Partie XV - Le Cercle et la Croix des Prophètes   Les Prophètes et Rennes le Château   Le domaine de l’abbé Saunière, hexagone et nouvelle alliance   
LE CERCLE ET LA CROIX DES PROPHETES DOMAINE SAUNIERE RENNES LE CHATEAU PENTAGONE HEXAGONE ALABRE BASOR

Construction de l'hexagone

Le carré du côté du pentagone est la somme des carrés du côté de l'hexagone et du décagone inscrits dans le même cercle.

La ligne droite composée du côté de l'hexagone et du côté du décagone tous deux inscrits en un même cercle, est coupée en la moyenne et extrême raison, de laquelle le grand segment est le côté de l'hexagone (Théorême 9, Proposition IX) (Les quinze livres des élémens d'Euclide, traduit et augmenté par Denis Henrion, 1631 - books.google.fr).

La construction de l'hexagone à partir de l'axe marqué par la Tour Magdala et le Calvaire, symétrique de la précédente, qui semble tout indiqué, met deux de ses côtés à 6 degrés de deux autres du pentagone AOMPS.

Un hexagone orienté plein nord met un de ses côtés parallèle à l'un du pentagone (sud).

Les trois axes gravés sur le dallage du sanctuaire dirigent l'architecture du temple de Louqsor. [...] Le temple est construit sur trois axes essentiels: 1° l'axe d'Amon, gravé sur le dallage de grès du sanctuaire de la barque et que nous avons appelé l'axe occulte du temple; 2" l'axe de Moût, ou géométrique, joue le rôle d'axe médian et subit plusieurs déviations essentielles au cours des différents états de l'évolution du temple. 3° L'axe de Khonsou, ou des Mesures, également gravé au sol sous le naos de la barque. Nous avons affaire à un temple vivant, et rien en lui ne peut ni ne doit être d'une rigidité qui est cadavérique. Les axes sont, de ce fait, précis quant à l'orientation sur le globe terrestre par rapport à ses aspects avec le ciel, mais ils ont toujours également un complément qui fixe une oscillation, de même que les murs obéissent aux axes tout en gardant par des nuances, leurs nombres propres. Il ne faut pas voir ici des imprécisions, parce que tout mouvement, toute vibration sont justifiés. C'est cette construction sur trois axes qui donne le « mouvement » à toute l'architecture, créant ainsi cet «état vivant » dont nous avons parlé. Chacun de ces axes a, en plus de son sens mystique, un sens positif en rapport avec celui-ci. Chaque mur du temple couvert est construit sur l'un ou l'autre des trois axes. Ainsi chaque mur et son inscription doivent être étudiés suivant l'axe qui les commande. Il n'y a ni malfaçon ni incohérence dans l'architecture du temple, comme pourraient le laisser croire ces salles aux angles aigus et obtus, ou ces colonnades sans parallélisme. Et même si l'on ne veut pas accorder foi aux raisons que nous donnons ici à qui veut les entendre, il n'en reste pas moins le fait positif, que dans le temple de Louqsor, les murs obéissent à une loi propre à chacun des trois axes gravés sur la plateforme et facilement contrôlables. [...]

L'axe de Mout, indiqué par le troisième tracé du sanctuaire VI, est appelé « géométrique » parce qu'il est l'axe médian longitudinal de chacune des parties successives du temple, il commande matériellement. Il part du point A, au fond du sanctuaire I où il divise le tabernacle, le sanctuaire et le mur Sud du temple couvert en deux parties égales. Il aboutit en B où il divise la face Sud de la plateforme en deux parties égales. Dans le temple couvert cet axe dirige tous les tracés au sol des murs Nord-Sud des trois sanctuaires secrets, ainsi que les murs Sud et Ouest et l'arrêt Nord de la plateforme. Il dirige encore la paroi Ouest de la chambre de la barque de Mout (salle XX) et les deux murs Nord-Sud de la salle VIII. Il apparaît que le nombre 7 est celui de la nature spécifiquement terrestre. Cette caractéristique ouvre la porte à une étude éventuelle qui mettrait en harmonie les divers globes du système planétaire. L'axe de Mout (temple couvert) est orienté sur 33° +- 5'par rapport au Nord-Sud, sur toute la longueur AB.

Du point B cet axe subit une déviation de 3° et, par son orientation (36° par rapport au Nord-Sud), détermine la fonction pentagonale. Il traverse la cour péristyle (ventre) et duirige la construction de la nef en passant par le centre des portes. Il aboutit en C, mais une pièce encastrée dans le dallage de la cour de Ramsès, soulignée par un dénivellement, marque son prolongment jusqu'en C'.

Entre B et C, l'axe géométrique dirige la colonnade Est du transept, la nef, ainsi que le mur d'enceinte et les colonnades Est des constructions romaines.

L'axe géométrique de la nef, BC, fait avec l'axe géométrique du temple couvert, AB, un angle de 3° ; la façade Nord de la nef fait, avec la perpendiculaire de BC, un angle de moitié de 3°. Cette façade se trouve donc orientée à 37° 30' par rapport à la ligne ESt-Ouest (45° - 7° 30'), et la colonnade romaine qui va de la croisée des chemins Est vers Kamoutef lui est parallèle.

Du point C, l'axe géométrique dirige, dans une nouvelle orientation, la cour de Ramsès et aboutit en D à la façade Nord du pylône. La différenxe angulaire entre les tronçons BC et CD est de 7° 30' répondant à la fonction hexagonale, ou plus exactement à la division du cycle 4x6 qui correspond aux 24 heures du jour entier.

Du point D l'axe géométrique obéit à l'angle de 45° par rapport au Nord vrai. Il traverse la cour de Nectanébo (le socle) en DE et continue en ligne droite à Karnak où elle aboutit au IXème pylône.

L'axe du dromos, DE, correspond à l'orientation CD de la cour de Ramsès plus 1° 30'. Cette différence, +- 5', rappelle celle qui existe entre l'axe d'Amon et l'axe géométrique de Mout dans le temple couvert.

Enfin l'axe de Mout du temple couvert (AB) semble jouer un rôle analogue à celui de l'axe d'Amon. Sa prolongation vers le Nord aboutit, contre le pylône, dans le reposoir de la barque de Mout construit par Ramsès II. La masse du pylône forme avec la perpendiculaire de l'axe de Mout DE un angle de 6°, et avec la perpendiculaire de l'axe de Mout AB un angle identique, de sorte que le « reflet » de l'axe de Mout forme un angle de 12°. Cet angle résulte de la division du cycle par 30, et cette construction est une conséquence de la combinaison du pentagone et de l'hexagone qui divisent le cercle en 5 et en 6. Ainsi 33°, l'axe de Mout AB du temple couvert, augmenté de 12°, atteint le rapport 1 à 1 ou 45°, axe du dromos vers Karnak, orientation finale... ou d'origine ? puisque le Nord-Sud est la référence et que l'angle 1 à 1 est le premier rapport possible. A l'image de la prolongation de l'axe d'Amon dans le parvis, qui en déterminait les murs Nord et Est, la prolongation de l'axe de Mout AB dans la cour de Nectanébo aboutit à l'angle Nord-Ouest en forme de proue, en F (Fig. 281) (1). Le mur Ouest de cette cour suivant cet axe augmenté de 10° par rapport au Nord. En résumé, les déviations successives de l'axe géométrique font alterner les fonctions du pentagone et de l'hexagone. C'est ainsi que Amon-Mout donnent forme et mesure au narthex en tant que leur produit, Khonsou. De même que l'on a constaté une oscillation de l'axe d'Amon dans la salle XII, dans la salle hypostyle et dans le portique Nord du transept, il existe une pulsation autour de l'axe de Mout (nef) : les rangées de colonnes Est de la nef et du portique Est du transept, sont parallèles au mur Ouest de la nef, et inversement les rangées de colonnes Ouest sont parallèles au mur Est. Il s'ensuit que ces deux colonnades vont en s'ouvrant vers le Sud tandis que les murs de la nef s'élargissent vers le Nord. Il y a deux directions, ainsi que l'indiquent les bas-reliefs : sur le mur Ouest la procession des barques vient vient de Karnak vers le temple de Louqsor, et sur le mur Est est gravé le retour vers Karnak. La petite pièce marquée dans le dallage de la cour de Ramsès comme aboutissant de l'axe médian de la nef, correspond à l'endroit où les barques sacrées bifurquent pour se diriger vers le Nil, au quai d'embarquement. [...]

L'axe de Mout crée la jonction entre le pentagone et l'hexagone et génère ainsi le fruit, Khonsou (R. A. Schwaller de Lubicz, Le Temple de l'homme: Apet du Sud à Louqsor. 2, Planches (1957), 1977, p. 316).

En effet l'angle d'un sommet d'un pentagone à deux autres contigus est de 36 degrés, et pour un hexagone c'est 30 degrés : différence de 6 degrés inclinaison de la Croix d'Huriel, inclinaison que suit quasiment le pentagone AOMPS.

Hexagramme païen

La matérialisation strophique de la présence du nombre dans le long poème (199 strophes, 1194 vers) en pentamètres de rimes croisées, dédié à son mécène « Le Très Honorable Henry Wriothesly », Venus and Adonis de Shakespeare (1595, deux après l'Astrophil and Stella de Sydney) "peut se retrouver en outre dans le sceau de Salomon ou hexagramme, ou encore étoile à six branches : en superposant le V de Vénus et le A d'Adonis on obtient cet entrecroisement de deux triangles équilatéraux inversés, «véritable somme de la pensée hermétique», alliance des principes féminin et masculin où Vénus et Adonis se reflètent l'un l'autre dans un tout unitaire qui les englobe, graphisme géométrique condensant l'ensemble du texte, réduction maximale d'une narration destinée à être transcrite en un symbole d'une pregnance universelle" (Gérard Gacon, Le lait de paradis: permanences poétiques en langue anglaise (XVIe-XIXe), 2005 - books.google.fr).

Adonis est peut-être une référence du vitrail à l'ONIS de l'église Marie Madeleine de Rennes-le-Château. Adonis, dieu qui meurt et qui renaît, est encore un référence du dieu Jésus dont l'abbé Gélis mis en place un chemin de croix dans son église de Cassaignes (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Le jardin d’Adonis : Onis et Rennes le Château).

Les jardins d'Adonis et l'Arcadie ont été mis en relation avec l'Orangerie de l'abbé Saunière dans son domaine (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Etudes particulières de psaumes : Psaumes 115 et 59 : Arcadie, verre et serres).

