Partie XVII - Le Prieuré de Sion   Les axes   Axe du 7 mai : Barbe bleue et Ballets roses   
PRIEURE DE SION AXE 7 MAI GILLES DE RAIS BALLETS ROSES

Des axes nonagonaux du 7 mai passe par Azay-le-Ferron, Preuilly sur Claise, Saint Gervais les Trois Clochers (Vienne), Oiron, Thouars, Argenton-Château, Bouaye, Cholet, Clisson, Saint Michel Chef Chef.

Saint Michel Chef Chef

Le nom de Saint-Michel-Chef-Chef, dont l’étymologie est discutée, est une déformation de la forme ancienne Saint-Michel-de-Chevesché, issue du bas-latin Terra de Chevesché, ancien nom de la Pointe Saint-Gildas toute proche. Le terme Chevesché est une déformation de chevecier-chef, qui désignait naguère en langue ecclésiastique celui qui surveillait le chevet d'une église et qui, par extension, avait la garde du trésor. Ce dignitaire religieux qui percevait les revenus d'une abbaye (ici en l'occurrence celle de Pornic), logeait dans une chefferie (fr.wikipedia.org - Saint-Michel-Chef-Chef).

Saint Michel Chef Chef trouve place aussi au 8 mai, fête de l'apparition de saint Michel produite aux yeux d'un berger en 492, au sommet du mont Gargano, dans les Pouilles (Italie). Il serait apparu ensuite à saint Grégoire le Grand le 8 mai 590 au sommet du château Saint-Ange à Rome (fr.wikipedia.org - Michel (archange)).

En 1413, Saint-Michel échoit par échange à Guy de Laval, qui n’est autre que le père de Gilles de Retz, célèbre compagnon de Jeanne d’Arc, Maréchal de France, mais aussi célèbre, après la mort de Jeanne, par la peur qu’il fit régner sur le Pays de Retz par ses crimes d’enfants et la pratique de la sorcellerie qui le ruina. Après la mort de Jeanne d’Arc, il se retire dans ses terres et dépense son immense fortune. Saint-Michel fit partie de la débâcle et fut cédé, le 10 juin 1435, à Jean de Malestroit, évêque de Nantes, qui le convoitait depuis longtemps. Gilles de Retz fut brûlé à Nantes en 1440. En 1448, Saint-Michel est rendu aux sires de Retz, à Marie, fille de Gilles de Retz. Marie mourut en 1457 et Saint-Michel passa aux mains de René (frère de Gilles de Retz). Son fils André n’eut pas d’enfant, ce qui provoqua une crise de succession qui dura 46 ans (www.stmichelchefchef.fr).

Cholet

"La Rochejaquelein était d'un tempérament robuste, il maniait un cheval avec grâce, aimait passionnément la chasse et les exercices violens... Il svait une physionomie pleine de douceur et de noblesse, et un air guerrier; ses yeux, naturelleraent vifs, devenaient si ardens, si fiers au milieu d'une action, que son regard semblait alors le coup d'œil de l'aigle. Hors des combats, il s'abandonnait à la gaîté, à l'enjoumént de son âge, ne développant son grand caractère que dans les momens décisifs, dans les conseils, il avait toujours l'avis le plus sage; mais il cédait volontiers à l'opinion des chefs dont la maturité semblait annoncer plus de lumières et d'expérience. Décidez, disait-il, et j'exécuterai. Brûlant de l'amour de la gloire, il semblait, tel que nos anciens fireux, appartenir aux temps îéroïques de la chevalerie..." On exhuma ses restes en 1815, et on les déposa dans l'église paroissiale de Cholet. Le 7 mai 1817, ils furent réunis à ceux de ses ancêtres, à Saint-Aubin (Biographie universelle des hommes qui se sont fait un nom par leur génie, leurs talents, leurs vertus, leurs erreurs ou leurs crimes, Tome 3, 1845 - books.google.fr).

La guerre de Vendée, avec son héros Henri de la Rochejaquelein, n'est-elle pas un triomphe de la croix ? D'autres moins sanglants l'ont suivi: Migné (apparition le 1816 croix lumineuse près de Poitiers), La Salette, Lourdes, les Pèlerinages de pénitence avec leurs croix semées çà et là sur le sol de la France, nous rattachent toujours plus étroitement à la croix... Ce resplendissement de la croix imprimant sa marque à tant de pages sublimes de notre histoire... (Jérusalem, 1911 - books.google.fr).

