Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Couronnement de Marie Madeleine et calendrier kabbalistico-alchimique   

En pousuivant la route sur la Croix d' Huriel au-del de La Cassaigne dans le prolongement du montant vertical de cette croix, nous rencontrons divers villages. Nous nous arrterons Belcaire, dans le dpartement de l'Aude comme Rennes-le-Chteau, qui est l'intersection de la ligne gnostique et de la Croix d'Huriel.

On ne connat pas exactement la date de sa construction de l'glise de Belcaire, on parle du XVme sicle mais au Vatican on retrouve une trace dune glise Belcaire vers 1347, mais ce nest peut-tre pas la mme. Elle est ddie Saint Cme et Saint Damien qui taient des frres Jumeaux ns en Arabie qui soignaient gratuitement la population. Le clocher, tour carre couronne de crneaux dont l'architecte est Charles mile Saulnier (1828-1900), qui a restaur Notre-Dame de Marceille - lieu li au mystre de Rennes-le-Chteau - (elec.enc.sorbonne.fr/architectes - Saulnier), date de 1884. A lintrieur on y trouve un Retable baroque en bois polychrome et dor sur le fond du Chur, qui est dat de la fin du rgne de Louis XIV, tout comme le Tabernacle et ils furent raliss Limoux. On peut y voir : en bas, le Peuple des Croyants ; en haut, Dieu le Pre ; au milieu, les intercesseurs ; au centre le Christ ; droite et gauche les Saints Patrons. Les Statues des Saints Patrons furent lgues la Paroisse en 1674. Il existe des chapelles dans l'glise : de la Vierge, saint Blaise (auxiliateur aussi le 8 aot), saint Michel et saint Roch (auxiliateur aussi le 8 aot) ; mais aussi sur le territoire de la commune : l'une ddie Saint Eutrope, ft le 30 avril (Fontaine de l'Oum), l'autre Sainte Anne (Ribal, prs du pont) ; la troisime NS en Croix (Croix de Fer) (www.aude.catholique.fr - Belcaire, www.paysdesault.com - Belcaire).

On trouve sur une clef de vote de la chapelle ddu chteau de Puivert, ct de Belcaire, le couronnement de la vierge (www.belcaire-pyrenees.com - Puivert).

Entre La Cassaigne et Belcaire, se trouve Blesta, village o les industries du peigne en corne et du jais taient florissantes. Il y vait plusieurs moulins jais dans les communes de Peyrat, de Blesta et de Laroque. Dans ces deux dernires communes, on les convertit en moulins farine ou huile cause du peu de cours que le jais avait au XIXme sicle.

Avec la grotte de Cauna, Blesta d'Arige, au pied de Montsgur, est un site magdalnien, puis nolithique. Un premier chteau, avant la guerre des Albigeois, appartenait la famille de Bellissen. Blesta relevait du fief de Mirepoix qui dpendit des comtes de Carcassonne, puis des comtes de Foix avant de passer dans le domaine royal par le trait de Paris (1229) qui le donne Guy de Lvis.

La chapelle Notre Dame du Val d'Amour, construite au XIVme sicle sous la dnomination de Ecclesia beatate Mariae Vallis Amoris cum cemeterio justa caput ipsius ecclesiae , devint un lieu de plerinage trs frquent. La source gurisseuse, incluse actuellement dans la chapelle existait dj vers la fin du XVme sicle, o se dsaltraient bergers et cultivateurs. Un berger y aurait lav ses jambes couvertes dulcres, sur les recommandations de Marie, et aurait t guri. La lgende dit que la chapelle fut construite par une princesse dont la fille aveugle a t gurie par leau de la source qui se trouve dans la crypte, sous le matre autel (vivrevouivre.over-blog.com - Val d'Amour, www.histariege.com - Belesta).

Avant Blesta se trouve Camon.

La particularit de Camon, est d'avoir aujourd'hui plus de 200 rosiers grimpants sur les faades. Camon possde un pass viticole et les rosiers en sont un hritage. La vigne fut cultive Camon partir du Xme sicle et jusqu'au dbut du XXme sicle.

Le village de Camon est situ l'extrme Est du dpartement de l'Arige, dans le mandre form par la rivire Hers. Le nom du village vient du Gallo Romain 'cambo dunum' qui signifie la forteresse du mandre. Ds 778, Charlemagne son retour d'Espagne, aurait ordonn la construction d'un monastre et d'une modeste glise. De faon certaine, on peut affirmer que l'abbaye existait au Xme sicle (le premier acte inventori date de 923, suivant la rgle de Saint Benot). En 943, l'abbaye sera soumise l'abbaye de Lagrasse, dans l'Aude.

Le 18 juin 1279, Camon comme tous les villages de la valle de lHers fut dtruit par linondation catastrophique provoque par la rupture du barrage naturel qui retenait le lac de Puivert. Reconstruit entre 1280 et 1316 limage des forteresses royales franaises, la rgularit ne fut rtablie pour 12 religieux quen 1317 (www.camon09.org - Histoire).

Les ornementations de feuillages sont peintes sur la vote. La scne mythologique reprsente les fables d'sope : Minerve avec les attributs des arts, Junon et son cygne et Diane avec ses chiens. Elle est au registre infrieur du mur et les faunes et faunesses sont reprsents au-dessus de la porte. tat oeuvre restaure

Des peintures ont t ralises au dbut du XVIe sicle dans lestude de Philippe de Lvis : plafond rinceaux (symboles du monde vgtal) dont, avec le temps, le pigment bleu a sans doute vir au noir ; au centre du plafond, lorbe aujourdhui borgne, comportait peut-tre un blason ; sur lun des murs, reconnaissable son casque, la figure mythologique de Minerve, seule survivante dun ensemble de 4 figures, Diane, Junon, Vnus ?, aujourdhui largement ou compltement effaces. Munie dun casque et dune lance, Minerve tient dans sa main gauche un bouclier orn dune tte de Mduse. A ses pieds, divers attributs de type symbolique rappellent que, desse des arbres, puis desse des techniques de la guerre, elle est encore desse des arts (belcikowski.org - Camon).

Dans l'glise : Visitation, Annonciation, Assomption, saint Arsne, saint Pierre Clestin (le pape Clestin V), saint Antoine de Padoue et saint Pie V (ft le 30 avril).

Camon - Antoine de Padoue (class sous le titre Saint Franois d'Assise) - culture.gouv.fr - mistral

Camon - gauche Arsne et droite Pierre Clestin - culture.gouv.fr - mistral

En continuant, on rencontre Caudeval.

Avant la construction du chteau, le site tait une terre des Comtes de Foix, appele en 1132, "Valle de Vendras", aux Xe et XIe sicles, nom gallo-romain form sur "Venerius" plus suffixe "anum". Des dcors de l'poque romaine ont t trouvs sur le site du chteau, en particulier deux fts de colonne de 7 m de hauteur chacune. Au XIe sicle une tour existait l'angle nord-ouest du chteau ; les fondations de cette tour ont t retrouves et dgages en 1988. Les comtes de Foix, menant une politique d'expansion vers le bassin mditerranen, avaient tendu leur autorit jusqu'au col de Peyrefite, l'est de Caudeval.

Des pices darchives citent en 1504 un Jean dAulon, petit-fils du compagnon de Jeanne d'Arc, comme seigneur de Caudeval et de Mzerville. Le 23 juin 1517, ce Jean dAulon est condamn avoir la tte tranche, ses biens confisqus sauf un tiers ses enfants lgitimes ! (www.chateau-de-mezerville.org - Histoire du chteau, fr.wikipedia.org - Caudeval).

Vendras, tirant son nom de Vnus comme Port-Vendres, et la colombe de Sainte-Colombe sur l'Hers, attribut de la desse, indique que la rgion tait consacre la desse de l'amour d'autant que la chapelle Notre dame du Val d'Amour Blesta semble insister sur le fait. Vnus, mre d'Ene.

Marie Madeleine, Vnus et l'alchimie

Une association fort ancienne est tablie entre Marie Madeleine et les desses de la fertilit.

Le hameau de la Magdeleine est situ dans la commune de Penne, sur la rive droite de l'Aveyron 4 km. de Bruniquel (T.-et-G.) et 3 km. de Penne (Tarn). Ce lieu est habit de temps immmorial; sous le nom de Sainte-Marie-Magdeleine des Albis il constitua l'un des premiers dons concds aux Chevaliers du Temple.

La grotte ouvre ses entres, trs visibles, 150 m. vers l'amont; elle est peu profonde, mais prsente quatre galeries superposes, qui marquent l'enfoncement du ruisseau souterrain. Vers 1900, Trutat, conservateur du Muse de Toulouse, fouille les deux entres suprieures et le trou adjacent de la Montre qui seuls peuvent nous intresser. Malheureusement, rien n'a t publi, et je n'ai pas pu retrouver les pices au Muse de Toulouse. En 1950-51 Mme et M. Jo. Herment reprennent les dblais, pas d'os travaill, mais des silex assez nombreux indiquent le Magdalnien, sans pouvoir prciser davantage.

Ce n'est que le 6 juillet 1952 que devait avoir lieu la dcouverte principale. Invit par le Capitaine Vesprini, propritaire de la grotte, M. Bessac, membre de la S. P. F., rsidant, ordinairement en A. O. F., expliquait M. Souli, l'art rupestre Africain devant l'entre du 2e tage, quand il reconnut un animal grav en lger relief sur le dur calcaire bajocien. Une exploration mthodique faisait dcouvrir, en plus de ce premier quid, un bison et les deux Vnus. M. Bessac prenait des croquis et me les montrait le lendemain. Trs surpris par le style plein de mouvement et par les hanches troites de ces Vnus j'avertissais M. L. Mroc et quelque temps aprs nous tions tous sur place pour un examen srieux. Celui-ci ne laissait gure de doute, mais devant le puissant intrt d'une telle dcouverte nous avons tous t d'accord pour solliciter la visite du plus grand spcialiste de ces questions. Notre Matre l'Abb H. Breuil a bien voulu prolonger un voyage dj pnible et sacrifier quelques journes notre rgion. Soit dit en passant, nous l'en remercions vivement. Ses conclusions furent formelles et je ne peux que renvoyer la communication qu'il a fait en dcembre 1952 l'Acadmie des Sciences (B. Btirac, Les Vnus de la Magdeleine, Bulletin de la Socit prhistorique de France, 1954 - www.persee.fr).

L'Apocalypse dcrit la Grande Prostitue de Babylone, assise sur les Grandes Eaux, et tenant dans la main la coupe des abominations, qui est sans doute une coupe de vin, car cette femme a nivr les habitants de la terre du vin et de ses impudicits. Nous avons l une figure qui ressemble celle de Marie-Madeleine ; une prostitue porteuse de vase (ou de coupe). Le fait qu'elle soit assise sur les "Grandes Eaux" nous guidera pour son identification. Il nous faut nous souvenir en effet du symbolisme astrologique, partout prsent, y compris chez les juifs et les paens. Or les "Grandes Eaux" renvoient trs vraisemblablement au signe des Poissons, dont le matre astrologique est Vnus. Cette femme, portant la coupe des abominations, serait donc Vnus, ou plutt l'Astart de la Bible. Or cette dernire a deux visages, celui de la Prostitue mais aussi celui de la Vierge. [...] Le symbolisme astrologique confirme cette dualit. A 180 des Poissons se trouve en effet le signe oppos de la Vierge. ce sont les deux visage de la Sophia.

Entre la figure d'Astart et celle de Marie-Madeleine-Marie de Bthanie, l'homologie n'est gure douteuse. Astart est desse de l'amour et on pratique en son honneur la prostitution sacre. Le Moyen ge appellera Marie-Madeleine : "la trs sainte demoiselle pcheresse" et "la bien-heureuse amante du Christ". Toutes deux portent soit une coupe (comme la Prostitue de l'Apocalypse) soit un vase (selon saint Luc) soit un flacon de parfum ou d'onguent (selon Mathieu et Marc). Les femmes sacrifient leurs cheveux Astart, Madeleine porte les siens longs et dnous. Mais toutes deux prsentent un visage virginal. Prostitue sacre, Astart introduit le myste au mystre divin et le restitue l'tat primordial. Selon le symbolisme astrologique du signe des Poissons dont elle est la matresse, Vnus est, on l'a dit, aussi la Vierge ( 180 du signe), porteuse de l'pi initiatique.