Dès sa naissance, les nymphes qui habitaient le bois prirent Adonis sous leur protection et le cachèrent dans une grotte. Sa croissance fut rapide et les nymphes l’élevèrent jusqu’au moment où, devenu un bel adolescent, il partit pour la Phénicie. Et, c’est là qu’il vit Vénus. Le cœur de la déesse s’enflamma aussitôt pour le jeune homme et elle devint si éprise de lui qu’elle délaissa la compagnie des dieux pour suivre son bel amour qui chassait dans les montagnes du Liban. Mars, l’amant éternel de Vénus, en conçut une profonde jalousie. Il ne pouvait accepter que Vénus lui préférât un simple mortel. Il se changea en sanglier et, un jour de la fin de l’été qu’Adonis chassait dans les bois, il se jeta si furieusement sur lui qu’il le blessa mortellement d’un coup de boutoir à la jambe. Prévenue trop tard, Vénus ne put soustraire son amant à la mort. Cependant, une goutte du sang d’Adonis tomba par terre et Vénus versa une larme sur la goutte du sang, ce qui donna naissance à une belle anémone. Adonis descendit donc aux Enfers où il fut aimé de Perséphone, la reine des Ombres. Ce fut alors à Vénus de connaître la jalousie. Voici comment cela se passa. Adonis fut envoyé par Vénus dans un coffre en bois à Perséphone afin que celle-ci le garde en sécurité. Cependant Perséphone s’éprit d’Adonis et le disputa à Vénus. Elle alla confier son chagrin à Jupier qui rendit un jugement digne de la Balance, ménageant l’amour-propre des parties en présence : Adonis passerait quatre mois avec Vénus, quatre autres mois avec Perséphone, et ensuite il serait libre pendant les quatre derniers mois. En fait, Jupiter n’avait pas trouvé tout seul cette solution. Il avait demandé à Calliope de résoudre la querelle. Et c’est elle qui ordonna au jeune home de passer un tiers de l’année avec Vénus, un tiers avec Perséphone et le dernier tiers avec la personne de son choix. Dans un premier temps, la solution de Calliopé sembla apaiser les tensions entre les deux déesses. Cependant, si Adonis respecta à la lettre les exigences du roi de dieux, il choisit de consacrer le tiers de l’année restant à Vénus afin de vivre pleinement son amour pour elle. Dès lors, le partage n’était plus équitable et l’amour qui liait Vénus à Adonis attisa la convoitise des autres dieux, car si la déesse de l’Amour, épouse légitime d’Héphaïstos, avait coutume de multiplier les infidélités, elle semblait cette fois-ci véritablement éprise de son jeune amant. Et c’est précisément là que Mars, fou de jalousie, intervint. Pourtant d’autres prétendent qu’Apollon, le dieu des Arts et de la Divination, entre autres, fut à l’origine de la mort d’Adonis. Apollon était furieux contre Vénus qui avait redu aveugle son fils, Erymanthos, pour l’avoir surprise nue au bain et c’est pourquoi Apollon aurait arraché son bel amant à la belle déesse. Les amours d’Adonis avec Vénus et Perséphone symbolisent le cycle des saisons et leurs capacités à produire des richesses dont les hommes pouvaient profiter. On reconnaît dans ce mythe une personnification des forces productrices de la nature et une image du rythme des saisons (www.sylvie-tribut-astrologue.com).

Le prophète Ézéchiel a repris les hommes d'Israël, parce qu'ils vénéraient le Soleil (8, 16), et les femmes d'Israël, parce qu'elles pleuraient Thammuz (8,14). Or, Thammuz, la divinité des Phéniciens correspondant à l'Adonis des Grecs, avait introduit le culte des sept planètes et des douze signes du zodiaque (www.bibleetnombres.online.fr).

Le 8 juin 1630, arrivait dans la cité de Venise le marquis di Strigis, ambassadeur de Charles de Gonzague-Nevers, duc de Mantoue et de Nevers, et il apporta la peste qui sévit 16 mois, causant 46 490 morts, la population passant de 142 804 à 98 244 habitants. Le Doge Nicolo Contarini, convaincu que la maladie était une punition divine, organisa des processions et des cérémonies pour attirer la bienveillance divine. Il fait le vœu dans l’église Saint-Marc le 22 octobre puis devant la Vierge Nicopeia le 26 octobre de construire une église (Santa Maria della Salute).

Deux ans après la défaite de Trasimène face à Hannibal, alors que la situation se retourne en faveur de Rome, Fabius Cunctator procède à la dédicace du temple de Vénus Erycine, vénérée par le Siciliens de Ségeste qui se disaient aussi descendants des Troyens, le 23 avril 215 av. J.C., selon les avis des Livres Sibyllins consultés, avec celle d'un temple à la Raison. Les succès de Rome à Ségeste avait fait de cette Vénus une donneuse de victoire, qualité que l'on n'attendait pas forcément d'une déesse de l'amour. Il a choisi un jour de fête : celui des Vinalia de printemps, lorque la Ville ouvre solennellement les jarres de vin nouveau.

Par symétrie, la Vénus licencieuse d'Eryx de la porte Colline du 26 août répond à la Vénus d'Eryx de la victoire qui, autre Vénus Victrix, correspond à Notre-Dame Nicopeia du 25 février (22 v’la l’Tarot : Kabbalisation du Tarot : Calendrier kabbalistique de Bernadette Soubirous, 22 v’la l’Tarot : Kabbalisation du Tarot : VII - Chariot . XVIII - Lune).

C'est l'Hiver qui met à mort Adonis. Le froid de l'hiver explique le choix de la laitue pour le lit funèbre. Et c'est en hiver que Natale Conti place les fêtes d'Adonis (où il ne voit sans doute qu'une déploration). Mais notre mythologue est d'une importance capitale par deux ordres de suggestions qu'il a fournies à Edmund Spenser et après lui, à la poésie anglaise. D'abord : l'image séduisante de jardins consacrés à Adonis, parce qu'Adonis se plaisait en de tels jardins" : de vrais jardins, non des mini-cultures en pots. Confusion peut-être, mais féconde, nous le verrons. La seconde révélation que lui doit Spenser, c'est celle de l'Hymne orphique. Natale Conti l'interprète dans le sens de l'exégèse solaire, sans en voir toute la complexité et la profondeur ; mais il le cite, le traduit ; et Spencer allait s'emparer des formules obscures, ambiguës, avec l'intuition d'un grand poète. [...]

Selon la même logique Natale Conti affirme que, suivant le pacte entre Vénus et Proserpine, celle-ci ne devait pas toucher à Adonis. Y a-t-il une source antique à cette clause ? J'avoue ne l'avoir pas trouvée (Hélène Tuzet, Mort et Resurrection d'Adonis, 1987 - books.google.fr).

Divison de l'année en 6

La division de l'année en 6 à partir du 25 avril, date de la transmutation aurine par Nicolas Flamel a été abordée et appliquée au Sceau de Palaja, étoile d'eau et de terre : de boue (cf. "Retire moi de la boue !" du Serpent rouge) qui doit cuire au feu pour tenir debout (L’étoile hermétique : Jeanne d’Arc étoilée, L’étoile hermétique : Louis IX, L’étoile hermétique : Alchimie et Astrologie, Autour de Rennes le Château : Une étoile hermétique à deux niveaux).

24/25 février : le Calvaire

Le calvaire (AOMPS) du jardin de l'église, marqué de la date du 6 juin 1897 date de la visite de Mgr Billard, se trouve au bout d'une allée qui conduit à la Vierge de Lourdes.

Lorsque la petite Bernadette Soubirous grattait la terre avec les doigts en ce fameux jour du 25 février 1858 et qu'elle se barbouillait la figure avec de la boue, selon l'ordre de la Belle Dame et à la grande hilarité des esprits forts qui l'épiaient, nous ne pouvons certes pas dire qu'elle était « inspirée » par le sermon de l'Aqueduc ou par de vieilles traditions qui nous montrent Notre-Dame penchée sur l'eau vive. Sous les doigts de la petite fille une source a jailli. Au lendemain de l'apparition de La Salette une fontaine depuis longtemps tarie s'est remise à couler. Presque chaque apparition de la Sainte Vierge évoque une source. C'est l'eau qui sert de véhicule à ses miracles comme c'est l'eau, vivifiée par l'Esprit Saint, qui confère la grâce baptismale qui fait naître le Christ dans l'âme régénérée. Là encore devant les yeux du chercheur des abîmes vertigineux s'entrouvrent... N'oublions pas, d'autre part, que dans l'Art Sacré comme dans la liturgie il y a toujours eu une mystérieuse équivalence entre les figurations de Notre-Dame et celles de l'Eglise. « La lune signifie l'Eglise — écrit le P. de Lubac — aussi bien « en sa lumière reçue du soleil » que par le caractère changeant et périssable de tout ce qui est en ce monde. Or, nous attendons la fin des temps « donec extollatur luna », ce qui veut dire à la fois: auferatur, interficiatur » («lorsque la lune sera supprimée) mais aussi « donec altius elevetur, perf iciatur » : lorsque la lune aura atteint son apogée, c'est-à-dire « l'Eglise son éternelle perfection»: LUNA PERFECTA IN STERNUM (P. L. 36,980, saint Augustin in Psalm. 71 n. 10) (Léon Sprink, L'Art sacré en Occident et en Orient: essai d'une synthèse, 1962 - books.google.fr).

La statue de la vierge Notre Dame de Lourdes a été placée par l'abbé Saunière sur un pilier sculpté d'époque wisigothique, qu'il a déplacé lors de ces travaux dans l'église. C'est un des piliers qui soutenait le maître autel. L'original se trouve dans le musée. Ce pilier a été inversé, l'alpha et l'oméga symboles de l'infini chrétien se trouvent inversés, juste au-dessus de "Mission" (www.belcaire-pyrenees.com).

Les lettres grecques alpha et oméga à l'envers donnent V et M dans l'alphabet latin d'où M.V. (1005 en numérotation romaine).

Maria Virgo est une appellation de la vierge Marie. Maria Victrix en est une autre, dans un ouvrage de Maximilien Schmidt S.J. (1590-1625) (Arcangelo Giani, Regola che diede Papa Martino V. e confirmo Innocentio VIII. a fratelli e le sorelle della Compagnia de'servi di S. Maria, 1591 - books.google.fr, Bibliotheque des Ecrivains de la Compagnie de Jésus, 1859 - books.google.fr).

Victrix correspond à Nikopeia en grec qui est l'un des noms de Marie à Venise, son culte est pratiqué le 25 février (Notre Dame de la Victoire). Son support est une icône volée en 1204 au cours du pillage de Constantinople par les croisés.

Si Nero Caesar : nun, resh, vav, qof, samek, resh = 616; Nero(n) Caesar : nun, resh, vav, nun, qof, samek, resh = 666, Suétone propose un isopsephos politique : NERÔN = 1005 = IDIAN MHTEPA APEKTEINE ("tua sa propre mère"), rappelant le matricide de Néron (Elvira Laskowski-Caujolle, Die Macht der Vier, 1999 - books.google.fr, The Encyclopedia of Religion, Volume 1, 1987 - books.google.fr).

Néron (1005) antéchrist renversé avec le pilier wisigothique est dominé par la Vierge, comme Asmodée l'est par les quatres anges du bénitier de l'église Sainte Marie Madeleine.

