Partie XI - La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet   Trésors   Henri Boudet ou le prophète Jérémie   
LA VRAIE LANGUE CELTIQUE BOUDET JEREMIE PROPHETE

www.nonagones.info, après avoir identifié l'abbé Gélis au prophète Isaïe, se propose de poursuivre ce jeu en identifiant l'abbé Henri Boudet au prophète Jérémie.

Jérémie prophète

Jérémie annonça l'arrivée des Chaldéens et prédit la destruction de Jérusalem, ainsi que l'exil des Judéens à Babylone du fait de leur manque de foi. Il encouragea la réforme de Josias et essaya d'enrayer les progrès de l'idolâtrie (fr.wikipedia.org - Jérémie).

S'il est une chose qui caractérise les actes célèbres de Jérémie, tels la métaphore de la ceinture, la cruche brisée, son célibat ou le joug porté sur ses épaules, c'est bien le fait que leur exécution se trouve revêtue d'une finalité consciente, pensée. C'est en particulier à propos de Jérémie que s'applique la remarque de Fohrer sur ces actions qui, dit-il, « doivent représenter (veranschaulichen), accentuer ou renforcer une parole de YHWH. Elles servent à la proclamation prophétique de la parole et appartiennent à ses moyens homilétiques. Elles sont des media praedicationis » Elles sont donc une didactique de la Parole, qu'elles dramatisent pour frapper l'imagination de ses destinataires. Tout le livre de Jérémie est une réflexion, peut-être la plus élaborée du canon hébraïque, sur la relation entre la parole comme acte et la parole comme proclamation. Ce n'est pas un hasard, en effet, que ces actes se multiplient tant chez Jérémie que chez Ézéchiel et s'y trouvent réinterprétés comme des « actes de parole » au sens premier du terme. Tous deux tendent à les détacher consciemment de de l'acte mimétique archaïque, qu'ils trouvent dans la tradition, en les comprenant comme un acte de la Parole même de Dieu.

L'action prophétique, si elle est bien une médiation, a pour but de faire apparaître que c'est Dieu qui parle en elle. D'où les réinterprétations successives de tels gestes, lesquelles accentuent le théocentrisme de l'acte. Le récit de la ceinture abîmée (Jr 13,1-11), autre exemple, va donner lieu à pas moins de trois interprétations successives. La première porte sur le verbe abîmer ou détruire : « Ainsi parle le Seigneur : de cette manière je détruirai la fierté de Juda et la grande fierté de Jérusalem » (13,9). L'accent porte ici sur le sens théocentrique de l'analogie du geste et du sens : JE détruirai. Ce que fait le prophète, Dieu le fera. A ce premier niveau, le lien métaphorique entre geste et parole est quasi direct, comme dans les rituels magiques. Mais cette lecture du noyau du récit est à l'évidence encore insuffisante. Une deuxième interprétation décrit une autre instance qui tend à subvertir de l'intérieur le simple rapport de cause à effet de la mentalité archaïque. Le verset 10 propose une nouvelle interprétation du geste, non plus d'ordre mimétique, mais homilétique ou explicatif [...]