Charette se retrouve à Legé (sur un axe nonagonal du 2 mai).

En 1793, la région de Legé était un des principaux foyers des guerres de Vendée contre la République : c’est le quartier général de Charrette. Le vaste territoire des Landes de Bouaine devient le refuge des Vendéens à chaque menace des Républicains. Ces derniers l'appellent "le sanctuaire de Charette" car "le Roi de Legé" vient s'y cacher avant les attaques contre Pont-James et quand il connaît des revers militaires. François Athanase Charette de la Contrie (2 mai 1763 à Couffé - 9 Germinal an IV (29 mars 1796) à Nantes) fut un militaire qui s'opposa, les armes à la main, à la République dans sa région du Sud de la Bretagne aux environs du département de la Vendée. Il fut l'un des meilleurs chefs de ce mouvement insurrectionnel appelé la Vendée militaire (1793-1800) (Synthèse : La Rose kabbalistique : Legé).

Thouars

La ville de Thouars fut définitivement rattachée à la France par Bertrand Du Guesclin le 30 novembre 1372. Annexée à la couronne de France, la vicomté perd peu à peu de son autorité et de son autonomie. Puis en 1397, sa puissance va à nouveau décliner avec la mort de sa vicomtesse Péronnelle de Thouars, dernière descendante de la famille. La branche ainée des Thouars s'éteint donc après six siècles d'existence. La lignée des Thouars disparue, la ville va passer à la famille d'Amboise mais pour très peu de temps, puisque après une série d'intrigues, le vicomte Louis d'Amboise va être dépossédé de ses terres par Louis XI. Avant de mourir, celui-ci décide de restituer la terre de Thouars à ses propriétaires légitimes et c'est ainsi Louis II de La Trémoille, petit-fils de Georges Ier de la Tremoille et de Louis Ier d'Amboise, qui récupère la vicomté (fr.wikipedia.org - Thouars).

Louis Ier d'Amboise projetait, avec André de Beaumont, seigneur de Lezay, et Antoine de Vivonne, d'enlever Georges Ier de La Trémoille, grand chambellan de Charles VII, et de conduire le roi dans sa seigneurie d'Amboise (fr.wikipedia.org - Louis d'Amboise).

En 1431, La Trimouille s'empara par stratagême de trois conjurés qui s'étaient alliés contre lui, avec le connétable : ils se nommaient Louis d'Amboise, vicomte de Thouars, André de Beaumont, chevalier, seigneur de Lezay et Antoine de Vivonne. Le 7 mai 1431, La Trimouille se fit délivrer par le roi des lettres de rémission. Dans ce texte, extrêmement curieux, que renferme le registre original du trésor des Chartes, La Trimouille fait une sorte de confession générale. Bien qu'avec des circonstances atténuantes, il s'y accuse de plusieurs crimes ou meurtres spécifiés, et accomplis par ses ordres; il y comprend implicitement beaucoup d'autres actes de concussion, violences, rapines. Les lettres se terminent par une abolition également générale, destinée à garantir l'impétrant contre toute poursuite (Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter: La Liborliére - Lavoisien, Tome 29, 1862 - books.google.fr).

Louis d'Amboise fut arrêté. Le parlement, qui siégeait alors à Poitiers, les condamna tous les trois, le 8 mai 1431, à la peine de mort. Lezay et Vivonne furent exécutés, mais Charles VII fit grâce de la vie à Louis d'Amboise. Il commua sa peine de mort, en prison à vie, et confisqua tous ses biens. Il fut emprisonné (fr.wikipedia.org - Louis d'Amboise).

Preuilly sur Claise

C'est probablement de la dernière gerbe qu'il s'agit aussi à Preuilly-sur-Claise, où, avant de se mettre à table, on place à la pointe du pignon de la grange une touffe formée d'un certain nombre d'épis de froment, et dans d'autres localités, à La Guerche. A Tournon, quand la moisson est terminée, un des moissonneurs fait une croix avec deux poignées de blé et la fixe au sommet d'un arbre ou, s'il n'y a pas d'arbre, au sommet d'un bâton planté dans le champ. Sur quoi, tout le monde crie javelot, javelot, à La Guerche lavelot, à Nouâtre havelot. On sait ainsi que telle ou telle ferme a fini de métiver (Arnold van Gennep, Manuel de folklore français contemporain, Volume 1, Numéro 5, 1951 - books.google.fr).

