Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Chemin et signe de croix   

Et si c'est p a, on aura appris des choses quand mme

Rupert Rideec

Le chemin de Croix

Station I : Jsus est condamn mort

Station II : Jsus est charg de sa croix

Station III : Jsus tombe une premire foi

Station IV : Jsus rencontre sa mre

Station V : Simon de Cyrne aide Jsus porter sa croix

Station VI : Une femme essuie le visage de Jsus

Station VII : Jsus tombe une deuxime fois

Station VIII : Jsus console les femmes de Jrusalem

Station IX : Jsus tombe une troisime fois

Station X : Jsus est dpouill de ses vtements

Station XI : Jsus est clou la croix

Station XII : Jsus meurt sur la croix

Station XIII : Jsus est descendu de la croix et rendu sa mre

Station XIV : Jsus est mis au tombeau

 

Poursuivant sur la croix d'Huriel, l'ide est d'associer le chemin de croix au signe de croix en 14 tapes.

partir du septime sicle, les chrtiens en Orient (le monde grec) et en Occident (le monde latin) se signent avec trois doigts. Exactement, comme se signent encore aujourd'hui les chrtiens orthodoxes. partir du XIIe sicle et le schisme entre chrtiens orthodoxes et catholiques, le catholicisme fait voluer le signe de croix (on ne signe ne plus avec trois doigts mais avec la main), pour les catholiques. Les orthodoxes continuant de se signer avec trois doigts.

Nous emprunterons un chapitre de Guillaume Durand ce qu'il y a de pratique dans la matire qui nous occupe : Le signe de la croix doit se faire avec trois doigts, parce qu'on le dessine en invoquant la Trinit. Aussitt apres l'invocation de la Trinit, on peut dire ce verset : Seigneur, faites avec moi un signe pour mon bien, afin que ceux qui me hassent le voient et soient confondus, parce que, Seigneur, vous m'avez secouru et consol. Quelques-uns se signent depuis le front jusqu'en bas, pour exprimer mystrieusement que Dieu, ayant abaiss les cieux, descendit en terre. Ensuite ils vont de la droite la gauche, premirement pour montrer qu'ils prfrent les choses ternelles, dsignes par la droite, aux temporelles, signifies par la gauche; secondement pour rappeler que le Christ a pass des Juifs aux gentils; troisimement, parce que le Christ venu de la droite, c'est--dire de son Pre, a vaincu sur la croix le diable, qui est dsign par la gauche, etc. Mais d'autres, faisant le signe de la croix de gauche droite, s'autorisent de ce texte : Il sort du Pre, il descend jusqu'aux enfers et revient au trne de Dieu. (Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel, Volume 5, 1869 - books.google.fr, Guillaume Durand, Rational ou Manuel des divins offices, traduit par Charles Barthlemy, Tome III, 1854 - books.google.fr).

Guy de Bayso, canoniste mdival surnomm l'Archidiacre, crit dans sa Glose sur le dcret de Gratien : "Quoique certains fassent le contraire, il faut, lorsqu'on retrace la reprsentation du crucifiement du Christ infronte, achever la croix sur la sur la gauche : car ils crucifirent la main droite du Seigneur avant sa main gauche... (Pierre Erny, Le signe de la croix: Histoire, ethnologie et symbolique d'un geste "total", 2007). Comme on peut le voir sur la station XI.

partir du XIIe sicle en Occident donc dans le monde catholique, on trouve une tolrance se signer de haut en bas puis de gauche droite. Certains auteurs critiquent cette volution, mais la hirarchie de l'Eglise catholique ne la condamne pas. Mieux, petit petit, la pratique de la signature de gauche droite s'impose, et elle devient la norme. Les catholiques se signant de haut en bas puis de droite gauche sont considrs comme tant dans l'erreur. Sous le faux concept, que la signature doit tre faite de gauche droite comme dans les temps antiques (fr.wikipedia.org - Signe de croix).

Ici, le signe de croix se termine gauche Rochemaure. Le chemin de croix est voir en sens inverse.

Le chemin de croix de l'glise sainte Marie-Madeleine de Rennes-Le-Chteau fait couler beaucoup d'encre et de salive depuis de nombreuses annes. Il est intressant de remarquer qu'il est rtrogir. Ou si l'on prfre, il se droule dans le sens oppos de ce que l'on rencontre habituellement dans les glises. A l'habitude le passage de la station I la station II se fait dans le sens des aiguilles d'une montre ; dans le cas de l'glise de Rennes-Le-Chteau son sens est dans le sens inverse des aiguilles d'une montre (Cricri-FB, Ses travaux et ses constructions).

Marie-Joseph Chiron sur le trac

Marie-Joseph Chiron, dit Pre Marie, n le 19 novembre 1797 Bourg-Saint-Andol, ordonn prtre le 27 avril 1823, fut nomm, le 6 juillet de la mme anne, cur de paroisse Saint-Martin-lInfrieur. Les quelques jeunes filles du pays qu'il dtermine se consacrer la Sainte Vierge sont baptises les Sainte Marie. Le 25 novembre 1824 nat la Congrgation Sainte-Marie de lAssomption, soumis la rgle de Saint-Augustin, et dont Adlade Bernard (1801-1839) devient, sous le nom de Mre Agns, la premire Suprieure. Le 1er janvier 1827, le Pre Chiron est nomm aumnier de la prison de Privas, o, comme souvent alors, des alins taient mls aux prisonniers.

Le hasard d'amis communs lui fait connatre Paul de Magallon d'Argens (1784-1859), le restaurateur en France de l'ancien ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu, cr par Juan Ciudad (1495-1550). Aid par Joseph-Xavier Tissot (1780-1864), dit frre Hilarion, lui-mme ancien alin, le R.P. de Magallon vient de fonder des hospices rgionaux pour "alins d'esprit". Inspir par Magallon, Chiron cre, avec les Sainte Marie venues le rejoindre, le premier asile Sainte Marie pour les femmes alines. Cest le dbut de lHpital Sainte Marie de Privas, le 1er mai 1827. Son uvre se dveloppe, et souvre en 1836 lhpital Sainte Marie Clermont-Ferrand (Puy de Dme), o frre Hilarion avait fond un premier asile six ans auparavant.

En 1839, il installe La Cellette (Corrze) une communaut de frres servants dans les btiments qui avaient abrit un autre trs phmre asile fond par frre Hilarion en 1831. Les bons frres de Sainte-Marie de lAssomption y auront la charge de soigner les hommes alins. Prs d'un sicle plus tard, leur communaut sera reue dans le sein de l'ordre de Saint-Jean-de-Dieu (psychiatrie.histoire.free.fr - Chiron, www.ch-eygurande.fr - Presentation historique, reinedumidi.com - Chiron).

Saint Martin l'Infrieur incorpor aujourd'hui Saint Martin de Lavezon est une commune contigu Rochemaure. Le centre hospitalier du pays d'Eygurande La Cellette de Monestier-Merlines est proche de l'axe de la croix La Cassaigne - Huriel, une quarantaine de kilomtrres de Crocq.

Certains ont cru reconnatre les traits du Pre Chiron dans ceux de la statue de saint Antoine Ermite de l'glise Sainte-Madeleine de Rennes-le-Chteau.

Les boucliers de marchal

Le bouclier semble tre un attribut des marchaux de toutes les poques :

Longtemps on a cru que De Gaulle avait t l'pe de la France tandis que le Marchal en tait le bouclier. Une gravure de Bouteloup prsente le Marchal de Turenne couvrant de son bouclier les lys de la France. Sous l'Empire, les btons de marchaux portaient l'inscription : TERROR BELLI, DECUS PACIS (Terreur pendant la guerre, bouclier pendant la paix). A Tours l'htel de ville est orn de la statue du marchal Boucicaut avec bouclier et bton par Louis Etienne Marie Albert Lefeuvre (1900).

Dans ce chemin de croix, il y a trois boucliers, deux ports haut : celui du marchal Jean-Baptiste d'Ornano (Station II - Aubenas) chevalier du Saint-Esprit en 1919 et celui du marchal de Saint-Andr (Station VI - Fronsac) ou du marchal de Richelieu chevalier du Saint-Esprit en 1729 ; et celui sous le pied d'un soldat du marchal Henri de Turenne (protestant) ou de son fils marchal converti au catholicisme sur le tard qui ne sera jamais chevalier de l'ordre de Saint-Esprit (Station X - Crocq).

Station I - Rochemaure

Pilate et le Rhne

En quittant la station de Saint-Vallier, au del d'un tunnel de 190 mtres, on franchit la Galaure sur un pont d'une seule arche de 30 mtres, et l'on s'loigne du Rhne sur la rive droite duquel s'lve Ozon (belles vues); mais on ne tarde pas le rejoindre l'entre d'une petite valle arrose par le ruisseau des Planards, prs du village de Ponsas (470 hab.), que dominent les ruines du chteau Pilate, dans lequel fut, dit-on, enferm ce gouverneur de la Jude (Ad Joanne, J. Ferrand, De Lyon la mditerrane, 1866).

Les Origines de Fontager sont trs Anciennes,On trouve encore sur place des vestiges remontants au V me sicle avant Jsus-Christ et dbris de poterie ayant bientt 4000 ans dge. En effet, idalement plac aux bords du Rhne, voie naturelle des infiltrations au cours des ges, Fontager a t de tout temps une tape renomme. La lgende attache au Chteau de Fontager veut que Ponce Pilate ait vcu dans ce lieu. D aprs Eusbe de Csare, historien chrtien de la fin du III me sicle, Ponce Pilate fut envoy en disgrce dans la Gaule en lan 37. Il fut gouverneur de la ville de Vienne et on raconte quil se suicida en lan 39 en se jetant dune tour dans le Rhne. Certains ont reconnu cette tour Vienne, dautres Fontager (chateau-de-fontager.com - Chteau).

D'autres rcits racontent qu'il se serait suicid dans le Rhne Vienne. Un monument de la ville, la tombe de Pilate , en fait un monument marquant le centre du cirque romain, voquerait ce rcit. D'autres attribuent aussi le nom du massif du Pilat, qui commence Vienne, cette origine.

La plate-forme sur lequel pose le pied le ngrillon

Cette petite ville est btie avec des matriaux dont les volcans voisins, teints maintenant, ont fait autrefois tous les frais d'extraction. Elle est domine par les ruines imposantes d'un vieux chteau fodal, dont la plate-forme est riche en points de vue magnifiques et varis (Jules Verne, Thophile Lavalle, Charles Ernest Clerget, Edouard Riou, Gographie illustre de la France et de ses colonies, 1868).

Montons deux cents mtres sur la plate-forme de ce roc qui porte les restes du chteau de Rochemaure (Mme Amable Tastu, Sabine-Casimir-Amable Voiart Tastu, Voyage en France, 1846).

Aussi, des ruines fodales importantes y apparaissent-elles encore au-dessus de Rochemaure et du Teil. C'est le chteau de Rochemaure qui parat avoir tenu le plus grand rle et qui est probablement le plus ancien. Ce lieu, crit A. Mazon, est sans contredit un des plus pittoresques de l'Ardche, par l'imposant aspect des ruines de son vieux castrum, adoss... un dyke volcanique, dont son chteau couvre la plateforme et d'o s'lance une aiguille basaltique au sommet de laquelle a t jet hardiment le fort (Hubert Cleu, La rivire Ardche: gographie, gologie, histoire, 1972).

Aprs avoir gravi les quatre-vingts marches d'un escalier taill dans les fissures du rocher, on arrive la plate-forme qui sert do couronnement au donjon (Victor Adolphe Malte-Brun, La France illustre: Gographie, histoire, administration et statistique, Volume 1, 1855).

Rochemaure la noire

La ville de Rochemaure porte les armoiries ci-aprs : Rochemaure ! Rocho-Mauro la Negro Rochemaure la Noire , la Gardienne du Rhne

Un lion ail Rochemaure

Au nord-ouest de la chapelle des Anges de Rochemaure, c'est le lion ail reprsentant saint Marc.

rupismaurien.blog4ever.com

Station II - Aubenas

Aubenas est un chef-lieu de canton du dpartement de lArdche ; la vieille ville est perch sur un rocher calcaire dominant la valle de lArdche et est elle-mme domine par le chteau. Au pied du rocher passe la route du Puy-en-Velay Montlimar : Aubenas est donc un point stratgique.

Il nest donc pas tonnant que cette position ait t lobjet dune rivalit prolonge entre les vques de Viviers et ceux du Puy. Lvque du Puy Adhmar de Monteil (1082 - 1098) lemporte au XI sicle et en 1084 infode la place aux seigneurs de Montlaur.

C'est, selon certains auteurs, Adhmar qui porte la relique de la sainte lance lors du sige d'Antioche en 1098.

Le chteau est tenu au XIII et XIV sicles par la famille Allard, vassaux des sires de Montlaur, qui recuprent ensuite la seigneurie. Ils ont fait allgeance au roi Philippe le Hardi en 1272 pour leurs possessions en Vivarais. Ils ont aussi des biens importants en Velay, Gvaudan et Uzge (rgion dUzs). Pons de Montlaur est gardiateur de Lyon en 1292-93 avant dtre snchal dAgen en 1297.

