partie ix - synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Croix d’Huriel et Rosaire   

Le rosaire et la Croix d'Huriel

Mystères

Lieux

Saint Martin

Premier chapelet

Mystères Joyeux

L'Annonciation

Rochemaure

Saint-Martin de Lavezon

La Visitation

Aubenas/Largentière

Saint-Martin-sous-Aubenas

La Nativité

Marcolès

Eglise Saint-Martin

La Présentation de Jésus au Temple

Rocamadour

Abbaye de Saint-Martin de Tulle

Le Recouvrement de Jésus

Carsac de Gurson/Montagnac-la-Crempse

Saint-Martin de Gurson

Deuxième chapelet

Mystères Douloureux

L'Agonie

Fronsac

Eglise Saint-Martin

La Flagellation

Ribérac/Vanxains

Saint-Martin de Ribérac

Le Couronnement d'Epines

Bourganeuf/Janaillat

Saint-Martin-Sainte-Catherine

Le Portement de Croix

Huriel

Collégiale Saint-Martin

Le Crucifiement

Crocq

Eglise Saint-Martin du Compas

Troisième chapelet

Mystères Glorieux

La Résurrection

Rouziers/La Roquebrou

Eglise Saint-Martin

L'Ascension

Bleyssol/Rieupeyroux

Saint-Martin de Tizac

La Pentecôte

Combefa/Albi

Saint-Martin de Cammarc

L'Assomption

La Cassaigne/Fanjeaux

Prieuré Saint-Martin

Le Couronnement de Marie

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Rochemaure : Annonciation

L'ange Gabriel est un des personnages importants du premier Mystère joyeux de l'Annonciation dans le Rosaire. Gabriel est lié à Rochemaure (Autour de Rennes : Par ce signe tu le vaincras 2).

Edifiée entre 1200 et 1250, la chapelle Notre-Dame des Anges de Rochemaure est de style gothique provençal. En 1567, durant les guerres de religions, les huguenots s’attaquèrent à son clocher, le faisant tomber sur la nef et endommageant sa voûte. Elle fut remise en état en 1596 et resta église paroissiale jusqu’à l’édification d’une nouvelle église en 1820. La partie inférieure de la façade est en pierre basaltique noire et correspond à l’édifice primitif du XIIème. Il reste aussi de cet édifice primitif deux sculptures en forme de tête, un homme et une femme, que l’on peut voir à droite de l’arcade supérieure du clocher-mur. Lors de sa remise en état deux chapelles furent ajoutées à l’édifice. Le tympan du portail est orné d’un cul de lampe et d’une fresque représentant des armoiries, encadrée d’anges qui ne sont pas identifiées. Le trumeau est simple, sans sculpture. La chapelle abrite des statues polychromes de Saint Jean François Régis, Saint Joseph, une Vierge de l’Immaculée sur la voûte céleste et écrasant le serpent du mal, Sainte Philomène, la palme à la main, une huile sur toile de la vision de Saint Dominique qui reçoit un rosaire des mains de la Vierge et en présence de Sainte Catherine de Sienne, un maître-autel où trône une Vierge à l’Enfant. Des culots représentent les apôtres sous leur tétramorphe (aigle, lion, homme et taureau). Sur un arc en berceau, une fresque de 1677 illustre les pénitents blancs : le Saint Sacrement au centre, deux anges adorateurs et quatre pénitents qui assurent la permanence de la prière par leur cierge allumé (www.petit-patrimoine.com - Rochemaure).

Aubenas/Largentière : Visitation

L'église de Largentière possède une toile de 1842/1843 représentant La Visitation de Guillaume Marie, dit William Borione, (1817-1885) élève d'Ingres, né à Sablons (Isère). C'est une copie de Sebastiano del Piombo (vers 1485 - 1547).