Dans la gnose de Basilide, Marie-Madeleine symbolise la Cration, veuve de son Dieu et il reste quelque chose de cette image dans un texte comme celui d'Alain de Lille lorsqu'il commente ainsi le verset du Cantique des Cantiques, "Vox turturis audita est". [...] Ainsi Marie-Madeleine est la "Veuve tourtrelle" qui pleure son ami perdu, mais qui, aussi, annonce sa rsurrection.

De cette tude il ressort donc que la conception de deux Sophias tait rpandue au XIIme sicle chez les chrtiens du Pallars [Le comt de Pallars tait un territoire que certains chroniqueurs de la cour carolingienne appelrent Marche d'Espagne, pendant la premire moiti du XIe sicle] et pas seulement chez les Juifs de Provence ; ainsi s'expliquerait, dans ces valles, le culte de Marie-Madeleine, ou le culte de Marie-Sophia, Mre et Epouse du Verbe, comme deuxime et dixime manation, et comme Madeleine; "Ange" ou Hojjat shiite, Jumeau cleste de son Fils (Paulette Duval, La pense alchimique et le conte du graal, Marie-Madeleine, Champion, 1979).

La Rsurrection qui est la 15 station du chemin de croix, s'il y a lieu, et qui correspond au panneau de l'autel consacr Marie-Madeleine dans l'glise de Rennes-le-Chteau, ainsi qu'au 15 mystre du rosaire dfini comme le Couronnement de la Vierge, en qui est convertie Marie-Madeleine grce sa pnitence.

la Pierre des Philosophes est qualifie de "rouille du cuivre". Le cuivre est le mtal attribu par les Grecs Vnus (la littrature alchimique ne prcisant pas s'il s'agit de la desse ou de la plante). Or Vnus a pour anctre l'Ishtar babylonienne, venue elle-mme de l'Inanna sumrienne. Ishtar avait pour attribut un arbre dont elle fait un cercle et un bton pour Gilgamesh. Il n'est pas tmraire de dfinir cet attribut comme un Arbre-du-Centre-du-Monde, puisque la desse offre par lui son protg le moyen de parvenir cette ralit suprme que les chamans atteignent grce leur tambour et leur baguette faite du bois de l'Arbre-du-Centre-du-Monde, et dont le Matre est en gnral une desse. la Pierre alchimique deviendrait donc le pouvoir offert par la desse Vnus, dont le cuivre est l'homologue, d'atteindre au Centre-du-Monde par le moyen chamanique de mort et de rsurrection. [... Un pome d'Ibn Gabirol montre que dans l'Espagne du nord, au XIme sicle de notre re, Vnus est la plante qui annonce l'aurore, et, tel un hraut, prcde l'poux, c'est--dire le soleil levant, qui sort de la chambre nuptiale. Or en alchimie le soleil levant reprsente l'Oeuvre au rouge. Ds le Xme et XIme sicle, l'iconographie du nord de l'Espagne connat une femme portant une coupe pleine d'un liquide enflamm ; c'est cette femme, croyons-nous, qui deviendra la porteuse du graal (Paulette Duval, La pense alchimique et le conte du graal, Introduction, Champion, 1979).

Dans le Blesta homonyme des Pyrnes-Orientales, l'glise saint Barthlemy tait consacre initialement Marie-Madeleine, et est mentionne pour la premire fois en 1173.

Avec ce changement de nom, on se rend compte que Barthlemy et Marie-Madeleine se trouvent sur un calendrier divis en 22, comme la Rose kabbalistique. Nous y rencontrerons Cme et Damien les saints patrons, avec Marie Madeleine, de la pharmacie et de la mdecine. Madeleine semble absente du Belcaire de l'Arige mais s'y trouve en filigrane. Dans le recueil de M. Rzeau des Prires aux saints en franais la fin du moyen ge, dans la moiti des cas, la sainte nomme la premire aprs la Vierge se rvle tre Marie-Madeleine ; dans la seconde moiti, elle vient en deuxime position aprs sainte Anne qui a sa chapelle Belcaire (Ribal), la mre de la Vierge, mais jamais elle n'est cite au-del (lisabeth Pinto-Mathieu, Marie-Madeleine dans la littrature du Moyen ge, 1997). Les saints intercesseurs du retable de Belcaire sont les saints auxiliaires fts le 8 aot, date de ce calendrier baptis kabbalistico-alchimique, les saints de cette division calendaire tant lis au Grand Oeuvre. Alchimie chrtienne, tant soit peu que l'on puisse parler d'une telle alchimie.

En Occident les textes alchimiques et plus gnralement thosophiques , videmment quelque peu en marge des Eglises officielles, prsentent une image de la divinit assez diffrente de celle que dessine l'Eglise Romaine, ptrie d'esprit latin et de logique aristotlicienne. Le Dieu de l'glise Romaine est identit par excellence, Unit dans laquelle disparaissent toute multiplicit, toute diversit. C'est l, dit S. Lupasco, l'opration d'actualisation de l'extension identifiante du concept, pousse sa limite impossible, o toute htrognit aura disparu dans une potentialisation infinie, quivalent sa disparition . Ajoutons que c'est un penseur luthrien, Jakob Bhme, qui au dbut du XVIIme sicle a le plus contribu rpandre dans l'Occident chrtien l'ide d'un Dieu en quelque sorte htrogne, aspirant se connatre lui-mme grce une cration dans laquelle il se reflte, et sans laquelle il n'est que Ungrund, fond indiffrenci, mais dj potentialit lourde d'infinies nergies. Ce Dieu se dfinit moins par son essence que par sa libert. On conoit que des chrtiens aient, ds lors, prouv le besoin de chercher de prfrence dans le noplatonisme, puis dans les textes fondamentaux de la Kabbale juive, un support leurs spculations sur les formes et les manifestations d'une divinit conue non point comme ne varietur mais comme essentiellement dynamique et nergtique.

A la polarit htrognisation-homognisation s'ajoute, en effet, dans le domaine de l'nergie et du psychisme la notion de potentialisation-actualisation. C'est--dire que tout vnement nergtique comporte un lment antagoniste, tel que l'actualisation relative de l'un entrane la potentialisation relative de l'autre. Relatives, mais non pas absolues, sous peine de voir disparatre l'antagonisme, donc l'nergie elle-mme. Rien n'arrive qui n'ait potentialis ce qui tait. Chaque vnement nouveau s'actualise sur le fond d'une potentialit, ou d'une potentialisation, pralable. Cette notion permet d'chapper au caractre statique de la logique classique.

Rappelons le droulement du magistre alchimique :

A. L'uvre commence par la mort alchimique, c'est--dire par une ide de dissolution (solve) y de sparation, des trois principes que sont l'esprit (Soufre), l'me (Mercure), le corps (Sel). Ceux-ci, plus ou moins unis l'tat naturel, sont symboliss par le blanc, le jaune et la coquille d'un uf. On dit que l'Adepte, dans cette premire phase, brise l'uf de son pe , c'est--dire qu'il dtruit cet tat naturel en sparant les trois principes les uns des autres : le Soufre et le Mercure se dgagent; restent les cendres, ou la coquille. L'intrt de cette sparation sera de permettre une fixation (coagula) du double lment spirituel (Soufre-Esprit et Mercure-Ame) meilleure qu' l'tat naturel. En d'autres termes, esprit et me, librs aprs l'clatement de l'uf, vont maintenant rechercher un corps (en allemand, Leib) qui, lui, est la fois corps et esprit, non plus seulement corps matriel ; fragile (en allemand, Krper). Cette fixation, cette stabilisation, c'est l'uvre elle-mme, qui aprs la mort se poursuit en quatre tapes que voici

B. Acquisition du Feu. Esprit et me en qute de leur corps spirituel reoivent \ le Feu , qui est grce, don de Dieu. Cette entreprise est parfois assimile aux douze travaux d'Hercule ou aux signes du zodiaque; elle est prparation intense la fusion du corps spirituel avec l'me-esprit

C. Acquisition du Mercure. Maintenant qu'ils sont devenus igns, esprit et me se cherchent une forme. Quand ils la trouvent, on dit qu'ils ont acquis le Mercure Philosophique (c'est la condensation du Mercure Universel , qui coordonne, suscite, sert d'agent universel, et que nous avons dj rencontr). Mais il y a et pour cause encore prdominance de l'me (lment mercuriel)

D. Acquisition du Soufre. Esprit et me, igns, ayant trouv leur forme, cherchent stabiliser, solidifier cette forme. Pour cela, ils rcuprent la cendre, la coquille, dlaisse depuis l'tape de la Mort, lorsque l'Adepte a frapp l'uf de son pe. L'uvre a alors atteint une certaine consistance, appele Soufre, et celui-ci rayonne dans un ensemble maintenant presque achev

E. Mariage du Soufre et du Mercure. Soufre et Mercure, acquis sparment, ne sont pas encore unis; ils aspirent l'tre, mais paradoxalement ils se prsentent comme deux forces antagonistes. Il faut alors trouver le Sel catalyseur, liant, grce auquel pourra s'oprer le mariage Soufre-Mercure (Roi-Reine). Alors l'uvre sera achev. Le Soufre, lumire intrieure, microcosmique, rayonne dans la lumire environnante (formelle), ou macrocosme, du Mercure. L'nergie est unie la substance. La pierre, c'est l'Esprit du monde rendu visible (Antoine Faivre, Pour une approche figurative de l'alchimie. In: Annales. conomies, Socits, Civilisations. 26e anne, N. 3-4, 1971).

Saints

Jours

Angle de Foligno

4 janvier

Agns de Rome

21 janvier

Relinde (Renule)

6 fvrier

Polycarpe

23 fvrier

Gorgon

11 mars

Hsychius

28 mars

Lydwine

14 avril

Catherine de Sienne

30 avril

Tropez

17 mai

Marcellin et Pierre Jumeaux

2 juin

Gervais et Protais Jumeaux

19 juin

Isae

6 juillet

Marie Madeleine

22 juillet

Saints Auxiliateurs

8 aot

Barthlemy

24 aot

Nicolas de Tolentino

10 septembre

Cme et Damien Jumeaux

27 septembre

Graud/Rmo

13 ocotbre

Germain de Capoue

30 octobre

Albert le Grand

15 novembre

Jan van Ruysbroeck

2 dcembre

Gatien

18 dcembre

Angle de Foligno : Angelina

La bienheureuse Angle de Foligno (l250-l309), religieuse italienne ne Foligno, prs d'Assise, tait entre dans le tiers ordre de saint Franois aprs une vie mondaine et dissipe. Elle s'apparut elle-mme comme un abme de pch et voudrait le dire tout le monde.

Jsus lui dit un jour : Que dirai-je enfin? Trouve en toi, ma fille, un seul pch que je n'aie pas cruellement expi, une seule maladie spirituelle que j'aie laisse sans remde. Mes souffrances ont pay toutes tes dettes et compens tous les tourments ternels que tu devais subir dans l'enfer. Ne t'afflige donc pas davantage. Ce que tu as faire dsor mais, c'est de compatir mes peines, de t'assoit cier ma pauvret, mes ignominies le reste de tes jours. Marie-Madeleine aussi fut infirme, mais parce qu'elle fit ce que je viens de dire et dsirait sa gurison, elle fut dlivre de son infirmit. Or, je te le dist quiconque l'imitera, recevra comme elle une sant parfaite (Arnaud de Foligno, Vie de Sainte Angle de Foligno: le frre Armand, religieux de l'Ordre de Saint-Franois, son confesseur, 1863).

Angle de Foligno s'abma alors dans la contemplation du cur de Jsus et de la plaie bante son ct.

La diformation de l'me, partiellement absoute des conditions terrestres, se veut imitation du Christ. Thrse a emprunt pour sa description le vocabulaire de l'Agonie : crucifixion, angoisse (ansia), chemin de croix. En ces certitudes peu assures, le purgatoire intrieur est orient; le sang du Calvaire est le rubedo dans cette transformation qui s'opre sur fond de nigredo (la vision de l'enfer)? On ne trouve pourtant pas chez Thrse l'intuition d'une participation l'Agonie d'absence du Christ sur la Croix ou la supposition qu'elle s'imagine le jouet de Dieu comme chez Angle de Foligno, Le Livre des visions et des instructions, ch. LVI (Jad Hatem, Extase cruciale et thophorie chez Thrse d'Avila, 2003).

