Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Gisors et Auxerre : 31 juillet et 20 septembre   
GISORS GERMAIN AUXERRE

L'axe de Gisors (l'un des axes du 31 juillet) passe par Selles sur Cher, Gallardon, Epernon, Magny en Vexin, Parnes, Gisors, Crcy-en-Ponthieu, Ardres, Oye-Plage. Le 31 juillet est la date de la fte de saint Germain d'Auxerre. La ville d'Auxerre est sur un des axes du 20 septembre, la Saint Eustache, nomm Placide avant sa conversion provoque par la vision d'une croix lumineuse entre les bois d'un grand cerf qu'il chassait.

La ligne Gisors-Auxerre passe par Paris : Porte Dauphine ; Champ de Mars (Tout Eiffel) ; Parc Montsouris travers par le Mridien ; Porte de Gentilly ; Gentilly et son quartier de la Reine Blanche,.

Champs de Mars, Paris - Photo de B. Monginoux / Landscape-Photo.net (cc by-nc-nd) - www.landscape-photo.net

La construction de l'cole militaire, par Gabriel, entrane en 1765 la destination du Champ de Mars. On nivela le sol, l'entourant d'un vaste foss et d'une longue alle d'ormes (cf. Orme de Gisosrs), et on ferma l'esplanade par une belle grille.

A Gentilly, le Chteau de la Reine-Blanche (ancien) - on connat une reine Blanche Gisors - appartint madame la duchesse de Villeroy en 1774, duchesse qui est dame de Gentilly : le parc est assez considrable, et dispos dans le genre anglais. Madame de Villeroy possdait alors les deux fiefs dit de la Tour Ronde et de la Tour Quarre.

Jeanne Louise Constance d'Aumont de Villequier (1731-1816) pouse Gabriel Louis de Neufville (1731 - 1794), marquis puis duc de Villeroy. Capitaine des gardes du corps du Roi (2e compagnie franaise) en 1758, il devint gouverneur de Lyon et des provinces lyonnaises, Forez et Beaujolais au dcs de son oncle Louis Franois Anne, en 1766. Il est duc d'Alincourt ( Parnes prs de Gisors). Les Neufville sont en effet possessionns dans la rgion de Gisors (voir ci-dessous) (fr.wikipedia.org - Champ-de-Mars Paris, unchemindeliledefrance.blogspot.fr, fr.wikipedia.org - Gabriel Louis Franois de Neufville de Villeroy).

Selles sur Cher

Sur une frise de l'glise de Selles sur Cher est consacre la vie de saint Eusice. On y voit reprsents quelques-uns des principaux miracles rapports par les biographes. Encore tout jeune, le saint gurit un possd. Quelques annes plus tard, l'abb de Patriciacum, o il s`tait rfugi, l'avait charg du soin des troupeaux; les autres serviteurs, qui taient jaloux de lui, turent les chiens pour que les loups pussent s'emparer des moutons, mais Eusice, ayant trouv les loups dans la bergerie, les arrta pour garder les troupeaux . Convaincu par ce miracle, l'abb donne Eusice l'habit de religieux, mais les envieux. ne dsarment pas, et un jour que le saint, charg du soin de la boulangerie, s'apprtait enfourner, il s'aperut qu'on lui avait soustrait ses instruments; confiant eu Dieu, il lit le signe de la croix et, comme les trois enfants dans la fournaise de Babylone, entra dans le four ardent, le nettoya, y plaa son pain et le retira aprs cuisson, sans souffrir aucun dommage ; on voit le saint qui se prpare entrer dans le four ; ct, il aligne les pains sur une table. Plus loin, les dmons, attels un chariot, tirent des pierres de la carrire pour construire l'glise. (Marcel Aubert, L'glise abbatiale de Selles-Sur-Cher, 1914 - books.google.fr).

En 1920, le cur de Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher) s'tait cru suivi par un lycanthrope alors qu'il portait les derniers sacrements un mourant (Jean Vartier, Les procs d'animaux: du Moyen ge nos jours, 1970 - books.google.fr).

Gallardon

Probablement originaire de la Bourgogne, la famille Le Riche joua un rle important au temps des Captiens. Sous les premiers rois de cette dynastie, elle occupa des postes militaires majeurs qui devinrent rapidement hrditaires, et possda de nombreux biens monastiques. La famille Le Riche a t la souche ou de proches allis des familles de Senlis et Bouteiller de Senlis (seigneurs de Chantilly, Ermenonville, Montepilloy et Luzarches jusquau XIVe sicle) ; de Garlande ; de Clermont-Nesle ; des comtes de Beaumont-sur-Oise et de Clermont-sur-Oise ; des vicomtes de Pontoise ; des seigneurs de Gallardon, Lves et Auneau. Ils ont t prvts puis seigneurs de Chambly ; seigneurs de Chevreuse, de Montlhry et dtampes.

Ansoud Ier L'Auxerrois Le Riche (mort en 956), vicomte d'Auxerre, est le grand-pre de Herbert Ier de Gallardon gardien du chteau de Gallardon l'appel d'Aubbert III son cousin, et le frre d'Aubert Ier de Gallardon poux de Hildeburge de Bellme (fr.wikipedia.org - Famille Le Riche).

Gallardon est clbre pour son mdium Thomas Martin.

Haricotier au bourg de Gallardon prs de Chartres, il se dit tmoin depuis 1816 d'une srie d'apparitions : un homme, vtu d'une redingote et d'un chapeau haut-de-forme, se prsente lui comme tant L'Archange Raphal, ange trs clbre auprs de Dieu . Martin doit aller voir le roi et lui demander de remettre de l'ordre dans le pays, et de faire respecter le dimanche comme jour chm pour honorer le Christ. Les visions de Martin sont d'inspiration ultraroyaliste : pour expier les fautes de la Rvolution, le roi Louis XVIII doit faire reculer l'impit grandissante et rtablir une monarchie stricte et inspire constamment par la Foi. Extrmement sceptique face aux dclarations du paysan, l'vque Charrier de la Roche fait conduire Martin l'asile de Charenton o il est examin par les psychiatres Philippe Pinel et Antoine-Athanase Royer-Collard qui le dclarent sujet une manie intermittente avec hallucination des sens . Louis XVIII reoit cependant Martin aux Tuileries en avril 1816. Il reconnat Charles-Guillaume Naundorff comme tant Louis XVII en 1833. Il meurt d'une congestion en 1834. Sa famille le dit assassin, sans que l'autopsie ait pu prouver cela (fr.wikipedia.org - Thomas Martin, Louis Silvy, Relation concernant les vnemens qui sont arrivs un laboureur, 1817 - books.google.fr).

A ce sujet, le docteur a confirm plus tard la dclaration de son pre, en crivant: Le gnral de La Rochejaquelein est bien venu Gallardon dans la nuit du 31 juillet au 1er aot 1830. Il vint prier mon pre de venir au devant de Charles X Maintenon, ville la plus proche de Gallardon. Mon pre s'y refusa et dit au gnral que le roi ne remonterait pas sur le trne; qu'il y avait derrire lui comme une main qui le repoussait. (Lgitimit, 1903, p. 379). La dernire phrase du rcit du R. P. de Rgnon n'est nullement en contradiction avec ce que rapporte la lgitimit du 1er avril 1903, o nous lisons, page 379: Il (le gnral) me fit demander par le capitaine Blon (parent de Cathelineau) d'aller le voir. JE M'Y REFUSAI.

Toutefois, la fin de l'entrevue, le premier moment d'aigreur ayant disparu, le docteur Martin et son visiteur se sparrent en bons termes. (Lgitimit, 1903, p. 381.) Voici donc deux tmoignages srieux et graves qui s'accordent d'autant mieux qu' notre avis celui du R. P. de Rgnon semble venir de la source Martin. Il est en effet probable que le docteur et les amis chez lesquels il se trouvait Orlans en 1857 ne se seront pas gns pour publier l'anecdote ci-dessus relate. Enfin je tiens ce qui suit de M. l'abb L..., vnrable ecclsiastique du diocse de Nantes, qui, lui aussi, connaissait parfaitement l'entrevue du gnral et du docteur en 1837. Il m'a affirm que, vers 1880, Mme Raymond du Dor (ne de Chalus) lui avait donn l'assurance que le gnral de La Rochejaquelein lui avait dit textuellement, en parlant de Louis XVII : . Je l'ai cherch partout, mais sans aucun rsultat. Nous venons de voir que le gnral avait parl au docteur Martin et Mme du Dor des poques diffrentes. Ses paroles contiennent de graves aveux et prouvent qu'il croyait formellement l'vasion du Dauphin. Mais; il est loin de s'tre born ces deux communications, comme il convient de le rappeler ci-aprs. En 1840, le gnral eut une entrevue avec le baron de Richemnont , chez M. l'abb Jacolet, ex-aumnier du prince de Cond, alors cur de Saint-Ambroise-Popincourt, et y fit la dclaration suivante : Que depuis de longues annes il tait la recherche du fils de Louis XVI, qu'il en avait parl la duchesse d'Angoulme, qui lui avait dclar, comme au comte d'Hrisson le rcit fait par lui M. Gruau de La Barre, rcit dans lequel est relate son entrevue en 1857 avec le gnral de La Rochejaquelein. C'est avant tout la confirmation de la dmarche faite auprs de Martin pre dans la nuit du 31 juillet au 1er aot 1830 (La lgitimit, Volumes 22 24, 1906 - books.google.fr).

Le prnom complet de Martin tait Thomas Ignace. Ignace de Loyola est ft le 31 juillet.

IGNACE THOMAS MARTIN est n et baptis le 18 fvrier 1783 Gallardon, fils de Louis Martin, laboureur, et de Marianne Ridet. Il serait dcd Chartres, le 8 mai 1834, l'ge de 51 ans, poux de Marie-Madeleine Troussebois, puis enterr le 11 mai 1834 Gallardon. (shenandoahdavis.canalblog.com).

"L'ange donc ordonne Martin d'aller trouver le roi ..." - Armand Fouquier, Causes clbres de tous les peuples, t. II, numro 38 ( Les Faux dauphins ), Paris, 1859

Epernon

Malgr toutes les incertitudes qui ont plan sur l'origine de l'glise Saint-Germain-l'Auxerrois, il parait que son vrai fondateur est le roi Chilpric, et que saint Germain en fut le patron. La construction de cette glise eut lieu en 606, et saint Landry y fut inbum en 656. Mais elle ne porta pas d'abord le nom d'Auxerrois: on l'appelait encore, sous la seconde race, Saint-Germain-le-Rond, parce qu'elle avait t leve sur un plan circulaire et sous le patronage de saint Germain. Au commencement de la troisime race, le roi Robert, fils de Hugues Capet, et couronn en 990, fit rebtir cette glise, qui avait t ruine par les Normands dans une de leurs excursions Paris. Ce fut alors qu'elle prit la dsignation de Saint-Germain-l'Auxerrois, pour n'tre pas confondue avec une autre glise; mais les historiens de Paris n'expliquent pas d'o est venu le nom d'Auxerrois. En 1423, sous la domination anglaise, cet difice prouva une nouvelle mtamorphose, en laissant toutefois subsister l'ordonnance sarrasine de son porche, derrire lequel est plac le buffet d'orgue. Dulaure rapporte que de cette glise partit le signal donn par une de ses cloches pour le massacre des protestants la Saint-Barthlemy, en 1572. Dj, en 1356, ce lieu avait servi de point de runion et de dpart la fameuse insurrection d'Etienne Marcel, prvt des marchands, contre les grands d'alors. Le chapitre de Saint-Germainl'Auxerrois exera longtemps une redoutable prpondrance sur les glises voisines; elle ne cessa qu'en 1744, poque o ce chapitre fut runi celui de Notre-Dame. En 1831, le clerg ayant eu l'imprudence de tenter de clbrer dans ce temple un service en mmoire des princes de la famille dchue et du duc de Bordeaux, le peuple de Juillet, qui venait de renverser la branche aine des Bourbons pour lui substituer la branche cadette, se porta en masse dans l'glise afin d'en chasser les officiants, et de l, comme il souponnait l'archevque d'avoir autoris la clbration qui venait d'exciter sa colre, courut l'archevch, qui fut en un moment tout fait dmoli. Le maire du quatrime arrondissement, M. Cadet de Gassicourt, sauva du mme sort l'glise Saint-Germain-l'Auxerrois, qui a t restaure et rendue au culte en 1838, et dont en 1842 on a rpar le portail. (Albert Montmont, Guide universel et complet de l'tranger dans Paris, suivi d'une revue des environs de Paris, 1859 - books.google.fr).

L'Abb Lebeuf croit qu'il en faut attribuer la premire origine une Chapelle qui aurait t construite peu de temps aprs la mort de Saint Germain, vque d'Auxerre. C'est sur l'ordre de Chilpric Ier (roi des Francs) que dbuta la construction de l'glise qui souhaitait y voir le futur tombeau de Saint Germain de Paris (ce que ne se ralisera pas), sur l'emplacement de la chapelle btie en 540 (sous l'invocation de Saint Germain d'Auxerre) pour le roi Childebert Ier et la reine Ultrogothe. En 584, le roi meurt assassin laissant l'glise inacheve. Mais sous le rgne de Ppin, le 25 juillet 754, ce Prince, assist de ses fils et des Grands du Royaume, fit faire avec la plus grande pompe, la translation du corps de Saint Germain de Paris de la petite Chapelle de Saint-Symphorien dans le chur de la grande glise de Saint-Vincent, qui depuis fut appel de glise Saint-Germain (des Prs) ou de Saint-Vincent et Saint-Germain vraisemblablement pour distinguer ces deux glises ddies sous le nom du mme Saint, dont la dernire tait nomme Saint-Germain-le-Rond. (fr.wikipedia.org - Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris).

Le dauphin, rgent du royaume aprs la dfaite de son pre Jean II le Bon Poitiers en 1356, et soumis la pression de Parisiens favorables une monarchie constitutionnelle, finit par s'enfuir de Paris. Par peur des reprsailles, tienne Marcel fait armer les Parisiens, achve les fortifications de la ville. Il fait l'erreur de faire appel au roi de Navarre, Charles le Mauvais, l'ennemi hrditaire. Les troupes anglo-navarraises sont stationnes Epernon, commandes par l'aventurier anglais James Pype qui s'intitule lieutenant pour le roi de Navarre. Les troubles s'accentuent. Jouant la carte anglaise, le prvt se met dos une partie des Parisiens. Le drapier est dans de sales draps. Etienne Marcel est assassin le 31 juillet 1358. Six ans plus tard, aprs la mort de son pre Londres, le dauphin devient le roi de France Charles V. (Frdric Lewino et Gwendoline Dos Santos, 22 fvrier 1358, 2013 - www.lepoint.fr, Jean Froissart, Chroniques: 1356 - 1360, Volume 5, traduit par Simon Luce, Gaston Raynaud, Lon Mirot, 1874 - books.google.fr).

Crcy

Sur ses conseils, le dbarquement a lieu La Hougue de Saint-Vaast, le 12 juillet 1346. Nous connaissons la suite. Le 31 juillet, le roi d'Angleterre s'empare de Caen, puis se dirige vers la haute Normandie, en vitant les places bien fortifies (comme vreux et Rouen). La ville de Louviers, appartenant l'archevque, tait mal dfendue : elle est prise, pille et brle. Entretemps, Philippe VI a rassembl son arme et rattrape les Anglais Crcy-en-Ponthieu [chef-lieu de canton de la Somme]. C'est l que se livra la bataille de Crcy (Franois Neveux, La Normandie pendant la guerre de Cent Ans, XIVe-XVe sile, 2008 - books.google.fr).