Sur la dernière charretée on emporte la dernière gerbe, ornée de fleurs et de rubans. Puis, le soir, on fait le « beurlot » ; on mange « l'oie de la métive ». (Mareuil, Céré). A Chédigny, cette gerbe, en forme de croix, s'appelle une « glène » ; on la suspend au-dessus de la cheminée. A Tournon-St-Pierre, à la fin des moissons, on fait une très grosse gerbe dite « la gerbe de la maîtresse ». Cette gerbe est placée sur une voiture et traînée par tous les bœufs, chevaux, ânes de la ferme. Le patron donne alors la pièce aux ouvriers. La coutume veut aussi qu'on donne au sacristain une gerbe de blé, comme il est de règle de lui donner des œufs de Pâques, de même qu'à l'enfant de chœur le mieux entendu dans les cérémonies religieuses. Dans certaines communes on fait des difficultés pour s'acquitter de cette redevance, si le sacristain n'a pas sonné les cloches durant les orages (Léon Pineau, Le Folklore de Touraine, Revue des traditions populaires: recueil mensuel de mythologie, littérature orale, ethnographie traditionnelle et art populaire, Volume 18, 1903 - books.google.fr).

C'est un seigneur d'Oiron, comte de Caravaz, qui aurait inspiré à Charles Perrault le nom du marquis de Carabas de son célèbre conte Le Chat botté. Le blé, ses produits dérivés et les activités qui s’en occupent sont au cœur du conte.

Le Christ, mourant sur la croix et ressuscitant, est lié au blé par l’intermédiaire de l’hostie, pain sans levain « grillé entre deux fers » (Thèmes : Oiron : Blé, fer et résurrection, Thèmes : Oiron : Le mythe d'Orion et l'Oiseleur, Le Cercle et la Croix des Prophètes : Le jardin d’Adonis : Onis et Rennes le Château).

L’examen de ce plan fait apparaître de nombreuses irrégularités : la construction de la nef ne suit pas le même axe que celle du chœur ; l’alignement des piliers de la nef souffre de nombreux désordres ; le carré du transept s’apparente à un trapèze ; la collatéral sud est beaucoup plus large que le nord. Ces asymétries de plan ont depuis longtemps fait l’objet de spéculations (www.preuillysurclaise.fr).

Nous n’avons examiné jusqu’ici que l’image du Christ, immobile, mort, dans nos nefs ; je vais vous entretenir actuellement d’un cas peu commun, d’une Eglise reproduisant non plus le contour du cadavre divin, mais bien la figure de son corps encore vivant, d’une église douée d’une apparence de motilité, qui essaie de bouger avec Jésus sur la croix. Il paraît, en effet, acquis que certains architectes voulurent feindre, dans la structure des temples qu’ils édifièrent, les conditions d’un organisme humain, singer le mouvement de l’être qui se penche, animer, en un mot, la pierre. Cette tentative eut lieu à l’église abbatiale de Preuilly-sur-Claise, en Touraine. Le plan couché et les photogravures de cette Basilique illustrent un intéressant volume que je vous prêterai et dont l’auteur, l’abbé Picardat, est le curé même de cette église. Vous pourrez alors aisément reconnaître que l’attitude de ce sanctuaire est celle d’un corps qui se tend de biais, qui s’éploie tout d’un côté et s’incline. Et ce corps remue avec le déplacement voulu de l’axe dont la courbe commence dès la première travée, va, en se développant, au travers des nefs du chœur, de l’abside, jusqu’au chevet dans lequel elle se fond, s’appropriant ainsi l’aspect ballant d’une tête. Mieux qu’à Chartres, qu’à Reims, qu’à Rouen, l’humble bâtisse qu’érigèrent des Bénédictins dont les noms sont ignorés, portraiture, avec le serpentement de ses lignes, la fuite de ses colonnes, l’obliquité de ses voûtes, l’allégorique figure de Notre-Seigneur sur sa croix. Mais dans toutes les autres églises, les architectes ont mimé, en quelque sorte, la rigidité cadavérique, le chef infléchi par le trépas, tandis qu’à Preuilly, les moines ont fixé cet inoubliable moment qui s’écoule dans l’Evangile de Saint Jean entre le « Sitio » et le « Consummatum est. » La vieille Eglise Tourangelle est donc l’effigie de Jésus crucifié, mais vivant encore (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, 1915 - fr.wikisource.org).