Sainte Agns

Sainte Agns de Rome (209-303 ap. J.-C.) tait une vierge et martyre dont l'histoire est raconte par saint Damase, saint Ambroise et d'autres. Le symbolisme alchimique est transparent, tout comme lhistoire de Sainte Agns, dont le nom indique lorigine igne (de la nature du feu, en espagnol Agns est Ins) et qui fut conduite, selon la lgende, en un lieu de prostitution, et sainte Agns rappelle par son nom que le loup du pch est toujours rdant, quaerens quem devoret.

Agns par ses longs cheveux se rapproche de Marie-Madeleine qui fut prostitue selon la lgende latine comme Agns fut promise par son bourreau la dbauche mais fut sauve par sa chevelure qui cacha sa nudit.

Jos de Ribeira - Sainte Agns de Rome

Le Pallium est une tole de laine blanche, brode de six croix de soie noire, qui se porte sur la chasuble. La laine est fournie par deux agneaux bnis pour la fte de sainte Agns, le 21 janvier. Ce signe dhonneur et de juridiction est port par le Pape et les archevques mtropolitains (www.editions-arqa.com).

Sainte Relinde (Renule, Renilda)

La ville de Maeseyck doit son origine la pit de deux saintes filles et surs, Harlinde et Relinde, qui au VIIIme sicle obtinrent de leurs parents la permission de construire un monastre dans un lieu nomm Eyck ou Aldeneyck, situ dans le voisinage. Aldeneyck depuis lors a acquis une certaine clbrit dans l'histoire: Les noms dHarlinde et de Relinde ont aujourdhui travers onze sicles, et ne sont encore prononcs quavec la plus grande vnration par les habitants de la contre qui a t honore de la prsence de ces illustres cnobites (Mathias Joseph Wolters, Notice historique sur la ville de Maeseyck, 1855).

Jan van Eyck (n vers 1390 peut-tre Maaseik et mort Bruges le 9 juillet 1441) est un peintre n dans les territoires soumis l'autorit du prince-vque de Lige, Jean de Bavire (1390-1417) qui devient son protecteur. Il est clbre pour ses portraits dun ralisme minutieux. Ses tableaux les plus connus sont le portrait des poux Arnolfini et le retable de l'Agneau mystique, uvre cl de la peinture occidentale. Il est l'un des premiers artistes avoir sign beaucoup de ses uvres. La tradition qui situe Maaseik, dans la rgion mosane, le lieu de naissance du peintre remonte Lucas D'Heere (1559) et Marcus Van Vaernewijck (1568) (fr.wikipedia.org - Jan Van Eyck).

burgundy.centerblog.net - Jan van Eyck - L'Agneau mystique

L'exemple le plus ancien de soeurs artistes est celui d'Harlinde et Relinde, deux saintes du VIIIe sicle, qui ont travaill le textile et enlumin des manuscrits, au monastre d'Aldeneik (c'est--dire du Chne), en Belgique.

Le fameux vangliaire conserv jadis l'abbaye d'Eyck lez Maeseyck et dont M. Ruelens a biea apprci l'importance dans les quelques lignes qu'il lui a consacres dans l'Art ancien. Cet vangliaire, le plus vieux manuscrit miniatures que possde la Belgique, appartient aux archives de l'glise primaire de Maeseyck. Il fut l'uvre de deux surs, Harlinde et Relinde, filles du seigneur Adalhard et de Grimara, fondatrices, en l'an 750, d'une petite chapelle et d'une abbaye Eyck. Issues de la paissante famille des Ppins, elles virent consacrer leur monastre par Saint-Willebrode, vque d'Utrecht, et par Saint-Boniface, qui les levrent la dignit d'abbesses.

Aprs avoir reu cette conscration, elles accueillirent douze jeunes filles, qui, aprs un court noviciat, prononcrent les vux ternels de religion. Aussitt qu'Harlinde et Relinde se trouvrent la tte de cette petite communaut, elles vourent leur vie entire soulager les pauvres et s'instruire dans les livres et les manuscrits, les transcrivant et s'exerant les orner de riches peintures. Dans l'ardeur de leur got pour les arts, elles arrivrent constituer une sorte de gynce (atelier), o elles passaient une partie de leurs jours et mme de leurs veilles autant enseigner de jeunes apprenties l'art de peindre et de broder de riches toffes de soie qu' tisser le lin.

D'aprs un rcit lgendaire dont l'origine est postrieure la rdaction de l'ancienne vie latine, un soir, tandis qu'Harlinde et Relinde enluminaient le texte du manuscrit qui nous occupe, un nuage de soufre les enveloppa subitement et le dmon, se montrant elles sous la forme d'un spectre, teignit les deux cierges qui clairaient leurs veilles laborieuses ; mais aussitt les flambeaux se rallumrent sous le souffle d'un esprit cleste et brillrent avec plus d'clat qu'auparavant. Ce rcit naf peut nous faire comprendre en quelle estime taient tenues Maeseyck les peintures d'Harlinde et de Relinde. Ces deux cierges, avec l'inscription suivante : Dua candela S.S. Virginum per cacoduemonem extincta subinde per S. angelum accensa dum S. Virginis divinum persolubant officium , se conservent encore de nos jours dans unmagnifique reliquaire en vermeil dans le trsor de l'glise primaire de Maeseyck (Commission royale des monuments, 1891).

D'aprs la Vita Harlindis et Relindis (vers 855-881). biographie postrieure d'un sicle environ la mort des saintes patronnes d' Aldeneik-sur-Meuse, les saintes furent instruites dans l'art des textiles o elles excellrent. La Vita, remarquablement tudie par Alain Dierkens. mentionne des palliola, conservs l'abbaye, qu'elles auraient raliss de leurs propres mains et qui nous parvinrent en se chargeant de toute une lgende : le velamen Relindis virginis, voile de lin blanc, cit depuis le XI Ve -XVe sicle, le velamen Harlindis abbatissae , et enfin la casula, qui a pu servir protger les reliques lors de Surlvation parl'v- que de Lige Francon (+ 901).

Les textiles d'Aldeneik sont aujourd'hui conservs Maaseik. La casula est constitue de broderies anglo-saxonnes incorpores dans un tonnant patchwork aujourd'hui compltement restaur. Milred Budny s'est interroge sur l'arrive de ces pices sur le continent. Les exemples montrent que des missionnaires comme Boniface ou Willibrord [avec lesquels les saintes entretenaient une correspondance] ont dsir avoir prs d'eux des objets utilitaires, ce qui permet, la lumire de ces uvres, de rexplorer les relations entre l'Angleterre et le continent. Une reconstitution contemporaine extraordinaire de ces broderies permit de calculer le temps de travail considrable ncessaire la ralisation de la casula, soit 257 heures pour une seule bande (Philippe George, Reliques & arts prcieux en pays mosan: du haut Moyen Age l'poque contemporaine, 2003).

Les ciseaux d'Harlinde et Relinde dans leur chsse la cathdrale de Lige

Saint Polycarpe

Lorsqu'on lit le martyre de saint Polycarpe de Smyrne, brl en 156, ce n'est pas un baptme que l'on pense, mais au bcher d'Hercule ainsi qu' la fournaise d'o Daniel sortit transfigur. Quand les flammes s'cartrent, dit Irne, tmoin oculaire, on vit le martyr au milieu, non comme une chair qui brle, mais comme un pain qui cuit, comme l'or et l'argent qu'on purifie dans une fournaise, exhalant un parfum dlicieux aussi fort que celui de l'encens .

On voit bien l comment s'est dvelopp un langage symbolique partir du four qui transforme et renouvelle la matire qu'on lui confie, de la forge qui la rend la fois ductile et rsistante, du brasier enfin qui dtruit les lments impurs afin de librer l'essence prcieuse. C.-M. Edsman a finement tudi les trois thmes dans le folk-lore mdival. En 1025, l'vque Burchard de Worms prit un dcret punissant d'un an de prison la femme qui mettrait son fils sur le toit ou dans le four pour le gurir des fivres.

Les contes qui ont pour centre le four ou la forge sont presque toujours relevs par le thme de l'apprenti-sorcier : Notre- Seigneur met un vieil homme dans un four ; il en sort un jeune garon ; saint Pierre prtend faire le mme miracle, mais il choue. Pour ferrer plus aisment un cheval, Ntre-Seigneur coupe le pied et le rtablit ensuite ; un forgeron imprudent, parfois saint loi, l'imite et s'en repent. Grimm a deux contes d'inspiration analogue (81, 147). Le thme de l'apprenti-sorcier apparat en Grce dans un fabliau du cycle d'pidaure, non dans celui du feu. Si Mde manque la rsurrection d'son, c'est de propos dlibr. La revigo- ration par le travail du forgeron n'affleure que dans les deux histoires, l'une et l'autre fort mal connues, d'Ares cach dans la pierre mangeuse de fer et du Dactyle Celmis. Le four n'apparat pas dans les rcits de la Grce. En revanche, ceux-ci offrent quantit de variantes de la rgnration dans le lbs d'eau bouillante, fable soutenue dans l'inconscient par l'image de la matrice o un tre vivant crot dans la chaleur et l'humidit. Je reviendrai ces contes qui me paraissent devoir tre dissocis de ceux o rgne la flamme, le feu l'tat pur.

C'est prcisment de cet aspect du feu que l'imagination hellnique dans son ensemble parat s'tre dtourne. Les philosophes ont tabli des homologies entre les deux lments purificateurs, revigorants, rgnrateurs. Cette homologie n'a pas t accepte par le peuple, tel du moins que nous l'imaginons travers les lgendes qui s'adressaient lui. Si, la fin de l'antiquit, de rares figures privilgies attestent les valeurs bienfaisantes du feu, elles ont reu ailleurs, Rome, en Orient, leur coloris favorable. Le beau Phnix, tel que nous le connaissons, n'est pas une cration purement grecque, ce qu'est au contraire la monstrueuse Skylla, res- suscite par le feu pour la perdition des matelots. Cette sorte de mfiance peut surprendre de la part d'un peuple qui a pratiqu ds une poque ancienne les grands arts du feu, cramique et mtallurgie, et qui y a excell. Le feu est le premier facteur du phnomne, dit Gaston Bachelard (Psychanalyse du feu, 116). En effet, on ne peut parler d'un monde du phnomne, d'un monde des apparences, que devant un monde qui change d'apparence. Or, primitivement, seuls les changements par le feu sont des changements profonds, rapides, merveilleux dfinitifs. Les jeux du jour et de la nuit, les jeux de la lumire et de l'ombre sont des aspects superficiels et passagers qui ne troublent pas beaucoup la connaissance monotone des objets... Mais voici les changements substantiels : ce que lche le feu a un autre got dans la bouche des hommes. Ce que le feu a illumin en garde une couleur ineffaable. Par le feu tout change. Quand on veut que tout change, on appelle le feufeu... Comment se fait-il donc que sur la terre de Grce o potiers, cramistes, mtallurges ont fait, grce au feu, tant de conqutes, tir de lui tant de chefs-d'uvre, les potes lui aient refus la mystrieuse valeur bnfique que lui accordent tant d'autres mythologies ? Serait-ce peut-tre parce qu'il est devenu trop tt un serviteur de l'industrie ? Avec les arts du feu, dit Paul Valry (Pices sur l'art, p. 69), nul abandon, point de rpit, point de fluctuation de pense... Ils imposent, sous l'aspect le plus dramatique, le combat resserr de l'homme et de la forme. Leur agent essentiel, le feu est aussi le plus grand ennemi. Il est un agent de prcision redoutable dont l'opration merveilleuse sur la matire qu'on propose son ardeur est rigoureusement borne, menace, dfinie par quelques constantes physiques ou chimiques difficiles observer. Tout cart est fatal : la pice est ruine. Si le feu s'assoupit ou que le feu s'emporte, son caprice est dsastre.

Les valeurs du four ont t mises en vidence par l'alchimie (Bibliothque de la Facult de philosophie et lettres de l'Universit de Lige, Numros 174 175, 1965).

