Partie XIII - La Croix d’Huriel   La Croix d’Huriel et la Ligne gnostique   Le Chariot   
CROIX HURIEL LIGNE GNOSTIQUE SCEAU DE PALAJA CHARIOT TAROT

Après avoir établi une relation entre les deux droites, presque parallèles, La Cassaigne - Rochemaure et Ligne gnostique, www.nonagones.info se propose de trouver une signification à l'existence du Sceau de Palaja, reposant sur la ligne gnostique. On observe la quasi égalité de la distance d'un côté des triangles constituant le Sceau de Palaja avec celle séparant orthogonalement les deux lignes parallèles dans la région de Palaja. On peut alors construire un carré posé sur la base du triangle SAE-SIS-PS PRAECUM de la dalle de Coume Sourde et s'élevant jusqu'au segment La Cassaigne - Rochemaure.

Géométrisation de la psyché

Philosophes et philosophes hermétiques ont souvent utilisé la géométrie pour décrire la psyché ou les corps physiques.

Chez Stéphanos d'Alexandrie on trouve de nombreuses traces d'une réduction géométrique du monde physique, ce qui se manifeste dans son ouvrage le passage de la connaissance empirique à la théorie. Il parle de «corps indivisibles et sans parties», de « figures très spécifiques » qui seraient à la base des «corps solides de toute sorte étendus en trois dimensions et constitués de longueur, de largeur et de profondeur ». Ces particules atomes sont identifiées aux surfaces planes : « ...car la racine du corps solide est la surface plane ». Stéphanos distingue les carrés des triangles par le fait que les premiers seraient stables et les seconds plus faciles à mouvoir. En général, sont dites epipeda les particules éthérées résultant de la décomposition des métalliques, décomposition nécessaire pour que l'esprit tinctorial puisse s'insinuer dans un corps et réaliser la transmutation. Or chez Platon, les transformations mutuelles du feu, de l'air et de l'eau se font par les surfaces, des triangles équilatéraux, qui peuvent ainsi être considérés comme les éléments des éléments. La conception de Stéphanos sur la nature et sur les transformations des métaux s'appuie à la fois sur la théorie des surfaces planes du Timée et sur la théorie des exhalaisons d'Aristote. En effet, à plusieurs endroits l'exhalaison vaporeuse («esprit tinctorial», pneuma, «nuage»), responsable de la constitution et de la coloration des métaux, est assimilée à la surface plane. Ce qui montre encore une fois le rôle privilégié que la philosophie de la nature d'Aristote et celle de Platon, associées, jouent dans la constitution de la théorie alchimique (Cristina Viano, Les alchimistes gréco-alexandrins et le Timée de Platon, L'alchimie et ses racines philosophiques: La tradition grecque et la tradition arabe, 2005 - books.google.com).

Ne peuvent se transformer les uns dans les autres que les éléments qui correspondent à des polyèdres formés de la même espèce de triangles rectangles. Il s'ensuit que l'eau, l'air et le feu peuvent se transformer les uns dans les autres mais non pas la terre, que seuls affectent des processus de décomposition et de recomposition. La chose s'explique probablement par le fait que la terre se trouve associée au cube dont les faces sont des carrés constitués de quatre triangles rectangles isocèles, alors que les trois autres éléments, feu, air et eau, sont associés à des polyèdres dont les faces sont des triangles équilatéraux constitués à partir de six triangles rectangles scalènes. [...] Platon envisage d'abord le cas où le monde ne comporterait que deux dimensions. La détermination de la surface de figures simples comme le carré avait amené les géomètres grecs à poser le problème des irrationnels. À l'époque, ce problème était relié à celui de la duplication du carré, comme on peut le constater dans le Ménon (8 1 a-84 b), où il est montré que, pour doubler la surface du carré dont la longueur du côté est 1, il faut construire un segment de longueur racine de 2, qui est le côté du carré dont la surface est le double de celle du carré de côté 1. [...] Mais, dans un monde à trois dimensions, de nouvelles difficultés apparaissent. Le passage cité semble en effet évoquer le problème de la duplication du volume d'un cube, problème très débattu à son époque. En effet, Hippocrate de Chios (470-400 J.-C.) avait montré que, pour doubler le volume d'un cube, il fallait supposer deux moyens termes qui impliquent la racine cubique de 2 (Luc Brisson, La matière dans le Timée, L'alchimie et ses racines philosophiques: La tradition grecque et la tradition arabe, 2005 - books.google.com).

Le corps étant bibliquement fait de boue, essentiellement de terre, on peut admettre sa forme carrée.

Aristote fait un parallèle entre la définition de l'âme et la géométrie mais n'associe pas l'âme au triangle :

Il est donc clair que la définition de l'âme ne peut être une, que comme l'est celle de la figure en géométrie. Si, dans cette science, il n'y a pas d'autres figures que le triangle et les figures qui le suivent, ici non plus il n'y a pas d'autres espèces d'âmes que celles qu'on a énumérées [nutrition, appétit, sensibilité, locomotion, intelligence ; il n'y a pas d'âme en général, d'âme universelle]. Toutefois on pourrait chercher, même pour les figures, une notion commune qui convînt à toutes sans exception, et qui ne fût spécialement propre à aucune. Et de même pour les âmes que l'on a indiquées. Mais il serait ridicule de chercher pour elles, aussi bien que pour les figures géométriques, une notion commune qui ne serait ni la notion propre d'aucune des choses en question, ni relative à l'espèce particulière et individuelle que l'on considérerait. Laissons donc cette recherche de côté (Aristote, Traité de l'âme, traduit par J. Barthélemy Saint-Hilaire, 1846 - books.google.com).

Pour Raymond Lulle, l'âme raisonnable dont les puissances sont mémoire, entendement et volonté, est comparable à un triangle équilatéral. Ce n'est qu'une des 5 âmes, avec les motrice, végétative, sensitive ou animale, et imaginative (Armand Llinarès, Raymond Lulle, 1963 - books.google.com).

Le Chariot placé sur la carte

Si l'on observe la position du personnage, on découvre que son corps, sa tête et ses bras forment une figure triangulaire qui s'inscrit dans le carré du véhicule. Un triangle dans un carré: l'esprit dans la matière. Nous retrouverons cette géométrie symbolique dans le Sept de Deniers. Le Chariot évoque donc la quête alchimique: matérialisation de l'esprit et spiritualisation de la matière. Dans cette optique, on pourrait dire que le véhicule représente le le corps, les chevaux l'énergie et le personnage, l'esprit (Alexandro Jodorowsky, La Voie du tarot, 2004 - books.google.com).

La lame VII du Tarot porte le nom de Chariot : 7 comme le nombre d'étoiles de la Grande Ourse, constellation appelée aussi le Chariot de David. Cette carte est adaptée au plan de saint Sulpice projeté sur la carte du département de l'Aude qui contient le tracé de la constellation de la Grande Ourse (Autour de Rennes le Château : Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse).

Louis Fédié fait correspondre le nom de Razès au mot gallo-latin "rhedae" "chariots".

Théodulphe, l'un des missi dominici de Charlemagne, l'écrivait Rhedae. Dans plusieurs chartes du moyen-âge on trouve Redae, puis Redde, et encore Reddas, et enfin Reda ou Rheda. Nous n'hésitons pas à adopter la version du savant évêque d'Orléans; car le poème dans lequel il relate sa mission dans la Septimanie équivaut à ce que nous appelons aujourd'hui un rapport officiel. En second lieu, le mot Rhedae a une signification que n'ont pas les autres variantes. Les romains, dont les peuples modernes sont en ce point les imitateurs, enrichissaient leur langue en s'appropriant certains termes dont se servaient les nations avec qui ils étaient en rapport. Le mot Rhedae a une signification que n'ont pas les autres variantes. Les Romains, dont les peuples modernes sont en ce point les imitateurs, enrichissaient leur langue en s'appropriant certains termes dont se servaient les nations avec qui ils étaient en rapport. Ainsi, d'après les auteurs latins, le mot Rhedae signifiait chariot de voyage. Nous adoptons cette traduction, et nous en tirons cette conséquence que le mot Rhedae porte avec lui sa signification et explique clairement l'origine de la cité à laquelle ce nom se rattache. Rhedae - les chariots de voyage - c'est-à-dire un campement, des maisons roulantes, espacées régulièrement, fixées à demeure sur un point choisi, et formant un oppidum de bois, de cuir et de toile, entouré de retranchements. C'est la cité à son début. (Louis Fédié, Rhedae, La Cité des Chariots, 1880 - www.octonovo.org).

Avant la création du diocèse d'Alet en 1318, celui de Narbonne contenait tout le Razès. Après cette date, il subsiste un archiprêtré du Razès (Bas-Razès) à Narbonne comprenant Brugairolles, et la Roque Mude à Arce (Limoux), et, à la rigueur, Mayronnes, en partie, seuls sommets du Sceau de Palaja dans le Razès proprement dit (Marie-Laure Jalabert, Le Livre Vert de Pierre de la Jugie, 2009 - books.openedition.org).

La lame du Chariot ne recouvre pas le Razès.

