Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Eglise Saint Sulpice - Aude : correspondance   
SAINT SUPLICE PLAN INVERSE AUDE CORRESPONDANCE

Le relev de d'Ernest Cros de la dalle de Coume Sourde prsente une interruption dans le trac du segment joignant "SIS" la croix prs du centre. Curieusement sur cette interruption se place un site de la commune de Floure : les Bnitiers. Les Bnitiers de Floure sont un site ruiniforme dolomitique dominant la valle de la Bretonne. Pour comprendre ces formations, il suffit de se dplacer de quelques mtres vers l'Est o l'on trouve en bordure de ravin des plaques karstiques crevasses dans lesquelles s'infiltrent les eaux d'rosion (www.lepetitjournal.net, Autour de Rennes le Chteau : Messie, Messias).

Sur ce segment se trouve aussi le chteau de Miramont ( Barbaira) plus l'est.

A une lgre distance de Barbairan, deux tours, quon suppose avoir t baties par Alaric II, roi des Wisigoths, se dressent encore sur le versant septentrional de la montagne, qui a retenu le nom de ce prince. La hardiesse et la solidit des ventes, que soutiennent des murs forms dun durciment et de pierres carres. rpondent limmensit du principal difice, dont lenceinte est indique par des vesligcs de fondements. S'il faut en croire une tradition locale et un passage de Procope, historien grec du 6e sicle, la bataille qui mit fin au rgne et la vie dAlaric et qui affermit la domination des Franks dans le midi des Gaules, aurait eu lieu non loin de Carcassonne, et suivant toutes les probabilits, au pied mme de la montagne qui supporte les ruines de ce chteau Le sentiment de Grgoire de Tours, qui place cette action prs de la ville de Poitiers, a gnralement prvalu, mais na pas empch quelques modernes dadopter une opinion contraire la sienne et dinvoquer cet effet. le tmoignage de Procope. Les dtails fournis par ce dernier cri vain sont nombreux et circonstancis. Il raconte que Clovis avait entrepris le sige de la ville de Carcassonne, dans laquelle s'tait jet Alaric; et que les murmures des Wisigoths. impatients den venir aux mains. engagrent celuici accepter le combat, avant larrive des auxiliaires envoys par Thodoric. son alli. Cette prcipitation fut cause de la perte de la bataille. Appollinaire, fils de Sidoine, vque de Clermont et gendre de lEmpereur Avitus, y succomba, avec une foule de GalloRomains qui marchaient sous ses ordres et qui dispulrent longtemps la victoire aux soldats de Clovis. (Scvole Be (Messire Hue) : tudes historiques sur le dpartement de lAude, dans le journal de Toulouse l'Emancipation de 1838).

On assure quAlaric II btit deux forts dans les environs de Carcassonne. Lun porte aujourdhui le nom d'Alairac (Canton de Montral), lautre donne son nom la montagne d'Alaric; il est quelquefois appel Mimmont. Ce fort a sans doute t rebti pendant le moyen-ge, sur lemplacement occup par le chteau d'Alaric. Les murs que lon voit aujourdhui sont probablement louvrage des seigneurs de Capendu. Tout ce que la tradition nous apprend sur Alairac et Miramont prend un trs-grand degr de vraisemblance dans les documents historiques de cette poque; mais ce que l'on dit sur la mort dAlaric et la bataille quil aurait livre auprs de la montagne o est situ Miramont, ne mrite aucune croyance. (Cros-Mayrevieille. Histoire du Comt de Carcassonne. Recherches historiques. II Ouvrages dAlaric dans le territoire de Carcassonne. p. 51).

Procope rapporte (De Bello Goth. I. I.) que cette bataille (entre Clovis et Alaric) fut donne circ Carcassionem urbem. La tradition du pays favorise ce sentiment; et lon tient dans le Diocse de Carcassonne, que cette action se passa auprs dun fort, dont on voit encore des masures, situ entre La Grasse et Carcassonne, sur un mont appel dans la langue du pays, le Pech dAlaric. Mais le sentiment de Grgoire de Tours, qui fixe cette bataille Vougli, prs de Poitiers (Greg. Tur. I. II. c. 37) est suivi par un plus grand nombre (Bonus. Hist. de Carmes. p. 25). V. Basse. Hist. des Comtes de Carcassonne. p. 44 (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien diocse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, Volume I, 1857 - books.google.fr).

A l'entre du choeur, on peut admirer droite une mouvante Vierge de douleurs, gauche un Christ la colonne et, tout autour, adosss aux piliers, huit des douze aptres : gauche saint Pierre, saint Jean l'Evangliste, saint Jacques le Majeur et saint Barthlemy, droite saint Paul, saint Jacques le Mineur, saint Andr et saint Matthieu (ou saint Philippe). Toutes ces statues sont d'Edme Bouchardon (1698-1762). Elles lui avaient t commandes par Languet de Gergy en 1734. Le got du naturel dans l'art remplaait alors la tendance prcdente la grandiloquence. Leur style manifeste aussi l'influence du sjour de neuf annes que le sculpteur venait de faire Rome (www.histoire-moi-et-prof.eu, www.culture.gouv.fr, Gaston Lemesle, L'glise Saint-Sulpice, 1931 - books.google.fr).

Les statues du choeur de saint Sulpice

Le choeur de l'glise Saint Sulpice de Paris - www.france-voyage.com, www.wikiphidias.fr

La Vierge

La vierge correspond Cazilhac avec son glise Notre Dame.

Saint Paul

Saint Paul, par un jeu de mot, lui qui est le seul parler dans la Bible d'ancienne alliance pour la loi de Mose (2 Corinthiens 3,14) est associ Palaja, l'ancienne loi en grec tant traduit par "palaia diathkh") (Jean-Eudes Renault, La Loi et la Croix: L'criture de la Croix dans l'criture de la Loi, 2009 - books.google.fr).

Saint Jacques le Mineur

Saint Jacques le Mineur pourrait renvoyer au prieur de saint Jacques (quel Jacques ?) de Clairan, autrement Saint Jaumes, Montirat, uni la cure Saint Marcel de Fontis d'Aude (www.fontiesdaude.com, Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien diocse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, Volume I, 1857 - books.google.fr).

Philippe, baptme et bnitier

Au calendrier, on fte l'aptre Philippe le 1er mai, avec Jacques le Mineur, et saint Philippe le diacre, le 6 juin (ancien calendrier, voir Ptin).

L'aptre Philippe tait de Bethsade, en Galile, patrie de saint Pierre et de saint Andr. Le Sauveur, ds les premiers jours de Sa vie publique, le rencontra et lui dit: "Suis-Moi!" Saint Jacques, appel le Mineur pour le distinguer de Jacques le Majeur, frre de saint Jean, tait n Cana, en Galile; il tait de la tribu de Juda et cousin de Notre-Seigneur selon la chair. La tradition affirme qu'il ressemblait au Sauveur, et que les fidles aimaient regarder en lui une vivante image de leur Matre remont dans le Ciel. Jacques eut un frre, Aptre comme lui, nomm Jude, et ses deux autres frres, Joseph et Simon, furent disciples de Jsus (Abb L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'anne, Tours, Mame, 1950 - har22201.blogspot.fr).

L'aptre Mathieu, prchant en Ethiopie, tant entr dans la ville de Nabader o il reut lhospitalit de leunuque de la reine de ce pays Candace baptis par Philippe (Actes, VIII) (Jacques de Voragine, La lgende dore - www.abbaye-saint-benoit.ch).

Quant Philippe qui fut un des sept diacres, saint Jrme dit, dans son martyrologe, que le 8e des ides de juillet, il mourut Csare, illustre par ses miracles et ses prodiges ; ct de lui furent enterres trois de ses filles, car la quatrime repose Ephse. Le premier Philippe est diffrent de celui-ci, en ce que le premier fut aptre, le second diacre; laptre repose Hirapolis, le diacre Csare. Le premier eut deux filles prophtesses, le second en eut quatre, bien que dans lHistoire ecclsiastique on paraisse dire que ce fut saint Philippe, aptre, qui eut quatre filles prophtesses : mais il vaut mieux s'en rapporter saint Jrme (Jacques de Voragine, La lgende dore - www.abbaye-saint-benoit.ch).

Jean Chrysostome semble confondre les deux et dire que c'est Philippe l'aptre qui baptisa l'eunuque de la reine Candace (Actes VIII,26-40) (Jean Chrysostome, Oeuvres compltes, traduit par Jeannin, Tome 11, 1807 - books.google.fr).

Augustin dit que le baptiseur de Samarie (Actes VIII,12) nomm Philippe n'est pas identifi autrement : aptre ou diacre ? (Pierre-Marie Hombert, Nouvelles recherches de chronologie augustinienne, 2000 - books.google.fr, La Croix dHuriel et la Ligne gnostique : Le Chariot).

Profitant de cette confusion, on remarque que la statue de Philippe se trouve prs des Bnitiers dolomitiques de Floure. Elle est prs de la sephira Gebourah ( Malves) associe la date de la fte du diacre Philippe en Grce, le 11 octobre (La Croix dHuriel et pierres noires : Le Sceau de Palaja et les 7 diacres, La Croix dHuriel et pierres noires : Saint Sulpice, sphiroth et Aude).

Les bnitiers se trouvent aux portes des glises. Leur fonction premire tant de rappeler aux baptiss l'acte de leur baptme, ils sont placs non seulement l'entre principale, mais toutes les portes d'accs de l'difice (Louis Malle, Les sources du baptme: dcouvrir les baptistres et les fonts baptismaux, 1994 - books.google.fr).

A l'poque de la Renaissance, on a fait en Italie et en France des bnitier remarquables par l'lgance de leurs formes et par la richesse des sculptures qui ornent la cuve et le pied qui la supporte. Dans la cathdrale d'Orvito, une statue de saint Jean-Baptiste s'lve au milieu du bnitier, pour rappeler le premier baptme. Quelquefois les coupes des bnitiers reprsentent ou rappellent des coquilles : Saint-Pierre de Rome, l'imitation est complte; chaque bnitier se compose d'une coquille en marbre blanc, se dtachant sur une draperie sculpte en marbre bleu turquin; deux anges, sous la forme d'enfants, hauts de deux mtres, assis sur les bases de deux pilastres, supportent la coquille. Ces bnitiers, au nombre de deux, sont placs droite et gauche de la grande nef, sur les premiers piliers. Enfin, on a t jusqu' employer la confection des bnitiers de belles et grandes coquilles naturelles, non pas dans une pense d'art, mais dans un but religieux, pour mieux faire comprendre aux fidles l'importance de leur premier acte l'entre de l'glise, en leur montrant l'instrument avec lequel saint Jean opra le baptme du Christ (Dictionnaire de l'Acadmie des Beaux-arts, contenant les mots qui appartiennent l'enseignement, la pratique, l'histoire des beaux-arts, 1868 - books.google.fr).

La statue de Philippe, si c'est lui, est prs de Trbes et du hameau de Beraigne, ancien Beroia en 1147 (Donation faite par Xatmarus de Beroia, par Elne sa femme et par leurs enfants, Dieu et St Nazaire de Carcassonne). Or Beroia est le nom de deux villes dans l'antiquit : Bre en Macdoine et Alep en Syrie.

Philippe a un rapport avec Bre (en Grce) par l'intermdiaire de saint Paul. Il n'est que deux circonstances dans l'histoire de leurs Actes, o la lecture des saintes lettres fut directement employe l'enseignement de l'Evangile. La premire se prsenta S. Philippe diacre sur la route de Gaza, lorsqu'il fut interrog par l'eunuque de Candace, reine d'Ethiopie, sur le sens du prophte Isae ; la seconde se prsenta S. Paul pendant son sjour Bre (Autour de Rennes le Chteau : La dalle horizontale de Marie de Ngre : vers Montolieu).

