partie ix - synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Eglise Marie-Madeleine et calendrier kabbalistique   

taban.canalblog.com - Images de cul et poncifs éculés

Nous mettons en relations les éléments décoratifs de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Rennes-le-Château avec le calendrier kabbalistico-tarotique qui a fait ses preuves dans le chapitre Calendrier kabbalistique à Rennes-le-Château (Rennes le Château - Calendrier kabbalistique).

Cette fois nous prenons le Tarot de Marseille.

Le panneau de l'autel

Ce que l'on semble discerner comme la présence de Rose de Lima et de Thérèse d'Avila dans le panneau correspond au mouvement religieux de renaissance catholique qui se manifeste en particulier avec le chantier du Sacré Coeur de Paris.

La colline de gypse qui domine Paris au nord a connu, en l'honneur de Mars et de Mercure, des temples dont on possède encore quelques chapiteaux. Leurs noms fournissent une des étymologies du mot Montmartre. La seconde, Mont des Martyrs, est offerte par saint Denys, premier apôtre chrétien de la future capitale, qui aurait séjourné avec ses disciples dans les carrières à plâtre. Une opinion très ancienne lui fait y trouver le martyre par décapitation. Une abbaye entretint son culte, renouvelé par la découverte, au XVII ème siècle, d'une grotte marquée de son nom ; sa dernière abbesse fut guillotinée par la Révolution Française (www.sacre-coeur-montmartre.com - Butte).

En 1870, la guerre éclate entre la France et l'Allemagne. Le Concile qui se tenait au Vatican est interrompu et le pape, qui n'est plus protégé par les troupes françaises, se considère prisonnier dans la cité du Vatican ! En France, c'est la défaite militaire et l'occupation d'une partie du pays par les troupes allemandes. La démarche de Messieurs Alexandre Legentil et Hubert Rohault de Fleury est spirituelle. Ils font vœu de construire une Eglise consacrée au Cœur du Christ en réparation (en pénitence pour les fautes commises) car pour eux les malheurs de la France proviennent de causes spirituelles plutôt que politiques. Fin 1872, Le Cardinal Guibert, archevêque de Paris, approuve ce vœu et choisit Montmartre. Un an plus tard, il obtient de l'Assemblée Nationale une loi qui déclare d'utilité publique la Basilique, permettant ainsi que le terrain soit affecté à la construction d'une église. A cette époque, la construction d'une Basilique dédiée au Cœur du Christ contraste avec la série de Basiliques dédiées à Marie construites durant la même période : Lourdes, Notre-Dame de Fourvière à Lyon, Notre-Dame de la Garde à Marseille… 1875 : Pose de la première pierre puis travaux ; 1919, c'est le 16 octobre que la consécration aura lieu (www.sacre-coeur-montmartre.com - Basilique).

La décoration du Sacré-Cœur, mise en place en plusieurs étapes, apporte aussi sa contribution à la question du masculin et du féminin en ce haut lieu. Mais avant d'être considérée en elle-même, elle peut être comparée à une description datant des années 1850 du rôle des femmes dans l'Histoire sainte et à un projet de programme décoratif composé à la fin des années 1870. En effet l'abbé Georges Darboy, alors aumônier du lycée Napoléon (l'actuel lycée Henri IV), a écrit deux ouvrages sur les femmes : Les Femmes de la Bible et Les Saintes femmes. Une comparaison avec le palmarès montmartrois de 1920 environ fait apparaître des absences, des valeurs sûres et des nouveautés. Marie, bien sûr, est hors concours. Les dix figures féminines de l'Ancien Testament décrites par le futur archevêque de Paris n'apparaissent pas au Sacré-Cœur. Elles n'entrent pas dans la généalogie de la dévotion au Cœur du Christ. En revanche, celles du Nouveau Testament, sauf la fille d'Hérodiade, ornent les murs ou les portes du sanctuaire. L'histoire de l'Eglise selon le Sacré-Cœur a retenu neuf saintes et en a oubliées neuf de celles choisies par l'abbé Darboy. Finalement, les saintes femmes apparaissant seulement à Montmartre sur la mosaïque du chœur sont Jeanne d'Arc qui fait bande à part, Gertrude, Catherine de Sienne, Marguerite-Marie, Marie-Antoinette, Madame Royale, Madame Elisabeth, Madeleine-Sophie Barat, présentes au titre de leur liens avec la dévotion au Cœur du Christ. Cette mise en perpective du programme iconographique du Sacré-Cœur avec la préoccupation féministe de Mgr Darboy, qui pourrait être étudiée pour elle-même, souligne la continuité et et la nouveauté de la réflexion faite par le père Xavier Franciosi dans les années 1890 et par le Comité au temps de la présidence du cardinal Amette.

L'autre comparaison a été annoncée dans le premier volume de cette enquête. Elle se justifie bien davantage, puisque c'est un projet de programme pour le Sacré-Cœur lui-même pensé vers 1880. Quatre femmes ont quitté la place d'honneur du chœur pour les chapelles : Anne, Clotilde, Radegonde et Jeanne de Chantal. Quatre restent au premier rang : la Sainte Vierge, Geneviève, Jeanne d'Arc, qui apparaît déjà, et Marguerite-Marie. Prennent place avec elles : Marie-Madeleine et Marthe, Agnès ; quatre saintes non françaises : Gertrude, Catherine de Sienne, Rose de Lima, Thérèse d'Avila ; Marie-Antoinette et sa belle-sœur qui rejoignent Louis XVI ; Sophie Barat. Le programme montmartrois a pris en compte l'Église universelle alors que celui de l'abbé Vasseur en 1880 se cantonnait en France (Jacques Benoist, Le Sacré-Coeur des femmes, de 1870 à 1960: contribution à l'histoire du féminisme, de l'urbanisme et du tourisme, Volume 3, 2000).

Marie-Madeleine - La Mort - 4 juin

Nous commençons par Marie Madeleine agenouillé devant la croix bourgeonnante et le crâne d'Adam qui est l'illustration du rachat du péché originel par la mort du Christ.

Avant le XVIème siècle, l'iconographie représente Marie Madeleine en riches habits de Princesse ou de courtisane, rarement dans sa grotte, et le plus souvent témoin de la Résurrection du Christ, auprès de Jésus sur la croix ou tenant le vase de parfum que la tradition chrétienne lui attribue. C'est avec l'arrivée du style Baroque que Marie Madeleine sera alors représentée pècheresse repentie, un livre auprès d'elle (représentant l'évangile), un crâne sur ses genoux (signifiant la mort) ou dans ses mains, une croix dressée devant elle (www.descendancedejesusetmariemadeleine.com - Marie-Madeleine et le cabinet de réflexion).

Pourquoi le 4 juin ?

Grégoire le Grand confond Marie de Béthanie et Marie de Magdala. Cependant, dans le martyrologe romain, Marie de Béthanie est fêtée le 29 juillet, tout comme sa sœur Marthe, alors que Marie de Magdala l'est le 22 juillet. Jean Chrysostome déclare qu'« il faut d'abord vous avertir que celle-ci n'est point la femme de mauvaise vie dont parle saint Matthieu, ni celle dont parle saint Luc, mais une autre, et une femme vertueuse». Pour l'Église orthodoxe, elle est l'une des « porteuses de myrrhe » et elle est fêtée le 4 juin en même temps que sa sœur Marthe (fr.wikipedia.org - Marie de Béthanie).

En effet l'église orthodoxe Sainte-Marie-Madeleine, construite par le célèbre architecte russe Léon Benois sur la Mathildenhöhe qui domine Darmstadt et consacrée le 8 octobre 1899 en présence du couple impérial de Russie (photographie in Reinhard Thöle, Orthodoxe Kichen in Deutschland, Vandenhoeck & Ruprecht, Gottingue 1997, p.27), présente en ce qui concerne son porche une certaine similitude avec Rennes-le-Château.

Deux des filles du grand-duc Louis IV de Hesse, Elisabeth (1864-1918) et Alix - devenue Alexandra après sa conversion à l'Orthodoxie - (1872-1918) avaient épousé le grand-duc Serge Alexandrovitch Romanov (1857-1905), fils d'Alexandre II, et le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch Romanov (1868-1918), fils d'Alexandre III, devenu tsar en 1894. Les deux couples connurent un destin tragique: le grand-duc Serge fut assassiné par des terroristes en 1905, l'empereur Nicolas et l'impératrice Alexandra furent massacrés par les communistes dans la maison Ipatiev à Catherinebourg le 17 juillet 1918 et la grande-duchesse Elisabeth, qui avait pris l'habit monastique dans son veuvage, fut précipitée par les communistes dans un puits de mine à Alapaïev dans l'Oural le 18 juillet 1918 (www.forum-orthodoxe.com).

Les doigts croisés de Marie Madeleine font penser à une grille, comme le gril de saint Laurent dont une chapelle existe à Saint-Mamet-la-Salvetat peut-être évoqué en face, sur le panneau du confessionnal (La Montagne fleurie ou Le Christ s'est arrêté à Vixalort). A Lourouer Saint-Laurent, l'église Saint-Laurent propose un éventail des différents styles de fresques médiévales et un catalogue très riche de sa symbolique. Sur le côté gauche, nous pouvons observer le fragment d'une fresque avec des doigts d'enfants repliés sur un livre fermé. Il s'agit d'un fragment de La vierge à l'enfant. Nous pouvons voir une femme couchée, au dessus tout en haut, c'est Marie-Madeleine, qui lave les pieds du Christ. Devant nous à présent face au chœur, nous voyons une crucifixion. Le Christ est entouré du soleil et de la lune (test.zevisit.com - Eglises de l'Indre).

La basilique de Sainte Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, achevée en 1532 est le plus important édifice religieux de style gothique bâti en Provence.

Des peintures sur bois présentent saint Laurent et saint Thomas d'Aquin et sont d'André Abellon, dominicain natif de Saint Maximin tandis que les deux autres ont été maladroitement repeintes. Ces quatre tableaux et la prédelle faisaient partie du même retable. Saint Laurent est représenté revêtu de son habit diaconal, portant de la main gauche le livre des évangiles et de la droite la palme des martyrs ; un gril placé à ses pieds rappelle son martyre car il a été brûlé vif.

André Abellon est né vers 1375 à Saint-Maximin de parents aubergistes. Entré dans son jeune âge chez les dominicains, au monastère Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin, il fut un grand orateur et un reformateur de l'ordre. Il enseigne la théologie à Montpellier, Paris et Avignon. Il continue de prêcher à Aix tandis que la ville est ravagée par la peste en 1445. Parallèlement, il est réputé avoir été un peintre de talent. Quatre peintures, situées actuellement dans la chapelle Notre-Dame d'Espérance dans la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, lui ont été attribuées. Il meurt à Aix le 15 mai 1450. André Abellon a été béatifié le 19 août 1902 par le pape Léon XIII. Sa fête a été fixée au 15 mai (fr.wikipedia.org - Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, fr.wikipedia.org - André Abellon).

Un reliquaire du doigt de saint Laurent, daté entre 1280 et 1320, a fait partie du mobilier religieux de la reine Jeanne d'Evreux. Fille du Comte d'Evreux, fils du roi Philippe III, et de Marguerite d'Artois, elle est l'arrière-petite fille de Saint Louis. Jeanne d'Evreux deviendra la troisième femme de Charles IV en 1325. Ce dernier fils de Philippe le Bel est également descendant de Saint Louis. Le roi décède en 1328. Jeanne d'Evreux, enceinte sans héritier mâle, décèdera en 1371 à Brie-Comte-Robert. Le mécénat de Jeanne d'Evreux se manifestera dans les domaines de l'enluminure, de la sculpture, de l'orfèvrerie, de l'architecture. Ce mécénat interviendra durant les règnes de Charles IV de 1322 à 1328, de Philippe VI de 1328 à 1350, de Jean II le Bon de 1350 à 1364 et celui de Charles V. Cette période sera marquée par la Guerre de cent ans, la famine, les pestes noires de 1348 et 1350 et une crise économique sans précédent, caractérisée par la mise en place d'un système fiscal très favorable aux riches engendreront une concentration des fortunes individuelles. Les cours princières et les auxiliaires des souverains chargés de collecter les impôts ainsi que les lombards constitueront d'importants centres de la création (www.insecula.com).