Sebastiano del Piombo - La Visitation

Marcolès : Nativité

L’église Saint Martin de Marcolès est l’ancienne chapelle du Prieuré bénédictin dépendant de l’abbaye Saint Géraud d’Aurillac. Edifice gothique du XVe siècle, elle comprenait à l’origine une nef comprise entre un clocher situé au couchant et une tour de défense édifiée au Levant. En 1656, le clocher menaçant ruine, fut reconstruit sur la tour de défense. Au début de la Révolution il fut démoli car il ne devait pas dépasser le toit de l’édifice devenu temple de la raison. Il sera reconstruit en 1801. A la fin du XIXe siecle, au moment du transfert du cimetière à son emplacement actuel, l’église est à nouveau remaniée, la nef est prolongée et l’on construit le portail actuel. Le baptistère est érigé avec des panneaux sculptés par Cantournet, ébéniste à Aurillac. L’église est consacrée par Monseigneur Lamouroux, durant le pastorat de Jean Gauzentes, le 14 octobre 1902. Elle remonte au XVème siècle. C'est un vaste édifice de style gothique méridional considéré comme un des joyaux de la Châtaigneraie. En effet, à l'intérieur, les dimensions imposantes de la nef montre l'importance de Marcolès à la fin du Moyen-Âge. Autour de la nef, chacune des chapelles comporte des spécifités (qualité de sa statuaire et de son mobilier) montrant à quel point l'église Saint Martin su s'embellir au cours des siècles avec succès. Les huits chapelles ont été érigées à partir de 1442 par des familles de Marcolès. Ces dernières souhaitaient y avoir droit de banc, de sépultures et que des messes soient dites pour le repos de leurs âmes. Elles ont été construites de part et d'autre de la nef.

De chaque côté du portail d'entrée, on ne manquera pas d'admirer deux statues en pierre polychrome du XVe siècle représentant un pèlerin de Saint Jacques et la Sainte Famille.

La chapelle Notre Dame du Rosaire (4e à droite en entrant) a été édifiée au XVe siècle et composée d'un retable en bois doré posé en 1763 décoré d'un riche alignement de petites statues également en bois doré, d'un banc d'oeuvre classé Monument Historique et d'un très beau tableau de la remise du rosaire, tout récemment restauré (saintlaurentenchataigneraie.over-blog.com - Marcolès).

Pierre Cortès, curé de Marcolès célèbre pour avoir découvert les reliques de saint Martin dans son église en 1667, signe avec Chapelat, curé de Saint Jacques de la Boucherie, en temps que docteurs en théologie de la Faculté de Paris, l'approbation des docteurs des Devoirs rendus à la Sainte Creiche de Jésus de S.A.R. le 6 février 1680. L'ouvrage est publié cette même année (MDCLXXX).

AU SAINT ENFANT JESUS, STANCES Sur le sujet de ce Livre. Miraculeux Enfant, dont l'heureuse Naissance Dans ses abaissemens fait voir tant de grandeur, Vous vous cachez en vain sous une humble apparence, les Anqes ont parlé, vous estes le Sauveur (Devoirs rendus à la Sainte Creiche de Jésus avec des réflexions sur toutes les circonstances de la Sacrée enfance, 1680).

On retrouve au portail bas, la croix de Saint-Martin, la fontaine Saint-Martin et sur le mur d’une maison, un petit dessin sculpté dans la pierre, représentant un âne, certainement en rapport avec la légende de Saint-Martin, patron des ânes. La légende veut que Saint-Martin portait la bonne parole à dos d'âne (www.souquieres.fr - Marcoles - Saint Martin).

L'âne était aussi dans la Crèche. Le boeuf est à Naucase.

Rocamadour : Présentation

Provenant du couvent de la visitation à Saint-Céré donné en 1922 par M. Robineau, la Présentation de Jésus au temple, limite XVIIème siècle XVIIIème siècle, se trouve au musée de Rocamadour.

Carsac-de-Gurson/Montagnac-la-Crempse : Recouvrement de Jésus (Jésus et les Docteurs)

Nous retrouvons Montaigne que l'on a rencontré sur le chemin de croix au sujet de Simon de Cyrène, Cyrène surtout (Autour de Rennes : Chemin et signe de Croix).