En 791, le Razès est encore mentionné comme Reddensis pagus. Il s'agit d'un pagus au sens gallo-romain du terme, c'est à dire d'un «pays» constituant une division de l'ancienne cité de Narbonne, placé sous la juridiction civile du comte et sous I'autorité ecclésiastique de l'évêque de cette ville. On a découvert, dans la région d'Alet, des inscriptions appartenant à des personnages de la tribu Voltinia, à laquelle étaient inscrits les premiers habitants de la cité de Carcassonne. Nous ferons observer cependant que, lors de la création du diocese de Carcassonne, au VIe siecle, le Razes ne fut pas attribué au nouveau diocese, comme il eut été logique, s'il avait traditionnellement appartenu A cette cité. Le Razès est un pagus aux limites fixes, probablement héritées des époques antérieures la colonisation romaine, mais pas un comté, de manière permanente, aux contours inamovibles (André Bonnery, Le Razès historique, permanences et ruptures, 1999).

On pourrait envisager l'appartenance du Carcassès au Pagus Reddensis et la création de l'évêché de Cracassonne au VIème siècle aurait distrait son territoire de celui du Pagus Reddensis.

Sous le règne du roi Wamba, en 680, le siège épiscopal de Carcassonne fut occupé par un évêque arien soutenu par ce roi, et le prélat orthodoxe établit sa résidence à Rhedae, d'où il administrait les deux diocèses (Louis Fédié, Rhedae, La Cité des Chariots, 1880 - www.octonovo.org).

La limite du Carcassès et du Razès, a l'époque carolingienne, passait entre Mayronnes, qui était en Carcassès, et le hameau voisin de Jonquiéres, qui était en Razès. (Recueil des historiens des Gaules, t. IX, pp. 465-66.) Mayronnes appartint, plus tard, au diocèse de Narbonne. La même charte du roi Eudes place en Carcassès La Camnp.de Linars, au sud de Taurize et de Mayronnes, dont les confronts sont clairement indiqués dans un dénombrement de l'année 1538. (Mahul, Cartulaire, t. I I , p. 532.) (Elie Griffe, Histoire religieuse des anciens pays de l'Aude, 1933 - www.mgh-bibliothek.de).

Le fisc de Jonquières en Razès ne correspond pas à la commune de ce nom, canton de Durban dans le Narbonnais, mais à un écart de la commune de Mayronnes (Note de lecture parue dans le Bulletin de la Société d’études scientifiques de l’Aude, tome XCVII, 1997, pages. 172-173 et mise à jour pour le 13 juin 2001, Élisabeth Magnou-Nortier, Anne-Marie Magnou, Recueil des chartes de l’abbaye de Lagrasse, Tome 1, 1996 - paratge.chez-alice.fr).

Les limites des diocèses ont connues maintes variations.

Une bulle papale de l'année 1119 place dans le diocèse de Carcassonne Greffeil et Greffeillet ; ces deux localités ainsi que la paroisse voisine de Clermont furent attribuées au XIVe siècle seulement à Narbonne. C'est ainsi encore que l'abbaye de Lagrasse, fondée au VIIIe siècle, ne se trouvait pas au début dans le diocèse de Carcassonne puisque la première charte royale délivrée à ce monastère vers 800 le place in territorio narbonense. [...] Le Razes proprement dit constitua, au début du VIIIe siecle, l'un des quatre archidiaconés du diocese de Narbonne qui fut divisé plus tard en Haut et Bas Razes, "Reddesiums uperius" et "Reddesium inferius" Il ne s'agit pas là, croyons nous, de divisions territoriales civiles ayant un fondement historique, mais de divisions ecclésiastiques, peut-etre pas antérieures au XIIIe siècle, basées sur la géographie, avec des limites, entre les deux, assez arbitraires (André Bonnery, Le Razès historique, permanences et ruptures, 1999).

André Bonnery, Razès historique

André Bonnery, Razès ecclésiastique

Rapprochons Rhedae du mot basque "erdia", la moitié, le milieu, le centre (en sanscrit ardha), comme les Mediolanum gaulois. Et de "Aereda", nom d'un dieu découvert sur un autel découvert à Siradan (Haute-Garonne) Heredia est un nom d'origine basque qui dérive de erdia et qui signifie « le milieu ». Il peut désigner un nom de lieu (toponyme) ou un nom de famille (patronyme) porté par plusieurs personnalités (fr.wikipedia.org - Heredia, Alexandre Louis C.A. Du Mège, Archéologie pyrénéenne, 1860 - books.google.com).

Les sephiroth du Sceau de Palaja

www.nonagones.info a fait correspondre le Sceau de Palaja à certaines sephiroth de l'arbre sephirotique (La Croix d’Huriel et pierres noires : Le Sceau de Palaja et les 7 diacres).

La sephira Hod se trouve en effet à l'emplacement de la tête du conducteur du Chariot qui peut être le roi David.

Il reçoit en plus une lampe, symbole de vitalité et de rayonnement, tout comme le diadème qui "étincelle" et qui fait de David un héros solaire, comme le suggèrent ces lignes de É. Lipinski à propos du v. 4 du Ps 21 : "Le roi coiffé de la couronne, d'or qui auréolait sa tête d'un nimbe resplendissant, le 'hod wehadaf (v. 6), qui terrifiait ses ennemis à l'instar du 'pulhe melamme' des rois assyriens" (Robert Couffignal, Les Psaumes royaux de la Bible, 2003 - books.google.com).

L'heure vient, nous y sommes, où les vrais adorateurs adoreront le Père dans l'Esprit et la Vérité. Ce sont là les adorateurs tels que les veut le Père. » (IV, 23.) On interprète généralement cette parole en pensant que Ieschoua nous demande de prier «intelligemment», avec une « tête » dégagée de toutes images sensibles... Il est intéressant de voir ce que dit le texte grec : Il s'agit de prier « èn pneumati kai aléthéïa » = prier dans le Pneuma, dans le Souffle, respirer profondément... C'est tout autre chose qu'une méditation intellectuelle. Prier dans l' « aléthéïa » traduit par « vérité ». Littéralement, il faudrait dire : « hors de la léthè », hors de l'oubli et de toute « léthargie » de la conscience, prier dans un état d'éveil et de vigilance, dans une mémoire ininterrompue de l'Etre. Prier « èn pneumati kai aléthéïa », c'est prier avec tout son souffle et en toute conscience. Les Pères de l'Église verront dans le Pneuma le Saint Esprit; et dans l'aléthéïa, le Christ (Jean-Yves Leloup, L'Evangile de Jean, 1990 - books.google.com).

On peut reconnaître en "aléthéia" la ville d'Alet, sur la ligne gnostique, au bord de l'Aude dont le nom proviendrait d'Alder, l'aulne, pour l'abbé Henri Boudet (Autour de Rennes le Château : Un alignement inattendu : la ligne gnostique, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre II - Ps. 56 à 71, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Les communes de l’Aude, Saint Suplice et VLC : Côté Sud).

Si le Léthé est le fleuve qui rejoint les enfers et dispense l'oubli aux âmes des trépassés, on retrouve l'aulne chez Virgile plutôt antidote de l'oubli, planté pour se souvenir de Gallus, mort suicidé après avoir été disgrâcié par Auguste, célébré dans sa sixième églogue et à qui le Cygne de Mantoue a aussi adressé sa dixième églogue. Leurs rapports étaient à la fois littéraires et amicaux. Les deux Eglogues VI et X sont des hommages à la réussite des propres élégies de Gallus.

Gallus, blessé à mort, est-il incapable de se relever (iacentem, 14, cedamus, 69), mais il ne laissera à l'ennemi qu'une vaine dépouille, et quand Virgile se lève (Surgamus, 75), c'est Gallus, l'esprit de Gallus, qui surgit avec lui. Déjà suggérée par l'équivoque sur uestrum... poetam, 70 (puisque précisément Gallus vient de chanter), cette idée trouve sa pleine expression dans l'image de l'aulne : Gallo cuius amor tantum mihi crescit in horas Quantum uere nouo uiridis se subicit alnus 73-4 Le vide douloureux produit par l'absence de Gallus (la sitis Galli, dirait Horace : cf. C. IV, 12, 13) engendre la naissance d'un jeune arbre plein de sève dont il est impossible de dire s'il appartient davantage au mort qu'au vivant, de même que l'on ne saurait préciser si le verbe subicere indique plutôt une croissance de la poésie élégiobucolique de Gallus (de même O. Skutsch 165), et dans Quand il meurt, le chœur des Muses unanime se lève pour l'accueillir (cf VI, 66), et l'ambiguïté syntaxique uiro Phoebi chorus le consacre comme « l'homme d'Apollon » en le plaçant aussi près du dieu que les Muses elles-mêmes : proxima Phoebi / Versibus illefacit VII, 22-3. Virgile rend donc à Gallus un éclatant hommage, allant bien au-delà de ce que celui-ci demandait aux vers 31-34 : Vestra meos olim sifistula dicat Amores. Ces Amores qu'il aurait voulu graver sur l'écorce des arbres pour les défendre contre l'oubli qui les menaçait à la suite de sa disgrâce, Virgile leur assurera la survie, intention clairement exprimée par l'écho de amor... crescit... alnus, 73- 4 à Arboribus crescent... Amores, 54 (J.-Y. Maleuvre, Violence et ironie dans les Bucoliques de Virgile, 2000 - books.google.com).

Il est vu que l'abbé Henri Boudet, dans La Vraie Langue Celtique, a pu identifier le fleuve Aude à celui du Jourdain (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre II - Ps. 56 à 71).