25 juin : le Potager

Au Moyen Âge, outre les parcs d'agrément, trois formes de jardins coexistent : le jardin de plaisance fermé, le potager utilitaire, et enfin l'espace exploité par les ordres monastiques, ou par les femmes près de leurs maisons, pour cultiver des plantes médicinales (jardin des simples). Au XVe siècle,le jardindeplaisance fermé présenteune grande diversité : soit un herbarium clos, rectangulaire ou carré, soit une pelouse à clôtures treillissées, sillonnée d'allées et ornée d'une fontaine et de parterres de fleurs surélevés, ou bien encoreun verger ornemental le viridarium. À travers la littérature,le jardin estalors surtout connu comme l'hortus conclusus, allégorie dujardin secretdu Cantique des Cantiques. Enfin, il peut prendre aussi la forme du paradis enchanteur en tant qu'hortus deliciarum décrit par la littérature médiévale comme espace de "l'amour courtois". [...]

La référence à l'Antiquité conduit les humanistes à adopter le modèle du jardin romain, planté de buis, peuplé de formes topiaires, et aménagé sur un terrain en pente d'où l'onpeut jouir d'une vue magnifique. Les jardins, tracés au cordeau ponctués d'allées d'arbres et de pergolas, offraient toutes les distractions. Sous l'influence des papes, et notamment de Jules II (Giuliano della Rovere, 1443 - 1513) et de son Belvédère, l'Italie se couvre de villas entourées de jardins qui deviennent musées de sculptures en plein air et sont agrémentés de jeux d'eau comme la villa d'Este à Tivoli (Dictionnaire mondial des images, sous la direction de Laurent Gervereau, 2006 - books.google.fr).

Alors que les théologiens protestants voyaient dans les miracles une fausse marque de la véritable Eglise, des livres de miracles fleurissaient, sous la plume de pieux auteurs, généralement desservant des sanctuaires miraculeux, qui voyaient dans les prodiges survenus le signe de la déroute de l'hérésie : en Béarn, en 1616, peu après la restauration de la chapelle de Notre-Dame de Bétharram (diocèse de Lescar) par l'archevêque d'Auch, Léonard de Trappes, on crut voir une croix renversée par la tempête se redresser d'elle-même toute lumineuse (Histoire de la France religieuse : Tome II, Du christianisme flamboyant à l'aube des Lumières, 1992 - books.google.fr).

Neuf mois après ce miracle, le 25 juin 1617, Louis XIII rendit le célèbre édit de Fontainebleau pour l'entier rétablissement du culte catholique en Béarn (Basilide Bourdenne, Manuel du pèlerin à Notre-Dame et au Calvaire de Bétharram, 1879 - books.google.fr).

25 avril

Le palais du Belvédère, au Vatican, est une ancienne propriété des papes. Sur la colline à l'arrière du Palais du Vatican, Antonio Pollaiuolo a construit un petit pavillon appelé le « Palais du Belvédère », pour le pape Innocent VIII. Quelques années plus tard, Donato Bramante a relié le Vatican avec le Belvédère, sous la commission du pape Jules II, en créant la Cour du Belvédère (Cortile del Belvedere), où s'élève la statue d'Apollon du Belvédère, l'une des fameuses sculptures antiques. Ainsi naquît l'engouement au cours du XVIe siècle pour le Belvédère (fr.wikipedia.org - Palais du Belvédère (Vatican)).

L’Antinoüs du Belvédère, dit aussi le Lantin, copie romaine en marbre d’un original grec, est actuellement exposé dans la cour de l’Octogone du musée Pio-Clementino du Vatican, à côté du Laocoon et de l’Apollon du Belvédère. Découverte à Rome près du château Saint-Ange, la statue fut acquise en 1543 par le pape Paul III. Charles Ier d’Angleterre, Louis XIV, Pierre le Grand, les Académies d’Art de Milan et de Berlin s’en firent faire des copies. Identifiée à Antinoüs à cause du lieu de sa découverte, près de l’ancien mausolée d’Hadrien, la statue est interpétée à la fin du XVIIIe siècle comme un Méléagre, puis au XIXe siècle comme un Hermès du type Andros-Farnèse (Ennio Quirino Visconti) (utpictura18.univ-montp3.fr).

Peu de choses sont connues d'Antinoüs avant sa rencontre avec Hadrien. Il naît en Bithynie (province d'Asie Mineure) à Mantinium, un bourg de la cité de Bithynium-Claudiopolis (actuelle Bolu). Mantinée, cité-mère de Bithynium, accueille le culte avec une ferveur particulière, d'autant plus que le nom du jeune homme rappelle celui d'Antinoé, fondatrice mythique de la ville. Son nom est donné à une constellation formée de cinq étoiles de l'actuelle constellation de l'Aigle ; mentionnée par Ptolémée dans son Almageste, elle sera finalement fondue dans l'Aigle (fr.wikipedia.org - Antinoüs).

Les poètes chantaient le mignon du redoutable empereur Domitien aussi librement que les écrivains du XVIIIe siècle célébreront la Pompadour, et l'on sait qu'Antinoos, mignon de l'empereur Hadrien, reçut souvent un culte officiel après sa mort précoce. [...]

Dans le calendrier de l'État romain qu'on appelle Fastes de Préneste, le 25 avril est la fête des prostitués masculins, le lendemain de la fête des courtisanes, et Plaute nous parle de ces prostitués qui attendaient le client dans la rue Toscane. Les poésies de Catulle sont pleines d'injures rituelles et juvéniles par lesquelles le poète menace ses ennemis de les sodomiser pour marquer son triomphe sur eux ; nous sommes dans un monde de bravades folkloriques d'une saveur méditerranéenne, où l'important est d'être le sabreur : peu importe le sexe de la victime (Paul Veyne, L'homosexualité à Rome, Sexualités occidentales. Contribution à l'histoire et à la sociologie de la sexualité, 1982 - www.persee.fr).

Encore une autre ville : Gênes

Innocent huitième (1484-1491) Genois de naissance autrement appellé Jean Baptiste Cibo ; ce fut lui qui fit bâtir cette belle Maison de plaisance qui est hors de la ville de Rome, & que l’on appelle Belvedere.

Jules II (1503-1513) est né à Savone dans le territoire de Gênes. Il s’appelloit auparavant Julien della Rovere. Comme c’étoit un Prince courageux, il passa presque tout le temps; de son Pontificat intrigué dans les guerres d’Italie, au moyen de quoi il reconquit presque toutes les Places qui avaient été démembrées du Patrimoine de St. Pierre (Nicolas Gueudeville, Le grand Théâtre historique ou Nouvelle Histoire Universelle, tant: sacrée que profane, 1703 - books.google.fr).

La Cortile del Belvedere, en (français : cour du Belvédère), au Vatican est un vaste complexe de bâtiments sur le côté nord de la basilique Saint-Pierre et du palais Apostolique. À l'origine, elle conduisait de ce palais au palais du Belvédère. Dessinée par Bramante, dès 1506, à la demande du pape Jules II, il s'agit d'un important travail architectural de la Renaissance italienne (fr.wikipedia.org - Cortile del Belvedere).

25 octobre

L'érection de l'obélisque de Louxor sur la place de la Concorde, le 25 octobre 1836, dédié à Ramsès II, provenant du temple de Louxor et offert par Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte, à Charles X nécessita la construction d’une rampe depuis la berge de la Seine jusqu’au centre de la place. L’opération attira une foule immense (www.carnavalet.paris.fr).

François Dubois (1790 - 1871), Erection de l'obélisque de Louxor sur la place de la Concorde (1836) - Musée Carnavalet

Des négociations en Italie occupaient le duc de Bourgogne; elles se liaient à sa jalousie du duc d'Orléans, et à son désir d'humilier la maison Visconti, sur laquelle ce prince s'appuyait. Jean-Galeas Visconti, père de la duchesse d'Orléans, avait acheté de l'empereur élu , Wenceslas, le titre de duc de Milan. [...] L'objet vers lequel se dirigeait alors l'ambition de Jean Galeas était la soumission de la république de Gênes. Cette puissante cité, dont les flottes avaient si longtemps dominé sur la Méditerranée et fait trembler les infidèles, dont le commerce avait accumulé d'immenses richesses que le crédit multipliait encore, était depuis quatorze ans livrée aux plus furieuses guerres civiles. Les factions des Adorno et des Fregoso, triomphant alternativement, avaient, à chaque révolution, inondé de sang la capitale, et toute la Ligurie. Jean-Galeas soufflait le feu de ces discordes ; il s'alliait alternativement avec tons les exilés ; il leur fournissait de l'argent et des soldats pour rentrer de force dans leur patrie, et il regardait chacune de ces convulsions comme hâtant toujours plus le moment qui soumettrait Gènes à son pouvoir. Le doge, Antoniotto Adorno, qu'il avait aidé dans ses conspirations, lorsque Adorno était exilé, et contre lequel il avait conspiré ensuite, comprit enfin toute l'étendue des dangers de sa patrie. Il crut qu'elle n'était plus en état de résister à Jean-Galeas par ses seules forces, et qu'au despote ambitieux, puissant, riche, perfide, qui la pressait de près, il était nécessaire d'opposer un autre souverain, plus puissant et plus riche encore, mais plus éloigné, et qu'il supposait devoir être de bonne foi, parce qu'il le savait inhabile aux affaires. Il entra en négociations, en 1395, avec Enguerrand de Coucy, qui représentait alors le duc d'Orléans à Asti, ce qui ne l'empêcha point d'entamer un traité tout favorable au duc de Bourgogne. L'année suivante, Arnaud Boucher, trésorier des guerres du roi, et François de Casenatico, furent envoyés à Adorno pour y mettre la dernière main. Le traité qui déférait à Charles VI la seigneurie de Gènes, au temps même où ce malheureux prince privé de raison, n'était pas en état de gouverner son propre palais, fut signé à Gênes, le 25 octobre 1395. (Jean-Charles-Léonard Simonde de Sismondi, Histoire des Français, Tome 7, 1847 - books.google.fr).

Entre autres clauses, les Génois refusaient de se faire imposer l'obédience du pape d'Avignon.

Le Belvédère est une hauteur dominant la ville de Gênes, en dessous du château. Il y avait aussi le fort de la Lanterne avec son promontoire.

Gênes était alors bien déchue de sa puissance d'autrefois ; elle ne pouvait plus rivaliser avec Venise, sa flotte ne dominait plus en Méditerranée et son trésor était vide. La Commune était calme ; les Fieschi et les Adorni rivalisaient d'empressement et les autres factions étaient contenues par la crainte qu'inspirait le Roi. Mais le gouverneur Philippe de Ravenstein multiplia les maladresses et les hésitations on lui reprochait sa partialité en faveur de la noblesse et d'avoir refusé Pise, qui voulait se donner à Gênes. Les Conseils étaient composés par moitié de nobles et par moitié de citadins ; en 1506, le parti populaire réclama les deux tiers des places pour ces derniers. Le gouverneur refusa d'abord, puis céda pour apaiser une émeute. Un nouveau soulèvement se produisit, à la faveur duquel le parti populaire institua huit tribuni pour gouverner la ville, s'emparait de La Spezia et de quelques autres places. Louis XII accepta de donner les deux tiers aux citadins ; il y mit seulement pour condition qu'on rendrait à Fiescho ses fiefs, qui avaient été occupés. Mais les popolari s'y refusèrent et entreprirent la conquête de Monaco, fief des Grimaldi. Là dessus, Ravenstein, qui ne pouvait plus faire respecter l'autorité royale, quitta la ville le 25 octobre et les révoltés élurent doge Paolo di Novi, un ouvrier en soie (Jean Dauvillier, L'union réelle de Gênes et du royaume de France aux XIVe, XVe et XVIe siècles, Annales, Université d'Aix-Marseille. Faculté de droit et des sciences économiques, Aix, 1947 - books.google.fr).