Le chteau est domin par un haut donjon carr remontant probablement au XIIIme sicle, muni de poivrires aux angles. Le bourg se serre autour du chteau comme encore aujourdhui. Le chteau est complt et lenceinte urbaine construite par le dernier des Montlaur, Louis (1397-1441) qui assite au couronnement de Charles VII Reims. A sa mort la baronnie revient sa fille pouse dun dauphinois le sire de Maubec : les Maubec de Montlaur poursuivent lembellissement (tour escalier du chteau) de 1441 1551. A cette date la seigneurie passe par mariage aux Raymond de Mourmoiron, barons de Modne jusquen 1611. Les arcades de la cour datent de cette poque, mais ville et chteau sont pris et repris au cours des Guerres de Religion : ils sont en triste tat la fin du XVIme sicle (Jean Charay - Une ville chteau, Aubenas en Vivarais - Lecuyer 1960).

Le bouclier de marchal

Marie de Modne-Montlaur apporte Aubenas son poux Jean-Baptiste dOrnano. Ce dernier est le fils an du marchal Alphonse dOrnano (1548-1610), dorigine corse, gouverneur du Dauphin sous Henri IV. La carrire du jeune Ornano sera courte ; en 1626 il est nomm marchal de France, mais est aussitt compromis dans les intrigues de Gaston dOrlans frre de Louis XIII et arrt : il meurt en prison avant la fin de lanne. Des Ornano datent les chauguettes du donjon, le portail bossages de la faade et la terrasse de louest. La veuve de Jean-Baptiste, la "marchale dOrnano" (+1672) fait tablir un mausole pour son mari et elle-mme Aubenas sous le dme St-Benoit lpoque chapelle de bndictines. Elle promeut les eaux de Vals et lgue Aubenas sa nice Anne dOrnano (fille de sa soeur Marguerite et Henri-Franois dOrnano frre de Jean-Baptiste) et pouse de Franois de Lorraine-Elbeuf comte dHarcourt. Un de leurs descendants vendra Aubenas aux Vogu (1716-1792) qui font tablir les portes jumelles de la faade, lescalier et les boiseries des salons (Jean Charay - Une ville chteau, Aubenas en Vivarais - Lecuyer 1960).

Sur une reprsentation, le blason du Marchal Jean-Baptiste d'Ornano tait entour des colliers de l'ordre de Saint-Michel et de l'ordre du Saint-Esprit et surmont d'une couronne de marquis ; l'ensemble est lui-mme surmont d'un casque tar de front, orn d'une couronne de marquis et de lambrequins de feuillages. C'est peut-tre le casque dor tomb sur le sol de cette station.

On peut encore admirer le mausole d'Ornano, mutil mais impressionnant, au Dme Saint-Benot, ancienne chapelle des Bndictines d'Aubenas, construite au temps de l'abbesse Louis-Jacqueline du Roure (1712-1744). Ce dme est peut-tre celui de cette station mais le mausole du marchal d'Ornano ne fut transfr du chteau au dme qu'en 1965. Le mausole est l'objet d'un projet de restauration dont fait partie un casque et une couronne, en 1838.

En 1612, deux ans aprs sa mort, on frappa une mdaille la mmoire du Marchal Alphonse d'Ornano, la demande sans doute de Jean-Baptiste d'Ornano, son fils an. Cette mdaille fut grave par Giovanni Paolo. Un exemplaire, qui a malheureusement souffert, en est conserv au Cabinet des Mdailles de la Bibliothque Nationale (vitrine XC III, bronze, 108 mm). A l'avers, le Marchal est reprsent en buste mi-corps gauche, la tte nue, revtu d'une cuirasse, sur laquelle il porte le cordon et la croix de Chevalier du Saint-Esprit ; il tient dans sa main droite le bton de Marchal de France. Inscription : ALFONSE.DORNANO.MARESCHAL.DE.FRANCE. Au revers, figure un guerrier vtu l'antique, debout devant un autel allum ; il pose sa main droite sur un bouclier et il tient de sa main gauche une lance. Inscription : INSIGNIS.PIETATE.ETARMIS.1612. (Illustre par sa pit et ses exploits). Sur la base de l'autel, on lit : POL... FECIT (Jean Canault, Vie du marchal Alphonse d'Ornano, 1975).

Un autre bouclier

En ce qui concerne les croisades, on sait pertinemment que de nombreux seigneurs vivarois y participrent. Celui qui y trouva la carrire la plus prestigieuse fut Eustache d'Agrain des Hubas, compagnon de Godefroy de Bouillon la premire croisade, qui fut surnomm le Bouclier de la Palestine et fut, pendant la premire croisade, prince de Sidon et de Csare, conntable et vice-roi de Jrusalem. Il tait parti de Languedoc, en 1096, avec Raymond, comte de Toulouse, qui conduisait une arme forte de cent mille croiss, la tte desquels on voyait les plus illustres chevaliers du temps. Les brillants exploits de d'Agrain lui mritrent, du roi Baudouin , les dignits dont nous venons de parier, et, de plus, la souverainet de Sidon et de Csare, qu'il transmit ses enfants. Ce monarque ayant t pris dans une embuscade, le patriarche et les gnraux de l'arme lurent d'Agrain, vice-roi d'Acre ; et les succs qu'il obtint contre le soudan d'Egypte, le firent surnommer l'pe et le bouclier de la Palestine (Joseph Fr. Michaud, Louis Gabriel Michaud, Biographie universelle, ancienne et moderne, Volume 1, 1811).

Les Hubas se trouvent Saint-Etienne de Lugdars, sur l'axe de la croix Rochemaure - Fronsac. C'est le lieu de la premire agression de la bte du Gvaudan en 1764. Que le hros du Pacte des Loups, ralis par Christophe Gans en 2001 avec Samuel Le Bihan, s'appelle Fronsac est curieux.

Les Agrains sont particulirement concerns par l'affaire de la Bte puisque la premire victime, Jeanne Boulet - 14 ans -, tue par le monstre, 3 lieues de Langogne le 3 juillet, tait originaire des Hubas, prs de Saint-Etienne de Lugdars. Or Les Hubas sont le sige de la famille des Agrains des Hubas.

Les Volontaires de Soubise sont un rgiment fond en 1762 et seront envoys en 1765 chasser la bte. Ce Soubise est Charles de Rohan, prince de Soubise, baron de Rochemaure du mois de mai 1724 jusqu'en avril 1784 (La Bte du Gvaudan).

Station III - Marcols

Coquillage

Le buccin et le casque blanc (que porte un soldat de la station) sont des noms de coquillages : bulot et murex.

Les autres turbines qu'on mangeait, taient l'animal qui donne la pourpre, murex brandaris, divers Strombus, des rochers, la trompette, murex tritonis, Lin., ou la conque des Tritons, donne une chair dure ; le gyrin, ou murex gyrinus ; peut-tre celui-ci est-il le murex de la cte de Baes (Julien-Joseph Virey, Du rgime alimentaire des anciens: et des rsultats de la difference de leur nourriture avec celle des modernes, 1813).

Tous coquillages dont on tire la pourpre ou pierre rouge comme Jean de Roquetaillade, n Marcols, l'indique dans ses crits (Livre de la quintessence, Liber luci).

Jean de Roquetaillade, n vers 1310 Marcols, religieux franciscain du couvent d'Aurillac, visionnaire, alchimiste et contestataire de la papaut d'Avignon. Il a laiss une uvre assez considrable sur les astres, le ciel, les mtaux, la mdecine etc. Il est le thoricien de la quintessence , substance subtile de tous les minraux quil dit obtenir par distillations rptes. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages de prdictions sur l'avenir de l'glise et du monde politique de son temps. Il passa une grande partie de sa vie en prison religieuse et mourut Avignon en 1364

La famille de Conquans est de vieille noblesse implante depuis "la nuit des temps" en Haute-Auvergne. C'est aussi celle qui a le plus essaim dans toutes les couches de la socit. Le chteau de la Mortie, ancien chteaut-tour englob dans une construction plus rcente, appartenait la famille de Conquans, lieu de naissance du gnral d'Estaing, gnral de Napolon I, mort en duel, dont le nom est inscrit sur l'Arc de Trimphe de l'Etoile Paris

Lieu d'un vicus o Saint Graud d'Aurillac venait rendre la justice, "die Mercoris", prs d'un ancien lieu de culte paen, sans doute un temple Mercure (fr.wikipedia.org - Marcols).

Les emblmes traditionnels de Mercure sont la coquille, le casque ail, le caduce.

Comme la Pierre Philosophale, comme le cinabre, sulfure de Mercure des alchimistes, Cest le pourpre, du latin purpurea, pur du pur, feu du feu, qui marque la perfection absolue.

Disons d'abord que X a comme correspondance grecque le c (soit chi), l'initiale des mots creuset, or, et temps, de mme que Christ. On peut en rapprocher la croix de Saint-Andr X dont le rsultat est cet entre-croisement qui signale [qui signe de ce scel] la prparation canonique du dissolvant.

La mrelle est l'une des inconnues du problme : il s'agit d'une coquille (testa = tuile, vase en terre cuite, caille, carapace de tortue mais aussi concha = coquillage d'o l'on tire la pourpre de Cassius (1, 2, 3) ; calyx = coquille, carapace, corolle des fleurs). C'est aussi une ammonite (pour Jupiter Ammon). Elle dsigne aussi un mtier, celui d'enlumineur (argent en coquille) et elle est enfin assimile la mre de la lumire (DM, I, p. 414). Fulcanelli nous dcrit bien sr la mrelle de Compostelle (Myst., p.179) dont la symbolique renvoie au Mercure, voyageur ou plerin. Dans les DM, I, p. 339, la coquille Saint-Jacques, appele aussi bnitier, est dcrite comme le qualificatif appliqu l'eau mercurielle (herve.delboy.perso.sfr.fr - Philalthe).

Le cuir du fouet

Le fouet que tient le soldat romain est fait de lanires de cuir.

Des allers et venues taient donc choses courantes entre Marcols et Conques pour ces marchands du cuir. Dailleurs le grand-pre de la marie, Bernard Boutaric, auparavant tanneur Conques, avait lui-mme trac la voie en allant se marier et simplanter Marcols, ds 1684, avec une fille Poncely de Marcols dont le pre tait qualifi de Matre-tanneur . Avec dabord les Poncely, puis les Boutaric et enfin les Falissard, nous avons l, trois familles distinctes de tanneurs qui se sont succdes en seulement quatre gnrations.

Sur les 21 moulins de Marcols recenss ce jour, un autre servait aussi au broyage des corces de chnes pour le tannage : le moulin tan du domaine de Crotes. Il tait en service la mme poque et se situait encore plus en aval sur cette rivire Rance, au lieu dit le Pont-Noir, entre le moulin du Carmentraire (disparu vers 1900) et le Moulet del Prat. En 1792 Mr dHumires en tait le propritaire (voir son emplacement en encadr sur la carte). Tous ces moulins taient uniquement eau , rparties sur huit cours deau de Marcols, lesquelles se jettent tous dans la Rance, puis le Cl (Philippe Gautreau, Une famille de tanneurs).

Station IV - Rocamadour

Pour les stations de ses chemins de croix, Bernard Giscard [de la Maison Giscard, fabricant de mobilier religieux] sinspira entre autres des petits monuments orns de bas-reliefs formant le chemin de croix de Rocamadour (regardsdupilat.free.fr - Tarentaise).

Vronique et Zache

Le premier qui ait fait mention de notre plerinage et de saint Amadour, qui lui a donn son nom, est le clbre saint Antonin, archevque de Florence, dans le livre de ses Chroniques. Nous rapporterons ici ses propres paroles: Martial, cousin d'Etienne, premier martyr, n'tant encore g que de quinze ans, fut, d'aprs l'ordre de Jsus-Christ, baptis par le bienheureux Pierre avec ses parents, et admis au nombre des soixante-douze disciples de notre Seigneur, auquel il demeura continuellement attach. On prtend que c'est l'enfant qui avait les cinq pains d'orge et les deux poissons multiplis par Notre-Seigneur, ainsi qu'il est rapport au sixime chapitre de saint Jean. Il vint Rome avec le bienheureux Pierre, aptre, et fut par lui envoy en Gaule, ayant dans sa compagnie Amateur et Vronique son pouse, qui fut familire et amie de cur avec la vierge Marie. Or, ce Zache se consacra la vie solitaire sur une roche appele aujourd'hui Roc d'Amadour, et y finit ses jours. Quant Vronique, elle suivit saint Martial dans ses prdications, et vint au territoire Bordelais, o elle atteignit une grande vieillesse. Le bienheureux Martial, primat de toute l'Aquitaine, leva en ce lieu un autel la bienheureuse Vierge Marie/

Saint Amadour avait t d'abord au service de la sainte Vierge Marie avec la fonction de porter et de nourrir son divin enfant. Devenu plus tard disciple de Jsus, sous le nom de Zache, il le reut dans sa maison ainsi qu'il est rapport dans l'vangile; aprs la mort du Sauveur, il s'attacha de nouveau au service de sa divine mre avec sainte Vronique son pouse, ta mme qui fut gurie d'un flux de sang et prsenta Jsus-Christ, sur le chemin du Calvaire, un linge o s'imprima en caractres sanglants sa face adorable. Perscut par Sal, aprs le martyre de saint Etienne, et priv par le miracle de l'Assomption de la prsence visible de son auguste matresse, il quitta la Palestine sur l'ordre qu'elle lui en donna dans une vision et s'embarqua dans une nacelle avec sa femme Vronique, se livrant la merci des flots, rsolu de s'arrter o son petit vaisseau prendrait terre. Il traversa la Mditerrane, entra dans l'Ocan et aborda enfin la cte de Mcdoc , an lieu appel Pas de Grave. Zache et Vronique s'tablirent aux environs.

