, Lorca, 1996 - books.google.fr).

Raphaël, le troisième archange, portait sa fonction dans son nom, qui signifie Dieu guérit. Le livre de Tobie nous raconte dans la Bible son histoire. Raphaël, après avoir accompagné Tobie chargé de recouvrer une somme d'argent, guérit de sa cécité le père de ce dernier avec le fiel d'un poisson qu'ils ont péché dans le Tigre. Averti par l'ange que Sarra lui est destinée, Tobie échappe au triste sort de ses sept précédents maris en brûlant sur le conseil de Raphaël le foie et le coeur du même poisson, lesquels chasseront le démon qui attirait la mort.

Ainsi dans ce court texte on a la Vierge, les Poissons, le coeur du poisson, le cheval du Sagittaire (psaume 67), et avec Raphaël les Gémeaux.

Carreau et Sagittaire

Au Sagittaire à Cassaignes les Planèses (Petite plaine agréable couverte de verdure) viennent de planus plat comme le suisse Planelle, carreau. Le carreau est aussi une flèche (parce que le fer en est carré), attribut avec l'arc de ce signe zodiacal.

Le signe des Gémeaux est le premier signe de la croix mutable (Gémeaux, Vierge, Sagittaire et Poissons, appelés également par la Tradition Signes Doubles, viennent " conclure" chaque saison) qui suit la croix des fixes, et des évangélistes (Taureau, Lion, Scorpion, Verseau) (astrogap.e-monsite.com).

Sang

Flegme

Bile jaune

Bile noire

Pituite

Atrabile

Lymphe

Coeur

Cerveau

Foie

Rate

Jovial

Flegmatique

Colérique

Mélancolique

Rouge

Blanc

Jaune

Noir

Salé

Insipide

amer

acide

Air

Eau

Feu

Terre

Chaud et humide

Froid et humide

Chaud et sec

Froid et sec

Printemps

Hiver

Eté

Automne

Gémeaux Balance Verseau

Cancer Scorpion Poissons

Bélier Lion Sagittaire

Taureau Vierge Capricorne

Gabriel

Uriel

Raphaël

Michel

Bleu

Rouge

Jaune

Vert

Mars

Soleil

Mercure

Lune

Est

Nord

Sud

Ouest

Verre

Mercure

Soufre

Sel

Âme

Corps

Esprit

Rochemaure

Huriel

La Cassaigne

Fronsac

Matthieu

Jean

Marc

Luc

sens allégorique ou moral

sens eschatologique

sens littéral (ou historique)

sens moral ou allégorique

Médecine

Théologie

Philosophie

Droit

Salerne

Ephèse

Alexandrie

Padoue

Force ou Tempérance

Prudence

Tempérance ou Force

Justice

Jérémie

Isaïe

Daniel

Ezéchiel

Géhon (Araxe)

Phison (Phase)

Tigre

Euphrate

Amandier

Caroubier

Chêne

Cèdre

Judith

Rachel

Pallas

Argine

Coeur

Carreau

Pique

Trèfle

Coupe

Bâton (ou Denier)

Epée

Denier (ou Bâton)

Piété

Beauté

Sagesse

Justice

Gebourah

Tiphereth

Hod

Yessod