Partie XIII - La Croix d’Huriel   La Croix d’Huriel et Rennes le Château   Blaise et Ursule : division de l’année en 14   
DIVISION ANNEE EN QUATORZE 14 BLAISE URSULE PIEGE

Les fêtes de saint Blaise et de sainte Ursule définissent une division par 14 de l'année. wwww.nonagones.info applique cette division au tracé de la Croix d'Huriel, commençant par Fronsac (25 septembre) ou plutôt Saint Loubès (autre loup lié à saint Michel et à la mélancolie (La Croix d’Huriel, ses anges et les humeurs : Michel en vert et la mélancolie - books.google.fr), en passant par Saint Urcize (13 décembre), Saint Arcons d'Arbres devenu Darbres (8 janvier).

Date

Saint

Saint lié

Lieu

25 septembre

Prince (Prinicpe)

Loup de Lyon

Saint Loubès

21 octobre

Ursule, Céline

Seurin

Saint Seurin de Prats/de l'Isle

17 novembre

Chignan

Aignan

Saint Chignes (Saignes, Gramat)

13 décembre

Urcize

Lucie

Saint Urcize

8 janvier

Arcons

Darbres (anct Saint Arcons d'Arbres)

3 février

Blaise

Montboucher

1er mars

Romain de Condat

Saint Romain de Tousque

27 mars

Lazare

Largi

Saint Amans Soult

22 avril

Julien de Vienne

Julien l'Hopitalier

Saint Julien de Briola

18 mai

Félix de Spello

Anglars-Saint-Félix

13 juin

Antoine de Padoue

Rouziers

9 juillet

Annemond

Chaumont

4 août

Frion

Saint Fréjoux

30 août

Fiacre

Gipcy

25 septembre : Fronsac

La commune de Saint-Loubès doit son nom à Sanlus Lupercius, en gascon : Saint-Loubert, qui fut — rien que de par son nom — réputé durant de longs siècles pour guérir la morsure des loups (Alexandre Nicolaï, Les noms de lieux de la Gironde: origine et évolution (philologie, histoire, archéologie, Librairie Féret et fils, 1938, p. 204).

Bertrand de Saint-Loubès, ou Saint-Loup, de la race des seigneurs de ce nom, prieur vers 1230, devint abbé de Sauve-Majeure en 1245; qu'il partit de Saint-Paul, remportant avec lui le bras de son saint aïeul, Loup, évêque de Troyes, avec d'autres reliques dont il avait enrichi l'église de Saint-Paul, et qu'il les donna à l'église paroissiale de sa famille, après l'avoir rebâtie avec un monastère ou prieuré dépendant de Sauve Majeure (Louis Victor Pécheur, Annales du diocèse de Soissons, Volume 2, 1868 - books.google.fr).

Il faut distinguer Loup de Troyes de saint Loup, évêque de Lyon, mort en 542, et de saint Loup, évêque de Baveux, mort vers 465. Loup de Lyon est fêté le 25 septembre.

Cante-Loup est un lieu-dit de saint Loubès, de même que Prince. Or Prince est aussi un prénom, celui de saint Prince ou Principe, évêque de Soissons fêté aussi le 25 septembre, fils de sainte Céline (21 octobre) et frère de saint Rémy de Reims.

Quatrième apparition (1656): La terrible peste de 1656 faisait des victimes aussi sur le Gargano. L'archevêque de Siponte Alphonse Puccinelli ordonna le jeûne et la prière, et invoqua l'aide de l'archange. Saint Michel lui apparut le 25 septembre. "Je suis l'archange Michel, dit-il, tous ceux qui prendront des pierres de cette grotte seront sauvés de la peste. Bénis les pierres, en faisant sur elles le signe de la croix et en prononçant mon nom " (Saint Michel au Mont Gargan, Les Annales du Mont St-Michel, Volumes 122 à 126, 1996 - books.google.fr).

Rendons-nous à présent à Fronsac en traversant l'Isle à Libourne, peu avant son confluent avec la Dordogne. Quatre kilomètres plus loin à l'ouest, le tertre de Fronsac, qui domine largement le paysage, fut autrefois occupé par une forteresse importante, dont il ne reste plus rien. Un édifice du XIXe siècle en occupe le sommet, siège d'une propriété viticole. Le site nous intéresse, car il est associé à Gargantua. Il s'agit, en effet, d'une des très nombreuses dépattures du géant. Celui-ci, ayant pataugé dans la boue entre Guitres et Fronsac, avait les bottes crottées. Il les secoua, formant ainsi la butte. Puis, après une bonne sieste, il but la Dordogne, provoquant le phénomène du mascaret qui, effectivement, a lieu juste en face de Fronsac. On retrouve bien ici la fonction de Gargantua comme façonneur de paysages, qui est une de ses principales caractéristiques (Bernard Sergent, Le guide de la France mythologique: parcours touristiques et culturels dans la France des elfes, des fées, des mythes et des légendes, 2007 - books.google.fr).

21 octobre : Saint Seurin

C'est la fête de sainte Ursule, patronne des onze mille vierges.

Mais Saint Seurin sur l'Isle (Gironde) et Saint Seurin de Prats (Dordogne) balisent la transversale de la Croix d'Huriel qui passe entre les deux au milieu. Saint Seurin est le régional de l'étape même s'il est né en Orient.

Saint Seurin de Bordeaux, dont Venance Fortunat a écrit une Vie, mourut un 21 octobre, vers 420. Grégoire de Tours a confondu saint Seurin avec Severinus, évêque de Cologne (23 octobre, date reprise par l'abbé Pétin), qui connut la mort de saint Martin grâce à une vision. De toute façon, c'est à tort que saint Seurin a été introduit dans la liste épiscopale de Bordeaux. Saint Seurin est patron de Bordeaux qui lui a dédié un sanctuaire vénéré abritant son tombeau. 10 communes d'Aquitaine témoignent de sa célébrité, sous la forme Seurin ou Séverin (Jacques Baudoin, Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident, 2006 - books.google.fr).

Près de cette transversale se trouve Saint Rémy, dont la mère Céline est fêtée le 21 octobre aussi. Son frère Principe ou prince, évêque de Soissons, est fêté le 25 septembre.

Le saint anachorète palestinien Hilarion (292-372) est fêté le 21 octobre. Il se trouvait à Epidaure de Dalmatie qu'il délivra d'un énorme serpent (dragon illyrien) et qu'il sauva d'une tempête. Epidaure sera détruite par les Barbares donnant naissance à Raguse (Lujo Vojnovic, Histoire de Dalmatie: Des griffes du lion ailé à la libération, 1409-1918, 1934 - books.google.fr).

17 novembre : Chignan

Saint-Chinian (Hérault) et Saint-Chignes (Lot), d'Anianum (Revue d'histoire de l'Église de France, Volume 15, Société d'histoire ecclésiastique de la France, 1929 - books.google.fr).

Il y a donc un Saint Chignes à Saignes près de la transversale de la Croix d'Huriel, et deux autres à Gramat, Saint Chignes de Cavagnac et Saint Chignes sur le trajet souterrain de l'Ouysse, plus au sud. (Cohérence grand nonagone : Deuxième Etoile : Ferrassières - Sommet en Atlantique).

Saint Chignan (Anianus) est le second évêque de Périgueux après saint Front. On ne sait à quel siècle il vivait. Il est honoré le 17 novembre comme Aignan d'Orléans (Anianus aussi).

A cette date se place aussi saint Fergus dont des reliques (crâne) étaient conservées à Scone en Ecosse (Autour de Rennes le Château : Le méridien de Scone).

13 décembre : Urcize

La commune de saint Urcize, dans le sud du département du Cantal, célèbre l'évêque de Cahors de 580 à 585, fêté le 13 décembre (La Croix d’Huriel et la Bête du Gévaudan, La Croix d’Huriel et l’alchimie : Carte du ciel).

8 janvier : Arcons

Autrefois la commune de Darbres s'appelait Saint Arcons d'Arbres (medarus.org - Darbres).

3 février : Blaise

Avant 1790, Montboucher sur Jabron était une communauté de l'élection, subdélégation et sénéchaussée de Montélimar, formant une paroisse du diocèse de Valence - Capella Montas Bocherii, XIVe siècle (Pouillé de Valence) dont l'église, dédiée à Notre-Dame, et auparavant à saint Blaise, - Ecclesia parrochialis Sancti Blasii Montis Bocherii, 1509 (Visites épiscopales), dépendait du prieur de Saint-Marcel-de-Sauzet, qui y prenait la dîme et présentait à la cure. Au point de vue féodal, Montboucher était une terre que les comtes de Valentinois inféodèrent aux Adhémar en 1283 et qui fut acquise en 1405 par les Mévouillon. Recouvrée ensuite par les Adhémar, elle fut vendue par eux aux Odoard en 1511, et les Odoard la revendirent en 1576 aux Lévis-Ventadour. Ceux-ci cédèrent en 1595 Montboucher aux Bezanger ou Besangier, que remplacèrent en 1658 les Vesc, dont l'héritage fut recueilli en 1754 par les Tulle, derniers seigneurs de cette terre (fr.geneawiki.com - Montboucher-sur-Jabron).

Il y a des saint Blaise à Bollène (Vaucluse), Livron sur Drôme, Arles. Des églises consacrées au même en Ardèche près du Rhône à Bogy, Lemps, et plus loin à Usclades. Jadis, à Usclades, on menait ce jour là à l'église les enfants scrofuleux et boutonneux (Pierre Charrié, Le Folklore du Haut-Vivarais, 1968 - books.google.fr).

Tous les Blache, Blachon, Blachier, Blacherette, etc. désignent toujours un endroit à chêne. La Blache et Blachon à Rochemaure, Blachier à Montboucher.

En Dauphiné, ce mot signifie un terrain planté de chênes ou de châtaigniers, qu'on peut néanmoins labourer. On l'appel aussi blachia (Jacques-Joseph Baudrillart, Pierre Etienne Herbin de la Halle, de Quingery, Traité général des eaux et forêts, chasses et pêches, Volume 6, 1823 - books.google.fr).

En Provence on a "blacas" où l'on pourrait reconnaître le blad francique ou le blato gaulois (blé) et le cassanus latin (chêne).

Chênes et céréales sont-ils appelés à se retrouver dans les mêmes parcelles un jour ? par exemple une plantation agroforestière de noyers hybrides avec cultures fourragères intercalaires de fétuque et luzerne (Castries, Hérault). De nombreuses parcelles expérimentales agroforestières installées depuis cinq ans en Languedoc-Roussillon illustrent cette possibilité de complémentarité des objectifs de deux personnes différentes (Dupraz et Lagacherie, 1989). Il existe anciennement des pratiques agroforestières empiriques des agriculteurs français (noyeraies avec cultures intercalaires du Dauphiné et du Périgord, maraîchages sous verger en Roussillon). (C. Dupraz, Le chêne et le blé : l'agroforesterie peut-elle intéresser les exploitations européennes de grandes cultures ? Revue forestière française, XLVI, 1994 - documents.irevues.inist.fr).

Blaise (Sveti Vlaho) est le patron de Raguse, devenue Dubrovnik qui recèle son tombeau ainsi que celui d'Ursule, du moins des reliques. Dubravka est la fille du chêne.

Dubravka (ou la fille du chêne) est un poème allégorique de Ivan Gundulic en l'honneur de la ville de Raguse qui, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, s'appelle en slave Dubrovnik (Bibliothèque universelle et revue suisse, Numéro 2, 1920 - books.google.fr).

Ivan Dzivo Franov Gundulic (en italien Giovanni Francesco Gondola ; 9 janvier 1589 - 8 décembre 1638) est le poète baroque, le plus célébré de la République de Raguse. Son travail incarne les principales caractéristiques de la contre-réforme catholique : ferveur religieuse, insistance sur la « vanité de ce monde » et opposition aux « infidèles ». Les travaux majeurs de Gundulic — la poésie épique Osman, la pièce pastorale Dubravka et la poésie religieuse Les Larmes du fils prodigue, basée sur la Parabole du Fils Prodigue — sont des exemples de richesse stylistiques baroques et d'excès rhétorique (fr.wikipedia.or - Ivan Gundulic).

A l'origine de Dubrovnik, il y a surtout Epidaure (devenu par la suite, Cavtat, dans le Konavle), une ancienne colonie grecque qui tomba aux mains des Romains en 228 avant J.-C. Au VIIe siècle après J.-C, la population d'Epidaure fuit les invasions Avar et slaves et se réfugie sur le promontoire rocheux de Laus (Dubrovnik actuel). Ils y édifièrent une ville qu'ils nommèrent Ragusium et qu'ils placèrent sous la protection de Byzance suite aux attaques marines des Arabes aux VIIIe et IXe siècles. Raguse se dote alors de remparts. Elle s'unit, au XIIe siècle, à sa voisine d'en face : Dubrava (dont le nom renvoie aux forêts de chênes abondantes à l'époque dans la région), peuplée par des Slaves. Le minuscule bras de mer qui séparait Dubrava de Raguse est alors comblé il donnera la rue principale de Dubrovnik : le Stradun. Dubrovnik était né ! La cité allait connaître un développement fulgurant (Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Dubrovnik 2013-2014 Petit Futé, 2013 - books.google.fr).

3 février et Gabriel

En Occident, la mosaïque de l'arc triomphal de la basilique romaine de Sainte-Marie-Majeure, qui date de Sixte III (432-440), est une des plus anciennes représentations de l'Annonciation. La scène s'inspire d'un livre apocryphe, le Protévangile de Jacques : la Vierge, assise devant sa maison, tient une quenouille et est occupée à filer ; en face d'elle, l'archange Gabriel salue de la main droite, tandis que de la main gauche il tient une baguette, attribut du messager (Philippe Rouillard, Les fêtes chrétiennes en Occident, 2003 - books.google.fr).

Le tissage est sous le patronage de saint Blaise fêté au 3 février.

Si la Vierge au fuseau (avec Enfant) est associée à Fronsac, la Vierge au fuseau (sans Enfant), celle de l'Annonciation l'est à Rochemaure et à Gabriel (La Croix d’Huriel et Léonard de Vinci : A quatre mains).

Ils les tondaient dans le mois de février pour pouvoir laver la laine, la carder, la filer et la travailler au métier. On filait au pied. On avait trois rouets à la maison. Quand elle était bien filée, il fallait la tisser au métier. On s'en gardait des paquets pour tricoter des bas, des mitaines et des camisoles (Camil Girard, Gervais Tremblay, Le Grand-Brûlé: récits de vie et histoire d'un village au Québec : Laterrière, Saguenay, 1900-1960, 2004 - books.google.fr).

Dans les régions plus chaudes du globe, le mois de février est encore un mois important :

La laine résultant de la tonte, qui commence dès le mois de février, est cardée, filée et tissée dans toutes les familles indigènes, et soit avant, soit après le tissage, elle est teinte, s'il y a lieu (Revue Agricole de l'Afrique du Nord, 1935 - books.google.fr).