Saint Philippe, quand il est peint isolment, est en gnral un homme dans la force de l'ge, d'une physionomie bnigne, presque sans barbe, en rapport avec la srnit de son naturel tout fait sympathique. Il porte toujours comme attribut une croix dont la forme varie ; quelquefois elle est trs-petite, et il la tient la main. Quelquefois c'est une haute croix en forme de T; quelquefois encore un long bton surmont d'une petite croix latine (La lgende dore des artistes, Revue britannique: Choix d'articles traduits des meilleurs crits priodiques de la Grande-Bretagne, Volume 39, 1845 - books.google.fr).

Andr

Saint Andr qui serait en fait au fond dans une pose comparable un dessin de l'Albertina de Vienne correspondrait Marseillette qui possde une glise sous ce vocable (Claude de Vic, Jean-Joseph Vaisste, Histoire Generale de Languedoc, 1840 - books.google.fr, sammlungenonline.albertina.at).

Le Christ inspir de la Minerve

De gauche droite : Michel-Ange, Christ de la Minerve (1519 - 1520) ; Edme Bouchardon (1698-1762), Le Christ la Croix de Michel-Ange, de l'glise de la Minerve ; Edme Bouchardon, Jsus christ appuy sur la Croix - fr.wikipedia.org, www.photo.rmn.fr, www.statuedefrance.fr

On retrouve Minerve "dans" Saint Sulpice (Autour de Rennes le Chteau : Le temple de Minerve).

Pierre

L'glise de Leuc, plus l'ouest, est voue saint Pierre. Il y avait un fief de Saint Rome dpendant de Villefloure. Encore un jeu de mots, Rome devant tre Romain mais aussi la ville sige de l'Eglise de Pierre (Autour de Rennes le Chteau : Dalle verticale de Marie de Ngre : sur la carte de lAude).

Jean l'Evangliste

La statue de saint Jean l'Evangliste est devant la chapelle Saint Jean de l'glise Saint Sulpice.

Autour de l'abbaye de Saint-Hilaire, il nous est possible de compter une douzaine d'glises. Ce sont les glises de Salles, Benausse, Nonosse et Crausse (toutes dans lacommune de Saint-Hilaire), de Saint-Andrieu (commune de Molires), de Cuxac et de Saint-Jean (commune de Ladern), de Greffeil et de Verzeille. Il faut ajouter les cellae monastiques de Garelianus (commune de Gardie), de Cornze (commune de Couffoulens) et de Saint-Martin (commune de Ladern). [...] Nous relevons ensuite, assez souvent, les noms de saint Andr et de saint Jean l'vangliste (qu'il est parfois difficile de distinguer de saint Jean-Baptiste). On trouve galement quelques glises ddies a saint Jacques et saint Barthlemy, mais eIles constituent une exception (Elie Griffe, Histoire religieuse des anciens pays de l'Aude, Tome I, 1933).

Jacques le Majeur

La statue de saint Jacques le Majeur est devant la chapelle de Saint Charles de l'glise Saint Sulpice o "entre" la commune de Villetritouls avec son glise Saint Jacques le Majeur.

Barthlemy

La statue de Barthlemy se trouve au fond et il faut chercher Lagrasse plus l'est une chapelle saint Barthlemy.

Auger de Gogeux ne fut lu abb de Lagrasse que vers 1279; il signala sa gestion par la construction de plusieurs difices, par la rparation de l'glise & l'augmentation des revenus de l'abbaye. Il reut l'hommage d'un grand nombre de vassaux, fit rparer le logis abbatial, y btit, en 1296, la chapelle ddie saint Barthlemy, & abdiqua aprs le 15 juin 1308 (Joseph Vaisste, Claude de Vic, Histoire gnrale de Languedoc: avec des notes et les pices justificatives, Volume 4, 1872 - books.google.fr).

Parmi les plus significatives, figure la chapelle prive que l'abb Auger de Gogenx, ou de Castillon, btit la fin du XIIIe sicle. Ce personnage, dont le gouvernement s'tendit de 1279 1309, a laiss le souvenir d'un rformateur et d'un grand btisseur. Il ne se borna pas difier sa chapelle ddie saint Barthlemy : c'est l'ensemble du palais abbatial qu'il restaura. Son zle s'exera en outre en faveur du monastre lui-mme, dont il releva l'glise, ainsi que divers btiments. La chapelle Saint-Barthlmy est un est un petit difice rectangulaire, deux tages, dont la date est parfaitement connue grce une inscription grave sur le tympan du portail du sanctuaire suprieur, en dessous d'un cu portant les armes d'Auger (Ecartele en sautoir, d'azur et de gueules pour Mahul ; d'azur et d'or pour le Dr Degrave) (Marcel Durliat, La chapelle de l'abb Auger Lagrasse, Hommage Andr Dupont: 1897-1972, tudes mdivales languedociennes, 1974 - books.google.fr).

L'inscription : Anno Domini MCCXCVI Dominus Augerius Abbas Hujus Loci Fecit Fieri Istam Capellam Ad Onore Sanctl Bartolomei Apostoli.

Les armes de l'abb Auger constituant une partie des armoiries de Comigne, prs de Douzens, sont "cartel en sautoir d'or et de gueules qui est Auger de Gogenx". On trouve encore les armes d'un des principaux abbs de Lagrasse (Auger de Gogenx) sur la faade ouest d'un btiment agricole rcemment prempt par la municipalit faisant partie de l'ensemble du chteau fodal encore existant (fr.wikipedia.org - Comigne).

Triangulation

Comme le remarque Edmond Oudin (Dictionnaire des saints), Barthlemy (24 aot), Jacques le Mineur (et l'aptre Philippe : 1er mai) et Jean l'Evangliste (27 dcembre) forment une triangulation (presque quilatrale). Jacques le Majeur (25 juillet), Andr (30 novembre) et l'Annonciation (25 mars) une autre, comparer Anne (26 juillet), Emmanuel (26 mars), et la Prsentation de Marie au Temple (21 novembre) la place du 24 novembre ici une vraie triangulation quilatrale sur une anne non bissextile (Autour de Rennes le Chteau : Le temple de Minerve).

Gnomon de Saint Sulpice

Dans le plan invers de l'glise Saint Sulpice de Paris projet sur la carte du dpartement de l'Aude, le gnomon se retrouve au sud du ct de l'angle droit du triangle isocle rectangle de la dalle verticale de Marie de Ngre. Cet angle droit est associ au gnomon, la fois figure d'algbre et instrument de mesure du temps. Le carr du gnomon sur le plan se trouve au nord de la commune de Buc et Belcastel dans celle de Villebazy, au sud, prs d'un lieu appel Tantia sur la carte Goportail, et sur la ligne gnostique.

Les ruines d'Umm al-Jimal se dressent dans la plaine basaltique du Hauran, 15 km environ l'est de Mafraq. aux confins du Djebel druze et de la frontire syrienne. D'abord place dans l'orbite nabatenne, cette bourgade proche de la Via Nova Traiana connut une prosprit importante du rgne de Trajan la fin de la dynastie des Svres.

Longtemps identifie l'ancienne Tanthia romano-byzantine de la table de Peutinger, Umm al-Jimal fut dote d'une enceinte aux IVe-Ve sicles et intgre au limes Arabicus. Repeuple, elle vcut comme une grosse bourgade rurale du Ve au VIIIIe sicle. Elle dpendait alors de la juridiction de Bostra, vch mtropolitain de la province d'Arabie, dont le diocse s'tendait assez loin vers le sud. C'est cette poque que furent riges les quinze glises identifies dans la ville, qui fut occupe au moins jusqu' la fin de l'poque umayyade, avant d'tre abandonne et partiellement roccupe par les Druzes au dbut du XXe sicle. Les ruines furent tudies par H. C. Butler lors de prospections menes pour l'Universit de Princeton en 1904-1905 et en 1909, qui aboutirent la publication de trois volumes prsentant des plans, coupes et photographies des difices, des copies et transcriptions des inscriptions. Hormis une tude ponctuelle de l'glise de Julianos par G. U. S. Corbett en 1956, aucune recherche ne fut effectue jusqu'en 1972. Depuis, une quipe amricaine dirige par B. de Vries a entrepris de dresser un plan de la ville et a effectu une prospection complmentaire de 1972 1983. Plusieurs campagnes de fouilles (1974, 1977, 1981, 1984, 1992, 1993 et 1994) ont suivi. [...]

Les tudes rcentes s'accordent pour localiser l'ancienne Thantia Tugrat al-Jubb ; cf. D. L. Kennedy, Archaeological Explorations on the Roman Fronder in North-Eastern Jordan (BAR Int. Ser. 134), Oxford, 1982, p. 150-154 et Th. Bauzou, in Samra, I, p. 116, 243 (Anne Michel, Les glises d'poque byzantine et umayyade de Jordanie (provinces d'Arabie et de Palestine) Ve-VIIIe sicle, 2001 - books.google.fr).

Umm al-Jimal correspond Thantia (Thainatha, Tanthia) selon les milles romains de la table de Peutinger. Il faut faire intervenir des milles irrguliers pour Tugrat al-Jubb, qui se trouve cependant sur la Voie Nova, alors qu'Umm al Jimal se trouve un peu l'cart.

Th. Bauzou accepte l'hypothse propose par D. L. Kennedy quant l'identification de Tanthia avec Tugrat al-Jubb, Hatita avec Khirbat al-Samra et Gadda avec al-Hadid, mais s'en spare pour expliquer les diffrences entre le nombre des milles ports sur la carte de Peutinger et l'emplacement rel des sites. Au lieu d'admettre une conversion en milles standard romains par le ralisateur de la carte et l'existence de "longs milles" qui permettraient d'expliquer les 57 milles de la carte alors qu'on en compte 53 sur le terrain, il prfre souligner le caractre htrogne des sources ayant servi constituer la carte et la difficult que posait leur harmonisation (Jean-Michel Carri, Figures du pouvoir: gouverneurs et vques, 2000 - books.google.fr).

Thainatha or Thantia could be the equivalent of Arabic Tanukhiyya, i.e. , the Tanukhid town. The identification is, of course, not certain, but it is intriguing (Irfan Shahd, Byzantium and the Arabs in the Fourth Century, 1984 - books.google.fr).

Umm el Jimal aurait t un poste romain dans la guerre que l'empire menait contre Znobie, reine de Palmyre, qui avait abbatu le roi Gadhima des Tanoukh, fdration arabe indigne, selon une tradition ant-islamique. Une inscription bilingue grco-nabatenne de Umm al-Djimal confirme l'existence de Gadhima par l'intermdiaire de son prcepteur Fihr qui y avait sa tombe. Son neveu Amr ibn Adi a ripost en aidant l'empereur Aurlien dans la campagne contre Znobie qui fut battue Emse, Antioche et Palmyre. Prisonnire la reine fut emmene Rome pour figurer dans le triomphe d'Aurlien. Elle mourut, on ne sait de quoi, en exil Tivoli une date ignore. Gadhima est dit Gadimathou basileus thanouitn / Gdmt mlk tnwh (Robert G. Hoyland, Epigraphy and the emergence of arab identity, From Al-Andalus to Khurasan: Documents from the Medieval Muslim World, 2007 - books.google.fr).

Umm el Jimal est la cit dont on a tir l'orientation des quatre archanges Uriel, Gabriel, Raphal et Michel (La Croix dHuriel et Rennes le Chteau : Sot Pcheur et Par ce signe tu le vaincras 2).

Le Christ en croix de Maindron et la Croix de Malvis

Le Christ en croix (1855) d'tienne-Hippolyte Maindron (1801-1884) est au-dessus du banc d'uvre (1862) en face de la chaire de De Wailly.

La Croix en pierre de Malvies se trouve N 43 6' 46.779'' E 2 11' 21.918' et prsente une inscription : "HIC SUMUS EXANIMES SPERATES SCADERE TADEM" pour hic sumus exanimes sperantes scandere tandem (certains "A" doivent peut-tre prsenter un tilde pour "AN") : "ici nous sous morts (accabls, morts : sans souffle) esprant cependant monter (au ciel) la fin" (www.geocaching.com, Simon Jude Honnorat, Dictionnaire provenal-franais, E-O, Volume 2, 1847 - books.google.fr).