Saint Gorgon

Les ftes de saints Dorothe, anagramme de Thodore, et Gorgon taient jumeles Cluny, le 9 septembre : ils appartenaient la maison impriale de Diocltien. Saint Gorgon, Gorgonius, et saint Dorothe, Dorothtis, souffrirent le martyre Nicomdie de Bithynie, en 303, au dbut de la grande perscution anti-chrtienne. Le tyran tonn d'entendre qu'ils portestaient contre le martyr d'un chevalier chrtien nomm Pierre, s'avouant eux-mmes chrtiens, changea l'amour qui le portait auparavant, en une haine extrme. I1 les fit fouetter cruellement et leur corcher la peau, puis jeter du sel et du vinaigre dans les plaies qni dcouvroient leurs entrailles. Aprs cela on les mit sur le gril, pour les rtir petit feu, et pour leur rendre la mort d'autant plus sensible qu'elle serait plus longue ; enfin ils les tranglrent, et ces deux saints martyrs rendirent leurs mes Dieu. Eusbe de Csare a gard le souvenir d'un Gorgon mort martyris puis touff. Mtaphraste crit que Dorothe eut la tte tranche, et que Gorgon seul fut trangl avec une grosse pierre qu'on lui mit au tour du cou. Leurs corps furent enterrs par quelques chrtiens. Depuis, le corps de saint Gorgon fut port Rome, et enterr en la voie Latine d'o le Pape Grgoire IV le transporta en l'glise Saint-Pierre, comme dit le Martyrologe romain (Pedro de Ribadeneyra, Les Vies des saints et ftes de toute l'anne, 1857).

Saulxures se trouve sur cette route lorraine du sel qu'empruntrent les reliques de saint Gorgon pour arriver Gorze et saint Gorgon eut les intestins perfors et sals par ses bourreaux. L'itinraire des reliques passait par un lieu important d'exploitation du sel : Varangville (en face de Saint-Nicolas-de-Port o se trouve la clbre basilique, but important de plerinages depuis le XIIe sicle). Prs de Saulxures et de Bmont, les documents cadastraux indiquent une Fort du Ghant dcidment bien sa place! Dans tout ce contexte sal, il devient alors vident que Rabelais s'amuse d'une homonymie entre la ville de Saumur [...].

Il ne peut gure faire de doute que saint Gorgon est en effet un personnage fabriqu par des clercs du haut Moyen Age partir d'un obscur martyr des premiers sicles. Il tait destin par sa lgende recouvrir un personnage paen de la de la mythologie des Gaules en relation avec la mythologie du sel. C'est vers la mmoire indo-europenne qu'il faut donc se tourner si l'on veut deviner cet anctre de de Gargantua-Gorgon qui entretient un triple rapport avec le gigantisme, le sel et les pierres (ou poles).

L'vque de Metz Chrodegang, fondateur de l'abbaye de Gorze, est ft le 6 mars. Quatre jours plus tard, le 10 mars est commmor saint Gorgon, un des quarante martyrs de Sbaste, alors que le lendemain (11 mars) sont fts saints Gorgon et Ferme (Philippe Walter, Le sel, les poles et le gant, tudes Rabelaisiennes, Volume 22, 1988).

Est ft le 11 mars et le 9 septembre Gorgon de Gorze, martyris en Italie sous Diocltien. Le corps de saint Gorgon fut transport en l'abbaye de Gorze, au diocse de Metz, de l'ordre de Saint-Benot, en 765. Cette translation se solennise le 11 mars.

Varangville et Gorze se trouvent sur le trac des nonagones.

Saint Hsychius de Jrusalem et le sel

On est fort partag sur cet auteur dont nous avons un Commentaire en latin seulement sur le lvitique, et non pas en grec et en latin, comme l'a cru le pre Mabillon. Le cardinal du Perron l'a attribu Hesychius, vque de Salone en Dalmatie, qui vivait en 418, contemporain de Zosime et de saint Augustin. Trithme et Sixte de Sienne prtendent que cet ouvrage est d'Hesychius, disciple de saint Grgoire de Nazianze, qui vivait environ l'an 400. Bellarmin et Possevin le donnent Hesychius, patriarche de Jrusalem. La plus commune opinion est qu'Hesychius, auteur de cet ouvrage, tait un simple prtre de Jrusalem , qui vivait dans le cinquime ou le septime sicle ; et en effet, l'auteur dcouvre dans la prface de son ouvrage qu'il n'est que p1tre, et qu'il crit Jrusalem. Cet ouvrage fut donc compos en grec par Hesychius, prtre de Jrusalem, et traduit en latin par quelque autre crivain postrieur. On a donn deux ditions latines , l'une Ble, in-fol. en 1527, et l'autre Paris, in-8 en 1581. Le cardinal du Perron qui l'attribue Hesychius, vque de Salone , dans son Trait de l'Eucharistie, n'aurait pas pens de mme, s'il et vu le manuscrit de la bibliothque du roi, qui porte dans le titre : Incipit liber Isicii Hierosolimitani, in Levit. (Charles Louis Richard, Jean Joseph Giraud, Bibliothque sacre, Tome 13, 1824).

"Si le sel perd sa force, avec quoi le salera-t-on ?... (Matthieu 5.13). Voir aussi Luc 14.34 et Lvitique 2.13. On accorde traditionnellement une vertu purificatrice au sel, et dans l'Ancien Testament tout particulirement.

Symbole dalliance pour les Isralites, les offrandes sont sales. Tu saleras touteoblation que tu offriras et tu ne manqueras pas de mettre sur ton oblation le sel de lalliance de ton Dieu peut-on lire dans le Lvitique [2,12] (Pierre Boyer, Le symbolisme et les traditions attachs au sel).

Avec le Soufre et le Mercure, un troisime principe, le Sel ou Arsenic, servait de lien entre les deux prcdents, de jonction et d'quilibre, de point neutre (compos des deux).

Rien n'arrive qui n'ait potentialis ce qui tait. Chaque vnement nouveau s'actualise sur le fond d'une potentialit, ou d'une potentialisation, pralable. Cette notion permet d'chapper au caractre statique de la logique classique. Elle claire d'un jour neuf les tapes de l'uvre, car l'on comprend mieux, par exemple, pourquoi les alchimistes disent que le Feu est dj le Mercure , que le Feu appelle sans cesse le Mercure ? , que le Mercure appelle le Soufre, ou que Mercure (Reine) et Soufre (Roi) s'attirent tout en se repoussant, puisque chaque individu, chaque systme vital, est potentiellement bi-sexu. Les trois Principes ou substances alchimiques ne font qu'exprimer cette loi gnrale. Le Soufre exerce une action centrifuge, le Mercure une action centripte. Lorsque l'un domine, c'est--dire s'actualise, il y a potentialisation de l'autre. Quant au Sel, il est le lieu mme o s'opre cette mtamorphose. On comprend pourquoi, avant Paracelse, les alchimistes n'ont gure prouv le besoin de mentionner le Sel comme un Principe st generis, mais on voit aussi que sur le plan de l'archtype, ce lieu, ce lien, avait dj sa place, mme s'il n'avait point reu de nom (Antoine Faivre, Pour une approche figurative de l'alchimie. In: Annales. conomies, Socits, Civilisations. 26e anne, N. 3-4, 1971. pp. 841-853.).

Sainte Lydwine

Ce que les alchimistes font avec la matire, Lydwine le ralisa avec son propre corps. Huysmans crivit une biographie de la sainte.

Qui plus est, cette hagiographie nous raconte une alchimie mystrieuse par laquelle les souillures et les douleurs que subit le corps fminin abaiss se transforment en une sorte de saintet et de jouissance. De ses plaies abominablement purulentes et ulcres s'exhalent des odeurs fines et suaves. En un constant miracle, il fit de ces blessures des cassolettes de parfums (Nihon Furansugo Furansu Bungakkai, tudes de langue et littrature franaises, Numros 80 83, 2002).

Ainsi Lydwine est-elle une cassolette vivante qui rpand les manations les plus suaves et les plus dlicieuses fragrances. De son corps monstrueux, afflig de toutes les disgrces, de ses chairs en dcomposition s'exhalent, contre toute attente, d'exquis parfums : En un constant miracle, il [Notre Seigneur] fit de ces blessures des cassolettes de parfums; les empltres que l'on enlevait, pullulant de vermines, embaumaient; le pus sentait bon, les vomissements effluaient de dlicats armes; et de ce corps en charpie qu'il dispensait de ces tristes exigences qui rendent les pauvres alits si honteux, il voulut qu'il mant toujours un relent exquis de coques et d'pices du Levant, une fragrance la fois nergique et douillette, quelque chose comme un fumet bien biblique de cinnamone et bien hollandais de cannelle (J.K. Huysmans, Saint Lydwine de Schiedam, chapitre III) (fr.wikisource.org - ainte Lydwine de Schiedam).

Sainte Catherine de Sienne

Nous dirons seulement que sainte Catherine naquit jumelle d'une pauvre sur qui mourut bientt; ainsi une Ame innocente prcdait une me sainte.

C'est tout d'abord celle du Roi des rois, de la Reine du ciel sa Mre, et de Marie Madeleine, qui apparurent une fois la sainte pour la consoler et la confirmer dans ses saintes rsolutions. alors : Que veux-tu que je veuille? Elle lui fit humblement et tout en pleurant la mme rdponse que Pierre1 : Seigneur, vous savez ce que je veux, vous savez que je n'ai d'autre volont que la vtre, d'autre cur que le vtre. Il lui vint alors en mmoire que Marie-Madeleine s'tait donne tout entire au Christ quand elle pleura ses pieds, et elle commena ressentir les douces impressions de suavit et d'amour qui furent alors celles de Madeleine, ce qui lui fit arrter son regard sur cette sainte. A ce moment Notre-Seigneur, comme pour rpondre son dsir, lui dit : Ma trs douce fille, voici que, pour ta plus grande consolation, je te donne Marie Madeleine pour mre, tu pourras recourir elle en toute confiance, je la charge spcialement de toi. Notre vierge acepta ce don avec toute la reconnaissance dont elle tait capable, et se recommanda dvotement, avec une grande humilit et rvrence, Marie-Madeleine, la suppliant humblement et instamment de vouloir bien veiller avec soin au salut d'une me que le Fils de Dieu lui avait ainsi confie. Depuis cette heure, elle considra Madeleine comme sa mre et l'appela toujours de ce nom. Ce fait est, mon avis, d'un symbolisme significatif. Marie Madeleine, en effet, est reste trente-trois ans sur un rocher, sans aucune nourriture matrielle, et dans une continuelle contemplation, nombre d'annes qui reprsente toute la vie du Sauveur. De mme, notre sainte, partir des vnements que nous venons de rapporter, jusqu' la trente-troisime anne de son ge, date de sa mort, s'appliqua avec tant de ferveur la contemplation du Trs-Haut qu'elle n'eut besoin du secours et trouva pour son me des forces suffisantes dans l'abondance des grces qu'elle recevait (Raymond de Capoue, Vie de sainte Catherine de Sienne,).

C'est encore sur le corps que se manifeste les effets de la contrition religieuse.

C'est encore la Mre Jeanne qui confirme les effets sensibles oprs par la pratique quotidienne de l'eucharistie et l'importance de la frquente communion dans le processus de spiritualisation de la matire corporelle, dont tmoignent les exemples de saint Franois et surtout de femmes telles que Catherine de Sienne, Hlne de Bologne et Claire de Montefalco. Tous portent les marques visibles de cette christomorphose qui frappait tant Postel dans l'apparence physique de la Mre Jeanne.

Outre saint Franois, le prince des saints, Postel voque plusieurs reprises sainte Catherine de Sienne et Claire de Montefalco : Ut Catherina Senensis sine corde inventa est a morte, ita Franciscus ipsa stigmata, Clara Montefalconensis Trinitatis in tribus coaequalis ponderis mysterium intra cor habuit (Sylvain Matton, Franois Secret, Documents oublis sur l'alchimie, la kabbale et Guillaume Postel, 2001).