Au siècle suivant S. Proclus, évêque de Cysique puis patriarche de Constantinople, admirant le mystère de Dieu fait homme, expliquera : Quand donc la chair a-t-elle été unie à Dieu substantiellement d'une manière immuable, si ce n'est hier?.. La sainte Vierge prêta son ventre, le Verbe y fit irruption par l'oreille et le Saint- Esprit lui façonna un temple vivant. Et voici la bien curieuse métaphore du métier à tisser, qu'il « file » non sans préciosité, pour expliquer l'économie du mystère, où l'oreille joue son rôle : Marie, l'esclave et mère, la vierge et ciel, l'unique pont entre Dieu et les hommes, le métier de la réalisation [de l'Incarnation], sur lequel d'une manière ineffable fut tissée la tunique de l'union [hypostatique]. Le tisserand fut l'Esprit saint ; l'ouvrière, la vertu ombrageant d'en haut ; la chaîne, la vieille toison d'Adam ; la trame, la chair sans souillure de la Vierge ; la navette, la grâce incommensurable de celui qui porta le vêtement ; et le directeur du travail, le Verbe entré d'un bond par l'oreille (P.G. LXV. col. 681 ; Orat. I). (Mélanges 1945, Volume 5, 1947 - books.google.fr).

Si l'Annonciation du 25 mars marque le début du rôle de Marie dans l'incarnation, la Purification du 2 février en marque la fin.

Plutarque avait déjà reconnu cette incarnation de l'âme dans la flamme de la chandelle et la société médiévale n'ignorait nullement l'existence d'âmes errantes dans les feux follets. En quête de signes chrétiens pouvant exprimer la sacralité divine du feu « animé », le christianisme devait, bien évidemment, rencontrer le symbole païen des chandelles qu'il chercha à concurrencer. La Chandeleur fut instituée, dit-on, par le pape Gélase Ier (de 492 à 496) en mémoire de la présentation de Jésus au Temple et de la Purification de la Vierge. Aux processions du 2 février, on porte des cierges qui symbolisent les paroles du vieux Siméon attendant, pour mourir, de voir Jésus présenté au Seigneur : « Car mes yeux ont vu ton salut, lumière pour éclairer les nations. » Dans les livres liturgiques, la Chandeleur porte le nom plus respectable de Purification de la Vierge mais le prétexte biblique ne saurait faire illusion. L'alibi de la Purification de la Vierge (40 jours après son accouchement) est destiné à recouvrir de vieux rites païens où les cierges jouaient un rôle éminent en relation avec la circulation des âmes. Jacques de Voragine lui-même explique le sens de cette christianisation qui vise à détruire une « coutume mauvaise » : « En effet, autrefois, aux calendes de février, en l'honneur de Februa, mère de Mars, dieu de la guerre, les Romains illuminaient la ville de cinq en cinq ans avec des cierges et des flambeaux pendant toute la nuit, afin que Mars leur accordât la victoire sur leurs ennemis, en raison des honneurs qu'ils rendaient à sa mère ; et cet espace de temps était un lustre. Au mois de février encore les Romains offraient des sacrifices à Febvrius c'est-à-dire à Pluton et aux autres dieux infernaux, pour les âmes de leurs ancêtres : afin donc qu'ils eussent pitié d'eux, ils leur offraient des victimes solennelles, et toute la nuit ils veillaient en chantant leurs louanges et tenaient des cierges et des torches allumées. Le pape Innocent dit encore que les femmes romaines célébraient en ce jour la fête des lumières, dont l'origine est tirée des fables des poètes. Ceux-ci rapportent que que Proserpine était si belle que Pluton, dieu des enfers, en devint épris, qu'il l'enleva et en fit une déesse. Ses parents la cherchèrent longtemps dans les forêts et les bois avec des torches et des flambeaux, et c'est ce souvenir que rappelaient les femmes de Rome. Or, parce qu'il est dificile d'abandonner une coutume, les chrétiens, nouvellement convertis à la foi ne savaient pas s'y résoudre : alors le pape Sergius lui donna un but meilleur, en ordonnant aux chrétiens de célébrer, chaque année, à pareil jour, par tout l'univers, une fête en l'honneur de la sainte Mère du Seigneur, avec cierges allumés et chandelles bénites. De cette manière la solennité restait, mais la fin était tout autre » !. On retiendra de ce texte la signification martiale du rite des cierges (offerts au dieu Mars pour remporter la victoire) ainsi que leur signification chtonienne liée au monde de l'au-delà et à la circulation des âmes (Philip Walter, Le Bel Inconnu de Renaut de Beaujeu: rite, mythe et roman, 1996 - books.google.fr).

On peut voir un autre indice de cette crainte d'une fin du monde dans la verrière de la Purification de la Vierge. Bien qu'il s'agisse de la présentation du Fils au Temple — « tout premier né mâle sera présenté au Seigneur » (Lc 2, 23) -, la verrière est à la gloire de la Mère. La fête de la Chandeleur célèbre en effet sa purification, soit son entrée dans le temple après les quarante jours d'éloignement prescrits par la loi judaïque. Pourquoi ce jour-là, porte-t-on des cierges allumés ? Jacques de Voragine écrit : « Pour montrer la pureté de la Vierge. En entendant que la Vierge s'était purifiée, quelques personnes pourraient penser qu'elle avait besoin de purification : afin donc de montrer que toute sa personne fut très pure et toute brillante, l'Eglise nous a ordonné de porter des flambeaux allumés, comme si par le fait elle disait : O bienheureuse Vierge, vous n'avez pas besoin de purification, mais vous êtes toute brillante, toute resplendissante " ». C'est là une des raisons du remploi, dans les lancettes, d'une figure de Durer, le porte-chandelle 13°. Le tympan insiste sur cette interprétation, avec la présentation de Marie enfant selon un modèle qui la montre particulièrement empressée à rejoindre le prêtre et le Seigneur, grâce à une posture extrêmement dynamique. Si on considère l'ensemble des significations des verrières de ce collatéral, et si on se rappelle le sens de la fête de la Chandeleur, on peut penser qu'il s'agit moins, en effet, d'un parallèle entre la présentation de la Vierge et celle de Jésus, que d'une mise en relation de deux épisodes de la vie de Marie ayant trait à sa relation au Temple. Enfant, elle gravit les marches en courant, délaissant père et mère, impatiente de se trouver auprès de l'Epoux ; mère par la grâce de Dieu, elle entre, purifiée sans nécessité, mais en vertu d'une loi qu'elle observe avec scrupule, pour présenter le fils issu de son mariage mystique avec Dieu. « La bienheureuse Vierge n'était donc pas tenue à cette loi de la purification, puisqu'elle n'a pas conçu en usant du mariage, mais par un souffle mystique ». Dans les deux épisodes de sa vie ici représentés, c'est la foi qui la guide et qui doit nous guider dans la compréhension de ces textes des Écritures, ce que le chien emprunté à Durer, et celui qui se couche auprès de l'autel, symbolisent Jacques de Voragine donne néanmoins trois raisons de l'observation de cette loi des quarante jours. « La première afin que l'on comprenne que comme l'enfant est introduit au quarantième jour dans le temple matériel, de même quarante jours après sa conception, pour le plus souvent, son âme est infuse dans le corps comme dans son temple ». Ainsi la Rencontre, ou Chandeleur, consacre-t-elle, selon cette théorie, très exactement le moment de l'incarnation. « La seconde, que comme l'âme infuse au 40e jour dans le corps est souillée par le corps lui-même, de même au 40e jour, en entrant dans le temple, l'âme est désormais lavée de cette tache par les offrandes ». « L'entrée dans le temple » est une autre façon, métaphorique, de parler de la Conception. Si Marie est la mère, elle est aussi l'épouse, la fiancée, le temple lui-même, et par suite, l'Église. « La troisième, pour donner à comprendre que ceux-là mériteront d'entrer dans le temple céleste qui auront voulu observer les dix commandements avec la foi aux quatre Evangiles » (Laurence Riviale, Le vitrail en Normandie entre renaissance et réforme (1517-1596), 2007 - books.google.fr).

1er mars : Saint Roman de Tousque, commune de Moissac-Vallée-Française (Lozère)

Dans le Centre, une touche (anc. fr. toche, tousche) est un petit bois, un boqueteau (FEW 13/2, 439b: tuscus). Le mot, d'origine prégauloise, a donné de nombreux toponymes présents partout en France. [...] L'occitan tousco a donné notamment Les Tousques à Saint-Paul-lès-Durance (Bouches- du-Rhône), La Tousque dans l'Aveyron et les Alpes-Maritimes (Stéphane Gendron, Les noms des lieux en France: essai de toponymie, 2003 - books.google.fr).

Sur la commune, le Signal de St Roman sur la Corniche des Cévennes.

Il existe plusieurs saint Romain donc celui de Condat, fêté le 28 février et le 1er mars à Auxerre. Son culte à été recouvert par celui de Romain d'Antioche à Lapeyrouse-en-Dombes qui dépendait du monastère jurassien de Saint Claude fondé par le premier. Il existe aussi un Romain le Geôlier fêté le 9 août dont les reliques on tété apportées par le pape Léon IX à Mulhouse vers 1050 (Jacques Baudoin, Grand livre des saints: culte et iconographie en Occident, 2006 - books.google.fr).

La fête de saint Romain de Condat, indiquée au 28 février dans le martyrologe du Jura et dans l'ancien bréviaire de Besançon, est fixée maintenant, dans ce diocèse, au 17 mai, sous le rite semi-double. Le martyrologe d'Auxerre marque cette fête aux calendes de mars (1er mars). Quelques églises célébraient la translation des reliques de saint Romain le 21 juin, sous le rite double de première classe avec octave. D'après le témoignage dela chronique rimée de Saint-Claude, cette translation eut lieu sous l'abbé Injuriose, dans la première moitié du septième siècle. «Injurieux, onzième abbé de Condat, fit lever, nous dit aussi Claude du Saix, les précieux corps de saint Romain et de saint Lupicin, et les fit apporter honorablement en ce dévot monastère, et les fit remettre en deux chapelles, deçà et delà du chœur, sur deux autels bien honorablement, à savoir, saint Romain à main droite et saint Lupicin à la sénestre, et dévotement leur fit consacrer icelles chapelles. Les chefs desdits précieux saints fît mettre en deux chefs d'argent bien honorablement, et les remit auxdits priorés (de Lauconne et de Saint-Romain-de-Roche). » (Vie des saints de Franche-Comté, Collège Saint-François-Xavier de Besançon, 1855 - books.google.fr).

Génie prenant l'apparence d'un petit homme, d'une bête familière ou d'une pelote de laine, il machine plutôt des farces que des maléfices, ainsi à St-Roman-de-Tousque, il y a un siècle : « Le grand-père de Monsieur P... remontait de Moissac ; il était un peu fatigué, il avait ralenti l'allure ; il a entendu bêler un chevreau dans les broussailles (...) il a trouvé un petit chevreau noir ; il s'est dit : "II est certainement à L... ou à M... " Mais lorsqu'il est arrivé chez L..., l'ancêtre de notre grand-mère, personne n'a reconnu le chevreau, alors il a continué son chemin et il est monté au-dessus de la maison, il y avait là un poirier, un gros poirier couvert de poires. Le chevreau a brusquement bondi hors des bras de Monsieur P..., a grimpé sur le poirier, l'a secoué si bien qu'une pluie de poires est tombé sur le malheureux Monsieur P... et celui-ci a entendu un éclat de rire. Le chevreau lui dit : "Monsieur P..., vous ne vous doutiez pas que vous transportiez le drak dans vos bras." Il est monté jusqu'au mas supérieur pour raconter sa mésaventure. Le chevreau l'avait précédé, il était entré dans la maison, avait grimpé dans le vaisselier et avait fait tomber toutes les assiettes et il a trouvé les M... consternés, parce que le drak avait fait des siennes chez eux. » Le draket sert aussi de prétexte aux esprits facétieux pour berner les gens trop crédules : du côté de St-Germain-de-Calberte, des jeunes gens grimpés sur les arbres s'emparaient de coiffes de passants en leur faisant croire à une nouvelle farce du draket. Mais dans la Vallée Longue, l'enquête de Jean-Noël Pelen le révèle beaucoup plus inquiétant « comme étant une représentation du diable tant par la réticence que l'on met à en parler, que par la définition que l'on peut en donner, les actes qu'on lui attribue. » (Le Monde alpin et rhodanien, Volume 5, Centre alpin et rhodanien d'ethnologie (France), 1977 - books.google.fr).

Autant le drac tend des pièges, autant on lui en tend. cet esprit errant, qui par dessus tout se plaît à tendre des pièges aux chrétiens et les mener à leur perte. Souvent, on veillait pour le surprendre et lui infliger la correction méritée, mais il était insaisissable, glissait dans les mains, esquivait les coups et échappait à tous les pièges (Pierre Grimal, Le Quercy de Pierre Grimal, 1978 - books.google.fr, Revue de la Haute-Auvergne, Volume 9, Société des lettres, sciences et arts "la Haute-Auvergne", 1907 - books.google.fr).

Sur la route des Gabales, on n'identifie en plus de Lézan qu'un seul autre prieuré bénédictin, celui de Saint-Roman-de-Tousque, dépendant de Cendras (Pierre A. Clément, Les chemins à travers les âges, en Cévennes et bas Languedoc, 2003 - books.google.fr).

Saint-Claude, autrefois Condat, était aussi un monastère de Bénédictins, il fut fondé par Romain et son frère Lupicin au IVème siècle ; il a été réformé par saint Claude, archevêque de Besançon; au VIIe siècle il quitta son évêché comme il avait quitté le monde, où il aurait pu briller, étant issu des ducs de Bourgogne (Pérégrinations en Orient et en Occident, etc., 1863 - books.google.fr).

Les Bénédictins honorent Lupicin avec saint Romain et saint Oyend comme des saints de leur ordre, parce que les monastères du Jura embrassèrent dans la suite la règle de saint Benoit (Histoire hagiologique de Belley, ou Recueil des Vies des saints et des bienheureux nés dans ce diocèse, 1835 - books.google.fr).

27 mars : Saint Amans Soult

Saint Amans Soult célébre le quatrième dimanche du mois d'août la fête de la Saint Largi. Il s'agit là d'une tradition locale très populaire puisqu'elle fait partie des quatre plus grandes fêtes du département du Tarn. Cependant, peu d'habitants pourront vous expliquer pourquoi cette fête de la Saint Largi est prévue spécialement au mois d'août... (La Croix d’Huriel et la Ligne gnostique : Ligne de vie et Ligne gnostique : parallèles).

Depuis le 1er Empire on raconte à Saint Amans Soult que Saint Largi fut lapidé au pied de la fontaine du puits à chaine, situé en face le n° 3 de la Grand-Rue (devenue plus tard Grand-rue Maréchal Soult) par sa famille, qui hérétique, ne pouvait supporter que le petit Largi âgé de huit ans aille tous les jours de la semaine prier le Seigneur Dieu et la Vierge Marie, changer les fleurs fanées devant l'enfant Jésus et sa mère. Il fut enseveli par son pere dans le champ de ce dernier, au lieu-dit "Le Tint" (chemin du loup aujourd'hui). Le lendemain matin son père et sa famille eurent la surprise de trouver le cercueil au ras du sol. Ce phénomène se reproduisit tous les matins, quoique père l'eut enseveli toujours plus profond la veille. L'Evêque de Rodez prévenu, survint une enquête en 1843. Il en fut déclaré en haut-lieu à Rome, que cet enfant était un Saint. Dès lors, il fut transporté dans un cercueil de verre jusqu'à l'église de Baulieu à Saint Amans Soult. On peut encore aujourd'hui le contempler dans son aspect presque intact d'enfant endormi dans un beau sourire. Ceci se passait donc le 17 août 1813.