Rose de Lima - La Lune - 26 août

Primus Americae meridionalis flos, elle naquit le 29 avril 1586 à Lima, capitale du Pérou. Elle reçut le nom d'Isabelle au saint Baptême ; mais sa mère ayant, trois mois après sa naissance, vu une rose planer au-dessus de la tête de l'enfant miraçuleux, s'écria : « Isabelle, tu te nommeras désormais Rose !» (Dictionnaire encyclopédique de la Théologie catholique, Tome 20, 1864).

Elisabeth et Isabelle ne sont qu'un seul et même prénom à cette époque. On trouve également dans les documents des formes hybrides telles qu'lsabeth ou Elise (Thierry Leroy, Hugues de Payns: la naissance des Templiers : la mémoire retrouvée, 2011vv).

En 1543, le roi Charles Quint pour réagir aux luttes intestines entre les conquistadores envoya Blasco Núñez Vela en tant que premier vice-roi. Il sera à son tour tué par Gonzalo Pizarro, le frère du premier Pizarro. Finalement, un nouveau vice-roi, Pedro de la Gasca parvint à restaurer l'ordre et exécuta Gonzalo Pizarro après sa capture. 39 vice-rois ont succédé à Núñez Vela et ont gouverné la vice-royauté entre 1544 et 1824. Francisco de Toledo (1569-1581) fut celui qui organisa l'État colonial et fonda les « réductions » ou cités d'Indiens où ils furent regroupés. Au XVIIIe siècle, devant la difficulté de l'administration d'un territoire immense, se réaliseront reformes dans la structure politique coloniale ("les réformes bourboniennes"). En 1717, la Vice-royauté de Grenade fut formée : elle regroupa la Colombie, l'Équateur, le Panama et le Venezuela. En 1776, une nouvelle vice-royauté vit le jour, la Vice-royauté du Río de la Plata : elle regroupait l'Argentine, la Bolivie, le Paraguay et l'Uruguay (fr.wikipedia.org - Pérou).

Le calendrier de Vénus

La paire de cartes Lune / Chariot étudiée dans le Tarot de Paris est en rapport avec Vénus, par son char étant tiré par des volatiles, et par son amour de la harpe ou de la lyre (Kabbalisation du Tarot : Chariot et Lune).

D'un coup d'aile, nous pouvons nous poser maintenant à Tiahuanaco au Pérou. Un curieux monument nous attend que certains appellent la Porte du Soleil. Nous en avons la reproduction au musée de l'Homme à Paris. Sur cette porte figure figure un calendrier. Ce calendrier présente une particularité étrange : il concerne la rotation de Vénus autour du Soleil et non celle de la Terre autour de l'astre du jour (Paul Poësson, Le testament de Noé, Volume 44 de Les Énigmes de l'univers, 1972).

Selon Kazantsev, les sculptures de Tiahuanaco représentent un calendrier, vieux de douze mille à quinze mille ans, dont l'année solaire correspondrait à la période de rotation de Vénus autour du Soleil, preuve que le monument fut laissé par visiteurs extraterrestres originaires de cette planète (Wiktor Stoczkowski, Des hommes, des dieux et des extraterrestres: éthnologie d'une croyance moderne, 1999).

N'a-t-on pas été jusqu'à prétendre que Tiahuanaco avait été édifiée par une peuplade venue d'une autre planète, de Vénus en particulier, il y a de cela deux cent cinquante millions d'années ?

Sur la célèbre Puerto del Sol, à Tiahuanaco, Viracocba a un visage solaire, et il est armé d'une massue et d'une bola à trois branches (arme de jet indienne) qui figurent respectivement le tonnerre et l'éclair. On voit qu'ici, soleil et tonnerre sont des attributs du Dieu suprême, peut-être parce que lumière et son sont des manifestations primordiales et des symboles du Verbe. Mais à ce titre, ils lui sont inférieurs, et ne peuvent entrer avec Lui dans une Trinité (Études traditionnelles, Numéros 417 à 428, 1970).

Oréjona, la première mère de l'humanité, vint de Vénus sur « un engin volant plus brillant que le soleil », écrivit Garcilaso de la Véga. Elle était semblable en tous points aux hommes sauf ses mains palmées et sa tête en cône (Robert Charroux, Le Livre des maîtres du monde, 1967, civilisations.chez.com - Orejona).

Mission scientifique française en Amérique du sud : travaux et fouilles de Tiahuanaco 1903 - www.brooklynmuseum.org

Antiquité du Perou porte monolithe de tiahuanaco Tiwanaku Péru 1858 - www.ebay.de

Tiauanaco est le centre de ce certains appellent la tawaqapa, un ensemble organisé de sites indiens sur le tracé d'une croix andine. Le Qhapad Nan est le chemin sacré qui forme une ligne diagonale à 45° selon Maria d'Ebneth Scholten (La ruta de Viracocha, Lima 1954).

Marco Alhelm, Die Chacana-Mauer nahe des Pilcocaina-Palastes auf der heiligen Insel Titicaca - www.efodon.de

Proche de Tiahuanaco (Bolivie), se trouve Puno (Pérou) qui honore Rose de Lima.

Puno fut le centre de la culture Tiahuanaco (800 à 1200 ap.J.C.), née du peuple Aymara, qui s’est étendue entre ce qui est aujourd’hui le Pérou et la Bolivie ; Les Incas s’imposèrent sur ce territoire au XVe siècle, et les Espagnols, attirés par l’activité minière qui s’y déploya alors, y laissèrent un héritage colonial important dans toute cette région. Aujourd’hui, la ville de Puno (3827 m) est la capitale du folklore péruvien et le haut lieu de la Fête de la Vierge de la Chandeleur (www.abc-latina.com - Puno).

Le plateau du Collao qui nous intéressera ici. Il comporte un fait géographique de premier ordre : la présence d'une véritable mer intérieure, l'immense lac Titicaca, situé à 3 812 m d'altitude (c'est le plus haut lac du monde). Le Titicaca, parfaitement navigable, et le Collao, plaine de haute montagne au sud du lac, ont constitué un ensemble qui est la « plaque tournante » de la région. Il y a au moins treize ou quatorze siècles, la culture de Tiahuanaco existait déjà sur les rives orientales du Titicaca, dans le territoire appartenant aujourd'hui à la Bolivie. Plus tard, les Incas, grands bâtisseurs de routes employèrent eux-aussi la voie lacustre et la plaine pierreuse du Collao pour communiquer à partir de leur capitale, le Cuzco, avec Arequipa au sud, avec le nord de l'actuelle Argentine, et enfin avec les terres chaudes qui se trouvent vers l'est.[...] Ce sont précisément les routes de l'exploitation du métal, menant du Cuzco à Arequipa, a" Arequipa à Potosi, et enfin de Potosi au Cuzco, qui ont tissé ce réseau plus ou moins triangulaire dont le centre fut toujours le grand lac. Au Collao, l'hiver est rigoureux, mais le soleil brille presque toute l'année, l'été est frais, l'air toujours très pur et sec. C'est dans ce cadre austère et grandiose que s'élève la ville-port de Puno qui va retenir notre attention par sa magnifique cathédrale du XVIIIe siècle.

Au temps du vice-roi du Pérou, le comte de Lemos (1667-1672), une ville fut fondée, en 1669, sur la rive méridionale du lac Titicaca, à l'emplacement du hameau indien de Laicacota. Elle reçut le nom de San Carlos de Puno et fut — ainsi que sa future cathédrale — mise sous le patronage de saint Charles Borromée, saint de la Contre- Réforme 3. Un siècle plus tard, Puno était en pleine prospérité grâce à l'exploitation des mines d'argent. L'église cathédrale de Puno, placée sous la double protection de saint Charles et du roi d'Espagne (Charles III monta sur le trône d'Espagne en 1759), fut édifiée grâce à la munificence d'un riche minier, Miguel Jacinto de San Román. Sur la façade de la cathédrale figure le nom de Simon de Asto, son constructeur présumé; on y lit aussi une date : 1757. Le décor intérieur (à l'exclusion des retables, qui ont disparu) consiste en reliefs de médaillons à chaque travée. Selon M. Marco Dorta, les thèmes sont successivement, en allant de l'abside à la porte d'entrée : l'Immaculée, la Vierge à l'Enfant, sainte Rose de Lima, saint Michel, saint Dominique et saint François. M. Ricardo Mariátegui Oliva pense que le deuxième motif central de la voûte est non pas la Vierge à l'Enfant mais l'Enfant Jésus de Prague. Il croit voir encore dans lés deux portails latéraux extérieurs les représentations de saint Jean l'Évangéliste et de saint Luc.

Cela pour la symbolique chrétienne. Ajoutons qu'on trouve de nombreux « grotesques » sur toute la façade, et même deux petites sirènes portant un instrument de musique. Avec ce répertoire iconographique nous sommes encore dans le domaine européen, ce qui n'est plus le cas pour des représentations d'origine indienne mélangées inextricablement aux apports occidentaux.

La ville entière étant bâtie en damier, la cathédrale occupe un îlot carré, et ses quatre façades sont orientées, comme toutes les maisons qui l'entourent de loin ou de près. Cette église occupe un îlot qui regarde le lac. La façade n'est plus orientée selon la symbolique ancienne — bien que rien ne s'y oppose matériellement : elle regarde à l'Est et reçoit donc le soleil, surtout le matin. Cette cathédrale est du XVIIIe siècle il est vrai, mais elle appartient par définition à un XVIIIe siècle sud-américain. Elle n'est pas baroque dans le sens traditionnel du mot, moins encore « rococo » ou « néo-classique ». Elle est tout simplement la cathédrale de Puno, c'est-à-dire un monument qui n'est pas interchangeable, un cas particulier (Damian Bayon, Un problème de filiation architecturale : la cathédrale de Puno au Pérou. Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 25e année, N. 5, 1970, www.jesus-marie.net - Rose de Lima).

La tour et le portique du panneau de Marie Madeleine pourrait formé un LM plutôt qu'un JM, LM qu'on retrouve sur les pièces de monnaie péruvienne anciennes :

à gauche, Peru: Lima. Gold cob 8 Reales 1712-LM, F-7, KM-38.2, Cal-93, XF-AU - coins.ha.com

à droite, www.benhammott.com - Détail de l'autel

Thérèse d'Avila - Le Monde - 15 octobre

L'arbre de la croix est récurrent au Carmel.

Dans sa constante floraison, l'arbre de la Croix porte toujours des fruits renouvelés de salut. C'est pourquoi les croyants se tournent vers la Croix avec confiance, tirant de son mystère d'amour le courage et la force pour marcher sur les traces du Christ crucifié et ressuscité. Le message de la Croix est ainsi entré dans le cœur de beaucoup d'hommes et de femmes, transformant leur existence. Un exemple éloquent de cet extraordinaire renouveau intérieur est le parcours spirituel d'Edith Stein. Une jeune femme en quête de la vérité, grâce au travail silencieux de la grâce divine, est devenue une sainte et une martyre : il s'agit de Thérèse Bénédicte de la Croix, qui répète aujourd'hui à tous, du haut des cieux, les paroles qui ont marqué son existence : « Pour moi, que la Croix de notre Seigneur Jésus-Christ reste mon orgueil. »

Edith Stein prit l’habit de carmélite le 15 avril 1934 par admiration pour Thérèse d'Avila et pour son œuvre qui l'ont conduite au Christ (Pierre d'Ornellas, Ecole cathédrale, Edith Stein, la quête de vérité, Parole et silence, 1999, fr.wikipedia.org - Edith Stein).

Le mariage de l'âme et de l'Epoux se fait sous un arbre, le pommier du Cantique spirituel de saint Jean de la Croix, qui est l'arbre de la Croix, et c'est pourquoi les épousailles sont inséparables de la Croix :

De même qu'au Paradis la nature humaine fut perdue et livrée à la corruption pour avoir joui du fruit de l'arbre défendu, ainsi ce nouveau fruit que porte l'arbre de la Croix la sauve et la rétablit. Ce fut du haut de la Croix que l'Époux lui tendit la main de Sa grâce et de Sa miséricorde, et, par les mérites de Sa passion et de Sa mort, mit fin à l'inimitié qui, depuis le péché originel, séparait les hommes de Dieu. C'est sous l'arbre du Paradis que la nature humaine, notre commune mère, fut corrompue par le péché, en la personne de nos premiers parents. Sous un autre arbre, celui de la Croix, l'âme renaît à la vie (Edith Stein, la science de la Croix, p. 285-286) (Maurice de Gandillac, Denys l'Aréopagite: tradition et métamorphoses, Volume 42, 2006).