A cette bataille prcisment furent tus le comte d'Auxerre Jean II de Chlon et le comte de Bar. Jean III sera prisonnier la bataille de Poitiers, en 1356, et fut conduit avec le roi Jean II le Bon Londres, d'o il ne revint que 4 ans aprs (Andr Gourlin, Mailly le Chteau, 1979 - books.google.fr, Edme Bguillet, Description gnrale et particulire du Duch de Bourgogne, 1848 - books.google.fr).

La seconde pouse du roi Philippe VI de Valois, le battu de Crcy, recevra le douaire de Gisors et de Neufchteau.

L'glise Saint-Sverin de Crcy fut construite sur le plan d'une croix latine aux XVe-XVIe sicles. Les soubassements sont faits en damiers de grs et de silex. De style gothique flamboyant, restaure au dbut du XXe sicle, elle est domine par un clocher-porche dont le portail a t mur. Ce porche est surmont d'une rosace flamboyante (fr.wikipedia.org - Crcy-en-Ponthieu).

Le 3 aot 1347, aprs un sige de onze mois, Calais capitule devant les troupes anglaises. Le roi douard III Plantagent s'apprte passer la population au fil de l'pe. Puis il se ravise et prtend n'excuter que six otages, les bourgeois de Calais (www.herodote.net).

La Bouvaque (Abbeville) o existe un culte de saint Millefort (6 septembre) se trouve prs de cet axe du 31 juillet.

Oye-Plage

Germain d'Auxerre visita la Morinie avec saint Patrick et saint Loup de Troyes.

La Morinie s'tendait de l'embouchure de l'Escaut - frontire avec les Mnapes au nord - la valle de la Canche, frontire avec les Ambiens. Csar fut trs intress par cette partie du territoire Morin o la traverse vers la (grande) Bretagne tait "le plus court". Bien que Csar se soit battu contre les Morins, il n'a russi conqurir qu'une partie assez rduite de leur territoire (notamment le sud-ouest autour de Boulogne et Calais). La partie nord des Morins restait indpendante jusqu' ce que l'empereur Auguste les annexe entre 33-23 av. J.-C. (fr.wikipedia.org - Morins).

Que devenait la Morinie durant ces sanglants conflits ? Comme bien d'autres Cits de la Gaule, il est probable qu'elle ne comptait plus gures que pour la forme au nombre des provinces romaines. Voisine du territoire envahi par les Francs, elle allait bientt tre saisie elle-mme, et former, avec les provinces contigus, le noyau de la monarchie naissante. En attendant, et en l'absence de l'autorit lgale qui ne la protgeait plus, il y a lieu de penser que si elle ne fut pas livre aux consquences de l'anarchie, elle le dut l'intervention chrtienne dont le pouvoir, en ces temps de transition, de plus en plus respect, demeurait seul sur la brche. Pendant que la lutte la laissait encore l'cart, elle avait reu la visite apostolique d'un homme que l'Irlande devait nommer son patron. St-Patrice s'arrta plusieurs annes chez les Morins, et s'y prpara par la prdication la grande mission qu'il tait appel remplir. Il y fut rejoint par St Germain, d'Auxerre, et St Loup, de Troyes, envoys en Bretagne par le pape Clestin pour y combattre l'hrsie de Plage. Ces saints vques s'tant embarqus Boulogne, les Fastes ecclsiastiques mentionnent l'horrible tempte par laquelle ils se virent assaillis dans le dtroit, et qui ne put tre apaise que par un miracle du Ciel (Joseph-Hector de La Gorgue de Rosny, Histoire du Boulonnais, 1868 - books.google.fr, Analecta bollandiana: revue critique d'hagiographie, Volume 76, 1958 - books.google.fr).

Gisors et saint Germain d'Auxerre

L'glise saint Martin de Boury en Vexin possde depuis le XIIIme sicle comme relique un bras de saint Germain d'Auxerre, patron de la paroisse (Jean-Paul Labourdette, Nord Pas de Calais Picardie 2008, Le petit fut, 2007 - books.google.fr).

Pierre le Gendre, seigneur de Magny en vexin et de Parnes, trsorier de France sous Louis XII puis Franois Ier, meurt le 3 fvrier et est inhum dans l'glise Saint Germain l'Auxerrois de Paris.

Lorsque Pierre Le Gendre acquit le domaine d'Alincourt ( Parnes), il dut partager son temps entre l'htel parisien qu'il faisait construire et le chteau mdival o il effectua de grands travaux. Sa prodigieuse ascension sociale et politique allait ainsi pouvoir tre matrialise dans la pierre. Le Gendre reprsente bien en cela la nouvelle classe des bourgeois parvenus. N'pousa-t-il pas en secondes noces Charlotte Brionnet, issue d'une famille appartenant au riche milieu d'affaires tourangeau ? Paralllement la construction du clbre htel Le Gendre Paris aujourd'hui disparu, il acquit les terres, chteau et seigneurie d'Alincourt, qui allaient lui permettre d'asseoir sa puissance nouvelle sur l'anciennet de la demeure (Jean-Louis Rebire, Anne Bossoutrot, Le chteau de Pierre Le Gendre Alincourt. Identification d'un dessin de l'atelier de Van der Meulen. In: Bulletin Monumental. Tome 155 N2, anne 1997 - www.persee.fr).

Il mourut Paris dans son htel, rue des Bourdonnais, le 3 fvrier [Saint Blaise] 1525 ; son cur fut port l'glise de Magny-en-Vexin et son corps inhum Saint-Germain l'Auxerrois, dans la chapelle de la Trinit.

Le 16 dcembre 1513, Pierre Le Gendre, chevalier, conseiller du Roi et trsorier de France, paroissien de Saint-Germain l'Auxerrois, obtenait du chapitre la concession de cette chapelle dans laquelle tait dj inhum son cousin Jean Mauduit, valet de chambre de Charles VIII. La concession tait accorde charge pour le preneur d'entretenir la chapelle, avec le droit d'y placer tels meubles et statues qu'il lui plairait, d'tre enterr dans la cave, ainsi que sa femme et ses descendants et hritiers portant ses armes : la chapellenie qui y tait fonde depuis longtemps continuerait d'y tre desservie et, si le chapitre entendait agrandir l'glise de ce ct, Pierre Le Gendre et ses ayants cause seraient tenus d'y excuter les travaux leurs frais (pitaphier du vieux Paris, Tome V, Fascicule premier, 1974 - archive.org).

Parmi ces fonctionnaires royaux de premier plan, la personnalit la plus marquante pour le Vexin franais est sans conteste celle de Pierre Le Gendre. Fils du parisien Jean Le Gendre, trsorier des guerres, seigneur de Villeroy (mort en 1512), il cumula lui-mme de nombreuses charges publiques dont celles de notaire et secrtaire du roi (depuis 1493), de trsorier des guerres (au moins 1496-1504) et de trsorier de France Outre-Seine et Yonne (depuis 1504). Soucieux comme ses pairs de placer les bnfices de ses offices, Pierre Le Gendre jeta son dvolu sur le Vexin franais, rgion d'origine de la troisime pouse de son pre, Franoise de Dampont, avantageusement situe mi chemin entre Rouen o il tait receveur des tailles et subsides (1485-1498) et la capitale o il se fixa aprs 1498 et o il fut prvt des marchands en 1508-1510. L'achat des seigneuries de Saint-Gervais, Parnes et Alincourt en 1488 fut la premire acquisition d'une longue srie qui ne s'interrompit qu' sa mort en 1525. Magny-en-Vexin, dont il acheta la seigneurie en juillet 1498, devint le centre administratif de son domaine. Il obtint du roi, quelques mois plus tard, la cration dans cette ville de deux foires annuelles, le 9 mai et le 29 septembre. En 1519, il acquit la sergenterie fieffe de ce lieu et, en 1521, une partie de la haute justice sur le bourg et ses environs. Pierre Le Gendre marqua de son empreinte artistique la plupart de ses possessions franciliennes et normandes 102, et tout particulirement dans le domaine de l'architecture dont sa familiarit avec les rouages de la commande lui avait assur des missions pour le compte du roi Paris. Mais c'est au Vexin qu'il consacra ses plus grandes libralits. [...]

Pierre Le Gendre tant mort sans enfant, c'est son neveu, Nicolas II de Neufville-Villeroy (mort en 1549 ou 1552), qui lui succda dans ses charges de conseiller, secrtaire du roi et trsorier de France Outre-Seine et Yonne (1525-1532), comme dans la plupart de ses possessions foncires, les plus proches de Gisors revenant cependant son parent, Jean de Boudeville. [...]

Install aux portes de Gisors ( Courcelles et au Boisgeloup), Pierre Le Gendre tait en affaire avec plusieurs notables de cette ville. Pour autant, il ne s'impliqua pas personnellement dans la reconstruction de l'glise SaintGervais ; du moins pas directement car son intervention est sous-jacente dans le fait que la fabrique et la principale confrrie de la paroisse bnficirent, au moment o le chantier battait son plein, des dons de nombreux clercs, officiers des finances et membres de la chancellerie royale qui lui taient proches. Le premier signe de l'intrt port par son entourage l'glise de Gisors remonte 1489, poque o Pierre Le Gendre prenait pied dans le Vexin. Cette anne-l, la confrrie de l'Assomption enregistra l'adhsion de Philippe de Valangelier, bourgeois de Paris, clerc de Jean Le Gendre, trsorier des guerres, pre de Pierre. Vinrent ensuite les membres de la chancellerie : en 1497-1498, l'Auvergnat Jean Duprat, clerc des finances du roi, racheta la confrrie une rente assigne en sa faveur. En 1499, au cours d'une tourne qui devait l'amener Gaillon, Thomas Bohier, gnral des finances de Normandie (mort en 1524), s'y fit enregistrer moyennant quatre cus avec son pouse Catherine Brionnet, parente de celle qui allait devenir la seconde femme de Pierre Le Gendre. La mme anne c'est le parisien Jean Bud (1464-1522), frre de l'humaniste Guillaume, notaire et secrtaire du roi et lu de Gisors (document ce poste en 1493-1511), qui lui versa 5 livres avec son pouse Marguerite Mesnart, fille de Catherine Le Gendre, demi-sur de Pierre. En 1500-1501, l'Assomption de Gisors enregistra l'adhsion de Louis de Poncher (mort en 1521). Notaire et secrtaire du roi et trsorier de France comme Pierre Le Gendre 135, il tait surtout le beau-frre de ce dernier dont il avait pous la sur Roberte. Mais il avait une autre raison de de s'intresser Gisors : un membre de sa famille, Jean (un oncle ?), notaire et secrtaire du roi, y avait t lu des aides dans les annes 1470-1480. [...]

Les historiens l'ont soulign, l'origine parisienne et l'implantation dans le Vexin de la famille Le Gendre-Neufville avant le second quart du XVIe sicle constitue une exception dans ce milieu de la chancellerie royale dont les membres se recrutaient encore majoritairement dans le Val de Loire. C'est de l notamment qu'tait originaire Jacques Rolant, cuyer, notaire et secrtaire du roi et vicomte de Gisors, qui versa en 1489 cinq livres la confrrie de l'Assomption [...] la gnration suivante, la gnrosit dont firent preuve les notaires et secrtaires du roi envers l'glise de Gisors tmoignait moins d'un dsir d'y laisser une trace durable de leur passage que d'un souci de reconnaissance envers des communauts lourdement mises contribution, et, d'une certaine manire, d'une allgeance leur collgue et parent Pierre Le Gendre, si profondment ancr dans cette rgion. Pour tous ces hommes, la commande artistique ou le soutien des entreprises monumentales dans le Vexin et ses environs tait le prolongement naturel de leur activit en la matire dans la capitale. Paris, Pierre Le Gendre joua lui-mme un rle dcisif dans la fixation gographique de cette lite comme dans la diffusion d'une architecture d'un grand raffinement. partir de 1493, il acquit entre la rue des Bourdonnais et la rue Tirechappe un ensemble de parcelles o il leva un somptueux htel, dtruit en 1841. L'entreprise, bien avance selon nous ds 1499, associait un dcor italianisant novateur et un plan au schma rationalis ds le milieu du XVe sicle. Elle eut immdiatement valeur d'exemple. Louis de Poncher, galement install rue Tirechappe, y fit lui aussi btir en 1503-1504 un htel, dont Antoine Bohier, fils de Thomas, hrita en 1522. Dix ans plus tard, c'est Nicolas de Neufville, hritier de la seigneurie de Villeroy la mort de son grand-pre Jean Le Gendre en dcembre 1512, qui prit pied dans le mme quartier. l'emplacement de l'ancien htel d'Alenon, rue d'Autriche, il construisit son tour un luxueux htel, achev au dbut de l'anne 1518, o il hbergea le roi en 1528. C'est l'oppos de cet htel qui disparut lors de la construction de la colonnade du Louvre, de l'autre ct de l'glise Saint-Germain-l'Auxerrois, que rsidait Denis Duval, rue de l'Arbre-Sec, dans un htel o des embellissements rcents taient signals en 1511. Tous ces individus lis par des alliances matrimoniales se retrouvrent donc paroissiens de Saint-Germain-l'Auxerrois. Ils rivalisrent de gnrosit envers cette glise, tirant partide la reconstruction entame vers 1476 pour y laisser la marque de leur action. Louis de Poncher y fit btir en 1506 au sud du chur une chapelle qu'inaugura son frre an tienne, vque de Paris, et dans laquelle ilfut inhum en 1521 avec son pouse morte l'anne prcdente. Le tombeau portant les gisants des dfunts y fut plac en 1523. Pierre Le Gendre obtint en dcembre 1513 la concession de la chapelle de la Trinit au nord du chur, qu'il fit probablement embellir sinon rebtir. Dans les annes 1520, Denis Duval qui exerait les fonctions de marguillier y fit lui aussi construire une chapelle usage funraire, proximit de celle des Poncher. Des liens artistiques troits devaient exister entre Saint-Germain-l'Auxerrois et les htels des alentours, mme si ces derniers, en tmoignent les vestiges de l'htel Le Gendre, devaient apparatre en matire de dispositions et de dcor plus innovants que les parties flamboyantes de l'glise. On sait dsormais que Nicolas de Neufville confia la construction de son htel Jean Moireau, qui tait intervenu en 1503 comme expert dans les travaux de l'htel de Louis de Poncher et qui avait bti en 1506 la chapelle funraire de ce dernier dans l'glise Saint-Germain-l'Auxerrois dont il tait matre maon. Signal Paris depuis 1488, cet architecte de renom pourrait fort bien tre le matre d'uvre de l'htel Le Gendre. Un document indit nous apprend qu'il dirigeait en 1517 le chantier de l'escalier de la Sainte-Chapelle dont l'italianisme de faade a longtemps entretenu l'illusion qu'il s'agissait de l'uvre d'un Italien, Fra Giocondo en l'occurrence. Or les travaux de l'ensemble des btiments du palais de la Cit taient superviss cette poque par le collge des trsoriers de France dont faisaient partie Pierre Le Gendre et Louis de Poncher. Les chantiers parisiens de Pierre Le Gendre et de son entourage eurent, selon nous, des rpercussions sur l'activit architecturale dans le Vexin en raison de l'installation dans cette rgion de matres d'uvre parisiens employs dans la capitale par ces commanditaires. Ce n'est sans doute pas le fruit du hasard si l'office de matre des uvres de maonnerie du roi au bailliage de Gisors tait exerc, en 1500-1511, par Jean Marchant le jeune, charpentier Paris, qui participa en 1503-1504 la construction de l'htel de Louis de Poncher aprs avoir sans doute contribu btir celui de son voisin Pierre Le Gendre (tienne Hamon, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les glises du Vexin franais, 2008 - books.google.fr).

