Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Dalle verticale de Marie de Nègre : sur la carte de l’Aude   
DALLE VERTICALE MARIE NEGRE ABLES HAUTPOUL BLANCHEFORT TRIANGLE AUDE SAINT SULPICE

Projection de la dalle de Marie de Nègre sur la carte du département de l'Aude

En s'appuyant sur le parallélisme de la ligne de vie de la Croix d'Huriel et de la ligne gnostique, ainsi que sur la définition du carré à partir du Sceau de Palaja, on dispose la dalle de manière à ce que le côté "corps" ("ANTE" - "CATIN") se superpose au côté PS PRAECUM - SIS du Sceau de Palaja, un des côtés du carré (La Croix d’Huriel et la Ligne gnostique : Ligne de vie et Ligne gnostique : parallèles, La Croix d’Huriel et la Ligne gnostique : Le Chariot).

La ligne gnostique passe donc par l'angle droit du triangle rectangle et isocèle de la dalle qui a été mis en rapport avec la connaissance (noétique et sensitive) : gnose/connaissance.

Le corps c'est Dieu, aussi le côté "corps" du triangle s'inscrit dans la ligne gnostique ou symbole de la vie de l'âme en Dieu. Le corps humain terrestre est ainsi une projection de Dieu, "à son image" (La Croix d’Huriel, ses anges et les humeurs : Au nom du Père, du Fils et du saint Esprit, Amen).

La constellation de la Grande Ourse est entièrement à l'intérieur des limites de la dalle verticale de Marie de Nègre.

La lettre "P" de "SEPT"

"P" de "SEPT" est sous l'étoile Alioth, étoile de la Grande Ourse placée à Villefloure.

e Epsilon Ursae Majoris : Alioth variable - "Alioth" (al-'ayyüq) = "la queue grasse". On appelle aussi cette étoile "le cheval noir", noir dans la nuit tachée d'encre, attaché au timon du char. Comme le pensait Alphonse Daudet : "Le char des âmes" ? (Autour de Rennes le Château : Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse).

Saint Paul était un pharisien de Jérusalem, nommé Saul, qui persécutait les chrétiens ; il eut même quelques responsabilités dans la mort de saint Etienne. Chargé par le Grand Prêtre d'aller à Damas pour y rechercher les chrétiens, il fait partie d'un long cortège qui vient de la gauche et qui sur la droite se retourne vers Damas qu'il atteint déjà. Saul fut frappé par une lumière venue des cieux et accompagnée des paroles : "Pourquoi me persécutes-tu ? " Son cheval, un beau bai noir, s'écroule alors sous lui dans une posture curieuse. On a pensé que ce cheval effondré pouvait être inspiré d'un dessin contenu dans un recueil, conservé au British Museum, de Giovanni Bellini, sans se demander comment Fouquet avait pu avoir accès à un document si intime ; on s'est rendu compte, par ailleurs, que cette attitude était un poncif dérivé d'un sarcophage romain de Pise dont on a retrouvé des imitations dès le XIIIe siècle. En médaillon, les trois têtes de la Trinité émettent les paroles : "Saule, Saule, quid me persequeris ?" Il en émane un rayon de lumière qui vient terrasser Paul, écrasé à terre sur son cheval. L'étude de ce cheval fait penser à ces coursiers de Paolo Uccello réduits à des proportions géométriques. Le cheval, qui joue un rôle énorme dans la civilisation de cette époque, va trouver sa glorification par l'art au XVIe siècle. Le paysage est fort aimable. Sous le panonceau, l'artiste a fait figurer pour tenir les écussons d'Etienne Chevalier quatre femmes sauvages. C'est au cours du XVe siècle que s'est répandu comme élément héraldique ce thème de l'homme sauvage, apparu auparavant comme déguisement. En 1393, lors de fêtes données pour le mariage d'une dame d'honneur de la reine Isabeau de Bavière, cinq damoiseaux s'étaient revêtus de maillots enduits de poix pour agripper des poils d'ours. Il y eut un incendie et ils se transformèrent en torches vivantes ; le roi Charles VI ne dut son salut qu'à la présence d'esprit de la duchesse de Berry qui jeta sa robe sur lui (bal des Ardents); à la fin du siècle, l'homme sauvage devint même un motif architectural, au moment de la végétalisation de l'architecture gothique (Germain Bazin, Jean Fouquet: le Livre d'heures d'Etienne Chevalier, Musée Condé, 1990 - books.google.fr).

Jean Fouquet (vers 1420 - vers 1475), Saint Paul sur le chemin de Damas, Livre d'heures d'Etienne Chevalier (vers 1455) - (www.mascoo.com

Le P de "SEPT" correspond à l'étoile Alioth sur le plan inversé de l'église Saint Sulpice de Paris projeté sur la carte du département de l'Aude. Il est situé à la place de saint Pierre dans le choeur (à gauche à l'entrée du choeur dans la réalité donc à droite sur le plan inversé).

La Grande Ourse est redéfinie comme barque de saint Pierre par Julius Schiller en 1627. C'était déjà une image de l'Eglise chez Dante.

L'étoile Alioth est la plus brillante de la constellation et peut être l'image de Pierre, pilote de la barque, chef de l'Eglise de Rome.

Alors que l'astronome allemand Johann Bayer, en 1603, à Augsbourg, en Allemagne, travaillait au premier système moderne de désignation des étoiles, Julius Schiller, avocat dans la même ville, par son "Coelum stellatum Christianum" ("Les cieux étoilés chrétiens"), s'efforça, en ce début de XVIIème siècle, de remplacer les constellations païennes par des constellations chrétiennes. Bayer lui-même prit part au projet. Il est probable que ce projet ait été lié à la Contre-Réforme, ce mouvement qui visait à lutter contre le protestantisme et les tendances paganistes de la Renaissance. Ce travail, par ailleurs, mit en pratique une nouvelle technique de gravure inventée peu de temps auparavant en Italie: l'ombrage étant produit par un épaississement de la ligne gravée. Le travail de Schiller fut vraisemblablement aussi le premier à figurer les étoiles telles que vues de la Terre alors que la plupart des atlas célestes jusque là les avaient montrées telles que placées sur le globe céleste et vues, donc, de l'extérieur. Schiller utilisa les chiffres arabes pour désigner les étoiles alors que Bayer utilisaient des lettres grecques. Mais le travail de Schiller, qui aboutit à quelque 50 constellations et fut publié à Augsbourg en 1627, ne prit jamais et le mouvement vers une description astronomique des cieux continua sur la route de la modernité et de la science. Les principales caractéristiques du Coelum stellatum Christianum peuvent se résumer comme suit: les douze constellations du zodiaque, d'une façon générale, d'abord, furent renommées selon les douze apôtres (ainsi, par exemple, le Taureau devint St André, le Bélier St Pierre ou le Sagittaire St Matthieu). Les constellations de l'hémisphère nord référaient à des personnages du Nouveau Testament et celles de l'hémisphère sud à des personnages de l'Ancien Testament. Même les planètes, le Soleil et la Lune furent remplacés par des personnages bibliques. Pour ce qui est des constellations, St Michel remplaça la Petite Ourse et la barque de St Pierre remplaça la Grande Ourse; l'Eridan cèda la place à la Mer Rouge et le bateau des Argonautes à l'arche de Noë. La constellation d'Hercule fut remplacée par celle des Rois Mages ou Ste Hélène et la Sainte-Croix prirent la place du Cygne. St Raphaël, l'archange, s'installa dans les parages du pôle céleste sud alors que le Loup fut remplacé par Jacob. Marie-Madeleine prit la place de Cassiopée, St Paul remplaça Persée; Orion devint St Joseph, le Grand Chien le roi David et le Petit Chien l'Agneau pascal (G. Guichard, Un essai du XVIIème siècle de christianisaton du ciel nocturne, 2014 - stars5.6te.net, de.wikipedia.org - Julius Schiller).