Instruits que saint Martial tait en Aquitaine, ils furent voir cet aptre des Gaules qui, quelque temps aprs, consacra prs de leur demeure un oratoire en l'honneur de saint Etienne. Les vertus et la pit de ces deux trangers leur concilirent l'amour et la vnration des peuples. Ils convertirent plusieurs personnes la foi, et dans le nombre un grand seigneur du pays. Saint Martial confra le baptme ce nophyte; en mme temps il ordonna Zache d'aller Rome pour rendre compte saint Pierre du succs de ses prdications en Aquitaine. Zache obit, et fut deux ans Rome auprs de saint Pierre dont il vit le martyre. Il revint alors trouver sa femme Vronique, rapportant avec lui de prcieuses reliques, et particulirement du sang de saint Etienne et de saint Pierre, et mme une chemise de la trs Sainte-Vierge, comme on le lisait autrefois dans les leons de la fte de saint Amadour. Pendant son absence son pouse s'tait retire au lieu de Soiac o elle mourut bientt aprs. Zache revint sa premire demeure o il btit deux glises en l'honneur de la Sainte-Vierge et de saint Pierre qu'il avait vu mourir.

Rsolu depuis passer ses jours dans la solitude, il vint dans le Quercy, et choisit sa demeure dans un lieu affreux, plein de btes froces qu'il chassa par ses prires. il y construisit une glise en l'honneur de la SainteVierge x, saint Martial la bnit l'poque d'une visite qu'il fit son ami dans sa nouvelle retraite. Ce fut alors que Zache fut appel Amadour, quasi amator solitudinis, comme qui dirait amateur de la solitude (Armand Benjamin Caillau, Histoire critique et religieuse de Notre-Dame de Roc-Amadour, 1834, Double Zache).

A Rocamadour, derrire l'autel, on trouve une imitation de tour analogue, mais beaucoup plus grande et cette fois taille dans le roc.

Le cerf-volant

Un jeune noble de Montpeyroux chassait le cerf. Il avait forc la bte et cherchait carter ses chiens force de menaces et de coups, quand l'un d'eux, le plus acharn, saute sur lui et le mord au bras. Il prouva une telle douleur, non-seulement au bras, mais dans tout le ct droit qui enfla, qu'il crut qu'il allait mourir l'instant. On le rapporta au chteau. Tous doutaient de sa gurison car aucun remde ne pouvait le soulager. Mais lui ne cessait pas de prier la Bienheureuse Vierge. Voulant cependant mourir chez lui, il se fit hisser sur un cheval et, soutenu de chaque ct par ses serviteurs, il prit la route de la Bienheureuse Marie de Rocamadour. Son bras tait soutenu par une bande de toile attache son cou, il y ressentait toujours une douleur indicible. Cependant, soit que cette douleur s'apaist un peu, soit fatigu de la route, il s'endormit sur son cheval. Et dans une vision, la Bienheureuse Vierge se tint devant lui, lui ordonnant de dtacher son bras et l'assurait qu'il tait guri. Il s'veilla aussitt et se sentit guri en effet ; il fit part ses compagnons de la vision qu'il avait eue et arriva tout joyeux l'glise o il raconta le miracle.

En 1427, dans une supplique faite au nom du roi de France Charles VII et de la reine Marie, et adresse au pape Martin V pour la demande d'un Pardon exceptionnel Rocamadour, il est identifi Zache, le percepteur d'impts honnte que les rcits vangliques nous prsentent comme un homme de petite taille grimp dans un sycomore pour voir passer Jsus (Nolle Godin, Joseph Godin, Rocamadour, 1982).

Enfin, par un monument qui ne souffre pas de discussion. Nous parlions de la bulle donne avec indulgence, en faveur de la chapelle de Rocamadour, par le pape Martin V, l'an 10 de son pontificat, c'est--dire en 1427, Martin, serviteur des serviteurs de Dieu. Par le tmoignage de notre trs illustre fils en Jsus-Christ, Charles, roi de France et de notre frs chre fille en Jsus-Christ, Marie, reine de France, nous avons appris que la chapelle de la glorieuse Yierge Marie, Rocamadour, diocse de Cahors, a t construite ds les premiers jours du christianisme, par Zache, disciple de notre Sauveur, appel aujourd'hui Amateur, dont le corps, comme on nous l'crit, y repose entour de vnration; que cette chapelle construite en l'honneur et sous le vocable de la glorieuse Yierge a t ddie par saint Martial; qu'elle est merveilleusement riche de reliques et de joyaux de la Sainte Yierge, puissante cause de dvotion; en sorte que, ds l'antiquit, une multitude de fidles, des diffrentes parties du monde, ont coutume de s'y rendre, bien que dans derniers temps, cause des guerres et des pertes dont ces pays ont t affligs, l'accs dsir la dite chapelle n'ait pas t libre, etc." Ce roi est Charles VII. Ainsi, ce prince, aux prises avec les Anglais qui lui disputaient le dernier lambeau de son royaume, n'oubliait pas d'appeler son aide un des puissants protecteurs de la France (Mgr Jean-Joseph Gaume, Biographies Evangeliques, 1881).

Les soleils d'or, les cerfs ails et la couleur rouge sont en effet tous relatifs au roi Charles VII, ou un cerf ail ou cerf-volant, orn ou non d'une ceinture portant le mot Esprance .

Dans la Ballade du sacre de Reims (1429), le roi est assimil un noble cerf volant qui vient rgner comme fort et puissant en la fort de son noble domaine ; on trouve encore le cerf comme incarnation du roi sous la plume de Christine de Pisan (Nicole Hochner, Louis XII, 2006).

Zache et le cerf

Ne sparons pas de l'humilit du Centenier le saint empressement de Zache ; qui ne dira avec David: un cerf altr ne court pas avec plus de vitesse vers une eau vive [Psaume 41, 1], que je n'ai d'empressement me rendre au pied des saints Autels ? (Athenase Ren Mrault de Bizy, Abrg de l'enseignement de la religion, 1838).

Zache a un dsir ardent de voir Jesus... Comme le cerf alter souhaite trouver une source d'eau claire; ainsi, mon Dieu , mon ame soupire aprs vous. Jesus vit Zache tnont sur l'arbre , & lui dit; Descendez vte ; car il faut que je loge aujourd'hui chez vous. Zache descendit au mme instant ; & transport de joie , il recut Jesus chez lui (Nicolas Sanadon, Retraites spirituelles: propres aux communautez religieuses, 1728).

Alvignac, prs de Rocamadour, possde l'glise Sainte-Madeleine, comme Madeleine est proche de Marie.

Station V - Carsac de Gurson

Dans le chur de lglise de Carsac-de-Gurson sont, au XVe sicle, perces deux minuscules absidioles, caches par un important retable en bois sculpt dat de 1714. Il est luvre dun sculpteur de Gourdon, Mathieu Durand, et cote lpoque 509 livres. On pense quil est d une libralit du duc de Foix, dernier comte de Gurson de sa ligne, mort cette mme anne. Ne figurant pas dans son testament, ce don ne peut tre fait que de son vivant. Deux grandes statues en bois polychrome de saint Pierre et de saint Paul ainsi quune petite de sainte Radegonde font partie du retable. Le pendant de cette dernire, un saint Roch, a t vol. Une grande toile reprsentant le Sacr-Cur occupe le centre du retable. Elle remplace, vers 1900, la toile dorigine reprsentant un Christ en croix avec les saintes femmes. Cette dernire, trs endommage et incomplte, se trouve au muse de Villefranche (visites.aquitaine.fr - Retable de l'glise Saint-Pierre de Carsac).

Cyrne

Diane de Foix avait pous en 1579 Louis de Foix, comte de Gurson, et Montaigne, comme il l'apprend dans son De l'Institution des enfants, avait eu "grand part la conduicte de ce mariage". La publication des dexu premiers livres des Essais date de 1580, et si d'autres parties de l'ouvrage ont t composes bien antrieurement, ds 1572, le chapitre XXV n'a pu tre videmment tre crit qu'en 1579, 1580, alors que Diane de Foix, peine marie, attendait la naissance de son premier enfant. On ignore d'ailleurs ce que fut cet enfant auquel Montaigne consacrait, un peu prmaturment, son plan d'ducation.

Dans l'Institution, Montaigne emprunte dAristippe (Fondateur de lcole cyrnaque au V sicle av. J.-C) cette plaisante contrefinesse : Pourquoi le dlierai-je, puisque, tout li, il mempche ?

Les anecdotes concernant Aristippe de Cyrne remontent une tradition ancienne et ce sont elles qui intressent Montaigne. Il les trouve surtout chez Cicron, parfois dans les Hypotyposes de Sextus Empiricus, car il ne lit Diogne Laerce qu'aprs 1588, mais cette lecture lui permet d'ajouter quelques anecdotes sur l'exemplaire de Bordeaux. Ainsi il aime une qui va l'encontre de la morale traditionnelle: Dionysius le tyran offrit Platon une robe la mode de Perse, longue, damasquine et parfume; Platon la refusa, disant qu'estant nay homme, il ne se vestiroit pas volontiers de robe de femme; mais AriStippus l'accepta, avec cette responce que nul accoutrement ne pouvoit corrompre un chaste courage. Ses amis tanoient sa laschet de prendre si peu cur que Dionisius luy eust crach au visage : "Les pescheurs, dict-il, souffrent bien d'estre baigns des ondes de la mer, depuis la tesle jusqu'aux pieds, pour attraper un gouion." Diogenes lavoit ses choulx, et le voyant passer: "Si tu savois vivre de choulx, tu ne ferois pas la cour un tyran". A quoy Aristippus: "Si tu savois vivre entre les hommes, tu ne laverois pas des choulx" (Essais, Livre II, chapitre XII)

Montaigne qui crit dans le livre I une apologie du plaisir suggrant l'hdonisme d'un Aristippe de Cyrne ou d'un Diogne plus que la modration d'picure. "Il faut retenir tout nos dents et nos griffes l'usage des plaisirs de la vie que nos ans nous arrachent des poings, les uns pars les autres" (Livre I, 39)

Cyrne est fonde par des Grecs venus, vers -630, de Thra (Santorin), sur les conseils de l'oracle de Delphes, conduits par Aristote (ou Battos Ier). Aprs plusieurs essais infructueux, ils s'installent en un lieu aux terres riches o le ciel est perc (signe de pluies abondantes). Dote d'une constitution dmocratique, aprs l'assassinat d'Arcsilas IV en -440, Cyrne fut, avec son port Apollonia, une ville phare de l'Antiquit pendant mille ans.

Cyrne est mentionne dans le deuxime Livre des Macchabes, que son auteur dit avoir abrg partir d'un livre en cinq volumes, d un Juif hellnistique nomm Jason de Cyrne. Cyrne est aussi mentionne dans les vangiles. Simon de Cyrne porte la croix pendant la Passion (Marc 15:21). Voir aussi les Actes des Aptres 6:9; 11:20; 13:1.

Ville de Cyrne (Libye) - Colonnade des Herms

Quelques Figures Invariantes par Translation

Station VI - Fronsac

Sainte Vronique de Fronsac en Bretagne

Au XVIIme sicle, la seigneurie de Penhot s'tendait alors sur huit paroisses du Lon (Saint-Thgonnec, Taul, Plouvorn, Plougar, Guiclan, Pleyber-Christ, Plounour-Mnez et Commana) , mais s'tendait aussi dans les vchs de Trguier, Vannes, Saint-Malo ainsi qu' Fronsac en Guyenne.

L' ossuaire de Saint Thgonnec a t construit entre 1676 et 1682 par Jean Le Bescont. Dans la crypte de l'ossuaire, Mise au tombeau par Jacques Lespaignol, sculpteur Morlaix, entre 1699 et 1702 :

Henri Moreau - fr.wikipedia.org - Saint-Thgonnec

Armand-Jean Duplessis, seigneur duc de Richelieu et de Fronsac, pair de France, chevalier d'honneur de Madame la Dauphine et seigneur tait propritaire de la Juridiction et Vicomte du Faou, Irvillac, Logonna et la Villeneuve et consentit Loprec " divers Contrats de fage de plusieurs piesces de terre dpendant du Nivot " au feu seigneur du Mains. Les Dangers du Mains sont une famille du Vivarais qui portait : Echiquet d'or et d'azur de 4 tires. Au bas du calvaire de Loprec, en bas-relief, on trouve Notre-Seigneur portant sa croix, les quatre vanglistes, sainte Vronique et le Christ apparaissant Madeleine. Aprs avoir t abattu par la tempte de 1987, le calvaire a t relev (www.infobretagne.com - Loprec.htm).

Soulac, l o serait mort sainte Vrobique, tant devenu pour ceux qui arrivaient par mer de Bretagne, de Normandie et d'Angleterre, l'tape d'une des voies secondaires du plerinage de Compostelle.

Le bouclier de marchal

Au mois de dcembre 1551, le roi, par lettres-patentes , rigea en comt, au profit de Jacques dAlbon, le vicomt de Fronsac: cette rection fut depuis change en marquisat. En 1552, Jacques commanda larme avec les dues de Guise , dAumale et de Nevers, sous les ordres du conntable, et contribua, pour une grande part, la conqute des villes de Metz, Toul et Verdun. La dfaite presque totale de larme de Charles-Quint, forte de cent mille hommes, fut due, en grande partie, la valeur de Jacques dAlbon (Thodore Ogier, La France par cantons et par communes, Dpartement de la Loire, 1856).

Le bouclier de parade du Marchal Jacques d'Albon, dit le Marchal de Saint Andr se trouve au Muse historique de Lyon (Muse Gadagne). Ce bouclier de parade en mtal est orn d'un dcor autrefois rehausse de dorures reprsentant des scnes de bataille et probablement de facture italienne. Il faisait partie de la collection de M. Comarmond de Lyon (L'art en province: histoire, littrature, voyages, Desrosiers, 1836).