Azay le Ferron

Denis Bühler (1811 - 1890) et Eugène Bühler (1822 - 1907) sont des architectes-paysagistes français, issus d’une famille protestante d'origine suisse. Ils jouirent d’une gloire considérable au XIXe siècle et faisaient partie de l'élite de la profession. Les frères Bühler affectionnaient les paysages exotiques et le jardin paysager. Ils travaillèrent, entre autres, aux parc et jardins du Château d'Azay-le-Ferron (roseraie, jardin à la française, jardin paysagé, jardin de topiaires et de buis taillés, aux formes de pièces de jeu d'échec) ; au parc du Domaine de Palajanel sur la commune de Palaja dans l'Aude (fr.wikipedia.org - Denis et Eugène Bühler).

Gilles de Rais

Le satanisme, l'alchimie, la magie noire, les sacrifices supersticieux et toutes les sciences occultes du Moyen-Âge ont fasciné le très mystique catholique Joris-Karl Huysmans. Avec Gilles de Rais, la sorcellerie en Poitou, une plaquette hors commerce tirée en 1897 de ses travaux, il laisse exprimer son intense curiosité de ces phénomènes. Né en 1404 dans une famille de moyenne noblesse descendant de Du Guesclin, héritier dilapideur de la vaste baronnie de Retz située aux frontières du Poitou et de la Bretagne, seigneur de guerre devenu héros de la guerre de Cent Ans pour avoir combattu aux côtés de Jeanne d'Arc, élevé à la dignité de Maréchal de France par Charles VII, Gilles de Montmorency-Laval - plus connu sous le nom de Gilles de Rais ou, dans la légende populaire, sous le surnom de Barbe Bleue - est ce monstre médiéval aussi flamboyant que dépravé qui enlève, viole, supplicie, démembre et égorge quelque 140 enfants en invoquant le démon dans ses châteaux de Tiffauges et de Marchecoul. Arrêté en 1440 après une provocation contre l'Église, il est mis à la question par l'Inquisition et confesse: "Pour mon ardeur et délectation de luxure charnelle, plusieurs enfants, en grand nombre, duquel nombre je ne suis certain, je pris et fis prendre, lesquels je tuai et fis tuer, avec lesquels le vice et péché de sodomie je commettais sur le ventre desdits enfants, tant avant qu'après leur mort et aussi durant leur mort, émettais damnablement la semence spermatique [et] infligeais divers genres et manières de tourments, comme séparation du chef et du corps avec dagues et couteaux, d'autres avec un bâton leur frappant sur la tête violemment, d'autres les suspendant par une perche ou crochet en ma chambre avec des cordes et les étranglant, et quand ils languissaient, commettais avec eux le vice sodomique en la manière susdite, lesquels enfants morts je baisais, et ceux qui avaient les plus belles têtes et les plus beaux membres, cruellement les regardais et faisais regarder, et me délectais, et que très souvent, quand lesdits enfants mouraient, m'asseyais sur leur ventre et prenais plaisir à les voir ainsi mourir." J-.K. Huymans dresse le portrait de ce personnage sanguinaire, décrivant son monde de voluptés atroces, relatant sa série de crimes sadiques et son étrange procès devant une justice qui l'accuse d'être "hérétique, relaps, sortilège, sodomite, évocateur d'esprits malins, divinateur (Joris-Karl Huysmans, Gilles de Rais (1897), 2012 - books.google.fr).

Dans le roman Là-bas, Joris-Karl Huysmans dépeint Gilles de Rais comme être double — « fauve » et « esthète décadent » (fr.wikipedia.org - Gilles de Rais).

Gilles de Rais naquit au château de Machecoul ou dans celui de Champtocé, sur un axe du 19 mai comme Saint Jean Brévelay, à la fin de 1404 ou au commencement de 1405. Il était cousin d'Olivier de Clisson et arrière-neveu de Du Guesclin (Cohérence grand nonagone : Première Etoile : Rayon Edern).

