Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU J ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES   
BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU J ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES

On place la phrase de 30 mots issue du dcryptage du grand parchemin :

BERGERE PAS DE TENTATION QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX DCLXXXI PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU J ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES

en deux lignes de 15 mots :

et on fait une lecture en crneau :

BERGERE ET CE PAS DE CHEVAL DE TENTATION QUE DIEU J POUSSIN TENIERS A CHEVECE GARDENT LA DAEMON DE CLEF PAX GARDIEN A DCLXXXI PAR MIDI POMMES LA CROIX BLEUES

avec une astuce en lisant "ACHEVE CE" par "A CHEVECE".

En filigrane, on retrouvera la figure de la desse Athna, vierge immacule, qui prside la guerre, aux sciences et aux arts, la raison, l'intelligence etc. Elle est identife Neith, desse de Sas et d'Esna.

Athna

Mais qui est au juste cette Athna ? L encore nous retrouvons une seconde rfrence implicite Platon. Comment en effet ne pas songer au plus clbre des rcits de cosmogonie philosophique que compte l'Antiquit classique et o Athna se trouve voque dans des termes tout fait semblables. On sait en effet que le dbut du rcit de Solon dans le Time fait rfrence au neume de Sais et prcise que cette ville a t fonde par une certaine desse dont le nom gyptien est Neith et le nom grec Athna. En l'absence de tout autre commentaire consentant prter attention cette invocation initiale du Tinte, force est bien de se reporter l'interprtation tardive que Proclus en propose. Or la notation de Proclus, toute marque qu'elle soit de no-platonisme, offre avec la thologie stocienne une analogie qui ne manque pas d'tre frappante : Sur la Desse qui veille sur ces villes, lisons-nous, il faut savoir ceci. Cependant que, sortant des causes intelligibles et intellectives, elle parvient travers les classes supraclestes, jusqu'aux portions clestes et aux lots terrestres, il lui a t assign en part des lieux qui lui sont appropris, et ce n'est pas de manire adventice qu'elle a accord au lieu sa protection hgmonique, mais parce qu'elle a prassum en elle-mme l'essence et la forme spcifique du lieu et a ainsi reu ce lot comme ayant affinit avec elle . Proclus exprime ici la manire dont la Desse, gardienne des deux cits, sort de la forme la plus leve de l'intelligence pour venir assurer la fonction de protectrice de lieux spcialement accords sa propre configuration divine et intellectuelle. Il poursuit : Que ce soit ds le principe que la domination de cette Desse s'tend jusqu'aux dernires rgions, les Grecs le montrent quand ils disent qu'elle est ne de la tte de Zeus, les gyptiens quand ils rapportent que, dans l'adyton de la Desse, on voit publie cette inscription : Je suis ce qui est, ce qui sera, ce qui a t. Nul n'a soulev mon chitn. Le fruit que j'ai mis au monde, a t le Soleil . La Desse est donc une sorte de divinit dmiurgique la fois insensible et visible, qui tout ensemble a sa portion dans le ciel et illumine la cration sublinaire au moyen des formes idales . Il faut noter ici deux aspects. D'abord la rencontre de la thologie gyptienne avec la thologie stocienne. La naissance d'Athna est proprement la naissance de la Vierge (ortutn virginis, comme Cicron lui-mme le rapporte). Plutarque prcise que les gyptiens identifiaient cette desse Isis. Le second point qu'il convient alors de relever, et soulign par l'inscription complte telle que la conserve Proclus, est le fait qu'elle ait donn naissance au Soleil, ce qui en fait une divinit dmiurgique. Dupuis, citoyen franais, professeur au Collge de France et auteur clbre en son temps (la Rvolution et l'Empire), mais aujourd'hui bien injustement oubli, d'une monumentale histoire des religions classiques, rassemble l'exception toutefois de Diogne de Babylone tous les lments du dossier. Il rapproche naturellement Plutarque et Proclus, mais encore ratosthne et Hor-Apollo, le grammairien de l'Egypte, et bien videmment Macrobe (Sat., I, 21). La naissance du fils d'Athna, qui est le Soleil ou Apollon, a lieu au milieu de la nuit la plus obscure, dans le lieu le plus humble qui prfigure la crche de la tradition chrtienne. Certes les gens de Sais ne ftaient pas comme nous Nol, mais plutt la Chandeleur (2 fvrier) qui est la fte des lumires de la Purification, en l'honneur de la vierge Athna, image de la substance pure et lumineuse dont le soleil est man et qui enfantait le Dieu Lumire . Une sorte de vertige historique s'empare de nous lorsque bous prenons conscience qu'Athna n'est autre qu'Isis, et qu'Isis, la vierge clbre par la cathdrale Notre-Dame de Paris sur le portail de laquelle le citoyen Dupuis a crit de si belles pages, n'est autre que la desse Raison de la Rvolution franaise dont la fte tait clbre sur une mise en scne de David accompagne d'une musique de Mhul. L'pithte quasi hsiodienne de desse Raison renverrait-elle la trs ancienne thologie du Stocien Diogne de Babylone ? (Jean-Paul Dumont, Diogne de Babylone et la desse Raison. In: Bulletin de l'Association Guillaume Bud, n3, octobre 1984 - http://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1984_num_1_3_1236).

Certains interprtes, dont Chrysippe rcuse l'exgse, voudraient expliquer la naissance d'Athna hors de la tte de Zeus en prtendant qu'Athna, qui reprsente la sagesse ou l'intelligence, rsidait avant de natre dans la tte de son pre, ce qui voudrait dire que la conscience ou la facult matresse de l'me, ou encore l'hgmonique, a son sige dans la tte de l'homme raisonnable. Or il y a l deux impossibilits : la premire est d'ordre navement physiologique : on peut la formuler plaisamment par la formule de Joseph Prudhomme : Tout homme est fils d'une femme ! Il faut donc qu'Athna soit d'abord fille de sa mre. Mais la seconde impossibilit tient au rfrent scientifique du symbole. En fait, l'hgmonique qui est un souffle, n'a pas son sige dans le crne, mais beaucoup plus bas dans la poitrine, et c'est de la poitrine qu'en ralit nat le logos, mme si son passage dans les cavits du cerveau a pour effet de changer le cri en parole raisonnable et d'articuler rationnellement la pense. Donc une exgse correcte du mythe de la naissance d'Athna ne peut pas faire apparatre sa sortie du crne de Zeus comme la phase de l'accouchement qui marque l'instant o l'enfant reoit une me, voit le jour et ainsi refroidi nat l'existence et la vie1. Les dtails fournis par Hsiode confirment bien qu'Athna tait dj ne avant de voir le jour ; mieux, Thmis avait son intention fabriqu l'gide, et c'est tout arme qu'Athna voit le jour et non pas toute nue comme s'il s'agissait d'une immdiate naissance. Par consquent, le mythe de la production au jour d'Athna n'est pas l'histoire d'un accouchement fabuleux, comme celui auquel renvoient les naissances qui se font par l'oreille. Bien qu'ayant lieu l'intrieur de Zeus, la naissance d'Athna est tout fait normale . Le paradoxe ne commence qu' partir du moment o le mythe exprime allgoriquement (or, ainsi que le note Chrysippe cit par Galien, le langage symbolique est sujet des glissements) la manire dont Athna, ne de Mtis dans l'estomac de Zeus tel est l'accouchement proprement dit accomplit l'intrieur de Zeus l'itinraire vertical qui la conduit vers la sortie et vers le jour, c'est--dire vers la tte. La fable de la naissance, puis de la sortie d'Athna, raconte au philosophe l'histoire d'un mystrieux itinraire : cet itinraire est celui du Logos. [...]

Comme le disait Chrysippe : De l'art procde la sagesse . Or la vrit d'une telle proposition ne se fonde pas sur l'autorit du mythe, mais au contraire sur la physiologie ou la physique du langage. La partie phonique de l'me1 tait di dfinie par Zenon (mais quelle signification donner au mot Zenon dans la doxa d'Atius, et ce terme ne dsigne-t-il pas le Portique en gnral?) sous le terme un souffle qui part de l'hgmonique pour s'tendre jusqu'au pharynx, la langue et aux organes appropris . Dans la physiologie conue par Diogne de Babylone, l'air puis sous la forme du cri animal la hauteur de l'estomac remonte jusqu' la bouche d'o il sort, mais il faut aussi que, selon la formule d'Aristote, cet air se charge de signification. Or cette signification et sa qualification rationnelle sont confres la parole par l'itinraire que suit l'air de la voix et du logos humain, chauff et purifi, en tout cas rationalis, par son bref sjour dans les cavits des hmisphres crbraux. Naturellement, ce processus de rationalisation de la parole demeure passablement obscur. Car, si l'existence de ce processus est bien par ailleurs analogiquement prouve par la constatation que l'enfant accde en sept ans l'ge de raison et forme ainsi des concepts rationnels ou des notions communes, il n'en demeure pas moins que la physiologie du mcanisme reste obscure. Il faut bien alors en appeler la tradition mythologique, pour y chercher l'expression symbolique cache de la manire dont la technique engendre le plus haut savoir. Or il arrive que le succs est total si le mythe prend effectivement pour objet l'anatomie et la physiologie de l'homme et du langage. Dire, en effet, qu'Athna nat l'intrieur de Zeus des uvres de Mtis et que, d'expression d'une tendance primitive, elle se transforme en raison par son passage dans le cerveau de Zeus, c'est donner une crdibilit ce qui est incomprhensible dans le dtail, mais parfaitement admissible, si l'on considre les rsultats et la globalit du processus. Ainsi le mythe de la naissance d'Athna et ensuite de sa sortie par la tte dcrit bien la mtamorphose du cri ou de la parole technique en voix et en discours sage et raisonnable (Jean-Paul Dumont, Diogne de Babylone et la desse Raison. In: Bulletin de l'Association Guillaume Bud, n3, octobre 1984 - http://www.persee.fr/doc/bude_0004-5527_1984_num_1_3_1236).

Athna et le bleu

Le peuple Cyaniens, nom qui rappelle la couleur bleu, ou Cianiens (Kianoi) ce qui en loigne.

Les roches Cyanes s'levaient l'entre du Pont-Euxin, les cueils Chlidoniens sur la cte de Cilicie. Les roches Cyanes sont les roches bleues et la chlidoine porte une fleur bleutre.

Athna aide le passage d'Argo, navire des Argonautes dont le chef est Jason, au milieu des roches Cyanes ou Symplgades.

Quand les Argonautes arrivent en face des Roches Cyanes, Athna leur dpche un oiseau qui vient se percher au sommet du mt. A un moment donn, l'oiseau s'envole et tournoie proximit des rochers, guettant l'occasion de franchir le passage. Quand enfin il s'lance, les deux roches, qui se sont spares, reviennent l'une vers l'autre, assez vite pour sectionner l'extrmit de sa queue.

Dans une autre version, Athna arrache le navire Argo de la main gauche la pression des Roches Errantes, et de la droite le propulse grande vitesse (Marcel Detienne, Jean Pierre Vernant, Les ruses de l'intelligence, 1974 - books.google.fr).

Athna porte de nombreuses pithtes. Parmi les plus frquentes, outre celle de Pallas et de Parthnos, figure l'adjectif grec glaukpis (littralement au regard glauque ) qui s'applique ses yeux : il signifie prcisment qu'ils sont d'une couleur vert olive ple, entre le bleu et le vert (pers), comme les yeux des chouettes. Or la chouette est l'oiseau favori d'Athna aux yeux pers , car elle symbolise l'intelligence de la desse par son regard perant capable de voir la nuit : la fois fixe et lumineux, il passe pour possder un pouvoir fascinant et paralysant comparable un peu celui de la Gorgone. De plus, la chouette tant un animal nocturne, tout cela nous rappelle qu'Athna est au dpart et avant tout une divinit lunaire (Dictionnaire de la mythologie grco-romaine, 2012 - books.google.fr, Hugues Romano, Lil des dieux, 1997 - books.google.fr).

Homre dj connat Athna sous ces traits pacifiques ; Athnes elle est honore sous le vocable d'"Ergan". l'ouvrire [cf Ergaste des Illustres Bergers] ; et en maint endroit de la Grce, des lgendes parlent de vtements magnifiques tisss par elle pour ses hros favoris. Une jeune fille lydienne, ayant os la dfier aux. travaux de l'aiguille, fut change en araigue (Arachne). A mesure que la civilisation hellnique se dveloppe par la culture des ans et des lettres, que les inventions utiles apportent des ressources nouvelles, et que le gnie humain atteste son influence sur les destines des nations, l'image d'Athna grandit ; elle est identifie par les philosophes avec l'intelligence, avec la raison souveraine en qui se rsument toutes les conqutes de la civilisation sur la barbarie. Elle se confond en quelque sorte avec l'image idale de la ville qui, aprs les guerres mdiques, reprsente le mieux devant l'opinion la vaillance dans la guerre, le gnie dans la posie et les arts, la sagesse dans la politique, c'est--dire Athnes. Des colons sortis de cette ville pour habiter l'le de Lemnos, emportent une statue monumentale de Phidias, qui, runissant tous ces traits, mrita d'tre appele la Belle par excellence, Callimorphe. Dans l'expression la plus entire et la plus parfaite de sa personnalit, se retrouve la notion de sa divinit originaire : elle a reprsent d'abord l'ther lumineux qui en Attique brille plus pur que partout ailleurs. Dans toutes ses transformations, elle demeure la vierge immacule, vaillante, gnreuse et douce sans faiblesse. Elle devient enfin l'incarnation vivante et harmonieuse des qualits de pntration subtile, de la raison leve, de l'imagination la fois mesure et vigoureuse qui ont fait du peuple athnien le matre intellectuel de l'univers, aprs que la vaillance rflchie en eut fait l'arbitre des destines hellniques dans la lutte contre l'Asie (Bulletin de la Facult des lettres de Poitiers, 1888 - books.google.fr).

La chevche, en grec "aiglios" (Revue de philologie, de littrature et d'histoire anciennes, 1960 - books.google.fr).

Athna et Neith

Athena was, like Neith, widely acknowledged to be a virgin (e.g., Diodorus Siculus 5.3.4; Ovid Metamorphoses 5.375). Various other elements associated with her suggest that she retained hints of autogeneity, as well. Plutarch (On Isis and Osiris 62/376A) claims that the name Athena signified I have come from myself ('lthon 'ap' 'emauts), an unequivocal autogenetic reference. The Orphic Hymn to Pallas (Athena) begins by addressing Athena as monogens, which is generally translated as only-begotten (Liddell and Scott, 7th edition, s.v.), but which can also mean only born sole offspring, unique in kind, and singly born (Long 1992, 49). In short, it connotes a self-born, self-created being, which corresponds perfectly with Athena's identification with the autogenetic Neith. Athena also wore the lizard or crocodile on her breast in certain gems and statues (Elworthy 1958, 320). This is likely a vestige of her association with Neith, whose mythology included a story that she gave birth to the crocodile god Sobek (see Lesko 1999, 501). What is particularly interesting here is that the lizard was believed to conceive by the ear and bring forth its young from the mouth (King 1887, 107). Thus, Athena's wearing of the lizard/crocodile would further connect her with both Neith and parthenogenesis. [...]

Athena also retained Neith's function as goddess of weaving (e.g., Hesiod Works and Days 634; Aelian On Animals 6.57), which was symbolic of parthenogenetic creation. Athena's role as virgin patron of weaving was acknowledged during her most important festival at Athens, the Panathenaia, which was held in the summer and celebrated as the new year. As part of this event, four females wove the goddess's woolen peplos, or ceremonial robe, and presented it to her statue at the Acropolis at the culminating moment of the grand procession (Suda, s.v., arrephorein; peplos). The peplos motif vividly calls to mind the inscription to Neith mentioned earlier, No one has ever lifted my peplos, a direct reference to Neith's parthenogenetic nature. I suggest that in the context of the Panathenaia, then, the peplos similarly was a symbol of Athena's original capacity as virginal creatrix. I discuss the Panathenaia and its parthenogenetic associations more fully later in this chapter. Athena's Virgin Mother aspect was perhaps most fully retained in one of her most celebrated cults, located in Tegea in southeastern Arcadia, where she was known as Athena Alea (shelter, asylum). Archaeological evidence from the oldest layers at this site reveals that Athena was once identified with fertility symbols (Deacy 2008, 131). As Deacy (131) affirms, such symbolism raises the possibility that, early on, Athena had more in common with a mother goddess such as Demeter than she did with her later pan-Hellenic character as sterile virgin. The symbol that emerges as preeminent in this regard was the pomegranate. (Marguerite Rigoglioso, The Cult of Divine Birth in Ancient Greece, 2009 - books.google.fr).

La parthnognse est le mode reproduction du sycomore sur lequel Zache tait perch (Thmes : Double Zache).

Dans le mythe de la Vierge Mre intervient frquemment la parthnognse pendant l'antiquit grecque et orientale : la mre du dieu Attis est enceinte aprs avoir mang une grenade (Jean Boyer, Saint Jacques de Compostelle: lgendes et chemins d'hier et d'aujourd'hui : essai, 1999).

Anciennement Neith tait la personnification de l'ternel principe fminin de la vie qui existait par lui-mme et se nourrissait de lui-mme, qui tait secret et inconnu et pntrait toutes choses ; ceux dont les ides taient plus matrielles ; tout en admettant qu'elle avait donn le jour son fils R sans l'aide d'un poux, ne pouvaient loigner de leur esprit l'ide qu'un germe masculin tait ncessaire sa production ; trouvant impossible de le faire driver d'un tre exterieur la desse, ils supposrent qu'elle fournissait elle-mme non seulement la substance qui devait former le corps de R, mais aussi le genre mle qui la fcondait. Neith tait ainsi le type de la parthnognse (E. A. Waliis Budge, The Gods of the Egyptians, London, 1904) (Annales du Muse Guimet: Bibliothque d'tudes, Volumes 35 36, 1926 - books.google.fr).

La reproduction du lzard par l'oreille recontre l'oreille coupe de Malchus par un des aptres au jardin de Gethsemani.

Deux sanctuaires parallles du grand temple de Neith Sais servaient de reliquaire aux deux oreilles d'Osiris, parties de son corps dispers aux quatre coins de l'Egypte (La Croix dHuriel et pierres noires : Saint Jean Baptiste, Saint Sulpice et Sceau de Palaja).

Eutychius parle d'une autre espce d'Hrtiques fort singulire; ce sont des gens qui disoient que le Verbe entra par l'oreille de la Vierge, et qu'il en sortit par la voye de l'enfantement. Ce sentiment toit celui d'un certain Elianus & de sa Secte. Je laisse deviner au Lecteur quelle est cette porte, pour lui dire qu'on trouve quelque chose de plus modeste dans un Hymne de S. Ephrem. "Comme la Mort, dit ce Pre, est entre par l'oreille d'Eve, de mme la Vie est entre par l'oreille de Marie. Vossius, Chanoine de Tongres, qui a traduit sur le Grec les Oeuvres de S. Ephrem, a remarqu, que cette pense vient originairement de Grgoire de Neocsare, surnomm Thaumaturge, & M. Asseman tche de l'autoriser par deux passages d'Auteurs Latins. Le premier est de St. Augustin. "Dieu, dit ce Pre, parloit par son Ange & la Vierge Devenait enceinte par l'oreille". Le second, qui est du Pape Flix [II ou III, mort le 25 fvrier 492] crivant Pierre d'Antioche, est conu en ces termes : "Le Verbe intime du Pere, le Verbe substantiel, le Verbe qui est Dieu, se glissant par les oreilles de la Sainte Vierge, opra sa conception d'une manir ineffable". Patris enim intimum Substantiale Verbum, Deus, per Sancte Virginis aures, illapsum conceptionem ineffabiliter opration est. A cette occasion Mr. Affeman nous apprend, que le Brviaire des Maronites ayant t donn quelques Savans de Rome pour l'examiner, ils furent scandaliss d'y trouver ces paroles : "Le Verbe du Pere est entr par l'oreille de la Femme bnie". Verbum Patris per aurem Benedict intravit. Sur quoi Mr. de Beausobr fait une remarque, trop curieuse pour la supprimer : "Je m'tonne, dit-il, de la dlicatesse, ou plutt de la foiblesse de ces Docteurs de Rome. Ils devoient tre accoutums cette pense, & mme quelque chose de plus. Ne savoient ils donc pas, qu'elle toit dans, les Hymnes de l'Eglise, que l'on chantoit du tems du clbre Agobard, cet Evque de Lyon, qui auroit bien voulu corriger une partie des Superstitions de son tems, nous apprend que lorsqu'on clbroit en Occident la naissance du Sauveur, les Chantres faisoient retentir la vote des Eglises de ces difiantes paroles : Le Verbe est entr par l'oreille de la Vierge, et il en est sorti par la porte dore" (Nouveau dictionnaire historique et critique pour servir de supplement ou de continuation au Dictionnaire historique et critique de Mr. Pierre Bayle, Volume 3, 1753 - books.google.fr).

La desse qui est ddie l'inscription de Mantine (Le jugement) est Athna Ala (Autour de Rennes le Chteau : Les Bergers dArcadie ts ts !).

Eloquence et Verbe

Athna, vierge, desse, n'en est pas moins fcondante de l'me en temps que pneuma-logos.

Le pneuma est essentiellement fcond comme le dieu mle, le dieu universel que les Stociens identifient au logos spermatikos, le discours, le projet sminal, qui dans l'air et dans l'humide assure l'existence du monde (Diogne Larce, VII, 136). C'est le principe qui peut s'identifier Zeus ou un dieu quelconque quand, en s'approchant d'une femme, il produit en elle les conditions ncessaires la naissance. La puissance pneumatique assure en tous cas la ralisation d'un message, la dlivrance d'un signe qui provoque la production de la communication. Dionysos et Apollon se coalisent dans ce projet.

Le chur des Bacchantes d'Euripide chante Dionysos comme le daimon qui, par la fureur qu'il inspire, transmet un pouvoir prophtique pntrant tous les tres de sa puissance en poussant dire l'avenir (298 sq.). Comme la rh'lOhm provoque la parole dans la bouche de son porte-parole (2 Samuel, 23, 2). Et Apollon produit dans le corps choisi de sa femme prophte le principe du mouvement, l'"arch ts kinses", provoquant en son me la lumire qui claire l'avenir, le "phs pros to mellon". Cette qualit lumineuse du pneuma est bien atteste dans la tradition et ne contredit aucune de ses possibilits. Pour les Thrapeutai de Philon d'Alexandrie, l'me aime de Dieu engendre en vertu de la semence paternelle qui est un rayonnement de l'intelligible (Plotin, Vie contemplative, 68). La prophtis d'Apollon Didymes, illumine par son dieu, peut devenir pleine de sa splendeur divine et parler (Jamblique, les Mystres d'Egypte, III, 21). Mais on peut convenir que la possession dionysiaque ne produit pas le mme effet que la possession par Apollon. Du moins en apparence, bien que l'on ait dit que la pntration du pneuma dans l'me produisait les effets des vapeurs du vin (Plutarque, De la disparition des oracles, 432e). La possession d'Apollon poursuit un but prcis : un logos, un discours sonore, ... un fils. La Pythie devient rgulirement grosse des paroles lgitimes, l'inverse de Cassandre qui, par sa faute, reste strile. La symtrie est vidente. Dans l'Agamemnon d'Eschyle, Cassandre explique au chur comment Apollon lui avait donn la facult de la prophtie. La modalit du rapprochement du dieu et de la fille est immdiatement comprise par le chur en termes de poursuite sexuelle. Cassandre ne voulait pas parler, par aids, par pudeur, mais elle parle finalement. Il (le dieu) luttait avec moi en en soufflant en moi sa grce. La mtaphore est aisment reconnue par le chur comme un acte de fcondation. Mais la fille lui chappe, parvient tromper le dieu : elle vite sa divine grossesse avec les consquences que l'on connat : elle parlera, mais n'aura pas le don de persuasion. [...]

L'empire de la nymphe est la pntration ambigu d'un flux que le fragment tragique de PACUVIUS, cit par VARRON, met en rapport avec l'excitation bachique : flexanima tamquam lymphata aut Bacchi sacris / commota. Lymphata dicta a lympha; "lympha" a Nympha in Graecia commota mente quos nympholeptous appellant et ab eo lymphatos dixerunt nostri. Les nymphes versaient dans l'me humaine un trouble surnaturel qui revtait toutes les formes, crivait BOUCH-LECLERCQ (op. cit., p. 263). Le flux des nymphes s'apparente ainsi aux diffrents pneumata qui rendent l'me fconde. La forme phallique de la nymphe comme femme serpent ou poisson, sirne ou fe comme la mdivale Mlusine, traduit la force de la mtaphore qui privilgie, dans la description de la possession comme acte sexuel, le rle toujours actif donn au mle.

Vierge de Lourdes, nymphe phallique : l'ouest de Rennes le Chteau associ Fronsac : sel, esprit-pneuma - La Croix dHuriel et lalchimie : Triple correspondance : chemin de croix, oeuvres alchimiques et voyage de lme

Dans un passage fort intressant, Plutarque cherche expliquer par une interprtation partiellement physique la divination inspire, et parle d'un mantikon reuma kai pneuma, flux et souffle divinatoire qui est en soi theiotaton, trs divin (Plutarque, Sur la disparition des oracles, 432d). La dimension pneumatique unit Apollon et Dionysos dans le privilge de faire participer les humains au pouvoir crateur, et donc divin, qui rside dans la qualit du pneuma, la substance qui, grce sa qualit analogue au sperme mle, renferme en soi la force cratrice qui distingue aussi, partir de la spculation d'Aristote, le caractre spcifique de la divinit post-polythiste. Ainsi la notion de pneuma, centrale pour l'organisation de la vision cosmique grecque, grce au jeu inpuisable des chanes mtaphoriques, permet de dire l'imaginaire thologique dans une terminologie trs varie. La qualit cintique du pneuma traduit en effet l'essence, l'ousia, de la divinit, et la manifeste dans la crativit au sens large. Le pote, le dmiourgos, crateur par excellence de la socit grecque archaque, peut crer seulement dans l'enthousiasmos, quand un hieron pneuma, un souffle saint, le pntre (Dmocrite, cit par Clment d'Alexandrie, Stromates, VI, 168). Mais la mtaphore va plus loin. Ainsi le souffle de Zeus, ek epipnoias Znos, provoque la conception d'paphos; le fils nat d'une caresse du dieu Io, la gnisse argienne perscute par la jalousie d'Hra, dans les Suppliantes d'Eschyle. Et c'est encore un souffle du dieu, un atmon entheon, qui provoque la grossesse de la Pythie, une grossesse de paroles, de discours, du logos divin, pour l'auteur du Trait du Sublime (XIII, 2). L'image traduit trs bien la modalit avec laquelle Apollon s'approche de la femme qui lui produira son discours. Il s'agit d'un type de possession moyenne dans laquelle il n'y a pas d'identification avec l'tre surnaturel, mais un change conu en termes - bien connus des langages mystiques - de rapport sexuel, qui peut tre racont selon plusieurs variantes (Ileana Chirassi Colombo, Le Dionysos oraculaire, Kernos, 1991 - books.google.fr).

La parole, le logos, est produit par la fcondation de l'me par le pneuma. De l est peut-tre n l'ide de la naissance du Christ-Logos de la Vierge Marie par le Saint-Esprit. Si le pneuma est aussi logos, il produirait par l'me plutt l'loquence, le logos (organisation de la pense) prcdant la parole. L'me en elle-mme est muette (Autour de Rennes le Chteau : LAffaire Glis et les charpentiers dIsae).

Autre allgorie parmi les plus fcondes, philosophiquement, de tout le recueil des Images ou tableaux de platte-peinture, celle consacre la parole. La mditation allgorique sur la parole, dans les Images ou tableaux de platte peinture, est double et se rapporte deux "thogonies" dont l'tude conjointe se rvle fconde: la Naissance de Mercure et la Naissance de Minerve. A propos de la Naissance de Mercure, Vigenre observe : il n'y a point de plus grand larron en ce monde que la parole loquente; dont Mercure est le souverain patron (p. 213). A propos de la Naissance de Minerve, ce n'est plus l'loquence, mais le Verbe qui fait l'objet de sa rflexion. Minerve sortie du cerveau de Jupiter correspond, dans les fables des Gentils, l'Incarnation du Verbe (logos). [...]

La mythologie du XVIe sicle runissait souvent Mercure et Minerve. Chez Cartari, on va le voir. Mercure embrassant Minerve reprsente l'Eloquence jointe la Prudence, ces deux qualits tant perues comme complmentaires dans la formation de l'individu. Plus radicalement, l'union de Mercure et de Minerve est reprsente par la figure d'Hermathna, remontant l'Antiquit, mais trs familire, elle aussi, la Renaissance. On trouve des allusions la figure d'Hermathna ds Cicron (Lettres Atticus) (Richard Crescenzo, Peintures d'instruction: la postrit littraire des "Images" de Philostrate en France, de Blaise de Vigenre l'poque classique, 1999 - books.google.fr).