Les Neufville-Villeroy constituent une dynastie de gouverneurs de Lyon au XVIIme et XVIIIme sicles (Brghot du Lut, Pricaud An, Catalogue des Lyonnais, 1838 - books.google.fr).

Auxerre : axe du 20 septembre ou la Saint Eustache

Selon Constance de Lyon, qui rdigea sa Vita Germani vers les annes 475-480, saint Germain se rendit Ravenne pour plaider la cause des Armoricains auprs de l'empereur ; ils avaient t livrs par le patrice Aetius au roi des Alains, Goar. Bien que l'itinraire n'ait pas t prcis, il est peu prs certain que le clbre vque utilisa la grande voie Lyon Milan par le col du Petit-Saint-Bernard. L'vque meurt Ravenne et son corps est ramen Auxerre. Le cortge funbre repasse les Alpes. Et au IXe sicle, Hric d'Auxerre prcise dans ses Miracula Sancti Germani l'endroit de la rencontre o le prtre Saturnus accueillit le corps du saint vque. C'tait au mons qui minoris Jovis dicitur , qui est le Petit-Saint-Bernard. Hric dit qu'en ce lieu se trouve une glise, passage oblig du plerin de Rome, petite par les dimensions, grande par les miracles. Et il se fait l'cho d'une tradition indiquant que cette glise fut construite en raison de la dpouille du saint vque, qui y reposa lorsqu'on le ramenait de Ravenne. Il s'agit de l'hospice avec sa chapelle construit ct de la colonne Joux romaine. De cette documentation bien fragmentaire que pouvons nous conclure ? L'organisation diocsaine de la Tarentaise date du dbut du Ve sicle. Genve et Grenoble ont des vques la fin du IVe sicle; la Maurienne la fin du VIe sicle ; Aoste en Italie au dbut du Ve sicle et le Valais dans le troisime tiers du IVe sicle, le premier vque saint Thodore fondant le culte de la la Lgion Thbaine Agaune (Histoire et archologie, Numros 47 52, 1980 - books.google.fr).

On rencontre un vque de Tarentaire Gisors envoy par le Pape Alexandre pour rconciliern, en vain, les rois de France et d'Angleterre :

Le jour des Cendres, qui, cette anne 1174 , fut le 6me de fvrier, les deux rois se rendirent au monastre de Mortemer, de l'ordre de Cteaux, dans la fort de Lions en Normandie. Le saint archevque y officia et donna les cendres aux deux rois. Il y gurit un chevalier qui depuis longtemps avait perdu un il par une blessure. Il fit encore dautres miracles Gisors, dans labbaye de Lierre et Haute-Bruyre. Mais ce fut tout le fruit de son voyage, et il ne russit pas dans la ngociation de la paix pour laquelle le Pape lavait envoy. A son retour, il tomba malade, et fut oblig de sarrter au monastre de Belleval, dans le diocse de Besanon. Il y mourut le jour de lExaltation de la sainte Croix, 14me de septembre de la mme anne 1174, et fut enterr le troisime jour par Evrard, archevque de Besanon, accompagn de plusieurs abbs. Il avait vcu soixante-treize ans, et rempli pendant trente-trois ans le sige de Tarentaise. LEglise honore sa mmoire le 8 mai qui est aussi la fte de saint Michel au Mont Gargan (Ren-Franois Rohrbacher, Vies des Saints, pour tous les jours de l'anne l'usage du clerg et du peupl fidle, Volume 3, 1853 - books.google.fr).

Le convoi ramenant le corps de saint Germain d'Auxerre, mort Ravenne, passa par Avallon, sur cet axe Gisors-Auxerre pour arriver dans la capitale de l'Yonne (Archologia, Numros 242 247, 1989 - books.google.fr).

Ce trajet enpruntait l'ancienne voie Agrippa de l'Ocan qui partait de Lugdunum (Lyon) et passait par Cavillonum, (Chalon-sur-Sane), principal port commercial de l'Arar (La Sane) ; Aballo (Avallon) ; Girollis (Girolles) ; Sermizelles ; Camp de Cora ; Saint-Mor ; Prgilbert ; Vicus Scoliva (Escolives) ; Autessiodurum (Auxerre). Le point d'arrive tait Gesoriacum (Boulogne-sur-Mer) qui aurait constitu, selon certains, le principal axe commercial vers l'le de Bretagne. Gesoriacum ressemble assez Gisors (fr.wikipedia.org - Via Agrippa de l'Ocan).

Sur cet axe, au bord de la Mditerrane, se trouve : San Remo dont la cathdrale San Siro possdait un oratoire "d'une importance considrable la relation au titre, qui est de Saint-Germain d'Auxerre (France)", dtruit aprs la seconde guerre mondiale (www.parrocchiasansiro.org) ; Aix-les-Bains ct de laquelle se trouve Saint Germain la Chammbotte (paroisse de Germain d'Auxerre) (de.wikipedia.org - Saint-Germain-la-Chambotte).

La commanderie templire de La Saulce sur Yonne Escolives Sainte Camille, prs d'Auxerre, possdait une chapelle Saint Eustache (Michel Miguet, Les templiers en Bourgogne, 2009 - books.google.fr).

La vitrerie de la cathdrale d'Auxerre constitue l'ensemble le plus important conserv dans cette province portant sur la Bourgogne du XIIIme sicle. [...] Mme Raguin distingue dans la production bourguignonne l'uvre de huit ateliers : l'atelier de la Gense (Auxerre), le matre de saint Eustache (Auxerre), l'atelier de Saint-Germain- les-Corbeil qui fournit des verrires Troyes, Semur-en-Auxois (Auxerre), l'atelier de l'Apocalypse dnomm ainsi d'aprs la verrire d 'Auxerre et actif Saint-Julien-du-Sault et Saint- Fargeau, l'atelier de l'Enfance du Christ (Saint-Julien-du-Sault), l'atelier d'Isae de la Sainte-Chapelle de Paris actif Saint-Julien-du-Sault et Auxerre, le matre de la Madeleine (Semur-en-Auxois), enfin l'atelier de Notre-Dame de Dijon (Franoise Perrot, Virginia Chieffo Raguin, Stained Glass in Thirteenth-Century Burgundy. Princeton, 1982, 182 p.. In: Bulletin Monumental. Tome 147 N1, anne 1989 - www.persee.fr).

La chapelle Saint-Eustache de la cathdrale Saint Etienne de Beauvais s'enrichit d'un nouveau vitrail que, le 13 mai 1572, Nicolas Brocard, marchand de la ville, commande un matre verrier de Gisors, Romain Buron (Annie Henwood-Reverdot, L'glise Saint-tienne de Beauvais: histoire et architecture, 1982 - books.google.fr).

Les deux fils de Jean Buron, Guillaume et Romain, prirent sa succession et excutrent, dans les annes 1560, au moins cinq verrires histories pour les fentres hautes de la nef et pour les baies des chapelles, toutes perdues (tienne Hamon, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les glises du Vexin franais, 2008 - books.google.fr).

Gisors, qui demandait des vitraux Beauvais, avait pourtant des peintres verriers : Jean Buron le pre et Romain Buron le fils, mais ces Buron eux-mmes s'taient peut-tre forms Beauvais. Il reste a Gisors une de leurs verrires qui porte le monogramme R. B., Romain Buron. Elle reprsente plusieurs saints et saintes, sainte Genevive, saint Pierre, sainte Clotide et enfin la Vierge dans un grand cercle de lumire dore. Ce vitrail, admirable de couleur, n'est pas indigne de l'atelier de Beauvais. Nous retrouvons Romain Buron non loin de Gisors, aux Andelys : ces riches verrires des Andelys, dont la plus belle devait tre, suivant Lon Palustre, l'uvre des Leprince, doivent tre rendues aux Buron. Un de ces vitraux est sign Romain Buron : on peut donc supposer que les meilleures verrires, celle notamment qui reprsente la Lgende de Thophile, sont son uvre (Andr Michel, Histoire de l'Art: depuis les premiers temps jusqu' nos jours, Volume 2, 1930 - books.google.fr).

Saint Eustache dans la rivire voit ses enfants enlevs par les animaux (Baie 8), XIIIme sicle - ndoduc.free.fr

Plusieurs autels placs le long des murs de l'glise de Gisors ont galement t qualifis de chapelles . D'o l'hsitation, voire la confusion des scribes entre les termes de chapelle , autel et confrrie . [...] La chapelle Saint-Eustache, supprime vers 1505, fut galement rtablie proximit de son emplacement initial prs du chur. Des inhumations en la chapelle Saint-Eustache furent de nouveau pratiques en 1520-1523.

Nicolas de Neufville pourrait tre galement l'instigateur de la dsignation de Jean Delamare la tte du plus important chantier religieux parisien du rgne de Franois Ier : Saint-Eustache. Des textes, d'interprtation dlicate, nous apprennent qu'un projet de reconstruction fut labor en 1519 mais que la premire pierre ne fut pose qu'en 1532. La chronologie et les parents releves entre Saint-Eustache d'une part, Saint-Victor de Paris, Saint-Maclou de Pontoise et Villiers-le-Bel d'autre part, dsignent selon nous Jean Delamare. Or qui mieux que Nicolas de Neufville, devenu spcialiste des btiments et des commandes royales aprs avoir t marguillier de Saint-Eustache au moment de la laborieuse gestation de cet ambitieux projet, tait en mesure d'en dsigner le concepteur ? (tienne Hamon, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les glises du Vexin franais, 2008 - books.google.fr).

L'glise Saint-Eustache de Paris tait originairement une fort petite chapelle, btie, dit-on, sur l'emplacement d'un temple de Cyble, et leve sous le titre de Sainte-Agns. Sa fondation remonte aux premires annes du XIIe sicle; elle relevait du chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois et lui servait de chapelle de secours, ainsi que la chapelle de la Tour, connue plus tard sous le nom de Saint-Sauveur, celles de Saint-Roch, de la Madeleine, de la Villel'vque et autres.

Simon fut d'abord premier doyen, ensuite premier cur de Saint-Eustache. Il fut en effet cur de l'glise de Sainte-Agns, btie vers 1200. Cette glise ayant pris le vocable de Saint-Eustache, par suite, dit Jaillot, de la translation des reliques de ce saint conserves, depuis 100 ans, dans l'abbaye de Saint-Denis, et qui furent apportes Paris, comme un don prcieux, aprs avoir t extraites de lachasse de Saint-Denis, il est juste de le compter en tte de cette liste. Une charte de l'anne 1223 porte textuellement sa dnomination : Presbyter ecclesi Sancti Eustachii Parisiensis.

Sous l'administration de cet ecclsiastique eurent lieu de continuelles contestations entre lui et le doyen du chapitre de Saint-Germain-l'Auxerrois, dont cette chapelle relevait, tantt au sujet de la nomination ses bnfices, tantt pour les produits que revendiquait Saint-Germain. Plusieurs chartes furent dlivres cette occasion. Une premire de 1213 appelle l'glise: Nova capella Sancl Agnetis, et ne termine en rien le diffrend. En 1216, comme on parlait srieusement de diviser la paroisse de Saint-Germain, le chapelain et le doyen de Saint-Germain choisirent pour arbitres de leurs prtentions l'abb de Sainte-Genevive et le doyen de Chartres, sous un ddit de 40 marcs d'argent. Alors intervint une seconde charte, aussi peu concluante que la premire. Elle est date de dcembre 1216, et l'on y trouve cette nouvelle dnomination : Capella Sanct Agnetis, qu tune recens erecta, poste fuit parochia Sancti Eustachii. Ainsi, ds cette anne 1216, l'glise de Saint-Eustache existait donc. En 1254, poque o tait constante l'rection de la chapelle en paroisse sous le nom de ce saint martyr, le cur voyait toujours nanmoins sa qualit conteste par le doyen de Saint-Germain et les prrogatives dont il jouissait disparaissaient une aune; son tat de sujtion tait tel qu'il donnait naissance au proverbe rapport par l'abb Lebeuf : Il faut tre fou pour tre cur de Saint-Eustache. (Gaudreau, Notice descriptive et historique sur l'glise et la paroisse Saint-Eustache de Paris, 1855 - books.google.fr).

Il y avait un prieur Saint-Gervais-et-Saint-Protais Auxerre.

Linvasion des Sarrasins, en 732, ruina le bourg de Saint-Gervais, et lglise ne se releva quavec peine. Il y avait, du temps de Charlemagne, un monastre, mentionne ds le VIIIe sicle, dune certaine importance qui reut les corps de plusieurs vques dAuxerre. Cette maison fut de nouveau ravage par les Normands et, ayant t rduite en prieur, elle devient prieur de labbaye bndictines Notre-Dame de Molesme au XIIe sicle, de 1137 1790. Dans la Description de la France, en 1780, on voit un dessin de lglise Saint-Gervais qui reprsente un petit portail accost gauche dune tour carre, sur la nef petit clocher; chevet circulaire perc dune baie cintre (www.cn-telma.fr, auxerre.historique.free.fr - Auxerre, Saint Gervais).

D'aprs une tradition populaire, saint Plerin, premier vque d'Auxerre, qui s'tait rfugi dans le creux d'un orme ou d'un aulne, prs d'une fontaine qui porte aujourd'hui son nom Bouhy, aurait t protg contre ses perscuteurs par un serpent enroul autour de l'arbre (Louis Rau, Iconographie de l'art chrtien: Iconographie des saints, P-Z, Volume III, 1959 - books.google.fr, Ren Louis, L'glise d'Auxerre et ses vques avant saint Germain, Saint Germain d'Auxerre et son temps : 29 juillet-2 aot 1948, pour commmorer le XVe centenaire de la Socit des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, 1950 - books.google.fr).

Labbaye de Saint-Denys, proche Paris, fut par la suite enrichie de ses prcieuses dpouilles. On croit que ce fut le roi Dagobert Ier qui obtint le corps du saint vque dAuxerre except la tte, et quil le fit porter dans ce monastre (Abb Jean Lebeuf, Mmoires concernant l'histoire civile et ecclsiastique d'Auxerre et de son ancien diocse, 1848 - books.google.fr).

L'orme de Gisors

Le fameux Ormeteau ferr tait un orme dune grosseur prodigieuse, et dont le feuillage abritait six mille hommes. Larchevque de Tarentaise y fit des miracles, saint Thomas, archevque de Cantorbry, y vint implorer contre le roi dAngleterre-la protection de Philippe-Auguste; cest sous le mme arbre que ce prince et Henri II se rconcilirent; cest l, qu leur exemple, le duc de Bourgogne et les comtes de Flandre, de Champagne , de Soissons, de Nevers et de Vendme, reurentla croix des mains du lgat-du-pape, et de larchevque de Tyr. Alors apparut au milieu de la foule exalte une croix flamboyante, dont nos rois ont perptu le souvenir miraculeux en dcorant les armes de Gisors dune croix engrele dor. Quelques annes aprs les Anglais vinrent camper sous cet orme royal. Bravant lardeur du soleil sous une verdure quavaient paissie les sicles, ils raillaient les Franais, exposs en rase campagne, aux pres rayons de la canicule. Nos archers, pour se venger, firent entre eux la gageure de venir couper larbre pendant la nuit; ce que les Anglais ayant appris, ils le bardrent de cercles de fer, et lorme cuirass moussa sur ses flancs invulnrables la cogne de nos gens darmes. Aujourdhui son tronc abattu est encore revtu de son armure, et le terrain quil ombragea est le rendez-vous de ceux qui veulent traiter et transiger (Louis-Antoine-Franois de Marchangy, Tristan le voyageur, ou la France au XIV siecle, Volume 3, 1825 - books.google.fr).