Le désir exprimé par Dante à S. Benoît et qui lui vaut en réponse l'allusion au reflux du Jourdain (58-60, 94-96), équivaut à cette exclamation de Richard de Saint Victor au début de son traité "De exterminatione..." : "Qui me donnera enfin de quitter complètement un jour la région de la dissemblance ? Qui pourrait faire que j'entre dans la terre promise, que je puisse voir et la mer qui recule et le Jourdain qui reflue ?" D'autre part, dans la tradition typologique, telle que la représente notamment Origene, la traversée de la Mer Rouge par Moïse et celle du Jourdain par Josué sont toutes deux considérées comme des figures du baptême. Mais l'une en représente la vertu négative de libération vis-à-vis des puissances de la chair et du démon, l'autre la vertu positive d'entrée dans l'Eglise, image terrestre du Paradis, par participation à la grâce du Christ. Tout ceci se retrouve dans le symbolisme général complexe utilisé par Dante dans la Divine Comédie : le Jourdain, fleuve sacré qui marque la limite de la Terre Sainte et dans lequel s'opère le baptême qui fait sortir des ténèbres de la ténèbres de la mort, est un équivalent symbolique du Léthé. Evoquer son rebroussement revient à évoquer le passage du Léthé à l'Eunoé au Paradis terrestre, ces deux fleuves étant dits couler en sens inverse à partir de la fontaine centrale (Purg. 33, 115-123). Comme le Léthé descend aux Enfers, au Cocyte (Enf. 34,127-129 ; cf 14, 130-138), l'Eunoé monte aux cieux, au firmament, au Premier Mobile qui est la véritable Fontaine de vie (30, 61-63), située en Dieu (Louis Lallement, Dante, maître spirituel: Paradis, 1990 - books.google.com).

Hermès Psychagôgos, le narrateur du mime qui porte son nom, numéro XVII du recueil Mimes (1893) de Marcel Schwob, rencontré dans (Tintin, Hergé et la Croix d’Huriel : Le Lotus Bleu ou l’hospitalité, rassemble tous les êtres humains « par un sentier rapide que les hommes ne peuvent voir» (Mimes, 301). Ceux-ci « s'aident entre eux pendant leur route, marchant sous le joug du souvenir » (Mimes, 302). L'oubli leur donne l'illusion de la liberté : « ils se séparent et chacun sourit pour soi, se croyant libre » (Mimes, 302). La liberté est donc foncièrement individualiste, égoïste. Le rôle de l'artiste, tel qu'il est exprimé dans ce mime, c'est de créer un nouveau monde sans souvenirs, dans lequel l'inconciliable est concilié. Ces vies imaginaires partent de l'oubli. Le poète possède une liberté illusoire, donnant libre cours à la nouvelle vie de ses personnages. Ce n'est pas une littérature d'objets, mais elle a besoin de la mort d'êtres humains (Bernard de Meyer, Mimes, histoire d'un recueil, Marcel Schwob, d'hier et d'aujourd'hui, 2002 - books.google.com).

Dans le Mime XVII, Hermès Psychagôgos, le thème de l'oubli est même traité sans référence particulière au domaine amoureux, mais dans sa valeur existentielle. On y voit le Léthé antique contaminé étrangement par la morale judéo-chrétienne. Pour les Anciens, ce fleuve de l'oubli devait en effet dissiper tout souvenir, soit de la vie terrestre pour en atténuer les regrets le temps du séjour souterrain, soit des réalités de l'autre monde avant la réincarnation. Or le souvenir sous le joug duquel marchent les morts est ici celui de leurs fautes : « Ils se repentent de leurs crimes ». Ils aspirent donc moins à la purification que la mythologie antique leur offrait par l'action décapante des éléments (air, eau, feu) qu'à un rachat par immersion. Le Léthé tient ici du Jourdain, fleuve où les foules juives venaient se purifier selon un rite ancestral, et des fonts baptismaux qui en sont, depuis Jean le Baptiste, le prolongement plus spécifiquement religieux. Notons toutefois que cette fonction cathartique n'oblitère pas la vocation première du Léthé. La rédemption donnée par l'eau lustrale conserve la forme de l'oubli, comme si l'aspiration la plus profonde d'une âme accablée par la faute était moins la régénération que la perte de la conscience. On n'est pas loin de Verlaine. Mais Schwob semble savoir qu'il s'agit là encore d'une illusion, comme le montre la chute du texte : « Chacun sourit (...), se croyant libre » (Agnès Lhermitte, Palimpseste et merveilleux dans l'œuvre de Marcel Schwob, 2002 - books.google.com).

Le diacre Philippe ("l'ami des chevaux" en grec) est associé à Malves-Minervois et à la sephira Gebourah (La Croix d’Huriel et pierres noires : Le Sceau de Palaja et les 7 diacres).

L'épisode de la conversion de l'eunuque de la reine Candace peut avoir une interprétation animiste. L'eunuque, la chauve-souris rencontrés dans la devinette de La République (V, 479 b) de Platon, le sureau peuvent signifier l'âme (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : La chauve-souris, Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Plutarque et saint Jean).

« Elles [ces choses] ressemblent, répondit-il, à ces propos équivoques que l'ont tient dans les banquets, et à l'énigme des enfants sur l'eunuque frappant la chauve-souris, où il est dit de mystérieuse façon avec quoi il la frappa et sur quoi elle était perchée. Ces nombreuses choses dont tu parles ont un caractère ambigu, et aucune d'elles ne se peut fixement concevoir comme étant ou n'étant pas, ou ensemble l'un et l'autre, ou bien ni l'un ni l'autre. » (mapage.noos.fr/mp2 - Enigme).

Le Pseudo-Elias (Praxis 16) rapporte une énigme ancienne à laquelle Platon fait allusion dans La République (V, 479 b). Et voici le contenu de l'énigme ancienne : «Ceci est une énigme : un homme qui n'est pas un homme, voyant et ne voyant pas un oiseau qui n'est pas un oiseau, perché sur un arbre une pierre qui n'est pas une pierre». Solution de l'énigme : un eunuque borgne vise une chauve-souris perchée sur un sureau, le frappe et ne le frappe pas avec une pierre ponce et la manque (Pascal Mueller-Jourdan, Une initiation à la philosophie de l'antiquité tardive: les leçons du Pseudo-Elias, 2007 - books.google.fr).

Prométhée, fils de Japet, l'un des Titans vaincus par Zeus, dérobe dans l'Olympe une étincelle de feu divin qu'il cache dans une branche creuse de sureau. Il modèle un homme en argile et lui donne pour âme cette étincelle de feu divin (Jean-François Pépin, Florence Braunstein, Les Grandes Civilisations Pour les Nuls, 2011 - books.google.fr).

Pierre de Scyros. XXVI. Certain minéral de l'île de Scyros, surnage, dit-on, quand le bloc est entier, et tombe au fond dès qu'on le brise (Pline l'Ancien, Livre I, XXVI, Histoire Naturelle, 1833 - books.google.fr).

On dit donc que la pierre de Skyros est une pierre ponce.

Le sarcophage de Barile, montrant Achille à Skyros, présente une figure voilée, au centre au second plan, qui selon M. Rochette représenterait l'âme d'une défunte ou même l'île de Skyros dont le nom serait en rapport avec le grec skiros, latin obscurus, l'ombre (Th. Panofka, Sur la figure voilée du sacrphage de Barile, Annali dell'Instituto di Corrispondenza Archeologica, Volume 5, 1833 - books.google.fr).

Tertullien soutient positivement qu'il y a un milieu entre le corps animé et le corps inanimé, c'est-à-dire, la cause qui anime le corps, laquelle n'est, ni un corps animé, ni un corps inanimé, et cette cause est l'ame. Tertullien combat le sentiment des Platoniciens, qui prétendaient que l'ame était une certaine vertu, une espèce d'abstraction, dont on ne pouvait se faire aucune idée, et qui n'était rien, selon Tertullien ; il ne dit donc que l'amé est un corps, que pour exprimer qu'elle est une substance, et c'est pour cela qu'il dit que l'ame est un corps, mais un corps de son genre. C'est ainsi que, lorsqu'il raisonne contre Hermogène, qui prétendait que la matière n'était ni corporelle, ni incorporelle, parce qu'elle était douée de mouvement, et que le mouvemeut était incorporel, Tertullien lui dit que le mouvement n'est qu'une relation extérieure du corps, et qu'il n'est rien de substantiel, parce qu'il n'est point corporel (François-André-Adrien Pluquet, Mémoires pour servir à l'histoire des égarements de l'esprit humain par rapport à la religion chrétienne, 1817 - books.google.fr).

Ainsi l'âme qui est un corps et n'est pas un corps prend la place du cocher du chariot du corps comme l'eunuque des Actes des Apôtres conduit son char où monte le diacre Phlippe qui le baptisera de l'esprit saint.

Cela est clair encore pour qui veut comprendre, et cela veut dire : le baptême chrétien, c'est le baptême de Jean, auquel s'est ajouté le don de l'Esprit (Alfred Loisy, Remarques Sur la Litterature Epistolaire, 1935 - books.google.fr).

Ce don de l'Esprit peut être assimilé au don de la culture chrétienne, de son discours (logos) qui se fera par l'endoctrinement de la cathéchèse.

Si le conducteur du char est l'âme, à l'aspect hybride, et s'il peut être aussi le roi David, alors celui-ci a-t-il aussi un aspect double ? On peut trouver une réponse dans l'art roman où les représentation du roi d'Israël se partagent entre le musicien parmi d'autres et la figure hiératique isolée plus récente.

