partie ix - synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Le Dragon et le Pôle de l’écliptique : Arles sur Tech, Abdon, Sennen, Râhu et Ketu   
AUDE DRAGON POLE ECLIPTIQUE ECLIPSES ABDON SENNEN RAHU KETU SAINT SULPICE

Poursuivant sur la projection de la carte céleste sur le département de l'Aude calée sur celle du plan inversé de l'église Saint Sulpice de Paris, le pôle de l'écliptique qui est placée dans la constellation Dragon, près de la galaxie NGC 6552 et de la nébuleuse planétaire NGC 6543, se trouve sur la commune d'Arles sur Tech, près de la chapelle Saint Pierre de Riuferrer (Autour de Rennes le Château : Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse).

En joignant les deux nœuds lunaires — l'ascendant et le descendant — par un plan perpendiculaire à l'écliptique, on passe forcément par le pôle de l'écliptique, qui est dans la constellation que nous appelons, à la suite des Grecs, le Dragon. Celui-ci a donc, avec le dragon dévoreur d'astres, un point commun : le pôle de l'écliptique. Il suffit, autrement dit, de prolonger idéalement la constellation du Dragon à ses deux bouts, en deux directions opposées, vers l'écliptique, pour obtenir la figure fictive du dragon dévoreur d'astres, dont la tête et la queue coïncident avec les nœuds lunaires. De plus, vers 2000 av. n.è., à cause de la précession des équinoxes, le Dragon ne marquait pas seulement le pôle de l'écliptique, comme il le fait encore, mais aussi l'autre pôle, l'axe de rotation de la Terre. La notion d'un dragon cause d'éclipses, de quand date-t-elle ? Mais d'abord, depuis quand la constellation du Dragon est-elle ainsi appelée ? Ce n'est apparemment que depuis les Grecs (Eudoxe le premier). Les Babyloniens l'appelaient, en sumérien, mu.sir.kès.da, ce qui se traduit ou se glose en babylonien tantôt par sudun (= nïru) sa samê 'joug du ciel', tantôt par nïru raksu 'joug lié ou noué '. Remarquons que cette constellation, étant circumpolaire, nous apparaît, à six mois de distance, en position respectivement droite et renversée. Il y a deux autres jougs que les Babyloniens voyaient dans les astres et dont l'un, appelé 'joug de la terre', était situé dans le Bouvier, et l'autre, dit 'joug de la mer', est identifié aujourd'hui à une partie du Navire Argo, c'est-à-dire à la région où se trouve, comme nous venons de le voir, la constellation de la grande déesse Ninmah, alias Ninhursanga 'Dame de la Montagne'. [...]

Quant à l'idée d'un dragon cause des éclipses, bien qu'elle appartienne évidemment à un niveau primitif de culture, elle n'est pas attestée en Iran avant les ouvrages moyen-perses, qui datent des IXe et Xe siècles de n.è. Serait-elle originaire de l'Inde ? Les deux nœuds sont représentés dans la mythologie hindoue par le monstre Râhu, ou plus exactement par sa tête, appelée de ce nom, et par sa queue, qui a pris le nom nouveau de Ketu3i. Ceci n'étant attesté que tardivement, il reste possible que le dragon soit d'origine iranienne. Mais il est également possible que la féconde imagination des Hindous ait réinterprété la notion savante des nœuds lunaires, héritée des Babyloniens et des Grecs, en un dragon mangeur d'astres. [...]

Les Suméro-Babyloniens calculèrent, probablement par étapes successives mais au plus tard à l'époque des Sargonides (VIIIe siècle), le cycle de 223 mois au terme duquel les nœuds lunaires se retrouvent dans la même position, période qui permet le calcul des éclipses. C'est sans doute vers cette époque que le signe des jougs a pu être affecté à représenter les nœuds, ascendant et descendant, du trajet lunaire. [...]

Les Grecs, de leur côté, on ne sait sous quelle influence, virent dans le 'joug' circumpolaire un dragon. D'autre part, ils apprirent des Babyloniens le calcul des éclipses et ils leur empruntèrent le cycle du saros ainsi que le signe, tantôt droit tantôt renversé, qui désignait les deux nœuds de la lune. [...]

Enfin, l'idée d'un dragon causant les éclipses en avalant la lune ou le soleil prit peut-être naissance dans la foisonnante mythologie hindoue. Elle avait en tout cas, dans l'Iran prémusulman, une appellation tirée de la langue sacrée de l'Avesta, gocihr, dragon dont la tête et la queue figuraient les deux nœuds lunaires et qui, sous son déguisement arabe gawzahr encore ultérieurement altéré, a subsisté jusqu'à nous comme le nom d'une étoile, lambda du Dragon (Jacques Duchesne-Guillemin, Origines iraniennes et babyloniennes de la nomenclature astrale. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 130e année, N. 2, 1986 - www.persee.fr).

Le Dragon comme constellation circumpolaire justifie la position de Montségur comme une de ses têtes placée près de la queue (Puivert), tête que Blanche de Castille voulait trancher, ce qui sera fait en 1244 (Autour de Rennes le Château : Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse, Autour de Rennes le Château : Les dates des parchemins : Blanche de Castille et le dragon).

Il faut encore citer la même perspective, le thème du monstre dévorateur : tao-t'ie. en Chine, kâla au Cambodge et en Indonésie ; ce dernier est presque toujours associé à la porte, ce qui souligne le double sens des courants cosmiques d'ailleurs le kâla crache des guirlandes de feuillage, ainsi que des serpents et des makara, associés à la pluie bienfaisante et à l'arc-en-ciel. Mais il est d'autre part identifié à Ranû, le monstre dévorateur des éclipses ; ce double aspect se retrouve dans le crapaud, animal de la lune mais qui, lors des perturbations cycliques de l'éclipse, la dévore ; c'est aussi le cas du dragon. Le hibou est un monstre dévorateur, et le tao-t'ie lui ressemble ; mais c'est surtout, nous l'avons vu, le symbole du soleil et du feu sous leur aspect destructeur. Il faut enfin signaler un symbole très particulier de l'alternance cosmique : c'est celui qu'attribue le Hi-ts'eu à la progression de la chenille, tour à tour contraction et extension (Études traditionnelles, Numéros 405 à 416, 1968 - books.google.fr).

La tête de Kala est quelquefois confondue avec le monstre Rahu dans l'art khmer (Udaya, Numéro 5, 2004 - books.google.fr).

L'astrologue Varahamihira, au VIème siècle, appelle les deux noeud ascendant et descendant Rahu par convention. Il rappelle la mythologie de Rahu, décapité pour avoir bu la liqueur d'immortalité et devenu immortel pour cette raison, dont la tête est visible seulement pendant les éclipses. Ketu désigne les comètes, et le Ketu compagnon de Rahu n'apparaît dans la sculpture qu'au VIIIème siècle (Anne-Marie Loth, Védisme et hindouisme: du divin et des dieux, 1981 - books.google.fr).

Les deux noms de Rahu et Ketu se rencontrent déjà dans la littérature Védique, sans que pourtant aucun phénomène céleste y soit rattaché. Plus tard le Mahâbhàrata les énumère en compagnie des planètes. Ils forment la tête et la queue d'un être mythologique, le Démon des Eclipses (Revue des questions scientifiques, Volumes 88 à 89, 1925 - books.google.fr).

Le Mahabharata est un livre sacré de l'Inde, qui relate la « Grande Geste » des Bharata, grand poème épique datant des derniers siècles av. J.-C. (fr.wikipedia.org - Mahabharata).

Le Mahâbhârata dans sa forme actuelle est généralement daté d'environ 400 A.C. à 400 PC (voir van Buitenen 1973, p. XXV) (Cahiers d'Extrême-Asie: revue de l'École française d'Extrême-Orient, Section de Kyoto, Volume 11, 2000 - books.google.fr).

Il ne fait aucun doute que le Mahabharata n'est pas l'œuvre d'un seul auteur étant donné son volume, mais de là a dire qu'il a fait l'objet de nombreuses additions et révisions au cours des siècles jusqu'à son écriture dans la forme que nous lui connaissons, je désapprouve complètement ce point de vue. Il ne fait aucun doute que certaines sections sont rédigées dans un style plus achevé, mais le vocabulaire, les tournures de phrases, les images poétiques, la cohérence (y compris dans la répétition de certaines anecdotes) sont une preuve de sa composition à une même époque. [...] Il faut donc dater la composition du Mahabharata avant 600 BC (Jean-Claude Pivin, Mahabharata - Les semailles des Kurus, 2013 - books.google.fr).

<Noeuds lunaires

Comme Rahu et Ketu, Abdon et Sennen sont deux. Poursuivons dans l'analogie

Le chrisme et le khi

Avant d'entrer, par la porte principale, dans l'église du monastère d'Arles, on aperçoit à gauche une grille de fer; derrière se trouve un tombeau d'un seul bloc de marbre. Sur le côté le plus visible est sculpté une croix grecque, traversée par une barre et entourée d'un cercle. Cette tombe existe à Arles depuis la translation dans celte ville des reliques des Saints Martyrs. Elle contient quelques-uns de leurs ossements et une certaine quantité d'eau. D'après une tradition, dix fois séculaire, cette eau a été apportée de Rome, par l'abbé Arnulphe, dans les barils qui contenaient les Saints-Corps, et versée par lui dans la tombe (Notice sur les ss. martyrs Abdon et Sennen et sur le sarcophage qui contient quelques-unes de leurs reliques et une eau miraculeuse a Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales), 1868 - books.google.fr).

La Sainte Tombe d'Arles sur Tech

Ce chrisme incomplet peut reproduire la forme que prend les plans de l'écliptique et de l'orbite de la lune avec celui perpendiculaire passant par les noeuds lunaires et le pôle de l'écliptique.

Les Grecs du Bas-Empire et surtout les Arabes firent grand état des nœuds écliptiques ascendant (Anabibazôn) et descendant (Katabibazôn), appelés la Tête et la Queue du Dragon, qui font le tour de l'écliptique en 18 ans. Cette notoriété du Dragon chez les Grecs d'Asie et les Arabes est à elle seule un indice. On sait que le pôle par excellence était pour les Chaldéens le pôle de l'écliptique, lequel est dans la constellation du Dragon. Le Dragon devait être Anou lui-même. Pour les Gnostiques dont parle l'auteur des Philasophumena, le Dragon était un monstre qui surveillait de là—haut l'univers entier, et au levant et au couchant. De la l'idée d'allonger sa tête jusqu'à l'Orient, sa queue jusqu'à l'Occident. Ce furent probablement les fabricants d'oracles chaldéens — des contemporains de Ptolémée - qui se chargèrent de mettre dans cette posture le grand Dragon que le démiurge créa même avant les signes du Zodiaque et les planètes (Auguste Bouché-Leclercq, L'Astrologie grecque (1899), 2014 - books.google.fr).

Un autre Khi est celui défini par Platon formé des cercles de l'écliptique et de l'équateur.