Il n'est pas absolument certain que l'orme (Ulmus campes tris) soit un vgtt biblique. De savants interprtes, dont l'opinion mrite le respect, pensent nanmoins qu'il est dsign deux fois par l'expression hbraque "tidhr".

Les arbres qui sont la parure du Liban, le cyprs, l'orme, le buis, tous ensemble te seront apports pour orner le lieu de mon sanctuaire. C'est ainsi que je glorifierai la place o se posent mes pieds (Isa. LX,13).

Rien ne manque au Liban pour devenir la plus riche et la plus belle des rgions orientales; la montagne fournit des bois de construction et de chauffage; je vous ai parl des cdres; je pourrais vous citer beaucoup d'endroits o le sapin, le chne, l'orme, le platane, le saule et le genivre forment des ceintures sur les monts ou des rideaux verdoyans au bord des eaux. L'oranger, le citronier, le cdras, la canne sucre, toutes sortes d'arbres fruitiers croissent sur la cte. La culture du mrier blanc suffirait seule pour nourrir les populations de la montagne ; la soie du Liban, appele en Europe soie barulhine, est estime dans le commerce (Joseph-Franois Michaud, Jean-Joseph-Franois Poujoulat, Correspondance d'Orient 1830-31, Volume 7, 1835 - books.google.fr).

St Grgoire compare les personnes qui concourent ainsi au salut du prochain aux ormes dont parle Isae, et que Dieu avoit promis de planter dans son Eglise ; car comme l'orme par lui-mme ne porte pas de fruit, mais soutient la vigne qui en porte, et que ces fruits lui deviennent en quelque sorte propres par ce moyen; de mme les simples fidles qui soutiennent les hommes apostoliques, et qui leur donnent par-l les moyens de prcher, de confesser, de travailler au salut des ames, quoiqu'ils ne puissent pas remplir par eux-mmes ces fonctions, et que leur condition les rende striles pour ces sortes de fruits; cependant comme ils prtent un appui ceux qui peuvent les produire, ils y prennent part, et, comme l'orme, en portant la vigne, ils portent aussi les raisins (Jean-Baptiste Saint-Jure, De la connaissance et de l'amour du fils de Dieu Notre Seigneur Jsus-Christ, 1823 - books.google.fr).

Le sculpteur tend sa rgle sur le bois, il le forme avec le rabot, il le dresse l'querre, il lui donne ses traits, & ses proportions avec le compas ; & fait enfin l'image d'un homme, qu'il rend le plus beau qu'il peut, & il le loge dans une niche.

Il va abattre des cdres, il prend un orme, ou un chne, qui avoit t long-tems parmi les arbres d'une fort ; ou un pin que quelqu'un avoit plant, & que la pluye avoit fait crotre. Cet arbre doit servir l'homme pour brler ; il en a pris lui-mme pour se chauffer, il en a mis au feu pour cuire son pain : & il prend le reste, il en fait un Dieu, & l'adore ; l en fait une image morte, devant laquelle il se prosterne. Il a mis au feu la moiti de ce bois, de l'autre moiti il en a pris pour cuire sa viande, & pour faire bouillir son pot, dont il a mang tant qu'il a voulu ; il s'est chauff, & a dit: Bon, j'ai bien chaud, j'ai fait bon feu : Et du reste de ce mme bois, il s'en fait Un Dieu, & une idole, devant laqUelle il se prosterne, qu'il adore ; et qu'il prie, en lui disant : Dlivrez-moi , car vous tes mon Dieu. Ils ne connoissent rien, & ils ne comprennent rien : leurs yeux sont enduits de peinture, en forte qu'ils ne voyent point, & que leur cur n'entend point. Ils ne rentrent point en eux-mmes, ils n font point de rflexion, & il ne leur vient pas la moindre pense de dire : J'ai fait du feu de la moiti de ce bois ; j'en ai fait cuire des pains sur les charbons, j'y ai fait cuire la chair que j'ai mange, & du reste j'en ferai une idole ? Je me prosternerai devant un tronc d'arbre ? Une partie de ce bois est dja rduite en cendre, & cependant son cur insens adore l'autre, & il ne pense point tirer son me de l'garement ou elle est, en disant : Cet ouvrage de mes mains ne feroit-il pas un mensonge ? Souvenez-vous de ceci, Jacob, & Isral, parce que vous tes mon serviteur, ne m'oubliez point (Augustin Calmet, Commentaire litteral sur tous les livres de l'ancien et du nouveau Testament, 1726 - books.google.fr).

La ville de Gisors , situe sur la rive droite de la rivire d'Epte, au milieu d'une campagne riante et fertile, entre Paris et Rouen, quatorze lieues environ de l'une et de l'autre ville, est peuple et bien btie. Ses fortifications, dont il reste encore des ruines et quelques tours, avaient t construites par Henri 1er et la rendaient presque imprenable. Gisors a trois portes et trois faubourgs; elle avait trois couvents de religieux, quatre de religieuses et une seule paroisse. L'glise paroissiale est ddie saint Gervais et saint Protais. Le portail est d'une ordonnance toute particulire. Il a trois portes : celle du milieu est dans un grand cintre surmont de plusieurs autres et d'une colonnade. Le pilier qui spare les deux cts est trs remarquable par son travail : chaque pierre est sculpte avec autant de soin qu'un ouvrage d'orfvrerie , et reprsente quantit de peiits personnages. Au milieu de la grande porte il y a un pidestal sur lequel est une fisure de la Vierge; au-dessus celle de Jsus-Christ, et aux deux cts du cintre sont les statues de David et d'Isae. Audessus de ces figures on voit un grand cintre dans lequel est un fort beau bas-relief reprsentant le rve de Jacob. Les angles de ce cintre sont accompagns de figures d'anges tenant des palmes, qui sont aussi trs belles (Aubin-Louis Millin, Abrg des antiquits nationales, ou recueil de monuments pour servir l'histoire de France, Volume 1, 1837 - books.google.fr).

L'Hospice de Gisors doit avoir une origine bien ancienne, puisque dans la plupart des chartes du moyen-ge, relatives Gisors, il en est fait mention. Nous savons que Philippe-Auguste, le 28 septembre 1198, aprs sa chute dans l'Epte, fonda en action de grce de sa dlivrance, dans l'Htel-Dieu de Gisors, qui existait alors dans l'le Le Bon, une chapelle, ddie N.D. de Piti. Cet hospice connu sous le nom de Saint-Antoine, fut brl en 1519, au mois de mars, lors d'un terrible ouragan qui arracha une grande partie des arbres de la fort composant les territoires des Sept-Villes-de-Bleu avoisinant Gisors. Alors il fut rebti l'endroit o a t fond depuis le couvent des Annonciades. Il prit alors le nom d'Hpital Saint-Louis, en mmoire des libralits que fit ce pieux roi cet tablissement. La statue de Saint-Louis tait nagure place au-dessus de la porte extrieure de la chapelle de l'hospice. Au-dessous tait cette inscription, tire du prophte Isae (XLIX,23) : Erunt Reges Nutritii Tui (Les Rois seront vos nourriciers) (P. F. D. Hersan, Histoire de la ville de Gisors, 1858 - books.google.fr).

Isae dit aprs (LX,16) dans le meme sens, que Juda sucera le lait des nations, & la mammelle des Rois qu'il sera nourri comme un enfant de Roi (Augustin Calmet, Commentaire litteral sur tous les livres de l'ancien et du nouveau Testament, 1726 - books.google.fr).

Jacques Deschamps, docteur en Sorbonne, auteur d'une traduction d'Isae, mort en 1759, a t cur de Dangu, prs de Gisors (Gdon Dubreuil, Gisors et ses environs: histoire, chroniques, lgendes et portraits, 1857 - books.google.fr).

La baie 30 de l'glise Saint Gervais de Gisors prsentait un vitrail pos en 1584 par Romain Buron, restaur par lui et par Oudoin du Val en 1588, dtruit au XVIIIe s. Lanc. : les prophtes Isae et Zacharie et la sybille Samienne et Cimmrienne. Tympan : armes de France, de Normandie et de Gisors (Les vitraux de Haute-Normandie, 2001 - books.google.fr).

Ettage des arbres et dcapitation de saints

La pratique dmondage est trs ancienne. Les tudes archologiques la font remonter au nolithique [Rasmussen 1990]. lpoque prhistorique, les feuilles dorme et de frne auraient constitu lalimentation principale du btail [Iversen 1960 ; Spray 1980 ; Troels-Smith 1960 cite par Vera 2000 : 81]. Les textes datant des priodes romaines voquent la consommation de fourrage ligneux par le btail. En Europe centrale et occidentale, lorme, le frne, le sorbier, le noisetier, laubpine et mme certains conifres auraient t taills afin de produire du fourrage [Vera op. cit. : 110]. Les reprsentations picturales des paysages, les crits (littrature savante, textes de droit, baux de fermage) et la prsence de vieux arbres monds prouvent la frquence de ce mode de culture de larbre en Europe au cours des sicles passs. Haeggstrom [1994, 1996] a remarqu combien on figurait les arbres monds dans les peintures ds le Moyen ge et ce jusqu nos jours. Il considre que le tableau Les Trs Riches Heures de Jean Duc de Berry , datant de 1411-1416, est la premire reprsentation raliste darbres tts, entretenus, disposs de faon linaire le long de la Seine [Haeggstrom 1994]. Linnard [2000 : 21] a retrouv une illustration du XIIIe sicle montrant des arbres monds et en taillis. [...]

Lmondage ne se limitait pas lusage dune espce ligneuse. Au contraire taient tailles maintes essences, tels le frne, lorme, le htre, le chne, le saule, laulne, le charme, laubpine, lrable, le prunellier, le houx, le chtaigner. Le frne et lorme taient particulirement recherchs pour le fourrage [Spray op. cit.]. Le charme servait la fabrication de charbon de bois de trs bonne qualit mais tait galement raval pour son feuillage [Haeggstrom 1998 ; Warrington et Brookes 1998]. Aujourdhui les saules ttards sont encore tts pour dgager les voies deau [Barnes et Skipper 1995]. [...]

En 1706, reprenant la thse de Timothy Nourse, il commente l'impact de l'mondage sur les arbres : les chnes et les ormes tts ont des troncs de grande circonfrence mais ce sont des troncs creux. Le frne prsent dans les haies, une fois dcapit (decapitated), se remet difficilement de la lame de la scie (Sandrine Petit, Charles Watkins, Lttage et lmondage des arbres en Grande-Bretagne (1600-1900), ditions de lEHESS, tudes rurales, 2004/1-2 - N 169-170 - books.google.fr).

On peut tablir un parallle entre les saints rfugis dans ou sur des ormes et dcapits avec de tels arbres dits ttards, tts.

Saint Li (Laetus) tait natif du village de savins, prs de Provins. son pre s'appelait Perrin, et sa mre Ege. Ils taient tixiers de leur mtier. Cet enfant, d'une beaut remarquable, tait d'un naturel doux, ce qui le faisait aimer de tout le monde et particulirement de ses compagnons. Elev dans la religion chrtienne, il tait trs pieux et priait Dieu jour et nuit avec beaucoup de recueillement. Or, il y avait en ce temps-l, Savins, de mchants garnements, du nom d'Achins, qui taient ses cousins-germains et ses camarades, lesquels ne connaissaient pas le vrai Dieu, adonns aux vices les plus infmes et adorant les idoles. Ces impies ayant t plusieurs fois repris par saint Lie, ne pouvaient le souffrir et rsolurent de le tuer. L'ayant donc rencontr proche une fontaine, dans la valle de Savins, Ils voulurent se saisir de lui. Le jeune enfant s'chappa de leurs mains et s'enfuit jusqu' deux ormes qui taient sur une montagne proche une fontaine, et monta sur un de ces arbres. Mais ces mchants l'ayant aperu, frapprent l'arbre coups de coigne pour l'abattre. Saint Li jet bas par ces cruels, tomba sur un grs. Les vestiges laisss par ses mains et sa tte se voient encore aujourd'hui imprims sur ce grs, conserv dans la chapelle btie sur le lieu de son supplice. Pendant que ce jeune enfant priait pour ses perscuteurs, un d'eux lui coupa la tte sur le mme grs. Aprs quoi, les meurtriers s'en tant alls, le tronc du corps de ce saint martyr se leva, et presnant sa tte entre ses deux mains, il la porta jusqu' l'glise de saint Denis, patron de Savins, de laquelle les portes, quoique fermes, souvrirent pour recevoir le saint comme en triomphe : Et ceci arriva l'an mil cent soixante, Et neuf, le deuxime jour de juillet (Edmond Du Sommerard, Muse des Thermes et de l'Htel de Cluny. Catalogue et description des objects d'art de l'Antiquit, du Moyen ge et de la Renaissance, exposs au muse, 1872 - books.google.fr).

Saint Denis, premier vque de Paris, le fut aussi, pense-t-on Meaux. Cphalophore. il porta, dit-on, sa tte dans ses mains aprs sa dcapitation. A Savins, sa statue s'lve auprs de celle du cphalophore saint Li qui en est le reflet (Paul Bailly, Toponymie en Seine-et-Marne: noms de lieux, 2007 - books.google.fr).

A la mme poque, prs de Gisors, saint Clair continua aussi marcher en tenant sa tte dans les mains. Sous Godefroy, prenant le nom de Gisors en 1075, descendant du comte de vexin Gauthier, la ville devient fief de l'abbaye de Saint Denis. Les comtes du vexin jouissaient d'un privilge : la bataille, ils marchaient devant le roi de France lui mme et leur bannire avait le pas sur toutes les autres. Or, cette bannire couleur de feu seme de flammes d'or l'image de l'pe flamboyante dont, selon la Chanson de Roland, elle tirait son origine fabuleuse, s'appelait la Romaine ou la Monjoie. Dsormais pose sur la tombe du martyr parisien, elle est appele Oriflamme ou le Vexin en raison de son origine. Son rle pourrait faire penser que si Gisors est vassale de Saint denis selon les chartes, elle est en ralit la suzzeraine en vertu de quelque convention occulte. C'est en effet l'Oriflamme qui prside au sacre des rois de France et ceux-ci la vnrent comme une relique. Quand ils partent en guerre, ils ne peuvent la prendre qu'aprs avoir fait hommage jen, genoux, tte nue, ceinture dnoue, et avoir jur sur la Vierge, de la dfendre fidlement. Elle reste ensuite roule dans une custode jusqu' l'instant de la charge o on la dploie solennellement tandis que retentit le cri de guerre du roi : "Montjoie saint Denis !". On conoit qu'il soit alors crasant, l'honneur de tenir cet tandard au poing ; on dsigne celui qui le tient du nom latin Signifer : Porteur du Signe, qui s'applique aussi au Zodiaque ; et comme le signe est en l'occurence celui du soleil et du feu, le porte-vexin pourrait s'appeler en latin Lucifer et en grec Posphore : porteuir de feu, de lumire (Grard de Sde, Les Templiers sont parmi nous, J'ai lu, pp. 197-198, fr.wikipedia.org - Oriflamme de Saint-Denis).