Battu par les Franks à la bataille de Châlons, le roi des Huns se rejette sur l'Italie, en disant que partout où son cheval foule la terre, la végétation même doit disparaître. Qui arrêtera le fléau de Dieu ? Ce sera le vicaire du Christ. Saint Léon-le-Grand, digne du nom que lui donnèrent ses contemporains, s'avance à la rencontre du roi barbare jusque sur les bords du Mincio, entre Mantoue et Peschiera. Attila presse les flancs d'un fougueux cheval noir, marqué de taches blanches; le Pape, monté sur un paisible coursier blanc, est précédé de son crocifero et de son mazziere, comme s'il faisait une pacifique procession. Que se passa-t-il dans cette étrange entrevue ? Attila raconta plus tard, dit son historien, qu'il avait aperçu aux côtés de Léon deux hommes armés d'épées flamboyantes, qui le menacèrent de le tuer s'il n'obéissait pas à la voix du Pontife. C'étaient les saints apôtres Pierre et Paul (Edmond Lafond, Rome: lettres d'un pèlerin, 1864 - books.google.fr).

L’épisode aurait eu lieu près de la ville de Mantoue ou de Ravenne, dans un lieu appelé par Jornandès Acroventus Mamboleius, en juillet 452, dans l'octave de la fête de Pierre et Paul, mais il a été représenté par Raphaël dans les environs de Rome comme en témoigne l'arrière-plan où on voit une représentation du Colisée, d'un aqueduc, d'une basilique et d'un obélisque (fr.wikipedia.org - La Rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila, Henri Crouzet, Essai géographique et historique sur la bataille catalaunique, 21 juin 451, 1861 - books.google.fr, Alban Butler, Florilegio di vite de'Santi con note istoriche e critiche, e secate in Italiano sulla libera versione francese, Volumes 1 à 2, 1834 - books.google.fr).

Bouchardon (1698-1762) et ses élèves, Saint Pierre et le coq du Reniement, Saint Sulpice - www.wikiphidias.fr

Il y avait un fief de saint Rome à Ladern au sud de Villefloure.

La repentance de saint Pierre a été rattachée au psaume 42 (La Croix d’Huriel et pierres noires : Saint Sulpice, Ecosse et pierre noire 2).

Le psaume 50 est un psaume pénitentiel.

Pour effectuer cette unité universelle et particulière, le Christ, comme un habile architecte, employa deux moyens. Avant tout, il donna à saint Pierre et à ses légitimes successeurs d'être le principal fondemeut de son Église, et par suite, comme on lit dans le commentaire de saint Ambroise sur le psaume 50, là est l'Eglise oh se trouve Pierre, et l'Église n'est pas là d'où Pierre est absent; à Pierre seul et à ses légitimes successeurs il déféra la présidence de tout le troupeau, afin qu'on les reconnût comme les pasteurs des pasteurs, autour desquels, selon le témoignage de saint Irénée (contre les hérétiques, livre III, chapitre 3) « à cause de leur sublime prééminence, il faut que l'Église, c'est-à-dire les fidèles qui sont partout, se réunissent; » à Pierre seul et à ses légitimes successeurs, il accorda l'autorité pour confirmer les frères dans la foi, pour conserver l'intégrité de la profession chrétienne et en défendre l'unité. « Tous les apôtres, dit Léon le Grand dans son quatrième sermon, couraient le même danger par suite de leur faiblesse, et tous avaient également besoin de la protection divine, parce que le démon cherchait à les troubler tous, à les précipiter tous dans la ruine, et cependant le Seigneur prend un soin spécial de Pierre, comme si la condition des autres devait être assurée tant que l'esprit de leur chef resterait invincible. Eu Pierre donc est garantie la force de tous, et le secours de la grâce divine est ordonné de telle façon que la fermeté donnée par le Christ à Pierre est transmise par Pierre aux Apôtres. » (Carlo Passaglia (1812 – 1887), Pour la cause italienne aux évêques catholiques: apologie, 1861 - books.google.fr).

Sacrificium Deo spiritus contribulatus; cor contritum et humiliatum, Deus, non despicies. : Un esprit affligé est un agréable sacrifice à Dieu, car vous ne rejetterez jamais, ô mon Dieu, un cœur contrit et humilié. (Ps. L, 19.) La première prédication de saint Pierre touchant fortement et vivement ses auditeurs épouvantés de leurs crimes et pénétrés de douleur, ils s'adressèrent à lui et aux autres Apôtres de la compagnie pour leur demander, les larmes aux yeux, les moyens de faire pénitence: Quid faciemus, viri fratres. (Actes des Apôtres, II, 37.) (Sermons de St Vincent de Paul, De la contrition, Volume 1, 1859 - books.google.fr).

Psaumes 50 et 42 servent à la consécration des autels des églises.

L'évêque commence la consécration de l'autel par la récitation du psaume 42 Judica qui est récité au début de chaque messe : Introïbo ad altare Dei. Avec de l'eau grégorienne préalablement bénite il marque cinq croix gravées dans la pierre de l'autel, une au centre et les autres aux coins dans un ordre déterminé. L'évêque fait ensuite sept fois le tour de l'autel en l'aspergeant d'eau grégorienne en chantant le psaume 50 : Miserere. L'évêque fait le tour intérieur de l'église en aspergeant les murs comme il l'avait fait pour l'extérieur, et on chante le psaume 67 (psaume des batailles), puis le 90. Le cérémonial se poursuit avec le psaume 25, le songe de Jacob, les psaumes 94, 149, 150 (psaumes de louanges), 83, 91, 44, 45, 86, 147 (Autour de Rennes le Château : PSPRAECUM ou PS PRAECUM : le petit frère des pieuvres, Encyclopédie théologique: ou, Serie de dictionnaires sur toutes les parties de la science religieuse, Volume 15, Migne, 1847 - books.google.fr).

"ANTE" et la Roque Mude (PS PRAECUM)

La Roque Mude correspond au coin droit du portail septentrional de Saint Sulpice dit de Saint Pierre (donnant sur la rue saint Sulpice au nord).

