Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Dalle verticale de Marie de Nègre : Thérèse, Catherine et Julie   
DALLE VERTICALE MARIE NEGRE ABLES HAUTPOUL BLANCHEFORT DARLES THERESE PHILOSOPHE GIRARD CADIERE

La dalle verticale de Marie de Nègre et le plan de Saint Sulpice

"CT"

A la place du "CI" de ci-gît, on a "CT" qui est l'abréviation de "Cantique des Cantiques". Il se trouve devant la chapelle de saint François Xavier :

Station VIII du chemin de croix de Saint Sulpice : Jésus parle aux femmes de Jérusalem : Ne pleurez pas sur moi pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants. Luc XXIII.

Il est possible aussi que l'apostrophe de Jésus aux « filles de Jérusalem », sur le chemin du Calvaire (luc 23, 28) renferme une allusion à cant. 3, 11, et une invitation à voir dans sa mort sur la croix le rite de ses épousailles avec l'Église (cf. jean 19, 33, évoquant peut-être gen. 2, 21-23). S'il en est ainsi, on ne s'étonnera pas qu'un chant d'amour humain tel que le Cantique ait pu servir à illustrer [l'union du Christ et de l'Eglise], que saint Paul et l'Apocalypse avaient, de leur côté, représentée comme un mariage (2 cor. 11, 2; eph. 5, 22-32; apoc. 19, 7-9; 21, 2.9). La beauté intrinsèque de l'œuvre, son caractère inspiré, le climat divinement irréel dans lequel elle fait évoluer ses personnages, la tendresse, la fraîcheur, l'émerveillement de leur amour encore en fleur, leur ardeur à se chercher l'un l'autre, l'abandon apparent dans lequel le fiancé laisse parfois sa bien-aimée, tout, dans le Cantique, justifie pleinement ce procédé (Jacques Winandy, Le Cantique des Cantiques: Poéme d'amour mué en écrit de sagesse, 1960 - books.google.fr).

Cela est vu au XIIème siècle déjà par Honorius d'Autun, probablement d'origine irlandaise, reclus à Saint-Pierre, un couvent irlandais près de Ratisbonne, en un lieu appelé Augustoduna (la colline sacrée, la sainte élévation) (fr.wikipedia.org - Honoré d'Autun).

Ad litteram etiam filiae Sion sunt egressae videre Christum in spinea corona, quando multitudo populi et mulierum plangentium ad crucem eum sequebantur, quibus dixit: Filiae Ierusalem, nolite flere super me, sed super vos (Luc. XXIII, 28) , etc. (Honorius Augustodunensis, Expositio in Cantica canticorum, SECUNDUS TRACTATUS, CAPUT III - www.mlat.uzh.ch).

"CATIN"

"CATIN" correspond à la chapelle de la Vierge Marie de Saint Sulpice et à l'Hirondelle de Douzens (SIS). Catin a aussi le sens de poupée à mettre en relation avec les marionnettes (diminutif de Marie).

"DARLES"

"DARLES" pour "D'ABLES" est devant la chapelle Saint Paul :

Station X du chemin de croix de Saint Sulpice : Jésus dépouillé de ses vêtements : Ils ont partagé mes habits tiré au sort mon vêtement. Ps XXII Jean XIX.

Darles ou Thérèse philosophe

L'auteur de Thérèse philosophe (1748) est peut-être d'Arles de Montigny, commissaire des guerres : il fut soupçonné de l'être, et passa huit mois à la Bastille, de février 1749 à août 1750 pour avoir été l'instigateur de l'édition saisie à Paris en décembre 1748. Le marquis de Sade, dans l'édition de Hollande (1797) de la Nouvelle Justine (t. VII, p. 97), désigne le marquis d'Argens comme l'auteur de Thérèse philosophe. « D'Argens (d'après ses Mémoires, Édition de Paris, 1807, in 8, p. 304) avait vu les procédures les plus cachées de l'affaire du Père Girard et de la Cadière. De Sade, qui était d'une ancienne famille aristocratique et cléricale de Provence, y connut certainement d'Argens, qui était du même pays. » La première édition, publiée sous le manteau, fut poursuivie avec acharnement par la police. Les rapports publiés dans les Archives de la Bastille (t. XII, pp. 299 à 344) parlent à tout instant d'enquêtes, de poursuites, de saisies au sujet de ce malheureux roman. Les jésuites, encore puissants, y étaient trop dangereusement égratignés : la facilité de leur morale passionnelle y était trop séduisante (Thérèse philosophe: Mémoires pour servir à l'histoire du Père Dirrag et de Melle Éradice, 2016 - books.google.fr, data.bnf.fr - Francois-Xavier d'Arles de Montigny).

Le roman s'appelle Thérèse peut-être en rapport avec les extases mystiques (?) de Thérèse d'Avila, fêtée le 15 octobre.

Né vers 1702 à Besançon, fils aîné d'un inspecteur des haras de Franche-Comté88, Arles de Montigny gagne la capitale dans sa jeunesse et entre dans les chevau-légers. Il bénéficie alors à Versailles de l'appui du frère de sa mère, l'abbé Chambournay, aumônier des pages de la Reine. Les premiers pas à Paris du jeune militaire se placent cependant sous le signe de l'escroquerie. Il fait apparemment preuve, en effet, d'excellentes prédispositions dans différentes branches de l'art de duper son prochain. Les documents relatifs aux procédures successives l'impliquant font découvrir un monde où la fraude au jeu, les manipulations d'argent douteuses et le proxénétisme sont les aliments ordinaires de la fortune. C'est aussi un monde mêlé, où les filous sont en relation constante avec les élites - Grands, amateurs de filles et joueurs, ou fils de famille en peine d'argent - et la police dont tous les membres ne sont pas incorruptibles. [...]

Un étape de son parcours mène à l'hôtel particulier du duc de Gesvres, lieu de jeu bénéficiant d'un privilège royal. Arles de Montigny cherche apparemment à y introduire des dés pipés, mais on découvre ses procédés. Réagissant avec promptitude, il demande son congé des chevau-légers et fuit la capitale, avant que l'ordre du Roi pris contre lui le 31 mai 1729 ne soit mis à exécution. Il parcourt alors, croit-on, la France en compagnie d'Anne Paret pour trouver de nouvelles victimes à son industrie, comme ce sieur Colombelle, « filouté avec des cartes marquées », auquel il estorque deux billets de 100 livres.

Provençale du côté paternel (ou plutôt provenço-languedocienne, puisque Arles de Montigny évoque aussi des « Darles du Languedoc » dans son interrogatoire - au demeurant Beaucaire, ville où son père se retire à la fin de sa carrière (Emmanuel Boussuge, Situations de Fougeret de Monbron (1706-1760), 2010 - books.google.fr).

Darles se prénommait François-Xavier ou Xavier comme le titulaire de la chapelle devant laquelle se trouve le "CT". Beaucaire s'appelait autrefois Belcaire comme celui de l'Aude.

La famille de Nègre est représentée en France, dès 1310, date à laquelle elle prend possession du château de Belcaire. Avant cette date on la trouve dans la ville d'Urgel, en Catalogne, région où elle prit part dès le XIe siècle à la Reconquista, combattant les maures, ce qui lui valut son patronyme actuel. Très tôt sédentarisée à Belcaire, elle y acquiert un rôle important car le bailliage de Sault dont elle fait partie, élevé en bailliage royal par saint Louis en 12473, représente l'ultime frontière du royaume avec l'Espagne. Les seigneurs de Belcaire y commandent un corps de troupe censé sécuriser la région, et ont dès lors la charge de gouverneur militaire. Jean de Nègre, bailli de Sault, achète en l'an 1600, la seigneurie d'Able, dont le château est d'origine wisigothe. Depuis cette époque sa descendance conserve le nom de Nègre d'Able (fr.wikipedia.org - Famille de Nègre).

On retrouve Belcaire d'Aude sur la ligne gnostique ainsi que la devise du Serpent rouge " LENE BUXEUM - EOUS SCAPHÆ " qui semble indiquer des étymologies aventureuses de lieux liés à la ligne gnostique et au sceau de Salomon. SCAPHAE désigne en latin un cadran solaire (Autour de Rennes : Un alignement inattendu : la ligne gnostique).

Dominant une plaine alluviale plantée de vergers, de vignes et de rizières au sud, Beaucaire est bordée d’un paysage de garrigue au relief très découpé au nord, et prolongée à l’ouest par le plateau de la Costière. D’Ugernum, la bourgade gauloise, dont le nom évoque la hauteur où elle s’est établie, à la ville d’aujourd’hui, en passant par la Belcaïre médiévale (ce toponyme «belle pierre» est attesté dès 1067), c’est une histoire «d’eau et de pierre». De son propre sous-sol, Beaucaire tire son matériau ; au fil du Rhône, la ville tisse son destin.

Dès la fin du IIe siècle av. J.-C., Belli Quadrum (nom romain de Beaucaire) constitue une étape sur la via Domitia, qui relie l’Italie à l’Espagne. Ainsi, très tôt, la ville, par sa situation géographique, concentre tous les atouts propices au développement des échanges. Une foire est attestée dès 1168 : Belcaïre est alors possession des comtes de Toulouse. Surplombant le Rhône, qui sert de frontière entre ce comté et celui de Provence, la forteresse occupe une position stratégique, qui coûtera à la cité un siège resté fameux dans l’histoire de la croisade contre les albigeois. Devenu royal en 1229 en même temps que la ville, le château double en 1350 de superficie (www.gallimard-loisirs.fr - Beaucaire du Rhône au rocher).

Témoins de la période médiévale, les désignations du "château" sont nombreuses. On les rencontre exprimées à l'aide de termes différents : les beaucaire (castrum Bellicadri en 1096, après avoir été Ougernon chez Strabon) sont des bèu caire (du provençal bèu : beau et caire : pierre d'angle, pierre de taille), c'est-à-dire des châteaux. Du XVIIe siècle au XIXe siècle, la Foire de la Madeleine, confirmée par Louis XI en 1464, va apporter à Beaucaire un rayonnement international. Dix jours de foire franche généraient un volume d’affaires comparable à celui du port de Marseille en une année (fr.wikipedia.org - Beaucaire (Gard)).