Le terme dloquence renvoie une signification principale : l'art de bien parler, l'aptitude s'exprimer avec aisance, la capacit d'mouvoir, de persuader (fr.wikipedia.org - Eloquence).

La persuasion, qui appartient l'me associe Mercure, est un produit de la fcondation de l'me par le pneuma-verbe-logos associ Athna (Tintin, Herg et la Croix dHuriel : Hlne et Moulinsart).

Poussin et Byzance

During his two-year stay in Paris, Poussin had become acquainted with a group of neo-Stoics, "les libertins," who sought to reform the church along the lines of practice of the primitive church. Evidently Poussin was not satisfied with the antique deathbed scene of the first version, its theatrical setting and anecdotal incidents. In the Cleveland drawing he therefore seems to have considered using the apocryphal incident of the Death of the Virgin, a Byzantine image which had gained currency in the West. Early illustrations of this subject could have been available to Poussin in the Greek manuscripts of the Barberini library. Other sources of this image, ones which certainly would have appealed to Poussin, who executed drawings after catacomb frescoes and Roman mosaics, were the venerable mosaics of the Dormition of the Virgin at the churches of St. Maria in Trastevere and St. Maria Maggiore. As Jennifer Montagu has noted, Poussin turned to Byzantine sources in his depiction of the rite of Eucharist (Hilliard T. Goldfarb, From Fontainebleau to the Louvre: French drawing from the seventeenth century, 2009 - books.google.fr).

Sur le plan symbolique, la Cne reprsente l'institution dun sacrement essentiel dans la liturgie chrtienne : l'Eucharistie. [...] Dans les versions Dal Pozzoel Chantelou, Poussin place ses personnages allongs autour d'une table. Dans la version du Louvre, l'artiste recourt au vieux schma byzantin : le groupe a quitt la table et le Christ, debout, fait communier les aptres agenouills. La Cne apparat l clairement comme le prototype de la messe catholique (Manuel Jover, Le Christ dans l'art, 1994 - books.google.fr).

A DCLXXXI

On commence par l, ce qui dtermine toute la suite.

Les sigles ont t employs dans les inscriptions latines : A = annus C = consul (Alain de Board, Maurice Prou, Manuel de palographie latine et franaise, Volume 1, 1924 - books.google.fr).

DCLXXXI est pris comme date (de l're chrtienne), 681, deux ans aprs la mort de Dagobert II, l'poque o rgnait Constantin IV Pogonat Constantinople.

Le concile de Constantinople

En ce dbut du septime sicle, l'empire est envahi par les Perses de Chrosos. Au tyran Phocas, succde la tte de l'Empire Hraclius qui reoit la couronne impriale des mains de Serge, patriarche de Constantinople, en octobre 610 : Hraclius et Serge sont deux grandes figures qui vont collaborer durant 25 ans pour sauver l'empire en mettant sur pied un immense effort national. L'an 622, commencement de l're musulmane, voit aussi le dbut de la croisade d'Hraclius contre les Perses. En 629 Chrosos est assassin et l'anne suivante, 630, Hraclius rentre en possession de Jrusalem, mais pour peu de temps, car en 632, la mort de Mahomet ouvre le grand sicle des invasions arabes, et en 638, Jrusalem ouvre ses portes au calife Omar.

Un fait grave tait apparu : les rgions menaces, de l'Egypte la Syrie, comptaient beaucoup de monophysites qui se mirent vite du ct des envahisseurs, par haine des matres byzantins qui tenaient officiellement pour la foi orthodoxe dfinie Chalcdoine. Le problme religieux figurait donc parmi les facteurs d'unit politique de l'empire. Comment regagner la confiance de ces populations pour qui le vrai christianisme passait par la formule de Cyrille d'Alexandrie : "Unique est la nature du Verbe incarn" ? Pour le bien de l'empire, pour lutter contre l'envahisseur, Serge et Hraclius cherchent se concilier les monophysites des provinces envahies.

Pour cela, ils vont prsenter une activit unique du Christ tout en maintenant l'affirmation des deux natures. On souligne donc l'unit du Christ agissant, du Christ comme agent. Insistance correcte qui s'accorde avec les vangiles, mais il y manque la contrepartie d'une reconnaissance claire et non ambigu de la parfaite prservation des proprits des natures divine et humaine, et de leurs exercices connaturels.

Hraclius nomme patriarche d'Alexandrie un homme lui, Cyrus, avec pleine autorit, ecclsiastique, civile et militaire, qui met sur pied une formule d'union de toutes les thologies : le "Pacte d'union". On dira qu'un seul Christ effectue la fois le divin et l'humain, par une seule activit (on obscurcit les activits propres aux Personnes). En 633, il semble que toutes les glises adhrent cette formule assez quivoque, que, par suite d'un malentendu, une lettre du pape Honorius semble mme approuver !

La rsistance vint d'un moine, Sophrone, qui tait arriv Alexandrie un peu avant le Pacte d'Union. Entr dans un monastre de Palestine, il avait fui devant les Perses jusqu'en Egypte et de l Rome. Sophrone dnonce l'ambigut de la formule de l'unique nergie et montre le danger qu'elle prsente pour la foi au mystre du Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Serge cherche alors une nouvelle formule et rdige le Psephos (633) qu'il fait approuver par un synode et le patriarche d'Alexandrie : on ne parlerait plus d'nergie, mais d'une unique volont dans le Christ (ce sera le monothlisme). Texte habile o le pape Honorius et Maxime ne voient rien redire.

En Palestine, Sophrone devient patriarche de Jrusalem. Et l aussi, le nouveau Patriarche flaire un danger pour la foi. C'tait alors l'usage pour un nouvel lu, d'envoyer aux autres patriarches des lettres dites "synodales", refermant une profession de foi. Bonne occasion pour Sophrone de fournir un clair expos doctrinal ; ce document est contre l'esprit du Psephos.

Suit une priode de rpit, de maturation, pendant laquelle Sophrone ne cesse d'agir ; il runit en deux livres, six cents textes patristiques qui appuient la doctrine des deux activits. En 638, Hraclius revient Contantinople dcourag de voir que ses victoires contre les Perses sont compromises par les musulmans. Fin 638 ou dbut 639, Serge dresse alors un large expos de la foi o il reprend le Psephos en soulignant la confession explicite d'une seule volont dans le Christ : c'est l'Ektse. En cette mme anne, meurent Honorius, Serge et Sophrone. Honorius est remplac par Sverin, puis Jean IV ; Serge par Pyrrhus, et Sophrone par un mononergiste. Quant Hraclius, il meurt en 641, remplac par Constant. Les annes 638-641 marquent donc un grand tournant : tous les personnages sont changs. Le centre de la rsistance est dsormais Rome, avec les papes, Thodore I et Martin I, soutenus par le moine Maxime qui passe au premier plan de la scne ; nous sommes donc au moment et aprs la publication de l'Ektse.

Maxime succde Sophrone, son matre, dans la lutte contre l'Ektse. Tandis qu' la mort de Serge, l'empereur avait nomm pour le remplacer, Pyrrhus, chaud partisan du monothlisme. Maintenant Rome a pris nettement position contre l'Ektse aux cts de Maxime : le Pape Jean IV la condamne. De son ct, Hraclius comprend que du point de vue politique, le monothlisme a t un chec complet, puisqu'au lieu d'apporter l'union espre, il a t un nouvel instrument de discorde dans l'Empire. Aussi rejette-t-il l'Ektse. On pourrait croire que tout va s'apaiser. Mais il meurt peu aprs et il est remplac par Constant, un jeune empereur qui va rgner longtemps. son avnement, Pyrrhus tombe en disgrce. Remplac par Paul, il s'enfuit en Afrique et arrive Carthage o Maxime se montre svre son gard. En 645 eut lieu une dispute publique entre Pyrrhus et Maxime dont on a la stnographie : deux thologiens d'envergure se trouvent affronts aux questions les plus difficiles et aux exigences ultimes de la christologie orthodoxe. Au terme de la discussion, Pyrrhus rend les armes avec lgance et s'engage condamner le monothlisme, Rome, sur la tombe des Aptres. Ce qu'il fait, reu avec honneur par le pape Thodore. Malheureusement, Pyrrhus ne persvre pas dans ces bonnes dispositions et au cours d'un synode romain o figure Maxime qui avait accompagn Pyrrhus Rome, le pape signe sa condamnation devant le tombeau de saint Pierre, en mlant du Prcieux Sang l'encre dont il se sert. La situation se tend alors de plus en plus. Press par le Pape Thodore de dfinir sa position, aprs un long silence, Paul, le remplaant de Pyrrhus, finit par faire une longue profession de foi monothlite. Excommuni par Thodore, Paul persuade le jeune empereur Constant d'mettre un dit sur la foi qui imposerait silence toute discussion sur l'activit ou la volont dans le Christ. Constant, lui aussi, constate que le monothlisme a t un chec, mais il ne comprend pas qu'un point de non-retour a t atteint par la question pose par Serge. Par ailleurs, les musulmans attaquent l'Empire de toutes parts, et il estime urgent que tous ses sujets s'unissent pour les combattre. Constant supprime alors l'Ectse, simple profession de foi officielle et la remplace par un dit, le Typos (648). Par cet dit, il interdit, sous peine de graves sanctions, toutes ces interminables polmiques qui divisent les chrtiens. Mais cette tentative de pacification escamotait le problme, par la dfense faite d'en parler.

Mais le pape Martin et Maxime allaient payer chrement ce triomphe de la christologie orthodoxe. Martin est encore vivant quand Eugne Ier, un homme conciliant mis en place par Constantinople, devient pape. Martin est finalement dport en Crime, Cherson (Sbastopol). Il meurt puis au bout d'un an et demi (655), dernier des papes martyrs. Quant Maxime, amen Constantinople, il est accus de haute trahison. Parce qu'il s'oppose l'union voulue par Constant, sur la base du Typos, il apparat comme celui qui divise et affaiblit l'Empire en servant la cause des musulmans qui remportent alors victoire sur victoire. Il est jug et exil en divers lieux. Il meurt dans une forteresse, au sud-est de la Mer Noire, le 13 aot 662 (Frre Luc Brsard, Cours de patristique, Frre Luc Brsard, Cours de patristique).

Eucharistie et Concile de Constantinople

Quand le concile tenu dans le palais de l'empereur l'an 680 dit (canon 3) que les prtres sont ministres du sacrifice spirituel du grand bien, qui est tout ensemble sacrificateur et victime; quand ce mme concile dtend aux prtres qui se seront engags par ignorance dans un mariage illicite, de distribuer le corps du Seigneur; quand il appelle partout lEucharistie sacrifice non sanglant (canon 26); quand il dit que ceux qui communient mangent et boivent Jsus-Christ, et quil ordonne ceux qui veulent participer au corps immacul, de s'offrir pour recevoir la communion, en mettant leurs mains en croix (canon 101), toutes ces expressions, dans un temps o la cl de figure tait rejete, ne pouvaient signifier que le vrai corps de Jsus Christ, sacrifi sur les autels, et reu par ceux qui communiaient (Johann Jakob Scheffmacher, Perptuit de la foi de l'Eglise catholique sur l'eucharistie... sur les principaux points qui divisent les catholiques d'avec les protestants, Volume 1, Migne, 1841 - books.google.fr).

On retrouve une cl : la cl de figure est une notion protestante disant que l'eucharistie n'est que l'image du corps du Christ.

Le pape Agathon assembla Rome un Concile de cent vingt-cinq Evques, o l'on choisit pour Dputs au Concile de Constantinople, les Evques Abundantus de Paterne, Jean de Porto & Jean de Rege (Reggio), Thodore & George Prtres, Jean Diacre, & Constantin Soudiacre de l'Eglise de Rome, Thodore Prtre, Lgat de l'Eglise de Ravenne, avec quelques Moines. Ils arrivrent Constantinople le dixime jour de Septembre de l'an 680. Constantin les reut avec honneur. Le Concile gnral s'ouvrit le 7 novembre 680, dans la salle du palais nomme en latin Trullus ("troullos"), c'est--dire le dme (Remy Ceillier (O.S.B.), Histoire gnrale des auteurs sacrs et ecclesiastiques, 1754 - books.google.fr, Charles Amable de La Tour d'Auvergne, La tradition catholique sur l'infaillibilit pontificale, Volume 1, 1875 - books.google.fr).

Jean vque de Porto fut dput au concile de Constantinople en 680. Il clbre la messe en latin Sainte Sophie. Il est enlev de Rome par ordre de Justinien II (Claude Fleury, P. Fabre, Table gnrale des matires contenues dans l'Histoire ecclesiastique, 1781 - books.google.fr).

Jean vque de Porto (Italie) consacra le pape Lon II, lu le 16 juin 682, le 17 aot aprs aprobation de l'empereur byzantin (Michel Aubrun, Moines, paroisses et paysans, 2000 - books.google.fr).

La volont

Ecoutons Thomas d'Aquin :

Plusieurs hrtiques ont prtendu quil ny avoit dans le Christ quune seule volont; mais ils paroissent avoir t jets dans cette erreur par diffrents motifs. Apollinaire nadmettoit pas dans le Christ une me intellectuelle; il prtendoit que le Verbe tenoit lieu de lame ou mme de lintellect. Et de l, comme la volont rside dans la raison ou dans la partie raisonnable de lame, De anima, III, 42, il suivoit que dans le Christ, il ny avoit pas de volont humaine, et que ds lors il ny avoit en lui quune volont. Eutychs et tous ceux qui nont admis dans le Christ quune nature, ont galement t forcs de ny voir aussi quune volont. Nestorius lui-mme, voulant que lunion de Dieu et de lhomme ait seulement t faite par l'unit daffection et de volont, ne recounoit par suite quune volont dans le Christ. Plus tard Macaire, patriarche dAntioche, Cyrus dAlexandrie et Sergius de Constantinople, et leurs adhrents nadmirent dans le Christ quune volont, quoiquils reconnussent en lui deux natures hypostatiquement unies. Ils ont tous t compris sous le nom commun de Monothlites, ce qui signifie partisans dune seule volont. Leur erreur a t condamne, d'abord, dans le concile de Latran tenu sous le pape Martin I; puis, dans le sixime et le septime conciles gnraux; et, enfin, dans le concile de Florence, o fut prononce la runion des Grecs et des Latins. Do il suit que la doctrine qui donne au Christ deux volonts, l'une divine, lautre humaine, aussi bien que ces deux mmes sortes d'oprations, est de foi.

Leur opinion toit que la nature humaine dans le Christ nobissoit jamais son propre mouvement et quelle toit mue en tout par la divinit; nous voyous cela par la lettre du pape Agathon lempereur Constantin Pogonate. Voil pourquoi, dans le sixime concile tenu Constantinople, il fut dfini quon devoit reconnotre dans le Christ deux volonts; et voici comment sexpriment les actes du concile : Daprs ce que les prophtes nous ont enseign du Christ, ce quil nous a dit lui-mme, et la foi que les saints Pres nous ont transmise, nous proclamons quil y a en lui deux volonts naturelles et deux oprations naturelles. Et il ne pouvoit en tre autrement; car il est manifeste que le Fils de Dieu a pris la nature humaine tout entire, comme nous lavons dmontr plus haut, quest. II, art. 5. Or la nature humaine ne seroit pas complte sans la volont, puisque cest l une de ses puissances constitutives, aussi bien que l'intellect, comme nous lavons amplement vu dans la premire partie, quest. LXXIX et LXXX. Il suit videmment de l que le Fils de Dieu a pris la volont humaine en prenant la nature humaine. Dun autre ct, comme par son Incarnation il na subi aucun amoindrissement dans ce qui appartient la nature divine, et comme en outre la volont rentre essentiellement dans cette nature, daprs ce qui a t galement dmontr part. I, quest. XIX, art. 1, il faut ncessairement conclure de l quil y a dans le Christ deux volonts, l'une divine et lautre humaine.

Je rponds aux arguments : 1 Il est vrai que tout ce qui toit dans 1a nature humaine du Christ se mouvoit au gr de la volont divine; mais il ne suit nullement de l que cette nature nait pas eu dans le Christ le mouvement de sa propre volont; nous voyons bien dans les saints une parfaite soumission de leur volont la volont divine; qui opre en eux le vouloir et le faire, comme le dit lAptre, Philip, II. Quoique la volont ne puisse tre intrieurement mue par la crature, elle peut nanmoins l'tre par Dieu, comme nous lavons tabli part. I, quest. CV, art. 4. Le Christ conformoit donc sa volont humaine la volont divine, selon ce qui est dit Psalm. XXXIX, 9 : Je suis venu pour accomplir votre volont, mon Dieu; je lai voulu.... Et voici comment sexprime cet gard saint Augustin, Contra Max, II, 20: a Du moment ou le Fils a dit au Pr, non ma volont, mais la vtre, quoi te servent les paroles que tu ajoutes en disant : il a bien montr par l que sa volont toit soumise celle de son Pre ? Est-ce que nous nions par hasard que la volont de l'homme doive tre soumise la volont de Dieu ?

C'est spcialement dans la prire du jardin des Oliviers que sest manifeste la double volont du Christ. Tous les Pres ont argu des expressions mmes du Sauveur dans cette prire, pour confondre Terreur des Monothlites. Il est un autre texte dans l'Evangile, Jean, V, qui nest pas moins explicite : Je ne cherche pas ma volont, mais la volont de Celui qui m'a envoy. Il seroit ais de multiplier les citations, si lon vouloit recourir aux passages o cette mme vrit se trouve renferme d'une manire implicite. Un autre argument, que nous venons de voir dans l'auteur et que les Pres ont galement employ contre le monothlisme, cest celui qui se puise dans cet axiome fondamental, que le Christ a pris la nature humaine avec toutes les puissances qui la constituent.

2 Le propre dun instrument est, sans doute , dtre m par l'agent principal; mais il lest de diverses manires selon sa propre nature : un instrument inanim, comme une hache, une scie, reoit de l'artisan une impulsion physique; un instrument anim, mais par une ame sensitive seulement, est m par l'apptit sensitif, comme le cheval est m par le cavalier; mais un instrument anim par une ame raisonnable est m parla volont de cette ame , comme un serviteur est m vers une action par le commandement du matre ; et le Philosophe appelle , en effet, le serviteur un instrument anim , Polit, I, 4. La nature humaine dans le Christ toit donc l'instrument de la divinit, mais de telle sorte , quelle toit me aussi par sa volont propre. (Thomas d'Aquin, Somme thologique de S. Thomas, Partie III, Question XVIII, Article 1 (1224-1274), 1858 - books.google.fr).

Dans les questions 27 43 de la Somme thologique (appeles, peut-tre improprement, trait De Deo trino : du Dieu trine) Thomas d'Aquin a rsum ainsi la foi trinitaire en posant quon pouvait distinguer :

un seul Dieu, une seule essence, ou substance, ou nature ; deux processions : la gnration (du Fils) et la spiration (du Saint Esprit), et deux actes notionnels : l'acte de connaissance qui constitue le Fils et l'acte de volont qui constitue l'Esprit ; trois personnes : le Pre, le Fils et le Saint Esprit ; quatre relations : la paternit, la filiation, la spiration active (du Pre et du Fils l'Esprit) et la spiration passive (de l'Esprit au Pre et au Fils) ; cinq proprits : l'innascibilit (du Pre); la paternit (du Pre); la filiation (du Fils); la spiration active (par le Pre et le Fils); la procession passive (du Saint Esprit).

On peut considrer aussi qu'en Dieu il y a deux actes notionnels : l'acte de connaissance qui constitue le Fils et l'acte de volont qui constitue l'Esprit.

En Dieu tout est un car il n'y a pas opposition des relations. Les trois personnes agissent de faon insparable l'extrieur d'elles-mmes.

Quant l'appropriation, elle consiste attribuer une seule Personne une proprit (par exemple la cration attribue au Pre) qui est en ralit commune aux trois Personnes divines (fr.wikipedia.org - Trinit (christianisme)).

On retrouve notre coin "ANTE" li la connaissance et l'me-Christ (et non logos-Christ) et maintenant le pneuma-esprit-sagesse-logos avec la volont et la tension (hypotnuse) (Autour de Rennes le Chteau : Dalle verticale de Marie de Ngre : un triangle isocle rectangle).

On ne saurait, dit-il, exagrer l'importance de la notion de tension dans la psychologie stocienne ; elle explique tout. De nos actions injustes, Chrysippe accuse l'atonie ("atonian") de l'me; et de nos bonnes actions, il trouve la cause dans un jugement sain qu'accompagne l'nergie de la volont, c'est--dire de la tension forte de l'me. La science, comme les choses, consiste dans une force de tension. La raison " logik" est appele par Chrysippe tension (Anthelme Edouard Chaignet, Histoire de la psychologie des Grecs: La psychologie des stociens, des picuriens et des sceptiques, Volume 2, 1966 - books.google.fr).

Saint Bernard dcrit avec force l'antithse du velle et du posse : J'ignore de quelle faon dprave et curieuse la volont devient mauvaise par le pch, s'impose elle-mme une ncessit, de telle sorte que cette ncessit, parce qu'elle est volontaire, ne peut pas excuser la volont, et que la volont, tant ainsi sduite, ne peut pas exclure cette ncessit ; car c'est une ncessit qui, d'une certaine faon, est volontaire. C'est une douce violence qui charme tout en accablant et qui accable tout en charmant... L'homme est opprim par un joug qui n'est autre que celui d'une servitude volontaire, et il est digne de piti cause de cette servitude, mais sa volont le rend inexcusable. En effet, c'est la volont, lorsqu'elle tait libre, qui s'est rendue esclave du pch en donnant son consentement au pch, et c'est encore la volont qui se soumet elle-mme au pch en s'y assujettissant volontairement. (Sermon LXXXI sur le Cantique des Cantiques) (Marie-Madeleine Davy, Bernard de Clairvaux, 2001 - books.google.fr).

Thlme

Le livre V des aventures de Pantagruel est grandement redevable au Songe de Poliphile.

Rabelais a parfaitement connu le Songe de Poliphile. Dans Gargantua, ch. IX, il le mentionne, en comparant son symbolisme aux hiroglyphes des Egyptiens. C'est la partie architecturale qu'il met largement profit au V livre (Lazar Saineanu, La Langue de Rabelais: Civilisation de la renaissance, 1922 - books.google.fr).

Dans le Songe on trouve Logistique et Thlmie, la raison et la volont.

Il est inscrit dans le nom mme de l'anti-abbaye, Thlme , qui dsigne dans le texte grec du Nouveau Testament la volont profonde, soustraite aux caprices des pulsions et au contrle de la dlibration, et se retrouve dans le nom de la nymphe Thlmie qui guide le Poliphile de Francesco Colonna affranchi de la tutelle de Logistique (la raison), vers son panouissement spirituel et charnel dans l'amour. Les jeunes gens et jeunes de Thlme ont pour unique rgle Fais ce que voudras , pour unique lien la sympathie empreinte jusque dans leurs usages vestimentaires (luxueux pour plaire, mais uniformiss pour ne marquer aucune prsance), et leurs relations courtoises excluent toute obligation (ils ne se marient qu'en quittant l'abbaye) (Andr Tournon, Histoire de la littrature franaise du XVIe sicle, 2004 - books.google.fr).

L' Enigme en prophetie est soumise, on le sait, une double interprtation allgorique, celle de Gargantua, le fondateur de Thlme, et celle de Frre Jean, son abb en titre. La premire discerne dans le monument une promesse, celle que Dieu par son cher fils nous a prefix . La seconde y voit plutt une description, celle d'une partie de jeu de paume sous obscures parolles. Le premier y dcouvre la palme des lus, le second la pa(u)lme des comptiteurs en sueur. La premire fixe son regard sur l'horizon, Dieu et le futur tandis que la seconde voit la terre, les activits humaines et le prsent. [...] Une lecture vaudrait pour maintenant, l'autre pour plus tard. Il n'y a plus alors de tension entre l'une et l'autre [...] mais association et succession. Il y a simplement le temps du monde, celui du jeu (de paume) et le temps de l'avnement de la Jrusalem et ces deux moments sont comme les deux faces d'une pice de monnaie. [...] De cette dualit et cette ambigut qui est partout dans l'uvre de Rabelais, nulle nouvelle ici. Bref, si tout cela fait plus penser au style de Franois Habert qu' celui de Franois Rabelais, c'est peut-tre parce que, ce moment du texte, il ne s'agit plus de dcrire un monde ambigu et quivoque mais au contraire un espace d'aprs le temps de la perplexit. La lame sur laquelle est inscrite la prophtie est trouve au fondement de l'abbaye et fait donc partie des fondations du btiment. La double lecture que l'on peut en faire indique la double nature de l'difice: cit terrestre, bien relle, inscrite dans le monde et vivant par lui et cit cleste, venir, quand les hommes seront bien ns. [...]

Il n'y a alors plus d' ivresse, il y a simplement deux temps, ceux que dcrivent de nombreux auteurs contemporains de Rabelais, le temps de la perplexit et le temps de la srnit. On peut le regretter et trouver qu'alors Rabelais perd de son originalit ou au contraire penser qu'ainsi il fait plus corps avec son temps (Stphan Geonget, La notion de perplexit la renaissance, 2006 - books.google.fr).

A la suggestion du pape Agatbon, le IIIe concile de Constantinople va terminer dnnitivement les disputes sur le Christ en Orient en donnant par ses dcrets le coup de mort la dernire forme larve de l'apollinarisme et du monophysisme : le monothlisme. Dans un vaste texte qu'englobe toute l'histoire des controverses christologiques, aprs avoir marqu la continuit de la doctrine en la rattachant celle de Chalcdoine, du Tome de Lon, et des deux lettres synodiques de Cyrille, il renouvelle dans les termes mme d Chalcdoine la doctrine de l'union en une seule personne ou hypostase des deux natures conservant chacune leurs proprits : puis il ajoute expressment contre le monothlisme la profession de foi aux deux volonts naturelles, aux deux activits et oprations naturelles, en prenant soin de faire remarquer que ces deux volonts n'taient pas contraires l'une avec l'autre, mais parfaitement unies en une harmonie morale parfaite. C'tait bien l, affirmait-il, la consquence de la doctrine de Lon. Que si l'on compare cette dfinition de 681 avec celle de Damase en 381, on constatera la fois la continuit d'une mme doctrine traditionnelle et le progrs dans l'analyse et l'expression de cette doctrine. Au concile d'Agathon comme dans celui de Damase, ce sont les mmes proccupations qui se font jour, la mme doctrine qui s'exprime. Ne pas mutiler l'humanit du Sauveur et sauvegarder nanmoins l'unit de la personne (Auguste-Joseph Gaudel, La thologie de l' Assumptus Homo . Histoire et valeur doctrinale (A propos du livre du P. Dodat de Basly : Inoprantes offensives contre l'Assumptus Homo). In: Revue des Sciences Religieuses, tome 17, fascicule 1, 1937 - www.persee.fr).

Rabelais opre avec Thlme une synthse curieuse des deux temples que dcrit le pote car Vnus et Minerve semblent conjointes dans son propre temple et c'est finalement lui, plus que Lemaire qui opre la concorde promise des deux langages: du corps et de l'me, de l'amour et de la sagesse, de l'homme et de Dieu. Au temple de Vnus Rabelais emprunte la description des beaux adolescents, leur dsir social et leur apptit de vie; au temple de Minerve, il reprend Honneur le grand seigneur qui permet d'atteindre la vraie vertu (Stphan Geonget, La notion de perplexit la renaissance, 2006 - books.google.fr).

Immacule Conception

Saint Sophronius, patriarche de Jrusalem mort en 656, crivit Sergius, archevque de Constantinople, une lettre qui fut lue et approuve dans la Xie session du concile cumnique de Constantinople, tenu en 680-681. Il y est dit du Verbe :

Il voulut se faire homme afin que, semblable lhomme et de mme race et nature que lui, il le purifit, le sauvt et l'illumint. Cest pourquoi une vierge sainte fut prise et sanctifie dans son corps et dans son me, et servit ainsi : l'incarnation du Crateur, comme tant pure, chaste et sans tache (Louis Durand, L' infaillibilit papale prise en manifeste et flagrant dlit de Mensonge: Ou le dogme de l'immacule conception cit et condamn au tribunal de l'histoire et des pres, 1859 - books.google.fr).

Les partisans de l'immaculisme s'en servent pour justifier le dogme dcrt en 1854.