Or, la logique de ce « qu'il soit comme » est tout autre que celle du « c'est ainsi que » précédent. Le sujet métaphorisé est désormais ce peuple mauvais. Si le premier oracle insistait sur l'irréversibilié d'un processus, cet oracle deutéronomiste ajoute un autre élément, celui de la communication ou de la prédication. L'instance de communication spécifie donc le monde du symbolique en le contextualisant. A l'acte magico-symbolique fait suite un acte de parole qui s'adresse à un interlocuteur particulier. Si l'acte magique peut être accompli dans un espace indifférencié (l'espace rituel), et dans n'importe quelle situation, l'acte de parole s'inscrit dans une histoire. Il y a quelque chose comme un appel dans ce « qu'il soit comme ». Le peuple même s'il refuse d'écouter, doit entendre malgré tout. Ainsi, dans ce que nous pourrions appeler l'agir communicationnel du prophète, la pression s'exerce non pas sur Dieu, mais sur le peuple. A contrario, le geste magique est une initiative humaine qui se sert de la référence à une autorité divine pour faire plier la divinité dans le sens désiré. Le dieu est sommé de se soumettre au mécanisme du principe de similitude et le geste ou les mots-fétiches sont chargés de contraindre le dieu à obtempérer au désir. « Le dieu devra fatalement obéir au mot de pouvoir si l'enchanteur le connaît ; il existe encore tout un ensemble de règles et de forces au-dessus de lui » (du dieu). Voilà la tentation de toute liturgie qui, utilisant « l'urgie » pour influencer Dieu finit par le soumettre à la volonté religieuse de l'homme. Le « prophète » devient alors le ministre-enchanteur des grandes liturgies, tant religieuses que politiques qui instrumentalisent le dieu au service du désir de toute-puissance. Enfin, le verset 11 donne encore une troisième interprétation qui tourne autour du verbe s'attacher. Il s'agit peut-être d'une petite parabole indépendante qui qui tend à allégoriser dans un sens spirituel le geste du prophète. [...] Le geste d'attacher une ceinture à ses hanches devient une métaphore théologique de l'attachement du Seigneur à son peuple. Si le corps du récit portait sur la destruction de la ceinture et le verset 10 sur l'appel à écouter, nous avons ici quelque chose qui ressemble à un soupir de Dieu, à une plainte exprimant sa déception. « Dans l'infidélité constante du peuple, c'est bien Dieu qui est en cause ». Le passage se termine ainsi sur l'affirmation du désir qu'a Dieu de s'attacher son peuple. Le sens figuré rejoint au plus près le sens littéral (Henry Mottu, Le geste prophétique: pour une pratique protestante des sacrements, 1998 - books.google.fr).

Jérémie à la page 107

Boudet cite le prophète Jérémie page 107, correspondant au psaume 107 (Vulgate) :

Quelques descendans d'Askenez – to ask, réclamer, – keen (kine), très froid, pénétrant, – haze (hèze), brouillard, brume, – se dirigeant vers le nord de l'Europe, ne craignirent pas de se fixer dans un pays aux brumes intenses, la Germanie, nommée par les Hébreux Askenez, tandis que les autres s'établissaient en Asie tout près des Mèdes. Ils devinrent leurs alliés dans la guerre entreprise contre Babylone, et avec les Medes ils saccagerent cette ville, d’apres ces paroles de Jérémie : « Appelez contre Babylone les rois d'Ararat, de Menni et d'Askenez. » (Jer. c. 51. v. 27.)

Jérémie est le seul prophète cité par Boudet. Cela peut avoir un sens après que l'on a fait correspondre l'abbé Gélis avec Isaïe. Jérémie et Isaïe sont deux des quatre grands prophètes de l'Ancien Testament. Les deux autres sont Ezéchiel et Daniel (noms qui forment le nom du journaliste Ezdanitoff de l'album Vol 714 pour Sidney des Aventures de Tintin d'Hergé) (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : L’Arcadie d’Hergé).

En général, une signature n'apparaît qu'une seule fois en bas de page.

La page 262 (107+155) de la VLC est appariée à la 107 :

(p. 262) « ...Il n'en est pas ainsi de la fin de l'homme, qui ne change pas, et qui arrive toujours avec son cortège de chagrins et de regrets. A quelque époque que ce soit, à quelque degré de civilisation qu'il soit arrivé, il éprouve le besoin de témoigner ses regrets...»

Cette citation de Leguay s'apparente aux Lamentations du prophète Jérémie.

Le psaume 107 (Vulgate) dit aussi que Juda est le sceptre de Dieu, Juda étant cité dans Jérémie en 50,20 en particulier aux temps messianiques.

Ps 107,8 : A moi Galaad, à moi Manassé; Ephraïm est le rempart de ma tête, Et Juda, mon sceptre...

Dans le cadre de la Massore, au-delà du problème des malédictions écrites sur un livre, les rédacteurs ont voulu résoudre le problème du péché écrit sur le coeur de Juda, cf. 17,1: «Le péché de Juda est écrit avec un stylet de fer, avec une pointe de diamant il est gravé sur la tablette de leur coeur et aux cornes de leurs autels». Dans la Massore ce problème paraît résolu en 50,20: «En ces jours et en ces temps - oracle de Yahvé - on cherchera l'iniquité d'Israël: elle ne sera plus; les péchés de Juda: on ne les trouvera plus; car je pardonnerai au reste que je laisse». (Bernard Gosse, Structuration des grands ensembles bibliques et intertextualité à l'époque perse: de la rédaction sacerdotale du livre d'Isaïe à la contestation de la Sagesse, Numéro 246, 1997 - books.google.fr).