Tint est le nom d'un quartier de Perpignan où étaient installés des teinturiers.

Le roi Sapor II, ayant conçu le dessein d'obliger les chrétiens à quitter le culte du vrai Dieu pour adorer le feu, le soleil, l'eau, renversa les églises, les autels, les monastères, et fit souffrir aux chrétiens de cruels tourments. Deux frères nommés Jonas et Brichiésus, c'est-à-dire bénit de Jésus, établis l'un et l'autre dans la ville de Beth-Asa, ayant ouï-dire qu'en plusieurs lieux, nommément à Hubaham, on tenait des chrétiens en prison, où l'on employait les plus cruels supplices pour leur faire abjurer la foi, y allèrent, les visitèrent dans la prison et les exhortèrent si efficacement au martyre, que la plupart le souffrirent. Il y en eut neuf entre autres, dont voici les noms : Zébin, Lazare, Maruthas, Narsès, Elie, Maharès, Habibus, Sabas et Scembaïtas, fêtés le 27 mars.

On ne sait comment ceux-ci périrent l'an 327 de Jésus-Christ.

Saint Maruthas remarque que ceux qui étoient jugés au Palais du Roi, avoient ordinairement la tête tranchée ; mais que les Préfets des Provinces tourmentoient comme ils jugeoient à propos les Chrétiens qu'on leur déférois.

D'autres chrétiens furent tirés cinq jours après pour comparaître devant Thamsapor et devant le préfet. On pressa les martyrs de manger du sang et de la viande d'animaux suffoqués; mais ils le refusèrent : après divers tourments on les condamna à être lapidés par les chrétiens mêmes. Il y en eut un grand nombre que l'on conduisit à cet effet au lieu du supplice, sans distinction de conditions, nobles et de la lie du peuple. Jazdundocta fut contrainte, comme les autres, de se joindre à ceux qui devaient lapider les martyrs. Cette dame vertueuse s'en défendit en disant qu'on n'avait jamais obligé les femmes de mettre à mort les hommes, ni de faire l'office des bourreaux. « Si vous Tous faites un point de religion, lui dit-on, de jeter des pierres sur cet homme, on se contentera de vous le faire piquer avec votre aiguille, afin que vous paraissiez avoir obéi aux ordres du roi. » — « Il serait, répondit-elle, plus avantageux pour moi de m'en percer moi-même, que le saint athlète de Jésus-Christ. Au reste, si vous voulez m'ôter la vie, vous en avez le pouvoir: je suis prête à mourir avec lui. » Quoique le saint confesseur fût couvert de pierres, il respirait encore. Un des assistants, ému de compassion, dit à un des gardes de lui jeter une grosse pierre sur la tête; et aussitôt le bienheureux martyr rendit l'âme. C'était le vendredi de la première semaine de la Pentecôte ou de l'octave de Pâques, qui, en 380, tombait le 12 avril. Les Orientaux, comme on l'a déjà remarqué, appelaient Pentecôte les cinquante jours depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte. Le diacre Aithilah ne fut pas lapidé au même lieu, mais à Beth-Ouhadram, ville considérable, où on le transporta. Il y reçut la couronne du martyre, le mercredi de la dernière semaine de la Pentecôte, le 27 mai de la même année 380. (Remi Ceillier, Laurent Étienne Rondet, Louis Marie F. Bauzon, Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, 1859 - books.google.fr).

Le véritable Largi s'appelait Lazario Largi, dont le père s'appelait Benedetti Aldo Large, un ouvrier italien de condition modeste habité par une foi chrétienne de tout instant. Il fut écarté de Santo-Missolo (petite ville voisine de Rome) par les hérétiques révoltés qui n'admettaient pas le pape PIE VII Gregorio Luigi Barnaba Chiaramonti, élu pape par le nouveau concile de 1800 à 1823. Ce dernier avait signé avec la France le Concordat en 1801 et il avait aussi sacré Napoléon Ier Empereur des Français en 1804, mais il ne fut point récompensé par Napoléon qui le dépouilla de tous ses états. Ces hérétiques en guerre contre la papauté tenaient à l'écart des églises les catholiques ouvriers et cela par la force des armes. Ceux-ci ne pouvaient donc pas retrouver Dieu dans la prière dans une église ni prendre la communion. Ils étaient en quelque sorte des prisonniers sans âmes.

Vint alors l'idée au Cardinal Joselliré Ier, prélat auprès du pape, de faire porter la communion à ces malheureux chrétiens par des enfants qui circulaient librement ou presque. Ces enfants emportaient dans leurs poches les quelques osties nécessaires, après la Bénédiction, à une communion véritable avec le Seigneur. Ceci se passa assez bien les premiers temps, mais les hérétiques, sur leurs gardes, eurent vite découvert l'astuce du 1er prélat et les enfants qui furent pris en flagrant délit de mission religieuse furent aussitôt lapidés. Parmi ceux-ci, se trouvait Benedetti Lazario Largi, frappé à coups de pierres. Agonisant, il fut libéré de la souffrance par son père qui, à l'aide d'un canif mit fin à sa courte vie. Il recueillit quelques gouttes de sang que laissa échapper le corps de son enfant et les plaça dans un calice, offert par la chapelle de Santa Rosario de Piémonta. (nominis.cef.fr - Saint Largi).

La date de naissance du maréchal Soult varie : 27 mars 1765 (C. Mullié, Les fastes de la France, 1858 - books.google.fr), Almanach Magasin Pittoresque, 1850 - books.google.fr), 29 mars 1765 (Le Propagateur (1818-1871), 12 mars 1845, page 4/4 - www.historischekranten.be), 29 mars 1769 (Frédéric Hulot, Les Grands Maréchaux de Napoléon, 2013 - books.google.fr).

Le 29 mars est la date de la fête de Jonas et Barachise, deux jours après celle des neuf martyrs d'Hubaham, dont Lazare, qu'ils avaient soutenus.

La sépulture est devenue comme une teinture qui change la corruption en vie. On prend la tombe pour un fil : quiconque le veut le coupe sans peine, et ramène qui il désire, frère, fils ou petite fille, et les habitants de la terre se moquent de nous. Esclave aussi bien que libre, quiconque le veut nous dépouille ; qu'on soit du ciel ou de la terre, on n'aura qu'un mot à dire, et sur-le-champ le pourri se relèvera, ressuscitera en disant : ' Tu es la vie et la résurrection. ' Élie fut jadis un homme de la terre, aussi quand il voulut ressusciter le fils de la veuve, il se servit de nous pour payer son écot. Il consomma la nourriture de la veuve, mais c'est nous qui en avons réglé le prix. Le prophète fut sustenté, et la Mort fut violentée avec l'Enfer, quand on leur réclama l'enfant qu'avaient mis à mort les pleurs et les prières des affamés.

Le poète veut dire que la résurrection de Lazare a été une plus grande défaite pour l'Enfer parce qu'elle lui a été arrachée sans contrepartie. Pour Ëlie, il n'en était pas de même : le prophète, par la rigueur avec laquelle il interdit à la pluie de tomber, avait procuré grâce à la famine de nombreuses victimes aux puissances infernales. C'est pour fléchir cette rigueur et incliner le cœur d'Élie à la compassion que Dieu fit mourir le fils de la veuve ; Élie le ressuscita pour reconnaître l'hospitalité de celle-ci. C'est en ce sens qu'on peut dire que l'enfant avait été mis à mort « par les pleurs et les prières des affamés ». Cette strophe ne se comprend à peu près que si l'on connaît l'hymne d'Elie (Saint Romanus (Melodus), Hymnes, Numéro 114, traduit par José Grosdidier de Matons, 1967 - books.google.fr, Allie M. Ernst, Martha from the Margins: The Authority of Martha in Early Christian Tradition, 2009 - books.google.fr).

Ainsi, dans la Passion des saints Jonas et Barachise et leurs compagnons, toute l'espérance eschatologique de Jonas se concentre sur le jour où le Christ viendra sur les nuées du ciel (Mathieu 24,30), et sur le monde nouveau qui résultera de cette Parousie glorieuse (Les passions tardives, De Tertullien aux Mozarabes: Antiquité tardive et christianisme ancien (IIIe - VIe siècles), 1992 - books.google.fr).

Le maréchal Soult est titré duc de Dalmatie en 1808. Au nom de la ville de Saint Amans (Tarn), qui se trouve sur la ligne de vie La Cassaigne-Rochemaure, a été ajouté "Soult" en son honneur (fr.wikipedia.org - Jean-de-Dieu Soult).

Selon une interprétation propre à des linguistes albanais, « Dalmatie » signifierait « pays de bergers » en langue illyrienne, berger se disant delmë en albanais Gueg (Kosovo, nord de l'Albanie) (fr.wikipedia.org - Dalmatie).

Bosnie et Herzégovine appartenaient autrefois à la Dalmatie antique (Zbornik radova, Volumes 10 à 12, 1967 - books.google.fr).

La dalmatique, du latin ecclésiastique dalmatica qui signifie blouse en laine de Dalmatie, est un vêtement de chœur. En forme de croix avec des manches courtes, la dalmatique se décline selon les couleurs du temps liturgique. Elle est portée par le diacre lors de la messe, des processions et des vêpres. Ce vêtement est dérivé d'un vêtement civil romain, et dont l'usage liturgique remonte au IVe siècle Blanche à l'origine, la dalmatique prendra progressivement les couleurs de la chasuble, avec deux bandes verticales devant et dans le dos, les clavi. À l'origine, ce vêtement symbolise la joie (fr.wikipedia.org - Dalmatique).

Dans le tableau des Bergers d'Arcadie de Nicolas Poussin, le berger pieds nus portant tunique blanche pourrait être un diacre : le diacre proto-martyr Etienne (Autour de Rennes le Château : Les Bergers d’Arcadie et le Sceau de Palaja, La Croix d’Huriel et pierres noires : Le Sceau de Palaja et les 7 diacres).

22 avril : un Julien

Il est aussi arrivé que S. Julien l'hospitalier ait supplanté comme patron un saint homonyme. A Rome, par exemple, il y avait quatre églises dédiées à S. Julien : S. Giuliano ai Cesarini o dei Fiamminghi ; S. Giuliano a' Monti, près des trophées de Marins, sur l'Esquilin ; S. Giuliano in Banchi ou du Mont-Jourdain ; enfin SS. Stefano e Giuliano in Trullo a. A S. Giuliano ai Cesarini, il semble que ce soit S. Julien l'hospitalier qui ait été le titulaire dès le début ; à S. Giuliano a' Monti, les auteurs du XVIIe siècle constatent qu'on ne peut identifier le saint patron et que sa fête ne coïncide avec celle d'aucun des trente-cinq Juliens commémorés dans le martyrologe romain. En 1697, Michelangelo et Piervincenzo de' Rossi signalent qu'on y vénère S. Julien l'hospitalier et qu'une confrérie d'aubergistes y tient ses réunions. Il est probable que c'est en 1675, lors de la restauration du sanctuaire, que fut érigée cette sodalité. La petite chapelle de Saint-Julien in Banchi dépendait de l'église des Saints-Celse-et-Julien. S. Celse appartient au groupe de martyrs dont les SS. Julien et Basilisse sont les chefs de file ; dès lors il est évident que S. Julien n'est autre que le célèbre martyr d'Egypte. Mais au début du XVIe siècle, sous Adrien VI, des personnes pieuses installent dans la petite chapelle une conférie en l'honneur de S. Julien le parricide, et les cochers et postillons viennent y entendre la messe avant de se mettre en route. Les origines de l'église des SS. Stefano e Giuliano in Trullo sont obscures, et on ne sait à partir de quelle date elle fut placée sous le vocable de S. Julien ni de quel S. Julien il s'agit. En 1614 une confrérie d'aubergistes s'y réunissait et honorait S. Julien l'hospitalier. A Paris, l'église Saint-Julien-le-Pauvre était consacrée primitivement à S. Julien de Brioude ; ensuite elle eut comme titulaire S. Julien l'hospitalier ; enfin, quand ce dernier fut confondu avec S. Julien, époux de Ste Basilisse, elle adopta ce nouveau patronage (Analecta bollandiana: revue critique d'hagiographie, Volumes 63 à 64, 1945 - books.google.fr).

Le chardon à foulon (Dipsacus fullonum), de la famille des Composées, est une plante cultivée, dont les têtes de fleurs, pourvues de bractées épineuses et crochues, ou peignes, cardères, sont utilisées dans la fabrication des draps. Pour le peignage des draps, on recherche, pour un travail bien fait, des cardères à bractées égales et régulièrement distribuées, d'où l'utilité d'un classement soigné.

Les têtes de chardons de Villasavary, d'Orsans, de Saint-Gaudéric, de Fanjeaux, de Cazalrenoux, de Saint-Julien de Briola surtout, sont-elles recherchées des industriels pour leur grosseur moyenne et la résistance de leurs bractées (La Nature: Revue des sciences et de leurs applications aux arts et à l'industrie, Volume 48, G. Masson, 1920 - books.google.fr).

Tapie dans l'amoncellement de collines qui séparent la plaine de la basse Ariège élargie à hauteur de Pamiers et celle de Castelnaudary, à l'est du seuil de Naurouze, la Piège est une petite région du Terrefort lauragais, dont le nom est peu connu, les sites peu remarquables et la position franchement à l'écart des grandes voies de communication et des villes ; un pays isolé, réputé retardataire et fruste, marginal en tout cas, sinon relégué (Études Rurales, Numéros 69 à 72, 1978 - books.google.fr).

La Piège correspond aux communes formant les cantons de Salles sur l’Hers (mort), Belpech et Fanjeaux ; parmi les vingt communes minuscules autour de Salles retenons : Saint Michel de Lanès, Belflou, Baraigne, Marquein, Fajac la Relenque, Payra, Sainte Camelle ; pour le canton de Belpech, citons : Lafage et les Cazazils, Molandier, Pech Luna, Plaigne, Saint Amans, Saint Sernin. Pour Fanjeaux, retenons : Cazalrenoux, Laurac, Orsans, Plavilla, Ribouisse, Saint Julien de Briola ; Bram est en dehors de la Piège (www.couleur-lauragais.fr).

Il convient d'ajouter à Podium, comme on en trouve dans l'Aude : Podium Viride (Puivert), les diminutifs: Poiolum, Pujol; Puiale, Pujale, Pujal, et Puia, la Piège (Bulletin de la Commission archéologique de Narbonne, Volume 9, 1906 - books.google.fr).

"Wenn Emil Levy (S. W. I, 166) mit seiner Deutung des Wortes briola — bricola „Wurfmaschine" recht hat"... (K. Lewent, Beiträge zum Verstandnis der Lieder Marcabrus, Zeitschrift Für Romanische Philologie, Volume 37, 1913 - books.google.fr, Charles Du Fresne Du Cange, Favre, Glossaire françois, 1879 - books.google.fr), alors le nom de Briola porté par la commune de Saint Julien rencontre le nom de sa région la Piège dans une convergence sans doute aléatoire (La Croix d’Huriel et la Ligne gnostique : Quatre de chiffre).