Or par le pommier i'entends icy l'arbre de la Croix, parce qu'il est dit dans vn autre lieu deSjCantiques Dessous l'arbre da pommier ie i'ay ressuscité [...] Ah comme ce diuin pommier baisse ses branches,afin que l'ame cueille les pommes,considerant ses grandeurs,& la multitude des miséricordes dont il a usé envers elle, & afin qu'elle voye, & jouysse du fruict que N. Seigneur Iesus-Christ a tiré de sa Passion arrousant cet arbre de son sang precieux avec un amour admirable (Thérèse d'Avila, traduit par Cyprien de la Nativité, Conceptions de l'amour de Dieu, chapitre 5, 1667).

Mais Dieu qui auoit plante autres fois l'arbre de vie au milieu du Paradis, a depuis le peché planté l'arbre de la Croix au milieu du monde ; Et les Grands n'en sont pas exempts (Madeleine de Saint-Joseph, La vie de soeur Catherine de Jésus, religieuse de l'ordre de Nostre-Dame du Mont-Carmel, 1628, La Vie admirable de la bienheureuse Marie Magdelaine de Pazzi du Mont Carmel, 1634).

De la clôture du jardin oriental, hâvre de paix et de délices, à celle du monastère, lieu en retrait, loin de l'agitation du monde, il n'y a qu'un pas, aisé à franchir puisque le nom même de carmel, dérivé de l'hébreu kérém, signifie littéralement «le jardin de Dieu» et que d'autre part, les jardins occupent une place essentielle dans l'architecture monastique. Au XVIe siècle, le jardin clos, lieu du dialogue entre l'âme et l'époux, alimente la méditation des mystiques, notamment saint Jean de la Croix. Particulièrement populaires au Moyen âge sont les représentations de la Vierge et de l'Enfant Jésus dans un jardin clos, rappel de la virginité de Marie et figure du paradis dont elle-même est la reine et la plus belle des fleurs : Rosa mystica. Après le jardin du mont des Oliviers, c'est la montée au calvaire où, sur l'arbre de la croix, Jésus rouvre au bon larron le paradis fermé par la faute d'Adam et Eve (Pascale Hummel, La Maison Et Le Chemin: Petit Essai De Philologie Theologique, 2004).

L'homme est hanté par le Paradis perdu. C'est le Paradis que Jésus sur l'Arbre de la Croix promet au Bon Larron qui symbolise Adam-Eve voleurs du fruit de l'Arbre défendu et sauvés par l'Arbre de la Croix. Dans la Ste Écriture, il y a une étroite relation entre le mystère du Paradis perdu et celui du Carmel. La splendeur du Carmel est donnée au désert qui deviendra Éden Paradis. Le Carmel a toujours réuni ces deux réalités: le jardin et le désert, le jardin par le désert. Vivre dans le désert, c'est reconnaître notre exil loin de la Face de Dieu, et refuser d'appeler bonheur les joies fugitives du monde, d'où s'est retirée Sa présence familière (Ps 136, 4-5). Vivre au désert, c'est vivre dans la vérité de notre état déchu, c'est disposer tout notre être à s'ouvrir à Lui, dans la soif du Désir, c'est monter sur la Montagne Sainte. Le Carmel enseigne le retour au Paradis perdu jusqu'à la communication des personnes que sont les Noces Mystiques (cf. Vive Flamme III, 24) (Harissa, La culture à l'école des saints du Carmel, Carmel de la Theotokos et de l'Unité, Liban,).

Le bénitier

Gabriel - Le Pape - 23 janvier

Le 23 janvier est le jour des épousailles de Joseph et Marie, présent dans l'église de Rennes-le-Château.

Si l'on établi un lien entre les œuvres de Pérugin et de Raphaël, Monsieur Jean-Pierre Babelon fait remarquer que la charge symbolique est alors très forte : "comme si la Vierge était encore, lors de la venue de Gabriel, devant le temple de Jérusalem où elle avait été mariée. L'appel de Dieu se fait dans le respect du cadre matrimonial (de l'acceptation de Joseph de ne pas renier sa jeune épouse) et de la vocation de la virginité." (Par ce signe tu le vaincras 3).

Le 23 janvier est attaché à Rochemaure qui vit passer le pape Urbain II (Par ce signe tu le vaincras : sephiroth, tarot et arbre de vie).

Il fut décidé par le pape Urbain, dans le concile tenu à Clerinont, en 1095, qu'on sonnerait tous les jours la cloche, le matin, à midi et le soir, et qu'on dirait à chaque fois la Salutation Angélique; c'est ce que l'on appelle l'Angélus; et cela en commémoration de l'annonce que l'ange Gabriel fit à la Vierge (François Joseph Michel Noël, L. J. M. Carpentier, Philologie française ou dictionnaire étymologique: critique, historique, anecdotique, littéraire, Volume 1, 1831).

Uriel - L'Etoile - 10 août

Le Tarot de Paris présente un lien entre l'Etoile et Sirius, étoile de la canicule (mois d'août) (Kabbalisation du Tarot : Amoureux et Etoile).

Ici, la correspondance est calendaire, et ce n'est pas Michel des anges de la kabbale mais Uriel qui est associé à l'Etoile identifiée à Sirius.

Dans le Paradis perdu de John Milton, Uriel est comparé à une étoile filante. Il peut s'agir de la sinistre influence de l'étoile du Grand Chien, Sirius, l'"aster oporinos" d'Homère (Iliade, v. 5) (John Milton, Charles Stanger Jerram, Paradise Regained: A Poem in Four Books, 1888, The similes of Homer, Virgil and Milton examined and comapred, Monthly magazine and British register, Numéros 1 à 5, 1796).

Le lien se perpétue jusqu'à l'époque contemporaine avec les écrits de Juilien Benda.

L'essai en forme de « rapport » d’un ange nommé Uriel à Dieu montre que l’importance d’un tel auteur ne peut se résumer en un seul ouvrage. Par ce Rapport d’Uriel, Benda révèle ses talents réels d’essayiste et sa profonde personnalité. Les pointes d’ironie sont, en effet, nombreuses dans ce livre. On pourrait également déceler entre les lignes une certaine amertume, voire un désespoir, lesquels sont parfaitement compréhensibles : lorsque l’on sait que cet essai a été écrit — en partie — pendant l’année 1943 (!). Benda en tant que Juif avait notamment été contraint de se réfugier chez un universitaire à Carcassonne pendant la période difficile de l’occupation allemande. D’où cet isolement dramatique, mais aussi salutaire, puisque Benda prend suffisamment de distance ou de hauteur pour dire ce qu’il pense de l’être humain en général et du Français — qu’il connaît bien — en particulier. Le polémiste laisse transparaître aussi sa misanthropie et sa misogynie qui sont tempérées par des jugements qui s’élèvent à la condition de vérités salvatrices. Concernant l’amour, par exemple, Benda constate cyniquement que l’intimité entre deux êtres ne peut aboutir à une fusion totale, source de frustration importante ; ou que le couple institutionnalisé est synonyme, pour l’espèce humaine, de reproduction et de soumission de l’enfant à venir aux désirs de ses parents — ce qui signifie que le célibat, a contrario, a au moins l’avantage d’éviter ce lamentable déterminisme. Il faut ajouter cette haine mêlée de compréhension pour la masse humaine, ainsi que les commentaires de l’essayiste sur l’antisémitisme [je songe ainsi à cette vision de la méchanceté qui, par l’intelligence qu’elle déploie, reconnaît implicitement la part d’humanité dans sa ou ses victime(s)] qui demeurent, selon moi, tout à fait actuels (Thomas Dreneau, Petites vérités d’un solitaire, Le rapport d’Uriel de Julien Benda (Actes Sud, 1992)).

Le Rapport d’Uriel est paru sous le pseudonyme de comminges aux Éditionsde Minuit en 1943.

Montesquieu a besoin de se forcer pour être Persan, Voltaire de se contraindre pour être Huron. Benda n'a pas besoin de feindre pour se mettre dans la peau d'un envoyé de Sirius. Il est Uriel. Son Rapport d'Uriel est un livre de fourmi rouge : quand il s'achève, il ne reste plus de l'homme qu'un petit tas d'ossements bien nettoyé. Il y a deux façons de porter sur l'humanité un regard dégagé de nos habitudes d'être (Claude Roy, Descriptions critiques, Volume 1, 1950).

Sirius est attaché au parcours de Julien Benda : Le Point de vue de Sirius et les Billets de Sirius.

Pendant la Grande Guerre, il prône l’Union sacrée, souvent contre le pacifisme de nombre de ses anciens amis dreyfusards, et devient, notamment dans Les Sentiments de Critias et Le Point de vue de Sirius, recueil de ses articles dans Le Figaro, un ardent défenseur de la civilisation et de l’esprit français contre la Kultur germanique et sa conception de la nationalité fondée sur la race (que, selon lui, le nationalisme barrésien ne fait que copier).

Constant Bourquin reprocha à l’auteur de La Trahison des clercs, dont il avait d’abord loué la similitude de vues avec Maurras et Jules de Gaultier, d’être retourné à son « rationalisme juif » (Itinéraire de Sirius à Jérusalem, ou la trahison de Julien Benda, Paris, Éditions de la Nouvelle Revue critique, 1931). Dans Julien Benda ou le point de vue de Sirius (Paris, Éditions du Siècle, 1925) Bourquin ayant dressé un portrait de Benda comme essayiste proche des thèmes de Maurras, ce dernier écrivit au Mercure de France une lettre où il nie toute relation avec « l’école juive groupée à La Revue blanche, avec Benda et les siens » et où il assimile les idées de Benda à celles d’un nietzschéen. Bourquin répond à Maurras qu’il ne voit pas en quoi les idées de Benda sont particulièrement juives et surtout ce qu’elles ont de nietzschéen, et il rétorque même à Maurras que le refus de celui-ci d’opposer pensée et action « l’apparente nettement à l’idéologie sémitique dont nous imprègne le christianisme » (Pascal Engel, Les Lois de l’esprit, Julien Benda ou la raison, 2012).

Dans Billets de Sirius, Benda emploie les mêmes procédés. Dans la préface, il précise que ces lettres lui ont été envoyées par un homme désirant garder l' anonymat, et sont destinées à Gallus ou à Mélisandre, celle—là même pour qui Benda, qui se présente ici comme le préfacier, a écrit Lettres à Mélisandre pour son éducation philosophique. ll s'agit de ses articles parus dans Le Figaro durant la première guerre mondiale, qui sont légèrement remaniés. L'ensemble est peu retravaillé par rapport à la première édition hormis dans une note, qui joue un rôle particulier, en établissant des relations inter-textuelles entre les différents auteurs fictifs et Benda lui-même (Lise Dumasy, Chantal Massol, Pamphlet, utopie, manifeste: XIXe-XXe siècles, 2001).

Le point de vue de Sirius est tiré du Micromégas de Voltaire. Aucune fantaisie dans l'itinéraire que suivent le Sirien et le Saturnien depuis leur planète d'origine, jusqu'à leur destination dernière : l'univers qu'ils traversent est strictement conforme à ce que pouvait en révéler à Voltaire une connaissance assez poussée de l'astronomie ; il porte très précisément la marque des études de Cirey, dans ce domaine, études qui aboutissent en 1738 aux Eléments de la philosophie de Newton (Jacques Van den Heuvel, Voltaire dans ses contes: de "Micromégas" à "L'Ingénu", 1967).

Raphaël - Le Soleil - 12 septembre

Raphaël archange, dont le nom signifie Remède de Dieu, prit la forme d'un jeune voyageur, Azarie, pour guider Tobie le fils dans son voyage à Ragès, lui fit épouser Sara, fille de Raguel, le ramena dans sa patrie, et lui enseigna le moyen de rendre la vue à son père. On le fêle le 12 septembre avec Tobit le père, et aussi le 24 octobre et 20 novembre.