La pierre d'angle (caire) rencontre l'angle droit formé par les orthogonales "corps" et "âme" du triangle des "N".

Le Père Jean-Baptiste Girard, jésuite et prédicateur français, fut nommé, vers 1728, recteur du séminaire royal de la marine à Toulon. Là, une de ses pénitentes, Catherine Cadière, âgée de dix-huit ans, d'une famille honnête et d'une grande beauté, s'attacha à lui avec une exaltation mystique fomentée par la lecture imprudente des livres ascétiques : elle se prétendait l'objet de toutes sortes de miracles. Le Père Girard l'encouragea tout d'abord dans cette voie dangereuse ; mais bientôt, s'étant rendu compte de la supercherie, il se retira. La demoiselle Cadière, piquée de cet abandon, en fit confidence au prieur du couvent des Carmélites, janséniste fervent et grand ennemi des jésuites. Ce religieux lui fit répéter ses accusations devant témoins. Les jésuites réussirent alors à faire enfermer la jeune Cadière aux Ursulines. Cet abus d'autorité les perdit. L'affaire fut portée devant le parlement d'Aix, où Catherine Cadière accusa le Père Girard de séduction, d'inceste spirituel, de magie et de sorcellerie. Après de longs et tumultueux débats, le Père Girard fut mis hors de cour et de procès à la majorité d'une voix : sur vingt-cinq juges, douze l'avaient condamné à être brûlé vif. Le peuple avait d'ailleurs ouvertement pris parti contre lui ; il dut quitter secrètement Toulon. Il se rendit à Lyon, et de là à Dôle, où il mourut deux ans après, le 4 juillet 1733. Le procès eut un retentissement considérable. Les factums écrits à cette occasion, les antifactums, les mémoires instructifs, les observations, les démonstrations, etc., sont nombreux et volumineux. Ils mériteraient sans doute un examen minutieux, peut-être une étude précise. Ceux que possède la Bibliothèque nationale comprennent, dans le catalogue des factums dressé par A. Corda en 1890, soixanteneuf titres, dont le libellé occupe près de quatorze colonnes du catalogue. On trouve une allusion curieuse à cette affaire dans une brochure publiée en 1733 sous le titre : Anecdotes pour servir à l'histoire secrète des Ebugors, et qui attaquait, sous le voile léger d'anagrammes facilement transparents, le vice sodomitique. Mlle de Cadière est devenue Calederia ; le Père Girard s'appelle Ripergader et est commandant des Caginiens (Ignaciens, ou Jésuites). Ces derniers, adeptes fidèles des Ebugors (bougres, ou sodomites) reprochaient à Ripergader, leur commandant, de s'être laissé gagner par les grâces de Calederia, une Cythéréenne. Mais le coupable, après une légère punition, revenait vers ses passions premières. Un petit poème du libertin Robbé de Beauveset a célébré aussi, avec malice, les stigmates de la jeune Cadière et les extases du Père Girard. [...] Thérèse philosophe a usé de quelques anagrammes, mais au voile très léger : Dirrag, Girard ; Éradice, Cadière ; Vencerop, Provence ; Volnot, Toulon. (Thérèse philosophe: Mémoires pour servir à l'histoire du Père Dirrag et de Melle Éradice, 2016 - books.google.fr).

Dans le Supplément à Apprius du Prince de Ligne, inspiré de Anecdotes pour servir à l'histoire secrète des Ebugors on trouve l'extrait suivant :

Le roi de Vergoberie envoya le Portier des Chartreux à Cléon, celle-ci, en reconnaissance, lui fit tenir l'Académie des dames. Mina leur fit présent du Cantique des cantiques. Pour la remercier, Lucanus lui envoya Thérèse philosophe... (Charles Joseph Ligne (prince de), Sabine Chaouche, Roland Mortier, Manuel Couvreur, Ecrits sur l'art théâtral: (1753-1801), 2005 - books.google.fr).

Dès la Renaissance, en 1540, un petit cercle parisien, vraisemblablement des "libertins-spirituels" réprouve la Bible et ses absurdités et s'arrête à une lecture très littérale du Ct (Cantique des cantiques). A la même époque Châteillon et quielques libertins sprituels français reprochaient au Ct son caractère immoral (Salomon aurait été comme fou en rédigenat le septième chapitre). C'est un double principe moral et raisonnable qui amème Châteillon à critiquer le Ct (Max Engammare, Qu'il me baise des baisiers de sa bouche: le Cantique des cantiques à la Renaissance : étude et bibliographie, 1993 - books.google.fr).

L'on se souvient que les Juifs attendaient l'âge de trente ans pour lire le Cantique des cantiques.

Des Boyer d'Argens et des Hautpoul firent partie des chevaliers de Maltes de la province de Provence (Pierre Marie Louis de Boisgelin de Kerdu, Ancient and Modern Malta: Containing a Description of the Ports and Cities of the Islands of Malta and Goza, as Also the History of the Knights of St. John of Jerusalem, Volume 31804 - books.google.fr).

Des Hautpoul ont été seigneurs de Bize Minervois (Georges) et d'Argens Minervois.

Catin est un diminutif de Catherine, prénom de la Cadière, qui se prénommait même Marie-Catherine.

Le Père Nicolas partisan des jansénistes qui succéda au père Girard à la direction de la jeune fille, jésuite, aurait poussé Catherine Cadière à dénoncer celui-ci.

P. Nicolas ne déplut pas à Mlle. Cadiere, & Mlle. Cadiere ne déplut pas au P. Nicolas qui pour abréger l'histoire ne l'apella plus que sa Catin; & il est prouvé au pracez que P. Nicolas alloit Voir souvent sa Catin à la Campagne, qu'il coudhoit dans sa chambre, qu'en sa présence il quittoit sa tunique pour prendre une chemise, &c. Pendant le jour P. Nicolas n'étoit pas un personnage hors d'oeuvre, il jouoit à la boule avec sa Catin, riait, dansoit, sautoit, choquoit le verre avec elle, chantoit l'amour & le vin ; & Frère Lubin de Clément Marot, n'est qu'un petit clerc, qu'un novice, en comparaison de P. Nicolas (Lettres curieuses de differens endroits sur tout ce qui se passe dans l'église au sujet de la Constitution Unigenitus, 1722 - books.google.fr, La Provence illustrée, ou, Précis de l'histoire de Provence depuis l'occupation romaine jusqu'à nos jours, 1846 - books.google.fr).

Il y a bien un T dans Thérèse, c'est l'abbé T*** (la bête) qui n'y est pas absent. La lettre manquante dans "HAUPOUL" bien reconnaissable attire justement l'attention sur elle et la met en évidence à part du texte de l'épitaphe.

Thérèse donne un résumé de tout ce que Thérèse philosophe renferme :

Je vous le répète donc, censeurs atrabilaires, nous ne pensons pas comme nous voulons. L’âme n’a de volonté, n’est déterminée que par les sensations, que par la matière. La raison nous éclaire, mais elle ne nous détermine point. L’amour-propre (le plaisir à espérer ou le déplaisir à éviter) sont le mobile de toutes nos déterminations. Le bonheur dépend de la conformation des organes, de l’éducation, des sensations externes, et les lois humaines sont telles que l’homme ne peut être heureux qu’en les observant, qu’en vivant en honnête homme. Il y a un Dieu, nous devons l’aimer parce que c’est un être souverainement bon et parfait. L’homme sensé, le philosophe, doit contribuer au bonheur public par la régularité de ses mœurs. Il n’y a point de culte, Dieu se suffit à lui-même : les génuflexions, les grimaces, l’imagination des hommes, ne peuvent augmenter sa gloire. Il n’y a de bien et de mal moral que par rapport aux hommes, rien par rapport à Dieu. Si le mal physique nuit aux uns, il est utile aux autres : le médecin, le procureur, le financier, vivent des maux d’autrui, tout est combiné. Les lois établies dans chaque région pour resserrer les liens de la société doivent être respectées, celui qui les enfreint doit être puni parce que, comme l’exemple retient les hommes mal organisés, mal intentionnés, il est juste que la punition d’un infractaire contribue à la tranquillité générale. Enfin, les rois, les princes, les magistrats, tous les divers supérieurs, par gradations, qui remplissent les devoirs de leur état, doivent être aimés et respectés parce que chacun d’eux agit pour contribuer au bien de tous (Thérèse Philosophe ou Mémoires pour servir à l’histoire du père Dirrag et de mademoiselle Éradice - Anonyme, Attribué au marquis Boyer d’Argens - du.laurens.free.fr).

Cette conclusion entre bien dans nos vues.

« Dame Nature » se confond avec « l'âme du monde », elle est un principe occulte sur lequel s'établissent, par exemple, les correspondances analogiques entre microcosme et macrocosme : c'est une force cachée, voire une sorte de divinité à laquelle les spéculations «superstitieuses» des alchimistes et des astrologues s'en remettent. En revanche, la conception que se font de la nature les personnages de Thérèse philosophe suit un tout autre plan. Ici, rien de mystérieux dans la nature et toute l'action occulte dont on a bien voulu la doter se réduit, suivant le mot de l'abbé T***, aux « premiers principes du mouvement ». La marche de la nature doit même être assimilée aux lois de la mécanique universelle, thèse centrale de notre abbé libertin et, on l'a vu, de la physique nouvelle. L'important article de l'Encyclopédie parlait, on s'en souvient, de « l'action des corps les uns sur les autres » et, tout comme la Fille de joye, Thérèse philosophe propose également un tableau touchant et séduisant des lois présidant à ce « méchanisme des corps ». [...] (Marc André Bernier, Libertinage et figures du savoir: rhétorique et roman libertin dans la France des Lumières, 1734-1751, 2001 - books.google.fr).