La notion de piper, c'est-à-dire imiter le cri de certains oiseaux pour les attirer et les prendre, a développé celle de tromper, duper, qu'on trouve d'abord dans l'argot du XVe siècle : pipeur, tricheur, et piperie, tricherie : 1455, Procès des Coquillards : « Un pipeur, c'est ung joueur de dez et autres jeux où il y a advantaige. » ; 1489, Villon, 52 : Gailleurs bien faitz en piperie... Le terme argotique qui désigne le château, pipet (Jargon, 1628. p. 39 : alla demander la thune à un pipet), découle de la même source : la demeure seigneuriale est envisagée comme une attrape ou un piège, sens de son synonyme piget (Jargon, 13690), propr. piège (Berry piger, attraper, tromper, picard : dépouiller de son argent) (Lazare Sainéan, L'argot ancien, (1455-1850), 1907 - books.google.fr, gallica.bnf.fr).

Le château de Pipet est un ancien château fort du xie siècle dont les vestiges se dressent sur la commune de Vienne dans le département de l'Isère.

Le mont Pipet aménagé dès l'époque romaine, sert aux rois de Bourgogne au début du Moyen Âge ou ils construisent une forteresse avec un donjon carré. Elle est remise à l'Église de Vienne en 1023. À partir de 1285, la forteresse est en possession des chanoines de la cathédrale, alors que sur le Mont-Salomon, le nouveau château de la Bâtie appartient à l'archevêque. (fr.wikipedia.org - Château de Pipet).

Saint Julien de Briola faisait partie autrefois du diocèse de Mirepoix dont la cathédrale est vouée à saint Maurice comme Vienne (Enregistrement des actes du pouvoir royal. 2. ptie. 1568-1790, Volume 5 de Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790, Archives départementales de la Haute-Garonne, 1965 - books.google.fr).

La terre de Saint-Julien a donné aujourd'hui son nom à la commune de Saint-Julien de Briola, située entre Fanjaux et Mirepoix (Aude). Dès l'an 1300, un Roger de Saint-Julien est cité parmi les 35 feudataires du Comte Gui de Lévis III (Revue historique de Toulouse: études sur le Vieux Toulouse, documents, bibliographie, Volumes 20 à 21, 1933).

22 avril : A venise et dans le diocèse, la fête de saint Raphaël, archange (Paul Guérin, Les petits bollandistes vies des saints de l'Ancien et du Nouveau Testament d'apres le Père Giry, Volume 4, 1882 - books.google.fr, gallica.bnf.fr).

Les petits bollandistes ont peut-être pris le 10 mai, donné par Ferrarius pour la fête de saint Raphaël à Venise, pour un decimo kalendas maii (22 avril du calendrier romain) (Filippo Ferrari, Catalogus generalis sanctorum qui in martyrologio rom. non sunt, 1625 - books.google.fr).

Des liens existent entre La Cassaigne et Venise, ainsi qu'avec Alexandrie (La Croix d’Huriel et Léonard de Vinci : A quatre mains).

Dans le Livre de Tobie, la femme du père Tobit devenu aveugle, Anne, s'occupait à tisser de la toile pour subvenir à leur commune subsistance (Charles-Louis-Victor Braye, Cours élémentaire de religion à l'usage des maisons d'éducation et des Ecoles normales, 1847 - books.google.fr).

Pour trouver le jour des calendes qui répondent à chaque jour du mois où l'on est, voyez combien il y a encore de jours du mois qui restent, & ajoûtez deux à ce nombre. Par exemple, supposons que l'on soit au vingt-deux d'Avril, c'est donc le 10e des calendes de Mai : car Avril a 30 jours ; & 22 ôtés de 30, donnent 8 pour reste, auquel ajoûtant 2, la somme est 10. La raison pour laquelle on ajoûte 2, c'est que le dernier du mois s'appelle secundo calendas, d'où il s'ensuit que le pénultieme ou le 29e doit s'appeller tertio calendas, l'antépenultieme ou le 28e quarto calendas, & ainsi de suite. Or si de 30 on ôte 29, il reste 1, auquel par conséquent il faut ajoûter 2 pour avoir le tertio calendas : de même si de 30 on ôte 28, il reste 2 auquel il faut ajoûter 2 pour avoir le quarto calendas, &c. Les auteurs romains ne savent pas trop eux-mêmes la raison de cette maniere absurde & bizarre de compter les jours du mois, néanmoins on s'en sert encore aujourd'hui dans la chancellerie romaine ; & quelques auteurs, par une affectation frivole d'érudition, la préferent à la méthode commune qui est bien plus naturelle & plus aisée (Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sicences, des arts et des métiers - portail.atilf.fr).

Un des autres saints fêtés le 22 avril est Léonide, père d'Origène.

Le père d'Origène est mentionné par Eusèbe dès le premier chapitre du livre VI comme l'un des martyrs de la persécution de Septime Sévère. Il est appelé Léonide. A ce sujet Eusèbe utilise une expression curieuse : « Léonide, qui est dit père d'Origène. » Faut-il en conclure nécessairement avec P. Nautin qu'Eusèbe ignorait en réalité le nom du père d'Origène et qu'il lui attribuait arbitrairement comme père un martyr alexandrin connu ? Ou accepter la note de G. Bardy : « Formule étrange : elle tient peut-être à ce que Léonide doit le meilleur de sa célébrité à son fils ? » Origène fut-il baptisé tout enfant ? La chose n'est pas invraisemblable, car il est lui-même un des principaux témoins pour cette époque du baptême des enfants. Si bien des chrétiens connus du IVe siècle, de familles chrétiennes, ne recevront le baptême qu'à l'état adulte il existe suffisamment d'attestations du baptême des enfants au me siècle pour qu'on puisse se poser la question. Mais nous devons nous en tenir aux suppositions, aucune source ne nous renseignant sur l'âge où Origène fut baptisé. Origène reçut de son père une double éducation à la fois hellénique et biblique. Il parcourut donc tout le cycle de l'enkyklios paideia, des « sciences encycliques » qui jouait le même rôle que notre enseignement secondaire, préparatoire aux études philosophiques. Mais en même temps son père lui faisait étudier la Bible en contrôlant ses lectures et en le faisant réciter, quitte à ne pas savoir parfois répondre aux questions embarrassantes que l'enfant lui posait. Ce passage d'Eusèbe, qui parle d'abord de l'attitude d'Origène au moment du martyre de son père — nous allons y revenir —, puis de son éducation par Léonide, qui lui est évidemment antérieure, a été suspect à bien des historiens, apparemment peu habitués à la rhétorique antique, à cause de son ton fortement hagiographique. C'est là que nous lisons le geste du père découvrant la poitrine de l'enfant endormi et la baisant comme la demeure de l'Esprit divin. Mais il n'est pas évident que ce ton hagiographique doive faire considérer comme des affabulations tout ce qu'Eusèbe raconte. Léonide était certainement un homme important. Le fait qu'il fut décapité semble montrer qu'il était citoyen romain, titre qui n'avait pas encore été répandu largement dans l'empire comme il le sera en 212 par l'Edit de Caracalla ou Constitution Antonine : un citoyen romain ne pouvait être exécuté autrement. Or, s'il faut en croire l'Historia Augusta, la persécution de Septime Sévère avait surtout pour but d'empêcher le prosélytisme : que Léonide ait été poursuivi montre qu'il devait avoir un certain rôle dans l'Eglise d'Alexandrie pour la formation des catéchumènes. D'autre part l'éducation qu'il donne à son fils dénote un intellectuel qui en plus de la formation hellénique commune s'est appliqué à l'étude de l'Ecriture. Peut-être était-il professeur de grammaire, c'est-à-dire de littérature, la profession qu'exercera son fils après sa mort pour nourrir les siens. De la mère d'Origène nous ne savons même pas le nom. Tout ce que nous connaissons d'elle par Eusèbe, c'est qu'affolée par la détermination de son fils aîné à rejoindre son père dans le martyre elle cacha ses vêtements pour le contraindre à rester à la maison. L'article d'Aline Rousselle sur sur « La persécution des chrétiens à Alexandrie au me siècle » permettrait de penser qu'elle n'était pas du même milieu social que son mari : il y avait en effet à Alexandrie trois catégories d'hommes libres, les citoyens romains, les citoyens d'Alexandrie et des autres cités grecques d'Egypte, enfin des « Egyptiens » groupe qui comprenait aussi des Grecs n'appartenant pas aux deux classes supérieures. Il semble que les enfants nés d'un mariage conclu entre parents de classes différentes partageaient la condition la plus basse et que la persécution de Septime Sévère ait visé les deux premières catégories et non la troisième. Cela permettrait d'expliquer pourquoi, quand la persécution se prolongea à Alexandrie pendant des années, Origène ait pu mener une intense activité catéchétique sans être trop sérieusement inquiété, allant jusqu'à accompagner au supplice ses élèves martyrisés. Origène n'aurait donc pas partagé la condition de citoyen romain de son père, mais celle de sa mère qui devait être une Egyptienne. [...]

Origène semble signifier fils d'Horos, dieu égyptien, fils d'Isis et d'Osiris, symbolisant le soleil levant (Henri Crouzel, Origène, 1985 - books.google.fr).

Suidas dit que saint Léonide fut honoré du caractère épiscopal. Dom Vincent de la Rue est du même sentiment (Joseph Reynaud, Méditations spéculatives et pratiques ou dogmatiques et morales pour tous les jours de l'année, Tome III, 1839 - books.google.fr).

Le nom de Léonide vient du grec leontos, le lion ("né du lion") (Paul Hecquet-Boucrand, Dictionnaire étymologique des noms propres d'hommes, 1868 - books.google.fr), attribut de saint Marc évangélisateur de l'Egypte, et composant du corps du Sphynx, et le père d'Origène était philosophe chrétien à Alaxandrie.

Lion, Philosophie et Alexandrie sont rassemblés à La Cassaigne confirmant les associations faites dans (Les sommets de La Croix d’Huriel : Scolastique).

Léonide avait 7 enfants dont Origène, et souffrit sous Septime Sévère (Lucius Septimius Severus).

Septime Sévère se marie en secondes noces (en 187) avec Julia Domna, fille du grand prêtre du Soleil d'Emèse (Syrie) Julius Bassianus, dont il a deux fils, Caracalla (né à Lugdunum en 188) et Geta (né à Rome en 189). Il s'intéresse à la vie religieuse et intellectuelle. Fervent dévot de Sérapis, il est sans doute initié aux mystères d'Eleusis (fr.wikipedia.org - Septime Sévère).

La présence récurrente du chiffre 7, dans le nom de la gens Septimia, également évoquée par Dion Cassius à propos des sept jours qu'ont duré les decennalia et des sept hécatombes qui y ont été offertes, pourrait expliquer l'origine du septizodium, dont la structure septénaire serait fidèle au chiffre emblématique de l'empereur. [...] Si un septizonium peut prendre des formes très différentes, il nous semble que la présence des sept divinités planétaires dans une structure de composition septénaire est un élément fondamental. [...] Des septizonia, ou tout au moins des monuments – bases, autels – avec des représentations des dieux de la semaine, existaient avant le règne de Septime Sévère et la construction du Septizodium de Rome. Il existe un lien plus ou moins proche avec la campagne de Bretagne, qui nous ramène à Ratae Corieltauuorum. Septime Sévère, s'il n'est pas allé dans l'antique Leicester, a dans tous les cas foulé le sol de la province de Bretagne. De plus, il y a laissé la vie, et cette mort lui avait été prédite par les astres. La construction d'un septizonium dans cette ville ne serait donc pas étonnante et là comme ailleurs, nous pourrions voir l'œuvre d'un ancien proche de Septime Sévère, peut-être militaire rescapé de la dernière campagne de l'empereur.

On constate la fréquence en Gaule, notamment autour du Rhône, des représentations des dieux de la semaine, difficiles à situer chronologiquement, mais dont l'une au moins peut être datée du règne de Marc Aurèle. Ainsi, celui-ci proposait que Septime Sévère, gouverneur de Lyonnaise au début du règne de Commode, comme L. Fabius Cilo, proconsul en Narbonnaise vers 185-186, à qui l'on doit d'avoir placé la statue de l'empereur dans l'abside centrale du monument de Rome, auraient pu avoir connaissance de ce type de documents et s'en seraient souvenus au moment de construire le Septizodium.

Un autel octogonal a été découvert à Agnin en Isère et présente sur chacune de ses faces les sept divinités de la semaine et un buste impérial, identifiable à Septime Sévère grâce à la dédicace du monument. P.-M. Duval proposait de dater le monument de 198, ce que J.-L. Desnier accepte, bien que R. Turcan suggérait une datation en 208. Le monument pourrait avoir été fait en Gaule, avant le départ de Septime Sévère pour la campagne de Bretagne.

Sévère Alexandre avait fait lui-même édifier un grand nymphée à Rome, dont les techniques de construction confirment la datation aux vingt premières années du IIIe siècle, probablement vers 222 : l'édifice se composait de cinq niches en façade et deux sur les côtés. Pouvait-il s'agir d'un septizonium ? Il faut noter que Sévère Alexandre est un descendant de la gens Septimia, la famille de Septime Sévère, et qu'il pourrait avoir construit un monument plus ou moins inspiré du septizodium (Noël Duval, Nicolas Lamare, Une petite ville romaine de Tunisie : le Municipium Cincaritanum, Mélanges de l'École française de Rome - Antiquité, 2012 - mefra.revues.org).

Origène et Raphaël

Origène (De oratione : sur la prière) détermine les conditions d'une prière vraiment efficace. Il n'a pas de peine à démontrer par l'Ecriture sainte qu'on doit apporter à cet exercice religieux un cœur pur, une âme dégagée des préoccupations terrestres et fermée à tout sentiment de haine ou de vengeance. Quand nous prions dans de telles dispositions, le Fils de Dieu prie avec nous, car il est notre médiateur, notre avocat auprès du Père, le grand prêtre qui reçoit et présente nos oblations. Ce n'est pas le Christ seulement qui prie avec nous, mais encore les anges « et les âmes des saints qui se sont endormis du sommeil de la mort. » On voit par là combien les protestants s'éloignent des sentiments et de la pratique de l'Église primitive en rejetant le dogme de l'intercession des saints. Après avoir cité les passages de la Bible qui nous montrent l'archange Raphaël offrant au Seigneur les prières de Tobie et de Sara, Jérémie priant pour le peuple et pour la cité sainte, Origène prouve à quel point il serait absurde de refuser aux bienheureux un pouvoir qu'ils avaient déjà sur cette terre (Charles-Emile Freppel, Origène: cours d'éloquence sacrée, fait à la Sorbonne, pendant les années 1866 et 1867, Volume 2, 1868 - books.google.fr).

La tradition catholique a vu dans le saint archange Raphaël, l'ange de la guérison, le gardien de la chasteté et le guide des voyageurs. Sans parler des Pères qui, à l'exemple d'Origène et de saint Augustin, l'appellent l'ange qui préside à la guérison et à la santé des hommes, interrogeons seulement la sainte Liturgie, interprète de la foi catholique, nous y trouverons indiquées dans l'office du saint les fonctions qu'il exerce en notre faveur. Un ancien missel romain (Paris 1520) contenait une messe de saint Raphaël pour les malades et les voyageurs.