A la fin du passage relatif à la division arithmétique de l'âme du monde, Platon dit qu'après que toutes les parties dont il a donné les proportions furent retranchées successivement du mélange destiné à former cette âme, ce mélange se trouva complètement employé; mais Platon ne dit pas qu'il ne restât rien des trois essences qui avaient servi à le former. EnjefFet, nous verrons plus loin qu'un nouveau mélange de ces trois mêmes essences donna naissance aux âmes humaines. Platon ajoute que les parties de l'âme du monde ayant été disposées en une longue bande, Dieu, l'artisan suprême, "ô demiourgos", coupa cette bande en deux suivant la longueur, et croisa les deux parties l'une sur l'autre en la forme d'un X (khi), c'est-à-dire non à angle droit, et qu'ensuite il les courba toutes deux en cercle, unissant les extrémités, et appliquant celles de l'une sur celles de l'autre au point opposé à la première intersection des deux bandes, c'est-à-dire qu'il leur donna la forme de deux grands cercles d'une sphère se coupant en deux points opposés, mais non perpendiculaires l'un sur l'autre. Tels sont l'équateur et l'écliptique, et nous verrons que ce sont là en effet, comme le remarquent Aristote et Proclus, les deux cercles que Platon a en vue (Thomas Henri Martin, Études sur le Timée de Platon, Volume 2, 1841 - books.google.fr).

Les eaux

Sous ce gisant se trouve un sarcophage paléochrétien daté du IVe siècle appelé « Sainte Tombe ». Il a protégé il y a mille ans, à leur arrivée, les reliques des Saints Abdon et Sennen ramenées depuis Rome par Saint Arnulphe. Le sarcophage est fait de marbre bleu de Céret, taillé et sculpté d'un X entouré d'un cercle signifiant Iesous Chrestos (Jésus Christ). Il mesure 1,88 mètre à la base et s'évase jusqu'à 1,92 mètre sur 50 centimètres de large au plus mince à 65 centimètres au plus large. Il est posé sur deux cales de 40 centimètres de côté. Ce tombeau secrète de l'eau depuis qu'on y a déposé les reliques des Saints Abdon et Sennen, alors même que les reliques ont disparu à une date indéterminée. Le phénomène a longtemps été considéré comme inexpliqué, et n'a été percée qu'en 1961 par les hydrologues Pérard, Honoré et Leborgne. Les travaux de 1961 ont été confirmés par les études de 1999 et 2000 et lient le remplissage de la tombe à la pluviométrie et à la porosité du couvercle. Le marbre utilisé pour le sarcophage a une origine différente et est étanche. L'eau de pluie s'infiltre dans le couvercle qui joue le rôle de réservoir et s'écoule dans le sarcophage (fr.wikipedia.org - Abbaye Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech).

On peut remarquer que "abda" signifie "qui porte l'eau" en sanskrit (Santiago Juan-Galan, Terra Barda - Tome 1 - Les Indo-européens, 2010 - books.google.fr).

Rahû, celui qui produit les éclipse, est l'envoyé de Jalandhara, le "serpent qui porte l'eau".

Jalandhara demeure dans les eaux (jala : eau ; dhara : qui porte ou qui possède) où il vit avec sa femme Vrindâ, qui s'incarne en Tulasî, plante sacrée aux petites feuilles vertes consacrée à Vishnu. Râhu ou Ketu, ou encore Râhu-Ketu, est l'asura coupé en deux, responsable des éclipses de lune (ketu : clarté ou météore). Ce Râhu est également roi des davanas ou démons et nous achemine ainsi vers des êtres de plus en plus infernaux (Jean Denis, Les clefs de l'Himalaya: hindouisme et bouddhisme, 1986 - books.google.fr).

Jalandhara, roi des titans envieux et arrogants, envoya Rahû (le démon symbolisant l'éclipse) auprès de Çiva pour lui demander la main de Parvati, sa fiancée. A l'écoute de cette requête humiliante, la colère du Grand Dieu fut si intense qu'elle sortit de son front sous la forme d'un monstre à tête de lion. Rahû, effrayé, se réfugia auprès de Çiva qui se vit ainsi contraint de lui accorder sa protection. L'incarnation de la colère, privée de victime, se tourna vers son géniteur pour qu'il lui en procura une. Çiva ne trouva d'autre solution que de commander à celle-ci de manger son propre corps. Ouvrant sa gueule de lion, le monstre s'exécuta avec une immense voracité et ne s'arrêta que lorsqu'il ne lui resta que la tête. Impressionné par son pouvoir destructeur, le Grand Dieu en fit le protecteur des lieux saints (Charles Genoud, La Non-histoire d'une illusion: méditations sur le bouddhisme tantrique tibétain, 1994 - books.google.fr).

Kétu est représenté comme dévorant le soleil et la lune, aussi bien que Rahu ; mais la légende n’en fait qu’une portion de ce monstre, et le confond avec lui. C‘est Râhu qui est le personnage important et qui personnifie réellement l’éclipse. [...] Les Brahmanes font dériver le nom de Râhu de la racine Rah, abandonner; l’allongement de l’a, l’adjonction du suffixe et constituent le mot. Il n’y a rien a dire contre cette étymologie; elle est aussi plausible que beaucoup d’autres, et moins forcée que plusieurs. On peut cependant trouver étrange que ce monstre, dont la fonction est de saisir le soleil et la lune, soit désigné par un mot qui exprime l’abandon: ce serait une sorte d’euphémisme (Léon Feer, La légende de Rahu, chez les Bramanes et les Buddhistes, 1865 - books.google.fr).

Par hasard, on reconnaît une asonnance entre "abandon" et "abdon".

Dèce retourna à Rome, traînant à sa suite les bienheureux Abdon et Sennen chargés de chaînes; il convoqua le sénat et s'entendit avec le préfet de la ville. Valérien, le 5 des Ralendes d'août, au lieu appelé Tellude, et fit comparaître Abdon et Sennen épuisés par divers tourments. L'empereur dit au sénat: « Les dieux et les déesses ont remis entre nos mains ces cruels ennemis, ce sont des ennemis de la république et de l'empire romain.» Ils étaient venus chargés de chaînes, mais tout brillants d'or et de pierreries. Leur apparition jeta dans l'étonnement et l'admiration le sénat tout entier. Et comme ils confessaient avec constance Jésus-Christ devant le sénat, Dèce, enflammé de colère, donna l'ordre au préfet Valérien de les faire périr sous la dent des bêtes féroces, s'ils refusaient d'adorer le dieu Soleil. Le préfet les fit dépouiller de leurs habits et les conduisit devant la statue du Soleil, près de l'amphithéâtre, pour y sacrifier. Mais ils s'y refusèrent avec dédain et crachèrent en face de la statue du Soleil. Sur l'ordre de Valérien ils furent déchirés à coups de fouets armés de plomb. On les introduisit ensuite dans l'amphithéâtre et on lâcha contre eux deux lions et quatre ours, qui se précipitèrent en rugissant aux pieds des deux martyrs et ne voulurent plus les quitter, mais prirent leur défense. Transporté de colère, Valérien ordonna aux gladiateurs d'entrer dans l'amphithéâtre, d'y égorger les bienheureux, de les lier par les pieds et de les jeter devant la statue du Soleil. Leurs corps demeurèrent là pendant trois jours. Passé ce temps, le sous-diacre chrétien Quirinus, qui demeurait près de l'amphithéâtre, vint pendant la nuit recueillir les corps et les renferma chez lui dans une châsse de plomb, le 3 des Ralendes d'août. Ils y restèrent cachés jusqu'à l'époque de Constantin. Alors ces bienheureux martyrs révélèrent le sacré dépôt; on fit la levée de leurs dépouilles et on les transporta au cimetière de Saint-Pontien.

On retrouve aussi dans cet éloge les opérations de Dèce, général de l'armée romaine, confondues avec celles de Dèce, empereur, selon les Actes d'où il est pris. On rencontre pourtant une circonstance particulière que ne rapportent point les Actes, savoir que le sénat s'était assemblé par l'ordre de Dèce à Tellude, c'est-à-dire dans le temple de Tellus ou de la Terre. Le temple de Tellus était un des lieux destinés aux réunions du sénat, de même que le temple de la Concorde.

Parmi les classes des gladiateurs, on distinguait celle des Rétiaires qui étaient armés du filet et du trident. Ce fut donc ceux-ci qui furent appelés par le préfet, pour mettre à mort les deux martyrs, tout en se défendant avec cette arme contre les bêtes qui en avaient pris la défense. A peine égorgés, nos saints rois furent traînés, avec les pieds liés, devant la statue du Soleil, comme deux victimes immaculées, en expiation de l'outrage qu'ils lui avaient fait en la souillant de leurs crachats (Domenico Bartolini, Actes du Martyre de la très-noble vierge romaine sainte Agnès et du martyre des nobles Abdon et Sennen, 1864 - books.google.fr).

Le soleil et Tellus, la Terre, semblent indiquer l'aspect astronomique du martyre des deux saints. Le 30 juillet, leur fête, est la date de leur inhumation, le 5 des calendes d'août, celle de leur mort qui correspond au 28 juillet, certaines versions parlent du lendemain du 5, soit le 29 juillet.

Les Bollandistes trouvent ici une faute dans les Actes; ceux-ci disent que le diacre Quirinus donna la sépulture à Abdon et Sennen trois jours après leur martyre, c'est-à-dire, le 30 juillet; d'un autre côté le Calendrier de Bucher, qui est fort ancien, et d'autres monuments célèbres assignent la fête de leur martyre au 30 juillet. Comment donc pouvaient-ils avoir été inhumés au 30 juillet, c'està-dire trois jours après leur martyre, si ce martyre était arrivé ce jour-là? On voit clairement que le nouveau copiste des Actes, au temps de la paix constantinienne, est tombé dans une erreur qui n'attaque point d'ailleurs substantiellement l'authenticité de ces Actes (Domenico Bartolini, Actes du Martyre de la très-noble vierge romaine sainte Agnès et du martyre des nobles Abdon et Sennen, 1864 - books.google.fr).

Selon la légende, Râhu aurait été décapité par Vishnu alors qu'il buvait l'amrita qu'il avait dérobé. C'est pourquoi on ne représente souvent que sa tête, tenant un bouclier et un glaive. Le trident est l'arme de Shiva, façonnée dans les rayons de Sûrya, le dieu Soleil (ganapati.perso.neuf.fr - Navagraha).

Ketu (torche, cf. le "diparu" akkadien), la queue du dragon, donne naissance aux comètes et aux météores : image reprise dans l'Apocalypse de saint Jean.

Dans l'épitaphe de l'abbé Arnulphe, à Arles-sur-Tech, qui comporte douze vers, on constate également une mosaïque d'emprunts, du pater egregius qui peut venir de Fortunat ou d'Alcuin, ou du parce Redemptor, puisé chez Eugène de Tolède ou Paul Diacre ou peut-être plutôt copié sur l'épitaphe du pape Serge IV à Saint-Jean-de-Latran à Rome, à des formules d'épitaphes telles que Jacet hic in pulvere vêtus, scandere régna ou seculo migravit ab isto, voire le mot d'alumnus que l'on trouve dix fois employés dans la métrique, chaque fois en fin d'hexamètre (Robert Favreau, Études d'épigraphie médiévale: recueil d'articles de Robert Favreau rassemblés à l'occasion de son départ à la retraite. Texte, Volume 1, 1995 - books.google.fr).