A la recherche vaine d'une formulation comparable complte, certaine partie de l'inscription se retrouve par exemple dans MUSITHIAS DE CAELITIBUS & sacris Historiis in Musas novem digesta de Johannes Tuberinus : "scandere" prs de "tandem" apparat dans le chapitre consacr Euterpe et la Vierge Marie, ainsi que dans celui de Thalie et du Christ (AD GEORGIUM INCLYTUM SAXONIAE DUCEM. JOANNIS TUBERINI. MUSITHIAS DE CAELITIBUS & sacris Historiis in Musas novem digesta, - books.google.fr).

Johannes Beuschel was a German neo-latin poet and teacher at the Leipzig university. Probably born at Rothenburg ob der Tauber in the 1470's. From 1504 (and many years thereafter) he was a reader/professor of neo-Latin poetry. He probably died in Leipzig in 1522. Other names associated with him are: Erythropolitanus - Rotenburgensis; Johannes Tuberinus; Johannes Beusselius; Johannes Peussel or Pewschel; etc. He should not be confused with the anti-Jewish writer Johannes Matthias Tiberinus [ca. 1420-1500] who was famous in his time as the author of a best-selling account of the alleged ritual murder of a three-year-old child, Simon of Trent, by the Jews of the city. Its many editions made it one of the most effective weapons of anti-semitism, largely because of the dazzling style of the author's rhetoric. This long piece confirmed his poetical reputation - but to modern readers, it is an estimate that has not stood the test of time. In it Tuberinus discourses on the celebrations which were customary in Leipzig for the Feast of Corpus Christi.

Johannes Tuberinus (Johannes Beuschel) publie AD GEORGIUM INCLYTUM SAXONIAE DUCEM. JOANNIS TUBERINI. MUSITHIAS DE CAELITIBUS & sacris Historiis in Musas novem digesta: adiecto Argumentorum appendice in aliquot Christi oracula, et Evangelia quae sacris aedibus tempestate diversa lectitantur, dit par In Inclyta urbe Lipsica [Melchior Lotter the Elder, Leipzig], 1514.

Dedicated to George (the Bearded), Duke of Saxony (1471-1539), who became Duke of Saxony in 1500. He developed decided ability as a ruler. Among other actions, he took measures to suppress the robber-knights, and regulated the judicial system by defining and adjusting the jurisdiction of the various law courts. His court was better regulated than that of any other German prince, and he bestowed a paternal care on the University of Leipzig, where a number of reforms were introduced, and Humanism, as opposed to Scholasticism, was encouraged. The most significant era of his life unfolded after the time of this book, during Luther's Reformation. Most of his political measures, stood the test of experience, but in ecclesiastico-political matters he witnessed with sorrow the gradual decline of Catholicism and the spread of Lutheranism within his dominions, in spite of his earnest efforts and forcible prohibition of the new Protestant doctrine (www.abebooks.fr, (www.abebooks.fr).

En 1501 le Pape Alexandre VI, occup du procs de canonisation de S. Benno, accorda les plus abondantes indulgences tous ceux qui contribueraient avec une pieuse libralit la ralisation de cette canonisation (Heinrich Joseph Wetzer, Dictionnaire encyclopdique de la thlogie catholique, Volume 14, 1870 - books.google.fr).

Le duc Georges, toujours brlant de zle pour l'glise, toujours aigri contre Luther, en qute de tout ce qui pouvait rveiller l'antique foi battue en brche par l'hrsie victorieuse, avait eu l'ide peu heureuse de demander au Pape la canonisation de Benno vque de Misnie, dont le souvenir odieux l'Allemagne tait rest cher l'ultramontanisme. Cet vque qui vivait au temps de la fameuse querelle de Grgoire VII et de l'empereur Henri IV, seul de tous les prlats de l'Allemagne, avait pris parti pour le Pape. Emser fit la lgende du saint, et bientt aprs une bulle d'Adrien VI, date du 31 mai 1523, l'leva au rang des Bienheureux. On chercha passionner le pays de Saxe pour le culte de cet trange saint. Luther, irrit de ce dfi jet au bon sens et aux susceptibilits nationales, prit la plume et crivit un virulent pamphlet contre la nouvelle idole . L'histoire, y dit-il, raconte que l'vque Benne tait aux cts du pape Grgoire VII, quand celui-ci ravit notre empereur Henri IV ses biens, son pays, son honneur; mais qu'importe ce que cet homme a t dans sa vie ? Il est maintenant comme tous les autres morts, devant son juge. Le pape Adrien, qui vient de brler Bruxelles de vritables saints, des martyrs, est vraiment digne de canoniser cet homme complice des meurtriers. Qu'est-ce d'ailleurs que ce culte qu'on rend aux saints morts ? Une superstition, une impit. Le seul moyen de les honorer, n'estil pas d'imiter leurs vertus et de mettre comme eux notre confiance en Dieu seul ? Emser, Alveld, et un nomm Bachmann, abb de Altenzelle, rpliqurent vivement; mais Luther ne leur rpondit pas (Flix Kuhn, Luther: sa vie et son oeuvre, Volume 3, 1894 - books.google.fr).

En 1524 on leva solennellement les ossements de S. Benno Meissen et on les enferma dans un sarcophage de marbre. La solennit se passa en prsence des vques Jean, de Meissen, et Adolphe de Mersebourg, des ducs George et Henri de Saxe, de Jean et Frdric, fils de George, de Maurice et Sverin, fils de Henri, et d'une foule de nobles (Heinrich Joseph Wetzer, Dictionnaire encyclopdique de la thlogie catholique, Volume 14, 1870 - books.google.fr).

On retrouve la Saxe avec le l'ICHTYS sur le livre de la tombe de l'abb Boudet compar au poisson de saint Benno vque de Meissen (Les Prophtes et Rennes le Chteau : Le Zodiaque du Cercle des Prophtes).

Incidemment on peut relever la ressemblance de Benno avec Bennu.

Ra avait dans la faune pour reprsentant de ses apparitions priodiques l'oiseau Bennu, le Phnix hliopolitain, dont les gyptiens rapprochaient le nom du lever du soleil , ubn, briller, mot fort semblable l'assyrien ban, brillant . L'oiseau aurait donc t divinis, que son nom ft exotique ou indigne, en vertu d'un mot smitique (Recueil de memoires et de textes, pub. en l'honneur du XIVe congres des orientalistes par les professeurs de l'cole suprieure des lettres et des mdersas, Universit d'Alger, 1905 - books.google.fr).

Le temple du soleil, Hliopolis, tait appel, primitivement : Maison benben ou Maison pyramidion . Dans ce temple, il y avait un objet pyramidal, appel ben, surmont du soleil sous la forme du phnix (ben ou bennu). Cet objet avait un caractre sacr, au milieu du 3e millnaire avant Jsus-Christ, mme beaucoup plus tt, sans doute (Charles-Franois Jean, Le milieu biblique avant Jsus-Christ, Volume 3, 1936 - books.google.fr).

Les trois pyramides, dont on a parl dans tout le globe habit, sont, certes, exposes de loin en vue tous les Navigateurs Elles sont situes sur la cte de lAfrique, & ont pour base une montagne strile & compose de pierres de roche, entre la ville de Memphis & le Delta, moins de quatre milles du Nil, sept milles & demi de Memphis, & adosses au bourg appell Busiris, dont les habitants sont accoutums grimper jusqu leur cime (quem vocant Busiris, in quo sunt assueti scandere illas) (Histoire naturelle de Pline, Volume 11, 1778 - books.google.fr).

Hliopolis, appele aussi On, est associ au sceau-signature du Grand Parchemin par la cit ce Rennes le Chteau (Les Prophtes et Rennes le Chteau : Le sceau-signature du Grand Parchemin).

Bnou, dans la mythologie gyptienne, est l'oiseau reprsentant l'me le b de R qui le prcde dans la barque solaire. Comme R, l'oiseau Bnou tait ador Hliopolis o on le trouve galement li Atoum, le dieu du soleil couchant. Le livre des morts dit : Je suis l'Oiseau Bnou, l'me/cur de R, le Guide des Dieux vers le Dout . (fr.wikipedia.org - Bnou).

Fondeurs saxons

C'est la reine Blanche que l'un de ces rcits attribue la fondation du Chteau de Blanchefort. Louis Fdi, qui n'accorde aucun crdit cette hypothse, ajoute que, selon une autre lgende tout aussi fantaisiste, les souterrains de ce chteau renfermaient une partie du trsor des Wisigoths . Pour expliquer l'origine de cette fable Fdi se ressouvient de Catel, le viel historien du Languedoc, qui crivait : Prs des Baings de Rgnes, il y a eu des mines d'or et d'argent, et on voit encore aujourd'hui de grandes cavernes et carrires d'o les anciens en ont tir. Si nous n'en trouvons pas en si grande quantit, c'est que la dpense est trop grande et que nous n'avons pas l'industrie de savoir le tirer. C'est pourquoi nos anctres avaient coutume d'aller chercher de grandes troupes comme des colonies d'Allemands pour tirer ces prcieux mtaux. Et Fdi prcise : Le puits principal qui donnait accs dans les mines tait creus au pied des murailles de Blanchefort. On peut, encore de nos jours, voir ce puits qui descend jusqu' une certaine profondeur. Les populations du Moyen Age croyaient que les mtaux prcieux extraits de cette mine provenaient non d'un gisement incrust dans le sol, mais d'un dpt d'or et d'argent en lingots, enfoui dans les caves de la forteresse par ses premiers matres, les rois Wisigoths. (Andr Rimailho, Philippe Moulu, Lieux et histoires secrtes du Languedoc, 1980 - books.google.fr Louis Fdi, Le Comt de Razs et le diocse d'Alet: notices historiques, 1880 - books.google.fr).

La porte de Saint-Znon Vrone (XIIme sicle), la plus ancienne d'Italie, est forme de quarante-huit plaques assembles dans une sorte d'encadrement perfor. D'indiscutables analogies avec la porte d'Hildesheim (Saxe) ont fait penser que l'uvre tait due des fondeurs saxons, d'autant plus que les artisans saxons qui faisaient alors cole, taient recherchs dans diffrentes villes europennes. On a dit que les plaques de Saint-Znon taient moins raffines que celles d'Hildesheim. Cela est vrai. Du point de vue technique galement, la solution choisie a t plus empirique : Hildesheim, le battant tout entier est le fruit d'une seule et unique fonte, alors qu'ici on a fondu plaque aprs plaque, puis on les a cloues sur un support de bois (Encyclopdie de l'art, peinture, sculpture, architecture ...: Haut Moyen Age et Moyen Age, Volume 2 , 1973 - books.google.fr).

Les Allemands, au moins dans la cuve baptismale d'Hildesheim (Saxe), ont assimil les Vertus aux fleuves du paradis terrestre, et, fidles la place que la Gense assigne ces fleuves dans sa nomenclature, ils ordonnent ainsi les Vertus : Prudence, Temprance, Force, Justice, pour rpondre au Phison, au Ghon, au Tigre et l'Euphrate, ainsi qu'Isae, Jrmie, Daniel et Ezchiel et Mathieu, Luc, Marc, Jean. Ce qui n'est pas l'ordre retenu pour la Croix des Prophtes (Les Prophtes et la Croix dHuriel : Prophtes, Vertus, Fleuves du Paradis et Evanglistes).

Le labyrinthe et les flagellants

Malvis, Aude; de Malvers. 1071, de Malverio, 1108, de Malverzo, 1119, de Malveriis, 1215, Malvyers. 1552 (DT); = prob. occ. adj. mal mauvais + envrs, evrs, versant expos au nord (DOF), au pl.; attr. dela finale -ir; (Dominique Baudreu, Villa, vicaria, castrum. Aux origines d'un village du Bas-Razs : Malvis (Aude) au XIe sicle. In: Annales du Midi : revue archologique, historique et philologique de la France mridionale, Tome 99, N180, 1987 - www.persee.fr, Ernest Ngre, Toponymie gnrale de la France, Volume 2, 1996 - books.google.fr).