Si l'on essaie de dégager, de la considération des sources et de celles des œuvres, le caractère du David musicien roman, on constate qu'il est double. Le « psalmiste » est, d'une part, le musicien interprète, dont l'image mobile et vivante est saisie à un moment précis de son histoire; de l'autre, le personnage isolé dont toutes les particularités se sont fondues en une figure essentielle et abstraite. En nous reportant à notre chronologie, il semble qu'on puisse suivre une évolution progressive de l'un à l'autre type. David parmi ses musiciens apparaît sur les représentations les plus anciennes des chapiteaux de la Daurade, de Moissac, de Jaca, sur les plaques de Saint-Isidore de Léon; on le retrouve, déjà isolé mais encore très personnel, aux portails de Compostelle et de Saint-Sernin; enfin, grands portails français du XIIe siècle, apparaît sa figure altière et sereine. On ne saurait, toutefois, accorder au tracé d'une semblable évolution d'autre valeur que celle d'un schéma, dont plusieurs exceptions viennent rompre la courbe. Ainsi, le David de Ripoll, dansant auprès de l'arche, est une œuvre tardive et le « psalmiste » de la porte capitulaire de la Daurade marque, quant à l'évolution envisagée, un recul certain par rapport aux statues-colonnes qui la précédèrent (Evelyn Reuter, Les Représentations de la musique dans la sculpture romane en France, 1938 - books.google.fr, Agnese Silvestri, René Kalisky, une poétique de la répétition, 2007 - books.google.fr).

Triangle Brugairolles-Mayronnes-Villeneuve ou l'esprit

Azriel de Gérone, kabbaliste du XIIIème siècle, élève d'Isaac l'Aveugle (de Vauvert), dit que l'esprit du Sabbath est une émanation de Yesod. Un commentateur, Isaiah Tishby, suppose qu'il s'agit d'un esprit plutôt qu'une âme (Elliot Kiba Ginsburg, The Sabbath in the Classical Kabbalah, 2012 - books.google.com).

D'autres associent Yesod avec le Saint esprit chrétien comme intermédiaire entre le Christ et le Monde.

Devenu un concept métaphysique, universel et éternel, auquel cependant la nature humaine participe, pneuma en vint à désigner dans le christianisme le Saint—Esprit. En latin, pneuma est traduit par spiritus, qui vient de spirare, «souffler » (Jacques Brosse, Pourquoi naissons-nous ?, 2007 - books.google.com).

Le triangle Yesod (Brugairolles)-Gebourah (Villeneuve Minervois)-Hesed (Mayronnes) pourrait ainsi représenté l'esprit ou pneuma.

La sephira Gebourah associé au diacre Philippe est située à gauche dans le triangle formé par l'épaule du conducteur, son coude et le milieu de la première colonne supportant le toit du chariot. Dans les Actes, Philippe monte s'assoir avec l'eunuque dans le char, on ne sait si c'est à gauche ou à droite. A gauche sur les cartes représentées ici donc, comme dans les représentations anciennes orientyales de la légende (chaplynne.wordpress.com).

Philippe enseignant l'eunuque éthiopien, Ménologe de l'empereur Basile II (X-XIème siècles), Bibliothèque vaticane - en.wikipedia.org - Ethiopian eunuch

Philippe enseignant l'eunuque éthiopien, Monastère de Visoki Decani - Kossovo (XIVème siècle) - www.srpskoblago.org

Le Kinnor ou l'âme

Le triangle SAE-SIS-PS PRAECUM a la forme d'un kinnor, comme le lac de Genesareth dont le nom se trouve dans le décryptage du "Grand Parchemin", instrument de prédilection du roi David appelé lyre dans la Vulgate et apparaissant dans le psaume 42 (psaume des prières : "Ps" abréviation de "psaume" et "praecum" pour "precum", prières) (Autour de Rennes le Château : PSPRAECUM ou PS PRAECUM : le petit frère des pieuvre).

Il rendra grâces à Dieu sur le kinnor, sorte de cithare très simple, puisque l'invention en était rapportée au patriarche caïnite Jubal (Gen. IV-21) (Recherches de science religieuse, Volume 13, 1923 - books.google.com).

L'antiquité gréco-latin attribuait à Minerve l'invention de la cithare, traduction de la Vulgate de "kinnor". C'est sous ce nom de Minerve que Neith était vénérée à Saïs pendant l'occupation romaine de l'Egypte.

A la fin de l'Odyssée, Ulysse pénètre de façon solennelle dans la salle du palais. Il tend l'arc. Il s'apprête à décocher sa première flèche, signal du massacre des prétendants, nouveau sacrifice au cours duquel Apollon l'Archer de nouveau l'assiste. C'est le chant XXII: «De même qu'un homme savant dans l'art de la lyre et du chant, après qu'il a attaché aux extrémités de son instrument une corde, boyau flexible et sonore,la tend sans peine en tournant une cheville et la monte au ton, de même Ulysse, sans effort, a courbé tout à coup l'arc formidable. Pour essayer la corde ilouvre lamain droite. Lâchée,la corde chanta bellement (kalon aeise), pareille àl'hirondelle pour ce qui concernela voix (audèn).» La lyre de nouveau est première. L'arc est second. L'arc d'Ulysse est comme une kithara. L'archer comme un citharède. La vibration de la corde de l'arc chante un chant de mort (Pascal Quignard, La Haine de la musique, 1996 - books.google.com).

Les Keltes-Kimmeries, mentionnés par l'abbé Henri Boudet dans La Vraie Langue celtique, préféraient les instruments à cordes, dont un appelé hirondelle, qui en hébreu est "sis", trois lettres apparaissant sur la dalle de Coume Sourde.

La musique, dans sa forme primitive, comme musique instrumentale, ne semble pas encore avoir existé chez les Scythes; du moins Athéas, roi des Scythes, après avoir entendu le Grec Isménias, célèbre joueur de flûte, et pour lors son prisonnier, jouer de cet instrument, assura par serment qu'il éprouvait plus de plaisir aux hennissements de son cheval qu'aux sons harmonieux de la flûte (Plutarch., Apopth.). La musique instrumentale naquit sans doute chez les Gètes par l'exemple et sous l'influence des Keltes-Kimméries qui, ainsi que les Kimro-thrâkes, préféraient l'instrument à corde appelé l'Hirondelle (Kruzda, chrotta), ou la lyre (cf. Orphée, Apollon) , à la flûte des anciens Grecs asiatiques. Aussi les Gèles adoptèrent-ils de préférence la cithare (brunchos, Hésych., I, 775; norr. harpa; slav. guzla), qui resta également le principal instrument de musique chez les Scandinaves et chez les Germains (Frédéric-Guillaume Bergmann, Les Gètes, 1859 - books.google.com).