Louis-Franois-Armand de Vignerot du Plessis nat Paris le 13 mars 1696. Arrire-petit-neveu du Cardinal de Richelieu, il porte tout d'abord le titre de duc de Fronsac. Mari 15 ans avec Anne-Catherine de Noailles, plus ge que lui, il multiplie les aventures galantes. Il se retrouve embastill trois reprises, en 1711 pour assiduits auprs de la duchesse de Bourgogne, en 1716 pour duel, et en 1719 pour sa participation au complot de Cellamare, ourdi par le roi d'Espagne. Diplomate, militaire, politique, il participe toutes les affaires du royaume et incarne les grandeurs et misres du rgne de Louis XV. Marchal de France en 1748, aprs la dsastreuse campagne du Hanovre il est rappel en France pour cause de "pillages et exactions" (Nostradamus : La fortune du duc de Richelieu). Nomm gouverneur de Guyenne en 1755, il n'arrive Bordeaux qu'en 1758, prcd par sa rputation de joueur et de libertin. Son entre Bordeaux, en juin 1758, s'accompagne d'un faste jamais gal, selon certains historiens. Les jurats dpensent une somme considrable pour rnover et meubler le palais du gouvernement, future rsidence du gouverneur. Sur une tribune rserve aux harangues de l'architecte Bonfin et du dcorateur Camagne, trne une statue reprsentant Mars conqurant appuy sur bouclier.

Dsormais, il partagea son temps entre Bordeaux, Versailles et son chteau de Fronsac, o il reprend son existence de grand seigneur libertin (Histoire des Maires de Bordeaux, 2008).

Une coupole et une croix de Saint-Andr

Dans le Bordelais, les coupoles s'acclimatrent mdiocrement ; aussi rencontrons-nous peu d'glises qui en renferment sur les nefs. Les matres d'uvre les montrent tardivement ; comme cela s'est maintes fois produit, la plupart remplacrent d'anciennes votes. Assez lourdement construites Saint-Philippe d'Aiguille et Sainte-Genevive de Fronsac (postrieure sur pendentifs) dpendant du monastre de femmes de Saint- Ausone d'Angoulme , les coupoles ne sont lances qu' la collgiale de Saint-milion et Pleineselve (Charles Daras, Les glises file de coupoles drives de la cathdrale d'Angoulme en Aquitaine).

Une moulure d'imposte dcore d'une frise de Croix de saint Andr se trouve dans la chapelle Sainte-Genevive de Fronsac (gael.gironde.fr).

Saint Amadour, mari de Vronique

Arrivons Condat devant la chapelle, le nom vient du grec, signifie "confluent". Libourne en bout de course, ce confluent aprs celui de la Garonne et de la Dordogne, nes de la Gironde, dans l'estuaire. Condat, difi partir d'un camp romain, lieu charg d'histoire, dj prsent dans les courriers d'Ausone et de Paulin, port fortifi et emplacement stratgique situ en toute fin de l'entonnoir de l'estuaire, pour surveiller celui ci, institu par Charlemagne, tabli sur le tertre de Fronsac aprs avoir mat la rvolte d'Aquitaine en 769. La petite chapelle l'entre de la palud ressemble la Sainte-Chapelle de Paris, chapelle royale elle aussi, ayant bnfici de la mme restauration au XIXme par des mdivistes convaincus, lves de Viollet-le-Duc, que les glises au Moyen ge taient polychromes, l'intrieur et les faades, d'o voute toile bleute, fleur-de-lyse, et surtout un dlicieux bestiaire sculpt, 16 animaux du bestiaire chrtien, cher Franois d'Assise, toute la cration vgtale et animale, des fleurs, des plantes, des moutons, des oiseaux, et aussi des griffons, par rangs de 4 x 4, soit seize petites sculptures en bois dor, dlicieusement rpartis tout autour de l'arc, jusque l invisibles mes yeux. Comme la Sainte-Chapelle, Condat dispose de ses reliques, dans une chasse en verre, des os gristres, ceux de saint Amadour et un peu plus loin l'Epine, en bois noir, authentifies en 1600 comme la centaine d'autres rpertories dans le monde chrtien, rcupres par Charlemagne, qui sacr empereur en 800 a voulu rcompenser les lieux qui ont compt pour lui, donc Condat, en leur offrant ces joyaux, le trsor de la chrtient, les pines de la couronne du Christ. Elevons-nous nettement d'un cran, le jonc de la couronne d'pines du Christ serait lui la Sainte-Chapelle. La vnration qui entoure la fin du Moyen ge les saintes reliques est l'origine de l'effervescence autour des cits les renfermant. On ne parle pas encore l'poque de Libourne, mais donc de Condat - sans parler de Fozera, nom qui vient du mot "fougre", car marcages plein de fougres, Saint Jean de Fozera, l'glise prs du march, dont les vitraux content l'histoire de la sainte pine, pendant quelques annes avant de devenir Libourne, Condat sera Fozra. Les ducs d'Aquitaine venaient en villgiature Libourne trouver le calme et la nature, ct d'un Bordeaux insalubre et rong par les pidmies. En 1060, le grand pre d'Alinor c'est Guillaume VIII, l'an mil est pass et ses grandes craintes, les gens ont eu peur de la fin du monde, c'est le moment ou l'Europe se couvre d'un manteau d'glises (L'Aquaboniste atrabilaire, ou Princesse Rabiola, Visite guide Libourne, de la Paillette jusqu' Condat).

Station VII - Ribrac

L'glise dans le fond de la station ressemble celle de Parcoul en Prigord, peut-tre parce que Parcoul fut appel Paracol comme un village de l'Aude : Saint-Jean de Paracol ct de Puivert.

Eglise Saint-Martin de Parcoul est date du XIIme. C'tait un ancien prieur de l'ordre de Saint-Benot, dpendant de l'abbaye de Charroux, de nomination royale. De cette poque datent l'abside et la partie centrale de la nef. Le clocher porche du XIXme masque le proche du XIVme. Le portail a t remani partir du XIVme. Dans le vestibule, l'ancienne faade du XIV est toujours visible. A l'extrieur on peu voir l'lvation de l'glise au XIXme. De l'poque romane il reste les parties basses des murs, le chevet avec les modillons ainsi que les ouvertures.

perigord-dronne-belle.fr

L'actuel chteau de Parcoul occupe le site de l'ancienne forteresse mdivale mentionne ds 1337 lors de sa prise par les anglais et dont on devine quelques rares vestiges. A la Renaissance, le chteau fort incendi est remplac par un rendez-vous de chasse destin Franois 1er. Le domaine est ensuite chang contre la terre de Chambord qui appartenait alors au chambellan du roi, membre de la famille des Green de Marsault. Par la suite, le chteau de Parcoul est devenu, entre autres, proprit des Gamenson, des Mastre et des la Bastide. C'est au 18e sicle que le rendez-vous de chasse est entirement remani pour offrir l'difice visible aujourd'hui. On y remarque galement quelques reprises la fin du 19e sicle ou au dbut du 20e sicle comme le pignon oriental, une des deux lucarnes et la porte d'entre (www.actuacity.com - Chteau de Parcoul).

Porte du Prigord Vert, le village de Parcoul domine la valle de la Dronne et s'ouvre sur le plateau de la fort de la Double. Depuis les bords de Dronne, belle vue sur le chteau de Parcoul au sommet du coteau. Le village a conserv un plan avec des rues en damier... est ce que le village tait une ancienne Bastide ?

A coup sr, les lettres de Philippe VI ne sont pas du mois de janvier 1336 (1337, n. st.), car elles contiennent une allusion formelle la trahison qui, vers la Toussaint 1337, livra aux Anglais la forteresse de Paracol , situe aux confins de la Saintonge et du Prigord1. Elles sont donc bien du mois de janvier 1338 (n. st.).

Paracol est Parcoul, Dordogne, arr. de Ribrac, cant, de Saint-ulaye. Voici le passage des lettres de Philippe VI qui rappelle cette trahison : Toutevoies nous ne voulons pas que ceuls qui y sont (au Chtelet), pour le fait de Robert d'Artois, l'Ospitalier ne ses complices, ne celui ou ceuls de Paracol, ne autres, se il y en a pour cas semblable, soient dlivrez... Le chteau de Parcoul fut livr aux Anglais par Ernaut ou Renaud de Mirande, qui, tant tomb aux mains des Franais, subit le dernier supplice avec tous les raffinements usits pour le crime de trahison (Continuatio chronici Guill. de Nangiaco, t. II, p. 157, 158; Grandes Chroniques, dit. P. Paris, V, 368, 369) (Roland Delachenal, Date de la naissance de Charles V. In: Bibliothque de l'cole des chartes. 1903, tome 64. pp. 94-98.).

Jongleur

Le terme de jongleur est forg au Moyen ge du latin joculator ( amuseur ). Jusquau XIIe sicle, les jongleurs sont des artistes professionnels itinrants qui chantent ou rcitent des uvres littraires ou de la posie, composs par les troubadours et trouvres, dans les palais, les cours seigneuriales, sur les places publiques, dans les rues, les foires et marchs. Le jongleur se livre galement des manipulations dobjets, des acrobaties (saltimbanque) et montre des animaux savants (fr.wikipedia.org - Jongleur).

www.mba-lyon.fr - Jongleur de Bourges - Maison Dumoutet, XIIme sicle

Le personnage levant le bras de cette station ressemble fort au jongleur de Bourges. Arnaut Daniel (1150-1200), n Ribrac justement, fut un jongleur, pote, lanceur de feu. Dante, grand lecteur des potes-chanteurs, le clbre particulirement, il est pour lui le plus grand, allant mme jusqu' composer des vers " sa manire " dans Le Purgatoire, s'inspirant de l'art troubadouresque dans sa Vita Nuova.

Quand les thologiens dcrivent le jongleur dans les sermons et les sommes, ils lui donnent vie travers un corps dform et contorsionn (Martine Clouzot, Un intermdiaire culturel au XIIIme sicle : le jongleur, 2008).

Les remparts

Libourne, btie ds 1268 selon le souhait dEdouard Ier, roi dAngleterre et duc dAquitaine, par Roger de Leyburn, snchal dAquitaine, est une bastide portuaire destine doubler le port de Bordeaux. Les navires de haute mer pouvaient, laide de la mare, remonter jusqu Libourne o le relais tait pris ensuite par des embarcations qui remontaient la Dordogne ou lIsle. De solides remparts entouraient la bastide ; ils taient revtus de pierre de taille de moyen appareil et construits avec des cailloux de lest. En 1794, la municipalit de Libourne dcidait de la dmolition des portes et tours considres comme signe de la fodalit. Aujourdhui, il nen reste que quelques pans de murs et la Porte du Grand Port (Monument Historique), seule rescape des sept portes de Libourne qui facilitaient laccs la ville (www.tourisme-aquitaine.fr - Bastide de Libourne).

Station VIII - Bourganeuf

Au XVme sicle, le chteau comprend au centre une grosse tour carre, corps de logis, laquelle est accole la Tour Lastic . Une muraille avec chemin de ronde, reliait la Tour Lastic la Tour Zizim. On voit encore, mi-hauteur, le relief de la porte qui permettait l'accs la Tour o fut enferm le prince Djidjim. C'est l'illustre chevalier, Jean de Lastic, lu Grand Prieur en 1427, qui fit construire la tour d'angle qui depuis garde son nom (www.le-limousin-medieval.com - Les Hospitaliers et les plerins Bourganeuf).

Le petit saint Jean

Lors de la procession du Pardon de saint Jean-Baptiste (ou Fte de la Saint-Jean) le 24 juin La Feuille ( 10 km de Saint Thgonnec), le Petit Saint Jean , jeune enfant de trois ou quatre ans, vtu d'une robe du dbut du XXe sicle, mne, en compagnie d'un mouton dont la toison est orne de fleurs, la procession l'glise, guidant un mouton enrubann et fleuri. La tradition du "feu de la Saint-Jean" se maintient galement (fr.wikipedia.org - La Feuille).

Les turbans des stations IX et X

Aprs avoir soutenu victorieusement le sige de Rhodes, face Mahomet II (1480), Pierre d'Aubusson sera fait cardinal en 1489. Mais, entre ces deux dates, il accueille magnifiquement le prince Zizim, fils de Mahomet II, tout d'abord Rhodes (1482), puis Bourganeuf (1484-1488). Dans ces conditions, on comprend mieux pourquoi les saintes Femmes de Chavanat sont coiffes de turbans orientaux : c'est l'un des tout premiers exemples d'une mode directement venue de Turquie :

histoirevuache.canalblog.com - Personnages marquants

L'glise de Chavanat, ddie Saint-Jean-Baptiste, restauration d'un ancien difice romain, abrite un remarquable groupe statuaire de calcaire. Il reprsente Sainte Anne, ses trois filles (les trois Marie) et ses petits enfants. La reprsentation de la "Sainte Parent" est un thme peu employ en sculpture franaise. Le retable en bois aux colonnes torses est typiquement baroque (fr.wikipedia.org - Chavanat, www.ahun-creuse-tourisme.fr - Eglise de Chavanat).