Signe du Lion flamboyant

Gisors (31 juillet) et le Vexin se trouve nonagonalement dans le signe zodiacal du Lion, signe de feu. Lyons la Fort, dans le Vexin, est donc au Lion. Le village s'appelait l'origine Saint-Denis, d'ailleurs l'glise du village est place sous le vocable de saint Denis.

Le Vexin franais est l'une des rgions de l'hexagone dont le paysage monumental a t le plus profondment marqu par la diffusion de l'art flamboyant. L'tude sur un demi-sicle (1495-1548) de la reconstruction de la grande glise de Gisors permet, grce une exceptionnelle documentation crite, de saisir les composantes humaines, matrielles et formelles de ce qui fut l'un des plus grands chantiers du temps aux confins de la Normandie, de la Picardie et de l'le-de-France.

Scie

Lorsque le grain est en tat d'tre sci, dit Columelle, il faut le moissonner promptement avant qu'il soit brl par les chaleurs, qui sont trs fortes au lever de la canicule; car tout dlai cette poque est suivi de beaucoup de perte; d'a bord parce qu'il devient la proie des oiseaux et des autres animaux, et ensuite parce que le grain et mme les pis, abandonnent leurs tiges brules; et s'il survient des orages et des tourbillons de vent, la plus grande partie est abattu sur la terre. Ainsi donc, ds que le bled est galement blond, avant que le grain durcisse, et lorsqu'il commence prendre une couleur rougetre, il faut sans nul dlai que le moissonneur commence travailler, ensorte que le grain se renfle en tas ou sur l'aire plutt que de crotre dans le champ; car il arrive toujours au grain qui est sci bonne heure de se renfler ensuite (De l'agriculture, Livre II, chapitre XX).

Au XVe sicle, Gisors, les outils de ce genre, fabriqus de blanche uvre , taient rglementairement asserez du long des dens (L. Passy, Le livre des mtiers de Gisors au XVIe sicle, p. 38). J'ay veu des faucilles camuses, c'est--dire sans bec poinctu. J'en ay veu a bec poinctu et crochu, qui avoient le trenchant comme un coulteau, sans aucune dentelure. J'en ay veu bec poinctu et crochu et menue dentelure : ce sont les communes. (Matre Jean Thierry de Beauvoisis, Annotations la traduction franaise de Columelle par Claude Cotereau, chanoine de Paris, parue Paris en 1555. Annotations sur le chap. XXI du Livre II, p. 100, (sic) pour 110.)

Thomas Corneille dfinit la faucille : Instrument fait en demi cercle, qui a de petites dents plus dlicates que celles des scies et avec lequel on scie les bleds. Il est mince, peu large et emmanch d'un petit manche de bois... (Le Dictionnaire des arts et des sciences, t. I, d. de 1694, p. 420 ; d. de 1732, p. 439.)

Pour le Dictionnaire de Trvoux, il n'y a aucun doute : la faucille est un instrument avec lequel on scie les bls , elle a des petites dents plus dlicates que celles des scies.... Quelques-uns en ce sens, disent soyer ou seier ; mais les honntes gens disent scier... (Jean Meuvret, Le problme des subsistances l'poque Louis XIV: La production des crales dans la France du XVIIe et du XVIIIe sicle, 1977 - books.google.fr).

La Socit de Ecole des chartes vient de perdre un de ses plus anciens et plus aims confrres Louis Passy qui est teint Gisors (Eure) dans sa quatre-vingt-quatrime anne le 31 juillet 1913. N Paris le 4 dcembre 1830 Louis-Paulin Passy aprs avoir termin ses tudes au collge Bourbon tait entr en 1850 Ecole des chartes et avait obtenu le 16 novembre 1852 le diplme d'archiviste palographe. Docteur en droit en 1857, il s'tait prsent la deputation en 1863 et 1869 mais ne fut lu en 1871 l'Assemble nationale. Constamment rlu depuis par le dpartement de l'Eure la Chambre des dputs, dont il tait le doyen depuis cinq ans, il avait t sous-secrtaire d'tat aux finances de 1874 1877. Devenu secrtaire perptuel de la Socit nationale d'agriculture de France en 1883, il avait t lu en 1897 membre libre de l'Acadmie des sciences morales et politiques. Collaborateur de la Bibliothque de l'cole des chartes, du Journal des Dbats, du Journal des conomistes, de la Revue des Deux-Mondes, Louis Passy a laiss aussi de nombreux ouvrages d'conomie politique, d'histoire administrative et plusieurs publications historiques, principalement relatives au dpartement de l'Eure (Gustave Fagniez, Louis Passy. In: Bibliothque de l'cole des chartes. 1913, tome 74 - www.persee.fr).

La pose et le dmontage des cintres, des tais et surtout des chafaudages, tches la porte des maons et des manuvres, justifiaient qu'une scie bois ait toujours figur dans l'outillage commun. Celle qui fut achete en 1520 mesurait 4 pieds de long (1,3 m) et ne cotait que 7 livres, preuve que sa lame n'avait pas les mmes qualits de rsistance que celles des scies pierre. En 1547, le travail du bois sur le chantier se faisait galement l'aide d'une serpe (tienne Hamon, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les glises du Vexin franais, 2008 - books.google.fr).

Le prophte Isae se rfugie aussi dans un arbre avant d'tre sci en deux par des charpentiers du roi Manass (Autour de Rennes le Chteau : LAffaire Glis et les charpentiers dIsae).

Canicule et Erigone

Les dates traditionnelles de la Canicule sont entre le 20 juillet et le 20 aot.

Hugues de Gisors donna en 1067 l'glise de cette ville l'abbaye de Marmoutiers. Dj avant cette poque le prieur de Sant-Ouen avait t fond sous la dpendance de cette abbaye. C'tait un plein fief de Haubert. Le plus ancien prieut dont le nom sesoit conserv est Frr Baudouin, prieur en 1181. De 1410 1419, on trouve aussi un autre prieur nomm don Michel Fourmont, dont la famille existe encore a Gisors. Ce prieur n'tait plus qu'un bnfice simple lorsque M. LouisFranois de Vass, qui le tenait en commande, chercha l'unir l'abbaye de Gomerfontaine. En 1711, il a t uni aux jsuites (Bulletin de l'Ancienne socit d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du Dpartement de l'Eure, 1834 - books.google.fr).

Pour M. B. Robreau, la date du 24 septembre, fte de saint Germer, n'est pas alatoire : elle s'articule symtriquement avec celles des autres compagnons de saint Ouen : Wandrille, Philibert et Agil, autour de la date charnire du 24 aot, mort de saint Ouen, laquelle correspond la fin de la Canicule (Mythologie franaise: bulletin de la Socit de mythologie franaise, Numros 226 229, 2007 - books.google.fr).

Le chien est l'animal mlancolique par excellence ; Durer le couche aux pieds de l' ange noir de sa fameuse gravure de 1514 (Mlancolie I, Paris, bn B 14). La mlancolie canine se dclenche pendant la Canicule, quand montent dans le ciel la nfaste constellation du Chien et l'toile Sirius. Henri de Ferrires prvoit cinq cas de maladies : l' ongle (abcs entre iris et corne), le mal d'oreilles, l' enfonture ou rongne (gale invtre), la constipation et la rage, dont il ne distingue que deux formes ( rage cordial et rage esragant ). Sa pharmacie est vgtale : herbes ou arbres (la branche d'orme en sve que l'on met au cou du chien atteint d' ongle , jusqu' ce qu'elle soit dessche) fournissent les ingrdients, mls parfois dans du vinaigre ; quelques huiles essentielles comme le rosat compltent les remdes simples offerts par la nature (Armand Strubel, Chantal de Saulnier, Livres de chasse du XIVe sicle, 1994 - books.google.fr).

Dans la mdecine humorale, la saison intervient puissamment dans l'expression de la maladie, tout comme le temprament du malade. La chaleur de l't, quand s'lve la constellation du Grand Chien avec son toile majeure, Sirius, appele Canicule par VARRON, est plus propice la rage. La constitution chaude et sche du chien le prdispose la rage (AETIOS d'Amida, ca. 502-575, Tetrabiblos, VI, in THEODORIDES, op. cit. : 44).

Henri de Ferrires (Le roi Modus et la reine Ratio, crit entre 1354 et 1374) distingue plusieurs rages, dont il n'y a que deux qui soient mordantes : la rage de cur et la rage enrage (Pierre C. Lile, Y. Lignereux, La rage la fin de l'ancien rgime dans ke cours complet d'agriculture de l'abb Rozier : Etude mdicale et vtrinaire - cehm.toulouse.free.fr).

C'est cette poque, et la contribution du comte de Foix n'y est pas totalement trangre, que le trait de chasse, ouvrage technique, devient le livre de chasse, oeuvre de plus en plus littraire.

Cette volution va s'accentuer avec Gace de La Buigne, chapelain de Philippe VI puis de Jean le Bon, auteur d'un livre de chasse, le Roman des dduis et Henri de Ferrires, seigneur de Gisors, un enfant d'une des plus illustres famille de Normandie , qui vont tous deux introduire de nombreuses allgories dans le livre de chasse. Nous nous attarderons sur Henri de Ferrires dont la famille, propritaire de la fort de Brteuil,' assistait aux chasses royales. Gunnar Tilander indique que le sige de la famille tait Ferrires-Saint-Hilaire, au bailliage d'vreux, dans le vicomt d'Orbec (Eure, arrondissement de Bernay, canton de Broglie) . Aprs la destruction de leur chteau de Ferrires durant les guerres anglo-normandes du XIVe sicle, la famille se retira Chambrais. Outre des documents mentionnant une donation Henry de Ferieres, chevalier, prisonnier de nos ennemis, date le 29 avril 1347 et des quittances de gages et d'autres documents relatifs Henri de Ferieres, chevalier, seigneur de Gisors, depuis 1369 chastellain et capitaine du chastel du Pont de l'Arche de Rouen , on trouve peu de renseignement sur les Ferrires. Dans les Livres du Roy Modus et de la Royne Ratio (1360), Henri de Ferrires met en scne les animaux tant dans le cadre d'un trait de chasse (le Livre des Deduiz, premier livre) que dans une intention de morale politique (le Songe de Pestilence, deuxime livre).

Pour lui, les animaux sont des cls permettant de comprendre le monde. Comme dans les bestiaires, chaque bte est une figure de Dieu ou du diable. C'est la reine Ratio, personnage principal du Songe de Pestilence, que l'auteur confia la tche d'expliquer le sens cach de chaque animal, offrant par le fait mme aux hommes des modles de bonne conduite. Les intentions didactiques de l'auteur sont typiques d'un tat d'esprit courant au XIVe sicle. la premire lecture de l'ouvrage d'Henri de Ferrires, c'est le mlange d'esprit pratique et mtaphorique qui tonne (Jenny Brun, Reprsentations du prince dans la fable animale (milieu du XIIIe sicle - fin du XVe sicle) : de l'loge la satire, Tome 1, 2008, pp. 124-125).

Les Latins nommaient la lycanthropie mlancolie, rage lupine, insania lupina ou folie louvire .

Un dit de l'archevque d'York, dat de 766, dit que : si un loup attaque quelque troupeau et qu'un animal ainsi attaqu en meurt, il est interdit aux chrtiens d'en consommer la viande . On ignore si cet dit a un rapport avec le mythe du loup-garou mais les symptmes de la rage prsentent en effet des points communs remarquables avec la description des lycanthropes dans les lgendes. Cette maladie affectant le systme nerveux central fut principalement vhicule par les loups, les chiens et les renards, et tre mordu par un loup enrag pourrait effectivement, de ce point de vue, changer la victime en homme-loup (Guillaume de Lavigne, Les chiens clbres, Rels et Fictifs, dans l'Art, la Culture et l'Histoire, 2015 - books.google.fr).

Au Moyen Age, lorsqu'un loup tait pris, on le pendait ; la coutume s'est perptue dans les campagnes jusqu'au XIXme sicle ; de nombreux toponymes tmoignent de cette pratique ("l'orme au loup"; "chne leu") (Gal Milin, Les chiens de Dieu: la reprsentation du loup-garou en Occident, XIe-XXe sicles, 1993 - books.google.fr).

La Canicule est un Signe cleste qui nous amne les jours caniculaires. Les potes l'applent encore Procyon, de deux mots grecs qui signifient avant chien, parce que cette constellation en prcde une autre qu'on appel Sirius ou le grand chien; les potes donnent encore l'une et l'autre de ces constellations le nom de chien cleste. Il y a deux opinions sur l'origine de ce chien cleste. Selon les uns, c'est le chien que Jupiter donna Europe pour la garder, et dont Minus fit prsent Procris, et celle-ci Cphale; selon d'autres, c'est le chien d'Icarius. Ce prince ayant t tu par des paysans qu'il avait enivrs, son chien conduisit prs du cadavre Erigone, sa fille, qui se pendit de dsespoir. Jupiter, pour rcompenser sa pit filiale, la plaa dans la constellation qu'on nomme la Vierge, et le chien, mis au raug des constellations, fut appel la Canicule. pit. Ardente, brlante, bouillante, chaude, apre, enflamme, sche, fivreuse. Priph. Les feux de la Canicule, les feux de Sirius. La canicule en feu dvora les campagnes (L. J. M. Carpentier, Le gradus franais, ou Dictionnaire de la langue poetique, 1822 - books.google.fr).

Contrairement par exemple au pays de Caux, la vigne n'est pas rare dans le Vexin normand et sur la valle de l'Epte6, mais la modicit du banvin nous interdit tout excs d'enthousiasme. Nombreuses mentions de vignes dans les aveux et dnombrements des XIVe-XVe sicles Etrpagny, Neaufles-Saint-Martin, Gisors (Bruno Nardeux, Neuf-Marchs-en Lyons, radiographie d'une chtellenie, Des chteaux et des sources, 2008 - books.google.fr).

La culture de la vigne tait pratique dans les zones favorables, sur les coteaux bien exposs et protgs des vents, mais surtout le long des rivires ou des fleuves, qui permettaient une exportation facile de la production. En basse Normandie, on trouvait des vignobles autour d'Avranches, sur les coteaux d'Argences, prs de Caen, et ceux du pays d'Auge, surplombant la Dives. La principale zone de culture se situait en haute Normandie, le long de la valle de la Seine, sur la rive gauche, entre Gaillon et Vernon. C'tait l'ancien vignoble de Longueville. Les grandes abbayes normandes et l'archevque de Rouen, qui possdait Gaillon, s'approvisionnaient l pour leur consommation courante. Une dernire zone viticole tait localise dans le Vexin normand, proximit de Gisors, o elle faisait la jonction avec le vignoble parisien, produisant le vin de France . Les abbayes faisaient souvent venir un meilleur vin de rgions plus rputes (comme la Bourgogne ou les pays de la Loire) (Franois Neveux, La Normandie pendant la guerre de Cent Ans, XIVe-XVe sile, 2008 - books.google.fr).

Erigone devient la constellation de la Vierge, Icare, celle du Bouvier et son chien le Grand chien : le tombeau du Bootes (Bouvier) se trouvait Mantine o se rfugia Pnlope, autre fille d'Icarius, et o se trouve un tombeau d'Anchise pre d'Ene (Autour de Rennes le Chteau : Retire-moi de la boue : la couronne borale).