L'ange Raphaël qui préside à la médecine nous enseignera à guérir autrui des blessures du péché (Origène, Homélies sur les Nombres, Volume 2, traduit par André Méhat, 1996 - books.google.fr).

Nous retrouvons Balzac, dans sa Peau de chagrin :

Le narrateur conclut ce passage de manière très explicite : « Il s'était fait chaste à la manière d'Origène en châtrant son imagination» (217, 259). Raphaël, précocement vieilli, prend ainsi place dans cette lignée de castrats, dont le type le plus accompli, dans l'œuvre de Balzac, sera le Zambinella de Sarrasine. Dans cette perspective, la signification proprement sexuelle de la Peau doit être soulignée, Raphaël lui-même en a bien conscience: «Cette peau se rétrécit quand j'ai un désir... c'est une antiphrase. Le brachmane, il se trouve un brachmane là-dessous ! le brachmane donc était un goguenard, parce que les désirs, vois-tu, doivent étendre... » (p. 189). Ici, l'allusion aux désirs sexuels est évidente, on fait référence au phénomène de l'érection, mais aussi à son phénomène inverse: l'impuissance. Le jeune homme aurait souhaité ne pas croire à ce terrible pouvoir qui conduit à la mort. Une seule option s'offrait maintenant à lui: Raphaël devait étouffer le moindre de ses désirs, «le monde lui appartenait, il pouvait tout et ne voulait plus rien» (p. 195) (Alain Schaffner, Honoré de Balzac: La Peau de chagrin, 1996 - books.google.fr).

18 mai : un Félix

La commune s'étend sur un plateau où le calcaire est séparé du schiste par le ruisseau de Bésale, dont le nom signifie en langue d'oc « la rigole ». Le village était aussi appelé autrefois Anglars de Basse-Marche ou Anglars Saint-Clair. Deux paroisses se partageaient son territoire : Anglars et Saint-Félix. Ici ce fut d'abord Conques qui reçut, à la fin du XIe siècle, d'une riche dame avec ses cinq filles plusieurs mas, et peut-être même l'église de Saint-Félix. Mais au début du XIIIe siècle, Conques fut totalement supplantée par l'abbaye cistercienne de Bonnecombe.

Pour l'église de Saint-Félix, dite de Rignac, dédiée à saint Blaise, c'est en 1221 que l'évêque la donna à Bonnecombe. Cette cession faisait suite à celles de plusieurs seigneurs, des lignées des Valette, des Mirabel et des Maleville, accordant un certain nombre de mas qui avaient permis la mise en place d'une grange (Pauline de La Malène, Parcours romans en Rouergue: 42 parcours nord-centre-ouest, 2003 - books.google.fr).

A Saint-Félix d'Anglars, on allait prier saint Blaise pour les volailles et saint Roch pour les porcs, de même qu'à Quins. L'église de Saint-Félix-d'Anglars, canton de Rignac possède une statue de saint Blaise et celui-ci est aussi invoqué en ce lieu pour la « réussite des porcs » (Jacques Bousquet, Enquêtes folkoriques en Rouergue (1900-1954), 1958 - books.google.fr).

La ville de Split s'est établie à l'intérieur, puis autour de l'immense palais de l'empereur romain Dioclétien, construit entre 294 et 305, qui s'étendait sur une surface de 39 000 m2. L'empereur était originaire de la ville de Salone (située sur les hauteurs de Split). En 1420, Split fut intégrée dans la République de Venise, jusqu'à sa disparition en 1797.

Au Moyen Âge, le palais se transforme en ville lorsque les habitants de la cité romaine voisine de Salone (capitale de la province romaine de Dalmatie) s'y réfugient (en 615). Ils établissent de hautes maisons dans ou contre les remparts, ou encore en s'appuyant sur les monuments antiques. Le mausolée de Dioclétien est transformé en cathédrale dédiée à Saint-Domnius (fêté le 11 avril puis le 7 mai) ou Duje, patron protecteur de la ville, en 650, le temple de Jupiter en baptistère (fr.wikipedia.org - Split).

C'est une ancienne querelle que celle qui a pour objet un S. Félix qualifié tour à tour de Spoletanus, Spalatensis, Spellatensis ou Hispellensis, Hispalensis, et attribué successivement à Spolète, à Spalato, à Spello, à Séville.

Dans l'église des Conventuels, "alla Marina" de Spalato, on conserve le corps de S. Félix évêque et martyr d'Epetium. Farlati raconte longuement les détails de l'invention et de la reconnaissance de ces reliques. C'est autour de ce S. Félix que s'agita, au XVIIe siècle, entre Donnola et Marnavié, une controverse très vive, dont le prétexte fut la ressemblance des mots Spellatensis et Spalatensis. Donnola, natif de Spello en Ombrie, revendiquait pour sa patrie le martyr honoré à Spalato. Son contradicteur défendit les droits de la Dalmatie avec plus de fougue que de critique, et la question ne se trouva pas fort avancée par cette discussion. Les recherches de Mgr Bulic me semblent avoir établi solidement l'identité de S. Félix. A Stobreë, l'antique Epetium, et aux environs, S. Félix n'est pas oublié. Les vieillards se souviennent d'avoir entendu parler d'une chapelle dédiée au saint (Analecta bollandiana, Volumes 23 à 24, 1904 - books.google.fr, Jacques Zeiller, Les origines chrétiennes dans la province romaine de Dalmatie, 1967 - books.google.fr).

13 juin : Antoine de Padoue

Le 13 juin correspondrait à Rouzier, qui est au centre de la Croix d'Huriel comme la statue de saint Antoine est au centre de la sculpture de l'église Saint Marie Madeleine de Rennes le Château au dessus de quatre anges qui seraient Uriel, Raphaël, Michel et Gabriel (La Croix d’Huriel et Rennes le Château : Antoine de Padoue et ses anges).

9 juillet

Annemond, abbé de Mairé en Poitou, est fêté le 9 juillet. Un autre Annemond, ou Ennemond, ou Chamond, est appelé aussi Chaumont qui apparaît sur les cartes à Fontanges, Ytrac et Auzers dans le Cantal, le long du montant vertical de la croix d'Huriel à quelque distance. Il ya aussi Saint Chamant dans le même département et la même zone mais ce serit un saint Amans (Amand).

Le 9 juillet 1317, Jean XXII crée le diocèse de Saint-Flour par démembrement de l'évêché d'Auvergne : la ville est érigée en cité, la basilique en cathédrale, le prieuré en chapitre diocésain (Joël Fouilheron, la cathédrale de Saint Flour, 1966 - books.google.fr).

4 août : Frion ou Saint Fréjoux

L'église de Saint Fréjoux est vouée à saint Frédulphe ou Frion fêté le 4 août. Il est de Saintes.

30 août : prendre des mesures

Il existe des lieux-dits Saint Fiacre à Gipcy entre Moulins et Montluçon et à Vendat au nord-ouest de Vichy, un peu loin d'Huriel.

C'est la fête à Fiacre et à Edern, le saint nonagonal de Bretagne.

Philippe Hurault, fils de Jacques, Baron d'Uriel, Ambassadeur de Louis XII auprès des Suisses, Abbé de Bourgueil-en-Vallée, étoit pourvu de plusieurs Bénéfices simples, lorsqu'il devint Prieur de Saint Fiacre, fondé au Breuil par le saint au sud de Meaux, par permutation, sur les provisions de Rome, datées du 8 Juin 1524. L'année suivante, il transigea avec l'Abbé de Saint Faron, & fit réduire une rente annuelle de 200 livres en celle de 85 liv. Ce Prieur, par un abus de ces tems-là, qui s'est perpétué jusqu'à nous, joignit depuis aux bénéfices qu'il possédoit déja, les Abbayes de Saint Nicolas d'Angers & de Marmoutier. Il mourut le dernier des Réguliers; car les commendes eurent lieu après sa mort. Il fut enterré dans l'Eglise des Blancs-Manteaux à Paris (André-Joseph Ansart, Histoire de S. Fiacre et de son monastère, 1784 - books.google.fr).

Son Monastère ne pouvant par sa petitesse, suffire à tant de Pèlerins qui le venoient visiter, il eut recours à Saint Faron, évêque de Meaux, pour avoir davantage de de terre, il lui en accorda autant qu'il en pourroit creuser lui seul en un jour : Dieu permit que le don lui fut ainsi octroyé, aíin de faire mieux briller sa vertu. Etant de retour, après s'être mis en prières, il prit la bêche en main qui ouvroit la terre, & faisoit en moins de rien tomber les chênes en grand nombre. Une femme envieuse & maligne voyant cet insigne miracle, l'estima sorcier, & après avoir vomi contre lui mille injures qu'il enduroit patiemment, elle le defera à l'Evêque qui l'empêcha aussi tôt de palier outre : il s'assit, couché sur une pierre, laquelle s'amolit aussi (André Du Val, Les nouvelles fleurs des vies des saints, et fêtes de l'année, mises en plus beau langage que les précédentes, et augmentées de réflexions morales et chrétiennes, 1730 - books.google.fr).

Cette délimitation de l'espace abbatial est semblable à celle effectuée par saint Edern à cheval sur son cerf.

A Lannédern, dans l'Arrée, le calvaire du cimetière montre Saint Edern chevauchant un cerf. C'est que cet animal vint implorer la protection du Saint, lors d'une chasse, en se prosternant devant lui. Le cerf devint la monture du moine, à qui il servit notamment à délimiter le périmètre de sa paroisse, tout comme Saint Pierre aida, dans des circonstances semblables, Emprardus-li-Brakneu à tracer la Porallée d'Aywaille. Notons encore que le gisant de Saint Edern, dans l'église de Lannédern, a les pieds posés sur un dix-cors. Par ailleurs, on notera que Merlin se transformait volontiers en cerf blanc pour se déplacer dans les forêts, quand il ne chevauchait, tout comme sant Edern, un cerf au pelage ordinaire (Albert Moxhet, Ardenne et Bretagne : les soeurs lointaines, 1989 - books.google.fr).

Vision d'une fournaise ardente. Anéantissememt de la foy. Règne du Messie. Vision d'un Aigle qui a douze ailes. Métamorphose du vent en homme. St. Ambroise faisoit beaucoup de cas du 4. livre d'Esdras dans lequel les autres n'ont trouvé que des songes à des visions. Il s'en servoit pour prouver que les ames subsistoient aprés la mort, & que les Nations entreroieut dans l'alliance lors que le Messie paroitroit; & afin de donner plus d'autorité aux preuves qu'il tiroit de ce livre, il soutenoit que l'Auteur n'avoir connu ces veritez que par une revelation divine. S. Cyprien, long tems avant S. Ambroise, avoit cité un passage d’Esdras pour démontrer une chose qu'on regarde aujourd'hui comme fausse, c'est la décadence du Monde causée par la vieillesse dans laquelle les animaux, les plantes, & les élémens s’affoiblissent & perdent leur vigueur. St Jerôme rejettoit hautement ce livre que Vigilance l'un de ses Aversaires citoit contre la priere pourles morts. L'Eglise Romaine en a bien tiré quelques sentences qu'elle a inseré dans les Messes qu'elle chante, ou aux fêtes de la Pentecôte, ou pour célébrer les louanges des Martyrs; cependant elle ne le reçoit pas dans son Canon des Ecritures. En effet l'Auteur prend faussement le nom d'Esdras avec lequel il tâche de se confondre, & débite comme divines des revelations qui ne s'acordent pas toujours avec la Foi. La premiere vision qu’eut cet Auteur étoit celle de l'Ange Uriel qui se présenta devant lui l'an trentiéme de la prise de Jerusalem. Cela suffit pour prouver que cet Auteur n'est point le veritable Esdras dont il a emprunté le nom, puis que s'il avoit lamenté déja sur les malheurs de Jerusalem l'an trentiéme de sa ruine, il n'auroit pu plus de quarante aprés être dans sa vigueur pour travailler à son rétablissement. L'Auteur pleuroit amerement sur les malheurs de l'Eglise et sur la prosperité des méchans, parce qu'il ne pouvoit se rendre à lui même raison de cette conduite de Dieu. L'Ange Uriel fit deux choses afin de corriger son erreur. Il lui ordonna de peser le feu, de mesurer le vent, & de rapeller le jour qui est écoulé: Esdras s'apperçut aisément qu'on lui demandoit des choses impossibles. C'est là où l'Ange vouloir le conduire; afin de lui apprendre que si la raison de l'homme étoit assez bornée pour ne pouvoir comprendre la nature des objets qui tombent sous nos sens, & dont ils sont violemment frapez, ou ne peut sans témérité vouloir mesurer le Ciel, connoitre les bornes du Paradis, ni sonder les secrets d'un Dieu infini (Jacques Basnage de Beauval, Histoire du vieux et du nouveau Testament, 1704 - books.google.fr).

L'épitaphe de Ramvoldus, abbé de Saint-Emmeran de Ratisbonne, mort au tout début du XIe siècle dit :

«Dites, mes frères, dis d'abord au saint Rédempteur: Jésus Christ, fils du Dieu vivant, aie pitié de l'âme de ton serviteur l'abbé Ramvoldus. Donne-lui, Seigneur, le repos éternel, et que la lumière perpétuelle brille pour lui. Son âme habitera le bien et sa lignée héritera de la terre. Sainte mère de Dieu, Vierge Marie, prie avec tous les saints pour l'esprit et l'âme de ton serviteur. Son âme est ensevelie dans la paix».

Après l'apostrophe destinée à retenir l'attention du lecteur, l'épitaphe reprend l'affirmation de foi de Marthe après la résurrection de Lazare: Tu es Christus, filius Dei vivi (Jean XI, 27; mise par Matthieu XVI, 16, dans la bouche de Pierre) lue à la messe des funérailles. Le miserere qui suit fait sans doute référence au psaume de la pénitence LI (L), 3, qui est dit à l'extrême-onction et à l'office des défunts, et qui sera retenu dans une série d'épitaphes. Il doit se combiner avec la prière pour les défunts du canon de la messe, Memento, Domine, famulorum tuorum. Le requiem aeternam dona eis. Domine, et lux perpetua luceat eis est sans doute pris dans la liturgie des défunts et constitue aussi le début de l'introït de la messe des funérailles, comme il fait partie de l'office de la commémoration des défunts (2 novembre); il est inspiré du quatrième livre d'Esdras (II, 34), apocryphe juif antérieur au Ve siècle. Quant au semen ejus haereditabit terram, «sa race possédera la terre», c'est le verset 13 du psaume XXV (XXIV) (Robert Favreau, Épigraphie médiévale, 1997 - books.google.fr).

Le Requiem (forme à l'accusatif du latin requies signifiant repos) ou Messe de Requiem est une messe de l’Église catholique romaine, qui a lieu juste avant un enterrement ou lors de cérémonies du souvenir. C'est une prière pour les âmes des défunts, aussi connue sous le nom latin de Missa pro defunctis ou Missa defunctorum (Messe pour les défunts ou Messe des défunts).