Saint Tropez

Selon "les Actes de saint Torps", Caus Silvius Torps, gouverneur du palais, et chef de la garde de l'Empereur Nron, fut tmoin du martyre des saints Pierre et Paul, la fin juin 67. Il admirait dj la nouvelle foi : cousin de Procs et Martinien, les gardiens de l'Aptre Pierre (martyriss, eux aussi), il avait pu le visiter et se faire instruire par lui. En avril 68, l'Empereur et sa cour vinrent prsider une fte dans le temple de Diane, o mille machineries ingnieuses donnaient la foule une haute ide du pouvoir de la desse. Nron ordonna tous de le reconnatre, et se tourna d'abord vers son fidle Torps, debout sa droite : surprise, l'officier confessa la foi chrtienne. Puis, il refusa de sacrifier Diane, et Nron, qui rentrait Rome, confia au nomm Satellicus le soin de son supplice. On essaya de le livrer aux btes fauves, qui se couchrent ses pieds, on le flagella sur une colonne, laquelle tomba sur Satellicus lui-mme. Silvinius, fils de celui-ci, continua sans plus de succs que d'amener l'croulement du temple de Diane. Alors, on conduisit Torps le long de l'Arno, au bord de la mer, o il fut dcapit un 29 avril. Son corps fut plac dans une barque, avec un chien et un coq, chargs de le dpecer, ainsi que l'ordonnait la loi sur les parricides. Son ami, Andronic, recueillit sa tte, vnre au XIIIe sicle en l'glise de San Rossore, prs de Pise. (Gabrielle Sentis, Saint-Tropez, cit corsaire, 1980).

Le courant Ligure ramena la barque jusqu'au rivage de l'actuel Saint-Tropez, autrefois appel Hracla (du nom des villes fondes par Hrakls-Hercule), un 17 mai.

Si l'on considre ce motif de la dcapitation, il est un autre saint martyr qui appelle un rapprochement avec Tropez : saint Eutrope de Saintes. Comme dans le cas de Bran(dan) [ft le 16 mai], le lien d'Eutrope et de Tropez est calendaire. Saint Eutrope est ft le 30 avril [date kabbalistico-alchimique], c'est--dire le lendemain de la dcapitation de Tropez. Par ailleurs, la ressemblance des deux noms (Eutrope-Tropez) est un argument supplmentaire pour rapprocher les deux personnages. La Passion du de Saintes, vque et martyr , se lit dans le guide du plerin de Saint- Jacques de Compostelle et appelle ainsi une autre jonction avec l'aptre de Galice. Le cadavre de saint Jacques connut en effet le mme destin maritime que celui de Tropez puisqu'aprs avoir t abandonne aux flots, sa barque aurait accost sur un site qui devient ensuite le lieu de plerinage que l'on sait. Eutrope est dcapit le 30 avril par une troupe de cent cinquante bouchers de de la ville de Saintes qui, aprs l'avoir frapp avec des btons et des lanires plombes, l'achvent en lui coupant la tte avec des haches et des cognes. Ainsi, les deux dates qui marquent le destin posthume de Saint-Tropez (sa mort, le 29 avril, et sa translation sur les flots qui se termine le 17 mai), ces deux dates extrmes voient la commmoration liturgique de deux saints qui entretiennent d'videntes analogies avec Saint-Tropez.

Le lendemain (30 avril) est ft dans de nombreuses rgions un saint qui ne porte pas par hasard le mme nom que Tropez, et ce nom n'est pas non plus fortuitement en relation avec le verbe tropein signifiant l'ide de rotation et d'inversion. Le 1er mai est prcisment un moment cl du calendrier celtique. Cette date voit le dbut officiel de l't et marque l'entre dans la saison claire ( six mois de la Toussaint qui inaugure la saison sombre, l'hiver) (Philippe Walter, Le voyage de Saint Tropez : 29 avril-17 mai, Uranie, 4, 1994, Merlin ou le savoir du monde, Paris, Imago, 2000).

Nron attribuait la cration du monde la desse Diane qui la soeur jumelle d'Apollon, enfants de Latone.

La tte de Tropez est vnre encore Pise, en semblance de caput mortuum alchimique.

A holy woman named Celerina (Clrine) had a premonition in a dream of the arrival of the saint's body, and indeed the boat reached the present-day location of Saint-Tropez, where Celerina lived. The boat landed not far from the present-day sailors' cemetery. The body was untouched by both the rooster and the dog. The cock flew away towards the village later named Cogolin after it; the dog headed towards the village later named in its honor Grimaud.

Les moines de lAbbaye de Saint-Victor de Marseille, propritaires au XIe sicle de la presqu'le, et de toutes les terres adjacentes, levrent une chapelle qu'ils baptisrent Ecclesia Sancti Torpetis . Torpes devint finalement Tropez. On raconte que le coq s'arrta dans un champ de lin quelques kilomtres de l. Le coq au lin donna le village Cogolin. Et le chien : Grimaud (chien en vieux franais). La tte de Torpetius est encore conserve et vnre Pise (fr.wikipedia.org - Coq dans la culture, en.wikipedia.org - Torpes of Pisa).

Le coq est le symbole alchimique du vitriol, form par la cuisson du sel et du soufre. Ce qui apparait tout dabord, cest le coq ou la portion VOLATILE, consquemment vivante, active, pleine de mouvement, extraite du SUJET, lequel a pour emblme le CHENE. Cest l notre source fameuse dont londe claire coule la base de larbre sacr, si vnr des Druides,et que les anciens philosophes ont nomm MERCURE quoiquelle nait aucune apparence du vif argent vulgaire. Car leau dont nous avons besoin est SECHE, ne mouille pas les mains et jaillit du rocher sous le choc de laverge dAaron. Telle est la signification alchimique du COQ , emblme de MERCURE chez les paiens et de la RESURRECTION chez les chrtiens. Ce COQ, tout volatil quil soit, peut devenir le PHENIX. Encore doit-il auparavant, prendre ltat de fixit provisoire que caractrise le symbole du GOUPIL, notre RENARD hermetique. Il est important,avant dentreprendre la pratique , de savoir que le MERCURE contient ensoi TOUT CE QUI EST NECESSAIRE au travail (Fulcanelli, Le Mystere Des Cathedrales).

Les alchimistes ont tir parti de la pugnacit du coq et de son duel victorieux tant avec le lion que le renard pour illustrer le dbut de leur Grand'Oeuvre quand la matire premire, dite Lion vert, soumise au feu de l'athanor et agresse par le soufre, appel queue de renard, est finalement vaincue par le vitriol, figur par un coq triomphant.

Plus directement le coq est assimil au Mercure alchimique.

Dans le bestiaire alchimique et philosophique, la figure du chien dvor par le loup reprsente la purification de l'or par l'antimoine, qui est aussi l'avant-dernire tape du grand uvre. Le chien et le loup symbolisent le sage, ou le saint, qui se purifie lui-mme en se sacrifiant et en se dvorant, pour accder la connaissance spirituelle ultime

Signalons enfin que le chien est aussi considr par les alchimistes comme le symbole du soufre et parfois de l'or. On trouve l'image du "chien qui mord" chez les Frres de la Puret de Basra (VIIIme sicle).

En ce qui concerne Hercule, Fait significatif, beaucoup d'alchimistes mentionnent les douze travaux d'Hercule comme une des tapes de l'uvre. Or, qui ne voit que Cerbre des Enfers, la douzime preuve, symbolise la rcupration non pas la destruction du nocturne par le diurne? Ses trois ttes les trois principes? deviennent virtuelles, le conscient et l'inconscient se rconcilient, l'uvre va pouvoir s'achever (Antoine Faivre, Pour une approche figurative de l'alchimie. In: Annales. conomies, Socits, Civilisations. 26e anne, N. 3-4, 1971).

Nesos, en grec, signifie VETEMENT DE POURPRE, et la tunique sanglante du centaure, qui brule les corps plus que le feu denfer, indique la perfection du produit achev, mur et rempli de teinture. Hercule figure le SOUFRE DE LOR dont la vertu rfractaire aux agentsles plus incisifs ne peut etre vaincue que par laction du vetement rouge, ou SANG DE LA PIERRE. Lor, calcin sous leffet combin du feu et de la teinture, prend la couleur de la pierre et lui donne, en change, la qualit mtallique que le travaillui avait fait perdre. Junon, reine de lOeuvre, consacre ainsi la rputation et la gloire dHercule,dont lapothose mytique trouve sa ralisation matrielle dans lafermentation... Djanire, femme dHercule, personnifie le principe mercuriel delor, qui lutte de concert avec le soufre auquel il est conjoint,mais succombe nanmoins sous lardeur de la tunique igne (Fulcanelli, Le Mystere Des Cathedrales).

Le voyage de Torpet sur la mer ressemble celui de l'alchimiste : La pierre que l'on extrait du soleil et de la lune , par uu moyen tout naturel, et que l'on rend visible et palpable, est une pierre que l'on doit honorer. Elle est cache dans les cavernes ou dans le profond des mtaux parfaits; sa couleur la rend clatante; elle a une vie qu'elle manifeste l'artiste, qui lui sert de sage-femme. Son clat et sa beaut dmontrent parfaitement que c'est une me ou un esprit sublime, et une mer ouverte, sur laquelle le philosophe doit voyager, et faire attention de ne pas faire naufrage s'il veut parvenir jouir de tous les biens qu'elle renferme en elle - Herms (L. P. Francois Cambriel, Cours de philosophie hermtique ou d'alchimie, 1843).

Ainsi Soufre et Mercure accompagne le corps sans tte de saint Torps sur la mre hermtique.

Les armes de Saint-Tropez sont D'azur la barque de gueules portant Torpes allong, un chien et un coq, surmont d'un ange volant au-dessus et portant une couronne la main (Jacques Merceron, La vieille carcas de Carcassonne, 2006).

Il existe d'autres Celerina plus historiques.

Les Virius Lupus Rutilius, qui ont pass par le consulat et par la prfecture romaine, se glorifient, bien plus juste titre, du jeune Rutilius, brl Carthage en 207, de trois autres immols Rome, en Asie et en Afrique, de Rutilia la compagne de Vitalis, des Lupus et Lupicinus, de sang royal , martyr Bnvent, ou envoys par le Saint-Sige aux villes des Gaules. Un de ces derniers, vque de Lyon, succombant la perscution avec la noble Celerina, nous reporte Carthage, qu'une autre Celerina a illustre au IVme sicle par sa famille, sa passion et sa basilique, ft le 3 des nones de fvrier (3 fvrier) (Ciro de La Ville (abb), L'empire romain et le christianisme dans les Gaules, 1888).

Une autre sainte provenant de Carthage (Teniza), sous la perscution de Valrien, en 258, c'est--dire au temps de saint Cyprien, fit le voyage mditerranen jusqu' Ischia dans une barque enflamme : sainte Restitute, fte comme Torps le 17 mai.

Il est normal donc que l'on rencontre des jumeaux Saint-Tropez : Les affams de russite convergent vers le vieux port : J'habitais Toulon, raconte le Dr Moreu. Nous avions des jumeaux, un voilier, une voiture crdit. En 1963, on s'est dit: il nous manque un truc, aller Saint-Tropez. En 1988, ce dentiste a, dit-il, la plus belle clientle de France, sa femme tient les Galeries tropziennes, ses enfants ont ouvert deux restaurants et la plage des Jumeaux (tenus par Jean Claude Moreu) (L'Express Numros 1929 1942, 1988).

Marcellin et Pierre

Seligenstadt tait mentionne pour la premire fois en 815 dans un acte de donation en tant que Obermhlheim. A Selingenstadt, la basilique Einhard, nomme d'apres Eginhard, a t construite partir du IXe sicle. L'abbaye de Seligenstadt, appele parfois abbaye des Jumeaux, tait contrle de 1063 1803 par l'lectorat de Mayence (fr.wikipedia.org - Seligenstadt).

Saint Damase, que l'on a dj rencontr au sujet d'Agns de Rome, dont le pontificat fut des plus agits - son lection faillit mme dclencher une guerre civile -, manifesta une activit dbordante : il se fit le champion du culte des martyrs : il chercha dans les catacombes des spultures oublies ou disparues sousles boulemenst ; il largit certaines cryptes, dcora somptueusement de nombreux tombeaux de martyrs et les orna d'insciprtions gnralement versifies, graves en une criture savante et prcieuse appele philocalienne cause de leur auteur, le graveur calligraphe Furius Dionysius Philocalus. Huit groupes de saints jumeaux ont bnficis d'une pitaphe damasienne dont marcellin et Pierre. Avec l'inscirption de Marcellin et Pierre, il semble qu'on soit sur un terrain solide. Damase nous apprend qu'tant enfant, il a entendu le bourreau raconter l'excution des dexu amrtyrs : celui-ci les avait obligs creuser leur propre tombe avant de les dcapiter sur place. Une certaine Lucilla tait ensuite venue pourrelever les corps et leur donner une spulture plus digne au cimetire des "Deux Lauriers". Sur les saints eux-mmes, Damase ne sait rien : un prtre ? un exorciste ? Damase ne le sait pas (Claude Savary, Chrsitiophe Gros, Des jumeaux et des autres, Muse d'ethnographie de Genve, Georg, 1995, pp. 109-110).