En 19, il est dit "Je ramènerai Israël dans sa demeure; Il aura ses pâturages du Carmel et du Basan, Et son âme se rassasiera sur la montagne d'Ephraïm et dans Galaad." (saintebible.com - Jeremiah 50,18).

On retrouve ainsi cités Ephraïm, Galaad et Juda.

Selon la prophétie de Jacob, le Messie devait naître de la tribu de Juda [Genèse 49,10] " Le sceptre ne se retirera point de Juda, Ni le bâton du commandement d'entre ses pieds, Jusqu'à ce que vienne Schilo, Et c'est à lui qu'appartient l'obéissance des peuples"] ; selon Isaïe, il devait naître de la famille de David. (Isa. XI, 6.) (Œuvres complètes de Thiébault, curé de Sainte-Croix à Metz, Migne, 1836 - books.google.fr).

Le psaume 107 se termine par la vanité des secours humains ("vanité" chez Segond, "vain" chez Carrières), vanité leitmotiv du livre de l'Ecclésiaste (Qohélet), rappelant la tombde de l'abbé.

Ashkenaz

Selon Diderot, les Ashkenaz se réclamaient de la tribu de Juda, les Portugais de celle de Benjamin (Denis Diderot, Réfutations, 2004 - books.google.fr).

Dans L'apologie pour la Nation juive d'Isaac de Pinto, écrite en réponse à Voltaire, descendants de la tribu de Juda, les portugais se distinguent des autres juifs par leur apparence vestimentaire, par leur élévation d'esprit, leur raffinement et leur moralité; et d'expliquer, non sans paternalisme, le bas niveau de moralité des ashkénazes par les persécutions incessantes qu'ils ont subies. En 1642, la communauté Talmud Torah d'Amsterdam fonde une confrérie destinée à secourir les pauvres ashkénazes et à leur apprendre un métier, qui est appelée Avodat hesed. Ainsi que le fait Y. Kaplan, il est intéressant de remarquer ue ce genre d'entreprise, animé d'un désir de redressement moral (interdiction pour les pauvres de jouer, de fumer), véritable tentative de régénération avant la lettre, ne soit destinée qu'aux juifs ashkénazes; lorsqu'en 1670 la confrérie change de cap et décide désormais de s'occuper exclusivement de pauvres séfarades, elle abandonne ses visées éducatives. A Bordeaux, un exemple intéressant, mais nullement exemplaire, nous est fourni dans la personne de Samuel Peixotto, banquier portugais, obnubilé par son désir d'intégrer la bonne société bordelaise : il adopte en tout un mode de vie aristocratique, porte l'épée, reçoit le baptême - en Espagne !-, et fait désormais suivre son nom de la mention "descendant d'Aaron, chef de la tribu de Lévi". Il est intimement persuadé que son appartenance à une famille de Cohen lui confère un titre de noblesse, et, pour imposer silence à ses détracteurs, juifs et chrétiens, il fait rédiger un pamphlet sur le Cohénat et sur les distinctions aristocratiques qui lui ont toujours été attachées. Cas grotesque, qui fait sourire les contemporains par sa démesure, mais qui s'inscrit tout de même pour l'historien dans la continuité des propos développés par de Pinto et d'autres portugais moins célèbres (Richard Ayoun, Cinquième centenaire de l'expulsion des Juifs d'Espagne, 1993 - books.google.fr).

L'Arche d'alliance

Le seul moyen d'avoir le texte authentique des psaumes serait de retrouver l'Arche d'Alliance, cachée par Jérémie au sac de Jérusalem par Nabuchodonosor, renfermant le manuscrit du Psalmiste; mais cette découverte est réservée au retour des Juifs, à la fin des temps (2 Mach. 2,7) (Revue biblique internationale, Volume 3, 1906 - books.google.fr).

Quand le Prophète Jérémie (III,16) parle du tems du Messie, & de la vocation des Gentils à la foi, il dit, qu'alors on ne parlera plus de l'Arche du Seigneur ; on n'y pensera plus, on ne s'en souviendra plus. [...]