L’association de Raphaël avec le Soleil et la Justice font référence aux paroles de Malachie, (4 :2) : « Mais pour vous qui craignez mon nom, se lèvera Le soleil de la justice, Et la guérison sera sous ses ailes; Vous sortirez, et vous sauterez comme les veaux d'une étable. » (Kabbalisation du tarot : Justice et Soleil).

Raphaël est en jaune, comme le Soleil

Michel - Le Jugement - 29 septembre

Sous le Christ se tient saint Michel, prince du jugement célestes. Il est dépeint jeune, parce qu'il est immortel et beau, parce qu'il est l'incarnation de la justice divine. Il tient dans des ses mains une balance dans laquelle il pèse les âmes. Les âmes sont représentées par deux petites figures nues, dont les noms sont "Vertu" et "Péchés". Le premier est agenouillé et heureux alors que l'autre semble horrifié et crie de terreur.

 

Asmodée - La Maison Dieu - 24 juillet

La peste et la foudre sont rapprochés par les différentes représentation de la carte XVI du Tarot : Maison Dieu (nom d'un hôpital pour pestiférés) du Tarot de Marseille, Foudre du Tarot de Paris et Sagitta du Tarot Visconti (flèche d'Apollon symbolisant la peste) (Kabbalisation du Tarot : Pape et Foudre).

La Maison Dieu peut être une tour carrée comme au sommets du signe de la croix d'Huriel.

La Maison-Dieu du Tarot dit de Charles VI (Italie du Nord - Fin du XVe siècle) est une peinture a tempera à l'œuf, sur un dessin préparatoire à l'encre noire de type sépia ; décor de rinceaux estampés, après fixation de feuille d'or et d'argent sur une couche d'assiette, déposée sur un support de papier ; dos blancs unis. Papier en plusieurs couches avec rabats à l'italienne dont certains sont rognés. La partie du dessin dissimulée par les rabats réalisés après, a été redessinée.

Tour carrée, crénelée d'où s'échappe des flammes, elle se lézarde, et semble frappée par la foudre. Cet atout pourrait être une évocation de la destruction de la tour de Babel que les hommes, rêvant d'atteindre le ciel, avaient construite avec des briques cuites, cimentées par du bitume. Dieu irrité de l'orgueil des hommes, empêcha la poursuite du chantier en confondant les langues. La destruction de la tour n'est pas mentionnée dans la Genèse, mais la dispersion des ouvriers la rend implicite. C'est à partir de la fin du Moyen Âge que les artistes imagineront la dislocation du bâtiment provoquée par des éclairs jaillissant du ciel plutôt que par une intervention divine ou une tempête comme ils l'avaient fait antérieurement. Les marches de feu qui se succèdent sur l'un des côtés de l'édifice pourraient représenter la rampe extérieure qui figure dès le XIVe siècle dans l'iconographie de la tour de Babel. L'appellation de Maison-Dieu peut surprendre pour cette forteresse à la porte obscure, cependant en hébreu Babel signifie Porte du ciel et correspond bien à la fonction que devait remplir cette tour (expositions.bnf.fr - Maison Dieu).

La table des 22

Nous nous livrons ici à un petit jeu de multiplications de 22 comme cela a été le cas pour la Rose kabbalistique : du 17 janvier (Rennes le Château) au 8 février (Sainte-Croix de Beaumont), 22 jours et du 8 décembre (Ferrassières) au 16/17 novembre (Amplepuis), 22 jours aussi (La Rose kabbalistique).

Les évangélistes de la chaire

Mathieu (6 mai) - Justice - 13 mars : - 14 x 22 (22,3) jours

Les martyrolges du nom de S. Jérôme, celui de Bède, ceux du neuvième siècle et les suivans s'accrodent tous à marquer la fête de saint Mathieu au XXI septembre. On la trouve encore au VII d'octobre, au premier, au VI et au XXI de may dans quelques lectionnaires et dans ceux des martyrologes du nom de S. Jérôme qui marquent le lieu de son culte ou de sa mort en Perse (Adrien Baillet, Les Vies des saints, 1704).

« L'annonce de la venue du Royaume entraîne une conduite humaine qui dans Matthieu s'exprime surtout par la poursuite de la justice et l'obéissance à la Loi. La justice, thème préféré de Matthieu (3,15 ; 5,6 ; 6,1.33 ; 21,32), est ici la réponse humaine d'obéissance à la volonté du Père, plutôt que le don divin du pardon qu'elle est pour saint Paul. La validité de la Loi (Torah) est affirmée, 5, 17-20, mais son développement par les pharisiens est rejeté en faveur de son interprétation par Jésus, qui insiste surtout sur les préceptes éthiques, sur le Décalogue et sur les grands commandements de l'amour de Dieu et du prochain. » (Bible de Jérusalem, 1998, page 1670) (fr.wikipedia.org - Evangile selon Matthieu).

Marc (23 septembre) - L'Hermite - 30 mars : - 8 x 22 (22,11) jours

[La feste de ce saint Evangéliste se fait comme nous avons dit,dans toute l'Eglise le 25. d'avril.] 'Les martyrologes qui portent le nom de S. Jérôme, la marquent le 23. de septembre ;[de quoy on ne fait point la raison (Louis Sébastien Le Nain de Tillemont, Memoires pour servir a l'histoire ecclesiastique des six premiers siecles, Tome 2, 1694).

L'Eglise copte porte comme autre nom celui d'Eglise de saint Marc. Saint Marc est censé avoir été le premier évangélisateur de l'église d'Alexandrie. Problème très difficile à résoudre : historiquement, il n'y a pas de preuves de cette prédication. On a seulement des attestations du séjour de Marc à Alexandrie. On ne dispose pas non plus de traces archéologiques. Il n'y a cependant aucune raison sérieuse de douter de cette tradition et c'est bien, semble-t-il, à partir de Marc que le Christianisme prend son départ à Alexandrie, entre la légende et la réalité.

L'érémitisme, c'est la solitude absolue. Le moine, l'ermite, vit seul, retiré dans une grotte. C'est l'image du fondateur de l'érémitisme, Antoine, qui a d'ailleurs vécu lui-même un certain nombre de monachismes différents, une réelle solitude mais aussi une solitude partagée avec un ou deux disciples. On le considère comme le fondateur de l'érémitisme. Il faut d'ailleurs garder en tête que, dès le départ, érémitisme n'implique pas absence d'influence ou de contacts sur ce qui se passe à l'intérieur du pays en matière ecclésiastique. On le voit avec Antoine, puisque, en particulier, il sera le conseiller de l'archevêque d'Alexandrie Athanase et que c'est Athanase qui a écrit la vie d'Antoine et se trouve donc être notre source à son sujet. On a aussi l'habitude de penser (sans que ce soit historiquement certain) que l'érémitisme a été la première forme, la forme authentique du monachisme. Ce serait, dans une certaine mesure, en réaction contre ce qu'il pouvait y avoir d'orgueil dans cette attitude de solitude, dans la pensée qu'on pouvait seul se battre contre la tentation, que serait né le désir de fonder des communautés, donc l'autre forme de monachisme qu'on appelle le cénobitisme, c'est à dire la vie en commun, dont le fondateur est Pachôme, les premières fondations se situant au sud de l'Egypte, à Tabennêsi, lieu du premier monastère pachômien (www.erf-auteuil.org - Les coptes d'Egypte).

N'a-t-on pas lieu de croire que les monastères des ces Ascetes étoient de véritables monastères, les persécutions ne permettant pas qu'ils fussent si peuplés qu'ils ont été dans la suite ? Ne trouvera-t-on pas unesuire d'Ascètes & de Solitaires,en remontant depuis S. Antoine jusques à S. Marc , auquel tems tous les Thérapeutes, que M. de Tillemont reconnoît avoir été convertis par saint Marc, se retirèrent dans la solitude ? & n'est-ce pas reconnoître pour moines ces Therapeutes, & leurs demeures pour de véritables monastères, lorsqu'il dit qu'il est impossible de trouver une succession de moines 8c de monastères depuis ce tems-là jusques à saint Antoine ; puisque toute succession suppose un commencement ? (Pierre Helyot, Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, et des congrégations séculières de l'un & de l'autre sexe, Volume 1, 1721).

Jean l'Evangéliste (27 décembre) - La Roue - 16 avril : + 5 x 22 jours

Dans les trois évangiles synoptiques (Matthieu et Luc reprenant Marc selon la Théorie des deux sources), Jean fils de Zébédée (et non Jean l'évangéliste) apparaît dans les premiers de la liste des douze apôtres (Mc 3. 16-19, Mt 10. 2-5 et Lc 6. 13-16), avec son frère Jacques dit le Majeur.

Ce sont des pêcheurs du lac de Tibériade (appelé « mer de Galilée » ou « lac de Génésareth »), qui comme Simon-Pierre et son frère André abandonnent leurs filets pour suivre Jésus ( Mc 1. 16-20, Mt 4. 18-22 et Lc 5. 1-11). Marc précise que Jésus les surnomme Boanerges, c'est-à-dire « fils du tonnerre » (Mc 3. 17) (fr.wikipedia.org - Jean (apôtre)).

Galilée veut dire émigration, circuit, roue qui tourne, et Judée confession (Ludolphus de Saxonia, La grande vie de Jésus-Christ, 1864).

Alors que la Galilée ressemble à une immense roue, la Judée-Samarie fait penser à un gigantesque escalier. Il conduit de la mer à un plateau qui constitue un véritable château d'eau puis redescend par des marches plus escarpées vers vallée du Jourdain (Chaïm Herzog, Mordechai Gichon, Les Guerres bibliques, Traduit par Pierre-Henri Bunel, 2004).

Fortune

Rien n’est acquis dans notre monde. Celui qui trône au sommet de l’échelle sociale aujourd’hui se verra précipiter dans la boue un autre jour. De même, celui qui rampe au font du gouffre pourra respirer à l’air libre dans des temps meilleurs car la roue tourne imperturbablement. Tel est le message de la Roue de fortune, arcane X du tarot de Marseille. Bâtie sur le modèle de l’univers visible, la roue de fortune en intègre le symbolisme. Rien n’est fixe dans le cosmos sauf l’axe central, l’Axe du Monde matérialisé par l’étoile polaire et la pierre levée, le menhir, la montagne sacrée, ou l’arbre. La fortune est une image du mouvement du cosmos et de sa rotation autour de la Polaire, mais aussi du rythme des saisons, de l’alternance du jour et de la nuit, des cycles lunaires, de la course du soleil, de la course du Zodiaque dans le ciel, de la répétition des solstices marqués dans la chrétienté par la Saint-Jean d’été et la Saint-Jean d’hiver. Le recommencement est sans fin, inexorable (www.dictionnairedessymboles.fr - Le symbolisme de la fortune, lieuxsacres.canalblog.com - Roue de la Fortune).

A la Saint-Jean d'été, les jours commencent à diminuer et à la Saint-Jean d'hiver (deux jours après Noël) ils recommencent à croître. Le renversement astronomique concrétise le passage d'un temps premier à un temps différent. Comme le microcosme est alors en accord avec le macrocosme, c'est le jour de la Saint- Jean que se produit l'événement qui renverse le cours des destinées. C'est le jour de la Saint-Jean que tourne la roue de la Fortune. "O roue de Fortune, dit Sicard de Crémone dans son Chronicon, qui tantôt nous jette bas et tantôt nous porte au pinacle" (Philippe Walter, La mémoire du temps: fêtes et calendriers de Chrétien de Troyes à La mort Artu, 1989).

Luc - La Force - 2 mai

Quelques-uns mettent encore une seconde translation de saint Luc au second jour de may (Adrien Baillet, Les vies des saints composées sur ce qui nous est resté de plus authentique et de plus assuré dans leur histoire, Volume 7, 1739).