Le "O" de "MDCOLXXXI" se trouve placer sur la commune de Clermont-sur-Lauquet, à la verticale de la chapelle Saint Jean du plan inversé de l'église Saint Sulpice de Paris, et plus précisément près de la Grotte de l'Espinasse, nom d'un personnage du Rêve de d'Alembert, de Diderot, qui s'apparente à Thérèse philosophe. Diderot aborde bien le sujet de la matrice et des organes de la génération. Le principal souci de Julie de Lespinasse est de comprendre comment fonctionne son corps. Elle compare le corps humain à une toile d'araignée et le docteur Bordeu, que Diderot met en scène, assimile le corps à « un réseau qui se forme, s'accroît, s'étend, jette une multitude de fils imperceptibles » (Denis Diderot, Le rêve de d'Alembert, 1987 - books.google.fr).

Le "O" ou le rond :

Fruit d’un amour passager entre la mondaine Claudine Guérin de Tencin (1682-1749) et, en toute probabilité, le duc d'Arenberg (1690-1754), d’Alembert naît le 16 novembre 1717 à Paris. Le lendemain, il est abandonné par sa mère qui le fait porter par un serviteur sur les escaliers de la chapelle Saint-Jean-le-Rond attenant à la tour nord de Notre-Dame de Paris. Comme le veut la coutume, il est nommé du nom du saint protecteur de la chapelle et devient Jean Le Rond. Il est d’abord placé à l’hospice des Enfants-Trouvés, mais retrouvé rapidement et placé dans une famille d’adoption par le chevalier Louis-Camus Destouches, homme de confiance qui a reçu un fonds pour s'occuper de lui. Destouches veille secrètement à son éducation en lui accordant une pension et le visite quelquefois chez sa nourrice, madame Rousseau, née Étiennette Gabrielle Ponthieux (ca 1683 - 1775) la fameuse « vitrière » chez qui D’Alembert vivra jusqu’à ses cinquante ans. À sa mort, en 1783, il lègue 1200 livres de pension viagère au « sieur Jean d'Aremberg ». Sa mère, qui tiendra plus tard un salon célèbre, refusera tout contact avec lui, alors que le frère de Camus Destouches, Michel, et après lui sa femme, Jeanne Mirey, verseront fidèlement sa pension jusqu'à sa mort (fr.wikipedia.org - Jean le Rond D'Alembert).

Dans le Traité de dynamique, il énonce le théorème de d'Alembert (aussi connu sous théorème de Gauss-d’Alembert) qui dit que tout polynôme de degré n à coefficients complexes possède exactement n racines dans C (non nécessairement distinctes, il faut tenir compte du nombre de fois qu’une racine est répétée). Ce théorème ne sera démontré qu’au XIXe siècle par Carl Friedrich Gauss, qui localise plusieurs failles dans une démonstration proposée par d'Alembert. Louis de Broglie présente ce théorème ainsi : « On lui doit le théorème fondamental qui porte son nom et qui nous apprend que toute équation algébrique admet au moins une solution réelle ou imaginaire ».

En mathématiques, on définit le nombre complexe j comme l'unique racine cubique de 1 dont la partie imaginaire est strictement positive. j=exp(2i*pi/3) = -1/2 + i*sqrt(3)/2, où exp désigne l'exponentielle complexe. Dans le plan complexe, les trois points d'affixes 1, j et j*j forment un triangle équilatéral. C'est une application du théorème de d'Alembert.

Ce qui permet de voir la Coume Sourde, avec la dalle au motif triangulaire SAE-SIS-PS PRAECUM, comme "cube sourd" ou imaginaire cubique (La Croix d’Huriel et la Ligne gnostique : Le Chariot).

Pour cerner les traits de cet être androgyne, je prendrai en guise d'exemples deux cas de femmes philosophes, dans deux textes qu'à première vue tout semble rapprocher puisqu'il s'agit de documents appartenant au même genre, le dialogue philosophique tant prisé par les Lumières, et traitant du même sujet, la philosophie. Et pourtant, en dépit de ces apparences, tout semble séparer la Mademoiselle de l'Espinasse du Rêve de d'Alembert de Diderot, de la Thérèse de Thérèse philosophe de Boyer d'Argens.

Le Rêve de d'Alembert et Thérèse philosophe sont pourtant deux textes d'autant plus complémentaires qu'ils permettent d'analyser le rôle du corps, ce corps qui, dans la conception matérialiste des Lumières, est appelé (en théorie du moins) à jouer le rôle de laboratoire, de hic et nunc dans lequel les Philosophes, refusant l'au-delà d'un corps éternel ou transsubstantié, ancrent leur expérience. D'une part, le Rêve de d'Alembert permettra d'approcher le corps philosophique par l'en-deça, par l'euphémisme du dialogue de salon, tandis que Thérèse philosophe nous en donnera une image vue par l'au-delà transgressif. Ce n'est pas que la "femme-philosophe" n'existe pas au siècle des Lumières. Elle aurait plutôt été soumise à une double contrainte narrative. La femme joue en effet un rôle à la fois central et périphérique: elle est pilier et parasite de l'édifice philosophique construit au XVIIIe siècle. Dans le Rêve de d'Alembert, un des textes les plus cités du dix-huitième siècle philosophique, Mademoiselle de l'Espinasse sert de lien entre deux instances discursives qui, sans son intervention, ne pourraient communiquer: l'inconscient du philosophe et le conscient du médecin. Elle déclare, par exemple, être "confondue": 'Je puis donc assurer, conclut-elle, à présent à toute la terre qu'il n'y a aucune différence entre un médecin qui veille [Bordeu] et un philosophe qui dort [d'Alembert]". C'est elle seule qui autorise une telle vérification. Elle est confondue au point d'en rester bouche bée, d'en être, finalement, "interdite", c'est dire si son rôle se confond avec les deux pôles qui le définissent. La double interdiction de Mademoiselle de l'Espinasse face à l'inconscient philosophique et au raisonnement médical dont elle rend le développement possible, est agravée par une troisième interdiction: la femme-élève ne voit goutte à ce qu'elle a écrit et à ce qu'elle transmet au médecin. Elle comprend en effet si peu à la situation, à ce qu'elle répète, que Bordeu lui-même pourrait suppléer à ce qu'elle essaie de dire, perdue dans ses propres mots. Quand elle déclare: "Ma foi, docteur, j'entendais si peu ce que j'écrivais; il parlait si bas, cet endroit est si barbouillé que je ne saurais lire", Bordeu répond: 'J'y suppléerai, si vous voulez" . Une scène grotesque où Bordeu, ayant développé l'argument que d'Alembert avait prononcé dans son sommeil et que Mademoiselle de l'Espinasse avait été incapable "d'entendre" se conclut par l'interpellation du domestique: "Qui de vous a été chez le docteur?", demande de l'Espinasse au domestique surpris. La question, qui, a première vue paraît saugrenue, n'appelle qu'une seule réponse possible: rien n'est sorti à son insu de chez elle. "Tenez, docteur, conclut-elle, j'ai soupçonné quelqu'un d'eux de vous avoir communiqué mon griffonage". La conclusion est claire: le docteur supplée à ce que Mademoiselle de l'Espinasse n'a pas entendu. Jouant le rôle de point de liaison, d'intermédiaire nécessaire, entre les hommes, philosophe et médecin, de l'Espinasse nous est présentée comme une auditrice peu douée. Elle est plus piètre lectrice encore de ses propres mots. Cette confusion de l'élève permet ainsi à Bordeu de suppléer aux idées de d'Alembert que de l'Espinasse n'a pas comprises, et de lire de l'Espinasse mieux qu'elle-même. En deux mots: le docteur lit, mais surtout entend (dans les deux sens de l'ouie et de l'entendement) mieux qu'elle. Pour de l'Espinasse, il est surprenant que le docteur qui n'était pas présent puisse déchiffrer à la fois son écriture et les idées de d'Alembert alors qu'elle n'y a vu goutte, mais sa surprise ne souligne qu'avec plus de force le caractère superfétatoire de sa participation dans le réseau de la transmission de pensée littérale entre le philosophe endormi et le médecin éveillé. Oreille intermédiaire derrière laquelle ne se cache aucun cerveau, l'élève, peu douée, finira exclue de sa propre écriture, de sa propre signature. Mais, autre double contrainte oblige, si la femme ne peut apprendre, il faut, pour que le rôle pédagogique de l'homme puisse se maintenir, qu'elle apprenne pour aussitôt désapprendre. De l'Espinasse est ainsi censée ne rien connaître et rapporter, souvent sans n'y rien comprendre, les paroles du philosophe endormi. Et c'est précisément cette "idiotie" (dans le sens où elle reste toujours l'autre de l'unité philosophe-médecin), cet aveuglement qui la rendent centrale au Rêve. En effet, c'est du récit que de l'Espinasse rapporte et des questions qu'elle pose que dépendra le succès de l'argument du docteur Bordeu. Et il faut que, ignorante, elle en sache en fait plus que Bordeu lui-même, non pas pour se laisser guider à travers son argument, mais pour le diriger là où il voulait aller. De l'Espinasse est ainsi contrainte à poser les "bonnes" questions: dans le cadre de l'enseignement de Bordeu, il faudra qu'elle pose les questions qui permettent le monologue du maître, le (dis-)cours magistral. [...]

Pas plus que le Rêve de d'Alembert, Thérèse philosophe ne fait de différence théorique entre l'homme et la femme. L'un comme l'autre ont le droit d'exprimer des désirs et de les réaliser. Si d'une part, le corps humain est une machine et si d'autre part la société est aussi un mécanisme dont chaque élément doit respecter l'ordre de l'ensemble, rien n'indique que telle machine ou pièce de la machine soit "mâle" ou "femelle". Partant du principe que tout humain a le droit de regard sur son propre corps et sur sa propre jouissance, Thérèse philosophe pose en théorie que l'homme ne diffère en rien de la femme. De plus, autre nouveauté dans le genre, la femme est ici une pédagogue active à qui l'on enseigne, mais qui écoute, voit, retient et transmet son savoir. Contrairement à de l'Espinasse, Thérèse reçoit et transmet un savoir qui n'est pas désincarné: il part du corps et y revient sans cesse appliquer les découvertes théoriques. [...]