L'instrument appelé kinnor, dans le texte hébreu, était donc la harpe triangulaire à cordes obliques dont parlent Juvénal et Athénée. C'est le plus ancien des instruments dont les Israélites firent usage. Il était non-seulement répandu dans l'Orient, mais il était aussi connu chez les Grecs et les Romains. Lorsque la famille de Jacob se fut établie en Egypte, elle y retrouva la même harpe, car les monuments de ce pays nous en offrent aujourd'hui même des représentations variées parmi lesquelles se fait remarquer celle-ci. Deux des côtés du triangle formaient le corps de l'instrument, et la plus longue des cordes formait le troisième côté. Aristoxène, parlant des trigones, semble les distinguer du kinnor, appelé par les Grecs kinura, ou kinnura ; mais l'identité de ces instruments est rendue évidente par l'autorité de Diodore de Sicile, qui fait de la kinura une harpe triangulaire montée de neuf cordes, dont les prêtres égytiens se servaient dans les fêtes et dans leurs festins. Il est remarquable que la harpe trigone à cordes obliques, copiée à Thèbes par Wilkinson, est précisément montée de neuf cordes. La racine de ce mot n'est pas hébraïque, mais syriaque. On trouve kinroth dans le syriaque et le chaldéen. On voit aussi dans la Bible kinnyra pour kinnor. La version grecque traduit en quelques endroits kinnor par kithara (Genèse XXXI, 27; H, Paralip., X, 28. Job. XXX, 31; Ps. XXXIII, 1 ; XLIII, 4 ; LXXI, 22; XCII, 4; CL, 3; l Rois, XVI, 1G et 23; III Rois, X, 12; Isaïe, XVI, 11 ; XXIII, 15. Les dictionnaires hébraïques rendent aussi kinnor par cithara. Dans d'autres passages (Genèse, IV, 20; Ps. VIII, 4 ; LXXX, 2; CXLIX, 3; Ezéchiel, XXVI, 13), la version grecque traduit par psaltherion. Dans le psaume 136, le même mot est rendu par organon. Quelquefois le mot est traduit par kinura ou kinnura, nom véritable de l'instrument asiatique qui répond à kinnor, et qui était passé de la Phénicie dans la Grèce. Les Grecs croyaient que cet instrument était d'origine phénicienne; mais on a vu dans ce qui précède qu'il portait le nom de harpe syrienne. Cfr. Eustathe (in Iliad., XI) et Suidas (voce kunira), concernant Cinyras, roi de Chypre, qui passait chez les Grecs pour avoir donné son nom à la harpe triangulaire, parce qu'il eu jouait avec habileté. Plusieurs auteurs, au nombre desquels est Aristoxène, ont attribué aux Phéniciens l'invention du trigone ou kinnor : leur erreur a été causée par l'usage fréquent que ce peuple en faisait. Ézéchiel, prédisant la ruine de Tyr, dit que Dieu fera cesser la multitude de ses chants et qu'on n'entendra plus les sons de ses kinnors; et Isaïe, annonçant à la même ville que son commerce sera rétabli soixantedix ans après sa ruine, s'écrie : « Prenez le kinnor, tournez au« tour de la ville, courtisane depuis longtemps oubliée; chantez bien, et répétez souvent vos cantiques, afin qu'on se souvienne de vous. » Soit que Jacob ait rapporté dans le pays de Chanaan l'usage du kinnor, qui avait dû charmer son oreille pendant le long séjour qu'il avait fait en Syrie, soit que le peuple hébreu, dont il fut la souche, n'ait connu cet instrument que chez les Égyptiens, il est certain que c'est le seul instrument à cordes dont il est parlé dans le Pentateuque, et même le seul que mentionne la Bible jusqu'au temps des rois de la Judée. C'était aussi du kinnor que jouait David, pour dissiper la mélancolie de Saul, et lorsqu'il dansait devant l'Arche d'alliance. La forme triangulaire de cet instrument permettait de lui donner un point d'appui contre le corps et sous le bras : c'était la seule harpe asiatique qui n'eut pas besoin d'être posée à terre et assujettie à un pied, ou portée sur l'épaule. Le kinnor hébraïque n'avait pas le col d'oie qui termine la partie inférieure de la petite harpe trigone de l'Egypte publiée par Wilkinson, car la loi mosaïque proscrivait toute représentation des êtres animés. La matière du kinnor était le bois, et ses cordes étaient fabriquées avec des intestins de chameau. Les kinnors que Salomon fit faire pour le service du temple de Jérusalem étaient d'un bois appelé almugim dans le texte de la Bible. La plupart des interprètes traduisent ce mot par ébène : d'autres pensent que c'était le bois de sandal; mais on ne peut faire à ce sujet que des conjectures. Quoiqu'il en soit, c'était un bois rare et précieux que les vaisseaux de Salomon allaient chercher au pays d'Ophir. Les auteurs des Paralipomènes disent que, depuis Salomon jusqu'au temps où ils écrivaient, on n'en avait pas apporté de pareil dans leur pays. On a vu que le kinnor était monté de neuf cordes; cependant l'historien Flavius Josèphe, qui écrivait sous les règnes de Vespasien, de Titus etde Domitien, assure que cet instrument avait dix cordes. Il se peut que le kinnor ait subi cette légère modification dans la suite des temps; cependant il y a lieu de croire que l'historien a confondu cet instrument avec le haçor ou azor, dont il sera parlé plus loin. Quant à l'auteur inconnu de la lettre à Dardanus, faussement attribuée à saint Jérôme, et qui porte le nombre des cordes du kinnor à vingt-quatre, et quant au rabbin Abraham, qui élève ce nombre jusqu'à quarante-sept, ils ne méritent aucune confiance. Qu'il y ait eu chez d'autres peuples des harpes triangulaires montées d'un nombre de cordes, plus considérable que les neuf cordes du kinnor, cela est incontestable, car on en aies preuves évidentes dansles harpes égyptiennes qui sont au Musée impérial du Louvre, à Paris, et au Muséum britannique, à Londres : l'une avait vingt-deux cordes et l'autre vingt. Un autre exemple de harpes de cette espèce se voit aussi dans la ligure du temple de Dakket en Nubie, publiée par Rosellini, et qui est reproduite dans cette histoire ; mais ces instruments, dont l'origine parait être ou syrienne ou phénicienne, ne peuvent être confondus avec la petite harpe trigone, appelée kinnor, et rien, dans la Bible, n'indique qu'ils aient été en usage chez les Hébreux (François-Joseph Fétis, Histoire générale de la musique depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours, Volume 1, 1869 - books.google.com, Autour de Rennes le Château : PSPRAECUM ou PS PRAECUM : le petit frère des pieuvres).

En Moyen Haut Allemand : swal, swalwe "cithara", and swal, swalewe "hirundo" as from the same root, or to refer them to Sanskrit svar "sound" (Georg Curtius, Principles of Greek etymology, Volume 1, traduit par Augustus Samuel Wilkins, Edwin Bourdieu England, 1886 - books.google.com).

M. de Pontécoulant déclare que la belle harpe égyptienne classique dérive du trigone saïte, ceintré pour plus de grâce : la simple juxtaposition de quelques clichés suffit à faire la preuve du contraire. Le kinnor du roi David devient de façon irréfutable une cithare analogue au Kissar éthiopien, la harpe de Néron une lyre (Actes du Congrès d'histoire de l'art: Art occidental : 2e partie. Histoire de la musique, 1979 - books.google.com).

Le kinnor de David, suspendu à son lit, et frappé par le souffle de l'aquilon, aurait, vers minuit, éveillé le roi, qui, se levant alors, étudiait les livres divins jusqu'à l'aurore. Toute cette invention n'a rien d'impossible; mais elle a pour toute base le passage d'un psaume où David dit qu'il « se levait au milieu de la nuit pour chanter les louanges du Seigneur. » (Adrien de La Fage, Histoire générale de la musique et de la danse, 1844 - books.google.com).

Aboulafia semble ici suggérer que le kinnor de David ressemble au corps humain : comme le kinnor, l'homme joue sa musique « de lui- même » quand le souffle le pénètre (Moshé Idel, Sylvie Anne Goldberg, L'Expérience mystique d'Abraham Aboulafia, 1989 - books.google.com).

Commenting on the same legend, Judah Moscato (d. 1590) transposes the content into the concept of resonance between David's soul (his kinnor) and the north wind (i.e., the divine spirit), concluding that just as the kinnor player has to master his art to obtain perfect harmony, the spiritual kinnor (the human soul) has to abide by the laws of harmony and music (Adler 1975, p. 230) (Amnon Shiloah, Jewish Musical Traditions, 1995 - books.google.com).

Le rabbin et darshan (prédicateur-commentateur) Yehuda Moscato de Mantoue (1520-1590) inclut dans un derush intitulé Higgayon bekhinnor, «Discours sur la théorie de la lyre» (citation de Ps. 92), un long développement consacré à la musique, à ses vertus et à son origine. Dans ce derush prononcé le jour de Simhat Torah, fête qui célèbre la conclusion du cycle de lecture de la Bible commencé au début de l'année précédente, Moscato affirme que ceux qui prenaient Pythagore pour l'inventeur de la musique et des lois musicales originales se fourvoyaient complètement. En vertu d'un témoignage divin, il apparaît que c'est Yuval qui fut le père de tous ceux qui manient la harpe et le chalumeau. Moscato pense en effet que le développement de la science musicale s'est peut-être déroulé selon ce qui est raconté dans le même passage de la Bible où il est dit que Yuval était le frère du forgeron Tubalcain, «le forgeur de tous les instruments d'airain et de fer» (Ammon Shiloah, Réflexions sur quelques particularités du patrimoine musical juif, Confluences Méditerranée N° 48, 2004 - books.google.com).

La conception de Judah Moscato convient mieux à l'union hexagrammatique de l'âme (kinnor triangulaire) avec le pneuma-esprit auquel correspond le triangle Villeuneuve-Minervois-Brugairolles-Mayronnes où Villeneuve est orienté vers le Nord-Est.

Le Sceau de Palaja ou l'étoile âme-pneuma

La remontée céleste s'opère par la réunion de l'âme et de l'esprit, qui ont été séparés par la faute. De façon très elliptique, Raoul de Fontfroide, auteur probable de la Manifestation heresis, écrit simplement: «animas misit (Lucifer) relictis corporibus, et deserto prostatis, in spiritibus dimissis». Suit une évocation du Dragon de l'Apocalypse balayant de sa queue le tiers des étoiles, ce qui fait songer à textes iraniens alliant les âmes aux étoiles, que séparaient, êtres malfaisants, les planètes. Les pythagoriciens aussi assimilaient l'âme humaine à une étoile. Mais le catharisme associe trois termes: âme, étoile, ange. Et il lie au drame cosmique l'idée morale de péché. Pierre des Vaux Cernay rapporte que, pour les hérétiques, «nos âmes sont les esprits de ces anges qui chûrent du ciel par orgueil, ils ont abandonné dans l'air leurs corps glorieux et les âmes, après avoir habité successivement sept corps terrestres, leur pénitence faite, retournent à ces corps abandonnés. Mieux expliquée, la croyance est cette fois complète dans l'exposé du Supra Stella, texte très riche, où nous trouvons tout ensemble la justification de la réincarnation, élément indispensable de la croyance, la rupture de l'unité angélique par la faute, et, dans la saisissante image des esprits qui errent en appelant, la mystérieuse raison de l'éveil de l'âme, qui entend le cri de l'esprit. Elle retrouve alors la mémoire de son péché et le goût de la vérité. Âme et esprit réunis peuvent rejoindre le corps abandonné, en rejetant, avec sa contrefaçon terrestre, le cycle des renaissances. Le seul vrai mariage est celui qui unit l'âme et l'esprit et dont l'union les libère du monde (Annie Cazenave, Un mythe cathare languedocien, Die Mächte des Guten und Bösen: Vorstellungen im XII. und XIII. Jahrhundert über ihr Wirken in der Heilsgeschichte, 1977 - books.google.com).