Comme les Apostres ne devoient pas s'exposer à aller rendre publiquement témoignage à Jesus Christ, avant cette effusion de l'Esprit divin, qui leur estoit nécessaire pour les remplir de la force dont ils manquoient, il leur défendit expreílément de se produire avant ce temps-là; Cefendant, ajoûta-t-il, demeurez dans la ville de Jérusalem, jusqu'à ce que vous soyez, revetus de la force d'enhaut; c'est-à-dire: Préparez-vous par la prière, & par la retraite, à me rendre témoignage, quand le Saint-Esprit qui doit estre toute vottre force, sera descendu sur vous (Le Saint Evangile de Jesus-Christ selon Saint Luc, 1698).

Dans la perspective d’histoire du salut qui est la sienne, Luc attribue à l’Esprit le développement du dessein salvifique de Dieu. C’est l’Esprit qui donne l’impulsion nécessaire pour l’évangélisation et le « témoignage » ; c’est Lui qui mène l’Église jusqu’à son accomplissement eschatologique. Pour Luc, l’Esprit est bien « la Force de l’Église » (Gonzalo Haya-Prats, L'Esprit, force de l'Église, Sa nature et son activité d'après les Actes des Apôtres, 1975) (www.editionsducerf.fr - La Force de l'Eglise).

La force, le saint Esprit et le lion

L'Esprit du Seigneur se précipita sur Samson, et il déchira le lion comme il aurait fait d'un chevreau. Il le mit en pièces sans avoir aucune arme dans sa main , et il n'en dit rien ni à son père ni à sa mère. Il vint ensuite parler à la femme qui avait su plaire à ses yeux. Quelques jours après, revenant pour l'épouser, il se détourna afin de voir le corps du lion qu'il avait tué, et il trouva dans sa gueule un essaim d'abeilles et un rayon de miel. Il prit ce rayon de miel entre sesmains, et en mangeait en marchant (Juges 14,6-19) (abbé Chantome, Office du Saint Amour, 1846, Kabbalisation du Tarot : Force et Fou).

Les statues de l'église Sainte-Marie-Madeleine

Antoine Ermite (17 janvier) - L'Amoureux - 8 février : : 22 jours

Les amoureux du Christ, ce sont les saints, qui ont vaincu toute crainte et ne connaissent que l'amour, comme saint Antoine, qui pouvait dire : « Moi, je ne crains pas Dieu, parce que je l'aime » (Saint Nikola Velimirovic, Cassienne: enseignement sur la conception chrétienne de l'amour, Traduit par Jean-Louis Palierne, 2003).

Aussitôt que les diables eurent saoulé leur cruauté et, de rage, se furent replongés en l'abîme, honteux de se voir surmontés, ce saint ermite aperçut le Sauveur ; si lui dit d'un cœur amoureux et tirant un gros soupir du plus profond de son de son cœur : hélas ! bon Jésus, et où étiez-vous quand, parmi la grêle des coups de ces bourreaux, je vous suppliais de m'aider ? Adonc le Seigneur lui répondit : j'étais en ton cœur, Antoine, mon ami et contemplais ta constance et tes combats victorieux. Eusses-tu voulu que je t'eusse ôté l'occasion de conquérir la plus belle couronne que jamais tu gagneras en ta vie ? (Étienne Binet, Claude Louis-Combet, Consolation et réjouissance pour les malades et personnes affligées en forme de dialogue: 1627, 1995).

Germaine de Pibrac (15 juin) à Elisabeth de Portugal - Diable - 8 juillet : 22,5 jours

Un jour de 1601, son père la trouva morte dans le réduit où on l'obligeait à dormir. Elle avait 22 ans. Elle fut enterrée dans l'église de Pibrac, et peu à peu tout le monde oublia l'existence de cette sépulture. Son miracle des roses est comparable à ceux d'Elisabeth de Portugal et d'Elisabeth Hongrie sa tante, morte un 17 novembre ; et de ceux de Rose de Viterbe et de Roseline de Villeneuve. Germaine fut béatifiée par Pie IX le 7 mai 1854, puis canonisée en 1867.

Dieu nous a permis de décerner le culte et les honneurs des Saints aux invincibles Martyrs Josaphat Kunciewicz, Evêque polonais ruthène, Pierre Arbuès, Nicolas Pichi et ses Compagnons; aux deux glorieux Confesseurs Paul de la Croix et Léonard de Port-Maurice, et à deux illustres Vierges, Marie Françoise-des-cinq-Plaies et Germaine Cousin. Quoique enveloppés de la même infirmité et faiblesse que nous, passagers sur cette terre et exposés à beaucoup de périls et de tribulations, [...] ils ont triomphé complétement du monde et du démon le plus acharné. Par la splendeur de leur sainteté, par leurs prodigieux miracles, ils ont illustré l'Eglise catholique et nous ont laissé à imiter les plus beaux exemples de toutes les vertus (Louis-François Guérin, Sainte Germaine Cousin: sa vie, ses miracles, son culte, 1867).

Joseph (19 mars) - Le Chariot - 25 février : - 22 jours

Pour moi, il me suffit d'établir que Joseph et Jésus furent charpentiers. Quoique j'aie prouvé que Joseph ne fut pas à proprement parler serrurier, mais que lui et Jésus ont été menuisiers, je n'ai pas expliqué pourquoi il est nommé faber dans l'Évangile, et non carpentarius. 11 est nécessaire de savoir qu'en quelques pays les offices de ceux qui travaillent le bois se divisent en quatre : le premier est l'ouvrier en charrues et chariots; et parce que le chariot ferré se nomme carpenta, on donne à celui qui le lait le nom de carpentarius; le second fait les tables, les bancs, etc.; le troisième se nomme sculpteur; le quatrième enfin est architecte et travaille en même temps les poutres, planches, etc., concernant les maisons : tous sont fabri. En d'autres lieux, ces quatre offices n'ont qu'un seul nom , comme aujourd'hui dans les pays peu civilisés et sans doute alors en Palestine. Le jour, ces ouvriers vont travailler à la construction des maisons, à la tombée de la nuit, ou lorsqu'ils ne sont pas appelés au dehors, ils s'emploient en leur boutique à faire des caisses, des tables, etc. Tel était l'office de Joseph; c'est pourquoi l'Écriture le nomme faber. Et il était fort ingénieux à fabriquer toutes sortes d'ouvrages en bois (Jean-Félix-Onésime Luquet, Des excellences du glorieux Saint-Joseph, 1857).

En français on dit "charpentier".

Le père François Ribeyra, historien de sainte Thérèse d'Avila, dit que violemment jetée par terre par la roue d'un chariot, saint Joseph la secourut de telle sorte qu'elle se releva sans aucune blessure. {Lit. 3, ch. 9.) venait de lui rendre ce service. Aussi, sa dévotion pour ce grand saint fut-elle dès lors plus tendre que jamais (Bolland., 19 mars, q. 25, n° 106) (René Pieu, Vie de Saint-Joseph, l'époux de la divine Marie et le père nourricier de Jésus, 1842).

Marie de l'Assomption (15 août) - Foudre - 24 juillet : - 22 jours

Cette statue semble doubler Asmodée.

Un Mystère de la Passion fut représenté à Montferrand en Auvergne en 1477. Des sept journées qu'il comprenait, seules deux ont été conservées dans le manuscrit Paris, B.N., nouv. acq. fr. 462, publié par Graham A. Runnalls en 1982 sous le titre La Passion d'Auvergne. Comme presque tous les mystères, celui-ci présente dans une cohabitation surprenante deux types de discours : celui de l'édification des spectateurs (prières, prédications, exhortations, sermons moralisateurs, développements théologiques et mystiques, lamentations) et celui du divertissement (diableries, intermèdes musicaux, danses, jeux, tirades cruelles des bourreaux, boniments des marchands, etc.). Quant à la langue du mystère, elle se caractérise par l'emploi d'un bon nombre de termes régionaux de Basse-Auvergne (Clermont-Ferrand et ses environs).

Bien que l'existence du manuscrit de la Passion d'Auvergne soit connue depuis le XIXème siècle, surtout à cause de quelques passages en patois auvergnat, la Passion même a été très peu étudiée. Le mystère n'était apparemment pas connu de Petit de Julleville qui n'y fait aucune allusion dans son ouvrage magistral sur le théâtre religieux français publié en 1880, Les Mystères, Paris. Il connaissait les passages en patois (Vol II, 40-41), mais à l'époque où il rédigeait son ouvrage, il ignorait le reste du manuscrit. Il en fait pourtant une brève mention dans son Appendice, II, 644. La seule étude détaillée du texte fut publiée par Emile Roy en 1903-4 dans sa monographie sur les sources et le classement des Mystères de la Passion. La Passion d'Auvergne est également discutée dans Jeanroy et Teullié, Mystères Provençaux du XVème siècle, Toulouse 1893. Il subsistait du drame la deuxième et la cinquième journées. La Passion d'Harvard, plus récemment découverte, est probablement un remaniement de la première journée de la Passion d'Auvergne qui présente le baptême du Christ et la tentation au désert.

Dans la deuxième journée Sathan, Belzébuth et Asmodée se mettent en campagne, non sans avoir obtenu de Lucifer une mission officielle ou une "lettre procuratoire" (triolets fol. 6 r°). Satan se charge du roi, Belzébuth de la reine, et le lascif Asmodée de la fille qui continue toujours sa morisque au milieu d'un cercle ébahi. Le roi, transporté d'admiration, lui promet tout ce qu'elle voudra, et la jeune fille, sur le conseil d'Hérodias exige la tète de saint Jean-Baptiste.

Ces "lettres procuratoires" viennent du Procès de Bartole et du Processus Belial ; on en retrouve une dans le mystère français de l'Assomption.

L'action de la 5ème journée se termine par une scène curieuse. Notre Dame est miraculeusement élevée «in haltum», au Paradis [Assomption]. Les anges chantent la «Glorieuse Marie», et elle voit Dieu le Père et, aux Limbes, son fils. Dans la seconde de deux ballades, elle prie Dieu de protéger «tous ceulx qu'ont veu la Passion vostre fils» (4525-4588) (http://atilf.atilf.fr - La Passion d'Auvergne, Graham A. Runnalls, La Passion d'Auvergne: une édition du manuscrit nouvelle acquisition française 462 de la Bibliothèque Nationale de Paris, 1982, Emile Roy, Le mystère de la Passion du XIVème au XVIème siècle, 1974).

La foudre

Ce n'est pas tout, Messieurs, je ne puis m'arrêter en si beau chemin : saint Cirile Patriarche d'Alexandrie m'ouvre une nouvelle et si vaste carrière à la gloire de Marie, que je ne puis me dispenser d'y entrer. Ce grand saint voyant que Nestorious avait commencé de répandre ses impiétés et ses erreurs contre la Mère de Dieu, s'y opposa d'abord avec toute la fermeté de son zèle et toute la solidité de sa doctrine ; il en écrivit au pape Célestin I. Ce souverain pontife assembla en même temps le concile général à Ephèse l'an 431, et nomma saint Cirile pour y présider ; Ce fut devant cette illustre assemblée composée de deux cents prélats, que ce généreux défenseur de la divine maternité de Marie pronoça un excellent discours, dans lequel entre plusieurs belles choses qu'il dit, il avança cette parole hardie : Per Mariam tentator diabolus coelo decidit : c'est par la puissance de Marie que Lucifer a été précipité du ciel. Vous voulez bien, messieurs, que puisque ce père m'a foruni sa pensée, je lui prête aussi mes paroles pour lui donnerplus de jour. car comment se peut-il faire que la sainte Vierge ait chassé du ciel cet esprit orgueilleux ; elle qui n'est venue au monde que près de quatre mille ans après sa chute.[...] Lucifer, jaloux de l'honneur que Dieu voulait faire à la nature humaine, en l'élevant à sa divine alliance par préférence à la nature angélique, et indigné de ce commandement qui le soumettait à un homme et à une femme qui leur étaient inférieurs par les conditions de leur nature ; il se révolta contre les ordres de Dieu, il refusa de rendre hommage et adoration à cet homme Dieu, et à cette Vierge Mère, i ne voulut point reconnaître Jésus-Christ pour Souverain, ni Marie pour Souveraine, et attira par ce refus sur lui, et les autres anges rebelles le carreau de foudre qui le précipita dans les Enfers. Et c'est en ce sens que ce Père a dit : Per te Virgo diabolus de coelo decidit. [...] Ah, Messieurs, ne pourrais-je pas dire que lors que l'Eglise dans ce concile , où saint Augustin aurait assisté s'il n'eût été prévenu de la mort, condamna l'impiété de Nestorius ; et déclara que Marie n'était pas seulement Christotocon, Mère de Christ, comme voulait cet hérésiarque ; mais Theotocon, Mère de Dieu : Oui, il faut dire que le carreau de foudre que l'Eglise lança sur cet indigne patriarche de Constantinople, en condamnant son erreur, en le déposant de tout grade, dignité, et honneur ecclésiaistique, tomba encore par contre-coup sur la tête du Prince des ténèbres (Nicolas de Dijon, Octave de l'Assomption de la Sainte Vierge préchée par le R. P. Nicolas de Dijon, 1687).