Thérèse philosophe inaugure un genre nouveau où la sexualité fait partie intégrante de la philosophie à enseigner et où, inversement, cette philosophie est ancrée dans des corps en émoi. C'est dans ce cadre philosophico-érotique qu'il faut voir la description de la naissance et du développement de la sexualité chez Thérèse (Jean Mainil, Dans les règles du plaisir : théorie de la différence dans le discours obscène romanesque et médical de l'Ancien Régime, 1996 - books.google.fr).

Jeanne Julie Éléonore de Lespinasse, née le 9 novembre 1732 à Lyon et morte le 23 mai 1776 à Paris, est une salonnière et épistolière française. Elle inspira une grande passion à Jean d'Alembert et mourut prématurément. Elle était la fille illégitime du comte Gaspard Nicolas de Vichy (1699-1781)1, frère de Marie du Deffand, et de la comtesse d’Albon (1695-1748). « Il n’y a qu’une chose qui résiste, c’est la passion et c’est celle de l’amour, car toutes les autres resteraient sans répliques. (…) Il n’y a que l’amour-passion et la bienfaisance qui me paraissent valoir la peine de vivre4. » Dans ces quelques lignes pourrait se résumer la personnalité de Julie (fr.wikipedia.org - Julie de Lespinasse).

Près du T manquant de "HAUPOUL" se trouve le hameau de Carbonnel. Dans l'entourage de d'Alembert, la normande mademoiselle de Carbonnel de Canisy épousa monsieur de Forcalquier, de la famille de Brancas (Correspondance complète de la marquise du Deffand, Volume 1 1865 - books.google.fr).

M. de Forcalquier, dit-on, était aussi fort ulcéré contre moi, je ne sais pas par quelle raison ; pour celui-là il est mort, dieu merci : et nous n'entendrons plus dire à tout le monde, Comment se porte M. de Forcalquier ? comme s'il était question de Turenne ou de Newton (Lettre à madame du Deffand, Oeuvres de d'Alembert, 1822 - books.google.fr).

Forcalquier était un homme fort spirituel, fort aimable, et qui réunissait à ces côtés brillants un mérite très-réel et très-apprécié. « M. de Forcalquier avoit beaucoup plus d'esprit qu'il n'en faut; mademoiselle de Flamarens disoit qu'il éclairoit une chambre en y entrant. Gai, un ton noble et facile, un peu avantageux, peignant avec feu tout ce qu'il racontoit, et ajoutant quelquefois aux objets ce qui pouvoit leur manquer pour les rendre agréables et plus piquans. » Président Héuault, Hémoires (Dentu, 1855), p. 183. D'Argens a dit de lui : « Savant pour lui seul et soigneux de cacher son savoir, il est dans son cabinet aussi bon métaphysicien qu'amant tendre auprès de sa maîtresse. » Lettres juives (La Haye, Poppi, 1706), t. I, p. 264. Pour parachever ses qualités, il était fort brave, et eut ses cheveux emportés par un boulet de canon au siége de Kehl, ce que n'a garde de ne pas célébrer Voltaire. Œuvres complètes (Beuchot), t. XIV, p. 349. Voir aussi le portrait de M. de Forcalquier, par madame du Deffand. Correspondance complète (Paris, Plon, ), t. II, p. 744, 745 (Gustave Desnoiresterres, Voltaire et la société au XVIIIe siècle: Voltaire à Cirey, Volume 2, 1871 - books.google.fr).

Le R de "DARLES" se trouve sur la commune de Routier, qui confine à celle de Lauraguel au hameau de Bordenave.

Pour replacer les Eléments de physiologie dans leur perspective originelle, il importe de les comparer au Rêve de d'Alembert, dont ils constituent un développement technique, et de les confronter avec leurs avec leurs sources, dont le philosophe n'a pu réellement se libérer : bien souvent Diderot poursuit une discussion avec l'auteur qu'il a sur sa table, et seule l'étude des sources nous démontre le caractère dialectique de la pensée. La copie Vandeul, dont l'originalité principale tient au plan nouveau que Diderot a suivi, donne le fil conducteur de l'œuvre. La première partie, intitulée des Etres, a pour but de situer l'homme dans le règne vivant. La définition du végétal et celle de l'animal, la transition qui les relie l'un à l'autre, la nature particulière de l'homme, la critique de la notion d'âme en constituent les thèmes essentiels. La seconde partie, sous le titre : Eléments et parties du corps humain, s'inspire des deux traités de Haller : Primae lineae physiologiae in usum praelectionum academicarum - ce traité, paru en 1747, fut traduit par Tarin (1752) sur la première édition et par Bordenave (1769) sur l'édition de 1751 ; Diderot s'est servi de la traduction de Bordenave -, et Elementa physiologiae corporis humani. Diderot y puise l'essentiel de son information, mais en y ajoutant des remarques de toute provenance. Il adopte un plan différent de celui que lui fournissaient les Primae lineae. Il étudie en premier lieu la structure élémentaire des tissus telle qu'on la concevait alors : la fibre, le tissu conjonctif qu'il appelle tissu cellulaire, les membranes, la graisse. Pour décrire les fonctions du corps, il s'inspire du triumvirat de de Bordeu, le cerveau, le cœur et le ventricule, qu'il appelle le trépied de la vie. [...]

En ce domaine purement technique, il s'en rapporte à l'enseignement des spécialistes. Les Primae lineae physiologiae de Haller, citées d'après la traduction de Bordenave, servent de toile de fond à l'ensemble. Pour préciser les notions de base ou les fonctions vitales essentielles, Diderot se reporte aux Elementa physiologiae. [...]

Que ce soit chez des animistes avoués comme Whytt et Marat ou chez le vitaliste Barthez, Diderot ne cesse de recueillir des preuves contre l'animisme : la vision de l'être humain qui s'impose à lui est celle d'une société d'organes réagissant diversement à un stimulus extérieur, à une émotion, à la fatigue, de destruction. L'organicisme, déjà présenté dans le Rêve de d'Alembert, provient de Bordeu (qui lui-même a subi l'influence de Van Helmont). Bordeu qu'on a coutume d'associer à Barthez, s'oppose en réalité profondément à lui. Barthez vise certainement son collègue montpelliérain lorsqu'il attaque « certaines opinions de Van Helmont, qu'on doit cependant regarder comme inutiles aux progrès de la science, et comme ayant été adoptées par un vice dans la manière philosopher. Tel est ce dogme de Van Helmont; que chaque organe, comme la matrice, la rate, etc., a une vie qui lui est propre : et que la vie commune de tout corps doit être conçue distincte, et comme existant séparément de ces vies particulières ». Bordeu écrit en effet ces lignes, qui trouveront un écho dans les Eléments de Diderot : « Chaque partie est, pour ainsi dire, non pas sans doute un animal, mais une espèce de machine à part qui concourt, à sa façon, à la vie générale du corps » (Jean Mayer, Diderot, homme de science, 1959 - books.google.fr).

Du triumvirat de Bordeu au triangle

Parmi ces « animaux particuliers », certains jouent un rôle prépondérant : « Estomac, cerveau et cœur, trois grands animaux, trois centres de mouvement. » (Jean Mayer, Diderot, homme de science, 1959 - books.google.fr).

Dans "prépondérant" il y a pondération et donc poids.

Bordeu ne prend pas comme les iatro-mathématiciens le cœur seul pour agent principal de la vie, il reconnaît comme soutiens et appuis de celle-ci : le cœur qui envoie le sang jusqu'aux plus petits vaisseaux, et fournit la nourriture à toutes les parties ;l'estomac qui prépare le suc nourricier et communique son action à tous les organes; enfin les nerfs qui sontles instruments de la sensibilité et se réunissant au cerveau et à la moelle allongée, se distribuent dans toute l'économie et vont porter partout la sensibilité et le mouvement qui font l'essence de la vie animale (Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales publie sous la direction de Mm. les docteurs Raige-Delorme et A. Dechambre, 10: BLE-BRO., 1869 - books.google.fr).

Un grand nombre de physiologistes, tels que Bordeu, Spallanzani et Bichat surtout, ont limité l'action du cœur aux artères et ont soustrait les capillaires à son influence (Jean-Louis Brachet, Jean-Louis Alibert, Encyclopédie des sciences médicales; ou traité général, méthodique et complet des diverses branches de l'art de guérir: Anatomie et physiologie, Volume 5, 1840 - books.google.fr).

Il suit de ce qui vient detre exposé, qu'on peut regarder le cerveau, le cœur & l'estomac, comme le triumvirat de la machine humaine, le vrai soutien & l'appui de la vie. Ces organes font comme autant de centres, d'où partent & vers lesquels tendent toutes les actions & les efforts nécessaires aux fonctions quelconques de la vie. Celles ci se tiennent les unes aux aupres d'une maniere admirable, & elles dépendent toutes de l'influence ou de l'action de la fibre nerveuse, animale ou sensible, diversement repliée, contournée, appuyée, excitée dans les diverses parties. [...] En un mot l'estomac & les organes qui l'avoisinent, tels que le diaphragme & les intestins, paroissent un centre ou un réservoir d'action, qui dans toutes les fonctions corporelles , & même dans le matériel de beaucoup de fonctions essentiellement dépendantes de l'ame , S'etend de ce centre dans toutes les parties. [...] Ainsi l'estomac ou ses appartenances qui sont un centre principal pour les mouvemens du corps le font de même pour tous ses divers degrés de sentiment du corps, ou bien s'y rassemble, s'y concentre; y fait enfin des impressions étonnantes, dont les Médecins trouvent journellement des exemples dans la pratique (Théophile de Bordeu, Traité de médecine théorique & pratique, 1774 - books.google.fr).