L'Introït, dont le premier mot d'incipit a donné son nom à cette messe, présente une particularité remarquable : il commence par le verset "Requiem aeternam dona eis Domine, et lux perpetua luceat eis". Le missel d'autel de l'ancien rite (rite de 1962 et avant) indique (comme il indique toutes les références des textes bibliques) une référence : 4 Esdras 2, 34-35. Certains livres de cette partie de la Bible ont des appellations un peu imprécises : Chroniques, etc. (Pour cette raison, le 4° livre d'Esdras est également appelé 2° livre d'Esdras par certains protestants). Mais il ne fait pas partie de la Bible (catholique) ; il fait cependant partie d'une tradition littéraire de grande valeur et proche de la Bible. C'est un fait semble-t-il unique que le Missel utilise un verset non-biblique et en donne la référence comme s'il faisait partie de la Bible (fr.wikipedia.org - Requiem).

34. C'est pourquoi, je vous le dis, ô nations qui m'entendez et m'écoutez : Vivez dans l'attente de votre Pasteur, il vous établira dans un repos éternel, et celui qui doit venir à la fin des siècles est proche. 35. Préparez-vous à recevoir dans son règne les récompenses qu'il vous a destinées; car une lumière inaltérable luira sur vous dans le cours de l'éternité. [...] 44. Alors j'interrogeai l'ange [Il le nomme Uriel IV, 1], et lui dis : Seigneur, quels sont ceux-ci ? 45. Et il me dit : Ce sont ceux qui se sont dépouillés de ce corps mortel pour être revêtus d'immortalité. Ils ont confessé le nom de Dieu, et a présent ils sont couronnés, et tiennent des palmes dans leurs mains (4 Esdras, Dictionnaire des apocryphes, Volumes 23 à 24 de Troisième et dernière encyclopédie théologique, Migne, 1856 - books.google.fr).

Il est étonnant que l'Eglise catholique exclut Uriel de la liste des archanges alors qu'elle utilise le IVème livre d'Esdras où il a la part belle. On n'est pas à une contradiction près.

L'ange Uriel est celui qui avait enseigné à Hénoch tous les secrets des astres dans le Livre des Luminaires, indépendant à l'origine du Livre des Egrégores. Son nom le qualifiait pour ce savoir céleste puisqu'on prêtait à 'Urî'el une double étymologie, l'une à partir d' 'ûr'el, « feu de Dieu », et l'autre d' 'ôr'el, « lumière de Dieu ». La première de ces connotations paraît seule en cause au début du voyage, lorsque Hénoch décrit deux «lieux» de châtiment distincts mais jumeaux. Le «feu de Dieu» brûle hors Cosmos, dans un espace «sans forme», les sept planètes semblables à des montagnes qui ont transgressé l'ordre divin. Il est aussi le feu qui, en bordure du disque terrestre, monte par une crevasse de l'Abîme où seront emprisonnés après le Jugement les Egrégores déchus (Hén. 21,1-10). Tous deux, le second surtout, évoquent un Enfer. Le Dieu maître de l'Orage aurait précipité là ses ennemis foudroyés. Ces thèmes s'accordent avec la définition d'Uriel sur la liste à sept noms : «ange préposé au tonnerre et au monde de terreur » (Bernard Teyssedre, Anges, astres et cieux, 1986 - books.google.fr).

On retrouve saint Fiacre et le 4ème livre d'Esdras dans L'Affaire Saint Fiacre de Simenon.

L'histoire se passe à la campagne, près de Moulins (Allier). A une vingtaine de kilomètres, vingt-cinq peut-être. En fait, à Paray-le-Frésil dont Simenon a fait Saint-Fiacre. Le jeune Georges Sim, comme il signe, jeune Liégeois inconnu, était, en 1923-1924, le secrétaire du marquis de Tracy dont le château de Paray-le-Frésil (Allier) a servi de modèle à Saint-Fiacre.

Les d'Estutt (ou Stutt) de Tracy sont venus d'Ecosse avec Walther (Gauthier) d'Estutt, qui secourut Charles VI avec Jean Stuart, Comte de Douglas, et fut officier de la Garde écossaisse de Charles VII. Il reçut la terre d'Assé en Bourgogne en 1440. François IIème du nom tient la terre de Tracy (en Nivernais) de Françoise de Bar qu'il épouse en 1586. Leur fils François IIIème du nom se maria en 1639 avec Edmée de la Platière fille de Guillaume et de Claudine de Villars, dame de Paray qui passa aux Tracy (De La Chesnaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse - books.google.fr).

Destutt de Tracy, initié dans la Franc-maçonnerie à l’âge de 22 ans, fut un brillant humaniste alliant la notion de rigueur à celle de progrès. Député à l’Assemblée Nationale pendant la Révolution, sénateur dans l’opposition sous l’Empire et les Restaurations, grand ami de Madame Helvétius, de Condorcet, de La Fayette, entre autres, il a laissé une œuvre considérable qui étonne par sa modernité. Ce grand philosophe fut un inspirateur d’Auguste Comte et de Saint Simon. Il est le créateur du mot "idéologie" (godf.iderm.free.fr).

Sous le Ier Empire, le Grand Orient connaît alors un grand développement dans les 139 départements que compta la France impériale à son apogée. La Maçonnerie est cependant un des rares endroits où les opposants – modérés – à l’Empire furent tolérés. Ainsi les « Idéologues », Cabanis, Destutt de Tracy, Garat, qui avaient essayé d’établir sous le Directoire une République « à l’américaine », purent continuer à maçonner. Par ailleurs, dans toute l’Europe napoléonienne, la Maçonnerie impériale fut l’outil de diffusion de la philosophie des Lumières, à laquelle étaient massivement restés fidèles les cadres de l’Empire (www.godf.org).

Dans L'Affaire Saint-Fiacre (1932) – c'est particulièrement visible sur l'illustration de la première de couverture de l'édition Fayard des années cinquante –, Maigret s'enquiert du missel de la comtesse. D'une certaine manière, celui-ci est l'objet de toutes les convoitises car il est étroitement lié à la mort de sa propriétaire. En outre, dans ce roman, le pillage de la riche bibliothèque du château symbolise les revers de fortune des comtes de Saint-Fiacre (Paul Mercier, A quoi Maigret, lecteur, s'intéresse-t-il ? Littérature, langue et didactique: Hommages à Jean-Louis Dumortier, 2015 - books.google.fr).

Maigret a reçu une lettre anonyme annonçant qu'un meurtre serait commis en l'église de Saint-Fiacre à la première messe du Jour des Morts. C'est dans cette église que le commissaire a été enfant de chœur pendant dix ans. Il se rend donc sur place avec sa femme. Au cimetière où il se recueille sur la tombe de ses parents, il rencontre la comtesse de Saint-Fiacre. Son château est celui où le père de Maigret était régisseur autrefois. Les souvenirs assaillent Maigret. Le lendemain matin, alors que le couple Maigret assiste à la messe, la comtesse s'écroule, morte. Naturellement, Maigret ne croit pas aux coïncidences même s'il est vrai que, comme le médecin de la comtesse le dit, elle traînait une insuffisance cardiaque depuis des années. Le commissaire retourne à l'église et constate la disparition du missel de la comtesse. Le curé s'étonne car il dit l'avoir aperçu il y a peu. Un jeune garçon, Ernest, confie à Maigret où il se trouve... Maigret fait ensuite la connaissance du régisseur du château, Gautier, puis du comte Maurice de Saint-Fiacre, le fils de la comtesse, qui revient de Paris. Celui-ci prétend n'être pas rentré au château depuis plus d'un an. Il mène une vie très dissolue à dilapider les biens familiaux et ne semble pas être très affecté par la mort de sa mère. Le commissaire retrouve le missel dans le coffre de la voiture du comte mais ce dernier jure qu'il ne sait pas ce qu'il fait là. En l'ouvrant, tous deux constatent la présence d'une coupure de presse annonçant le suicide du comte lui-même : c'est cet article de journal qui a provoqué la crise cardiaque de la comtesse. Celle-ci est bien morte assassinée (Jacques-Yves Depoix, Dossier Maigret: les enquêtes de Bruno Cremer, 2008 - books.google.fr).

Dans le chœur, il y avait un rang de stalles, réservées aux gens du château, des stalles dures, en vieux bois tout poli. Et c'est là que la femme s'installa, sans bruit, suivie par le regard des paysannes. Requiem aeternam dona eis, Domine... Maigret eût peutêtre encore pu donner la réplique au prêtre. Il sourit en pensant que jadis il préférait les messes de mort aux autres, parce que les oraisons sont plus courtes. Il se souvenait de messes célébrées en seize minutes ! Mais déjà il ne regardait plus que l'occupante de la stalle gothique. Il apercevait à peine son profil. Il hésitait à reconnaître la comtesse de Saint-Fiacre. Dies irae, dies illa... C'était bien elle pourtant ! [...] Ite missa est... La messe est dite... [...] La comtesse de Saint-Fiacre était morte (Georges Simenon, L'affaire Saint-Fiacre, 2012 - books.google.fr).

Le 30 août sont fêtés Y (comte) et Aile de Rebais tous deux des Agilus. Le roman, policier aussi mais pour la jeunesse, de Pierre Véry, Les Disparus de Saint Agil se déroule dans un pensionnat de Meaux, sur la Croix d'Huriel (fr.wikipedia.org - Les Disparus de Saint-Agil).

Peste et Schisme

Les réactions de fuite engendrées par la peur vident des villages ou des quartiers entiers, mais peuvent avoir des effets heureux : les fuyards non infectés s'éloignant des rats et des puces nécessaires peuvent en effet échapper au mal. On verra plus tard que la quarantaine, également bien étudiée par Grmek, en particulier pour Raguse, bloquera sans doute des épidémies mais fera craindre aux enfermés une condamnation à mort et provoquera une résistance parfois farouche (D. Gourevitch, sur Lester K. Little : Plague and the end of antiquity, the pandemic of 541-750, L'Antiquité classique, Volume 77, 2008 - books.google.fr).

D'un caractère beaucoup plus novateur fut, on le sait, l'institution d'un contrôle médical administratif des navires. La priorité chronologique de la quarantaine a fait l'objet de discussions. Beaucoup pensent que Raguse (aujourd'hui Dubrovnik) en eut la paternité en 1377. D'autres en font l'honneur à Venise dès 1348 ; en tout cas, l'île de Sainte Marie de Nazareth y jouait ce rôle au milieu du XVe siècle. Marseille pratiqua la quarantaine vers 1383 (Michel Mollat du Jourdin, Problèmes d'hygiène et de santé dans les voyages de découverte, Colloque international d'histoire de la médecine médiévale: Orléans, 4 et 5 mai 1985, Volume 1, Société orléanaise d'histoire de la médecine, Centre Jeanne d'Arc, 1985 - books.google.fr).

La peste de Justinien est une pandémie de peste qui a sévi entre 541 et 767 dans tout le bassin méditerranéen, avec un épisode paroxysmique jusqu'en 592.

La peste de Justinien a des conséquences majeures pour l'histoire de l'Europe et de la Chrétienté. L'épidémie surgit à une période cruciale pour l'Empire byzantin. Celui-ci, à son apogée sous Justinien était en voie de reconquérir l'Italie et la côte occidentale de la Méditerranée ; cela aurait signifié, en cas de succès, le retour à un Empire romain unifié, pour la première fois depuis 395. En affaiblissant durablement l'Empire byzantin mais aussi l'Empire Sassanide, elle aurait joué un rôle non négligeable dans la fulgurante expansion de l'Islam quelques décennies plus tard, lors des guerres arabo-byzantines et de conquête musulmane de la Perse. Elle aurait facilité la conquête par les Anglo-Saxons de la Bretagne insulaire: alors que les tentatives d'invasion par les Saxons avaient été infructueuses jusque là, elles aboutissent enfin dans les années 550 (fr.wikipedia.org - Peste de Justinien).

Ego... episcopus, comperto divisionis laqueo, quo tenebar, diutina mecum cogitatiom pertractans, prona et spontanea voluntate ad unitatem Sedis Apostolicae, divina gratia duce, reversus sum. Et ne non pura mente, seu simulate reversus existimer, sub mei ordinis casu spondeo, et anathematis obligatione juro, atque promitto tibi, et per te Sancto Petro Apostolorum principi, atque ejus vicario Beatissimo Gregorio, vel successoribus ipsius, me numquam quorumlibet suasionibus, vel quocumque alio modo ad schisma, de quo Redemptoris nostri misericordia liberante ereptus sum, reversurum, sed semper me unitate sanctae Ecclesiae Catholicae et communione Romani Pontificis per omnia permansurum (Inter epist. Greg. 1. X. Epla 31. apud Labb. tom. V. 1495) (Carolus de Blieck, Dissertatio de unitate ecclesiae catholicae: quam cum subjectis thesibus annuente summo numine et auspice beatissima Virgine Maria, 1847 - books.google.fr).

Dès la première lettre (loin. 2 edit. Parisinae 1675, p. 561), le pape Grégoire le Grand ordonne à tous les évêques de Sicile de tenir tous les ans un concile provincial; dans la dix-septième (p. 579) il ordonne à tous les éveques d'Italie de réconcilier à l'Église les enfants des Lombards, qui ont été baptisés dans l'hérésie arienne; dans la soixante-cinquième (p. 531), il défend à tous les évêques de Numidie d'ordonner aucun donatiste; dans la quinzième du second livre (p. 454), il ordonne à tous les évêques de Dalmatie de rétablir l'archidiacre Honorat déposé par l'évêque Natale. Je ne vous parlerai ni de l'ordre qu'il donne (epist. 14, I. 4 , p. 577) à Démétrius, évèque de Naples, de recevoir à sa communion les hérétiques qui témoigneront vouloir rentrer dans le sein de l'Église, fût-ce avec quelque danger d'y être trompé; ni de l'instruction qu'il donne à Léandre, évêque de Séville (epist. 44, I. 11, p. 406 ed. Paris. 1675), sur l'usage d'une seule immersion, qu'il dit devoir être préféré à celui des trois, afin que les ariens n'en tirent pas avantage; ni de la commission dont il charge Léon, évèque de l'île de Corse (epist. 76, 1. l,p. 455), de faite la visite de l'église d'Alérie; ni de la fermeté avec laquelle il exige de Janvier, archevêque de Cagliari en Sardaigne (epist. 81, l. 1, p. 439), qu'il ait à réprimer l'orgueil et l'insolence du diacre Libéral; ni des menaces qu'il fait (epist. 7, I. 5, p. 652) à tous les évêques de l'Épire de les punir suivant la rigueur des canons, au cas qu'ils viennent à recevoir de l'argent ou des présents pour l'ordination des prêtres; ni des avis qu'il donne à lsichius, patriarche de Jérusalem (epist. 40, l. 9, p. 969), de veiller avec plus de soin à la conservation de la paix dans son église. Ces sortes de cas sont si fréquents dans les lettres de S. Grégoire, que je ne pourrais éviter, en les rapportant, de vous fatiguer par une multitude de faits semblables, et de même valeur.