Depuis la fin de la guerre de Succession de Bretagne en 1365, les princes issus de la maison de Montfort — Jean IV puis son fils et successeur Jean V — règnent comme ducs de Bretagne. Toutefois, les chefs de la maison de Penthièvre — descendants du candidat malheureux à la couronne ducale — fomentent une embuscade qui aboutit à l'emprisonnement du duc Jean V au château de Champtoceaux en février 1420. Les auteurs du guet-apens, Marguerite de Clisson et ses deux fils, Olivier, comte de Penthièvre et Jean de L'Aigle, bénéficient du soutien du futur roi de France, le dauphin Charles. Le 16 mars 1420, celui-ci approuve l'attentat commis par les Penthièvre sur la personne du duc mais il se rétracte le 8 mai 1420 en ordonnant aux frères Olivier de Blois et Jean de L'Aigle de lui remettre Jean V133,129. En effet, le sort des armes est favorable à la maison de Montfort, les places bretonnes des Penthièvre tombant l'une après l'autre. Rentré triomphalement à Nantes le 12 juillet 1420, le duc Jean V remercie Jean de Craon ainsi que « son [petit-]fils de Rays » « de leurs bons et notables services » en les dédommageant de leurs pertes par l'attribution de domaines saisis sur les prétendants vaincus. Le jeune Gilles accomplit peut-être ses premiers faits d'armes en prenant part au dernier grand conflit résiduel de la guerre de Succession de Bretagne (fr.wikipedia.org - Gilles de Rais, www.infobretagne.com).

Le comté de Richemont se trouvait dans le Yorkshire autour de la ville de Richmond. Patrimoine des ducs de Bretagne, il avait été confisqué par les rois d'Angleterre lors de la guerre de Cent ans.

Carte du Yorkshire - visiter-yorkshire.com

Pierre de l’Hospital, dont le blason porte un coq d'argent, président et juge universel de Bretagne de 1403 à 1444, condamnera au feu Gilles de Rais en 1440. Gilles de Rais est né à Champtocé (Maine et Loire) sur la diagonale du petit nonagone Lussan - Ploufragan et sur le rayon du grand nonagone allant à Edern comme Saint Jean Brévelay, dont la seigneurie du Pouldu était détenu par des Rohan alliés à la famille de l'Hopital (Le Prieuré de Sion : Prologue : Cassan ou les Quatre Couronnés).

Le mage italien Prélati témoigne lors du procès que malgré leurs promesses, leurs prières, leurs adorations, "malgré les saints noms invoqués, devant qui tout tremble au ciel et dans les enfers ; malgré la colombe, le pigeon, la tourterelle ou le coq offerts pour l'allécher, le démon demeura sourd à la voix de Gilles de Rais" (Eugène Bossard, Gilles de Rais, maréchal de France, dit Barbe-Bleue (1404-1440): d'après des documents inédits (1886), 1992 - books.google.fr).

Après plusieurs tentatives matrimoniales, Gilles de Rais finit par se fiancer avec sa cousine Catherine de Thouars, fille de Miles II de Thouars et de Béatrice de Montjean. Outre l'obstacle posé par la consanguinité de Gilles et Catherinen 17, des litiges opposent alors la maison de Craon à Miles II de Thouars, seigneur de Pouzauges et de Tiffauges. Négligeant ces contraintes et sans attendre de dispense ecclésiastique, Gilles enlève Catherine puis l'épouse dans une chapelle sise en dehors de son église paroissiale, sans publier de bans. En dépit d'un contrat de mariage établi le 30 novembre 1420, les deux jeunes gens voient leur union annulée et déclarée incestueuse par l'Église. Postérieurement au décès de Miles II de Thouars, des alliances matrimoniales finissent par rapprocher les maisons de Craon et de Thouars, contribuant ainsi à régulariser la situation de Gilles de Rais et Catherine de Thouars. Le 24 avril 1422, le légat pontifical s'adresse à Hardouin de Bueil, évêque d'Angers, afin que ce dernier prononce une sentence de séparation à l'encontre de Gilles et Catherine, leur impose une pénitence avant de les absoudre du crime d'inceste et de permettre leur mariage en bonne et due forme. Après avoir diligenté une enquête, Hardouin de Bueil marie en grande pompe Gilles et Catherine le 26 juin 1422 au château de Chalonnes-sur-Loire. Catherine donne à Gilles de Rais une fille unique, Marie de Rais (1429 ? - 1457), qui se mariera à l'amiral Prigent de Coëtivy puis au maréchal André de Lohéac, et qui succèdera à son père en tant que baronne de Retz.