Le portail latéral de gauche, sur la rue Saint-Sulpice, commencé par Gittard et achevé par Oppenord, est divisé en deux étages : le premier, de seize mètres et demi de haut, est orné de quatre colonnes corinthiennes; le second, de quinze mètres de haut, est orné de quatre colonnes composites avec un fronton circulaire (Charles Hamel, Histoire de l'église Saint Sulpice, 1900 - archive.org).

Dédiée à saint Pierre et à saint Sulpice, l'église Saint Sulpice de Paris arbore sur ses vitraux les initiales P.S. correspondant aux prénoms de ses saints patrons. Saint Sulpice fut évêque de Bourges sous le règne de Dagobert Ier et de Dagobert II, assassiné en 679. Saint Sulpice est mort un 17 janvier ! (Jean-Luc Robin, Rennes-le-Château: Le secret de Saunière, 2014 - books.google.fr).

25 décembre (presque à l'opposé du 29 juin, fête de saint Pierre) et 17 janvier, fête de saint Sulpice se trouve dans le signe du Capricorne, comme la Roque Mude dans le zodiaque de Palaja (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Capricorne).

La Roque Mude se trouve du même côté sud que le gnomon de Saint Sulpice sur le plan inversé, mais pas du même côté du portail Saint Pierre.

3246. Ne montes point dans la tribune publique , pour y tonner contre les vices du peuple et les crimes de ses gouvernans. Contentes-toi d'être le gnomon silencieux qui indique l'heure des devoirs (Sylvain Maréchal, Voyages de Pythagore en Égypte, dans la Chaldée, dans l'Inde, en Crète, a Sparte, en Sicile, a Rome, a Carthage, a Marseille et dans les Gaules, suivis de ses lois politíques et morales, Volume 6, 1798 - books.google.fr).

Un des autres saints fêtés le 22 avril est Léonide, père d'Origène.

Le père d'Origène est mentionné par Eusèbe dès le premier chapitre du livre VI comme l'un des martyrs de la persécution de Septime Sévère. Il est appelé Léonide. A ce sujet Eusèbe utilise une expression curieuse : « Léonide, qui est dit père d'Origène. » Faut-il en conclure nécessairement avec P. Nautin qu'Eusèbe ignorait en réalité le nom du père d'Origène et qu'il lui attribuait arbitrairement comme père un martyr alexandrin connu ? Ou accepter la note de G. Bardy ,3 : « Formule étrange : elle tient peut-être à ce que Léonide doit le meilleur de sa célébrité à son fils ? » Origène fut-il baptisé tout enfant ? La chose n'est pas invraisemblable, car il est lui-même un des principaux témoins pour cette époque du baptême des enfants. Si bien des chrétiens connus du IVe siècle, de familles chrétiennes, ne recevront le baptême qu'à l'état adulte il existe suffisamment d'attestations du baptême des enfants au me siècle pour qu'on puisse se poser la question. Mais nous devons nous en tenir aux suppositions, aucune source ne nous renseignant sur l'âge où Origène fut baptisé. Origène reçut de son père une double éducation à la fois hellénique et biblique. Il parcourut donc tout le cycle de l'enkyklios paideia, des « sciences encycliques » qui jouait le même rôle que notre enseignement secondaire, préparatoire aux études philosophiques u. Mais en même temps son père lui faisait étudier la Bible en contrôlant ses lectures et en le faisant réciter, quitte à ne pas savoir parfois répondre aux questions embarrassantes que l'enfant lui posait. Ce passage d'Eusèbe ,5, qui parle d'abord de l'attitude d'Origène au moment du martyre de son père — nous allons y revenir —, puis de son éducation par Léonide, qui lui est évidemment antérieure, a été suspect à bien des historiens, apparemment peu habitués à la rhétorique antique, à cause de son ton fortement hagiographique. C'est là que nous lisons le geste du père découvrant la poitrine de l'enfant endormi et la baisant comme la demeure de l'Esprit divin. Mais il n'est pas évident que ce ton hagiographique doive faire considérer comme des affabulations tout ce qu'Eusèbe raconte. Léonide était certainement un homme important. Le fait qu'il fut décapité ,6 semble montrer qu'il était citoyen romain, titre qui n'avait pas encore été répandu largement dans l'empire comme il le sera en 212 par l'Edit de Caracalla ou Constitution Antonine : un citoyen romain ne pouvait être exécuté autrement. Or, s'il faut en croire l'Historia Augusta, la persécution de Septime Sévère avait surtout pour but d'empêcher le prosélytisme : que Léonide ait été poursuivi montre qu'il devait avoir un certain rôle dans l'Eglise d'Alexandrie pour la formation des catéchumènes. D'autre part l'éducation qu'il donne à son fils dénote un intellectuel qui en plus de la formation hellénique commune s'est appliqué à l'étude de l'Ecriture. Peut-être était-il professeur de grammaire, c'est-à-dire de littérature, la profession qu'exercera son fils après sa mort pour nourrir les siens. De la mère d'Origène nous ne savons même pas le nom. Tout ce que nous connaissons d'elle par Eusèbe, c'est qu'affolée par la détermination de son fils aîné à rejoindre son père dans le martyre elle cacha ses vêtements pour le contraindre à rester à la maison ,8. L'article d'Aline Rousselle sur sur « La persécution des chrétiens à Alexandrie au me siècle » permettrait de penser qu'elle n'était pas du même milieu social que son mari : il y avait en effet à Alexandrie trois catégories d'hommes libres, les citoyens romains, les citoyens d'Alexandrie et des autres cités grecques d'Egypte, enfin des « Egyptiens » groupe qui comprenait aussi des Grecs n'appartenant pas aux deux classes supérieures. Il semble que les enfants nés d'un mariage conclu entre parents de classes différentes partageaient la condition la plus basse et que la persécution de Septime Sévère ait visé les deux premières catégories et non la troisième. Cela permettrait d'expliquer pourquoi, quand la persécution se prolongea à Alexandrie pendant des années, Origène ait pu mener une intense activité catéchétique sans être trop sérieusement inquiété, allant jusqu'à accompagner au supplice ses élèves martyrisés. Origène n'aurait donc pas partagé la condition de citoyen romain de son père, mais celle de sa mère qui devait être une Egyptienne. [...]

Origène semble signifier fils d'Horos, dieu égyptien, fils d'Isis et d'Osiris, symbolisant le soleil levant (Henri Crouzel, Origène, 1985 - books.google.fr).

Suidas dit que saint Léonide fut honoré du caractère épiscopal. Dom Vincent de la Rue est du même sentiment (Joseph Reynaud, Méditations spéculatives et pratiques ou dogmatiques et morales pour tous les jours de l'année, Tome III, 1839 - books.google.fr).