Cette union âme-esprit peut ainsi avoir l'apparence d'une étoile en forme d'hexagramme.

Un noble laïque, citoyen de Plaisance, Salvo Burce entreprend en 1235 de discuter avec quelques-uns des représentants hérétiques, dont il cite les témoignages dans son traité appelé Supra Stella. Pour Salvi Burce (Liber supra stella, éd. Dôllinger, Beitrage zur Sektengeschichte des Mittelalters, Munich, 1890, t. II, p. 58), il existe une trinité bonne comme une trinité mauvaise.

SM

Sur l'écusson apparaissant sur le chariot entre les deux chevaux est inscrit "SM" dans la version de Marseille du Tarot.

Sainte Marie

A la place de Hesed, se trouve inscrit SM sur le chariot, à la fois initiales de Sainte Marie, et de Sa Majesté (22 v’la l’Tarot : Kabbalisation du Tarot : VII - Chariot . XVIII - Lune).

«HOD plante ses racines dans CHESED d'où émane son essence propre», dit le Sepher Yetzirah (Marguerite de Surany, Le Perpétuel devenir, 1980 - books.google.com).

Hod est Splendeur, Gloire ou Majesté.

The eighth Sephirah is diagonally opposite the forth, the sphere of Chesed, this important angular relationship being modified by Tiphareth, which is equidistant to both. The supplementary text of the Sepher Yetzirah suggests, albeit obliquely, that Hod has a special association with Chesed, which it refers to by its secondary title of Gedulah. The use of this particular title, which means "Glory" or "Magnificence", rather than the fourth Sephirah's more common name is important for it establishes an immediate link with Hod, which is on occasion also called "Glory". Although Hod contains its own due portion of magnificence and glory it seems to have a special affinity with Chesed, responding most positively to the "kingly" aspect of the sphere suggested by its alternative title (John Bonner, Qabalah: A Magical Primer, 2002 - books.google.com).

The sefirah of Hod, Glory or Splendour, is ontheleft hand side of the Tree of Life, the side known as the 'Pillar of Form'. In Hod, creative ideas become structured plans. The inspirations and intuitions of higher sefirot become manifest as strategies that can carried out. The Sefer Yetzirah text indicates that Hod is closely associated with Hesed. In Hesed we have creative inspiration. In Hod this can be turned into ideas that can in turn be translated into the reality of Malkhut. In Hod, the possibilities conceived in Hesed acquire shape and form. If Hesed where those ideas that pass the critical evaluation of Gevurah are thought through (Vivianne Crowley, A Woman's Kabbalah: Kabbalah for the 21st Century, 2012 - books.google.com).

Dans le psaume 51 (Vulgate) "le mot hébreu hesed, qui évoque la fidélité de l'amour de Dieu envers son peuple et envers chaque juste fidélité aussi inébranlable que la création elle-même, aussi vraie qu'aucun amour humain ne peut lui être comparable. «En ta grande tendresse»; en hébreu rahamim, le siège de la tendresse, les entrailles de Dieu qui, devant l'être aimé, le pauvre, le faible, le démuni, ne peuvent que s'attendrir et être bouleversées. Voilà trois mots: aie pitié de moi, en ta bonté, en ta grande tendresse, qui laissent justement entrevoir les principaux traits du visage de Dieu, tels que l'auteur du livre de l'Exode l'avait si bien décrit, au chapitre 34: «Yahvé passa devant Moïse et cria: Yahvé, Yahvé, Dieu de tendresse (rahum) et de pitié (hanun), lent à la colère, riche en grâce (hesed) et fidélité, qui garde sa grâce à des milliers.» (v. 6)" (Gilles-Dominique Mailhiot, Les Psaumes: Prier Dieu avec les paroles de Dieu, 2003 - books.google.com).

Marie est incontestablement la bénéficiaire de la grâce, celle à qui la grâce a été communiquée: «Et l'ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu".» (Lc 1,30) En revanche, Jésus est source de grâce. Il est même «plein de grâce et de vérité»: «Et le Verbe s'est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu'il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité.» (Jn 1, 14) Après avoir lu l'évangéliste Jean, n'est-il pas un peu gênant de prier l'Ave Maria en disant: «Je vous salue Marie, pleine de grâce [...]»? En tout cas, la traduction latine de Jérôme, qui a influencé le commencement de l'Ave Maria, semble doublement fautive. D'une part, Luc dit bien: «réjouis-toi» et non pas «salut», d'autre part, c'est le privilège du «seul» Verbe fait chair d'être «plein de grâce» (Marie-Thérèse Nadeau, Quelle Marie aimons-nous ?, 2000 - books.google.com).

Le SM est un peu décentré, comme Taurize à côté de Villar en Val, dont l'église est vouée à Sainte Marie, dépendant autrefois de l'abbaye Sainte Marie d'Orbieu à Lagrasse.

Durant les Xe et XIe siècles, le lieu de Taurize fut possédé par l’abbaye de Lagrasse ou tenu en engagement par les vicomtes de Carcassonne. Au XIIIe, la seigneurie de Taurize fut du nombre de celles que posséda Olivier de Termes. Au XIVe les maisons d’Arse et Capbiau possédèrent la terre de Taurize et de Serviès. Au XVIIIe, les maisons de Florincourt, de Vic et de Calmès sont successivement seigneurs de Taurize, au titre de baronnie du Val de Dagne. Le village fut presque entièrement détruit lors des guerres religieuses de la fin du XVIe.

L’église abrite un magnifique tableau classé monument historique, restauré en 1997 et représentant « la présentation de Jésus au temple » ou plus prosaiquement « la chandeleur » ; il est daté de 1699.

L'église de Sainte-Marie de Taurize est citée, en 908, dans une charte de Charles le Simple, adressée à Witiza, abbé du monastère de Lagrasse. Vers 1783, on obtint de l'Evêque de Carcassonne que la fête patronale qui se célébrait le 2 Février fut déplacée au 15 Août (Assomption).

Mais le lieu indiqué par le SM serait plutôt Serviès en Val qui était autrefois le chef-lieu de la baronnie du Val-de-Dagne. Sa position lui méritait de devenir le chef-lieu du Canton. Serviès, ainsi que les autres seigneuries du Val-de-Dagne, appartint d’abord aux Comtes de Carcassonne. Les seigneurs de Termes leur succédèrent dans cette possession. Au XIIIe siècle, Olivier de Termes vendit la seigneurie du Val-de-Dagne au chapitre de la Cathédrale de Carcassonne pour les dépenses de la Croisade. Trois siècles après, le Chapitre de Carcassonne l’aliéna pour sa part contributive au rachat de François 1er. Depuis cette époque, la seigneurie fut tenue par divers seigneurs et co-seigneurs et notamment par la maison de Vic et ensuite par la maison de Calmès, propriétaire actuel du château de Serviès et des terres en dépendant.

L’Eglise, sous le vocable de Saint-Pierre et Saint-Paul, à été entièrement reconstruite en 1878/1879, sur l’emplacement de l’ancienne église appelée Sainte-Marie-de-Serviès. Dans l’église se trouvaient deux tableaux artistiques représentant Saint-Pierre et Saint-Paul (www.servies-en-val.fr - Histoire).

Sainte-Marie de Serviès (de Cerviano) est nommée parmi les églises du diocèse de Carcassonne dépendantes de l'abbaye de Lagrasse, énumérées dans la bulle du pape Gélase II (1118) (Alphonse Mahul, Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassone, 1857 - books.google.com).

Que faut-il entendre par l'église de Sainte-Marie ? Est-elle représentée aujourd'hui par l'église de Taurize ou bien formait-elle un décimaire distinct aux environs de Serviès-en-Val ? Le curé de Servies écrivait, en 1759, «qu'il n'y a d'autre bénéfice simple, dans la paroisse, qu'un prieuré qui est de la manse de l'abbaye de Lagrasse ». D'autre part, à l'entrée du village de Serviès-en-Val, on voit une croix sur laquelle est gravé un cerf; cette croix a été peut-être élevée pour rappeler l'emplacement de l'ancienne église dédiée à Sainte Marie. L'église actuelle de Serviès-en-Val a pour patrons les apôtres Saint Pierre et Saint Paul ; l'adjudication des travaux à exécuter pour la construction de cette église, bâtie sur l'emplacement d'une autre plus ancienne, s'éleva à la somme de 30 000 francs (10 septembre 1876). La nouvelle église fut bénite le 14 Septembre 1879 et livrée immédiatement à l'exercice du culte; en 1880, on y érigea un très beau chemin de croix, remarquable autant par la valeur artistique des tableaux que par la richesse de leur encadrement (Mémoires de la Société des arts et des sciences de Carcassonne, 1909 - books.google.com).

Stella Matutina

SM sont aussi les initiales de Stella Matutina, étoile du matin, appellation de Vénus (Lucifer) et de la Vierge Marie. Mais aussi d'Alcor, étoile accompagnatrice de Mizar dans la constellation de la Grande Ourse dans la mythologie hindoue, et près de Serviès en Val dans le plan de l'église Saint Sulpice de Paris incluant la Grande Ourse.