"alumnus" a le sens de nourricier ou de nourrisson mais aussi de serviteur comme Abdon, issu de l'hébreu Abdias (cf abdoul en arabe).

Les Simiots

L'existence supposée des simiots se réfère principalement, du moins en Catalogne française, à la légende hagiographique des saints Abdon et Sennen, patrons d'Arles-sur-Tech. Selon les chroniqueurs, aux approches de l'an mil, le pays de Roussillon, et surtout la vallée du Tech, étaient en proie à des terreurs et à des calamités sans nombre. Des sécheresses et des orages de grêle détruisaient les récoltes, et les bêtes sauvages rôdaient de tous côtés, s'attaquant aux hommes et emportant les enfants pour les dévorer. Par-dessus tout, on voyait aussi des créatures démoniaques, des espèces de singes, gorilles, babouins, cynocéphales dont le vieux chroniqueur et la tradition locale ne parlent encore que sous le nom de Simiots (Histoire du martyre des saints Abdon et Sennen, par l'abbé Adolphe Crastre, Amélie-les-Bains, imprimerie Xatard, 1932). [...]

Devant tant de malheurs, Arnulphe, abbé du monastère d'Arles, décide de se rendre à Rome pour y trouver des reliques de saints qui pourraient apporter leur protection. Après un périple émaillé de péripéties et de miracles, il revient avec les reliques d'Abdon et Sennen, et dès qu'elles ont pénétré dans l'église, on entend des hurlements lointains : les simiots quittent définitivement le pays (fr.wikipedia.org - Simiot).

L'abbaye Sainte-Marie est une ancienne abbaye située à Arles-sur-Tech dans le département des Pyrénées-Orientales, en France.

Parmi les possessions de l'abbaye, il y avait également Saint-Guillem de Combret, la plus élevée des chapelles de la vallée du Tech, et, enfin, la chapelle de Saint-Pierre, à proximité d'Arles-sur-Tech, sur les bords du Riuferrer qui est d'un pur style roman. C'était également une église paroissiale.

La chapelle Saint-Joseph située à sud-est de la collatéral nord abrite un retable du XVIIIe siècle. Dans la niche centrale, saint Joseph est entouré de saint Côme et saint Damien, deux saints guérisseurs souvent présents dans les églises du Roussillon. Saint Georges (sant Jordi) terrassant le dragon occupe la niche du couronnement. La dévotion à saint Georges est rare au XVIIIe siècle alors qu'à l'époque médiévale elle est plus fréquente, le saint guerrier étant le protecteur des chevaliers. En effet, à partir du XVIe siècle, le culte de saint Georges disparait peu à peu, au moment où les combats singuliers à la lance et à l'épée cèdent la place à l'artillerie. La permanence de son culte dans la vallée du Tech est surement due au fait qu’il est le Saint Patron de la Catalogne (fr.wikipedia.org - Abbaye Sainte-Marie d'Arles-sur-Tech).

Nous avons souligné les liens entre singes cynocéphales et éclipses (Les Prophètes et Rennes le Château : Le Fauteuil du diable, Layram ou Aram).

Les Hongrois entre 924 et 932 ont ravagé la Provence, le Languedoc jusqu'à Toulouse avant d'en être chassés par le Comte Raymond Pons III également Marquis de Gothie en 932 ils reviendront en Aquitaine quelques années plus tard. Sont-ils venus plus au Sud ? Dans l'Histoire Générale du Languedoc au Livre 12 Vaissette et Devic, bénédictins mauristes, font état d'une lettre des évêques de la Province de Narbonne au Pape décrivant un pays ravagé vidé de ses habitants. Ces envahisseurs magyars ont une réputation épouvantable causant des ravages terribles, se nourrissant disait-on de chair humaine, aimant dévoré le cœur de leurs victimes et enlevant les enfants (le terme « ogre » viendrait de « hongrois »!). Ont-ils fait à l'époque des incursions en Roussillon en y causant des dégâts ou leur seule réputation apocalyptique serait-elle à l'origine de nos « simiots » d'Arles, monstres à tête de singe ou monstres imaginaires originaires de Hongrie ? (sites.google.com - Abbaye de Saint-Genis-des-Fontaines, Cohérence grand nonagone : Deuxième Etoile : Vieille-Chapelle - Sommet en Atlantique).

Selon les auteurs arabes, à la même époque en 939 a lieu une éclipse de soleil, le 19 juillet, trois jours avant la bataille d'Alkhandik entre les Galiciens du roi de Léon Ramire et les Sarrasins d'Abdel-Rahman (Abdel - Abdon) (L'art de vérifier les dates des faits historiques, des inscriptions, des chroniques, et autres anciens monuments, avant l'ère chrétienne, Volume 25, 1821 - books.google.fr).

Les Perses adoraient l'astre du jour c'était l'objet principal de leur idolatrie (J. G. de Coustou-Coysevox, Histoire civile et religieuse de France, 1868 - books.google.fr).

Protection des enfants

Les simiots s'en prenaient donc aux enfants. En Catalogne Abdon et Sennen sont connus aussi sous les noms de Nin (ou Nen) et Non, noms sous lequels le retable (1460) de Jaume Huguet est dédié dans l'église Saint Pierre de Terrassa. "nin" ou "nen" est, en catalan, un enfant.

La statue de saint Abdon à Villers-la-Faye en Côte d'Or, très ancienne, très grossièrement sculptée sur bois, d'environ un mètre de haut, représente saint Abdon en costume de religieux, bien qu'il n'ait jamais vécu sous la règle monastique. Aucun signe n'indique le genre de son supplice. Le sculpteur [...] n'a pas songé a lui donner le riche costume oriental qu'il portait devant les sénateurs de Rome, à la veille de sa mort, ni même la palme du martyre; il n'a point eu l'idée non plus d'imprimer à sa physionomie comme un reflet de la gloire dont il est couronné dans le ciel ; une autre pensée le préoccupait certainement. Il a vu dans saint Abdon le patron des enfants malades ; et pour symboliser cette croyance populaire et l'espèce de maladie dont on vient lui demander la délivrance, il nous le montre souffrant de leurs mêmes souffrances, dans un corps chétif et informe, avec un visage altéré par la douleur, la tête penchée, les pieds et les mains déformés, noué, en un mot, comme les enfants pour lesquels on l'invoque (Joseph Tolra de Bordas, Histoire du martyre des saints Abdon & Sennen: de leurs reliques, de leurs miracles et de leur culte, 1880 - books.google.fr).

Tous les observateurs de la vie religieuse des Cambodgiens ont affirmé qu'aucun culte n'est rendu à Râhu, personnification de l'éclipsé. Aymonier, toutefois, parlant des pratiques superstitieuses engendrées par la disparition momentanée du soleil ou de la lune, n'a pas été sans signaler que la future mère, au moment où l'éclipsé se produit, après avoir placé dans un pli de son sampot sa boite à chaux et un couteau à arec, adore Râhu, pour que son enfant ne vienne pas au monde difforme, aveugle, sourd, muet, etc. Cet excellent connaisseur du peuple khmèr dit encore que la jeune fille, durant sa retraite dans l'ombre, et quand elle la rompt, se voue, en quelque sorte à Râhu. Adhémard Leclère, à son tour, mentionne ces coutumes : la femme, dans l'attente d'un enfant, invoque Râhu, afin qu'il protège la naissance et que le nouveau-né soit vigoureux ; la jeune fille, de par la manifestation de Râhu cachant la lumière de l'astre, a le droit de faire cesser, le temps d'une prière, ou définitivement, la période de claustration qu'elle subit (4). Il nous semble que ces informations méritent d'être complétées. Le génie de l'éclipsé, et c'est un fait assez singulier, n'a pas d'autres fidèles que les femmes, en certains cas de leur existence. Ses méfaits impressionnent cependant le genre humain tout entier comme le signe fatal de prochaines calamités. Or, dans les instants du danger, hommes et femmes se contentent de mener grand tapage pour faire lâcher prise au monstre et abolir un état inquiétant de la nature (C. Pascalis, A propos dun culte privé de Râhu au Cambodge, Bulletins et travaux: Compte rendu des séances, Volumes 5 à 6, Institut Indochinois pour l'Étude de l'Homme, 1943 - books.google.fr).

Sennen ou la salicorne

Le 30 juillet correspond au 12 Thermidor du calendrier de la République Française fêtant le salicot, salicor, ou à la salicorne (Mestanier, Calendrier de la République française conforme au décret du 14 vendémiaire an II, 1793 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Calendrier républicain).

La salicorne, également connue sous les noms de criste-marine, perce-pierre, herbe de saint Pierre qui aurait donné l'anglais "samphire", est une plante à noeuds halophile. Croissant sur les littoraux marins, la salicorne est une petite herbe de 10 à 15 centimètres de haut, à tige charnue et succulente, aux feuilles réduites fixées deux à deux sur des nœuds de la tige. En Europe, la salicorne est parvenue à s'échapper des zones littorales pour coloniser des sols continentaux salés et très humides (Jean-Marie Pelt, Franck Steffan, Légumes d'ailleurs et d'autrefois, 2015 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Salicorne).

Il existe aussi la variété kali geniculatum (kali plein de noeuds) (Philip Miller, Dictionnaire des jardiniers, traduit pas Laurent Marie de Chazelles, Volume 6, 1785 - books.google.fr).

En Bretagne, les salicornes sont cueillies jeunes, généralement au cours du mois de juillet, période durant laquelle elles arborent une teinte d'un vif vert (Petit Futé Bretagne, 2010 - books.google.fr).

La Salicornia fruticosa fleurit à la fin de Juillet, et perfectionne ses semences en Août (Philip Miller, Laurent Marie de Chazelles, Dictionnaire des jardiniers, Tome 6, 1785 - books.google.fr).

Le terme oriental "shenan" désigne le kali oriental proche de la salicorne. Schenan serait aussi l'usnan (ushnan) ou le védique usana dont les cendres alcalines sont utilisées pour la fabrication du sel de soude (barilla) (Deutsche Encyclopädie oder Allgemeines Real-Wörterbuch aller Künste und Wissenschaften: Jo-Kal. Achtzehender Band, Volume 18, 1794 - books.google.fr, Aref Abu-Rabian, Bedouin Century: Education and Development among the Negev Tribes in the Twentieth Century, 2001 - books.google.fr, Indian Journal of History of Science, Volume 16, 1981 - books.google.fr).

Le shenan est une drogue très en usage parmi les teinturiers en Orient, et qu'on peut se procurer facilement dans tous les ports de Syrie et d'Afrique au Levant; c'est le kali oriental, nommé par les botanistes salicornia, coupé par les articulations. Il croît en abondance dans ces lieux et autres pays de l'est. Il y a sur nos côtes une espèce de salicornia plus petite, qui, d'après sa grande ressemblance avec le shenan, pourroit être présumée avoir les mêmes qualilés (Annales de chimie et de physique, 1797 - books.google.fr).

Les cendres de salicorne seravnt à la fabrication du sel de soude étaient appelées "alumen catinum", alumen désignant l'alun du grec als, sel (cf. l'alumnus d'Arnulphe abbé d'Arles). La salicorne serait l'Alimen de Théophraste, l'Alimos de Dioscoride, l'Halymus de Pline (Auguste Chevalier, Les Salicornes et leur emploi dans l'alimentation : étude historique, botanique, économique. In: Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 2e année, bulletin n°16, décembre 1922 - www.persee.fr).