Le nom de Léonide vient du grec leontos, le lion ("né du lion") (Paul Hecquet-Boucrand, Dictionnaire étymologique des noms propres d'hommes, 1868 - books.google.fr), attribut de saint Marc évangélisateur de l'Egypte, et composant du corps du Sphynx, et le père d'Origène était philosophe chrétien à Alaxandrie.

Lion, Philosophie et Alexandrie sont rassemblés à La Cassaigne confirmant les associations faites dans (Les sommets de La Croix d’Huriel : Scolastique).

Léonide avait 7 enfants dont Origène, et souffrit sous Septime Sévère (Lucius Septimius Severus).

Septime Sévère se marie en secondes noces (en 187) avec Julia Domna, fille du grand prêtre du Soleil d'Emèse (Syrie) Julius Bassianus, dont il a deux fils, Caracalla (né à Lugdunum en 188) et Geta (né à Rome en 189). Il s'intéresse à la vie religieuse et intellectuelle. Fervent dévot de Sérapis, il est sans doute initié aux mystères d'Eleusis (fr.wikipedia.org - Septime Sévère).

La présence récurrente du chiffre 7, dans le nom de la gens Septimia, également évoquée par Dion Cassius à propos des sept jours qu'ont duré les decennalia et des sept hécatombes qui y ont été offertes, pourrait expliquer l'origine du septizodium, dont la structure septénaire serait fidèle au chiffre emblématique de l'empereur. [...] Si un septizonium peut prendre des formes très différentes, il nous semble que la présence des sept divinités planétaires dans une structure de composition septénaire est un élément fondamental. [...] Des septizonia, ou tout au moins des monuments – bases, autels – avec des représentations des dieux de la semaine, existaient avant le règne de Septime Sévère et la construction du Septizodium de Rome. Il existe un lien plus ou moins proche avec la campagne de Bretagne, qui nous ramène à Ratae Corieltauuorum. Septime Sévère, s'il n'est pas allé dans l'antique Leicester, a dans tous les cas foulé le sol de la province de Bretagne. De plus, il y a laissé la vie, et cette mort lui avait été prédite par les astres. La construction d'un septizonium dans cette ville ne serait donc pas étonnante et là comme ailleurs, nous pourrions voir l'œuvre d'un ancien proche de Septime Sévère, peut-être militaire rescapé de la dernière campagne de l'empereur.

On constate la fréquence en Gaule, notamment autour du Rhône, des représentations des dieux de la semaine, difficiles à situer chronologiquement, mais dont l'une au moins peut être datée du règne de Marc Aurèle. Ainsi, celui-ci proposait que Septime Sévère, gouverneur de Lyonnaise au début du règne de Commode, comme L. Fabius Cilo, proconsul en Narbonnaise vers 185-186, à qui l'on doit d'avoir placé la statue de l'empereur dans l'abside centrale du monument de Rome, auraient pu avoir connaissance de ce type de documents et s'en seraient souvenus au moment de construire le Septizodium.

Un autel octogonal a été découvert à Agnin en Isère et présente sur chacune de ses faces les sept divinités de la semaine et un buste impérial, identifiable à Septime Sévère grâce à la dédicace du monument. P.-M. Duval proposait de dater le monument de 198, ce que J.-L. Desnier accepte, bien que R. Turcan suggérait une datation en 208. Le monument pourrait avoir été fait en Gaule, avant le départ de Septime Sévère pour la campagne de Bretagne.

Sévère Alexandre avait fait lui-même édifier un grand nymphée à Rome, dont les techniques de construction confirment la datation aux vingt premières années du IIIe siècle, probablement vers 222 : l'édifice se composait de cinq niches en façade et deux sur les côtés. Pouvait-il s'agir d'un septizonium ? Il faut noter que Sévère Alexandre est un descendant de la gens Septimia, la famille de Septime Sévère, et qu'il pourrait avoir construit un monument plus ou moins inspiré du septizodium (Noël Duval, Nicolas Lamare, Une petite ville romaine de Tunisie : le Municipium Cincaritanum, Mélanges de l'École française de Rome - Antiquité, 2012 - mefra.revues.org, La Croix d’Huriel et Rennes le Château : Blaise et Ursule : division de l’année en 14).

Selon Dion Cassius, Septime Sévère se mit sur le Nil pour aller voir la haute Egypte [& la Thebaïde] & en visita presque tous les endroits ; la peste [seule] l'ayant empêché d'aller jusqu'aux confins de l'Ethiopie. Il visita avec soin Memphis, ses pyramides, le labyrinthe, [la statue] de Memnon, & les autres curiositez de l'Egypte. Car il la parcourut toute entière à l'exception de fort peu d'endroits ; & il s'informoit de toutes choses, mesme des plus secrettes ne voulant rien laisser echapper de tout ce qui regardait les Dieux & les hommes de ce pays (Louis Sebastien Le Nain de Tillemont, Histoire des empereurs et des autres princes qui ont regne durant les six premiers siecles de l'Eglise, de leurs guerres contre les Juifs etc., Volume 3, 1732 - books.google.fr).

Antoine Jean Letronne prête à Septime Sévère, en s'appuyant sur les inscriptions que porte la statue, la réfection de la statue de Memnon, abîmée par un tremblement de terre en -27, ce qui la rendit silencieuse (Encyclopédie théologique, Dictionnaire historique des sciences physiques et naturelles depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'a nos jours, Volume 30, Migne, 1857 - books.google.fr).

Les amateurs d'allégories et de symboles cesseront probablement de prendre le beau Memnon pour but de leurs élucubrations fantastiques ; car, et le cercle d'or de l'année, et le cercle annuel de cantiques, et les sept sons du septième jour, et l'harmonie des sphères, et le cadran, et le gnomon, et les incarnations du soleil, toutes ces inventions, assurément très-poétiques, ont maintenant disparu pour faire place à une histoire toute prosaïque et toute simple, mais claire, qui se résume en ce peu de mots (Antoine Jean Letronne, La statue vocale de Memnon, 1833 - books.google.fr).

Cette diatribe n'a pas arrêté www.nonagones.info pour élucubrer à l'exemple des devanciers de Letronne (La Vraie Langue Celtique et Saint Sulpice - books.google.fr).

Memnon est en rapport avec le géant Marre de Saint Salvayre (La Croix d’Huriel et pierres noires : Saint Sulpice, Ecosse et pierre noire 2).

"NOBLe" et Prouille

Il y avait un obit (Messe célébrée par fondation pour un défunt à la date anniversaire de son décès) de Salvadou ou Salvatoris à Bram ou à Villesiscle, près de Fanjeaux et de Prouille, ce qui relie à Saint Salvayre qui pourrait être un Salvatoris, auveur épithète de Jésus Christ (Archives Départementales de l'Aude, Archives Civiles, 1925 - www.forgottenbooks.com, Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790, Volume 4, 1925 - books.google.fr, Revue historique, scientifique & littéraire du département du Tarn (ancien pays d'Albigeois), Volume 26, 1909 - books.google.fr).