25 avril : Reconquête de Gênes par l'armée royale. 29 avril. Seconde entrée de Louis XII dans Gênes (Henri Pigaillem, Anne de Bretagne: epouse de Charles VIII et de Louis XII, 2008 - books.google.fr).

Proches des Cinque Terre, Portovenere, petit village de pêcheurs situé au débouché du golfe de La Spezia, en Ligurie au bord du golfe de Gênes, est mentionné dans les sources historiques à partir du IIe siècle après J-C comme Portus Veneris. Son nom serait issu d'un ancien temple dédié à la déesse Venere (Vénus) qui aurait occupé l'emplacement de l'actuelle église Saint-Pierre. Elle est la patrie de Simonetta Vespucci, possible modèle de Botticelli pour sa Naissance de Vénus (1485).

Les Cinque Terre sont une partie de la Riviera du Levant, à l'est de Gênes. Cette région est caractérisée par ses restanques : terrasses construites à flanc de colline plongeant vers la mer, soutenues par des milliers de kilomètres de murs pour permettre les cultures d'oliviers, de vignes, d'agrumes. Les Cinque Terre ("Les Cinq Terres") correspondent aux 5 villages enclavés que sont : Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore (www.bellitalie.org - Portovenere, fr.wikipedia.org - Simonetta Vespucci).

25 décembre

On n'a jamais su au juste quand est né le fils de Joseph et de Marie ; l'état civil dans les pays d'Orient a toujours été assez fantaisiste. En tout cas, il a fallu attendre le pape Jules pour que la date de la Nativité fût fixée au 25 décembre. Et le pape Jules a surtout voulu usurper là les grandes fêtes païennes auxquelles donnait lieu le solstice d'hiver. Chez les Grecs c'était la fête des Pots, où l'on passait la nuit à boire le vin nouveau : les Acharniens d'Aristophane se passent durant la nuit du réveillon ; les Phéniciens célébraient ce jour-là la fête d'Adonis renaissant et Adonis c'était le soleil ; les femmes allaient au temple apporter leurs offrandes au dieu figuré par un enfant couché dans une crèche et nous avons la description minutieuse cette fête dans les Syracusaines de Théocrite : et le pendant de cette fête du 24 décembre, c'était la fête d'Adonis vieillissant qu'on célébrait le 24 juin par de grands feux ; les peuples du Nord enguirlandaient, au solstice d'hiver l'arbre qui triomphe des hivers, le sapin (Émile Moussat, Ce que parler veut dire, entretiens radiophoniques sur l'etymologie des mots francais, Tome 6, 1960 - books.google.fr).

Il existe en Provence une survivance très curieuse et très fidèle de l'usage des « jardins d'Adonis ». A l'époque de Noël, dans chaque maison, on dépose, devant les crèches, une soucoupe ou un petit vase (siéton), remplis d'eau et de graines de blé, quelquefois des lentilles ; les graines germent rapidement, et forment de minuscules jardins, hâtifs et presque aussitôt flétris. On sait, d'autre part, que la symbolique chrétienne de la fête de Noël n'est qu'une expression nouvelle de l'ancienne symbolique des fêtes célébrées en l'honneur du retour des dieux calendaires. En Provence, on désigne la fête de Noël sous le nom de festo de Calèndo. Le blé semé à cette occasion s'appelle blé de Sainte-Barbe, en raison du jour approximatif des semailles (Charles Vellay, Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antique, 1901 - books.google.fr).

Le 25 décembre est situé dans le cimetière de Rennes le Château, mort et résurrection.

Des auteurs modernes nient la résurrection du dieu Tammouz/Adonis alors que Cyrille d'Alexandrie et Jérôme en parlent lors des fêtes qui lui étaient consacrées. Est-ce sous l'influence des Chrétiens ? On sait qu'avant Jésus il n'y avait rien. Lui-même d'ailleurs n'est rien puisqu'il n'a jamais existé (www.askwhy.co.uk).

Les jardins d'Adonis marquent la brièveté de la vie.

Sur la terre du domaine

Un événement se passe à Rennes le Château en 1881, le 25 juin.

Le village est loin d'être un endroit de tout repos pour ses pasteurs successifs. La population, revêche à toute autorité écclesiastique, y est rude, c'est le moins que l'on puisse dire. Nous aurions ainsi tort de croire que le hameau a attendu Bérenger Saunière pour faire parler de lui. Le scandale éclate précisemment autour de la période d'installation de monseigneur Félix Arsène Billard (1839-1901) dans son nouvel évéché de Carcassonne le 17 février 1881. Le lendemain de sa cérémonie d'investiture qui eut lieu le mercredi 6 juillet, le journal Le Courrier de l'Aude prend un malin plaisir à faire se cotoyer la relation de la cérémonie avec un pitoyable fait divers ayant eu pour cadre Rennes-le-Château et pour protagoniste principal son curé, l'abbé Cézac. [...] Les faits eux-mêmes s'étant déroulés le 25 juin. Ils font suite déjà au non respect d'un arrêté du maire Tisseyre qui interdisait les processions dans la commune. Le curé en fit malgré tout une pour la Saint Marc : 25 avril (La canne du berger - reinedumidi.com).

Une altercation entre le curé et une personne du village aurait éclaté, et Cézac aurait donné un coup de canne. Les journaux anticléricaux en font des gorges chaudes.

Les représailles ne tardent pas et dès le 23 juillet, l'abbé Cézac est muté à Blomac et l'abbé Mocquin en provenance de Bagnoles à Rennes-le-Château. Jeu de prie-Dieu... Ce qui est certain, c'est que monseigneur Billard n'est pas près d'oublier le village d'irréductibles. L'abbé Mocquin résistera plus de trois années à Rennes-le-Château, l'abbé Cros lui succédera puis Billard finira par y muter un fort en thème, grande gueule et costaud, capable de mater les barbares de Rennes-le-Château. Nommé mi-mai 1885, Bérenger Saunière s'y installera le 1er juin 1885 (La canne du berger - reinedumidi.com).

Le pas de cheval

ALABRE

"calvaire" a pour anagramme "cavalier".

Si on place le second damier du déchiffrage du grand parchemin selon l'orientation de la Croix des Prophètes, on peut obtenir sur un circuit hexagonal du cavalier à partir du calvaire le mot "ALABRE".

ALABRE

ALABRE, adv. (alâbré), est un terme du dialecte du bas limousin du jeu de la gagna, quand on a poussé la gagna, dans le trou qu'on appelle Eglise, on crie alabre, pour prévenir que chacun doit changer de position.

Gagno ou Gagna (cf. le vieux français "gaigne") est un jeu qui consiste à pousser à coups de bâton un os appelé gagno dans un trou appelé glèiso, en bas Limousin (S. J. Honnorat, Dictionnaire Provençal-Français, ou Dictionnaire de la Langue d'Oc, ancienne et moderne, suivi d'un vocabulaire Français-Provençal, Tome 1, 1846 - books.google.fr).

Dans quelques provinces du Midi, la soule à la crosse se jouait à l'aide d'un maillet ferré (d'où son nom de mail), avec lequel on poussait le ballon. Il faudrait peut-être voir dans le jeu limousin de la gagne une survivance de cette variété de soule dont les Anglais ont fait le jeu du croquet en le combinant avec le jeu de boules ou billart (Johannès Plantadis, Le folklore limousin, 2016 - books.google.fr).

Quand au jeu de lo Gagno, on tourne le dos au trou du milieu, on dit : Vira tsanas (le derrière des jambes) o l'egle-idzo. Nous nous servons souvent de cette expression dans le langage familier : Vira tsanas o qu'a-oucun, c'est lui tourner le dos. Si une personne quitte celui qui la nourrissoit ou la maison dans laquelle elle vivoit, on dit d'elle : O vira tsanas e-i tsontel; il a tourné le dos au pain (Nicolas Béronie, Vialle, Dictionnaire du patois du Bas-Limousin (Corrèze), et plus particulièrement des environs de Tulle, 1823 - books.google.fr).

Le jeu de gagna étant limousin n'est pas précisément audois, mais les échecs non plus.

Le verbe gagner vient du francique *waidanjan, chercher de la nourriture d'où en ancien français "paître" (sens conservé en vénerie) et "faire du butin, du profit", sens qui s'est développé et l'a emporté en français (Nouveau dictionnaire étymologique et historique, arousse, 1969, p. 330).

"Alabré" en patois marseillais signifie "vorace" sans doute du grec "labros" de même sens (Jean Bernard Lafon (Mary-Lafon), Tableau historique et littéraire de la langue parlée dans le Midi de la France et connue sous le nom de langue romano-provençale, 1842 - books.google.fr).

Labyrinthe a été rapproché de "labrys" - "la hache" en lydien et carien. Après vérification dans le Bailly, je pense que le rapprochement avec "labros" (violent - vorace) est beaucoup plus évocateur, surtout au niveau de la voracité du ventre de la terre (Aspasie mineure, Le labyrinthe de Crète, 2007 - www.passion-histoire.net).

Le Bailly nous traduit le mot labyrinthos par « lieu rempli de détours » ou par « objet se repliant sur soi-même ». Avec l’adverbe -then, il peut impliquer la manière d’un éloignement, d’un départ, de ou vers lui-même (in, datif ou accusatif de i, pronom réfléchi de la 3ème personne). Mais aussi, et c’est là le sens fort du mot, le radical hérité de l’adjectif labros le qualifie de violent, de véhément, d’impétueux. Ce dernier sens écarte l’idée d’un choix. Il fait du labyrinthe un parcours impétueux se repliant sur soi-même ou mieux qui se rue vers lui-même (verbe labrô). Le seul but indiqué est le départ, la marche sans transiger, qui s’élance du sentiment immédiat (Gwenael D., labyrinthe, 2, 2014 - www.lintrepidecentripete.com).

