partie ix - synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU J ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES   
BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU J ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES

On place la phrase de 30 mots issue du décryptage du grand parchemin :

BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU J ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES

en deux lignes de 15 mots :

et on fait une lecture en créneau :

BERGERE ET CE PAS DE CHEVAL DE TENTATION QUE DIEU J POUSSIN TENIERS A CHEVECE GARDENT LA DAEMON DE CLEF PAX GARDIEN A DCLXXXI PAR MIDI POMMES LA CROIX BLEUES

avec une astuce en lisant "ACHEVE CE" par "A CHEVECE".

En filigrane, on retrouvera la figure de la déesse Athéna, vierge immaculée, qui préside à la guerre, aux sciences et aux arts, à la raison, l'intelligence etc. Elle est identifée à Neith, déesse de Saïs et d'Esna.

Athéna

Mais qui est au juste cette Athéna ? Là encore nous retrouvons une seconde référence implicite à Platon. Comment en effet ne pas songer au plus célèbre des récits de cosmogonie philosophique que compte l'Antiquité classique et où Athèna se trouve évoquée dans des termes tout à fait semblables. On sait en effet que le début du récit de Solon dans le Timée fait référence au neume de Sais et précise que cette ville a été fondée par une certaine déesse dont le nom égyptien est Neith et le nom grec Athèna. En l'absence de tout autre commentaire consentant à prêter attention à cette invocation initiale du Tintée, force est bien de se reporter à l'interprétation tardive que Proclus en propose. Or la notation de Proclus, toute marquée qu'elle soit de néo-platonisme, offre avec la théologie stoïcienne une analogie qui ne manque pas d'être frappante : « Sur la Déesse qui veille sur ces villes, lisons-nous, il faut savoir ceci. Cependant que, sortant des causes intelligibles et intellectives, elle parvient à travers les classes supracélestes, jusqu'aux portions célestes et aux lots terrestres, il lui a été assigné en part des lieux qui lui sont appropriés, et ce n'est pas de manière adventice qu'elle a accordé au lieu sa protection hégémonique, mais parce qu'elle a préassumé en elle-même l'essence et la forme spécifique du lieu et a ainsi reçu ce lot comme ayant affinité avec elle ». Proclus exprime ici la manière dont la Déesse, gardienne des deux cités, sort de la forme la plus élevée de l'intelligence pour venir assurer la fonction de protectrice de lieux spécialement accordés à sa propre configuration divine et intellectuelle. Il poursuit : « Que ce soit dès le principe que la domination de cette Déesse s'étend jusqu'aux dernières régions, les Grecs le montrent quand ils disent qu'elle est née de la tête de Zeus, les Égyptiens quand ils rapportent que, dans l'adyton de la Déesse, on voit publiée cette inscription : « Je suis ce qui est, ce qui sera, ce qui a été. Nul n'a soulevé mon chitôn. Le fruit que j'ai mis au monde, ça été le Soleil ». La Déesse est donc une sorte de divinité démiurgique à la fois insensible et visible, qui tout ensemble a sa portion dans le ciel et illumine la création sublinaire au moyen des formes idéales ». Il faut noter ici deux aspects. D'abord la rencontre de la théologie égyptienne avec la théologie stoïcienne. La naissance d'Athèna est proprement la naissance de la Vierge (ortutn virginis, comme Cicéron lui-même le rapporte). Plutarque précise que les Égyptiens identifiaient cette déesse à Isis. Le second point qu'il convient alors de relever, et souligné par l'inscription complète telle que la conserve Proclus, est le fait qu'elle ait donné naissance au Soleil, ce qui en fait une divinité démiurgique. Dupuis, citoyen français, professeur au Collège de France et auteur célèbre en son temps (la Révolution et l'Empire), mais aujourd'hui bien injustement oublié, d'une monumentale histoire des religions classiques, rassemble — à l'exception toutefois de Diogène de Babylone — tous les éléments du dossier. Il rapproche naturellement Plutarque et Proclus, mais encore Ératosthène et Hor-Apollo, le grammairien de l'Egypte, et bien évidemment Macrobe (Sat., I, 21). La naissance du fils d'Athèna, qui est le Soleil ou Apollon, a lieu au milieu de la nuit la plus obscure, dans le lieu le plus humble qui préfigure la crèche de la tradition chrétienne. Certes les gens de Sais ne fêtaient pas comme nous Noël, mais plutôt la Chandeleur (2 février) qui est la fête des lumières de la Purification, en l'honneur de la vierge Athéna, « image de la substance pure et lumineuse dont le soleil est émané et qui enfantait le Dieu Lumière ». Une sorte de vertige historique s'empare de nous lorsque bous prenons conscience qu'Athéna n'est autre qu'Isis, et qu'Isis, la vierge célébrée par la cathédrale Notre-Dame de Paris sur le portail de laquelle le citoyen Dupuis a écrit de si belles pages, n'est autre que la déesse Raison de la Révolution française dont la fête était célébrée sur une mise en scène de David accompagnée d'une musique de Méhul. L'épithète quasi hésiodienne de déesse Raison renverrait-elle à la très ancienne théologie du Stoïcien Diogène de Babylone ? (Jean-Paul Dumont, Diogène de Babylone et la déesse Raison. In: Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n°3, octobre 1984 - http://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1984_num_1_3_1236).

Certains interprètes, dont Chrysippe récuse l'exégèse, voudraient expliquer la naissance d'Athéna hors de la tête de Zeus en prétendant qu'Athéna, qui représente la sagesse ou l'intelligence, résidait avant de naître dans la tête de son père, ce qui voudrait dire que la conscience ou la faculté maîtresse de l'âme, ou encore l'hégémonique, a son siège dans la tête de l'homme raisonnable. Or il y a là deux impossibilités : la première est d'ordre naïvement physiologique : on peut la formuler plaisamment par la formule de Joseph Prudhomme : « Tout homme est fils d'une femme » ! Il faut donc qu'Athéna soit d'abord fille de sa mère. Mais la seconde impossibilité tient au réfèrent scientifique du symbole. En fait, l'hégémonique qui est un souffle, n'a pas son siège dans le crâne, mais beaucoup plus bas dans la poitrine, et c'est de la poitrine qu'en réalité naît le logos, même si son passage dans les cavités du cerveau a pour effet de changer le cri en parole raisonnable et d'articuler rationnellement la pensée. Donc une exégèse correcte du mythe de la naissance d'Athéna ne peut pas faire apparaître sa sortie du crâne de Zeus comme la phase de l'accouchement qui marque l'instant où l'enfant reçoit une âme, voit le jour et ainsi refroidi naît à l'existence et à la vie1. Les détails fournis par Hésiode confirment bien qu'Athéna était déjà née avant de voir le jour ; mieux, Thémis avait à son intention fabriqué l'égide, et c'est tout armée qu'Athéna voit le jour et non pas toute nue comme s'il s'agissait d'une immédiate naissance. Par conséquent, le mythe de la production au jour d'Athéna n'est pas l'histoire d'un accouchement fabuleux, comme celui auquel renvoient les naissances qui se font par l'oreille. Bien qu'ayant lieu à l'intérieur de Zeus, la naissance d'Athéna est tout à fait « normale ». Le paradoxe ne commence qu'à partir du moment où le mythe exprime allégoriquement (or, ainsi que le note Chrysippe cité par Galien, le langage symbolique est sujet à des glissements) la manière dont Athéna, née de Métis dans l'estomac de Zeus — tel est l'accouchement proprement dit — accomplit à l'intérieur de Zeus l'itinéraire vertical qui la conduit vers la sortie et vers le jour, c'est-à-dire vers la tête. La fable de la naissance, puis de la sortie d'Athéna, raconte au philosophe l'histoire d'un mystérieux itinéraire : cet itinéraire est celui du Logos. [...]

Comme le disait Chrysippe : « De l'art procède la sagesse ». Or la vérité d'une telle proposition ne se fonde pas sur l'autorité du mythe, mais au contraire sur la physiologie ou la physique du langage. La partie phonique de l'âme1 était déià définie par Zenon (mais quelle signification donner au mot Zenon dans la doxa d'Aétius, et ce terme ne désigne-t-il pas le Portique en général?) sous le terme « un souffle qui part de l'hégémonique pour s'étendre jusqu'au pharynx, à la langue et aux organes appropriés ». Dans la physiologie conçue par Diogène de Babylone, l'air puisé sous la forme du cri animal à la hauteur de l'estomac remonte jusqu'à la bouche d'où il sort, mais il faut aussi que, selon la formule d'Aristote, cet air se charge de signification. Or cette signification et sa qualification rationnelle sont conférées à la parole par l'itinéraire que suit l'air de la voix et du logos humain, échauffé et purifié, en tout cas rationalisé, par son bref séjour dans les cavités des hémisphères cérébraux. Naturellement, ce processus de rationalisation de la parole demeure passablement obscur. Car, si l'existence de ce processus est bien par ailleurs analogiquement prouvée par la constatation que l'enfant accède en sept ans à l'âge de raison et forme ainsi des concepts rationnels ou des notions communes, il n'en demeure pas moins que la physiologie du mécanisme reste obscure. Il faut bien alors en appeler à la tradition mythologique, pour y chercher l'expression symbolique cachée de la manière dont la technique engendre le plus haut savoir. Or il arrive que le succès est total si le mythe prend effectivement pour objet l'anatomie et la physiologie de l'homme et du langage. Dire, en effet, qu'Athéna naît à l'intérieur de Zeus des œuvres de Métis et que, d'expression d'une tendance primitive, elle se transforme en raison par son passage dans le cerveau de Zeus, c'est donner une crédibilité à ce qui est incompréhensible dans le détail, mais parfaitement admissible, si l'on considère les résultats et la globalité du processus. Ainsi le mythe de la naissance d'Athéna et ensuite de sa sortie par la tête décrit bien la métamorphose du cri ou de la parole technique en voix et en discours sage et raisonnable (Jean-Paul Dumont, Diogène de Babylone et la déesse Raison. In: Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n°3, octobre 1984 - http://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1984_num_1_3_1236).

Athéna et le bleu

Le peuple Cyaniens, nom qui rappelle la couleur bleu, ou Cianiens (Kianoi) ce qui en éloigne.

Les roches Cyanées s'élevaient à l'entrée du Pont-Euxin, les écueils Chélidoniens sur la côte de Cilicie. Les roches Cyanées sont les roches bleues et la chélidoine porte une fleur bleuâtre.

Athéna aide le passage d'Argo, navire des Argonautes dont le chef est Jason, au milieu des roches Cyanées ou Symplégades.

Quand les Argonautes arrivent en face des Roches Cyanées, Athéna leur dépêche un oiseau qui vient se percher au sommet du mât. A un moment donné, l'oiseau s'envole et tournoie à proximité des rochers, guettant l'occasion de franchir le passage. Quand enfin il s'élance, les deux roches, qui se sont séparées, reviennent l'une vers l'autre, assez vite pour sectionner l'extrémité de sa queue.

Dans une autre version, Athéna arrache le navire Argo de la main gauche à la pression des Roches Errantes, et de la droite le propulse à grande vitesse (Marcel Detienne, Jean Pierre Vernant, Les ruses de l'intelligence, 1974 - books.google.fr).

Athéna porte de nombreuses épithètes. Parmi les plus fréquentes, outre celle de Pallas et de Parthénos, figure l'adjectif grec glaukôpis (littéralement « au regard glauque ») qui s'applique à ses yeux : il signifie précisément qu'ils sont d'une couleur vert olive pâle, entre le bleu et le vert (pers), comme les yeux des chouettes. Or la chouette est l'oiseau favori d'Athéna « aux yeux pers », car elle symbolise l'intelligence de la déesse par son regard perçant capable de voir la nuit : à la fois fixe et lumineux, il passe pour posséder un pouvoir fascinant et paralysant comparable un peu à celui de la Gorgone. De plus, la chouette étant un animal nocturne, tout cela nous rappelle qu'Athéna est au départ et avant tout une divinité lunaire (Dictionnaire de la mythologie gréco-romaine, 2012 - books.google.fr, Hugues Romano, L’œil des dieux, 1997 - books.google.fr).

Homère déjà connaît Athéna sous ces traits pacifiques ; à Athènes elle est honorée sous le vocable d'"Erganè". l'ouvrière [cf Ergaste des Illustres Bergers] ; et en maint endroit de la Grèce, des légendes parlent de vêtements magnifiques tissés par elle pour ses héros favoris. Une jeune fille lydienne, ayant osé la défier aux. travaux de l'aiguille, fut changée en araiguée (Arachne). A mesure que la civilisation hellénique se développe par la culture des ans et des lettres, que les inventions utiles apportent des ressources nouvelles, et que le génie humain atteste son influence sur les destinées des nations, l'image d'Athéna grandit ; elle est identifiée par les philosophes avec l'intelligence, avec la raison souveraine en qui se résument toutes les conquêtes de la civilisation sur la barbarie. Elle se confond en quelque sorte avec l'image idéale de la ville qui, après les guerres médiques, représente le mieux devant l'opinion la vaillance dans la guerre, le génie dans la poésie et les arts, la sagesse dans la politique, c'est-à-dire Athènes. Des colons sortis de cette ville pour habiter l'île de Lemnos, emportent une statue monumentale de Phidias, qui, réunissant tous ces traits, mérita d'être appelée la Belle par excellence, Callimorphe. Dans l'expression la plus entière et la plus parfaite de sa personnalité, se retrouve la notion de sa divinité originaire : elle a représenté d'abord l'éther lumineux qui en Attique brille plus pur que partout ailleurs. Dans toutes ses transformations, elle demeure la vierge immaculée, vaillante, généreuse et douce sans faiblesse. Elle devient enfin l'incarnation vivante et harmonieuse des qualités de pénétration subtile, de la raison élevée, de l'imagination à la fois mesurée et vigoureuse qui ont fait du peuple athénien le maître intellectuel de l'univers, après que la vaillance réfléchie en eut fait l'arbitre des destinées helléniques dans la lutte contre l'Asie (Bulletin de la Faculté des lettres de Poitiers, 1888 - books.google.fr).

La chevêche, en grec "aigôlios" (Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes, 1960 - books.google.fr).

Athéna et Neith

Athena was, like Neith, widely acknowledged to be a virgin (e.g., Diodorus Siculus 5.3.4; Ovid Metamorphoses 5.375). Various other elements associated with her suggest that she retained hints of autogeneity, as well. Plutarch (On Isis and Osiris 62/376A) claims that the name Athena signified “I have come from myself” ('êlthon 'ap' 'emautês), an unequivocal autogenetic reference. The Orphic Hymn to Pallas (Athena) begins by addressing Athena as monogenês, which is generally translated as “only-begotten” (Liddell and Scott, 7th edition, s.v.), but which can also mean “only born sole offspring,” “unique in kind,” and “singly born” (Long 1992, 49). In short, it connotes a self-born, self-created being, which corresponds perfectly with Athena's identification with the autogenetic Neith. Athena also wore the lizard or crocodile on her breast in certain gems and statues (Elworthy 1958, 320). This is likely a vestige of her association with Neith, whose mythology included a story that she gave birth to the crocodile god Sobek (see Lesko 1999, 50–1). What is particularly interesting here is that the lizard was believed to conceive by the ear and bring forth its young from the mouth (King 1887, 107). Thus, Athena's wearing of the lizard/crocodile would further connect her with both Neith and parthenogenesis. [...]

Athena also retained Neith's function as goddess of weaving (e.g., Hesiod Works and Days 63–4; Aelian On Animals 6.57), which was symbolic of parthenogenetic creation. Athena's role as virgin patron of weaving was acknowledged during her most important festival at Athens, the Panathenaia, which was held in the summer and celebrated as the new year. As part of this event, four females wove the goddess's woolen peplos, or ceremonial robe, and presented it to her statue at the Acropolis at the culminating moment of the grand procession (Suda, s.v., arrephorein; peplos). The peplos motif vividly calls to mind the inscription to Neith mentioned earlier, “No one has ever lifted my peplos,” a direct reference to Neith's parthenogenetic nature. I suggest that in the context of the Panathenaia, then, the peplos similarly was a symbol of Athena's original capacity as virginal creatrix. I discuss the Panathenaia and its parthenogenetic associations more fully later in this chapter. Athena's Virgin Mother aspect was perhaps most fully retained in one of her most celebrated cults, located in Tegea in southeastern Arcadia, where she was known as Athena Alea (“shelter,” “asylum”). Archaeological evidence from the oldest layers at this site reveals that Athena was once identified with fertility symbols (Deacy 2008, 131). As Deacy (131) affirms, such symbolism raises the possibility that, early on, Athena had more in common with a mother goddess such as Demeter than she did with her later pan-Hellenic character as sterile virgin. The symbol that emerges as preeminent in this regard was the pomegranate. (Marguerite Rigoglioso, The Cult of Divine Birth in Ancient Greece, 2009 - books.google.fr).

La parthénogénèse est le mode reproduction du sycomore sur lequel Zachée était perché (Thèmes : Double Zachée).

Dans le mythe de la Vierge Mère intervient fréquemment la parthénogénèse pendant l'antiquité grecque et orientale : la mère du dieu Attis est enceinte après avoir mangé une grenade (Jean Boyer, Saint Jacques de Compostelle: légendes et chemins d'hier et d'aujourd'hui : essai, 1999).

Anciennement Neith était la personnification de l'éternel principe féminin de la vie qui existait par lui-même et se nourrissait de lui-même, qui était secret et inconnu et pénétrait toutes choses ; ceux dont les idées étaient plus matérielles ; tout en admettant qu'elle avait donné le jour à son fils Râ sans l'aide d'un époux, ne pouvaient éloigner de leur esprit l'idée qu'un germe masculin était nécessaire à sa production ; trouvant impossible de le faire dériver d'un être exterieur à la déesse, ils supposèrent qu'elle fournissait elle-même non seulement la substance qui devait former le corps de Râ, mais aussi le genre mâle qui la fécondait. Neith était ainsi le type de la parthénogénèse (E. A. Waliis Budge, The Gods of the Egyptians, London, 1904) (Annales du Musée Guimet: Bibliothéque d'études, Volumes 35 à 36, 1926 - books.google.fr).

La reproduction du lézard par l'oreille recontre l'oreille coupée de Malchus par un des apôtres au jardin de Gethsemani.

Deux sanctuaires parallèles du grand temple de Neith à Sais servaient de reliquaire aux deux « oreilles» d'Osiris, parties de son corps dispersé aux quatre coins de l'Egypte (La Croix d’Huriel et pierres noires : Saint Jean Baptiste, Saint Sulpice et Sceau de Palaja).

Eutychius parle d'une autre espéce d'Hérétiques fort singulière; ce sont des gens qui disoient que le Verbe entra par l'oreille de la Vierge, et qu'il en sortit par la voye de l'enfantement. Ce sentiment étoit celui d'un certain Elianus & de sa Secte. Je laisse à deviner au Lecteur quelle est cette porte, pour lui dire qu'on trouve quelque chose de plus modeste dans un Hymne de S. Ephrem. "Comme la Mort, dit ce Pére, est entrée par l'oreille d'Eve, de même la Vie est entrée par l'oreille de Marie. Vossius, Chanoine de Tongres, qui a traduit sur le Grec les Oeuvres de S. Ephrem, a remarqué, que cette pensée vient originairement de Grégoire de Neocésarée, surnommé Thaumaturge, & M. Asseman tâche de l'autoriser par deux passages d'Auteurs Latins. Le premier est de St. Augustin. "Dieu, dit ce Pére, parloit par son Ange & la Vierge Devenait enceinte par l'oreille". Le second, qui est du Pape Félix [II ou III, mort le 25 février 492] écrivant à Pierre d'Antioche, est conçu en ces termes : "Le Verbe intime du Pere, le Verbe substantiel, le Verbe qui est Dieu, se glissant par les oreilles de la Sainte Vierge, opéra sa conception d'une maniéré ineffable". Patris enim intimum Substantiale Verbum, Deus, per Sancte Virginis aures, illapsum conceptionem ineffabiliter opération est. A cette occasion Mr. Affeman nous apprend, que le Bréviaire des Maronites ayant été donné à quelques Savans de Rome pour l'examiner, ils furent scandalisés d'y trouver ces paroles : "Le Verbe du Pere est entré par l'oreille de la Femme bénie". Verbum Patris per aurem Benedictœ intravit. Sur quoi Mr. de Beausobré fait une remarque, trop curieuse pour la supprimer : "Je m'étonne, dit-il, de la délicatesse, ou plutôt de la foiblesse de ces Docteurs de Rome. Ils devoient être accoutumés à cette pensée, & même à quelque chose de plus. Ne savoient ils donc pas, qu'elle étoit dans, les Hymnes de l'Eglise, que l'on chantoit du tems du célébre Agobard, cet Evêque de Lyon, qui auroit bien voulu corriger une partie des Superstitions de son tems, nous apprend que lorsqu'on célébroit en Occident la naissance du Sauveur, les Chantres faisoient retentir la voûte des Eglises de ces édifiantes paroles : Le Verbe est entré par l'oreille de la Vierge, et il en est sorti par la porte dorée" (Nouveau dictionnaire historique et critique pour servir de supplement ou de continuation au Dictionnaire historique et critique de Mr. Pierre Bayle, Volume 3, 1753 - books.google.fr).

La déesse à qui est dédiée l'inscription de Mantinée (Le jugement) est Athéna Aléa (Autour de Rennes le Château : Les Bergers d’Arcadie ts ts !).

Eloquence et Verbe

Athéna, vierge, déesse, n'en est pas moins fécondante de l'âme en temps que pneuma-logos.

Le pneuma est essentiellement fécond comme le dieu mâle, le dieu universel que les Stoïciens identifient au logos spermatikos, le discours, le projet séminal, qui dans l'air et dans l'humide assure l'existence du monde (Diogène Laërce, VII, 136). C'est le principe qui peut s'identifier à Zeus ou à un dieu quelconque quand, en s'approchant d'une femme, il produit en elle les conditions nécessaires à la naissance. La puissance pneumatique assure en tous cas la réalisation d'un message, la délivrance d'un signe qui provoque la production de la communication. Dionysos et Apollon se coalisent dans ce projet.

Le chœur des Bacchantes d'Euripide chante Dionysos comme le daimon qui, par la fureur qu'il inspire, transmet un pouvoir prophétique pénétrant tous les êtres de sa puissance en poussant à dire l'avenir (298 sq.). Comme la rûâh'élOhîm provoque la parole dans la bouche de son porte-parole (2 Samuel, 23, 2). Et Apollon produit dans le corps choisi de sa femme prophète le principe du mouvement, l'"archè tès kinèseôs", provoquant en son âme la lumière qui éclaire l'avenir, le "phôs pros to mellon". Cette qualité lumineuse du pneuma est bien attestée dans la tradition et ne contredit aucune de ses possibilités. Pour les Thérapeutai de Philon d'Alexandrie, «l'âme aimée de Dieu engendre en vertu de la semence paternelle qui est un rayonnement de l'intelligible» (Plotin, Vie contemplative, 68). La prophètis d'Apollon à Didymes, illuminée par son dieu, peut devenir pleine de sa splendeur divine et parler (Jamblique, les Mystères d'Egypte, III, 21). Mais on peut convenir que la possession dionysiaque ne produit pas le même effet que la possession par Apollon. Du moins en apparence, bien que l'on ait dit que la pénétration du pneuma dans l'âme produisait les effets des vapeurs du vin (Plutarque, De la disparition des oracles, 432e). La possession d'Apollon poursuit un but précis : un logos, un discours sonore, ... un fils. La Pythie devient régulièrement grosse des paroles légitimes, à l'inverse de Cassandre qui, par sa «faute», reste stérile. La symétrie est évidente. Dans l'Agamemnon d'Eschyle, Cassandre explique au chœur comment Apollon lui avait donné la faculté de la prophétie. La modalité du rapprochement du dieu et de la fille est immédiatement comprise par le chœur en termes de poursuite sexuelle. Cassandre ne voulait pas parler, par aidôs, par pudeur, mais elle parle finalement. «Il (le dieu) luttait avec moi en en soufflant en moi sa grâce». La métaphore est aisément reconnue par le chœur comme un acte de fécondation. Mais la fille lui échappe, parvient à tromper le dieu : elle évite sa divine grossesse avec les conséquences que l'on connaît : elle parlera, mais n'aura pas le don de persuasion. [...]

L'empire de la nymphe est la pénétration ambiguë d'un flux que le fragment tragique de PACUVIUS, cité par VARRON, met en rapport avec l'excitation bachique : flexanima tamquam lymphata aut Bacchi sacris / commota. Lymphata dicta a lympha; "lympha" a Nympha in Graecia commota mente quos nympholeptous appellant et ab eo lymphatos dixerunt nostri. «Les nymphes versaient dans l'âme humaine un trouble surnaturel qui revêtait toutes les formes», écrivait BOUCHÉ-LECLERCQ (op. cit., p. 263). Le flux des nymphes s'apparente ainsi aux différents pneumata qui rendent l'âme féconde. La forme «phallique» de la nymphe comme femme serpent ou poisson, sirène ou fée comme la médiévale Mélusine, traduit la force de la métaphore qui privilégie, dans la description de la possession comme acte sexuel, le rôle toujours «actif» donné au mâle.

Vierge de Lourdes, nymphe phallique : à l'ouest de Rennes le Château associé à Fronsac : sel, esprit-pneuma - La Croix d’Huriel et l’alchimie : Triple correspondance : chemin de croix, oeuvres alchimiques et voyage de l’âme

Dans un passage fort intéressant, Plutarque cherche à expliquer par une interprétation partiellement physique la divination inspirée, et parle d'un mantikon reuma kai pneuma, flux et souffle divinatoire qui est en soi theiotaton, très divin (Plutarque, Sur la disparition des oracles, 432d). La dimension pneumatique unit Apollon et Dionysos dans le privilège de faire participer les humains au pouvoir créateur, et donc divin, qui réside dans la qualité du pneuma, la substance qui, grâce à sa qualité analogue au sperme mâle, renferme en soi la force créatrice qui distingue aussi, à partir de la spéculation d'Aristote, le caractère spécifique de la divinité post-polythéiste. Ainsi la notion de pneuma, centrale pour l'organisation de la vision cosmique grecque, grâce au jeu inépuisable des chaînes métaphoriques, permet de dire l'imaginaire théologique dans une terminologie très variée. La qualité cinétique du pneuma traduit en effet l'essence, l'ousia, de la divinité, et la manifeste dans la créativité au sens large. Le poète, le dèmiourgos, créateur par excellence de la société grecque archaïque, peut créer seulement dans l'enthousiasmos, quand un hieron pneuma, un souffle saint, le pénètre (Démocrite, cité par Clément d'Alexandrie, Stromates, VI, 168). Mais la métaphore va plus loin. Ainsi le souffle de Zeus, ek epipnoias Zènos, provoque la conception d'Épaphos; le fils naît d'une caresse du dieu à Io, la génisse argienne persécutée par la jalousie d'Héra, dans les Suppliantes d'Eschyle. Et c'est encore un souffle «du dieu», un atmon entheon, qui provoque la grossesse de la Pythie, une grossesse de paroles, de discours, du logos divin, pour l'auteur du Traité du Sublime (XIII, 2). L'image traduit très bien la modalité avec laquelle Apollon s'approche de la femme qui lui produira son discours. Il s'agit d'un type de possession moyenne dans laquelle il n'y a pas d'identification avec l'être surnaturel, mais un échange conçu en termes - bien connus des langages mystiques - de rapport sexuel, qui peut être raconté selon plusieurs variantes (Ileana Chirassi Colombo, Le Dionysos oraculaire, Kernos, 1991 - books.google.fr).

La parole, le logos, est produit par la fécondation de l'âme par le pneuma. De là est peut-être né l'idée de la naissance du Christ-Logos de la Vierge Marie par le Saint-Esprit. Si le pneuma est aussi logos, il produirait par l'âme plutôt l'éloquence, le logos (organisation de la pensée) précédant la parole. L'âme en elle-même est muette (Autour de Rennes le Château : L’Affaire Gélis et les charpentiers d’Isaïe).

Autre allégorie parmi les plus fécondes, philosophiquement, de tout le recueil des Images ou tableaux de platte-peinture, celle consacrée à la parole. La méditation allégorique sur la parole, dans les Images ou tableaux de platte peinture, est double et se rapporte à deux "théogonies" dont l'étude conjointe se révèle féconde: la Naissance de Mercure et la Naissance de Minerve. A propos de la Naissance de Mercure, Vigenère observe : il n'y a point de plus grand larron en ce monde que la parole éloquente; dont Mercure est le souverain patron (p. 213). A propos de la Naissance de Minerve, ce n'est plus l'éloquence, mais le Verbe qui fait l'objet de sa réflexion. Minerve sortie du cerveau de Jupiter correspond, dans les fables des Gentils, à l'Incarnation du Verbe (logos). [...]

La mythologie du XVIe siècle réunissait souvent Mercure et Minerve. Chez Cartari, on va le voir. Mercure embrassant Minerve représente l'Eloquence jointe à la Prudence, ces deux qualités étant perçues comme complémentaires dans la formation de l'individu. Plus radicalement, l'union de Mercure et de Minerve est représentée par la figure d'Hermathéna, remontant à l'Antiquité, mais très familière, elle aussi, à la Renaissance. On trouve des allusions à la figure d'Hermathéna dès Cicéron (Lettres à Atticus) (Richard Crescenzo, Peintures d'instruction: la postérité littéraire des "Images" de Philostrate en France, de Blaise de Vigenère à l'époque classique, 1999 - books.google.fr).