La pointe du N de "NOBLe", jointure du côté Âme avec le côté Esprit, se trouve dans la chapelle des Âmes du Purgatoire sur le plan inversé de Saint Sulpice (Serpent rouge). C'est à Fanjeaux, aux Homs près de Prouille.

Paschase Radbert, abbé de Corbie (mort en 860), partant du passage de l'Évangile de Matthieu sur le baptême par le feu, expose une théologie du feu encore plus développée ; il en examine les différents aspects et fonctions et culmine dans une évocation du feu de l'amour (ignis charitatis), du feu de l'amour divin (ignis divini amoris). Il envisage plusieurs significations possibles de ce feu : « Il faut peut-être, comme le veulent certains, comprendre (la phrase) : il vous baptisera lui-même dans l' Esprit Saint et le feu comme signifiant l'identité du Saint-Esprit et du feu, ce que nous reconnaissons, car Dieu est un feu consumant. Mais comme il y a une conjonction de coordination il ne semble pas qu'on parle d'une seule et même chose. D'où l'opinion de certains qu'il s'agit du feu purgatoire qui actuellement nous purifie par l'Esprit Saint et ensuite, s'il reste quelque tache peccamineuse, nous rend pur par combustion à travers le feu de la conflagration (c'est-à-dire du jugement). Mais s'il en est ainsi, il faut croire qu'il s'agit des péchés plus légers et minimes car il est impensable que tous échappent aux châtiments. D'où la phrase de l'apôtre : “Ce qu'est l'œuvre de chacun, le feu l'éprouvera. » (Jacques Le Goff, La naissance du Purgatoire, 1981 - books.google.fr).

Ange aux épines de la chapelle des Âmes du Purgtoire de Saint Sulpice - commons.wikimedia.org

La chapelle des ämes du Purgatoire contient une piéta avec Marie Madeleine de Jean-Baptiste Clésinger (1814-1883) L'ange à gauche de la Pietà correspond à l'angle droit sur le plan inversé. Il tient la couronne d'épines (Autour de Rennes : Temple de Salomon et église Saint Sulpice, www.patrimoine-histoire.fr).

La spina est une pointe végétale comme le sommet formé par un angle.

"Le saint buisson avait déjà fait jaillir des flammes inoffensives des branches en feu et, dans le brasier rougeoyant, il était demeuré vert : que les épines de notre esprit s'enflamment et que brille le feu qui ne consume pas l'homme pieux, c'est grâce à ce signe que, dans les cœurs saints, une ferveur dévote peut le comprendre." (Avit, La traversée de la Mer rouge).

L'allusion au buisson ardent de Ex 3, 2 est exprimée de manière précieuse par la paronomase rubus in rubeo et l'opposition des couleurs uiridis/ rubeo. Ce brasier ardent, mais inoffensif, est à l'opposé du feu que fait Achates dans Virgile, Aen. 1, 176. Le verbe simple dare, employé ici avec un ablatif d'origine introduit par de, est utilisé à la place du composé edere comme en 1, 253. Innocuas... flammas est une variation de innoxius ignis dans Prudence, Apoth. 57 et de ignibus innocuis dans Sedulius Carm. Pasch. 1, 127 (repris de Silius Italicus, 5, 178) à propos du buisson ardent. Ce buisson est souvent associé à une autre fournaise, celle qui épargne les trois frères dans Dn 3, 19 s. et à laquelle Prudence, Apoth. 130 fait allusion à l'aide de la périphrase innocuas... flammas.

La typologie à laquelle Avit fait allusion est celle du buisson qui est le symbole de l'esprit humain, comme l'a justement remarqué Ramminger 1988, p. 321-323. En revanche, je ne suis pas d'accord avec lui, lorsqu'il interprète les spinae mentis dans un sens positif (en s'appuyant sur Prudence, Cath. 5, 32-34 ou Cassien, Conl. 12, 11, 5), contrairement à l'interprétation de Goelzer 1909, p. 572 (spinae - défauts depuis HORaCe, Episf. 1, 14, 4, repris p. ex. dans Ambroise, Hex. 3, 11, 48 ou Paulin de Nole, Carm. 28, 286-289) : en effet, le passage de Prudence ne fait pas appel à la typologie que développe Avit, et, dans Cassien, le buisson ardent est le symbole de la chair pécheresse essayant de maîtriser ses passions. Ici, Avit s'appuie sur une typologie que l'on rencontre dans Augustin, Serm. 6, 3 (CCL 41, p. 63-64) et dans Prudence, Apoth. 55-70 : spinae mentis (équivalent de mens spinifer de Prudence, Cath. 5, 31) = les péchés ; le feu = la puissance divine (Saint Avit (évêque de Vienne), Histoire spirituelle: Chants IV-V, Sources Chrétiennes, Volume 2 de Histoire spirituelle, traduit par Nicole Hecquet-Noti, 2005 - books.google.fr).

L'apex mentis est une formulation comparable aux spinae mentis. Mais celles-ci sont en rapport avec le Purgatoire, le péché y conduisant les âmes qui sont purifiées par le feu (spirituel lié au Saint esprit).

Le Frère prêcheur Guillaume de Contenson (1641-1674) composa une Theologia mentis et cordis dont l'idée lui fut inspirée peut-être par la Théologie affective ou Saint Thomas en méditation, par Louis Bail (1654); dans cet ouvrage, où il suit à peu près l'ordre de la Somme, Contenson fait suivre chaque section de considérations ascétiques et mystiques (reflexiones) souvent empruntées aux Pères.

Le fait le plus important de la fin du XVIIe siècle est le développement de la dévotion au Sacré-Cœur. Celle-ci eut des antécédents au moyen âge, chez un saint Bernard et une sainte Gertrude, un saint Bonaventure. Plus récemment, saint Eudes avait présenté le Sacré-Cœur aux foules à travers le cœur de Marie, puis dans une fête spéciale du cœur adorable; d'autres apôtres de cette dévotion s'étaient rencontrés, tels le P. Huby en Bretagne et le P. Philippe Jeningen en Souabe, mais le culte restait encore assez peu étendu. Le révéler au monde était réservé à une visitandine de Paray-le-Monial, sainte Marguerite-Marie. Notre-Seigneur lui apparut : dès 1674, il demandait que son cœur « ceint d'une couronne d'épines entouré de flammes, surmonté d'une croix », fût honoré et son image exposée; il réclamait un culte d'amour réparateur manifesté par la communion des premiers vendredis du mois et par l'heure sainte : « Tu te lèveras entre onze heures et minuit pour te prosterner pendant une heure avec moi la face contre terre. Puis, en 1675 : « Je te demande que le premier vendredi d'après l'octave du Saint-Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon cœur en communiant ce jour-là, et en lui faisant réparation par une amende honorable. Ainsi le Sacré-Cœur requérait-il un culte public; en 1689, il déclara qu'il voulait « régner dans le palais du grand roi, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes » (Charles Poulet, Histoire de l'Église, Volume 2, 1959 - books.google.fr).