Bordeu a préludé à la division de la contractilité en contractilité organique et contractilité animale, car il a dit que sous la dépendance du cerveau et des nerfs il se formait deux ordres de mouvements vitaux: le mouvement tonique et le mouvement musculaire (Théophile Charles Emmanuel Édouard Auber, Traité de la science médicale-histoire et dogmes, 1853 - books.google.fr).

Avec le triumvirat de Bordeu on retrouve un triangle. L'hegemonikon se place dans le coeur, la connaissance dans le cerveau et le penchant (attirance vers les plaisirs corporels) dans l'estomac.

Apparaît d'abord, brillante et fastueuse, une aristocratie qui prétend demeurer le premier corps de l'État. Titres, honneurs, prérogatives, elle ne veut rien céder. Mais en même temps qu'elle gaspille les richesses qui lui permettaient de tenir son rang, elle perd ce rang dans la révision qui met en cause toutes les valeurs morales. Ceux qui mènent l'intelligence lui contestent sa raison d'être ; quelquefois elle ne tient pas compte de leur effort, et le tient obstinément pour nul et non avenu ; quelquefois, elle le favorise, en s'alliant aux philosophes : une partie de l'aristocratie a toujours aimé à travailler à sa propre perte. De toute manière, elle se défend mal; elle ne répond pas, elle répond de travers aux critiques idéologiques qui tous les jours tendent à la déposséder de sa primauté, et qui ne se bornent plus au thème rebattu par les moralistes : à savoir que la noblesse de naissance ne prévaut pas contre la noblesse de cœur, et qu'il faut faire plus d'état d'un crocheteur qui serait honnête homme, que d'un gentilhomme qui vivrait sans vertu (Paul Hazard, La pensée européenne au XVIIIème siécle: Le procès du christianisme. La cité des hommes, Volume 1, 1946 - books.google.fr).

Chez la Cadière, tout se mêle, vie affective, élans spirituels et langage du corps. L'invasion mystique des XVIe et XVIIe siècles, plus particulièrement en Provence, a entraîné une surenchère baroque, on se livre à une compétition de dévotion, de vertu ou de miracles. Tout cela macère et explose lors de l'affaire Girard-Cadière, et se concentre dans le corps de Catherine, véritable laboratoire de sainteté. Il paraît évident que sa santé fragile, ses manifestations physiques, les métamorphoses de son corps jouent un rôle essentiel dans ses prédispositions pour la sainteté. Il faut infliger au corps les châtiments qu'il mérite, le dresser par une stricte ascèse alimentaire, en s'inspirant des récits hagiographiques, laisser entrevoir la distinction par des signes. C'est un des motifs de la charge satirique qui se plaît à représenter une jeune femme, livrée à la lubricité d'un prêtre libertin et se moque des désarrois de l'élève Cadière. Cette tendance se retrouve dans les estampes flagellantes, qui livrent la nudité de la jeune femme aux assauts de la discipline jésuite. La pratique de l'orbilianisme - passion de faire fouetter - alimente une littérature spécialisée, qui se localise et s'exprime souvent dans l'espace clos du couvent ou du collège jésuite. Les excès présumés de certains recteurs, aidés du bras vengeur du correcteur nourrissent de nombreux fantasmes. Ainsi ici, la jeune Cadière, aux sens troublés comme une nouvelle Thérèse, se livre sans réserve aux exigences de son directeur pour mieux atteindre l'Elu. Elle en témoigne «ajoutant qu'un jour, ledit pere Girard la fit mettre en chemise sur son lit, disant qu'il falloit qu'elle fut punie de la faute qu'elle avoit faite de ne pas se livrer, elle se sentit mouillée et chatouillé à ses parties ; d'autres fois il lui donnoit d'une discipline sur les fesses, & lui baisoit le derrière ; & c'etoit pourlors qu'il la moûilloit, & la chatouilloit. » (Ridiculosa, Volume 15, Université de Bretagne occidentale. Equipe interdisciplinaire de recherche sur l'image satirique, 2008 - books.google.fr).

De là, l'estomac de la Cadière qui se trouve mentionné dans les pièces du procès du père Girard :

La Lettre du Pere Girard est une réponse à celle de la Cadiere du même jour 22. Juillet. En quelle disposition étoit alors la Cadiere, qu'a-t'elle écrit ? Cette Fille, trop resserée dans l'enceinte d’un Monastere écarté, où rien ne la dédommageoit à son gré de l'oeil du public, pensoit très sérieusement à sa sortie. Mais comment faire ce coup d’éclat, si près de celui de fon entrée miraculeufe dans cette rétraite de Ste Claire ? Sa vanité ne veut être soupçonnée ni de legereté, ni de peu de courage; elle veut donc que la necessité prononce son élargissement, & qu'à ce titre le Pere Girard foit bien-tôt forcé d'y souscrire. Elle donne sa répugnance pour le maigre, dans un lieu où il est perpetuel, & que son estomach revolté ne peut ni recevoir ni retenir un inftant, pour le langage sensible d'un Dieu, qui n'a voulu d'elle que l'obéissance ; qui ne veut pas la consommation du facrifice, & qui desormais l’appelle ailleurs. [...]

Que le dernier jour d'un carnaval, "elle eut une vision en montant les escaliers, pour s'aller coucher, & entendit une voix qui lui dit: pendant le Carême je vous conduirai avec moi dans le désert, où vous ne vivrez, que du pain des Anges ; & qu'effectivement son estomac ne pouvoit supporter les alimens, qu'elle rejettoit au moment qu'elle les avoit pris, excepté les derniers jours qu'elle passa sans aucune nourriture, excepté d'eau" (Recueil de toutes les pièces du procez entre le Père J.B. Girard, Jésuite, et Catherine Cadière; le père Nicolas de St. Joseph, Carme déchaussé; Etienne-Thomas, et Franç. Cadière, frères. Jugé par arrêt du parlement de Provence le 10. oct. 1731, Volume 6, Desbordes, 1732 - books.google.fr).

Aux dires de témoins alors qu'elle subissait un exorcisme, on lui appliqua une étole sur son estomac, qu'elle jeta hors du lit en disant : "Leva mi aquiou pataras" (patras : chiffon) (Histoire du procez entre Demoiselle Cadiére & P. Cadière, Jacobin, Mre Cadière Prêtre, P. Nicolas Prieur des Carmes Dechaussez de Toulon, d'une part, & le P. Girard, 1733 - books.google.fr).

"ANTE" est un pilier carré d'angle.

La voûte à trois piliers est une portion de la substance médullaire du cerveau, située à la partie inférieure des deux ventricules supérieurs: on l'a ainsi nommée, à cause qu'elle ressemble à une voûte portée sur trois colonnes, dont la premiere la soutient par-devant, & les deux autres par-derriere, de sorte que le dessous représente un triangle (Encyclopédie, Ou Dictionnaire Universel Raisonné Des Connoissances Humaines: Ven - Zyg, Volume 42, 1775 - books.google.fr).

La surface inférieure du plancher triangulaire formé par la voûte à trois piliers, est toute remplie de lignes médullaires, transverses & saillantes. Les anciens ont donné le nom de psalloïdes & de lyre à cet espace, à cause de ses fibres. Le plexus choroïde est sous la lyre, & suit les cornes d'ammon (Denis Diderot, Jean Le Rond d'Alembert, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers, Tome 6, Partie 2, 1756 - books.google.fr).

La voûte à trois piliers est apellée autrement fornix. Cela confirmerait l'identification de l'angle "ANTE" au "PS PRAECUM", et dans l'optique de www.nonagones.info à la Roque Mude (Autour de Rennes le Château : PSPRAECUM ou PS PRAECUM : le petit frère des pieuvres).

Fornix - intranet.tdmu.edu.ua

Le T à la place du I de CI (ci-gît) est à Montgradail où se trouve le hameau "Mestre Jacques".

Il existait déjà en 1818 date de la publication de (Essai historique sur les États-généraux de la province de Languedoc, avec cartes et gravure, Volume 2, par le Baron Trouvé, Firmin-Didot - books.google.fr).

L'entreprise MONSIEUR DANIEL DARLES, est installée à Montgradail (MESTRE JACQUES) dans le département de l'Aude (fr.kompass.com, www.verif.com).

Cela ne s'invente pas.

L'ordre hospitalier de Saint Jacques du Haut Pas, avait sa principale maison ou chef d'ordre au diocèse de Luques en Italie. On entretenoit aux dépens de cet Hôpital un passage fur la rivière d'Arne dans l'état de Florence, sur le grand chemin de Rome, où l'on avoit accoutumé de payer de grands tributs & exactions, qui furent affranchis par cet Hôpital & ceux qui y étoient unis, de sorte que les pèlerins y passoient librement sans rien payer. Outre le Grand-Maître Général de cet ordre, qui résidoit en Italie, il y avoit encore un Commandeur Général pour la France, comme il paroit par quelques Epitaphes qui font dans l'Eglise de saint Magloire a Paris, au fauxbourg saint Jacques, & qui étoit autrefois un Hôpital appartenant à cet ordre. La Paroisse de saint Jacques du Haut-Pas à Paris n'a pris ce nom qu'à cause du voisinage de cet Hôpital, qui prit celui de saint Magloire, lorsque les Bénédictins succédant aux Hospitaliers, y apportèrent le corps de ce Saint. Il est présentement possédé par les Prêtres de l'Oratoire, qui y entretiennent un fameux Séminaire. Ces Hospitaliers de saint Jacques du Haut-Pas portoient sur leurs manteaux une croix blanche faite en forme de Tau dont le pied se terminoit en pointe (Le grand dictionnaire historique, Louis Moreri, Volume 4, 1732 - books.google.fr).