Saints Gervais et Protais

Le vritable acteur de la lgende des jumeaux est bien sr saint Ambroise. Dans ce contexte de pnitence incarn par Marie-Madeleine, on peut citer une parole de l'vque de Milan :

La vraie pnitence s'appelle conversion, parce qu'elle change tout son homme; saint Ambroise : Se ipsum homo abneget et lotus mutetur ; c'est une mtamorphose, une alchimie, transformation spirituelle, qui fait qu'on a des penses, affections, faons de faire, coutumes, toutes contraires celles qu'on avait auparavant (Jacques-Paul Migne, Collection intgrale et universelle des orateurs sacrs, du premier et du second ordre, 1861).

Il n'y a pas lieu de revenir sur les glises Saint-gervais-et-Saint-Protais de Paris et de Gisors qui sont un "Livre muet voue l'Alchimie".

Gervais et Protais apparaissant saint Ambroise, huile sur toile, esquisse pour tenture l'glise Saint-Gervais-Saint-Protais Paris

fr.wikipedia.org - Saint Gervais et saint Protais - Photo Siren-Com

Isae

Mis en circulation sous le nom d'Arnaud au courant de la premire moiti du xIVe sicle, le Tractatus parabolicus introduit l'allgorie sous la forme de la concordance typologique entre l'Ancien et le Nouveau Testament. Les prophties vtro-testamentaires n'y sont pas seulement considres comme autant de paraboles se rapportant au Christ, mais galement comme une rfrence au mercure, la substance de base de toute opration alchimique. Les passages introducteurs de ce texte fondateur de la nouvelle orientation expliquent la finalit du recours au texte saint et plus particulirement au modle christique [...] Puis l'auteur inconnu du Tractatus parabolicus explicite l'intention qui motive le recours aux rapports typologiques entre d'une part les paroles des prophtes et et le Christ, et d'autre part l'art alchimique savoir la lgitimation par l'autorit biblique de la crdibilit de l'alchimie Nous avons la preuve que l'art alchimique est vrai cause de la parole d'Isae: "Un rejeton sortira de la souche de Jess..." (Gilbert Dahan, Richard Goulet, Allgorie des potes, allgorie des philosophes: tudes sur la potique et l'hermneutique de l'allgorie de l'Antiquit la Rforme, 2005).

Saints Auxiliateurs ou Auxiliaires

La dvotion aux saints auxliateurs est d'origine allemande, labore dans le couvent dominicain de Ratisbonne. Le culte est stimul par la vision du berger franconien Hermann Leicht en 1446 Francovallis aujourd'hui nomm Vierziehnheiligen en raison de l'appartiion de 14 enfants autour du Christ pris pour des saints.

Les pendentifs ports au cou pouvaient tre des croix ou des mdailles simples, mais parfois il sagissait de vritables chefs-duvre complexes, runissant les vertus des inscriptions, des images et des objets bnis. Rcemment une monographie a t consacre un pendentif du XVe sicle en or, en forme losange, trouve en 1985 prs du chteau de Middleham. Lavers du joyau, un petit botier, est dcor dun saphir et grav de limage de la Trinit. Le cadre porte une inscription mi-chrtienne, mi-magique : Ecce agnus dei qui tollit peccata mundi Tetragrammaton Ananizapta. Sur le revers, la Nativit et sur la bordure, quinze saints auxiliaires sont reprsents. Quant au contenu du joyau, il nen reste que de petits morceaux dtoffes brods dor ; selon toute vraisemblance, le botier renfermait un mdaillon rond en cire de lAgnus Dei, que lon portait souvent en rcipients de bronze ou de mtal prcieux. Par exemple, le Trsor de Quedlinburg conserve plusieurs capsules-pendentifs Agnus Dei du XVe sicle, dont trois en argent grav ; un quatrime, constitu de deux plaques de verre, renferme lAgnus Dei et limage de saint Christophe en parchemin (Edina Bozoky, Les moyens de la protection prive, 2001).

Saint Barthlemy

Barthlemy est l'corch le plus clbre, ce qui a des rfrences alchimiques.

Zosime raconte l'histoire symbolique d'Ion "perc par l'pe", taill en pices, dcapit, corch, brl dans le feu afin de pouvoir changer son corps en esprit. L'opration alchimique comporte une phase de dissolution et putrfaction des mtaux, qu'un alchimiste contemporain commente ainsi : "Rien ne peut renatre un tat meilleur sans mourir pralablement et subir la priode de dissolution et de putrfaction de ses principes antrieurs" (Simone Vierne, Rite, roman, initiation, 1973).

Saint Nicolas de Tolentino

Nicolas de Tolentino patron des mes du purgatoire.

Comme les Ames aprs les peines passagres de cette vie, sont menes en paradis, o il y a toujours une vie joyeuse ; ainsi sera notre Pierre aprs avoir t purge en purgatoire, de son obscurit, c'est--dire en blancheur trs puissante d'Elixir dit Geroges Ripley.

Le Livre des Douze Portes a t crit par l'un des deux alchimistes de l'Angleterre du XVe sicle. Il s'agissait de George Ripley, contemporain de Thomas Norton. Ce dernier aurait t initi l'alchimie par Ripley, un chanoine de Bridlington, qui rassembla ses connaissances dans le Compound of Alchemy, ouvrage ddi Edouard IV. C'est ce trait qui fut plus tard connu sous le nom du Livre des Douze Portes (herve.delboy.perso.sfr.fr - Ripley).

L'glise du couvent des Augustins de Brou ct de Bourg-en-Bresse est voue ce saint Nicolas. Le triptyque qui lui est consacr.

Liconographie des verrires de Brou a t maintesfois commente. Les fentres centrales du chursont conues comme un triptyque : deux scnesdApparition au centre ; le couple ducal,les saints patrons et des cus armoris sur les volets . La Crucifixion centralehabituelle est remplace par lApparition du Christ la Vierge et Marie Madeleine, thmes de rsur-rection et non de mort. Le retable qui devait prendreplace dans labside tait consacr la Crucifixionet les pisodes reprsents formaient donc un tout avec les peintures sur verre ; des allusions la Passion existent galement, discrtement, dans le vitrail central (Yvette Vanden Bemden, Les vitraux de Brou).

Saints Cme et Damien Jumeaux

Le 27 septembre est la fte des saints jumeaux qui sont devenus avec Marie Madeline les saints patrons de la mdecine et de la pharmacie.

En effet, celle-ci est galement prsente dans les tableaux dintrieur reprsentant des laboratoires pharmaceutiques et alchimiques, aujourdhui conservs respectivement au Muse Fesch dAjaccio et au Muse Balio de Trvise, signs du monogramme G. D. V., cest--dire Giovanni Domenico Valentini (16391715). Le peintre romain, spcialiste des natures mortes, sinspire souvent de ces lieux, quil frquentait pour se fournir en couleurs et autres matriaux ncessaires lart pictural, et il sut en reproduire les caractristiques travers des dtails fascinants. ct des objets dusage, communs toutes les officines, tels que matras (vases de verre ou de terre long col, utiliss en alchimie), alambics, rcipients en verre et en majolique, on trouve dans ces tableaux limage de la Mirafora (porteuse dhuile) avec son vase aux pouvoirs alchimiques. Ces pouvoirs semblent multiples sur lalbarelle o Marie Madeleine est reprsente avec son vase symbolique tandis que Cme et Damien portent chacun un urinal pour lanalyse des urines, moyen de diagnostic qui a longtemps prvalu et un livre ou une bote contenant les drogues. Autant dobjets qui pourraient souligner le hautdegr de considration atteint par les profession-nels auxquels ces pices font allusion : le mdecin chirurgien, protg par les saints martyrs et lapothicaire auquel Cme fait rfrence avec ses attributs, tout comme la Madeleine porteuse dun farmakon (remde). La formule iconographiquedu vase dans le vase suggre dautres rfrences par le biais du rapprochement de la sainte porteuse dhuile et des saints mdecins, il semble que lon ait voulu mettre en relation llment fminin et le masculin. Rapprochement habituel dans toutes sortes de crations artistiques, picturale ou cramique, mais aussi mdicale et thrapeutique. Pour que mme le soin devienne un art (Maria Cristina Villa Alberti, historienne de lart rdactrice la revue Ceramicantica (Traduit de litalien par Barbara de Montaiguet Jacqueline du Pasquier), Des mdecins anargiri la trinit mdico pharmaceutique).

Le patronage de Marie-Madeleine aux pharmaciens de Barcelone est antrieur 1365. Patronage anciennement peu rpandu en Catalogne ? o la prfrence des confrries auxquelles les apothicaires appartenaient allait Cme et Damien, sans doute parce qu'elles runissaient aussi les autres professions mdicales, pour lesquelles ceux-ci taient plus indiqus comme patrons. Mais un patronage qui se gnralisa jusqu' devenir celui des apothicaires de toute la couronne d'Aragon (Pierre Julien, Marie-Madeleine, patronne des pharmaciens de Barcelone, et son image dans les textes et l'iconographie, 1995).

Les Jumeaux reprsentent le double Mercure, c'est--dire au Mercure philosophique ou le Rebis. le compost reprsente l'association Rebis-Mercure philosophique (herve.delboy.perso.sfr.fr - Soufre, herve.delboy.perso.sfr.fr - La Toyson d'or de Salomon Trismosin).

Saint Graud et saint Romolo (Romule, Rmo)

Odon de Cluny a crit une Vie de Graud d'Aurillac et on lui attribue un Sermo in ueneratione sanctae Mariae Magdalenae.

Qui est la Bien-aime du Cantique sinon, chez Grgoire le Grand, la prfiguration de Marie-Madeleine ? En recherchant dans la Bible pourquoi Marie, la Tour, figure l'glise, Odon lie aux penses d'Augustin et de Jrme l'exgse capitale du pre de l'unit magdalnienne, Grgoire. Il retrouve aussi ce faisant la tradition selon laquelle se clbraient dans le Cantique des Cantiques les noces mystiques de l'glise avec l'ternel. Comment douter que la Tour, Madeleine, ne soit figure de l'glise alors qu'elle dsigne l'pouse du Cantique promise son Dieu ? Odon a justifi sa dmarche allgorique et peut construire toute son homlie sur les enseignements que l'Eglise doit titer du modle magdalnien (lisabeth Pinto-Mathieu, Marie-Madeleine dans la littrature du Moyen ge, 1997).

On ne connat pas exactement les dates de naissance et de dcs de saint Romule de Gnes, on sait seulement qu'il exera son ministre Gnes, au Ve sicle, succdant Saint Flice et Saint Siro. Sa seule biographie date du Xe sicle et elle mentionne uniquement que c'tait un homme d'une grande bont, soucieux du bien des pauvres, et port apaiser toutes les discordes. Il quitta Gnes pour fuir l'invasion des Sarrazins, et partit Villa Matuti, qui deviendra plus tard San Remo o il mourut. Selon la tradition locale de San Remo, Romolo aurait t lev Villa Matuti avant de devenir vque de Gnes. Il y tait retourn pour fuir les invasions, et s'tait retir dans un ermitage, dans une grotte appele Bauma devenue ensuite lieu de plerinage, o il serait mort. Il est le patron de la ville de San Remo. La vnration de Saint Romolo tait si importante qu'au dbut du XIe sicle, les diles de Villa Matuti voulurent changer le nom de leur cit, en lui donnant le nom du saint. Toutefois, le dialecte local dforma le nom qui de San Remolo devint San Remo, donnant ds le XVe sicle la forme actuelle de San Remo.

Le site de San Remo a t habit trs tt dans l'histoire, comme en tmoignent des restes d'installations humaines dates du Palolithique. Les pentes du mont Bignone permettent d'avoir un panorama qui va de Saint-Tropez (que l'on retrouve ici) Albenga. C'est l'poque romaine que la ville commence se dvelopper de manire significative. Elle fut fonde le long de la Via Julia Augusta, probablement appele ainsi par Caio Matucio, qui avait construit une somptueuse villa autour de loppidum ancien (prs de l'actuel casino). Une autre interprtation fait rfrence la divinit d'origine asiatique Mater Matuta, desse de l'aurore, dont le nom serait donc devenu Matutia puis Villa Matuti (fr.wikipedia.org - Romule de Gnes).