Usana, Vénus et la salicorne

Svarbhanu is said to be the "Eclipse Demon," equivalent to later Rahu. Now, leaving aside the larger question of what it would mean for a myth simply to "be about" an eclipse, let us see if this interpretation makes any sense for the myth. In a general way, of course, it might. The darkness of the sun in the myth could have been suggested by the natural phenomenon. In other words, the sun does sometimes unaccountably get dark; since this is a possible natural situation, it is also a possible mythological situation. Indeed, the later5 Rahu myth does make sense in its detail as mirroring an eclipse: Rahu swallows the sun, a reasonable metaphor of what one sees during an eclipse. [...] Then an eternal quarrel was created between the head of Rahu and the Moon and Sun. Even today he swallows them both. However, the actions described in the Svarbhanu myth are quite different.

Caland (1926c) claims to have identified the Rahu story (without the name Rahu) in a different Vedic myth involving Vrtra (as the Rahu figure), Agni, and Soma (TS II. 4. 12, II. 5.2; MS II. 4. 3), which he considers closer to the later Rahu myth than the Svarbhanu myth usually cited (Stephanie W. Jamison, The ravenous hyenas and the wounded sun: myth and ritual in ancient India, 1991 - books.google.fr).

L'origine c'est Vrtra, masse informe, montagne, serpent sur la montagne, outre, réceptacle qui renferme la substance enivrante, le soma. Indra foudroie Vrtra, qui agonise. Vâyu le vent souffle sur le cadavre. Les dieux rassurés se ruent sur le cadavre pour récupérer dans leurs coupes (graha) du soma (Maurice Coyaud, Contes et légendes des pays de l'Inde, 2015 - books.google.fr).

Usana est une plante qui sert à confectionner le soma. Il s'agirait du sana (cannabis) (Chris Bennett, Cannabis and the Soma Solution, 2010 - books.google.fr).

Si en sanskrit usana désigne le poivre noir, usa est l'aurore, la terre saline qui rapproche de la salicorne, la vache symbolique, le vase sacré (Emile Louis Burnouf, François Etienne Leuloup De Cheray, Dictionnaire classique sanscrit-français, 1866 - books.google.fr).

The epithet usana is suggestive of a group of plants native to the coastal areas and other saline tracts, represented botanically by the plant-species of the genera Haloxylon, Suaeda and Salsola and some others, all belonging to the vastuka family, i.e. Family : Chenopodiaceae. These plants are found abundantly in the Punjab, Sind, Rajasthan, Baluchistan, in Afghanistan (the Aryan Settlement areas in India) extending Westward to the saline lands of Persia (the area of the Iranian branch of the Indo-Iranian Aryans) and further West in the Mediterranean coastal area, the composite lands of the Indo-European Aryan tribes, the non-Aryan and Semitic tribes. Looking to the relation of India to other regions of of the Ancient World which extended from the Mediterranean to the Indian Ocean, when a search has been made into the historical antecedents, it is revealed that the Vedic usana has sustained its existence in slightly modified form. as Ishlan in the old Iranians and the root word Usa or Usa through the far western region the Greeko-Semitic world. And the Vedic usana reappears as Usnana in the Indian Unani Materia Medicas of the later Medieval period by the people of the mixed Arabo-Persian Culture. It is also revealed that the epithet usnana is an Indo-Iranian vocable rather than Arabic, as mentioned by the writer of the Muhita-Azam. The details of the facts and evidences in these investigations are discussed in the paper. Usana occurs in the Satapatha Brahmana as the name of a plant from which Soma was pressed (Indian Journal of History of Science, Volume 16, 1981 - books.google.fr).

Usanas, nom qui est à la fois celui d'un sage (rsi), maître des Asura, et celui de la planète Vénus (André Caquot, Marcel Leibovici, La Divination: études recueillies, Volumes 1 à 2, 1968 - books.google.fr).

Usana's fashioning Vajra weapon for Indra (R. V. 1. 51. 10-11 ; and 1, 121, 12) means that Venus appearing in a solar eclipse is a prelude to Indra's or son's victory over the eclipse demon (Vrtra) (R. Shamshastri, The Poona Orientalist, Volumes 7 à 10, 1942 - books.google.fr).

Pour trouver un rapport entre Vénus, qui naquit de l'écume de la mer, et le sel, on passe par la grecque Aphrodite qui était le nom grec de la planète Vénus (Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, 1829 - books.google.fr).

Une preuve ultérieure du pouvoir stimulant du sel était la prolifération des rats sur les bateaux chargés de sel. Dans cette direction toujours, Philinos interprète aussi l'épithète d'Aphrodite, "aligenè", née du sel, comme une allusion au pouvoir générateur du sel. Ce 'pouvoir générateur' qui était reconnu au sel, et en général ce lien avec la vie, explique, d'ailleurs, pourquoi les prêtres égyptiens se gardaient absolument de consommer du sel dans les périodes de purification et donc d'ascèse, visant, en effet, à une sorte d'éloignement du monde humain, et donc de la vie, pour s'approcher du divin (Luciana Romeri, Philosophes entre mots et mets: Plutarque, Lucien et Athénée, autour de la table de Platon, 2002 - books.google.fr).

Rahu et l'imperata cylindrica

Dans le mythe hindou, Râhu est décapité au moment précis où l'eau d'immortalité passe dans sa gorge. L'herbe qui s'enroule autour de son cou est l'imperata cylindrica, généralement employée dans les rites en cas d'éclipse. Dans une autre version, il s'agit d'une herbe appelée saSet par les Cambodgiens, qui l'emploient localement dans les rites d'éclipse. Cette herbe, qui poussait au bord de la mare où voulut se désaltérer Râhô, plongeait ses racines en enfer : elle coupa le corps du géant en deux et, parcequ'il récitait alors une formule magique, Râhô ne mourut pas (Gérard Francillon, Patrick Menget, Soleil est mort: l'éclipse totale de soleil du 30 juin 1973, 1979 - books.google.fr).

Or l'imperata cylindrica (darbha ou kusha en sanskrit) est un attribut de Kêtu, la queue de Rahu. Les vishnouites la considèrent aussi comme une personnification de Vishnou qui décapita Rahu (Nanditha Krishna, Sacred Plants of India, 2014 - books.google.fr).

Au Timor, seule la construction ou la restauration d'une maison lignagère est entourée de toute une série de rites qui s'échelonnent sur plusieurs mois. Les opérations de construction ou de réfection importantes s'effectuent à peu près tous les dix ans, toujours lors de la saison sèche ; y participent tous les membres de la maison et des maisons filles, et leurs alliés preneurs et donneurs. [...] La maison sera remise à neuf, pendant la période qui s'étend du premier au trente-un juillet, date à laquelle commencera rapat uma, "recouvrir la maison".

Les vieux installent les outils sur l'autel de maison avec, à la tête, les vanneries contenant disques et colliers de perles. Sur les outils, on pose du lei (Imperata cylindrica) Sur les outils, on pose du lei (Imperata cylindrica) qui servira à la couverture du toit et sur le lei, asi obon le paquet de fécondité. Il y a échange de bétel et d'arec en signe de paix. Avant que l'on commence effectivement à poser le chaume pour recouvrir la maison, les vieux vont accomplir le rite d'obo lei qui vise à la multiplication des gerbes qui serviront à recouvrir la maison... (Brigitte Renard-Clamagirand, Marobo: une société ema de Timor, 1982 - books.google.fr).

Gordien ou le contexte du martyre d'Abdon et Sennen

Dèce empereur ne fit point la guerre aux Perses, puisqu'il l'avait faite au nom et sous les ordres de Gordien, en qualité de commandant en chef de l'armée romaine. Gordien était à la veille de jouir des honneurs du triomphe persique, lorsqu'il fut mis à mort parles menées de Philippe qui, suivant Zozime, se voyant en cet instant maître de l'empire, conclut avec Sapor un traité de paix et d'amitié qui mit fin à la guerre, et retourna à Rome. Nos saints martyrs Abdon et Sennen conduits par Dèce pour servir de pompe au triomphe, seraient demeurés tranquillement à Rome, parce que là ils trouvaient toute la facilité de s'exercer aux pratiques de leur sainte religion. Philippe, qui était monté sur le trône, faisait profession du Christianisme, comme le pensent beaucoup d'écrivains très-graves, ou du moins il était certainement pour eux un grand protecteur, ainsi que l'atteste saint Denis d'Alexandrie, qui fut contemporain de ce prince Dèce, devenu maître de l'empire par la mort de Philippe dont il fut l'auteur, souleva, par la haine qu'il portait à son émule, suivant le témoignage d'Eusèbe, une violente persécution contre l'Eglise. Abdon et Sennen auraient été les premières victimes immolées à sa brutale fureur; il les avait amenés esclaves de leur patrie et il regardait sans doute de mauvais œil leur séjour à Rome sous l'empire de Philippe (Domenico Bartolini, Actes du Martyre de la très-noble vierge romaine sainte Agnès et du martyre des nobles Abdon et Sennen, 1864 - books.google.fr).

Les illustres et célèbres martyrs, saint Abdon et saint Sennen étaient d'origine persane. Les historiens ont beaucoup disputé sur la ville qu'ils auraient eue pour berceau. Les uns l'appellent Cordula ou Corduba; les autres Cerduba ou Corduena; d'autres encore Cordubenna, ou Cerduena, ou bien Corodra. Je tiens que c'est Corduena, suivant Ammien-Marcellin, et que les autres dénominations dérivent de celle-ci par corruption du mot. Baronius dans ses Notes au Martyrologe Romain, aux 15 et 16 d'avril pense qu'on doit l'appeler Corduena, dont fait mention Ammien-Marcellin et que le géographe Ethicus nomme pourtant Cordubenna, lorsqu'il parle du Tigre. Ammien-Marcellin parlant de la guerre de Perse, liv. xxiv, ch. 8, fait mention de Corduena, mais l'édition de Leyde de l'année 1693 fait remarquer qu'on doit lire dans le manuscrit Corduam. Il est dit dans le Martyrol. Maurolic. que ces saints souffrirent le martyre dans une ville de Perse appelée Chorodra, et en effet Ptolémée au VIe liv. de sa Géographie indique Chorodua ou Chorodra parmi les villes de la Perse (Domenico Bartolini, Actes du Martyre de la très-noble vierge romaine sainte Agnès et du martyre des nobles Abdon et Sennen, 1864 - books.google.fr).

La Gordyène serait donc le pays d'origine d'Abdon et Sennen, plus arméniens que persans.

La capitale de la Gordyène était Cordula. Au troisième siècle, par le sort de la guerre, elle devint province de l'empire Perse. Ainsi, changèrent de nationalité deux jeunes gens que les documents appellent sub-reguli, c'est-à-dire, sans doute, princes de sang royal (Orthodoxie, Bulletin des vrais chrétiens orthodoxes, n° 10, 1980 - orthodoxievco.net).