La famille des Cassini s'est toujours distinguée par sa piété et par son attachement à l'église Saint-Jacques du Haut-Pas, paroisse de l'Observatoire [et du méridien]. Jean-Dominique y avait en 1702 la concession d'un banc; son fils Jacques était élu en 1728 et réélu en 1730 par l'Assemblée paroissiale, marguillier d'honneur, charge à laquelle n'étaient appelés que les personnages les plus considérables de la noblesse et de la magistrature. parmi les marguilliers d'honneur de Saint Jacques figure Charles de Sévigné, fils de la célèbre marquise (Charles Wolf, Histoire de l'Observatoire de Paris de sa fondation à 1793, 1902 - books.google.fr).

La première pierre de l'église actuelle de Saint-Jacques-du-Haut-Pas fut posée, le 2 septembre 1630, par Monsieur, duc d'Orléans et frère de Louis XIII. Elle succédait à une chapelle, avec titre de succursale, qui datait de 1584, et fut érigée en cure à la présentation alternative du chapitre de Saint-Benoit et du curé de Saint-Hippolyte. Le quartier était pauvre; aussi les travaux marchèrent-ils lentement, malgré la générosité et le zèle des différents corps d'état de la paroisse. Les ouvriers carriers fournirent le pavé; les maçons et charpentiers s'imposèrent un jour de travail sans rétribution par semaine. La duchesse de Longueville, qui, depuis la mort de son fils, vivait retirée dans les couvents du voisinage, vint, de son côté, en aide aux paroissiens, et la première pierre du portail fut placée par elle le 19 juillet 1675. Ce portail, dessiné par Guittard, est orné de quatre colonnes doriques soutenant un fronton que domine une rose. Sur le flanc gauche s'élève une haute tour carrée qui date de 1684. La chapelle de la Vierge, derrière le chœur, fut ajoutée à l'église peu d'années après. Le Martyre de saint Barthélemy, premier ouvrage célèbre de Laurent de la Hire, orne aujourd'hui encore le grand autel de Saint-Jacques-du-Haut-Pas. Philippe de la Hire, son fils, célèbre géomètre, avait sa sépulture dans cette église. On y voyait également les tombes du trop fameux abbé de Saint-Cyran et de l'illustre Dominique Cassini. Les entrailles de la duchesse de avaient été déposées, tandis que son cœur était donné à Port-Royal, et le reste de sa dépouille mortelle aux carmélites de la rue Saint-Jacques. Ce fut, en effet, aux carmélites que vint mourir cette belle duchesse aux cheveux si blonds, aux yeux si doux, qu'à quinze ans elle semblait un ange, et elle l'était, en effet (Eugène de La Gournerie, Histoire de Paris et de ses monuments: comprenant les derniers événements et les monuments nouveaux, 1880 - books.google.fr).

Philippe de La Hire est l'auteur des Conchoïdes en général, conchoïdes apparaissant dans le cadran de Carthage, proche de l'"arachnè" ou araignée inventée par d'Eudoxe de Cnide selon Vitruve (Philippe de La Hire, Des conchoides en général, Histoire de l'Académie royale des sciences, avec les mémoires de mathématique & de physique, tirez des registres de cette Académie, 1708 - gallica.bnf.fr).

Le nom de Jacques, conforme à sa condition de valet, n'entre pas dans ces jeux de contraste entre le nom et l'être que relevait déjà Montaigne dans son Essai Des noms. Il semble au contraire conforter le marquage social qu'opère le nom, et qu'avait exprimé La Bruyère, lorsqu'il s'était fait l'écho moqueur des coquetteries nobiliaires de ses contemporains: "C'est déjà trop d'avoir avec le peuple une même religion et un même Dieu: quel moyen encore de s'appeler Pierre, Jean, Jacques, comme le marchand ou le laboureur ? Evitons d'avoir rien de commun avec la multitude; affectons au contraire toutes les distinct-ons qui nous en séparent: qu'elle s'approprie les douze apôtres, leurs disciples, les premiers martyrs (telles gens, tels patrons); qu'elle voie avec plaisir revenir, toutes les années, ce jour particulier que chacun célèbre comme sa fête ; Pour nous autres, grands, ayons recours aux noms profanes; faisons-nous baptiser sous ceux d'Annibal, de César et de Pommpée [...] de Renaud, de Roger, d'Olivier [...], d'Hector, d'Achille, d'Hercule [....], de Jupiter [...]." [...] La pertinence de la référence à saint Jacques apparaît si l'on se souvient que le roman de Diderot est tout entier hanté par l'interrogation sur la destination. Or dans ce roman fondamentalement désorienté, où aucune boussole ne permet de repérer une destination vers laquelle on se dirige, et où l'on ne cesse au contraire de s'interroger sur la possibilité même de s'assigner une destination, il est loin d'être indifférent que le protagoniste pérégrinant se prénomme comme le saint patron des pèlerins. C'est ici par ironie et par un contraste oppositionnel que Diderot demande au lecteur de se souvenir que Saint-Jacques de Compostelle représenta longtemps un pôle d'attraction rassurant dans la géographie de l'Europe catholique, puisque tous les pèlerinages, d'où qu'ils partent, étaient aimantés par cette destination non problématique. La détermination de l'hagiographie est présente (et les indices présents dans le texte consistent en une allusion explicite à Saint-Jacques de Compostelle et surtout en le lien de fraternité de Jacques et Jean: si Jacques a un frère qui se nomme Jean, rappelons que le grand apôtre Jacques enterré à Compostelle est le frère de l'Evangéliste Jean), mais elle fonctionne donc sur le mode du refus des valeurs du code. Il faut noter que depuis Rabelais ou Scarron, une remise en question des pratiques onomaturges du romancier semble s'imposer, dès lors qu'est apparu le nouveau roman réaliste anglais de la première moitié du XVIIIe siècle, auquel Diderot s'est montré particulièrement sensible. se sont tous efforcés de prendre des noms réels et communs, en allant les chercher par exemple dans des listes réelles, usuelles et triviales. On serait donc tenté de dire que le romancier moderne, dès lors qu'il choisit de puiser dans le réservoir des vrais noms, renonce à sa prérogative à'onomaturge créatif, pour se subordonner à l'exigence de réalité. Les noms romanesques, choisis pour offrir des similitudes avec ceux que l'on peut trouver dans la vie sociale réelle, se met au service de l'intention réaliste. Les deux fonctions identificatoire et classificatoire du nom propre semblent devoir prévaloir. Mais, dans le cas de Diderot, tout semble montrer que celles-ci ne sont pas exclusives d'une appréhension du nom comme embrayeur intertextuel. Cet aspect du programme interprétatif du nom que nous tentons d'exposer pourrait donc concerner d'autres "Jacques" de la tradition littéraire. L'acte interprétatif dépend alors des compétences du lecteur, requérant de sa part quelques opérations qui dépassent le simple rapprochement mécanique. Des rapports prometteurs, et qui mériteraient d'être étudiés, pourraient ainsi unir le Jacques de Diderot et le "Maître Jacques" de l'Avare. Le paysan parvenu de Marivaux s'appelait déjà Jacob. Une autre piste certainement riche serait ici celle d'un roman philosophique moins connu, bien qu'il fut une sorte de prototype pour Candide, Les Voyages de Jacques Massé de Tyssot de Patot (Jacques Berchtold, Le plumage bariole du jacquot: Le jeu sur le nom du valet dans Jacques le fataliste, Colloquim Helveticum, n° 23, 1996 - books.google.fr).

On en revient encore au cube, aux 8 béatitudes et à saint Jaques le Majeur (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Philolaos, les Bergers d’Arcadie et le cube).

Ces oeuvres du XVIIIème sont contemporaines et antérieures à la mort de Marie de Nègre en 1781. C'est un indice de l'authenticité de la dalle mortuaire mais cependant pas suffisant.

Fléchier sur la fontaine de Saint Sulpice, Paris

Un point commun entre François Xavier, Saint Jacques du Haut Pas et Saint Sulpice se trouve en la personne de Valentin Esprit Fléchier (10 juin 1632 à Pernes-les-Fontaines - 16 février 1710 à Nîmes).

C'est un homme d'Église et prédicateur français, évêque de Lavaur, puis de Nîmes, considéré comme l'un des grands orateurs du XVIIe siècle (fr.wikipedia.org - Esprit Fléchier).

Il rédigea de nombreux panygériques dont ceux d'Ignace de Loyola, François Xavier, de saint Suplice dans l'église Saint Sulpice en 1681, des sermons, dont l'un pour le jour de la consécration de l'église Saint Jacques du Haut Pas (Ouevres complètes de Fléchier, Migne, 1856 - books.google.fr).

Il est de son vivant apprécié pour ses talents d'orateur autant que Bourdaloue, Massillon et Bossuet. D'Alembert écrit à propos de ses oraisons funèbres : « Dans tous ses discours, l'orateur, même en s'élevant au-dessus de ses sujets, ne paraît jamais en sortir ; il sait se garantir de l'exagération, qui, en voulant agrandir les petites choses, les fait paraître plus petites encore ; il respecte toujours la vérité, si fréquemment et si scandaleusement outragée dans ce genre d'ouvrages, et l'on ne voit point chez lui le mensonge, qui assiège les grands pendant leur vie, venir ramper encore autour de leur tombe pour infecter leur cendre d'un vil encens, et pour célébrer leurs vertus devant un auditoire qui n'a connu que leurs vices. »

D'Alembert rapporte en outre que, lorsque Esprit Fléchier fut reçu à l'Académie, le 12 janvier 1673, le même jour que Racine et Gallois, « Il y parla le premier, et obtint de si grands applaudissements que l'auteur d'Andromaque et de Britannicus désespéra d'avoir le même succès. Le grand poète fut tellement intimidé et déconcerté en présence de ce public qui tant de fois l'avait couronné au théâtre, qu'il ne fit que balbutier en prononçant son discours ; on l'entendit à peine, et on le jugea néanmoins comme si on l'avait entendu. » (fr.wikipedia.org - Esprit Fléchier).