Le sixime concile gnral, tenu Constantinople sous le pape Agathon, l'an 680, reut avec un commun applaudissement la lettre du grand Sophrone, patriarche de Jrusalem, dans laquelle il la nomme la Sainte-Vierge immacule, sainte de corps et d'me, et libre de toute contagion du pch; les pres de ce grand concile auraient-ils pu approuver ces paroles, si on avait cru dans l'glise qu'elle a t souille dans sa conception par le pch originel? Ces paroles de Sophrone sontconsidrables: Mariam fuisse liberant ah onnii contagione peccati. C'est dans celle pitre o il faisait sa confession de foi qu'il dit en termes exprs, que Marie, la mre du Sauveur du monde, a t libre de toute contagion du pch; o vous remarquerez qu'il ne dit pas seulement qu'elle a t exemple de la commission du pch, ce qui s'entend du pch actuel, mais de toule contagion du pch; ce qui marque l'originel qui se contracte par contagion (Louis Franois d' Argentan, Confrences thologiques et spirituelles sur les grandeurs de la Sainte Vierge Marie, Mre de Dieu, 1868 - books.google.fr).

Le culte de Marie, la mre de Jsus, peut se comprendre comme une compensation cette conception trs masculine de Dieu. Comme nous l'avons vu, il existait dans le monde antique de nombreux cultes rendus des desses-mres ou des Viergesmres. Le culte marial va se superposer ces cultes paens, tout en donnant la Vierge un rle central de mdiation entre Dieu (ou son Fils divinis) et le fidle pcheur . Or, la figure de Marie ne cesse de prendre de l'ampleur dans le catholicisme depuis cent cinquante ans : multiplication des plerinages en ses lieux d'apparitions, importance du culte marial au sein du renouveau charismatique et deux des trois derniers dogmes formuls par l'Eglise concernent la Vierge Marie : son Immacule conception en 1854 et son Assomption en 1950. [...] Le rejet d'un Dieu autoritaire et lgislateur, archtype hypermasculin qui renvoie finalement aux notions de dogmes et de normes, favorise le dveloppement de la croyance en une nergie divine bienveillante et protectrice, qui enveloppe l'univers et conduit nos vies de manire mystrieuse. Cette conception n'est pas sans voquer la providence des philosophes stociens de l'Antiquit. Elle conduit aussi renouer avec les figures fminines du sacr des socits anciennes, contre lesquelles les monothismes ont tant lutt (Frdric Lenoir, Petit trait d'histoire des religions, 2013 - books.google.fr).

Immacule Conception et volont

Personne n'ignore que le pch actuel, mortel ou vniel, est l'effet de la libre volont de l'homme, au point qu'il n'y a pas de pch l o il n'y a pas de volont libre. Il n'est pas moins constant que le pch originel n'est point un pch de la volont, mais un pch dela nature, pch que tous les enfants d'Adam contractent comme un triste hritage de leur premier pre, sans aucun acte de leur volont personnelle. Quand les Jansnistes ont os dire que le pch originel est l'effet d'une volont personnelle, et que, par consquent, chacun doit en faire pnitence et s'en repentir, le saint Sige a solennellement condamn cette doctrine, en dclarant que personne ne doit se repentir du pch originel, ni en faire pnitence. L'ange de l'Ecole, avec les autres princes de la thologie, appelle constamment le pch originel, le pch de la nature, par opposition au pch de la volont. Ceci pos, je soutiens que si Dieu a voulu prserver sa sainte Mre des pchs actuels qui dpendaient de sa volont propre, personnelle, il a voulu plus forte raison la prserver du pch qui ne dpendait que de la nature. Voici pourquoi: Dans l'ordre actuel de la Providence, la volont personnelle de Marie tait moins au pouvoir de Dieu que la nature. Celle-ci dpend chaque instant de l'action du Crateur, qui conserve par une action immdiate et continue les lois de l'univers et l'existence de toutes les causes secondes. Mais entre lui et les volonts cres Dieu a plac le libre arbitre, qui rend ces volonts indpendantes de lui dans toutes leurs dterminations rationelles. Dieu n'est donc pas matre de ces volonts comme il l'est de la nature et de l'existence de toutes les causes secondes. Maintenant, je le demande, Dieu a-t-il pu, sans la plus notoire inconsquence, chose qu'il est impossible d'admettre, prserver Marie de toutes les fautes qui eussent t l'effet de sa libre volont, et la laisser encourir le pch originel qui est le pch de la nature, le pch qui rsulte de causes qu'il lui appartient de suspendre ? Disons-le hardiment, cela est impossible. Non, Dieu n'a pas permis que Marie, prserve des fautes qui dpendaient de sa volont personnelle, ft assujettie au vice de la nature tombe, vice qui semble ne dpendre que de la volont du Crateur (Jean-Baptiste Malou, L'Immacule Conception de la Bienheureuse Vierge Marie considre comme dogme de foi, 1857 - books.google.fr).

Mantine - Diotime - Vierge Marie

Le 378e dizain n'est pas le seul o transparat l'image de la Vierge en sa qualit de mdiatrice absolue de Maurice Scve. Notre pote s'est fix un but: atteindre, grce la saintet de son amour et par la rigueur d'un art potique consomm, la zone supra cleste des plus hautes venues o rgnerait la paix dans l'esprance de la vie ternelle. Ainsi a-t-il transpos le visage de sa Dlie cleste dans celui de l'archtype fminin de l'amour le plus pur. Le premier pisode de la Dlie qui est celui du Soleil de l'Adoration est illustr par les trois premiers emblmes qui dsignent la dame faisant l'objet de cette adoration comme tant marque du sceau de la virginit et de la perfection (Paul Ardouin, La Dlie de Maurice Scve: une uvre d'vangile, 1990 - books.google.fr).

Pour Scve, comme plus tard pour Hlderlin, l'amour humain est la mdiation privilgie, dans l'ascension vers l'tre. Pour tous deux Diotime, la Diotime platonicienne, fut le signe de cette mdiation : "si ma trs sainte et sage Diotime toujours m'enseigne aimer et mourir" (Pierre Boutang, Commentaire sur quarante-neuf dizains de la Dlie, 1953 - books.google.fr).

En quelque sorte, Scve est un mystique de l'amour : il rapporte au plan profane ce que Marguerite de Navarre disait de l'amour divin, en utilisant les ides centrales du platonisme ficinien. A la fin du livre, Dlie s'identifie Diotime, rvlatrice de tous les mystres d'amour. C'est dans cette monte vers la Beaut surnaturelle, aide par l'attraction de l'Eternel Fminin, que se condense l'essentiel de la qute scvienne (Yves Giraud, Maurice Scve, De Villon Ronsard: XVe-XVIe sicle, 1986 - books.google.fr).

Diotime est une prtresse de Mantine, grande initie de Mgare, dont Socrate aurait t le disciple, et mentionne dans Le banquet de Platon. Le nom de Diotime signifie celle qui honore Zeus (dios) et Mantine se rattache manteia, "la divination" (Pierre Dujols De Valois, La chevalerie amoureuse - Troubadours, flibres et rose-croix, 2014 - books.google.fr).

Dlcluze dclare, dans son volume Dante et la Posie amoureuse, que cet idal potique et son langage symbolique remontent des temps trs reculs. Il en retrouve la tradition chez la grande Prtresse de Mantine, Diotime de Mgare, qui la transmit Socrate son disciple; celui-ci la lgua Platon. De la Grce, la formule passa en Italie. On en retrouve des traces dans le Songe de Scipion comment par Macrobe, le Livre du Pasteur, du prtre Hermas, et la Divine Comdie en fut la plus haute expression. Dans le Tournoi potique de la Wartburg, pome allemand du XIIIe sicle, Artaud-Haussmann rencontre les mmes donnes troubadouresques, et il y est visible que l'amour lgendaire des chevaliers pour les dames n'avait rien de commun avec certains apptits et le sens rotique qu'on lui prte aujourd'hui (Revue hispanique: Recueil consacr l'tude des langues, des littratures et de l'histoire des pays castillans, catalans et portugais, Volume 39, 1917 - books.google.fr).

ros est articul par Platon, travers les paroles de Diotime, dans une dialectique o il est assez clair que ce dont il s'agit c'est de le purifier prcisment de ses aspects de sexuation au profit d'une intgration de l'rotique sous une rfrence au Bien, et par l l'Un et au Mme. Au terme de l'initiation il s'agit d'tre en mesure de voir (idin) le Beau en lui-mme (auto to kalon), pur, sans tache, sans souillure, exempt d'infirmits (katharon) ; non ml quoi que ce soit d'autre (amikton) ; en un mot, qui ne soit pas infect par des chairs humaines, par des couleurs, dit Platon, et par alls polies phluarias thnts, c'est--dire toutes sortes d'autres niaiseries ou frivolits, phluarias, mortelles (Stphane Thibierge, Eros, mendiant ou inventeur contemporain, Figures d'Eros: actes de la journe d'tude du 27 mai 1998, Universit Charles-de-Gaulle-Lille 3, 1998 - books.google.fr).

Dans le Banquet, Socrate rfute un loge d'Eros fait par Agathon. Il porte le mme nom que le pape romain du Concile de Constantinople de 680-681, mort en 682.

Socrate demande ses compagnons la permission de reproduire le contenu d'un entretien qu'il eut sur ce sujet avec Diotime, la prtresse de Mantine (201 d - 212 c). La solution propose par Diotime consiste attribuer ros non pas le statut de dieu, mais celui de daimon, savoir d'un grand daimon ("daimn mega), d'un intermdiaire ("meta") entre les hommes et les dieux. [...] Qu'ros soit plutt un daimn qu' un dieu tait certainement une dclaration audacieuse, en contradiction avec la tradition potique et religieuses. Platon attribue en effet Diotime un rcit sur la gnalogie d'ros diffrent par rapport ceux transmis par la tradition littraire (203 b-e) : ros fut engendr pendant les ftes de la naissance d' Aphrodite par Pnia, Pauvret , et par Poros, Expdient . De sa mre il hrita son tat permanent d' indigence et de son pre sa hardiesse et sa ferveur pour ce qui est beau. Intermdiaire, par son origine, entre privation et abondance il est situ mi-chemin entre la mortalit des humains et l'immortalit des dieux, entre le savoir et l' ignorance (203 e).

L'initiation dcrite par Diotime amne l'me du monde sensible l' univers intelligible de la beaut d'un corps particulier la beaut des corps humains en gnral, et de la beaut corporelle la beaut des mes pour aboutir la contemplation de la de la Beaut intelligible. Pour dcrire cette exprience Platon utilise un vocabulaire emprunt aux mystres (en particulier ceux d'leusis), et on a pu suggrer que la partie du dialogue qui va de la fin du discours d'Agathon la fin du discours de Diotime reprsente une transposition philosophique de l'initiation aux mystres d'leusis. Il n'est pas indiffrent, dans cette perspective, que trois des personnages qui participent au banquet (Phdre, ryximaque et Alcibiade) furent impliqus dans l'affaire de la parodie des mystres d'leusis, sacrilge qui leur a valu l'exil temporaire et la confiscation des biens. L'vnement eut lieu en 415 av. I.-C., trs peu de temps aprs la date laquelle Platon situe le banquet auquel les trois convives auraient particip, et cette histoire n'est peut-tre pas sans relation avec la prsence des mystres dans l'arrire-plan du discours de Diotime (Andrei Timotin, La dmonologie platonicienne: Histoire de la notion de daim?n de Platon aux derniers noplatoniciens, 2011 - books.google.fr).

Poussin, Assomption et l'Immacule Conception

En dehors du cercle des Barberini, Poussin fut en rapport, au cours des annes 1620, avec le prince Marcantonio Borghese (1601-1658) et avec le marquis Vincenzo Giustiniani (1564-1637). Pour le premier, qui, la diffrence des autres membres de la mme famille, ne semble pas avoir eu d'intrts particuliers dans le domaine artistique, il peignit, en 1628, trois tableaux, non identifis, qui devaient tre envoys en Espagne, probablement comme cadeaux. Il s'agissait d'une Immacule Conception et de deux demi-figures de Saint Jean l'vangliste et de Saint Jean-Baptiste. Les tableaux de Poussin figurant dans l'inventaire de 1638 de la collection de Vincenzo Giustiniani, clbre mcne et collectionneur, sont galement au nombre de trois. La datation, trs problmatique, de ces uvres (L'assomption de la Vierge, Washington, National Gallery; Le massacre des Innocents, Chantilly, muse Cond ; Paysage avecjunon et Argus, Berlin, Staatliche Museen zu Berlin Gemldegalerie) oscille dans un laps de temps compris entre le milieu des annes 1620 et le milieu des annes 1630. Malheureusement, comme dans le cas de Giulio Rospigliosi, on n'a retrouv, jour, aucun document (en dehors de l'inventaire) qui puisse faire la lumire sur les rapports entre Poussin et Giustiniani et fournir des lments nouveaux pour la chronologie des peintures (Pierre Rosenberg, Nicolas Poussin: 1594-1665, Runion des Muses Nationaux, 1994 - books.google.fr).

Dans la collection de M. Peyron au XIXme sicle, on trouvait au n 179 du catalogue "Deux compositions diffrentes de l'immacule Conception. Sur papier blanc , l'encre de la Chine" (Pierre Marie Gault de Saint-Germain, Vie de Nicolas Poussin, considr comme chef de l'cole franoise: suivie de notes indites et de la description de ses principaux tableaux et du catalogue de ses oeuvres, 1806 - books.google.fr).

Au XVIIe sicle l'Immacule Conception et l'Assomption n'taient que des privilges [...] laisss la libre apprciation des fidles . Bossuet avait une dvotion particulire pour la Vierge Marie qui occupe une grande place dans sa prdication. Aprs avoir nonc les prmices de ce qui deviendra le dogme de l'Immacule Conception :

"(Marie) a d recevoir l'immortalit par une rsurrection anticipe. Car encore que Dieu ait marqu un terme commun la rsurrection de tous les morts, il y a des raisons particulires qui peuvent l'obliger d'avancer le temps en faveur de la sainte Vierge [...]. La sainte chair de Marie est une matire trop bien prpare pour attendre le terme ordinaire produire des fruits d'immortalit" (Sermon pour la fte de l'Assomption).

Il tablit un lien entre Immacule Conception et Assomption : "Il ne la laissera donc pas dans le tombeau, cette chair qu'il a tant aime; mais il la transportera dans le ciel, orne d'une gloire immortelle." Bossuet insiste aussi sur la virginit comme vertu apte contribuer dans les derniers temps la gloire des corps ressuscits : "La sainte virginit servira encore Marie pour lui donner cet habit de gloire ; et en voici la raison. Jsus-Christ nous reprsente dans son vangile la gloire des corps ressuscits, par cette belle parole : Ils seront comme les anges de Dieu [...]. Et c'est pour cela que Tertullien, parlant de la chair ressuscite, l'appelle une chair anglise [...]. Or, de toutes les vertus chrtiennes, celle qui peut le mieux produire un si bel effet, c'est la sainte virginit (Ccile Joulin, La mort dans les oeuvres oratoires de Bossuet, 2002 - books.google.fr).

En 1638, Louis XIII voue la France la Vierge Marie de l'Assomption, en remerciement de la naissance de Louis XIV (Christian Attard, Hercule et les bergers royaux - reinedumidi.com).

Les potes et mme les thologiens du moyen ge trouvaient moyen, pour expliquer et illustrer la doctrine de l'Immacule Conception, de comparer la Vierge Callisto, fille de Lycaon, roi d'Arcadie, Rhea Silvia, Sml, Dana, Alcmne. Guillaume Alexis proteste avec raison contre ces comparaison profanes et il s'crie, dans l'Oraison la Vierge : Je ne vous veulx a femme comparer, Car onc femme ne fut fors vous parfaite. A la fin de la Declamation, Guillaume Alexis prend l'engagement de composer un dit de la Nativit de Jsus-Christ. Le moine de Lyre a-t-il tenu parole? O est ce pome ? Il faut le voir peut-tre dans le rondeau, d'allure un peu profane, Veuillent ou non, consacr la louange du plus beau filz qu'on vit onc de deux yeulx . Ce rondeau fut trs populaire au XVe sicle, souvent imit et copi. On le retrouve dans le Verger d'honneur. Colletet l'avait reproduit dans ses Vies des potes franois (Guillaume Alexis, Oeuvres potiques, prsent par Piaget, 1899 - books.google.fr).

C'est le Colletet des Illustres Bergers.

Callisto est mtamorphos en Grande Ourse, mtaphore de l'Eglise pour Dante.

Marie est elle-mme une figure de l'Eglise, comme le dit Olier, prtre de saint Sulpice et fondateur du Sminaire du mme nom, la suite de saint Ambroise de Milan (De institutione virginis et S. Mariae virginitate perpetua ad Eusebium) (B. Schultze, La Mariologie sophianique Russe, Maria: tudes sur la Sainte Vierge, 1961 - books.google.fr).

Le vnrable M. Olier, qui est rest fidle, mme aprs sa mort, au principe de la vie cache, car son gnie lev et ses sublimes crits sont encore presque inconnus, M. Olier, dis-je, qui avait le don de vue en Dieu, fit de la dvotion la sainte Vierge la base et l'avenir de sa congrgation. Il a crit sur Marie des choses admirables, et a compris que tout le gnie du catholicisme tait dans le cur de cette immacule mre de Dieu. Il fit faire par le peintre Lebrun deux images mystiques qui sont comme la prophtie de l'avenir de l'Eglise et aussi les conceptions religieuses les plus avances, non- seulement pour son poque mais encore pour la ntre : l'une, qui tait le tableau du grand autel de la chapelle du sminaire, reprsentait le mystre de la Pentecte ; Marie, leve sur une sorte d'estrade au-dessus de tous les aptres, recevait la plnitude du Saint-Esprit ; prs d'elle, mais au-dessous, quoique plus lev que les autres aptres, saint Jean, vtu de blanc, semblait assister Marie comme le diacre assiste le prtre l'autel, et Marie en prire faisait descendre le Saint-Esprit sur les autres aptres prosterns autour d'elle. La seconde image, qui a t reproduite souvent par le pinceau et par le burin, reprsentait l'intrieur de la trs-sainte Vierge. Marie tait reprsente dans sa gloire cleste, ayant, pour ainsi dire, le Saint-Esprit pour cur et toute remplie de sa lumire, les mains croises sur sa poitrine, en signe d'offrande et de sacrifice, et les yeux fixs sur le nom divin de Jsus par lequel doit s'oprer le salut du monde : calme et dans une immobilit parfaite, environne demi de nuages que repousse lentement la lumire qui l'environne, la trs-sainte Vierge reprsente galement dans cette image, et l'Eglise qui attend en paix le retour de ses enfants dans un sicle de trouble o elle ne peut leur faire entendre sa voix, et la Socit des sulpiciens cachs dans leur vie intrieure et agissant sur l'Eglise entire par leur silence et leur abngation. Aussi cette figure, si caractristique, est-elle comme le signe et le symbole favori des prtres de Saint-Sulpice qui clbrent tous les ans la fte de la vie intrieure de Marie et qui en placent l'image dans toutes les cellules de leurs sminaires comme un ornement indispensable (Paul Belouino, Dictionnaire gnral et complet des perscutions souffertes par l'glise catholique, Volume 7, 1861 - books.google.fr).

L'Eglise n'tant donc point forme encore, le Fils de Dieu la reoit pour pouse dans la personne de la Trs-Sainte Vierge, qui est elle-mme, le membre le plus auguste de cette mme glise, dont elle renferme d'ailleurs en minence toutes les grces et toutes les perfections, ainsi qu'il a t dit (d'aprs les crits de Jean-Jacques Olier) (Jean-Jacques Olier, Faillon, Vie intrieure de la Trs-Sainte Vierge, 1866 - books.google.fr).

Chez saint Paul, comme chez Mthode d'Olympe (Patara) (Banquet, VIII, 7), c'est l'glise qui est figure par l'pouse du Cantique et par la femme, qui a la lune sous ses pieds, de l'Apocalypse (Jean Danilou, Le culte marial et le paganisme, Maria - Etudes Sur la Sainte Vierge, 1949 - books.google.fr).

Immacule Conception et Bergers d'Arcadie

Glaucus en latin et en grec dsigne une couleur bleu-vert. C'est aussi le nom du fils de Minos qui lui fit construire un tombeau (Le Serpent rouge : Le voyage de lme : Philolaos, les Bergers dArcadie et le cube, La Croix dHuriel, ses anges et les humeurs : Michel en vert et la mlancolie).

La tradition qui le concerne nous viendrait, d'aprs P. Tannery non pas d'Eudme qui remonte tout ce que nous savons des lunules, mais d'Eratosthne, jeune contemporain d'Archimde : ce dernier dans une lettre Ptolme III Evergte (245 av. J.-C.) nous montre, bien avant l'oracle rendu aux Dliens, que le problme de la duplication du cube tait dj clbre Athnes. Un pote tragique (Euripide ?) dans une tragdie perdue (Polueidos [??]) l'a mis sur la scne. Minos, voulant lever un monument son fils Glaucus, dit l'architecte : Pour un tombeau royal tu le prends bien petit. Il faut doubler le cube et ne pas t'y tromper . Eratosthne ajoute qu'Hippocrate ramena ce problme l'invention de deux moyennes proportionnelles, et prtend qu'il n'alla pas plus loin, ce dont il est permis de douter dans une certaine mesure . ( Hippocrate tait certes capable de ramener ce problme une neusis (inscription entre deux droites donnes d'une droite de longueur donne et dont le prolongement passe par un point donn), ce qui est le principe de la solution de la solution de Nicomde par la conchode . Le soi-disant passage d'Eratosthne nous a t conserv par Eutocius : Aprs que les gomtres aient t longtemps arrts par la question, le premier, Hippocrate de Chio, trouva que si, entre deux lignes dont l'une est le double de l'autre on pouvait trouver deux moyennes proportionnelles, le problme de la duplication du cube serait rsolu. Mais alors le problme est rduit un autre tout aussi difficile . Von Wilamowitz a montr le caracrre apocryphe de toute cette histoire. La solution donne par Minos aurait t de doubler le ct ! Or, du temps d'Euripide, de Sophocle et mme d'Eschyle, on savait depuis longtemps l'normit de l'erreur ainsi commise et que le cube tait octupl et non doubl, car on connaissait en Chalde, la valeur de 2 au cube au troisime millnaire et sans doute bien plus anciennement. Von Wilamowitz pense que les vers doivent tre de quelque pote ignorant et obscur. L'histoire est continue chez le pseudoEratosthne : Les Dliens qui l'oracle d'Apollon avait ordonn de doubler un autel cubique du Dieu, auraient envoy des dlgus auprs de Platon l'Acadmie, pour lui demander la solution du problme. Thon de Smyrne nous donne probablement la version plus exacte de ce que disait Eratosthne (cette fois dans son ouvrage Platonicus ) : Platon aurait rpondu que le Dieu ne demandait pas la solution du problme, mais voulait avertir par l les Grecs qu'ils eussent faire plus de cas des mathmatiques et ne pas ngliger la strogomtrie. Quoiqu'il en soit de ces lgendes, ce qui concerne Hippocrate est peu prs hors de doute. Il aurait vu que : si l'on a a/x = x/y = y/b alors a au cube / x au cube = a / b. La duplication du carr revient trouver une moyenne proportionnelle entre deux lignes. Il tait tentant alors de supposer que la dtermination de deux moyennes proportionnelles entre deux lignes pouvait permettre d'atteindre la duplication cube. Platon dans le Time rappelle qu'entre deux nombres carrs on peut intercaler un nombre moyen proportionnel et qu'entre deux nombres cubes, on doit en intercaler deux pour former des propositions continues. Et il est probable qu'il emprunte ces deux propositions (qui sont dmontres dans Euclide, VIII, II et 12 aux dveloppements de la thorie pythagoricienne des proportions numriques. Hippocrate aurait antrieurement essay d'tendre la proposition aux grandeurs gomtriques (Abel Rey, L'Apoge de la science technique grecque: L'Essor de la mathmatique -, Volume 5, 2012 - books.google.fr).

Minos, ayant perdu son fils Glaucus, consulta l'oracle pour savoir ce qu'il tait devenu. Les Curtes lui dirent qu'il avait dans ses tables une vache tricolore, et que celui qui trouverait la comparaison la plus juste pour exprimer ce phnomne, lui rendrait son fils vivant. Les devins ayant t appels, Polyidus compara la couleur de cette vache celle du fruit de la ronce. Minos l'ayant forc chercher son fils, il le trouva par une pratique de son art. Le monarque lui enjoignit de le lui rendre vivant, et l'enferma avec le cadavre. Polyidus tait fort embarass, lorsqu'il vit un serpent qui venait vers le cadavre; craignant que ce serpent ne le fit prir, il le tua d'un coup de pierre. Un autre serpent approcha et, voyant le premier mort, se retira et revint un instant aprs, apportant une certaine herbe dont il couvrit le corps de son compagnon, qui ressuscita par ce moyen. Polyidus, ayant remarqu cela avec admiration, mit cette mme herbe sur le corps de Glaucus, et le ressuscita ainsi. Minos refusa alors de le laisser partir avant qu'il et appris la divination Glaucus. L'habile prophte se tira d'affaire par une supercherie, en faisant cracher dans sa bouche par Glaucus qui perdit ainsi son don.

C'est Polyidus qui apprit Bellrophon monter le cheval Pgase. Bellerophon tait le fils d'un autre Glaucus, fils de Sisyphe, roi de Corinthe Le Serpent rouge : Le voyage de lme : Philolaos, les Bergers dArcadie et le cube).

C'est en effet Pierre Ramus, grammairien du XVIe sicle, que nous sommes redevables de l'introduction du j dans la langue franaise. Epoque charnire, donc. Contemporain de Ronsard, n (vers 1515) dans le Vermandois, Pierre de La Rame, dit Ramus fut rduit entrer comme domestique au collge de Navarre ; mais il coutait les leons des professeurs et passait les nuits tudier. Au bout de trois ans et demi, il fut reu matre s arts dans l'universit. Personnage extrmement intressant, Ramus osa attaquer Aristote et signaler les erreurs de sa dialectique dans deux livres publis en 1543. Trait d'impie, ses ouvrages furent interdits et son enseignement supprim par la Sorbonne. Cependant, grce la protection du cardinal de Lorraine, il devint professeur de philosophie et d'loquence au collge de France, embrassa le calvinisme, se retira Fontainebleau puis Vincennes et reprit sa chaire en 1563. Victime hlas ! du massacre de la Saint-Barthlmy, ce grand philosophe et chercheur a laiss une vritable somme aprs avoir proclam la raison comme le criterium suprme de la vrit, rform la logique, amlior la rhtorique et servi les mathmatiques (Aguiaine, Volume 20,Numros 7 12, Socit d'tudes folkloriques du Centre-Ouest (France), 1988 - books.google.fr).

Ramus fut l'un des premiers concevoir l'algbre comme tant une forme d'analyse. En effet, pour rsoudre algbriquement un problme, nous procdons en fait de la mme manire que pour rsoudre un problme par l'analyse, mais habituellement sans refaire la synthse. En effet, en crivant une quation qui reprsente la situation, nous acceptons pour un instant que l'inconnue cherche existe et qu'elle satisfasse une certaine relation exprime par une quation. Ensuite, par un jeu de rgles de manipulation qui permettent de passer d'une relation une autre quivalente, on modifie cette quation pour arriver une relation, comme x = 2, qui, si elle est vraie, assure la vracit de la relation originale, et donc rsout le problme. L'influence de Ramus se manifeste constamment dans l'uvre mathmatique de Vite. On retrouve dans son In artem analyticem isagoge les trois lois de Ramus dcrites dans son Scholae dialecticae de 1569. L'algbre est resitue dans le cadre d'un programme global portant le nom d'art analytique. Mais, surtout, mettant en pratique la deuxime des lois fondamentales, il donne l'algbre une toute nouvelle envergure (Franois Vite: un mathmaticien sous la Renaissance, 2005 - books.google.fr).

Vite n'est pas un protestant engag, mais sa proximit avec les premiers cercles calvinistes en fait un ennemi du parti de la Ligue. Ce dernier obtient son bannissement en 1584, et Vite s'exile sur la cte vendenne. Il consacre ses annes de repos l'tude des mathmatiques, ses plus grandes dcouvertes datant de cette poque. (www.bibmath.net - Vite).

On trouve, dans les ouvrages de Rgiomontanus, de Tartaglia Gomtrie & de Bombelli quelques problmes de Gomtrie, rsolus par le mixte moyen de l'Algbre. Mais ces solutions isoles, & o l'on employoit, dans chaque cas particulier, de simples nombres pour exprimer les lignes connues, n'toient pas fondes sur une mthode rgulire & gnrale d'appliquer l'Algbre la Gomtrie, Viete est le premier qi ait donn une telle mthode. Le secours mutuel que ces deux Sciences se prtent, fut pour notre auteur la source de plusieurs importantes dcouvertes. Par exemple, il observa que toute quation du troisime degr, contenant, en gnral, ou une seule racine relle & deux imaginaires, ou trois racines relles; la racine relle, dans le premier cas, se trouvoit par la duplication du cube & les trois racines relles, dans le second, par la trisection de l'angle. On ne doit pas oublier nanmoins qu'il n'avoit qu'une ide confuse des racines ngatives, & que Descartes a commenc les faire connotre distinctement (Encyclopdie mthodique: ou par ordre de matires, Volume 1, 1784 - books.google.fr).