On remarque, dans le passage d'Ezéchiel, que les temples, où l'on adoroit Thamuz, étoient remplis d'images et de peintures, comme le Labyrinthe d'Egypte, qui, comme nous le faisons voir ailleurs, n'etoit qu'un monument du Sabisme, rempli de figures des constellations, et d'autres images symboliques des animaux célestes. Le Labyrinthe étoit véritablement le temple du Soleil, Adonis, Osiris etc. Aussi le Prophète nous montre dans l'intérieur de ce temple du Seigneur, où l'on pleuroit Thamuz, des hommes, dont le visage regardoit l'Orient, et qui adoroient le Soleil levant. Selden a bien apperçu, que ces images représentoient la milice céleste, c'est à-dire, le Soleil, la Lune, les Planètes, les signes et les constellations. On appeloit l'entrée du Soleil au signe du Cancer Tecupha Thamuz, révolution de Thamuz, ou période de Thamuz ; c'est ainsi que les égyptiens appeloient période Sothiaque, celle qui partoit du même Solstice, au lever de l'Etoile Sirius ou Sothis (Charles-François Dupuis, Origine de tous les cultes ou Religion universelle par Dupuis, citoyen françois, Tome II, 1794 - books.google.fr).

La danse des chanoines de Saint Etienne d'Auxerre n'était pas abandonnée à leur caprice ; une espèce de labyrinthe, tracé sur les dalles du chœur, leur indiquait les évolutions qu'ils devaient accomplir. Le jeu auquel ils se livraient avait donc un sens symbolique, que l'hypothèse de Jean Beleth n'éclaircit pas suffisamment. Les rites de la pelote dérivaient moins des saturnales que du culte du soleil. Ils ont lieu au commencement de l'année, qui fut fixé successivement à Noël et à Pâques. La balle sphérique, qu'on lance dans l'espace, ou qui circule de main en main, représente l'astre régulateur des saisons. Ce qui rend notre avis plausible, c'est qu'un jeu analogue à la pelote s'appelait coule, ou soule, solle ou cholle, du mot latin sol (soleil). C'étaient deux amusements distincts, mais séparés par de très-légères nuances. Les joueurs de pelote, après l'avoir lancée, couraient concurremment pour la rattraper; les joueurs de solle se partageaient en deux bandes rivales, entre lesquelles un seigneur du canton jetait une grosse boule de foin recouverte de cuir. L'une des troupes la poussait vers l'orient, l'autre vers l'occident; chacune s'efforçait de l'attirer dans les limites de son camp; et, comme pour figurer la lutte de la lumière et des ténèbres, les deux partis se livraient un combat acharné (Emile de La Bédollière, Mœurs et vie privée des Français dans les premiers siècles de la monarchie, Tome 3, 1835 - books.google.fr).

BASOR

Si on place le premier damier du déchiffrage du grand parchemin selon l'orientation de la Croix des Prophètes, on peut obtenir, sur un circuit pentagonal à partir d'Antoine l'Ermite dans l'église Sainte Marie Madeleine, le mot "BASOR".

Ce terme désigne la chair dans la langue éthiopienne dans le domaine théologique (Materials on Biblical Hebrew Lexicography and Semantics: For the Course of C. Rabin, 1969 - books.google.fr).

Dans le pays de Hawizah, vis-à-vis de Korna et près de la rivière de Senné, en Irak, se trouverait le tombeau d'Esdras. On y parle une langue proche de l'hébreu :

En demeurant quelque temps dans ce pays, on parvient facilement à comprendre la langue des habitans; car elle a beaucoup de rapport avec la nôtre ou avec le chaldéen. Ainsi il disent daroch pour derech (chemin), lahom pour lehem (pain), basor pour basar (viande), et bakor pour bakar (gros bétail) (M. Carmoly, Tour du monde ou Voyages du Rabbin Pétachia de Ratisbonne, dans le XIIème siècle, Journal asiatique, Tome 8, 1831 - books.google.fr).

BASOR

Le chair-pain, se trouve symbolisé ici par le pentagone (pain-tagone). Le passage du pentagone à l'hexagone est un symbole de l'eucharistie pour un auteur ecclésiastique édité par Jacob Vernet (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière, pentagone et AOMPS).

La viande, chair morte, est un thème de La Marge de Mandiargues, élément macabre de l'érotisme.

Ce qui apparaît, dès l'entrée de Sigismond dans le musée du Palais National, c'est une continuité entre l'art et la mort, premier niveau d'interprétation d'une intrigue où, pour le personnage qui a perdu les siens, la peinture devient funéraire (les marins et le sang ; Sergine en joli petit vampire ; les tableaux se métamorphosant en quartiers de viande, le musée en boucherie monumentale). A ce premier niveau l'équivalence des signifiés fonctionne : un personnage ne pense qu'à la tragédie des siens et sa lecture funéraire du monde forge la langue qui, en retour, laisse le lecteur en prise avec un sentiment de disparition : art et mort, musée et Sergine s'inversent en permanence pour régir le déploiement sémantique de la métaphore. [...] Ce caractère funéraire présente également, et non sans humour, une variation sur la viande, voire sur l'anthropophagie. Autre expansion paradigmatique («goutte de sang», « décharner », «vampire», «boucherie»...) dont le sens dérive depuis Sigismond qui, à certains égards, « dévore des yeux». [...] La seconde partie de la visite du musée du Palais National reprend l'hypothèse sur laquelle s'arrête la première : Mandiargues isole sur la page des termes, apparaissant comme un « diptyque », « L'art/Lard ». Issus d'un déploiement tropique qui témoigne de la tentation d'appréhender les mots comme vision, ceux-là sont rendus visibles par la mise en page de ce « distique de monosyllabes », comme des formes plastiques eussent pu l'être (Alexandre Castant, Esthétique de l'image, fictions d'André Pieyre de Mandiargues, 2001 - books.google.fr).

Dévorer la chair

Les mythes relatifs à un moment originel de rapports pacifiques avec les animaux étaient relativement répandus et qu'ils existaient aussi à Babylone (épopée de Gilgamesh). Comme dans la Genèse, c'est semble-t-il par la faute de la femme que cet état originel avait été perdu. Le mythe du jardin pacifique planté et arrosé par Dieu, dont l'homme, condamné à peiner au labeur de la terre et à se battre contre des serpents, était chassé, fit très vraisemblablement son apparition dans un pays comme la Mésopotamie ; on ne saurait dire quelle était son ancienneté à Canaan. Que ce mythe eût trouvé son origine dans un pays où l'on cultivait des jardins était également suggéré par une représentation que l'on devinait en arrièreplan : à l'origine, aussi longtemps qu'ils furent en paix avec les animaux, les hommes étaient végétariens. On rencontre également quelques allusions allant dans ce sens dans l'épopée de Gilgamesh (Max Weber, Le judaïsme antique (1918), 2010 - books.google.fr).

Au fond, Empédocle est un cathare. Comme ceux de Montségur il proclame la nécessité du végétarisme, la maîtrise de la pulsion sexuelle (fr. 141), l'horreur (et c'est un héritage orphique et pythagoricien, voir Dodds, op. cit., p. 157-158) de tout contact polluant avec « les hommes iniques et impurs » (bouchers, chasseurs, etc.). Non sans quelque intolérance, il militerait aujourd'hui pour la SPA, les frugivores, les farines non animales. En 139, l'emploi du mot "boras" (l'œuvre effrayante de la dévoration) est révélateur : "bora", « pâture d'une bête de proie, nourriture de chair crue, de chair humaine ». Sur ce thème voir aussi F. Buffière, Les Mythes d'Homère et la pensée grecque, Les Belles Lettres, Paris, 1973, p. 504-505. 138, 143 (Empédocle, Légende et oeuvre, présenté par Yves Battistini, 1997 - books.google.fr).

Hamayon a montré que les rapports entre les hommes, l'environnement (la forêt) et les esprits obéissent dans les conceptions des peuples sibériens à un modèle d'échange de chair. Le chasseur prend de la chair au gibier et la consomme avec sa famille, mais en contrepartie il s'attend à ce que, par la maladie et la mort, les esprits viennent à leur tour le dévorer, lui et les siens (Charles Stépanoff, Chamanisme, rituel et cognition: Chez les Touvas de Sibérie du Sud, 2014 - books.google.fr).

Dans le chamanisme sibérien, le monde des esprits est un monde d'affamés en quête perpétuelle de gibier humain comme l'est le monde des hommes en quête perpétuelle de gibier animal. Par elle-même, la notion de dévoration donne corps à la perception des maladies internes, et de l'écoulement de la vie. [...] La solidarité entre âme et corps a de prime abord de l'âme et quelque chose de circulaire : l'âme ne reste dans dévoration le corps qu'à condition d'y être « nourrie », et le du corps corps ne peut vivre normalement qu'à condition d'être habité par l'âme. Âme en général doit-on comprendre, tant est inconstante (et par là probablement secondaire), d'une société à l'autre, l'identification de la composante capable de s'évader du corps (tantôt celle associée à l'idée de « vie », tantôt celle nommée « ombre », tantôt les deux). Quoi qu'il en soit, les représentations affirment la solidarité entre ces deux composantes ; de plus, leur logique, au double regard de l'échange entre les mondes et du renvoi entre registres, registres, indique la nature de cette solidarité : elle fait de la force de vie la nourriture de l'âme de stock, et veut qu'elle en devienne partie intégrante comme la la viande du gibier qui la véhicule devient partie intégrante du corps. Tout affaiblissement de cette solidarité, généralement conçu en termes de « départ de l'âme » hors du corps, accroît la vulnérabilité du corps vacant à être dévoré (Roberte Hamayon, La chasse à l'âme: esquisse d'une théorie du chamanisme sibérien, 1990 - books.google.fr).

On retrouve les fêtes ecclésiales (dates), la dévoration en rapport avec la masse à luter Stella luti dans le Gratheus, déjà rencontré :

Le firmament réunit trois éléments tandis que la plupart des astres combinent les quatre, avant tout Stella luti, la masse à luter. Les esprits infernaux n'ont que trois éléments : ils leur manquent le feu, ce qui les rend particulièrement sensibles aux feux de l'enfer. Après avoir conjuré les esprits infernaux tombés des cieux, Salomon les force dans le récipient Servimera où ils sont enfermés par Stella luti. (3690 sq.) Au moyen d'une lampe magique Salomon peut voir tout ce qui se passe sur terre y compris le combat que se livrent vérité et perfidie. Suit un passage déconcertant: Il manque encore au filius philosophi la « tête» pourvue d'yeux, de cervelle et de bouche. Cette « tête», sans laquelle on tâtonnerait comme un aveugle, n'est rien d'autre que le bouc vander wijscit (3894). Le lendemain Salomon aperçoit deux lions qui dévorent tout. Ils sont faits d'igne mineo c'est-à-dire nés d'un feu de couleur vermillon au moyen d'une masse à luter défectueuse. Ces animaux menacent le monde entier. Sans transition, le filius philosophi revient à Altipeer et à sa course stellaire qui permettra d'obtenir la Forma lutia (4085) suprême (il est parlé d'Athanor en argile). Il doit être muni d'une ouverture d'où M. Ignis pourra gronder: sa voix résonnera vers le haut et ensuite tombera sur les enfants. Il en est longuement parlé dans l'ouvrage que nous avons déjà édité, le M. Ignis. Les étoiles Resaltiper (4106) Desaltiper (4126) et Altipeer correspondent aux trois orifices du four alchimique ainsi qu'aux trois fêtes de l'année ecclésiastique. L'alchimie se trouve au firmament. Celui qui comprend l'espace (le firmament) et le temps (l'année) sera le maître de l'alchimie et vice-versa. «L'année est le Firmament, et le firmament est l'année.» (4156 sq.) (Helmut Birkhan, L'alchilmie de Gratheus filius philosophi, Alchimie: art, histoire et mythes : actes du 1er colloque international de la Société d'Étude de l'Histoire de l'Alchimie, (Paris, Collège de France, 14-15-16 mars 1991), 1995).