On peut conclure aprés tout ce qui a été dit jusqu'ici, qu'il y a beaucoup d'apparence que jamais l'Arche d'Alliance ne fut découverte depuis la captivité de Babylone; ni les Prophètes qui ont vécu depuis cette captivité, ni Esdras, ni Néhémie, ni les Maccabées, ni Joseph n'en ayant rien dit. La tradition des Juifs conspire en ce point avec celle des Chrétiens. Au fond la présence de l'Arche d'Alliance, n'étoit pas nécessaire au Temple, ni pour fixer le culte des Juifs, ni pour les instruire de leurs obligations. L'essentiel consistoit à connoître, & à pratiquer les Loix du Seigneur ; c'est ce qui se pouvoit aisément sans les tables de pierres (Augustin Calmet, Dissertation qui peuvent servir de prolegomenes de l'ecriture sainte, Tome 2, 1720 - books.google.fr).

Golem

Un récit pseudépigraphe des hassidim rhénans du XIIIème siècle rapporté par M. Idel (Le Golem, 1992) raconte du prophète Jérémie qu'il aurait créé un golem (en hébreu, le mot signifie aussi « embryon »), sorte de robot qui, sitôt fabriqué, aurait reproché au prophète de l'avoir été. Car ainsi, il ne serait plus possible désormais, quand on rencontre un être, de savoir s'il est homme, créature de Dieu, ou golem, créature de l'homme. Voyant cela, Jérémie aurait détruit son œuvre. La légende du golem est récurrente dans la pensée juive. Elle attire l'attention sur le risque qu'il y aurait, pour l'homme, à n'avoir aucun frein à sa connaissance (René Frydman, Dieu, la médecine et l'embryon, 1999 - books.google.fr).

ICHTYS

Sur la tombe de l'abbé Henri Boudet, se trouve gravé ECC I.11 qui est la référence d'un extrait du livre biblique de l'Ecclésiaste ("Vanité des vanités, tout est vanité"), ainsi qu'un probable ICHTYS ("poisson" en grec).

Un pêcheur pécheur, tel est Simon-Pierre qui, avec ses compagnons, exerce son métier sur un étrange plan d'eau. La Bible l'appelle lac de Kinneret ou de Génésareth, mer de Tibériade ou de Galilée. À la différence des Phéniciens et des Philistins, le peuple d'Israël n'était guère marin et ces eaux intérieures lui semblaient immenses. Elles ne sont pas stagnantes (même si le texte latin parle de stagnum) puisque le lac se déverse dans le Jourdain qui se jette dans la mer Morte. Chateaubriand parle bien sévèrement d'un « fleuve décoloré, qui se traîne à regret vers le lac empesté qui l'engloutit ». Le lac de Génésareth ou de Kinneret est donc un réservoir d'eau ayant la forme d'une lyre (en hébreu, kinnor). L'eau descend des montagnes du Liban, irrigue le pays mais vient mourir en la mer Morte et ne rejoindra jamais les océans. Le travail de Pierre devient fécond quand il « avance en profondeur » vers la haute mer. [...] Cette « pêche miraculeuse », décrite aussi par les trois autres évangélistes, a suscité beaucoup d'interrogations chez les exégètes d'autant que, pour Jean (21,114), elle se situe après la Résurrection et surprend Simon-Pierre tout nu. L'idée de pêcherles hommes semble aussi ambiguë : pour le prophète Jérémie (16, 16), Dieu pêchait des hommes afin de châtier ces coupables comme les poissons pris sont mis à mort. Et si l'homme vit en son péché comme un poisson dans l'eau, faut-il l'extraire de son milieu naturel ? (Odon Vallet, L'Evangile des païens, 2006 - books.google.fr).

Les pêcheurs de Jérémie ont passé pour les Chaldéens, mais aussi saint Jérôme en a donné une interprétation animiste, suivant Origène :