La lecture ET IN ARCADIA EGO du tombeau des Bergers, qui semble une juxtaposition de deux cubes, peut se faire sur la partie droite : ARCADIA / GO ou ARCA D'IAGO et gauche ETINE. IAGO serait saint Jacques dle Majeur qui passait en particulier en Espagne pour l'auteur de l'Eptre de Jacques (Nouveau Testament).

Comme elle est dans un ordre plus lev que toutes les cratures, elle ne doit pas tre comprise dans les rgles communes; car autrement on ne pourrait pas l'exempter du pch actuel, non plus que du pch originel. Il est crit dans le IIe Livre des Paralipomnes (VI, 36), qu'il n'y a point d'homme qui ne pche. Saint Jacques nous enseigne, dans son Eptre catholique (III, 2), que nous offensons tous en beaucoup de choses; et saint Jean, le disciple bien-aim (Joan. I, 8), que, si nous disons que nous sommes sans pch, nous nous trompons, et que la vrit n'est pas en nous. Cependant l'Eglise a dfini que la bienheureuse Mre de Dieu n'avait point pch actuellement, et ne croit pas qu'elle soit comprise dans les termes gnraux de l'Ecriture. Pourquoi donc ne pas faire la mme chose l'gard du pch originel ? (Henri-Marie Boudon, La dvotion l'immacule mre de dieu, Oeuvres compltes, 1856 - books.google.fr).

L'abb Henry-Marie Boudon (1624-1702), fut docteur, prtre, puis archidiacre d'vreux (fr.wikipedia.org - Henry-Marie Boudon).

Au simple niveau du choix des mots, Jrme, en rectifiant les Vieilles Latines, a mis en usage pour des sicles un certain nombre de termes qui ont servi de fondements la rflexion thologique chrtienne, pour le meilleur comme pour le pire, avant d'entrer dans l'usage courant, en latin, puis dans leur transposition franaise. [...] Le salut apport aux hommes par Jsus-Christ tait prsent, dans les Vieilles Latines, par des termes aux connotations mdicales (curare, sanare, donner des soins , assainir ) ; mais en retenant salvare ( sauver ), Jrme indique que Jsus peut non seulement gurir les malades, mais aussi arracher les pcheurs leur mal, comme l'indique l'ptre de Jacques (5, 15) : La prire de la foi sauvera le patient, le Seigneur le relvera, et, s'il a pch, il lui sera pardonn. [...] En crivant gratia plena, pleine de grce , au singulier, Jrme fait de Marie un tre d'une saintet absolue, vivant ds sa conception dans un permanent tat de grce , d'union parfaite avec Dieu, qui lui vaut, selon le dogme catholique, le titre d'Immacule Conception (Pierre Monat, Histoire profane de la Bible: Origines, transmission et rayonnement du Livre saint, 2013 - books.google.fr).

L'Immacule Conception n'est mentionne dans aucun texte jug canonique par les glises chrtiennes. Une source indirecte de cette croyance se trouve dans le Protvangile de Jacques, texte apocryphe dat du milieu du IIe sicle. En rsum : Anne et Joachim, les parents de la Vierge, ne peuvent avoir d'enfant. Mais un ange leur apparat tous deux, leur annonant une naissance miraculeuse (fr.wikipedia.org - Immacule Conception).

Il importe de signaler un passage du cantique que l'auteur du Protvangile de Jacques met dans la bouche d'Anne, aprs la naissance de Marie : "Je chanterai un cantique au Seigneur mon Dieu, parce qu'il m'a visite et a enlev de moi l'opprobre de mes ennemis. Et le Seigneur m'a donn un fruit de (sa) justice, fruit unique en son genre, riche (en effets bienfaisants) devant lui."

A la leon : un fruit de sa justice maintenue par Tischendorf, M. Aman prfre la leon : un fruit de justice, atteste par plusieurs manuscrits et la version syriaque. Pour lui, ce fruit de justice dsigne le repos et la scurit que le Seigneur a accords Anne. On lit, en effet, dans lsae, c. XXXII, v. 17 : La droiture habitera dans le dsert, et la justice s'tablira dans le verger; le produit de la droiture sera la paix, le fruit de la justice sera le repos et la scurit pour jamais.

Le rapprochement est ingnieux, mais est-ce bien l le fruit de justice dont parle Anne dans son cantique? Ce fruit de justice que le Seigneur lui a donn ne dsigne-t-il point Marie ? En maintenant la leon : un fruit de sa justice, Tischendorf l'a sans doute pens. C'est l'interprtation qui nous parat de beaucoup la meilleure. Marie est appele un fruit de justice, c'est--dire un fruit de saintet, digne de celui qui l'a accord. C'est un fruit unique en son genre, qui renferme en lui toutes sortes de proprits. Dire que la Vierge est un fruit de saintet, un fruit donn par la saintet de Dieu, n'est-ce point affirmer quivalemment qu'elle n'a pas contract la faute originelle ? Ce n'est point du texte d'Isae qu'il faut rapprocher notre passage, mais plutt de ces paroles de l'ange Gabriel au sujet de Jsus : Quod nascetur ex te sanctum. (Luc, i, 35.) Toute proportion garde et avec les rticences qui s'imposent, Marie est sainte l'aurore de son existence comme Jsus est saint (Martin Jugie, Le protvangile de Jacques et l'Immacule Conception. In: chos d'Orient, tome 14, n86, 1911 - www.persee.fr).

CROIX BLEUES

A Brescia

En venant de Mantoue, Maximilien Misson arrive Brescia (Bresse) pendant son voyage en Italie en 1688 :

Oriflamme de Brescia

On garde la Cathdrale avec une grande vnration, ce qu'ils appellent l'Oriflame de Constantin: personne ne nous l'a p dcrire, parce qu'on ne le fait jamais voir pleinement. Le Sacristain qui nous a racont les vertus de cet Oriflame, nous a seulement dit que c'estoit une croix bleue de matire inconne, & que cette croix est la mesme qui apparut Constantin, avec ces paroles In hoc signa vinces, lors que cet Empereur combatoit contre Maxence mais il ne faut pas prendre garde ce discours. La croix, ou la figure de croix dont on parle, dans cette histoire de Constantin, n'estoit qu'un signe qui parut en l'air, & non pas une croix palpable. D'ailleurs, cette croix ne estse nomme Orflame; le terme Oriflame signifiant une manire de drapeau, ou de banderolle. Mezeray raporte que les Rois de France de la seconde Race, faisoient porter la teste de leurs armes, la Chape de S. Martin. Mais que la Race des Capets s'estant plus particulirement attache la dvotion de S. Denis, ils prirent la banniere de cette Eglise ; laquelle bannire portoit le nom d'Oriflame. Je croirais donc que l'Oriflame de Bresse, pourroit estre le Labarum de Constantin; cet Empereur y ayant fait mettre le nom de Christ, aprs sa victoire contre Maxence. Pour parler plus vraisemblablement, disons si vous voulez , que cette Vision a bien la mine devenir ducerveaudequelqucvilonnaire aussi bien que l'image resplendissante de la Vierge tenant entre ses bras le petit Jesus, que la Sibylle Tiburtine sit voir en l'air Auguste (Maximilien Misson, Nouveau voyage d'Italie, fait en l'anne 1688: avec un mmoire contenant des avis utiles ceux qui voudront faire le mesme voyage, Tome III, 1698 - books.google.fr).

On y revere particulierement une Croix de couleur bleue celeste, qu'on appelle l'Orofiamma, & que quelques-uns prtendent tre la mme pour la forme & couleur que l'histoire Chrtienne dit tre apparue Constantin, pendant qu'il combattoit contre Maxencius (Voyages du Sr. A. de la Motraye, en Europe, Asie & Afrique, 1727 - books.google.fr).

Le nom d'Aubry de La Motraye (1674 (?) 1743) s'inscrit parmi ceux des voyageurs et des amateurs d'exotismes de la premire moiti du XVIIIe sicle. Diplomate, agr par les cercles officiels anglais cause de sa foi protestante, mais aussi la cour de Charles XII, Aubry de La Motraye laissa quelques ouvrages contenant des impressions, des descriptions et des causeries sur les pays et les gens connus au cours de ses diffrents voyages, tant travers l'Europe que l'Asie et l'Afrique, comme par exemple : Travls through Europe, Asia and into part of Africa, with proper cutts and maps, containing a great variety of geographical topographical and politieal observations, London, 1723, bientt traduits en franais.

Pour les deux protestants de la Motraye et Misson, la croix est bleue, pour Lalande et Rogissart, l'tendard tait bleu et la croix rouge dans le milieu ou, pour Bruzen de la Martinire, la croix tait bleu cleste tirant sur le rouge (Joseph Jrme Le Franois de Lalande, Voyage en Italie, Volume 7, 1790 - books.google.fr, Rogissart, Les Dlices de l'Italie, contenant une description exacte du pas, des principales villes, de toutes les antiquitez, et de toutes les raretez qui s'y trouvent, 1707 - books.google.fr, Antoine Auguste Bruzen de la Martinire, Le grand dictionnaire gographique, historique et critique, Volume 3, 1768 - books.google.fr).

Selon Pietro Bravo, le duc de Bavire Namo ou Naimo (cf. Naimes des chanson de geste) ou Aimone, compagnon de Charlemagne, gouverneur de Brescia, aurait offert la ville deux croix, la croix de bois sacr et la croix del Campo ou Orofiamma, qui appartenaient l'empereur, elles furent donnes au moine Aimone abb du monastre de San Faustino. L'Orofiamma aurait t port par l'vque Albert lors d'une croisade contre les Sarrasins vers 1223 (Pietro Bravo, Storie Bresciane, Volume 2, 1840 - books.google.fr).

N vers 1577, d'une noble famille de Brescia, Dom Benot Castelli fut reu l'abbaye de St-Faustin dans sa ville natale, passa, en 1600, Ste-Justine de Padoue, o il eut l'occasion d'entrer en relations intimes avec Galile, et fut son ami dvou. L'inquisition chercha l'abuser pour obtenir une lettre autographe originale de Galile pour complter le dossier d'accusation. Lecteur l'universit de Pise, il y composa son clbre travail sur la "Misura delle acque correnti". Il mourut Rome en 1643 (Bulletin d'histoire bndictine, Volume 1, Abbaye de Maredsous, 1912 - books.google.fr, Thomas Henri Martin, Galile: les droits de la science et la mthode des sciences physiques, 1868 - books.google.fr).

Brescia, il existait dj, depuis saint Grgoire le Grand, une maison religieuse ddie aux martyrs Faustin et Jovite ; elle tait abandonne au dbut du neuvime sicle. En 841, l'vque Rambert la restaura et y implanta une communaut de bndictins, d'o le nom actuel de San Faustino Maggiore. Il publia aussitt une charte du 31 mai 841 justifiant cet acte par quatre raisons : rendre fcondes les donations et les aumnes des fidles ; clbrer les mystres devant les tombeaux des martyrs ; profiter des prires des saints religieux ; offrir une retraite aux mes avides de Dieu. Il demanda Angelbert, archevque de Milan, l'abb Leutgar et le moine Hildemar, dsigns pour la rforme des monastres, afin de donner son essor la nouvelle communaut, puis il tablit pour abb Magniard, moine du diocse de Bergame (Ivan Gobry, De saint Benot d'Aniane saint Bruno, 750-1100: le temps des conqutes, 2005 - books.google.fr).

Saint Faustin et saint Jovite, deux frres le premier prtre et le second diacre, furent dcapits Brescia en 117; on les trouve mentionns dans l'Appendix gregoriana (vers le XIIIe sicle). Ils sont fts le 15 fvrier, jour des Lupercales romaines (Revue liturgique et bndictine, Volume 2, Abbaye de Maredsous, 1912 - books.google.fr).

Ptronax (720-751), l'abb lombard du Mont-Cassin, installa dans la grande abbaye le culte des saints de Brescia (Albert Dufourcq, tude sur les Gesta martyrum romains, Volume 3, 1907 - books.google.fr).

Tous ces vques, jusqu' Felix, prdcesseur de Deusdedit, voir mme jusqu' Deusdedit lui-mme, sont considrs comme saints l'poque o est tablie la liste des lieux de spulture; cela a certainement incit le clerg local situer tout prix leur tombe. Les lieux de spulture sont trs disperss, puisque ces vingt-quatre vques sont enterrs dans seize sanctuaires diffrents : Ces sanctuaires sont situs aussi bien l'intrieur qu' l'extrieur de l'enceinte urbaine, et certains se trouvent dans des bourgades assez loignes de Brescia. [...]

Rampertus reprend : Or ils sont au nombre de trente, les vques dont nous nous souvenons et qui ont clbr la messe sur l'autel consacr son nom et plac au-dessus de sa tte et, vnrant le jour de sa mort, ordonnant au peuple de Brescia de s'abstenir de toute activit mondaine, l'honorrent avec respect - suit la liste piscopale. Il en rsulte que la seconde pice du dossier a t insre postrieurement entre les deux textes dont elle rompt la continuit. Elle est d'ailleurs dpourvue de caractre rhtorique, et se compose de trois notes historiques mises bout bout : un extrait du martyrologe de la cathdrale, le texte de l'pitaphe de Filastrius qui se trouvait Sant'Andrea, la liste enfin de ses prdcesseurs sur le sige de Brescia, videmment destine complter celle qui figure tout de suite aprs dans la translatio. Cette dernire liste faisait certainement partie du texte primitif de Rampertus. C'est en effet un des lments fondamentaux de sa dmonstration qui vise prouver la continuit du culte du saint vque depuis sa mort, afin de justifier la translation de son corps. [...]

C'est indubitablement sous la protection de l'aptre qu'a voulu se placer Deusdedit de Brescia, mort aprs 680 et inhum San Pietro in Oliveto. Le patriarche Stephanus de Grado (avant 680), et peut-tre son second successeur, Christophorus, auraient t inhums, non Santa Eufemia, mais San Giovanni Evangelista (Jean Charles Picard, Le Souvenir des vques: spultures, listes piscopales et culte des vques en Italie du Nord des origines au Xe sicle, Volume 268, 1988 - books.google.fr).

296. Dopo s. Felice fu vescovo di Brescia s. Diodato. E d'importanza lo stabilire la data del suo vescovado. Certo che nell'anno 679 egli era vescovo, intervenne come tale al concilio di Milano tenutosi contra i Monoteliti (Labbeus tom. vii Concil. pag. 595), e col nome de' vescovi l radunati si ha la lettera sinodica a Costantino Pogonato imperator d'Oriente. Poi nello stesso anno, ovver nel seguente, fu al concilio tenutosi in Roma sopra lo stesso argomento, ed in quello sta la sua sottoscrizione in questi termini: Deusdedit episcopus sanctae. Ecclesiae Brixiensis in hanc suggestionem quam pro apostolica nostra fide unanimiter construximus, similiter subscripsi (Labb. tom. vm. Concil. pag. 707.). Ma era forse appena allora stato fatto vescovo? Si osservi che quel concilio si tenne in Roma per raccogliervi i voti di quei vescovi di Occidente i quali per essere vecchi non potevano recarsi al sesto concilio ecumenico che era per celebrarsi in Costantinopoli in quell'anno 680 contro il Monotelismo, onde essere poi la loro definizione mandata al concilio generale. Dunque il nostro s. Diodato era vecchio quando and a concilio romano. Ragion vuole adunque che ei fosse gi vescovo da anni. Disconviene forse che egli fosse vescovo da 24 anni ? Per questo ho creduto di attenermi al Faino, secondo il quale s. Diodato cominci il vescovado nel 656. E v' sicuramente maggiore probabilit. Avrebbe durato nel vescovado trenta anni, poich secondo la comune opinione mor circa il 687. E nemmeno in questo v' ha disconvenienza alcuna. 297. Se si avessero a spiegare i seguenti due versi Non templis, Arisque Deusdedit unius urbis; Sed tulit Antistes totius orbis opem. che del nostro s. Diodato scriveva il vescovo di Sarzina (Apud Fair. in Martyr. pag. 156) quanto ne sarebbe a dire? E della sua dottrina, e del suo zel sarebbe difficile il dirne abbastanza. Infatti che pu dirsi di pi a laude di un vescovo, quando si ha detto che fu utile non solamente ai cristiani della sua ma a tutto il mondo cattolico? Niente per di positivo ci ha di lui conservato la storia. Quanto per congetturar si potrebbe a lande di questo nostro santo vescovo pei tenpi in cui egli fu ? Come si contenne egli in tanti disordini che occorsero allora nel regno de' Longobardi ? Sebben Grimoaldo si fosse fatto cattolico, e si fosse messo ad usar rispetto alla cattolica religione, era per un usurpatore: e chi sa che non simulasse la religione che prese a professare? E da un re che simuli in tale proposito che non dee temersi? Tuttavia si ha testimonianza che Grimoaldo molto elarg nella costruzione di un gran tempio in Brescia, il quale vuolsi che sia la Rotonda, o Duomo vecchio, del quale si dir qui subito. Si dee credere che il suo cadavere sia stato prima sepolto in s. Eusebio; perocch nella chiesa di s. Pietro in Oliveto si rinvenne insieme con le ossa di altri santi che a san Pietro in Oliveto erano state portate da quell' antica chiesa di s. Eusebio. Che che ne sia ora con le ossa di s. Paolino, o Paolo I, di s. Paolo II, di san Cipriano vescovi, e del martire s. Evasio sono state trasferite nella prepositurale basilica di s. Agata, e gi si detto che vi si onorano soleninennente. - 298. Si detto che nei due concili, l'uno di Milano l'altro di Ronra nei quali intervenne il nostro s. Diodato trattavasi del Monotelismo, eresia la quale, sebbene confessasse distinta in Ces Cristo la divina e l'umana natura, contra quello che insegnavano gli Eutichiani, i quali volevano che per la Incarnazione si fossero confuse insieme le due nature di Dio e dell'uomo, ci non pertanto volea nel Verbo l'ncarnato attiva una sola volont, cio la divina. Era questo l'errore di quella et, e come sempre avviene che a sostener l' errore si riscaldino le menti e si moltiplichino i sistemi, era uopo che i vescovi di spesso si congregassero, anche senza essere regolarmente convocati. Quindi ben da credersi che il nostro s. Diodato entrasse di spesso nelle conferenze che i vescovi, anche eccitati dai romani cos fare, andavan tenendo, sopra un punto tanto essenziale, e sul quale troppo facile che il popolo resti fatalmente ingannato. 299. Biemmi ( Stor. Bresc. tom. 2 pag. 9) attribuisce ai tempi di s. Diodato la edificazione della Rotonda, volgarmente il Duomo vecchio (1). I nostri vecchi dissero ancora che fosse questo una volta tam tempio del paganesimo, convertitosi indi ad uso cristiano. Ma questa era supposizione senza alcun documento, ed anche fuor di ogni ragionevolezza. Prima che si ritrovasse la storia di Ridolfo Notario (Biemmi in principio del tom. 2 della sua storia ) si disse poi che ne era stata autrice Teodelinda mediante s. Felice nostro vescovo ( J. Crad. Brix. sacr. pag. 93 in not. 2.) Ma Biemnmi ritenne essere questa quella grande basilica che nella citt nostra cominci a fabbricare Marquardo luca di Brescia, il qual fu nei tempi del re Grimoaldo verso il 670; che ultin Frodoardo suo figlio, il quale nel ducato di Brescia successe al padre; e cui diede molto ajuto lo stesso re Grimoaldo con le sue elargizioni, come ricordava detto Ridolfo parlando di Raimone, che fu poi Conte della citt nostra dall'anno 777 al 789 ( Ridol. Not. ad ann. 778. ). 3oo. Ma Biemmi non ragionava ugualmente bene poi, lorch disse che nel 694 Brescia, dopo le rovine di Attila, fossesi rimessa in tutto come era avanti quel grande infortunio. Imperocch sebben si conceda che verso Oriente si estendesse fin dove or sono le mura di Torrelunga (e sarebbe un concedere molto, perch i luoghi dove or sono l'ex convento di s. Giulia, e Mercato nuovo, non furono cos presto compresi nel circuito della citt, come si ha dal Malvezzo: e nei tempi di la maggior estensione datasi alla citt nostra fu verso Occidente oltre porta Bruciata), per sul colle di san Fiorano, ed ai pi di esso fino ai tempi del Malvezzo non si era Brescia rimessa (2) Tuttavia pu ben essere che in detto tempo, cio verso il 694 si incominciassero le due borgate, che poi divennero grandi, l'una detta di s. Matteo a Rebuffone, l' altra di s. Andrea al luogo or detto il Roveroto, e che un prolungamento della borgata di s. Andrea fossero le abitazioni che erano nella valle del Goletto, detta anche la valle di s. Eusebio, dove era la famosa chiesa a questo santo intitolata. 301. Dalle cose qui sopra esposte si fa chiaro che la chiesa detta il Battisterio non fu la Rotonda, perch le due chiese ebbero diversi gli autori, ed anche perch furono erette in tempi diversi. Ma da Ridolfo Notario intendiamo che in Paravert, cio ora la piazza del Duomo, il Conte Raimone cominci un'altra basilica grande, la quale poi non fin. Dov'era adunque questa grande basilica ? Chi lo sa? Ivi erano nei tempi di esso Conte gi la basilica di s. Pietro Maggiore fabbricata da s. Anastasio; poi il Battisterio fatto edificare da Teodelinda; indi la Rotonda eretta da Marquardo e da Frodoardo. Con nessuna di queste basiliche si confondea la basilica di Raimone, e non potea confondersi. Dunque sol certo, che nessuno di detti tre templi, i quali esistevano prima del 7oo, era la basilica di Raimone, la quale cominci a fabbricarsi verso il 78o. 3o2. Sarebbe inutile il congetturare se fino da quando s. Anastasio eresse verso il 61 o la basilica di s. Pietro Maggiore, come si detto, coltivasse il fine di farla cattedrale sostituendola all' antica cattedrale di s. Andrea. La popolazione si era gi fatta maggiore in questa situazione che nei luoghi dov'era la cattedrale di s. Andrea ai pi del colle s. Fiorano; e la citt tendeva a dilatarsi verso Occidente. Era dunque ragionevole che alla chiesa matrice si desse una situazione pi centrale. Quello per che non giunse a fare s. Anastasio, forse perch non camp abbastanza, lo effettu probabilmente s. Diodato, poich fu compita la Rotonda verso il 68o. Infatti quando il B. Ramperto nell'838, vi port le ossa di s. Filastrio levandole dall'antica cattedrale di s. Andrea dicea di portarle nella nostra Cattedrale iemale (1): e ne parla in modo da farla intendere gi destinata a quest'uso da tempo prima di lui; e non sarebbe fuori di probabilit che osse usata a tale oggetto gi da cento cinquant'anni avanti che egli cos parlasse. 3o3. S. Diodato fu l'ultimo de' nostri vescovi antichi, cui fu dato il titolo di santo. Ai due che a lui succedettero fu attribuito quello di Domno, cio venerabile. Non importa che si immori a ricercare l ragione di tal differenza (V. Grad. Brix. Sacr. pag. 96) (Alemano Barchi, Storia dei santi martiri bresciani investigata nei primi nove secoli del Cristianesimo, 1842 - books.google.fr).

Diodato ou Deusdedit est ft le 10 dcembre Brescia (Giammaria Biemmi, Istoria di Brescia, Tome I, 1748 - books.google.fr).

En 1083, Humbert II le Renforc de Savoie fut avec l'empereur en Lombardie, et il conserva aux habitans de Brescia l'oriflamme de S. Faustin, que ces peuples avaient en une grande vnration, et que l'empereur voulait leur enlever (Cardinal Giacinto Sigismondo Gerdil, Nouveaux opuscules, 1852 - books.google.fr).

A Nevers

L'Ordre de la Conception, en Allemagne et en Italie, fut fond par Ferdinand, duc de Mantoue, et Charles de Gonzague de Clves, qui voulaient entretenir la paix et l'union entre les princes chrtiens, et contribuer dlivrer les puissances du joug des infidles, institurent cet ordre en 1618, et le mirent sous la protection de Notre-Dame et de saint Michel. Pour y tre reu il fallait faire preuve de bonnes murs, tre sans reproches et non charg de dettes, tre n en lgitime mariage et noble de quatre races. Cet ordre a t brillant et considr; mais il est insensiblement dchu et a fini par disparatre (Aristide-Michel Perrot, Collection historique des ordres de chevalerie civils et militaires, existant chez les diffrents peuples du monde, 1820 - books.google.fr).

Les membres de l'ordre portaient une croix bleue :

Crux erat caerulea similis Melitensi quo ad figuram, sed in medio habebat Adnunciationis imaginem (Joannes Caramuel de Lobkowitz, Theologia regularis. Videlicet in Sanctorum Benedicti, Basilii, Augustini et Francisci reg ulas commentarii etc. Ed. quarta. - Lugduni, Laurentius Anisson, Volume 2, 1665 - books.google.fr, Histoire de tous les ordres militaires ou de chevalerie, Volume 2, 1699 - books.google.fr).

Le P. Brudioli raconte que le cardinal Montalto avait, en 1613, bti pour les pres Franciscains de Frascati, une belle glise en l'honneur de l'Immacule Conception, avec cette inscription sur la faade en grandes lettres: Ave Virgo sine peccato originali concepta. Paul V, lorsqu'il se rendait Frascati, l'avait admire, et il affectait de vnrer d'une manire particulire la sainte Vierge, dont la statue ornait cette glise. Un jour que les adversaires de l'Immacule Conception allrent se plaindre lui, de l'affectation avec laquelle les Pres Franciscains vnraient le privilge de la Mre de Dieu, Frascati, Paul V les couta avec patience, et souriant leurs peines, il leur dit: Soit que vous vous adressiez au cardinal, soit que vous interpelliez les pres, il est probable qu'ils vous rpondront comme Pilate : Ce que j'ai crit, je l'ai crit; et ils n'y voudront rien changer. Mais voici ce que vous pouvez faire: rendez-leur la pareille. Tachez de trouver un pieux cardinal qui btisse, vis--vis de l'glise des pres Franciscains de Frascati, une autre glise en l'honneur de la sainte Vierge, et crivez sur cet difice, en lettres encore plus grandes, cette inscription : Ave Virgo cum peccato originali concepta ! Je vous salue, Vierge, conue avec le pch originel ! Je ne vous garantis pas qu'il soit facile de trouver un pareil cardinal ; mais vous pouvez vous adresser votre protecteur... Les adversaires de l'Immacule Conception n'en demandrent pas davantage... Voy. les notes du P. Budrioli, ap. Ballerini, Syll. monum. t. n. p. 837. (J.B. Malou, L'Immacule Conception de la Bienheureuse Vierge Maria, considere comme Dogme de Foi, 1857 - books.google.fr).

Camille Borghse (it. : Camillo Borghese), n Rome le 17 septembre 1550, mort Rome le 28 janvier 1621), fut lu pape le 16 mai 1605 sous le nom de Paul V (en latin Paulus V, en italien Paolo V) Tout en tant favorable aux recherches astronomiques, il laissa condamner les travaux de Copernic en 1616. Il reste clbre pour avoir achev la Basilique Saint-Pierre de Rome (fr.wikipedia.org - Paul V).

Gian Lorenzo Bernini, Buste du Pape Paul V

En Ethiopie, saint Antoine

La croix bleue tait le signe distinctif d'un ordre hypothtique de Saint Antoine en Ethiopie fond en 370 par le roi-prtre Jean (Dictionnaire des ordres religieux, Tome I, Encyclopdie thologique, Volume 20, 1860 - books.google.fr).

On trouve encore une croix bleue dans un ordre form en 1095, ou Clercs Rguliers en Occident du nom de saint Antoine, sous la Rgle des Chanoines Rguliers de saint Augustin, & sous le nom de la Croix bleue de saint Antoine. Le Pape Boniface VIII ordonna, que les Frres Hospitaliers vivroient sous la Rgle de saint Augustin, qu'on les appelleroit Chanoines Rguliers, que leur chef prendroit la qualit d'Abb, & que toutes les Maisons de l'Ordre dependroient de saint Antoine de Vienne (Dom Beaunier, Recueil historique, chronologique et topographique des Archevchez, Evechez, Abbayes et Prieurez de France, 1726 - books.google.fr).

Charles Beaunier (1676-1737) tait moine de l'abbaye bndictine Notre-Dame de Fontgombault dont les moines refusrent de passer la congrgation de saint Maur.