Les trois fêtes qui structurent le temps catholique sont Noël, Pâques et la Pentecôte soit le 25 décembre, le 25 avril (date extrême), et le 13 juin (date extrême qui est la fête d'Antoine de Padoue si Pâques est le 25 avril). Si on conçoit une disposition équilatérale alors la troisième date est le 25 août (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et le Sceau de Palaja).

Verbe fait chair ?

La toison de Gédéon (Jg 6, 37) qui, prélevée de la brebis par la tonte sans blesser la peau, est déposée dans l'aire, et dont la laine tantôt s'imprègne de rosée et tantôt reste sèche sur le sol détrempé, que signifie- t-elle sinon la chair du Christ empruntée à celle de Marie sans dommage pour sa virginité ? En elle, à coup sûr, avec la rosée des cieux a fait irruption toute la plénitude de la divinité, au point que, de cette plénitude nous avons tous notre part et que sans elle nous ne sommes qu'une terre aride. A ce fait symbolique se rapporte avec assez de bonheur, semble-t-il, la parole prophétique que voici : Il descendra comme la rosée sur la toison (Ps 71, 6), car la suite du texte «Et comme l'eau qui tombe goutte à goutte sur la terre » éveille le même sens que l'aire trempée de rosée. Et cette pluie généreuse, Dieu l'avait réservée à son héritage; elle s'écoula d'abord paisiblement, sans le fracas d'une opération humaine, au rythme très doux de sa propre chute dans le sein virginal (Bernard de Clairvaux, Louange à la Vierge Mère) (Bernard de Clairvaux, Écrits sur la Vierge Marie, traduit par Bernard Martelet, 1995 - books.google.fr).

On retrouve ainsi le psaume 71 qui inspira le "Christus imperat".

R. Bultmann qui, pour expliquer l'origine de l'hymne johannique du prologue, l'attribue à une communauté baptiste dont les adeptes, voulant exalter leur maître, l'ont identifié au Logos préexistant et incarné, le prenant pour le Révélateur et le Sauveur envoyé du ciel. Toujours selon R. Bultmann, l'évangéliste converti au christianisme aurait détourné l'hymne au profit de Jésus-Christ (Bernard Fansaka Biniama, Les missions des individus johanniques: le cas de Marie de Magdala en Jn 20, 2004 - books.google.fr).

Jésus n'est nulle part appelé Logos dans l'évangile de Jean en dehors du Prologue (Joseph Moingt, Croire au Dieu qui vient. De la croyance à la foi critique, 2014 - books.google.fr).

Puis il faut remarquer que la doctrine d'un Logos ou Verbe éternel ne se retrouve pas expressément dans les autres livres du Nouveau Testament. Les trois premiers évangiles, dits synoptiques, ne donnent nulle part à Jésus-Christ le titre de Dieu (Revue de théologie et de philosophie, Volumes 27 à 28, 1894 - books.google.fr).

Le pain de vie, le pain vivant de l'eucharistie, est l'hostie, pain transubstantié en corps du Christ. Le pain de vie est le pain animé (l'animation des corps est la fonction de l'âme déchue dans un corps). C'est l'âme jointe au corps d'où encore Christ-Âme. Âme, anima (air, vent - anemos grec), c'est le mouvement, ce qui met en mouvement, anime.

On retrouve ainsi la triade Jean-Baptiste/Esprit/Logos/Verbe - Jésus Christ/Âme - Marie Madeleine/Corps.

Six autres lettres

Sur le modèle du pentagone AOMPS, on conserve les lettres P (un sommet de l'hexagone est dans le Potager), C (Calvaire), et M (Magdala). Une recherche sur le Gaffiot donne PACTUM, le pacte, la convention, ou POCIUM (coupe). On restera sur PACTUM.

Notons cependant que "l'expression liturgique «coupe de la Nouvelle Alliance» signifie, par analogie au vase qui contenait le sang sacrificiel des cultes antiques, que le vin de la Cène est l'image du sang versé par le Christ sur la Croix pour sceller un nouveau contrat entre Dieu et les hommes" (Bernard Chevalley, La foi en ses termes: nouvelles définitions des mots chrétiens, 1992 - books.google.fr).

On raconte dans l'antique fable d'Adonis, dans une variante qui a une physionomie celtique, que Proserpine, émue des plaintes de Vénus, promit de lui rendre pendant six mois de l'année Adonis, pourvu, qu'à son tour, elle, la déesse de l'enfer, eût en sa possession le beau chasseur pendant l'autre période de six mois. Jupiter aurait scellé le pacte des deux déesses. Selon l'explication de Macrobe, dans ses Saturnales, Adonis symboliserait le soleil et le sanglier représenterait l'hiver, saison pendant laquelle l'astre du jour semblait défaillir, alors qu'il s'inclinait en ne parcourant le zodiaque qu'à côté de nous, selon la science antique. Ainsi, ce mythe signifiait que, pendant les six mois de l'année, où les jours sont courts et les nuits longues, Adonis demeurait avec Proserpine, et que durant les autres six mois, où les jours sont longs et les nuits courtes, il habitait avec Vénus. Ce mythe cosmogonique, on doit le croire, devait être très-répandu dans la Gaule, où la déesse Proserpine, qui eût parmi ses surnoms, celui de Mère des Gaulois, possédait des sanctuaires et était l'objet d'un culte très-fervent (Mémoires de la Société des Sciences Naturelles et Archéologiques de la Creuse, Volume 1 ;Volume 4, 1863 - books.google.fr).

La notion de "pacte", ainsi dénommé, partageant Adonis entre Proserpine et Vénus, apparaît déjà chez Jean Puget de La Serre (Jean Puget de La Serre, Les amours des déesses, 1627 - books.google.fr).

Myrrha, détestant l'inceste consommé à son instigation propre et à l'insu de son père – auprès de qui sa nourrice complice l'a présentée nuitamment comme une autre – invoque les dieux : « Dieux... donnez-moi une forme nouvelle, qui ne me laisse point la vie et ne me condamne pas au trépas. » Elle est changée en arbre, et « des larmes ardentes coulent de cet arbre », mais, « elles sont d'un grand prix » – on connaît la valeur particulière attachée à ce parfum fort recherché, fort estimé. [...] Dix mois après sa métamorphose, l'écorce de Myrrha éclatait sous les coups de défenses d'un sanglier, et donnait le jour à Adonis... « fils de sa sœur et de son aïeul », qui périra, l'aine transpercée par une défense de sanglier : le poignard du sacrificateur ? De son sang « rouge comme la pourpre, naît une fleur qui en a tout l'éclat ». Comme si, finalement, Adonis expiait, dans une métamorphose sans postérité autre que sa reduplication florale, le crime – l'hubris – de sa mère (Marie-Claire Durieux, Claude Janin, Le narcissime, 2015 - books.google.fr).

On a rencontré Erymanthos, fils d'Apollon aveuglé par Vénus qu'il avait vu nue, dont le nom rappelle le sanglier des Travaux d'Hercule, sanglier aussi présent dans le mythe d'Adonis tué par un tel animal.

Le sanglier d'Erymanthe apparaît dans La Vraie Langue Celtique pages 300 et 301, appariées aux 145 et 146 (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre V - Ps. 145 et 146).

Ps 146,8 : Il fait germer l'herbe sur les montagnes.

Les Chaldéens, dit-il, faisaient un pacte secret avec certains démons. Ils leur préparaient un sacrifice fait de parfums, de pierres précieuses et de plantes. Les plantes et arbustes étaient le safran, le myrte, le laurier. Ils les plantaient, en même temps qu'ils enterraient les aromates et les pierres, dans un endroit consacré, puis, le lendemain, ils revenaient sur les lieux pour extirper les uns et les autres en invoquant des « puissances mystérieuses ». On a parfois relevé les ressemblances qui paraissent exister entre certains cultes sémitiques et la religion crétoise. La rencontre que nous venons de signaler pourrait s'expliquer, si les ressemblances ne sont pas purement extérieures, par le fait que les « Chaldéens » auraient emprunté aux religions orientales le rite mi-magique, mi-religieux appelé « pacte secret ». Dans ce xcas très particulier, les plantes dont on fait l'extirpation rituelle ne croissent pas à l'état sauvage. Il y a lieu de signalier dans ce domaine le parallèle des "jardins d'Adonis", fleurs cultivées en pots à l'occasion de la fête du dieu et qu'on détruisait quand la fête était terminée. Frazer, dans Le rameau d'or rapporche de cet usage la coutume sarde de planter des grains dans les pots que l'on brise contre l'église, quand la plante est adulte, le jour du solstice d'été (Armand Delatte, Herbarius: recherches sur le cérémonial usité chez les anciens pour la cueillette des simples et des plantes magiques (1938), 1961 - books.google.fr, La piste Darmstadtienne : Complot des pharmaciens et bouse d’aurochs, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Etudes particulières de psaumes : Psaumes 115 et 59 : Arcadie, verre et serres).