Le triangle féminin

L'érographie explore toutes les ressources du trio, mais elle tend à le débarrasser de sa combativité interne : le triangle érotique est idéalement neutre, c'est-à-dire dégagé de l'imaginaire (duel) et essentiellement focalisé sur le plaisir. Voyez déjà ce que dit, dans Thérèse philosophe, Mme C. à l'abbé T., à propos de Thérèse, tout en fustigeant la jalousie : « ...je n'hésiterais pas à la mettre de tiers dans nos plaisirs » (Gaétan Brulotte, Œuvres de chair: figures du discours érotique, 1998 - books.google.fr).

Ce triangle, comme en volume la pyramide, est attaché à de nombreuses divinités féminines, sans cependant leur être exclusif : à Hathor, déesse céleste et féconde, qui engendre le soleil levant Horus ; à la déesse nue orientale, Ishtar-Astarté (Waldemar Deonna, La Nike de Paeonios de Mende Et Le Triangle Sacre Des Monuments Figures, 1968 - books.google.fr).

Soulignons par exemple le rapprochement déforme entre le dalèt et le signe cunéiforme qui dessine le triangle pubien, signe de la femme, qui évolue aussi en changeant d'orientation. On peut noter chemin faisant un rapport fondamental entre l'écriture et le féminin. Les marques produites par les "clous" reproduisent toutes des triangles pubiens. On peut même voir une rencontre entre le triangle et le trait, entre le triangle pubien et le phallus. Notons aussi que l'alphabet ougaritique (cunéiforme datant du XIV siècle av. J.-C.) comporte trois lettres constituées l'une du clou complet, l'autre du triangle plus trait et la troisième d'un seul triangle. Le rapport du dalèt et du féminin peut aussi être souligné dans un texte comme le Cantique des cantiques qui utilise la métaphore de l'ouverture et de la serrure pour désigner le sexe de la bien-aimée: "Mon bien-aimé a tendu sa main par par l'ouverture et mes entrailles étaient un tumulte à cause de lui. Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, mes mains dégoulinaient de myrrhe et mes doigts ont distillé de la myrrhe évanescente onctueuse sur les poignées des serrures." (Marc-Alain Ouaknin, Mystères de l'alphabet, 1997 - books.google.fr).

Diderot et Darmstadt

Du vivant de Diderot, l’ascension au trône de Russie de Pierre III et peu après de Catherine II fut l’un des évéments publics les plus importants sur la scène politique européenne. En 1762, année où elle accéda au pouvoir, Catherine entreprit une campagne sérieuse dont le but était de persuader des écrivains français importants de venir résider à sa cour. Pour la nouvelle souveraine de Russie, une alliance avec les philosophes français était fortement souhaitable. Catherine adressa une invitation flatteuse à Voltaire. Elle proposa à d’Alembert de devenir le précepteur de son fils, le grand-duc Paul, mais sans succès. Le 6 juillet 1762, neuf jours seulement après le coup d’État du 28 juin qui l’avait mise sur le trône, Catherine invita Diderot à venir en Russie pour y publier L’Encyclopédie, qui avait été interdite à Paris. Diderot fut le seul philosophe français à accepter son invitation. [...]

Vers les années 1770, Diderot eut plusieurs raisons de se rendre en Russie. Sa fille Angélique était mariée et les derniers volumes des planches de L’Encyclopédie avaient été envoyés aux abonnés. Il souhaitait contempler de ses propres yeux les peintures qu’il avait achetées pour le compte de Catherine dans leur nouvelle demeure, l’Hermitage. Il était impatient aussi de voir les progrès de son protégé Falconet qui sculptait la statue de Pierre le Grand. Son ami Melchior Grimm devait aller en Russie en été 1773 à titre de courtier du mariage royal entre la princesse Wilhelmine de Hesse-Darmstadt et le grand-duc Paul. Mais, par dessus tout, au début des années 1770, Diderot nourrissait encore l’espoir de créer une nouvelle Encyclopédie en sol russe. Il n’avait plus aucune bonne raison de remettre son voyage à plus tard. [...]

Le 6 juillet 1762, neuf jours exactement après le coup d’état du 28 juin qui l’a mise sur le trône, Catherine II invite Denis Diderot à venir en Russie pour y publier L’encyclopédie, qui a été interdite à Paris. Diderot arrive à Saint-Pétersbourg en octobre 1773, où il demeure cinq mois. Catherine II traite son invité en personne « distinguée » et passe beaucoup de temps avec lui. Dans ses discussions quotidiennes avec l’impératrice, Diderot aborde les questions politiques, économiques, sociales, juridiques et artistiques. Malheureusement, il se trouve en Russie pendant la période où Catherine est le moins disposée à accepter ses idéaux démocratiques, puisqu’elle est préoccupée par la révolte paysanne de Pougatchev et par la guerre contre la Turquie. Rien ne suggère que le séjour de Diderot à Saint-Pétersbourg ait particulièrement réjouissant ou satisfaisant. Mais une fois rentré en France, Diderot a voulu que ses correspondants et la plupart de ses amis croient exactement le contraire. Il a décrit son séjour en Russie sous le meilleur jour et a toujours été généreux en compliments pour Catherine II (Inna Gorbatov, Le voyage de Diderot en Russie, 2007 - www.erudit.org).

Carmontelle (Louis Carrogis, 1717 - 1806), Denis Diderot avec Friedrich Melchior Grimm - fr.wikipedia.org - Friedrich Melchior Grimm

Friedrich Melchior Grimm (1723 - 1807) [à ne pas confondre avec les frères Jakob et Whilhelm Grimm], ami de Diderot donc, était en relation avec la langravine Caroline de Hesse-Darmstadt. La princesse est avant tout une lectrice assidue des auteurs des Lumières françaises et a une connaissance partielle de l'Aufklärung telle que la représentent les écrivains allemands nés entre 1720 et 1730. Sa correspondance, en particulier avec Grimm, nous montre en revanche que cette connaissance des idées des Lumières n'implique en aucune manière leur mise en pratique, par exemple en matière d'éducation. L'ordre du monde tel qu'il a été fixé par l'absolutisme à l'époque baroque se doit de perdurer. Les spéculations intellectuelles, même dans le domaine religieux, ne doivent pas empiéter sur la réalité et la mettre en péril. La princesse appartient ainsi à deux mondes (La piste Darmstadtienne : Ossian et la dalle de Coume Sourde).

Localisation du triumvirat

Coeur - Prouille

Dominique a déjà établi sa première fondation de repentis du catharisme : un lieu de prière associé à la communauté des premiers frères déjà en prédication. Prouilhe est là, au cœur de la guerre (Homélie de Pierre Claverie à Prouilhe, 23 juin 1996) (Robert Masson, Jusqu'au bout de la nuit: l'église d'Algerie, 1998 - books.google.fr).

Elles étaient au nombre de neuf, car toutes les converties de Fanjeaux n'entrèrent pas au cloître de Prouille. Voici leurs noms: Aladaicie, Raymonde Passarine, Bérengère, Richarde de Barbairan, Jordane, Guillelmine de Beaupuis ou Belpech, Curtolane, Raymonde Clarette et Gentiane. Saint Dominique leur adjoignit deux autres nobles femmes : Messana et Guillelmine de Fanjeaux qui fut la première prieure. [...]

Et par une rencontre plus étonnante encore, c'est dans un ordre religieux qui paraissait m'avoir eu d'abord que des rapports éloignés avec ce culte du Sacré Cœur ; c'est dans l'Ordre de Saint-Dominique, au couvent de Saint-Marc de Florence, dans la célèbre maison de Savonarole et de Fra Angelico, que le Cœur de Jésus se suscite un de ses premiers apôtres, et que la Bienheureuse Marguerite-Marie, le Vénérable P. de la Colombière, le Père Galiffet, le P. Croiset peuvent saluer un précurseur également pieux et savant (L'année dominicaine: bulletin mensuel du tiers-ordre de saint Dominique, 1890 - books.google.fr).

Parmi les Dominicains, nous pouvons signaler deux écrits où il est expressément traité du cœur de Jésus. Le premier est du P. Ignace del Nente, et fut publié à Florence en 1642. Il est écrit en italien, et il a pour titre : Solitudes des saintes et pieuses aflections envers les Mystères de Notre—Seigneur Jésus-Christ et de la Vierge Marie. Ces Solitudes ou Retraites sont au nombre de sept. Les cinq premières ont pour objet l'Annonciation, la Nativité, la Sainte-Enfance ; les deux dernières, qui n'entraîent pas dans le plan primitif, sont consacrées l'une à l'Eucharistie, l'autre au cœur de Jésus (J.-V. Bainvel, La dévotion au Sacré-Coeur de Jésus: doctrine, histoire, 1917 - books.google.fr).

Estomac - Hirondelle (à Douzens)

On en revient à l'Estoire del Saint Graal pour lier Hirondelle (à Douzens) et estomac.

Chez Isidore de Séville : « Chelidonia ex hirundinum colore vocata ; et duorum est generum, quarum una ex altera parte purpurea, et alia purpurea nigris intervenientibus maculis » (Liber XVI, Caput IX). Le nom de Celidoine est glosé d’une autre manière dans l’ESG : « Celidoines vaut autrestant a dire et a senefiier en latin comme ‘dounés au chiel’« (§ 376, p. 233). (Sophie Albert, Un usage romanesque du bestiaire : l’épisode du serpolion dans l’Estoire del Saint Graal, Déduits d’oiseaux au Moyen Âge, 2009 - books.openedition.org).

On nomme aussi pierres d'hirondelles, des petites pierres de la grosseur d'une lentille qui se trouvent, dit-on, dans l'estomac de quelques jeunes hirondelles; les anciens les nommoient lapides chelidonii; & parmi plusieurs vertus extraordinaires, on leur attribue pareillement la propriété de faire sortir des yeux les ordures qui peuvent y être entrées. M. Lémery croit que cette pierre étant alkaline ou calcaire, elle se charge des sérosités âcres qui peuvent être dans les yeux; que par-là elle s'agite & s'amollit, en sorte que le corps étranger s'y attache & tombe avec elle. Il dit que plusieurs autres petites pierres agissent de la même maniere dans l'oeil, telles que celles qui se trouvent en Dauphiné sur la montagne de Sassenage près de Grenoble; il prétend que les plus petits yeux d'écrevisses peuvent aussi produire le même effet. Voyez Lémery, Dictionnaire des drogues (Encyclopédie, ou Dictionnaire Raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, Encyclopédie Diderot et d'Alembert, 1751-1782 - portail.atilf.fr).