La fte de saint Antoine Ermite, le 17 janvier, est une date nonagonale.

"CE PAS DE CHEVAL"

On trouve cette expression dans la traduction de "La nature des dieux" de Cicron (Entretiens de Cicron sur la nature des dieux, avec des remarques de M. le prsident Bouhier sur le texte de Cicron, traduit par l'abb Pierre-Joseph Thoulier Olivet, 1732 - books.google.fr).

Il s'agit des traces du cheval de Castor au bord du lac Rgille prs de Frascati prsentes comme une preuve de l'existnce des dieux.

Il existe des lieux-dits en France portant le nom de Pas de saint Martin (les chrtiens n'ont rien invent) comme du Saut de la Bergre (prs de La Bourboule).

Le Trau del Cavall Vingrau est parfois appel "Pas du Cheval" (gilbertjullien.kazeo.com - Le Trau del Cavall).

Il se trouve sur la transversale de la Croix des Prophtes (Lourdes-Leucate).

Vingrau se distingue pour son glise paroissiale actuelle qui est ddie Notre Dame de l'Assomption, comme l'ancienne glise. Elle contient un retable attribu Louis Gnr, contruit entre 1681 et 1683, le retable du Rosaire de 1719, celui de la Sanch du XVIIIe sicle, ainsi que des statues datant du XVIIe et XVIIIe sicle (www.vingrau.fr, (histoireduroussillon.free.fr).

Byzance et Athna : Bellrophon, un cheval

Il n'est pas douteux qu'aux yeux de Marinos dans sa Vita Procli, Proclus a vcu, de la naissance la mort, sous la protection spciale et singulire de la Desse. Elle l'accueille quand il vient au monde. A sa venue au monde, il est accueilli et il a comme pour sage - femme la desse tutlaire de Byzance. C'est elle qui alors fut cause de son existence, puisqu'il fut enfant en sa ville, et qui, plus tard, veilla aussi ce qu'il ment une belle existence alors qu'il tait parvenu dj l'enfance et l'adolescence. Car elle lui apparut en songe et l'appela l'tude de la philosophie. De l vient, je pense qu'il eut aussi une grande intimit avec cette desse, au point qu'il en clbrait tout particulirement les ftes et qu'il mettait plus d'enthousiasme en pratiquer les rites. Entre l'ge de quinze et de dix-huit ans, tandis que Proclus fait sa rhtorique Alexandrie, l'un de ses matres, Lonas, l'emmne Byzance. C'est une bonne fortune, dit Marinos, qui le ramenait la desse qui avait t cause de sa naissance : car c'est alors que, quand il fut arriv, elle l'engagea visiter aussi les coles d'Athnes pour l'tude de la philosophie. Quand donc Proclus, avant d'avoir achev sa vingtime anne, mcontent de l'enseignement des matres d'Alexandrie, s'embarque pour Athnes, il se ressouvient de la vision et de l'appel d'Athna dont il avait joui Byzance . Et prcisment, ds son arrive au Pire, c'est la desse encore qui l'accueille Athnes, dont on peut bien dire qu'elle est la civitas Minervae, comme Sienne est la civitas Mariae. [...] La religion de Proclus, successeur et hritier de Platon, accueilli comme tel Athnes par Athna elle-mme, sera une religion contemplative, une monte vers Dieu par le moyen du "nous" [par la magie et la thrugie] (Andr Jean Festugire, tudes de philosophie grecque, 1971 - books.google.fr).

Constantin reprend aussi la tradition de certains de ses prdcesseurs comme Trajan Rome, de construire une colonne triomphale au milieu d'un forum, grande place publique borde de portiques qui porte aussi son nom (forum de Constantin) et qui est traverse parla Ms, la principale artre de Constantinople. Au sommet de la colonne se trouvait une statue gigantesque en bronze, rapporte d'Ilion nous dit Malalas. Le lieu d'origine de la statue a son importance : il s'agit de rattacher Constantinople l'antique Ilion Troie, d'o tait parti ne, fondateur de Rome. Constantin aurait pens un temps fonder une cit son nom sur le site de Troie, mais il abandonna le projey au bnfice de Byzance. Cette statue areu une nouvelle identit, celle de Constantin, conformment au principe de rutilisation des statues dont la priode fournit de nombreux exemples. La statue est tombe lors d'une tempte au temps d'Alexis Comnne, elle est donc perdueet son identit premire est discute. Constantin a peut-tre rutilis une statue d'Apollon, puisqu'il est dcrit comme ayant des rayons autour de la tte ce qui caractrise le dieu solaire, dont il fut un temps le fidle. Constantin se serait associ une divinit solaire. Ce type se retrouve sur ses monnaies contemporaines. L'ensemble, colonne et statue, faisait 37 mtres de haut. Quant la colonne, incendie accidentellement, elle a survcu jusqu' nos jours, l'entre de l'actuel grand bazar d'Istanbul. [...]

Malalas souligne la volont de Constantin de rattacher sa cit Rome. Il aurait fait venir une statue protectrice, le Palladion, antique statue d'Athena rpute tre tombe du ciel Troie et emporte Rome lors de la fuite d'ne. Constantin aurait plac cette statue la base de sa colonne (Jean-Claude Cheynet, Byzance: L'Empire romain d'Orient, 2012 - books.google.fr).

Dans l'entranement la guerre, la pyrrhique, la danse en armes pratique dans le monde grec et en trurie, utilise le rythme de la musique. Or il existe une danse semblable pour les cavaliers : Bellrophon, l'inventeur de l'quitation, lorsqu'il reoit le mors d'Athna pour harnacher Pgase, saute sur son dos, couvert de son armure d'airain, et aussitt lui fait excuter un pas guerrier. Ces vers de la XIIIe Olympique de Pindare ont pu tre inspirs par une pratique relle d'entranement de la cavalerie, l'instar des exercices de l'arme sybarite mentionns par Pline. La musique, de par les qualits rythmiques qu'elle mobilise, a une fonction de premier plan, aussi bien dans l'entranement militaire que dans le combat. La comparaison avec les poques modernes souligne l'efficacit et le haut degr de technicit atteint par un dressage du cheval l'aide de musique. Un tel dressage suppose en effet qu'on ait connaissance de la cadence du pas du cheval ainsi que de son oreille musicale. Selon sa forme, la musique peut en effet agir comme excitant, comme calmant ou comme rgulateur de la dpense nergtique du cheval (Natacha Lubtchansky, Le cavalier tyrrhnien: Reprsentations questres dans l'Italie archaque, Volume 320, 2005 - books.google.fr).

Dans la gnalogie prsente par Homre (Il., VI, 153-155), Bellrophon est fils de Glaucos (bleu-vert), fils de Sisyphe, fils d'Eole (A. Moreau, La race de Mduse : forces de vie contre forces de mort (Hsiode, Thogonie, v. 270-336), Mort et fcondit dans les mythologies: actes du colloque de Poitiers 13-14 Mai 1983, dition Les Belles Lettres, 1986, p. 12).

Bien avant de porter le nom de mlancolie , cet tat douloureux fut dcrit par Homre au chant VI de l'Iliade. Le hros que victimise ce dsordre de l'me, ce premier mlancolique grec, c'est le grand Bellrophon, petit-fils de Sisyphe, qui de ses mains nobles et courageuses dompta le cheval Pgase, tua la Chimre et vainquit les Amazones. Pourquoi tout coup ce hros recherche-t-il les dserts ? Pourquoi fuit-il la prsence des hommes ? L'Iliade nous dit simplement : Objet de haine pour les dieux, il errait tout seul sur la plaine d'Alon, le cur dvor de chagrin, vitant les traces des hommes (VI, 200-203). [...] Le mythe annonce la volont des dieux et du destin, il montre le hros aux prises avec le destin et, comme c'est le cas pour Bellrophon, il nous le montre cras par la colre des dieux. De plus, le rcit d'Homre nous dit clairement que les que les malheurs de Bellrophon ne sont pas le chtiment d'un manque de vertu. Bien au contraire, les preuves lui viennent d'avoir refus les avances coupables de la reine Ante, pouse de Prtos, qui brle d'amour pour le hros et rve de s'unir lui secrtement. Se voyant refuse, elle raconte au roi Prtos que Bellrophon a cherch la sduire. La colre du roi entranera le hros courageux dans une srie d'preuves comparables aux travaux d'Hracls. Il en sortira vivant et vainqueur, mais dvitalis et en proie la mlancolie . Pourquoi ? Il n'y a qu'une seule rponse possible dans le cadre de l'interprtation mythique : parce qu'il n'a plus la faveur des dieux (Jean-Pierre Le May, Se tenir debout: le courage d'tre dans l'uvre de Paul Tillich, 2003 - books.google.fr).

Il y avait une statue de Bellrophon sur la place du Taureau (place taurique) Constantinople.

Au reste les Byzantins commenaient perdre le sens de l'art antique : pour eux Bellrophon tait Josu arrtant le soleil. Une Minerve fut dtruite, entre les deux siges, par les Grecs euxmmes, parce qu'elle avait une main tendue vers l'Occident : ces immondes imbciles l'accusaient d'avoir appel l'arme latine (Nictas).

Ce cavalier de bronze, qui passait pour Bellrophon ou pour Jsus, fils de Nav (Josu), figure aussi parmi les statues magiques et prophtiques voques dans les Patria. On y relate que, sur le socle de la statue, tait inscrit le rcit de la fin de la ville, qui serait dtruite par les Russes, tandis que le sabot antrieur gauche contenait, comme une entrave ("empodion"), une toute petite figurine en bronze d'un homme agenouill et ligot. Celle-ci avait la mme signification de ce qui tait crit (sur le socle). Selon les Patria, ce monument aurait t amen d'Antioche. D'aprs les descriptions de Nictas, l'interprtation de la statue comme tant celle de Bellrophon ou de Josu tait fonde sur quelques dtails insignifiants dans la reprsentation du cavalier et de son cheval: l'imptuosit de l'animal et l'absence de brides" suffisent pour y reconnatre Pgase ; le bras droit lev et le globe dans la main gauche deviennent des signes caractristiques de Josu. Les auteurs modernes, comme Mango et Dagron 12, pensent plutt que cette statue n'tait autre qu'une statue questre impriale, peut-tre celle de Thodose 1er ou de Thodose II, qui avaient en effet un monument de ce type au Forum Tauri. Avec le temps la vraie identit du cavalier serait tombe dans l'oubli. Pour Dagron le Bellrophon-Josu ne serait qu'un exemple typique du jeu des changements d'identification et de la polysmie auquel les habitants de Constantinople soumettaient les statues non pas vides mais libres de sens (Jeannine Vereecken, Le cavalier-gardien de Constantinople, La spiritualit de l'univers Byzantin dans le verbe et l'image, 1997 - books.google.fr).

Fille de Typhon et d'chidna, la Chimre ravageait la rgion de Lycie (en Asie mineure), quand le hros Bellrophon reut du roi Iobats l'ordre de la tuer. Il y parvint en chevauchant le cheval ail Pgase. Homre est le premier donner une brve description de cette crature dans lIliade, o il en fait un monstre lion par-devant, serpent par-derrire, chvre au milieu , capable de cracher le feu. Il prcise aussi que ce monstre fut lev Patara, en Asie Mineure, par le roi de Carie, Amisodars. Ctsias, cit par Pline l'Ancien et par Photius (n vers 820, mort le 6 fvrier 891 (ou 897), rudit et homme d'tat byzantin, patriarche de Constantinople), a identifi le mont Chimre comme une rgion o des manations de gaz enflamm sont permanentes (fr.wikipedia.org - Chimre (mythologie)).

Saint Blaise est aussi li au volcanisme, il se rfugie dans une caverne du Mont Arge, ancien volcan au sud est d'Ancyre (Autour de Rennes le Chteau : Les parchemins : dans le texte).

Sous Constantin Pogonat, c'est--dire le Barbu, les Sarrasins s'emparerent de la Cilicie et de la Lycie. Constantinople assige ne fut sauve que par un miracle (Jacques Bnigne Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, Volume 1, 1814 - books.google.fr).

Mthode de Patara

Mthode vque de Patara est ft le 18 septembre, date nonagonale (Synthse : Calendrier et Fin des Temps).

We shall not take any notice of some Latin Prophecies about Antichrist attributed to Methodius, that are Printed in the Bibliotheca Patrum, since it is agreed on all hands that they are not his (Louis Ellies Du Pin, William Wotton, A New History of Ecclesiastical Writers, Volumes 1 2, 1693 - books.google.fr).

Le rcit de la prophtie Tiburtina, attribue la Sibylle de Tibur, reflte le sentiment de dsarroi face aux dchirements politiques et religieux que l'empire romain subit sous les successeurs de l'empereur Constantin. Cette nostalgie du grand empereur se manifeste de plus belle sous le coup des invasions islamiques et de la perte de la Terre sainte au VIIe sicle. La Tiburtina est alors remodele pour prdire la dfaite des Arabes. L'Apocalypse de Saint-Mthode, texte syriaque rdig en Msopotamie entre 644 et 678, et attribu l'vque de Patara du IIIe sicle, donne libre cours cet espoir, tout en reproduisant le schma des vnements relats par la Tiburtina. L'abdication de l'empereur au sommet du mont des Oliviers est cependant substitue au renoncement au pouvoir au Saint-Spulcre. La traduction grecque du Pseudo-Mthode syriaque, sous l'appellation de Visions de Daniel - tout comme la prophtie sibylline - constitue un texte religieux qui a fortement contribu auroler l'empire byzantin d'un halo mystique. L'empire romain d'Orient avait adopt l'exgse chrtienne de la prophtie de Daniel ayant trait aux quatre royaumes universels successifs qui devaient rgir le monde jusqu' l'apparition de l'homme de perdition et le dbut de l'Apocalypse (Dn. Il, 37-45 et VII). Byzance se considrait comme le quatrime et le dernier royaume dont l'existence tait cense durer jusqu' la consommation des sicles. La croyance s'tait solidement tablie selon laquelle le Basileus, par le fait qu'il possdait la Sainte Croix, serait invincible jusqu' la fin des temps. L'image qui s'imposait tous les esprits tait celle de l'empereur Hraclius crasant les Perses l'issue de son expdition pour le recouvrement de la sainte relique au VIIe sicle. La venue de l'Antchrist et la dissolution de tout pouvoir temporel exigeaient des commentateurs que la lumire soit faite sur la faon dont la fin de l'empire devait advenir sans que son prestige ne s'en trouve terni pour autant. Une explication plausible avait t trouve dans la personne du rex Romanorum et Grcorum qui selon la Tiburtina et le Pseudo-Mthode devait de son plein gr renoncer l'empire et se dsister dlibrment de tout pouvoir temporel, inaugurant ainsi de lui-mme le drame cleste de l'Apocalypse. Le roi des Derniers Jours devait tre ainsi l'ultime souverain avant la venue de l'Antchrist. Sa mort devait donc clore l'histoire humaine et ouvrir le drame divin culminant avec la Parousie. Le dernier roi chrtien tait charg de parfaire les desseins chrtiens de telle sorte qu'il ne lui resterait plus qu' rendre son pouvoir au Christ-Roi, qui apporterait alors la Rdemption totale aux humains. L'ultime monarque est directement inspir par le personnage de Constantin. Le sauveur mythique allie dans ses actes l'idal de l'empereur chrtien, tel qu'il s'tait manifest par l'image lgendaire de Constantin, avec les vnements de l'Apocalypse. Sans l'voquer explicitement, le Pseudo- Mthode fait allusion un retour de Constantin, cens sauver les chrtiens du joug de l'islam vainqueur. Le roi des Derniers Jours constitue le reflet complmentaire du premier empereur chrtien. Il rend au Seigneur les attributs de l'empire que Constantin avait reu du ciel avec le labarum. Il clt l're de l'empire chrtien que Constantin avait ouvert, car l'abdication sur le lieu de la crucifixion procde de la conception d'Eusbe selon laquelle Dieu aurait investi Constantin de l'empire universel par la vision de la Croix. Le hros prophtique apparat galement comme le reflet terrestre du Christ. l'image du Messie, il apporte flicit et rdemption l'humanit et, comme lui, il termine sa mission en haut du Golgotha, associant son identit et son rgne la Croix. Le Christ avait ouvert une re nouvelle, le roi de la prophtie la clt. En tant que second Constantin, Constantinus Redivivus , le roi apparat comme un reflet du Messie ressuscit, qui reviendra sur terre la fin des temps. Le Pseudo-Mthode grec fut traduit en latin la fin du VIr sicle ou au dbut du VIIe en Gaule mrovingienne par un moine nomm Pierre, peut- tre dans la tourmente des invasions arabes en Espagne et en Gaule. Cependant, si dans l'Orient grec les espoirs messianiques se sont cristalliss autour du souvenir de Constantin, dans l'Occident latin c'est l'empereur Charlemagne qui devient ds le IXe sicle le hros de la cration littraire prophtique. L'attente du retour d'un Constantin la fin des temps se transforma ainsi en l'attente de la venue d'un second Charlemagne, le Carolus Redivivus (Alexandre Y. Haran, Le lys et le globe: messianisme dynastique et rve imprial en France l'aube des temps modernes, 2000 - books.google.fr).

MIDI PAR LA POMMES : midi par-l pommes, la grenade et l'Immacule Conception

La pomme grenade est le fruit attribut de la desse Neith. Le grenadier pousse trs bien dans le midi de la France et dans les pays mditerranens (Gilbert-Urbain Guillaumin, Dictionnaire universel thorique et practique du commerce et de la navigation, Volume 1, 1839 - books.google.fr).

Au commencement du XVIIe sicle, c'est--dire en 1618, la ville de Grenade [qui porte une grenade dans ses armoiries], en Espagne, rigea un vritable monument en l'honneur de l'Immacule Conception. Voici comment le dcrit Mgr. l'archevque de Grenade, dans sa rponse S. S. Pie IX : Lorsqu'on arrive la ville de Grenade on aperoit, devant la porte d'Illibrie, un vaste champ au milieu duquel s'lve une colonne de marbre, leve, suprieurement sculpte, orne d'un grand nombre de figures qui rappellent les glorieuses prrogatives de la Mre de Dieu, et surmonte d'une statue magnifique de la Vierge Mre, entoure des attributs de l'Immacule Conception, ayant sous ses pieds des nuages, la lune et des anges, et portant sur la tte une couronne compose de rayons d'or et orne de douze toiles. Cette statue est calque, je pense, sur celle que Paul V avait fait lever devant le portail de Sainte-Marie-Majeure (Jean-Baptiste Malou, Iconographie de l'immacule conception de la trs-Sainte vierge Marie, ou de la meilleure manire de reprsenter ce mystre, 1856 - books.google.fr).

En 1618, l'poque de la fondation de l'Ordre de la Conception par le duc de Nevers, sous Paul V qui approuva cet ordre.

En 1714, l'Archevque de Grenade et le Chapitre de la mtropole crivaient au Pape Clment XI pour le prier de dcrter, comme article de foi, le mystre de l'Immacule Conception de la Vierge Marie. Ils fondaient leur demande sur les sacrs canons, sur les Constitutions Apostoliques, sur la dvotion du peuple chrtien envers la Vierge conue sans pch et sur les titres de la Trs-Sainte Mre de Dieu (Cardinal Thomas Marie Joseph Gousset, La Croyance gnrale et constante de l'glise touchant l'Immacule Conception, 1855 - books.google.fr).

La grenade est un attribut de la Vierge dans certaines oeuvres artistiques comme la Madone "Dreyfus" de verrochio, la Vierge la grenade de Botticelli, la Madone Stuppach de Grnewald. Elle peut reprsenter l'Eglise en tant que communaut des croyants, la fertilit, l'abaondance (Pascal-Raphal Ambrogi, Dictionnaire encyclopdique de Marie, 2015 - books.google.fr).

La Grenade a t vue par Christophe Colomb le 15 aot 1493 [jour de la fte de l'Assomption], lors de son troisime voyage aux Indes. Avant l'arrive des europens les Carbes qui taient les habitants de l'le lui avaient donn le nom de "Camerhogne". Colomb la nomma "L'le de La Conception" en hommage 'L'immacule Conception de La Vierge Marie'. Le troisime nom tait "Mayo", mais les Espagnols qui ont vu une ressemblance avec le fruit grenade l'ont nomme " "Granada". Les Franais l'ont change encore en 'La Grenade et les Anglais leur tour en 'Grenada' . L'le de Grenade tait habit premirement par les Arawaks et plus tard les Carabes. Les Carabes qui n'taient pas aussi nombreux que les Arawaks provenaient d'Amrique du Sud: Brsil et Guyane. Ce peuple Carabe vainquit les Arawaks. Plus de cent ans aprs le passage des Espagnols les Carabes vivaient en paix (Hilary C. Phillip, Description du Crole de la Grenade, Volume 1988, Partie 1, 1988 - books.google.fr).

En partie du fait des Indiens carabes, lile ne sera pas colonise pendant plus de cent ans aprs sa dcouverte. Les premiers efforts par les Anglais pour la coloniser resteront vains. En 1650, une compagnie franaise, fonde par Richelieu, acheta Grenade aux Anglais et y construisit un petit tablissement. Aprs de multiples escarmouches avec les autochtones, les Franais firent venir une centaine de mercenaires wallons du Brsil nerlandais, ainsi que quelques renforts depuis la Martinique, qui mirent en droute les derniers Indiens. Entre 1690 et 1695, Louis Ancelin de Gmozac fut gouverneur de l'le. Le contrle de lle resta aux mains des Franais jusquen 1762 puis elle fut prise par les Anglais pendant la guerre de Sept Ans. Grenade fut formellement cde lempire britannique par le trait de Paris (1763). Les Franais reprirent son contrle en 1779 aprs la bataille de la Grenade dans le cadre de la guerre dindpendance des tats-Unis, mais elle revint finalement aux Anglais par le trait de Versailles (1783). Malgr des pressions sur ces derniers lors dune rvolte pro-franaise en 1785, Grenade demeura une possession anglaise durant le reste de la priode coloniale. Lile devint un tat indpendant le 7 fvrier 1974 (fr.wikipedia.org - Histoire de la Grenade).

Les grandes Antilles sont Saint Domingue, Cuba, la Jamaque, & Porto-Ricco. Les principales des petites Antilles sont, Curaao, la Trinit, la Grenade, Saint-Vincent, la Barbade, Sainte-Lucie, la Martinique, la Dominique, Marie-Galante, la Gouadeloupe, la Dsirade [...], Antigoa, Saint-Christophe, Saint-Eustache, l'Anguille, Saint-Martin , Saint-Barthlemi, Saba, Saint-Thomas, & Sainte-Croix. Le cordon de ces isles ferme l'entre du golfe de Mexique (Histoire Universelle, Volume 118, 1788 - books.google.fr).

L'Archevque de SaintDomingue est Primat de toutes les Indes. Plusieurs Isles, comme la Martinique, la Guadeloupe, la Grenade, Saint Barthelemi, sont gouvernes pour le spirituel par diffrens Corps Religieux, sous un Prfet apostolique (Jean-Franois Brezillac, Dictionnaire ecclsiastique et canonique portatif, ou Abrg mthodique de toutes les connoissances ncessaires aux ministres de l'glise, 1766 - books.google.fr).

La grenade est un symbole de l'incarnation en Grce. A Eleusis, les hirophantes taient couronns de branches de grenadier pendant les Grands Mystres, mais le fruit sacr tait rigoureusement interdit aux initis car, de par la faute de Persphone, la grenade symbolisait la descente de lme dans la matire-prison.

Dans les mythes anatoliens de la conception dAttis, sa mre Nana (ou Cyble) fut fconde par une grenade quelle avait pose sur son ventre.

Dans le zoroastrisme, la grenade, plus que tout autre fruit, protge de limpuret. Ingre avec ses feuilles, elle purifie la fois le corps et lme.

La grenade est, avec la datte et lolivier, le fruit le plus cit dans la Bible. Les prtres hbreux portaient sur leur robe, lphod, une bande dcore de grenades bleues, de pourpre et dcarlate, tout autour du vtement (Exode 28, 31-34). Au Temple de Jrusalem, on ne comptait pas moins de 400 grenades sur les chapiteaux des deux colonnes dairain (I Roi, 7, 42). Les rabbins attriburent la grenade le nombre de 613 graines qui est trs exactement le nombre des injonctions que Dieu transmit Mose dans le Pentateuque et qui constituent les termes de lAlliance entre Lui et son peuple (www.dictionnairedessymboles.fr - Grenade).

La grenade se trouve dans les armoiries de La Pomarde (prs Castelnaudary, Aude).

Ala Athna, desse dans le temple de laquelle fut perptr le crime qui appela le "Jugement sde Mantine" ne se dpartit certainement pas des fonctions de desse de la fcondit qui appartenaient aussi bien Ala qu' Athna. Dans le matriel du sanctuaire classique un nombre important de poids de tisserand en forme de grenade ou l'offrande d'une figure en terre cuite reprsentant une femme drape avec un porcelet dans les bras peuvent s'adresser la protectrice de la fcondit. Nanmoins, de mme que pour Athna Athnes, cet aspect a laiss peu de traces dans la Tge post-archaque (Madeleine Jost, Cultes d'Arcadie, tudes ploponnsiennes, Numro 9, cole franaise d'Athnes, 1985 - books.google.fr).

C'est Athna qui change Arachne en araigne qui file.

Ala est le surnom de Minerve qui lui fut donn par Alus Roi d'Arcadie, aprs lui avoir bti un temple dans la ville de Tge sa Capitale, sous le nom de Minerve Ala. Auguste, pour punir les Arcadiens d'avoir suivi le parti d'Antoine, enleva de Tge la Minerve Ala. On conservoit dans son Temple la peau & les dfenses du sanglier de Calydon (Andr de Claustre, Dictionnaire de mythologie, 1745 - books.google.fr).

Auguste aprs la bataille d'Actium enleva l'ancienne statue de Minerve Ala avec les dfenses du sanglier de Calydon pour punir les Arcadiens d'avoir port les armes contre lui car tous avoient suivi le parti d'Antoine la rserve des seuls Mantinens.

On voit Rome la statue de Minerve Ala en allant cette place qu'Auguste a fait btir ; c'est une statue d'yvoire & un ouvrage d'Endus. Quant aux dfenses du sanglier de Calydon, j'ai oui dire que cet animal s'en toit cass une en voulant dchirer tout ce qu'il rencontroit, chiens & chasseurs. L'autre est dans une chapelle de Bachus btie dans l'enceinte des jardins de l'empereur; c'est une dent longue de plus de demie aune. La Minerve Ala qui se voit aujourd'hui dans le temple a t apporte de chez les Manthurens [peuple d'Arcadie] qui honoroient cette desse sous le nom de Minerve Hippia parce que, disent-ils, dans le combat des Gans contre les Dieux, Minerve poussa son char contre Enclade. Malgr cette premire dnomination il a pl aux Grecs & particulirement aux peuples du Ploponne de donner cette statue le nom de Minerve Ala (Pausanias, ou Voyage historique de la Grce, Volume 2, traduit par Nicolas Gedoyn, 1731 - books.google.fr).

On croit pouvoir attribuer avec assurance la ville de Sid, en Pamphylie, des mdailles venus de Caramanie. Toutes les mdailles de cette ville ont pour types Minerve qui en toit la divinit tutlaire & principale, & la grenade, fruit du grenadier, qu'elle avoit prise pour emblme, par allusion son nom ; Sid, en grec, signifiant une grenade. Sur un ct de ces deux mdailles, Minerve est reprsente de la mme maniere, avec une grenade dans le champ; la seule diffrence est que dans l'une elle tient de la main droite une chouette, & dans l'autre une Victoire (Joseph Pellerin, Recueil De Mdailles De Peuples Et De Villes, Volume 3, 1763 - books.google.fr).

Agatharchides dans son 19. liv. des choses de l'Europe, crit que les Grenades furent appelles Sides par les Botiens, ce que les Athniens apprirent quand ils eurent des querelles dmler avec eux, touchant les limites de leur Pais. Epaminondas deffendant sa cause dans cette dispute, mit en avant sur ce sujet, que les Athniens eussent nommer du nom qu'il falloit, ce qu'il tenoit dans sa main gauche, & puis qu'il reprit de sa droite ; comme les Athniens luy eurent rpondu Roe, pour nous autres, leur dit Epaminondas, nous l'appellons Side. Dans le lieu o cette contestation s'agitoit, il y avoir force Grenadiers, d o ce nom luy fut premirement donne. Ainsi Epaminondas gagna sa Cause (Athenaeus (Naucratites), Les quinze livres des Dipnosophistes, traduit par Michel de Marolles, 1680 - books.google.fr).

L'abb Michel de Marolles, n en 1600, proche des Gonzague-Nevers, meurt l'anne suivante de sa publication de sa traduction d'Athnaeus de Naucratis, en 1681.