"vis" peut avoir aussi le sens de "voies" avec "biais" comme dans l'Hrault (Histoire de Roujan : Fos, Fouzilhon, Gabian, Magalas, Margon, Montesquieu, Neffis, Pouzolles, Roquessels, Vailhan, 1894 - books.google.fr, Mmoires de la Socit d'Emulation du Doubs, 1900 - archive.org).

En amenant ainsi le labyrinthe dans le lieu de la rationalit et de la scientificit, Diderot portait un coup une tradition qui l'en avait exclu. Depuis Platon, le labyrinthe se trouve oppos la pyramide, cette architecture du haut, apothose de l'ordre et de la gomtrie. Par l'itration des erreurs, le labyrinthe est aussi l'image claire du mauvais chemin que peut prendre la dialectique maeutique. Chez Hegel aussi, dans l'Esthtique, Hubert Damisch note l'absence du labyrinthe et la prfrence nette pour la pyramide. Diderot renverse cette hirarchie. C'est la multiplicit labyrinthique, ce nomadisme en rseaux, une texture de rapports complexes qu'il oppose la symtrie simple de l'architecture (Pierre Saint-Amand, Diderot: le labyrinthe de la relation, 1984 - books.google.fr).

Plutarque, dans sa Vie de Thse, raconte que Thse, son retour de Crte, aborda Dlos et, aprs avoir sacrifi au dieu [Apollon] et consacr la statue d'Aphrodite qu'Ariane lui avait donne, il excuta avec les jeunes gens un chur de danse qu'on dit tre encore en usage chez les Dliens, et dont le figures imitaient les tours et les dtours du Labyrinthe, sur le rythme scand de mouvements alternatifs et circulaires. Les Dliens donnent ce genre de danse le nom de grue [granos], ce que raconte Dikaiarkhos. Thse la dansa autour du Kratn, autel form de cornes, qui sont toutes des cornes gauches. On dit qu'il institua aussi Dlos des jeux et que les vainqueurs du premier concours reurent de lui une branche de palmier (pickland.chez-alice.fr).

C'est autour du Kratn que les plerins couraient sous la flagellation rituelle On trouve encore le clbre autel dsign en cette occasion par son nom d' autel dlien , dans la glose bien connue d'Hsychius. La suite de la glose, qu'on cite moins, marque une confusion bien curieuse, preuve nouvelle, s'il en fallait une encore, que cet autel de Dlos est bien le Kratn. Quel rapport de ce rite do la flagellation, quelque explication qu'il en faille donner, l'histoire de Thse et de sa fuite du Labyrinthe ? On n'en voit aucun. Si le glossateur fait Si le glossateur fait ainsi remonter la visite du hros athnien Dlos, par une vidente mprise, deux pratiques aussi diffrentes que la "geranos" et la "diamastigsis", c'est qu'elles avaient un point de contact, qui ne peut gure tre que le fait que danse et flagellation taient des rites du Kratn, et que churs et plerins dveloppaient autour de lui les figures de leur danse et leur course rituelle (Revue des etudes grecques, Volume 36, 1971 - books.google.fr).

L'expiation volontaire laquelle se soumettaient les visiteurs me parait plus en rapport avec la superstition ancienne. L'Europe elle-mme n'at-elle pas donn son tour le spectacle des flagellants ? (Hymnes de Callimaque, traduit par Alfred de Wailly, 1842 - books.google.fr).

Il y avait ds labyrinthes dans les glise (comme Amiens).

Cette transformation du mme en autre , ralise par l'exprience labyrinthique, correspond la problmatique de l'initiation. Les trois temps de l'exprience labyrinthique - oubli, errance, passage - correspondent au schma des rites de passages donn par Van Gennep : l'oubli correspond l'tat premier ; l'errance la priode de sparation - la phase dite liminale ; le passage - sortie du labyrinthe - la rintgration. Le mme et l' autre concident, ils sont rconcilis dans le nouvel tat : celui de la rintgration (Philippe Borgeaud, Exercices de mythologie, 2004 - books.google.fr, Les Prophtes et Rennes le Chteau : Les Chartreux de la Loubatire et la rintgration, Autour de Rennes Sion, Soleil et Blaise).

Le psaume 85

Erasme, dans son commentaire In Psalm. LXXXV (Ps 85), V, 537 A, avertit :

Ne disputez pas la manire des sophistes ; ne prtendez pas dmontrer, force de paroles et de raisonnements humains, ce qu'il faut saisir par la foi... N'attendez, pour votre bonheur, nul secours de la philosophie... Les voies des philosophes sont varies... mais un seul chemin conduit au salut [...]

Les thologiens se sont faits les lves des philosophes. Ils abondent en mots nouvellement forgs, en termes baroques. Ils expliquent les mystres sacrs leur fantaisie ; ils savent comment le monde fut cr et dispos ; par quels canaux la contagion du pch originel s'est rpandue travers la postrit d'Adam... Ajoutez cela leurs maximes si tranges que les paradoxes des stociens ne semblent plus, en comparaison, que lieux communs et banalits. C'est, leur sens, un pch moins grave de massacrer un millier d'hommes que de coudre, le dimanche, le soulier d'un pauvre... Sophismes subtils que multiplie plaisir l'infinie diversit des mthodes et des coles. Vous sortiriez plus aisment d'un labyrinthe, que des replis o vous enveloppent ralistes, thomistes, albertistes, ockhamistes et scotistes ; et je n'ai nomm que les principales sectes ; on en compte bien d'autres encore. Tous ces matres en savent tant et leur savoir est si abstrus, que les Aptres auraient besoin d'une seconde descente du Saint-Esprit, s'il leur fallait se mesurer avec les modernes thologiens (Mria egkmion - Eloge de la folie) (Augustin Renaudet, tudes rasmiennes (1521-1529), 1939 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Eloge de la Folie).

Le Pre Martial Auribelhi, gnral des Frres-Prcheurs, en composant l'office de saint Vincent Ferrier, se servit de l'anagramme pour signer son uvre ainsi: Martialis Auribelhi fecit. Les premires lettres des strophes de l'hymne des vpres forment le mot Martialis. Les premires lettres des strophes de matines forment le mot Auribelhi. Les premires lettres des strophes de laudes forment le mot fecit :

In Christum semper retulit / Quidquid fecit dum viveret, / Se a terrenis abstulit / Ut clum tandem scanderet. (Matines) (Antoine Bayle, Vie de S. Vincent Ferrier, de l'Ordre des Frres-Prcheurs (1350-1419), 1855 - books.google.fr).

Cette strophe des Matines est mise en rapport comme antiphonie avec le psaume 85 dans le Divoti ossequi d'orazioni da recitarsi ad onore del glorioso S. Vincenzo Ferrerio dell'Ordine de' Predicatori, - books.google.fr.

De Prouse le mouvement des Flagellants qui avait dbut en 1259, gagna toute l'Italie et s'tendit de l en Allemagne, en Bohme et jusqu'en Pologne. Les Flagellants marchaient non-seulement le jour, mais la nuit la clart des torches et des cierges , et, dit le mme chroniqueur, on en voyait des milliers prcds par des prtres, avec des croix et des bannires, courir les cits et les campagnes, nus des paules jusqu' la ceinture, malgr la rigueur de l'hiver, la tte et le visage couverts pour n'tre pas reconnus. Ils se flagellaient deux fois le jour pendant trente-trois jours en mmoire du nombre des annes que, suivant la tradition, le Christ avait passes sur la terre.

Quatre-vingt-dix ans plus tard, les mmes faits se renouvelrent aprs une peste terrible qui avait ravag une partie de l'Europe. Au mois de juin 1349, dit un chroniqueur, il vint de la Souabe Spire deux cents hommes sous la conduite d'un chef et de deux autres suprieurs. Ils passrent le Rhin ds le matin au milieu d'une foule immense, firent devant l'glise de Spire un grand cercle, au milieu duquel ils se dshabillrent, ne gardant qu'un vtement qui les couvrait depuis la ceinture jusqu'aux talons. Ils marchrent ensuite en procession autour du cercle, se prosternrent l'un aprs l'autre, les bras tendus en croix. Ceux qui taient au dernier rang passrent sur le corps des premiers en leur donnant un petit coup; puis ceux-ci se levrent leur tour en se flagellant eux-mmes de leurs fouets, dont les nuds taient arms de quatre pointes de fer. Aprs cette crmonie, un d'entre eux lut au peuple assembl une lettre qu'un ange, disait-il, avait apporte Jrusalem. Elle annonait que pour calmer la colre de Dieu, irrit contre les pchs du monde, il fallait que chacun se bannt de chez lui et se flagellt pendant trente-quatre jours. A Spire, les flagellants recrutrent environ cent personnes pour la confrrie, et plus de dix mille Strasbourg. D'Allemagne, les flagellants se rpandirent en France. Le roi de France, Philippe VI, manda par ses lettres que l'on les prt par tout son royaume, o l'on les trouverait faisant leurs crmonies (Le Magasin pittoresque, Volume 17, 1849 - books.google.fr).

Une lettre nous montre quelle estime professait Gerson pour saint Vincent, avec quelle ardeur il dsirait l'attirer au concile de Constance, et quelle tait sa pieuse inquitude l'occasion de ces pnitents publics qui suivaient partout le serviteur de Dieu. Le chancelier de Paris, dont la sincre pit galait les lumires, craignait que l'autorit d'un si grand homme ne servt peut-tre, contre son intention, renouveler la secte des flagellants qui venait de paratre en Allemagne, et qui avait t aussitt proscrite par le zle vigilant des pasteurs. Mais entre ces hrtiques, appels les frres de la croix, et les pnitents forms par les soins de saint Vincent, il ne pouvait y avoir rien de commun, ni dans la croyance, ni dans la pratique. Il suffit, pour s'en convaincre, de comparer ce que l'histoire nous apprend des uns et des autres. Voici comment Fleury parle des flagellants. Cette anne (1414), dans la ville de Saugerhausen, au marquisat de Misnie, on dcouvrit plusieurs hrtiques qui se disaient les frres de la croix, et prtendaient tenir leur doctrine d'un crit apport par les anges sur l'autel de Saint-Pierre Rome, vers l'an 343, ce qui revient peu de temps aprs saint Silvestre. C'est depuis ce temps, disaient-ils, que nous allons par le monde en nous flagellant, car ce fut alors que Dieu congdia le pape et les autres prlats, et leur ta toute autorit de lier et de dlier et tout pouvoir de rien consacrer, car comme Jsus-Christ en chassant les marchands du temple rejeta le sacerdoce judaque cause de la malice des prtres, ainsi la venue des frres de la croix Dieu a rejet le sacerdoce vanglique cause de la malice des ecclsiastiques . Ils rejetaient eux-mmes le baptme d'eau en y substituant celui de leur propre sang. Ils disaient que le sacrement de l'autel ne contenait pas le vrai corps de Jsus-Christ, et, persuads que pour la rmission des pchs la flagellation suffisait, ils condammaient la confession faite aux prtres et mprisaient l'absolution. Ils ne reconnaissaient ni l'existence du purgatoire ni aucune vertu dans les prires que l'on fait pour les morts. Pour tre peu prs ce que furent les protestants un sicle plus tard, il ne leur manquait qu'un Luther et qu'un Henri VIII.