"Voici ce que dit Pline : Item, les Arondelles ont donné à cognoistre l'esclaire estre bonne à la veue, parce qu'elles en medicinent leurs petits quand ils ont mal aux yeux ; et, plus loin : Les Arondelles rendent la veue à leurs petits avec ceste herbe, encores qu'ils eussent les yeux crevez, ainsi qu'on dit." Mais qu'est-ce que l'"esclaire" ? La petite éclaire (ou petite chélidoine) est la renoncule ficaire, dont la caractéristique est de posséder des feuilles comestibles - avec quelques précautions, la plante passant pour vénéneuse - et l'on voit mal son rapport avec les hirondelles. La grande, au contraire, n'est autre que la chélidoine (ou grande chélidoine) dont le nom vient, par un intermédiaire latin, de chelidôn (= hirondelle). On retrouve donc ici une vieille tradition, puisque cette plante est déjà cette plante est déjà nommée chelidonion chez Théocrite. Mieux encore, le latin chelidorvium, dans le texte de Pline que Camus paraphrase, signifie : "collyre fait avec le suc de la chélidoine". Pour le réaliser, il faut faire cuire le jus avec du miel, car, à l'état naturel, il est "mordant et ulcératif" : on reste sceptique quant à l'effet bénéfique qu'il peut avoir sur l'oeil crevé d'un hirondeau ! Une autre tradition, dont nous n'avons pas trouvé l'origine, explique le mot "pierre" qu'utilise Camus : les hirondelles passaient pour fabriquer dans leur estomac une pierre à base de chélidoine; confusion probable avec la pierre (Etudes religieuses, philosophiques, historiques et littéraires: partie bibliographique, 1855 - books.google.fr).

Une tradition locale dans le Tricastin, veut que l'aveugle-né de l'Évangile soit saint Chélidoine appelé aussi Sidoine, premier évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux (trois).

On imagina alors une translation d'un genre merveilleux : les juifs auraient livré à la mer, dans une barque sans rame ni voile, cinq témoins du Christ : Lazare, Madeleine, Marthe, Sidoine, l'aveugle-né guéri par Jésus, et Maximin, l'un des 72 disciples. Plus tard, on y adjoignit les deux Maries et les deux servantes Marcelle et Sara. Cette légende, qui compte parmi les translations les plus célèbres par voie d'eau (cf. sainte Ursule, saint Jacques le Majeur, saint Vincent de Saragosse, saint Antonin), faisait le lien entre les différents corps saints honorés dans les vieux sanctuaires provençaux : Saint-Victor de Marseille, Saint-Maximin, Notre-Dame de la Mer et Tarascon (Jacques Baudoin, Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident, 2006) (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Le retable de saint Martin de Cassaignes).

Selon Charles Galtier, il se peut que "Sidoine" vienne de "Chélidoine", du grec chelidon, "hirondelle", parce que les hirondelles mettaient dans leur dans leur nid une plante, l'éclaire, nommée aussi "herbe-à-hirondelle", afin que leurs petits recouvrent la vue. Cette papavéracée, dont le latex caustique peut brûler les verrues (d'où un autre de ses noms populaires d'"herbe aux verrues"), fournit un extrait dont l'action, analogue à celle de la papavérine, diminue la contractibilité des muscles lisses. La pharmacopée l'a longtemps employée pour guérir certaines ophtalmies (de là son nom d'éclaire, "qui éclaircit la vue"), et plus particulièrement les taches de la cornée de l'œil. On nomme aussi chélidoines ou "pierres d'hirondelles", "péiro d'iroundello", de tout petits cailloux de forme lenticulaire, rappelant les graines de l'éclaire, qu'on découvre parfois dans le gésier de l'oiseau. Ces minuscules agates se trouvent également dans le lit de certains ruisseaux comme, par exemple, les précieuses "pierres de Sassenage", dans l'Isère (Elisabeth Heriard-Dubreuil, Guérisons du corps et de l'âme: approches pluridisciplinaires : actes du colloque international organisé du 23 au 25 septembre 2004, MMSH, Aix-en-Provence, 2006 - books.google.fr).

Sassenage renvoie à Mélusine, la famille de ce nom revendicant comme les Lusignan ue telle ascendance.

Il existe un autre Sidoine en relation avec Douzens :

L'emprisonnement de Sidonius Apollinaris, sur ordre du roi wisigoth Euric, à Liviana eut lieu vers l'an 475 : plus de cent ans après, il est fait mention de Livia, bourg voisin de Carcassonne. En supposant que Livia ne diffère point de Liviana, les récits des historiens confirmeraient la place qu'occupait cette station dans le voisinage de Douzens. Plusieurs auteurs, décrivant la translation des reliques de saint Vincent, martyr, portées, en 863, de Cœsaraugusta, ou de Saragosse, à Castres, disent que "Dieu opéra divers miracles sur la route par l'intercession de ce Saint, et, entre autres, à Livia, lieu voisin de Carcassonne, et dans une église de cette ville, qui subsistait, alors , sous le nom de ce saint Martyr ". On a vu que de tous les lieux auxquels on a jusqu'à présent donné le nom de Liviana, tels que Lézignan, Capendu, Marseillette, aucun n'occupe la place indiquée par la Table Théodosienne, et que le calcul des distances porte vers Douzens : l'église de ce village est précisément sous l'invocation de saint Vincent, martyr : c'est même la seule, entre Carcassonne et Narbonne, nui soit sous ce vocable. A Capendu, l'église a toujours porté le nom de saint Martin de Cersan ; à Marseillette, celui de saint André, et à Lézignan, celui de saint Félix : il n'y a, d'ailleurs, dans tout le diocèse de Carcassonne, que trois autres églises sous l'invocation de saint Vincent, martyr, et, dans ce nombre, il faut même compter celle du chef-lieu du Département ; les autres existent à Montréal et à Villefloure : or , on ne saurait appliquer à aucun de ces lieux ce que l'on dit de Livia, puisqu'ils ne sont point dans la direction de la route qui conduirait à Castres, tandis que Douzens est sur la ligne qu'il fallait parcourir (Alexandre Du Mège, Statistique générale de départmens pyrénéens, ou des provinces de Guienne et de Languedoc, Volume 2, J.F. Grégoire - F.L. Collombet, Sidoine Apollinaire - Notice).

Douzens, à travers l'étoile hermétique, est lié au 25 août, l'une des 6 dates distribuées également sur l'année : 25 avril, 25 juin, 25 août, 25 octobre, 25 décembre et 24 février. Sidoine Apollinaire est fêté le 21 août, date proche du 25, toutes deux dans le signe zodiacal de la Vierge au XIXème siècle (Autour de Rennes le Château : CEIL BEIL MCCXCII de l’Aude à l’Irlande).

Jean Chrysostôme met en relation l'épisode de l'aveugle-né et le psaume 50 (7 : Vois, mauvais je suis, pêcheur ma mère m'a conçu).

Mais pour cet aveugle, peut-on dire qu'il est frappé de cécité pour expier quelque faute ? Non, on ne le peut dire, puisqu'il est aveugle de naissance. Les iniquités de ses parents seront peut-être la cause ? Mais non, car les enfants ne sont point punis pour les fautes des pères. En voyant un enfant malade, nous nous écrions : Que penser de cet enfant ? Qu'a-t-il fait ? Ce n'est point une interrogation, mais une simple question que l'on se pose à soi-même. De même les apôtres n'interrogeaient pas Jésus, mais proposaient simplement une difficulté, un doute. Or, J.-C répond : Ni lui, ni ses parents ont péché. Ce n'est pas qu'il les juge les uns et les autres exempts de quelque péché, car il n'a pas dit simplement : Ils n'ont point de péché ni les uns, ni l'autre, mais il dit: Ils n'ont point péché pour que cet enfant naquit aveuglé; mais le fait a eu lieu pour que Dieu fut glorifié. Cet aveugle n'est pas sans péché ; ses parents non plus ; mais là n'est point la cause de sa cécité. En pariant ainsi, J.-C. n'a pas voulu faire entendre que l'infirmité de cet aveugle ne venait point du péché, mais que d'autres étaient aveugles ou pouvaient l'être pour la faute de leurs parents. En effet, est-il juste de punir celui-ci pour l'iniquité de celui-là ? Si on recevait ce principe, il faudrait conclure que notre aveugle-né avait péché aussi avant sa naissance. En disant: Ce n'est point qu'il ait péché, J.-C. n'entend pas dire qu'il y a des hommes qui pèchent dès leur naissance et qui sont punis pour cela ; et quand il dit: Ni ceux qui l'ont mis au monde, il ne veut pas dire qu'il y a quelqu'un de puni pour le péché de ses pères (Jean Chrysostôme (vers 344 - 407), Homélie 56, Oeuvres complètes, 1864 - books.google.fr).

L'hysope du psaume 50,9 ("ôte mes taches avec l'hysope") est un herbe qui fut jointe au vinaigre de l'éponge qui abreuva le christ en croix. Ses sommités servent à soigner les yeux comme la chélidoine, mais plutôt les contusions et les meurtrissures. Riolan, Simon Pauli & Sennert assurent que l'eau ou la décoction d'Hysope guérissent les inflammations des yeux. L'hysope conforte aussi l'estomac (Pierre J. Chomel, Jean-Baptiste L. Chomel, Abrégé de l'histoire des plantes usuelles, Volume 2, 1731 - books.google.fr, Nicolas Alexandre, Dictionnaire botanique et pharmaceutique, Volume 1, 1817 - books.google.fr).