Dans le livre biblique de l'Exode, les Hbreux, partis de Ritma, ils camprent Rimmon-Pretz : 15me tape de l'Exode (Bernard Hurault, Louis Hurault, La Bible des Peuples - books.google.fr).

Rimmon dsigne la grenade en hbreu.

Jules Constant Salmi met en correspondance les tapes de l'Exode avec l'histoire chrtienne : l'tape Rimmon-Pretz porte sur les annes 686-735, 5 ans pars le IIIme concile de Constantinoiple (Jules Constant Salmi, La Chair et l'esprit, 1967 - books.google.fr).

Dans la prophtesse Marie, soeur d'Aaron, chantant et dansant pour clbrer le passage de la Mer Rouge( Exode XV,20 et suivant), saint Ambroise voit galement une image, une figure de l'Eglise. "Le Christ est le fianc et l'poux de l'Ehglise ; mais le Christ est 'un poux d'une puret virginale - sponsus virginae castitatis' : 'la patrie de la chastet est dans les cieux - patria castitatis in coelo'. L'Eglise est 'vierge par la chastet, et mre par la fcondit -Ecclesia virgo est castitate, mater est prole'" (B. Schultze, La Mariologie sophianique Russe, Maria: tudes sur la Sainte Vierge, 1961 - books.google.fr).

Toujours en rapport avec l'Exode, "Theodoret Evesque d'Ancire dit que le Buisson ardent a est la figure de cette immacule Conception" (Hyacinthe Le Febvre, Trait des trois tats diffrents du Fils de Dieu en sa gnration, dans son incarnation, saint sacrement, 1681 - books.google.fr).

Mose aperoit Dieu au milieu du buisson ardent; il se prosterne et s'tonne que le buisson enflamm ne se consume pas. Ce buisson ardent figure Marie qui devient Mre de Dieu, sans rien perdre de son intgrit virginale : Rubum quem viderat Moyses incombustum, conservatam agnovimus tuam laudabilem Virginitatem, Virgo Dei Genitrix (Joseph Rombault, L'Eglise de l'Immacule-Conception, 1876 - books.google.fr).

Lidole Rimmon adore en Syrie, dans son origine ne dut son tre qu la chose que signifie la parole Rimmon en langue Arabe & Chaldene, cest--dire, une pomme de Grenade, qui dans les temps de barbarie fut probablement un Ftiche ou un objet sacr du culte dans lAssyrie & dans la Chalde (De l'usage des statues chez les anciens. Essai historique, 1768 - books.google.fr).

Par son symbole, la grenade, Hadad-Rimmon se rapprochait par plusieurs cots des divinits analogues Adonis (Charles Vellay, Le culte et les ftes d'Adnis-Thammouz dans l'Orient antique (Sanchuniathon), 1901 - books.google.fr).

DE TENTATION QUE DIEU

Tension - tentations

L'acdie est avant tout une certaine atonie, une sorte de chute de tension des forces naturelles de l'me, qui rend l'homme incapable de se dfendre contre les "penses" qui l'assaillent avec vhmence ce moment. De cet tat de relchement gnral naissent sentiment de vide et d'ennui, dgot, nause, incapacit de fixer l'esprit sur quoi que ce soit, abattement, "anxit du cur"(Cassien). L'acdie, que les anciens appelaient aussi le dmon de midi parce qu'elle s'attaque surtout au moine expos la chaleur accablante du milieu du jour, mle d'une manire particulire sentiment de frustration et agressivit. Elle a horreur de ce qui est l et joue en rve avec ce qui manque. Elle est une sorte d'impasse de la vie de l'me. Nous ne lisons pas sans tonnement les descriptions srieuses mais non dnues d'ironie que font les moines gs et expriments des tentations lies l'acdie. L'acdie se manifeste sous forme de paresse spirituelle, mais aussi et en travers d'un activisme trpidant (Christoph Schnborn, Aimer l'Eglise: retraite prche Jean-Paul II au Vatican, en fvrier 1996, 1998 - books.google.fr).

N'accepte de tentation que celle qui vient de Dieu.

Le rformateur Viret a comment le Pater. En expliquant la demande : Ne nous soumets pas la tentation , il cherche innocenter Dieu de toute responsabilit dans le surgissement du pch dans le monde. Le Rformateur donne d'abord une dfinition du verbe tenter : Tenter est un mot pris des latins qui signifie exprimenter et prouver et quelques fois assaillir. Ainsi Dieu est tent par les hommes quand, par dfiance qu'ils ont de lui, ils le veulent prouver . Viret rappelle ensuite que selon Jac. 1, 13, Dieu ne peut tre tent de faire le mal . Ainsi il ne peut tre mu, ni sollicit, ni induit mal tre tent de faire le mal . Ainsi il ne peut tre mu, ni sollicit, ni induit mal faire 28. Pourtant, il semble demeurer une contradiction entre le texte de Jacques et celui du Pater puisqu'en Jac. 1, 13, nous lisons encore que Dieu ne tente personne . Pour rpondre cette objection, Viret donne cet exemple : Si j'ai un serviteur qui soit un larron et toutefois il veut tre estim homme de bien et pour en faire l'exprience, je mets une bourse pleine d'argent devant lui, s'il l'empoigne et la drobe, n'est-il pas larron ? Dieu nous tente, du seul fait qu'il nous offre ses dons parce que ses bienfaits seront pour nous pcheurs l'occasion d'un pch. Il (Dieu) tente comme j'ai dit du serviteur. En faisant ce que j'ai dit, je le tenterais, sans le tenter. Car s'il tait homme de bien, une tentation lui serait en honneur. Ainsi, Dieu nous tente, non pas pour nous induire mal, mais pour nous faire manifester la malice et l'infidlit de notre chair et l'infirmit d'icelle. Si Viret s'tait content de cette explication, son exgse serait irrprochable. Mais il ajoute des considrations qui, prises hors du contexte que nous venons de mentionner, seront sources de malentendus : Ainsi il dclare : Il (Dieu) tente en telle sorte que par sa tentation, les hommes ne sont pas seulement induits manifester leur malice, mais aussi la commettre. Certes, Viret veut innocenter Dieu, car il ajoute : Iaoit qu'il nous ait induit en telle tentation, si est-ce toutefois qu'il n'est pas auteur de nos pchs... qu'il n'a pas mis en nos curs la malice de laquelle ils sont issus, comme Satan, auquel ces choses sont propres. Mais il a justement puni pch par pch, comme il le peut justement faire comme prince et juge souverain. Dans ce texte, Viret distingue fortement la responsabilit de Dieu et celle du diable. Mais dans d'autres phrases, il s'exprime sans respecter suffisamment les nuances : Il n'y a point de contradiction ni d'inconvnient d'appeler une mme tentation de Dieu et tentation du diable. Pourquoi ? Parce que le diable n'est que comme un instrument et bourreau pour excuter l'ire et la vengeance de Dieu . Et Viret approuve explicitement celui qui dfend cette thse : La rsolution est donc que toutes les tentations sont de Dieu comme de la premire cause... et du diable comme de la seconde cause. [...]

Viret souligne que les preuves sont des signes il parle mme de sacrements des promesses divines envers les lus. Nous devons tenir les afflictions et les perscutions non seulement comme un sceau, mais aussi comme un sacrement des promesses de Dieu par lesquelles, il nous assure et confirme que nous sommes de ses enfants. (Georges Bavaud, Le rformateur Pierre Viret, 1511-1571: sa thologie, 1986 - books.google.fr).

Viret dit aussi que Dieu tente les hommes pour "manifester les grces qu'il a faites aux siens et du profit qu'ils en reoivent".

Mais dans la tentation qui rvle la faillibilit de la chair, Viret trouve un exemple dans le cadre de l'Exode : "C'est de la tentation de laquelle Moyse parle quand il dit aux enfans d'Isral, Tu auras souvenance & te reduiras en mmoire toute la voye par laquelle le Seigneur ton Dieu t'a men par le dsert l'espace de quarante ans pour t'affliger et te tenter pour scavoir ce qui estoit en ton coeur & si tu gardois ses commandemens ou non (Pierre Viret, Instruction chrestienne et somme gnrale de la doctrine comprinse s Sainctes Escritures, 1556 - books.google.fr).

DAEMON DE CLEF

Le terme daemon renvoie une conception grec du dmon c'est--dire un gnie. Le daemon pourrait tre Priape.

Jusque dans La Clef des songes d'Artmidore de Daldis (bourgade proche d'Ephse), le membre viril est assimil, dans une mme proposition, la force gnratrice et la puissance du discours (Maurice Olender, Du concept au postiche, L'Infini, Numros 17 20, 1987 - books.google.fr).

On prsente en gnral Artmidore comme un Stocien du IIme sicle aprs machin.

Il labora ou affina l'art divinatoire du dchiffrage des songes (onirocratie) dans sa Clef des songes, le plus fameux trait d'interprtation des rves de l'Antiquit, compos partir d'auteurs plus anciens. [...] Ds le dbut du XIXe sicle environ, alinistes, mdecins, psychiatres, psychanalystes ou neuropsychiatres, ont progressivement monopolis et mdicalis la culture onirique pour tudier le dlire et la nervosit, mesurer les hallucinations ou le somnambulisme, puis ouvrir la porte de l' inconscient , avant de modliser la physiologie du rve n du sommeil paradoxal (Michel Porret, L'homme aux penses nocturnes: Pierre Frmont, libraire et explicateur de rves Genve au sicle des Lumires, 2001 - books.google.fr).

Dans l'uvre immense de Cardan, le trait des songes ne semble pas avoir t le texte le plus remarqu ou qui eut le plus d'influence. Ces Somniorum Synesiorum omnis generis insom- nia explicantes libri IIII, qui se prsentaient comme un commentaire du livre antique de Synesius, furent publis Ble (chez H. Petri) en 1562, avec une ddicace au cardinal Charles Borrome, archevque de Milan. [...] Le livre de Cardan est organis autour de la notion de signe, signum. En un sens , c'tait aussi le cas de l'Oneirocriticon d'Artmidore, o les rves et les songes signifient ("smainein"), les uns les choses prsentes, les autres les choses venir, o le songe proprement dit est smantique ("smantik") des vnements de l'avenir. C'tait aussi le cas des interprtations traditionnelles, selon lesquelles le songe est un signe fait au songeur par une divinit, un dmon, un astre. Si une originalit apparat chez Cardan par rapport cette vulgate interprtative, c'est par un dplacement de ce qui tait entendu par la signification . Au dpart, l' explication que ralise Cardan ne se prsente pas comme dploiement d'un sens ou d'une signification qui seraient indpendants du songe et auxquels le songe renverrait ; le substantif significatio semble mme absent du livre o l'on trouve constamment les formes verbales significare, significari, significatum, comme elles sont constamment employes dans le Liber de Judiciis geniturarum, o chaque plante, ses directions et ses rvolutions signifient une chose. L' explication est une opration qui dgage un signifi et non la reconnaissance d'une signification pralable cette opration et indpendante d'elle (Jacques Le Brun, La Jouissance et le trouble : Recherches sur la littrature chrtienne de l'ge classique, 2004 - books.google.fr).

Un bon dmon : Priape

Anaximne fournit d'autres dtails sur le culte des Lampsacnes pour Priape : les femmes, les filles et les garons allaient chaque matin dans leur jardin lui baiser le membre, parce que la rose qui exsudait de son bois de figuier, passait pour la consquence des songes libidineux de sa nuit solitaire. Le soir, les filles et les garons le lui frottaient, ainsi qu'on l'avait vu faire sur son char : c'tait pour entretenir son rection et lui procurer de beaux rves (Roger Peyrefitte, Les conqutes d'Alexandre, 1979 - books.google.fr).

Le phallus, symbole de l'Herms arcadien, est un signe que les Plasges ont reu des Phniciens, chez qui les rapports de Priape et d'Adonis sont attests, o Belphgor est un dieu ithyphallique. Le caduce est galement phnicien, drivant de l'arbre sacr surmont du croissant, ou du bton sacerdotal qui se transforme en serpent dans l'Exode. Le serpent est le symbole du dieu fils, Agathodmon, Trophonios. Sur le sceptre de Trophonios et le caduce d'Herms, c'est le serpent d'airain dont Mose dresse l'image dans le dsert (Victor Brard, De l'origine des cultes arcadiens : essai de mthode en mythologie grecque, p. 294). Le blier d'Herms nous ramne aussi Baal Hammon. Enfin, Plutarque mentionne un Adonis-Attis arcadien, tu, comme l'Adonis syrien, par un sanglier, et le tombeau d'Arcas, Mantine, s'appelle les autels du Soleil (Revue critique d'histoire et de littrature, recueil mensuel, 1894 - books.google.fr).

Peu peu, semble-t-il, Priape, divinit de Lampsaque, est devenu le dieu de l'Hellespont. Virgile crit : Hellespontiaci servet tutela Priapi, Priape, dieu de l'Hellespont . Ce glissement gographique est trs net dans les pithtes de Priape conserves par la littrature du temps d'Auguste, quand la dvotion Priape, mise en parallle avec celle pour Dionysos et Pan. tait la plus forte. Il convient de s'interroger sur ce lien gographique. D'autres cits de l'Hellespont honorent-elles Priape, comme Lampsaque ? Priape est-il le seul dieu protecteur des espaces maritimes de l'Hellespont ? On dispose d'indices de la prsence de Priape dans les autres cits des Dtroits. [...]

Une pigramme d'Archias invoque Priape, dieu des marins, qui protge le Bosphore de Thrace : sur cet cueil battu des flots les marins m'ont plac, moi Priape, comme gardien du dtroit de Thrace (Franck Prteux, Priapos Bebryks, Revue des tudes grecques, Volume 118, 2005 - books.google.fr).

Le Bosphore de Thrace, appel aujourd'hui dtroit ou canal de Constantinople, spare l'Europe de l'Asie, et joint la Mer-Noire, autrefois le Pont-Euxin, la mer de Marmara, ou Propontide. La mer de Marmara communique elle-mme avec l'Archipel, ou mer Blanche, par le dtroit des Dardanelles (Antoine-Franois Androssy, Constantinople et le Bosphore de Thrace, 1841 - books.google.fr).

Les Latins donnent Priape lpithete de rubicundus, ruber; ils le dsignent quelquefois par les seuls noms de Phallus, dItyphallus, de bonus Dmon, ou bon gnie, de Fascinus, dOrneates de la ville dOrnea, voisine de Corinthe, o il toit particulirement honor; d'HellespoMicus, parce que Lampsaque est sur les ctes de lHellespont (Les mtamorphoses d'Ovide: traduction nouvelle avec le texte latin, traduit par Villenave, 1806 - books.google.fr).

Par Constantinople, on a donc un hypothtique gardien et daemon qui serait Priape, en apparence antithtique l'Immacule Conception.

L'ne tait un attribut de Priape, et image de l'esprit/pneuma/logos lui-mme assimil la Vierge (Autour de Rennes le Chteau : Stenay et Dagobert II : transgression du possible, et pet sur la terre, Autour de Rennes le Chteau : Dalle verticale de Marie de Ngre : un triangle isocle rectangle, Autour de Rennes le Chteau : Superposition de dalles et Saint Sulpice).

Bithynie

Thodose, vque de Csare en Bithynie, qui tait monothlite suivant en cela l'empereur, fut envoy auprs de saint Maxime Bizye en Thrace o il tait exil pour le convaincre de renoncer ce qu'il concevait comme orthodoxie (les deux volonts). Il semble que, l'inverse, Thodose fut convaincu des thses de Maxime. (Alban Butler, Vies des pres, martyrs et autres principaux saints, 1843 - books.google.fr).

Au milieu de la place d'Espagne Rome, devant la grande faade du collge de la Propagande, slve le monument de lImmacule Conception (Colonna della Concezione), rig en 1856 par Pie IX. La statue de la Sainte-Vierge est supporte, une hauteur de 80 pieds, par une colonne antique de marbre carystien. Sur les angles saillants du socle, sont assises les statues colossales de Mose, de David, dIsae et dzchiel, qui ont spcialement prdit le mystre de lImmacule Conception. [...] De la place d'Espagne, on monte par un escalier monumental la Trinit-des-Monts et au Pincio (R. P. Rigaud, Souvenirs de Rome plegrinage l'occasion de la canonisation des martyrs japonais, 1862 - books.google.fr).

L'oblisque du Pincio n'a que 9 mtres de hauteur. Il gisait au Moyen ge un demi-mille des murs hors de la Porta Maggiore, dans une vigne appartenant la famille Saccoccia; peut-tre ornait-il, comme plusieurs autres, la spina d'un cirque, celui d'Elagabal (Circus Varianus). Les inscriptions et les et les bas-reliefs qu'il porte sont de facture romaine. L'empereur Hadrien s'y est fait reprsenter avec sa femme, l'impratrice Sabina, et leurs noms se lisent dans les cartouches ; mais l'oblisque fut surtout dress en souvenir et l'honneur du favori d'Hadrien, Antinous. [...] En 1633, l'oblisque fut plac dans le jardin du Palais Barberini, puis transfr dans le Cortile della Pigna, au Vatican. Il fut plac au Pincio par Pie VII en 1822 (Emmanuel Rodocanachi, Les monuments de Rome apres la chute de l'empire: Le Colisee, Le Pantheon, Le Mausolee d'Auguste, Basilique de Constantin, thtres, arnes, 1914 - books.google.fr, fr.wikipedia.org - Oblisque du Pincio).

Antinous fut honor dans toute lArcadie, Bithynie, Mantine, Nicomdie, Sardes, sous les symboles de Mercure. A lgard de la ville de Bithynion, lAntinos y est reprsent dans plusieuts medailles avec les ailes au talon, & le Caduce. Ce Mercure sous le nom a sousles symboles duquel les Arcadiens honoroient Antinos, toit le Mercure Arcadien, le Mercure Pasteur, cest par cette raison que dans d'autres medailles de Bithynie. Antinos y ell: avec lhabit de Pasteur, il a la main le Pedum Pastorale; mais tojours les ailes aux talons, pour marquer que c'est Mercure. Les Cyaniens le representoient aussi debout, nud, tenant de ses deux mains le Pedum Pastorale. Ces Peuples toient dune ville de Bithynie, nomm Cio, de Cius, compagnon d'Hercule. On voit des medailles de Cia, qui nous marquent quelles furent frappes par l'ordre du Proconsul, lhonneur dAntinos. Cio a aussi eu le nom de Prusia ; Alexandre sen rendit matre, & la dtruisit par le secours dun Prince de Bithynie, grand chasseur, qui se nommoir Prusa, ou Prusia ; mais depuis les Cyanniens reprirent leur ancien nom pour ntre point confondus avec dautres villes qui se nommoint Prusiennes.

Ceux de Mantine qui ne vouloient point cder aux Bithyniens, rendirent aussi des grands honneurs Antinos, ils le regardrent comme leur compatriote, comme un enfant n de leur sang, parce quil toit n en Bythynie, colonie sortie des Arcadiens aussi bien queux. Ils lui leverent un Temple que l'Empereur Adrien enrichit de tableaux & de Statues de ce favori, ils tablirent des mysteres qui se celebroient tous les ans, & des jeux qui se renouvelloient tous les cinq ans (Charles de Riencourt, Dissertations sur le culte que les grecs et les romains ont rendu a Antinous, 1723 - books.google.fr).

Un autre Antinous apparat plus tt dans l'Odysse d'Homre. c'est le chef des prtendants de Pnlope.

Le temps peut dsormais reprendre son cours ; l'poux tant dsir est revenu ; Pnlope est prte redevenir femme, la vie peut recommencer. La faon homrique d'exprimer - donc de concevoir - le temps et les saisons diffre considrablement de la ntre ; les faits naturels, les objets, les images mtaphoriques expriment symboliquement la dure, les chances, le changement. Or, le tissage / filage a une grande affinit avec le temps, qui s'exprime surtout dans l'image des Moirai : la dure de la vie humaine est exprime par la longueur du fil qu'elles tissent pour chacun sa naissance, les vnements de la vie fixs d'avance par cette mme activit. Le tissu qui a assur la survie et la prennit potique d'Ulysse a prpar en mme temps le sort funeste des prtendants, et cela par l'intervention dans le droulement du temps. Par cette image le pome introduit Pnlope dans le domaine des Moirai. En disant cela, je me rfre la signification ultime de l'ouvrage, la toile-destin, dont l'accomplissement est associ au dnouement du pome. En revanche, la toile-ruse a expressment t place sous le signe d'Athna (II 116). Le premier pisode vise montrer que toute l'incertitude, tout le dsquilibre d'Ithaque provient de l'opacit du personnage de la reine ; par la mise en question de son statut, le pote active au sein de l'pope un thme cher la mythologie grecque, celui de la femme sollicite comme cause de dsordre. Le thme du tissage est subordonn cette problmatique. Dans sa version, le prtendant Antinoos donne vraiment un sens la ruse de Pnlope quand il dit qu'elle n'a la tte qu'aux travaux d'Athna, entendant par l qu'elle se prend pour une petite fille. Tenir la toile pour illogique, c'est risquer de perdre toute la saveur du jeu potique, la mise en scne de l'absurde tant en soi, selon Aristote, matire de posie. Blmer Pnlope, comme le fait Antinoos, parce qu'elle se consacre aux travaux d'Athna, cela constitue soi seul un paradoxe ; nous pouvons le lever en y dcelant un jeu de mots qui n'a de sens que traduit en termes grecs : cette rfrence Athna est ironique, Antinoos accuse Pnlope d'avoir transform le tissage funbre en tissage virginal, car elle a exprim par cette activit le refus du mariage. Le laconisme est, comme le disait Goethe, un art trs homrique. La toile, exemple loquent de cette stylistique, est un lieu privilgi de malentendu, une opration souvent perue comme une rupture de sens (Ioanna Papadopoulou-Belmehdi, Le chant de Pnlope: potique du tissage fminin dans l'Odysse, 1994 - books.google.fr).

Au moment du massacre des prtendants, l'arc que saisit Ulysse chante comme une hirondelle et c'est sous la forme d'une hirondelle qu'Athna y assiste, perche sur une poutre de la salle, encourageant le roi d'Ithaque.

L'arc d'Ulysse, qui serait un arc angulaire (cf. arc en mitre) selon W.E. McLeod, est compar un instrument de musique, la phorminx, au chant XXI de l'Odysse (vers 406-409). [...] Cette mme affinit est rendue de la faon la plus explicite, par les termes psall et psalmos que le grec utilise volontiers pour dsigner l'branlement, avec les doigts, des cordes de l'arc mais aussi de la lyre et de la cithare (Philippe Monbrun, Les voix d'Apollon: L'arc, la lyre et les oracles, 2007 - books.google.fr).

L'arc d'Ulysse tait en bois de cornouiller (ailly.com - Le cornouiller).

C'est la corde de l'arc tendu et relch qui met en action la flche comme le fait la volont du corps de l'homme.

Pnlope finit sa vie Mantine.

Le village de Thana dans la rgion de Mantine est rapprocher du mot albanais "than" qui signifie cornouiller (Ch. Symonidis, P. Asenova, Semantische Entlehnungen aus dem Trkischen, Relations et influences rciproques entre Grecs et Bulgares XVIIIe-XXe sicle, cinquime colloque organis par l'Institut des tudes Balkaniques de Thessaloniki et l'Institut d'tudes Balkaniques de l'Acadmie Bulgare, 1991 - books.google.fr).

Dans l'Odysse, Ulysse devient un homme de dsir et un homme dsirable, loin de l'ascse guerrire et du compagnonnage homorotique de l'Iliade. Il redevient un pre, un poux et un fils, toutes facettes de son existence qui semblaient en suspens dans l'Iliade. Mme la relationd'Ulysse avec sa marraine Athna se transforme, Athna n'est plus seulement une cheffe de guerre, comme dans l'Iliade, elle devient une amie, une complice des vises d'Ulysse, si bien qu'ils font tandem, ourdissent ensemble des plans. Ainsi au chant XIII Athna, qui apparat sous la forme d'un jeune berger et demande au hros son nom, s'crie : Allons ! Laissons ces feintes, nous deux qui sommes experts aux ruses profitables ; car de tous les mortels tu es de beaucoup le meilleuren conseil et paroles, et moi, entre tous les dieux, je suis rpute pour ma finesse et mes bonnes inventions. [...] prsent, je suis venue ici pour tramer avec toi un projet et cacher toutes ces richesses que les nobles Phaciens t'ont donnes en prsents, suivant mon dessein et mon conseil... . Autre scne qui illustre cette complicit, aprs qu'Ulysse, ayant dbarqu sur l'le d'Ithaque, eut cach les trsors ramens de Phacie dans une grotte, ils s'assoient cte cte sous un olivier sacr, pour manigancer la mort des prtendants pleins d'arrogance (Camille Froidevaux-Metterie, Marc Chevrier, Des femmes et des hommes singuliers: Perspectives croises sur le devenir sexu des individus en dmocratie, 2014 - books.google.fr).

PAX GARDIEN A DCLXXXI : PAX GARDIEN A(NNO) DCLXXXI

Le sixime concile gnral parlant l'Empereur Constantin Pogonat, reconnoit de la manire la plus expresse le droit qu'il a d'y conserver la paix ; & S. Grgoire regarde l'Empereur Maurice, comme tant de droit divin le conservateur & le gardien de la tranquillit de l'Eglise (Apologie Des Jugemens Rendus En France Contre Le Schisme Par Les Tribunaux Sculiers, 1752 - books.google.fr).

Le surnom de Pogonat, qui signifie barbu, a t donn Constantin, an rapport de Zonaras, parce qne lorsqu'il partit avec son pre de Constantinople pour la Sicile, l'an 1416 (663), il n'avoit qu'une barbe naissante, et qu'il en avoit une son retour de la Sicile aprs la mort de son pre. Sans s'arrter ce rcit, qui est contredit par celui des autres historiens, suivant lesquels Constantin Pogonat n'auroit point quitt Constantinople pour accompagner son pre en Sicile, il est bon d'observer que le surnom de Pogonat conviendroit bien mieux Constant II, pre de Constantin, qu' ce dernier, puisque c'est lui qui, sur les mdailles, est caractris par une longue et ample barbe, tandis que Constantin a la barbe beaucoup plus courte et arrondie (Thodore Edme Mionnet, De la raret et du prix des mdailles romaines, Volume 2, 1827 - books.google.fr).

J. POUSSIN TENIERS A CHEVECE GARDENT LA : poussin tniers chevece gardent l

Chevce pour chevche qui a eu la signification de tte et a dsign des animaux grosse tte comme la chevche (petite chouette), un poisson, un canard domestique (Lon Cldat, Revue de philologie franaise et de littrature: recueil trimestriel, Volumes 20 21, 1906 - books.google.fr).

En rfrence la mythologie, le nom latin scientifique de la chevche est Athene noctua, ce qui peut se traduire par chouette d'Athna (Pierre Avenas, Henriette Walter, La mystrieuse histoire du nom des oiseaux, 2010 - books.google.fr).

C'est aussi un jeu, comme le jeu de l'oie ou de tric-trac attest au XVIIme sicle.

On puise dans Rabelais les rfrences ce jeu et un jeu de mot entre chevche et chevecier, dignitaire ecclsiastique qui surveille le chevet de l'glise et qui est charg de la garde du trsor. Rabelais fait du chevecier un forme masculine de chevche : "ce n'est mie une cheueche, il est masle, c'est un noble chevecier" (Livre V 8, 1562).

Demerson y voit en outre un jeu de mot avec mle et mal et renvoit au passage dans Rab III 12 (p. 412b): Par ceste raison ne sera-t-il jamais pape, car testiculos non habet avec note 26: On affirmait que cette infirmit tait un empchement pour les candidats la papaut depuis la lgende de la papesse Jeanne. .... Une explication pareille du passage - plus dtaille - est fournie par par l'd. Lefranc, III 12 [74] note 46: Cf l. IV, ch. XLVIII: Car il a couilles le pere sainct, nous le trouvons par nos belles Decretales, aultrement ne seroit il pape L'origine de cette plaisanterie se rattache la lgende de la pseudo-papesse Jeanne. On prtendait mme que l'une des deux chaises perces en porphyre, o le pape s'asseyait lors de son lvation au pontificiat, servait un examen. Mabillon (Diarium italicum, De sella Stercoraria) fait trs justement remarquer que la premire mention de ces siges remonte au XIIe s., un sicle avant la naissance de la lgende de la papesse. (Kurt Baldinger, Etymologisches Wrterbuch zu Rabelais (Gargantua), 2001 - books.google.fr).