Le nom de Gordiu Come nous montre qu'il y eut par là des Kourdes, bien qu'alors comme aujourd'hui la vraie Gordyène, le foyer des Gordyi (le Kourdistan) fût sur les confins de l'Asie Mineure, de l'Arménie et de l'Assyrie. De très-bonne heure donc, les Kourdes se sont répandus de proche en proche dans l'Asie occidentale (témoin aussi Gordium en Phrygie et la légende du roi Gordius). A Gordiu Comé (Strabon, XII, 7), vivait ce fameux bandit Cléon, qui fit la guerre pour Antoine, puis sut se faire agréer d'Octave, en l'honneur duquel il nomma sa ville Juliopolis, puis enfin se fit décerner le suprême sacerdoce de Comana, cette souveraineté ecclésiastique fumeuse : cet intrépide brigand n'aurait-il pas été Kourde ? (Nicephorus Gregoras, Livre xxxvii de l'Histoire romaine, traduit par Valentin Parisot, 1851 - books.google.fr, Adolphe Reinach, Trophées macédoniens, Revue des études grecques, Volume 26, 1913 - books.google.fr).

Tout de même, ce nœud gordien n'était pas seulement une astuce labyrinthique, enchevêtrée, d'un Orient d'énigmes : Gordius, père de Midas, avait un chariot dont le joug était attaché au timon par un nœud si subtil d'écorce de cornouiller que l'on n'en pouvait découvrir les bouts (Pierre Boutang, Le recours aux forêts, Hommage à Ernst Jünger, La Table ronde, 1976 - books.google.fr).

Plutarque dit que le noeud était de cormier ou cornouiller mais le scholiaste d'Euripide sur la tragédie d'Hippolyte, d'après Marsyas, qu'il était de branche de vigne.

Justin , liv. XI , c. VII, raconte que Gordius, de pauvre laboureur qu’il était, devint roi en vertu d’un oracle, lorsqu’il allait, sur sa charrue, sacrifier à Jupiter. Arrien, liv. I , p. 80 , dit que ce fut son fils Midas , qui, étant sur la charrue avec son père Gordius et sa mère, devint roi, et que depuis il consacra cette charrue dans le temple de Jupiter (Plutarque, Alexandre, Les vies des hommes illustres, Volume 7, traduit par Dominique Ricard, 1829 - books.google.fr, Plutarque, Vies: Alexandre. César, traduit par Robert Flacelière, 1975 - books.google.fr).

Le bois de cornouiller est tout plein de nœuds (Dictionnaire de l'Académie françoise, Volume 2, Édition 5, 1811 - books.google.fr).

Joug et noeud font partie du vocabulaire astronomique ancien : le "joug du ciel" et les noeuds écliptiques lunaires.

On passe maintenant à un Gordien latin Gordianus.

Gordien III (Marcus Antonius Gordianus Pius) (20 janvier 225 - 11 février 244) est empereur romain de 238 à 244, pendant la période dite de l'« Anarchie militaire ». Issue d'une famille sénatoriale provenant d'Asie mineure, peut-être originaire d'Anatolie, il est le neveu de Gordien II et le petit-fils de Gordien Ier, tous deux acclamés empereurs en 238 à la suite d'une révolte fiscale en Afrique proconsulaire. Après l'écrasement de cette révolte à Carthage par le légat de Numidie, ce sont deux sénateurs, Maxime Pupien et Balbin, qui succèdent à ces derniers à Rome pour faire face à Maximin Ier le Thrace qui commence à faire mouvement vers l'Italie depuis le Danube avec ses troupes d'élite. Mais le peuple à Rome demande à ce que Gordien III leur soit adjoint, ce dernier est donc fait César par les deux empereurs le 22 avril. Aussi, lorsque dans l'été 238, les prétoriens éliminent Pupien et Balbin, ils font reconnaître Gordien comme empereur. La date exacte de proclamation est l'objet de plusieurs propositions : 29 juillet, le 6 ou 7 juin comme seul Auguste pour Xavier Loriot, avant le 27 mai selon une inscription syrienne étudiée par M. Sartre. La date traditionnellement retenue est cependant le 29 juillet. (fr.wikipedia.org - Gordien III).

Gordien III, de César, serait devenu Auguste le 30 juillet 238 (Christian Bonnet, Bertrand Lançon, L'Empire romain de 192 à 325: du Haut-Empire à l'Antiquité tardive, 1997 - books.google.fr).

The date of 29 July suggested by Carson for the beginning of Gordian III's reign as Emperor is based on various ancient accounts of the durations of reigns in the 'year of the six emperors' and does not rely on the reported existence of year one Alexandrian coins of Gordian as Augustus. Hence their removal from the record does not affect the possible 29 July accession date or other dates for events in the year 238.

He suggested 29 July as the accession date of Gordian III. This would be sufficiently before the end of the Alexandrian year. 29 August, to allow the information to arrive in Egypt and coin production to begin (The Numismatic Chronicle, Volume 158, Royal Numismatic Society (Great Britain), 1998 - books.google.fr).

Capitolin dit que l'avénement de Gordien à l'empire avait été marqué par une éclipse totale de soleil, ce qui fit augurer que son règne serait court (Biographie universelle, Tome 17, 1857 - books.google.fr).

Mais, dés que les Veterans sceurent que le seul Gordien estoit Empereur, la paix fut confirmée, & ce fut la fin de la guerre intestine, apres que 2 le Consulat eut esté deferé au ieune Gardien. Mais il vint un signe , que cét Empire de Gordien ne devoit pas durer longtemps. Il se fit une Eclipse de Soleil qui sur si complette, qu'on eust dit que la nuict etoit venuë, & l'on n'eust pû voir quoy que ce soit sans allumer des flambeaux (Julius Capitolinus, Historiae Augustae Scriptores. L'Histoire Auguste des six auteurs anciens Spartien, Capitolin, Lampride, Callican, Pollion et Vopiscus, traduit par l'abbé Michel de Marolles, 1667 - books.google.fr).

Tout au commencement de la domination de ce bon Empereur quelques signes apparurent & au ciel, & en terre, qui pronostiquayent qu"il ne deuoit pas longtemps vivre. Le premier une très estrange eclipse du Soleil, telle que le iour deuint nuict, de sorte que pour faire les besongnes necessaires, il falut que chacun se servist de flambeaux. Vn an âpres, il y eut vn rude tremblement de terre en toutes les les prouinces de l'Empire , duquel plusieurs nations & villes surent ruinées par les ouuertures de la terre, en plusieurs endroits (Jacques Esprinchard, L'histoire auguste: En II Volvmes, Contenant les vies des Emperevrs Romains depuis Ivles Caesar iusques à Rodolphe II. lequel domine à present : Recveillie De Divers Autheurs anciens & modernes, Volume 1, 1610 - books.google.fr).

Ketu désigne une torche, un flambeau (comète).

L'Histoire Auguste affirme que la mort de Gordien III fut annoncée par une éclipse de soleil, assez persistante "telle qu'on se serait cru en pleine nuit et qu'on ne pouvait rien faire sans allumer des lampes". Cet empereur mourut sans doute en 244, et deux éclipses sont effectivement attestées pour l'année en 238. La prudence s'impose donc pour déterminer si l'auteur du texte fait bien référence à ces dernières. Selon plusieurs historiens romains, en 410, une éclipse consacra le saccage de Rome par Alaric. Ces faits se passèrent dans la nuit du 23 au 24 août. S'il y eut une éclipse rapprochée de cette date, elle se produisit le 18 juin de cette même année. Comme le notait Claudien, il est certain que les historiens romains se sont crus obligés de relier ces deux faits, jugeant malséants que le ciel ne se manifestât pas d'une manière ou d'une autre à la vue d'un si terrible événement. Mais il est évident qu'ils donnèrent à l'éclipse du 18 juin une ampleur qu'ils n'auraient pas pensé à lui donner en temps de paix. Pour en rajouter, Nicéphore Calliste dit que ce saccage, en plus de l'éclipse, fut suivi du passage d'une comète, d'une peste, d'une famine, d'un tremblement de terre et d'inondations. Le grand jeu quoi ! Mais si l'on veut bien reprendre le véritable fil de notre narration, il faut reconnaître que la réflexion de Claudien est profonde, attendu que - comme nous auront encore l'occasion de le noter - les météores n'ont jamais la même signification en temps de paix et de confort socio-économique qu'en temps de guerre, ou lorsque surviennent d'autres calamités comme des pestes, des famines ou des catastrophes naturelles (Xavier Yvanoff, L'imaginaire du ciel au moyen âge, 2007 - books.google.fr).

Les calculs des astronomes ayant permis d'établir qu'une éclipse partielle de soleil avait pu être observée à Rome le 2 avril 238 plusieurs savants ont cherché à en tenir compte dans leur argumentation. Cependant, comme il est impossible que Gordien ait déjà détenu seul le pouvoir à la date indiquée, il a bien fallu supposer que le biographe, tout en rapportant un fait exact, en avait volontairement ou non dénaturé la signification. Pour Sadée et van Sickle le présage concernerait en réalité le règne effectivement assez bref de Pupien et Balbin ; mais cette interprétation, qui fait violence au texte, peut d'autant moins être retenue qu'elle conduit ses auteurs à dater du 9 juillet, en contradiction formelle avec l'inscription de Virunum, l'assassinat des deux empereurs sénatoriaux. Lohrer quant à lui rapproche de la Vita un passage d'Aurelius Victor relatif aux signes qui annoncèrent sa fin prochaine à Gordien le Vieux, et suggère que le Gordien de l'Histoire Auguste serait le grand-père et non le petit-fils. On notera toutefois que chez Victor la scène se passe à Carthage, non à Rome, et qu'il n'y est pas question d'éclipse, mais plus vaguement de prodigia avertenda. Ces hypothèses, pour ingénieuses qu'elles soient, sont donc loin d'entraîner la conviction. Si l'on se réfère au texte même de la Vita, on ne peut douter qu'il se rapporte bien au jeune empereur Gordien III. L'éclipse, puisqu'éclipse il y a, n'a donc pu se produire qu'après le début de son règne. Si l'on écarte celle du 2 avril, il ne reste plus que celle du 5 août 240. Il s'agissait cette fois d'une éclipse totale et la description de Capitolin (ut nox crederetur, neque sine luminibus accensis quicquam agi posset) paraît en effet s'appliquer à un phénomène de cette nature. Faut-il supposer que l'auteur, trouvant dans sa source mention de cet incident, a décidé sans trop se soucier de chronologie d'en tirer parti pour donner à son récit une couleur plus dramatique ? Au reste songes, oracles et autres et autres prodiges font partie du répertoire traditionnel de l'historiographie latine. Les Scriptores Historiae Augustae en sont eux-mêmes friands et on les estimera capables d'en forger de toutes pièces au besoin. C'est faire beaucoup d'honneur à Capitolin que d'échaffauder toute une démonstration sur des bases aussi fragiles. Il importe, au terme de cette enquête, d'en récapituler les résultats sous forme d'un tableau chronologique. Nous tenons toutefois à souligner que nous ne considérons comme définitivement établie qu'une seule des dates ainsi proposées, à savoir le dies imperii de Gordien III, que les témoignages concordants d'Hérodien, des Fasti Ostienses et des Acta Arvalium, auxquels il convient de joindre le faux témoignage de Jules Capitolin, nous conduisent à fixer, pour ainsi dire en toute certitude, au 6 ou mieux au 7 juin 238. Dans tous les autres cas nous admettons une marge d'erreur, pouvant aller d'un ou deux jours à une semaine ou plus, notamment en ce qui concerne la proclamation et la mort des Gordiens, le siège d'Aquilée et le meurtre de Maximin. Seule la mise au jour d'inscriptions nouvelles, la publication de papyrus inédits permettront éventuellement de réduire la part qu'il nous faut bien encore consentir à l'hypothèse (Xavier Loriot, "Dies imperii" de Gordien III, Mélanges d'histoire ancienne offerts à William Seston, 1974 - books.google.fr).