On peut retrouver des traces de cette problématique — la circoncision, reprise symbolique des pouvoirs de la femme au moment où allait être reconnue son importance symbolique — au niveau du texte biblique lui-même, précisément lors de la double annonce à Abraham à la fois du pacte avec Dieu signifié par la circoncision et de la maternité prochaine de Sarah. Car en fait il n'est pas encore question de Sarah et d'Abraham mais bien de Saraï et d'Abram, c'est-à-dire que tous ces événements ne vont pas sans un changement dans les noms mêmes des protagonistes. [...] Ce qui se passe là c'est que, avant même d'être mère (et peut-être pour pouvoir l'être) « Saraï » perd le « yod » (symbole phallique) et acquiert le « hé » (désinence féminine) tandis qu' « Abram » acquiert lui aussi le « hé » (avant Sarah elle-même). D'où la féminisation du nom de l'homme au moment de l'annonce de sa paternité prochaine. C'est-à-dire qu'Abram non seulement sera circoncis mais deviendra aussi Abraham. Lorsqu'un homme devient père il devient lui aussi un peu mère. Là peut-être se déplace l'idée de l'engendrement de l'homme par l'homme. C'est ici qu'on pourrait tenter d'interroger les soubassements possibles de la fonction paternelle ou plutôt de la reconnaissance de la paternité. Que signifie-t-elle au fond ? Pour cela nous allons encore faire un détour, en nous appuyant cette fois sur la tentative de reconstruction archéologique que fait Théodor Reik lorsqu'il relie le texte biblique qui affirme de façon si radicale le monothéisme à cela même qu'il est venu supplanter, à savoir le culte des grandes déités féminines que l'on retrouve dans tout le bassin méditerranéen. On a pu en effet reconstituer l'existence d'une religion fort ancienne axée autour du culte d'une divinité-mère vraisemblablement accompagnée d'un fils-amant et qu'adoraient — entre autres — les anciennes tribus hébraïques nomades (Isis et Osiris en Égypte, Aphrodite et Adonis en Grèce, Ishtar et Tamniz à Babylone ...). Cette religion devait comporter un culte des morts, des pratiques de sorcellerie, la représentation des déités, tous aspects que le monothéisme a rigoureusement exclus, avec une force et une intransigeance qui ne devaient pas être étrangères à la puissance des anciens rites. C'est cette divinité-mère détrônée que Theodor Reik démasque derrière Adamah, la poussière de la terre, d'où Dieu façonne (« yetsirah ») Adam, derrière Ève aussi. Ainsi la Bible nous donnerait le témoignage d'une lutte encore récente, sous-jacente, toujours prête à resurgir, où le polythéisme refoulé tendrait à revenir sous des formes voilées, principalement par le biais des femmes. On pourrait ainsi rapporter le danger qu'elles constitueraient dans une société patriarcale à une problématique historique, car c'est d'un passé qui les divinisait, reflétant une organisation sociale différente, qu'elles tireraient aussi leur menace. De ce passé s'éclairerait également le glissement repéré ci-dessus dans la Bible où l'importance reconnue de la maternité se solde par une disparition des femmes jusqu'à Sarah : là, cette importance réapparaîtrait mais pour être immédiatement contrebalancée par l'instauration de la circoncision qui vient reprendre l'enfant mâle à la mère pour l'affilier au père (Martine Leibovici, La position féminine dans la Bible, Tel quel, Volumes 75 à 78, 1978 - books.google.fr).

yetsirah est à rapprocher d'ITSRI la transformation de INRI par le remplacement de N par TS, la lettre de Mantinée (Autour de Rennes le Château : Signol - Sigzol : la lettre de Mantinée).

Au XIIIe siècle, suivant une ligne clairement averroïste, Aboulafia posera une équation entre Torah et Intellect Actif, «la forme de toutes les formes des intellects séparés » (Séfer Maftéah ha-Tokhahot). [...]

Pour Aboulafia, l'hébreu était historiquement le protolangage ; mais le peuple élu avait, au cours de son exil, oublié cette langue originelle. D'où le fait qu'à l'époque de la confusion babélique, la langue d'Adam « s'éteignit toute », selon les mots de Dante dans le Paradis. Idel (1989, p. 17) cite un manuscrit inédit d'un disciple d'Aboulafia, où il est dit que : [...] quiconque croit en la création du monde, s'il croit que les langues sont conventionnelles, doit aussi penser qu'il existe deux types de langue : la première est divine, née d'un pacte entre Dieu et Adam, et la seconde naturelle, fondée sur un pacte entre Adam, Eve et leurs enfants. La seconde est dérivée de la première, et la première ne fut connue que d'Adam et ne fut transmise à aucun de ses descendants, hormis Seth [...]. Et c'est ainsi que la tradition parvint jusqu'à Noé. Et la confusion des langues au temps de la dispersion ne se vérifia que pour le second type de langue, la langue naturelle. [...]

Pour Aboulafia toutefois, la matrice de toutes les langues (qui ne fait qu'un avec la Torah éternelle, mais pas nécessairement avec la Torah écrite) ne coïncide pas encore avec l'hébreu. Aboulafia semble faire une distinction entre les vingt-deux lettres (et la Torah éternelle) comme matrice et l'hébreu comme langue mère du genre humain. Les vingt-deux lettres de l'alphabet hébraïque représentent les sons idéaux qui doivent présider à la création de chacune des soixante-dix autres langues existantes. [...]

L'hébreu, comme toutes les langues, est né par convention (Aboulafia rejette l'idée, soutenue ailleurs, y compris dans le camp chrétien, selon laquelle un enfant laissé à lui même aprèsla naissance parlerait automatiquement hébreu), mais c'est la Langue Mère et Sainte parce que les noms donnés par Adam étaient en accord avec la nature, et non arbitrairement choisis. En ce sens l'hébreu fut le protolangage et comme tel, il fut nécessaire pour créer toutes les autres langues, car « s'il n'y avait pas eu ce premier langage, il n'y aurait pas eu consensus mutuel pour donner à un objet un nom différent de celui qu'il avait auparavant, parce que la deuxième personne n'aurait pas compris le deuxième nom si elle n'avait pas connu le nom original, de façon à pouvoir se mettre d'accord sur le changement [...] » (Séfer or ha-Sékhel; cf. Idel 1989, p. 13-14) (Umberto Eco, De l'arbre au labyrinthe, 2010 - books.google.fr).

On pourrait y voir une raison de la multiplicité des éléments comptés par 22 dans le domaine de l'abbé Saunière.

Le 22 est donc le numéro de l´Initié, ce nombre se retrouve à Rennes-le-Château, dans le domaine de l´abbé Saunière : nombre de créneaux de la Tour de l´Horloge, dite Magdala ; les 22 marches de cette tour ; 22 lettres de la phrase qui nous reçoit sur le porche de l´église Marie Madeleine « TERRIBILIS EST LOCUS ISTE » puis 22 lettres sur l´inscription du bénitier où il fit ajouter ce fameux LE au milieu de la phrase de Constantin le Grand "Par ce signe tu vaincras", le mot "LE" rajouté par Saunière ; 22 sont les dents du crâne qui accompagné de deux os en forme de X ou chrisme, invitent à entrer au cimetière de Rennes (www.lecoindelenigme.com - Mécènes, www.rennes-le-chateau-bs.com - Asmodée, 22 v’la l’Tarot : Kabbalisation du Tarot : Calendrier kabbalistique à Rennes-le-Château).

Verbal signs are like [...] kinds of 'given signs': circumcision, for example, is a sign of the covenant between God and the Jewish people, and, according to Augustine, the success of divination is due to the 'pernicious society' or pact made between the diviner and demons (Christian Teaching 2.24.37). Within individual societies, words and many other signs are conventional: the meanings of words depend on an original or acquired authority. Perhaps Augustine has in mind something like the activity of the name-giver of Plato's Cratylus, as well as the story in Genesis about Adam giving names to the animals. The name-givers establish traditions (Christian Teaching 3.2.3). Words, as we have seen, were instituted so that people can bring their thoughts (cogitationes, Enchiridion 22.7) or 'whatever they feel' (Christian Teaching 3.3.4) to the notice of others. In brief, within each society signs are the conventional, or at least established, means of conveying the wills, intentions, wishes and hence values (or in Augustinian terms the loves and hates) of the society. Thus the letter X has different significance in Greek and Latin not by nature but by agreement and consent as to what it signifies ('non natura sed placito et consensione significandi', Christian Teaching 2.24.37). [...] Cf. pactum et placitum (Conf. 1.13.22), with R.J. O'Connell, Saint Augustine's Confessions: The Odyssey of Soul (Cambridge, MA 1969), 48. Conventions apply in the case of non-verbal signs too, and they may be more or less 'realistic': note Augustine's comments on the dancers'presentation of 'signs' of the love of Venus and Adonis. He claims that it is the 'reading' or interpretation of the actions which renders them, or shows them to be, obscene (De Ord. 2.11.34) [en fait : "Non enim si pennatam Venerem faciat et Cupidinem palliatum", il s'agit de Cupidon (John M. Rist, Augustine: Ancient Thought Baptized, 1994 - books.google.fr).

C'est par le nom de la ville de Beyrouth que l'on fait un autre lien entre le pacte et Adonis.

Berite, ou Barute (autrement Beryte, Bayruth, Beyrouth, etc.), ville de Phénicie, sur la Méditerranée, entre Biblos et Sidon, à quatre cents stades de celle dernière ville, vers le septentrion. On doute que l'Ecriture parle de cette ville. Il y en a qui croient que le dieu Bérith, dont nous avons parlé ci-devant sous le nom de Baal-Berith, était adoré dans cette ville, et lui avait donné son nom: d'autres [Nonnus] le dérivent de Béroé, fille de Vénus et d'Adonis, qui était la déïté la plus honorée de ce pays-là. D'autres croient que le nom de Berith vient de Béaroth, des puits, ou des sources. Il y a plus d'une ville de ce nom dans la Palestine. David tira beaucoup de cuivre des villes de Beré el de Béroth dans la Syrie (Dictionnaire historique, archéologique, philologique, chronologique, géographique et littéral de la Bible, Tome I, Encyclopédie théologique, Migne, 1845 - books.google.fr).

L'étoile de David et l'alliance

Des deux représentations possibles de la personne du héros eschatologique, celle qui prédominait dans les cercles yahvistes était généralement celle où Yahvé viendrait régler ses comptes lui-même avec ses ennemis. La seconde, selon laquelle un héros eschatologique agirait en son nom, débouchait sur la prophétie de salut royale – c'était le plus souvent le cas à Jérusalem, où cette espérance était portée par les descendants de David – ou donnait naissance à des mythologèmes ésotériques. Le sauveur devenait alors une figure supraterrestre. Il se levait comme une « étoile », selon l'oracle de Biléam [Balaam] (Nb 24, 17). C'était un « père pour l'éternité » (dans la variante commune d'Es 9, 5, il est vrai sujette à caution). Son origine remontait aux temps immémoriaux du passé (Mi 5, 1). Ces allusions obscures, qui, au temps de l'exil, trouvèrent leur prolongement dans le « Serviteur de Dieu » du Deutéro-Ésaïe, n'étaient jamais éclaircies plus avant. [...] Sachant que le passage décisif (Mi 5, 1) présentait le clan de David comme porteur de l'espérance de salut et que, en Israël, la représentation d'une assomption des grands héros de Dieu dans le ciel de Yahvé n'était pas absente (Énoch [Gn 5, 1-24], Élie [2 R 2, 11-12]), le texte suggérait certainement le retour de David. Cette conception eut pour présupposés l'ancienne berith conclue par Yahvé avec Israël, la promesse qu'il avait donnée et la critique d'un présent misérable. [...]

L'importance centrale accordée à la notion de berith impliquait l'idée, propre à Israël, que les relations pacifiques des premiers hommes avec les animaux avaient été fondées sur une berith de Yahvé avec eux, que Yahvé pourrait à nouveau, à l'avenir, conclure une berith de ce type, et qu'il ne manquerait pas de le faire (Max Weber, Le judaïsme antique (1918), 2010 - books.google.fr).