Gilles de Rais se rallie au camp du roi Charles VII et du grand chambellan Georges Ier de La Trémoille, son propre cousin et allié.

Salomon Reinach et Fernand Fleuret défendent une thèse en faveur de l'innocence de Gilles de Rais, à savoir une machination judiciaire orchestrée par l'évêque-chancelier Jean de Malestroit, reprise par les romanciers Jean-Marie Parent et Roger Facon (fr.wikipedia.org - Gilles de Rais).

Gilles de Rais est du combat des Tourelles le 7 mai 1429 avec Jeanne d'Arc, lors de la bataille d'Orléans. Tiffauges se trouve sur un axe nonagonal du 5 mai, Machecoul sur des axes des 3/4 mai.

Lorsque, quittant Chéméré, vous prenez la route de Rouans, vous passez devant les Iles Enchantées, en forêt de Princé. A votre gauche, vous voyez ce qui reste de la splendeur du rendez-vous de chasse de Gilles de Rais : le chemin pavé, l'étang qui se comble, les vestiges d'un porche majestueux, et aussi les ruines d'une tour qui s'est effondrée il y a une quarantaine d'année (Émile Boutin, Pays de Retz, Noirmoutier, île d'Yeu, 1986 - books.google.fr).

Le château de Princé désigne un château situé à Chaumes-en-Retz (commune déléguée de Chéméré), route de Vue et dont il ne reste que quelques ruines. Le plus ancien château correspond au château féodal entouré de douves cité en 1382 : Jeanne Chabot, dame de Retz, surnommée Jeanne la Folle, y a vécu. En 1400, elle donne la seigneurie de Princé à son petit-fils, Guy de Laval. Il a donné son nom à une tour du château de Princé de cinq étages, « la Tour de Barbe-bleue », dont les ruines ont disparu au début du XXe siècle ; une petite tour d'angle, nommée « la chapelle » est encore visible sur le terrain (fr.wikipedia.org - Château de Princé).

Le château de Princé délaissa au début du XVII° siècle son allure médiévale, pour se parer des beautés architecturales et pastorales de la Renaissance. C’est Henry de Gondy, le cousin du cardinal de Retz, qui fait dessiner les jardins et les plans d’eau de Princé, là où le poète Saint-Amand aima venir se reposer au doux bruissement des eaux attiédies des jardins d’Arcadie. Le bassin des nymphes de Princé semble envoûtant, avec ses degrés taillés dans la pierre, paré de buis centenaires. Les Iles enchantées nous paraissent, à côté du château, bien mystérieuses. A l’origine dessinées dans une clairière, les voici aujourd’hui envahies par les arbres séculaires alors que la forêt qui les enserrait est entièrement disparue, laissant la place à des blés mûrissants. Il s’agit d’un véritable espace artificialisé (www.shpr.fr - Société des historiens du Pays de Retz - Princé et les Iles enchantées).

Le territoire de la Forêt de Princé est traversé par des axes nonagonaux du 7 mai.

Contes de Perrault

Le comte de Caravaz, un Gouffier seigneur d'Oiron, a inspiré Charles Perrault pour le conte du Chat Botté. On dit aussi que Gilles de Rais lui inspira celui de Barbe bleue.

Perrault apparaît dans Le Serpent rouge au signe du Capricorne (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Capricorne).