Revenons-donc, dans la basilique de Guingamp, à cette chapelle consacrée à Saint Jacques qui, dans la tradition chrétienne, est le patron des alchimistes, de ces chercheurs d'occultisme qui ont tenté de trouver le secret de la transmutation des métaux comme celui de la transmigration des âmes. Ce saint continue ainsi l'antique Hermès Trismégiste, alchimiste et passeur d'âmes. Pour comprendre le lien de l'un à l'autre, il faut se reporter à Jean, auteur d'un des quatre évangiles et de l'apocalypse. Il faut savoir que, pour les initiés à la Kabbale hermétique qui reconnaissent Jean comme l'un des leurs, ont été réunis sous ce nom tous les évangiles codés selon les règles. Et l'un des mots qui avertissent le lecteur d'une révélation est JAKOB non pas le personnage de la Bible, mais un nom de personne contenant les deux voyelles essentielles de l'alphabet grec, l'alpha et l'oméga, encadrées des trois consonnes représentant les trois principaux ordres de confréries d'initiés, comme le fut la Frérie Blanche. Nous voici parvenus à saint Jacques, alias Jacob, alias Hermès. À gauche de sa chapelle, face au sud, se trouve, en bas relief, une tête sculptée tenant à deux mains un phylactère.

Or un « phylactère », dérivé du grec phylax « le gardien », est fait pour conserver, « garder » au nez et à la barbe du profane un message initiatique contenu dans les fautes volontaires ou de petits signes annexes, simples décors pour le non -initié, mais enseignement riche pour celui qui a appris à lire et à écrire dans la langue du dieu Hermès. Une correction malencontreuse ou l'oubli d'un motif suffit pour dénaturer le contenu d'une inscription. Et précisément, le phylactère de l'alchimiste porte écrit le message suivant (voir figure 2) : Quidquid agas, sapienter agas, et respiSce finen * "Quoi que tu fasses, fais le sagement et regarde la fin" Non, dans un phylactère, là où est la faute, est le message : le -S- de respiSce est en frop et attire l'attention de celui qui remarque "savamment" sur la fin du phylactère, le petit signe inversé en spirale, symbole de la transmutation alchimique comme de la transmigration de l'âme sauvée de la mort terrestre. Il faut ajouter encore que le mot final devrait être finem et non finen, faute volontaire qui met l'accent sur N, initiale hermétique du mot grec Noûs (prononcer "Nouss"), ce saint "Esprit" qui mène l'initié "à bonne fin" vers Notre Père (Jean-Yves Andrieux, Marianne Grivel, Bretagne: art, création, société, 1997 - books.google.fr).

Prouille rassembla à l'origine des pénitentes cathares sous la direction de saint Dominique.

En gros, pareille distinction revient à celles qu'établissaient les gnostiques entre « pneumatiques » et « psychiques », les cathares médiévaux entre perfecti et crederites, ou, plus spécialement les valentiniens et les naassènes entre l'« Église élue» et l'« Eglise appelée». Les élus manichéens, comme les pneumatiques, sont des parfaits, en pleine possession de l'Esprit et ge la Connaissance; en eux s'incare l'« Eglise spirituelle », celle de l'« Election >> ; les auditeurs, de même que les psychiques, sont eux des « croyants », imparfaitement instruits et n'avançant que progressivement et à des degrés divers dans la voie de la perfection, de simples « fidèles », avant tout tenus à observer une bonne conduite et à pratiquer une morale d'oeuvres des « appelés », invités à devenir eux-mêmes parfaits ou à se perfectionner, incités à avoir souci de leur salut et constituant, de leur côté, l'« Église psychique » (Ekklêsia psukhikê), l'Église de l'Âme ou des âmes, qui est aussi celle de la klêsis, de la « Vocation ». [...]

Vocation et Élection répondent ainsi à deux aspects distincts et hiérarchisés, mais solidaires, d'une même Eglise. D'une Église qui, se qualifiant elle-même de sainte et se donnant tout aussi bien le nom de Justice, entend être au premier chef une société de saints, une congrégation de justes, de purs, de purs, de parfaits, une communauté strictement s irituelle, invisiblement régie par l'Esprit (l'« Intellect » ou « Noûs-Lumière » des manichéens occidentaux) et image terrestre du Royaume divin et des êtres de Lumière qui le peuplent (Histoire des religions: La formation des religions universelles et des religions de salut dans le monde méditerranéen et le Proche-Orient. Les religions constitueés en Occident et leurs contre-courants, 1970 - books.google.fr).

"CATIN" et les Templiers de Douzens

CATIN n.f. (mil. XVIe s.) est le diminutif affectueux (« hypocoristique ») de Catherine (on rencontre encore des filles du nom de Catinette ou Catiche dans l'est de la France) formé par apocope et suffixation en -in. Catherine est issu du latin Catharina, nom d'une sainte, vierge et martyre, décapitée en 307, du grec mystique Katharina, dérivé de katharos « pur » (cathare, catharsis). Le sens péjoratif de « femme de mauvaises mœurs, prostituée » (1547, Marot) a éliminé les anciens emplois. Au XVIIIe s., le mot désignait aussi une poupée, sens conservé au Canada où l'on emploie aussi le mot pour un pansement autour d'un doigt (poupée en français de France). L'évolution s'expliquerait par une assimilation entre la fille de campagne ou la servante, à laquelle ce nom était donné (encore au XXe s., en français de Saint-Pierre-et-Miquelon, ce nom désigne une femme chargée des gros travaux), et la fille facile, évolution que le sens de « poupée » au XVIIIe s. n'a pu que favoriser (Alain Rey, Dictionnaire Historique de la langue française, 2011 - books.google.fr).

MARIONNETTE n.f. est une forme diminutive (1479) de Marie, soit par l'intermédiaire de Marion, soit par altération de Mariole, Mariolette : dès 1223, on rencontre mariole au sens de « Vierge » puis (1306) « petite image de la Vierge ». Marionnette est relevé en 1489 (Cambrésis) pour désigner une monnaie à l'effigie de la Vierge et (1566) une statue ou une image de la Vierge. Aux XVe-XVIe s., le mot désigne aussi un instrument de musique probablement un rebec (encore en 1549) et une sorte de danse (1517). Il a pris son sens moderne (1556) probablement en relation avec l'usage de petites statues de la Vierge bien attifées et couvertes de bijoux, dans les processions de l'Assomption, et avec les spectacles de poupées donnés en remplacement des Mystères à cette occasion. De nos jours, le mot, totalement laïcisé, désigne toutes les formes de figurines utilisées en spectacle : marionnettes à fils (techniquement, fantoches), à gaines (pupazzi), à tringles, sur bâtons (ou marottes). Les plus célèbres marionnettes françaises sont Guignol et Polichinelle. Par métonymie, le pluriel désigne l'endroit où l'on fait jouer les marionnettes et le spectacle lui-même (1584) (Alain Rey, Dictionnaire Historique de la langue française, 2011 - books.google.fr).