Le souvenir de la prdication de saint Vincent dans le concile de Constance, devant le Pape dont la nomination venait de terminer le schisme, fut perptu par un tableau que le cardinal Vincent Justinien donna aux Frres-Prcheurs du couvent de Sainte-Marie de la Minerve, Rome, pour tre plac dans la chapelle de son glorieux patron. Malgr ce tmoignage, quelques historiens ne veulent pas admettre que saint Vincent ait assist aux dernires sessions du concile de Constance. Les derniers biographes du saint croient qu'il s'est rendu au concile aprs avoir reu la lettre du chancelier de Paris ; ils ont pour eux l'autorit de Trithme, qui crivait vers la fin du quinzime sicle, et celle de plusieurs graves auteurs, tels que Labbe, Vallemont, Moreri, Bzovius. Fontana, dans ses Monuments dominicains, assure qu'il fut reu avec beaucoup d'honneur par les Pres du concile. A la vrit, les actes du concile de Constance me mentionnent pas la prsence de saint Vincent; mais ce n'est pas un motif suffisant pour nier cette prsence, car ces mmes actes ne mentionnent pas d'avantage l'ambassade du cardinal de Saint-Ange, envoy par le concile saint Vincent; cependant cette ambassade est un fait indubitable et admis par tous les historiens (Antoine Bayle, Vie de S. Vincent Ferrier, de l'Ordre des Frres-Prcheurs (1350-1419), 1835 - books.google.fr).

Fu canonizzato da Callisto III, il 3 giugno 1455 nella chiesa domenicana di Santa Maria sopra Minerva a Roma. Il suo culto fu confermato da papa Pio II con una bolla del 1458 (it.wikipedia.org - Vincenzo Ferreri).

Au sicle suivant, en 1414, une nouvelle secte de flagellants apparut Sangerhausen dans le marquisat de Misnie. Ceux qui en faisaient partie se nommaient Frres de la croix , et les doctrines htrodoxes qu'ils professaient, ils disaient les tenir d'une lettre apporte par les anges sur l'autel de Saint-Pierre. Cette hrsie fut de courte dure, et les principaux sectaires condamns au supplice prirent sur le bcher. On se rappelle qu'en 1583, Henri III tablit Paris des confrries de flagellants, aux processions desquelles il assistait avec toute sa noblesse (Le Magasin pittoresque, Volume 17, 1849 - books.google.fr).

Moine dominicain, Vincent Ferrier parcourait l'Espagne et la France au dbut du XVme sicle, accompagn d'un groupe de flagellants. Vincent Ferrier tait persuad que l'antchrist tait dj n, et que la conversion des Juifs au catholicisme devait prcder l'imminente Apocalypse, et le Jugement Dernier. Il s'occupait particulirement de hter cette conversion. Vincent Ferrier tait hostile toute violence physique contre les Juifs et aux conversions forces. Mais "entrant dans des synagogues, il voudrait voir les assistants rejeter la Thora et accepter la croix. Soutenu par les autorits civiles, il oblige les communauts juives venir couter ses sermons, " peine de mille florins". Redoutant que les nouveaux convertis ne soient dtourns nouveau de la vraie foi par leurs anciens corrligionnaires, il est l'origine, en 1412, des premiers ghettos espagnols et de toute une lgislation antijuive". (Jean Delumeau, La Peur en Occident XIVme-XVIIIme sicles, p. 282). Aprs son passage la terreur rgnait dans les communauts juives (Jean-Yves Camus, Ren Monzat, Les droites nationales et radicales en France: rpertoire critique, 1992 - books.google.fr).

Rome ne dsespre pas de rcuprer une partie du mouvement : Vincent Ferrier, un prtre de l'Ordre Dominicain avait encadr svrement les flagellants et les avait ramens dans l'orthodoxie. En 1417 il dut toutefois renoncer son projet car les flagellants redevinrent hors de contrle. L'Inquisition se chargea alors de la rpression et organisa des bchers principalement en Allemagne jusqu'en 1480 (Christelle Colpaert Soufflet, Ma divine comdie, 2014 - books.google.fr).

C'est pendant le concile de Constance, que le grand missionnaire St-Vincent Ferrier vint vangliser la France. Aprs avoir inutilement travaill, au congrs de Perpignan en 1415, obtenir la dmission de Benot XIII, il conseilla au roi d'Aragon de se soustraire son obdience : ce qui fut excut. Libre de ce ct, Vincent parcourut en 1416 les provinces du Midi, et prcha notamment Carcassonne, Montpellier, Toulouse, Alby, Villefranche, etc. Puis visitant l'est, il vanglisa Dijon, Clairvaux, Langres, Nancy, etc (Joseph-Marie Le Men, Histoire du diocse de Vannes, Volumes 1 2, 1888 - books.google.fr).

La mme anne que Charles IV. meurt, le grand schisme d'Occident se produit (1378-1417): il y a deux papes, tous les deux avec leurs obissances et alliances politiques, qui se combattent. Le fils an de Charles IV, Venceslas (1378-1400), surnomm l'ivrogne, est incapable et tyrannique et les prince-lecteurs le dtrnent. A sa place, ils lisent Rupert compte palatin (1400-1410), roi efforc mais sans argent et sans chance, qui meurt peu aprs. Son successeur est Sigismond de Luxembourg (1410-1435), qui avait dj lutt contre les Turcs. Sigismond russit convoquer le concile de Constance pour rsoudre le schisme occidental. Mais le concile ne russit pas rformer l'Eglise, et en outre il condamne le prtre Jean Hus de Prague et le brle sur le bcher. Ensuite, il y a une rbellion en Bohme et pour peu prs ventes ans, les guerres hussites dvastent le pays (www.dragon-du-rhin.de, Voyage dans le temps : Jeanne dArc : Jeanne, Charles et Sigismond, 22 vla lTarot : Kabbalisation du Tarot : IV - Empereur . XV - Diable).

S. Vincent Ferrier toit plein de zele pour Benot XIII & il ne cessa de le reconnotre, que quand il eut t dpos au Concile de Constance. C'toit donc, comme le disoit Gerson dans son Trait du schisme, un labyrinthe, dont il toit impossible de se tir (Pierre Collet, Histoire abrge de la bienheureuse Colette Boillet: rformatrice de l'Ordre de Ste Claire avec l'abrg de l'histoire de la vertueuse Philippe duchesse de Gueldres, 1771 - books.google.fr).

Saint Vincent Ferrier, dans une lettre Benot XIII, nous apprend que certaines gens comptaient pour notre re autant d'annes qu'il y a de versets dans le Psautier, c'est--dire deux mille cinq cent trente-sept. D'aprs ce calcul, nous serions encore loin de la fin (P. F. Prat, La fin du monde, Etudes religieuses, historiques et littraires, Jsuites, 1901 - books.google.fr).

Dans le Psaume 85 (86), 11, David demande Yahv de lui enseigner ses voies et il ajoute, selon le texte hbreu, en employant la forme factitive du verbe sur la racine qui signifie un ; fais mon cur un , unifie mon coeur . Il semble ici que les exgtes modernes n'hsitent pas : il ne s'agit pas que Yahv isole le cur du psalmiste, mais qu'il lui donne cette unit, cette simplicit, cette droiture, qui lui permettra d'accomplir parfaitement ses devoirs l'gard de Dieu, que le tour hbreu dsigne par la crainte du nom de Dieu . Les Septante, cette fois-ci, ont compris une autre notion : ayant mal vocalis les lettres hbraques, ils ont traduit la racine se rjouir au lieu de la racine un . Ils disent : que mon cur se rjouisse... (Revue des tudes grecques, Volume 73, 1960 - books.google.fr, hlub.dyndns.org).

Les Hbreux du temps de Mose croyaient un sjour o les mes se runissaient aprs la mort. Ce sjour tait dans l'intrieur de la terre (cf. Ps 86 (85 Vulgate), v. 13 : "Car ta bont est grande envers moi, tu as tir mon me du fond du schol") sombre et triste, peu prs comme le Hads des Grecs et l'Orcus des Romains; les Hbreux l'appelaient Schel, et il en est clairement parl dans le Pentateuque. Jacob, en recevant la nouvelle de la mort de Joseph, dit : Je descendrai en deuil auprs dmon fils dans le Scheol (Gense, ch. 37, v. 33 ). Ce Schel serait-ce la tombe ? Mais Jacob croyait son fils dchir et dvor par une bte froce, et il ne pouvait esprer que ses ossemens reposeraient auprs de ceux de Joseph (Salomon Munk, Rflexions sur le culte des anciens Hbreux, dans ses rapports acvec les autres cultes de l'Antiquit, 1833 - books.google.fr).

Les pages apparies 85 et 240 (85+155) semblent parler de Vincent Ferrier, de chemin et de labyrinthe.

maze (mze) labyrinthe, ou bien encore to maze (mze) garer, embarrasser, row (r) range file, whim (houim), caprice, fantaisie. (VLC, p. 85)

Une ligne horizontale traverse sa pente du nord : c'est un chemin conduisant en ligne directe Sougraignes et la fontaine sale, o la rivire de Sals commence son cours. [...] La bergerie place tout prs de la maison d'habitation, est btie sur les fondements fort anciens d'une forge dont les marteaux taient certainement actionns par un moteur hydraulique, comme dans les forges dites catalanes. [...] Cette mtairie est connue sous le nom de la Ferrire. Dans cette appellation habilement combine, les Celtes ont compris, soit le gu, soit la forge du marchal-ferrant qui habitait ces parages, car ferry signifie un lieu o l'on traverse une rivire, et farrier (farrieur). (VLC, p. 240)

Vincent ferrier est n Valence en Espagne et mort Vannes en Bretagne, ville mentionne dans La Vraie Langue Celtique aux pages 154 et 156.

Bien que les diffrences entre le valencien et le catalan de Catalunya soient minimes, la disparition du catalan comme langue de culture sous la pression de l'espagnol a fait que la conscience d'une unit culturelle s'tait perdue (Eugeen Roegiest, Vers les sources des langues romanes: un itinraire linguistique travers la Romania, 2009 - books.google.fr).

Fra Bonifaci Ferrer, chartreux (1396-1417) et frre de Saint Vincent Ferrier est l'auteur d'une version de la Bible en catalan ou plus exactement en valencien (M. Delcor, Environnement et tradition de l'Ancien Testament, 1962 - books.google.fr).

Par suite de son nom de Ferrier qui signifie en catalan forgeron, marchal-ferrant, on lui a attribu, comme saint Eloi, le miracle du pied de cheval coup et ensuite recoll (Louis Rau, Iconographie de l'art chrtien: Iconographie des Saints, 1959 - books.google.fr).

Les Juifs nayant point exactement de nom propre pour exprimer lenfer dans le sens o nous venons de le dfinir (car le mot hbreu scheol se prend indiffremment pour le lieu de la spulture, & pour le lieu de supplice rserv aux rprouvs), ils lui ont donn le nom de Gehenna ou Gehinnon, valle prs de Jrusalem, dans laquelle toit un tophet ou place o lon entretenoit un feu perptuel allum par le fanatisme pour immoler des enfans Moloch. De-l vient que dans le nouveau Testament lenfer est souvent dsign par ces mots Gehenna ignis. [...] Dautres se sont imagin que lenfer toit sous le Tnare, promontoire de Laconie, parce que ctoit un lieu obscur & terrible, environn dpaisses forts, do il toit plus difficile de sortir que dun labyrinthe. Cest par-l quOvide fait descendre Orphe aux enfers. Dautres ont cr que la riviere ou le marais du Styx en Arcadie toit lentre des enfers, parce que ses exhalaisons toient mortelles. [...] Lide de la prison du Tartare, dont une partie, selon Virgile, toit aussi avant dans la terre que le ciel en est loign, ne parot-elle pas prise du fameux labyrinthe dEgypte, qui toit compos de deux btimens, dont lun toit sous terre ? (LEncyclopdie, 1re d., Tome 5, 1751 - fr.wikisource.org).

A German woodcut, now lost, provides a second example of the chopped-up baby's addition to the now-standard portrait of Vincent Ferrer. This woodcut, formerly in the Leipzig University library, survives only in a twentieth-century black-and-white reproduction.179 (See figure 13.) Even without the original colors, it is an impressive piece. Headed in Latin Saint Vincent, Doctor, of the Order of Preachers, the woodcut features the preacher standing in the center of the page, pointing with his right hand to Christ in a mandorla above and holding a closed book in his left hand. A second Dominican stands behindVincent, his handsjoined in prayer (or wonder?). At Vincent's feet lie three corpses. Two are shrouded, but the third, directly in front of the preacher, is a naked child. A seam bisects his body vertically from head to toe, and the right side of the child's body is clearly darker than his left and bears the signs ofhaving been sliced into many parts. He is unquestionably the chopped-up baby and, as in the Colmar miniature and in a fifteenth-century German panel painting, still displays the tint of the saffron in which he was cookeda detail absent from Ranzano's telling of the story (Laura Ackerman Smoller, The Saint and the Chopped-Up Baby: The Cult of Vincent Ferrer in Medieval and Early Modern Europe, 2014 - books.google.fr).