Il exigea d'un évéque schismatique qui voulait revenir à l'unité de l'Église, et dont il lui prescrivit la formule. La voici : Je, évêque de...., ayant reconnu le piège du schisme où j'étais engagé, je suis revenu par la grâce de Dieu et de ma volonté à l'unité du Siège apostolique; et afin qu'on ne croie pas que je ne suis pas revenu sincèrement, je voue, sous peine de déposition et d'anathème, et promets à vous, et par vous à S. Pierre, prince des apôtres, et à son vicaire le bienheureux Grégoire, et à ses successeurs, que jamais, à la persuasion de qui que ce soit, je ne retournerai au schisme, mais que je demeurerai toujours en l'unité de l'Eglise catholique, et en la communion du pontife romain (Antoine Arnauld, La perpétuité de la foy de l'Eglise catholique sur l'Eucharistie, 1841 - books.google.fr).

La première date possible pour l'Ascension tombe le 1er mai ce qui laisse soupçonner une tentative réussie d'arrimage au calendrier chrétien de la grande célébration celtique du début mai. Le 11 mai, date de la Saint Mamert correspondrait donc au dimanche de Pentecôte en clef antérieure du calendrier lunaire chrétien. Les prodiges survenus à Vienne évoquent les menaces impliquées par la structure de la fête païenne, temps dangereux du passage entre la saison sombre et la saison claire. L'incendie rappelle le nom irlandais de la fête, Beltaine («le feu de Bel») et les clameurs qui accompagnent les tremblements de terre possèdent un parallèle gallois. Dans la Cyfranc Lludd a Llefelys, un cri mystérieux s'élève aux calendes de mai et rend stériles arbres, terres, eaux, animaux et femmes. Il est poussé par des dragons qui se battent sous terre sous forme d'animaux effrayants dont on comprend que les soubresauts puissent ébranler le sol. Le succès des Litanies des Rogations en Gaule montre qu'elle rencontrait un contexte propice à son épanouissement. Le fait que Grégoire le Grand institua plus tard une Litanie majeure le 25 avril, jour des anciennes Robigalia romaines, milite aussi dans le sens d'une entreprise christianisatrice (Mythologie française: bulletin de la Société de mythologie française, Numéros 217 à 221, 2005 - books.google.fr).

La clé antérieure est désignée dans les calendriers ecclésiastiques par prima, et la clé postérieure, dernière date possible par ultima.

Notons le psaume XC (90 Vulgate, 91 Hébreu) où peste, dragon et piège sont rassemblés, psaume correspondant à la page 90 de La Vraie Langue Celtique de l'abbé Henri Boudet où apparaît le dragon des Hespérides.

Celui qui habite sous la protection du Très-Haut, Qui séjourne à l'ombre du Tout-Puissant, Dit de Jehova : C'est mon refuge et ma citadelle; Il est mon Dieu ; j'espère en lui. Oui, il te délivrera du piége de l'oiseleur, De la peste pernicieuse. Il te couvrira de son plumage, Et tu t'abriteras sous ses ailes; Sa vérité sera pour toi un pavois et un bouclier. Tu ne craindras pas la terreur nocturne, Ni la flèche qui vole pendant le jour, Ni la peste qui s'avance dans l'obscurité, Ni la contagion qui sévit en plein midi. Mille tomberont à côté de toi, et dix mille à ta droite; Mais rien ne t'atteindra. Tu considéreras seulement de tes yeux, Et tu verras la rétribution des impies. Parce que tu as dit: Jehova est mon refuge, Et que tu as fait du Très-Haut ton asile, Il ne t'arrivera pas de malheur, Et le fléau n'approchera pas de ta tente : Car pour toi il commandera à ses anges De te garder dans toutes tes voies; Ils te soulèveront sur leurs mains, De peur que tu ne heurtes ton pied à une pierre. Tu marcheras sur le chacal et la vipère; Tu fouleras aux pieds le lionceau et le dragon. Puisqu'il s'est attaché à moi, je le délivrerai; Je le mettrai en sûreté, parce qu'il connaît mon nom. Il m'invoquera et je l'exaucerai; Je serai avec lui dans la tribulation; je le délivrerai, et je le mettrai en honneur, Je le rassasierai de longs jours, Et je le ferai jouir de mon salut (Les Psaumes, disposés suivant le parallélisme, 1857 - books.google.fr).

Sous le règne de Justinien éclata l'[...]affaire dite des « Trois Chapitres », qui agita l'Empire, provoqua un schisme dangereux dans l'Église d'Occident sans rétablir la paix en Orient et fut un lointain signe précurseur du du grand schisme d'Orient — affaire bien caractéristique où toutes les forces politiques et religieuses, de Constantinople à Rome, furent mobilisées pour une question de pure théologie. Des discussions passionnées sur la nature du Christ remplissent les ve et VIe siècles. La paix de l'Empire dépendait tantôt des Nestoriens qui affirmaient l'existence dans le Christ de deux personnes, entièrement séparées, la Vierge ne pouvant ni devant en aucune manière être appelée : Théotokos, « Mère de Dieu », mais seulement Mère du Christ-Homme, tantôt des Monophysites dont le chef Eutychès, ne reconnaissait qu'une seule nature en Jésus-Christ, la nature divine. Les deux hérésies se répandirent dans l'Empire et même à Constantinople avec une rapidité vertigineuse. En 449, le Concile flétri sous le nom de Brigandage d'Ephèse avait donné gain de cause aux Monophysites. Le patriarche de Constantinople Flavien avait dû subir d'odieux traitements du fait de sa fidélité à la doctrine orthodoxe. Le pape Léon le Grand s'était hâté de condamner tous les actes de cette assemblée. En 451, le quatrième Concile œcuménique, celui de Chalcédoine, où siégeaient cinq cents évêques, conformément à la lettre du pape Léon, condamna solennellement l'hérésie monophysite. On aurait dû croire que la paix dans l'Église d'Orient était rétablie. Il n'en fut rien. « Bien que l'orthodoxie ait tous les appuis officiels depuis l'avènement de Justin Ier (518), le monophysisme règne sur la moitié de l'Empire, et c'est à peu près uniquement pour ou contre la doctrine des deux natures que les hommes de plume et d'action livrent bataille. » (Pargoire.) L'Égypte et la Syrie sont les deux provinces les plus infectées de monophysisme (elles le sont encore aujourd'hui sous la double forme que cette hérésie revêt d'Église jacobite et d'Église copte), mais la capitale de l'Empire elle-même n'échappe pas à la contagion. La situation se complique du fait que l'impératrice Théodora prend fait et cause pour les monophysites. Justinien hésitait. Pour le succès de ses grandes entreprises occidentales, il devait ménager la papauté; pour restaurer en Orient l'unité politique et morale, il lui fallait ménager les monophysites, nombreux et puissants, de l'Égypte à l'Arménie. Sa volonté toujours hésitante s'efforça à travers bien des contradictions de trouver un terrain d'entante, mais ses oscillations ne firent qu'envenimer la lutte entre les deux puissants partis. En 536, un concile convoqué à Constantinople par le pape Agapit et dirigé, après sa mort, par le patriarche Ménas condamna les tenants de la doctrine monophysite et Justinien confirma la sentence par une loi d'État. Il persécuta les hérétiques et, d'autre part, pour complaire à Théodora, il laissa les monophysites reconstituer leur Église (543). C'est à ce moment qu'éclata, conséquence directe de la faiblesse de l'Empereur, l'affaire des « Trois Chapitres » qui troubla toute la chrétienté et spécialement la Dalmatie. Persuadé par l'impératrice que les monophysites se montreraient plus traitables si l'on condamnait pour cause de nestorianisme trois écrits, — ce sont les fameux « Chapitres », — c'est-à-dire des extraits des ouvrages de trois théologiens, Théodore de Mopsueste (le maître de Nestorius), Théodoret de Cyr et la lettre d'Ibas d'Édesse à Maris de Hardachis contre saint Cyrille et le concile d'Éphèse, Justinien commit l'imprudence de porter en 543 la condamnation sollicitée. Une révolte de loyalisme à l'adresse des pères du concile de Chalcédoine, qui avait reçu Théodoret de Cyr et Ibas d'Edesse dans sa communion, fut la réponse à la décision impériale. L'Illyrique passa au premier rang des opposants. Il avait donné sa pleine et entière adhésion aux décisions de Chalcédoine et entendait les respecter intégralement. Mais la décision impériale n'était pas antichalcédonienne. A Chalcédoine on s'était occupé avant tout d'une question dogmatique, ainsi que de la profession de foi des deux prélats. Leurs écrits antérieurs n'avaient pas été discutés et du maître de Nestorius les Pères ne s'étaient point occupés. L'acte impérial, tout en n'étant pas dirigé contre l'autorité du concile, était entaché de nullité aux yeux d'une partie de l'épiscopat, parce qu'il émanait d'une autorité incompétente. Encore une fois, l'empereur s'était substitué au pape. Mais le pape Vigile lui-même, mandé par l'empereur à Constantinople, tomba dans la même erreur. Il se rangea à l'avis de Justinien et, par un décret du 11 avril 548, lança son anathème contre les auteurs des Trois Chapitres. Une partie de l'épiscopat occidental se révolta, voulant être plus catholique que le pape. Au premier rang des révoltés étaient les évêques de Dalmatie, suivis de ceux d'Illyrie et de Gaule. Un concile, convoqué à Carthage en 550, excommunia le pape. Vigile riposta par l'excommunication du concile, mais ensuite retira sa sentence et s'accorda avec l'empereur pour réserver la conclusion de l'affaire à un concile œcuménique. La lutte dégénéra bientôt en un conflit entre le pape et l'empereur. Justinien promulgua en 551 un nouvel édit plus sévère que le premier. Le pape protesta. Il fut exposé à des violences inouïes, forcé de vivre en prisonnier à Saint-Pierre de Constantinople et plus tard à Chalcédoine. Enfin, au cours de négociations qui commencèrent le 18 janvier 552, il finit par accepter la convocation d'un nouveau concile œcuménique. Malheureusement, Justinien exclut dans ses invitations l'épiscopat africain tout entier. Vigile se vit dans la nécessité de revenir sur sa décision. Le conflit s'envenima. Pour couper court à des pourparlers qui ne conduisaient à rien, l'empereur ouvrit le 5 mai 553 le concile, auquel assistaient cent soixante évêques. Les évêques de Dalmatie et d'Illyrie refusèrent de s'y rendre. Le pape s'abstint. Il censura soixante propositions de Théodore de Mopsueste, mais il défendit de condamner sa personne ou de stigmatiser les écrits d'Ibas et de Théodore. Le concile passa outre et dans sa dernière session condamna les trois prélats. Le pape finit par céder, anxieux de rétablir la paix dans la chrétienté profondément troublée. Il sacrifia les trois morts au repos des vivants. Par les deux actes du 8 décembre et du 23 février 554, il condamna sans restriction les Trois Chapitres et reprit la route d'Italie. Mais en Occident avait éclaté le schisme. Le clergé d'Aquilée, — le schisme s'appellera du nom de cette ville, — de la Gaule et de l'Espagne fit cause commune avec le clergé dalmate, istrien et illyrien. Deux synodes convoqués à Aquilée en 554 et en 555 lancèrent l'anathème contre le concile de Constantinople qui, par l'approbation du pape Vigile, s'était mué en concile œcuménique et qui sera reconnu par son successeur Pelage Ier. Le chef du mouvement n'était pas le métropolite d'Aquilée mais l'évêque de Salone, Frontinien, qui plaida pour l'authenticité et l'orthodoxie des Trois Chapitres, soutenu par la majorité du clergé et de la population urbaine de Dalmatie. [...] Il y eut des rigueurs en Dalmatie, puis le feu s'éteignit, mais pour se rallumer à Salone en un conflit permanent entre le Siège Apostolique et les ordinaires de la métropole dalmate. Quant à l'Istrie, elle resta irréductible. Condamner les Trois Chapitres, disaient les évêques istriens et illyriens, c'était renier la foi de Chalcédoine et le pape Léon. Grégoire le Grand, successeur de Pelage II, put détacher quelques dissidents mais le schisme lui survécut. Il ne s'éteignit que sous le pape Honorius Ier (626–638). [...] Une des conséquences du schisme d'Aquilée fut le double conflit que le pape Grégoire le Grand eut à soutenir avec les évêques de Salone, Natalis (580–592) et Maximus (598–614). [...] L'archidiacre Honoratus était un témoin gênant des écarts de son ordinaire, et il ne se fit pas faute de protester contre les gabegies et les abus de toute espèce auxquels se livrait Natalis. [...] L'évêque de Salone se soumit et rendit à Honoratus sa charge d'archidiacre. [Un nouveau conflit éclata à la mort de Natalis. Son successeur Maxime fut accepté par le pape Grégoire par l'entremise de l'empereur Maurice. [...] Maurice assassiné, un soldat brutal lui succède, Phocas (602–610). Il achève de perdre la monarchie. Les Perses avancent jusqu'à Constan- tinople après avoir, sous Cosroès II, conquit la Mésopotamie, la Syrie, l'Asie Mineure. Les Slaves poursuivent leur travail de termites. Ils occupent des provinces byzantines réduites à la misère. L'état de l'Empire est bien près de la ruine totale. Mais il est dit que son existence est nécessaire pour le travail ésotérique qui s'accomplit derrière le rideau de pourpre de la nouvelle Rome. Il est sauvé une fois de plus ! En 610, Héraclius, fils de l'exarque d'Afrique, renverse Phocas et monte sur le trône. Il quitte le rivage africain, dit un chroniqueur, suivi de navires, aux tourelles armées, chargés de munitions et ornés de de l'image de la Mère de Dieu, comme si c'étaient des pyxides. Il devait fonder une dynastie réformatrice et transformatrice de l'Empire pseudoromain en Empire grec et oriental. La situation était désespérée. Les Perses marchaient de succès en succès : en 611 prise d'Antioche, en 613 chute. de Damas, en 614 Jérusalem tombe sous les coups de l'armée du Grand Roi. L'Égypte avec Alexandrie est occupée en 615. Les incursions slavo-avares se suivent sans interruption en Dalmatie, en Istrie, dans le Frioul. Qui aurait pu les empêcher? Toutes ces régions de l'héritage impérial deviennent no man's land jusqu'au jour où des Barbares trouveront qu'il y a avantage pour eux à s'asseoir sur la terre conquise définitivement et à ne plus lâcher la proie. Cependant que les faux Avars se lancent à cœur joie dans les chevauchées devant l'immensité de l'espace libre, les Perses enlèvent de Jérusalem la Croix du Sauveur. L'Europe est comme abandonnée. Le Danube n'est plus rien. Les villes se défendent comme elles peuvent par des par des milices citadines et par des garnisons ridiculement faibles. C'est en cette année 614 qu'un événement capital s'accomplit dans la partie occidentale des Balkans. La Dalmatie romaine cesse d'exister. [...] Tout à coup la tempête éclata. Une lame de fond emporta la ville impériale. Déguisés en soldats romains, les faux Avars, cette fois doublement faux, s'emparèrent de la forte position de Klis et de là se ruèrent sur Salone presque sans coup férir. Une grande partie de la population fut massacrée, la ville avec ses palais et ses églises en partie incendiée. Des ruines majestueuses restèrent debout pendant des siècles, et puis ce fut le silence, l'envahissement du sol. Personne ne songea à reconstruire la ville. Mais la chute de Salone ne faisait pas partie d'un plan préconçu. Elle est accidentelle. Elle n'est qu'un épisode secondaire dans cette formidable tourmente humaine du VIIe siècle qui ébranlait dans ses plus profondes assises une construction millénaire. D'autres villes du littoral, comme Tragurion et Zara (Jadera), résistèrent en partie aux assauts des envahisseurs. Mais elles succombèrent un peu plus tard. Épidaure fut détruite de fond en comble. Les populations éperdues se réfugièrent tout d'abord dans les îles (Brazza, Solta, Faros, Issa, Corfou), ensuite sur les rochers de Raguse, petit bourg gréco-illyrien de pêcheurs, et enfin dans l'enceinte du palais de Dioclétien, pollué, abandonné, mais qui avait résisté à la tornade et d'où devait surgir comme par enchantement la ville de Spalato, dont le nom rappelle peut-être le grec es palation, à moins que l'Aspalaton, la Belle-de-Jour, le convolvulus jaune dont était jonchée la terre parfumée ne fût plus puissant que le nom du palais impérial déserté (Lujo Vojnovic, Histoire de Dalmatie: avec 18 graveres hors texte ; des origines au marché infame (1409), traduit par Alexander Neroslavsky, 2008 - books.google.fr, Autour de Rennes le Château : Messie, Messias).