Le terme d’éloquence renvoie à une signification principale : l'art de bien parler, l'aptitude à s'exprimer avec aisance, la capacité d'émouvoir, de persuader (fr.wikipedia.org - Eloquence).

La persuasion, qui appartient à l'âme associée à Mercure, est un produit de la fécondation de l'âme par le pneuma-verbe-logos associé à Athéna (Tintin, Hergé et la Croix d’Huriel : Hélène et Moulinsart).

Poussin et Byzance

During his two-year stay in Paris, Poussin had become acquainted with a group of neo-Stoics, "les libertins," who sought to reform the church along the lines of practice of the primitive church. Evidently Poussin was not satisfied with the antique deathbed scene of the first version, its theatrical setting and anecdotal incidents. In the Cleveland drawing he therefore seems to have considered using the apocryphal incident of the Death of the Virgin, a Byzantine image which had gained currency in the West. Early illustrations of this subject could have been available to Poussin in the Greek manuscripts of the Barberini library. Other sources of this image, ones which certainly would have appealed to Poussin, who executed drawings after catacomb frescoes and Roman mosaics, were the venerable mosaics of the Dormition of the Virgin at the churches of St. Maria in Trastevere and St. Maria Maggiore. As Jennifer Montagu has noted, Poussin turned to Byzantine sources in his depiction of the rite of Eucharist (Hilliard T. Goldfarb, From Fontainebleau to the Louvre: French drawing from the seventeenth century, 2009 - books.google.fr).

Sur le plan symbolique, la Cène représente l'institution dun sacrement essentiel dans la liturgie chrétienne : l'Eucharistie. [...] Dans les versions Dal Pozzoel Chantelou, Poussin place ses personnages allongés autour d'une table. Dans la version du Louvre, l'artiste recourt au vieux schéma byzantin : le groupe a quitté la table et le Christ, debout, fait communier les apôtres agenouillés. La Cène apparaît là clairement comme le prototype de la messe catholique (Manuel Jover, Le Christ dans l'art, 1994 - books.google.fr).

A DCLXXXI

On commence par là, ce qui détermine toute la suite.

Les sigles ont été employés dans les inscriptions latines : A = annus C = consul (Alain de Boüard, Maurice Prou, Manuel de paléographie latine et française, Volume 1, 1924 - books.google.fr).

DCLXXXI est pris comme date (de l'ère chrétienne), 681, deux ans après la mort de Dagobert II, à l'époque où régnait Constantin IV Pogonat à Constantinople.

Le concile de Constantinople

En ce début du septième siècle, l'empire est envahi par les Perses de Chrosoès. Au tyran Phocas, succède à la tête de l'Empire Héraclius qui reçoit la couronne impériale des mains de Serge, patriarche de Constantinople, en octobre 610 : Héraclius et Serge sont deux grandes figures qui vont collaborer durant 25 ans pour sauver l'empire en mettant sur pied un immense effort national. L'an 622, commencement de l'ère musulmane, voit aussi le début de la croisade d'Héraclius contre les Perses. En 629 Chrosoès est assassiné et l'année suivante, 630, Héraclius rentre en possession de Jérusalem, mais pour peu de temps, car en 632, la mort de Mahomet ouvre le grand siècle des invasions arabes, et en 638, Jérusalem ouvre ses portes au calife Omar.

Un fait grave était apparu : les régions menacées, de l'Egypte à la Syrie, comptaient beaucoup de monophysites qui se mirent vite du côté des envahisseurs, par haine des maîtres byzantins qui tenaient officiellement pour la foi orthodoxe définie à Chalcédoine. Le problème religieux figurait donc parmi les facteurs d'unité politique de l'empire. Comment regagner la confiance de ces populations pour qui le vrai christianisme passait par la formule de Cyrille d'Alexandrie : "Unique est la nature du Verbe incarné" ? Pour le bien de l'empire, pour lutter contre l'envahisseur, Serge et Héraclius cherchent à se concilier les monophysites des provinces envahies.

Pour cela, ils vont présenter une activité unique du Christ tout en maintenant l'affirmation des deux natures. On souligne donc l'unité du Christ agissant, du Christ comme agent. Insistance correcte qui s'accorde avec les évangiles, mais il y manque la contrepartie d'une reconnaissance claire et non ambiguë de la parfaite préservation des propriétés des natures divine et humaine, et de leurs exercices connaturels.

Héraclius nomme patriarche d'Alexandrie un homme à lui, Cyrus, avec pleine autorité, ecclésiastique, civile et militaire, qui met sur pied une formule d'union de toutes les théologies : le "Pacte d'union". On dira qu'un seul Christ effectue à la fois le divin et l'humain, par une seule activité (on obscurcit les activités propres aux Personnes). En 633, il semble que toutes les églises adhèrent à cette formule assez équivoque, que, par suite d'un malentendu, une lettre du pape Honorius semble même approuver !

La résistance vint d'un moine, Sophrone, qui était arrivé à Alexandrie un peu avant le Pacte d'Union. Entré dans un monastère de Palestine, il avait fui devant les Perses jusqu'en Egypte et de là à Rome. Sophrone dénonce l'ambiguïté de la formule de l'unique énergie et montre le danger qu'elle présente pour la foi au mystère du Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Serge cherche alors une nouvelle formule et rédige le Psephos (633) qu'il fait approuver par un synode et le patriarche d'Alexandrie : on ne parlerait plus d'énergie, mais d'une unique volonté dans le Christ (ce sera le monothélisme). Texte habile où le pape Honorius et Maxime ne voient rien à redire.

En Palestine, Sophrone devient patriarche de Jérusalem. Et là aussi, le nouveau Patriarche flaire un danger pour la foi. C'était alors l'usage pour un nouvel élu, d'envoyer aux autres patriarches des lettres dites "synodales", refermant une profession de foi. Bonne occasion pour Sophrone de fournir un clair exposé doctrinal ; ce document est contre l'esprit du Psephos.

Suit une période de répit, de maturation, pendant laquelle Sophrone ne cesse d'agir ; il réunit en deux livres, six cents textes patristiques qui appuient la doctrine des deux activités. En 638, Héraclius revient à Contantinople découragé de voir que ses victoires contre les Perses sont compromises par les musulmans. Fin 638 ou début 639, Serge dresse alors un large exposé de la foi où il reprend le Psephos en soulignant la confession explicite d'une seule volonté dans le Christ : c'est l'Ektése. En cette même année, meurent Honorius, Serge et Sophrone. Honorius est remplacé par Séverin, puis Jean IV ; Serge par Pyrrhus, et Sophrone par un monoénergiste. Quant à Héraclius, il meurt en 641, remplacé par Constant. Les années 638-641 marquent donc un grand tournant : tous les personnages sont changés. Le centre de la résistance est désormais à Rome, avec les papes, Théodore I et Martin I, soutenus par le moine Maxime qui passe au premier plan de la scène ; nous sommes donc au moment et après la publication de l'Ektèse.

Maxime succède à Sophrone, son maître, dans la lutte contre l'Ektèse. Tandis qu'à la mort de Serge, l'empereur avait nommé pour le remplacer, Pyrrhus, chaud partisan du monothélisme. Maintenant Rome a pris nettement position contre l'Ektèse aux côtés de Maxime : le Pape Jean IV la condamne. De son côté, Héraclius comprend que du point de vue politique, le monothélisme a été un échec complet, puisqu'au lieu d'apporter l'union espérée, il a été un nouvel instrument de discorde dans l'Empire. Aussi rejette-t-il l'Ektèse. On pourrait croire que tout va s'apaiser. Mais il meurt peu après et il est remplacé par Constant, un jeune empereur qui va régner longtemps. À son avènement, Pyrrhus tombe en disgrâce. Remplacé par Paul, il s'enfuit en Afrique et arrive à Carthage où Maxime se montre sévère à son égard. En 645 eut lieu une dispute publique entre Pyrrhus et Maxime dont on a la sténographie : deux théologiens d'envergure se trouvent affrontés aux questions les plus difficiles et aux exigences ultimes de la christologie orthodoxe. Au terme de la discussion, Pyrrhus rend les armes avec élégance et s'engage à condamner le monothélisme, à Rome, sur la tombe des Apôtres. Ce qu'il fait, reçu avec honneur par le pape Théodore. Malheureusement, Pyrrhus ne persévère pas dans ces bonnes dispositions et au cours d'un synode romain où figure Maxime qui avait accompagné Pyrrhus à Rome, le pape signe sa condamnation devant le tombeau de saint Pierre, en mêlant du Précieux Sang à l'encre dont il se sert. La situation se tend alors de plus en plus. Pressé par le Pape Théodore de définir sa position, après un long silence, Paul, le remplaçant de Pyrrhus, finit par faire une longue profession de foi monothélite. Excommunié par Théodore, Paul persuade le jeune empereur Constant d'émettre un édit sur la foi qui imposerait silence à toute discussion sur l'activité ou la volonté dans le Christ. Constant, lui aussi, constate que le monothélisme a été un échec, mais il ne comprend pas qu'un point de non-retour a été atteint par la question posée par Serge. Par ailleurs, les musulmans attaquent l'Empire de toutes parts, et il estime urgent que tous ses sujets s'unissent pour les combattre. Constant supprime alors l'Ectèse, simple profession de foi officielle et la remplace par un édit, le Typos (648). Par cet édit, il interdit, sous peine de graves sanctions, toutes ces interminables polémiques qui divisent les chrétiens. Mais cette tentative de pacification escamotait le problème, par la défense faite d'en parler.

Mais le pape Martin et Maxime allaient payer chèrement ce triomphe de la christologie orthodoxe. Martin est encore vivant quand Eugène Ier, un homme conciliant mis en place par Constantinople, devient pape. Martin est finalement déporté en Crimée, à Cherson (Sébastopol). Il meurt épuisé au bout d'un an et demi (655), dernier des papes martyrs. Quant à Maxime, amené à Constantinople, il est accusé de haute trahison. Parce qu'il s'oppose à l'union voulue par Constant, sur la base du Typos, il apparaît comme celui qui divise et affaiblit l'Empire en servant la cause des musulmans qui remportent alors victoire sur victoire. Il est jugé et exilé en divers lieux. Il meurt dans une forteresse, au sud-est de la Mer Noire, le 13 août 662 (Frère Luc Brésard, Cours de patristique, Frère Luc Brésard, Cours de patristique).

Eucharistie et Concile de Constantinople

Quand le concile tenu dans le palais de l'empereur l'an 680 dit (canon 3) que les prêtres sont ministres du sacrifice spirituel du grand bien, qui est tout ensemble sacrificateur et victime; quand ce même concile détend aux prêtres qui se seront engagés par ignorance dans un mariage illicite, de distribuer le corps du Seigneur; quand il appelle partout l‘Eucharistie sacrifice non sanglant (canon 26); quand il dit que ceux qui communient mangent et boivent Jésus-Christ, et qu‘il ordonne à ceux qui veulent participer au corps immaculé, de s'offrir pour recevoir la communion, en mettant leurs mains en croix (canon 101), toutes ces expressions, dans un temps où la clé de figure était rejetée, ne pouvaient signifier que le vrai corps de Jésus Christ, sacrifié sur les autels, et reçu par ceux qui communiaient (Johann Jakob Scheffmacher, Perpétuité de la foi de l'Eglise catholique sur l'eucharistie... sur les principaux points qui divisent les catholiques d'avec les protestants, Volume 1, Migne, 1841 - books.google.fr).

On retrouve une clé : la clé de figure est une notion protestante disant que l'eucharistie n'est que l'image du corps du Christ.

Le pape Agathon assembla à Rome un Concile de cent vingt-cinq Evêques, où l'on choisit pour Députés au Concile de Constantinople, les Evêques Abundantîus de Paterne, Jean de Porto & Jean de Rege (Reggio), Théodore & George Prêtres, Jean Diacre, & Constantin Soudiacre de l'Eglise de Rome, Théodore Prêtre, Légat de l'Eglise de Ravenne, avec quelques Moines. Ils arrivèrent à Constantinople le dixième jour de Septembre de l'an 680. Constantin les reçut avec honneur. Le Concile général s'ouvrit le 7 novembre 680, dans la salle du palais nommée en latin Trullus ("troullos"), c'est-à-dire le dôme (Remy Ceillier (O.S.B.), Histoire générale des auteurs sacrés et ecclesiastiques, 1754 - books.google.fr, Charles Amable de La Tour d'Auvergne, La tradition catholique sur l'infaillibilité pontificale, Volume 1, 1875 - books.google.fr).

Jean évêque de Porto fut député au concile de Constantinople en 680. Il célèbre la messe en latin à Sainte Sophie. Il est enlevé de Rome par ordre de Justinien II (Claude Fleury, P. Fabre, Table générale des matiéres contenues dans l'Histoire ecclesiastique, 1781 - books.google.fr).

Jean évêque de Porto (Italie) consacra le pape Léon II, élu le 16 juin 682, le 17 août après aprobation de l'empereur byzantin (Michel Aubrun, Moines, paroisses et paysans, 2000 - books.google.fr).

La volonté

Ecoutons Thomas d'Aquin :

Plusieurs hérétiques ont prétendu qu’il n’y avoit dans le Christ qu’une seule volonté; mais ils paroissent avoir été jetés dans cette erreur par différents motifs. Apollinaire n’admettoit pas dans le Christ une âme intellectuelle; il prétendoit que le Verbe tenoit lieu de l’ame ou même de l’intellect. Et de là, comme la volonté réside dans la raison ou dans la partie raisonnable de l’ame, De anima, III, 42, il suivoit que dans le Christ, il n’y avoit pas de volonté humaine, et que dès lors il n’y avoit en lui qu’une volonté. Eutychès et tous ceux qui n’ont admis dans le Christ qu’une nature, ont également été forcés de n’y voir aussi qu’une volonté. Nestorius lui-même, voulant que l’union de Dieu et de l’homme ait seulement été faite par l'unité d’affection et de volonté, ne recounoit par suite qu’une volonté dans le Christ. Plus tard Macaire, patriarche d’Antioche, Cyrus d’Alexandrie et Sergius de Constantinople, et leurs adhérents n’admirent dans le Christ qu’une volonté, quoiqu’ils reconnussent en lui deux natures hypostatiquement unies. Ils ont tous été compris sous le nom commun de Monothélites, ce qui signifie partisans d’une seule volonté. Leur erreur a été condamnée, d'abord, dans le concile de Latran tenu sous le pape Martin I; puis, dans le sixième et le septième conciles généraux; et, enfin, dans le concile de Florence, où fut prononcée la réunion des Grecs et des Latins. D’où il suit que la doctrine qui donne au Christ deux volontés, l'une divine, l’autre humaine, aussi bien que ces deux mêmes sortes d'opérations, est de foi.

Leur opinion étoit que la nature humaine dans le Christ n’obéissoit jamais à son propre mouvement et qu’elle étoit mue en tout par la divinité; nous voyous cela par la lettre du pape Agathon à l’empereur Constantin Pogonate. Voilà pourquoi, dans le sixième concile tenu à Constantinople, il fut défini qu’on devoit reconnoître dans le Christ deux volontés; et voici comment s’expriment les actes du concile : « D’après ce que les prophètes nous ont enseigné du Christ, ce qu’il nous a dit lui-même, et la foi que les saints Pères nous ont transmise, nous proclamons qu’il y a en lui deux volontés naturelles et deux opérations naturelles. » Et il ne pouvoit en être autrement; car il est manifeste que le Fils de Dieu a pris la nature humaine tout entière, comme nous l’avons démontré plus haut, quest. II, art. 5. Or la nature humaine ne seroit pas complète sans la volonté, puisque c’est là une de ses puissances constitutives, aussi bien que l'intellect, comme nous l’avons amplement vu dans la première partie, quest. LXXIX et LXXX. Il suit évidemment de là que le Fils de Dieu a pris la volonté humaine en prenant la nature humaine. D’un autre côté, comme par son Incarnation il n’a subi aucun amoindrissement dans ce qui appartient à la nature divine, et comme en outre la volonté rentre essentiellement dans cette nature, d’après ce qui a été également démontré part. I, quest. XIX, art. 1, il faut nécessairement conclure de là qu’il y a dans le Christ deux volontés, l'une divine et l’autre humaine.

Je réponds aux arguments : 1° Il est vrai que tout ce qui étoit dans 1a nature humaine du Christ se mouvoit au gré de la volonté divine; mais il ne suit nullement de là que cette nature n’ait pas eu dans le Christ le mouvement de sa propre volonté; nous voyons bien dans les saints une parfaite soumission de leur volonté à la volonté divine; qui «opère en eux le vouloir et le faire, » comme le dit l’Apôtre, Philip, II. Quoique la volonté ne puisse être intérieurement mue par la créature, elle peut néanmoins l'être par Dieu, comme nous l’avons établi part. I, quest. CV, art. 4. Le Christ conformoit donc sa volonté humaine à la volonté divine, selon ce qui est dit Psalm. XXXIX, 9 : «Je suis venu pour accomplir votre volonté, mon Dieu; je l’ai voulu.... » Et voici comment s’exprime à cet égard saint Augustin, Contra Max, II, 20: a Du moment ou le Fils a dit au Pèré, non ma volonté, mais la vôtre, à quoi te servent les paroles que tu ajoutes en disant : il a bien montré par là que sa volonté étoit soumise à celle de son Père ? Est-ce que nous nions par hasard que la volonté de l'homme doive être soumise à la volonté de Dieu ? »

C'est spécialement dans la prière du jardin des Oliviers que s’est manifestée la double volonté du Christ. Tous les Pères ont argué des expressions mêmes du Sauveur dans cette prière, pour confondre Terreur des Monothélites. Il est un autre texte dans l'Evangile, Jean, V, qui n’est pas moins explicite : « Je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m'a envoyé. » Il seroit aisé de multiplier les citations, si l’on vouloit recourir aux passages où cette même vérité se trouve renfermée d'une manière implicite. Un autre argument, que nous venons de voir dans l'auteur et que les Pères ont également employé contre le monothélisme, c’est celui qui se puise dans cet axiome fondamental, que le Christ a pris la nature humaine avec toutes les puissances qui la constituent.

2° Le propre d’un instrument est, sans doute , d’être mû par l'agent principal; mais il l’est de diverses manières selon sa propre nature : un instrument inanimé, comme une hache, une scie, reçoit de l'artisan une impulsion physique; un instrument animé, mais par une ame sensitive seulement, est mû par l'appétit sensitif, comme le cheval est mû par le cavalier; mais un instrument animé par une ame raisonnable est mû parla volonté de cette ame , comme un serviteur est mû vers une action par le commandement du maître ; et le Philosophe appelle , en effet, le serviteur un instrument animé , Polit, I, 4. La nature humaine dans le Christ étoit donc l'instrument de la divinité, mais de telle sorte , qu’elle étoit mûe aussi par sa volonté propre. (Thomas d'Aquin, Somme théologique de S. Thomas, Partie III, Question XVIII, Article 1 (1224-1274), 1858 - books.google.fr).

Dans les questions 27 à 43 de la Somme théologique (appelées, peut-être improprement, traité De Deo trino : du Dieu trine) Thomas d'Aquin a résumé ainsi la foi trinitaire en posant qu’on pouvait distinguer :

un seul Dieu, une seule essence, ou substance, ou nature ; deux processions : la génération (du Fils) et la spiration (du Saint Esprit), et deux actes notionnels : l'acte de connaissance qui constitue le Fils et l'acte de volonté qui constitue l'Esprit ; trois personnes : le Père, le Fils et le Saint Esprit ; quatre relations : la paternité, la filiation, la spiration active (du Père et du Fils à l'Esprit) et la spiration passive (de l'Esprit au Père et au Fils) ; cinq propriétés : l'innascibilité (du Père); la paternité (du Père); la filiation (du Fils); la spiration active (par le Père et le Fils); la procession passive (du Saint Esprit).

On peut considérer aussi qu'en Dieu il y a deux actes notionnels : l'acte de connaissance qui constitue le Fils et l'acte de volonté qui constitue l'Esprit.

En Dieu tout est un car il n'y a pas opposition des relations. Les trois personnes agissent de façon inséparable à l'extérieur d'elles-mêmes.

Quant à l'appropriation, elle consiste à attribuer à une seule Personne une propriété (par exemple la création attribuée au Père) qui est en réalité commune aux trois Personnes divines (fr.wikipedia.org - Trinité (christianisme)).

On retrouve notre coin "ANTE" lié à la connaissance et à l'âme-Christ (et non logos-Christ) et maintenant le pneuma-esprit-sagesse-logos avec la volonté et la tension (hypoténuse) (Autour de Rennes le Château : Dalle verticale de Marie de Nègre : un triangle isocèle rectangle).

On ne saurait, dit-il, exagérer l'importance de la notion de tension dans la psychologie stoïcienne ; elle explique tout. De nos actions injustes, Chrysippe accuse l'atonie ("atonian") de l'âme; et de nos bonnes actions, il trouve la cause dans un jugement sain qu'accompagne l'énergie de la volonté, c'est-à-dire de la tension forte de l'âme. La science, comme les choses, consiste dans une force de tension. La raison "è logikè" est appelée par Chrysippe tension (Anthelme Edouard Chaignet, Histoire de la psychologie des Grecs: La psychologie des stoïciens, des épicuriens et des sceptiques, Volume 2, 1966 - books.google.fr).

Saint Bernard décrit avec force l'antithèse du velle et du posse : « J'ignore de quelle façon dépravée et curieuse la volonté devient mauvaise par le péché, s'impose à elle-même une nécessité, de telle sorte que cette nécessité, parce qu'elle est volontaire, ne peut pas excuser la volonté, et que la volonté, étant ainsi séduite, ne peut pas exclure cette nécessité ; car c'est une nécessité qui, d'une certaine façon, est volontaire. C'est une douce violence qui charme tout en accablant et qui accable tout en charmant... L'homme est opprimé par un joug qui n'est autre que celui d'une servitude volontaire, et il est digne de pitié à cause de cette servitude, mais sa volonté le rend inexcusable. En effet, c'est la volonté, lorsqu'elle était libre, qui s'est rendue esclave du péché en donnant son consentement au péché, et c'est encore la volonté qui se soumet elle-même au péché en s'y assujettissant volontairement. » (Sermon LXXXI sur le Cantique des Cantiques) (Marie-Madeleine Davy, Bernard de Clairvaux, 2001 - books.google.fr).

Thélème

Le livre V des aventures de Pantagruel est grandement redevable au Songe de Poliphile.

Rabelais a parfaitement connu le Songe de Poliphile. Dans Gargantua, ch. IX, il le mentionne, en comparant son symbolisme aux hiéroglyphes des Egyptiens. C'est la partie architecturale qu'il met largement à profit au V livre (Lazar Saineanu, La Langue de Rabelais: Civilisation de la renaissance, 1922 - books.google.fr).

Dans le Songe on trouve Logistique et Thélémie, la raison et la volonté.

Il est inscrit dans le nom même de l'anti-abbaye, « Thélème », qui désigne dans le texte grec du Nouveau Testament la volonté profonde, soustraite aux caprices des pulsions et au contrôle de la délibération, et se retrouve dans le nom de la nymphe « Thélémie » qui guide le Poliphile de Francesco Colonna affranchi de la tutelle de « Logistique » (la raison), vers son épanouissement spirituel et charnel dans l'amour. Les jeunes gens et jeunes de Thélème ont pour unique règle « Fais ce que voudras », pour unique lien la « sympathie » empreinte jusque dans leurs usages vestimentaires (luxueux pour plaire, mais uniformisés pour ne marquer aucune préséance), et leurs relations courtoises excluent toute obligation (ils ne se marient qu'en quittant l'abbaye) (André Tournon, Histoire de la littérature française du XVIe siècle, 2004 - books.google.fr).

L'« Enigme en prophetie » est soumise, on le sait, à une double interprétation allégorique, celle de Gargantua, le fondateur de Thélème, et celle de Frère Jean, son abbé en titre. La première discerne dans le «monument» une promesse, celle « que Dieu par son cher fils nous a prefix ». La seconde y voit plutôt une description, celle d'une partie de jeu de paume «sous obscures parolles». Le premier y découvre la palme des élus, le second la « pa(u)lme » des compétiteurs en sueur. La première fixe son regard sur l'horizon, Dieu et le futur tandis que la seconde voit la terre, les activités humaines et le présent. [...] Une lecture vaudrait pour maintenant, l'autre pour plus tard. Il n'y a plus alors de «tension» entre l'une et l'autre [...] mais association et succession. Il y a simplement le temps du monde, celui du jeu (de paume) et le temps de l'avènement de la Jérusalem et ces deux moments sont comme les deux faces d'une pièce de monnaie. [...] De cette dualité et cette ambiguïté qui est partout dans l'œuvre de Rabelais, nulle nouvelle ici. Bref, si tout cela fait plus penser au style de François Habert qu'à celui de François Rabelais, c'est peut-être parce que, à ce moment du texte, il ne s'agit plus de décrire un monde ambigu et équivoque mais au contraire un espace d'après le temps de la «perplexité». La « lame » sur laquelle est inscrite la prophétie est trouvée au fondement de l'abbaye et fait donc partie des «fondations» du bâtiment. La double lecture que l'on peut en faire indique la double nature de l'édifice: cité terrestre, bien réelle, inscrite dans le monde et vivant par lui et cité céleste, à venir, quand les hommes seront «bien nés». [...]

Il n'y a alors plus d'« ivresse», il y a simplement deux temps, ceux que décrivent de nombreux auteurs contemporains de Rabelais, le temps de la perplexité et le temps de la sérénité. On peut le regretter et trouver qu'alors Rabelais perd de son originalité ou au contraire penser qu'ainsi il fait plus corps avec son temps (Stéphan Geonget, La notion de perplexité à la renaissance, 2006 - books.google.fr).

A la suggestion du pape Agatbon, le IIIe concile de Constantinople va terminer dénnitivement les disputes sur le Christ en Orient en donnant par ses décrets le coup de mort à la dernière forme larvée de l'apollinarisme et du monophysisme : le monothélisme. Dans un vaste texte qu'englobe toute l'histoire des controverses christologiques, après avoir marqué la continuité de la doctrine en la rattachant à celle de Chalcédoine, du Tome de Léon, et des deux lettres « synodiques » de Cyrille, il renouvelle dans les termes même dé Chalcédoine la doctrine de l'union en une seule personne ou hypostase des deux natures conservant chacune leurs propriétés : puis il ajoute expressément contre le monothélisme la profession de foi aux deux volontés naturelles, aux deux activités et opérations naturelles, en prenant soin de faire remarquer que ces deux volontés n'étaient pas contraires l'une avec l'autre, mais parfaitement unies en une harmonie morale parfaite. C'était bien là, affirmait-il, la conséquence de la doctrine de Léon. Que si l'on compare cette définition de 681 avec celle de Damase en 381, on constatera à la fois la continuité d'une même doctrine traditionnelle et le progrès dans l'analyse et l'expression de cette doctrine. Au concile d'Agathon comme dans celui de Damase, ce sont les mêmes préoccupations qui se font jour, la même doctrine qui s'exprime. Ne pas mutiler l'humanité du Sauveur et sauvegarder néanmoins l'unité de la personne (Auguste-Joseph Gaudel, La théologie de l'« Assumptus Homo ». Histoire et valeur doctrinale (A propos du livre du P. Déodat de Basly : «Inopérantes offensives contre l'Assumptus Homo»). In: Revue des Sciences Religieuses, tome 17, fascicule 1, 1937 - www.persee.fr).

Rabelais opère avec Thélème une synthèse curieuse des deux temples que décrit le poète car Vénus et Minerve semblent conjointes dans son propre temple et c'est finalement lui, plus que Lemaire qui opère la concorde promise des deux langages: du corps et de l'âme, de l'amour et de la sagesse, de l'homme et de Dieu. Au temple de Vénus Rabelais emprunte la description des beaux «adolescents», leur désir «social» et leur appétit de vie; au temple de Minerve, il reprend «Honneur le grand seigneur» qui permet d'atteindre la vraie vertu (Stéphan Geonget, La notion de perplexité à la renaissance, 2006 - books.google.fr).

Immaculée Conception

Saint Sophronius, patriarche de Jérusalem mort en 656, écrivit à Sergius, archevêque de Constantinople, une lettre qui fut lue et approuvée dans la Xie session du concile œcuménique de Constantinople, tenu en 680-681. Il y est dit du Verbe :

Il voulut se faire homme afin que, semblable à l’homme et de même race et nature que lui, il le purifiât, le sauvât et l'illuminât. C’est pourquoi une vierge sainte fut prise et sanctifiée dans son corps et dans son âme, et servit ainsi : l'incarnation du Créateur, comme étant pure, chaste et sans tache (Louis Durand, L' infaillibilité papale prise en manifeste et flagrant délit de Mensonge: Ou le dogme de l'immaculée conception cité et condamné au tribunal de l'histoire et des pères, 1859 - books.google.fr).

Les partisans de l'immaculisme s'en servent pour justifier le dogme décrété en 1854.