Aranjyôti, Arundhatî (l'étoile du matin, Alcor dans la Grande Ourse ; la femme d'un des sept rishis, Vasistha) (Olivier Herrenschmidt, Les meilleurs dieux sont hindous, 1989 - books.google.com).

Arundhati («Découverte») ou Akshamala, épouse de Vasistha est invoquée aux cérémonies de mariage par le marié comme exemple de fidélité conjugale et le prêtre montre à la future épouse l'étoile Alcor qui la symbolise; on l'associe aussi à kundalini et aux plantes médicinales. c'est aussi le nom d'une plante grimpante médicinale (sanskrit.inria.fr - Arundhati).

Arundhati se retrouve dans la Narundi du pays d'Elam, soeur des Sibitti (les "Sept").

She is known as Arundhati, the wife of Vasistha, and she is identified with the star Alcor, situated next to Vasistha's star, Mizar. In the Scholia to Aratus, Electra, mother of Dardanus, left her station among the Pleiades as a consequence of Troy's fall and retired "above the second star of the beam... others call this star 'fox'. The Fall of Troy meant the end of a veritable world-age. (For the time being, we assume that the end of the Pleiadic age is meant; among various reasons, because Dardanos came to Troy after the third flood, according to Nonnos.). Ursa Major and the Pleiades figuring on the shield of Achilles, destroyer of Troy (Giorgio De Santillana, Hertha Von Dechend, Hamlet's Mill: An Essay on Myth and the Frame of Time, 1977 - books.google.com).

Electra signifie "la brillante" tandis qu'Arundhati envoie, à la demande de Vishnou, un éclair qui contribue à la résurrection d'Adisakti qui a "pondu" l'univers et les dieux de l'hindouisme des Vadas, Vishnou, Isvara et Brahma (Olivier Herrenschmidt, Les meilleurs dieux sont hindous, 1989 - books.google.com).

Au Moyen Âge, le renard est l'image du Diable, appelé aussi Lucifer, étoile du matin.

Erotylos : étoile et alchimie

La mention d'« Erôtylos » dans le Traité de l'eau divine reste mystérieuse. En dehors du texte de Zosime, on en connaît sept attestations, avec des valeurs diverses.

"L'eau divine détient la vie car c'est d'elle que tout vient et en elle que tout retourne. Elle a aussi un esprit, puisque le mercure se volatilise très facilement : on a vu que "pneuma" pouvait désigner la « partie volatile » d'une substance.

Dans les Idylles de Théocrite (3, 7), Erôtylos est un diminutif d'Éros, qu'il faut prendre au sens de « amant », « bien-aimé ».

Chez Bion (fr. VII, 10 et 13), il est employé comme adjectif substantivé au neutre pluriel, avec le sens de « chansons d'amour ».

Au § 160 du livre XXXVII de son Histoire naturelle, Pline donne un catalogue alphabétique de gemmes avec, pour chaque pierre, ses synonymes et ses principales caractéristiques. On y lit sous la lettre E : Erotylos sive amphicomos sive hieromnemon Democrito laudatur in argumentis divinationum « L'érotylos, ou amphicomos, ou hiéromnémon, est vantée par Démocrite comme moyen de divination » (traduction E. De Saint-Denis, 1972). Pline se réfère ici à un lapidaire mis au nom de Démocrite, lequel n'est pas nécessairement le même que l'auteur des Physica et mystica (sur ce lapidaire, qu'il faut sans doute mettre au compte de Bolos de Mendès, voir R. Halleux- J. Schamp, 1985, p. xxv). Erotylos est donc ici un nom de pierre.

On trouve le mot dans un papyrus magique du IIIe s. où figure une demande de songe (PGM, VII, 478; voir K. Preisendanz, 1939, col. 447, 1. 57-61). S'adressant à "Erôs, 'Erôtullé, le magicien prie qu'on lui envoie pendant la nuit son ange personnel afin que celui-ci lui fasse une révélation. Une offrande consistant en poussière à gratter sur sa sandale, en résine et en fiente de colombe blanche doit être adressée à l'Ourse et brûlée pendant que l'on récite l'invocation. Le sens d'"Erotullé" dans ce passage est douteux (cf. L.S.J. s.v. "èrothulos"). H. D. Betz (1986, p. 131) en fait simplement une épithète d'Eros et traduit « Eros, darling », tandis que H. G. Gundel (1968, p. 64) y voit le nom d'une petite étoile située près de la Grande Ourse ; il s'agirait de l'étoile se trouvant au-dessus de Mizar (Grande Ourse), et que l'on nomme aujourd'hui Alcor. Cette seconde interprétation, qui a comme inconvénient de laisser Eros en suspens, est cependant appuyée par le fait que le destinataire de l'offrande est l'Ourse et que l'invocation a pour but l'apparition d'un ange. Or on sait que, depuis une époque fort ancienne, les anges ont été mis en rapport avec les corps célestes, dont ils sont censés guider le cours. Sur les liens unissant astres et anges à travers les âges, voir notamment F. Cumont, 1915, p. 175 et n. 2 ; M.-T. d'Alverny, 1957, et 1975, p. 621-622; R. C. Dales, 1980, ainsi que M. Mertens, 1989a, particulièrement p. 389-392.

Dans un papyrus magique du IVe s. (PGM, XIII, 945) en revanche, on trouve la phrase 'Erôtulos én tois 'Orphikois uoèéôai ôai (suite de mots magiques). On peut en déduire soit qu'Erôtylos est le nom d'un auteur ayant écrit des Orphica (voir O. Kern, 1922, p. 71 ; cf. id., 1924 ; A. Dieterich, 1888, p. 754), soit qu'il s'agit d'un personnage cité dans des Orphica (voir H. D. Betz, 1986, p. 193, n. 129 ; cf. R. Merkelbach-M. Totti, 1990, p. 218).

Un papyrus magique du Ve s. (PGM, CXXIIIa, 1. 25 s.) donne la forme èrôthulos, suivie d'une longue série d'épithètes bizarres. H. D. Betz (1986, p. 318, n. 9) transcrit Érôtylos et suggère de comprendre « charme d'amour », tandis que F. Maltomini (1979, p. 76-77) renonce à corriger en èrithulos, qui, dans une scholie d'Aristophane (Guêpes, 922), paraît être une variante du nom de l'oiseau plus communément connu comme èrithaxos « rouge-gorge » (voir (voir D'A. W. Thompson, 1936, p. 100-101) : faute d'avoir trouvé d'autres attestations de cet oiseau en magie, il considère que sous la graphie èruthulos se cache le nom de l'autorité orphique qui apparaissait dans le papyrus précédent.

Une épigramme de l'Anthologie Palatine (IX, 614, 2), due à Léontios (vie s.), mentionne l'Erôtylos : « même auprès du Grand Chariot, l'Erôtylos brille d'une façon charmante » (le Grand Chariot est l'un des noms anciens de la Grande Ourse ; cf. déjà Hom., S 487 = e 273). Sur le sens de cette épigramme et le vocabulaire astrologique qui y est employé, voir F. Boll, 1903, p. 81-82. Ceci confirme qu'Érôtylos est bel et bien le nom d'une petite étoile proche de la Grande Ourse. Si l'on veut être tout à fait complet, il faut mentionner aussi un passage grammatical d'Aelius Herodianus (De prosodia catholica, III 1, p. 164, 1. 18 Lentz ; IIe s.) dont on ne peut rien tirer, car le mot y est simplement cité avec d'autres noms de même type.

Pour ce qui est du passage de Zosime, aucune des valeurs envisagées dans ces attestations ne semble a priori s'imposer. M. Berthelot (1889, p. 17) et A. J. Festugière (1932, p. 286 et n. 9), les seuls qui prennent position à ce sujet, y voient magico-orphique, mais sans expliquer pourquoi le mercure est dédié à cette autorité. D'après l'exemple, on constate qu'Erôtyle pourrait être un nom d'auteur. Cette possibilité se rapproche d'une solution que m'a aimablement suggérée M. J.-P. Dumont : « l'Erôtyle » serait un nom d'œuvre et nous aurions ici une espèce de référence bibliographique. [...]

Une hypothèse peut-être plus vraisemblable consiste à considérer qu'Erôtylos est ici le nom de l'étoile avec laquelle, selon Zosime, le mercure est mis en relation. Un tel rapprochement n'est pas surprenant. Dès une époque fort reculée, en effet, les métaux ont été assimilés aux sept planètes ; cette assimilation trouve probablement son origine à Babylone et en Chaldée" (Michèle Mertens, Les Alchimistes grecs, Tome IV, 1ère Partie: Zosime de Panopolis, 1995 - books.google.fr).

Erôtylos, lié au mercure, n'est pas forcément à identifier avec, mais peut-être avec le "pneuma".

En effet : "Sia l’Erotilo di Zosimo che il Panareto [recueil de maximes] di PGM [papyri grecs magiques] XIII istituiscono una relazione con il pneuma vivificante." (Michela Zago, Tebe magica e alchemica, L’idea di biblioteca nell’Egitto romano : la Collezione Anastasi, 2010 - www.academia.edu).

Le mot Mitsear, nom de montagne, est cité dans le psaume 41. Scaliger s'en serait inspiré pour nommer l'étoile compagne d'Alcor. Le psaume 41 est associé à Serviès-en-Val et à saint Charles Borromée (Autour de Rennes le Château : Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre V - Ps. 134 à 150).