Iulius Capitolinus est l'un des six auteurs fictifs de la collection de biographies dite Histoire Auguste. Il serait l'auteur des vies d'Antonin le Pieux, de Marc Aurèle, de Lucius Verus, de Pertinax, de Clodius Albinus, de Macrin, des trois Gordiens, des deux Maximins, de Maxime Pupien et Balbin. Il dit utiliser comme source un historien qu'il nomme tantôt Aelius Cordus, tantôt Junius Cordus, qu'il cite vingt-sept fois mais dont l'existence est une invention de l'auteur. Par exemple, les citations qu'il attribue à Cordus dans la Vie des Trois Gordiens sont en réalité des reprises de Cicéron, d'Hérodien et de Suétone. L'identité exacte de l'auteur réel du recueil de biographies est inconnue, il vécut sans doute entre l'extrême fin du IVe siècle et le début du Ve (fr.wikipedia.org - Iulius Capitolinus).

Vers Saint Sulpice

Avec le plan de Saint Sulpice projeté sur la carte du département de l'Aude, on regarde le quartier autour se projetant aussi et on constate qu'Arles sur Tech se trouve dans l'îlot défini par les rues de Vaugirard, Garancière et Servandoni, près du n° 36 de la rue de Vaugirard (Autour de Rennes le Château : L’axe de Saint Sulpice : Paris - Aude Autour de Rennes le Château : Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse).

Au n° 36 de la rue de Vaugirard : en 1793, Jean-François-Thérèse Chalgrin y installa une des seize plaques en marbre dans lesquelles étaient gravées le mètre étalon. À l'origine, celle-ci devait être posée rue de Tournon. Dans cet immeuble se trouvait l’imprimerie Béthune et Plon (fr.wikipedia.org - Rue de Vaugirard, www.atlasobscura.com).

La bulle de Serge IV, datée de 1011, confirmant les droits de l'abbaye d'Arles, mentionne parmi ses dépendances les deux églises Sainte-Marie de Coustouges et Saint-Laurent (aujourd'hui « de-Cerdans »), qui lui étaient alors soumises. Après les dîmes, prémices et offrandes, le document ajoute aux biens de ces églises les alleux qui leur appartiennent, compris dans « l'espace environnant ». En 1142, lors de la consécration de ces deux églises Sainte-Marie et Saint-Laurent par l'évêque d'Elne Udalgar, celui-ci donne à Sainte-Marie, ainsi qu'il est dans son habitude, dit-il, un cimetière de trente dextres, pour y ensevelir les cadavres des hommes. Cette façon de mesurer le cimetière est moins courante qu'en pas, on peut remarquer que le nombre traditionnel de trente est conservé, la longueur du dextre est sensiblement supérieure à celle du pas, il ne faut peut-être voir ici qu'une indication de mesure maximale attachée à ce terme. Il ne semble pas en effet par le plan du village que l'on ait eu une cellera de dimension doublée (un dextre valant à peu près deux mètres, soit soixante pas pour le cimetière) (Aymat Catafau , Les Celleres et la naissance du village en Roussillon, 1998 - books.openedition.org).

On trouve aussi des mesures originales: un cimetière de trente dextres à Coustouges en 1142, ou "trente dextres de terre" autour du prieuré de Serrabonne, en 1082, sans indication de la destination de cet espace (A. Catafau, Les celleres du Roussillon, Histoire et archéologie des terres catalanes au Moyen Âge, 1995 - books.google.fr).

En Languedoc le dextre était une mesure de longueur (en Provence de surface) et mesurait 2,50 m (Frédéric Mistral, Lou trésor dóu Felibrige: A-F, Volume 1, 1879 - books.google.fr).

Vers 1472, un des principaux habitants du bourg Saint-Germain, Jacques Montrouge, avait acheté l'hôtel Garancière et les champs qui l'entouraient. Dans une déclaration du 21 février 1522, Jeanne Montrouge, sa fille, énonce comme suit les limites de la propriété : « Tenant d'une part tout du long de la ruelle Sainct-Sulpice (rue Servandoni), d'aultre aux terres de Messieurs, esquelles se tient le marché aux chevaulx durant la foire; aboutissant d'un bout au cloz aux Bourgois (le Luxembourg), le chemin de Vaugirard entre deux, et d'aultre bout aux halles (de la foire Saint-Germain, aujourd'hui marché) et à l'esglise et jardin (du presbytère) de Sainct-Sulpice.

C'est sur l'emplacement des maisons du côté occidental de la rue Garancière qu'était situé le grand hôtel de ce nom. Les plus anciens de ses propriétaires à nous connus furent messire Guillaume de Dormans puis Mme de Dormans et "le fizicien maître Guibert". Il appartenait, en 1399, à Yon de Garancière, chambellan du roi, et, vers 1418, à Mme de Garancière, autrement appelée Mme de Bruynissant, vicomtesse de Lentrel, veuve du précédent. Le 6 juin 1457 après avoir été mis en criée, il fut baillé à maître Yves de Scepeaux, président du Parlement. Il n'était point alors en masure, comme le dit Jaillot, mais il en contenait une, ainsi qu'un colombier. Vers 1472, il était possédé par Jacques Montrouge, un des principaux habitants du bourg Saint-Germain; aussi le trouvons-nous énoncé "le cloz Jacquet Montrouge" dans un acte de 1538. A cette époque, il avait passé à la fille de Montrouge, Jeanne, épouse de Jean Marché. Leur fds paraît être celui qui morcela l'hôtel et le vendit par lots séparés. La cession d'une parcelle, faite par lui à Jean Obelyn le 25 mai 1537, est au surplus la seule transaction de ce genre que nous puissions signaler; car nous n'avons vu aucune indication des autres dans les archives de l'abbaye. La transformation de la propriété, avancée déjà en 1536, était complète en 1543. L'hôtel de Garancière ne renfermait qu'un peu plus de trois arpents; de sorte qu'il ne semble pas possible qu'il ait occupé tout l'îlot compris entre les rues Garancière et Servandoni, dont faisait aussi partie, il est vrai, le pressoir bannier de l'abbaye. Cependant les limites que lui prêtent les titres sont celles de l'îlot même, et on l'énonce de la manière suivante dans une déclaration passée par Jeanne Montrouge, le 21 février 1522 : "tenant d'une part tout du long de la ruelle Sainct Sulpice (rue Servandoni), d'aultre aux terres de Messieurs, esquelles se tient le marché aux chevaulx (îlot entre les rues de Garancière et de Tournon) durant la foire; aboutissant d'un bout au Cloz aux Bourgois (le Luxembourg), le chemin (la rue) de Vaugirard entre deux, et d'aultre bout aux halles et à l'esglise et jardin [du presbytère] de Sainct Sulpice." Le texte du bail de 1457 montre que l'entrée principale était vers l'occident, sur la ruelle devenue la rue Servandoni, et effectivement indiquée, dans un document de 1424, "la ruelle qui va au long de l'ostel de Garancières." (Adolph Berty (1818-1867), Topographie historique du vieux Paris, 1885 - archive.org).

Dormans était autrefois au diocèse de Soissons (Louis Alexandre Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, tome II, 1764 - books.google.fr).

Les deux Saints ayant ainsi confommé leur martyre dans une terre étrangere, ne furent point abandonnés comme des malheureux ou des inconnus après leur mort. Les fidelles qui servoient le même Dieu retirèrent leurs corps dans la maison d'un soudiacre nommé Quirin, où on les tint cachés durant tout le tems des persécutions qui durerent encore plus de cinquante ans. Ils furent découverts du tems de Constantin le Grand, & levés de terre pour être transportés sur le chemin de Porto au quartier de l'Ours-coiffé. On les mit dans le cémetiere de Pontien qui a été depuis souvent appeilé du nom de ces saints martyrs. L'on y voit encore aujourd'hui leurs images qui font d'une sculpture fort ancienne, avec leurs noms. On dit néanmoins que le pape Gregoire IV qui tint le siege depuis 827 jusqu'en 844, transporta leurs corps du cémetiere de Pontien dans l'église de saint Marc qui étoit dans l'enceinte de la ville ; quoique d'autres prétendent que le pape Damase les eût donnés dès l'an 370 à saint Zenobe évêque de Florence. Il paroît que l'on ignoroit ce fait du tems de Louis le Débonnaire. Car parmi les reliques que l'on envoya l'an 818 de Rome en France pour Eginhard, on prétendit avoir mis les corps de S. Abdon & de S. Sennen avec celui de faint Tiburce & ceux de plusieurs autres martyrs illustres. On les transporta dans l'abbaïe de saint Medard de Soissons ; & un moine du lieu nommé Odilon composa l'histoire de cette translation vers le commencement du dixieme siecle. On croit que ces reliques y furent conservées jusqu'aux guerres des Huguenots qui lesbrûlerent dansle seizieme siècle (Les vies des Saints, composées sur ce qui nous est resté de plus autentique & de plus assuré dans leurs histoire, Tome V, 1739 - books.google.fr).

Guibert de Celsoy (de Celseto, de Selceto, de Salceto, de Certayn) a sa tombe dans l'église de Celsoy. Le défunt y est représenté en chaire, au milieu de ses élèves ; tout autour une inscription en 24 vers français, qui nous apprend que « mestre Guibert dit de Celsoy » fut maître ès-arts et en médecine, médecin des rois Jean II, Charles V et Charles VI, chanoine de Laon, de Châlons et de Meaux, et qu'il mourut « à Paris en son bel manoir », en 1390, le jour de Saint- Augustin, c'est-à-dire le 28 août ; pourtant son anniversaire était célébré à la Grande confrérie Notre-Dame, le 28 oule 29 juillet. Il fut enterré dans l'église de Celsoy qu'il avait fondée et à laquelle il légua sa maison de Paris, à l'enseigne de la Croix de fer, dans la rue Saint-Jacques, ainsi que le produit de la vente de sa vaisselle d'argent. Né à Celsoy, il se peut que son nom patronymique ait •été Clerget ou Le Clerget, mais il n'est jamais désigné par ce nom que portèrent son ïrère Jean et son neveu Raymbaud, alors qu'un autre de ses neveux, qui fut, dit-on, médecin, est nommé Guillauùme de Celsoy. Je ne sais si ce fut à lui qu'appartint l'hôtel dit plus tard de Garancière (Ernest Wickersheimer, Dictionnaire biographique des médecins en France au Moyen Âge, 1979 - books.google.fr).