On n'a pas cessé d'imaginer l'être vivant, et l'homme en particulier, comme une poupée d'argile qu'une flamme apportée du ciel vient subitement animer. De là les écoles de l'argile et les écoles du feu céleste. Elles forment, depuis l'origine de la science, deux courants marchant en sens inverse sans jamais se mêler (sauf quelquefois sur leurs bords, pour constituer les systèmes éclectiques). D'un côté, on s'efforce de tout expliquer parles seules propriétés de ce qu'on appelle à Montpellier « l'agrégat matériel » : mécanicisme, iatrochimie, et organicisme, suivant quelques-uns ; de l'autre coté, on rapporte toute la vie normale ou morbide aux déterminations spontanées et plus ou moins conscientes du principe animateur lui-même: pneumatiques, animistes, vitalistes (M. Axenfeld, Pathologie médicale, Revue des cours scientifiques de la France et de l'étranger, Volume 5, 1868 - books.google.fr).

Pasiphaë symbolisait l'âme attirée par le corps (le Taureau), motif qui, par Plotin et aussi par les Pères de l'Église, était volontiers associé avec la magie (noire), la goeteia (Ioan P. Culianu, Eros et magie à la Renaissance, 1484, 1984 - books.google.fr).

Que la "CATIN" (poupée) se trouve à Douzens, siège d'une commanderie de Templiers, auxquels on attribue le Baphomet (le "baphus mete" : baptême de l'esprit) lié au pneuma, à l'eau, à la nage qui se dit "neusis" en grec comme l'inclinaison, le penchant (Autour de Rennes le Château : Baphomet, loup et pneuma).

Le baptême, dans l'Église primitive était une immersion totale, une véritable submersion conforme au sens du verbe grec baptizô (et du verbe baptô dont il dérive) : plonger (un corps dans un liquide, une étoffe dans la teinture, une glaive dans le sang ou un métal dans l'eau (Odon Vallet, Le Honteux et le Sacré: Grammaire de l'érotisme divin, 1998 - books.google.fr, Autour de Rennes le Château : Stella luti : Eau, Terre, âme et pneuma).

Le nom de Marie a des hauts et des bas. Il donne mariole, figurine sainte, idole, poupée. Il donne mariotte qui signifie à la fois mariée et marionnette (Jacques Ferron, Pierre Cantin, Le contentieux de l'Acadie, 1991 - books.google.fr).

A Paris on retrouve les rues de la Poupée et de l'Hirondelle dans le même quartier :

Ce qui prouve encore l'identité du jardin des Thermes et du Clos de Lias, c'est que l'un et l'autre occupaient le même espace et étaient compris dans les mêmes limites. Ce jardin, détérioré au douzième siècle, appartenait aux abbés do Saint-Germain-des-Prés. L'abbé Hugues V, en 1179, en aliéna plusieurs parties, à condition que des maisons y seraient construites. Divers titres prouvent que la rue de la Huchette, la rue Poupée, la rue de l'Hirondelle et celle de Saint-André-des-Ars ont été ouvertes sur le Clos de Lias ou de Lacis. Ces trois dernières rues en ont même porté le nom, ainsi que la rue ou chemin établi sur le bord de la Seine. La rue Saint-André-des-Ars et l'église de ce nom étaient dans leur origine nommées de Laas ou Lias. Le surnom des ars leur vient évidemment de ces mots as ou de arx. Ce n'est pas tout : l'église, le monastère, les cours et jardins des Grands-Augustins, dont l'ensemble s'étendait depuis la rue de ce nom jusqu'à celle de Guénégaud, étaient, ainsi que ces rues, établis sur le Clos de Lias (Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris: depuis les premiers temps historiques jusqu'a nos jours, Volume 1, 1829 - books.google.fr, Autour de Rennes le Château : L’axe de Saint Sulpice : Paris - Aude).

Le début de l’Estoire del Saint Graal raconte comment Joseph d’Arimathie et son fils Joséphé convertissent les terres orientales de Sarras. Dans cette entreprise se détachent trois figures masculines : le roi Evalach, rebaptisé Mordrain ; son beau-frère Séraphé, rebaptisé Nascien ; et le fils de Nascien, Celidoine, dont différents prodiges entourent la naissance. Aussi, après avoir relaté l’évangélisation des territoires païens, l’auteur consacre-t-il une vaste portion de texte aux aventures de ces trois personnages. Mordrain, emporté par le Saint Esprit jusqu’à la roche de Port Péril, doit faire face aux assauts du démon ; à Nascien, porté par une « nue » jusqu’à l’île tournoyante, il est donné de voir la Nef de Salomon ; quant à Celidoine, il est enlevé par neuf mains « plus blanches ke nois » et déposé sur un lointain rivage, où il convertit le roi païen Label. Un quatrième épisode clôt cette série : des marins partis à la recherche de Nascien sont entraînés par une tempête sur l’île d’Hippocrate en compagnie d’une jeune païenne ; là, ils affrontent la faim et la tentation. [...]

Au début de l’Estoire, le roi Mordrain, tout juste converti, demande à Joséphé d’élucider une vision qui lui est advenue : sous la « semblance » topique d’un enfant pénétrant dans sa chambre sans ouvrir ni abîmer la porte, il a reçu une démonstration de la virginité de Marie. Joséphé explique ensuite que l’enfant « fu li Esperis Nostre Signour », auquel rien ne saurait être dissimulé. Pour accréditer son propos, il révèle à Mordrain qu’il connaît son secret : le roi abrite dans un souterrain une statue de bois, habillée par ses soins de vêtements précieux, avec laquelle il couche depuis près de quinze ans. Mordrain est obligé de brûler l’effigie devant Joseph, la reine, Nascien et Joséphé, et de leur confesser son crime. L’épisode juxtapose une image de la virginité et une illustration du péché de luxure, auquel la poupée de Mordrain confère une dimension éminemment concrète. À l’autre extrémité du roman, alors que la Grande Bretagne est déjà presque évangélisée, les chrétiens, pour remercier le Ciel de leur avoir octroyé la victoire, se recueillent devant le Graal. Comme Joséphé célèbre la messe, Mordrain, « ardanz et desirranz » de regarder l’intérieur de la coupe, s’approche trop près, en dépit de l’interdiction divine ; il est sur-le-champ frappé de cécité et d’impotence. Ce châtiment sanctionne un désir excessif concernant, cette fois, un objet plus que nul autre célestiel, le Graal. Entre ces deux moments, le serpolion contribue à faire passer le roi du charnel au spirituel. [...]