Le sixième concile général, tenu à Constantinople sous le pape Agathon, l'an 680, reçut avec un commun applaudissement la lettre du grand Sophrone, patriarche de Jérusalem, dans laquelle il la nomme la Sainte-Vierge immaculée, sainte de corps et d'âme, et libre de toute contagion du péché; les pères de ce grand concile auraient-ils pu approuver ces paroles, si on avait cru dans l'Église qu'elle a été souillée dans sa conception par le péché originel? Ces paroles de Sophrone sontconsidérables: Mariam fuisse liberant ah onnii contagione peccati. C'est dans celle épitre où il faisait sa confession de foi qu'il dit en termes exprès, que Marie, la mère du Sauveur du monde, a été libre de toute contagion du péché; où vous remarquerez qu'il ne dit pas seulement qu'elle a été exemple de la commission du péché, ce qui s'entend du péché actuel, mais de toule contagion du péché; ce qui marque l'originel qui se contracte par contagion (Louis François d' Argentan, Conférences théologiques et spirituelles sur les grandeurs de la Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, 1868 - books.google.fr).

Le culte de Marie, la mère de Jésus, peut se comprendre comme une compensation à cette conception très masculine de Dieu. Comme nous l'avons vu, il existait dans le monde antique de nombreux cultes rendus à des déesses-mères ou à à des Vierges—mères. Le culte marial va se superposer à ces cultes païens, tout en donnant à la Vierge un rôle central de médiation entre Dieu (ou son Fils divinisé) et le fidèle « pécheur ». Or, la figure de Marie ne cesse de prendre de l'ampleur dans le catholicisme depuis cent cinquante ans : multiplication des pèlerinages en ses lieux d'apparitions, importance du culte marial au sein du renouveau charismatique et deux des trois derniers dogmes formulés par l'Eglise concernent la Vierge Marie : son « Immaculée conception » en 1854 et son « Assomption » en 1950. [...] Le rejet d'un Dieu autoritaire et législateur, archétype hypermasculin qui renvoie finalement aux notions de dogmes et de normes, favorise le développement de la croyance en une énergie divine bienveillante et protectrice, qui enveloppe l'univers et conduit nos vies de manière mystérieuse. Cette conception n'est pas sans évoquer la providence des philosophes stoïciens de l'Antiquité. Elle conduit aussi à renouer avec les figures féminines du sacré des sociétés anciennes, contre lesquelles les monothéismes ont tant lutté (Frédéric Lenoir, Petit traité d'histoire des religions, 2013 - books.google.fr).

Immaculée Conception et volonté

Personne n'ignore que le péché actuel, mortel ou véniel, est l'effet de la libre volonté de l'homme, au point qu'il n'y a pas de péché là où il n'y a pas de volonté libre. Il n'est pas moins constant que le péché originel n'est point un péché de la volonté, mais un péché dela nature, péché que tous les enfants d'Adam contractent comme un triste héritage de leur premier père, sans aucun acte de leur volonté personnelle. Quand les Jansénistes ont osé dire que le péché originel est l'effet d'une volonté personnelle, et que, par conséquent, chacun doit en faire pénitence et s'en repentir, le saint Siége a solennellement condamné cette doctrine, en déclarant que personne ne doit se repentir du péché originel, ni en faire pénitence. L'ange de l'Ecole, avec les autres princes de la théologie, appelle constamment le péché originel, le péché de la nature, par opposition au péché de la volonté. Ceci posé, je soutiens que si Dieu a voulu préserver sa sainte Mère des péchés actuels qui dépendaient de sa volonté propre, personnelle, il a voulu à plus forte raison la préserver du péché qui ne dépendait que de la nature. Voici pourquoi: Dans l'ordre actuel de la Providence, la volonté personnelle de Marie était moins au pouvoir de Dieu que la nature. Celle-ci dépend à chaque instant de l'action du Créateur, qui conserve par une action immédiate et continue les lois de l'univers et l'existence de toutes les causes secondes. Mais entre lui et les volontés créées Dieu a placé le libre arbitre, qui rend ces volontés indépendantes de lui dans toutes leurs déterminations rationelles. Dieu n'est donc pas maître de ces volontés comme il l'est de la nature et de l'existence de toutes les causes secondes. Maintenant, je le demande, Dieu a-t-il pu, sans la plus notoire inconséquence, chose qu'il est impossible d'admettre, préserver Marie de toutes les fautes qui eussent été l'effet de sa libre volonté, et la laisser encourir le péché originel qui est le péché de la nature, le péché qui résulte de causes qu'il lui appartient de suspendre ? Disons-le hardiment, cela est impossible. Non, Dieu n'a pas permis que Marie, préservée des fautes qui dépendaient de sa volonté personnelle, fût assujettie au vice de la nature tombée, vice qui semble ne dépendre que de la volonté du Créateur (Jean-Baptiste Malou, L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie considérée comme dogme de foi, 1857 - books.google.fr).

Mantinée - Diotime - Vierge Marie

Le 378e dizain n'est pas le seul où transparaît l'image de la Vierge en sa qualité de médiatrice absolue de Maurice Scève. Notre poète s'est fixé un but: atteindre, grâce à la sainteté de son amour et par la rigueur d'un art poétique consommé, la zone supra céleste des plus hautes venues où régnerait la paix dans l'espérance de la vie éternelle. Ainsi a-t-il transposé le visage de sa Délie céleste dans celui de l'archétype féminin de l'amour le plus pur. Le premier épisode de la Délie qui est celui du «Soleil de l'Adoration» est illustré par les trois premiers emblèmes qui désignent la dame faisant l'objet de cette adoration comme étant marquée du sceau de la virginité et de la perfection (Paul Ardouin, La Délie de Maurice Scève: une œuvre d'Évangile, 1990 - books.google.fr).

Pour Scève, comme plus tard pour Hölderlin, l'amour humain est la médiation privilégiée, dans l'ascension vers l'être. Pour tous deux Diotime, la Diotime platonicienne, fut le signe de cette médiation : "si ma très sainte et sage Diotime toujours m'enseigne à aimer et mourir" (Pierre Boutang, Commentaire sur quarante-neuf dizains de la Délie, 1953 - books.google.fr).

En quelque sorte, Scève est un mystique de l'amour : il rapporte au plan profane ce que Marguerite de Navarre disait de l'amour divin, en utilisant les idées centrales du platonisme ficinien. A la fin du livre, Délie s'identifie à Diotime, révélatrice de tous les mystères d'amour. C'est dans cette montée vers la Beauté surnaturelle, aidée par l'attraction de l'Eternel Féminin, que se condense l'essentiel de la quête scévienne (Yves Giraud, Maurice Scève, De Villon à Ronsard: XVe-XVIe siècle, 1986 - books.google.fr).

Diotime est une prêtresse de Mantinée, grande initiée de Mégare, dont Socrate aurait été le disciple, et mentionnée dans Le banquet de Platon. Le nom de Diotime signifie « celle qui honore Zeus » (dios) et Mantinée se rattache à manteia, "la divination" (Pierre Dujols De Valois, La chevalerie amoureuse - Troubadours, félibres et rose-croix, 2014 - books.google.fr).

Délécluze déclare, dans son volume Dante et la Poésie amoureuse, que cet idéal poétique et son langage symbolique remontent à des temps très reculés. Il en retrouve la tradition chez la grande Prêtresse de Mantinée, Diotime de Mégare, qui la transmit à Socrate son disciple; celui-ci la légua à Platon. De la Grèce, la formule passa en Italie. On en retrouve des traces dans le Songe de Scipion commenté par Macrobe, le Livre du Pasteur, du prêtre Hermas, et la Divine Comédie en fut la plus haute expression. Dans le Tournoi poétique de la Wartburg, poème allemand du XIIIe siècle, Artaud-Haussmann rencontre les mêmes données troubadouresques, et il y est visible que l'amour légendaire des chevaliers pour les dames n'avait rien de commun avec certains appétits et le sens érotique qu'on lui prête aujourd'hui (Revue hispanique: Recueil consacré à l'étude des langues, des littératures et de l'histoire des pays castillans, catalans et portugais, Volume 39, 1917 - books.google.fr).

Éros est articulé par Platon, à travers les paroles de Diotime, dans une dialectique où il est assez clair que ce dont il s'agit c'est de le purifier précisément de ses aspects de sexuation au profit d'une intégration de l'érotique sous une référence au Bien, et par là à l'Un et au Même. Au terme de l'initiation il s'agit d'être en mesure de voir (idéin) le Beau en lui-même (auto to kalon), pur, sans tache, sans souillure, exempt d'infirmités (katharon) ; non mêlé à quoi que ce soit d'autre (amikton) ; en un mot, qui ne soit pas infecté par des chairs humaines, par des couleurs, dit Platon, et par allés polies phluarias thnètês, c'est-à-dire toutes sortes d'autres niaiseries ou frivolités, phluarias, mortelles (Stéphane Thibierge, Eros, mendiant ou inventeur contemporain, Figures d'Eros: actes de la journée d'étude du 27 mai 1998, Université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 1998 - books.google.fr).

Dans le Banquet, Socrate réfute un éloge d'Eros fait par Agathon. Il porte le même nom que le pape romain du Concile de Constantinople de 680-681, mort en 682.

Socrate demande à ses compagnons la permission de reproduire le contenu d'un entretien qu'il eut sur ce sujet avec Diotime, la prêtresse de Mantinée (201 d - 212 c). La solution proposée par Diotime consiste à attribuer à Éros non pas le statut de dieu, mais celui de daim¯on, à savoir d'un «grand daimon» ("daimôn mega), d'un «intermédiaire » ("meta") entre les hommes et les dieux. [...] Qu'Éros soit plutôt un daimôn qu' un dieu était certainement une déclaration audacieuse, en contradiction avec la tradition poétique et religieuses. Platon attribue en effet à Diotime un récit sur la généalogie d'Éros différent par rapport à ceux transmis par la tradition littéraire (203 b-e) : Éros fut engendré pendant les fêtes de la naissance d' Aphrodite par Pénia, « Pauvreté », et par Poros, « Expédient ». De sa mère il hérita son état permanent d' indigence et de son père sa hardiesse et sa ferveur pour ce qui est beau. Intermédiaire, par son origine, entre privation et abondance il est situé à mi-chemin entre la mortalité des humains et l'immortalité des dieux, entre le savoir et l' ignorance (203 e).

L'initiation décrite par Diotime amène l'âme du monde sensible à l' univers intelligible — de la beauté d'un corps particulier à la beauté des corps humains en général, et de la beauté corporelle à la beauté des âmes — pour aboutir à la contemplation de la de la Beauté intelligible. Pour décrire cette expérience Platon utilise un vocabulaire emprunté aux mystères (en particulier ceux d'Éleusis), et on a pu suggérer que la partie du dialogue qui va de la fin du discours d'Agathon à la fin du discours de Diotime représente une transposition philosophique de l'initiation aux mystères d'Éleusis. Il n'est pas indifférent, dans cette perspective, que trois des personnages qui participent au banquet (Phèdre, Éryximaque et Alcibiade) furent impliqués dans l'affaire de la parodie des mystères d'Éleusis, sacrilège qui leur a valu l'exil temporaire et la confiscation des biens. L'événement eut lieu en 415 av. I.-C., très peu de temps après la date à laquelle Platon situe le banquet auquel les trois convives auraient participé, et cette histoire n'est peut-être pas sans relation avec la présence des mystères dans l'arrière-plan du discours de Diotime (Andrei Timotin, La démonologie platonicienne: Histoire de la notion de daim?n de Platon aux derniers néoplatoniciens, 2011 - books.google.fr).

Poussin, Assomption et l'Immaculée Conception

En dehors du cercle des Barberini, Poussin fut en rapport, au cours des années 1620, avec le prince Marcantonio Borghese (1601-1658) et avec le marquis Vincenzo Giustiniani (1564-1637). Pour le premier, qui, à la différence des autres membres de la même famille, ne semble pas avoir eu d'intérêts particuliers dans le domaine artistique, il peignit, en 1628, trois tableaux, non identifiés, qui devaient être envoyés en Espagne, probablement comme cadeaux. Il s'agissait d'une Immaculée Conception et de deux demi-figures de Saint Jean l'Évangéliste et de Saint Jean-Baptiste. Les tableaux de Poussin figurant dans l'inventaire de 1638 de la collection de Vincenzo Giustiniani, célèbre mécène et collectionneur, sont également au nombre de trois. La datation, très problématique, de ces œuvres (L'assomption de la Vierge, Washington, National Gallery; Le massacre des Innocents, Chantilly, musée Condé ; Paysage avecjunon et Argus, Berlin, Staatliche Museen zu Berlin Gemäldegalerie) oscille dans un laps de temps compris entre le milieu des années 1620 et le milieu des années 1630. Malheureusement, comme dans le cas de Giulio Rospigliosi, on n'a retrouvé, à jour, aucun document (en dehors de l'inventaire) qui puisse faire la lumière sur les rapports entre Poussin et Giustiniani et fournir des éléments nouveaux pour la chronologie des peintures (Pierre Rosenberg, Nicolas Poussin: 1594-1665, Réunion des Musées Nationaux, 1994 - books.google.fr).

Dans la collection de M. Peyron au XIXème siècle, on trouvait au n° 179 du catalogue "Deux compositions différentes de l'immaculée Conception. Sur papier blanc , à l'encre de la Chine" (Pierre Marie Gault de Saint-Germain, Vie de Nicolas Poussin, considéré comme chef de l'école françoise: suivie de notes inédites et de la description de ses principaux tableaux et du catalogue de ses oeuvres, 1806 - books.google.fr).

Au XVIIe siècle l'Immaculée Conception et l'Assomption n'étaient que des «privilèges [...] laissés à la libre appréciation des fidèles ». Bossuet avait une dévotion particulière pour la Vierge Marie qui occupe une grande place dans sa prédication. Après avoir énoncé les prémices de ce qui deviendra le dogme de l'Immaculée Conception :

"(Marie) a dû recevoir l'immortalité par une résurrection anticipée. Car encore que Dieu ait marqué un terme commun à la résurrection de tous les morts, il y a des raisons particulières qui peuvent l'obliger d'avancer le temps en faveur de la sainte Vierge [...]. La sainte chair de Marie est une matière trop bien préparée pour attendre le terme ordinaire à produire des fruits d'immortalité" (Sermon pour la fête de l'Assomption).

Il établit un lien entre Immaculée Conception et Assomption : "Il ne la laissera donc pas dans le tombeau, cette chair qu'il a tant aimée; mais il la transportera dans le ciel, ornée d'une gloire immortelle." Bossuet insiste aussi sur la virginité comme vertu apte à « contribuer dans les derniers temps à la gloire des corps ressuscités » : "La sainte virginité servira encore à Marie pour lui donner cet habit de gloire ; et en voici la raison. Jésus-Christ nous représente dans son Évangile la gloire des corps ressuscités, par cette belle parole : « Ils seront comme les anges de Dieu [...]». Et c'est pour cela que Tertullien, parlant de la chair ressuscitée, l'appelle « une chair angélisée [...]». Or, de toutes les vertus chrétiennes, celle qui peut le mieux produire un si bel effet, c'est la sainte virginité (Cécile Joulin, La mort dans les oeuvres oratoires de Bossuet, 2002 - books.google.fr).

En 1638, Louis XIII voue la France à la Vierge Marie de l'Assomption, en remerciement de la naissance de Louis XIV (Christian Attard, Hercule et les bergers royaux - reinedumidi.com).

Les poètes et même les théologiens du moyen âge trouvaient moyen, pour expliquer et illustrer la doctrine de l'Immaculée Conception, de comparer la Vierge à Callisto, fille de Lycaon, roi d'Arcadie, à Rhea Silvia, à Sémélé, à Danaé, à Alcmène. Guillaume Alexis proteste avec raison contre ces comparaison profanes et il s'écrie, dans l'Oraison à la Vierge : Je ne vous veulx a femme comparer, Car onc femme ne fut fors vous parfaite. A la fin de la Declamation, Guillaume Alexis prend l'engagement de composer un « dité » de la Nativité de Jésus-Christ. Le moine de Lyre a-t-il tenu parole? Où est ce poème ? Il faut le voir peut-être dans le rondeau, d'allure un peu profane, Veuillent ou non, consacré à la louange du « plus beau filz qu'on vit onc de deux yeulx ». Ce rondeau fut très populaire au XVe siècle, souvent imité et copié. On le retrouve dans le Vergîer d'honneur. Colletet l'avait reproduit dans ses Vies des poëtes françois (Guillaume Alexis, Oeuvres poétiques, présenté par Piaget, 1899 - books.google.fr).

C'est le Colletet des Illustres Bergers.

Callisto est métamorphosé en Grande Ourse, métaphore de l'Eglise pour Dante.

Marie est elle-même une figure de l'Eglise, comme le dit Olier, prêtre de saint Sulpice et fondateur du Séminaire du même nom, à la suite de saint Ambroise de Milan (De institutione virginis et S. Mariae virginitate perpetua ad Eusebium) (B. Schultze, La Mariologie sophianique Russe, Maria: études sur la Sainte Vierge, 1961 - books.google.fr).

Le vénérable M. Olier, qui est resté fidèle, même après sa mort, au principe de la vie cachée, car son génie élevé et ses sublimes écrits sont encore presque inconnus, M. Olier, dis-je, qui avait le don de vue en Dieu, fit de la dévotion à la sainte Vierge la base et l'avenir de sa congrégation. Il a écrit sur Marie des choses admirables, et a compris que tout le génie du catholicisme était dans le cœur de cette immaculée mère de Dieu. Il fit faire par le peintre Lebrun deux images mystiques qui sont comme la prophétie de l'avenir de l'Eglise et aussi les conceptions religieuses les plus avancées, non- seulement pour son époque mais encore pour la nôtre : l'une, qui était le tableau du grand autel de la chapelle du séminaire, représentait le mystère de la Pentecôte ; Marie, élevée sur une sorte d'estrade au-dessus de tous les apôtres, recevait la plénitude du Saint-Esprit ; près d'elle, mais au-dessous, quoique plus élevé que les autres apôtres, saint Jean, vêtu de blanc, semblait assister Marie comme le diacre assiste le prêtre à l'autel, et Marie en prière faisait descendre le Saint-Esprit sur les autres apôtres prosternés autour d'elle. La seconde image, qui a été reproduite souvent par le pinceau et par le burin, représentait l'intérieur de la très-sainte Vierge. Marie était représentée dans sa gloire céleste, ayant, pour ainsi dire, le Saint-Esprit pour cœur et toute remplie de sa lumière, les mains croisées sur sa poitrine, en signe d'offrande et de sacrifice, et les yeux fixés sur le nom divin de Jésus par lequel doit s'opérer le salut du monde : calme et dans une immobilité parfaite, environnée à demi de nuages que repousse lentement la lumière qui l'environne, la très-sainte Vierge représente également dans cette image, et l'Eglise qui attend en paix le retour de ses enfants dans un siècle de trouble où elle ne peut leur faire entendre sa voix, et la Société des sulpiciens cachés dans leur vie intérieure et agissant sur l'Eglise entière par leur silence et leur abnégation. Aussi cette figure, si caractéristique, est-elle comme le signe et le symbole favori des prêtres de Saint-Sulpice qui célèbrent tous les ans la fête de la vie intérieure de Marie et qui en placent l'image dans toutes les cellules de leurs séminaires comme un ornement indispensable (Paul Belouino, Dictionnaire général et complet des persécutions souffertes par l'Église catholique, Volume 7, 1861 - books.google.fr).

L'Eglise n'étant donc point formée encore, le Fils de Dieu la reçoit pour épouse dans la personne de la Très-Sainte Vierge, qui est elle-même, le membre le plus auguste de cette même Église, dont elle renferme d'ailleurs en éminence toutes les grâces et toutes les perfections, ainsi qu'il a été dit (d'après les écrits de Jean-Jacques Olier) (Jean-Jacques Olier, Faillon, Vie intérieure de la Très-Sainte Vierge, 1866 - books.google.fr).

Chez saint Paul, comme chez Méthode d'Olympe (Patara) (Banquet, VIII, 7), c'est l'Église qui est figurée par l'Épouse du Cantique et par la femme, qui a la lune sous ses pieds, de l'Apocalypse (Jean Daniélou, Le culte marial et le paganisme, Maria - Etudes Sur la Sainte Vierge, 1949 - books.google.fr).

Immaculée Conception et Bergers d'Arcadie

Glaucus en latin et en grec désigne une couleur bleu-vert. C'est aussi le nom du fils de Minos qui lui fit construire un tombeau (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Philolaos, les Bergers d’Arcadie et le cube, La Croix d’Huriel, ses anges et les humeurs : Michel en vert et la mélancolie).

La tradition qui le concerne nous viendrait, d'après P. Tanneryä non pas d'Eudème à qui remonte tout ce que nous savons des lunules, mais d'Eratosthène, jeune contemporain d'Archimède : ce dernier dans une lettre à Ptolémée III Evergète (245 av. J.-C.) nous montre, bien avant l'oracle rendu aux Déliens, que le problème de la duplication du cube était déjà célèbre à Athènes. Un poète tragique (Euripide ?) dans une tragédie perdue (Polueidos [??]) l'a mis sur la scène. Minos, voulant élever un monument à son fils Glaucus, dit à l'architecte : « Pour un tombeau royal tu le prends bien petit. Il faut doubler le cube et ne pas t'y tromper ». Eratosthène ajoute qu'Hippocrate ramena ce problème à l'invention de deux moyennes proportionnelles, et prétend qu'il n'alla pas plus loin, ce dont il est permis de douter dans une certaine mesure ». (« Hippocrate était certes capable de ramener ce problème à une neusis (inscription entre deux droites données d'une droite de longueur donnée et dont le prolongement passe par un point donné), ce qui est le principe de la solution de la solution de Nicomède par la conchoïde ». Le soi-disant passage d'Eratosthène nous a été conservé par Eutocius : « Après que les géomètres aient été longtemps arrêtés par la question, le premier, Hippocrate de Chio, trouva que si, entre deux lignes dont l'une est le double de l'autre on pouvait trouver deux moyennes proportionnelles, le problème de la duplication du cube serait résolu. Mais alors le problème est réduit à un autre tout aussi difficile ». Von Wilamowitz a montré le caracrère apocryphe de toute cette histoire. La solution donnée par Minos aurait été de doubler le côté ! Or, du temps d'Euripide, de Sophocle et même d'Eschyle, on savait depuis longtemps l'énormité de l'erreur ainsi commise et que le cube était octuplé et non doublé, car on connaissait en Chaldée, la valeur de 2 au cube au troisième millénaire et sans doute bien plus anciennement. Von Wilamowitz pense que les vers doivent être de quelque poète ignorant et obscur. L'histoire est continuée chez le pseudo—Eratosthène : Les Déliens à qui l'oracle d'Apollon avait ordonné de doubler un autel cubique du Dieu, auraient envoyé des délégués auprès de Platon à l'Académie, pour lui demander la solution du problème. Théon de Smyrne nous donne probablement la version plus exacte de ce que disait Eratosthène (cette fois dans son ouvrage « Platonicus ») : Platon aurait répondu que le Dieu ne demandait pas la solution du problème, mais voulait avertir par là les Grecs qu'ils eussent à faire plus de cas des mathématiques et à ne pas négliger la stéréogéométrie. Quoiqu'il en soit de ces légendes, ce qui concerne Hippocrate est à peu près hors de doute. Il aurait vu que : si l'on a a/x = x/y = y/b alors a au cube / x au cube = a / b. La duplication du carré revient à trouver une moyenne proportionnelle entre deux lignes. Il était tentant alors de supposer que la détermination de deux moyennes proportionnelles entre deux lignes pouvait permettre d'atteindre la duplication cube. Platon dans le Timée rappelle qu'entre deux nombres carrés on peut intercaler un nombre moyen proportionnel et qu'entre deux nombres cubes, on doit en intercaler deux pour former des propositions continues. Et il est probable qu'il emprunte ces deux propositions (qui sont démontrées dans Euclide, VIII, II et 12 aux développements de la théorie pythagoricienne des proportions numériques. Hippocrate aurait antérieurement essayé d'étendre la proposition aux grandeurs géométriques (Abel Rey, L'Apogée de la science technique grecque: L'Essor de la mathématique -, Volume 5, 2012 - books.google.fr).

Minos, ayant perdu son fils Glaucus, consulta l'oracle pour savoir ce qu'il était devenu. Les Curètes lui dirent qu'il avait dans ses étables une vache tricolore, et que celui qui trouverait la comparaison la plus juste pour exprimer ce phénomène, lui rendrait son fils vivant. Les devins ayant été appelés, Polyidus compara la couleur de cette vache à celle du fruit de la ronce. Minos l'ayant forcé à chercher son fils, il le trouva par une pratique de son art. Le monarque lui enjoignit de le lui rendre vivant, et l'enferma avec le cadavre. Polyidus était fort embarassé, lorsqu'il vit un serpent qui venait vers le cadavre; craignant que ce serpent ne le fit périr, il le tua d'un coup de pierre. Un autre serpent approcha et, voyant le premier mort, se retira et revint un instant après, apportant une certaine herbe dont il couvrit le corps de son compagnon, qui ressuscita par ce moyen. Polyidus, ayant remarqué cela avec admiration, mit cette même herbe sur le corps de Glaucus, et le ressuscita ainsi. Minos refusa alors de le laisser partir avant qu'il eût appris la divination à Glaucus. L'habile prophète se tira d'affaire par une supercherie, en faisant cracher dans sa bouche par Glaucus qui perdit ainsi son don.

C'est Polyidus qui apprit à Bellérophon à monter le cheval Pégase. Bellerophon était le fils d'un autre Glaucus, fils de Sisyphe, roi de Corinthe Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Philolaos, les Bergers d’Arcadie et le cube).

C'est en effet à Pierre Ramus, grammairien du XVIe siècle, que nous sommes redevables de l'introduction du j dans la langue française. Epoque charnière, donc. Contemporain de Ronsard, né (vers 1515) dans le Vermandois, Pierre de La Ramée, dit Ramus fut réduit à entrer comme domestique au collège de Navarre ; mais il écoutait les leçons des professeurs et passait les nuits à étudier. Au bout de trois ans et demi, il fut reçu maître ès arts dans l'université. Personnage extrêmement intéressant, Ramus osa attaquer Aristote et signaler les erreurs de sa dialectique dans deux livres publiés en 1543. Traité d'impie, ses ouvrages furent interdits et son enseignement supprimé par la Sorbonne. Cependant, grâce à la protection du cardinal de Lorraine, il devint professeur de philosophie et d'éloquence au collège de France, embrassa le calvinisme, se retira à Fontainebleau puis à Vincennes et reprit sa chaire en 1563. Victime — hélas ! du massacre de la Saint-Barthélémy, ce grand philosophe et chercheur a laissé une véritable somme après avoir proclamé la raison comme le criterium suprême de la vérité, réformé la logique, amélioré la rhétorique et servi les mathématiques (Aguiaine, Volume 20,Numéros 7 à 12, Société d'études folkloriques du Centre-Ouest (France), 1988 - books.google.fr).

Ramus fut l'un des premiers à concevoir l'algèbre comme étant une forme d'analyse. En effet, pour résoudre algébriquement un problème, nous procédons en fait de la même manière que pour résoudre un problème par l'analyse, mais habituellement sans refaire la synthèse. En effet, en écrivant une équation qui représente la situation, nous acceptons pour un instant que l'inconnue cherchée existe et qu'elle satisfasse une certaine relation exprimée par une équation. Ensuite, par un jeu de règles de manipulation qui permettent de passer d'une relation à une autre équivalente, on modifie cette équation pour arriver à une relation, comme x = 2, qui, si elle est vraie, assure la véracité de la relation originale, et donc résout le problème. L'influence de Ramus se manifeste constamment dans l'œuvre mathématique de Viète. On retrouve dans son In artem analyticem isagoge les trois lois de Ramus décrites dans son Scholae dialecticae de 1569. L'algèbre est resituée dans le cadre d'un programme global portant le nom d'art analytique. Mais, surtout, mettant en pratique la deuxième des lois fondamentales, il donne à l'algèbre une toute nouvelle envergure (François Viète: un mathématicien sous la Renaissance, 2005 - books.google.fr).

Viète n'est pas un protestant engagé, mais sa proximité avec les premiers cercles calvinistes en fait un ennemi du parti de la Ligue. Ce dernier obtient son bannissement en 1584, et Viète s'exile sur la côte vendéenne. Il consacre ses années de repos à l'étude des mathématiques, ses plus grandes découvertes datant de cette époque. (www.bibmath.net - Viète).

On trouve, dans les ouvrages de Régiomontanus, de Tartaglia Géométrie & de Bombelli quelques problêmes de Géométrie, résolus par le mixte moyen de l'Algèbre. Mais ces solutions isolées, & où l'on employoit, dans chaque cas particulier, de simples nombres pour exprimer les lignes connues, n'étoient pas fondées sur une méthode régulière & générale d'appliquer l'Algèbre à la Géométrie, Viete est le premier qùi ait donné une telle méthode. Le secours mutuel que ces deux Sciences se prêtent, fut pour notre auteur la source de plusieurs importantes découvertes. Par exemple, il observa que toute équation du troisième degré, contenant, en général, ou une seule racine réelle & deux imaginaires, ou trois racines réelles; la racine réelle, dans le premier cas, se trouvoit par la duplication du cube & les trois racines réelles, dans le second, par la trisection de l'angle. On ne doit pas oublier néanmoins qu'il n'avoit qu'une idée confuse des racines négatives, & que Descartes a commencé à les faire connoître distinctement (Encyclopédie méthodique: ou par ordre de matiéres, Volume 1, 1784 - books.google.fr).