I. L'Eglise, frappée de tant de, fléaux, ayant dédaigné de s'humilier elle-même, il appartient à la main divine, qui élève les humbles et abaisse les superbes, de commencer par l'humilier pour l'élever ensuite; de l'aflliger pour la consoler; de la frapper pour la guérir. II. Car c'est en vain que, déchirée comme elle est par ce funeste schisme, nous attendrions d'un effort humain sa restauration. Ce ne sont point là des oeuvres qui soient au pouvoir de l'homme, un tel travail exige une main plus haute. Si jamais elle doit revenir à l'unité, il faudra que la même puissance qui fit sa blessupre en opère la guérison; la plaie est si profonde et si irrémédiable, qu'il n'est aucun autre art qui puisse la cicatriser. Il a été fait dans cette vue beaucoup de tentatives, conçu beaucoup de résolutions, assigné beaucoup de conférences, envoyé beaucoup d'ambassades; mais plus de peines nous nous sommes données, plus nous avons embarrassé les choses et les avons chargées de difficultés nouvelles. Dieu se riait de nos entreprises, ou plutôt il s'irritait de la présomption qui nous portait à croire que, sans son assistance, nous viendrions à bout d'un tel ouvrage. Ajoutez que nous sommes indignes et de lui demander et d'obtenir de lui la paix, car il n'est point de paix pour les impies, - a dit le Seigneur. Et il ajoute, encore par la bouche de son prophète : «La paix est l'œuvre de la justice.» Enfin lorsque Dieu se fit homme, le chœur des anges, annonçant la paix à la terre en des chants suaves et harmonieux, ne la promit qu'aux hommes de bonne volonté. III. Mais que cette peste schismatique nous vienne de Dieu, c'est ce qui est attesté par plusieurs passages de Zacharie. Car nous lisons dans ce prophète, qui a enveloppé d'un voile de prédiction beaucoup d'événemens relatifs aux dernières tribulations de l'Église, que Dieu, le pasteur suprême, le chef et la règle de tous les autres, a, pour faire paître son troupeau, deux boulettes, qui sont l'Honnêteté et le Cordon ; attendu 1° que l'honnêteté des mœurs et la charité fraternelle doivent animer tous ceux qui veulent occuper des emplois dans l'Église; et 2°- que la charité, qui est le lien de la perfection, a un triple cordon qui se rompt difficilement , puisqu'il se rattache à Dieu, au prochain et à nous-mêmes. Mais si le pasteur, oubliant les préceptes divins, cherche ses avantages, et non point ceux qui se rapportent à Dieu, et s'il se laisse entraîner honteusement dans des voies profanes, Dieu brise sur lui sa double houlette, et lui envoie, au lieu de l'honnêteté, la honte et l'ignominie; au lieu du cordon qui lie et resserre les schismes, les dissentions, et les discordes virulentes; enfin il déchire son pacte avec les pasteurs et les brebis et anéantit entre eux toute association; car bien souvent les subordonnés eux-mêmes sont punis pour les fautes de leurs chefs. C'est ainsi que, pour la désobéissance de David dans le dénombrement du peuple, une plaie pestilentielle fut envoyée sur les juifs. Ce qui est constant, c'est que la première houlette, appelée l'Honnêteté, a, depuis longues années, été retranchée de l’Église, livrée à ce débordement des mauvaises mœurs dont j'ai parlé précédemment. C'est depuis ce temps que nous l'avons vue décliner, languir et tomber dans le dépérissement. Dépouillée de sa fraîcheur et de sa beauté, elle penchait vers la terre un front pâle et abattu. Le mal ensuite, au lieu d'être combattu par des remèdes vigoureux, fut abandonné à lui-même, et s'accrut tellement, par une négligence invétérée, qu’il se répandit dans tout le corps et le jeta enfin dans un état complet de dissolution, selon ces paroles du prophète : « Depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, la santé s'est retirée de lui.» Alors fut brisée la seconde houlette, c'est-à-dire le cordon qui liait les membres entre eux; et, le lien de la paix étant rompu, les horreurs du schisme se sont répandues parmi nous.

Qui ne sait, en effet, que cette peste cruelle et exterminatrice qui consume et dévore tout, je veux dire le schisme de l'Église, a été enfantée, nourrie, accrue et propagée par la perversité des cardinaux ? (Mathieu-Nicolas de Clamenges, De l'état corrompu de l'Eglise (fin XIVème siècle), Étienne Aignan, Bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature ancienne et moderne, 1823 - books.google.fr).

Le schisme & le péché même, qui n'est qu'un schisme particulier, est la peste du corps de Jésus Christ. Nous voions que les Magistrats au moindre soupçon qu'il y a de pécher de peste, lorsqu'elle n'est encore qu'aux extrémités du Roiaume, ne laissent pasmbler déja, & donnent les ordres nécessaires, afin de la prévenir, & d'empêcher qu'elle ne se communique à leurs villes. Pourquoi donc les Magistrats de ce grand corps, & tous les amis de Jesus-Christ qui sont comme ses officiers, & qui ontl'honneur d'approcher de plus près de sa personne, ne s'intéresseront-ils point pour la santé & pour réassurance de tout le corps dont ils sont les membres ? Pourquoi donc ne trembleront-ils point pour eux & pour nous, & pour tout le corps de Jésus Christ, à la moindre apparence d'un si grand mal pourquoi ne tâcheront-ils point de prévenir toute sorte de schisme, & de s'opposer à leur première entrée, en fortifiant le plus qu'ils pourront par leurs prières, la foiblesse des personnes qui sont capables de faire schisme ? (Jean Hamon, Traité de la prière continuelle, 1735 - books.google.fr).

Piège à ours

On remarque qu'Ursule est une petite ourse comme Urcize est un ours aussi. S'ajoute la date du 3 février, lendemain de la Chandeleur qui marque la sortie d'hibernation traditionnelle de l'ours.

Les chasseurs de la fin du paléolithique vénéraient les ours des cavernes «avec une piété franchement affectueuse», comme le constate K. Sälzle dans son ouvrage Animal et homme - divinité et démon (1965). Mais ce n'est pas seulement l'ours des cavernes, mais aussi l'ours brun, l'ours blanc et le grizzly qui ont été englobés dans ce culte de l'ours. Dans la mythologie des tribus de chasseurs paléoasiatiques (surtout sibériens) et sub-arctiques (nord-américains), en particulier, nous trouvons ce culte cynégétique et ces sacrifices autour de l'ours. Selon des rites bien établis, on rendait à l'ours abattu un culte fervent. La bête capturée, après la mort rituelle, était traitée comme un hôte et le chasseur s'excusait d'avoir dû la tuer. On dit que chez les Koriakes, l'ours était considéré comme un hôte lorsqu'on le mangeait, la peau de l'animal avec la tête recevait une place d'honneur. «On le sacrifie, lui tient des discours et l'on devient de plus en plus exubérant, jusqu'à ce qu'enfin la bête soit dépecée, son sang bu et la venaison partagée entre les présents. Le dernier acte du cérémonial est le dépôt du crâne en lieu sacré ou son enterrement solennel, les autres os étant aussi souvent enterrés en même temps. Chez les Toun- gouses et les Yakoutes, ceux qui prennent part au festin ne doivent pas briser d'os.» (D'après Sälzle.) Selon les croyances des chasseurs, ce culte magique était censé rendre la vie à la bête. On croyait que l'ours s'était transformé en ourson et continuait à vivre. C'est pourquoi on devait toujours entretenir de bons rapports avec l'esprit protecteur de l'ours tué, la divinité des forêts. Les Tchougaches de l'Alaska racontent que les «âmes de bêtes se réincarnent dans de nouvelles bêtes lorsque l'homme a traité comme il convenait le gibier abattu. Ainsi le crâne de la bête donne naissance à un nouvel ours qui profite à l'homme.» De cette manière, le rapport étroit entre le chasseur du paléolithique et le monde animal environnant stimulait aussi la pensée logique des hommes. Non seulement parce que le chasseur représentait par l'image les habitudes typiques les plus marquantes des bêtes mais aussi parce qu'il élaborait de nouvelles méthodes de capture et de chasse qui présupposaient une pensée logique. Après des succès de chasse dus uniquement au hasard, on recueillit, grâce à l'observation exacte du mode de vie et du comportement des bêtes, des expériences permettant de déduire où l'on pouvait trouver le gibier et quelles étaient ses habitudes. Les lieux où il s'abreuvait et ses passées se révélèrent particulièrement favorables. De nombreuses fouilles ont prouvé que, dès la fin du paléolithique, on appliquait des méthodes de capture dont les principes de base ont encore cours dans de nombreuses régions du monde. A côté de l'installation de fosses couvertes et découvertes on a pu mettre en évidence avec précision l'existence, dès le mésolithique, des dispositifs de capture suivants: trappes, pièges à bascule et à chute, pièges à harpon, lacets, filets, hameçons, nasses, sagaies. Ces systèmes de pièges permettaient un exercice rationnel de la chasse en assurant un succès plus régulier ou plus important et en permettant au chasseur de gagner du temps. Le développement du mécanisme des pièges, qui qui représente une des premières inventions techniques de l'histoire humaine, permet une nette amélioration du ravitaillement des tribus de chasseurs et de cueilleurs. A cet égard, la fosse constituait l'un des systèmes les plus intéressants. Elle était répandue dans le vieux monde, de l'Afrique aux montagnes de Karakorum et à l'Amour. La maîtrise de la technique de la chasse au piège compte parmi les réalisations les plus importantes de la protohistoire. Le célèbre ethnologue E. Lips a établi dans son ouvrage De l'origine des choses que, «pour la première fois, l'homme avait construit une machine travaillant pour lui en son absence et son intelligence, inventé un robot le remplaçant avec une une précision mécanique. Cet instrument magique était le piège à animaux. Le piège assume les fonctions du filet, de la massue, du lasso lancé à la main ou de la flèche qu'il faut décocher, à cela près qu'il aboutit à des résultats meilleurs et plus sûrs. Grâce à la mise au point d'un mécanisme de déclenchement ingénieux reposant sur le principe du levier, le plus léger contact déclenche un piège bien conçu». Des principes de physique sont déjà en application ici, bien avant la naissance d'Archimède. La fosse reste en usage de nos jours chez de nombreux chasseurs d'Asie et d'Afrique, comme l'a montré l'Exposition mondiale de la chasse tenue en 1971 à Budapest (Erich Hobusch, Histoire de la chasse: des origines à nos jours, 1980 - books.google.fr).

Il existait les "trebucs" dans les Pyrénées. Les Aragonais eurent recours à ces pièges pratiquement jusqu'à la disparition des ours de leurs montagnes.

Le quatorze et l'ours

Les quatorze premiers jours de sa retraite, l'ours eft accablé d'un sommeil si lourd, qu'en le blessant même on ne peut l'éveiller. Cet engourdissement léthargique engraisse merveilleusement ces animaux. Leur graisse eft employée dans plusieurs médicaments. On l'emploie efficacement pour arrêter les progrès de la pelade. Du moment qu'ils font parvenus à cet excès d'embonpoint, ils se tiennent assis sur leur croupe, & tirent leur nourriture de leurs pieds de devant, qu'ils fucent. Ils garantissent leurs petits du froid en les serrant contre leur poitrine, par un procédé qui ressemble fort à l'incubation des oiseaux sur leurs poussins. Mais voici ce qui tient du prodige : Théophraste témoigne croire que pendant ce même tems, les chairs gardées & cuites de ces mêmes animaux profitent & prennent de l'accroissement, encore qu'en disséquant des ours, on ne trouve alors chez eux aucun vestige de nourriture ; tout ce qu'on observe dans leur ventre, en les ouvrant dans cette époque, se réduisant à une très petite partie d'humeur. Car pour ce qui est du reste du corps, on n'y trouve alors, dit-il, aucune trace de sang, si ce n'est quelques gouttes, en petite quantité, dans la région du cœur. Au printems les ours sortent de leur retraite, également mâles & refaits de graisse; ce qui doit jetter dans l'étonnement : car, independemment de la diète qu'ils ont observée, il est constant que depuis le moment de leur retraite, loin de rien pratiquer qui tende à les engraisser de la sorte, ils n'ont au contraire dormi que durant quatorze jours, comme nous l'avons observé plus haut. A leur première sortie ils dévorent une certaine herbe nommée aron pour se libérer le passage des intessins, & vont s'aiguiser les dents contre les greffes des arbres (Louis Poinsinet de Sivry, Histoire naturelle de Pline, Livre VIII, Volume 3, 1771 - books.google.fr).

Différents ingrédients de la naissance d'un Jean de l'Ours sont semés dans les aventures de Jaqueline et Galien. La conception du héros, lors d'une rencontre furtive et plutôt brutale (Olivier avait « gabé » d'honorer 14 fois en une nuit la fille du basileus), la fuite de Jaqueline dans la forêt, les sites où elle s'arrête (avec leurs « fontaines »), le trône de Constantinople offert à Galien (comme à Orson), les médisances qui accablent la dame, les fées qui prennent soin de l'enfant,... en sont autant de motifs (Guillaume Issartel, La geste de l'ours, 2010 - books.google.fr).

Dans cette même tradition française, l'enfant conçu de cette nuit de prouesse sexuelle d'Olivier n'est autre que Galien, héros éponyme de la chanson de geste Galien li Restorès. Dans cette tradition, Galien arrive sur le champ de bataille de (Les chansons de geste: actes du XVIe Congrès International de la Société Rencesvals, pour l'étude des épopées romanes, Granada, 21-25 juillet 2003, 2005 - books.google.fr).

Jean de l'ours est un personnage de conte très populaire, notamment dans la région du Sud-Ouest et des Pyrénées. Né d'un ours et d'une jeune femme enlevée dans la forêt par le quadrupède, Jean de l'ours est doté d'une carrure impressionnante et d'une force démesurée qui lui permet de réaliser des exploits surhumains (Édouard Brasey, L'encyclopédie des héros du merveilleux, 2010 - books.google.fr).

Les constellations de la petite Ourse et de la grande Ourse ont chacune sept étoiles traditionnellement, soit 14 en tout.