Dans le diocèse de Langres, on honore d'une manière spéciale cer tains saints, tels que les saints martyrs Abdon et Sennen, saint Roch, saint Sébastien, saint Gaon, etc. Cela vient en partie de ce que la ville de Langres et diverses paroisses du diocèse les ayant invoqués contre le fléau de la peste, qui désolait nos contrées en 1633 et les années suivantes, ont cru devoir la cessation du terrible fléau à leur puissante intercession. C'est depuis lors que Lannes, Changey, Charmoilles et autres lieux ont voué un culte spécial aux saints martyrs persans, Abdon et Sennen. D'autres saints sont invoqués depuis un temps immémorial, non-seulement dans le diocèse de Langres, mais dans tout l'univers catholique, comme saintNicolas, sainle Catherine, sainte Anne, etc., sans parler du culte de la Sainte-Vierge, qui obtient en tout lieu et à juste titre le premier rang (Charles Roussel, La diocèse de Langres: histoire et statistique, Volume 1, 1873 - books.google.fr).

Celsoy est juste à l'est de Langres, Changey, Charmoilles et Lannes juste au nord.

La rue Garancière a pris son nom de l'Hôtel de Garancière qui y était. En 1541, au rapport de Sauval, on la nommait par corruption la rue Garance... « Il y a aussi dans cette rue, un hôtel fort remarquable et qui a plus d'apparence que de régularité. On le nommait autrefois l'hôtel de Léon, parce que c'était René de Rieux, Êvêque de Léon, qui l'avait fait bâtir. Ce seigneur, qui était un des prélats du royaume, le plus splendide et le plus éloquent, étant mort le 8 mars de l'an 1651, cet hôtel appartint à Guy de Rieux, seigneur de Sourdéac et depuis on l'a toujours nommé l'hôtel de Sourdéac, quoiqu'il n'appartienne plus à la Maison de Rieux. Cette maison, a été bâtie sur les dessins d'un Italien, nommé Robelini, qui en a décoré les dehors, d'une manière qui en impose à ceux qui ne se connaissent point en belle architecture » (André Mauban, L'Architecture francaise de Jean Mariette, 1945 - books.google.fr).

M. Yves Barré signale une ancienne inscription portant rue Garenciers ; il pense que le lieutenant général de police dut s'appuyer sur de sérieuses raisons pour dénommer officiellement cette rue Garenciers au lieu de Garancière, et ces raisons, il les cherche et croit les trouver dans l'existence de teinturiers. qui auraient habité cette rue, où ils avaient l'avantage de se servir des eaux descendues du plateau des Chartreux : il invoque, à ce propos, l'autorité de Lefeuve. On sait, à n'en pas douter, que la rue doit son nom à l'hôtel Garance, Garancée, Garancière, qui datait du XVe siècle. Les pluies d'orage qui, à certains jours, ruisselaient dans cette rue, n'ont jamais constitué un cours d'eau suffisant pour alimenter une industrie, et l'on n'a jamais produit d'actes relatifs à des teinturiers en garance à cet endroit (Procès-verbaux, Commission du vieux Paris, 1908 - books.google.fr).

Il y a de l'eau dans la rue Garancière cependant puisque la princesse palatine fit aménager en 1715 la fontaine portant le nom de la rue au n° 12.

En 1703, une ordonnance de police remarque que des porteurs d'eau s'approvisionnaient à l'égoût des fontaines d'un jardin de la rue Garancière, dont l'eau pouvait nuire à la santé (Nicolas Delamare, Traité de la police, Volume 2, 1729 - books.google.fr).

L'église paroissiale de Pennautier est sous l'invocation de Saint André, mais il y a une seconde fête locale, autre que celle du patron, en l'honneur des Saints Abdon et Sennen dont la paroisse possède depuis longtemps les reliques. L'origine de cette seconde fête, appelée la Fête du Vœu, remonte pour le moins au commencement du XVIIe siècle. Nous avons trouvé, en effet, dans les Registres de l'ancien Etat civil de Pennautier, le procès-verbal du renouvellement de ce vœu, sous la date du 30 Juillet 1698. Nous donnons ce document encore inédit. « Le 30 Juillet 1698, la Communauté de Pennautier dans un Conseil général composé du syndic des artisans de Pennautier et de la grande partie des habitants, ayant délibéré de renouveler le vœu que leurs ancêtres auraient fait à Dieu sous l'intercession des Saints Abdon et Sennen, selon qu'il se pratiquait sur la tradition des anciens et, en conséquence de cette délibération, s'étant présentée une requête a M. Fraissinot, Grand Vicaire de ce diocèse, par laquelle le conseil, sous le bon plaisir et agrément de Nous, recteur, exposa les raisons de renouveller le dit vœu et de demander instamment la solennité de la solennité de la fête des dits saints. Le dit sieur Fraissinot ayant dit droit à la requête ordonna que le jour des dits Saints serait chômable dans toute la dépendance de la paroisse et que la communauté renouvellerait le dit vœu et ferait, au dit jour, 30 juillet, le renouvellement du vœu. En mémoire de cet engagement, les consuls donnèrent pour icelle un flambeau avec un écriteau où il est fait mention de l'année du dit vœu. Le flambeau sera renouvellé à chaque an le jour des dits Saints. Les actes de celte rénovation du vœu sont dans les archifs du coffre de l'église. Lamarque, recteur de Pennautier ». Nous avons lu, dans le même Registre, d'autres détails relatifs à la procession du Vœu; nous ne citerons que le passage suivant : « Le rang des ouvriers en procession sera celui-ci : Les bateurs les premiers, puis, les cardeurs, les tisserands tous avant la croix; après le recteur doivent suivre les Consuls qui seront suivis du Maire ou baile des cardeurs et tisserands, du pareur et du teinturier, chacun portant un flambeau avec un écusson où sont gravés les saints Abdon et Sennen » (Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, 1909 - books.google.fr).

Il semble que les plantes de la famille des salicornes servent à teindre en rouge.

On utilise le shenan pour produire une teinture rouge en peausserie (Journal Oeconomique, ou Memoires, notes et avis sur l'Agriculture, les Arts, le Commerce..., 1769 - books.google.fr).

Le chanoine Mazéas obtient la soude en mélangeant les cendres d'une salicorne avec de la poudre de charbon et du salpêtre dans des proportions bien définies. Son produit n'est pas très apprécié par les industriels de la verrerie et la manufacture de Saint-Gobain préfère s'adresser à Bernard de Jussieu pour se procurer des graines de soude d'Alicante. Mais il est utilisable en teinturerie et supérieur à la soude d'Alicante pour teindre en rouge les étoffes de lin (Bruno Du Pont De Dinechin, Duhamel du Monceau: un savant exemplaire au siècle des Lumières, 1999 - books.google.fr).

En 1698, en plein essor la manufacture compte jusqu’à 30 métiers battants. Pierre-Louis de Reich avait 82 ans lors de sa création en 1696, 1697. Pierre-Louis fit construire une maison pour les teinturiers (aujourd‘hui, n°01, avenue du Cabardès), un atelier de teinture, (sise à l‘actuel 25, 27 et 29 avenue Joliot Curie), avec 4 chaudières de cuivre, une chaudière en étain, 2 cuves en bois, 2 grands bassins de lavage (niveau de la cour du n°29), toutes les conduites alimentation des eaux de la source dite «du teint» situé à proximité; pour la teinture les eaux du Fresquel n’avaient pas la qualité nécessaire, l’enclos accolé à la teinturerie servait à faire sécher les étoffes une fois teintes et passées au foulon (Les complexes industriels, La manufacture de draps - histoire-de-pennautier.fr).

Pourquoi, lors d'une éclipse totale de Lune, notre satellite naturel prend-il une teinte rouge ? L'origine des couleurs rouges observables à la surface de notre satellite durant son éclipse est à rechercher dans le rôle que joue l'atmosphère terrestre. La Terre, en tant que sphère solide, bloque la lumière solaire directe et crée l'ombre dans laquelle va se cacher la Lune. Cependant, l'atmosphère de notre planète va réfracter (c'est-à-dire dévier) une certaine quantité de lumière provenant du Soleil à l'intérieur de cette ombre. La lumière traverse donc notre atmosphère et y est filtrée. C'est pourquoi elle est essentiellement rouge, puisque cette couleur (ou longueur d'onde) est moins sujette à la diffusion que les autres et traverse ainsi plus facilement de grandes quantités d'atmosphère (Anton Vos, 300 questions à un astronome, 2005 - books.google.fr).

La cause Principale du rouge qui teint le front de la Déesse, de ce feu qui l’enflâme au milieu des ombres, de cette couleur ensanglantée qui répand l'horreur et la tristesse sur tout son visage, cette cause principale doit être enfin évidente pour vous. Fléchie dans les airs la lumière s'abaisse vers le milieu de l’ombre, & traverse dans l'atmosphere un très-long espace. Il se dispersé donc, & il s’évanouit une bien plus grande quantité de rayons violets que de ceux qui ont la force & l'éclat du rouge; la couleur de ces derniers est donc aussi celle de la lumiere transmise; c'est donc eux qui rougissent l’orbe de Phébé, quand nous croyons voir son front & son sein tout couverts de sang (Ruggero Giuseppe Boscovich, De solis ac lunae defectibus. Les Éclipses, poëme en six chants, traduit par l'abbé Barruel, 1779 - books.google.fr).

Une éclipse totale de Lune se produit lorsque notre satellite est entièrement caché des rayons du Soleil par la Terre qui fait écran. Bien que la Lune soit àl'opposé du Soleil tous les mois – au moment de la pleine lune – il n'y a pas souvent d'éclipse car son orbite est inclinée par rapport à celle de notre planète autour du Soleil : la Lune passe le plus souvent au-dessus ou au-dessous de kl'ombre terrestre. Ce n'est qu'une ou deux fois par an en moyenne que le Soleil, la Terre et la Lune sont suffisamment bien alignés pour que le spectacle ait lieu (Emmanuel Beaudoin, 101 merveilles du ciel qu'il faut avoir vues dans sa vie, 2015 - books.google.fr).

Le "teinturier de la Lune" (cf. le "bapheus men" de Fulcanelli) c'est la Terre qui teint en rouge l'astre nocturne éclairé par le Soleil lors des éclipses. le "teinturier du Soleil", c'est la Lune qui teint en noir l'astre diurne.

L'Eglise Romaine, au 30 juillet, célèbre la fête d'un saint Martyr de Perse, qui, en l'honneur du premier martyr Persan, nommé Abdias, qui fut l'un des 72 Disciples de Jésus-Christ, selon Julius Africanus, auteur d'une Chronique universelle, voulut porter le même nom, Abdon, Abdus, ou Abdias. Et le compagnon de ce Saint avait pareillement adopté le nom de Sennes, ou Sennen, l'hôte du disciple Abdias et des apôtres S. Simon et S. Jude. Ce fut par honneur pour les deux courageux Disciples des Apôtres, c'est-à-dire pour notre Abdias et pour notre Sennes ou Sennes, que les saints Martyrs persans, Abdon et Sennen, mentionnés le 30 juillet au Martyrologe Romain, avaient adopté, lors de leur baptême, les noms des deux premiers et des deux plus illustres disciples des Apôtres de la Babylonie et de la Perse. Abdias paraît avoir été de la famille du célèbre Abdias, fils d'Isaïe, et père de Sémaias, l'un des chefs de la maison de David et des principaux de Juda, comme son père et son fils, morts sous Hérode le Grand, selon la Petite Chronique des Juifs, Séder Olam-Zutha (Histoire de chacun des soixante-douze disciples de Notre-Seigneur Jésus-Christ, composant la première compagnie de Jésus, 1868 - books.google.fr).