Chiens de Gisors

Jean de Boudeville, seigneur de Vaux prs Gisors, adopta ces mmes pices pour ses armes, les disposant dans un ordre diffrent, ainsi qu'il convenait, et, afin de symboliser son fal attachement, y ajoutant, en pointe de l'cu , un chien, animal dont les anciens hraldistes ont fait l'image de la vigilance et de la fidlit. Boudeville : d'azur la face d'or, accompagne en chef de trois visages de femme de carnation, les cheveux et le col d'or et en pointe d'un chien passant d'argent , sur les armoiries peintes diverses pages du livre matheloge de la confrrie gisortienne de l'Assomption (Bulletin philologique et historique (jusqu' 1610) du comit des travaux historiques et scientifiques, 1925 - books.google.fr).

Gauthier III, mort en 1065 avec sa femme empoisonns dit-on par Guillaume le Conqurant, comte de vexin, pousa Biote, fille d'Herbert Ier, dit Eveille-Chien, comte du Maine (L'art de vrifier les dates, Volume 5, 1818 - books.google.fr).

Quatre vicomtes de Gisors, au moins, furent des vicomtes de carrire : Jean Le Tonnelier, vicomte de Gisors de 1381 1405, le fut de nouveau en 1411, devint, en 1404 et 1405, vicomte de Caen; on le retrouve, sous le rgne de Charles VII, receveur du domaine de la vicomt de Carentan. Jean Le Chien, vicomte de Gisors en 1403-1404, tait, en 1413, vicomte d'Avranches (Mmoires de la Socit historique et archologique de Pontoise et du Val-D'Oise et du Vexin, Volumes 44 46, 1935 - books.google.fr).

Le titre est simplement vicomte de Gisors, ou vicomte de la vicomt de Gisors. Lorsque la ville est donne en douaire : vicomte de la reine. Entre 1350 et 1419, et de nouveau vers 1460, le vicomte est en mme temps receveur.

La carrire de Robert de Lettre est encore plus varie : vicomte d'Evreux pour le roi Charles V, ds que celui-ci eut pris cette ville Charles le Mauvais en avril 1378, il devint vicomte de Gisors pour la reine Blanche (1391-1398), aprs quoi il retourne immdiatement au service du roi en qualit de vicomte de Breteuii (sur Iton) o il restera jusqu'en 1403, puis vicomte de Coutances de 1403 1405 et enfin , de nouveau, vicomte de Gisors de 1405 1411, date de sa mort (Mmoires de la Socit historique et archologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, Volume 55, 1954 - books.google.fr).

Orme, amiti dans l'histoire du roi David (Rois, Paralipomnes - Chroniques - , 2 Samuel)

L'Amiti est vtue de blanc, les cheveux dvelopps naturellement, pour dmontrer sa puret et sa candeur parfaites. Les mots longe et prope, crits sur son sein dcouvert du ct du cur qu elle tient la main, annoncent que, de prs ou de loin , elle est toujours la mme. Les expressions traces sur le bas de sa robe, dmontrent sa constance non seulement pendant la vie, mais encore aprs la mort qu'elle foule aux pieds. Elle est sans chaussure, comme ne craignant aucune fatigue, et porte une couronne de myrthe, parce que cette plante ne perd jamais sa couleur. Les grenades indiquent l'union et la concorde; le chien, la fidlit. Pour son emblme, on place prs d'elle un orme dessch, autour duquel s'enlace une vigne charge de fruits; ce qui dmontre que dans les succs ou les revers, les vrais amis ne s'abandonnent jamais. [...] L'Inimiti est couverte d'une toffe noire, parseme de flammes, pour indiquer la colre mle la mlancolie. Son bras droit est menaant; de la main gauche, elle serre une anguille, poisson qui, suivant Apollonius, fuit les autres par inimiti (Filippo Pistrucci, Iconologia ovvero immagini di tutte le cose principali a cui liumano talento ha finto un corpo, traduit par Sergent Marceau, Volume 1, 1819 - books.google.fr).

Or les Isralites, qui taient au del de la valle (de Jezral), et au del du Jourdain, voyant que les hommes d'Isral avaient fui, et que Sal tait mort avec ses fils, abandonnrent leurs villes et s'enfuirent; et les Philistins y accoururent et y habitrent. Le lendemain de la bataille, les Philistins vinrent pour dpouiller les morts, et trouvrent Sail et ses trois fils gisant sur la montagne de Gelbo. Ils couprent la tte Sal, et lui trent ses armes; et ils envoyrent par tout le pays des Philistins pour rpandre cette nouvelle, en la publiant dans le temple de leurs idoles et parmi les peuples. Ils mirent les armes de Sal dans le temple d'Astaroth, attachrent sa tte dans le temple de Dagon, et suspendirent son corps la muraille de Bethsan, ville situe prs du Jourdain, l'extrmit de la valle de Jezral. Les habitants de Jabs (hbreu avec un sin : scheresse, avec un tsad : tristesse) de Galaad n'avaient pas oubli que la premire entreprise de Sal, depuis que Dieu l'avait fait chef de son peuple, avait t de venir leur secours, et de les prserver de la tyrannie de Naas, roi des Ammonites. Quand ils apprirent le traitement que les Philistins avaient fait Sal, tous les plus vaillants d'entre eux sortirent, marchrent toute la nuit, enlevrent le corps de Sal et ceux de ses fils, qui taient sur la muraille de Bethsan, et revinrent Jabs de Galaad, o ils les brlrent. Ils prirent leurs os, les ensevelirent dans le bois de Jabs, sous un arbre, et jenrent pendant sept jours.

David fait mourir l'Amalcite qui se vantait d'avoir tu Sal. Il compose une plainte pour clbrer l'ancienne amiti que le liait avec Sal et Jonathan (Mathieu-Richard-Auguste Henrion, Histoire ecclsiastique depuis la cration jusqu'au pontificat de Pie IX, Tome IV, Migne, 1852 - books.google.fr).

Le verset 13 du livre des Rois se trouve runi au verset 12 des Paralipomnes - Dans les Rois, sub ulmo, dans les Paralipomnes, sub quercu : on a pu les confondre; et d'ailleurs on connot peu la signification prcise de ces mots; il en rsulte seulement que ce fut sous un arbre, sans qu'on puisse en dterminer le genre (Augustin Calmet, Sainte Bible en latin et en franais: ouvrage enrichi de cartes gographiques et de figures, Volume 7, 1821 - books.google.fr).

Un orme qui crot ordinairement dans les terres cultives et arroses d'eau; c'est pourquoi Isae rapporte comme une merveille que Dieu en met quand il veut dans les lieux secs et dserts. Isa. 41. 19. Ponam in deserto abietem, et ulmum et buxum simul : Je ferai crotre dans le dsert le sapin, l'orme et le buis. C'est une expression allgorique pour marquer la conversion des Gentils. (Charles Hur, Dictionnaire universel de philologie sacre, Tome IV, Migne, 1846 - books.google.fr).

Au renouvellement de la saison des campagnes, David envoya Joab, avec une arme, faire la guerre aux Ammonites. On mit le sige devant la capitale, aprs avoir dvast le pays l'entour. La rsistance des assigs fut longue et opinitre, et mainte fois les Hbreux souffrirent des vigoureuses sorties que firent les Ammonites (2 Sam. 11, 17). Enfin Joab s'empara de la ville des Eaux (2 Sam. 12, 27), c'est--dire de la basse ville, situe sur les deux bords d'une petite rivire qui tombe dans le Yabbok. Il fit annoncer David qu'il tait sur le point de se rendre matre de Rabbah, et il engagea le roi venir lui-mme, avec des renforts, pour achever la conqute et pour en recueillir la gloire. David arriva aussitt, et s'tant empar de Rabbah, il enleva au roi des Ammonites sa couronne d'or massif, orne de pierres prcieuses, et se la posa sur la tte. On fit un immense butin, et les vaincus furent livrs des supplices d'une cruaut barbare, mais bien mrite par ce peuple, qui n'avait voulu accorder la paix aux habitants de Jabs que sous la condition de leur crever chacun un il, et qui, dans les pays conquis, fendait le ventre aux femmes enceintes (Amos, 1, 13). David les fit scier en deux, broyer sous des machines de fer, etc. (Salomon Munk, Palestine: description gographique, historique et archologique, 1856 - books.google.fr).

Des gens de la tribu de Benjamin violrent la femme d'un lvite de passage dans leur province. Jabs est la ville qui refusa de participa la punition des coupables.

L'arme des Hbreux dvasta et brla toutes les villes de Benjamin et massacra tous les habitants. Aprs cette vengeance terrible, les esprits s'tant calms, on regretta d'avoir ananti une tribu entire, et un deuil public fut clbr Bthel. Par malheur tous les Hbreux avaient fait un serment solennel de ne point donner leurs filles en mariage aux Benjamites; de sorte que le dsastre paraissait irrparable. Pour viter la perte totale de la tribu de Benjamin, on ne sut imaginer rien de mieux que de tomber sur la ville de Jabs-Galaad, dont les habitants n'avaient point envoy de contingent pour l'attaque de Gabaa. On extermine les habitants de Jabs, l'exception de quatre cents vierges, qu'on rserve a la tribu de Benjamin. Ensuite on offre la paix aux six cents Benjamites retranchs Sla-Rimmn (rocher du grenadier), et on leur livre les quatre cents filles de Jabs. Quant aux deux cents Benjamites rests sans femmes, on leur conseille de se rendre la fte nationale qu'on clbrait tous les ans Siloh, et o les jeunes filles allaient danser, et on leur permet de surprendre les danseuses et d'en enlever une chacun, afin de la prendre pour femme. De cette manire les parents pouvaient consentir, sans violer leur serment. Ce plan est mis excution et les Benjamites se trouvent rtablis (Salomon Munk, Palestine: description gographique, historique et archologique, 1856 - books.google.fr).

L'orme est, comme le chne, depuis bien des sicles, associ la double notion de justice et de lgalit. Le vers 13 de la Farce de Matre Pathelin, Guillemette ne dclare-t-elle pas qu'on ne dclare-t-elle pas qu'on appelle partout (son mari) "avocat dessous l'orme" , ce qui a suscit les commentaires passionns des philologues ? Or, qui dit justice-lgalit voque un domaine qu'a longtemps baign le magico-sacr. Ainsi, non loin de Lr, Sancerre, un lieu-dit a pour nom l'Orme au loup, et, l'autre extrmit du Berry, George Sand cite, dans ses Matres sonneurs, l'Orme rteau, qu'on prtendait hant par un homme vtu de noir et portant un rteau sur l'paule (J. Mellot, A propos d'une "pierre de l'orme" berrichonne, Archocivilisation, Volumes 9 15, cole pratique des hautes tudes (France), Centre d'tudes pr- et protohistoriques, 1971 - books.google.fr).

Orme et saint Germain d'Auxerre

En 1426, une croix de pierre y fut plante par les hritiers de Jehan de Plessis, laboureur Charonne. De beaux ormes l'ombrageaient la fin du XVne sicle ; aussi l'appelait-on au dbut du XVme sicle la place des Ormes; on y allumait le feu de la Saint-Jean le 24 juin de chaque anne.

L'glise Saint-Germain de Charonne est situe flanc de coteau. Une premire chapelle aurait t leve, l'emplacement de l'glise actuelle, tout au dbut du Moyen Age, en souvenir d'une lgende d'aprs laquelle saint Germain, vque d'Auxerre, aurait, en 429, rencontr cet endroit et bni pour la premire fois sainte Genevive, de Nanterre, alors ge de 6 ans. Cette rencontre reste problmatique, le chemin d'Auxerre Paris vitant alors, comme de nos jours, un plateau aussi escarp. L'glise actuelle est une reconstruction du XVe sicle, sauf l'tage infrieur de son clocher qui est du XIIe et de la fin du XIIIe. Elle a subi entre 1714 et 1752 de srieuses restaurations et amliorations, sur l'initiative de son cur : exhaussement du clocher, ouverture du portail latral, rfection de la vote. Elle a t restaure nouveau en 1820, 1838 et 1880. [...] La base du clocher, du XIIe et de la fin du XIIIe sicle, repose sur de massifs piliers cylindriques aux chapiteaux dcors de feuillages gothiques. Sa trave (la deuxime du bas-ct droit) constitue la partie la plus ancienne de l'glise; elle porte un cul-de-lampe du xve sicle reprsentant une grappe de raisin et des feuilles de vigne symbolisant les anciens vignobles de Charonne. Le matre-autel est une reconstruction de 1661 enrobe dans des amnagements modernes. L'glise Saint-Germain-de-Charonne ne contient pas d'oeuvre d'art; la toile reprsentant saint Germain bnissant sainte Genevive est, toutefois, attribue Joseph Suve (1743-1807). Une pierre incruste dans un pilier du clocher, droite dans la grande nef, porte une inscription relative la conscration de l'glise le 27 juillet 1460. Les deux vques mentionns sur cette pierre sont Jacques du Chatellier et Guillaume Chartier, vques de Paris de 1427 1438 et de 1447 1472. Deux autres inscriptions, modernes, appliques sur le mur pignon du ct du porche sont relatives la rencontre, en 429, de saint Germain-d'Auxerre et de sainte Genevive, et la conscration, le 27 juillet 1460 de l'glise par Guillaume Chartier (Jacques Hillairet, Les villages, 1954 - books.google.fr).

Vierge protectrice de Paris (Lutce), sainte Genevive est ne Naterre vers 422. Elle fut consacre Dieu par saint Germain d'Auxerre. Au moment de l'invasion des Huns, en 451, elle rassura les habitants et organisa leur ravitaillement. Vers 475, elle fonda l'abbaye de Saint-Denis. C'est lors d'une procession nocturne cette abbaye que se situe le miracle du cierge teint qui se rallume. Ce cierge, qui est devenu, pour plusieurs raisons, l'attribut de la sainte, est un souvenir de la parabole des Vierges sages et des Vierges folles. Culte Sainte Genevive est patronne de Paris ; elle tait invoque contre le mal des Ardents . En 1130 se dclara une pidmie trs grave de ce mal (cf. saint Antoine ermite). Une procession s'organisa derrire la chsse de la sainte : tous les malades furent guris sauf trois. Une fte fut alors institue le 26 novembre, afin de commmorer ce miracle. 10 communes lui sont ddies en France, surtout en le-de-France et en Normandie (Jacques Baudoin, Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident, 2006 - books.google.fr).

Pendant la guerre des Cimbres, un orme qui s'tait abattu sur l'autel de Junon dans le bosquet sacr de Nucria, et auquel on avait coup la cime, se releva de lui-mme et continua verdir, annonant par l que la majest du peuple romain, alors en souffrance, se relverait de nouveau (Pline XVI,32,13,2). Isae le grand pote et le grand voyant se sert d'une faon toute semblable de la mme image quand il parle de la racine de Jess; c'est d'elle que doit sortir le rejeton autour duquel les nations de la terre viendront se runir (Eptre aux Romains XV,12). Le trait talmudique H. Beracoth s'appuie sur Isae (XI,1) pour dmontrer que la naissance du Messie a eu lieu peu de temps avant la destruction de Jrusalem, et le Midrasch Tillim rpond aux ides de ses contemporains lorsqu'il dit : C'est du Messie qu'il est question ici; c'est lui que pensait Isae, lorsqu'il dit : Il sortira un rejeton de la racine de Jess. (Johann Nepomuk Sepp, Jsus-Christ: tudes sur sa vie et sa doctrine dans leurs rapports avec l'histoire de l'humanit, Volume 2, 1869 - books.google.fr).