La lecture ET IN ARCADIA EGO du tombeau des Bergers, qui semble une juxtaposition de deux cubes, peut se faire sur la partie droite : ARCADIA / GO ou ARCA D'IAGO et à gauche ETINE. IAGO serait saint Jacques dle Majeur qui passait en particulier en Espagne pour l'auteur de l'Epître de Jacques (Nouveau Testament).

Comme elle est dans un ordre plus élevé que toutes les créatures, elle ne doit pas être comprise dans les règles communes; car autrement on ne pourrait pas l'exempter du péché actuel, non plus que du péché originel. Il est écrit dans le IIe Livre des Paralipomènes (VI, 36), qu'il n'y a point d'homme qui ne pèche. Saint Jacques nous enseigne, dans son Epître catholique (III, 2), que nous offensons tous en beaucoup de choses; et saint Jean, le disciple bien-aimé (Joan. I, 8), que, si nous disons que nous sommes sans péché, nous nous trompons, et que la vérité n'est pas en nous. Cependant l'Eglise a défini que la bienheureuse Mère de Dieu n'avait point péché actuellement, et ne croit pas qu'elle soit comprise dans les termes généraux de l'Ecriture. Pourquoi donc ne pas faire la même chose à l'égard du péché originel ? (Henri-Marie Boudon, La dévotion à l'immaculée mère de dieu, Oeuvres complètes, 1856 - books.google.fr).

L'abbé Henry-Marie Boudon (1624-1702), fut docteur, prêtre, puis archidiacre d'Évreux (fr.wikipedia.org - Henry-Marie Boudon).

Au simple niveau du choix des mots, Jérôme, en rectifiant les Vieilles Latines, a mis en usage pour des siècles un certain nombre de termes qui ont servi de fondements à la réflexion théologique chrétienne, pour le meilleur comme pour le pire, avant d'entrer dans l'usage courant, en latin, puis dans leur transposition française. [...] « Le salut » apporté aux hommes par Jésus-Christ était présenté, dans les Vieilles Latines, par des termes aux connotations médicales (curare, sanare, « donner des soins », « assainir ») ; mais en retenant salvare (« sauver »), Jérôme indique que Jésus peut non seulement guérir les malades, mais aussi arracher les pécheurs à leur mal, comme l'indique l'épître de Jacques (5, 15) : « La prière de la foi sauvera le patient, le Seigneur le relèvera, et, s'il a péché, il lui sera pardonné. » [...] En écrivant gratia plena, « pleine de grâce », au singulier, Jérôme fait de Marie un être d'une sainteté absolue, vivant dès sa conception dans un permanent « état de grâce », d'union parfaite avec Dieu, qui lui vaut, selon le dogme catholique, le titre d'Immaculée Conception (Pierre Monat, Histoire profane de la Bible: Origines, transmission et rayonnement du Livre saint, 2013 - books.google.fr).

L'Immaculée Conception n'est mentionnée dans aucun texte jugé canonique par les Églises chrétiennes. Une source indirecte de cette croyance se trouve dans le Protévangile de Jacques, texte apocryphe daté du milieu du IIe siècle. En résumé : Anne et Joachim, les parents de la Vierge, ne peuvent avoir d'enfant. Mais un ange leur apparaît à tous deux, leur annonçant une naissance miraculeuse (fr.wikipedia.org - Immaculée Conception).

Il importe de signaler un passage du cantique que l'auteur du Protévangile de Jacques met dans la bouche d'Anne, après la naissance de Marie : "Je chanterai un cantique au Seigneur mon Dieu, parce qu'il m'a visitée et a enlevé de moi l'opprobre de mes ennemis. Et le Seigneur m'a donné un fruit de (sa) justice, fruit unique en son genre, riche (en effets bienfaisants) devant lui."

A la leçon : un fruit de sa justice maintenue par Tischendorf, M. Aman préfère la leçon : un fruit de justice, attestée par plusieurs manuscrits et la version syriaque. Pour lui, ce fruit de justice désigne le repos et la sécurité que le Seigneur a accordés à Anne. On lit, en effet, dans lsaïe, c. XXXII, v. 17 : « La droiture habitera dans le désert, et la justice s'établira dans le verger; le produit de la droiture sera la paix, le fruit de la justice sera le repos et la sécurité pour jamais. »

Le rapprochement est ingénieux, mais est-ce bien là le fruit de justice dont parle Anne dans son cantique? Ce fruit de justice que le Seigneur lui a donné ne désigne-t-il point Marie ? En maintenant la leçon : un fruit de sa justice, Tischendorf l'a sans doute pensé. C'est l'interprétation qui nous paraît de beaucoup la meilleure. Marie est appelée un fruit de justice, c'est-à-dire un fruit de sainteté, digne de celui qui l'a accordé. C'est un fruit unique en son genre, qui renferme en lui toutes sortes de propriétés. Dire que la Vierge est un fruit de sainteté, un fruit donné par la sainteté de Dieu, n'est-ce point affirmer équivalemment qu'elle n'a pas contracté la faute originelle ? Ce n'est point du texte d'Isaïe qu'il faut rapprocher notre passage, mais plutôt de ces paroles de l'ange Gabriel au sujet de Jésus : Quod nascetur ex te sanctum. (Luc, i, 35.) Toute proportion gardée et avec les réticences qui s'imposent, Marie est sainte à l'aurore de son existence comme Jésus est saint (Martin Jugie, Le protévangile de Jacques et l'Immaculée Conception. In: Échos d'Orient, tome 14, n°86, 1911 - www.persee.fr).

CROIX BLEUES

A Brescia

En venant de Mantoue, Maximilien Misson arrive à Brescia (Bresse) pendant son voyage en Italie en 1688 :

Oriflamme de Brescia

On garde à la Cathédrale avec une grande vénération, ce qu'ils appellent l'Oriflame de Constantin: personne ne nous l'a pû décrire, parce qu'on ne le fait jamais voir pleinement. Le Sacristain qui nous a raconté les vertus de cet Oriflame, nous a seulement dit que c'estoit une croix bleue de matière inconnûe, & que cette croix est la mesme qui apparut à Constantin, avec ces paroles In hoc signa vinces, lors que cet Empereur combatoit contre Maxence mais il ne faut pas prendre garde à ce discours. La croix, ou la figure de croix dont on parle, dans cette histoire de Constantin, n'estoit qu'un signe qui parut en l'air, & non pas une croix palpable. D'ailleurs, cette croix ne estse nommée Oríflame; le terme Oriflame signifiant une manière de drapeau, ou de banderolle. Mezeray raporte que les Rois de France de la seconde Race, faisoient porter à la teste de leurs armées, la Chape de S. Martin. Mais que la Race des Capets s'estant plus particulièrement attachée à la dévotion de S. Denis, ils prirent la banniere de cette Eglise ; laquelle bannière portoit le nom d'Oriflame. Je croirais donc que l'Oriflame de Bresse, pourroit estre le Labarum de Constantin; cet Empereur y ayant fait mettre le nom de Christ, aprés sa victoire contre Maxence. Pour parler plus vraisemblablement, disons si vous voulez , que cette Vision a bien la mine devenir ducerveaudequelqucvilìonnaire aussi bien que l'image resplendissante de la Vierge tenant entre ses bras le petit Jesus, que la Sibylle Tiburtine sit voir en l'air à Auguste (Maximilien Misson, Nouveau voyage d'Italie, fait en l'année 1688: avec un mémoire contenant des avis utiles à ceux qui voudront faire le mesme voyage, Tome III, 1698 - books.google.fr).

On y revere particulierement une Croix de couleur bleue celeste, qu'on appelle l'Orofiamma, & que quelques-uns prétendent être la même pour la forme & couleur que l'histoire Chrétienne dit être apparue à Constantin, pendant qu'il combattoit contre Maxencius (Voyages du Sr. A. de la Motraye, en Europe, Asie & Afrique, 1727 - books.google.fr).

Le nom d'Aubry de La Motraye (1674 (?) — 1743) s'inscrit parmi ceux des voyageurs et des amateurs d'exotismes de la première moitié du XVIIIe siècle. Diplomate, agréé par les cercles officiels anglais à cause de sa foi protestante, mais aussi à la cour de Charles XII, Aubry de La Motraye laissa quelques ouvrages contenant des impressions, des descriptions et des causeries sur les pays et les gens connus au cours de ses différents voyages, tant à travers l'Europe que l'Asie et l'Afrique, comme par exemple : Travéls through Europe, Asia and into part of Africa, with proper cutts and maps, containing a great variety of geographical topographical and politieal observations, London, 1723, bientôt traduits en français.

Pour les deux protestants de la Motraye et Misson, la croix est bleue, pour Lalande et Rogissart, l'étendard était bleu et la croix rouge dans le milieu ou, pour Bruzen de la Martinière, la croix était bleu céleste tirant sur le rouge (Joseph Jérôme Le François de Lalande, Voyage en Italie, Volume 7, 1790 - books.google.fr, Rogissart, Les Délices de l'Italie, contenant une description exacte du païs, des principales villes, de toutes les antiquitez, et de toutes les raretez qui s'y trouvent, 1707 - books.google.fr, Antoine Auguste Bruzen de la Martinière, Le grand dictionnaire géographique, historique et critique, Volume 3, 1768 - books.google.fr).

Selon Pietro Bravo, le duc de Bavière Namo ou Naimo (cf. Naimes des chanson de geste) ou Aimone, compagnon de Charlemagne, gouverneur de Brescia, aurait offert à la ville deux croix, la croix de bois sacré et la croix del Campo ou Orofiamma, qui appartenaient à l'empereur, elles furent données au moine Aimone abbé du monastère de San Faustino. L'Orofiamma aurait été porté par l'évêque Albert lors d'une croisade contre les Sarrasins vers 1223 (Pietro Bravo, Storie Bresciane, Volume 2, 1840 - books.google.fr).

Né vers 1577, d'une noble famille de Brescia, Dom Benoît Castelli fut reçu à l'abbaye de St-Faustin dans sa ville natale, passa, en 1600, à Ste-Justine de Padoue, où il eut l'occasion d'entrer en relations intimes avec Galilée, et fut son ami dévoué. L'inquisition chercha à l'abuser pour obtenir une lettre autographe originale de Galilée pour compléter le dossier d'accusation. Lecteur à l'université de Pise, il y composa son célèbre travail sur la "Misura delle acque correnti". Il mourut à Rome en 1643 (Bulletin d'histoire bénédictine, Volume 1, Abbaye de Maredsous, 1912 - books.google.fr, Thomas Henri Martin, Galilée: les droits de la science et la méthode des sciences physiques, 1868 - books.google.fr).

À Brescia, il existait déjà, depuis saint Grégoire le Grand, une maison religieuse dédiée aux martyrs Faustin et Jovite ; elle était abandonnée au début du neuvième siècle. En 841, l'évêque Rambert la restaura et y implanta une communauté de bénédictins, d'où le nom actuel de San Faustino Maggiore. Il publia aussitôt une charte du 31 mai 841 justifiant cet acte par quatre raisons : rendre fécondes les donations et les aumônes des fidèles ; célébrer les mystères devant les tombeaux des martyrs ; profiter des prières des saints religieux ; offrir une retraite aux âmes avides de Dieu. Il demanda à Angelbert, archevêque de Milan, l'abbé Leutgar et le moine Hildemar, désignés pour la réforme des monastères, afin de donner son essor à la nouvelle communauté, puis il établit pour abbé Magniard, moine du diocèse de Bergame (Ivan Gobry, De saint Benoît d'Aniane à saint Bruno, 750-1100: le temps des conquêtes, 2005 - books.google.fr).

Saint Faustin et saint Jovite, deux frères le premier prêtre et le second diacre, furent décapités à Brescia en 117; on les trouve mentionnés dans l'Appendix gregoriana (vers le XIIIe siècle). Ils sont fêtés le 15 février, jour des Lupercales romaines (Revue liturgique et bénédictine, Volume 2, Abbaye de Maredsous, 1912 - books.google.fr).

Pétronax (720-751), l'abbé lombard du Mont-Cassin, installa dans la grande abbaye le culte des saints de Brescia (Albert Dufourcq, Étude sur les Gesta martyrum romains, Volume 3, 1907 - books.google.fr).

Tous ces évêques, jusqu'à Felix, prédécesseur de Deusdedit, voir même jusqu'à Deusdedit lui-même, sont considérés comme saints à l'époque où est établie la liste des lieux de sépulture; cela a certainement incité le clergé local à situer à tout prix leur tombe. Les lieux de sépulture sont très dispersés, puisque ces vingt-quatre évêques sont enterrés dans seize sanctuaires différents : Ces sanctuaires sont situés aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'enceinte urbaine, et certains se trouvent dans des bourgades assez éloignées de Brescia. [...]

Rampertus reprend : «Or ils sont au nombre de trente, les évêques dont nous nous souvenons et qui ont célébré la messe sur l'autel consacré à son nom et placé au-dessus de sa tête et, vénérant le jour de sa mort, ordonnant au peuple de Brescia de s'abstenir de toute activité mondaine, l'honorèrent avec respect» - suit la liste épiscopale. Il en résulte que la seconde pièce du dossier a été insérée postérieurement entre les deux textes dont elle rompt la continuité. Elle est d'ailleurs dépourvue de caractère rhétorique, et se compose de trois notes historiques mises bout à bout : un extrait du martyrologe de la cathédrale, le texte de l'épitaphe de Filastrius qui se trouvait à Sant'Andrea, la liste enfin de ses prédécesseurs sur le siège de Brescia, évidemment destinée à compléter celle qui figure tout de suite après dans la translatio. Cette dernière liste faisait certainement partie du texte primitif de Rampertus. C'est en effet un des éléments fondamentaux de sa démonstration qui vise à prouver la continuité du culte du saint évêque depuis sa mort, afin de justifier la translation de son corps. [...]

C'est indubitablement sous la protection de l'apôtre qu'a voulu se placer Deusdedit de Brescia, mort après 680 et inhumé à San Pietro in Oliveto. Le patriarche Stephanus de Grado (avant 680), et peut-être son second successeur, Christophorus, auraient été inhumés, non à Santa Eufemia, mais à San Giovanni Evangelista (Jean Charles Picard, Le Souvenir des évêques: sépultures, listes épiscopales et culte des évêques en Italie du Nord des origines au Xe siècle, Volume 268, 1988 - books.google.fr).

296. Dopo s. Felice fu vescovo di Brescia s. Diodato. E d'importanza lo stabilire la data del suo vescovado. Certo è che nell'anno 679 egli era vescovo, intervenne come tale al concilio di Milano tenutosi contra i Monoteliti (Labbeus tom. vii Concil. pag. 595), e col nome de' vescovi là radunati si ha la lettera sinodica a Costantino Pogonato imperator d'Oriente. Poi nello stesso anno, ovver nel seguente, fu al concilio tenutosi in Roma sopra lo stesso argomento, ed in quello sta la sua sottoscrizione in questi termini: Deusdedit episcopus sanctae. Ecclesiae Brixiensis in hanc suggestionem quam pro apostolica nostra fide unanimiter construximus, similiter subscripsi (Labb. tom. vm. Concil. pag. 707.). Ma era forse appena allora stato fatto vescovo? Si osservi che quel concilio si tenne in Roma per raccogliervi i voti di quei vescovi di Occidente i quali per essere vecchi non potevano recarsi al sesto concilio ecumenico che era per celebrarsi in Costantinopoli in quell'anno 680 contro il Monotelismo, onde essere poi la loro definizione mandata al concilio generale. Dunque il nostro s. Diodato era vecchio quando andò a concilio romano. Ragion vuole adunque che ei fosse già vescovo da anni. Disconviene forse che egli fosse vescovo da 24 anni ? Per questo ho creduto di attenermi al Faino, secondo il quale s. Diodato cominciò il vescovado nel 656. E v'è sicuramente maggiore probabilità. Avrebbe durato nel vescovado trenta anni, poichè secondo la comune opinione morì circa il 687. E nemmeno in questo v' ha disconvenienza alcuna. 297. Se si avessero a spiegare i seguenti due versi Non templis, Arisque Deusdedit unius urbis; Sed tulit Antistes totius orbis opem. che del nostro s. Diodato scriveva il vescovo di Sarzina (Apud Fair. in Martyr. pag. 156) quanto ne sarebbe a dire? E della sua dottrina, e del suo zelò sarebbe difficile il dirne abbastanza. Infatti che può dirsi di più a laude di un vescovo, quando si ha detto che fu utile non solamente ai cristiani della sua ma a tutto il mondo cattolico? Niente però di positivo ci ha di lui conservato la storia. Quanto però congetturar si potrebbe a lande di questo nostro santo vescovo pei tenpi in cui egli fu ? Come si contenne egli in tanti disordini che occorsero allora nel regno de' Longobardi ? Sebben Grimoaldo si fosse fatto cattolico, e si fosse messo ad usar rispetto alla cattolica religione, era però un usurpatore: e chi sa che non simulasse la religione che prese a professare? E da un re che simuli in tale proposito che non dee temersi? Tuttavia si ha testimonianza che Grimoaldo molto elargì nella costruzione di un gran tempio in Brescia, il quale vuolsi che sia la Rotonda, o Duomo vecchio, del quale si dirà qui subito. Si dee credere che il suo cadavere sia stato prima sepolto in s. Eusebio; perocchè nella chiesa di s. Pietro in Oliveto si rinvenne insieme con le ossa di altri santi che a san Pietro in Oliveto erano state portate da quell' antica chiesa di s. Eusebio. Che che ne sia ora con le ossa di s. Paolino, o Paolo I, di s. Paolo II, di san Cipriano vescovi, e del martire s. Evasio sono state trasferite nella prepositurale basilica di s. Agata, e già si è detto che vi si onorano soleninennente. - 298. Si è detto che nei due concili, l'uno di Milano l'altro di Ronra nei quali intervenne il nostro s. Diodato trattavasi del Monotelismo, eresia la quale, sebbene confessasse distinta in Cesù Cristo la divina e l'umana natura, contra quello che insegnavano gli Eutichiani, i quali volevano che per la Incarnazione si fossero confuse insieme le due nature di Dio e dell'uomo, ciò non pertanto volea nel Verbo l'ncarnato attiva una sola volontà, cioè la divina. Era questo l'errore di quella età, e come sempre avviene che a sostener l' errore si riscaldino le menti e si moltiplichino i sistemi, era uopo che i vescovi di spesso si congregassero, anche senza essere regolarmente convocati. Quindi è ben da credersi che il nostro s. Diodato entrasse di spesso nelle conferenze che i vescovi, anche eccitati dai romani così fare, andavan tenendo, sopra un punto tanto essenziale, e sul quale troppo è facile che il popolo resti fatalmente ingannato. 299. Biemmi ( Stor. Bresc. tom. 2 pag. 9) attribuisce ai tempi di s. Diodato la edificazione della Rotonda, volgarmente il Duomo vecchio (1). I nostri vecchi dissero ancora che fosse questo una volta tam tempio del paganesimo, convertitosi indi ad uso cristiano. Ma questa era supposizione senza alcun documento, ed anche fuor di ogni ragionevolezza. Prima che si ritrovasse la storia di Ridolfo Notario (Biemmi in principio del tom. 2 della sua storia ) si disse poi che ne era stata autrice Teodelinda mediante s. Felice nostro vescovo ( J. Crad. Brix. sacr. pag. 93 in not. 2.) Ma Biemnmi ritenne essere questa quella grande basilica che nella città nostra cominciò a fabbricare Marquardo luca di Brescia, il qual fu nei tempi del re Grimoaldo verso il 670; che ultinò Frodoardo suo figlio, il quale nel ducato di Brescia successe al padre; e cui diede molto ajuto lo stesso re Grimoaldo con le sue elargizioni, come ricordava detto Ridolfo parlando di Raimone, che fu poi Conte della città nostra dall'anno 777 al 789 ( Ridol. Not. ad ann. 778. ). 3oo. Ma Biemmi non ragionava ugualmente bene poi, lorchè disse che nel 694 Brescia, dopo le rovine di Attila, fossesi rimessa in tutto come era avanti quel grande infortunio. Imperocchè sebben si conceda che verso Oriente si estendesse fin dove or sono le mura di Torrelunga (e sarebbe un concedere molto, perchè i luoghi dove or sono l'ex convento di s. Giulia, e Mercato nuovo, non furono così presto compresi nel circuito della città, come si ha dal Malvezzo: e nei tempi di la maggior estensione datasi alla città nostra fu verso Occidente oltre porta Bruciata), però sul colle di san Fiorano, ed ai piè di esso fino ai tempi del Malvezzo non si era Brescia rimessa (2) Tuttavia può ben essere che in detto tempo, cioè verso il 694 si incominciassero le due borgate, che poi divennero grandi, l'una detta di s. Matteo a Rebuffone, l' altra di s. Andrea al luogo or detto il Roveroto, e che un prolungamento della borgata di s. Andrea fossero le abitazioni che erano nella valle del Goletto, detta anche la valle di s. Eusebio, dove era la famosa chiesa a questo santo intitolata. 301. Dalle cose qui sopra esposte si fa chiaro che la chiesa detta il Battisterio non fu la Rotonda, perchè le due chiese ebbero diversi gli autori, ed anche perchè furono erette in tempi diversi. Ma da Ridolfo Notario intendiamo che in Paravert, cioè ora è la piazza del Duomo, il Conte Raimone cominciò un'altra basilica grande, la quale poi non finì. Dov'era adunque questa grande basilica ? Chi lo sa? Ivi erano nei tempi di esso Conte già la basilica di s. Pietro Maggiore fabbricata da s. Anastasio; poi il Battisterio fatto edificare da Teodelinda; indi la Rotonda eretta da Marquardo e da Frodoardo. Con nessuna di queste basiliche si confondea la basilica di Raimone, e non potea confondersi. Dunque è sol certo, che nessuno di detti tre templi, i quali esistevano prima del 7oo, era la basilica di Raimone, la quale cominciò a fabbricarsi verso il 78o. 3o2. Sarebbe inutile il congetturare se fino da quando s. Anastasio eresse verso il 61 o la basilica di s. Pietro Maggiore, come si è detto, coltivasse il fine di farla cattedrale sostituendola all' antica cattedrale di s. Andrea. La popolazione si era già fatta maggiore in questa situazione che nei luoghi dov'era la cattedrale di s. Andrea ai piè del colle s. Fiorano; e la città tendeva a dilatarsi verso Occidente. Era dunque ragionevole che alla chiesa matrice si desse una situazione più centrale. Quello però che non giunse a fare s. Anastasio, forse perchè non campò abbastanza, lo effettuò probabilmente s. Diodato, poichè fu compita la Rotonda verso il 68o. Infatti quando il B. Ramperto nell'838, vi portò le ossa di s. Filastrio levandole dall'antica cattedrale di s. Andrea dicea di portarle nella nostra Cattedrale iemale (1): e ne parla in modo da farla intendere già destinata a quest'uso da tempo prima di lui; e non sarebbe fuori di probabilità che osse usata a tale oggetto già da cento cinquant'anni avanti che egli così parlasse. 3o3. S. Diodato fu l'ultimo de' nostri vescovi antichi, cui fu dato il titolo di santo. Ai due che a lui succedettero fu attribuito quello di Domno, cioè venerabile. Non importa che si immori a ricercare l ragione di tal differenza (V. Grad. Brix. Sacr. pag. 96) (Alemano Barchi, Storia dei santi martiri bresciani investigata nei primi nove secoli del Cristianesimo, 1842 - books.google.fr).

Diodato ou Deusdedit est fêté le 10 décembre à Brescia (Giammaria Biemmi, Istoria di Brescia, Tome I, 1748 - books.google.fr).

En 1083, Humbert II le Renforcé de Savoie fut avec l'empereur en Lombardie, et il conserva aux habitans de Brescia l'oriflamme de S. Faustin, que ces peuples avaient en une grande vénération, et que l'empereur voulait leur enlever (Cardinal Giacinto Sigismondo Gerdil, Nouveaux opuscules, 1852 - books.google.fr).

A Nevers

L'Ordre de la Conception, en Allemagne et en Italie, fut fondé par Ferdinand, duc de Mantoue, et Charles de Gonzague de Clèves, qui voulaient entretenir la paix et l'union entre les princes chrétiens, et contribuer à délivrer les puissances du joug des infidèles, instituèrent cet ordre en 1618, et le mirent sous la protection de Notre-Dame et de saint Michel. Pour y être reçu il fallait faire preuve de bonnes mœurs, être sans reproches et non chargé de dettes, être né en légitime mariage et noble de quatre races. Cet ordre a été brillant et considéré; mais il est insensiblement déchu et a fini par disparaître (Aristide-Michel Perrot, Collection historique des ordres de chevalerie civils et militaires, existant chez les différents peuples du monde, 1820 - books.google.fr).

Les membres de l'ordre portaient une croix bleue :

Crux erat caerulea similis Melitensi quo ad figuram, sed in medio habebat Adnunciationis imaginem (Joannes Caramuel de Lobkowitz, Theologia regularis. Videlicet in Sanctorum Benedicti, Basilii, Augustini et Francisci reg ulas commentarii etc. Ed. quarta. - Lugduni, Laurentius Anisson, Volume 2, 1665 - books.google.fr, Histoire de tous les ordres militaires ou de chevalerie, Volume 2, 1699 - books.google.fr).

Le P. Brudioli raconte que le cardinal Montalto avait, en 1613, bâti pour les pères Franciscains de Frascati, une belle église en l'honneur de l'Immaculée Conception, avec cette inscription sur la façade en grandes lettres: Ave Virgo sine peccato originali concepta. Paul V, lorsqu'il se rendait à Frascati, l'avait admirée, et il affectait de vénérer d'une manière particulière la sainte Vierge, dont la statue ornait cette église. Un jour que les adversaires de l'Immaculée Conception allèrent se plaindre à lui, de l'affectation avec laquelle les Pères Franciscains vénéraient le privilége de la Mère de Dieu, à Frascati, Paul V les écouta avec patience, et souriant à leurs peines, il leur dit: Soit que vous vous adressiez au cardinal, soit que vous interpelliez les pères, il est probable qu'ils vous répondront comme Pilate : Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit; et ils n'y voudront rien changer. Mais voici ce que vous pouvez faire: rendez-leur la pareille. Tachez de trouver un pieux cardinal qui bâtisse, vis-à-vis de l'église des pères Franciscains de Frascati, une autre église en l'honneur de la sainte Vierge, et écrivez sur cet édifice, en lettres encore plus grandes, cette inscription : Ave Virgo cum peccato originali concepta ! Je vous salue, ô Vierge, conçue avec le péché originel ! Je ne vous garantis pas qu'il soit facile de trouver un pareil cardinal ; mais vous pouvez vous adresser à votre protecteur... Les adversaires de l'Immaculée Conception n'en demandèrent pas davantage... Voy. les notes du P. Budrioli, ap. Ballerini, Syll. monum. t. n. p. 837. (J.B. Malou, L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Maria, considerée comme Dogme de Foi, 1857 - books.google.fr).

Camille Borghèse (it. : Camillo Borghese), né à Rome le 17 septembre 1550, mort à Rome le 28 janvier 1621), fut élu pape le 16 mai 1605 sous le nom de Paul V (en latin Paulus V, en italien Paolo V) Tout en étant favorable aux recherches astronomiques, il laissa condamner les travaux de Copernic en 1616. Il reste célèbre pour avoir achevé la Basilique Saint-Pierre de Rome (fr.wikipedia.org - Paul V).

Gian Lorenzo Bernini, Buste du Pape Paul V

En Ethiopie, saint Antoine

La croix bleue était le signe distinctif d'un ordre hypothétique de Saint Antoine en Ethiopie fondé en 370 par le roi-prêtre Jean (Dictionnaire des ordres religieux, Tome I, Encyclopédie théologique, Volume 20, 1860 - books.google.fr).

On trouve encore une croix bleue dans un ordre formé en 1095, ou Clercs Réguliers en Occident du nom de saint Antoine, sous la Règle des Chanoines Réguliers de saint Augustin, & sous le nom de la Croix bleue de saint Antoine. Le Pape Boniface VIII ordonna, que les Frères Hospitaliers vivroient sous la Règle de saint Augustin, qu'on les appelleroit Chanoines Réguliers, que leur chef prendroit la qualité d'Abbé, & que toutes les Maisons de l'Ordre dependroient de saint Antoine de Vienne (Dom Beaunier, Recueil historique, chronologique et topographique des Archevéchez, Evechez, Abbayes et Prieurez de France, 1726 - books.google.fr).

Charles Beaunier (1676-1737) était moine de l'abbaye bénédictine Notre-Dame de Fontgombault dont les moines refusèrent de passer à la congrégation de saint Maur.

La fête de saint Antoine Ermite, le 17 janvier, est une date nonagonale.