Montaigne ne parle de Jésus que pour plaisanter les docteurs de dix ans (lui, serait plutôt apprenti à soixante), ou pour regretter que nous ayons fabriqué des dieux « de notre condition », avec mariages, descendants, amour et jalousie — ce qui ne condamne que les dieux païens — , mais aussi avec « nos morts, nos sépultures » et voici qui met en cause le Messie : « Il faut que cela soit parti d'une merveilleuse ivresse de l'entendement humain » ; nos morts, nos sépultures ne fut pas imprimé du vivant de Montaigne. Pas si fou! Il réserva cette impiété pour les marges de l'exemplaire qu'il annotait. Longtemps partagé entre Épaminondas et Socrate, il choisit finalement de mettre Socrate au-dessus de tous les hommes. L'imitation de Socrate, non point celle de Jésus-Christ, est pour lui l'alpha et l'oméga de la morale : Socrate ayant chassé du Ciel, « où elle perdait son temps », la sagesse raisonnable, afin de la ramener sur terre pour l'enseigner aux hommes, et demeurant ferme durant sa longue mort « non parce que son âme est immortelle, mais parce qu'il est mortel ». (III, 12, c, 1059). La science, oui ; mais surtout la conscience morale : voilà le propre De la réfonne du calendrier à la découverte des Indes, des auteurs grecs et latins à la politique chinoise, Montaigne n'a rien omis : toutes les informations dont il pouvait bénéficier. Elles lui servent surtout à former sa vie morale, à étayer d'exemples ses valeurs : savoir vivre, c'est-à- dire savoir mourir, la mort faisant « partie de notre âme, non moins essentiellement que le vivre ». Ainsi l'a voulu Nature, qui mieux que nous connaît ce qui nous convient. Nature, plutôt que Dieu et que l'Église. Quitte à la parfaire grâce à l'institution des enfants, à la « fortifier » en eux par juste ce qu'il faut de « sévère douceur ». Nature : ce corps est digne d'étude, dont l'allégresse prépare celle de l'âme. Montaigne loue son père d'avoir inventé des semelles de plomb pour s'entraîner à la course, et de s'être maintenu longtemps habile « à l'usage des dames ». A qui fait cas du corps, nul bien plus précieux que la santé : « La santé! de par Dieu ! », voilà le bien suprême. La santé, non point le salut. Une santé qu'on préserve en se gardant le ventre libre, en se méfiant des médecins, de leurs médecines. Mais dont on accepte qu'elle soit précaire. Au lieu de chérir la souffrance, en chrétien, on la fuit autant que possible; survient-elle, on la supporte, tout en la haïssant à l'égal de la pauvreté. Sans la santé, tout se défait en nous. Y compris la volupté. Y compris la beauté, « cette pièce de grande recommandation ». De fait, nous sommes en partie responsables de notre santé. Qui la veut préserver « bouillante, vigoureuse, pleine, oisive », il se permettra quelques excès - car il faut exceller en la débauche même -, à condition toutefois de se modérer constamment. La douleur, et non la mort, voilà le mal (René Étiemble, Mes contre-poisons, 1974).

Près de Carsac, à Montagnac-la-Crempse, on trouve Jésus et les docteurs, du XVIIème siècle, un panneau qui provient du retable de la Visitation de Périgueux. C'est un bas-relief en bois polychrome de 160 cm sur 110 de large.

Fronsac : Agonie

Près de Fronsac, de nombreuses Agonies du Christ sont représentées : Béguey, Barsac, Podensac, Preignac, Verdelais tout autour de Cadillac. Mais Fronsac est lié à saint Michel (Autour de Rennes : Par ce signe tu le vaincras 2).

Quelques-uns ont crû que Jésus-Christ même avoit son Ange, & que c'est lui qui le vint consoler dans son agonie : Apparuit illi Angélus de Cœlo confortans eum (Augustin Calmet, Commentaire littéral sur tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, 1715).

Une tradition très ancienne veut que l'Ange qui consola le Christ en agonie au jardin des Olives (Luc., XXII, 43) fût Saint Michel (livres-mystiques.com - Les anges).

Saint Bonaventure pense en effet (médit. vitae Christi, cap. 75.) que ce fut saint Michel, le Prince de la milice céleste , qui descendit du Ciel au jardin des Oliviers, pour consoler son divin Maître & le fortifier. Quoique l'Evangéliste le fasse paristre avant la crise de cet Homme Dieu, ce sont là deux événemens simultanés. L'Ange accourut pour le foulages en son agonie ; il n'avoit besoin que d'un secours extérieur ; car étant supérieur à tous les Esprits bienheureux, il ne convenoit pas qu'il en tirât aucun encouragement ; le Fils de Dieu se suffisoit à luimême. Quelques-uns se sont imaginé que l'Ange qui se fit voir en cette rencontre, n'avoir point d'autre commission que celle d'applaudir à la résolution généreuse du Rédempteur, dont la charité avoit triomphé de ses répugnances naturelles ; il admiroit la victoire remportée par l'amour d'un Dieu sur les craintes de l'homme (Joseph-Romain Joly, Conférences sur les mystères, 1771).

