Partie XII - Arsène Lupin de Maurice Leblanc   Arsène Lupin et Saint Sulpice   Les Grandes Ourses normande et audoise   
ARSENE LUPIN SAINT SULPICE AUDE

La situation de la Grande Ourse de la comtesse de Cagliostro, près de l'axe du 19 juillet, se trouve presque à l'opposé de celle construite par les Nonagones, près de l'axe du 17 janvier. Par chance, elles ont pratiquement la même amplitude.

Les Grandes Ourses à l'opposé l'une de l'autre

La Comtesse de Cagliostro

C’est dans cette histoire que nous apprenons les quatre énigmes gravées sur la monture du miroir magique de Cagliostro que ce personnage n’eut pas le temps de résoudre :

- In robore fortuna [la fortune est au cœur du chêne] : énigme qui est déchiffrée par Dorothée dans le récit de Dorothée, danseuse de corde ;

- La Dalle des rois de Bohème : énigme résolue par Lupin dans le récit de L'Île aux trente cercueils ;

- La Fortune des rois de France : énigme résolue par Lupin dans le récit de L'Aiguille creuse ;

- Le Chandelier à sept branches : énigme qui ne résistera pas non plus à Lupin dans le présent récit, devançant ses adversaires dont la comtesse.

A la fin du Moyen Age, tous les monastères de France constituaient un trésor commun, qui était géré par les sept abbayes du pays de Caux. Chacune de ces sept abbayes possédait une bague gravée à son nom et ornée d’une fausse pierre d’une couleur particulière. Un chandelier à sept branches symbolisait cette entreprise commune, chacune des branches étant ornée d’une pierre correspondant à la couleur des bagues. Les richesses récoltées étaient converties en pierres précieuses conservées dans une roche de granit creuse dominant la Seine près du manoir du Mesnil-sous-Jumièges. L’hiver 1450, ce château du Mesnil abrita Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII, lequel se trouvait alors à Rouen. Elle était enceinte et venait souvent en promenade jusqu’à la pierre, que les gens de Jumièges appelèrent dès lors "la pierre de la Reine".

Pour permettre de localiser le trésor, les moines avaient imaginé une formule secrète : "Ad Lapidem Currebat Olim Regina" (vers la pierre courait jadis la reine). Il fallait comprendre que les initiales de ces cinq mots formaient le mot ALCOR, nom d’une étoile proche d’une des sept étoiles de la Grande Ourse ; il fallait aussi prendre conscience que, sur la carte, les sept abbayes du pays de Caux dont le nom était gravé sur les bagues formaient une figure approximativement semblable à celle formée par les étoiles de la Grande Ourse. L’équivalent terrestre de l’emplacement occupé dans le ciel par l’étoile Alcor était donc l’emplacement de la pierre du trésor : le Mesnil, près de l’abbaye de Jumièges. Et la formule latine complétait cette indication en désignant plus précisément la pierre d’Agnès Sorel ou "pierre de la Reine".

En plaçant près de Jumièges le trésor de pierreries caché par les trésoriers des sept abbayes, Leblanc avait-il pensé à l’étymologie du toponyme Jumièges ? Le Carmen de fundatione, ruina et restauratione inclyti monasterii Gemmeticensis, poème du XVIe siècle, fait venir le nom latin de Jumièges, Gemmeticensis, de gemma (la pierre précieuse).

A l’approche de la Révolution, le gardien du trésor (constitué alors de plus de dix mille pierres) était le frère Nicolas, trésorier de l’abbaye de Fécamp. Par précaution, il enferma les sept bagues et bon nombre de pierreries dans un coffret en bois des Iles sous le couvercle duquel il fit graver la formule secrète ; et il enfouit ce coffret au pied de la pierre de la Reine, "pierre d’Agnès Sorel", un amas de petites roches, la plus haute dominant la Seine d’un mètre ou deux. A la veille d’être exécuté par les révolutionnaires, en 1792, il confia le secret du trésor à une jeune garçon de douze ans, le chevalier des Aubes, fils du propriétaire du château de Gueures (près de Dieppe). En 1870, à la veille de l’invasion prussienne, ce chevalier des Aubes (alors âgé de 90 ans), inquiet de la tournure des événements, révéla le secret au cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, qui, surpris par un orage, s'était arrêté au château de Gueures.

A la mort du cardinal de Bonnechose, en 1883, sa bibliothèque fut vendue. L’acquéreur, l’avocat parisien Beaumagnan, un ambitieux qui occupait un poste important dans la Compagnie de Jésus, trouva le mémoire rédigé par le cardinal qui parlait de cette affaire de trésor. Alors il constitua une équipe d’une douzaine de hobereaux en vue de résoudre l’énigme du chandelier à sept branches et de trouver le trésor des monastères.

Ayant eu connaissance des recherches entreprises par l’avocat Beaumagnan, la comtesse décida de résoudre pour elle-même l’énigme du chandelier à sept branches, usant de son pouvoir de séduction, et de nuisance en essayant de faire assassiner toute la bande de Beaumagnan.

Arsène Lupin, jeune amant de Clarisse d'Étigues, se trouva par hasard au château d'Etigues au moment où le père et le cousin de Clarisse, membres de la bande de Beaumagnan, royalistes engagés, prenaient leurs dispositions pour mettre à mort la belle comtesse. Ils descendirent la comtesse jusqu'à la mer par l'Escalier du Curé et la mirent dans une barque dont la coque était percée. Lupin intervint et put sauver la jeune femme, laissant croire à ses assassins qu'ils avaient réussi leur coup.

Ainsi se développe une course au trésor à trois : la bande de la Comtesse, l'équipe de Beaumagnan et Arsène Lupin, avec des alliances ponctuelles. S'y mélangent les histoires d'amour de Lupin avec Clarisse et la Comtesse tout à la fois. Lupin réussira à récupérer une partie du trésor, le reste sombrant dans les flots de la Manche. Sous le nom de Raoul d’Andrésy, il épousa Clarisse. Elle mit au monde une fille, qui ne vécut pas, puis, quelques années plus tard, un fils, qui lui coûta la vie, et que la comtesse par vengeance fera enlever (www.bude-orleans.org - Caux-Leblanc, fr.wikipedia.org - La Comtesse de Cagliostro).

On retrouve Agnès Sorel et axes nonagonaux dans Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : 18 juillet - Ours - Blois.

Le cardinal Henri de Bonnechose est un protestant converti à 18 ans, fils d'une mère néerlandaise. Après des études de droit, et une courte carrière d'avocat général, il entre dans dans la communauté de l'abbé Bautain à Strasbourg. Prêtre en 1833, il reçoit l'ordonnance royale le nommant évêque de Carcassonne. Élu le 17 janvier 1848, il est consacré le 30 janvier à l'église Saint-Louis des Français de Rome. Le climat du midi ne lui convenant pas, il est transféré à Évreux le 23 mars 1855. Nommé archevêque de Rouen par Napoléon III le 21 février 1858, il le restera jusqu'à sa mort. Il a été l'un des Pères du premier concile du Vatican et soutiendra le dogme de l'infaillibilité pontificale (fr.wikipedia.org - Henri de Bonnechose).

La Grande Ourse nonagonale et audoise

Cette Grande Ourse, à l'opposé de la normande, a été abordé dans :

Temple de Salomon et église Saint Sulpice,

Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse,

Rennes les Bains, la Petite Ourse et le Dragon.

Selon Dante, elle est assimilée à l'Eglise elle-même, dont l'église Saint Sulpice de Paris est une représentation architecturale.