Romule tient son nom de Romulus le fondateur de la ville de Rome. Et son nom s'eest transform en Rmo, de Rmus le frre jumeau de Romulus.

San Remo ou Romolo ou Romule en la cathdrale San Siro de Gnes - Photo Georges Jansoone (JoJan)

Parmi les produits solides, on offrait quelquefois du miel en rayons (mel). Il tenait lieu de sucre mais on le considrait comme un don en soi. Lui-mme tait mlang parfois de l'eau ou du lait. On prparait aussi beaucoup de bouillies et de gteaux de miel qui taient rservs surtout aux divinits chtoniennes. Enfin certains gteaux taient spcialement prpars pour les crmonies religieuses suivant les prescriptions rituelles. Les gteaux taient appels liba c'est--dire gteaux sacrificiels, et taient consomms aprs l'offrande par les fidles, les prtres et leurs assistants. Le libunz tait fabriqu sous la surveillance des pontifes, par des fictores spcialement chargs de ce soin. On y employait la meilleure farine (far, ador, faritra, siliginea, similago). On y mlait d'aprs Servius, de l'huile et du miel, d'aprs Ovide du miel, d'aprs Caton l'Ancien, du fromage et un uf. Les liba taient soit simplement dposs sur l'autel pendant la crmonie religieuse, soit brls par le feu. Plusieurs espces diffraient par la forme : le pastillum, libum rond; le testuatium ne se prparait plus la fin du Ier sicle av. J.-C. que lors de la fte de Mater Matuta (c'tait une galette de pte applique sur une huile chauffe); la turunda tait en forme de boulette; la spira, gteau sacr en spirale; le janual offert Janus; etc. II faut noter en passant que les oeufs ils servaient la confection de ce libum sans que par leur adjonction on commette une impit, constituaient en eux-mmes une offrande aux libations. Dans les cultes exotiques surtout, on se purifiait par les ufs. Et il est certain que les ufs ayant servi aux lustrations faisaient partie des dners servis Hcate dans les carrefours. Or cette vertu purifiante de l'uf provient de ce qu'il tait un microcosme, un germe de vie et un symbole de vie universelle. A cet gard, il suffit de penser la place que tenait l'uf dans les croyances orphiques : l'uf cosmogonique (Pratiques alimentaires et civilisation : les rapports de l'alimentation et de la religion dans la Rome antique).

Quant aux gteaux que l'on offrait particulirement Matuta, Varron s'exprime ainsi : Libum, quod libaretur ut erat, priusquam esset coctum. Testuatium, quod in testu caldo coquebatur, ut etiam nunc Matralibus faciunt Matronae.

Les gteaux ordinaires taient en effet prsents aux divinits avant que d'tre cuits; mais on les offrait tout cuits Matuta. Cette cuisson se faisait ordinairement sous une espce de petit fourneau ou moule ptisserie, appel tes tus. On imagine bien qu'il ne faut pas prendre la lettre la raison que donne Ovide de cette particularit du culte de Matuta. Dans tous les autres sacrifices, les gteaux crus reprsentaient les prmices des productions de la terre offertes aux dieux; dans les ftes de Matuta, desse du priode le plus intressant, les gteaux cuits taient l'image de la nourriture des premiers hommes, comme la desse tait cense avoir prsid la cration du monde , parce qu'elle prsidait la grande rvolution du renouvellement de la nature (Bibliothque Latine-Franaise, Volume 54, 1835).

Le testuatium tait un libum cuit : testuatium sive libum in testu caldo tostum esse videtur (Georg Friedrich Grotefend, Rudimenta linguae Umbricae ex inscriptionibus antiquis enodata, 1835).

On y mettait des oeufs : "Ea quomodo ex caseo, farina siliginea et ovo facta sint, atque in foco raldo sub testu leviter corta" dit Caton dans son De Agricultura (Publius Ovidius Naso, Jean-Augustin Amar Du Rivier, Publius Ovidius Naso, Volume 6, 1822).

Testis est en latin le nom du testicule associ la fertilit qui va par paire en gnral.

Romule tait invoqu contre la prsence des loups qui effayaient les populations : Sainte Agathe, liez-lui les pattes,Saint Remo, serrez-lui les boyaux,Saint Gesippe, serrez-lui les trippes,Saint Grgoire, serrez-lui la mchoire,Saint Loup, tordez-lui le cou ! (Le loup au Moyen ge) Ou "Saint Laurent, rognez-leur les dents, Saint Preux, nouez-leur la queue ... Et je prie le bienheureux Saint Loup de tuer le mauvais loup." (Les loups ravissants).

Saint Germain de Capoue

Lvque de Capoue, Germain, rencontra aux thermes lesprit du diacre Pascase qui lui demanda de prier pour lui car il tait en purgatoire et aprs quelques jours lvque ne le vit plus aux thermes parce quil avait expi son pch.

Dans ma jeunesse, dit saint Grgoire dans ses Dialogues, avant d'embrasser la vie religieuse, j'ai souvent entendu faire l'loge des vertus de Paschase, diacre de l'Eglise romaine. Des personnes trs honorables et qui l'ont parfaitement connu nous le peignaient comme un homme d'une admirable saintet, tout entier aux oeuvres de la charit, vrai pre des pauvres et d'une abngation absolue. Le souverain Pontife tant mort, les suffrages se partagrent entre Symmaque et Laurent. Paschase prit parti pour celui-ci : cependant Symmaque fut lu pape l'unanimit; par les vques et le peuple. Paschase se soumit mais sa soumission fut imparfaite, car il garda pour son ami une affection trop sensible. Les saints ont aussi leurs dfauts. Il mourut sous le pontificat de Symmaque, et pendant la crmonie des obsques un possd fut dlivr miraculeusement par l'attouchement de sa dalmatique. Longtemps aprs saint Germain, vque de Capoue, allant dans les Abruzzes faire une saison d'eaux thermales, quel ne fut pas son tonnement de voir soudain le saint diacre qu'il avait toujours vnr lui apparatre triste, abattu, souffrant. Tout hors de lui-mme, il lui demanda comment un homme tel que lui se trouvait en cet tat ? Paschase lui rpondit : Je suis envoy ici pour faire pnitence et pour expier mon affection excessive envers Laurent ; mais je vous en conjure, ayez piti de moi et priez pour moi. Si vous ne me voyez plus revenir ici, ce sera une preuve que vous avez t exauc. En effet l'vque pria avec ferveur et ne le revit plus, d'o il conclut qu'il avait t admis dans la goire (lalumierededieu.eklablog.com - Novembre le mois des mes du purgatoire, sites.google.com/site/sacroeprofanocaravaggio67/FRA - Symboles et attributs des saints).

Quelquefois aux XIIIme et XIVme sicles, surtout aux XVme et XVIme, poque o se dgradent et se perdent les traditions, on humilie laurole jusqu' la faire servir l'apothose d'un saint ou dune sainte. Ainsi un vitrail de la fin du XIIIme sicle, Chartres, nous montre saint Martin, archevque de Tours, enlev au ciel par deux anges, dans une aurole de feu. Sur des manuscrits voisins de la renaissance est peinte, enveloppe de cette'divine aurole, Marie Madeleine ravie en extase par des anges au-dessus de la Sainte-Baume. Il faut prendre garde alors de ne pas confondre Marie Madeleine avec la mre de Dieu, l'exaltation de Madeleine avec fassomption de Marie. La grotte , llge de la sainte et dautres caractres peuvent servir distinguer l'une de l'autre. Il semble que lhonneur de l'aurole ait t dcern un saint ordinaire bien avant le XIIIme sicle. On lit, en effet, dans la vie de saint Benot, qui mourut en 590, qu'il aperut un jour me de Germain, vque de Capoue, enleve au ciel par-des anges et dans une sphre de feul. Ce globe de feu est bien une aurole; il est vrai quil enveloppait, non plus le corps, mais l'me d'un saint, et quune me pareille semble se rapprocher de la divinit. Cest de mme dans une aurole ovale, rouge ou de flamme, qui est enleve, Chartres, cette me de saint Martin.

Voici comment saint Ouen (Vie de saint Eloi, dans d'Achery, Spicilegium, tom. II, p. 1 13) raconte la mort de saint Eloi, son ami V, et comment il dcrit l'auro1e resplendissante, la lumire sphrique, le phare qui environna l'me du saint montant au ciel (Adolphe-Napolon Didron, Histoire de Dieu, Iconographie chrtienne, 1843).

Selon Jacob Bohme (1682), l'me plonge ses racines dans le feu et sa vie est dans le feu.

On lit dans la Bibliothque des Philosophes chimistes, t. IV, p. 570 et 578 (1754): Adam: terre rouge, mercure des sages, soufre, me, feu de nature et ve, terre blanche, terre de vie, mercure philosophique, humide radical, esprit.

A son tour, Petasius le philosophe, parlant du principe de luvre, saccorde avec ce qui a t dj expos au sujet de notre plomb et dit: La sphre de feu est retenue et enserre par celle du plomb .[333] Et le mme, se faisant son propre commentateur, ajoute: Cela veut dire partir du produit qui vient de leau mle .[334] Or cest leau mle quil a appele la sphre de feu.[335] Il a dit (aussi) que le plomb est tellement possd du dmon[336] et livr limpudence, que ceux qui veulent apprendre (la science) tombent dans la folie, cause de (leur) ignorance (de ses proprits) (Alchimistes grecs, Deuxime partie, Traits dmocritains, Olympiodore, Commentaire sur le livre Sur laction de Zosime , et sur les dires dHerms et des philosophes).

Saint Albert le Grand

Albrecht von Bollstdt connu sous l'appellation saint Albert le Grand, tait dominicain, philosophe, thologien, naturaliste, chimiste et alchimiste germanique. Il fut professeur de renom au XIIIe sicle et notamment le matre de Thomas d'Aquin.

Il s'intresse l'alchimie dans ses Meteora et dans son De mineralibus, qui datent de 1250 environ. Selon Robert Halleux (Les textes alchimiques, Turnhout, Brepols, 1979, p. 103-104), le corpus [alchimique] d'Albert le Grand comprend une trentaine de titres . L. Thorndike et J. R. Partington ont dcel dans son De coelo et mundi et dans ses Mtorologiques une grande familiarit avec les thmes alchimiques. Ceux-ci sont traits longuement dans le De mineralibus (1256). Sur la matire des mtaux, il dveloppe, contre Dmocrite et Ibn Juljul, la thorie alchimique du soufre et du mercure, qu'il concilie avec les quatre lments et qu'il reprend Avicenne. Le Alkimia7 et le Alkimia minor semblent d'Albert. Le Semita recta ( La Voie droite ) est une compilation de la Summa perfectionis du Pseudo-Geber (Paul de Tarente, 1280) (fr.wikipedia.org - Albert le Grand).

Bienheureux Jan van Ruysbroeck

Jan de Ruisbroek ou Jan van Ruusbroec (ou Ruysbroeck) est un clerc brabanon n en 1293 dans le village de Ruisbroek, (Duch de Brabant) non loin de Bruxelles et mort en 1381 Groenendael, situ galement dans le Brabant. Sa mre morte lui apparaissant en personne aprs le saint sacrifice, rendant grces avec un visage tout tranquille, elle lui assura en toute certitude que par l'hostie offerte Dieu, il l'avait totalement libre dela peine qu'elle avait endure jusque-l dans le purgatoire.

Prtre en 1324, c'est en 1343 que Ruysbroeck et ses deux amis, Franco van Coudenberg et jean Hinckaert, quittrent Bruxelles pour se rendre Groenendael. Il est vrai que c'est seulement six ans plus tard, en 1349, qu'ils y prirent l'habit et la rgle de saint Augustin.

Le culte de Ruysbroeck est confirm en 1908 par le pape Pie X. Il est ft le 2 dcembre date de sa mort. Le pote et crivain belge Maurice Maeterlinck contribua faire redcouvrir le grand mystique flamand, notamment dans son article Ruysbroek ladmirable paru dans la Revue Gnrale Bruxelles en 1889, puis dans sa traduction en 1891 de LOrnement des noces spirituelles.