Immaculée Conception (8 décembre) - Le Bateleur - 17 novembre : - 22/23 jours

Le pilier récupéré, dans l’église, lors de la démolition de l’ancienne table d’autel, est aujourd’hui à l’abri dans le musée de Rennes-le-Château. Il s’agit d’une copie, supportant une vierge "Immaculée Conception", qui se trouve dans un petit clos, à gauche, en arrivant devant l’entrée de l’église et du presbytère. Ce chapiteau est décoré de trois frises étroites à motifs géométriques différents. La partie frontale et plane comporte, gravée, la sentence bien connue dans l’affaire de Rennes-le-Château : PENITENCE ! PENITENCE ! (www.societe-perillos.com- Pénitence).

Un oratoire dédiée à l'Immaculée Conception a été érigé à Revest-du-Bion, commune contiguë à celle de Ferrassière. Le sommet du grand nonagone de Ferrassières est aux confins des deux communes. Il est aligné avec Amplepuis (17 novembre) et Farnay.

Au XIIIème siècle, le plateau était entièrement boisé. Il fut défriché par les moines bénédictins de Villeneuve-lès-Avignon [dont l'abbaye conserve la tombe de sainte Casarie] à des fins d'exploitation agricole. Plus tard la région fut ravagée par la peste et le brigandage, mais elle se repeupla néanmoins au XVIème siècle. Au XXème siècle, l'armée de l'Air implanta ses missiles nucléaires, aujourd'hui démontés, dont on voit encore les terrains clôturés non loin de la chapelle.

Bâtie au XIIIème siècle, la chapelle fut d'abord appelée "Notre-Dame-de-la-forêt-d'Albion", et fut reconstruite à la suite de l'étonnante découverte d'une statue de "Vierge noire rayonnante de lumière", dans les orties qui envahissaient ses ruines. C'est de là que vient le nom de l'Ortiguière. La statue de la Vierge noire disparut au XIXème siècle, probablement volée.

La tradition rapporte que les enfants morts-nés qui étaient présentés dans cette chapelle reprenaient vie ou bénéficiaient d'un sursis suffisant pour pouvoir être baptisés de leur vivant. Ce curieux phénomène est appelé "répit" ou "suscitation" (chapelles.provence.free.fr - Revest-du-Bion - Notre Dame de L'Ortiguière).

Le décor relativement tardif (XIIIe siècle) est d'une diversité technique et d'une richesse symbolique tout à fait remarquables. Dans ce sanctuaire à chevet plat, les nervures qui supportent la voûte (reconstruite en 1665) s'appuient sur quatre tailloirs, sommairement décorés (boules, cubes, étoiles en relief), portés par des consoles en forme de têtes d'atlantes - deux visages d'hommes carrés, burinés et rudes (2 et 4), et deux visages de femmes tout en rondeur et en finesse (1 et 3) - supportant maladroitement de leurs bras le poids d'une voûte qui les écrase. Sous les têtes, quatre petits bas-reliefs : un paysan, vu de profil, vêtu d'un bliaud, enfonçant un épieu dans la gueule d'un énorme dragon, alors qu'un loup, couché sur le dos, s'apprête à dévorer le personnage par les pieds (éternelle tentation du Mal. 1) ; une face humaine très schématisée, crispée et quelque peu diabolique, qui transparaît au travers d'une métamorphose végétale, dont elle semble vouloir se dégager non sans douleur (2) ; une fugace figure féminine, aux gestes amples et gracieux (danseuse ?), naissant d'un végétal qui pourrait être l'arbre de vie (symbole de fécondité. 3) ; enfin un énorme serpent, symbole du Mal, lové sur lui-même (4). Au total, un mélange de réalisme et d'art abstrait pour transcrire dans la pierre (calcaire fin) le passage de l'homme de la terre au ciel à travers les combats et les métamorphoses qui sont le lot de chacun (www.revestdubion.fr/).

La commune, comme toute celles du plateau d'Albion, de 1971 à 1996, vit s'installer sur son territoire des bases de lancement de missiles balistiques à charge atomique. L'Office national d'études et de recherches aérospatiales a installé le récepteur du radar GRAVES sur une des anciennes zones de lancement près du Revest. Le radar Grand réseau adapté à la veille spatiale a été mis en service le 15 décembre 2005 afin de permettre la détection des satellites espions américains et chinois. C'est actuellement le seul système de veille satellite opérationnel en Europe de l'Ouest. Seuls la Russie et les États-Unis disposent de systèmes de ce type. Il présente la particularité d'avoir le site d'émission dissocié du site de réception. Le site d'émission est situé sur l'ancienne base aérienne de Broyes-lès-Pesmes près de Broye-Aubigney-Montseugny, le site de réception est sur le plateau d'Albion, au Revest, à environ 400 km du site de réception, près de Notre-Dame-de-l'Ortiguière (fr.wikipedia.org - Revest-du-Bion).

Le bateleur

En temps que personnage, le jongleur est omniprésent dans tous les lieux et les milieux de la société médiévale : du château au village, de la route de pèlerinage au monastère, du parvis des églises aux étuves. Il est l’amuseur public par excellence, le maître du divertissement. Ce don d’ubiquité favorise a priori son rôle d’intermédiaire culturel. Edmond Faral, dans son ouvrage fondamental sur la question, inégalé à ce jour, rend compte de la panoplie et de la variété du jongleur : Un jongleur est un être multiple : c’est un musicien, un poète, un acteur, un saltimbanque ; c’est une sorte d’intendant des plaisirs attaché à la cour des rois et des princes ; c’est un vagabond qui erre sur les routes et donne des représentations dans les villages ; c’est un vielleur qui, à l’étape, chante de « geste » aux pèlerins ; c’est le charlatan qui amuse la foule aux carrefours ; c’est l’auteur et l’acteur des « jeux » qui se jouent aux jours de fête, à la sortie de l’église ; c’est le maître de danse qui fait « caroler » et baller les jeunes gens ; c’est le « taboureur », c’est le sonneur de trompe et de « buisine » qui règle la marche des processions ; c’est le conteur, le chanteur qui égaie les festins, les noces, les veillées, c’est l’écuyer qui voltige sur les chevaux ; l’acrobate qui danse sur les mains, qui jongle avec des couteaux, qui traverse des cerceaux à la course, qui mange du feu, qui se renverse et se désarticule ; le bateleur qui parade et qui mime ; le bouffon qui niaise et dit des balourdises ; le jongleur, c’est tout cela et autre chose encore.

À côté des sermons et des sommes théologiques, le jongleur est présenté sous un autre aspect dans les récits de miracles. Bien que rares à mettre en scène le jongleur, ils le traitent par les thèmes spécifiques, non pas au personnage, mais à la littérature mariale et miraculeuse : la louange à la Vierge (ou au Christ), magnifiée par la musique terrestre et céleste, le miracle proprement dit, et la conversion des mœurs. Le plus répandu de ces récits est celui composé par le prieur de l’abbaye de Soissons, Gautier de Coinci (1200-1240). Dans ses Miracles de Notre-Dame, Pierre Siglar, jongleur, part en pèlerinage à Rocamadour. Or, voulant obtenir le pardon de ses péchés, il s’inquiète de l’efficacité de sa requête, car il ne sait prier la Vierge qu’en jouant de son instrument de musique, la vièle à archet. Toutefois, la Marie entend sa demande et se manifeste à lui en faisant descendre sur sa vièle un beau cierge. Sa prière est exaucée, puisqu’après sa mort, « quant Dieu plout quant sa fin vint, à la gloire du ciel parvint », son âme entre en paradis « par la prière Nostre-Dame, dont il chantoit si volentiers », grâce à sa musique. Les moines de Rocamadour durent reconnaître son élection par la Vierge. La vièle est dans ce miracle très clairement identifiée à la prière du jongleur, elle est le lien visible entre la terre et le ciel, sa figuration symbolise visuellement et acoustiquement le chant de louange à la Vierge. Écrit vers 1268, le texte du miracle du Tombeur de Notre-Dame insiste, quant à lui, davantage sur la conversion des mœurs 40. Le jongleur fait le récit de sa vie débauchée à laquelle il renonce pour entrer à l’abbaye de Clairvaux. Opposant sa vie mouvementée et ses paroles désordonnées au silence du monastère, il déplore lui aussi de ne savoir prier autrement qu’avec sa vièle et en dansant devant l’autel de la Vierge. Elle l’exauce, lui pardonne ses péchés, son âme est sauvée, les anges l’emmènent au ciel en chantant

Le Jongleur de Notre-Dame est un « miracle » lyrique en trois actes de Jules Massenet, sur un livret de Maurice Léna, créé le 18 février 1902 à l'Opéra de Monte-Carlo, puis repris à l'Opéra-Comique de Paris le 10 mai 1904 (fr.wikipedia.org - Le Jongleur de Notre-Dame).

Le fondateur de l’ordre franciscain assimile ses frères et lui-même aux jongleurs : « Nous sommes les jongleurs de Dieu ; (…) c’est pourquoi ils [les jongleurs] sont les serviteurs de Dieu, si ce n’est que certains de ces jongleurs tendent les hommes comme une corde et les poussent à la joie spirituelle. » Saint François établit un parallèle entre les activités vocales et musicales du jongleur et celles des franciscains. Les raisons de ce rapprochement sont fondées sur le corps et les gestes des jongleurs, dont l’usage est pourtant condamné chez les moralistes. Or, en se définissant comme un « jongleur de Dieu », saint François voit dans ces mouvements corporels les gestes utiles à la prière et à la prédication : « Il ne chante pas seulement en français, mais accompagné avec les gestes et les sons à la manière des jongleurs. »

Dominicains et francsicains s'affrontaient sur la question de l'Immaculée Conception. Les dominicains s'y opposaient en suivant la position thomiste. Le pape franciscain Sixte IV essaya d’abord de soumettre les deux partis à l’arbitrage de la curie en convoquant le dominicain Vincent Bandelli de Castronovo, futur Maître général de l’ordre en 1501-1506, et le Maître général des Frères Mineurs, Franciscus Insuber, au commencement de l’an 1476 à Rome. Immédiatement après cette rencontre, le protonotaire apostolique Léonard Nogarol demandait au pape sous forme d’une supplique la confirmation de son office et de sa messe en l’honneur de la Vierge immaculée, ce que Sixte IV allait faire le 27 février 1476 avec la constitution Cum praeexcelsa23. À partir de ce moment la fête de la conception jouissait d’une approbation officielle de l’Église universelle et n’avait plus besoin de l’approbation du concile de Bâle considérée comme illégitime, puisque celui-ci avait été délocalisé à Ferrare pour s'être opposé à l'autorité du pape (Martina Wehrli-Johns, L’Immaculée Conception après le concile de Bâle dans les provinces dominicaines et franciscaines de Teutonie et de Saxe : débats et iconographie, 2012, Martine Clouzot, Un intermédiaire culturel au XIIIème siècle : le jongleur, 2008).

Barbe (4 décembre) à Roch (16 août) - La Papesse - 110 jours : 5 x 22

Quant à saint Roch, dans les églises, il est très souvent en compagnie de sainte Barbe sans que l'on en connaisse la raison ! (vivrevouivre.over-blog.com).

La peste et la foudre sont rapprochés par les différentes représentation de la carte XVI du Tarot : Maison Dieu (nom d'un hôpital pour pestiférés) du Tarot de Marseille, Foudre du Tarot de Paris et Sagitta du Tarot Visconti (flèche d'Apollon symbolisant la peste).