Station IX - Huriel

Les tapisseries de la dame la Licorne "viennent, on laffirme, de la tour de Bourganeuf, o elles dcoraient lappartement du malheureux Zizim ; il en aurait fait prsent au seigneur de Boussac, Pierre dAubusson, lorsquil quitta la prison pour aller mourir empoisonn par Alexandre VI. On a longtemps cru que ces tapisseries taient turques. On a reconnu rcemment quelles avaient t fabriques Aubusson, o on les rpare maintenant. Selon les uns, le portrait de cette belle serait celui dune esclave adore dont Zizim aurait t forc de se sparer en fuyant Rhodes ; selon un de nos amis, qui est, en mme temps, une des illustrations de notre province*, ce serait le portrait dune dame de Blanchefort, nice de Pierre dAubusson, qui aurait inspir Zizim une passion assez vive, mais qui aurait chou dans la tentative de convertir le hros musulman au christianisme. Cette dernire version est acceptable, et voici comment jexpliquerais le fait : lesdites tentures, au lieu dtre apportes dOrient et lgues par Zizim Pierre dAubusson, auraient t fabriques Aubusson par lordre de ce dernier, et offertes Zizim en prsent pour dcorer les murs de sa prison, do elles seraient revenues, comme un hritage naturel, prendre place au chteau de Boussac (Un coin de la Marche et du Berry : les tapisseries du Chteau de Boussac - LIllustration (3 juillet 1847)).

La seigneurie de Boussac appartenait la famille de Dols (parfois qualifie de "princire", ce qui est abusif, sauf si l'on considre qu'en bas latin princeps peut tout aussi bien signifier "prince" que "seigneur"). Les descendants d'Ebbes Ier de Dols (mort vers 935) taient en effet, cette poque, les plus puissants fodaux du Berry. Au XIIme sicle, une alliance entre deux frres de la famille de Brosse et deux filles d'Ebbes III de Dols, mort sans postrit masculine vers 1256, fait passer la seigneurie de Boussac dans le giron de la famille de Brosse, dont le plus clbre reprsentant sera Jean de Brosse, marchal de France (1375-1433), compagnon de Jeanne d'Arc et seigneur d'Huriel.

La seigneurie de Boussac reste dans sa ligne directe jusqu' Jean IV de Brosse, comte de Penthivre et duc d'tampes mort en 1565. Celui-ci fut le trs complaisant poux d'Anne de Pisseleu, matresse de Franois Ier. Ses domaines, incluant le comt de Penthivre, passent ensuite sa sur, Charlotte de Bretagne, pouse de Sbastien de Luxembourg, puis leurs descendants, allis successivement la maison de Guise Lorraine, et Csar de Bourbon, fils lgitim d'Henri IV et de Gabrielle d'Estres (fr.wikipedia.org - Boussac (Creuse)).

Le cheval

Certaines foires, comme dans le canton d'Huriel la foire aux chevaux de Chambrat, le lundi suivant le 15 aot, rassemblaient plusieurs milliers de personnes. On tient aussi Chambrat une fte patronale de Saint-Marcel, signale entr'autres jeux par des courses de chevaux excutes par les jeunes gens travers les rochers et les prcipices (Thodore de Jolimont, L'Allier pittoresque: histoire, gographie, statistique et biographie du dpartement, 1852).

Uriel et le cheval

A propos du cheval, on le trouve mentionn avec les noms des Archanges Michel, Gabriel et Uriel, sur une amulette contre l'envie publie par Seyrig (1934), pp. 5-9, fig. 4. L'interprtation que celui-ci en donne (pp. 6-7) est un peu force. Le nom "ippos" semble plutt tre une sorte de synecdoque par laquelle on dsignait Sissinios ou Salomon qui, sur de nombreuses amulettes contre l'envie, sont figurs cheval, perant une dmone de leur lance (Jean-Benot Clerc, Homines Magici: tude sur la sorcellerie et la magie dans la socit romaine impriale, 1995).

Une amulette du muse de l'Universit Amricaine fait justement allusion ce dernier saint (Sisinnius), et comme elle est indite, l'occasion parat bonne de la publier. Il s'agit encore une fois d'une feuille de bronze munie d'une blire, mais ses bords sont rongs, de sorte qu'une partie de ce qui y tait grav a disparu. Les deux dernires lignes sont fort mutiles, et leur sens gnral m'chappe, ainsi que celui de la scne qui tait grave dans le cintre qu'elles dessinent: je distingue un buste barbu, puis un objet qui semble un fouet, et un autre objet de forme arrondie.

Quant aux deux premires lignes, elles contiennent une invocation fort curieuse o trois archanges se trouvent en une compagnie laquelle ils ne sont pas accoutums : Cheval, Michel, Gabriel, Uriel, au secours ! Le talisman est certainement chrtien, comme l'indique le nom de Christine, qui se lit au revers. En gnral, quand un nom prcde celui des archanges dans une invocation de ce genre, c'est celui du Christ (Henri Seyrig, Bibliothque archologique et historique, Volume 125, 1985).

Le cheval et le saint esprit

Sur le Cher, dans le faubourg de la Presle (Proelium), Montluon venait d'infliger aux Anglais une dfaite, et l'on institua une confrrie du Saint-Esprit, dite des Chevaux fugs qui en conservait le souvenir, et dura jusqu' la rvolution de 1789.

La confrrie des Chevaux fugs clbrait cette crmonie chaque anne, la Pentecte. Vtus en hommes d'armes du XIVme sicle, ils excutaient une sorte de danse pyrrhique ; ils entrelaaient leurs pes en cadence. Les uns tombaient terre, comme blesss mortellement les autres prenaient la fuite. D'autres encore, qui semblaient monts sur des chevaux de carton attachs leur ceinture, simulaient des charges de cavalerie; puis, musique en tte, ils parcouraient les rues de Montluon, en s'arrtant successivement chez le premier magistrat, chez les Cordeliers, qui les rgalaient, l'entre du faubourg de Presle, et sur la place du chteau.

Ils poussaient mme leur pointe jusqu' Argenty et sur l'extrme frontire du Bourbonnais et de la Combraille. Le seigneur d'Argenty tait dans l'usage de leur faire donner une certaine quantit d'avoine, qu'ils vendaient sur-le-champ pour en employer le produit en un festin; et, Montluon, les cordeliers les rgalaient leur tour (Alfred de Nore, Coutumes, Mythes et Traditions des Provinces de France, 1846).

Mise en croix, Esprit et triomphe cheval

L'accueil du Christ est la rponse de l'homme l'action rdemptrice : le Christ est mort en croix pour se charger de nos pchs (Ambr. in psalm. 118, 4,19 : ut nostra delicta susciperet ) ; comme le dit Paul, il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mmes mais pour celui qui est mort et ressuscit pour eux (2 Cor. 5,15). Cette mditation, si fondamentale dans la spiritualit chrtienne, sur l'accueil du Christ dans le cur de l'homme (Eph. 3,17 ; Ambr. epist. 1 = 37 Maur., 22 : qui Christum recipit ) est donc troitement lie au mystre de la Croix. A celui qui l'accueille, qui le "porte" dans sa Passion, le Christ communique son "innocence" (innoxium) : puret d'intention et rectitude morale consciente. Dans le deuxime temps de cet change fondamental entre Dieu et l'homme (v. 7-8) celui-ci adresse Dieu une prire d'offrande, mais aussi de demande instante et sincre pour obtenir le Saint-Esprit et devenir pleinement la demeure de Dieu. En cette troisime heure, l'homme doit revivre le mystre accompli une autre troisime heure, celle de la Pentecte, o les aptres reoivent l'Esprit Saint (act. 2,15).

La mditation d'Ambroise associe donc les deux moments tiologiques de de la prire de tierce : la mise en croix et la descente de l'Esprit. Vers 5. Suscipit indique plus qu'une simple rception. Il s'agit de "prendre" pleinement "en charge" le Christ et en particulier sa Passion et sa Croix (Lact. inst. 4,19,11 : il n' y a pas d'esprance d'immortalit pour l'homme).

Ambroise revient l'image du Christ en Croix, prsente cette fois de manire explicitement triomphale (v. 17). Pour fonder la seconde partie de sa mditation thologique sur le mystre de la Croix - le sens profond de l'adoption de Jean par Marie, explicit dans la strophe suivante -, il s'appuie sur les paroles du Christ sa Mre et Jean, en les citant presque textuellement (v. 18-20). L'image du triomphe s'inscrit bien dans la spiritualit catholique romaine de l'ge thodosien. Le thme de la victoire de la Croix remonte Paul (Col. 2,13-15) et Jean (12,32).

Dans la mesure o triumphus conserverait quelque chose de sa valeur premire ("crmonie, clbration du triomphe"), le vers 17 pouvait voquer pour un Romain la monte des triomphateurs au Capitole. Le Capitole tait le sommet spatial et temporel de la crmonie du triomphe, comme la Croix sur le Golgotha est le sommet spatial et temporel de la mission du Christ : triompher du pch et de la mort.

Le triomphateur chez Pline (nat. 7,27,1) est cheval : eques Romanus curru triumphali reuectus est (Jacques Fontaine, Hymnes de Saint Ambroise, 1992).

Station X - Crocq

Quelques hypothses fantaisistes ont t mises : ainsi, selon l'abb Leclerc, Crocq serait le mot croix (crotz en auvergnat), que l'on retrouve dans Crouville, nom de la partie septentrionale de la colline3. En ralit, il se base uniquement sur la mauvaise latinisation de 1444 Curia croci, alors que d'aprs les autres formes anciennes rgulirement attestes, Crocq n'a pas de rapport avec le mot croix , pas plus que Crouville d'ailleurs (fr.wikipedia.org - Crocq).

Cette ville n'a jamais t considrable par sa population ni par ses tablissements; cependant, sa position, et un chteau assez bien fortifi, qui la dfendait, ont d la faire regarder dans les temps anciens comme une place de guerre importante. La tradition rapporte qu'elle doit son origine des soldats de l'expdition de Crocus, roi des Allemands. On ne sait rien de ce qu'elle lut sous les Romains; sa position porte croire qu'elle tait une des places frontires entre les Lemovices et les Arvernes; on trouve aux environs des vestiges de monuments d'une haute antiquit, et non loin de l, dans un bois appel le bois d'Urbe, un dolmin assez bien conserv.

On sait que Guillaume VI, Comte d'Auvergne, seigneur de Crocq, se rendit la croisade en 1102, en revint en 1121 et mourut vers 1136. Avec Anne de Sicile, il eut un fils, Robert III, comte d'Auvergne, seigneur de Crocq de 1136 1145, qui, en 1140, fit btir le chteau fort d'Herment et, en 1145, son glise et mourut en Palestine en 1145. Son fils Guillaume VII tait avec lui et son oncle en profita pour s'emparer de ses tats. Par un trait, Guillaume VII reprit la partie occidentale de l'ancien comt. Il prit les armes des Dauphins de Viennois, en mmoire de Guigues, Dauphin de Viennois, son bisaeul. Son fils Robert Dauphin, en 1196, soutint Richard Coeur de Lion contre Philippe-Auguste.

Il btit le chteau de Crocq et il est connu pour avoir protg les troubadours. Crocq tait un village fortifi : les fortifications ont t difies au XIIe sicle lors de la construction du chteau fort. Il faisait partie dun ensemble de sites fortifis qui contrlaient la route Clermont-Limoges. En 1209, le roi Philippe Auguste lui enlve Crocq qui lui est rendue en 1229.

La plupart des historiens s'accordent pour penser que la mre de Guillaume de Beaujeu, 21e matre de l'Ordre du Temple, tait Catherine tait petite-fille de Robert Dauphin.

La ville proprement dite fut entoure de murailles au commencement du XV sicle ; elle s'tendait vers le midi, sur le penchant de la montagne, au sommet de laquelle s'lve le chteau; rduite cette enceinte, ce n'tait, proprement parler, qu'un fort correspondant a celui de Saint-Georges Nigremont, aujourd'hui dtruit, et celui de Sermur, dont la tour s'est parfaitement conserve. L'accs des murailles tait dfendu par un foss large et profond qu'on voit encore, quoiqu'il soit demi combl. On y entrait par quatre portes.

Ds l'anne 1423, les habitants de Crocq avaient obtenu la permission de clore leur ville de murailles, tours et fosss; et des lettres de Charles VII, de l'anne 1426, portent affranchissement de tous subsides pour huit ans, l'effet de leur donner les moyens de parachever les fortifications, ruines par le passage des troupes.

En 1592, au commencement du rgne de Henri IV, la ville de Crocq fut le berceau d'une insurrection qui s'tendit bientt dans les provinces voisines, et qu'on ne put rprimer qu'avec des forces considrables, diriges par d'habiles gnraux. Les insurgs envoyaient dans les paroisses des espces de manifestes. Les Croquants furent dfaits en 1596, par Chambert ou Chamhaut, gouverneur du Limousin, aid du sieur Alhain, gouverneur de la Marche, et du marchal de Matignon.

Le chteau est ras par Richelieu en 1630 alors que les fortifications sont tombes en ruines entre le XVe sicle et le XVIIe sicle ; elles avaient t ananties au XIVe sicle par les Anglais aprs un sige de 18 mois.

L'glise paroissiale de Crocq renferme le tombeau de madame de Montlaur, qui s'lve hauteur d'appui entre une chapelle et le chur; il est recouvert par une pierre trs-large et trs-unie, sur laquelle on ne trouve aucune inscription ni aucun emblme. Au-dessous de la chaire prcher de cette glise, on remarque un phallus grav sur une dalle de pav; ce qui donne lieu de croire que le culte de Pan, de Faune, de Silvain ou de Satyre, a t autrefois clbr dans ce lieu.