L'arbre dfinit la gnalogie. Ce faisant, il s'est attribu une puissance symbolique de premier ordre tel point que d'un orme peu natre un homme, si l'on en juge par cette planche du XIIIe qui, dans une allgorie trs explicite, confond la procration de l'homme et la croissance de l'arbre. Procration et filiation alimentent un imaginaire vgtal puisant ses sources dans la Bible. Engendrer c'est se ramifier, comme le livre du prophte Isae l'indique (XI,1) (Pierre Corvol, Nicolas Postel-Vinay, Larbre vasculaire: Nouvelles voies de gurison, 2008 - books.google.fr).

Pendaison

La Tour dite du Prisonnier a sans doute t modifie au XVe sicle, mais elle a gard sa structure primitive. Trois tages vots d'ogives sont desservis par un escalier vis. La salle suprieure, orne d'une grande chemine, possdait un four pain. Dans la seconde, on conservait avant la Rvolution les archives des juridictions tablies Gisors; primitivement, cette salle servait de cellier. Enfin, la salle infrieure, situe au niveau du sol des fosss extrieurs, constituait vraiment la prison; elle n'tait claire que par d'troites meurtrires. Le peu de jour qui filtrait par ces ouvertures permit deux htes de cette salle de sculpter dans la pierre tendre de curieux bas-reliefs et de graver immuable occupation de tous les captifs quelques graffiti. Ces bas-reliefs paraissent dater les uns du XVe sicle, les autres de 1575, puisque cette date figure avec les initiales de leur auteur qui serait un certain Nicolas Poulain, lieutenant du prvt de police.

Quant aux bas-reliefs, ils seraient l'uvre d'un certain Jrmie Bellanger, crivain de la fin du XVe sicle, dont on connat mal les crimes. Quoi qu'il en soit, de la Cne la Pendaison de Judas, ce sont des pisodes de la vie de Jsus que ces prisonniers ont sculpts. Mais on y discerne aussi un bal de cour, une chasse, deux tournois et l'on retiendra surtout l'inscription : Mater Dei mmento mei. Or, cette inscription se retrouve, comme plusieurs scnes, dans des sculptures de l'glise de Gisors, si bien qu'un archologue ingnieux a suppos que ces bas-reliefs pourraient tout bonnement tre l'uvre des ouvriers qui travaillrent l'glise au XVIe sicle. On les aurait logs dans la tour du Prisonnier. Cette hypothse n'est pas tellement invraisemblable (Jacques Levron, Chteaux et parcs royaux, Ile-de-France, 1964 - books.google.fr).

Suivant un dicton lgendaire, quiconque boit l'eau d'une des sources de Gisors se voit ramen dans cette ville par une force mystrieuse et doit y mourir

Le transi de Gisors

A travers la lgende de Barlaam et Joasaphat se rpandit la mditation du Bodhisattva sur le cadavre, mditation qui faisait partie du sanscrit Lalita-Vistara et do provient la reprsentation des diffrents degrs de dcomposition du cadavre que lon retrouve dans les fresques du cimetire de Pise et dans plusieurs tombes franaises de la fin du Moyen ge (Mario Praz, Oeuvre graphiqye de Jean-Pierre Velly, 1980 - www.velly.org).

Il y eut Gisors une Reine Blanche : c'tait Blanche de Navarre, surnomme Belle Sagesse, que son oncle le roi Philippe VI de Valois, le battu de Crcy en 1346, fit venir en France dans l'intention de la donner son fils, le futur Jean le Bon, le battu de Poitiers en 1356. Mais quand l'oncle, veuf d'une acaritre boiteuse et g de 56 ans, vit cette nicce de 18 ans dont la beaut tait sans gale, il prfra la garder pour lui. Reine de France en 1349, Blanche tait veuve ds l'ann suivante. Elle devint en 1359 douairire de Gisors et de Neaufles. C'est l qu'elle se retira et mourut en 1398, g de 70 ans. Ce n'est pas seulement son prnom qui la fit appeler Reine Blanche : on nommait ainsi toutes les reines de Fran,ce devenues veuve, car leurs voiles de deuil taient blancs. Or, Blanche fut une veuve exemplaire : elle refusa la main du roi Alphonse XI de Castille en lui rpondant firement : "Les reines de France ne se remarient pas". Ce n'est donc ppoint dans sa conduite qu'il faut chercher l'origine de la tradition qui lui prte des amours secrtes. Elle en eut pourtant, mais d'un tout autre ordre si on en juge par son testament, fait Neaufles [...] : aux carmlites de Paris, Blanche lgua "une partie d'un des clous qui percrent le Sauveur", cette relique tait enchsse dans une statuette "figurant le Christ tenant ce clou dans sa main" ; A sa fille Jeanne, ne en mai 1351 et morte en 1371, alors que la reine tait dj veuve depuis aot 1350, elle lgua "le livre de Barlaam, Josaphat et de beaucoup d'autres choses, armori de France et de Bourgogne" et son chapelain Nicole de Rueil "un pot de cristal duquel ist une fleur de lys et y a dedans du lait Notre-Dame" (Grard de Sde, Les Templiers sont parmi nous, J'ai lu, pp. 231-232).

Erigone la recherche d'un cadavre - la canicule

In the storyline of the Icarius episode Nonnus introduces novelties which, governed by a spirit of humorous detachment, assimilate Icarius the tree-planter chosen by Dionysus to spread his drink in Attica, murdered by those whom he was supposed to benefit, resurging post mortem to instruct his daughter to Christ and, to a considerable extent, his murderers to the Jewish mob killing Christ, and Erigone to Mary Magdalene. A studied mix-ture of Dionysiac and Christian traits indicates that the episode, already in the prologue of the epic, is conceived as a substitute passion essential for Dionysus translation to the sky (Konstantinos Spanoudakis, Icarius Jesus Christ ? Dionysiac Passion and Biblical Narrative in Nonnus Icarius Episode (Dion. 47, 1 264), Wiener Studien Band 120/2007, sterreichische Akademie der Wissenschaften Wien - www.academia.edu).

Dans le parallle Icarius/Christ, on retrouve la pendaison de Judas et celle d'Erigone, mme si les rles ne sont pas comparables. Le vin offert par Bacchus Icarius qui le partage avec les habitants de l'Attique est compar celui de Noces de Cana, et l'ivresse des assassins d'Icarius celle de la troupe de juifs qui arrtent Jsus.

On n'ignore pas que le chien enrag a t chez les Grecs, ds les temps les plus anciens, le symbole de la chaleur caniculaire et de Sirius (Louis Benloew, La Grce avant les Grecs: etude linguistique & ethnographique, Plasges, Llges, Smites & Ioniens, 1877 - books.google.fr).

Dmter est donc honore au dbut de l't aux Tharglies apolliniennes ; elle est d'autre part prsente aux cts d'Athna Sciras au Sciron, au moment de la canicule.

Telle n'est peut-tre pas la seule trace du culte, Alesia, d'une divinit chtonienne de la moisson qu'on puisse trouver dans la Vie de saint Germain. Hric raconte, en effet, que, au retour de sa deuxime mission en Angleterre (447), aprs avoir sjourn en Armorique, l'vque d'Auxerre, se rendant, non plus Arles auprs du prfet des Gaules, mais Ravenne, la cour de l'empereur Valentinien III, de nouveau par Alesia o il fut encore l'hte de Senator, qui lui prsenta une fille de vingt ans, parfaitement belle et pieuse, mais muette de naissance. Aprs lui avoir humect la langue et le front d'un peu d'huile bnite, il suffit au saint de tremper de vin trois galettes de pain [...] et la jeune fille ne les eut pas plutt avales qu'elle recouvra la parole pour demander la bndiction de son sauveur.

Il suffit de rappeler les ftes solsticiales d'Orchomne, Tirynthe ou Argos, dites Agrionia ou Agriania; les noms d'Agreus, Agrots ou Agrouros, donns aux victimes expiatoires des ardeurs de la canicule, Ariste, Adonis ou Dionysos: Agrios ou Silvanus, fils de Circ, et, peut-tre, les Argei de Rome, ces straminei quirites, prcipits dans le Tibre le 21 Mai.

Mais pour qui sait combien, au Ve sicle, les superstitions celtiques taient encore puissantes et vivaces en Gaule, quelle place y tenait, aux ftes solsticiales de la moisson, le sacrifice de victimes, jadis humaines, brles dans des mannequins de paille, et quel rle n'a pas cess de jouer dans les campagnes, la Saint-Jean, le brlement solennel de la poupe d'osier, appele la vieille, ou la mre grand', la sorcire ou le Judas ("Pro Alesia", Volumes 1 2, Socit des sciences historiques et naturelles de Semur, 1906 - books.google.fr).

Le rythme de l'escarpolette est assimil au rythme solaire, au mouvement apparent de l'astre. Trs significative est, cet gard, l'appellation du soleil comme escarpolette d'or dans le Rig-Veda, car le soleil semble, comme l'escarpolette, suspendu au ciel o il se promne, rythmant le cycle temporel, quotidien et saisonnier.

C'est une coutume rpandue dans les pays les plus divers, de se balancer, au printemps ou au dbut de l't, pour agir sur la croissance de la vgtation ou obtenir une bonne rcolte. Ainsi, les paysans de Lettonie consacraient, dans ce dessein, leurs loisirs, entre Pques et la Saint Jean d't, se balancer longuement.

En Esthonie, les jeunes filles se balanaient pendant toute la nuit de la Saint Jean d't, en mme temps que l'on allumait des feux de joie : dans ce dernier cas, l'association des deux rites est particulirement instructive en ce qui concerne leur rapport avec la course du soleil. Cette image du mouvement solaire est susceptible d'un largissement encore plus vaste : c'est le mouvement universel des tres et des choses, mesur par le mouvement du soleil qui peut symboliser l'escarpolette.

Les rites pratiqus avec l'escarpolette sont-ils constamment mis en rapport, non seulement avec la fcondit du sol nourricier, mais avec la fcondit de la femme, la fcondit naissant de l'union de l'homme et de la femme. Le symbolisme sexuel de l'escarpolette est partout attest.

On a trouv une statuette fminine acphale assise appartenant au temple de Ninhursag, desse de la fertilit (3e millnaire) ; c'est un objet cultuel prpar pour tre balanc, comme le prouvent les trous symtriques qu'on voit la base. Ch. Picard pense, avec vraisemblance, que le rite crtois de Phdre a t emprunt la Msopotamie. Il semble bien qu'il faille en chercher l'origine dans l'usage de la dendrolatrie consistant suspendre aux branches des arbres des poupes ou des mannequins reprsentant la desse de la fcondit monts sur une escarpolette et que l'on balanait ; la coutume, nous l'avons vu, existe toujours aux Indes, dans le culte de Krishna et de son pouse Radha. Aprs quoi, on se balanait soi-mme pour imiter la desse. Ensuite, beaucoup plus tard, on a imagin pour les hrones en qui survivait l'antique desse, quelque aventure romanesque, souvent amoureuse, qui les conduisait la pendaison. rigon doit, notre avis, rejoindre les rangs de ces hrones qui perptuent les anciennes divinits agraires. Son nom, cet gard, est significatif : il veut dire la fille du printemps ou celle qui enfante au printemps , selon qu'on prend le deuxime lment du mot, au sens passif ou au sens actif. Dans les deux cas, l'onomastique nous renvoie directement une notion de renouveau et de fcondit. Au surplus, ce caractre du personnage transparat mme travers les dformations romanesques de l'aition, puisqu'rigon est inextricablement mle un mythe d'origine de la vigne. Enfin, on lui apportait, comme offrandes, les prmices de la vendange.

Le rite de l'escarpolette est un rite de fertilit, et l'aspect expiatoire de la fte des Aiora pourrait tre tardif, mme si les rites funraires et rites de fcondit sont, dans ces sortes de ftes, inextricablement mls. L'Aiora athnienne s'insre dans le contexte d'une fte de la fertilit et o les morts ne sont honors qu'en relation avec la fertilit.

En Grande Kabylie, prs des sanctuaires de la valle du Chlif, on voit des escarpolettes destines aux femmes (on notera que dans l'immense majorit des cas, ce sont surtout les femmes qui utilisent les escarpolettes) : celles-ci se balancent sans porter de dessous, c'est--dire qu'elles exposent leur sexe l'air, er-rouh, le vent fcondant passant dans les branches du bois sacr qui entoure le tombeau du saint : er-rouh est l'me subtile, fcondante, par opposition nafs, l'me vgtative fconde ; l'union des deux mes par le corps, puis par le nom, donnent la personne humaine (Jean Hani, La fte athnienne de l'Aiora et le Symbolisme de la balanoire. In: Revue des tudes Grecques, tome 91, fascicule 432-433, Janvier-juin 1978 - www.persee.fr).

Ainsi peut-on rapprocher l'Aiora des oscilla latines, comme le fait Probus.

Le balancement des oscilla serait toujours en rapport avec le culte des morts, ainsi que l'usage des masques; il conviendrait donc de donner un sens chthonien ce rite dans la fte des Sementiuae.

Altheim, qui considre le rite des oscilla comme ayant une origine et une signification funraires ce qui est une interprtation trop restreinte admet au contraire que ce rite tait pratiqu aux Sementivae. Mais il est d'avis que les oscilla exposes aux Sementivae taient plutt des masques de Crs-Dmter et d'autres divinits chthoniennes que des masques bachiques. Nous savons aussi que, parmi les oscilla, il y avait des membra uirilia (L. Delatte, Quelques ftes mobiles du calendrier romain, L'Antiquit classique, Volume 5, 1936 - books.google.fr).

Il serait alors plus simple de revenir l'hypothse du P. Lagrange : les morts taient appels gurisseurs parce qu'on leur reconnaissait la capacit de gurir , mais en donnant au verbe le sens large de rtablir la fcondit . Pareille notion aurait pu tre contemporaine du ba'alisme ougaritique comme de l'ancien yahwisme, il en resterait ce nom de Repham appliqu aux disparus. Le titre de Dan'el mt rp'i parat signifier homme de gurison (Syria, Volume 37, 1960 - books.google.fr).

Dmter a le visage double d'une desse des morts et de la fertilit et rpond l'anagramme donn par Grard de Sde de O MATER DEI MEMENTO MEI : AMO DEMETER ENIM TIMEO (La Croix dHuriel et lalchimie : Triple correspondance : chemin de croix, oeuvres alchimiques et voyage de lme).