Ribérac/Vanxains : Flagellation

L'église paroissiale Notre-Dame de la Nativité de Vanxains possède, du XVIIème siècle, un autel et un tabernacle avec Flagellation du Christ et Couronnement d'épines (http://www.culture.gouv.fr - Vanxains).

Bourganeuf/Janaillat : Couronnement d'épines

Dans l'église placée sous le patronage de St Saturnin très simple petit tabernacle peint en gris et or se détachant sur fonds bleus. L'avancée du tabernacle proprement dit sur les côtés est imposante. Les deux panneaux plats sont simplement peints des instruments de la Passion. Au-dessous de l'ensemble un registre, lui aussi peint de motifs stylisés, sépare le tabernacle de l'autel de la même époque. Boiseries du XIXe siècle (S. de Montessus de Ballore Lecointre, Retables et tabernacles des XVIIe et XVIIIe siècles dans les églises de la Creuse, 1988).

Huriel : Portement de croix

Notre-Dame d'Huriel a aussi son intérêt : on la regarde comme la présidente d'unecon. frérie du Rosaire qui compte au moins deux cents membres. Les révolutionnaires de 93 voulurent en brûler l'antique statue, objet de tant de vénération et d'amour, mais les habitants, au péril de leur vie, l'arrachèrent aux flammes, et le piédestal seul fut carbonisé (André Jean Marie Hamon, Notre-Dame de France: L'histoire du culte de la Sainte Vierge dans les provinces ecclésiastiques de Rouen, Reims et Sens, 1865).

Au musée du donjon de la Toque d'Huriel, les vestiges du mausolée de – la famille de Brosse, de Philippe Colombe, père de Michel Colombe (1416), qui est également connu grâce à une superbe lithographie de L'Ancien Bourbonnais signée “E. Sagot, d'après M. Dufour”, où l'on découvre, sur la base du tombeau un Portement de croix entouré de deux anges. La collégiale Saint-Martin qui l'abritait a disparu après la Révolution, mais la commande retrouvée par Pierre Pradel spécifiait que le gisant devait être surmonté d'une Vierge de Pitié entre deux anges adorateurs, un saint Martin sur le maître-autel. Il est possible que des fragments soient conservés chez des propriétaires privés du voisinage (Pascale Chevalier, Annie Regond, Sculptures médiévales en Auvergne: Création, disparition et réapparition, 2009).

Crocq/Le Compas : Crucifiement

D'époque moderne l'église paroissiale de Crocq est sous le vocable de St Eloi dont elle possède un magnifique triptype peint sur bois du XVe siècle. Le chœur de cette église est orné d'un retable très simple divisé en trois panneaux : au centre une belle Crucifixion est encadrée d'une baguette unie. Une niche de chaque côté abrite, à gauche un St Eloi, à droite un St Joseph, ces niche sont en plein cintre et reposent sur une tête d'ange (S. de Montessus de Ballore Lecointre, Retables et tabernacles des XVIIe et XVIIIe siècles dans les églises de la Creuse, 1988).

Rouziers/Laroquebrou : Résurrection

On trouve un baldaquin de ce type de l'église des Carmes d'Aurillac, dans la belle église gothique de Laroquebrou, constitué par deux groupes de trois colonnes. Son entablement supporte également quatre consoles qui se rejoignent pour soutenir un dais à lambrequins draperies et glands sommé du Christ de la Résurrection. Deux anges portant trompette et palme occupent les extrémités de l'entablement (Léonce Bouyssou, Retables de Haute-Auvergne: XVII-XIXe siècles, 1991).