Sur Jérémie, 16, 16 : j'enverrai des pécheurs et des chasseurs. — Les pêcheurs que Dieu a envoyés, dit Jérôme, sont les Apôtres (citation de Matthieu, 4, 19) qui ont pris les âmes dans leurs filets. L'âme doit alors éviter de retourner dans ces profondeurs, mais plutôt résider sur les montagnes, c'est-à-dire avec les Prophètes, sur les collines, c'est-à-dire avec les justes et dans les cavernes, c'est-à-dire à la suite de Jésus, car Jésus est la Pierre (citation de 1 Cor., 10). Alors viendront les chasseurs c'est-à-dire les Anges des derniers temps. S'ils nous trouvaient ailleurs, ils nous diraient : Insensé, cette nuit on te redemandera ton âme ! » Nous avons là une interprétation eschatologique. Jérôme s'inspire d'Origène. Il dit d'abord : « Nos interprètes estiment avec raison que Jérémie, dans ce verset, vise l'autre vie ». Nous reconnaissons tout de suite dans cette remarque le nom de « l'interprète ». La suite le prouve : les pêcheurs sont les Apôtres — (même citations de Matthieu, 4, 19) — ; les chasseurs sont les ecclésiastiques ou les Anges des derniers temps ; ces anges viendront nous prendre dans les cavernes : les cavernes sont les Apôtres ou leurs disciples, car J.C. est la Pierre (même référence à 1 Cor., 10). Pourtant Jérôme reste lui-même : les montagnes sont les dogmes sublimes, les collines sont les bonnes œuvres. Là s'arrête son commentaire ; il a livré l'idée générale d'Origène, mais il passe sur les subtilités allégoriques et n'insiste pas sur la dimension mystique de l'interprétation du Maître (Yvon Bodin, Saint Jerôme Et L'Eglise, 1966 - books.google.fr).

Les astronomes modernes emploient encore les expressions correspondantes, Cordons et Nœud des Poissons; l'étoile qui forme le nœud est de troisième grandeur. Au lieu de Sundesmos upouraios, Nodus sub caudis, qu'on trouve maintenant dans Aratus, il paraît qne Cicéron et Avienus ont lu dans leurs manuscrits, Sundesmos upouranios, puisqu'ils se servent tous deux des mots Nodus cœlestis, nœud réleste. Pline (Hist. Nat., liv. XVIII, ch. 31) se sert de l'expression Commissura cœlestis, qui répond aux mots Nodus cœlestis de Cicéron. Germanicus (v. 245) s'est contenté de l'expression Nodus, noeud, à la place de laquelle Geminus et Prosilus se servent du mot grec Sundesmos, nœud. Cicéron appelle les cordons des Poissons tantôt Catenœ, chaînes (v. 249), tantôt Vincula, liens (v. 395). Germanicus se sert de l'expression Vincula; le scoliaste de Germanicus donne aux deux cordons le nom commun d'Alligamentum luteum, ligament jaune. Hygin (page 261) nomme les deux cordons tantôt Lineola, petite ligne, tantôt Conjunctio, conjonction. Festus Avienus emploie les mots Vincula, liens, et Cingula, ceintures, pour désigner les deux cordons (Marcus Tullius Cicero, Œuvres complètes, présenté par M. de Golbery, Tome 21, 1834 - books.google.fr).

Eternelle Vérité

La fin de La Vraie Langue Celtique, page 306 :

Les missionnaires chrétiens envoyés par l'illustre et saint Evêque pour conquérir à la vérité les esprits et les coeurs des Gaulois de la Narbonnaise, comprirent, en pénétrant dans le cromleck des Redones, que les respect dont on entourait ces pierres taillées ou levées, était un respect devenu idolâtrique, et ils firent graver des croix grecques sur tous les points de ce cercle de pierres, à l'entrée du Cromleck, aux Crossés, au Roukats, au Serbaï rou, sur la crête du Pla de la Coste et de las Brugos et au Cugulhou du couchant. Alors, à l'arête du cap dé l'Hommé sur le haut d'un ménir, en face du temple paï en, converti en église chrétienne détruite plus tard par l'incendie, fut sculptée une belle tête du Sauveur regardant la vallée, et dominant tous ces monuments celtiques qui avaient perdu leurs enseignements. La croix, victorieuse du paganisme, n'a pas discontinué de régner dans le cromleck de Rennes-les-Bains, et maintient toujours, gravés dans le coeur religieux de ses habitants, les préceptes de vie donnés au monde par l'Eternelle Vérité.

rappelle étonnamment un passage d'Alexandre du Mège qui mentionne le prophète Jérémie ainsi que Jérusalem, peut-être symbolisée chez Boudet par les croix grecques, présentes dans le blason chrétien de la ville (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre III - Ps. 77) :