"CE PAS DE CHEVAL"

On trouve cette expression dans la traduction de "La nature des dieux" de Cicéron (Entretiens de Cicéron sur la nature des dieux, avec des remarques de M. le président Bouhier sur le texte de Cicéron, traduit par l'abbé Pierre-Joseph Thoulier Olivet, 1732 - books.google.fr).

Il s'agit des traces du cheval de Castor au bord du lac Régille près de Frascati présentées comme une preuve de l'existnce des dieux.

Il existe des lieux-dits en France portant le nom de Pas de saint Martin (les chrétiens n'ont rien inventé) comme du Saut de la Bergère (près de La Bourboule).

Le Trau del Cavall à Vingrau est parfois appelé "Pas du Cheval" (gilbertjullien.kazeo.com - Le Trau del Cavall).

Il se trouve sur la transversale de la Croix des Prophètes (Lourdes-Leucate).

Vingrau se distingue pour son église paroissiale actuelle qui est dédiée à Notre Dame de l'Assomption, comme l'ancienne église. Elle contient un retable attribué à Louis Généré, contruit entre 1681 et 1683, le retable du Rosaire de 1719, celui de la Sanch du XVIIIe siècle, ainsi que des statues datant du XVIIe et XVIIIe siècle (www.vingrau.fr, (histoireduroussillon.free.fr).

Byzance et Athéna : Bellérophon, un cheval

Il n'est pas douteux qu'aux yeux de Marinos dans sa Vita Procli, Proclus a vécu, de la naissance à la mort, sous la protection spéciale et singulière de la Déesse. Elle l'accueille quand il vient au monde. « A sa venue au monde, il est accueilli et il a comme pour sage - femme la déesse tutélaire de Byzance. C'est elle qui alors fut cause de son existence, puisqu'il fut enfanté en sa ville, et qui, plus tard, veilla aussi à ce qu'il menât une belle existence alors qu'il était parvenu déjà à l'enfance et à l'adolescence. Car elle lui apparut en songe et l'appela à l'étude de la philosophie. De là vient, je pense qu'il eut aussi une grande intimité avec cette déesse, au point qu'il en célébrait tout particulièrement les fêtes et qu'il mettait plus d'enthousiasme à en pratiquer les rites. » Entre l'âge de quinze et de dix-huit ans, tandis que Proclus fait sa rhétorique à Alexandrie, l'un de ses maîtres, Léonas, l'emmène à Byzance. « C'est une bonne fortune, dit Marinos, qui le ramenait à la déesse qui avait été cause de sa naissance : car c'est alors que, quand il fut arrivé, elle l'engagea à visiter aussi les écoles d'Athènes pour l'étude de la philosophie. » Quand donc Proclus, avant d'avoir achevé sa vingtième année, mécontent de l'enseignement des maîtres d'Alexandrie, s'embarque pour Athènes, « il se ressouvient de la vision et de l'appel d'Athéna dont il avait joui à Byzance ». Et précisément, dès son arrivée au Pirée, c'est la déesse encore qui l'accueille à Athènes, dont on peut bien dire qu'elle est la civitas Minervae, comme Sienne est la civitas Mariae. [...] La religion de Proclus, successeur et héritier de Platon, accueilli comme tel à Athènes par Athéna elle-même, sera une religion contemplative, une montée vers Dieu par le moyen du "nous" [par la magie et la thérugie] (André Jean Festugière, Études de philosophie grecque, 1971 - books.google.fr).

Constantin reprend aussi la tradition de certains de ses prédécesseurs comme Trajan à Rome, de construire une colonne triomphale au milieu d'un forum, grande place publique bordée de portiques qui porte aussi son nom (forum de Constantin) et qui est traversée parla Mésè, la principale artère de Constantinople. Au sommet de la colonne se trouvait une statue gigantesque en bronze, rapportée d'Ilion nous dit Malalas. Le lieu d'origine de la statue a son importance : il s'agit de rattacher Constantinople à l'antique Ilion Troie, d'où était parti Énée, fondateur de Rome. Constantin aurait pensé un temps fonder une cité à son nom sur le site de Troie, mais il abandonna le projey au bénéfice de Byzance. Cette statue areçu une nouvelle identité, celle de Constantin, conformément au principe de réutilisation des statues dont la période fournit de nombreux exemples. La statue est tombée lors d'une tempête au temps d'Alexis Comnène, elle est donc perdueet son identité première est discutée. Constantin a peut-être réutilisé une statue d'Apollon, puisqu'il est décrit comme ayant des rayons autour de la tête ce qui caractérise le dieu solaire, dont il fut un temps le fidèle. Constantin se serait associé à une divinité solaire. Ce type se retrouve sur ses monnaies contemporaines. L'ensemble, colonne et statue, faisait 37 mètres de haut. Quant à la colonne, incendiée accidentellement, elle a survécu jusqu'à nos jours, à l'entrée de l'actuel grand bazar d'Istanbul. [...]

Malalas souligne la volonté de Constantin de rattacher sa cité à Rome. Il aurait fait venir une statue protectrice, le Palladion, antique statue d'Athena réputée être tombée du ciel à Troie et emportée à Rome lors de la fuite d'Énée. Constantin aurait placé cette statue à la base de sa colonne (Jean-Claude Cheynet, Byzance: L'Empire romain d'Orient, 2012 - books.google.fr).

Dans l'entraînement à la guerre, la pyrrhique, la danse en armes pratiquée dans le monde grec et en Étrurie, utilise le rythme de la musique. Or il existe une danse semblable pour les cavaliers : Bellérophon, l'inventeur de l'équitation, lorsqu'il reçoit le mors d'Athéna pour harnacher Pégase, «saute sur son dos, couvert de son armure d'airain, et aussitôt lui fait exécuter un pas guerrier». Ces vers de la XIIIe Olympique de Pindare ont pu être inspirés par une pratique réelle d'entraînement de la cavalerie, à l'instar des exercices de l'armée sybarite mentionnés par Pline. La musique, de par les qualités rythmiques qu'elle mobilise, a une fonction de premier plan, aussi bien dans l'entraînement militaire que dans le combat. La comparaison avec les époques modernes souligne l'efficacité et le haut degré de technicité atteint par un dressage du cheval à l'aide de musique. Un tel dressage suppose en effet qu'on ait connaissance de la cadence du pas du cheval ainsi que de son oreille musicale. Selon sa forme, la musique peut en effet agir «comme excitant, comme calmant ou comme régulateur de la dépense énergétique» du cheval (Natacha Lubtchansky, Le cavalier tyrrhénien: Représentations équestres dans l'Italie archaïque, Volume 320, 2005 - books.google.fr).

Dans la généalogie présentée par Homère (Il., VI, 153-155), Bellérophon est fils de Glaucos (bleu-vert), fils de Sisyphe, fils d'Eole (A. Moreau, La race de Méduse : forces de vie contre forces de mort (Hésiode, Théogonie, v. 270-336), Mort et fécondité dans les mythologies: actes du colloque de Poitiers 13-14 Mai 1983, Édition Les Belles Lettres, 1986, p. 12).

Bien avant de porter le nom de « mélancolie », cet état douloureux fut décrit par Homère au chant VI de l'Iliade. Le héros que victimise ce désordre de l'âme, ce premier mélancolique grec, c'est le grand Bellérophon, petit-fils de Sisyphe, qui de ses mains nobles et courageuses dompta le cheval Pégase, tua la Chimère et vainquit les Amazones. Pourquoi tout à coup ce héros recherche-t-il les déserts ? Pourquoi fuit-il la présence des hommes ? L'Iliade nous dit simplement : Objet de haine pour les dieux, il errait tout seul sur la plaine d'Aléon, le cœur dévoré de chagrin, évitant les traces des hommes (VI, 200-203). [...] Le mythe annonce la volonté des dieux et du destin, il montre le héros aux prises avec le destin et, comme c'est le cas pour Bellérophon, il nous le montre écrasé par la colère des dieux. De plus, le récit d'Homère nous dit clairement que les que les malheurs de Bellérophon ne sont pas le châtiment d'un manque de vertu. Bien au contraire, les épreuves lui viennent d'avoir refusé les avances coupables de la reine Antée, épouse de Prœtos, qui brûle d'amour pour le héros et rêve de s'unir à lui secrètement. Se voyant refusée, elle raconte au roi Prœtos que Bellérophon a cherché à la séduire. La colère du roi entraînera le héros courageux dans une série d'épreuves comparables aux travaux d'Héraclès. Il en sortira vivant et vainqueur, mais dévitalisé et en proie à la « mélancolie ». Pourquoi ? Il n'y a qu'une seule réponse possible dans le cadre de l'interprétation mythique : parce qu'il n'a plus la faveur des dieux (Jean-Pierre Le May, Se tenir debout: le courage d'être dans l'œuvre de Paul Tillich, 2003 - books.google.fr).

Il y avait une statue de Bellérophon sur la place du Taureau (place taurique) à Constantinople.

Au reste les Byzantins commençaient à perdre le sens de l'art antique : pour eux Bellérophon était Josué arrêtant le soleil. Une Minerve fut détruite, entre les deux sièges, par les Grecs eux—mêmes, parce qu'elle avait une main tendue vers l'Occident : ces « immondes imbéciles » l'accusaient d'avoir appelé l'armée latine (Nicétas).

Ce cavalier de bronze, qui passait pour Bellérophon ou pour Jésus, fils de Navé (Josué), figure aussi parmi les statues magiques et prophétiques évoquées dans les Patria. On y relate que, sur le socle de la statue, était inscrit le récit de la fin de la ville, qui serait détruite par les Russes, tandis que le sabot antérieur gauche contenait, comme une entrave ("empodion"), une toute petite figurine en bronze d'un homme agenouillé et ligoté. Celle-ci avait la même signification de ce qui était écrit (sur le socle). Selon les Patria, ce monument aurait été amené d'Antioche. D'après les descriptions de Nicétas, l'interprétation de la statue comme étant celle de Bellérophon ou de Josué était fondée sur quelques détails insignifiants dans la représentation du cavalier et de son cheval: l'impétuosité de l'animal et l'absence de brides" suffisent pour y reconnaître Pégase ; le bras droit levé et le globe dans la main gauche deviennent des signes caractéristiques de Josué. Les auteurs modernes, comme Mango et Dagron 12, pensent plutôt que cette statue n'était autre qu'une statue équestre impériale, peut-être celle de Théodose 1er ou de Théodose II, qui avaient en effet un monument de ce type au Forum Tauri. Avec le temps la vraie identité du cavalier serait tombée dans l'oubli. Pour Dagron le Bellérophon-Josué ne serait qu'un exemple typique du jeu des changements d'identification et de la polysémie auquel les habitants de Constantinople soumettaient les statues non pas vides mais libres de sens (Jeannine Vereecken, Le cavalier-gardien de Constantinople, La spiritualité de l'univers Byzantin dans le verbe et l'image, 1997 - books.google.fr).

Fille de Typhon et d'Échidna, la Chimère ravageait la région de Lycie (en Asie mineure), quand le héros Bellérophon reçut du roi Iobatès l'ordre de la tuer. Il y parvint en chevauchant le cheval ailé Pégase. Homère est le premier à donner une brève description de cette créature dans l’Iliade, où il en fait un monstre « lion par-devant, serpent par-derrière, chèvre au milieu », capable de cracher le feu. Il précise aussi que ce monstre fut élevé à Patara, en Asie Mineure, par le roi de Carie, Amisodarès. Ctésias, cité par Pline l'Ancien et par Photius (né vers 820, mort le 6 février 891 (ou 897), érudit et homme d'État byzantin, patriarche de Constantinople), a identifié le mont Chimère comme une région où des émanations de gaz enflammé sont permanentes (fr.wikipedia.org - Chimère (mythologie)).

Saint Blaise est aussi lié au volcanisme, il se réfugie dans une caverne du Mont Argée, ancien volcan au sud est d'Ancyre (Autour de Rennes le Château : Les parchemins : dans le texte).

Sous Constantin Pogonat, c'est-à-dire le Barbu, les Sarrasins s'emparerent de la Cilicie et de la Lycie. Constantinople assiégée ne fut sauvée que par un miracle (Jacques Bénigne Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, Volume 1, 1814 - books.google.fr).

Méthode de Patara

Méthode évêque de Patara est fêté le 18 septembre, date nonagonale (Synthèse : Calendrier et Fin des Temps).

We shall not take any notice of some Latin Prophecies about Antichrist attributed to Methodius, that are Printed in the Bibliotheca Patrum, since it is agreed on all hands that they are not his (Louis Ellies Du Pin, William Wotton, A New History of Ecclesiastical Writers, Volumes 1 à 2, 1693 - books.google.fr).

Le récit de la prophétie Tiburtina, attribuée à la Sibylle de Tibur, reflète le sentiment de désarroi face aux déchirements politiques et religieux que l'empire romain subit sous les successeurs de l'empereur Constantin. Cette nostalgie du grand empereur se manifeste de plus belle sous le coup des invasions islamiques et de la perte de la Terre sainte au VIIe siècle. La Tiburtina est alors remodelée pour prédire la défaite des Arabes. L'Apocalypse de Saint-Méthode, texte syriaque rédigé en Mésopotamie entre 644 et 678, et attribué à l'évêque de Patara du IIIe siècle, donne libre cours à cet espoir, tout en reproduisant le schéma des événements relatés par la Tiburtina. L'abdication de l'empereur au sommet du mont des Oliviers est cependant substituée au renoncement au pouvoir au Saint-Sépulcre. La traduction grecque du Pseudo-Méthode syriaque, sous l'appellation de Visions de Daniel - tout comme la prophétie sibylline - constitue un texte religieux qui a fortement contribué à auréoler l'empire byzantin d'un halo mystique. L'empire romain d'Orient avait adopté l'exégèse chrétienne de la prophétie de Daniel ayant trait aux quatre royaumes universels successifs qui devaient régir le monde jusqu'à l'apparition de « l'homme de perdition » et le début de l'Apocalypse (Dn. Il, 37-45 et VII). Byzance se considérait comme le quatrième et le dernier royaume dont l'existence était censée durer jusqu'à la consommation des siècles. La croyance s'était solidement établie selon laquelle le Basileus, par le fait qu'il possédait la Sainte Croix, serait invincible jusqu'à la fin des temps. L'image qui s'imposait à tous les esprits était celle de l'empereur Héraclius écrasant les Perses à l'issue de son expédition pour le recouvrement de la sainte relique au VIIe siècle. La venue de l'Antéchrist et la dissolution de tout pouvoir temporel exigeaient des commentateurs que la lumière soit faite sur la façon dont la fin de l'empire devait advenir sans que son prestige ne s'en trouve terni pour autant. Une explication plausible avait été trouvée dans la personne du « rex Romanorum et Grœcorum » qui selon la Tiburtina et le Pseudo-Méthode devait de son plein gré renoncer à l'empire et se désister délibérément de tout pouvoir temporel, inaugurant ainsi de lui-même le drame céleste de l'Apocalypse. Le « roi des Derniers Jours » devait être ainsi l'ultime souverain avant la venue de l'Antéchrist. Sa mort devait donc clore l'histoire humaine et ouvrir le drame divin culminant avec la Parousie. Le dernier roi chrétien était chargé de parfaire les desseins chrétiens de telle sorte qu'il ne lui resterait plus qu'à rendre son pouvoir au Christ-Roi, qui apporterait alors la Rédemption totale aux humains. L'ultime monarque est directement inspiré par le personnage de Constantin. Le sauveur mythique allie dans ses actes l'idéal de l'empereur chrétien, tel qu'il s'était manifesté par l'image légendaire de Constantin, avec les événements de l'Apocalypse. Sans l'évoquer explicitement, le Pseudo- Méthode fait allusion à un retour de Constantin, censé sauver les chrétiens du joug de l'islam vainqueur. Le « roi des Derniers Jours » constitue le reflet complémentaire du premier empereur chrétien. Il rend au Seigneur les attributs de l'empire que Constantin avait reçu du ciel avec le labarum. Il clôt l'ère de l'empire chrétien que Constantin avait ouvert, car l'abdication sur le lieu de la crucifixion procède de la conception d'Eusèbe selon laquelle Dieu aurait investi Constantin de l'empire universel par la vision de la Croix. Le héros prophétique apparaît également comme le reflet terrestre du Christ. À l'image du Messie, il apporte félicité et rédemption à l'humanité et, comme lui, il termine sa mission en haut du Golgotha, associant son identité et son règne à la Croix. Le Christ avait ouvert une ère nouvelle, le roi de la prophétie la clôt. En tant que second Constantin, « Constantinus Redivivus », le roi apparaît comme un reflet du Messie ressuscité, qui reviendra sur terre à la fin des temps. Le Pseudo-Méthode grec fut traduit en latin à la fin du VIr siècle ou au début du VIIe en Gaule mérovingienne par un moine nommé Pierre, peut- être dans la tourmente des invasions arabes en Espagne et en Gaule. Cependant, si dans l'Orient grec les espoirs messianiques se sont cristallisés autour du souvenir de Constantin, dans l'Occident latin c'est l'empereur Charlemagne qui devient dès le IXe siècle le héros de la création littéraire prophétique. L'attente du retour d'un Constantin à la fin des temps se transforma ainsi en l'attente de la venue d'un second Charlemagne, le Carolus Redivivus (Alexandre Y. Haran, Le lys et le globe: messianisme dynastique et rêve impérial en France à l'aube des temps modernes, 2000 - books.google.fr).

MIDI PAR LA POMMES : midi par-là pommes, la grenade et l'Immaculée Conception

La pomme grenade est le fruit attribut de la déesse Neith. Le grenadier pousse très bien dans le midi de la France et dans les pays méditerranéens (Gilbert-Urbain Guillaumin, Dictionnaire universel théorique et practique du commerce et de la navigation, Volume 1, 1839 - books.google.fr).

Au commencement du XVIIe siècle, c'est-à-dire en 1618, la ville de Grenade [qui porte une grenade dans ses armoiries], en Espagne, érigea un véritable monument en l'honneur de l'Immaculée Conception. Voici comment le décrit Mgr. l'archevêque de Grenade, dans sa réponse à S. S. Pie IX : « Lorsqu'on arrive à la ville de Grenade on aperçoit, devant la porte d'Illibérie, un vaste champ au milieu duquel s'élève une colonne de marbre, élevée, supérieurement sculptée, ornée «d'un grand nombre de figures qui rappellent les glorieuses prérogatives de la Mère de Dieu, et surmontée d'une statue magnifique de la Vierge Mère, entourée des attributs de l'Immaculée Conception, ayant sous ses pieds des nuages, la lune et des anges, et portant sur la tête une couronne composée de rayons d'or et ornée de douze étoiles. » Cette statue est calquée, je pense, sur celle que Paul V avait fait élever devant le portail de Sainte-Marie-Majeure (Jean-Baptiste Malou, Iconographie de l'immaculée conception de la très-Sainte vierge Marie, ou de la meilleure manière de représenter ce mystère, 1856 - books.google.fr).

En 1618, à l'époque de la fondation de l'Ordre de la Conception par le duc de Nevers, sous Paul V qui approuva cet ordre.

En 1714, l'Archevêque de Grenade et le Chapitre de la métropole écrivaient au Pape Clément XI pour le prier de décréter, comme article de foi, le mystère de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie. Ils fondaient leur demande sur les sacrés canons, sur les Constitutions Apostoliques, sur la dévotion du peuple chrétien envers la Vierge conçue sans péché et sur les titres de la Très-Sainte Mère de Dieu (Cardinal Thomas Marie Joseph Gousset, La Croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception, 1855 - books.google.fr).

La grenade est un attribut de la Vierge dans certaines oeuvres artistiques comme la Madone "Dreyfus" de verrochio, la Vierge à la grenade de Botticelli, la Madone Stuppach de Grünewald. Elle peut représenter l'Eglise en tant que communauté des croyants, la fertilité, l'abaondance (Pascal-Raphaël Ambrogi, Dictionnaire encyclopédique de Marie, 2015 - books.google.fr).

La Grenade a été vue par Christophe Colomb le 15 août 1493 [jour de la fête de l'Assomption], lors de son troisième voyage aux Indes. Avant l'arrivée des européens les Carïbes qui étaient les habitants de l'île lui avaient donné le nom de "Camerhogne". Colomb la nomma "L'île de La Conception" en hommage à 'L'immaculée Conception de La Vierge Marie'. Le troisième nom était "Mayo", mais les Espagnols qui ont vu une ressemblance avec le fruit grenade l'ont nommée " "Granada". Les Français l'ont changée encore en 'La Grenade et les Anglais à leur tour en 'Grenada' . L'île de Grenade était habité premièrement par les Arawaks et plus tard les Caraïbes. Les Caraïbes qui n'étaient pas aussi nombreux que les Arawaks provenaient d'Amérique du Sud: Brésil et Guyane. Ce peuple Caraïbe vainquit les Arawaks. Plus de cent ans après le passage des Espagnols les Caraïbes vivaient en paix (Hilary C. Phillip, Description du Créole de la Grenade, Volume 1988, Partie 1, 1988 - books.google.fr).

En partie du fait des Indiens caraïbes, l’ile ne sera pas colonisée pendant plus de cent ans après sa découverte. Les premiers efforts par les Anglais pour la coloniser resteront vains. En 1650, une compagnie française, fondée par Richelieu, acheta Grenade aux Anglais et y construisit un petit établissement. Après de multiples escarmouches avec les autochtones, les Français firent venir une centaine de mercenaires wallons du Brésil néerlandais, ainsi que quelques renforts depuis la Martinique, qui mirent en déroute les derniers Indiens. Entre 1690 et 1695, Louis Ancelin de Gémozac fut gouverneur de l'île. Le contrôle de l’île resta aux mains des Français jusqu’en 1762 puis elle fut prise par les Anglais pendant la guerre de Sept Ans. Grenade fut formellement cédée à l’empire britannique par le traité de Paris (1763). Les Français reprirent son contrôle en 1779 après la bataille de la Grenade dans le cadre de la guerre d’indépendance des États-Unis, mais elle revint finalement aux Anglais par le traité de Versailles (1783). Malgré des pressions sur ces derniers lors d’une révolte pro-française en 1785, Grenade demeura une possession anglaise durant le reste de la période coloniale. L’ile devint un État indépendant le 7 février 1974 (fr.wikipedia.org - Histoire de la Grenade).

Les grandes Antilles sont Saint Domingue, Cuba, la Jamaïque, & Porto-Ricco. Les principales des petites Antilles sont, Curaçao, la Trinité, la Grenade, Saint-Vincent, la Barbade, Sainte-Lucie, la Martinique, la Dominique, Marie-Galante, la Gouadeloupe, la Désirade [...], Antigoa, Saint-Christophe, Saint-Eustache, l'Anguille, Saint-Martin , Saint-Barthélemi, Saba, Saint-Thomas, & Sainte-Croix. Le cordon de ces isles ferme l'entrée du golfe de Mexique (Histoire Universelle, Volume 118, 1788 - books.google.fr).

L'Archevêque de Saint—Domingue est Primat de toutes les Indes. Plusieurs Isles, comme la Martinique, la Guadeloupe, la Grenade, Saint Barthelemi, sont gouvernées pour le spirituel par différens Corps Religieux, sous un Préfet apostolique (Jean-François Brezillac, Dictionnaire ecclésiastique et canonique portatif, ou Abrégé méthodique de toutes les connoissances nécessaires aux ministres de l'église, 1766 - books.google.fr).

La grenade est un symbole de l'incarnation en Grèce. A Eleusis, les hiérophantes étaient couronnés de branches de grenadier pendant les Grands Mystères, mais le fruit sacré était rigoureusement interdit aux initiés car, de par la « faute » de Perséphone, la grenade symbolisait la descente de l’âme dans la matière-prison.

Dans les mythes anatoliens de la conception d’Attis, sa mère Nana (ou Cybèle) fut fécondée par une grenade qu’elle avait posée sur son ventre.

Dans le zoroastrisme, la grenade, plus que tout autre fruit, protège de l’impureté. Ingérée avec ses feuilles, elle purifie à la fois le corps et l’âme.

La grenade est, avec la datte et l’olivier, le fruit le plus cité dans la Bible. Les prêtres hébreux portaient sur leur robe, l’éphod, une bande décorée de grenades bleues, de pourpre et d’écarlate, tout autour du vêtement (Exode 28, 31-34). Au Temple de Jérusalem, on ne comptait pas moins de 400 grenades sur les chapiteaux des deux colonnes d’airain (I Roi, 7, 42). Les rabbins attribuèrent à la grenade le nombre de 613 graines qui est très exactement le nombre des injonctions que Dieu transmit à Moïse dans le Pentateuque et qui constituent les termes de l’Alliance entre Lui et son peuple (www.dictionnairedessymboles.fr - Grenade).

La grenade se trouve dans les armoiries de La Pomarède (près Castelnaudary, Aude).

Aléa Athéna, déesse dans le temple de laquelle fut perpétré le crime qui appela le "Jugement sde Mantinée" ne se départit certainement pas des fonctions de déesse de la fécondité qui appartenaient aussi bien à Aléa qu'à Athéna. Dans le matériel du sanctuaire classique un nombre important de poids de tisserand en forme de grenade ou l'offrande d'une figure en terre cuite représentant une femme drapée avec un porcelet dans les bras peuvent s'adresser à la protectrice de la fécondité. Néanmoins, de même que pour Athéna à Athènes, cet aspect a laissé peu de traces dans la Tégée post-archaïque (Madeleine Jost, Cultes d'Arcadie, Études péloponnésiennes, Numéro 9, École française d'Athènes, 1985 - books.google.fr).

C'est Athéna qui change Arachnée en araignée qui file.

Aléa est le surnom de Minerve qui lui fut donné par Aléus Roi d'Arcadie, après lui avoir bâti un temple dans la ville de Tégée sa Capitale, sous le nom de Minerve Aléa. Auguste, pour punir les Arcadiens d'avoir suivi le parti d'Antoine, enleva de Tégée la Minerve Aléa. On conservoit dans son Temple la peau & les défenses du sanglier de Calydon (André de Claustre, Dictionnaire de mythologie, 1745 - books.google.fr).

Auguste après la bataille d'Actium enleva l'ancienne statue de Minerve Aléa avec les défenses du sanglier de Calydon pour punir les Arcadiens d'avoir porté les armes contre lui car tous avoient suivi le parti d'Antoine à la réserve des seuls Mantinéens.

On voit à Rome la statue de Minerve Aléa en allant à cette place qu'Auguste a fait bâtir ; c'est une statue d'yvoire & un ouvrage d'Endéus. Quant aux défenses du sanglier de Calydon, j'ai oui dire que cet animal s'en étoit cassé une en voulant déchirer tout ce qu'il rencontroit, chiens & chasseurs. L'autre est dans une chapelle de Bachus bâtie dans l'enceinte des jardins de l'empereur; c'est une dent longue de plus de demie aune. La Minerve Aléa qui se voit aujourd'hui dans le temple a été apportée de chez les Manthuréens [peuple d'Arcadie] qui honoroient cette déesse sous le nom de Minerve Hippia parce que, disent-ils, dans le combat des Géans contre les Dieux, Minerve poussa son char contre Encélade. Malgré cette première dénomination il a plû aux Grecs & particulièrement aux peuples du Péloponneíè de donner à cette statue le nom de Minerve Aléa (Pausanias, ou Voyage historique de la Grèce, Volume 2, traduit par Nicolas Gedoyn, 1731 - books.google.fr).

On croit pouvoir attribuer avec assurance à la ville de Sidé, en Pamphylie, des médailles venus de Caramanie. Toutes les médailles de cette ville ont pour types Minerve qui en étoit la divinité tutélaire & principale, & la grenade, fruit du grenadier, qu'elle avoit prise pour emblême, par allusion à son nom ; Sidé, en grec, signifiant une grenade. Sur un côté de ces deux médailles, Minerve est représentée de la même maniere, avec une grenade dans le champ; la seule différence est que dans l'une elle tient de la main droite une chouette, & dans l'autre une Victoire (Joseph Pellerin, Recueil De Médailles De Peuples Et De Villes, Volume 3, 1763 - books.google.fr).

Agatharchides dans son 19. liv. des choses de l'Europe, écrit que les Grenades furent appellées Sides par les Béotiens, ce que les Athéniens apprirent quand ils eurent des querelles à démêler avec eux, touchant les limites de leur Pais. Epaminondas deffendant sa cause dans cette dispute, mit en avant sur ce sujet, que les Athéniens eussent à nommer du nom qu'il falloit, ce qu'il tenoit dans sa main gauche, & puis qu'il reprit de sa droite ; comme les Athéniens luy eurent répondu Roe, pour nous autres, leur dit Epaminondas, nous l'appellons Side. Dans le lieu où cette contestation s'agitoit, il y avoir force Grenadiers, d où ce nom luy fut premièrement donne. Ainsi Epaminondas gagna sa Cause (Athenaeus (Naucratites), Les quinze livres des Déipnosophistes, traduit par Michel de Marolles, 1680 - books.google.fr).

L'abbé Michel de Marolles, né en 1600, proche des Gonzague-Nevers, meurt l'année suivante de sa publication de sa traduction d'Athénaeus de Naucratis, en 1681.

Dans le livre biblique de l'Exode, les Hébreux, partis de Ritma, ils campèrent à Rimmon-Péretz : 15ème étape de l'Exode (Bernard Hurault, Louis Hurault, La Bible des Peuples - books.google.fr).