Rappelons que l’alliance en hébreu se dit b’rît ou berît ou encore berith, et l’accent est mis sur une promesse de Dieu, un engagement de sa part, c’est à dire une parole de Dieu adressée à l’homme, par delà le temps et l’espace. Dans le Nouveau Testament, dont le terme initialement signifiait d’ailleurs Nouvelle Alliance, la traduction en langue grecque, de l’expression originale hébraïque, est diathèkè ( de dia-tithemai- disposer de ). Ce qui signifie d’après Xavier Léon Dufour, un acte juridique par lequel quelqu’un dispose de ses biens. Il marque alors sa préférence pour ce terme en rapport à cet autre terme grec syn-thèkè qui signifierait davantage une notion proche de celle du contrat car évoquant un traité bilatéral. L’alliance biblique suppose un don initial auquel ne fait que répondre un cheminement dans l’histoire biblique. [...] La restauration du verbe de YHVH s’accomplit en Christ, et s’oppose aux discours intéressés pour eux-mêmes, attirés par la seule apparence extérieure des choses, soumis à la séduction trompeuse légitimant les mensonges. Le verbe de Dieu ne fait pas seulement que de s’opposer à ces discours, mais il les révèle encore à leurs intentions cachées, les démasque, en quelque sorte. Peut s’ouvrir alors pour l’homme, un chemin vers l’arbre de vie dont l’accès lui fut rendu difficile, lorsqu’il fut chassé du jardin d’Éden. ‘Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville. Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge! Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton de la postérité de David, l’étoile brillante du matin' (Apocalypse XXII 13 à 15) (De la promesse à l’amitié - theses.univ-lyon2.fr).

L'alliance et La Vraie Langue Celtique

Une petite grotte ou caverne existe assez près des ménirs renversés de la Fajole : elle est située vers le nord et regarde Montferrand, – to fadge (fadje), convenir, – hole, creux, caverne, petit logement –. (VLC, p. 243)

Étymologiquement, convention vient du latin conventio : venir avec, convenir. Le "covenant" anglais de même origine désigne l'alliance.

Le psaume 88 (243-155) est le psaume de l'alliance : Ps 88,4 : J'ai fait une alliance avec mon élu ; 35 Point ne profanerai mon alliance ; 40 : tu as renié l'alliance de ton serviteur.

L'alliance en terme de cérémonie de mariage est un anneau, cercle comme l'est le cromleck de Rennes les Bains (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre III - Ps. 88).

Le fils naturel du juge biblique Gédéon - recontré au sujet du roman La Marge de Mandiargues -, Abimélek, usurpe la royauté de Sichem et s'en prend aux gens de Migdal-Sichem (la Tour de sichem) dans la grotte d'El-Berith (dieu de l'alliance) (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière, pentagone et AOMPS).

Sans rappeler ici les antres fameux dans les cultes de la Grèce archaïque, il suffira de mentionner la caverne qui existe à peu près invariablement dans les vieux temples de Phénicie, celle de l'Hermon, le souterrain du temple de Baal-Berith à Sichem, la grotte du Moriah à Jérusalem, l'anfractuosité rocheuse du Sinaï où Élie s'abrite durant le passage de Iahvé (Hugues Vincent, Canaan d'après l'exploration récente, 1907 - books.google.fr).

Le récit de la prise du pouvoir par Abimélek est une illustration de la fable elle-même. Comme le buisson qui ne porte pas de fruits et menace les autres arbres, la royauté d'Abimélek est dénoncée parce qu'elle porte en elle la destruction. En Jg 9,45, Abimélek jette du sel, signe de désolation et de stérilité (Dt 29,22), sur la ville de Sichem. En jouant sur la tension entre la fertilité des arbres fruitiers et la stérilité du buisson, la fable indique la manière négative dont le narrateur se représente la royauté d'Abimélek dans son improductivité et sa brutalité. Mais, en Jg 9. la critique n'est pas seulement une réflexion sur les méfaits sociaux de la royauté, la critique dénonce précisément l'appui de la royauté d'Abimélek sur le temple de Baal-Berith (9,4) 172. Baal-Berith et El-Berith (9,46) furent vraisemblablement les dieux de Sichem, mais ils sont difficiles à distinguer selon Th. J. Lewis . El ou Baal Berith était le dieu principal de Sichem dont le temple couronnait vraisemblablement l'acropole. Deux fonctions caractérisent Baal en Jg 9. Tout d'abord, il est qualifié de « Seigneur de l'alliance ». Baal était une divinité qui garantissait les liens de Sichem avec d'autres cités et les territoires environnants. A cette fonction s'ajouterait celle d'un dieu partenaire d'une alliance avec les hommes, comparable à celle que Yhvvh noue avec les autorités de Juda en Jr 34,18. Cette fonction de Baal serait indiquée par le nom même de la famille régnante de Sichem : les hommes de Hamor. Hamor est un nom lié à plusieurs reprises à Sichem : Gn 33,19 ; 34,1-31 et Jos 24,32. non désigne l'âne, animal du sacrifice des célébrations d'alliance comme cela est attesté parmi les clans nomadisant autour de la ville de Mari aux XVIIIe et XVIIe siècles av. JC. [...] Abimélek, dont les méfaits contrastent avec les hauts faits de Gédéon, n'apporte que la désolation, alors que Yhwh, par l'intermédiaire du juge, apporte la délivrance à Israël. L'échec de la royauté d'Abimélek s'explique par le fait qu'elle est liée (indirectement) au culte de Baal-Berith, Jg 9,4. Abimélek est soudoyé avec de l'argent provenant du temple dédié au dieu Baal-Berith. Cet argent va permettre de payer des hommes « vides » et « douteux » pour exécuter les fils de Gédéon, les frères d'Abimélek. C'est pourquoi cette royauté ne peut être soutenue par Yhwh. En effet, il y a même un jugement divin implicite puisque Yhwh envoie un « esprit mauvais » sur les habitants de Sichem et Abimélek (Jg 9,23). Dans la suite du récit, la même fatalité poursuit les habitants de Migdal-Sichem qui se réfugient dans la grotte de El-Berith, ce qui ne leur servira nullement contre la méchanceté d'Abimélek [qui les fait brûler vifs]. Quelles que soient les relations entre Gédéon et et Yeroubbaal, Jg 6,25-32 est un épisode dont l'intention est d'associer le nom de Gédéon, juge libérateur d'Israël, aux luttes que le nom de Yeroubbaal symbolise [celui qui lutte contre Baal]. Dans le cycle de Jg 6-9, Gédéon-Yeroubbaal est donc un nom-charnière qui relie le rejet de Baal et le rejet d'une royauté liée à ce dieu (Dany Nocquet, Le "livret noir de Baal": la polémique contre le dieu Baal dans la Bible hébraïque et l'ancien Israël, 2004 - books.google.fr).

La dévoration est présente dans la geste de Gédéon, comme elle l'est dans la mythologie crétoise du labyrinthe avec le Minotaure.

Habitants de Sichem et Abimélek sont, l'un et les autres, qualifiés de « feu dévorant ». Cette métaphore renvoie à l'image du buisson improductif qui « dévore » les arbres fruitiers dans la fable (Jg 9,15). [...]

Le récit de Jg 6,25-32 au centre du chapitre 6 des Juges, offre une clef d'interprétation pour pour l'identité de Yhwh. Il reste à mettre en évidence les raisons pour lesquelles ce récit a été délibérément mis à cette place. Malgré le caractère hétérogène, ces trois théophanies successives offrent une certaine cohérence, et leur regroupement précise l'identité de Yhwh. En Jg 6,21, Yhwh a la maîtrise du feu par l'intermédiaire de son messager : « et un feu monta du rocher et dévora la viande et les pains ». Le feu est un élément théophanique fort utilisé par Yhwh pour se faire connaître, Ex 3,1-10 ; 19,16-19 ; 1R 18,38. Plus précisément, le feu de Yhwh qui descend du ciel et « qui dévore » est caractéristique de l'orage, Ex 9,23-24 ; 24,17 ; Dt 4,24 ; 9,3 ; 2R 1,9 ss ; Es 29,6 ; Ps 50,3 ; 97,2-5... De plus, ces manifestations s'accompagnent d'une promesse concernant le pays et son abondance, Gn 15,7-18 ; Ex 3,1-12, Dt 9,3 ss 153 ou celle touchant au rétablissement de la prospérité, Jg 6,11-24 et 1R 18. En Jg 6,36-40, Yhwh se dévoile aussi en maître de la rosée, Jg 6,37 : « si la rosée est sur la toison seule et le sec sur toute la terre, je saurai que tu sauveras par ma main ». La rosée fait partie des dons que Dieu accorde à son peuple, Gn 27,28 ; Dt 33,13 ; Mi 5,6. La rosée est métaphore de la bénédiction et de la vie retrouvée, Os 14,6 ; Es 26,19. Le cycle d'Elie en 1R 17,1 commence par ces mots : « il n'y aura cette année ni rosée, ni pluie sinon à ma parole ». Les deux théophanies qui encadrent Jg 6,25-32 assurent à Gédéon que le Dieu guerrier qui l'envoie est aussi celui qui maîtrise le feu et la rosée. Yhwh se manifeste donc à Gédéon avec les attributs conventionnels du dieu de l'orage qui sont ceux de Baal selon les représentations mythologiques et iconographiques les plus connues du dieu. A Ougarit, les principaux attributs bien connus de Baal, au bénéfice de la terre et des hommes, sont l'éclair, la pluie ou la rosée (Dany Nocquet, Le "livret noir de Baal": la polémique contre le dieu Baal dans la Bible hébraïque et l'ancien Israël, 2004 - books.google.fr).

En Mathieu 18,8 et 25,41 "pyr aiônion" (cf. Pyrénées) est le "feu éternel", au sujet respectivement du scandale et du jugement dernier. En hébreu "'es" est le feu et akkal signifie dévorer manger consumer. La gloire de Yhavé apparaît sur le sommet du Sinaï comme un "feu dévorant" (Le feu dans le proche-orient anitque, 1973 - books.google.fr).

Monsieur Ignis et ses enfants philosophiques ("ignis" : feu) fait partie du Codex Vindobonensis 2372 des oeuvres de Gratheus qui présente aussi Stella luti.

Saint Barthélemy (fêté le 25 août à Rome) est pris à partie par une idole appelée Berith en Arménie où il évangélisait (Abbé Paul Guérin, Vie des saints, pour tous les jours de l'année, Tome 2, 1862 - books.google.fr).

Le psaume 88 a en commun 37-38 "Sa lignée à jamais sera et son trône comme le soleil devant moi, comme est fondée la lune à jamais, témoin véridique dans la nue" avec le Ps. 71 (cf. AOMPS) 5 "Il durera sous le soleil et la lune siècle après siècle", qui enchaîne sur Ps. 71,6 "il descendra comme la pluie sur le regain, comme la bruine mouillant la terre" mis en rapport avec le miracle de la rosée sous le juge Gédéon marque de l'alliance avec Yhvh (Joseph Franz von Allioli, Die Heilige Schrift des alten und neuen Testamentes: aus der Vulgata mit Bezug auf den Grundtext neu übersetzt und mit kurzen Anmerkungen erläutert, Volume 3, 1838 - books.google.fr).