On sait que sous l'Ancien Rgime il tait en effet des plus honorifiques d'obtenir en vue d'une audience un billet de cabinet permettant d'approcher le roi l'heure o il usait de la chaise perce. Etant donn le degr de civilisation atteint par la cour de France l'poque o rgnaient ces murs et le raffinement de son tiquette, la chose considre sous son aspect purement matriel et grossier est parfaitement inexplicable. Mais tout reposant sur la faon dont on interprte les faits, on peut se mfier des chroniqueurs rpublicains qui ont colport ce point d'histoire. Si l'on rattache l'acte en question aux traditions que nous venons d'exposer, il semble beaucoup moins choquant. Il est d'ailleurs fort probable que la pause sur la chaise perce (figurant le rond dans le carr et donc la quadrature du cercle) tait purement symbolique et prdisposait le roi des paroles de clart. On peut bien sr s'tonner qu'un symbole aille se nicher l. Mais il est curieux de constater qu'en matire de chirurgie l'instrument dont on se sert pour vider la vessie porte lui aussi le nom de cathte comme le rayon vertical qui relie le rond au carr dans l'architecture de la cathdrale (Laurence Talbot, L'histoire profane indite, Volume 2, 1968 - books.google.fr).

Les joueurs de ds se runissaient frquemment dans l'enceinte du sanctuaire de Skiron (c'est vrai, du moins selon Pollux, IX, 96) o se trouvait un temple d'Athna avec ses devins de sorte que skirapheion devint synonyme de kubeuterion (c'est vrai, du moins selon Photios, patriarche de Constantinople, s. v. skiraphia); les devins de Skiron, malgr tout, ne sont pas des astragalomanteis, pratiquant la divination par les osselets, mais par les oiseaux (c'est vrai, du moins selon Hsykhios qui, douze sicles aprs, faisait encore un cho lointain et assourdi ses compatriotes historiens de Milet, s.v.); donc les oiseaux qui interviennent sur les reprsentations de joueurs de pessoi (de trictrac, non de ds, kuboi, ni d'osselets, astragaloi, au demeurant) renvoient, renverraient - ici repose le sophisme l'espace sacr skironien (Michel Costantini, L'ordinal camerlingue, L'image entre sens et signification, 2006 - books.google.fr).

Le tric-trac tait connu des la plus haute antiquit : les Grecs l'appelaient Diagrammismos, et les Romains Duodena scripta (Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts, Hachette, 1861 - books.google.fr).

A Constantinople, La destination que Thodose donna au temple de Vnus s'explique d'elle-mme. Quant a la transformation du temple de Diane en un local destin aux jeux de ds, nous aurions d faire observer que c'est la desse de la Lune que l'antiquit rapportait toutes les vicissitudes physiques et morales du monde, dont le jeu de ds tait considr comme l'image. Il fut regard comme tel jusque dans le moyen ge byzantin (Man. Phil., carm. V, in Cantacuzen, v. 857-61). Dans le temple de la fortune Argos, on montrait, d'aprs Pausanias (II, 20, 3), les ds que l'inventeur de ce jeu, Palamde, y dposa, dit-on (L'institut, Section 1: Sciences mathmatiques, physiques et naturelles, Volumes 14 17, 1849 - books.google.fr).

Les Skirophories, d'une part, comme la fle Chaikeia ou Athanaia, de l'autre, ont diversement influe sur la formation des Panathnes, dans les sicles postrieurs. Les Butades portaient des parasols blancs (Skiron), en l'honneur d'Athn Skiras. place sous la garde d'un parasol, et qui est la mme qu'Athn Boudeia, propice aux crales et qui les protge contre la trop grande violence du soleil. Le parasol indiquait l'abri, le toit qui prservait du chaud comme du froid, et l'on prtendait qu'on le portait pour annoncer par l qu'il tait temps de se choisir de nouveau un abri, d'lever une tente. Dans cette solennit, les Butades, pontifes d'Athn Polias et de Poseidon Erechtheus, reprsentaient galement le sacerdoce de Hlios, du soleil. Environns d'un peuple nombreux, ils descendaient en pompe de l'Acropole, et se rendaient processionnellement au temple d'Athn Skiras, situ dans un bourg de ce nom , en dehors de la cit. Arriv l, l'on y jouait un jeu appel les Skiraphies, ou encore Pessoi, Petteia, jeu de ds, dont le sens et l'origine sont inconnus, car l'explication de quelques anciens auteurs qui tend faire croire que ce jeu avait rapport l'apparition et la disparition des cinq corps plantaires, est sans vraisemblance; mais il est vrai de dire que, dans cette fte, il s'agissait de la prosprit des rcoltes et de l'loignement des influences funestes que pourrait apporter l'ardente chaleur de l'astre du jour. On disait que le premier bl avait t sem, la premire rcolte produite dans ce lieu du nom de Skiron, qui se trouvait sur la route d'Eleusis, circonstance qui semblerait prouver que, dans les Skirophories, quelque influence leusinienne avait dj modifi le culte original d'Athn (Le Catholique: ouvrage priodique dans lequel on traite de l'universalit des connaissances humaines, 1829 - books.google.fr).

Cr par Scve sur le substantif chevche, le verbe chevecher, quon ne retrouve ni avant ni aprs Scve, a dj fait couler beaucoup dencre. la suite dHuguet, qui en fait un driv de chevche au sens de ttire, harnachement de la tte du cheval , Ian McFarlane y voit une allusion au bandeau de celui qui joue la mouche (en rfrence au premier vers du dizain 57). La plupart des autres critiques y lisent un driv de chevche, chouette , et singnient prciser le sens imputer au verbe, sans jamais prendre en compte le fait quau dizain suivant, Scve cre un terme trs exactement analogue quil place, comme de bien entendu, dans le dernier vers ( Dont mes pensers guidez par leurs Montjoyes, / Se paonnoient tous en leur haut Paradis ). Le pote invite donc comme souvent son lecteur une brve squence narrative qui voit lamant se dsesprer avant de retrouver espoir : dans un cas, celui-ci chevche et fait la chouette ; dans lautre, il se paonne ou fait le paon ; loiseau de nuit qui ulule ( lentre chevesche, Nicot crit Ulula, Noctua ) soppose le fier oiseau diurne connu pour sa parade amoureuse, qui retiendra notamment lattention, la fin du sicle, de Du Bartas ( Comme un paon qui navr du piqueron damour, / Veut faire piafard sa dame la cour ). Terme emphatique sil en est, chevecher, qui constitue lultime rime du dizain, rpond dabord sans doute la premire rime du pome, le jeu bien attest, mais mal connu de la chevche faisant possiblement cho celui de la mouche. Il permet ensuite douvrir sur le pome suivant, de crer ainsi de faon conome une courte narration (D. 57-58), et mme de construire en pointill une srie ornithologique (voquant Charles Quint, le dizain 55 parle de la mtamorphose de lAigle en Autrusche errante ). Enfin, linvention lexicale de Scve permet de faire surgir, dans des dizains particulirement abstraits consacrs lanalyse de sentiments amoureux, des reprsentations visuelles, voire dannoncer celles-ci, le trente-quatrime emblme tant consacr au paon (Jean-Charles Monferran, Le dictionnaire tout part soi de Scve : rflexion sur les mots nouveaux de Dlie, 2013 - www.fabula.org).

Palamde est celui qui expliqua les clipses aux Grecs de l'Iliade, selon Homre, et qui inventa le jeu de ds. La mise en relation du jeu et de l'astronomie se fait par le hasard.

Les clipses ont une grande importance pour l'astronomie. Ce sont elles qui ont point , dans le ciel, parmi les toiles, le parcours annuel du soleil, le cercle de l'cliptique. Ce dernier nom trahit d'ailleurs son origine : cliptique, lieu des clipses. Toute la technique de la science des astres a pour origine le reprage de ce cercle. Il est le milieu de la ceinture zodiacale o les plantes voluent, avec assez de fantaisie, en apparence, mais sans jamais en sortir. Or on sait quel rle jouent dans les horoscopes, les places que les plantes occupent parmi les signes, un moment donn. Que les combinaisons diverses ainsi formes soient rputes avoir une influence dterminante sur les destines individuelles, ce n'est pas vident a priori. Une telle ide a besoin d'explication. C'est par les clipses qu'on peut, avec l'aide de l'histoire, s'en reprsenter la gense. L'effet gnral et immdiat que produisent les clipses est l'effroi. Celles du soleil angoissent les animaux eux-mmes. Rien de plus naturel en somme. On constate, chez un trs grand nombre de peuples, la croyance en un monstre qui assaillait les luminaires clestes pour les dvorer. C'tait, chez les Egyptiens, une truie qui en voulait la lune, tandis que le soleil dfaillait sous la menace d'Appi, serpent gigantesque, analogue celui qui rongeait les berges du Nil. Aux Indes, et cela ds l'poque vdique, on tenait pour responsable des clipses le monstre Rahou. Alors qu'en Chine on se reprsentait les campagnes du ciel parcourues par une lune sauvage, noire, drgle dans sa course errante, qui se jetait sur la lune ou le soleil, lorsque, par malheur, elle les rencontrait. Notre astronomie contemporaine conserve dans son langage une trace de ces croyances primitives. Elle appelle mois draconitique, mois du Dragon, la priode comprise entre deux passages de la lune au mme nud , le nud ascendant , par exemple, c'est--dire entre deux passages conscutifs de bas en haut, du dessous au dessus , par le plan de l'cliplique. Mais le lieu de ce passage tourne autour de la terre. Lorsqu'il arrive sur la ligne droite qui joint la terre au soleil, la lune ou le soleil sont clipss, tombent dans la gueule du Dragon . Pour effrayer le monstre cleste et l'obliger dgurgiter sa proie, ou lcher prise, ou pour donner du cur au porte-lumire dans sa rsistance et le ranimer, on criait, on faisait du bruit avec des instruments sonores, on lanait des javelots. Ce fut une coutume trs rpandue, que l'on retrouve en Californie et chez les Groenlandais. Les Egyptiens en usaient ainsi quand le soleil dfaillait la vue du serpent Appi. Les sol lats romains en campagne frappaient sur des bassins d'airain et soufflaient dans leurs immenses trompettes de guerre. Maximus de Turin, auteur patristique du Ve sicle, proclamait, dans son homlie De defectu lun, que de fortes clameurs taient efficaces pour porter secours la lune en danger. Il tait recommand par deux crivains allemands du moyen-ge, Burkard de Worms et Eligius, de faire du bruit en cas d'clipse de lune et, en particulier, de prononcer les mots : Vince luna. Enfin, jusqu'en plein XIXe sicle, le code des crmonies officielles de l'empire de Chine prescrivait encore de tirer de l'arc et de battre du tambour pendant les clipses. C'taient l des rites magiques. Quand naquit l'astronomie, elle interprta scientifiquement la croyance populaire. Pour rendre compte d'clipses dont la production paraissait anormale, des astronomes grecs supposrent quelque temps que des astres obscurs, circulant au voisinage de l'cliptique, venaient masquer ventuellement le soleil ou la lune. Un germe d'astrologie venait aussi de l. Les clipses parurent tre des prsages sinon mauvais, du moins inquitants, comme tout phnomne rare et qui inspire de la crainte (Jules Sageret, Le Hasard et la destine, 1927 - books.google.fr).

Par les grces d'une succession d'heureuses concidences arithmtiques, la priode de 6 585 jours couvre peu prs 223 mois (de 29,530588 jours) lunaires, 19 annes (de 346,62 jours) des clipses, 242 mois (de 27,2122 jours) draconitiques et 239 mois (de 27,5546 jours) anomalistiques. C'est--dire la priode du Saros qui renferme 18 annes plus 10 ou 11 jours, selon que l'intervalle de 18 ans considr renferme 4 ou 5 annes bissextiles. Rien qui exprime plus simplement le lien entre le hasard et la rgularit, qui ne confirme de manire plus convaincante la thse de Lucrce selon laquelle l'ordre n'est jamais qu'un cas particulier du dsordre. Nous voyons une suite de hasards heureux produire une rgularit qui ne tmoigne nullement d'un ordre quelconque dans les choses, mais plutt d'un accident dans le cours normal des choses, vou au hasard. Il faut d'ailleurs distinguer ici entre deux niveaux de hasard. La rgularit des clipses manifeste en effet la fois un hasard physique, intressant le monde, et un hasard mathmatique, indpendant du cours des choses. Hasard physique qui fait qu'un ensemble de mouvements se droulent dans des dures dont la mesure est en correspondance arithmtique avec les chiffres respectivement de 223, 19, 242 et 239, c'est--dire autant de communs diviseurs du chiffre 6 585. Mais, aussi, hasard mathmatique. Que les mesures de l'anne des clipses, des mois lunaire, draconitique et anomalistique soient en commune correspondance avec la mesure du Saros constitue un hasard de fait. Mais que 223, 19, 242 et 239 soient des communs diviseurs de 6 585 constitue aussi un hasard en lui-mme, indpendant de ce qui se passe dans le ciel. Car il n'y a pas, proprement parler, ncessit arithmtique. Quelle ncessit, par exemple, dans la rpartition des nombres premiers (c'est--dire des entiers seulement divisibles par eux-mmes ou par l'unit) dans la srie des nombres naturels (srie des entiers) ? Pourquoi y a-t-il nombre premier en en cinquime, septime, onzime positions ? Rpartition purement hasardeuse ; et c'est pourtant de ces nombres premiers que s'engendrent toutes les sries numriques possibles. Mme rpartition hasardeuse dans la suite des dcimales de pi ; et pourtant cette poussire de chiffres disposs au hasard n'en exprime pas moins une relation invariante et ncessaire, qui scelle jamais le rapport du cercle son diamtre. Au sein mme des mathmatiques pures, de la ralit la plus subtile, la plus indpendante de toute compromission dans les choses, nous voyons apparatre ce double visage la Janus qui est celui de toute ralit : l'un qui dit ncessaire, l'autre qui dit hasard (Clment Rosset, Le Rel. Trait de l'idiotie, 2012 - books.google.fr).

Le CNRTL signale que le terme al-zahr dans le sens de d jouer est relativement moderne et propose l'tymologie yasara ( jouer aux ds ) dont l'existence est atteste en arabe classique (fr.wikipedia.org - Hasardr).

Il n'est pas d'ailleurs superflu de rappeler qu'alea signifie d en latin. Alea, surnom d'Athna, signifierait "refuge" du grec alex, j'loigne, je repousse, je chasse, je secours. Mais pourquoi pas de alei, j'erre, je vague l'aventure, d'o hasard ? (Spyridon Zambelios, Parlers grecs et romans, leur point de contact prhistorique, Volume 1, 1880 - books.google.fr).

Llargissement de laire de jeu du hasard intervient en Arcadie. Certes, on na jamais vu de bergers jouer aux cartes ou aux ds. Pourtant, curieusement, Angelo Roccha, qui publie en 1617 un trait modr contre les jeux de cartes et de ds situe en Arcadie linvention des cartes et des ds, sur la foi dHrodote selon lequel Minerve porterait le nom dAlea, du nom dune ville dArcadie o elle tait adore, nomme elle aussi Alea . Il est assez piquant que le lieu o lon invente les jeux de hasard soit aussi celui o lon voue un culte la sagesse. Les autres origines supposes de ces jeux renvoient toutes un espace, un moment, ddis loisivet. Or, lotium caractrise aussi lArcadie. Les activits des bergers se bornent en effet peu prs des dplacements erratiques placs sous le signe de limprovisation, et, gnralement, de labsence de but. Les bergers de Nicolas de Montreux et dHonor dUrf passent le plus clair de leur temps marcher, avec ou sans moutons, et se rencontrer de fortune : le mot revient trente-six fois dans la premire partie de lAstre, vingt-quatre fois pour qualifier une rencontre ; ces rencontres, prsentes comme alatoires, dterminent les bifurcations du rcit. La raison principale de la place que tient le hasard en Arcadie est sans doute la spcialisation de celle-ci (surtout partir de la Diana de Montemayor, en 1542) dans la thmatique amoureuse ; il est plus admissible dassocier le jeu du hasard lamour quaux tournois et aux duels. Si rien nest plus commun, note un personnage de lAstre, que de remarquer que la Fortune a plusieurs roues, cest celle de lAmour qui tourne le plus souvent : il ny a rien dont on voit sortir tant de changement que cette passion . Lassociation de lamour et du hasard est une donne essentielle dune Arcadie dont la composante libertine, jusqu Jean-Pierre Van Elslande (1999), a longtemps t minore. La meilleure illustration en est sans doute le thtre de linconstance gnralise quest lArcadie des Bergeries de Julliette de Nicolas de Montreux, o les amours successives des bergers sont justement compares, explicitement, une partie de ds. Mais dans deux pisodes de lAstre, le jeu na rien de mtaphorique ; dans le premier cas, il dclenche, dans le second, il rsout et conclut une intrigue amoureuse assez embrouille, un entremlement intriqu , pour reprendre lexpression de Cervants (Franoise Lavocat, Jeux dadresse et de hasard dans quelques univers fictionnels au tournant des XVIe et XVIIe sicles, Hasard et Providence XIVe-XVIIe sicles, Actes du cinquantenaire de la fondation du CESR et XLIXe Colloque International dtudes HumanistesTours, 3-9 juillet 2006 - umr6576.cesr.univ-tours.fr).

Palamde est aussi en rapport avec le boeuf et l'ne qui lui servirent confondre Ulysse de sa feinte folie.

On retrouve le boeuf dans le nom du Bosphore.

Une partie du vers 108 de la huitime glogue des Bucoliques de Virgile, " an qui amant ipsi sibi somnia fingunt? " (Ou les amants se forgent-ils des songes plaisir ?), se trouve place dans un cartouche sur la chemine de la bibliothque du chteau du Mesnil-Saint-Denis, en provenance de celui de Sully-sur-Loire, proprit du ministre de Henri IV, Sully (Rosny-sur-Seine, 1559 - Villebon, 1641), infod aux Habert de Montmor. Henri-Louis Habert (1603-1679), matre des requtes et acadmicien, mcne de savants et d'artistes, seigneur du Mesnil, avait une sur, Anne, qui pousa en premire noces en 1618 Charles de Lauzires, marquis de Thmines, et veuve en 1621. Henri-Louis Habert fonda, en 1657, l'Acadmie Montmorienne, embryon de l'Acadmie des Sciences qui deviendra officielle en 1666, et qui reut Thomas Hobbes, Campanella, Kpler, Ismal Boulliau, Christian Huygens, Jean Hamon et Charles de L'Orme, etc.

Virgile fait parler une magicienne travers le personnage d'Alphsibe, imitateur de la danse des Satyres, dont le nom marque l'alliance de buf (ou taureau) et de blanc, ou au nom fminin lunaire de "vache blanche") qui sera la mre d'Adonis par le rouge Phoenix (union alchimique de l'homme rouge et de la femme blanche). Virgile emploie pour la premire fois en latin le mot "magicis", emprunt au grec (Cohrence grand nonagone : Deuxime Etoile : Ferrassires - Sommet en Atlantique).

Henri-Louis Habert est le cousin de Philippe Habert, l'un des Illustres Bergers avec Nicolas Frnicle, sous le pseudonyme de Lizidor.

Le papegai chez Lemaire de Belges : Vnus et Minerve

Les couleurs du paon rpondent celles du perroquet dans une opposition celles camoufles de la chouette.

La muse du grand pote mconnu que fut Jean Lemaire de Belges balance, dans ses Eptres de l'amant vert, entre l'abstraction courtoise et la sensualit vnusienne, invoque pour les unir la sagesse quilibre de Minerve. Mais sans cesse l'un ou l'autre courant risque de l'emporter. Alors, afin de sauver du moins cette distance et cette irralit suave o son intuition lui rvle la condition de toute forme prcieuse, le pote imagine de s'incarner dans le corps d'un perroquet, amoureux de sa matresse (Paul Zumthor, Miroirs de l'amour: tragdie et prciosit, 1952 - books.google.fr).

L'Amant Vert est la fois le successeur du psittacus de Corinne et l'amant-pote de la lyrique mdivale ; il est aussi amant-martyr et, dans une mise en scne thtrale, il se suicide dans la gueule d'un chien. Mais dj l'Amant Vert qui ira reposer auprs du psittacus de Corinne dans l'le Fortune prpare la venue du burlesque Vert-Vert (1734) de Gresset (Le Conte du Papegau: roman arthurien du XVe sicle, traduit par Patricia Victorin, 2004 - books.google.fr).

L'loge du suicid par le roi Minos rappelle la thmatique du culte mariai, le vert prenant ici le rle du blanc immacul. Non seulement lav, mais exempt de tout pch, l'oiseau reprsente ds lors, non plus la mort d'amour, mais son annulation par la noblesse incontestable de la dame au nom de qui l'on tait cens mourir. Ainsi se gurissent, au paradis de la rhtorique, les pathologies du discours. [...]

L'pitaphe du perroquet prtend que l'amant est mort d'avoir perdu sa dame; mais l'ptre a dj fait lire dans ce perdre de convention la promesse relle d'une rsurrection plus large, et plus durable; promesse que le texte original (de 1505) jugeait bon d'expliciter, en voquant la coutume du roy du papegay (ce titre promis au vainqueur d'un concours de tir l'arc): l'Amant Vert y prdit en effet que son corps, trois jours aprs sa mort, prendra la forme d'une cible de bois. [...]

L'existence de l'Amant vert [...] prouve que Vnus et Minerve peuvent concorder, accorder leurs voix jusqu' les confondre : il suffit que Vnus consente servir Minerve pour que celle-ci accepte, en retour, de lui cder la parole - quitte figurer cette ventriloquie dans la personne idalement apte d'un oiseau parleur (Franois Cornilliat, Sujet caduc, noble sujet: la posie de la Renaissance et le choix de ses arguments, 2009 - books.google.fr).

L'opposition de Vnus et de Minerve apparat encore dans La Concorde des deux langages du mme auteur.

La Concorde des deux langages sacrifie, sur l'autel corrompu de de Vnus, l'essentiel de la souffrance et de la jouissance dont l'oiseau rimeur s'tait fait, pour notre plaisir, le parfait truchement.

Dans son prologue Lemaire distingue la fausse concorde et la vraie dont les emblmes sont Vnus et Minerve.

Vnus (la folle amour) n'est donc pas seulement, cet gard, le rsidu inassimilable d'une parfaicte opration de ladite prudence, qui fait de l'amour un autre nom de la sagesse, de la paix, du bon gouvernement. Elle fixe l'amour mme, le signifiant amoureux, de telle sorte que l'honnte commerce des loyaulx amans s'en trouve sinon explicitement compromis ou rejet, du moins implicitement dpass comme figure pertinente de la concorde. La dmonisation de Vnus marque donc, en fin de compte, une dissimilation, non pas de diverses formes d'amour, comme chez Ficin on dans les Azolains de Bembo, mais bien de l'amour et de la concorde, par l'entremise d'un scnario symbolique - le plerinage de vie humaine, le voyage de l'homo viator de la jeunesse folle la sage vieillesse - qui accrot la distance et favorise la rupture (donc dcourage l'analogie) entre le temps des passions et celui du savoir. [...]

Le gardien du temple de Minerve, est le trs masculin roi d'Honneur qui prtend incarner la sagesse mme, but espr de l'homme deveant raisonnable. [...]

Le temple de Vnus se trouve Lyon, ville renaissante par excellence en France, ni "Cambray ni Douay" rgion d'o est originaire Lemaire. La localisation de celui de Minerve est indtermin. [...]

Au moment d'crire la Concorde (1511), Lemaire est en train de passer au service de la France et de son roi Louis XII, et de quitter l'Empire, tout en cherchant rester proche de Marguerite d'Autriche, la dame que sert le papeagai, veuve de Philibert le Beau de Savoie, inhums tous deux Brou. Lemaire succda en 1507 Jean Molinet la charge d'historiographe de Bourgogne (Franois Cornilliat, Sujet caduc, noble sujet: la posie de la Renaissance et le choix de ses arguments, 2009 - books.google.fr).

Ovide avait en effet dplor la mort du perroquet de sa bien-aime Corinne (Amores II.VI) et Gresset crit dans son Ver-Vert :

On admirait ses paroles dernires / Vnus enfin, lui fermant les paupires, / Dans l'Elyse et les sacrs bosquets / Le mne au rang des hros perroquets, Prs de celui dont l'amant de Corinne / A pleur l'ombre et chant la doctrine (Jean Baptiste Louis Gresset, Ver-vert, ou les voyages du perroquet de Nevers. Pome hroque, 1736 - books.google.fr).

Il sera du cortge de Vnus dans la Messe des Oiseaux de Jean de Cond par exemple, aprs avoir t un messager de l'amour chez les troubadours. Tant travers les oeuvres naturalistes que potiques, l'Antiquit lgue donc au Moyen ge une figure bien dessine du perroquet : oiseau des Indes, vert collier rouge, au bec et la tte trs dure, sachant imiter la voix de l'homme et mme ave Caesar de manire inne ; il est en outre un compagnon fidle pouvant conseiller et distraire et, grce Ovide, il a sa place en cour d'amour (Bernard Ribmont, Littrature et encyclopdies du Moyen Age, 2002 - books.google.fr).

Alchimie

L'alchimie, d'origine orientale, joua un grand rle chez les Romains et les Grecs partir du IIIe sicle de notre re. Le trait de Zosime de Panopolis (dbut du IVe sicle) et divers autres ouvrages alchimiques furent comments et diffuss Byzance. Ds le VIe sicle, l'alchimie grecque passa aux Syriens, puis de l aux Arabes, et gagna ensuite l'Europe occidentale. D'aprs Berthelot, la plupart des manuscrits grecs concernant l'alchimie reprsentent une collection de traits rdigs Constantinople aux VIIIe et IXe sicles. On possde galement un nombre important d'crits alchimiques byzantins datant du Xe sicle et des encyclopdistes tels que Psellos (vers 1040) et Blemmyds ont crit sur la chrysope ou transformation des mtaux en or.

Mais, c'est propos des armes chimiques que l'on trouve Byzance des connaissances beaucoup plus scientifiques. Le clbre feu grgeois fut employ ds 678, lors de la victoire de Constantin Pogonat sur les Arabes. Perfectionn par un un Syrien du nom de Callinicos, ce feu de guerre fut ensuite utilis maintes reprises lors des divers siges que Constantinople eut soutenir, et les historiens lui ont reconnu un rle non ngligeable dans la protection de de l'Empire d'Orient. Ce liquide trs inflammable, lanc sur l'ennemi l'aide d'engins divers, tait compos d'un mlange de naphte, rsine ou soufre. On possde un trait datant de 1250-1300 sur diverses compositions pyrotechniques byzantines o est mentionn le feu grgeois. La minralogie avait Byzance un caractre de science occulte rattache l'alchimie. Les crits sur les vertus des pierres de Psellos et de Neilos Diassorinos (XIVe sicle) n'ont qu'un intrt historique (Ren Taton, Histoire gnrale des sciences : La science antique et mdivale (des origines 1450) par R. Arnaldez, Volume 1 de Histoire gnrale des sciences, 1966 - books.google.fr).

Protg ds 1647 par l'archiduc Lopold Guillaume, gouverneur des Pays-Bas, Davide Tniers le Jeune (Anvers, 1610 - Bruxelles, 1690) s'tablit en 1651 Bruxelles et devient peintre de la Cour. Le successeur de Lopold Guillaume, Don Juan d'Autriche, le maintient dans ses fonctions (Armelle Baron, Pierre Baron, L'art dentaire travers la peinture, 1986 - books.google.fr).

On a dcouvert en 1654, Tournay, un tombeau o taient dposs, ct dun squelette, une assez grande quantit dobjets prcieux, entre autres une pe dont la poigne tait garnie dune feuille dor, une hache d'armes ou francisque en fer, beaucoup d'abeilles en or, cent mdailles d'or, d'empereurs du Bas-Empire, la plupart contemporains de Childric, et deux cents mdailles d'argent des premiers empereurs. On a suppos que ce tombeau tait celui de Childric. Les objets quil contenait, donns d'abord l'archiduc LopoldGuillaume d Autriche, alors gouverneur des Pays-Bas, passrent, aprs la mort de ce prince, l'lecteur de Mayence, qui, en 1663, en fit prsent a Louis XIV (France: dictionnaire encyclopdique, Volume 5, 1841 - books.google.fr, La Vraie Langue Celtique de labb Henri Boudet : Psaumes 54, 119 et 129 : Hautpoul et Noli me tangere - books.google.fr, Thmes : Tintin).