Torturé par la faim, le roi aperçoit, gisant à terre, « un pain mout durement noir »; comme il s’apprête à y ficher les dents, un oiseau fond sur lui, le serpolion, pour le priver de sa pitance. Le texte s’arrête alors sur les qualités de l’oiseau. La tête noire comme la poix, les yeux rouges comme la braise, il tient à la fois du « sarpent cornu », du dragon, de l’aigle et du lion. Cet étrange animal possède deux paires d’ailes, les unes tranchantes comme un glaive, les autres, qui naissent à l’endroit des reins, blanches comme la neige. S’il fallait le situer par rapport aux fabuleuses créatures qu’étudie dans le présent volume Jacqueline Leclercq, on pourrait y voir une sorte de griffon inversé : aigle par ses pattes et lion par son « pis », il a pour mission non pas de protéger les hommes de la chaleur solaire ou, par transposition, de la colère divine, mais, telle la « clarté du soleil », d’« espoenter [...] chiaus et cheles en qui li Sauveres del monde vieut sa crieme et son paour espandre ». [...]

Le passage se fait autour du double thème de l’alimentation et de la sexualité. La vision de Mordrain, qui précède immédiatement la découverte de la poupée, représente la conception immaculée de la Vierge ; celle-ci est à nouveau évoquée, lors des épreuves de Port Péril, par le mode de reproduction du serpolion. Ces deux figurations de la virginité s’opposent diamétralement à l’appétit sexuel du roi. C’est d’un côté une luxure stérile, un plaisir sans procréation ; de l’autre, une fécondation sans conjonction sexuelle. Si l’on se rapporte en revanche à la scène du Graal, force est de constater que l’oiseau a appris au roi, en lui tendant le miroir terrifiant de son ascétisme, à remplacer la faim du corps par la faim de l’âme. Néanmoins cette faim, toujours démesurée, est châtiée elle aussi, Mordrain n’étant pas assez pur pour contempler le Graal. Elle est même punie avec plus de sévérité que les autres errements du roi : paradoxalement, sa sanction atteint Mordrain jusque dans sa chair. Port Péril, là encore, se situe à mi-chemin, entre la seule destruction de l’objet du désir et l’impotence dont le ciel finit par affliger Mordrain : le serpolion mortifie le roi, sans aller jusqu’à le priver de l’usage de ses membres (Sophie Albert, Un usage romanesque du bestiaire : l’épisode du serpolion dans l’Estoire del Saint Graal, Déduits d’oiseaux au Moyen Âge, - books.openedition.org).

Le texte s’arrête alors sur les qualités de l’oiseau Serpolion. La tête noire comme la poix, les yeux rouges comme la braise, il tient à la fois du « sarpent cornu », du dragon, de l’aigle et du lion. Cet étrange animal possède deux paires d’ailes, les unes tranchantes comme un glaive, les autres, qui naissent à l’endroit des reins, blanches comme la neige. Les couleurs noire, blanche et rouge se retrouve dans les légendes rapportant le vol de ciseaux (tranchant) et d'une pelote rouge par la servante de la Vierge Marie qui la change en hirondelle (légendes catalanes et scandinaves) (Galina Kabakova, Contes et légendes étiologiques dans l'espace européen: Essai littéraire, 2015 - books.google.fr, Joan Amades, Des étoiles aux plantes: petite cosmogonie catalane, traduit par Marlène Albert-Llorca, 1994 - books.google.fr).

En Wallonie, on associait jadis Les hirondelles et la Vierge Marie, en affirmant que les hirondelles quittaient notre région le 8 septembre, jour de la Nativité de la Vierge, pour n'y revenir que le 25 mars, jour de l'Annonciation (René Henry, L'almanach de notre terroir, 1999 - books.google.fr, René Volot, L'esprit de l'hirondelle, 2006 - books.google.fr).

"M" de "M ARIE"

Le M à part ("M ARIE") se trouve tout près de Villelongue et de son abbaye Saint Marie.

Le dernier abbé de Villelongue, depuis 1733, fut Jules-François de Novy, natif de Nîmes. Par brevet du Roi, du 12 mars 1743, il fut nommé abbé de Val-Saintes, diocèse d'Apt. Il a obtenu ses bulles le 7. des Calendes, de Juin 1736 ; il a pris possession par Procureur le 4 Octobre suivant. Le nom de l'abbé de Novy est encore porté avec la qualité d'abbé de Villelongue, sur l'Almanach Royal de l'année 1790, le dernier qui donne la liste des titulaires des abbayes du Royaume , désormais éteintes. Il fut arrêté et embastillé pour sa correspondance avec les Jésuites. Son entrée et sa sortie, le 28 juin 1765, ont été contresignées par Saint-Florentin (Hugues Du Tems, Le clergé de France, 1774 - books.google.fr, Frantz Funck-Brentano, Les lettres de cachet à Paris: étude suivie d'une liste des prisonniers de la Bastille (1659-1789), 1903 - books.google.fr).

1733, mars 27. — Arrêt de la Cour des Aydes de Montpellier, en vertu duquel tous les biens des Religieux de Villelongue sont déclarés roturiers, et par suite allivrés et cottisés ( Mèm. sur procès). 1781, juillet 30. — Arrêt du Parlement de Toulouse qui autorise les créanciers de l'Abbaye de Villelongue, à faire saisir, décréter et vendre une partie de la dotation de l'Abbaye, hypothéquée pour la sûreté de leurs créances (Principes sur l'administration temporelle des Paroisses, par M. l'abbé de Boyer d'Anti, officiai et vicaire-général de Carcassonne: t. I. p. 621) (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, Volume 1, 2000 - books.google.fr).

27 mai 1765. Je me suis transporté à 6 h. du matin, le 25 du présent, rue des Ménétriers, à l'hôtel Saint-Martin, avec le comm. Chenon, où j'ai arrêté dans une chambre au 1er, sur le derrière, donnant dans la rue des Petits-Champs, F. de Novy, âgé de 50 ans, natif de Nîmes, clerc minoré, abbé de Valsainte, en Provence, et de Villelongue, en Languedoc; le comm. a dressé procès-verbal de sa capture; il a été fait dans sa chambre une perquisition des plus exactes de tous ses papiers, qui ont été mis dans une cassette de layeterie que j'ai envoyé chercher exprès, sur laquelle le comm. et l'abbé Novy ont apposé leurs scellés. Je me suis chargé de la cassette, que j'ai remise au major de la B., ainsi que l'abbé Novy, qui n'a été instruit qu'il allait à la B. que lorsqu'il fut prêt a y entrer; ce qui ne l'a pas beaucoup surpris, en disant qu'il se doutait bien pourquoi (Archives de la Bastille: d'apres des documents inedits, Volume 19, 1975 - books.google.fr).

L'Abbaye de Villelongue se vantait de posséder le rochet ou surplis de fil de lin de saint Dominique ; cette relique y aurait été transportée, avec les autres reliques du monastère de Rieunette , où elle était conservée depuis plusieurs siècles, quand ce dernier monastère , soumis depuis son origine à celui de Villelongue, fut ruiné par les hérétiques an 16e siècle (Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et archives des communes de l'ancien diocèse et de l'arrondissement administratif de Carcassonne, Volume 1, 2000 - books.google.fr).