La premire traduction allemande de la Vie de Saint-Vincent Ferrier de Ranzano, est attribuable, selon Curt Wittlin, au dominicain zurichois Jean Meyer, dans un manuscrit indit de Colmar (1457-1462), o l'on trouve le miracle de l'enfant dcoup (Magie et illusion au Moyen ge, 2014 - books.google.fr).

N Zurich en 1422, Jean Meyer entre au couvent dominicain de cette ville l'ge de dix ans. En 1442, il se fait affilier au couvent rform de Ble. De mdiocre sant, il sera presque toute sa vie chapelain de moniales de son ordre : Berne au monastre de l'Ile-Saint-Michel en 1454 ; Schnensteinbach, prs de Guebwiller, de 1457 1465 ; Silo, prs de Slestat, 1467 ; Libenau, prs de Worms, 1473 ; Adelhausen, prs de Fribourg, 1482-1485, o il mourut le 20 juillet 1485 (Andr Duval, Jean Meyer, frre prcheur, 1422-1485 - beauchesne.immanens.com).

Saint Vincent Ferrier est connu pour des miracles les plus tonnants. En Bretagne, le pre d'un certain enfant avait hberg Vincent alors qu'il tait en voyage missionnaire. Sa femme, une femme vertueuse, tait parfois proche de la folie. son retour dun sermon de Vincent, le pre dcouvrit une terrible tragdie. Sa femme tait devenue folle, avait coup la gorge de leur fils, hach le corps du garon et rti une partie de celui-ci, qu'elle a ensuite tent de servir son mari. Quand il a ralis ce qui s'tait pass, l'homme s'est enfui avec horreur et dgot, et sest tourn vers Saint-Vincent Ferrer. Vincent lui dit que cette tragdie serait pour la gloire de Dieu. Saint-Vincent est retourn dans la maison puis il priait pendant qu'il rassemblait les morceaux sanglants. Il a dit son pre : Si vous avez la foi, Dieu, qui a cr cette petite me partir de rien, peut le ramener la vie." Vincent se mit genoux et pria. Il fit le signe de croix sur le corps rassembl. Les morceaux se sont unis ensemble, le corps est venu la vie, et Vincent a rendu au pre un enfant vivant. Il refit donc le grand miracle de Saint Nicolas (www.touteslespropheties.net, lesparanormaux.free.fr).

Si saint Vincent Ferrier ressuscita un mort hach en pices, et dont le corps tait dja moiti cuit et moiti rti, Plops, fils de Tantale, roi de Phrygie, ayant t mis en pices par son pre, pour le faire manger aux dieux, ils en ramassrent tous les membres, les runirent et lui rendirent la vie (Extrait de sentiments de Jean Meslier (1762), Oeuvres compltes de Voltaire avec des remarques et des notes historiques, scientifiques et littraires, Volume 43, 1825 - books.google.fr).

Si Diderot ne fait jamais allusion Meslier de son vivant, il s'imprgne de sa clbre diatribe. Voltaire fait l'opration inverse. Il cite sans cesse Meslier mais reste quasiment impermable au style du cur et surtout la radicalit de son uvre (Pascale Pellerin, Diderot, Voltaire et le cur Meslier, Diderot studies, Volume 29, 2003 - books.google.fr).

Lucas de Leyde, Saint Vincet Ferrier et le miracle de l'enfant dcoup

"omos", avec un omicron en grec, est l'paule tandis que "mos", avec un omga, veut dire "cru".

La restitution de l'paule d'ivoire qui a, par ailleurs, suscit le culte des reliques de Plops s'apparente davantage au travail noble du sculpteur, agenant les pices d'une statue acrolythe ou chryslphantine. Il est possible que cette distinction entre les matriaux (glaise pour Arcas; ivoire pour Plops) et les techniques (modelage/sculpture) entende mettre aussi l'accent sur la plus grande anciennet du rcit arcadien. La choroplastie renvoie, en effet, un environnement technologique plus prcaire et donc conforme la nature des habitants de la rgion, relgus dans la nuit des temps. Quoiqu'il en soit, les diffrents tmoignages attestent une intressante rpartition des fonctions. Le remodelage de l'enfant reste du ressort des divinits masculines, de Zeus ou d'Herms; peut-tre parce que, selon les statuts de l'artisanat antique, la statuaire tait une activit essentiellement masculine (Monique Halm Tisserant, Cannibalisme et immortalit: l'enfant dans le chaudron en Grce ancienne, 1993 - books.google.fr).

Les statues toute en ivoire taient pourtant rares et de petites dimensions, tandis que pour la fabrication des objets un peu plus grands, il fallait en assembler plusieurs morceaux. Or, avant l'poque classique les images en or et en ivoire taient fabriques la faon des acrolithes, c'est--dire, par des ttes et des membres en ivoire sparment taills et attachs des mes de bois qui taient par la suite dores. Ce caractre composite auquel Pindare semble faire allusion, persiste, mme si, depuis le milieu du Ve s., les auteurs grecs et latins donnent des prescriptions pour aplatir, drouler et courber l'ivoire en longues et fines feuilles - prescriptions comprenant entre autres la cuisson de l'ivoire (Athanassia Zografou, Images et "reliques" en Grce ancienne, Les objets de la mmoire: pour une approche comparatiste des reliques et de leur culte, 2005 - books.google.fr).

Plops passe du cru au cuit. Son paule d'ivoire lui laisse le souvenir de la cuisson paternelle. C'est par le feu et la cuisson que Dmter tente d'immortaliser Dmophon fils de Klos et de Mtanire, souverains d'Eleusis, que clbre l'Hymne homrique Dmter.

Une Thalie moderne

Jeanne-Franoise Quinault-Dufresne, Mlle Quinault, dite Quinault cadette, est une actrice franaise, ne Strasbourg le 13 octobre 1699 et morte Paris le 18 janvier 1783. Pleine de grce et d'esprit, elle anima l'un des plus clbres salons littraires de l'poque, dit la Socit du bout du banc. Les lundi, elle donnait des dners chez elle, rue Sainte-Anne puis rue d'Anjou Paris, o la meilleure noblesse tait mise sur le mme pied que les potes et les artistes. S'y runissait la socit la plus claire Maurepas, Honor-Armand de Villars, le duc de Lauragais, le duc d'Orlans, le Grand Prieur d'Orlans, le marquis de Livry, Antoine de Friol de Pont-de-Veyle et des hommes de lettres comme Caylus, Duclos, Voltaire, Piron, d'Alembert, Voisenon, Rousseau, Grimm, Diderot, Lagrange-Chancel, Coll, Moncrif, Grimod de La Reynire, Crbillon fils, Marivaux, Saint-Lambert, Fagan de Lugny, l'abb de La Marre, le chevalier Louis Caron-Destouches... (fr.wikipedia.org - Jeanne-Franoise Quinault).

Portrait de l'actrice franaise Jeanne-Franoise Quinault (16991783) par Eugne Louis Pirodon (1819-1882) d'aprs Maurice Quentin de La Tour (1704-1788) - L'Artiste, 15 aot 1860

Une lettre est tout entire de la main de mademoiselle Quinault, laquelle Piron l'avait probablement dicte, fut destine au Marchal Maurice de Saxe qui avait gagne, le 11 octobre 1746, la bataille de Rocoux ou Rocourt-lez-Lige sur le prince Charles de Lorraine. Maurice de Saxe fut possesseur du chteau de Chambord.

"Un jour, au foyer de la Comdie, au moment qu'on levait la toile une premire fois pour mon compte, je me trouvai devant vous; vous me souhaittes bonne chance ; je me recommandai votre suffrage ; il vous plut de me le promettre et de me dire : Hlas! de quoi vous peut servir le suffrage d'un tranger ? Je pris la libert de vous rpondre que les fils de rois n'taient trangers nulle part..." (Oeuvres indites de Alexis Piron, 1859 - books.google.fr).

Le cru, le cuit et le labyrinthe

La potique du Satyricon se fonde sur les thmes typiquement romanesques de l'errance et de la perte de repres. La maison de Trimalcion, qui est assimile un labyrinthe, semble par exemple fonctionner dans le roman comme la mtaphore de luvre entire, comme le ddale dans lequel le lecteur, enferm de concert avec le narrateur, peine trouver une sortie (Graldine Puccini-Delbey, Prsence-Absence de la figure du Lector dans les romans latins de lpoque impriale , Cahiers de Narratologie, vol. 11, 2004) (fr.wikipedia.org - Satyricon).

L'pisode de la Cena peut en effet se lire comme une parodie de la traditionnelle descente aux enfers pique. En effet le chapitre 72 fait abondamment allusion aux enfers : Giton amadoue le chien de garde de la maison avec de la nourriture comme ne et la Sibylle, ou Psych, calment Cerbre avec un gteau (cf. Virgile, Enide VI, 417-425 ; Apule Mtamorphoses Vl, 19-20) ; le bassin o tombent Ascylte et Encolpe voque le marais du Styx ; et la phrase du gardien, en substance "on ne passe pas deux fois la mme porte" (Erras, inquit, si putas te exire hac posse, qua uenisti), rappelle qu'on ne franchit qu'une fois la porte infernale. Dans ce cas, la demeure de Trimalcion travers laquelle cheminent les trois hros reprsente les enfers, et son propritaire le riche Trimalcion devient Pluton. Sachant que le nom latin de celui-ci est Dis, "le Riche", on n'aura aucun mal accepter ce rapprochement. Cependant le texte pratique la surcharge rfrentielle, et ce premier systme se superpose un second. La maison de Trimalcion, d'o Encolpe, Ascylte et Giton tentent en vain de s'chapper, est qualifie de noui generis labyrinthe (73, 1) ; son cuisinier s'appelle Ddale (70, 2 ; on se rappelle que Ddale, architecte de Minos, construisit pour lui le labyrinthe) ; les trois amis, dans leur fuite, ne se reprent finalement que parce que Giton, craignant de se perdre mme en plein jour, avait l'aller trac des signes la craie dans les rues o ils passaient, ce qui voque le fil d'Ariane ou la couronne lumineuse qui permit Thse de retrouver son chemin dans le labyrinthe. Trimalcion devient alors, soit le Minotaure qui dvore - au moins mtaphoriquement ses victimes, soit Minos juge des enfers que redoutent les arrivants. Ce thme du labyrinthe, symbole de l'initiation dangereuse, o ceux qui chouent trouvent la mort, a un lien avec la catabase virgilienne : en effet, avant de descendre aux enfers, ne a contempl sur les portes du temple d'Apollon Cumes une reprsentation de l'histoire de Ddale et du labyrinthe. La rfrence mythique sert donc souligner un thme essentiel de l'pisode, celui de la mort, qui est une vritable obsession de Trimalcion. En mme temps, elle confirme par son aspect parodique (qui fait la satire de la posie mythologique) que l'pisode - de mme que plus largement le roman tout entier - peut se lire comme une pope dgrade (Etienne Wolff, La Cena Trimalchionis, Symposium, Volume 61 de Pallas (Toulouse, France), 2003 - books.google.fr).