Le Petit Poucet, Barbe Bleue, Riquet à la Houppe, le Chat Botté ont fourni aux partisans de la mythologie solaire autant d'occasions d'errer lamentablement, Le Petit Poucet et ses frères seraient d après eux les sept rayons de l'aube, ou les sept Rishis des Védas; notez que les variantes qui parlent de sept frères sont de beaucoup les moins nombreuses, on en rencontre le plus souvent deux ou trois. Barbe-Bleue allégorise le soleil qui tue chaque jour l'Aurore, sa nouvelle épouse. Riquet à la Houppe rappelle, paraît-il, le prince Grenouille, c'est-à-dire le soleil qui le matin sort des eaux et le soir y descend. Le Marquis de Carabas qui, lui, vraiment sort de l'eau, car il fait semblant de se noyer sur les conseils du Chat Botté dut être à l'origine une image du soleil levant. Il est vrai que l'on peut en douter et que l'on n'y a point manqué. Gaston Paris qui prétendait avoir retrouvé le Petit Poucet et ses frères dans la Grande Ourse en a ri tout le premier (Pierre Saintyves (1870-1935), Les contes de Perrault et les récits parallèles: leurs origines (coutumes primitives et liturgies populaires) (1912), 1990 - books.google.fr).

C'est du pays de Rais que Gilles de Laval, le héros de cette histoire, resté fameux sous le nom terrible de Barbe-Bleue, obtint le titre de baron de Rais, sous lequel il est plus habituellement désigné, et qu'ont rendu impérissable ses extravagances, ses crimes [dans ses châteaux de Machecoul, Chantocé, Princé] son procès et sa mort. [...] Le nom de Rais (au Moyen-Age, en latin, Radesie, et en français Raiz, Rays, Rayx, Rais, et enfin Retz, selon l'orthographe moderne), paraît dérivé du nom d'une ville gauloise, Ratiastum ou Ratiatum, dont on recherche vainement, aujourd'hui encore, les vestiges, même après les les fouilles et les dissertations de quelques savants, MM. Dugast-Matifeux, Bizeuil et autres. Nous avons adopté pour l'orthographe la forme Rais : d'abord, c'est l'orthographe exacte au temps de Gilles, car l'orthographe moderne a été inaugurée en 1581, par l'acte de constitution qui éleva la baronnie à la dignité de duché-pairie qui passa à la famille italienne de Gondi à laquelle appartient le Cardinal de Retz (Eugène Bossard, Gilles de Rais, maréchal de France, dit Barbe-Bleue (1404-1440): d'après des documents inédits (1886), 1992 - books.google.fr).

Autour des ruines de son château de Chantocé circule encore dans le peuple le souvenir de ses crimes. Je cite ceci seulement parce que l'abbé Bossard a fait remonter à ce personnage historique, Gilles de Rais, le conte de Barbe-Bleue. Dans cette forme, ceci est une hypothèse non-prouvée et insoutenable. Le conte de Barbe-Bleue est, comme nous l'avons vu, non seulement français, mais répandu dans toute l'Europe, et des assassins comme le maréchal de Rais il y en a eu beaucoup et partout. Il n'existe aucun argument valable pour retenir cette personnalité historique de la masse de tels malfaiteurs. La matière de la ballade populaire est tellement généralement humaine, qu'elle ne peut être située localement. Le conte Barbe-Bleue de Perrault - nous arrivons aussi à ce résultat - est né de l'amalgame, de la contamination de deux récits différents, un mythe du démon infernal et une histoire d'assassinat existante dans les chansons et les contes populaires. Les deux récits se sont attirés réciproquement et se sont combinés par ce qu'ils avaient par hasard un motif en commun, l'assassinat de femmes. Dans la version de Perrault, l'épreuve de l'obéissance provient du mythe, alors qu'au contraire le début et la fin du conte, c'est-à-dire la figure du chevalier Barbe-Bleue et ensuite la scène de la tour, qui rappelle les trois appels à l'aide des ballades populaires, tout comme la mort de Barbe-Bleue par les trois [sic] frères, tirent leur origine d'une histoire d'assassinat. Sans l'épreuve de l'obéissance, le récit n'aurait pas été un conte, mais une simple histoire criminelle.