Bleyssol/Rieupeyroux : Ascension

Il est frappant de constater que c'est après la suppression du couvent que de grosses réparations sont faites à l'église, aux frais des paroissiens et de la chambre ecclésiastique du diocèse Dans les comptes de celle-ci, on trouve la mention des travaux de Pierre Palat, maître-maçon qui, en 1775, refait en pierre de Mauriac (près Villeneuve) le pavement du chœur jusqu'alors en bois, et en 1776, Jacques Calmels, maître-serrurier de Rodez, s'engage à faire une balustrade de fer servant de table de communion sur le modèle de celle de St-Amans de Rodez, sans doute en remplacement de jubé et des stalles de moines qui disparurent alors à jamais. Egalement disparue, la chaire par Charbonnel, sculpteur de Rodez, commandée le 8 novembre 1776 et peinte par Salanié, lui aussi de Rodez, qui avait également repeint dans la chapelle de l'Ascension la figure de la Vierge, des anges et des apôtres (peut-être un rétable analogue à celui de Boussac mais qui a disparu) et dans la chapelle du Rosaire, réparé le Couronnement du rétable, le tableau et son cadre (Marius Bouscayrol, Emile Debard, Rieupeyroux, 1963).

Combefa : Pentecôte

En concomitance, pour canaliser la piété effusive, le chœur de Saint-Cécile d'Albi propose des dévotions structurées, comme l'adoration du Nom du Christ et les exercices du Rosaire. Pour donner à cet exposé toute sa force, Louis d'Amboise a recours aux meilleurs artistes. La qualité des images rend plus évidentes les vérités de la foi. Cela est vrai pour les peintres qui ont réalisé un enfer extraordinairement expressif ; ces anonymes participent de l'école franco-flamande. Cela est vrai, de même, pour les sculpteurs du chœur, dont la manière s'apparente à celle des plus célèbres imagiers de l'époque, Antoine Le Moiturier et Michel Colombe. Proche du pouvoir, bon connaisseur de l'art des cours, riche et puissant, Louis d'Amboise mobilise les meilleurs artistes au service de son entreprise de réarmement spirituel. Pour la chapelle de son château d'été à Combefa, il fait d'ailleurs de même et confie à un atelier de valeur exceptionnelle l'élaboration d'une " Mise au tombeau " extraordinaire par son déploiement, sa qualité et sa vibration spirituelle (l'œuvre est de nos jours conservée à Monestiés-sur-Cérou). Dans le dernier quart du XVe siècle, Albi apparaît ainsi comme la ville où se concentrent, grâce à Louis d'Amboise, certains des plus grands artistes français, afin de mettre en images et de donner vie à un programme iconographique pilote, à la fois produit d'une tradition millénaire et reflet des problèmes et réalités du moment (Matthieu Desachy, Incunables albigeois: les ateliers d'imprimerie de l'Aenas Sylvius (av. 1475-c. 1480) et de Jean Neumeister (1481-1483), 2005).

Dès 1480, Louis Ier d'Amboise entreprend une réforme des ordres religieux dans son diocèse en remplaçant les chanoinesses régulières de Sainte-Catherine par des clarisses, ou appelant des dominicains réformés bretons, dont Tristan Dollo, de la congrégation de Hollande, pour réformer les dominicains d'Albi, entre 1492 et 1497. Il fonda aussi la congrégation réformée des Carmes d'Albi, en 1499. En mai 1502, Louis d'Amboise est fait gouverneur de Montpellier ; en juillet de la même année, il accompagne le roi en Italie où il est à Gênes, avec son neveu Charles II de Chaumont-Amboise, commandant de l'armée royale, et son frère Georges, l'un des quatre conseillers les plus proches du roi. Il revient ensuite en France et assiste pour la Pentecôte de 1503 à la profession religieuse de Jeanne de France à Bourges ; il lui promet de créer une maison son ordre, l'Annonciade, à Albi. Il meurt à Lyon, quelques jours plus tard, le 1er juillet 1503 (Jean-Louis Biget, Michel Escourbiac, Sainte-Cécile d'Albi: sculptures, 1997).

Le jour de la Pentecôte de 1503, à Bourges, Jeanne de France prend le nom de sœur Gabrielle Marie et crée 1'Ordre de 1'Annonciade. "Se dedidit totam religionis ac charitatis operibus" : par ces mots, François de Paule conduit Jeanne de France du trône terrestre au trône de la charité divine envers nos prochains et envers Dieu (Pina Basile, Saint François de Paule et son époque, 2009).