À partir de leur supposée fondation au XIIIème siècle, les chapellenies de Sainte-Barbe et Saint-Sébastien se seraient maintenues durant trois siècles sans connaître de remise en cause de leur existence, jusqu’à ce que le statut particulier de la chapelle Sainte-Barbe fasse l’objet d’une première contestation au xvie siècle. En 1549, le titulaire de la chapelle Saint-Sébastien réclame ainsi le partage des revenus que le chapelain de Sainte-Barbe reçoit des officiers de cour pour accomplissement de son service, en utilisant comme argument la relative similarité de leurs attributions à la Cour.

Mais le jugement du grand aumônier met en valeur la similarité de privilèges dont bénéficient le chapelain de Sainte-Barbe et les ecclésiastiques directement attachés à la Chapelle royale. Le rappel de cette parenté institutionnelle est d’autant plus surprenant qu’il survient moins de cinq ans après la création des aumôniers de Saint-Roch, institués par François Ier en 1545, précisément dans un contexte d’épidémie de peste8. Également intitulés « aumôniers du commun », ces ecclésiastiques, s’ils relèvent bien du personnel de la Chapelle royale, ont pour charge principale la célébration liturgique devant les domestiques des maisons royales. Cette affectation rejoint pour une part certaine les missions précédemment attribuées aux chapelains de Saint-Sébastien et Sainte-Barbe, chapelains curiaux plutôt que royaux, chargés de la célébration du rite devant la suite de la Cour, c’est-à-dire devant la domesticité du roi. Malgré cette parenté d’attributions, les titulaires de Saint-Roch ne semblent pas être entrés en conflit avec ceux de Sainte-Barbe. Cette entente pacifique repose notamment sur l’évolution des attributions du chapelain de Sainte-Barbe au XVIIème siècle.

Au XVIIème siècle, la chapelle Saint-Sébastien disparaît : les épidémies de peste étant de moins en moins fréquentes et de moins en moins virulentes, une chapelle consacrée au salut des pestiférés de la Cour ne semble plus nécessaire. Les revenus de la chapelle Saint-Sébastien sont néanmoins maintenus, et transférés au profit de la chapelle Sainte-Barbe. Cette dernière se maintient en effet, bien que son fonctionnement connaisse quelques modifications (Éléonore Alquier, De la Cour à la Ville : la chapelle curiale Sainte-Barbe (xvie-xviiie siècle)).

La seule papesse trouvée est une prostituée que fréquenta Jean-Jacques Rousseau :

J'ai dit que le ministre Klupffell [ministre et chapelain du prince de Saxe-Gotha] était aimable : mes liaisons avec lui n'étaient guère moins étroites qu'avec Grimm, et devinrent aussi familières; ils mangeaient quelquefois chez moi. Ces repas, un peu plus que simples, étaient égayés par les fines et folles polissonneries de Klupffell, et par les plaisants germanismes de Grimm, qui n'était pas encore devenu puriste. La sensualité ne présidait pas à nos petites orgies; mais la joie y suppléait, et nous nous trouvions si bien ensemble, que nous ne pouvions plus nous quitter. Klupffell avait mis dans ses meubles une petite fille, qui ne laissait pas d'être à tout le monde, parce qu'il ne pouvait l'entretenir à lui seul. Un soir, en entrant au café, nous le trouvâmes qui en sortait pour aller souper avec elle. Nous le raillâmes: il s'en vengea galamment en nous mettant du même souper, et puis nous raillant à son tour. Cette pauvre créature me parut d'un assez bon naturel, très-douce et peu faite à son métier, auquel une sorcière qu'elle avait avec elle la stylait de son mieux. Les propos et le vin nous égayèrent au point que nous nous oubliâmes. Le bon Klupffell ne voulut pas faire ses honneurs à demi, et nous passâmes tous trois successivement dans la chambre voisine avec la pauvre petite, qui ne savait si elle devait rire ou pleurer. Grimm a toujours affirmé qu'il ne l'avait pas touchée : c'était donc pour s'amuser à nous impatienter qu'il resta si longtemps avec elle; et s'il s'en abstint, il est peu probable que ce fût par scrupule, puisque, avant d'entrer chez le comte de Frièse, il logeait chez des filles au même quartier Saint-Roch. Je sortis de la rue des Moineaux, où logeait cette fille, aussi honteux que Saint-Preux sortit de la maison où on l'avait enivré, et je me rappelai bien mon histoire en écrivant la sienne. Thérèse s'aperçut A quelque signe, et surtout à mon air confus, que j'avais quelque reproche à me faire ; j'en allégeai le poids par ma franche et prompte confession. [...] Nous donnâmes à la fille de la rue des Moineaux le nom de papesse Jeanne. C'étaient des rires inextinguibles; nous étouffions. Ceux qui, dans une lettre qu'il leur a plu m'attribuer, m'ont fait dire que je n'avais ri que deux fois en ma vie, ne m'ont pas connu dans ce temps-là ni dans ma jeunesse; car assurément cette idée n'aurait jamais pu leur venir (Jean-Jacques Rousseau, Confessions, 1846).

La Rue des Moineaux commençait au carrefour rue des Moulins, rue des Orties-Saint-Honoré, rue L'Évêque et se terminait rue Saint-Roch. En 1561 elle portait déjà ce nom. Elle était parfois appelée rue Monceau car elle conduisait au montceau des Moulins (fr.wikipedia.org - Avenue de l'Opéra).

Baptême de Jésus - L'Empereur - 6 janvier

On ne sait si vers la fin du quatrième siècle ou solennisait cette fête dans l'île de Chypre le 6 de novembre; mais saint Euiphane soutenait que Jésus avait été baptisé ce jour-là. Saint Clément d'Alexandrie nous apprend que les basilidiens fesaient cette fêle le 15 de tybi, pendant que d'autres la mettaient au 11 du même mois, c'est-à-dire, les uns au 10 de janvier, et les autres au 6 : cette dernière opinion est celle que l'on suit encore. A l'égard de sa naissance, comme on n'en savait précisément ni le jour, ni le mois, ni l'année, elle n'était point fêtée (Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1838).

Antoine de Padoue (13 juin) à l'octave - Tempérance - 21 juin : + 16 x 22 (22,3) jours

L'installation de la statue de L'Immaculée Conception sur le pilier wisigothique se fait le 21 juin 1891, jour de la Saint-Laurent de Gonzague.

Voici en quels termes un des principaux écrivains de sa vie énumère les vertus dont Antoine de Padoue donnait alors l'exemple:

« Il aurait vivement désiré occuper la place de son Sauveur attaché à la croix, et celle de son prochain quand il le voyait affligé et indigent. Il faisait marcher de front, dans son esprit et dans son cœur, l'obéissance aux lois de sa patrie et aux commandements de ses parents, les sentiments de révérence envers les évêques et les prêtres, la soumission à ses maîtres, le respect pour les vieillards, l'amour de la pureté, de la retraite, de l'humilité, de la souffrance, de la douceur, de la charité, de la tempérance, des jeûnes, de l'abstinence, et l'horreur du mensonge même joyeux. Il ne riait jamais aux éclats, il ne proférait aucune parole inutile ; il était l'ennemi déclaré de la vanité, des jeux bruyants, du faste, de la vengeance, des haines, des murmures, des jugements téméraires Quel devait donc être ce soleil annoncé par une si brillante aurore ? » (Lelio Mancini Poliziano, Relazioni di S. Antonio di Pudova; Padova, 1654, p. 6.) (Jean-Augustin Guyard, Saint Antoine de Padoue, sa vie, ses oeuvres et son temps, 1868).

Les initiales des statues de Germaine, Roch, Antoine, Marie-Madeleine et Antoine (de Padoue) composent l'accrostiche : GRAMMA : gramma, c'est la lettre, comme lorsque d'un enfant on dit qu'il forme bien ses lettres. C'est donc l'écriture, mais en tant qu'inscription (François Fédier, Interprétations, 1985).

La ligne et la lettre se disent de la même façon en latin : Gramma, ae : nom féminin. Gramma est la ligne, en tant que terme de géométrie, et également la lettre, le caractère d'alphabet. Gramma, la ligne, c'est le dessin et la lettre étant Fécriture, Gramma est le sens dessiné 2 deux choses en seul mot (Gisèle Grammare, L'auréole de la peinture, 2004).

Jacob - L'Impératrice - 20 décembre

En 1892, Béranger Saunière achève le porche qu’il fait surmonter d’un texte qui aggrave son cas, en quelque sorte : «Ce lieu est terrible», parole de Jacob après son songe (Génèse, 28,17) (chroniques.pagesperso-orange.fr).

L'impératrice serait sainte Hélène, mère de Constantin Ier.

Ascalon, quoique peu de chose maintenant, subsiste encore : c'est la patrie de Sémiramis} et elle était renommée par ses bons vins, ses pigeons et ses oignons, qui de son nom, dit-on, ont été appelés échalottes. Hébron, l'une des plus anciennes villes de l'univers, est encore un fort village à environ huit lieues de Jérusalem. Abraham y demeura ; il y fut inhumé dans la caverne de Macphala, avec sa femme, son fils Isaac et son petit-fils Jacob. David y fut élu roi. Saint Hélène y a fait bâtir un tombeau du patriarche, un magmfique temple, que les mahométans ont converti en mosquée. Les Arabes appellent ce pays Elkahill, c'est-à-dire demeure de l'ami de Dieu; c'est le nom qu'ils donnent à Abraham (Pierre Blanchard, Le voyageur de la jeunesse dans les quatre parties du monde, Volume 3, 1818).

La Tradition juive, lors des lectures de la Fête de la Pâque, rapproche ces trois ruminants des trois Patriarches fondateurs : Abraham, Isaac et Jacob. Ces derniers sont maintes fois cités ensemble, dans cet ordre, en l'Ancienne et en la Nouvelle Alliance (Ex. 3,15, Le. 20,37...). L'Eglise d'Orient les fête d'ailleurs le même jour, le 20 Décembre. "Le Taureau, en premier, doit rappeler l'Ancien d'Orient parfaitement pur (= Abraham)" qui offrit un veau, d'après la Gn. (18,8), ainsi que du lait et du fromage. L'Agneau, en second lieu, doit "rappeler le mérite du Juste (= Isaac) qui se lia lui-même sur l'autel et tendit son cou pour le Nom de Y H W H". C'est alors, dit le Livre de la Genèse (22,13) qu'un bélier fut pris à sa place pour le sacrifice. Enfin, le Chevreau, en troisième lieu, doit "rappeler le mérite du Parfait (= Jacob) qui revêtit des peaux de chevreaux et prépara des mets qu'il apporta à son père; il fit manger à son père de ses mets, il lui fit boire du vin et il mérita de recevoir la série des bénédictions d'Isaac, son père, et de susciter douze tribus saintes pour ton Nom (Jean-Marie Mathieu, Les bergers du soleil: l'or peul, 1988).

L'antienne de Noël du 20 décembre : O clavis David (Ô clé de David) fait allusion à Jacob.

O Clavis David, et sceptrum domus Israel ; qui aperis, et nemo claudit ; claudis, et nemo aperit : veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris et umbra mortis.

O Clef de la cité de David, sceptre du royaume d'Israël, vous ouvrez, et personne alors ne peut fermer ; vous fermez, et personne ne peut ouvrir ; venez, faites sortir du cachot le prisonnier établi dans les ténèbres et la nuit de la mort »

Les grandes antiennes « Ô » sont chantées avant et après le Magnificat, aux Vêpres dans la semaine précédant Noël. On les appelle ainsi car elles commencent par « Ô ». On les nomme familièrement : « Grandes Ô », , « Antiennes Ô » ou juste « Ô , de Noël ». Elles s'adressent au Christ qui va naître, et comme toutes les antiennes anciennes, contiennent de nombreuses références bibliques et allusions au Nouveau et à l'Ancien Testament. En grégorien, elles sont toutes dans le même mode, le deuxième mode. Attente de Dieu, elles se terminent 23 décembre, veille de la fête de Noël célébrant la naissance de Jésus-Christ pour tous les chrétiens. Elles associent l'invocation du Messie (« Ô … ») avec la prière pour sa venue (introduite par : veni, « viens ») et s'appuient sur les textes de l'Ancien Testament (notamment sur le livre d'Isaïe). Chaque antienne reprend une prophétie d'Isaïe et chacune est un titre du Messie attendu. L'initiale du premier mot de ces sept antiennes de la dernière à la première donne en inversé, en latin l'acrostiche ERO CRAS : « Demain je serai là » présent dans l'Office de la Nuit de Noël (fr.wikipedia.org - Grandes antiennes "Ô" de l'Avent).