La sainte Église propose en ce jour à nos pieux hommages un triple événement de la vie du Sauveur : son adoration par les Mages, son baptême et le miracle accompli aux noces de Cana. Si nous parcourons les textes liturgiques de cette fête, nous verrons que l'Église romaine s'attache spécialement à la considération du premier événement, et ne mentionne qu'en passant, pour ainsi dire, les deux autres, se réservant de les rappeler aux fidèles dans les jours qui suivront cette fête. L'antienne de Benedictus à Laudes les réunit tous les trois, et d'une manière bien propre a étonner à première vue. Et cependant, sous des apparences quelque peu étranges, il y a là un profond mystère. « Aujourd'hui, y est-il dit, l'Église a été unie à l'Époux céleste, parce que le Christ a lavé ses fautes dans le Jourdain : les Mages accourent avec des présents aux noces royales et l'eau changée en vin réjouit les convives. » Le texte sacré, divisé en trois parties, nous rappelle trois mystères distincts de la vie du Sauveur, mais une seule pensée a présidé à la composition de cette antienne. Cette pensée, la voici : la fête de l'Épiphanie (en conservant à ce mot sa signification la plus large) célèbre l'union mystérieuse du Christ avec son Église, à un triple point de vue. Cette union a été contractée dans l'Incarnation ; elle se réalise pour chacun des membres de la famille humaine au jour, où, par le baptême, il est incorporé à l'Èglise; elle est enfin figurée ici-bas par l'union de l'homme et de la femme dans le mariage chrétien. [...]

L'étoile sortie de Jacob, messagère de la grande nouvelle, a déjà paru dans l'Orient, et les mages, à la vue du signe donné par le prophète, ont suivi la direction de ce guide céleste. Prémices de la gentilité, ils sont venus protester par leurs présents que dans l'enfant de Bethléem ils reconnaissaient leur Dieu, leur roi, mais aussi un membre de l'humanité. Et la reine est là, assise à la droite du Fils, éclatante de beauté et de puissance, reine toujours triomphante, même au sein des luttes qu'elle doit soutenir ici-bas, reine dans les triomphes du ciel [...].

Telle est l'Église, l'Épouse convoitée par le Verbe divin, l'Épouse qu'il s'est enfin unie par l'Incarnation dans le sein de Marie. Cette union n'aura-t-elle point ses noces ! Oui, elle les aura ; le prophète royal; entendant l'écho du festin éternel, consolait déjà son âme à la pensée des délices qu'il devait lui offrir (Ps. 41); le disciple bien-aimé a vu ces noces dans la vision de Pathmos (Apoc. XIX. 6-9) (Revue bénédictine, Volume 3, Abbaye de Maredsous, 1887 - books.google.fr, Guerric d'Igny, Sermons, Volume 1, 1970 - books.google.fr).

Dans la quasi totalité des baptistères paléochrétiens conservés figure l'image de la Fontaine de Vie, autrement dit, l'image d'animaux ou d'oiseaux s'abreuvant. Le plus souvent, on représente des cerfs à cause du psaume 41 qui est cité dans la liturgie du baptême, et commenté dans des oraisons adressées aux néophytes. Dans ce psaume, le cerf assoiffé est comparé à l'âme du chrétien aspirant à Dieu. Or, on a plus particulièrement appliqué ce terme de « chrétien aspirant à Dieu » aux néophytes. Ainsi, l'évêque Zenon de Vérone dit dans un sermon aux néophytes : « Avec le désir et la rapidité du cerf accourez à l'eau de la source régénératrice ». Saint Augustin interprète le psaume 41 dans le même sens. Nous savons encore, grâce à saint Augustin, qu'au début du Vème siècle, à Hippone, on chantait le psaume 41 à l'entrée de la vigile pascale ; ceux qui se préparaient à recevoir le baptême entendaient après la lecture des « saluts » tirés de de l'Ancien Testament (André Grabar, Cahiers archéologiques, Volume 19, 1969 - books.google.fr).

Mathématisation : Coume Sourde ou "cube sourd"

Le triangle équilatéral Douzens - Moussoulens - La Roque Mude est contenu dans un carré de largeur la base du triangle et dont la hauteur touche à la "ligne de vie", le segment La Cassaigne - Rochemaure, quasiment parallèle à la ligne gnostique.

La Pratike de geometrie (avant 1276) est l'ouvrage scientifique de langue française le plus ancien. Il semble que ce soit la traduction d'un traité combinant la géométrie théorique et la pratique rédigé par un auteur parisien en 1193 (Frankwalt Möhren, Lés débuts de l'écriture française de la géométrie au XIIIème siècle, L'écriture du texte scientifique: des origines de la langue française au XVIIIe siècle, 2006 - books.google.com).

Voici un passage de la traduction de la Pratike donné par Marie-Thérèse Sarrade dans son ouvrage sur les connaissances mathématiques des constructeurs de cathédrales, figurant un triangle équilatéral dans un carré, ayant ensemble un côté commun. Le plan de Saint Sulpice projeté sur la carte du département de l'Aude peut concerner le projet de la construction symbolique du "troisième" temple.

Maintenant tu as deux sortes de mesures dont chacune est chiffrée et mesurée en elle-même et toutes sont contenues dans la première. Si tu fais le triangle dans le carré. Si chaque côté a 14 pieds aussi, comme je l'ai dit ci-dessus, la hauteur en a 12 [en fait 12,121], la surface est de 84 pieds et les angles, par côté, chacun 42 pieds et la bande au-dessus doit avoir 2 pieds sur 14 de long qui font 28 pieds. En ces quatre figures est contenu tout le carré (Marie-Thérèse Sarrade, Sur les connaissances mathématiques des bâtisseurs de cathédrales, 1986 - books.google.com, Archimedes in the Middle Ages, Volume 3,Numéros 1 à 2 - books.google.com).

En mathématiques, on définit le nombre j comme l'unique racine cubique complexe de 1 dont la partie imaginaire est strictement positive. Du fait de sa définition, le nombre j possède certaines propriétés notables. Dans le plan complexe, les points A, B et C d'affixes respectives j, j*j et 1 forment un triangle équilatéral (fr.wikipedia.org - J (nombre complexe), Pierre Boutroux, Les principes de l'analyse mathématiques: exposé historique et critique, Volume 2, 1919 - books.google.com).

Scipione del Ferro (né à Bologne le 6 février 1465 - décédé à Bologne le 5 novembre 1526), est un mathématicien italien, célèbre pour avoir trouvé le premier la méthode de résolution d'équation de troisième degré sans terme quadratique (fr.wikipedia.org - Scipione del Ferro).

Dans les formules des solutions des équations du troisième degré de Scipione Del Ferro, Cardan et son disciple Bombelli ont aperçu des racines carrées de nombres négatifs qui donnaient en final des solution entière positives valides.

Cardan prend acte de ces faits troublants sans pouvoir les expliquer ; il qualifie de « sophistiques » ces mystérieuses racines carrées de nombres négatifs et décrit les résultats de ce genre comme « aussi subtils qu'inutiles ». Pour comprendre ses difficultés, il faut savoir qu'à l'époque les nombres négatifs eux-mêmes n'étaient pas vraiment admis : conformément à l'idée que « carrés » et « cubes » étaient des entités géométriques, on n'acceptait de considérer que des équations à coefficients positifs, ce qui conduisait, par exemple, à discuter différents cas là où nous ne voyons qu'une seule équation. Cardan, donc, ne manipule ces « nombres » qu'avec bien des précautions oratoires. Bombelli, dans son Algebra publié en 1579, clarifie un peu la situation en décrivant les nombres que nous appelons maintenant complexes comme combinaison à coefficients ositifs de piu (+1), mena (-1), piu de meno (racine de —1) et meno de meno (- racine de -1). Mais il fait cependant état d'une « idée folle qui semble reposer sur une absurdité »... Les temps ne sont pas encore prêts pour admettre de telles audaces. Leibniz lui—même, un siècle plus tard, écrira encore: « Ces expressions ont ceci d'admirable que dans le calcul elles n'enveloppent rien d'absurde ni de contradictoire, et que cependant on ne peut en donner d'exemple dans la nature, c'est—à-dire dans les choses concrètes. » Et puis, comment s'étonner de l'embarras des algébristes du XVIe siècle lorsqu'on qualifie aujourd'hui encore les racines carrées de nombres négatifs d'imaginaires, après les avoir nommées comme les irrationnels «les nombres sourds », d'où les Anglo—Saxons ont gardé surd jusqu'à nos jours (Gilles Godefroy, L'Aventure des nombres, 1997 - books.google.com, Encyclopedie ou dictionnaire universel raisonne des connoissances humaines mis en ordre par M. De Felice, Volume 39, 1775 - books.google.com).

Un manuscrit (GéomSGenV, manuscrit de base Bibliothèque Ste-Geneviève 2200) inscrit "combe", "comber", rapprochés de "cumulus" pour "cube" et "cuber" (Traité de géométrie, comprenant qq. arithmétique et des comptes monétaires; inc. Chi commenche dyometrie. Nous commencerons une oevre sor le pratike de geometrie; trad. des parties I et III de Artis cuiuslibet consummatio (de l'an 1193, contenant quatre parties), augmentée de deux chapitres (V et VI); pic. 3eq. 13es.). (www.deaf-page.de, Claude Thomasset, L'écriture du texte scientifique: des origines de la langue française au XVIIIe siècle, 2006 - books.google.com).