Il réforme, non sans mal, les franciscains d'Albi et fait venir, pour y prêcher, Olivier Mallard, en 1494. Le testament de Louis d'Amboise atteste, aussi, de ses liens avec les diverses réformes des ordres mendiants (fr.wikipedia.org - Louis Ier d'Amboise).

Françoise d'Amboise, de sa famille, née le 29 mai 1427 à Thouars, morte le 4 novembre 1485 à Bouguenais, près de Nantes, veuve de Pierre II de Bretagne, s'était fait religieuse carmélite en mars 1468

La Mise au Tombeau convenait à un cadre allongé, alors que la Réssurection, l'Ascension et la Pentecôte se placent d'elles-mêmes dans un cadre vertical (Annie Regond, La peinture murale du 16e siècle dans la région auvergne, 1983).

La Pentecôte verticale forme avec la Mise au tombeau horizontale la croix dressée sur le Golgotha.

La Cassaigne/Fanjeaux : Assomption

Il faut chercher l'église de l'Assomption à Fanjeaux, commune contiguë de celle de La Cassaigne.

A peine l'âme auguste, et qui n'a pas d'égale de la sainte Vierge, fut séparée du corps, Jésus-Christ la reçut à sa droite sur son trône royal, et l'immense procession des anges et des saints se dirigea vers le ciel [...] Le Père et le Saint-Esprit approuvèrent aussitôt ce décret du Verbe incarné, et l'âme très-sainte de Marie, fut élevée à la droite de son fils sur le trône royal de l'auguste Trinité [...] Le troisième jour dans lequel l'âme très-sainte de la divine mère Vierge jouissait de la gloire, le Seigneur manifesta à toute la cour céleste, que c'était sa volonté que cette grande âme revint au monde, et reprit son corps, afin d'être de nouveau élevée en corps et en âme au trône divin, sans attendre la résurrection générale des morts. La sainte Vierge sortit avec ces qualités du sépulcre en corps et en âme, sans remuer la pierre, et ses habits et le linceul restèrent dans le tombeau [...] Après ces paroles, les trois personnes divines placèrent sur la tête auguste de la très-sainte Vierge, une couronne de gloire, d'une splendeur si belle, qu'il ne s'en était jamais vue auparavant, et qu'il ne s'en verra donner à l'avenir à une pure créature (María de Jesús, Boullan, Vie divine de la Très Sainte Vierge Marie: extrait abrégé fidèle par Bonaventure Amedeo de Cesare, 1854).

On rencontre l'ange Raphaël en présence de la Vierge dans un tableau du peintre de la Renaissance Raphaël.

Dans le tableau de la Vierge au poisson, "Madonna del Pez", de Raphaël, La Vierge Marie, assise sur un trône, au milieu de la composition, soutient l'Enfant-Jésus, qui est debout sur ses genoux. A la droite du trône, le jeune Tobie, présenté par l'ange Raphaël, se prosterne devant le Sauveur, qui lui tend la main avec bonté et signe de protection. Saint Jërôme, debout à la gauche de Marie, un livre. ouvert à la main , suspend une lecture sainte et porte ses regards sur Tobie. Il est à remarquer que cet enfant tient un poisson, ce qui a donné lieu au titre du tableau. Les figures sont de grandeur naturelle (M. Henry, Catalogue de tableaux précieux des diverses écoles et autres objects de curiosité, formant le cabinet de feu M. le Ch. Féréol Bonnemaison, 1827).

Assise sur un trône, la Vierge de Raphaël a-t-elle un rapport avec l'Assomption ?

Dans la composition du Couronnement de la Vierge, le Maître de Moulins rassemble, la Vierge à l'Enfant de l'Incarnation, la Reine du Ciel et la Gloire de la Fin des Temps. C'est la vision eschatologique du bonheur céleste, auquel les chrétiens aspirent et qu'ils atteindront, grâce à l'intercession de Marie, sollicitée ici comme médiatrice, par les donateurs, présents sur les volets latéraux (René Germain, Les représentations de la Vierge, Autour du culte marial en Forez, 1999).