L'glise Saint Jean a t difie la fin du XIIme sicle par les Hospitaliers, prs de leur chteau. La nef comporte trois traves, la dernire est surmonte par une coupole sur pendentifs, cette nef n'a pas de bas-ct. L'difice est sans transept, le chevet est plat. Au-dessus, le clocher est huit pans (octogonal), il s'lve 35 mtres de hauteur.

Jacques du Peschin meurt en 1420, mais Dauphine de Montlaur s'occupe de Crocq, fonde une vicairie en 1428, un Chapitre collgial en 1444.

Le triptyque de Crocq, dans la Creuse, est compos de 7 panneaux qui retracent la vie de saint Eloi. Les scnes sont tires de la Vita sancti-Eligii de saint Ouen, archevque de Rouen, ami et contemporain de saint Eloi. Lanalyse des costumes, de la calligraphie, du style permet daffirmer que ce triptyque a t ralis entre le premier tiers et le milieu du XVI sicle remettant en cause la thse selon laquelle il aurait t donn lglise par Delphine de Montlaur, dame de Crocq, quand elle fonda le chapitre de cette ville, en 1444 . Ce serait luvre dun artiste flamand et non pas dun artiste italien (archives-hautevienne.com, Firmin-Didot frres, Panorama pittoresque de la France, 1839, fr.wikipedia.org - Crocq, fr.wikipedia.org - Robert Ier Dauphin, www.francebalade.com - Turenne, (www.francebalade.com - Ccreuse).

Le bouclier de marchal

Pendant les Guerres de Religion, Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne et seigneur de Crocq, tient dans la ville une importante runion des chefs Protestants, en 1575.

A la fin du XVIme sicle, au moment des Guerres de Religion, le vicomte Henri de La Tour d'Auvergne soutient Henri de Bourbon (le futur Henri IV) et figure parmi les chefs du parti Protestant. Le vicomte de Turenne devient galement duc de Bouillon et prince de Sedan dans les Ardennes par mariage avec Charlotte de La Marck en 1591, unique hritire du duch et de la principaut. Il reoit le titre de marchal de France en 1592. Il pouse en seconde noce Elizabeth de Nassau, de la maison d'Orange qui rgne sur les Pays-Bas. Ils ont huit enfants, l'ain est Frdric-Maurice qui devient son tour vicomte, il a activement particip la Fronde contre Mazarin.

Le fils cadet du vicomte de Turenne est Henri de La Tour d'Auvergne (1611-1675), le clbre Grand Turenne du rgne de Louis XIV, il a remport d'innombrables victoires et fut marchal lui aussi (fr.wikipedia.org - Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon).

Le bouclier de l'Eglise

Pierre d'Aubusson s'illustre en sauvant Rhodes contre les Turcs en 1480. Plusieurs souverains le demandrent pour le mettre la tte de leurs armes contre Bajazet : d'Aubusson le remit par prfrence entre les mains des agens d'Innocent VIII. En reconnoissance, ce pape, qui avoit donn au grand-maitre les noms de Bouclier de l'Eglise et de Librateur de la chrtient, l'honora de la pourpre en 1489, et renona au droit de pourvoir aux bnfices de l'ordre (Louis Mayeul Chaudon, Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique, Volume 2, 1810).

Le turban

Le Naberon, Crocq, tait la rsidence du commandeur de Sainte Anne. Dans la liste des commandeurs, tous de noble extraction, on relve un nom trs illustre, celui de Pierre d'Aubusson, grand-matre de l'ordre, en 1461, qui sera commandeur plus tard de Maisonnisses.

Bourganeuf est btie dans une position agrable, sur une minence, prs de la rive gauche du Taurion. Elle est clbre par le sjour qu'y fit le prince Zizim, fils de Mahomet II, qui fut vaincu par Bajazet II, son frre puin, auquel il disputa la couronne de l'empire ottoman. Le grand-maitre de l'ordre de Saint-Jean de Jrusalem, Pierre d'Aubusson , lui avait d'abord donn un asile dans l'le de Rhodes; ensuite, pour le mettre l'abri des embches de Bajazet, il le fit passer en France, et l'envoya au chteau de Rochechinard, en Dauphin, d'o il fut transfr au grand-prieur de Bourganeuf, dont Pierre d'Aubusson tait commandeur. Zizim, arriv dans ce lieu, y fut gard jusqu'au moment o il fut remis, en 1489, entre les mains des agents du pape Innocent Vin. A la mort de ce pape, l'infame Alexandre VI, son successeur, au lieu de livrer Zizim au roi de France, ainsi qu'il s'y tait oblig, l'empoisonna pour 300 000 ducats qu'il reut de Bajazet. C'est ce prince ottoman qu'on attribue la construction d'une grosse tour fort leve qu'on remarque Bourganeuf et qui porte son nom. Cette tour, toute revtue de pierres tailles en bossage, est remarquable par sa forme et sa solidit; on a pratiqu dans l'paisseur des murailles un fort bel escalier tournant, en coquille de limaon, par lequel on monte jusqu'au sommet, qui est couronn par une plate-forme, que surmonte aujourd'hui une toiture conique. L'intrieur est divis en six tages; au rez-de-chausse taient des bains que le prince Zizim avait fait construire la manire des Orientaux (Eusbe Girault de Saint-Fargeau, Guide pittoresque du voyageur en France, 1838).

Les ds et la tunique

Il a t vu que les trois chiffres des ds avec lesquels se jouent la tunique du Christ se retrouvent dans les armes de la famille de Jean Molinet, anobli, migre en Espagne. Jean Molinet est l'un des derniers grands rhtoriqueurs qui s'est plu aux jeux de mots. Souvent, Molinet se joue de l'tymologie, vraie ou prtendue : l'abbaye d'Argenteuil se nomme ainsi parce quelle est pleine de femmes qui ont loeil a largent. Or Argenteuil abriterait un des exemplaires de la tunique christique (Par ce signe tu le vaincras : Jeux de Meaux, jeux de mots, jeux de Molinet).

Selon la lgende, la tunique aurait t retrouve au IVe sicle par sainte Hlne, mre de l'empereur Constantin, puis conserve Constantinople jusqu'au VIIIe sicle. Nanmoins si Hlne voque la croix et les clous de la passion, elle ne mentionne jamais l'existence de la Tunique de Jsus. En l'an 800, l'Impratrice de Byzance, Irne, l'aurait ensuite offerte Charlemagne lors de son sacre comme empereur d'Occident. Et celui-ci l'aurait donne en garde au monastre de l'Humilit-de-Notre-Dame d'Argenteuil, dont sa fille Thodrade tait prieure. En 850, les Normands pillrent le hameau d'Argenteuil et la basilique Saint-Denys. Avant leur arrive, la tunique avait t cache dans un mur. En 1003, l'abbaye a t reconstruite et la relique retrouve. Elle est ensuite vnre jusqu'au XVIe sicle, mais elle aurait brl partiellement ou aurait t cache lors de la prise d'Argenteuil par les huguenots en 1567 (fr.wikipedia.org - Tunique d'Argenteuil).

Station XI - Rouziers ( ct de Naucaze) : l'chelle divine des troubadours

Les bras du Christ sont tendus sur la croix couche sur le sol. Avant d'tre lev le corps du crucifi s'tend en direction des quatre horizons : nouveau le grand carrefour d'unit ; voir la vision du patriarche Jacob dans (Gense 28,14) : Jacob quitta Bersabe et partit pour Harn. Il arriva d'aventure en un certain lieu, et il y passa la nuit, car le soleil s'tait couch. Il prit une des pierres du lieu, la mit sous sa tte et dormit en ce lieu. Il eut un songe : Voil qu'une chelle tait dresse sur la terre et que son sommet atteignait le ciel, et des anges de Dieu y montaient et descendaient ! [... Il eut peur et dit : "Que ce lieu est redoutable ! Ce n'est rien de moins que la maison de Dieu et la porte du ciel !" (www.gallican.org - Chemin de croix).

Le retour des troubadours

Le No-Gothique, tendance culturelle et artistique florissante au XVIIIe sicle et surtout au XIXe sicle, fonde sur le renouveau du style gothique mdival se dveloppa au niveau architectural majoritairement en Grande-Bretagne et aux tats -Unis, o elle prit le nom de Gothique Revival. Elle fut influence par le No-Classicisme austre de l'architecture palladienne mais rsulta galement d'un intrt romantique pour le Moyen Age. Parmi les premires constructions du genre, il faut citer Strawberry Hill(1747), la demeure campagnarde d'Horace Walpole, situe Twickenham, l'ouest de Londres : l'auteur du Chteau d'Otrante fit en effet beaucoup pour la reconnaissance de ce style.

Au XIXme sicle, le No-Gothique acquit sa renomme grce aux uvres d'Augustus Welby Northmore Pugin et aux crits de John Ruskin. Pugin considrait en effet que le Gothique tait le seul style d'architecture qui convenait aux glises et qu'il devait aller de pair avec un renouveau religieux. Le plus grand monument No-Gothique est incontestablement le parlement de Londres (1840-1860), ralis par Pugin et sir Charles Barry. En France, l'architecte Viollet-le-Duc contribua grandement la diffusion de ce courant artistique.

L'expression style Troubadour est atteste et reconnue pour toute les constructions civiles unistyles et No-Mdivales faites autour de l'oeuvre de Viollet Le Duc. Pierrefonds n'est pas, comme on lui en fait le reproche, une restauration infidle, mais une vritable oeuvre d'invention, typiquement de style Troubadour. Ce n'est pas non plus de l'architecture Eclectique Napolon III. Le projet date de 1855, donc plus tard que le style Troubadour en peinture.

L'expression style Troubadour est plus utilise pour les constructions civiles unistyles et No-Mdivales que religieuses. Dans ce cas, on parle plus de style No-Gothique ou No-Renaissance. En 1830, il n'existait plus de style particulier en architecture. Le Classicisme faisait rfrence. Nanmoins, quelques annes plus tard, le courant de l'clectisme voit le jour, s'inscrivant dans la dmarche de l'historicisme.

Cet historicisme s'affirme par le retour des styles non classiques. Le retour au style Gothique constitue la forme la plus utilise. A Dreux, la chapelle royale No-Classique est agrandie et ramnage entre 1839 et 1844 par Pierre-Bernard Lefranc (1795-1856). Il utilise le modle gothique afin d'attribuer l'difice moderne le sens et les valeurs que reprsente ce modle dans l'histoire (www.meublersonchateau.com - Architecture troubadour).

Les troubadours et jongleurs du signe de croix

On sait moins de choses de Pierre de Rougiers, n dans le second quart du XIIme sicle Rouziers, selon toute probabilit car, dit La Salle de Rochemaure, il n'y a pas d'autres familles de ce nom en Auvergne. La famille Rouziers est connue au XIIe sicle, on vient de le voir, par les donations qu'elle fit Notre-Dame du Pont, prs Leynhac, vers 1151. Guillaume de Rouziers s'y retira comme moine ; son frre fit un don que le cousin Hugues de Rouziers contesta. Pierre, notre chanteur, tait parent d'un de ces sires (Pierre Moulier, Pascale Moulier, glises romanes de Haute-Auvergne: La rgion d'Aurillac, 1999).

Rouziers est tout proche de Naucaze.

la "Dame" de Pierre Rogier est Ermengarde de Narbonne qui pousa Bernard d'Anduze et qui s'allia avec Roger Ier Trencavel, vicomte de Carcassonne, Albi et Razs, pour s'opposer aux projets du comte de Toulouse. L'association de Narbonne avec la posie des troubadours semble remonter aux premiers temps du mouvement, puisqu'elle est lune des seules cours explicitement mentionnes, avec Poitiers et Ventadour, par Guillaume IX de Poitiers (1086-1127), le premier troubadour dont les chansons ont t conserves. lpoque o Ermengarde gouverne Narbonne, la posie lyrique du fin'amor connat son apoge en Occitanie. Les nombreuses allusions positives Narbonne contenues dans les uvres des troubadours contemporains semblent tmoigner du rle de mcne que l'historiographie traditionnelle attribue souvent la vicomtesse (fr.wikipedia.org - Ermengarde de Narbonne).

cause de calomnies qui compromettaient la rputation de la vicomtesse, Pierre Rogiers reut l'ordre de quitter sa cour et il se rfugia auprs de Raimbaud d'Orange o il restera jusqu' 1173. Au dcs de Raimbaud d'Orange en 1173, il va la cour de Raymond V de Toulouse, qui lui fit le meilleur accueil. Il frquente aussi celles d'Alphonse IX de Castille, puis d'Alphonse II d'Aragon. Il se retire avec un autre troubadour, Guilhem Azemar de Merueis, l'abbaye des hommes de Grandmont, prs de Lodve o ils prennent l'habit en 1194 et o il restera jusqu' sa mort (fr.wikipedia.org - Peire Rogier).

Le Duc Anne-Louis-Hercule Flix de Rochemaure (n en 1856 et mort en 1915), grand seigneur mgalomane et majoral du Flibrige, est l'historien du pape Gerbert et des troubadours cantaliens. Ce Rochemaure se situe dans le Cantal Lanobre. Il fit reconstruire le chteau de Clavires en style troubadour.