Rimmon désigne la grenade en hébreu.

Jules Constant Salémi met en correspondance les étapes de l'Exode avec l'histoire chrétienne : l'étape Rimmon-Péretz porte sur les années 686-735, 5 ans parès le IIIème concile de Constantinoiple (Jules Constant Salémi, La Chair et l'esprit, 1967 - books.google.fr).

Dans la prophétesse Marie, soeur d'Aaron, chantant et dansant pour célébrer le passage de la Mer Rouge( Exode XV,20 et suivant), saint Ambroise voit également une image, une figure de l'Eglise. "Le Christ est le fiancé et l'époux de l'Ehglise ; mais le Christ est 'un époux d'une pureté virginale - sponsus virginae castitatis' : 'la patrie de la chasteté est dans les cieux - patria castitatis in coelo'. L'Eglise est 'vierge par la chasteté, et mère par la fécondité -Ecclesia virgo est castitate, mater est prole'" (B. Schultze, La Mariologie sophianique Russe, Maria: études sur la Sainte Vierge, 1961 - books.google.fr).

Toujours en rapport avec l'Exode, "Theodoret Evesque d'Ancire dit que le Buisson ardent a esté la figure de cette immaculée Conception" (Hyacinthe Le Febvre, Traité des trois états différents du Fils de Dieu en sa génération, dans son incarnation, saint sacrement, 1681 - books.google.fr).

Moïse aperçoit Dieu au milieu du buisson ardent; il se prosterne et s'étonne que le buisson enflammé ne se consume pas. Ce buisson ardent figure Marie qui devient Mère de Dieu, sans rien perdre de son intégrité virginale : Rubum quem viderat Moyses incombustum, conservatam agnovimus tuam laudabilem Virginitatem, Virgo Dei Genitrix (Joseph Rombault, L'Eglise de l'Immaculée-Conception, 1876 - books.google.fr).

L’idole Rimmon adorée en Syrie, dans son origine ne dut son être qu’à la chose que signifie la parole Rimmon en langue Arabe & Chaldéene, c’est-à-dire, à une pomme de Grenade, qui dans les temps de barbarie fut probablement un Fétiche ou un objet sacré du culte dans l’Assyrie & dans la Chaldée (De l'usage des statues chez les anciens. Essai historique, 1768 - books.google.fr).

Par son symbole, la grenade, Hadad-Rimmon se rapprochait par plusieurs cotés des divinités analogues à Adonis (Charles Vellay, Le culte et les fêtes d'Adônis-Thammouz dans l'Orient antique (Sanchuniathon), 1901 - books.google.fr).

DE TENTATION QUE DIEU

Tension - tentations

«L'acédie est avant tout une certaine atonie, une sorte de chute de tension des forces naturelles de l'âme, qui rend l'homme incapable de se défendre contre les "pensées" qui l'assaillent avec véhémence à ce moment. De cet état de relâchement général naissent sentiment de vide et d'ennui, dégoût, nausée, incapacité de fixer l'esprit sur quoi que ce soit, abattement, "anxiété du cœur"(Cassien). » L'acédie, que les anciens appelaient aussi « le démon de midi » parce qu'elle s'attaque surtout au moine exposé à la chaleur accablante du milieu du jour, mêle d'une manière particulière sentiment de frustration et agressivité. Elle a horreur de ce qui est là et joue en rêve avec ce qui manque. Elle est une sorte d'impasse de la vie de l'âme. Nous ne lisons pas sans étonnement les descriptions sérieuses mais non dénuées d'ironie que font les moines âgés et expérimentés des tentations liées à l'acédie. L'acédie se manifeste sous forme de paresse spirituelle, mais aussi et en travers d'un activisme trépidant (Christoph Schönborn, Aimer l'Eglise: retraite prêchée à Jean-Paul II au Vatican, en février 1996, 1998 - books.google.fr).

N'accepte de tentation que celle qui vient de Dieu.

Le réformateur Viret a commenté le Pater. En expliquant la demande : « Ne nous soumets pas à la tentation », il cherche à innocenter Dieu de toute responsabilité dans le surgissement du péché dans le monde. Le Réformateur donne d'abord une définition du verbe tenter : « Tenter est un mot pris des latins qui signifie expérimenter et éprouver et quelques fois assaillir. » Ainsi « Dieu est tenté par les hommes quand, par défiance qu'ils ont de lui, ils le veulent éprouver ». Viret rappelle ensuite que selon Jac. 1, 13, Dieu « ne peut être tenté de faire le mal ». Ainsi « il ne peut être ému, ni sollicité, ni induit à mal être tenté de faire le mal ». Ainsi « il ne peut être ému, ni sollicité, ni induit à mal faire »28. Pourtant, il semble demeurer une contradiction entre le texte de Jacques et celui du Pater puisqu'en Jac. 1, 13, nous lisons encore que Dieu « ne tente personne ». Pour répondre à cette objection, Viret donne cet exemple : « Si j'ai un serviteur qui soit un larron et toutefois il veut être estimé homme de bien et pour en faire l'expérience, je mets une bourse pleine d'argent devant lui, s'il l'empoigne et la dérobe, n'est-il pas larron ? » Dieu nous tente, du seul fait qu'il nous offre ses dons parce que ses bienfaits seront pour nous pécheurs l'occasion d'un péché. « Il (Dieu) tente comme j'ai dit du serviteur. En faisant ce que j'ai dit, je le tenterais, sans le tenter. Car s'il était homme de bien, une tentation lui serait en honneur. » Ainsi, « Dieu nous tente, non pas pour nous induire à mal, mais pour nous faire manifester la malice et l'infidélité de notre chair et l'infirmité d'icelle. » Si Viret s'était contenté de cette explication, son exégèse serait irréprochable. Mais il ajoute des considérations qui, prises hors du contexte que nous venons de mentionner, seront sources de malentendus : Ainsi il déclare : « Il (Dieu) tente en telle sorte que par sa tentation, les hommes ne sont pas seulement induits à manifester leur malice, mais aussi à la commettre. » Certes, Viret veut innocenter Dieu, car il ajoute : « Iaçoit qu'il nous ait induit en telle tentation, si est-ce toutefois qu'il n'est pas auteur de nos péchés... qu'il n'a pas mis en nos cœurs la malice de laquelle ils sont issus, comme Satan, auquel ces choses sont propres. Mais il a justement puni péché par péché, comme il le peut justement faire comme prince et juge souverain. » Dans ce texte, Viret distingue fortement la responsabilité de Dieu et celle du diable. Mais dans d'autres phrases, il s'exprime sans respecter suffisamment les nuances : « Il n'y a point de contradiction ni d'inconvénient d'appeler une même tentation de Dieu et tentation du diable. » Pourquoi ? Parce que « le diable n'est que comme un instrument et bourreau pour exécuter l'ire et la vengeance de Dieu ». Et Viret approuve explicitement celui qui défend cette thèse : « La résolution est donc que toutes les tentations sont de Dieu comme de la première cause... et du diable comme de la seconde cause. » [...]

Viret souligne que les épreuves sont des signes — il parle même de « sacrements » — des promesses divines envers les élus. « Nous devons tenir les afflictions et les persécutions non seulement comme un sceau, mais aussi comme un sacrement des promesses de Dieu par lesquelles, il nous assure et confirme que nous sommes de ses enfants. » (Georges Bavaud, Le réformateur Pierre Viret, 1511-1571: sa théologie, 1986 - books.google.fr).

Viret dit aussi que Dieu tente les hommes pour "manifester les grâces qu'il a faites aux siens et du profit qu'ils en reçoivent".

Mais dans la tentation qui révèle la faillibilité de la chair, Viret trouve un exemple dans le cadre de l'Exode : "C'est de la tentation de laquelle Moyse parle quand il dit aux enfans d'Israël, Tu auras souvenance & te reduiras en mémoire toute la voye par laquelle le Seigneur ton Dieu t'a mené par le désert l'espace de quarante ans pour t'affliger et te tenter pour scavoir ce qui estoit en ton coeur & si tu gardois ses commandemens ou non (Pierre Viret, Instruction chrestienne et somme générale de la doctrine comprinse ès Sainctes Escritures, 1556 - books.google.fr).

DAEMON DE CLEF

Le terme daemon renvoie à une conception grec du démon c'est-à-dire à un génie. Le daemon pourrait être Priape.

Jusque dans La Clef des songes d'Artémidore de Daldis (bourgade proche d'Ephèse), le membre viril est assimilé, dans une même proposition, à la force génératrice et à la puissance du discours (Maurice Olender, Du concept au postiche, L'Infini, Numéros 17 à 20, 1987 - books.google.fr).

On présente en général Artémidore comme un Stoïcien du IIème siècle après machin.

Il élabora ou affina l'«art divinatoire» du déchiffrage des songes (onéirocratie) dans sa Clef des songes, le plus fameux traité d'interprétation des rêves de l'Antiquité, composé à partir d'auteurs plus anciens. [...] Dès le début du XIXe siècle environ, aliénistes, médecins, psychiatres, psychanalystes ou neuropsychiatres, ont progressivement monopolisé et médicalisé la culture onirique pour étudier le « délire » et la nervosité, mesurer les « hallucinations » ou le somnambulisme, puis ouvrir la porte de l'« inconscient », avant de modéliser la physiologie du rêve né du sommeil paradoxal (Michel Porret, L'homme aux pensées nocturnes: Pierre Frémont, libraire et explicateur de rêves à Genève au siècle des Lumières, 2001 - books.google.fr).

Dans l'œuvre immense de Cardan, le traité des songes ne semble pas avoir été le texte le plus remarqué ou qui eut le plus d'influence. Ces Somniorum Synesiorum omnis generis insom- nia explicantes libri IIII, qui se présentaient comme un commentaire du livre antique de Synesius, furent publiés à Bâle (chez H. Petri) en 1562, avec une dédicace au cardinal Charles Borromée, archevêque de Milan. [...] Le livre de Cardan est organisé autour de la notion de signe, signum. En un sens , c'était aussi le cas de l'Oneirocriticon d'Artémidore, où les rêves et les songes « signifient» ("sèmainein"), les uns les choses présentes, les autres les choses à venir, où le songe proprement dit est « sémantique » ("sèmantikè") des événements de l'avenir. C'était aussi le cas des interprétations traditionnelles, selon lesquelles le songe est un « signe » fait au songeur par une divinité, un démon, un astre. Si une originalité apparaît chez Cardan par rapport à cette vulgate interprétative, c'est par un déplacement de ce qui était entendu par la « signification ». Au départ, l'« explication » que réalise Cardan ne se présente pas comme déploiement d'un « sens » ou d'une « signification » qui seraient indépendants du songe et auxquels le songe renverrait ; le substantif « significatio » semble même absent du livre où l'on trouve constamment les formes verbales significare, significari, significatum, comme elles sont constamment employées dans le Liber de Judiciis geniturarum, où chaque planète, ses directions et ses révolutions « signifient » une chose. L'« explication » est une opération qui dégage un signifié et non la reconnaissance d'une signification préalable à cette opération et indépendante d'elle (Jacques Le Brun, La Jouissance et le trouble : Recherches sur la littérature chrétienne de l'âge classique, 2004 - books.google.fr).

Un bon démon : Priape

Anaximène fournit d'autres détails sur le culte des Lampsacènes pour Priape : les femmes, les filles et les garçons allaient chaque matin dans leur jardin lui baiser le membre, parce que la rosée qui exsudait de son bois de figuier, passait pour la conséquence des songes libidineux de sa nuit solitaire. Le soir, les filles et les garçons le lui frottaient, ainsi qu'on l'avait vu faire sur son char : c'était pour entretenir son érection et lui procurer de beaux rêves (Roger Peyrefitte, Les conquêtes d'Alexandre, 1979 - books.google.fr).

Le phallus, symbole de l'Hermès arcadien, est un signe que les Pélasges ont reçu des Phéniciens, chez qui les rapports de Priape et d'Adonis sont attestés, où Belphégor est un dieu ithyphallique. Le caducée est également phénicien, dérivant de l'arbre sacré surmonté du croissant, ou du bâton sacerdotal qui se transforme en serpent dans l'Exode. Le serpent est le symbole du dieu fils, Agathodémon, Trophonios. « Sur le sceptre de Trophonios et le caducée d'Hermès, c'est le serpent d'airain dont Moïse dresse l'image dans le désert » (Victor Bérard, De l'origine des cultes arcadiens : essai de méthode en mythologie grecque, p. 294). Le bélier d'Hermès nous ramène aussi à Baal Hammon. Enfin, Plutarque mentionne un Adonis-Attis arcadien, tué, comme l'Adonis syrien, par un sanglier, et le tombeau d'Arcas, à Mantinée, s'appelle « les autels du Soleil » (Revue critique d'histoire et de littérature, recueil mensuel, 1894 - books.google.fr).

Peu à peu, semble-t-il, Priape, divinité de Lampsaque, est devenu le dieu de l'Hellespont. Virgile écrit : Hellespontiaci servet tutela Priapi, « Priape, dieu de l'Hellespont ». Ce glissement géographique est très net dans les épithètes de Priape conservées par la littérature du temps d'Auguste, quand la dévotion à Priape, mise en parallèle avec celle pour Dionysos et Pan. était la plus forte. Il convient de s'interroger sur ce lien géographique. D'autres cités de l'Hellespont honorent-elles Priape, comme à Lampsaque ? Priape est-il le seul dieu protecteur des espaces maritimes de l'Hellespont ? On dispose d'indices de la présence de Priape dans les autres cités des Détroits. [...]

Une épigramme d'Archias invoque Priape, dieu des marins, qui protège le Bosphore de Thrace : « sur cet écueil battu des flots les marins m'ont placé, moi Priape, comme gardien du détroit de Thrace » (Franck Préteux, Priapos Bebrykès, Revue des études grecques, Volume 118, 2005 - books.google.fr).

Le Bosphore de Thrace, appelé aujourd'hui détroit ou canal de Constantinople, sépare l'Europe de l'Asie, et joint la Mer-Noire, autrefois le Pont-Euxin, à la mer de Marmara, ou Propontide. La mer de Marmara communique elle-même avec l'Archipel, ou mer Blanche, par le détroit des Dardanelles (Antoine-François Andréossy, Constantinople et le Bosphore de Thrace, 1841 - books.google.fr).

Les Latins donnent à Priape l’épithete de rubicundus, ruber; ils le désignent quelquefois par les seuls noms de Phallus, d’Ityphallus, de bonus Dæmon, ou bon génie, de Fascinus, d’Orneates de la ville d’Ornea, voisine de Corinthe, où il étoit particulièrement honoré; d'HellespoMicus, parce que Lampsaque est sur les côtes de l’Hellespont (Les métamorphoses d'Ovide: traduction nouvelle avec le texte latin, traduit par Villenave, 1806 - books.google.fr).

Par Constantinople, on a donc un hypothétique gardien et daemon qui serait Priape, en apparence antithétique à l'Immaculée Conception.

L'âne était un attribut de Priape, et image de l'esprit/pneuma/logos lui-même assimilé à la Vierge (Autour de Rennes le Château : Stenay et Dagobert II : transgression du possible, et pet sur la terre, Autour de Rennes le Château : Dalle verticale de Marie de Nègre : un triangle isocèle rectangle, Autour de Rennes le Château : Superposition de dalles et Saint Sulpice).

Bithynie

Théodose, évêque de Césarée en Bithynie, qui était monothélite suivant en cela l'empereur, fut envoyé auprès de saint Maxime à Bizye en Thrace où il était exilé pour le convaincre de renoncer à ce qu'il concevait comme orthodoxie (les deux volontés). Il semble que, à l'inverse, Théodose fut convaincu des thèses de Maxime. (Alban Butler, Vies des pères, martyrs et autres principaux saints, 1843 - books.google.fr).

Au milieu de la place d'Espagne à Rome, devant la grande façade du collège de la Propagande, s’élève le monument de l’Immaculée Conception (Colonna della Concezione), érigé en 1856 par Pie IX. La statue de la Sainte-Vierge est supportée, à une hauteur de 80 pieds, par une colonne antique de marbre carystien. Sur les angles saillants du socle, sont assises les statues colossales de Moïse, de David, d’Isaïe et d’Ézéchiel, qui ont spécialement prédit le mystère de l’Immaculée Conception. [...] De la place d'Espagne, on monte par un escalier monumental à la Trinité-des-Monts et au Pincio (R. P. Rigaud, Souvenirs de Rome pèlegrinage à l'occasion de la canonisation des martyrs japonais, 1862 - books.google.fr).

L'obélisque du Pincio n'a que 9 mètres de hauteur. Il gisait au Moyen âge à un demi-mille des murs hors de la Porta Maggiore, dans une vigne appartenant à la famille Saccoccia; peut-être ornait-il, comme plusieurs autres, la spina d'un cirque, celui d'Elagabal (Circus Varianus). Les inscriptions et les et les bas-reliefs qu'il porte sont de facture romaine. L'empereur Hadrien s'y est fait représenter avec sa femme, l'impératrice Sabina, et leurs noms se lisent dans les cartouches ; mais l'obélisque fut surtout dressé en souvenir et à l'honneur du favori d'Hadrien, Antinous. [...] En 1633, l'obélisque fut placé dans le jardin du Palais Barberini, puis transféré dans le Cortile della Pigna, au Vatican. Il fut placé au Pincio par Pie VII en 1822 (Emmanuel Rodocanachi, Les monuments de Rome apres la chute de l'empire: Le Colisee, Le Pantheon, Le Mausolee d'Auguste, Basilique de Constantin, théâtres, arènes, 1914 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Obélisque du Pincio).

Antinous fut honoré dans toute l’Arcadie, à Bithynie, à Mantinée, à Nicomédie, à Sardes, sous les symboles de Mercure. A légard de la ville de Bithynion, l’Antinoüs y est représenté dans plusieuts medailles avec les ailes au talon, & le Caducée. Ce Mercure sous le nom a sousles symboles duquel les Arcadiens honoroient Antinoüs, étoit le Mercure Arcadien, le Mercure Pasteur, c’est par cette raison que dans d'autres medailles de Bithynie. Antinoüs y ell: avec l’habit de Pasteur, il a à la main le Pedum Pastorale; mais toûjours les ailes aux talons, pour marquer que c'est Mercure. Les Cyaniens le representoient aussi debout, nud, tenant de ses deux mains le Pedum Pastorale. Ces Peuples étoient d’une ville de Bithynie, nommé Cio, de Cius, compagnon d'Hercule. On voit des medailles de Cia, qui nous marquent qu’elles furent frappées par l'ordre du Proconsul, à l‘honneur d’Antinoüs. Cio a aussi eu le nom de Prusia ; Alexandre s’en rendit maître, & la détruisit par le secours d’un Prince de Bithynie, grand chasseur, qui se nommoir Prusa, ou Prusia ; mais depuis les Cyanniens reprirent leur ancien nom pour n’être point confondus avec d’autres villes qui se nommoint Prusiennes.

Ceux de Mantinée qui ne vouloient point céder aux Bithyniens, rendirent aussi des grands honneurs à Antinoüs, ils le regardèrent comme leur compatriote, comme un enfant né de leur sang, parce qu’il étoit né en Bythynie, colonie sortie des Arcadiens aussi bien qu’eux. Ils lui éleverent un Temple que l'Empereur Adrien enrichit de tableaux & de Statues de ce favori, ils établirent des mysteres qui se celebroient tous les ans, & des jeux qui se renouvelloient tous les cinq ans (Charles de Riencourt, Dissertations sur le culte que les grecs et les romains ont rendu a Antinous, 1723 - books.google.fr).

Un autre Antinous apparaît plus tôt dans l'Odyssée d'Homère. c'est le chef des prétendants de Pénélope.

Le temps peut désormais reprendre son cours ; l'époux tant désiré est revenu ; Pénélope est prête à redevenir femme, la vie peut recommencer. La façon homérique d'exprimer - donc de concevoir - le temps et les saisons diffère considérablement de la nôtre ; les faits naturels, les objets, les images métaphoriques expriment symboliquement la durée, les échéances, le changement. Or, le tissage / filage a une grande affinité avec le temps, qui s'exprime surtout dans l'image des Moirai : la durée de la vie humaine est exprimée par la longueur du fil qu'elles tissent pour chacun à sa naissance, les événements de la vie fixés d'avance par cette même activité. Le tissu qui a assuré la survie et la pérennité poétique d'Ulysse a préparé en même temps le sort funeste des prétendants, et cela par l'intervention dans le déroulement du temps. Par cette image le poème introduit Pénélope dans le domaine des Moirai. En disant cela, je me réfère à la signification ultime de l'ouvrage, à la toile-destin, dont l'accomplissement est associé au dénouement du poème. En revanche, la toile-ruse a expressément été placée sous le signe d'Athéna (II 116). Le premier épisode vise à montrer que toute l'incertitude, tout le déséquilibre d'Ithaque provient de l'opacité du personnage de la reine ; par la mise en question de son statut, le poète «active» au sein de l'épopée un thème cher à la mythologie grecque, celui de la femme sollicitée comme cause de désordre. Le thème du tissage est subordonné à cette problématique. Dans sa version, le prétendant Antinoos donne vraiment un sens à la ruse de Pénélope quand il dit qu'elle n'a la tête qu'aux travaux d'Athéna, entendant par là «qu'elle se prend pour une petite fille». Tenir la toile pour illogique, c'est risquer de perdre toute la saveur du jeu poétique, la mise en scène de l'absurde étant en soi, selon Aristote, matière de poésie. Blâmer Pénélope, comme le fait Antinoos, parce qu'elle se consacre aux travaux d'Athéna, cela constitue à soi seul un paradoxe ; nous pouvons le lever en y décelant un jeu de mots qui n'a de sens que «traduit» en termes grecs : cette référence à Athéna est ironique, Antinoos accuse Pénélope d'avoir transformé le tissage funèbre en tissage virginal, car elle a exprimé par cette activité le refus du mariage. Le laconisme est, comme le disait Goethe, un art très homérique. La toile, exemple éloquent de cette stylistique, est un lieu privilégié de malentendu, une opération souvent perçue comme une rupture de sens (Ioanna Papadopoulou-Belmehdi, Le chant de Pénélope: poétique du tissage féminin dans l'Odyssée, 1994 - books.google.fr).

Au moment du massacre des prétendants, l'arc que saisit Ulysse chante comme une hirondelle et c'est sous la forme d'une hirondelle qu'Athéna y assiste, perchée sur une poutre de la salle, encourageant le roi d'Ithaque.

L'arc d'Ulysse, qui serait un arc angulaire (cf. arc en mitre) selon W.E. McLeod, est comparé à un instrument de musique, la phorminx, au chant XXI de l'Odyssée (vers 406-409). [...] Cette même affinité est rendue de la façon la plus explicite, par les termes psallô et psalmos que le grec utilise volontiers pour désigner l'ébranlement, avec les doigts, des cordes de l'arc mais aussi de la lyre et de la cithare (Philippe Monbrun, Les voix d'Apollon: L'arc, la lyre et les oracles, 2007 - books.google.fr).

L'arc d'Ulysse était en bois de cornouiller (ailly.com - Le cornouiller).

C'est la corde de l'arc tendu et relâché qui met en action la flèche comme le fait la volonté du corps de l'homme.

Pénélope finit sa vie à Mantinée.

Le village de Thana dans la région de Mantinée est à rapprocher du mot albanais "thanë" qui signifie cornouiller (Ch. Syméonidis, P. Asenova, Semantische Entlehnungen aus dem Türkischen, Relations et influences réciproques entre Grecs et Bulgares XVIIIe-XXe siècle, cinquième colloque organisé par l'Institut des Études Balkaniques de Thessaloniki et l'Institut d'Études Balkaniques de l'Académie Bulgare, 1991 - books.google.fr).

Dans l'Odyssée, Ulysse devient un homme de désir et un homme désirable, loin de l'ascèse guerrière et du compagnonnage homoérotique de l'Iliade. Il redevient un père, un époux et un fils, toutes facettes de son existence qui semblaient en suspens dans l'Iliade. Même la relationd'Ulysse avec sa marraine Athéna se transforme, Athéna n'est plus seulement une cheffe de guerre, comme dans l'Iliade, elle devient une amie, une complice des visées d'Ulysse, si bien qu'ils font tandem, ourdissent ensemble des plans. Ainsi au chant XIII Athéna, qui apparaît sous la forme d'un jeune berger et demande au héros son nom, s'écrie : « Allons ! Laissons ces feintes, nous deux qui sommes experts aux ruses profitables ; car de tous les mortels tu es de beaucoup le meilleuren conseil et paroles, et moi, entre tous les dieux, je suis réputée pour ma finesse et mes bonnes inventions. [...] À présent, je suis venue ici pour tramer avec toi un projet et cacher toutes ces richesses que les nobles Phéaciens t'ont données en présents, suivant mon dessein et mon conseil... ». Autre scène qui illustre cette complicité, après qu'Ulysse, ayant débarqué sur l'île d'Ithaque, eut caché les trésors ramenés de Phéacie dans une grotte, ils s'assoient côte à côte sous un olivier sacré, pour manigancer la mort des prétendants « pleins d'arrogance » (Camille Froidevaux-Metterie, Marc Chevrier, Des femmes et des hommes singuliers: Perspectives croisées sur le devenir sexué des individus en démocratie, 2014 - books.google.fr).

PAX GARDIEN A DCLXXXI : PAX GARDIEN A(NNO) DCLXXXI

Le sixième concile général parlant à l'Empereur Constantin Pogonat, reconnoit de la manière la plus expresse le droit qu'il a d'y conserver la paix ; & S. Grégoire regarde l'Empereur Maurice, comme étant de droit divin le conservateur & le gardien de la tranquillité de l'Eglise (Apologie Des Jugemens Rendus En France Contre Le Schisme Par Les Tribunaux Séculiers, 1752 - books.google.fr).

Le surnom de Pogonat, qui signifie barbu, a été donné à Constantin, an rapport de Zonaras, parce qne lorsqu'il partit avec son père de Constantinople pour la Sicile, l'an 1416 (663), il n'avoit qu'une barbe naissante, et qu'il en avoit une à son retour de la Sicile après la mort de son père. Sans s'arrêter à ce récit, qui est contredit par celui des autres historiens, suivant lesquels Constantin Pogonat n'auroit point quitté Constantinople pour accompagner son père en Sicile, il est bon d'observer que le surnom de Pogonat conviendroit bien mieux à Constant II, père de Constantin, qu'à ce dernier, puisque c'est lui qui, sur les médailles, est caractérisé par une longue et ample barbe, tandis que Constantin a la barbe beaucoup plus courte et arrondie (Théodore Edme Mionnet, De la rareté et du prix des médailles romaines, Volume 2, 1827 - books.google.fr).

J. POUSSIN TENIERS A CHEVECE GARDENT LA : poussin téniers à chevece gardent là

Chevèce pour chevèche qui a eu la signification de tête et a désigné des animaux à grosse tête comme la chevèche (petite chouette), un poisson, un canard domestique (Léon Clédat, Revue de philologie française et de littérature: recueil trimestriel, Volumes 20 à 21, 1906 - books.google.fr).

En référence à la mythologie, le nom latin scientifique de la chevêche est Athene noctua, ce qui peut se traduire par « chouette d'Athéna » (Pierre Avenas, Henriette Walter, La mystérieuse histoire du nom des oiseaux, 2010 - books.google.fr).

C'est aussi un jeu, comme le jeu de l'oie ou de tric-trac attesté au XVIIème siècle.

On puise dans Rabelais les références à ce jeu et à un jeu de mot entre chevêche et chevecier, dignitaire ecclésiastique qui surveille le chevet de l'église et qui est chargé de la garde du trésor. Rabelais fait du chevecier un forme masculine de chevêche : "ce n'est mie une cheueche, il est masle, c'est un noble chevecier" (Livre V 8, 1562).

Demerson y voit en outre un jeu de mot avec mâle et mal et renvoit au passage dans Rab III 12 (p. 412b): «Par ceste raison ne sera-t-il jamais pape, car testiculos non habet» avec note 26: «On affirmait que cette infirmité était un empêchement pour les candidats à la papauté depuis la légende de la papesse Jeanne. ...». Une explication pareille du passage - plus détaillée - est fournie par par l'éd. Lefranc, III 12 [74] note 46: «Cf l. IV, ch. XLVIII: «Car il a couilles le pere sainct, nous le trouvons par nos belles Decretales, aultrement ne seroit il pape » L'origine de cette plaisanterie se rattache à la légende de la pseudo-papesse Jeanne. On prétendait même que l'une des deux chaises percées en porphyre, où le pape s'asseyait lors de son élévation au pontificiat, servait à un examen. Mabillon (Diarium italicum, De sella Stercoraria) fait très justement remarquer que la première mention de ces sièges remonte au XIIe s., un siècle avant la naissance de la légende de la papesse». (Kurt Baldinger, Etymologisches Wörterbuch zu Rabelais (Gargantua), 2001 - books.google.fr).