Dans l'pisode du cochon-surprise, les invits vont d'tonnement en tonnement. D'abord le porc choisi est peine aperu vivant que dj il est cuit, prpar, prt tre servi. Miracle ! Nous nous rcrions sur la rapidit du cuisinier, nous disons que mme un coq n'aurait pu tre cuit aussi vite. Puis Trimalchion provoque leur inquitude. Si ce cochon a cuit si vite, c'est parce qu'on a, semblet-il, oubli de le vider. Bruits divers Encolpe, le bent, s'emporte contre le cuisinier, alors que Trimalchion, grand seigneur, fait preuve de clmence : il ordonne seulement qu'on vide maintenant cecochon. On va donc servir une chose ignoble, une bte non vide ? Le cuisinier ouvre le ventre et, merveille, il n'en sort que des boudins et des saucisses. En termes ethnologiques, on croit d'abord qu'on va servir table du pourri, c'est dire du cru, qui, non transform par la cuisine, s'est corrompu, le comble de l'immangeable, mais voici que, par un retournement, on offre aux convives non seulement du cuit, mais mme du confit, c'est--dire une nourriture si bien cuite et prpare qu'elle se conserve longtemps. Ce retournement se fait l'intrieur d'un jeu du vrai et du faux, identique celui qui avait guid le service des ufs de paon, car dire qu'un porc n'a pas t vid, c'est impliquer que ses entrailles sont restes dans son ventre, ce qui est vrai dans le cas prsent, si on ajoute que ces entrailles ont t retires, transformes en saucisses et remises dans le ventre. Le cuit imite le cru, le vrai le faux, et le faux est vrai (Florence Dupont, Le plaisir et la loi: Du Banquet de Platon au Satiricon, 2013 - books.google.fr).

En ralit, la modification attendue avec l'volution des esprits et la prsence de Ptrarque. peu sensible dans la grande librairie, se fait au contraire trs fortement sentir dans la bibliothque personnelle du pape. On assiste en effet une vritable explosion de l'humanisme, qui correspond la prsence pendant dix ans, comme secrtaire de Benot XIII. de Nicolas de Clamanges. Ce dernier. appel en 1397 succder son ami Jean Muret, secrtaire choisi par Clment VII et gard par Benot XIII. tait un fervent admirateur de Ptrarque et se livrait comme lui la chasse aux manuscrits rares. Son arrive concide avec le premier rcolement de la bibliothque (1397) opr sous le pontificat de Benot XIII, son dpart, en 1408, est postrieur l'laboration de deux catalogues importants, celui de la grande librairie (1407) et celui de la bibliothque portative (1405-1408). L'examen de ces documents et de la place qu'y ont prise les crivains de l'Antiquit classique permet de penser que c'est bien Nicolas de Clamanges que la bibliothque du pape doit d'avoir pris ce tournant nettement humaniste. Dans le cabinet de travail de Benot XIII, on compte 19 manuscrits de classiques (14 dans la chambre du Cerf volant, 5 dans le studium) auxquels il faut ajouter 10 manuscrits d'uvres de Ptrarque et 3 de Boccace. Aucun ne vient de la bibliothque de la tour, mais un Boccace se trouvait dj parmi les livres du cardinal d'Aragon. Dans la bibliothque portative l'effet est plus considrable encore. Ce sont 33 manuscrits d'auteurs de l'Antiquit classique qui sont ici recenss (sans compter les 5 emprunts au cabinet de travail et 5 autres provenant de la tour). On notera en plus la prsence d'un pote, Dante. et d'humanistes, Ptrarque (5 volumes), Boccace et Coluccio Salutati (1 volume chacun). Enfin on peut encore reprer dans les listes de transport neuf autres articles concernant des classiques, ne provenant pas de la bibliothque de la tour (vraisemblablement du cabinet de travail du pape). On arrive ainsi, en 1410, au total de 82 nouveaux volumes (61 classiques, 21 potes et humanistes) acquis en treize ans (depuis 1397). Le plus surprenant est de constater qu'arrive Peiscola, dans les conditions que l'on sait. et en dpit de l'isolement gographique et politique de Pedro de Luna. cette bibliothque continua prosprer. Au moment du dcs de son propritaire, ce ne sont pas moins de 45 manuscrits supplmentaires qui sont venus grossir sa collection de classiques, la suite desquels il faut encore ajouter 6 Ptrarque et 2 Boccace. Au total, la bibliothque de Benot XIII comptait 65 auteurs de l'Antiquit classique, prsents dans 168 manuscrits (31 d'entre eux provenaient des prdcesseurs du pape). Les mieux reprsents. les plus fconds et les plus rpandus aussi, sont bien videmment Cicron (20 manuscrits) et Snque (38 manuscrits). Derrire eux viennent Snque le Rhteur et Priscien (7). Macrobe. Valre-Maxime. Salluste, Ovide et Vgce (6). Tite-Live et Pline l'Ancien (5). On remarquera l'absence de Juvnal et de Martial, pourtant bien connus l'poque? l'inverse il faut souligner la prsence de trois scientifiques , Hygin et Frontin. peu diffuss alors. et Vitruve. redcouvert en 1417, mais connu dj de Ptrarque et de Boccace. Il faut encore ajouter cette slection les Italiens, reprsents par Dante et Coluccio Salutati (1 manuscrit chacun), Boccace (5) et Ptrarque (20). Ce dernier auteur, pour prendre un exemple. tait prsent Avignon dans 14 manuscrits. tous apparus dans la bibliothque personnelle de Benot XIII ; 13 d'entre eux partirent pour Peiscola (on ne sait ce que devint le quatorzime). o 6 autres manuscrits vinrent les rejoindre. la mort du pape, sur les 19 manuscrits de Ptrarque figurant dans la bibliothque de Peiscola, 6 iront Rodrigue de Luna. 3 seront remis des cranciers pro sua provisione. 3 seront vendus. 3 resteront dans le lot du cardinal de Foix. 4 enfin auront disparu en 1429 sans que l'on sache rien de leur destination. A ct de recueils importants, corpus d'ouvrages de Cicron. d'Aristote ou de Tertullien. on remarque encore certains volumes de morceaux choisis. Le plus reprsentatif provient de la bibliothque portative. Ayant suivi le pape a Peiscola, il fut vendu sa mort au secrtaire du roi d'Aragon, pour 3 florins. Il contenait des extraits d'une quinzaine de classiques (Salluste, Trence, Sutone, Valre-Maxime, Macrobe, Apule, Pline le Jeune. Florus, Cicron, Snque, Quintilien, Csar, Aulu-Gelle, Ptrone), de sept crivains de l'Antiquit tardive (Ennodius, Cassiodore, Boce, Sedulius, Sidoine Apollinaire, Prudence, Symmaque), et la fin. aprs Hildebert de Lavardin et Galien. quelques traits sur la manire de prcher et de composer des sermons. Ce florilge d'loquence et de rhtorique n'a pas t retrouv (Histoire des bibliothques franaises: Les bibliothques mdivales, du VIe sicle 1530, Volume 1, 1989 - books.google.fr).

Sur le plan des analogies biologiques, il est assimilable aux intestins d'une part et la cavit vaginale d'autre part. Dans le Traumatisme de la naissance, Otto Rank (1884-1939) rappelle que pour les anciens Crtois le labyrinthe tait une reprsentation des intestins comme le prouverait l'inscription dchiffre par Weidner (1891-1976) : Palais des intestins. (E.-F. Weidner : Zur babylonischen Eingeweideschau. Zugleich ein Beitrag zur Geschichte des Labyrinths, Orientalische Studien, Fritz Hommel zum 60. Geburtstag gewidmet, Vol. I, Leipzig, 1917, p. 191) (Ren-Lucien Rousseau, L'envers des contes: valeur initiatique et pense secrte des contes de fes, 1988 - books.google.fr, Otto Rank, The Trauma of Birth, 1929 - books.google.fr).

La chaire de De wailly et celle de Montral d'Aude

La chaire de Saint Sulpice est "place" sur la commune de Montral.

La chaire prcher de Saint-Sulpice est une pice d'architecture aussi originale que magnifique. Elle donne l'impression d'tre en suspension dans l'air. Son crateur, Charles de Wailly, galement auteur du thtre de l'Odon, n'a pas voulu raliser une nime chaire adosse une colonne de la nef. Son projet, d'un style trs classique, tait novateur pour l'poque. Sa chaire est marque par un grand sens de l'quilibre tant au niveau des formes que des couleurs. Les allgories des vertus thologales (Foi et Esprance), figes sur les pidestaux, semblent peser de tout leur poids pour stabiliser cette lgante construction que sa lgret apparente semble menacer d'croulement. Sur l'abat-voix, la Charit (troisime vertu thologale) a t sculpte dans le bois par Jacques-Edme Dumont.

Elle fut excute en 1788 d'aprs les dessins de Charles de Wailly, et donne par le duc d'Aiguillon du Plessis-Richelieu, arrire-petit-neveu du cardinal de Richelieu, ancien ministre de Louis XV et premier marguillier de la paroisse. Elle est faite de chne et de marbre, et considre comme un chef-duvre d'bnisterie et d'quilibre (elle repose, de fait, sur les seuls escaliers latraux qui la soutiennent). En 1791, Monsieur de Pansemont (cur de la paroisse) dclara son refus de prter le serment de la Constitution Civile du Clerg du haut de cette chaire, devant les gardes nationaux et ses fidles. La chaire fut, par chance, conserve par les rvolutionnaires qui la jugeaient utile .

La chaire comporte de nombreux symboles sur les diffrentes parties qui la composent : deux statues en bois de tilleul dor (uvre de Guesdon), celle de gauche tenant un calice (symbole de la foi) et celle de droite une ancre (symbole d'esprance) ; quatre bas reliefs en bronze dors d'Edme Dumont, avec des animaux qui reprsentent les vanglistes : un lion (pour Saint Marc, dont l'vangile commence par le ministre de Saint Jean le Baptiste dont la parole retentit comme le rugissement d'un lion dans le dsert), un taureau (pour Saint Luc, dont l'vangile commence par l'annonce d'un fils Zacharie, sacrificateur au temple), un ange (ou un homme, pour Saint Matthieu dont l'vangile commence par la gnalogie humaine du Christ) et un aigle (qui fixe le Soleil comme Saint Jean fixe Dieu dans la personne humaine et divine du Christ). Un abat-voix d'Edme Dumont surmont d'un groupe (une femme et des enfants) en bois dor reprsentant la charit, dont le dessous du ciel est orn d'une colombe dore aux ailes tendues, symbole de l'Esprit Saint entour de rayons lumineux (fr.wikipedia.org - La chaire de Saint-Sulpice, www.patrimoine-histoire.fr, Autour de Rennes le Chteau : Dalle verticale de Marie de Ngre : un triangle isocle rectangle).