Gaucelm Faidit (vers 1185 - 1220) chantait plus mal quaucun homme au monde, mais il fit beaucoup d'excellentes mlodies avec de bonnes paroles. Et il se fit jongleur parce quil avait perdu tout son avoir au jeu de ds. Ctait un homme qui tait dune grande largesse et il fut trs glouton pour manger et boire ; pour cela il devint gros outre mesure. Trs long fut le temps des dsagrments, sans dons et sans honneurs esprer, si bien que plus de vingt ans il alla pied par le monde et que ni lui ni ses chansons ntaient apprcis ni souhaits. Et il prit pour femme une prostitue quil emmena longtemps avec lui dans les cours ; elle avait nom Guilhelma Monja. Elle tait trs belle et trs instruite, et elle devint aussi grosse et aussi grasse que lui. Avec soixante cinq posies conserves (cansos, tensos, planhs, chants de croisade et une rotrouenge en franais), son uvre est lune des plus abondante du rpertoire des troubadours.

Gaucelm Faidit travailla pour Robert Dauphin, fils de Guillaume VI d'Auvergne rput pour son amour des arts, tant lui-mme troubadour l'occasion, connu en Occitanie sous le nom d'el bons Dalfins d'Alvernhe. De nombreux autres troubadours ont travaill pour lui ou chant sa cour: Peirol, Perdigon, Peire de Maensac, Uc de Saint Circ, le troubadour biographe des troubadours, qui connaissait les lettre de Peire Rogier : "Peire Rotgiers si fo d'Alvernhe, Canorgues de Clarmon; e fo gentils hom, bel avinens e savis de letras e de sens natural."

Le cousin de Robert Dauphin, Robert, vque de Clermont, de mme que Richard Cur de Lion, ont chang des vers rotiques avec lui.

Gaucelm s'prit d'autres dames, dont Marguerite d'Aubusson qui le berna. Il trouva bon accueil prs de la vicomtesse d'Aubusson, femme de Rainaud Vl. Elle souhaitait que, par ses chansons, "il la mt en prix et en valeur". Elle entretint habilement sa passion. Mais en ralit elle aimait Hugues de Lusignan (fils de Hugues IX le Brun, comte de la Marche) qui tait ami de Gaucelm. Hugues ne pouvant venir au chteau d'Aubusson,la vicomtesse, pour se mnager une rencontre, feignit d'tre gravement malade, et fit vu d'aller Notre-Dame de Rocamadour. Puis elle donna rendez-vous Hugues dans la ville d'Uzerche o habitait Gaucelm Faidit. Les amoureus restrent plusieurs jours ensemble, deus reprises, en allant et en revenant, dans la maison mme de Gaucelm, o, en l'absence du matre du logis, ils furent complaisamment accueillis par sa femme. Quand Gaucelm, son retour, apprit par sa femme ce qui s'tait pass, il faillit mourir de douleur, car il croyait tre aim de la vicomtesse. Il eut plus de succs prs d'une dame d'Embrun, extrmement belle et trs gnreuse, qu'il chanta.

Gaucelm Faidit franchit les Alpes et fut accueilli, en Lombardie, par Boniface de Montferrat, un des grands protecteurs des troubadours exils : de cette priode datent ses appels et sa participation la quatrime croisade (1202-1204) (E. Bouillon, Revue de philologie franaise et provenale, Volume 6, 1892).

Gui dUssel (vers 1170 - 1225) fut du Limousin, noble chtelain, et lui, ses frres et son cousin Elias taient seigneurs dUssel, qui est un bon chteau, et de bien dautres. Et ses deux frres se nommaient lun Ebles et lautre Peire, et le cousin se nommait Elias. Et tous les quatre taient troubadours. Gui trouvait des bonas cansos et Elias des bonas tensos, et Ebles des malas tensos et Peire chantait tout ce que les trois trouvaient Mais le lgat du pape lui fit jurer de ne jamais plus faire de chansons. Et pour lui il abandonna la posie et le chant (www.abeillemusique.com - Troubadours).

Dans ses pomes, Guy d'Ussel fait de mme clairement allusion la vicomtesse Marguerite, femme de Rainaud VI, vicomte d'Aubusson. il tait le mieux dou des quatre descendants de l'Antique maison d'Ussel qui illustrrent la posie occitane au Moyen-Age : Guy, Eble et Pierre, les trois frres et leur cousin Elias. Guy avait une me idyllique. Il chevauchait travers la campagne et s'arrtait pour deviser avec les ptres et les bergers. Ses pastourelles sont pleines de grce, d'esprit et de naturel. Ce sont de petits tableaux d'un got rare, de courts dialogues o, parfois l'amour s'exprime avec une spirituelle mlancolie. Comme les autres troubadours de sa fanrille. il sjourna souvent Aubusson. Il s'adresse ainsi la vicomtesse Marguerite, dans une de ses chansons :

Je ferais bien des chansons plus souvent : mais il m'ennuie de dire chaque jour qu'amour me fait gmir et soupirer, car tous savent en dire autant ; c'est pourquoi je voudrais des paroles nouvelles sur une agrable mlodie, mais je ne trouve rien que l'on n'ait dj dit. Comment vous adresserai-je donc mes prires, amie ? Je dirai mme chose d'une manire diffrente, et je pourrai ainsi donner ma chanson apparence de nouveaut. Je vous ai longuement aime et mme encore je n'ai pas le cur d'y renoncer...

Dame Marguerite. vous avez beaut et jeunesse et mrite, et courtoisie et intelligence ; et si j'ai trop parl de l'autre, comme une homme irrit, de vous j'ai dit beaucoup moins que la vrit.

Jaubert de Puycibot, dont le pre tait un pauvre chevalier, a aussi lev les yeux vers son beau visage ; il dit dans Une de ses chansons, a peu prs comme Guy d'Ussel : Vers Aubusson va ton chemin vers celle Qui est toujours suprieure aux meilleures en bont. Elle sait tant et a tant de mrite que je ne saurais le dire dans mes louanges ; seulement, je proclame toujours sa renomme de loin et de prs . Puycibot fut un des admirateurs de Frdric II, roi le Sicile et de Jrusalem, empereur d'Allemagne et grand protecteur de certains troubadours. Parmi ces derniers, l'on compte ce mystrieux Jean d'Aubusson, qui clbra dans ses vers l'empereur Frdric. dont la Sicile, la fois latine, arabe et grecque, nuana la merveilleuse intelligence. L'empereur Frdric mourut en 1250. Dix ans ans tard, le vicomte d'Aubusson tait vendu par un des descendants de Rainaud VI et de la vicomtesse Marguerite, Hugues XII de Lusignan, comte de la Marche. C'est seulement partir de cette poque qu'Aubusson fit partie du comt de la Marche. Aprs la vente de la vicomte, l'heure allait prochainement sonner o la posie d'Oc, comme une belle au bois dormant, s'endormirait pour de longs sicles (Paul Louis Grenier, "Aprs les ftes du 23 Aot Aubusson").

Jean d'Aubusson, qui vivait aussi dans la premire moiti du XIII' sicle, en a compos une avec Nicolet de Turin ; il a laiss en outre une chanson et deux coblas, couplets satiriques adresss au troubadour Sordel, immortalis par Dante dans sa Divine Comdie.

Dante et Ptrarque avaient sans doute leurs raisons pour faire si grand cas de cet Arnaud Daniel, surnomm par ses contemporains le grand matre d'amour, quand le moine de Montandon, Hugues de Saint-Csaire, Millot, Ste-Palaye, Ginguen, Fauriel, Galvani et autres ne le trouvent remarquable que par son obscurit.

On remarquera que le temps a manqu au bon pote Gui Guinicelli, plac dans le Purgatoire, tenu en haute estime par Dante, pour prononcer quelques noms parmi ceux des personnages qu'il avait sous les yeux, mais qu'il en trouve suffire pour mettre son opinion au sujet de la supriorit de ce bienheureux style clus, qui est la proccupation constante de Dante, et dont Arnaud Daniel devient ici la troisime personnification pour le Languedoc, savoir Sordello, sous le rapport politique, Stace, couronn de myrthe, au point de vue erotique, le plus gnral, enfin, Arnaud Daniel sous te rapport mystique, car il a t dsign comme l'auteur du roman originaire de Lancelot, dont il ne reste qu'une reproduction plus ou moins altre.

Je suis Arnaud qui pleure et chante dans ces lieux. / D'un il triste, je vois du pass la folie, / Pour demain je souris la joie, au bonheur. / Je vous en prie au nom de ce pouvoir sauveur. / Qui vous guide au sommet de l'chelle divine, / Veuillez vous souvenir temps de ma douleur (Dante Alighieri, Eugne Aroux, La comdie de Dante : Le Paradis. Clef de la Comdie et du langage symbolique des fideles d'amour Volume 2, 1856).

Dans La leon de Ribrac (1941), Aragon voque le troubadour de Ribrac, Arnaud Daniel qui, au XIIIme sicle, chante l'amour et l'hrosme dans un langage hermtique qui le rend hors de porte des non-initis : langue code qui permet d'chapper aux interdits et la censure des ennemis de la libert et de l'amour (Hamid Fouladvind, Aragon, cet amour infini des mots, 2010).

Les mouvements htrodoxes taient ns sur le mme territoire que la posie des troubadours. Leur popularit commune venait de ce qu'ils ont exprim les aspirations d'une mme socit, troubadours et cathares vivant dans un mme milieu social, tout imprgn du catharisme. On trouve des cathares jusque parmi les seigneurs et les mcnes des troubadours. La question de savoir s'il y eut des relations entre troubadours et cathares peut tre claire aussi du point de vue des genres : celui de la canso, la posie amoureuse d'un ct, et de l'autre celui des sirvents, la posie moralisante.

Les potes cits par la critique comme suspects de catharisme sont, pour la plupart, des potes moralisants de second ordre. L'analyse devient dlicate par le fait que la langue des cathares, nourrie du Nouveau Testament et en particulier de saint Paul, est quelquefois difficile distinguer de la langue des catholiques. Dans son dition de Bernart de Venzac, Maria Picchio Simonelli simplifie les choses, en identifiant avec le catharisme l'exigence d'une vie vanglique et austre. Dans ce domaine, il n'y avait aucune diffrence entre les hrtiques des diverses confessions et beaucoup de catholiques. On ne peut videmment pas considrer comme indice d'une conviction htrodoxe une critique dirige contre la dpravation des moeurs de l'glise, non plus que l'expression d'un sentiment anticlrical, trs frquent dans toute la posie moralisante de l'poque, non seulement chez les troubadours, mais aussi chez les goliards de langue latine, comme Gautier de Chtillon ou Philippe le Chancelleur.

Pour les cathares, l'ancien Testament est tout entier inspir par Satan ; les prophtes, Abraham, Mose, lie sont ses serviteurs, comme aussi saint Jean Baptiste. Seul le Nouveau Testament est vraiment inspir par Dieu. Il n'est pas vrai que le Christ se soit incarn dans un corps humain. Toute corporalit est l'ouvre de Satan, et seule l'me possde une origine divine. La position des cathares est un refus catgorique du monde matriel. C'tait en tout cas le mode de vie des parfaits , des initis, mme si la masse des croyants ordinaires ne les suivait pas dans l'ascse. Nous trouvons l la raison profonde de l'antagonisme absolu entre catharisme et fin'amor. La thorie de cette dernire s'labore dans un cadre platonique o l'amour apparat comme la source de toutes les vertus et, comme le dit Rupprecht Rohr, "il est la marche la plus basse sur l'chelle montant directement Dieu. Il y a donc chez Marcabru et ses successeurs une chelle divine ". Entre la beaut terrestre de la domna et la divinit il existe un rapport intime et permanent. L'amour thr, purifi de toute sensualit que chantent les potes du dolce stil nuovo et Dante, est le rsultat d'une longue volution, et se manifeste seulement les troubadours tardifs. D'amor mu castitatz , dit Guilhem de Montanhagol. Mais mme ce stade asctique, il est impossible d'tablir un rapport quelconque avec le catharisme. La fin'amor est, ici encore et toujours, un amour rel, la passion d'un homme pour une femme, o corps et me sont insparablement engags. La grande invention des troubadours dans la philosophie universelle de l'amour est la sublimation, la reconnaissance du fait que le corps obit l'me et que l'amour est plus qu'une attirance charnelle. L'lment physique, la sensualit, reste naturellement prsent, mme sublim. L'autre grande trouvaille de la fin'amor est, naturellement, la qualit mtaphysique de l'amour, l'chelle divine (Jacques Gourc, Franois Pic, Toulouse la croise des cultures: actes du Ve Congrs international de l'Association internationale d'tudes occitanes, Toulouse, 19-24 aot 1996, Volume 1, 1998).

On ne peut qu'tre d'accord avec Moshe Lazar lorsqu'il affirme, aprs Belperron, que la fin'amor est toute diffrente d'un amour platonique et lorsqu'il met en lumire son caractre rotique et sensuel. Celui-ci se rvle dans les chansons des troubadours travers une srie de motifs caractristiques et il s'exprime dans un vocabulaire d'une brlante sensualit : l'octroi du surplus; le baiser et les caresses dans le jardin ou la chambre; la contemplation du corps dvtu de la dame; l'treinte amoureuse; le rve sensuel; l'imagerie rotique emprunte la langue de la cavalerie et du jeu de ds; etc. Mais ce caractre d'rotisme et de sensualit peut-il tre considr comme une caractristique constante de l'emploi de joi dans les chansons d'amour des troubadours? Il est indubitable que le terme joi possde la facult de faire rfrence jouissance physique. A preuve, par exemple, un jeu-parti entre Gui d'Ussel et son cousin Elias o est traite la question de savoir s'il vaut mieux tre amant ou mari de sa dame (G. Lavis, L'Expression De L'Affectivite, 1972).