On sait que sous l'Ancien Régime il était en effet des plus honorifiques d'obtenir en vue d'une audience « un billet de cabinet » permettant d'approcher le roi à l'heure où il usait de la chaise percée. Etant donné le degré de civilisation atteint par la cour de France à l'époque où régnaient ces mœurs et le raffinement de son étiquette, la chose considérée sous son aspect purement matériel et grossier est parfaitement inexplicable. Mais tout reposant sur la façon dont on interprète les faits, on peut se méfier des chroniqueurs républicains qui ont colporté ce point d'histoire. Si l'on rattache l'acte en question aux traditions que nous venons d'exposer, il semble beaucoup moins choquant. Il est d'ailleurs fort probable que la pause sur la chaise percée (figurant le rond dans le carré et donc la quadrature du cercle) était purement symbolique et prédisposait le roi à des paroles de clarté. On peut bien sûr s'étonner qu'un symbole aille se nicher là. Mais il est curieux de constater qu'en matière de chirurgie l'instrument dont on se sert pour vider la vessie porte lui aussi le nom de cathète — comme le rayon vertical qui relie le rond au carré dans l'architecture de la cathédrale (Laurence Talbot, L'histoire profane inédite, Volume 2, 1968 - books.google.fr).

Les joueurs de dés se réunissaient fréquemment dans l'enceinte du sanctuaire de Skiron (c'est vrai, du moins selon Pollux, IX, 96) où se trouvait un temple d'Athéna avec ses devins de sorte que skirapheion devint synonyme de kubeuterion (c'est vrai, du moins selon Photios, patriarche de Constantinople, s. v. skiraphia); les devins de Skiron, malgré tout, ne sont pas des astragalomanteis, pratiquant la divination par les osselets, mais par les oiseaux (c'est vrai, du moins selon Hésykhios qui, douze siècles après, faisait encore un écho lointain et assourdi à ses compatriotes historiens de Milet, s.v.); donc les oiseaux qui interviennent sur les représentations de joueurs de pessoi (de trictrac, non de dés, kuboi, ni d'osselets, astragaloi, au demeurant) renvoient, renverraient - ici repose le sophisme — à l'espace sacré skironien (Michel Costantini, L'ordinal camerlingue, L'image entre sens et signification, 2006 - books.google.fr).

Le tric-trac était connu des la plus haute antiquité : les Grecs l'appelaient Diagrammismos, et les Romains Duodena scripta (Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts, Hachette, 1861 - books.google.fr).

A Constantinople, La destination que Théodose donna au temple de Vénus s'explique d'elle-même. Quant a la transformation du temple de Diane en un local destiné aux jeux de dés, nous aurions dû faire observer que c'est à la déesse de la Lune que l'antiquité rapportait toutes les vicissitudes physiques et morales du monde, dont le jeu de dés était considéré comme l'image. Il fut regardé comme tel jusque dans le moyen âge byzantin (Man. Phil., carm. V, in Cantacuzen, v. 857-61). Dans le temple de la fortune à Argos, on montrait, d'après Pausanias (II, 20, 3), les dés que l'inventeur de ce jeu, Palamède, y déposa, dit-on (L'institut, Section 1: Sciences mathématiques, physiques et naturelles, Volumes 14 à 17, 1849 - books.google.fr).

Les Skirophories, d'une part, comme la fêle Chaikeia ou Athanaia, de l'autre, ont diversement influe sur la formation des Panathénées, dans les siècles postérieurs. Les Butades portaient des parasols blancs (Skiron), en l'honneur d'Athânâ Skiras. placée sous la garde d'un parasol, et qui est la même qu'Athânâ Boudeia, propice aux céréales et qui les protège contre la trop grande violence du soleil. Le parasol indiquait l'abri, le toit qui préservait du chaud comme du froid, et l'on prétendait qu'on le portait pour annoncer par là qu'il était temps de se choisir de nouveau un abri, d'élever une tente. Dans cette solennité, les Butades, pontifes d'Athânâ Polias et de Poseidon Erechtheus, représentaient également le sacerdoce de Hélios, du soleil. Environnés d'un peuple nombreux, ils descendaient en pompe de l'Acropole, et se rendaient processionnellement au temple d'Athânâ Skiras, situé dans un bourg de ce nom , en dehors de la cité. Arrivé là, l'on y jouait un jeu appelé les Skiraphies, ou encore Pessoi, Petteia, jeu de dés, dont le sens et l'origine sont inconnus, car l'explication de quelques anciens auteurs qui tend à faire croire que ce jeu avait rapport à l'apparition et à la disparition des cinq corps planétaires, est sans vraisemblance; mais il est vrai de dire que, dans cette fête, il s'agissait de la prospérité des récoltes et de l'éloignement des influences funestes que pourrait apporter l'ardente chaleur de l'astre du jour. On disait que le premier blé avait été semé, la première récolte produite dans ce lieu du nom de Skiron, qui se trouvait sur la route d'Eleusis, circonstance qui semblerait prouver que, dans les Skirophories, quelque influence éleusinienne avait déjà modifié le culte original d'Athânâ (Le Catholique: ouvrage périodique dans lequel on traite de l'universalité des connaissances humaines, 1829 - books.google.fr).

Créé par Scève sur le substantif chevêche, le verbe chevecher, qu’on ne retrouve ni avant ni après Scève, a déjà fait couler beaucoup d’encre. À la suite d’Huguet, qui en fait un dérivé de chevêche au sens de « têtière, harnachement de la tête du cheval », Ian McFarlane y voit une allusion au bandeau de celui qui joue à la mouche (en référence au premier vers du dizain 57). La plupart des autres critiques y lisent un dérivé de chevêche, « chouette », et s’ingénient à préciser le sens à imputer au verbe, sans jamais prendre en compte le fait qu’au dizain suivant, Scève crée un terme très exactement analogue qu’il place, comme de bien entendu, dans le dernier vers (« Dont mes pensers guidez par leurs Montjoyes, / Se paonnoient tous en leur haut Paradis »). Le poète invite donc comme souvent son lecteur à une brève séquence narrative qui voit l’amant se désespérer avant de retrouver espoir : dans un cas, celui-ci « chevêche » et fait la chouette ; dans l’autre, « il se paonne » ou fait le paon ; à l’oiseau de nuit qui ulule (à l’entrée chevesche, Nicot écrit « Ulula, Noctua ») s’oppose le fier oiseau diurne connu pour sa parade amoureuse, qui retiendra notamment l’attention, à la fin du siècle, de Du Bartas (« Comme un paon qui navré du piqueron d’amour, / Veut faire piafard à sa dame la cour »). Terme « emphatique » s’il en est, chevecher, qui constitue l’ultime rime du dizain, répond d’abord sans doute à la première rime du poème, le jeu bien attesté, mais mal connu de la chevêche faisant possiblement écho à celui de la mouche. Il permet ensuite d’ouvrir sur le poème suivant, de créer ainsi de façon économe une courte narration (D. 57-58), et même de construire en pointillé une série ornithologique (évoquant Charles Quint, le dizain 55 parle de la métamorphose de l’Aigle en « Autrusche errante »). Enfin, l’invention lexicale de Scève permet de faire surgir, dans des dizains particulièrement abstraits consacrés à l’analyse de sentiments amoureux, des représentations visuelles, voire d’annoncer celles-ci, le trente-quatrième emblème étant consacré au paon (Jean-Charles Monferran, Le dictionnaire tout à part soi de Scève : réflexion sur les mots nouveaux de Délie, 2013 - www.fabula.org).

Palamède est celui qui expliqua les éclipses aux Grecs de l'Iliade, selon Homère, et qui inventa le jeu de dés. La mise en relation du jeu et de l'astronomie se fait par le hasard.

Les éclipses ont une grande importance pour l'astronomie. Ce sont elles qui ont « pointé », dans le ciel, parmi les étoiles, le parcours annuel du soleil, le cercle de l'écliptique. Ce dernier nom trahit d'ailleurs son origine : écliptique, lieu des éclipses. Toute la technique de la science des astres a pour origine le repérage de ce cercle. Il est le milieu de la ceinture zodiacale où les planètes évoluent, avec assez de fantaisie, en apparence, mais sans jamais en sortir. Or on sait quel rôle jouent dans les horoscopes, les places que les planètes occupent parmi les signes, à un moment donné. Que les combinaisons diverses ainsi formées soient réputées avoir une influence déterminante sur les destinées individuelles, ce n'est pas évident a priori. Une telle idée a besoin d'explication. C'est par les éclipses qu'on peut, avec l'aide de l'histoire, s'en représenter la genèse. L'effet général et immédiat que produisent les éclipses est l'effroi. Celles du soleil angoissent les animaux eux-mêmes. Rien de plus naturel en somme. On constate, chez un très grand nombre de peuples, la croyance en un monstre qui assaillait les luminaires célestes pour les dévorer. C'était, chez les Egyptiens, une truie qui en voulait à la lune, tandis que le soleil défaillait sous la menace d'Apôpi, serpent gigantesque, analogue à celui qui rongeait les berges du Nil. Aux Indes, et cela dès l'époque védique, on tenait pour responsable des éclipses le monstre Rahou. Alors qu'en Chine on se représentait les campagnes du ciel parcourues par une lune sauvage, noire, déréglée dans sa course errante, qui se jetait sur la lune ou le soleil, lorsque, par malheur, elle les rencontrait. Notre astronomie contemporaine conserve dans son langage une trace de ces croyances primitives. Elle appelle mois draconitique, mois du Dragon, la période comprise entre deux passages de la lune au même « nœud », le « nœud ascendant », par exemple, c'est-à-dire entre deux passages consécutifs de bas en haut, du « dessous » au « dessus », par le plan de l'écliplique. Mais le lieu de ce passage tourne autour de la terre. Lorsqu'il arrive sur la ligne droite qui joint la terre au soleil, la lune ou le soleil sont éclipsés, « tombent dans la gueule du Dragon ». Pour effrayer le monstre céleste et l'obliger à dégurgiter sa proie, ou à lâcher prise, ou pour donner du cœur au porte-lumière dans sa résistance et le ranimer, on criait, on faisait du bruit avec des instruments sonores, on lançait des javelots. Ce fut une coutume très répandue, que l'on retrouve en Californie et chez les Groenlandais. Les Egyptiens en usaient ainsi quand le soleil défaillait à la vue du serpent Apôpi. Les sol lats romains en campagne frappaient sur des bassins d'airain et soufflaient dans leurs immenses trompettes de guerre. Maximus de Turin, auteur patristique du Ve siècle, proclamait, dans son homélie De defectu lunœ, que de fortes clameurs étaient efficaces pour porter secours à la lune en danger. Il était recommandé par deux écrivains allemands du moyen-âge, Burkard de Worms et Eligius, de faire du bruit en cas d'éclipse de lune et, en particulier, de prononcer les mots : Vince luna. Enfin, jusqu'en plein XIXe siècle, le code des cérémonies officielles de l'empire de Chine prescrivait encore de tirer de l'arc et de battre du tambour pendant les éclipses. C'étaient là des rites magiques. Quand naquit l'astronomie, elle interpréta scientifiquement la croyance populaire. Pour rendre compte d'éclipses dont la production paraissait anormale, des astronomes grecs supposèrent quelque temps que des astres obscurs, circulant au voisinage de l'écliptique, venaient masquer éventuellement le soleil ou la lune. Un germe d'astrologie venait aussi de là. Les éclipses parurent être des présages sinon mauvais, du moins inquiétants, comme tout phénomène rare et qui inspire de la crainte (Jules Sageret, Le Hasard et la destinée, 1927 - books.google.fr).

Par les grâces d'une succession d'heureuses coïncidences arithmétiques, la période de 6 585 jours couvre à peu près 223 mois (de 29,530588 jours) lunaires, 19 années (de 346,62 jours) des éclipses, 242 mois (de 27,2122 jours) draconitiques et 239 mois (de 27,5546 jours) anomalistiques. C'est-à-dire la période du Saros qui renferme 18 années plus 10 ou 11 jours, selon que l'intervalle de 18 ans considéré renferme 4 ou 5 années bissextiles. Rien qui exprime plus simplement le lien entre le hasard et la régularité, qui ne confirme de manière plus convaincante la thèse de Lucrèce selon laquelle l'ordre n'est jamais qu'un cas particulier du désordre. Nous voyons une suite de hasards heureux produire une régularité qui ne témoigne nullement d'un ordre quelconque dans les choses, mais plutôt d'un accident dans le cours normal des choses, voué au hasard. Il faut d'ailleurs distinguer ici entre deux niveaux de hasard. La régularité des éclipses manifeste en effet à la fois un hasard physique, intéressant le monde, et un hasard mathématique, indépendant du cours des choses. Hasard physique qui fait qu'un ensemble de mouvements se déroulent dans des durées dont la mesure est en correspondance arithmétique avec les chiffres respectivement de 223, 19, 242 et 239, c'est-à-dire autant de communs diviseurs du chiffre 6 585. Mais, aussi, hasard mathématique. Que les mesures de l'année des éclipses, des mois lunaire, draconitique et anomalistique soient en commune correspondance avec la mesure du Saros constitue un hasard de fait. Mais que 223, 19, 242 et 239 soient des communs diviseurs de 6 585 constitue aussi un hasard en lui-même, indépendant de ce qui se passe dans le ciel. Car il n'y a pas, à proprement parler, nécessité arithmétique. Quelle nécessité, par exemple, dans la répartition des nombres premiers (c'est-à-dire des entiers seulement divisibles par eux-mêmes ou par l'unité) dans la série des nombres naturels (série des entiers) ? Pourquoi y a-t-il nombre premier en en cinquième, septième, onzième positions ? Répartition purement hasardeuse ; et c'est pourtant de ces nombres premiers que s'engendrent toutes les séries numériques possibles. Même répartition hasardeuse dans la suite des décimales de pi ; et pourtant cette poussière de chiffres disposés au hasard n'en exprime pas moins une relation invariante et nécessaire, qui scelle à jamais le rapport du cercle à son diamètre. Au sein même des mathématiques pures, de la réalité la plus subtile, la plus indépendante de toute compromission dans les choses, nous voyons apparaître ce double visage à la Janus qui est celui de toute réalité : l'un qui dit nécessaire, l'autre qui dit hasard (Clément Rosset, Le Réel. Traité de l'idiotie, 2012 - books.google.fr).

Le CNRTL signale que le terme « al-zahr » dans le sens de « dé à jouer » est relativement moderne et propose l'étymologie « yasara » (« jouer aux dés ») dont l'existence est attestée en arabe classique (fr.wikipedia.org - Hasardr).

Il n'est pas d'ailleurs superflu de rappeler qu'alea signifie dé en latin. Alea, surnom d'Athéna, signifierait "refuge" du grec alexô, j'éloigne, je repousse, je chasse, je secours. Mais pourquoi pas de aleiô, j'erre, je vague à l'aventure, d'où hasard ? (Spyridon Zambelios, Parlers grecs et romans, leur point de contact préhistorique, Volume 1, 1880 - books.google.fr).

L’élargissement de l’aire de jeu du hasard intervient en Arcadie. Certes, on n’a jamais vu de bergers jouer aux cartes ou aux dés. Pourtant, curieusement, Angelo Roccha, qui publie en 1617 un traité modéré contre les jeux de cartes et de dés situe en Arcadie l’invention des cartes et des dés, sur la foi d’Hérodote selon lequel Minerve porterait le nom d’Alea, du nom d’une ville d’Arcadie où elle était adorée, nommée elle aussi « Alea ». Il est assez piquant que le lieu où l’on invente les jeux de hasard soit aussi celui où l’on voue un culte à la sagesse. Les autres origines supposées de ces jeux renvoient toutes à un espace, à un moment, dédiés à l’oisiveté. Or, l’otium caractérise aussi l’Arcadie. Les activités des bergers se bornent en effet à peu près à des déplacements erratiques placés sous le signe de l’improvisation, et, généralement, de l’absence de but. Les bergers de Nicolas de Montreux et d’Honoré d’Urfé passent le plus clair de leur temps à marcher, avec ou sans moutons, et à se rencontrer « de fortune » : le mot revient trente-six fois dans la première partie de l’Astrée, vingt-quatre fois pour qualifier une rencontre ; ces rencontres, présentées comme aléatoires, déterminent les bifurcations du récit. La raison principale de la place que tient le hasard en Arcadie est sans doute la spécialisation de celle-ci (surtout à partir de la Diana de Montemayor, en 1542) dans la thématique amoureuse ; il est plus admissible d’associer le jeu du hasard à l’amour qu’aux tournois et aux duels. Si rien n’est plus commun, note un personnage de l’Astrée, que de remarquer que la Fortune a plusieurs roues, c’est celle de l’Amour qui tourne le plus souvent : « il n’y a rien dont on voit sortir tant de changement que cette passion ». L’association de l’amour et du hasard est une donnée essentielle d’une Arcadie dont la composante libertine, jusqu’à Jean-Pierre Van Elslande (1999), a longtemps été minorée. La meilleure illustration en est sans doute le théâtre de l’inconstance généralisée qu’est l’Arcadie des Bergeries de Julliette de Nicolas de Montreux, où les amours successives des bergers sont justement comparées, explicitement, à une partie de dés. Mais dans deux épisodes de l’Astrée, le jeu n’a rien de métaphorique ; dans le premier cas, il déclenche, dans le second, il résout et conclut une intrigue amoureuse assez embrouillée, un « entremêlement intriqué », pour reprendre l’expression de Cervantès (Françoise Lavocat, Jeux d’adresse et de hasard dans quelques univers fictionnels au tournant des XVIe et XVIIe siècles, Hasard et Providence XIVe-XVIIe siècles, Actes du cinquantenaire de la fondation du CESR et XLIXe Colloque International d’études HumanistesTours, 3-9 juillet 2006 - umr6576.cesr.univ-tours.fr).

Palamède est aussi en rapport avec le boeuf et l'âne qui lui servirent à confondre Ulysse de sa feinte folie.

On retrouve le boeuf dans le nom du Bosphore.

Une partie du vers 108 de la huitième églogue des Bucoliques de Virgile, " an qui amant ipsi sibi somnia fingunt? " (Ou les amants se forgent-ils des songes à plaisir ?), se trouve placée dans un cartouche sur la cheminée de la bibliothèque du château du Mesnil-Saint-Denis, en provenance de celui de Sully-sur-Loire, propriété du ministre de Henri IV, Sully (Rosny-sur-Seine, 1559 - Villebon, 1641), inféodé aux Habert de Montmor. Henri-Louis Habert (1603-1679), maître des requêtes et académicien, mécène de savants et d'artistes, seigneur du Mesnil, avait une sœur, Anne, qui épousa en première noces en 1618 Charles de Lauzières, marquis de Thémines, et veuve en 1621. Henri-Louis Habert fonda, en 1657, l'Académie Montmorienne, embryon de l'Académie des Sciences qui deviendra officielle en 1666, et qui reçut Thomas Hobbes, Campanella, Képler, Ismaël Boulliau, Christian Huygens, Jean Hamon et Charles de L'Orme, etc.

Virgile fait parler une magicienne à travers le personnage d'Alphésibée, imitateur de la danse des Satyres, dont le nom marque l'alliance de bœuf (ou taureau) et de blanc, ou au nom féminin lunaire de "vache blanche") qui sera la mère d'Adonis par le rouge Phoenix (union alchimique de l'homme rouge et de la femme blanche). Virgile emploie pour la première fois en latin le mot "magicis", emprunté au grec (Cohérence grand nonagone : Deuxième Etoile : Ferrassières - Sommet en Atlantique).

Henri-Louis Habert est le cousin de Philippe Habert, l'un des Illustres Bergers avec Nicolas Frénicle, sous le pseudonyme de Lizidor.

Le papegai chez Lemaire de Belges : Vénus et Minerve

Les couleurs du paon répondent à celles du perroquet dans une opposition à celles camouflées de la chouette.

La muse du grand poète méconnu que fut Jean Lemaire de Belges balance, dans ses Epîtres de l'amant vert, entre l'abstraction courtoise et la sensualité vénusienne, invoque pour les unir la sagesse équilibrée de Minerve. Mais sans cesse l'un ou l'autre courant risque de l'emporter. Alors, afin de sauver du moins cette distance et cette irréalité suave où son intuition lui révèle la condition de toute forme précieuse, le poète imagine de s'incarner dans le corps d'un perroquet, amoureux de sa maîtresse (Paul Zumthor, Miroirs de l'amour: tragédie et préciosité, 1952 - books.google.fr).

L'Amant Vert est à la fois le successeur du psittacus de Corinne et l'amant-poète de la lyrique médiévale ; il est aussi amant-martyr et, dans une mise en scène théâtrale, il se suicide dans la gueule d'un chien. Mais déjà l'Amant Vert qui ira reposer auprès du psittacus de Corinne dans l'île Fortunée prépare la venue du burlesque Vert-Vert (1734) de Gresset (Le Conte du Papegau: roman arthurien du XVe siècle, traduit par Patricia Victorin, 2004 - books.google.fr).

L'éloge du suicidé par le roi Minos rappelle la thématique du culte mariai, le vert prenant ici le rôle du blanc immaculé. Non seulement lavé, mais exempté de tout péché, l'oiseau représente dès lors, non plus la mort d'amour, mais son annulation par la noblesse incontestable de la «dame» au nom de qui l'on était censé mourir. Ainsi se guérissent, au paradis de la rhétorique, les pathologies du discours. [...]

L'épitaphe du perroquet prétend que l'amant est mort d'avoir perdu sa dame; mais l'épître a déjà fait lire dans ce «perdre» de convention la promesse réelle d'une «résurrection» plus large, et plus durable; promesse que le texte original (de 1505) jugeait bon d'expliciter, en évoquant la coutume du «roy du papegay» (ce titre promis au vainqueur d'un concours de tir à l'arc): l'Amant Vert y prédit en effet que son corps, trois jours après sa mort, prendra la forme d'une cible de bois. [...]

L'existence de l'Amant vert [...] prouve que Vénus et Minerve peuvent «concorder», accorder leurs voix jusqu'à les confondre : il suffit que Vénus consente à servir Minerve pour que celle-ci accepte, en retour, de lui céder la parole - quitte à figurer cette ventriloquie dans la personne idéalement «apte» d'un oiseau parleur (François Cornilliat, Sujet caduc, noble sujet: la poésie de la Renaissance et le choix de ses arguments, 2009 - books.google.fr).

L'opposition de Vénus et de Minerve apparaît encore dans La Concorde des deux langages du même auteur.

La Concorde des deux langages sacrifie, sur l'autel corrompu de de Vénus, l'essentiel de la souffrance et de la jouissance dont l'oiseau rimeur s'était fait, pour notre plaisir, le parfait truchement.

Dans son prologue Lemaire distingue la fausse concorde et la vraie dont les emblèmes sont Vénus et Minerve.

«Vénus» (la «folle amour») n'est donc pas seulement, à cet égard, le résidu inassimilable d'une «parfaicte opération» de ladite prudence, qui fait de l'amour un autre nom de la sagesse, de la paix, du bon gouvernement. Elle fixe l'amour même, le signifiant amoureux, de telle sorte que l'honnête commerce des «loyaulx amans» s'en trouve sinon explicitement compromis ou rejeté, du moins implicitement dépassé comme figure pertinente de la concorde. La démonisation de Vénus marque donc, en fin de compte, une dissimilation, non pas de diverses formes d'amour, comme chez Ficin on dans les Azolains de Bembo, mais bien de l'amour et de la «concorde», par l'entremise d'un scénario symbolique - le «pèlerinage de vie humaine», le voyage de l'homo viator de la jeunesse folle à la sage vieillesse - qui accroît la distance et favorise la rupture (donc décourage l'analogie) entre le temps des passions et celui du savoir. [...]

Le gardien du temple de Minerve, est le très masculin roi d'Honneur qui prétend incarner la sagesse même, but espéré de l'homme deveant raisonnable. [...]

Le temple de Vénus se trouve à Lyon, ville renaissante par excellence en France, ni "Cambray ni à Douay" région d'où est originaire Lemaire. La localisation de celui de Minerve est indéterminé. [...]

Au moment d'écrire la Concorde (1511), Lemaire est en train de passer au service de la France et de son roi Louis XII, et de quitter l'Empire, tout en cherchant à rester proche de Marguerite d'Autriche, la dame que sert le papeagai, veuve de Philibert le Beau de Savoie, inhumés tous deux à Brou. Lemaire succéda en 1507 à Jean Molinet à la charge d'historiographe de Bourgogne (François Cornilliat, Sujet caduc, noble sujet: la poésie de la Renaissance et le choix de ses arguments, 2009 - books.google.fr).

Ovide avait en effet déploré la mort du perroquet de sa bien-aimée Corinne (Amores II.VI) et Gresset écrit dans son Ver-Vert :

On admirait ses paroles dernières / Vénus enfin, lui fermant les paupières, / Dans l'Elysée et les sacrés bosquets / Le mène au rang des héros perroquets, Près de celui dont l'amant de Corinne / A pleuré l'ombre et chanté la doctrine (Jean Baptiste Louis Gresset, Ver-vert, ou les voyages du perroquet de Nevers. Poëme héroïque, 1736 - books.google.fr).

Il sera du cortège de Vénus dans la Messe des Oiseaux de Jean de Condé par exemple, après avoir été un messager de l'amour chez les troubadours. Tant à travers les oeuvres naturalistes que poétiques, l'Antiquité lègue donc au Moyen Âge une figure bien dessinée du perroquet : oiseau des Indes, vert à collier rouge, au bec et à la tête très dure, sachant imiter la voix de l'homme et même ave Caesar de manière innée ; il est en outre un compagnon fidèle pouvant conseiller et distraire et, grâce à Ovide, il a sa place en cour d'amour (Bernard Ribémont, Littérature et encyclopédies du Moyen Age, 2002 - books.google.fr).

Alchimie

L'alchimie, d'origine orientale, joua un grand rôle chez les Romains et les Grecs à partir du IIIe siècle de notre ère. Le traité de Zosime de Panopolis (début du IVe siècle) et divers autres ouvrages alchimiques furent commentés et diffusés à Byzance. Dès le VIe siècle, l'alchimie grecque passa aux Syriens, puis de là aux Arabes, et gagna ensuite l'Europe occidentale. D'après Berthelot, la plupart des manuscrits grecs concernant l'alchimie représentent une collection de traités rédigés à Constantinople aux VIIIe et IXe siècles. On possède également un nombre important d'écrits alchimiques byzantins datant du Xe siècle et des encyclopédistes tels que Psellos (vers 1040) et Blemmydès ont écrit sur la chrysopée ou transformation des métaux en or.

Mais, c'est à propos des armes chimiques que l'on trouve à Byzance des connaissances beaucoup plus scientifiques. Le célèbre feu grégeois fut employé dès 678, lors de la victoire de Constantin Pogonat sur les Arabes. Perfectionné par un un Syrien du nom de Callinicos, ce feu de guerre fut ensuite utilisé à maintes reprises lors des divers sièges que Constantinople eut à soutenir, et les historiens lui ont reconnu un rôle non négligeable dans la protection de de l'Empire d'Orient. Ce liquide très inflammable, lancé sur l'ennemi à l'aide d'engins divers, était composé d'un mélange de naphte, résine ou soufre. On possède un traité datant de 1250-1300 sur diverses compositions pyrotechniques byzantines où est mentionné le feu grégeois. La minéralogie avait à Byzance un caractère de science occulte rattachée à l'alchimie. Les écrits sur les vertus des pierres de Psellos et de Neilos Diassorinos (XIVe siècle) n'ont qu'un intérêt historique (René Taton, Histoire générale des sciences : La science antique et médiévale (des origines à 1450) par R. Arnaldez, Volume 1 de Histoire générale des sciences, 1966 - books.google.fr).

Protégé dès 1647 par l'archiduc Léopold Guillaume, gouverneur des Pays-Bas, Davide Téniers le Jeune (Anvers, 1610 - Bruxelles, 1690) s'établit en 1651 à Bruxelles et devient peintre de la Cour. Le successeur de Léopold Guillaume, Don Juan d'Autriche, le maintient dans ses fonctions (Armelle Baron, Pierre Baron, L'art dentaire à travers la peinture, 1986 - books.google.fr).

On a découvert en 1654, à Tournay, un tombeau où étaient déposés, à côté d’un squelette, une assez grande quantité d’objets précieux, entre autres une épée dont la poignée était garnie d’une feuille d’or, une hache d'armes ou francisque en fer, beaucoup d'abeilles en or, cent médailles d'or, d'empereurs du Bas-Empire, la plupart contemporains de Childéric, et deux cents médailles d'argent des premiers empereurs. On a supposé que ce tombeau était celui de Childéric. Les objets qu’il contenait, donnés d'abord à l'archiduc Léopold—Guillaume d Autriche, alors gouverneur des Pays-Bas, passèrent, après la mort de ce prince, à l'électeur de Mayence, qui, en 1663, en fit présent a Louis XIV (France: dictionnaire encyclopédique, Volume 5, 1841 - books.google.fr, La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Psaumes 54, 119 et 129 : Hautpoul et Noli me tangere - books.google.fr, Thèmes : Tintin).