Maître de Moulin - Couronnement de la Vierge - pdidion.free.fr

Une tradition à La Cassaigne porte que les nourrices qui avaient perdu le lait venaient, même de loin, demander à la Sainte-Vierge, dans sa chapelle, devant l'antique statue du Rosaire, la grâce de recouvrer leur lait, et que, souvent, après prières ou une neuvaine, elles l'ont réellement obtenue (Folklore, Volume 28, Groupe audois d'études folkloriques, 1975).

La Mère allaitant l'Enfant Jésus rejoint le symbole du sein de Miséricorde que, dans son amour la Vierge accorde aux hommes. C'est aussi le sein de l'Eglise qui rassemble les fidèles autour de l'Enfant Sauveur (René Germain, Les représentations de la Vierge, Autour du culte marial en Forez, 1999).

Le Couronnement de la Vierge est la scène finale du Rosaire et se passe après l'Assomption. Que ce soit la Vierge à l'Enfant qui soit couronné montre l'intemporalité du mythe, que la Vierge est en même temps mère, épouse, reine, que son rôle était conçu de toute éternité, qu'elle fut mère de dieu, théotokos

Couronnement des Marie

Le quinzième mystère se retrouve associé à la quinzième station du chemin de croix qui se trouve alors à l'autel. Ici, à Rennes-le-Château, ce serait le panneau de Marie Madeleine de l'autel.

Les chemins de croix ont 14 (dans ce cas la 15° est évoquée à l'Autel) ou 15 stations, la dernière suggère alors la résurrection (chantsdamour.canalblog.com - Chapelle de Tréhorenteuc).

Un Couronnement de sainte Madeleine par les anges, dans deux médaillons ovales, alternant avec deux autres médaillons se trouve un seau à eau bénite d'orfèvrerie à Olliergues (Puy-de-Dôme) dans la chapelle castrale Saint-Vincent, église paroissiale Notre-Dame (http://www.culture.gouv.fr - Olliergues).

A Saint Frediano in Cestello à Florence, on aperçoit sous la voûte du dôme la représenattion de Marie Madeleine, les seins nus, attendant sa couronne. L'église a été érigée vers 1450 pour les carmélites ; Santa Maria Maddalena de’ Pazzi y vécut et y mourut. En 1628, les Carmélites échangèrent leur couvent avec celui des Cisterciens de Borgo Pinti. Ces derniers firent restaurer l’église et le couvent vers 1690, sur un projet de Gherardo Silvani, avec une coupole d’Antonio Maria Ferri. L’extérieur brut contraste avec l’intérieur richement décoré : fresques de la coupole d’Antonio Domenico Gabbiani (1718), bustes des deux Santa Maria Maddalena, statue de la Madonna del Sorriso... (www.monument-tracker.com/villes/florence/chiesa-san-frediano-in-cestello/).

Saint Martin

S'il est vrai que Martin est le saint le plus populaire en France et qu'il y a de nombreux lieux de cultes qui lui sont consacrés dans le pays, la plupart des sites du signe de la Croix d'Huriel admettent un rapport avec lui.

Près de Rochemaure, Corcon, Gorgon ou Gorgonay désigne le territoire qui a été appelé plus tard le Barrés. Nous trouvons, en effet, dans un dénombrement des biens possédés par noble Jean de Chayland au mandement de Saint-Vincent-de-Barrès, l'indication suivante : « Plus une terre audit mandement, au lieu dit en Gorgon ou Gorgonay, confrontant le chemin qui va de Rochemaure à Privas. Ce territoire comprend précisément deux églises placées sous le vocable de saint Martin, savoir: Saint-Marlin le Supérieur et Saint-Martin-l'lnférieur (Rouchier (l'abbé), Histoire religieuse, civile et politique du Vivarais, Volume 1, 1861).