Un troubadour Aubenas

Pons V de Montlaur, appel le troubadour, baron d'Aubenas en Vivarais de 1190 1226. Suivant l'engouement du temps, il composa des chansons d'amour et des sirventes ce qui lui a valu une place dans la posie provenale au Moyen-ge. Mais il fut aussi ml aux plus grands vnements politiques et militaires de son sicle. Dans le dbut du conflit des Albigeois, Pons V de Montlaur se rangea au ct de Burnon, vque de Viviers, et lui rendit hommage pour son chteau de Marzel en prsence de Pierre de Castelnau, lgat du Pape. Au cours des premires luttes entre les partisans et les opposants de l'hrsie, le vicomte de Bziers, Raymond Roger, et Simon de Montfort, il garda une attitude prudente, mais quand Aragonais et Toulousains auxquels s'tait joint Aymard de Poitiers, comte de Valentinois, envahirent le Vivarais, dvastant la rgion, Pons V de Montlaur sortit de sa rserve.En 1213, le Roi d'Aragon vint voir Montlaur en son chteau d'Aubenas et sur les instances du souverain, il se rangea au ct du comte de Toulouse. Cette lutte fut malheureuse puisque le Roi d'Aragon prit et que le comte de Toulouse dut s'enfuir de ses tats. Pons de Montlaur en considration de l'appui qu'il avait, au dbut de l'hrsie, donn l'vque de Viviers, fut maintenu dans ses fiefs par Simon de Montfort et en 1216 Philippe Auguste ayant remis Montfort le comt de Toulouse, Pons lui rendit hommage. Quand la guerre reprit sous l'instigation de Raymond VII de Toulouse qui souleva le marquisat de Provence plac sous la garde du Saint Sige, Pons de Montlaur agit comme mdiateur. La guerre des Albigeois tant termine par le Trait de Paris ( 12 avril 1229) Pons V eut de grands dmls avec l'vque du Puy propos des pages sur la route du Languedoc. La lutte prit une telle importance, mettant en jeu des intrts si considrables qu'il fallut faire appel au Roi Philippe Auguste lequel accorda les deux rivaux par un acte de novembre 1219 aux termes duquel les droits des parties taient strictement dfinis. Mais les hostilits reprirent la mort de l'vque Robert de Mehun avec son successeur sur le sige piscopal du Puy, Etienne IV de Chalencon. Guy, comte de Forez, fut alors mdiateur et Pons de Montlaur dt payer l'vque 400 marcs et lui rendre hommage en aot 1222. Les dernires annes de Pons V furent consacres l'embellissement de son chteau d' Aubenas. Il y reut plusieurs fois le Roi d'Aragon, le lgat du Pape, le comte de Toulouse et les vques de Viviers. Pons de Montlaur apparat sa mort en 1226 comme le plus important seigneur du Vivarais - sa bannire flotte sur cinquante paroisses (www.montlaur.com - Gnalogie).

Station XII - Bleyssol

Par rvlation Franois d'Assise a vu qu'un seul clou avait perc les deux pieds. Ici il y un clou par pied.

En plein Sgala, une vingtaine de kilomtres l'est de Villefranche-de-Rouergue, trois paroisses, trois ''communauts'' avant la Rvolution, ont t rassembles pour constituer la commune de Vabre-Tizac.

Vabre, qui, dans les communications venant de Villefranche ou de Montauban, s'appelait, sous l'Ancien Rgime, Vabr-en-Rouergue, figure sur la carte gallo-romaine de la rgion. Dans la pittoresque valle, enserre dans des pentes boises, o, paisible coule la Serne, arrte un instant pour former, sous le bourg, un petit tang actionnant l'ancien moulin, Vabre de Rieupeyroux garde encore trs nettement marqu son aspect primitif de bastide fortifie. Autour d'une place en forme d'ovale irrgulier les maisons du bourg ont t construites de faon former rempart l'extrieur, toutes les ouvertures s'ouvrant sur cette place intrieure. Au pied de ce rempart avaient t creuss de larges fosss, encore aisment reconnaissables.

Tizac, dont la terminaison en ''ac'' permet de penser que probablement ce village comptait, comme Vabre, parmi les agglomrations gallo-romaines de la rgion, aurait t le sige, d'aprs de Barrau, d'un monastre peu important dpendant de celui de Rieupeyroux. On prtend qu'il y a eu un chteau au Moyen-Age Tizac. Ce qui est certain, c'est qu'il y en eut un Montramech, au sommet de cette montagne d'o l'on voit 21 clochers.

Bleyssol, petit prieur de Saint Clair, qui ne comprenait que deux villages et quelques fermes isoles, fut supprim avant la Rvolution. L'glise fut reconstruite vers 1460. Une belle croix en pierre du XVme sicle, classe par les Monuments Historiques, porte les armes des Morlhon, puissante famille du pays.

Dans le haut du "Couderc" commun du village de Bleyssol se dresse une croix ancienne pierre gothique assez remarquable prcde d'une table des morts. Il s'agit d'une croix trs orne avec une Pita, o manque la tte du Christ, sur le ft au couchant, une crucifixion au couchant aussi entre deux saints dont saint Antoine, et une vierge l'enfant sur la Croix au levant. Cette croix porte encore deux cussons accols dont l'un porte nettement marqu un lion, de la Famille Morlhon, puissante famille du pays, l'autre diverses pices peu lisibles dans l'tat actuel. Le 12 aot, un office religieux y est clbr.

www.vabretizac.fr - La Croix de Bleyssol - XIVe XVe sicle

La famille de Morlhon (se prononce actuellement "morlion" et autrefois "mourlillon") est l'une des principales familles nobles du Rouergue, dont toutes les branches nobles sont considres comme teintes. La famille de Morlhon compte parmi ses membres des snchaux et gouverneurs, des chevaliers des ordres du roi et des prlats. Ozil de Morlhon est cit en 1053 et le chteau de Morlhon en 12241.

On ne sait pas si la famille tient son nom de la paroisse de Morlhon dont ses membres taient seigneurs jusqu'au milieu du XIIIe sicle, ou si c'est le contraire. Morlhon est la forme dialectale d'un gentilice roman: Morillon (en latin Maurilius), lui-mme form sur le prnom latin Maurus, littralement : "famille des Maurus", port par plusieurs gnrations d'une mme famille. Il est associ au suffixe - onem, pour former un toponyme, littralement : "lieu de la famille des Maurus". cette poque, le lignage tait dj connu. Cette famille d'hommes de guerre identifiait son nom son blason : "Mors lion !", cri de guerre ou figure belliqueuse qui se retrouvait dans leurs armoiries primitives: un lion mordant.

La famille de Morlhon est atteste pour la premire fois dans un donation rdige Jrusalem en 1053 par Ozile II de Morlhon et sa femme Ccile qui font un plerinage au tombeau du Christ. Cet acte mentionne le prnom de son pre Raoul et de son grand-pre Ozile. La donation consistait lever sur ses terres rougetres de l'Aveyron, dans la paroisse de Mauriac, un monastre en lhonneur du Saint-Spulcre. La donation fut confirme par son fils Raoul en 1070 et le monastre fut construit avec une glise en forme de croix grecque. Le lieu prit de limportance, sentoura de fortifications, et devint deux sicles plus tard la bastide de Villeneuve d'Aveyron (fr.wikipedia.org - Famille de Morlhon).

Ozilis de Morlhon, avec sa femme Sauria, tant souponn d'tre du parti des Albigeois et d'utiliser son chteau comme refuge dhrtiques cathares, celui-ci fut dtruit et brl en 1214 par une petite troupe envoye par Simon IV de Montfort. En 1224, son hritier Pons de Morlhon, chevalier, transigeait avec Milon, vque de Rodez, au sujet de la juridiction du chteau de Morlhon, en prsence de Graud de Balaguier, Raymond de Belcastel, Arnaud de Cardaillac, Guillaume Gasc, Aimeric de Cassagnes, chevaliers. En 1249, son fils Milon de Morlhon, reconnat tenir en fief de l'vque de Rodez le chteau de Morlhon. Puis, dans le mme acte, il vend ledit chteau pour 12 000 sous rodanois l'vque Vivian qui n'en prendra possession que plusieurs annes aprs. En 1260, lvque de Rodez tait devenu le seul propritaire du site et du chteau (fr.wikipedia.org - Morlhon-le-Haut).

Station XIII - Combefa

La station XIII d'un chemin de croix est intitul "dposition et remise de Jsus sa mre", remise qui est figure par une pita. La descente de croix et la dposition du Christ, dsigne la scne des vangiles qui racontent, aprs la Crucifixion, la descente du corps de Jsus-Christ de la croix par Joseph d'Arimathie et Nicodme pour tre remis sa mre Marie.

Daprs le dictionnaire Le Robert, la descente de Croix est la reprsentation du Christ au moment de son enlvement de la croix et la dposition de croix est la reprsentation du corps de Jsus-Christ aprs la descente de croix. Toutefois, ces deux termes sont souvent considrs comme des synonymes ; l'expression descente de croix serait cependant rserve aux reprsentations artistiques. On appelle aussi les reprsentations de cette scne le dpt . Certaines scnes sont dduites de cette situation comme la Piet, montrant Marie tenant Jsus mort dans ses bras, la Dploration ou les Lamentations sur le Christ mort.

Ce passage suit juste la mort du Christ et prcde la mise au tombeau (fr.wikipedia.org - Descente de croix).

A travers cette mre qui reoit le corps exangue de son fils, l'Eglise se voit recevant tous les dfunts.

La Mise au tombeau de Combefa

difi au XIIIe sicle, pour protger la route entre Rodez et Toulouse, le chteau de Combefa devient proprit des vques d'Albi qui l'utilisent comme rsidence d't.

Christian Le Mhaut - www.panoramio.com

Lors de la construction de la chapelle de son chteau de Combefa, Louis Ier d'Amboise, vque d'Albi (1474-1502), fait raliser un ensemble de sculptures d'une mise au tombeau en calcaire polychrome pour dcorer la chapelle. Ds la conscration de la chapelle, le 23 mars 1490, l'ensemble acquiert une grande rputation.

Lorsque l'archevque de Choiseul commence le dmantlement du chteau en 1761 l'ensemble est jug trop lourd pour tre transport. Les habitants de Monestis obtiennent en 1765 de son successeur, Franois-Joachim de Pierre de Bernis1, l'autorisation de transporter les sculptures dans la salle de l'hpital Saint-Jacques. Elles y sont toujours exposes (fr.wikipedia.org - Mise au Tombeau de Combefa).

Station XIV - La Cassaigne

La blessure de la lance est gauche (ct Rochemaure) comme prcis par le Rational de Guillaume Durand (Par ce signe tu le vaincras).

Le Christ saigne encore trangement sur cette station.

Christ purificateur

C'toit un triomphe rserv la croix de Jsus-Christ de renverser les idoles du paganisme, et de purger le monde de tant d'abominations.

Jsus est prsent comme Prtre. Cette fonction sacerdotale de Jsus ressort en particulier de son rle de purificateur, non seulement du Temple (Jo., II, 13 ss.) mais plus encore des fidles.

Les vangiles comportent quelques mentions encore plus importantes d'un feu purificateur. Jean le Baptiste annonce ainsi la venue imminente de Jsus: Lui vous plongera dans un souffle saint et un feu (Mt 3,1 1; Le 3,16).

Tenez-vous fermes dans la foi en Jsus-Christ, en sa charit, en sa Passion et sa Rsurrection, disait saint Ignace, Martyr, rompant le pain qui est le mdicament de l'immortalit , un antidote qui nous est prsent pour ne point mourir, mais pour vivre en Dieu par Jsus-Christ, qui est un purgatif pour chasser les maladies : c'est Jsus-Christ qui nous l'a dit : Vos pres ont mang la manne et sont morts ; qui mange ce pain, ne mourra jamais (Jean, 6. 49) (Noel Courbon, Entretiens spirituels sur les principaux devoirs des personnes consacres Dieu et autres, qui tendent a la perfection, 1838).

Cette vertu purificatrice du Christ est rapprocher de la vertu purgatoire de la casse, de la manne, du sn : "le sn, le grand purificateur, qui nettoie le foie et le cur", "la casse, et le sn, qui purgent toute la mlancolie de mon ame".

La casse lancole (cassia lanceolata) donne le sn de la Mecque, d'Alexandrie ou du Levant. La casse d'Italie (cassia senna) donne le sn d'Italie. La casse feuilles obtuses (cassia obovata) donne le sn des pauvres, de Barbarie, etc.

En identifiant Jsus la casse on peut dire : "La casse saigne" (!).

La cathartine est le principe purgatif du sn : le catharisme a servi cristalliser le manichisme dans le sud de la France et la croisade des Albigeois l'en a purg.

L'chelle noire

C'est tour tour de la Sibylle et de l'Apocalypse, de Dante et de Tertullien, de Ptrarque et de Mose, de Snque et de Savonarole, de Callimaque et de l'abb Joachim, que Campanella se rclame dans ses prophties. Ses propres observations lui ont montr dans les rvolutions des astres d'inquitantes anomalies, en mme temps que de toutes parts apparaissaient sur conjonction est attendue pour le 24 dcembre 1603. Le soleil s'est approch de la terre, qu'il veut consumer, jusqu' une distance de 10.000 milles. Une chelle noire, surmonte d'un cyprs, a t vue dans le ciel. A Rome, le Tibre sort de son lit et inonde la ville et les campagnes. Un monstre est n Crotone, et Babylone, en 1589, a donn le jour l'Antchrist (Leon Blanchet, Campanella, 1920).

L'chelle noire double, sept marches : Grammaire, Rhtorique, Logique, Arithmtique, Gomtrie, Musique, Astronomie, est prsente dans les rituels de la franc-maonnerie.