L'Egypte et la Perse avaient, vers ces temps, joint leurs superstitions à celles des Grecs, des Latins, des Ibères et des peuples venus du Nord ; et, malgré une résistance assez forte, Isis et Sérapis, Mythra et le système du dualisme avaient envahi la capitale du monde et trouvé des partisans zélés dans les différentes portions de l'empire. Bientôt des autels furent consacrés à Isis dans le sein des Pyrénées; Mythra eut des adorateurs chez les Elusates et les Ausci, et de cette époque lointaine date, peut-être, le culte du Mauvais Génie, du Dieu des Ténèbres, de l'Ahrimane impur, qui, sous divers noms, sous diverses formes, paraissait s'opposer à toutes les actions du Dieu de la Lumière et du Bien. Il établit son séjour dans les lieux les plus déserts, et c'est dans ces solitudes, qu'aujourd'hui, comme au deuxième siècle, comme au seizième, on croit encore à sa présence. De l'introduction des cultes de l'Orient dans les Pyrénées date pour ces contrées l'entière décadence du polythéisme. Tandis qu'on voyait se multiplier les principes religieux les plus contradictoires, les adorations les plus opposées, les traditions et les légendes les plus absurdes, la culture des lettres et une civilisation, toujours croissante, apportaient, dans la Gaule Méridionale, la connaissance des divers systèmes philosophiques sur la cause première, sur la nature de l'homme, sur l'essence et le pouvoir des Dieux. Un désordre effrayant régna bientôt dans les idées. Ici, la mythologie de l'Egypte avait des partisans; là, des adorateurs se pressaient dans les antres de Mythra et se faisaient initier à ses mystères; mais, en général, dans les classes élevées, aux poétiques, aux riants mensonges de l'Hellénie, à la copie, un peu décolorée qu'en avaient faite les Latins, au sublime spiritualisme des vieux Gaulois, on voyait succéder l'indifférence ou l'incrédulité. Pour tout ce qui n'était pas peuple, les Dieux s'en allaient, et, si l'on paraissait encore tenir à leur culte, c'est qu'un intérêt puissant y trouvait son compte. Les provinces, les cités faisaient des vœux, offraient des sacrifices pour la santé des maîtres du monde. Mais ces vœux, ces sacrifices, étaient presque toujours offerts par les magistrats, et dans l'unique but d'obtenir les faveurs du souverain. L'ignorance seule retenait la foule aux pieds des autels. De faux prodiges, des oracles, dont les prêtres avaient le secret, abusaient bien encore les populations, mais, et le bon sens et l'impiété même, attaquaient avec une égale force et avec des succès non interrompus, les croyances vulgaires. Une révolution morale était indispensable. Les meilleurs esprits l'appelaient, et leurs efforts semblaient en hâter le moment. Mais, pour l'obtenir, la sagesse humaine semblait impuissante. La lumière qui devait éclairer le monde ne pouvait jaillir du choc des opinions des sophistes et des rhéteurs. Il ne fallait pas discuter des systèmes, il fallait entendre la voix de l'Eternelle Vérité. Vierge pure et céleste, la Vérité brilla d'abord sur les monts de la Galilée, sur les contrées qu'arrosent l'Oronte et le Jourdain. Un grand évènement avait frappé les esprits. Les menaces des prophètes étaient accomplies. Solime n'était plus la Reine des Cités, la ville admirable de Jérémie (Alexandre Louis Charles André Du Mège, Archéologie pyrénéenne; antiquités d'une portion de la Narbonnaise, et de l'Aquitaine, nommée plus tard Novempopulanie, 1860 - books.google.fr).

Mort de l'abbé Henri Boudet le 30 mars 1915 d'un cancer

Si Isaïe soigne le roi Ezechias, Jérémie est le seul des prophètes à parler de médecins comme tels (Les Prophètes et la Croix d’Huriel : Prophètes, Vertus, Fleuves du Paradis et Evangélistes).

« Pourquoi, est-il demandé au prophète Jérémie, pourquoi tes vaillants sont-ils tombés en pourriture ? Ils n'ont pu se tenir, parce que le Seigneur les a abandonnés. Quare computruit fortis tuus? Non stetit, quoniam Dominus subvertit exim. » (Jer. XLVI 19.) (Cardinal Adolphe Louis Albert Perraud, Les paroles de l'heure présente 1870 et 1871, 1872 - books.google.fr).

Il n'y avait plus dans l'homme, selon l'expression du prophète Jérémie (chap. XXX, vers. 12), aucun vestige de santé : ses blessures étaient si horribles, et ses plaies si profondes, qu'il fallait nécessairement une main divine et toute-puissanle pour les guérir (Girard, Le jour de Noël, Collection intégrale et universelle des orateurs sacrés du premier et du second ordre, Volume 92, Migne, 1866 - books.google.fr).