Le sommet du Plion, dcrit par Hraclide, apparat comme le haut-lieu d'un culte partag entre la grotte de Chiron et le sanctuaire de Zeus Actaios : une piclse qui voquerait le nom d'Acton moins bien sr qu'on prfre donner au nom du chasseur botien une tymologie phnicienne, et rapprocher le mythe d'Aqhat... Le culte du Plion se clbre la canicule, et les clbrants sont des citoyens parvenus l'ge adulte et vtus de peaux de btes. Par ailleurs des inscriptions ont rvl au Plion la prsence d'un Zeus Akraios, dont le sanctuaire est incertain, mais dont l'piclse grave a paru plus sre que celle d'Hraclide. La correction propose du voyageur antique semble cependant douteuse. D'une part akt (rive escarpe, hauteur) et akra (cime, promontoire) sont synonymes. D'autre part Acton le Botien a des liens solides avec le Plion. Non seulement il est cit par Xnophon et Apollodore comme disciple de Chiron, mais ses chiens viennent se prsenter la grotte du Centaure aprs la mort du chasseur. Leur fureur une fois passe, ils cherchent leur matre et Chiron confectionne une image d'Acton pour les consoler : raison de plus pour penser que la grotte du Plion et le mythe d'Acton sont lis un mme culte de chasseurs autour d'une image cultuelle, avec des rites o la chasse, les chiens et les peaux de btes jouent un rle important et accompagnent une initiation (avec emploi de sucs tirs des plantes, crmonial de mariage et de passage l'ge adulte ?). Il y a hsitation sur le dguisement rituel : tandis qu' Hraclide parle de peaux de moutons, la version la plus ancienne de la mort d'Acton le montre revtu par Artmis d'une peau aurait-il fini par remplacer la bte sauvage primitive ? Ce culte a servi interprter l'piclse de Zeus et le nom du hros. Sa date spcifique tant celle de la canicule (qui joue, nous allons le voir, un rle essentiel dans les mythes d'Ariste et d'Acton attests par la tradition littraire), on a pens un autre sens plus rare, mais net et ancien, de akt, li certains contextes religieux et au culte de Dmter : le sens d'pi foul sur l'aire. Zeus Actaios serait un dieu li la canicule par la rcolte et le foulage des pis ; il aurait pris la place d'une ancienne divinit de la moisson et de la terre28, tandis que la grotte voisine de son sanctuaire aurait fix la tradition d'un culte de chasseurs. Les personnes divines et la date cultuelle impliques sont au cur d'un vaste problme. Date-clef du calendrier agricole, la canicule mle l'ardeur solaire des rfrences venues non seulement du monde vgtal, mais de la symbolique animale projete vers le ciel. Elle est sentie la fois comme un effet du lion et comme un effet du chien prsent dans l'tymologie de son nom. Les implications multiples de ces rfrences nous invitent chercher dans quelle mesure les animaux des mythes et ceux des constellations peuvent relever d'une symbolique commune. Mais avant d'aborder cette structure du sacr, il est bon d'en dessiner les perspectives travers les formes personnalises que les dieux ont inspires. (Robert Triomphe, Le Lion, la vierge et le miel, 1989 - books.google.fr).

Acton lui-mme est une personnification des montagnes du Plion, que ses cinquante chiens (les cinquante jours de la canicule), atteints de la rage, ont dchire sur le Cithron (Albert Rville, Les dieux de la Grce antique, Revue germanique, Volume 16, 1861 - books.google.fr).

Hippocrate recommande de ne pas employer pendant la canicule les violens purgatifs ou mtiques, cause de la turgescence des humeurs, car les anciens usaient de forts drastiques, tels que l'ellbore, ou le mdicament par excellence. Il veut quon s'en abstienne pendant cinquante jours (lib. De purgantibus), car les Grecs appelaient jours caniculaires, les vingt qui prcdent et les vingt qui suivent le lever de la canicule, et Hippocrate ajoute dix jours de plus; pendant tout ce temps, il faut, dit-il, s'abstenir de tout ce qui peut trop fortement branler l'conomie, comme les oprations chirurgicales et les remdes trs-actifs (Dictionnaire des sciences mdicales, SEN-SOL, 1821 - books.google.fr).

Si Artmis est parfois fille de Dmter, en Arcadie par exemple, elle est lie la mort, mort du gibier comme d'Acton, et serait un des aspect de Dmter.

Artmis au surplus se confond avec Cyble et Dmter, divinits mres, fcondes, productrices, personnifications de la terre, qui engendre et nourrit les cratures (Revue des Etudes anciennes, Volume 8, 1967 - books.google.fr).

En Cyble, qui Pessinonte rendait des oracles, les Grecs reconnaissaient la fois Artmis d'Ephse et la premire personne de la triade d'Eleusis, Dmter la Mre des Bls (Jean Prieur, Alexandre le Grand et les mystres d'Orient, 1987 - books.google.fr).

Par rapport la fcondit, la Canicule fait partie de la symbolique chtonienne, puisqu'elle contribue faire monter la sve depuis les racines souterraines, et la fertilit recherche a besoin d'une garantie printanire lors de cette premire manifestation solaire que la lgende d'Erigone, mythe agraire, semble voquer (Antoinette Glauser-Matecki, Le premier mai, ou, Le cycle du printemps: rites, mythes et croyances, 2002 - books.google.fr).

Repham et la saison d't

Les Repha'im, c'est--dire les ombres, hantaient aussi le monde suprieur, celui des vivants; ces repha'im prsentaient quelque analogie avec les dmons. Ils pouvaient tre voqus hors du Scheol, dans un but de magie et de divination; on les appelle mme expressment des dieux. Ce n'est pas l le seul vestige de la croyance aux dmons et des pratiques qui s'y rattachaient. La dfense de pratiquer la magie et la ncromancie prouve que le penchant ces arts occultes existait en Isral (Revue de thologie et de philosophie, Volume 37, 1904 - books.google.fr).

Dans Isae, la gloire clipse d'Isral est compare l'humble indigence de celui qui glane des pis dans la valle des Repham (XVII, 4-5) :

4. Et erit in die illa: attenuabitur gloria Jacob, et pinguetudo carnis ejus marcescet. 5. Et erit sicut congregans in messe quod restiterit, et brachium ejus spicas leget; et erit sicut qurens spicas in valle Raphaim.

En ce temps-l, la gloire de Jacob se dissipera, son corps abattu et fltri perdra son embonpoint. Il sera semblable celui qui glane dans la moisson, qui recueille avec la main les pis qui sont rests, et celui qui cherche des pis dans la valle des Repham (Victor Gurin, Description gographique, historique et archologique de la Palestine: accompagne de carte dtailles, La Jude, Tome I, 1868 - books.google.fr).

L'pope d'Aqhat nous renseigne aussi sur le droulement des divers rites magiques pour amener la pluie, formules de conjuration pour loigner la strilit de la terre et les lments du rituel funraire (lamentation, enterrement, incisions). Aprs, Daniel, le rapai, aux nuages conjura, dans la terrible scheresse a la pluie: Que les nuages pleuvent sur les fruits d't, que la rose se distille sur le raisin ! (Gregorio del Olmo Lete, Mythologie et religion des smites occidentaux: Emar, Ougarit, Isral, Phnicie, Aram, Arabie, 2008 - books.google.fr).

Le Danel ugaritique tait la base du Danel d'Ezechiel 14, mme si ce prophte l'a rinterprt en fonction de la notion de justice (sdq). Mais il nous a paru avoir eu raison de mettre en cause la royaut de Danel. Le mlk de CTA 19,152, en parallle avec ylkm, et prcd d'une lacune, ne signifie pas ncessairement que Danel est roi. Il se prsente donc comme un juge local dans un village qui n'est pas une cit, mme s'il est prs d'une cit. Cet homme (vir, mutu) capable de procrer, est un gzr (qui a atteint sa maturit, ce que va devenir son fils Aqhat cf. Xella Parola del Passato 150, 1973, p. 194-202). Ayant la charge des rites agraires de fertilit, Danel est rpe, de gurison avec Caquot-Sznycer, non pas tellement celui qui gurit ou fertilise par lui-mme comme Ba'al rpu, que l'un des rpum qui se rassemblent pour un grand banquet de fertilit (CTA 20-22, de Moor ZA W 1976, p. 323ss) et qui sont probablement une population disparue (Henri Cazelles, Ernest-Marie Laperrousaz, Confrence de M. Henri Cazelles et de M. Ernest-Marie Laperrousaz. In: cole pratique des hautes tudes, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 87, 1978-1979. 1978 - www-persee-fr.bibliopam-evry.univ-evry.fr).

Dans les textes de Ras Shamra, les Repham sont des acolytes du dieu Ba'al ; dans l'A. T. ils constituent une lite parmi les morts. A basse poque, chez les Phniciens, dieux mnes et dieux repham (alonim repham) sont synonymes. Comment est-on pass du premier concept au second ? On peut s'en rendre compte en considrant que les Repham sont associs au rle chthonien de Ba'al. Quand Danel se proccupe d'assurer la pluie du printemps et la rose de l't, nous voyons les Repham harnacher leurs chevaux, atteler leurs chars et se rendre sur les aires et les plantations. D'autre part, l'intronisation de Ba'al s'opre par les Repham qui lui versent de l'huile sur la tte. Le lien entre les Repham et Ba'al est donc trs troit ; nous allons voir dans quelles circonstances il s'affirme. Isae (XIV, 9) rapporte que, quand le roi de Babylone descend au sheol, les Repham sortent de leur engourdissement pour l'accueillir, et l'on nous dit cette occasion que ces personnages reprsentent les anciens puissants de la terre, autrement dit les anciens rois des nations. Or, lorsque 'Anat eut achev de rendre les honneurs funbres Aliyan Ba'al, il semble que le messager des dieux, la desse Sapas, envoie les Repham lui tenir compagnie. Nous saisissons l le trait initial qui prtera une fonction funbre ces acolytes de Ba'al, et les rduira demeurer aux enfers avec Aliyan Ba'al et Ba'al, tant que ceux-ci y sjourneront. Un pas de plus et nous aboutissons la conception de l'A. T. qui s'est aisment dgrade pour s'appliquer un mortel quelconque (douard Paul Dhorme, Ren Dussaud, Les Religions de Babylonie et d'Assyrie, 1949 - books.google.fr).

Le matre de gurison smite est le Baal rapu ; l'ange gurisseur des Hbreux est Raphal ; les Repham sont les dfunts rois gurisseurs. L'inscription ugaritique Rp'u mlk 'lm interprte comme Roi du monde , est particulirement vocatrice. Aux Repham considrs comme anctres mythiques correspond l'image des ossements et du crne d'Adam supposs enterrs sur le Golgotha (tudes traditionnelles, Numros 503 510, 1989 - books.google.fr).

Par l, on retrouve le Raphal de Gallardon. Raphal est associ la saison de l't dans la Croix d'Huriel (La Croix dHuriel, ses anges et les humeurs : Introduction).

Chapelle Sainte Catherine

Comment interprter l'existence de cette clbre chapelle de Gisors qui aurait t sous le chteau, calendairement et caniculairement ?

Il existe cependant une chapelle voue la mme sainte dans l'glise de la ville.

Le 13 mai 1444, Jeanne de Chantemle, dame de Fouilleuse, fonda la chapelle Sainte-Catherine dans l'glise Saint-Gervais 175. Le titre de chapelain resta par la suite la collation de la famille de Fouilleuse qui la fondatrice avait apport la seigneurie de Flavacourt, village dont l'glise bnficia d'une ambitieuse reconstruction de son clocher. Cite dans les comptes de la fabrique jusqu'en 1499, la chapelle primitive de l'glise de Gisors fut reconstruite entre 1516 et 1526 au sud de la nef contre le transept, sans doute son emplacement d'origine et avec le concours des fondateurs. Les lacunes de la comptabilit autour de 1520 ne permettent pas de vrifier ces hypothses. On supposera cependant que le donateur agenouill avec son pouse sur le retable sculpt plac vers 1530 sur le nouvel autel tait Jacques de Fouilleuse, seigneur de la Concy, Flavacourt, Montagny et Bazincourt, dont le pre s'tait impliqu dans la restauration de l'glise. L'examen archologique vient l'appui de cette participation. Un contrefort qui spare la chapelle de la suivante est orn d'une niche dont le culot se distingue de ceux des autres contreforts par des figures sculptes d'animaux (taureaux l'ouest et lions l'est ?) affronts, trangers l'iconographie de sainte Catherine, et qui s'apparentent plutt des figures supportant des armoiries, lesquelles ont aujourd'hui disparu. Toutefois, cette reconstruction a d bnficier du soutien de la nouvelle confrrie Sainte-Catherine cre en 1515, qui partageait les lieux et sans doute un desservant avec la fondation seigneuriale (tienne Hamon, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les glises du Vexin franais, 2008 - books.google.fr).

Remarquons aussi dans cette vaste constellation du Navire, l'toile Canopus, de premire grandeur. [...] C'est la seconde toile du ciel par ordre d'clat, car elle vient immdiatement aprs Sirius, et est suprieure a du Centaure, Arcturus, Vga, Rigel et Capella. Elle brille sur le gouvernail du Navire et porte le nom du pilote de Mnlas, qui s'appelait Kanbos. Pline, Ptolme, Manilius l'appellent dj Canopus; pourtant Hvlius et Flamsteed crivent encore Canobus. Cette clatante toile tait adore en Egypte. La ville de Canope (aujourd'hui Aboukir), sur l'une des branches du Nil, dans la basse Egypte, portait anciennement le mme nom: c'tait l, disait-on, que le pilote de Mnlas tait mort de la morsure d'un serpent. Il faut aller 53 degrs du ple nord, c'est--dire au 37degr de latitude, pour commencer apercevoir Canopus rasant l'horizon. On peut le voir de Gibraltar, des ctes sud de l'Espagne, de l'Algrie, de laTunisie, del Grce et d'Alexandrie. Hipparque et Ptolme ont pu l'observer aussi de leur temps, car dans cette position l'effet de la prcession est peu prs nul. Cet astre jouissait d'une clbrit spciale chez les anciens navigateurs. Amric Vespuce en parle dans ses mmoires en avoir vu trois, dont un noir (probablement le trou dans la Voie lacte nomm sac charbon). Les plerins arabes l'appelaient l'toile de sainte Catherine , parce qu'ils taient joyeux de la voir et de se guider sur elle pour aller de Gaza au mont Sina. Canopus est rest clbre dans les annales de la navigation. La situation australe de ces toiles du Navire nous interdit de faire directement connaissance avec elles (Camille Flammarion, Les toiles et les curiosits du ciel: supplment de l'astronomie populaire, 1882 - books.google.fr).

According to a fable related by the Persian astronomer in his Description of the fixed stars (Xme sicle), Al Sufi, the two Dog-stars, Sirius (Al-abur) and Procyon (Al-gumalsa), were the sisters of Canopus (Suhail). Canopus married the star Rigel, but, having murdered her, he fled towards the south pole, fearing the anger of his sisters. Sirius followed him across the Milky Way, but Procyon remained behind and wept for Suhail till her eye became weak (John Ellard Gore, Astronomical Essays Historical and Descriptive, 1907 - books.google.fr).

Comme l'toile Canopus n'est pas visible sous les latitudes franaises, cela pourrait expliquer l'invisibilit de la lgendaire chapelle Sainte Catherine de dessous le chteau de Gisors.

Donjon de Gisors - Sraphin Mdric Mieusement, 4e quart 19e sicle - 1886.u-bordeaux3.fr

On observe une particularit trs remarquable : c'est le 24 dcembre minuit, qu' l'poque dont nous parlons (XIIme iscle), le Grand et le Petit Chariot d'une part, le Navire ou Chariot des Mers d'autre part passaient aux antipodes les uns de l'autre par rapport Gisors. cette position rciproque des trois chariots, qui ne se retrouvait qu'une fois dans l'anne, a dict tout le plan du chteau. Les btisseurs commenrent par tracer au sol la projection de la constellation du Navire, cette constellation appartenant l'hmisphre austral et se trouvait ainsi "sous terre". [...] Cette figure n'tait pas au Moyen ge ce qu'elle est dans nos atlas du ciel : en effet le Navire, aujourd'hui dcoup par les astronomes en parties distinctes : proue, carne, voiles etc. ne formait cette poque qu'une constellation unique (Grard de Sde, Les Templiers sont parmi nous, J'ai lu, 1971, p. 238).