Sous Ferdinand III, l'alchimie connut un vritable ge d'or Vienne, car l'empereur ne cachait pas son intrt rel pour l'alchimie. L'autorit en la matire tait Conrad Richthausen, fils d'un propritaire de mine, qui avait t son prcepteur. En 1648, Richthausen aurait russi la transmutation de mercure en or, en prsence de Ferdinand III. En tout cas il fut anobli comme baron du Chaos. Devenu matre de la monnaie impriale, il fit frapper une mdaille en or obtenu par transmutation, afin de perptuer le souvenir de son exploit. Il continua gravir les chelons dans la hirarchie administrative et financire ; il devint conseiller de la Chambre des comptes et surintendant des mines de Haute Hongrie. Il tait entour de personnages plus nigmatiques comme le baron Wagnereck , qui proposa la dite de Ratisbonne sa teinture philosophale, indispensable pour transformer du vil mtal en or. Il avait un laboratoire la Hofburg et la bibliothque impriale comportait de nombreux ouvrages d'alchimie. D'ailleurs le partenaire le plus intress de Ferdinand III tait son frre, l'archiduc Lopold Guillaume, avec lequel il changea une importante correspondance consacre l'alchimie (Jean Brenger, Lopold Ier (1640-1705): fondateur de la puissance autrichienne, 2004 - books.google.fr).

Lopold-Guillaume de Habsbourg (Wiener Neustadt, 5 janvier 1614 - Vienne, 20 novembre 1662) fut gouverneur gnral des Pays-Bas espagnols mridionaux catholiques, chef militaire et mcne. Homme d'glise, il porta la charge dvque de Strasbourg durant trente-sept ans. Il fut aussi Grand-Matre des Chevaliers teutoniques partir de 1641, vque de Halberstadt, de Magdebourg, d'Olmtz, de Passau, de Breslau, cumul qui n'tait pas exceptionnel l'poque (fr.wikipedia.org - Lopold-Guillaume de Habsbourg).

Athna et l'alchimie

Dans le Codex VI de Nag Hammadi, on a l'association du bronze, dsormais appel "to brontsion", du tonnerre personnifi en Bront et d'une Athna-Sophia, matresse de la transmutation des mtaux et organisatrice de la fusion des lments, comme si au terme de l'hellnisme, Athna tait revenue son point de dpart mythologique dans la proximit de la forge et des arts du feu. Ds lors, point n'est besoin d'excuter une pirouette philologique ou de faire appel au babylonisme diffus, le sens du titre du deuxime crit du codex VI apparat clairement. En mettant son trait sous l'gide d'une Bront, qualifie d'intellect parfait, l'auteur gnostique renvoyait aussi bien aux spculations juives puis chrtiennes sur la voix cleste qu'au courant grec dcrivant Athna comme "mtis", "sophia", "nous", "dianoia, nosis" (Michel Tardieu, Deuxime crit du Codex VI, Le Muson, Volume 87, 1974 - books.google.fr, Paul-Hubert Poirier, Wolf-Peter Funk, Le tonnerre, intellect parfait (NH VI, 2), 1995 - books.google.fr).

Le dieu du Feu et la desse Ergan, sous le nom d'Athna Hphaistia, patronnent ensemble les artisans exercs dans le quartier de Cramique Athnes (Jacqueline Duchemin, Promthe: Histoire du mythe, de ses origines orientales ses incarnations modernes, 2000 - books.google.fr).

Des artisans athniens, dans le quartier populaire du Cramique, travaillaient le bronze et la terre cuite (Jean Defradas, La Grce, 1963 - books.google.fr).

Comme le fait remarquer Simon Weil, Hphastos et Athna forment un doublet.

Venue la vie adulte, tout arme et casque, elle s'avrait dj prte affronter le monde, dote d'une grande raison et incarnant la Sagesse. La cit d'Athnes, avec son Acropole, dut son nom Parthnos - la jeune fille (Pallas) vierge -, d'o le clbre temple du Parthnon. On dit, de plus, qu'elle dut lutter contre Posidon pour acqurir la prminence Athnes. En effet, celui-ci revendiquant la suprmatie du lieu, avait fait jaillir de son trident la fontaine Clepsydre dont la source tait sale, charge ainsi du sel de l'esprit (Patrick Rivire, Histoire comparative des religions et des mythes: Mystres antiques, Volume 1, 1999 - books.google.fr).

Athna est prcisment esprit, raison.

Sel et esprit

Nos Strasbourgeois, ont-ils ce moment cru possder la pierre philosophale ? 0n pourrait le supposer. Paracelse n'a-t-il pas assign cette pierre, appele aussi poudre miraculeuse, la vertu de gurir toutes les maladies ? Une prtention qui n'a cess de troubler les esprits et a, pendant des sicles, mobilis de prodigieuses nergies et us bien des patiences. Il n'en demeure pas moins que bien des alchimistes ont tent d'extraire la "materia prima" tantt du sel tantt de l'air, ou d'autres substances encore. [...] Mais notre thosophe ne s'attarde pas plus que de raison dans ces eaux basses et troubles de l'alchimie. Toujours il essaiera de la transcender. Le sel, principe fondamental pour l'alchimie, l'est aussi pour le mystique (28l). Il va jouer un rle primordial dans la vision escha- tologique de Saltzmann. A la fin des temps, un feu purificateur embrasera la terre. Des nergies rgnratrices descendront alors des ci eux suprieurs sur la terre. Elles animeront le "sel essentiel". Celui-ci sera alors transmu en une nouvelle cration faite d'lments clestes et purs. Ce "sel essentiel" semble bien tre le pendant tellurique, voire cosmique du "funke der selen" de Matre Eckart, de Tauler et d'autres mystiques, embryon ou ferment de la rgnration de l'homme et de l'univers. Il est le symbole de la de la perfection de l'me pour Zinzendorf. Il est encore, pour rendre la parole un alchimiste, le sel cleste, manation de la divinit. C'est pourquoi, Friedrich von Meyer, lui-mme adepte secret du Grand Art, a pu dire que la sublimation dela matire grossire passe par une transformation en sel. Comme Welling, il n'y a vu qu'un autre moyen pour dceler comment la nature tait sortie des mains du Crateur, mais aussi pour dcouvrir et connatre Dieu au sein de cette nature. Pas plus que Boehme, Saltzmann ne se dsintressait de l'alchimie. Mais seule compte rellement pour lui l'alchimie mystique. Celle-ci est au centre de ses proccupations, comme de celles de la plupart des thosophes de son poque (Jules Keller, Le thosophe alsacien Frdric-Rodolphe Saltzmann et les milieux spirituels de son temps, Europaische Hochschulschriften. Reihe 1: Deutsche Sprache und Literatur, Volume 883, Numro 2, 1985 - books.google.fr).

Frdric-Rodolphe Saltzmann (8 mars 1749 - 1821) est n en Alsace, Sainte-Marie-aux-Mines. Fils de pasteur luthrien, il effectue des tudes de droit, dhistoire et de thologie Strasbourg et Zurich. Franc-maon spiritualiste et mystique, il est proche de Jean et Bernard-Frdric de Turckheim, galement de Jean-Frdric Oberlin et est un fidle disciple et ami de Jean-Baptiste Willermoz, ainsi quun proche de Louis-Claude de Saint-Martin. Il contribue lorganisation de la structure maonnique des Chevaliers bienfaisants de la Cit Sainte, prend une part active la runion maonnique du Convent de Wilhelmsbad (1782) et contribue la cration du Rite cossais rectifi dont Willermoz est le matre duvre principal. Trs influenc par Jacob Boehme et par la mystique rhnane, il est lun des initiateurs lorigine des rapprochements et influences entre une certaine franc-maonnerie allemande (la Stricte Observance) et une certaine franc-maonnerie franaise (les lus Cons) : il servira souvent dintermdiaire et de porte-voix. Enfin, cest lui qui fait dcouvrir Jacob Boehme Louis-Claude de Saint-Martin, ce dernier tant le clbre premier traducteur du silsien en France (fr.wikipedia.org - Frdric-Rodolphe Saltzmann).

Tniers et la chevche

David Tniers (1610 - 1690) le Jeune a peint une chouette dans son Alchimiste (Chatsworth, collection du Duc of Devonshire) qui n'est pas forcment symbole d'aveuglement puisqu'elle voit dans la nuit, il peint aussi en 1652 Le jeu du papegai Bruxelles qui commmore l'archiduc Lopold-Guillaume d'Autriche, gouverneur des Pays-Bas, abattant le 23 avril 1651 le papegai plant sur le clocher de l'glise du Sablon (Joseph Casier, Paul Bergmans, L'art ancien dans les Flandres (rgion de l'Escaut): mmorial de l'exposition rtrospective organise Gand en 1913, Volume 3, 1922 - books.google.fr, Machteld Lvenstein, Peindre le Pandemonium paen, Le sabbat des sorciers en Europe: XVe-XVIIIe sicle : colloque international E.N.S. Fontenay-Saint-Cloud, 4-7 novembre 1992, 1993 - books.google.fr).

David Teniers le Jeune, L'Alchimiste - Chatsworth - balat.kikirpa.be

David Teniers le Jeune, Le jeu du papegai Bruxelles (1652) - Kunsthistorisches Museum, Vienne - fr.wikipedia.org - Papegai

Frnger a dit que la chouette se rencontre maintes fois dans les oeuvres de Bosch, et que cet oiseau, qui peut voir dans la nuit, reprsente la connaissance des choses caches et la perception de l'invisible. La signification la plus profonde de la chouette, c'est sa sagesse, qui repose sur sa connaissance de la mort et sa conqute de la mort. Pour M. Rosenberg, la chouette est la personnification du pch, et Bosch a adopt une grande partie de la signification traditionnelle, mais en lui donnant une tournure spciale. Quoique l'interprtation de M. Rosenberg en ce qui concerne la chouette nous paraisse extrmement intressante, la thse de Frnger reste, pour nous, susceptible de rendre mieux compte de la signification des peintures de Bosch (Jean Lemaire de Belges, La concorde des deux langages, prsent par Marcel Franon, 1964 - books.google.fr).

L'olive est consacree ladite Deesse Pallas, cause que paix qui est entendue par l'olive quise par armes, et la Chouette est mise en sa tutelle, pource que l'homme prudent voit aussi cler de nuict que de iour en la difficult de ses affaires (Jean Lemaire de Belges, Les illustrations de Gaule et singularitez de Troye, 1559 - books.google.fr).

On retrouve l'ne

La rplique de Panurge AEditue suggre qu'il n'a racont tout cet apologue que pour demander indirectement matre Aeditue de lui fournir les moyens d'assouvir sa concupiscence, en l'occurrence chevaucher l'Abbegesse blanc plumage, cette conclusion n'est pas la seule possible, loin s'en faut. La pitrerie finale de Panurge, plutt que de restreindre le champ des possibles, le laisse grand ouvert. En fait, son refus de conclure son rcit par une maxime valeur universelle mine le didactisme sous-jacent toute entreprise apologique. L'interprtation littrale de maistre Aeditue que Panurge accrdite par sa rponse factieuse fait penser aux deux lectures divergentes de l'nigme en prophtie du Gargantua: le jeu de paume de frre Jean faisant diversion au dangereux decours et maintien de verit divine de Gargantua. Panurge, en refusant la morale conclusive, telle qu'elle serait normalement pratique par un colier conformment aux recommandations d'Hermogne, investit son rcit d'une polysmie, le faisant ainsi passer du genre de l'apologue univoque vers le genre voisin, en l'occurrence l'nigme, avec lequel il partage une frontire commune. Dans les interstices de ces deux genres limitrophes, il peut ainsi jouer sur diffrents niveaux de sens. [...]

C'est bien en tant qu'nigme que matre Aeditue interprte le rcit, en considrant que la figure de l'ne renvoie Panurge, lui imputant le dsir sexuel de l'ne sans autre effort d'abstraction. En ce sens, ce qui serait deviner, suivant la dfinition scaligrienne, ce serait l'identit vritable de cet ne symbolique, tout le reste de son comportement tant interprter littralement. Or, l'apologue de l'ne et du roussin ne constitue pas un simple rcit cl. Si la vrit selon chair, fonde sur le placere, qu'lucide Aeditue n'est pas exclue, elle n'est pas pour autant exclusive. Il faut en outre postuler la possibilit d'un discours sur le discours, conforme la nature hermneutique de l'apologue qui dissmine des signes ne renvoyant pas eux-mmes ni d'autres signes du mme ordre mais bien des ralits suprieures. [...] En marge de la vrit selon la chair d'Aeditue d'un Panurge thalamite (du grec thalamos chambre coucher), il serait difficile d'luder une vrit selon l'esprit d'un Panurge thlmite, surtout en replaant le chapitre VII dans le cycle de l'Isle Soitante, o la critique de la hirarchie catholique se fait particulirement vhmente. A cet gard, l'apologue, sur le mode du docere, ferait la critique du vu de chastet des ecclsiastiques et de la servilit des princes de l'Eglise (Claude La Charit, Panureg est-il thalamite ou thlmite ? Le Cinquiesme livre: actes du Colloque international de Rome (16-19 octobre 1998), 2001 - books.google.fr).

Panurge, Pantagruel et Frre Jean, abb de Thlme, descendent dans le temple souterrain de la dive bouteille par un passage aux murs duquel est peint le cortge de Silne sur son ne. On apprend que Chinon est la ville la plus ancienne du monde fonde par Can. Et que d'autres villes tiennent leur nom de leur fondateur comme Constantiniople de Constantin.

Papegau et chevche chez Rabelais

Aux premiers chapitres du livre, les hros abordent l'le Sonnante, mtaphore de l'Eglise et de ses cloches, o habitent plusieurs espces de volatiles comme le papegau et ce que Panurge prend pour une chevche.

Les deux papegaux du chapitre III (Ile Sonnante) dcriraient le schisme de Nicolas V, anti-pape, face Jean XXII, crateur du diocse d'Alet : les 2760 lunes depuis l'poque o Rabelais crit renverrait aux annes 1319-1337 suivant le nombre de lunes dans l'anne. Rabelais note que le schisme finit par la mort d'un des papegaux : Jean XXII retint enferm Pierre de Corbire, Franciscain rvolt, fait Antipape par l'Empereur Louis de Bavire, qui mourut en prison (Histoire des Ouvrages des Savans de la Grande-Bretagne, Volume 4, 1734 - books.google.fr).

Corvara, ou de Corvaro, est dans le diocse de Rieti, de cette mme rgion des Abruzzes d'o tait sorti saint Clestin V et o pullulaient les spirituels et les Zelanti (Revue des sciences philosophiques et thologiques, Volume 24, 1935 - books.google.fr).

Si l'on fait un petit dtour lexicologique, le mot papegai (XIIe s), est l'ancien nom du perroquet, probablement emprunt l'ancien provenal papagayl papagai, lui-mme emprunt l'arabe babaga, par l'intermdiaire du byzantin papagas ; on notera le redoublement de la syllabe pa ou son avatar pe qui renvoie peut-tre de manire onomatopique la parlure de l'oiseau. Quant la finale -gai, elle s'expliquerait plutt par l'influence d'un autre oiseau, le geai, que par l'association avec l'adjectif gai comme cela a pu tre soutenu. Parent phonique et lignage tymologique s'tablissent entre le geai et le papegai et de ce fait, le papegai subit par contre coup la mauvaise influence du geai connot ngativement et dcrit comme un beau parleur dont la parole n'est qu'emprunt, dont la parole est seconde. Ainsi, le geai (jaseur) vient se substituer au corbeau et au choucas pour incarner l'oiseau vaniteux qui se pare des plumes du paon, avant d'tre dmasqu comme faussaire. Voici le papegai ou papegau - ce dernier finit par s'imposer - associ l'ide de feinte, de fiction mensongre. On trouve notamment cette ide de manire trs allusive dans la description de la robe de Blonde Esmere sur laquelle le papegay ornemental figure ct de deux hapax que sont l'escramor et l'espapemot. Le papegau figure aussi sur le vtement de Peronne, l'aime du pote du Voir Dit, cette Pronne dont le nom connatra une ultime muance dans la pronelle en raison de l'influence des Lamentations Mattheoli (fin XIIIe sicle), texte dans lequel l'auteur brossait un portrait de Peronnelle sous un jour trs misogyne. Le passage de Pronne Pronnelle est d'autant plus intressant qu'il est le fruit d'un glissement antonomasique qui n'est peut-tre pas si anecdotique qu'il en a l'air et que le prnom Pronne est, comme le prnom Perroquet, un driv hypocoristique de Pierre (Patricia Victorin, Du papegai au perroquet, antonomase et parodie, Cahiers de recherches mdivales: CRM., Numro 15, 2008 - books.google.fr).

Le papegau est perroquet, pape et successeur de Pierre.

Toujours dans ce livre V, la fin, la nymphe Lotis y est mentionne, endormie puis avertie par le braiement d'un ne de l'assaut imminent de Priape, dans le chapitre traitant de l'emblmature qui rapporte le combat de Bacchus contre les Indiens.

A l'htel de Besenval

Dans l'htel de Besenval, le salon des perroquets ctoie la salle manger avec ses dessus de porte en stuc o "la chouette chevche d'Athna hulule tout ce qu'il y a de sage profiter des plaisirs de la vie" (Jean-Jacques de Dardel, L'htel de Besenval: sige de l'ambassade de Suisse en France, 2013 - books.google.fr).

L'actuel htel de l'Ambassade de Suisse fut construit pour l'abb Chanac de Pompadour par l'architecte Alexis Delamair, en 1705; cet architecte renomm fut aussi l'auteur des plans de l'Htel de Rohan et de l'Htel de Soubise (actuellement btiments des Archives nationales). En 1720, aprs la mort de l'abb de Pompadour, la maison revint ses nices puis fut vendue diffrentes familles de la noblesse franaise avant que le Baron Pierre-Victor de Besenval ne l'achte, en 1767. Il confia l'architecte Brongniart les travaux d'amnagement d'une salle manger. Au sous-sol, il fit amnager un nymphe dont la dcoration sera l'oeuvre du sculpteur Clodion. [...] L'amoral et anti-philosophe Besenval dcda dans son htel en 1791 en le lguant, ainsi que tous ses biens, au Marchal de Sgur (www.eda.admin.ch).

Dans son clbre ouvrage Alsatia Illustrata, Jean-Daniel Schoepflin cite 51 familles de nobles arrives aprs l'annexion, en dcomptant soigneusement celles qui ne dtenaient des charges militaires que d'une faon phmre. D'aprs cette numration, 26 familles s'taient tablies en Haute-Alsace, et 18 avaient t inscrites sur la matricule de la noblesse immdiate de la Basse-Alsace. L'immigration n'tait pas seulement alimente par les Franais venus d'outre Vosges mais revtait des traits internationaux: les Mackau, les Nardin, les Poltier, les Valcourt taient originaires de la Belgique, les Falckenhayn et les Glaubitz de Silsie, les Lowenhaupt de Sude, les Rosen de Livonie et les Callaghan, les Dillon et les Ocahan venaient d'Irlande. Un nombre considrable de familles immigres dtenaient dj la noblesse et n'avaient plus noblesse et n'avaient plus besoin que de faire agrer par la France leurs lettres de naturalit. La plupart des familles, cependant, taient d'origine bourgeoise et furent anoblies par le roi de France pour les services rendus dans l'arme, l'administration et l'conomie. Depuis le dbut du XVIIe sicle, la couronne procda quantit de lettres d'anoblissement. De 1648 1789 on peut compter 36 lettres de noblesse, dont 33 ont t enregistres par le Conseil souverain d'Alsace. Ces anoblissements se firent essentiellement par trois filires principales: l'arme, l'intendance, l'industrie. [...] Issus de la Suisse voisine les Reutner de Weyl de Durmenach et les Besenval de Brunnstatt s'tablirent dfinitivement en Alsace (Erich Pelzer, Nobles, paysans et la fin de la fodalit en Alsace, La Rvolution franaise et le monde rural: actes du colloque tenu en Sorbonne les 23, 24 et 25 octobre 1987, Volume 4, 1989 - books.google.fr).

En 1657 Martin Besenval, suisse de Soleure, achte la seigneurerie de Brunnstatt en Alsace en 1654 et comme il a t anobli par le roi de France en 1655, il portera, ainsi que ses descendants le nom de Besenval de Brunnstatt. Enfin, comble d'honneur, il obtient en 1653 une compagnie des gardes du Roi Paris qu'il ne commande pas personnellement (Revue suisse de numismatique, Volume 52, Schweizerische Numismatische Gesellschaft, 1983 - books.google.fr).

Jean Lemaire-Poussin et les chouettes de Constantin

Mais "J. POUSSIN" pourrait plutt renvoyer Jean Lemaire dit Lemaire-Poussin (Dammartin-en-Gole, 1598 - Gaillon, 1659), peintre franais du XVIIe sicle. Lemaire se rend Rome o sa prsence est atteste ds 1613. C'est l bas qu'il se lie avec Nicolas Poussin l'arrive de ce dernier en 1624. De retour Paris en 1639, il est rejoint par Poussin en 1640, qui le nomme son premier assistant dans la ralisation des dcors de la Grande Galerie du Louvre. Il repart en Italie en 1642 avant de revenir en France et de s'y fixer dfinitivement. Il est nomm gardien des tableaux du roi au Louvre et aux Tuileries, l'instigation de Franois Sublet de Noyers. Spcialiste des paysages et des architectures l'antique, habites de figures mythologiques drapes, Lemaire est un proche collaborateur de Poussin, et les deux artistes travaillent parfois de concert au sein du mme tableau, comme semble l'attester la correspondance de Cassiano dal Pozzo. Dans les annes 1640 - 1650, Lemaire approfondit le style hrit de Poussin, dans des rythmes svres et des compositions mesures, caractristiques de l'Atticisme qui se dveloppe alors Paris (fr.wikipedia.org - Jean Lemaire (peintre)).

Le chteau du Val de Ruel est un chteau situ Rueil-Malmaison. Aujourd'hui disparu, il a t, de 1633 sa mort, une des rsidences du cardinal de Richelieu qu'il avait achet en raison de sa proximit avec Saint-Germain-en-Laye Matre Pierre Payen, hritier de Jean de Moisset.

Richelieu fait agrandir la demeure par l'architecte Jacques Lemercier (vers 1585-1654), auquel il commande galement la faade de l'glise de Rueil. Les jardins du domaine sont dj clbres avant l'arrive du cardinal. Le nymphe une grotte artificielle avec retenue d'eau semble remonter au financier Moisset, ouvrage sculpt en 1608 par Jean Sjourn. Richelieu transforme le parc en une ferie de verdure et de jeux d'eaux : la grande cascade, l'orangerie, l'arc de triomphe, inspir de celui de Constantin Ier Rome, avec son mur aveugle peint en trompe-l'il par Jean Lemaire (1598-1659). De ces somptuosits presque royales, il ne demeure que les vestiges des pices d'eau, dans le parc Sandoz.

Il ne reste aujourd'hui encore du domaine le pavillon du Pre Joseph, o logeait et est mort le 18 dcembre 1638 l'minence grise du cardinal (fr.topic-topos.com - Nymphe de Rueil-Malmaison, (fr.wikipedia.org - Chteau du Val de Ruel).

L'arc de triomphe peint par Jean Lemaire Rueil avoue clairement sa rfrence antique, l'arc de Constantin Rome, malgr l'adjonction d'lments d'architecture de chaque ct ; or Jean Lemaire avait particulirement tudi l'arc de Rome. En 1644, visitant Rueil, Elie Brackenhoffer remarque, par ailleurs, deux chevaux au-dessus de cet arc. Ceux-ci n'apparaissent pas sur la gravure d'Isral Silvestre ; peut-tre s'agissait-il d'une dcoration qui fut phmre ? Cet arc de Constantin peint Rueil est cependant parfaitement identifiable par les visiteurs. John Evelyn remarque, en 1644: l'arc de triomphe de Constantin tel qu'il est Rome. Les visiteurs admirent aussi le paysage visible entre les arcades. Elie Brackenhoffer, toujours en 1644, souligne: on croit voir dans la campagne, on croit voir les nuages, tant ils sont peints au naturel . Cette reprsentation apparat comme l'illusion extrme ; les nuages, impalpables et fugitifs, tant totalement opposs aux architectures. [...]

Le plus beau compliment consistait comparer les ralisations modernes aux trompe-l'il antiques, en affirmant que le peintre du XVIIe sicle galait celui de l'Antiquit. La comparaison avec Zeuxis, par le biais de la fameuse anecdote des oiseaux, tait un topique de la littrature du XVIIe sicle. Sauval estimait que Jean Lemaire avait tromp les hommes, aussi bien que les oiseaux avec ses perspectives de Rueil et de Bagnolet. Les voyageurs visitant les jardins de Rueil reprenaient l'anecdote pour louer l'arc. [...]

John Evelyn, le 27 fvrier 1644, crivait : Le ciel & le paysage figur entre les arcades sont si naturels, qu'on a vu des hirondelles & d'autres oiseaux, croyant passer au travers, se tuer contre la muraille. Elie Brackenhoffer ajoutait : Et si Appelles [sic] avait peint si artiste- ment, que les hommes et les oiseaux s'y taient tromps, ceci ne doit pas tre moins estim, mais doit tre contempl avec la plus grande admiration, et tenu pour gal cela. Car on ne saurait tre certain si c'est de la pierre ou de la peinture avant de s'tre avanc tout prs pour le toucher. Cette excellente peinture a t excute il y a environ six ans par Mons. le Maire (Sabine Bouhedja, Perspectives en trompe-l'oeil et architectures feintes en le-de-France au XVIIme sicle, Imaginaire et cration artistique Paris sous l'Ancien Rgime (XVIIe-XVIIIe sicles): art, politique, trompe-l'oeil, voyages, spectacles et jardins, 1998 - books.google.fr).

L'arc de Ruel - Gravure de Gabriel Prelle d'aprs Isral Silvestre

LArc de Constantin est un arc de triomphe Rome, situ entre le Colise et le Palatin. Il se trouve de nos jours dans le rione de Celio, l'ancienne route des triomphes. Il fut construit par le Snat romain pour commmorer la fois la victoire de Constantin au Pont Milvius contre Maxence le 28 octobre 312 ainsi que ses 10 annes de pouvoir. Il fut plac prs du Colise et de la Meta Sudans, Constantin voulant associer son rgne celui de la dynastie flavienne qui avait rig ces monuments (fr.wikipedia.org - Arc de Constantin).

Le 28 octobre 312 tait le sixime anniversaire de l'avnement de Maxence, date favorable pour une victoire que Maxence imaginait lui tre promise ; de si brefs dlais, une telle issue ne pouvait se produire qu' la suite d'une bataille en rase campagne : il fallait donc pour Maxence sortir de Rome. Ces interventions d'un rve et d'un oracle semblent relles, puisque eux seuls expliquent le brusque revirement de Maxence et sa grave faute stratgique ; cf. Seeck, Geschichte..., I, p. 130-131. Ce n'est qu'alors que Maxence fit construire la hte un pont provisoire pour doubler le Pont Milvius, ou peut-tre pour le remplacer, si on admet que celui-ci avait t coup alors que Maxence songeait rester enferm dans Rome. D'aprs un relief de l'Arc de Constantin, le pont de pierre tait coup aprs la bataille ; il est logique d'admettre que c'est Maxence qui avait pris cette mesure de protection l'approche de Constantin, donc avant la bataille ; cf. Moreau, p. 436-437. Pour l'pisode des chouettes, que Zosime est seul mentionner, cf. P. Franchi de' Cavalieri (Constantiniana, Citt del Vaticano, 1953), p. 156-157 ; selon cet auteur, il s'agit d'une invention tardive, sans lien avec la vision de Constantin. Cette affirmation me parat aventure. Il convient tout d'abord de relever que Constantin, du Pont Milvius, n'tait nullement en mesure de voir un vol de chouettes sur les murs de Rome, distants d'au moins trois kilomtres. Nanmoins, dans le rcit de Zosime, le vol des chouettes st vu par Constantin. Dans ce rcit donc, ce vol ne fonctionne pas seulement comme un signe ngatif adress Maxence, mais encore comme un signe positif adress Constantin (Zosime, Histoire Nouvelle, Lettres: Livres I-II, Tome I, 2002 - books.google.fr).

Zosime est un historien grec du Ve sicle ou du VIe selon Andr Chastagnol , auteur de lHistoire nouvelle consacre aux derniers sicles de l'Empire romain. Zosime a vcu Constantinople sous les rgnes de Znon et d'Anastase Ier. Son rcit prouve par ailleurs qu'il tait paen une poque o le christianisme tait protg par l'Empereur (fr.wikipedia.org - Zosime (historien)).

Le 28 octobre, jour de la bataille du Pont Milvius, est une date nonagonale.

Ce n'est pas Minerve qui est reprsente sur l'Arc de Constantin mais une personnification de Rome en Amazone (Bulletin analytique d'histoire romaine, Volume 10, Association pour l'tude de la civilisation romaine, Universit de Strasbourg, 1975 - books.google.fr).

En 1775,le Pape Clment XII fit rparer l'arc de Constantin ; on y ajouta cette inscription : Arcum imp. Constantino M. erectum, ob relatam salutari crucis signo praeclatum de Maxentio Victoriam, etc. (Dictionnaire des controverses historiques, Encyclopedie theologique, Volume 66, Migne, 1866 - books.google.fr).