L'crivain Joris-Karl Huysmans le cite en exergue de son uvre majeure A rebours "Il faut que je me rjouisse au-dessus du temps..., Quoique le monde ait horreur de ma joie, et que sa grossiret ne sache pas ce que je veux dire." (fr.wikipedia.org - Jan de Ruisbroek).

Ruysbroeck n'est nullement l'illumin crivant dans l'extase qu'on a souvent reprsent. Il y a en lui un spculatif qui entreprend une-construction mtaphysique. Pour cela, il emprunte Albert le Grand sa cosmologie, saint Thomas sa psychologie. Au reste, il choisit avec la plus grande libert, mlant aux thories de saint Thomas sur la cration l'opinion de Scot rigne sur l'empreinte tripartite des hypos-tases divines dans l'me humaine, prenant saint Bonaventure sa reprsentation de la vie spirituelle. Mais l'essentiel de la doctrine de Ruysbroeck vient d'ailleurs. Saint Augustin a t son matre en mtaphysique. Gomme Augustin, disciple lui-mme des no-platoniciens par ses thories du Dieu simple, du Verbe et du mal, Ruysbroeck croit au Dieu-Un, que l'homme peut connatre parce qu'il a en lui une tincelle divine, l'me, et qu'il peut contempler en recherchant la perfection. Pour arriver cette contemplation, mieux, la possession, la fruition divine . Ruysbroeck fait siennne la mthode mystique d'un autre disciple des no-platoniciens, le pseudo-Denys. Cette mthode mystique, o le but suprme propos l'homme est de se perdre en Dieu, fit accuser Ruysbroeck de panthisme par Gerson. Et vraiment la phrase suivante de la Pierre brillante , dnonce par le chancelier cl l'Universit de Paris, justifie cette accusation : L'homme se voit comme englouti lui-mme dans l'unit, par le sentiment intime de son union, et comme plong dans l'tre vivant de Dieu, par la mort toutes choses. Et l, il se sent une mme vie avec Dieu. La tendance au panthisme est manifeste chez Ruysbroeck et s'explique surtout par l'influence cl matre Eckhart. Ruysbroeck a beau corriger dans le sens chrtien la pense d'Eckhart sur Dieu, seule ralit, sur l'union mystique avec Dieu qui fait que l'homme devient Dieu, son uvre est celle d'un disciple qui emprunte au matre jusqu' la terminologie (Andr Courtet sur A. Wautier D'Aygalliers. Ruysbroeck l'Admirable. Paris, Perrin, 1925, 2e dition., Bibliothque de l'cole des chartes, 1926, vol. 87, n 1, pp. 190-192.).

La doctrine de Ruysbroek trs quilibre indique la progression qui marque l'union de l'me chrtienne Dieu. Influenc par l'cole dominicaine allemande, il fut l'origine d'un mouvement spirituel important : la Devotio moderna. Parmi les contemproains, Geert Groote, Tauler, Thomas a Kempis considraient Ruysbroek ciomme leur matre. Ses crits en prose asctiques et mystiques (Le Joyau des noces spirituelles, Le Royaule des amants de Dieu, Le livre de la plus haute vrit de Samuiel, Le livre des sept cltures, Les sept degrs de l'chelle d'amour spirituel, Le livre du tabernacle spirituel) eurent une grande influence et furent traduits en franais et en latin. Ce sont les premiers monuments de la langue nerlandaise.

Le mariage sacr, la hirogamie, occupe une place importante dans les Mystres antiques. Dans le christianisme, comme chez saint Bernard (1090-1153), cette thmatique se dveloppe partir de commentaires du Cantique des Cantiques. Dans son Trait de l'amour de Dieu, il dcrit l'itinraire de l'me vers les sphres suprieures, dont l'tape ultime est celle des noces spirituelles. Cette symbolique connatra un grand dveloppement chez les mystiques rhno-flamands, notamment chez les bguines et chez Jan van Ruysbroek, l'auteur de L'Ornement des noces spirituelles (1335). Chez de nombreux auteurs, comme Valentin Weigel, le thme des noces spirituelles est li celui de la rgnration et de la nouvelle naissance. Chez ces derniers, la symbolique alchimique s'ajoute celle du christianisme (Christian Rebisse, Les Noces chymiques, Extrait de la revue Rose+Croix n 194 - t 2000).

Lvangile parle de la maison construite sur le sable et de la maison construite sur le roc. II parle aussi de la pierre ddaigne, qui est appele devenir la pierre angulaire de la construction. Et celle-ci n'est pas sans rapports avec la pierre philosophale des alchimistes, ni avec la pierre dont parle Ruysbroeck l'Admirable dans son trait De la Pierre tincelante. La maison se trouve ainsi exprimer, sur tous les plans, une ide fondamentale, qu'on peut traduire approximativement par les mots d'intimit, d'intriorit, mais qui en diverses hauteurs, rend des harmoniques aussi fort diverses, bien (De l'instinct l'esprit, Prcis de Psychologie analytique).

Ce que nous venons de dire nous fait comprendre pourquoi au livre des Mystres de Dieu, crit par saint Jean, l'Esprit du Seigneur s'exprime ainsi : Au vainqueur, c'est--dire celui qui sait se vaincre et se dpasser lui-mme avec toutes choses, je donnerai la manne cache, c'est--dire un got intrieur mystrieux et une joie cleste; et je lui donnerai une petite pierre brillante, sur laquelle est crit un nom nouveau, que nul ne connat sinon celui qui le reoit. La petite pierre est dsigne sous le nom de calculus, cause de sa petitesse et parce qu'on peut la fouler aux pieds sans en ressentir aucun mal. Elle est d'un clat brillant, rouge comme une flamme ardente, petite et ronde, toute plane et trs lgre. Par cette petite pierre brillante nous pouvons entendre Notre-Seigneur Jsus-Christ; car en sa divinit il est la clart de la lumire ternelle, la splendeur de la gloire divine et un miroir sans tache o toutes choses vivent. Celui donc qui sait tout vaincre et dpasser reoit cette pierre brillante, et avec elle la clart, la vrit et la vie. Semblable une flamme ardente, la petite pierre reprsente l'amour brlant du Verbe ternel qui a rempli de ses feux toute la terre et veut en embraser tous les esprits aimants jusqu' les consumer. Elle est si petite qu'on la sent peine, lorsqu'on la foule aux pieds. D'o son nom de calculus ou petit caillou. Et saint Paul nous donne le sens de cette particularit, lorsqu'il dit du Fils de Dieu qu'il s'est rduit nant et humili en prenant la forme d'esclave et se rendant obissant jusqu' la mort de la croix. Par la bouche du Prophte le Seigneur a d'ailleurs dit lui-mme : Je suis un vermisseau et non un homme, l'opprobre des hommes et le rebut du peuple. (Jan van Ruysboreck, La Pierre brillante, Chapitre 7).

Nous apprenons de Snque qu'un certain Dmocrite trouva l'invention de convertir des cailloux recuits en meraudes, & qu'en suivant sa mthode on pouvoit donner telle couleur que l'on vouloit, aux pierres qui sont propres ces oprations; excidit porro vobis eumdem Democritum invenisse quemadmodum decoctus calculus in smaragdum converteretur, qua hodieque coctura inventi lapides coctiles colorantur (Epist. 90) (M. Beneton de Perrin, Disseration sur la verrerie, Mmoires pour l'histoire des sciences et des beaux arts, octobre 1733).

Saint Gatien

Les sept prdicateurs envoys en Gaule par le prince des Aptres Pierre, selon M. Faillon, furent Trophime d'Arles, Paul de Narbonne, Martial de Limoges, Austremoine d'Auvergne, Gatien de Tours, Saturnin de Toulouse, Valre de Trves. Cela selon les traditions des Eglises de Trves rapportes par Raban Maur et d'Arles. raban place cet envoi sous l'empire de Claude la 14me anne de l'Ascension.

Ils font partie des 24 anciens qui vogurent de Palestine vers la Gaule, selon Raban Maur, avec Marie Madeleine.

Le saint vque Maximin eut pour son partage la ville dAix, mtropole de la seconde province Narbonnaise, dans laquelle sainte Marie-Madeleine finit sa vie mortelle. Paul eut Narbonne, mtropole de la premire province Narbonnaise ; Austrgisile, la ville de Bourges, mtropole de la premire Aquitaine ; Irne eut Lyon, mtropole de la premire Lyonnaise ; Sabien et Potentien eurent pour leur part la ville de Sens, mtropole de la quatrime Lyonnaise ; Valre, la ville de Trves, mtropole de la premire Belgique ; Froneius, Besanon, mtropole de la premire province des Squaniens ; Eutrope, la ville de Saintes, dans la seconde Aquitaine, dont Bordeaux est maintenant la mtropole ; Trophime, Arles, alors mtropole de la province de Vienne. Ce furent de ces prdicateurs que ces dix provinces des Gaules reurent la foi.

Les autres docteurs ne prchrent point aux sept autres provinces des Gaules, mais sept villes de provinces (diverses) : Eutrope Orange, ville de la province de Vienne ; Front Prigueux, dans la seconde Aquitaine ; Georges Veliacum, dans la premire ; Julien au Mans, dans la troisime Lyonnaise ; Martial Limoges, dans la premire Aquitaine ; Saturnin Toulouse, dans la premire Narbonnaise, o il fut prcipit du capitole pour la foi de Jsus-Christ. Parmnas, avec la vnrable servante du Sauveur, sainte Marthe, se retira Avignon, ville de la province Viennoise, ainsi que Marcelle, suivante de la sainte, Epaphras, Sosthne, Germain, Evodie et Syntique. Rouen avec sa province, la seconde Lyonnaise qui est la Normandie ; Mayence avec sa province, la premire Germanique ; Cologne avec sa province, la troisime Germanique ; Octodure avec sa province des Alpes Grecques et Apennines ; la mtropole d'Auch avec sa province, la Novempopulanie ; la mtropole dEmbrun avec sa province des Alpes Maritimes ; la mtropole de Reims avec sa province, la seconde Belgique, furent rserves dautres docteurs.

En outre, voici les noms de ceux qui furent envoys dans les Espagnes par les aptres : Torqualus, Ctsiphon, Secundns, lndalecius, Cecilius, Esicius, Euphrasius : ces sept prdicateurs runirent la foi chrtienne les sept provinces des Espagnes (M. Faillon, Monuments indits sur l apostolat de S.Marie Magdaleine en Provence, 1859).

On aura remarqu que Gatien n'est pas directement nomm par Raban.

Raban-Maur nomme ces saints personnages parmi lesquels saint Gatien est dsign de la manire que nous allons expliquer. Citons d'abord le passage : Hirenus Lugdunum, metropolim Lugdunensis terti ; Sabinus et Potentianus senonas Metropolim Lugdunensis quart...

Il est vident que Lyon n'tait pas la mtropole de la troisime Lyonnaise, mais de la premire; la mtropole de la troisime Lyonnaise, c'tait Tours. Une distraction occasionne par la rptition du mot metropolim aura donn lieu cette erreur, qu'il faut rectifier en ajoutant aprs le premier Lugdunensis les mots : prima, Gatianus Turonem, Metropolim Lugdunensis, suivis du tertix, et traduire ainsi: Irne fut envoy Lyon, mtropole de la premire Lyonnaise; Gatien Tours, mtropole de la troisime Lyonnaise, etc. (Mmoires de la Socit archologique de Touraine: Srie in-80, Volume 21, 1871).

Broalde de Verville (1558-1612), rudit et polygraphe, chanoine de Saint Gatien de Tours, se prtendait alchimiste. Selon des tudes rcentes, il serait l'auteur du fameux Livre des Figures hiroglyphiques, attribu Nicolas Flamel. Fils de Mathieu Brouard, dit Broalde, humaniste protestant, il se rfugie Genve avec son pre aprs la Saint-Barthlemy, puis Ble, o il fait des tudes de mdecine et fut probablement initi l'alchimie. De retour Paris, il frquente le cercle de Pierre de l'Etoile proche de la Ligue. A cette poque il se convertit au catholicisme. Cependant, fidle au roi Henri III, il le suit en exil Tours en 1589. Nomm chanoine de Saint-Gatien de Tours en 1593, il publie une traduction du Songe de Poliphile et Le voyage des princes fortuns en 1610 (Franois Broalde de Verville, L'Histoire vritable ou Le voyage des princes fortuns, 2005).