Sous Ferdinand III, l'alchimie connut un véritable âge d'or à Vienne, car l'empereur ne cachait pas son intérêt réel pour l'alchimie. L'autorité en la matière était Conrad Richthausen, fils d'un propriétaire de mine, qui avait été son précepteur. En 1648, Richthausen aurait réussi la transmutation de mercure en or, en présence de Ferdinand III. En tout cas il fut anobli comme baron du Chaos. Devenu maître de la monnaie impériale, il fit frapper une médaille en or obtenu par transmutation, afin de perpétuer le souvenir de son exploit. Il continua à gravir les échelons dans la hiérarchie administrative et financière ; il devint conseiller de la Chambre des comptes et surintendant des mines de Haute Hongrie. Il était entouré de personnages plus énigmatiques comme le « baron Wagnereck », qui proposa à la diète de Ratisbonne sa teinture philosophale, indispensable pour transformer du vil métal en or. Il avait un laboratoire à la Hofburg et la bibliothèque impériale comportait de nombreux ouvrages d'alchimie. D'ailleurs le partenaire le plus intéressé de Ferdinand III était son frère, l'archiduc Léopold Guillaume, avec lequel il échangea une importante correspondance consacrée à l'alchimie (Jean Bérenger, Léopold Ier (1640-1705): fondateur de la puissance autrichienne, 2004 - books.google.fr).

Léopold-Guillaume de Habsbourg (Wiener Neustadt, 5 janvier 1614 - Vienne, 20 novembre 1662) fut gouverneur général des Pays-Bas espagnols méridionaux catholiques, chef militaire et mécène. Homme d'église, il porta la charge d’évêque de Strasbourg durant trente-sept ans. Il fut aussi Grand-Maître des Chevaliers teutoniques à partir de 1641, évêque de Halberstadt, de Magdebourg, d'Olmütz, de Passau, de Breslau, cumul qui n'était pas exceptionnel à l'époque (fr.wikipedia.org - Léopold-Guillaume de Habsbourg).

Athéna et l'alchimie

Dans le Codex VI de Nag Hammadi, on a l'association du bronze, désormais appelé "to brontèsion", du tonnerre personnifié en Brontè et d'une Athéna-Sophia, maîtresse de la transmutation des métaux et organisatrice de la fusion des éléments, comme si au terme de l'hellénisme, Athéna était revenue à son point de départ mythologique dans la proximité de la forge et des arts du feu. Dès lors, point n'est besoin d'exécuter une pirouette philologique ou de faire appel au babylonisme diffus, le sens du titre du deuxième écrit du codex VI apparaît clairement. En mettant son traité sous l'égide d'une Brontè, qualifiée d'intellect parfait, l'auteur gnostique renvoyait aussi bien aux spéculations juives puis chrétiennes sur la voix céleste qu'au courant grec décrivant Athéna comme "mètis", "sophia", "nous", "dianoia, noèsis" (Michel Tardieu, Deuxième écrit du Codex VI, Le Muséon, Volume 87, 1974 - books.google.fr, Paul-Hubert Poirier, Wolf-Peter Funk, Le tonnerre, intellect parfait (NH VI, 2), 1995 - books.google.fr).

Le dieu du Feu et la déesse Ergané, sous le nom d'Athéna Héphaistia, patronnent ensemble les artisans exercés dans le quartier de Céramique à Athènes (Jacqueline Duchemin, Prométhée: Histoire du mythe, de ses origines orientales à ses incarnations modernes, 2000 - books.google.fr).

Des artisans athéniens, dans le quartier populaire du Céramique, travaillaient le bronze et la terre cuite (Jean Defradas, La Grèce, 1963 - books.google.fr).

Comme le fait remarquer Simon Weil, Héphaïstos et Athéna forment un doublet.

Venue à la vie adulte, tout armée et casquée, elle s'avérait déjà prête à affronter le monde, dotée d'une grande raison et incarnant la Sagesse. La cité d'Athènes, avec son Acropole, dut son nom à Parthénos - la jeune fille (Pallas) vierge -, d'où le célèbre temple du Parthénon. On dit, de plus, qu'elle dut lutter contre Poséidon pour acquérir la prééminence à Athènes. En effet, celui-ci revendiquant la suprématie du lieu, avait fait jaillir de son trident la fontaine Clepsydre dont la source était salée, chargée ainsi du sel de l'esprit (Patrick Rivière, Histoire comparative des religions et des mythes: Mystères antiques, Volume 1, 1999 - books.google.fr).

Athéna est précisément esprit, raison.

Sel et esprit

Nos Strasbourgeois, ont-ils à ce moment cru posséder la pierre philosophale ? 0n pourrait le supposer. Paracelse n'a-t-il pas assigné à cette pierre, appelée aussi poudre miraculeuse, la vertu de guérir toutes les maladies ? Une prétention qui n'a cessé de troubler les esprits et a, pendant des siècles, mobilisé de prodigieuses énergies et usé bien des patiences. Il n'en demeure pas moins que bien des alchimistes ont tenté d'extraire la "materia prima" tantôt du sel tantôt de l'air, ou d'autres substances encore. [...] Mais notre théosophe ne s'attarde pas plus que de raison dans ces eaux basses et troubles de l'alchimie. Toujours il essaiera de la transcender. Le sel, principe fondamental pour l'alchimie, l'est aussi pour le mystique (28l). Il va jouer un rôle primordial dans la vision escha- tologique de Saltzmann. A la fin des temps, un feu purificateur embrasera la terre. Des énergies régénératrices descendront alors des ci eux supérieurs sur la terre. Elles animeront le "sel essentiel". Celui-ci sera alors transmué en une nouvelle création faite d'éléments célestes et purs. Ce "sel essentiel" semble bien être le pendant tellurique, voire cosmique du "funke der selen" de Maître Eckart, de Tauler et d'autres mystiques, embryon ou ferment de la régénération de l'homme et de l'univers. Il est le symbole de la de la perfection de l'âme pour Zinzendorf. Il est encore, pour rendre la parole à un alchimiste, le sel céleste, émanation de la divinité. C'est pourquoi, Friedrich von Meyer, lui-même adepte secret du Grand Art, a pu dire que la sublimation dela matière grossière passe par une transformation en sel. Comme Welling, il n'y a vu qu'un autre moyen pour déceler comment la nature était sortie des mains du Créateur, mais aussi pour découvrir et connaître Dieu au sein de cette nature. Pas plus que Boehme, Saltzmann ne se désintéressait de l'alchimie. Mais seule compte réellement pour lui l'alchimie mystique. Celle-ci est au centre de ses préoccupations, comme de celles de la plupart des théosophes de son époque (Jules Keller, Le théosophe alsacien Frédéric-Rodolphe Saltzmann et les milieux spirituels de son temps, Europaische Hochschulschriften. Reihe 1: Deutsche Sprache und Literatur, Volume 883, Numéro 2, 1985 - books.google.fr).

Frédéric-Rodolphe Saltzmann (8 mars 1749 - 1821) est né en Alsace, à Sainte-Marie-aux-Mines. Fils de pasteur luthérien, il effectue des études de droit, d’histoire et de théologie à Strasbourg et à Zurich. Franc-maçon spiritualiste et mystique, il est proche de Jean et Bernard-Frédéric de Turckheim, également de Jean-Frédéric Oberlin et est un fidèle disciple et ami de Jean-Baptiste Willermoz, ainsi qu’un proche de Louis-Claude de Saint-Martin. Il contribue à l’organisation de la structure maçonnique des Chevaliers bienfaisants de la Cité Sainte, prend une part active à la réunion maçonnique du Convent de Wilhelmsbad (1782) et contribue à la création du Rite écossais rectifié dont Willermoz est le maître d’œuvre principal. Très influencé par Jacob Boehme et par la mystique rhénane, il est l’un des initiateurs à l’origine des rapprochements et influences entre une certaine franc-maçonnerie allemande (la Stricte Observance) et une certaine franc-maçonnerie française (les Élus Coëns) : il servira souvent d’intermédiaire et de porte-voix. Enfin, c’est lui qui fait découvrir Jacob Boehme à Louis-Claude de Saint-Martin, ce dernier étant le célèbre premier traducteur du silésien en France (fr.wikipedia.org - Frédéric-Rodolphe Saltzmann).

Téniers et la chevêche

David Téniers (1610 - 1690) le Jeune a peint une chouette dans son Alchimiste (Chatsworth, collection du Duc of Devonshire) qui n'est pas forcément symbole d'aveuglement puisqu'elle voit dans la nuit, il peint aussi en 1652 Le jeu du papegai à Bruxelles qui commémore l'archiduc Léopold-Guillaume d'Autriche, gouverneur des Pays-Bas, abattant le 23 avril 1651 le papegai planté sur le clocher de l'église du Sablon (Joseph Casier, Paul Bergmans, L'art ancien dans les Flandres (région de l'Escaut): mémorial de l'exposition rétrospective organisée à Gand en 1913, Volume 3, 1922 - books.google.fr, Machteld Lövenstein, Peindre le Pandemonium païen, Le sabbat des sorciers en Europe: XVe-XVIIIe siècle : colloque international E.N.S. Fontenay-Saint-Cloud, 4-7 novembre 1992, 1993 - books.google.fr).

David Teniers le Jeune, L'Alchimiste - Chatsworth - balat.kikirpa.be

David Teniers le Jeune, Le jeu du papegai à Bruxelles (1652) - Kunsthistorisches Museum, Vienne - fr.wikipedia.org - Papegai

Fränger a dit que la chouette se rencontre maintes fois dans les oeuvres de Bosch, et que cet oiseau, qui peut voir dans la nuit, représente la connaissance des choses cachées et la perception de l'invisible. La signification la plus profonde de la chouette, c'est sa sagesse, qui repose sur sa connaissance de la mort et sa conquête de la mort. Pour M. Rosenberg, la chouette est la personnification du péché, et Bosch a adopté une grande partie de la signification traditionnelle, mais en lui donnant une tournure spéciale. Quoique l'interprétation de M. Rosenberg — en ce qui concerne la chouette — nous paraisse extrêmement intéressante, la thèse de Fränger reste, pour nous, susceptible de rendre mieux compte de la signification des peintures de Bosch (Jean Lemaire de Belges, La concorde des deux langages, présenté par Marcel Françon, 1964 - books.google.fr).

L'olive est consacree à ladite Deesse Pallas, à cause que paix qui est entendue par l'olive quise par armes, et la Chouette est mise en sa tutelle, pource que l'homme prudent voit aussi cler de nuict que de iour en la difficulté de ses affaires (Jean Lemaire de Belges, Les illustrations de Gaule et singularitez de Troye, 1559 - books.google.fr).

On retrouve l'âne

La réplique de Panurge à AEditue suggère qu'il n'a raconté tout cet apologue que pour demander indirectement à maître Aeditue de lui fournir les moyens d'assouvir sa concupiscence, en l'occurrence «chevaucher l'Abbegesse à blanc plumage», cette conclusion n'est pas la seule possible, loin s'en faut. La pitrerie finale de Panurge, plutôt que de restreindre le champ des possibles, le laisse grand ouvert. En fait, son refus de conclure son récit par une maxime à valeur universelle mine le didactisme sous-jacent à toute entreprise apologique. L'interprétation littérale de maistre Aeditue que Panurge accrédite par sa réponse facétieuse fait penser aux deux lectures divergentes de l'énigme en prophétie du Gargantua: le jeu de paume de frère Jean faisant diversion au dangereux «decours et maintien de verité divine» de Gargantua. Panurge, en refusant la morale conclusive, telle qu'elle serait normalement pratiquée par un écolier conformément aux recommandations d'Hermogène, investit son récit d'une polysémie, le faisant ainsi passer du genre de l'apologue univoque vers le genre voisin, en l'occurrence l'énigme, avec lequel il partage une frontière commune. Dans les interstices de ces deux genres limitrophes, il peut ainsi jouer sur différents niveaux de sens. [...]

C'est bien en tant qu'énigme que maître Aeditue interprète le récit, en considérant que la figure de l'âne renvoie à Panurge, lui imputant le désir sexuel de l'âne sans autre effort d'abstraction. En ce sens, ce qui serait à deviner, suivant la définition scaligérienne, ce serait l'identité véritable de cet âne symbolique, tout le reste de son comportement étant à interpréter littéralement. Or, l'apologue de l'âne et du roussin ne constitue pas un simple récit à clé. Si la vérité selon chair, fondée sur le placere, qu'élucide Aeditue n'est pas exclue, elle n'est pas pour autant exclusive. Il faut en outre postuler la possibilité d'un discours sur le discours, conforme à la nature herméneutique de l'apologue qui dissémine des signes ne renvoyant pas à eux-mêmes ni à d'autres signes du même ordre mais bien à des réalités supérieures. [...] En marge de la vérité selon la chair d'Aeditue d'un Panurge «thalamite» (du grec thalamos chambre à coucher), il serait difficile d'éluder une vérité selon l'esprit d'un Panurge thélémite, surtout en replaçant le chapitre VII dans le cycle de l'Isle Soitante, où la critique de la hiérarchie catholique se fait particulièrement véhémente. A cet égard, l'apologue, sur le mode du docere, ferait la critique du vœu de chasteté des ecclésiastiques et de la servilité des princes de l'Eglise (Claude La Charité, Panureg est-il thalamite ou thélémite ? Le Cinquiesme livre: actes du Colloque international de Rome (16-19 octobre 1998), 2001 - books.google.fr).

Panurge, Pantagruel et Frère Jean, abbé de Thélème, descendent dans le temple souterrain de la dive bouteille par un passage aux murs duquel est peint le cortège de Silène sur son âne. On apprend que Chinon est la ville la plus ancienne du monde fondée par Caïn. Et que d'autres villes tiennent leur nom de leur fondateur comme Constantiniople de Constantin.

Papegau et chevêche chez Rabelais

Aux premiers chapitres du livre, les héros abordent l'Île Sonnante, métaphore de l'Eglise et de ses cloches, où habitent plusieurs espèces de volatiles comme le papegau et ce que Panurge prend pour une chevêche.

Les deux papegaux du chapitre III (Ile Sonnante) décriraient le schisme de Nicolas V, anti-pape, face à Jean XXII, créateur du diocèse d'Alet : les 2760 lunes depuis l'époque où Rabelais écrit renverrait aux années 1319-1337 suivant le nombre de lunes dans l'année. Rabelais note que le schisme finit par la mort d'un des papegaux : Jean XXII retint enfermé Pierre de Corbière, Franciscain révolté, fait Antipape par l'Empereur Louis de Bavière, qui mourut en prison (Histoire des Ouvrages des Sçavans de la Grande-Bretagne, Volume 4, 1734 - books.google.fr).

Corvara, ou de Corvaro, est dans le diocèse de Rieti, de cette même région des Abruzzes d'où était sorti saint Célestin V et où pullulaient les spirituels et les Zelanti (Revue des sciences philosophiques et théologiques, Volume 24, 1935 - books.google.fr).

Si l'on fait un petit détour lexicologique, le mot papegai (XIIe s), est l'ancien nom du perroquet, probablement emprunté à l'ancien provençal papagayl papagai, lui-même emprunté à l'arabe babaga, par l'intermédiaire du byzantin papagas ; on notera le redoublement de la syllabe pa ou son avatar pe qui renvoie peut-être de manière onomatopéique à la parlure de l'oiseau. Quant à la finale -gai, elle s'expliquerait plutôt par l'influence d'un autre oiseau, le geai, que par l'association avec l'adjectif gai comme cela a pu être soutenu. Parenté phonique et lignage étymologique s'établissent entre le geai et le papegai et de ce fait, le papegai subit par contre coup la mauvaise influence du geai connoté négativement et décrit comme un beau parleur dont la parole n'est qu'emprunt, dont la parole est seconde. Ainsi, le geai (jaseur) vient se substituer au corbeau et au choucas pour incarner l'oiseau vaniteux qui se pare des plumes du paon, avant d'être démasqué comme faussaire. Voici le papegai ou papegau - ce dernier finit par s'imposer - associé à l'idée de feinte, de fiction mensongère. On trouve notamment cette idée de manière très allusive dans la description de la robe de Blonde Esmerée sur laquelle le papegay ornemental figure à côté de deux hapax que sont l'escramor et l'espapemot. Le papegau figure aussi sur le vêtement de Peronne, l'aimée du poète du Voir Dit, cette Péronne dont le nom connaîtra une ultime muance dans la péronelle en raison de l'influence des Lamentations Mattheoli (fin XIIIe siècle), texte dans lequel l'auteur brossait un portrait de Peronnelle sous un jour très misogyne. Le passage de Péronne à Péronnelle est d'autant plus intéressant qu'il est le fruit d'un glissement antonomasique qui n'est peut-être pas si anecdotique qu'il en a l'air et que le prénom Péronne est, comme le prénom Perroquet, un dérivé hypocoristique de Pierre (Patricia Victorin, Du papegai au perroquet, antonomase et parodie, Cahiers de recherches médiévales: CRM., Numéro 15, 2008 - books.google.fr).

Le papegau est perroquet, pape et successeur de Pierre.

Toujours dans ce livre V, à la fin, la nymphe Lotis y est mentionnée, endormie puis avertie par le braiement d'un âne de l'assaut imminent de Priape, dans le chapitre traitant de l'emblémature qui rapporte le combat de Bacchus contre les Indiens.

A l'hôtel de Besenval

Dans l'hôtel de Besenval, le salon des perroquets côtoie la salle à manger avec ses dessus de porte en stuc où "la chouette chevêche d'Athéna hulule tout ce qu'il y a de sage à profiter des plaisirs de la vie" (Jean-Jacques de Dardel, L'hôtel de Besenval: siège de l'ambassade de Suisse en France, 2013 - books.google.fr).

L'actuel hôtel de l'Ambassade de Suisse fut construit pour l'abbé Chanac de Pompadour par l'architecte Alexis Delamair, en 1705; cet architecte renommé fut aussi l'auteur des plans de l'Hôtel de Rohan et de l'Hôtel de Soubise (actuellement bâtiments des Archives nationales). En 1720, après la mort de l'abbé de Pompadour, la maison revint à ses nièces puis fut vendue à différentes familles de la noblesse française avant que le Baron Pierre-Victor de Besenval ne l'achète, en 1767. Il confia à l'architecte Brongniart les travaux d'aménagement d'une salle à manger. Au sous-sol, il fit aménager un nymphée dont la décoration sera l'oeuvre du sculpteur Clodion. [...] L'amoral et anti-philosophe Besenval décéda dans son hôtel en 1791 en le léguant, ainsi que tous ses biens, au Maréchal de Ségur (www.eda.admin.ch).

Dans son célèbre ouvrage Alsatia Illustrata, Jean-Daniel Schoepflin cite 51 familles de nobles arrivées après l'annexion, en décomptant soigneusement celles qui ne détenaient des charges militaires que d'une façon éphémère. D'après cette énumération, 26 familles s'étaient établies en Haute-Alsace, et 18 avaient été inscrites sur la matricule de la noblesse immédiate de la Basse-Alsace. L'immigration n'était pas seulement alimentée par les Français venus d'outre Vosges mais revêtait des traits internationaux: les Mackau, les Nardin, les Poltier, les Valcourt étaient originaires de la Belgique, les Falckenhayn et les Glaubitz de Silésie, les Lowenhaupt de Suède, les Rosen de Livonie et les Callaghan, les Dillon et les Ocahan venaient d'Irlande. Un nombre considérable de familles immigrées détenaient déjà la noblesse et n'avaient plus noblesse et n'avaient plus besoin que de faire agréer par la France leurs lettres de naturalité. La plupart des familles, cependant, étaient d'origine bourgeoise et furent anoblies par le roi de France pour les services rendus dans l'armée, l'administration et l'économie. Depuis le début du XVIIe siècle, la couronne procéda à quantité de lettres d'anoblissement. De 1648 à 1789 on peut compter 36 lettres de noblesse, dont 33 ont été enregistrées par le Conseil souverain d'Alsace. Ces anoblissements se firent essentiellement par trois filières principales: l'armée, l'intendance, l'industrie. [...] Issus de la Suisse voisine les Reutner de Weyl de Durmenach et les Besenval de Brunnstatt s'établirent définitivement en Alsace (Erich Pelzer, Nobles, paysans et la fin de la féodalité en Alsace, La Révolution française et le monde rural: actes du colloque tenu en Sorbonne les 23, 24 et 25 octobre 1987, Volume 4, 1989 - books.google.fr).

En 1657 Martin Besenval, suisse de Soleure, achète la seigneurerie de Brunnstatt en Alsace en 1654 et comme il a été anobli par le roi de France en 1655, il portera, ainsi que ses descendants le nom de Besenval de Brunnstatt. Enfin, comble d'honneur, il obtient en 1653 une compagnie des gardes du Roi à Paris qu'il ne commande pas personnellement (Revue suisse de numismatique, Volume 52, Schweizerische Numismatische Gesellschaft, 1983 - books.google.fr).

Jean Lemaire-Poussin et les chouettes de Constantin

Mais "J. POUSSIN" pourrait plutôt renvoyer à Jean Lemaire dit Lemaire-Poussin (Dammartin-en-Goële, 1598 - Gaillon, 1659), peintre français du XVIIe siècle. Lemaire se rend à Rome où sa présence est attestée dès 1613. C'est là bas qu'il se lie avec Nicolas Poussin à l'arrivée de ce dernier en 1624. De retour à Paris en 1639, il est rejoint par Poussin en 1640, qui le nomme son premier assistant dans la réalisation des décors de la Grande Galerie du Louvre. Il repart en Italie en 1642 avant de revenir en France et de s'y fixer définitivement. Il est nommé gardien des tableaux du roi au Louvre et aux Tuileries, à l'instigation de François Sublet de Noyers. Spécialiste des paysages et des architectures à l'antique, habitées de figures mythologiques drapées, Lemaire est un proche collaborateur de Poussin, et les deux artistes travaillent parfois de concert au sein du même tableau, comme semble l'attester la correspondance de Cassiano dal Pozzo. Dans les années 1640 - 1650, Lemaire approfondit le style hérité de Poussin, dans des rythmes sévères et des compositions mesurées, caractéristiques de « l'Atticisme » qui se développe alors à Paris (fr.wikipedia.org - Jean Lemaire (peintre)).

Le château du Val de Ruel est un château situé à Rueil-Malmaison. Aujourd'hui disparu, il a été, de 1633 à sa mort, une des résidences du cardinal de Richelieu qu'il avait acheté en raison de sa proximité avec Saint-Germain-en-Laye à Maître Pierre Payen, héritier de Jean de Moisset.

Richelieu fait agrandir la demeure par l'architecte Jacques Lemercier (vers 1585-1654), auquel il commande également la façade de l'église de Rueil. Les jardins du domaine sont déjà célèbres avant l'arrivée du cardinal. Le nymphée « une grotte artificielle avec retenue d'eau » semble remonter au financier Moisset, ouvrage sculpté en 1608 par Jean Séjourné. Richelieu transforme le parc en une féerie de verdure et de jeux d'eaux : la grande cascade, l'orangerie, l'arc de triomphe, inspiré de celui de Constantin Ier à Rome, avec son mur aveugle peint en trompe-l'œil par Jean Lemaire (1598-1659). De ces somptuosités presque royales, il ne demeure que les vestiges des pièces d'eau, dans le parc Sandoz.

Il ne reste aujourd'hui encore du domaine le pavillon du Père Joseph, où logeait et est mort le 18 décembre 1638 l'éminence grise du cardinal (fr.topic-topos.com - Nymphée de Rueil-Malmaison, (fr.wikipedia.org - Château du Val de Ruel).

L'arc de triomphe peint par Jean Lemaire à Rueil avoue clairement sa référence antique, l'arc de Constantin à Rome, malgré l'adjonction d'éléments d'architecture de chaque côté ; or Jean Lemaire avait particulièrement étudié l'arc de Rome. En 1644, visitant Rueil, Elie Brackenhoffer remarque, par ailleurs, deux chevaux au-dessus de cet arc. Ceux-ci n'apparaissent pas sur la gravure d'Israël Silvestre ; peut-être s'agissait-il d'une décoration qui fut éphémère ? Cet arc de Constantin peint à Rueil est cependant parfaitement identifiable par les visiteurs. John Evelyn remarque, en 1644: «l'arc de triomphe de Constantin tel qu'il est à Rome». Les visiteurs admirent aussi le paysage visible entre les arcades. Elie Brackenhoffer, toujours en 1644, souligne: «on croit voir dans la campagne, on croit voir les nuages, tant ils sont peints au naturel ». Cette représentation apparaît comme l'illusion extrême ; les nuages, impalpables et fugitifs, étant totalement opposés aux architectures. [...]

Le plus beau compliment consistait à comparer les réalisations modernes aux trompe-l'œil antiques, en affirmant que le peintre du XVIIe siècle égalait celui de l'Antiquité. La comparaison avec Zeuxis, par le biais de la fameuse anecdote des oiseaux, était un topique de la littérature du XVIIe siècle. Sauval estimait que Jean Lemaire avait « trompé les hommes, aussi bien que les oiseaux » avec ses perspectives de Rueil et de Bagnolet. Les voyageurs visitant les jardins de Rueil reprenaient l'anecdote pour louer l'arc. [...]

John Evelyn, le 27 février 1644, écrivait : « Le ciel & le paysage figuré entre les arcades sont si naturels, qu'on a vu des hirondelles & d'autres oiseaux, croyant passer au travers, se tuer contre la muraille. » Elie Brackenhoffer ajoutait : « Et si Appelles [sic] avait peint si artiste- ment, que les hommes et les oiseaux s'y étaient trompés, ceci ne doit pas être moins estimé, mais doit être contemplé avec la plus grande admiration, et tenu pour égal à cela. Car on ne saurait être certain si c'est de la pierre ou de la peinture avant de s'être avancé tout près pour le toucher. Cette excellente peinture a été exécutée il y a environ six ans par Mons. le Maire » (Sabine Bouhedja, Perspectives en trompe-l'oeil et architectures feintes en Île-de-France au XVIIème siècle, Imaginaire et création artistique à Paris sous l'Ancien Régime (XVIIe-XVIIIe siècles): art, politique, trompe-l'oeil, voyages, spectacles et jardins, 1998 - books.google.fr).

L'arc de Ruel - Gravure de Gabriel Pérelle d'après Israël Silvestre

L’Arc de Constantin est un arc de triomphe à Rome, situé entre le Colisée et le Palatin. Il se trouve de nos jours dans le rione de Celio, l'ancienne route des triomphes. Il fut construit par le Sénat romain pour commémorer à la fois la victoire de Constantin au Pont Milvius contre Maxence le 28 octobre 312 ainsi que ses 10 années de pouvoir. Il fut placé près du Colisée et de la Meta Sudans, Constantin voulant associer son règne à celui de la dynastie flavienne qui avait érigé ces monuments (fr.wikipedia.org - Arc de Constantin).

Le 28 octobre 312 était le sixième anniversaire de l'avènement de Maxence, date favorable pour une victoire que Maxence imaginait lui être promise ; à de si brefs délais, une telle issue ne pouvait se produire qu'à la suite d'une bataille en rase campagne : il fallait donc pour Maxence sortir de Rome. Ces interventions d'un rêve et d'un oracle semblent réelles, puisque eux seuls expliquent le brusque revirement de Maxence et sa grave faute stratégique ; cf. Seeck, Geschichte..., I, p. 130-131. Ce n'est qu'alors que Maxence fit construire à la hâte un pont provisoire pour doubler le Pont Milvius, ou peut-être pour le remplacer, si on admet que celui-ci avait été coupé alors que Maxence songeait à rester enfermé dans Rome. D'après un relief de l'Arc de Constantin, le pont de pierre était coupé après la bataille ; il est logique d'admettre que c'est Maxence qui avait pris cette mesure de protection à l'approche de Constantin, donc avant la bataille ; cf. Moreau, p. 436-437. Pour l'épisode des chouettes, que Zosime est seul à mentionner, cf. P. Franchi de' Cavalieri (Constantiniana, Città del Vaticano, 1953), p. 156-157 ; selon cet auteur, il s'agit d'une invention tardive, sans lien avec la vision de Constantin. Cette affirmation me paraît aventurée. Il convient tout d'abord de relever que Constantin, du Pont Milvius, n'était nullement en mesure de voir un vol de chouettes sur les murs de Rome, distants d'au moins trois kilomètres. Néanmoins, dans le récit de Zosime, le vol des chouettes st vu par Constantin. Dans ce récit donc, ce vol ne fonctionne pas seulement comme un signe négatif adressé à Maxence, mais encore comme un signe positif adressé à Constantin (Zosime, Histoire Nouvelle, Lettres: Livres I-II, Tome I, 2002 - books.google.fr).

Zosime est un historien grec du Ve siècle – ou du VIe selon André Chastagnol –, auteur de l’Histoire nouvelle consacrée aux derniers siècles de l'Empire romain. Zosime a vécu à Constantinople sous les règnes de Zénon et d'Anastase Ier. Son récit prouve par ailleurs qu'il était païen à une époque où le christianisme était protégé par l'Empereur (fr.wikipedia.org - Zosime (historien)).

Le 28 octobre, jour de la bataille du Pont Milvius, est une date nonagonale.

Ce n'est pas Minerve qui est représentée sur l'Arc de Constantin mais une personnification de Rome en Amazone (Bulletin analytique d'histoire romaine, Volume 10, Association pour l'étude de la civilisation romaine, Université de Strasbourg, 1975 - books.google.fr).

En 1775,le Pape Clément XII fit réparer l'arc de Constantin ; on y ajouta cette inscription : Arcum imp. Constantino M. erectum, ob relatam salutari crucis signo praeclatum de Maxentio Victoriam, etc. (Dictionnaire des controverses historiques, Encyclopedie theologique, Volume 66, Migne, 1866 - books.google.fr).