L'uvre des architectes, Serlio, Montana, Labacco, Lafrery, Desgodetz, et celle des archologues, n'offraient au fond qu'un corpus analytique et nul n'avait encore entrevu la possibilit d'une synthse. C'est avec les gravures de Vasi que pour la premire fois, vers 1 745, la vision s'largit. Bientt, le spectacle de Rome sera puissamment apprhend par un matre et l'vnement n'a rien qui doive tonner en ce moment o l'esprit tend ses conqutes ; car toute pousse du gnie moderne, dans ce qu'elle a d'aventureux et d'angoissant pour l'avenir, est compense par une interrogation plus ardente des civilisations passes - le fait s'est vrifi de nos jours comme la Renaissance et au XVIIIe sicle. C'est alors que sur Rome trusque, rpublicaine, impriale et chrtienne s'est pos le regard gant de Piranse. A l'poque o De Wailly sjourne Rome, le Vnitien est fix depuis dix ans dans la ville et s'y est affirm. Dans les dcennies qui viennent, le nombre des sites reprsents par ses planches et la varit de ses approches vont tonner l'Europe, mais aussi lui apprendre que si la vision s'est leve un niveau de synthse insurpassable, elle a cess d'tre objective. Sur le spectacle des ruines, des glises et des palais, Piranse a projet le reflet de sa mlancolie, de ses angoisses et de ses rves. Quiconque a eu sous les yeux dans son enfance des gravures de Piranse, et visit Rome vingt ans, sait combien savante et trompeuse est chez lui l'amplification des espaces et des perspectives ; mais Goethe en a fait le constat devant la Pyramide de Cestius et les Thermes de Caracalla, dont Piranse nous a laiss d'aussi beaux mensonges. En 1754, ce lyrisme avait produit sur la sensibilit ses premiers effets, prcurseurs du Romantisme, et les artistes apprenaient fixer dans un esprit piransien le souvenir de leurs propres motions. Architecte par sa formation premire, Piranse avait recueilli et amplifi, dans sa Prima Parte di Architettura, l'hritage scnographique de Juvarra et des Bibiena, associ de plus anciens souvenirs de Spaventa et de Palladio. Scnographe par excellence, De Wailly fut avec Victor Louis l'un des Franais les plus attentifs ces propositions. Jusqu'en 1750, Piranse avait eu son atelier sur le Corso, face l'Acadmie de France, et nou des liens amicaux avec plus d'un pensionnaire. Ainsi, Barbault, Challe, Petitot et Clrisseau, dessinateurs de ruines et inventeurs d'architectures imaginaires, s'taient engags dans son sillage. De Wailly et ses camarades, Moreau, Peyre, Helin, composrent ou gravrent aussi sous son influence. Bien que De Wailly ait dessin dans la rgion du Champ-de-Mars les places fameuses et leur dcor o l'Antiquit s'allie au baroque, il s'est attard de prfrence Saint-Pierre, d'autant que l'ombre et la fracheur des glises permettent d'y travailler tout le jour la saison o l'vaporation trop rapide interdit le bistre et l'aquarelle en plein air entre dix heures du matin et quatre heures de l'aprs-midi. C'est ces journes laborieuses que nous devons le Constantin sur son cheval cabr du vestibule de la basilique, le tombeau de la comtesse Mathilde et la Cathedra Ptri d'o natra l'ide de la chaire de Saint-Sulpice. Il est arriv De Wailly de dessiner le baldaquin da sott 'in su, en perspective trifocal, un parti dont Donatello avait donn le premier exemple dans les tondi de la vieille sacristie de San Lorenzo, mais qui reste exceptionnel dans les dessins d'architectes de l'ge classique (Monique Mosser, Daniel Rabreau, Charles de Wailly: peintre architecte dans l'Europe des Lumires, 1979 - books.google.fr).

La chaire de la collgiale Saint Vincent de Montral d'Aude place gauche du grand portail est le plus vieil lment de la Collgiale, tout ayant t dtruit la fin du seizime sicle lors des Guerres de Religion. Elle a t construite par un sculpteur bourguignon Pierre Noirot, mort en 1630 Montral. Le panneau central en bois sculpt reprsente le Christ Roi, et, de part et d'autre, les vanglistes : Mathieu, Marc, Luc et Jean, accompagns de leur attribut animalier (ttramorphe). La cuve est supporte par un aigle dor aux ailes dployes et six corps de serpents la tte d'hydre.

Au fond de l'glise, un grand tableau de Badin (1840), reprsente le miracle des Epis Sanglants avec Saint Dominique (www.montreal-aude.fr - Collgiale).

A gauche, chaire de Saint Sulpice ; droite, celle de Montral

LEglise cathare avait connu Montral le plus grand succs de son histoire. Elle avait obtenu de lEglise catholique une discussion publique sur un pied dgalit, et elle avait son tour et pour la premire fois depuis le Xe sicle mis officiellement son adversaire en accusation, en sadressant un lgat, Pierre de Castelnau, dont lirnisme ne semble pas avoir t la qualit majeure. Cette attitude de provocation peut paratre trange, alors que la Croisade commenait tre suggre depuis le dbut du sicle et en tout cas depuis 1204 (Jean Duvernoy) (La dispute thologique entre catholiques et cathares Montral de lAude, hier et aujourdhui, 2007 - actua.unitariennes.over-blog.com).

Bntiers

Lglise Saint-Sulpice dut a Pigalle dautres embellissements dune importance bien moindre; mais il ne trouvait rien au-dessous de son talent. Pour lui la nature reproduire tait toujours un travail digne dun artiste; il aimait limiter avec conscience, donner au marbre la vie et le mouvement sous quelque forme que ce fut; il appartenait lcole de la ralit. Comme sculpteur naturaliste, voici ce quil fit. La rpublique de Venise avait fait prsent Franois Ier dun rare et magnifique coquillage bivalve, connu sous le nom de Tridacne gigantesque; cette curiosit fut longtemps conserve dans le garde-meuble de la couronne. Louis XV, pour contribuer la dcoration de lglise Saint-Sulpice, lui fit porter les deux valves offertes par les Vnitiens: elles devaient servir de bnitiers. Cette heureuse ide eut depuis de nombreuses imitations. Pour avoir des supports dignes de ces belles et gracieuses coupes, les fabriciens eurent recours Pigalle, et, pour satisfaire leurs dsirs, il sculpta deux rochers de marbre blanc, orns de coquillages, de crustacs et de plantes marines; ils supportent chacun une valve du Tridacne. Chacun est assis sur un socle de marbre gris taill de manire figurer des flots qui retombent en larges gouttes deau. Pigalle les adossa contre les premiers piliers de la nef; on les voit en entrant dans lglise par la porte centrale ; cest par l que pntre la lumire qui doit les clairer pour quils produisent tout leur effet. Ils ont 2 pieds 8 pouces de hauteur et 2 pieds 9 pouces de largeur; celui qui se trouve droite est orn dune branche de corail, de plantes marines, de deux coquillages connus sous le nom de strombe aile daigle, dun peigne de saint Jacques et dune toile de mer dont la substance molle et mobile est imite d'une faon merveilleuse. Le rocher sis gauche est enrichi dun autre strombe aile daigle, dune branche de corail, de plantes marines; a son pied marche un crabe gigantesque, rendu de la manire la plus heureuse (Louis Hardouin Prosper Tarb, La Vie et les uvres de J. B. Pigalle, 1859 - books.google.fr).

Deux bnitiers Alaigne dans l'glise Saint-Pierre es Liens composs de petite vasques godrons en marbre rouge et dossier en marbre gris (18e sicle) (www.culture.gouv.fr).

Il y a sans doute un bnitier dans l'glise de Brzilhac mais pas inscrit aux monuments historiques.

Brzilhac (Bresillac, Brasilac, Brasillac, Brassilhac) du nom d'une localit situe entre Calhavel et Fanjeaux, et parfois l'on prcisait : Brzilhac de Calhavel (Michel Roquebert, L'pope cathare, Volume 2, 2001 - books.google.fr).

Quant au nom de Brzilhac, il est cit pour la premire fois au Xe sicle en 933 sous le vocable villa Brasilhacum, ce qui laisse supposer que l'ancienne villa gallo-romaine tait devenue la proprit d'un certain Bracillius, gaulois de souche romaine. A la mme poque, en 950, une Bulle du Pape Agapet II confirmait au monastre de Montolieu la jouissance de Brzilhac et de son glise rige sous le vocable de Saint-Martin. Pill et saccag au temps de la croisade des Albigeois (12091229) et pendant la Guerre de Cent Ans (1328-1428) particulirement lors de l'incursion du Prince Noir (1355) dans la rgion audoise, le village se construisit en lieu fortifi: il est ceintur par un rempart, en forme d'ellipse sur lequel s'adossent les maisons groupes autour d'une glise rectangulaire situe au centre suivant le grand axe de l'ellipse. Monsieur Castel nous fait connatre dans le dtail la vie quotidienne du village dans son administration, sa justice, sa vie religieuse, sa vie conomique et sa dmographie. Retenons que la richesse du village vient de ses produits agricoles : crales, vigne, olivier, et de l'levage des btes cornes ou laine Au cours de la Guerre de Cent Ans, par suite d'pidmies, une dpopulation inquitante se manifesta: de quarante-deux feux en 1347, le village passa treize feux en 1470, toutefois on retrouve vingt-trois feux en 1511 (Henri Louyat, Mmoire de M. Castel, Mmoires, Volumes 1 2, Acadmie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 1980 - books.google.fr).

Au sommet d'un peron, le petit castrum de Brzilhac est l'hritier toponymique de la villa Brasilhacum cite trois fois au Xe sicle (Dominique Baudreu, Monographies, Le Paysage monumental de la France autour de l'an mil: avec un appendice Catalogne, 1987 - books.google.fr).

Dans la Gographie lmentaire du dpartement de lAude (1875), Ditandy explique en 1875, propos du Chardon foulon : Le chardon, qui demande des terres argileuses et fortes, a cess dtre en faveur. Il puise le sol et, depuis le ralentissement sensible de lindustrie drapire, il nest plus dun aussi bon rapport. On en trouve cependant Donazac et Alaigne, et beaucoup encore Brzilhac. Un vieil habitant de Brzilhac mavait indiqu que cette culture, qui tait trs apprcie dans son village aux alentours de 1870 (une quarantaine dhectares) fut abandonne vers 1900. Il se semait assez pais dans une terre qui recevait en mme temps une culture de mas. Il restait 3 ans sur pied. Une fois cueilli on le laissait scher au soleil (Courrier de H. Castel (11), 1989) (lahulotte.fr).

Elle tait surtout cultive proximit des manufactures de draps fins, et, l'poque de Victor Hugo en 1862 il y avait encore 2.500 ha de cultures de cardre en France. les feuilles oblongues de la rosette sont persistantes, elles disparaissent avant la floraison. La seconde anne les feuilles le long de la tige florale sont rugueuses, oblongues et leur nervure mdiane est pineuse. Soudes par paires et opposes elles forment de petites coupes qui retiennent l'eau d'o le nom commun de Cabaret des Oiseaux (www.futura-sciences.com).

La cardre est une dipsace qui signifie avoir soif , par allusion aux feuilles opposes, soudes leur base, qui forment une sorte de cuvette, compose de godets dans lesquels s'amasse l'eau de pluie, abreuvoirs pour les petits chantres des airs (Migne). Cette particularit a suscit diverses appellations populaires : cabaret des oiseaux, fontaine des oiseaux ; cuve et cuvette de Vnus, expressions mythologiques qui remontent au XVIe sicle ; bain et baignoire de Vnus, lavoir de Vnus ou fontaine de Vnus (expressions toujours en usage dans la rgion de Chteau-Thierry, selon L.-B. Riomet). Le mot dipsacos tant l'ancien nom grec et latin du chardon foulon, les noms populaires semblent s'appliquer davantage au genre qu' des espces dtermines de cardres.

Les expressions chardon foulon, chardon bonnetier, chardon drapier, chardon de fripeurs, chardon carder, chardon cardeur, cardire foulon, foulonnier rsultent de l'emploi des capitules, aux paillettes fermes et crochues, de la plante sche, pour peigner les laines, les draps et autres matires filamenteuses. Le chardon foulon fut spcialement cultiv cet usage, notamment en Normandie et en Picardie pour remplacer les cardes d'acier qui, manquant de souplesse, ne donnaient pas les rsultats souhaits dans la fabrication des lodens. La pharmacope populaire utilisa la racine de la plante contre l'eczma, l'imptigo, la phtisie ; les fleurs et les graines passaient pour tre un antidote de la rage (P. Fournier). L'eau qui s'amasse dans les godets de la base des feuilles avait la rputation d'tre un puissant cosmtique, elle fait devenir beau les jeunes et rajeunir les vieux (E. Meunissier) ; cette eau fut, aussi, considre comme dsaltrante et antiophtalmique.

La cardre foulon est encore dsign sous les noms de bnitier, herbe au chardonneret, chardonnerette ; lvres de Notre-Dame, en raison, dit-on, des deux lobes principaux de la corolle, puis lvres de Vnus, cette dernire appellation, vraisemblablement due, selon E. Meunissier, une traduction errone de lbrun veneris (baignoire de Vnus) ; peigne, peigne de cardeur, peigne de chat, peigne de loup, peignerolle et peignerotte (Bulletin folklorique d'Ile de France, Volume 19, Bibliothque historique de la ville de Paris, 1956 - books.google.fr, La Croix dHuriel et Rennes le Chteau : Blaise et Ursule : division de lanne en 14).

Il fallait que l'on trouve un bnitier Brzilhac.