Le 4ème des 12 petits prophètes bibliques s'appelle Abdias.

Le court livre d'Abdias qui ne compte que 21 versets se place pour l'antiquité, au dire des commentateurs, à côté de celui de Joël : peut-être même serait-il plus ancien si l'on voit dans les versets 11-14 une allusion à la prise de Jérusalem par les Arabes au temps du roi Joram (vers 890). Il n'est tout entier qu'une exécration contre Édom, autrement dit le peuple issu d'Ésaù le Rouge, à qui le prophète reproche sa conduite contre Israël. L'Édom historique nous est parfaitement indifférent. Mais si par hasard sous ce vocable se dissimulait quelqu'un d'autre, comme maints textes dans la Bible nous le donnent à penser, je veux dire le Diable, cet éternel ennemi de l'éternel Israël, contre qui il a à assouvir sa rancune de supplanté ? Il y a des objections. Tout d'abord ce texte du Deutéronome (23.7) : Tu n'abomineras pas l'Iduméen, car il est ton frère. Mais le pécheur aussi est un frère pour nous, que nous devons aimer, encore qu'il habite chez le diable. Puis la bénédiction d'Isaac sur Ésaù. Dans la graisse de la terre et dans la bénédiction du ciel au dessus (c'est-à-dire dans la jouissance des biens matériels) sera ta bénédiction. Tu vivras dans le glaive et tu seras asservi à ton frère, et le temps viendra que tu secoues et brises son joug de dessus tes cous. (Notons d'ailleurs que l'Idumée est un des pays les plus arides et les plus « brûlés » du monde. Ses habitants vivent littéralement, comme l'atteste la ville bien nommée de Petra, in scissuris petrarum. Plusieurs traits de la prophétie d'Abdias, comme de celle d'Isaac, s'appliquent à l'Arabie Musulmane. A la naissance du Christ, c'est un Iduméen, Hérode, qui est maître de Jérusalem.) Mais l'hébreu semble aussi avoir raison qui traduit : Loin de la graisse de la terre et de la rosée du ciel, tu vivras de ton épée, et tu seras asservi à ton frère, mais il arrivera que, libre nomade, tu secoueras son joug de ta tête. Et d'ailleurs est-ce que le Diable ne vit pas de brigandages accomplis aux dépens de la graisse de la terre et de la grâce du ciel ? Et ses démarches ne sont-elles pas toujours accomplies au nom de la liberté et aux dépens de la fraternité ? Revenons au texte du prophète. Dès le premier verset, quel frémissement ! C'est l'appel contre ce schismatique, contre ce révolté, à la catholicité, il s'agit de bien autre chose que de ce pauvre petit Edom ! Nous avons entendu quelque chose de la part du Seigneur : Il a envoyé un message aux nations : levez-vous, levons-nous ensemble pour le combattre. Et ce qui suit ! Voici, je t'ai rendu tout petit entre les nations, tout ce qu'il y a de contemptible! L'orgueil de ton cœur t'a élevé (une élévation qui est une incarcération), ô toi qui habites (à la manière des reptiles et des chauves-souris) dans les fissures de la pierre (dans toute place qu'une solidité violentée donne au vide) ; qui as dressé ton trône dans les lieux élevés et qui dis en ton cœur Qui m'abattra à terre ? Quand tu t'élèverais comme l'aigle et que tu ferais ton nid parmi les astres, je t'en ferai dégringoler, dit le Seigneur. Ce qui suit (verset 5) est curieux et voici comment je le comprends. Dieu, comme plus tard son Fils dans l'Evangile, se compare à un voleur, à un brigand, mais quel voleur? Les autres ne font leur travail qu'à moitié. Mais avec Moi, tout est nettoyé, il ne reste pas un grapillon. Comme on t'a fouillé, Ésaù! L'Esprit qui pénètre partout à cause de sa pureté, il n'a pas laissé le plus petit recoin, dans la fissure de ta propre pierre, inexploré. Tout le monde t'a trahi, cette espèce de Saùl par exemple, il n'y a pas à compter sur eux, les voilà qui te reconduisent d'où tu viens. Ah tu n'es qu'un imbécile, un reptile qui ne voit pas plus loin que son nez! La montagne d'Ésaü, c'est quelque chose qui s'élève pour se faire voir et qui ne voit rien, une chaire où se démènent des aveugles en plein midi, un tréteau où s'interprète le drame de l'incompétence. Voici que Je viens à toi, lirons-nous plus plus tard dans Ézéchiel, montagne de Seir, montagne de pestilence, montagne d'arrogance et de présomption ! Est-ce qu'il n'y a plus de sagesse en Théman ? ironise Jérémie (49.7). Où est sa présence d'esprit ? Toutes ses connaissances, à quoi est-ce qu'elles lui servent ? J'ai mis Ésaü à découvert, j'ai révélé ses mystères et il n'a plus où se cacher. Démolie, sa postérité, tout ce qu'il s'était procuré de camarades et de consanguins. Il n'est plus. Ce n'est pas pour rien que le bon Dieu dans la Bible prend si souvent le titre de Vengeur! Une juste rémunération, est-ce qu'elle n'est pas due à ceux qui font le mal comme à ceux qui font le bien. Écoutons cet Abdias et ce Jérémie (49. 12) dont on dirait qu'ils parlent en même temps : Tes victimes, elles ont bu à perdre haleine, et toi, tu voudrais faire l'innocent. Non eris innocens, sed bibens bibes. A ton tour, monstre, bois! et apprends ce que c'est d'être comme si l'on n'était pas.

Toute la campagne de Satan contre les malheureux que la catastrophe originelle lui a livrés, nous la trouvons détaillée dans les versets 11 à 14 de notre prophète. La Jérusalem dont la Faute nous a expulsés, nous en emportons avec nous une espèce d'image éventrée : ses portes sont béantes, entre qui veut, on en tire les biens au sort. Tous les chemins autour d'elle sont noirs de ses fugitifs, livrés aux taons de la dispersion. Satan est partout ; à l'intérieur il se sent dans tout ce qui est ruine comme chez lui : à l'extérieur, il a disposé ses embuscades. Oubliant qu'on est à deux de jeu, et que comme il a traité les autres, lui-même sera traité, lui et ses instruments dont il est solidaire. Car je jure par Moi-même, dit le Seigneur, que Bosra sera une solitude, un opprobre, un désert et un objet de malédiction et que toutes ses villes seront des solitudes éternelles. Un message a été envoyé aux nations. Rassemblez-vous et venez contre elle et marchons au combat (quelque chose comme le pacte de l'Atlantique !) Voici que je t'ai rendu petit parmi les peuples, méprisable parmi les hommes (l'Allemagne actuelle !) Ton arrogance t'a trompé, ainsi que l'orgueil de Ton cœur, toi qui habites dans les cavités de la pierre et qui t'acharnes après les records. Quand tu exhausserais comme un aigle ton aire, je t'en arracherai, dit le Seigneur. Et l'Idumée sera déserte : quiconque y passera et sifflera entre ses lèvres à la vue de ses mutilations (Berlin !) Sodome ! dira-t-il, Gomorrhe !... Qui est-il, celui qui voulait se faire semblable à Moi ? Qui soutiendra Mon visage? L'entendez-vous, ce cri qui s'élève au dessus de la Mer Rouge ? (Jér. 49. 13-21). Le désastre de Satan, la faillite une fois de plus des entreprises de Satan, nous venons d'en avoir le spectacle sous nos yeux, en attendant les « reprises » de la pièce que l'avenir probablement nous réserve. Mais l'Année Sainte est là pour nous dire qu'il y aura toujours une montagne, celle-là qui est appelée sainteté, habile à surmonter les improvisations du chaos et un Jacob habile à boire, à absorber ses chaînes et à transformer sa soumission en appropriation. Le feu est plus fort que la paille. La montagne de Sion triomphera de celle d'Ésaù. Celle-ci est une accumulation de la matière, la première en est une aspiration par l'esprit. L'une s'exhausse et l'autre est exaucée. L'une défie la foudre et l'autre répartit la Grâce. Et les derniers versets du du prophète nous décrivent ce travail d'infiltration, de découverte et de conquête, ce qu'il appelle la transmigratio Jerusalem. Benjamin possidebit Galahad. Un pays à la recherche de ses frontières, une foi à la recherche de ses définitions. Un amour qui ne connaît point d'ennemis à l'abri de ses propositions. Et le règne sera au Seigneur, selon ce que nous demandons à genoux chaque matin et chaque soir. Amen ! Ici se tait Abdias et c'est maintenant Amos qui prend la parole (La Bible, Oeuvres completes de Paul Claudel, Volume 27, 1950 - books.google.fr).

Esaü le rouge est mis en relation avec les singes et les cynocéphales, du fait de sa toison. Saint Jacques le Majeur, autre Jacob, est fêté le 25 juillet, proche du 30, comme Christophe, saint cynocéphale (à tête de chien) (Autour de Rennes le Château : Signol - Sigzol : la lettre de Mantinée).

La lutte de Jacob-Israël s'est faite à la fois contre Dieu, et avec lui, selon le Zohar dont voici le commentaire : « Il est dit à Jacob : tu as lutté pour te joindre et t'accoupler à Élohim en une étreinte, selon l'accouplement du soleil et de la lune. Aussi n'est-il pas marqué : sur Élohim mais avec Élohim, dans une étreinte et un accouplement intime. » Ainsi dans le temps obscur de cette lutte double de Jacob avec Élohim, et contre l'esprit d'Esaü, l'ange ou le principe de la mort, se réalisent les conditions de la bénédiction acquise de justesse, que lui accorde au point du jour, et de mauvaise grâce, son étrange partenaire nocturne. N'est-elle pas stupéfiante, cette bénédiction quasiment extorquée par Jacob ? Elle est comme la rançon de sa victoire sur Samaël, qui le supplie de « le laisser partir, car l'aube est venue ». Pour inattendue qu'elle soit dans ces circonstances dramatiques, elle est tout de même, faut-il le croire, le fruit de l'amour de Jacob pour le Dieu qui dispense et favorise la vie, celui qu'il avait rencontré jadis face à face, à Beth El, lors du rêve de l'Échelle, pour la première fois. À ce moment-là, il fuyait son père et sa mère pour se réfugier chez son oncle maternel Laban, le méchant, après l'achat hâtif du droit d'aînesse à Esaü pour un plat de lentilles rouges. De nouveau, cette nuit, au gué du torrent du Yabbok, notre ancêtre Jacob a confronté son Élohim de toujours, et il a eu la vie sauve, une fois de plus (Claude Vigée, "Où est donc la lumière ?", André Neher et son combat avec l'Ange, Héritages d’André Neher, - books.google.fr, Discours sur le psaume 136, Œuvres complètes de Saint Augustin, Volume 15, 1873 - books.google.fr).