La commune de Saint-Martin-sur-Lavezon, contiguë à Rochemaure, résulte de la réunion de Saint-Martin-le-Supérieur et Saint-Martin-l’Inférieur, où le Père Chiron fut curé, dans la vallée du Lavezon en 1989. On peut voir 2 belles églises romanes du XVIème siècle remarquablement conservées et entretenues et le château de Pampelonne ( propriété privée ) construit sur un redent basaltique de la montagne de Berguise. En 877, la charte de Charles le Chauve donne à l’église de Viviers les deux églises de Saint-Martin, l’Inférieur et le Supérieur, Plus tard, c’est vraisemblablement l’une d’elles dont il est fait mention sous la dénomination de Saint-Martin-du-Poit, dans une bulle du pape Alexandre III datée de 1173 qui la confirme comme bien de l’abbaye de Saint-André-le-Haut à Vienne. La même est unie au prieuré de Lavilledieu en 1315. Fortement remaniées au XIVe siècle, les deux églises furent ensuite détruites au cours des guerres de Religion et laissées à l’abandon, sans prêtre et sans offices, pendant plus de dix ans, avant d’être reconstruites par les paroissiens. Il n’y reste de ce fait plus grand chose des édifices antérieurs. Saint-Martin-le-Supérieur conserve encore sa nef voûtée en plein cintre, probablement du XIe siècle. À Saint-Martin-l’Inférieur, on retrouve quelques restes d’architecture romane, une façade et les murs latéraux. Les arc-boutants sont sans doute postérieurs. Le portail s’appuie sur deux colonnettes dont l’une, de facture antique, est probablement un remploi (www.ot-cruas.fr - Saint Martin sur Lavezon, www.patrimoine-ardeche.com - Coiron).

Aubenas comprend l'ancien Saint-Martin les Ollières qui devint Saint-Martin sous Aubenas.

A Marcolès, lors de travaux de remise en état du maître hôtel de l’église Saint-Martin de Marcolès, le 4 juillet 1667, le curé Pierre Cortez découvre des ossements cachés dans une statue reliquaire représentant Saint Martin, entourés de deux bandes de parchemin où il est écrit en lettre gothique « Hae sunt reliquiae beati Martini » c’est à dire « Ce sont les reliques de Saint-Martin ». C'est ce curé qui signe l'approbation des Stances à la sainte Creiche, vus plus haut. Quand et comment sont-elles arrivées jusque là ? Une des hypothèses est le transfert de monastère en monastère des reliques après l’ouverture de son tombeau en 1323 pour être exposées à la vénération du public. La consécration de l’église de Marcolès correspondait à leur venue. La paroisse de Marcolès possède donc avec Tours l’honneur de posséder la plus grande partie des Reliques de Saint-Martin, l’un des Grands Saints de France. Marcolès deviendra un grand lieu de pèlerinage, les fidèles promenaient la statue de Saint-Martin lors de procession. Monseigneur Marguerye a obtenu du Pape Grégoire XVI, deux Indults apostoliques en faveur de la paroisse de Marcolès. Deux grandes fêtes permettaient de vénérer les reliques : le 4 juillet lors de la Translation des Reliques de Saint-Martin ; le 11 novembre, jour de la fête du Saint. En 2017, Marcolès fêtera donc le 350e anniversaire de la découverte des reliques de Saint-Martin. Nul sans doute que de grandes festivités seront organisées par la paroisse à cette occasion afin de permettre de mieux faire connaître et aimer ce saint si illustre (amiseglisemarcoles.unblog.fr - Historique de l'église).

L'abbaye Saint-Martin de Tulle est liée au monastère de Rocamadour car elle parvint, dans le courant du XIIème siècle, à s'en faire reconnaître la possession. L'église Saint-Martin de Fronsac aurait été fondée par Charlemagne. Ribérac annexa le village de Saint-Martin en 1790. A proximioté se trouve l'église de Saint-Martin à Parcoul, anciennement Paracol, qui serait l'église représentée sur la station VII du chemin de croix de Rennes-le-Château (Autour de Rennes : Chemin et signe de croix). Près de Bourganeuf, se trouvent les villages de Saint-Martin-Sainte-Catherine (ancien Saint-Martin-de-Charnac) et Saint-Martin-le-Château. Huriel possédait une collégiale Saint-Martin, lieu de sépulture des seigneurs de la famille de Brosse. Crocq est à côté du Compas où l'église est dédiée à saint Martin. Il en est de même pour Laroquebrou et Rouziers. Bleyssol se trouve sur la commune de Vabre-Tizac. A Tizac, l'église est vouée à saint Martin. A côté de Combefa, le village de Saint-Martin-Cammarc ou Campmar dépendait de Saint-Sauveur de Salles. La Cassaigne possédait un prieuré Saint-Martin.