Balaam avait prophétisé mille cinq cents ans plus tôt, “Je le vois, mais non maintenant, Je le contemple, mais non de près. Un astre sort de Jacob, Un sceptre s’élève d’Israël." (Nombres 24:17). Ce scèptre est astronomiquement le bâton de Jacob, les Rois Mages, le Baudrier d'Orion (ccnicemeditations.blogspot.fr).

Sarah - Le Pendu - 19 mai

Pour un israélite, la galerie des ancêtres commence avec Abraham et Sara. Or «Sara était stérile ; elle dit à Abram : Va donc vers ma servante, peut-être que par elle j'aurai un fils» [Gn 16, 2]. Mais ensuite Sara est également enceinte. Ainsi naquirent Ismaël, l'aîné, fils de la servante, et Isaac, le plus jeune, fils de la femme libre. Dès l'épître aux Galates, Paul développe l'allégorie (allègorouména) des deux femmes d'Abraham «qui sont les deux alliances» [Ga 4, 24]. Agar, l'esclave, correspond à la Jérusalem actuelle (les juifs), Sara, la femme libre, à la Jérusalem d'en haut (les chrétiens). Ambroise écrit : «Ce qui est dit de Sara concerne l'Eglise... Agar, sa servante, est la Synagogue» (Traités sur l'Ancien Testament). Hilaire : «Sara est le type de l'Eglise, Agar de la Synagogue» (Traité des mystères, 17. SC n° 19). Pendant des siècles, jusqu'à la fin du Moyen-Age, l'iconographie chrétienne représentera inlassablement ces deux femmes, en particulier aux porches des cathédrales gothiques (Entre autres à Paris, Reims, Strasbourg, Naumburg et Bamberg) : à gauche du Christ en gloire, une femme avec les yeux bandés, la hampe de son étendard brisée, les tables de la Loi lui échappant des mains. A droite une femme couronnée, avec différents attributs : calice, épée, étendard... Paul écrit aux Galates : «Abraham eut deux fils... De même que celui qui était né de la chair (Ismaël) persécutait celui qui était né selon l'esprit (Isaac), ainsi en est-il maintenant» [Ga 4, 29]. Paul emprunte à la littérature rabbinique cette histoire d'enfants qui se disputent. Mais surtout, la réalité, à savoir la situation des chrétiens de Galatie vers l'an 57, se projette sur la figure, sur l'image prophétique : Ismaël persécute Isaac. Impressionnant témoignage historique transmis au travers d'une exégèse qui, au nom du sens spirituel, compte comme postérité d'Ismaël non pas les arabes, mais les juifs ! (home.scarlet.be).

Le pendu peut être un juif faisant le signe de croix à l'envers. Au Moyen Âge, les exécutions capitales contre les juifs étaient particulièrement brutales. Ils étaient pendus par les pieds et on lâchait les chiens contre eux. On trouve une description de ces supplices dans les Annales et Chroniques de Colmar (1296). Des illustrations en sont montrées dans le poème de Thomas Murner Entehrung Maria (1515). Un exemple d'exécution de ce type répond à la profanation d'une image de la Vierge à Cambron en Belgique (Kabbalisatioon du Tarotr : Bateleur et Pendu).

Flour (Florus) - Le Mat - 1er novembre

Au-dessus des fonts baptismaux se trouve une croix tréflée rouge peinte et entortillée d'une plante à fleurs blanches qui est un lis.

Flour désigne en provençal la couleur de trèfle au jeu de carte (Simon-Jules Honnorat, Dictionnaire provençal-français, ou Dictionnaire de langue d'oc ancienne et moderne, 1846).

Saint Flour évoque encore le nom provençal de la fleur qui donne Flour de Lis pour fleur de lis. Entortillé autour de la croix trèflée, c'est un lis blanc, lis commun, à cinq pétales. Les armoiries de la ville de Saint-Flour sont semés de fleurs de lis.

Une pièce manuscrite, intitulée: Amusemens pour le roi Philippes qui ores règne, c'est Philippe V, le Long, pièce attribuée à Godefroi ou Geoffroi de Paris, poëte des premières années du XIVème siècle, parce qu'elle se trouve dans un recueil d'autres pièces de lui , dit :

Rois, la flour de lis esmérée (naturelle) / Blanche est comme la noif neigée, / Mès en la teue a dorement (Jean Rey, Histoire du drapeau, des couleurs et des insignes de la Monarchie française, précédée de l'histoire des enseignes militaires chez les anciens, Volume 2, 1837).

Ajoutons que le lis a cinq pétales, et qu'en général lorsqu'on le dessine comme fleur, on le représente ainsi en blazon (Adalbert de Beaumont, Recherches sur l'origine du blason et en particulier sur la Fleur de Lis, 1853).

Ce lis blanc est aussi le "lis baptismal" dont parle le poème de décembre 1830 de Paul Reynier (1832-1856) :

Il est tant ici-bas d'enfants infortunés / Qui du lis baptismal ne sont plus couronnés, / Dont les cœurs, sanctuaire où Dieu daigna descendre, / Sont des tombeaux remplis de vices et de cendre ! (Paul Reynier, Œuvres choisies, 1856).

Another variation of the legend says a lily appeared at Clovis' baptismal ceremony as a gift of blessing from an apparition of the Blessed Virgin Mary, who is often associated with the flower (en.wikipedia.org - Fleur de lis).

Rouziers était, avant 1789, de la Haute-Auvergne, du diocèse de Saint-Flour, de l'élection et de la subdélégation d'Aurillac, aujourd'hui encore.

Croix tréflée entortillée d'un lis blanc au-dessus des fonts baptismaux de l'église de Rennes-le-Château

Jean Marie François Lamouroux (Murat, 25 février 1834, 12 juillet 1906) fut élevé, le 2 avril 1892, par un décret du président de la République au siège épiscopal de Saint-Flour. Il est préconisé le 11 juillet et sacré le 29 septembre de la même année. Atteint depuis longtemps d'une cruelle maladie, il venait de donner sa démission, quand il mourut, le 12 juillet 1906, la veille de la nomination de son successeur, Monseigneur Lecœur.

Son blason est "De sinople à la croix alaisée et tréflée d'or, chargé d'or, chargé d'un cœur de gueules enflammé de même (image du Sacré Cœur), surmonté d'une croix de sable, adextré au 1er canton d'une étoile d'argent, chargée du chiffre de la Vierge de sable (souvenir de son prédécesseur de même nom)." (Joël Fouilheron, La cathédrale de Saint-Flour, avant-propos par Georges Pompidou, 1966).

Devises : per ipsum et cum ipso (Rom. XI, 36) et Auspice Maria en souvenir de la Vierge de Murat, où il naquit, vénérée sous le nom de Notre-Dame-des-Oliviers.

Dans la liturgie catholique, le Canon de la messe se termine par la doxologie : « Per ipsum et cum ipso et in ipso... » qui semble inspirée d'un passage de l'Epître de saint Paul aux Romains : Quoniam ex ipso, et per ipsum, et in ipso sunt omnia : Ipsi gloria in saecula. Amen. (Rom. XI, 36.) Lemaistre de Sacy a rendu tous ces ipse par des anaphoriques : Tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui ; à lui soit gloire dans tous les siècles ! Amen. (Sacy.) (Gabriel Spillebout, 1968, Le vocabulaire biblique dans les tragédies sacrées de Racine, 1968).

A gauche, Edouard Onslow (1830 - 1904), Mgr Lamouroux - archives.cantal.fr

Sa seconde devise Auspice Mariae est symbolisée par un A M entrelacé que l'on retrouve à Rennes-le-Château sur le socle du pilier wisigothique qui supporte l'Immaculée Conception :

On trouve ses armes dans l'église de Saint-Jacques-des-Blats, dans le vitrail du baptème du Christ (don de François Marie Desprats), datée du deuxième quart du XXème siècle (1925-1933) (www.culture.gouv.fr - Saint-Jacques-des-Blats).

Dans le cimetière, tout près de la Croix de 1667, une tombe est bien étrange : La famille Davines était une riche famille de Saint-Jacques-des-Blats, affiliée au Comte du Caldaguès. Elle avait au XIXème siècle, été introduite dans les sociétés parisiennes. C'est certainement la raison pour laquelle, sur leur tombe saint-jacquoise, une croix est gravée à l'envers ainsi que le "N" de Davines... tout comme les signatures du peintre Signol à Saint-Sulpice à Paris (fr.geneawiki.com - Saint-Jacques-des-Blats).

La croix tréflée se réclame d'une longue tradition puisqu'on la voit, parfois, sur le costume de moines-chevaliers. Au XVIIème siècle, elle retrouve une nouvelle vogue : Croix de Mozat (Lezoux), Varenne-sur-Morge, Chatel-Guyon (Puy-de-Dôme). Aucun monument ne présente l'originalité de la croix de la Chaumette à St-Flour. Le trèfle y est constitué par trois disques qui remplacent les bras de la croix. Une inspiration semblable se rencontre sur une monstrance de saint François au musée du Louvre (v. 1228), qui dessine un quadrilobe. C'est donc au XIIIe s. que peut être rapportée la croix de la Chaumette. La présence de 7 fleurs de lys en relief augmente encore l'intérêt de ce monument qui révèle, une fois de plus, l'influence des Chevaliers : La Chaumette était une dépendance de la commanderie des Hospitaliers de Montchamp. A Vixe et à Cros de Ronesque se trouvent aussi des croix tréflées (Jacques Baudoin, Les croix du Massif Central, 2000).

Montchamp est un sommet de la Rose kabbalistique.

Croix rouge

Les templiers portant croix rouge possédaient à Saint-Flour une chapelle dédiée à Saint-Thomas ainsi qu'une maladrerie. La "croix de résurrection" est aussi généralement de gueules.

Un trèfle à fleur rouge, le trifolium alpestre, a ses racines vicaces; ses tiges droites, peu rameuses, hautes d'un à 2 pieds; ses folioles ovales, allongées; ses fleurs rouges, disposées en tête globuleuse de plus d'un pouce de diamètre. Il croît naturellement dans les Basses-Alpes, dans les Pyrénées, et il est des pâturages dans les montagnes du Cantal, dont il compose tout le gazon. J'ignore si on a fait des tentatives pour le soumettre à la culture; mais ce que j'ai dit du trèfle rouge lui est complètement applicable (André Thouin, Société royale et centrale d'agriculture, Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique, 1823).

Mat, pèlerin, gueux...

Dans les années 1970, lorsque commença le balisage du chemin du Puy, l’une des tâches des responsables fut de convaincre les habitants que le mot « pèlerin » n’était pas synonyme de « gueux » dont il faut se méfier. Cette méfiance remontait aux XVIIe et XVIIIe siècle, au temps où la misère ambiante, les guerres, la peur de la conscription poussaient des jeunes hommes à s’expatrier sous prétexte de pèlerinage. Partout régnait la méfiance à la vue d’un pèlerin. Par exemple, ce jeune bourguignon de Ciry, Claude Boisselet, arrêté à Saint-Flour en 1755, sans papiers et porteur d’une marque d’infamie prouvant qu’il avait déjà été aux galères du Roy, condamné pour faux-saunage, qui cherchait maintenant à gagner sa vie en vendant des ciseaux sur les routes de pèlerinage. Au demeurant, un bon garçon, ce dont témoigne le curé de sa paroisse. Mais la punition était conforme aux désirs du roi : les galères à perpétuité pour les pèlerins démunis des autorisations nécessaires (G. Roux, « Un pèlerin Bourguignon incarcéré à Saint-Flour », Revue de la Haute-Auvergne, janv. mars 1946, p.153-157) (www.saint-jacques.info - Saint Flour, Annales de Bourgogne, Volumes 25 à 26, 1953, Denise Péricard-Méa, Les routes de Compostelle, 2002).