Certains indices font penser que la personne de Gilles de Rais et de ses crimes n'était pas inconnue à Perrault dont la famille était originaire de Tours, donc proche du Poitou et de la Vendée. A-t-il pu avoir connaissance du texte du procès de 1440 ? Ce procès a circulé en copies manuscrites en France dès le XVIe siècle, mais c'est surtout au XVIIe et au XVIIIe siècles que le nombre de manuscrits a augmenté de façon impressionnante. Aujourd'hui nous connaissons plus de vingt manuscrits des deux procès, le procès canonique et le procès civil. Bon nombre de contemporains de Perrault et notamment des avocats ou des magistrats possédaient une copie du procès, copie qui appartenait le plus souvent à un ensemble de procès célèbres de l'histoire et fournissant matière à jurisprudence. N'oublions pas que Charles Perrault et deux de ses frères avaient suivi des cours de droit. Un autre manuscrit, le ms. fr. 16541 de la Bibliothèque nationale, ayant appartenu au cardinal César d'Estrée, académicien lui aussi, contient plusieurs procès dont celui de Gilles de Rais. Nicolas-Joseph Foucault (1643-1721), avocat, maître des requêtes de l'hôtel du roi en 1666, avocat général du grand conseil en 1671, intendant de Poitiers en 1685, conseiller d'État en 1712 et chef du conseil de Madame, personnage connu pour son goût des antiquités, possédait aussi dans sa bibliothèque un manuscrit du procès (Bibliothèque de l'Arsenal, ms. 3703). En 1701, il devint académicien honoraire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, la petite Académie dont Perrault avait été membre fondateur24. Il circulait aussi les éditions courantes d'écrits que des historiens contemporains de Gilles de Rais lui avaient consacrés : Monstrelet depuis 1572, Jean Chartier, édité par Denis Godefroy, depuis 1661. Ce même Godefroy avait publié en 1658 une Histoire des connétables, des maréchaux... de France qui rappelle que Gilles de Laval, seigneur de Rais, avait été « brûlé vif pour avoir été convaincu de crimes énormes ». L'histoire de la maison de Laval et de Rais était bien connue au XVIIe siècle, car le généalogiste André Duchesne l'avait incluse dans son Histoire généalogique de la maison de Montmorency, parue à Paris en 1624. Perrault avait lu le livre de Duchesne pour se documenter sur le maréchal de Luxembourg dont il avait fait l'éloge dans le premier volume de ses Hommes illustres paru en 1696 : or le maréchal était né François Henri de Montmorency-Bouteville (1628- 1695), descendant de la même famille que les ancêtres de Gilles de Rais. Il avait, en outre, la possibilité de se documenter dans les Grandes Croniques de Bretagne d'Alain Bouchard (1514) et de Bertrand d'Argentré (1582), sans oublier l'Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne du père Du Paz (1624). Enfin, une notice sur Enfin, une notice sur Gilles de Rais apparaissait dans Y Histoire de Charles VII, que Nicolas Baudot de Juilly (1668-1759) publia à Paris en 1696. Dans cet ouvrage, le maréchal de Rais était accusé du meurtre de soixante jeunes garçons et jeunes filles, « et même plusieurs femmes grosses, du ventre desquelles il arrachait le fruit ». Par ailleurs, l'époque de Charles VII et la figure de Jeanne d'Arc étaient revenues à la mode lors des guerres de Religion et des troubles de la Fronde, qui rappelaient, par certains côtés, la guerre de Cent Ans. Le protecteur de Perrault, le poète Jean Chapelain (1595-1674), l'homme qui l'avait recommandé à Colbert, était précisément l'auteur d'un poème La Pucelle ou la France délivrée.

Perrault introduit son personnage de Barbe bleue ("Il était une fois un homme qui avait de belles maisons à la Ville et à la Campagne, de la vaisselle d'or et d'argent; des meubles en broderie, et des carrosses tout dorés ; mais par malheur cet homme avait la Barbe bleue") par les mêmes termes dans lesquels deux historiens de la Bretagne parlent de Gilles de Rais, D'Argentré en 1582 : « De grand bien et riche entre les plus, ayant de belles maisons. » Du Paz, un autre historien breton, qui publiait son ouvrage quarante ans plus tard, a repris D'Argentré en assurant ainsi à sa formule une plus large diffusion : « Ayant de belles maisons, terres et seigneuries ». Or Perrault avait lu ces historiens pour préparer ses ouvrages historiques. Nous revenons ainsi à la question déjà posée à la fin du précédent chapitre : pourquoi Perrault n'est-il pas plus explicite à propos de Barbe-Bleue et de ses liens avec l'histoire de Gilles de Rais ? A la lumière de tout ce que nous savons sur cette époque, il est aisé d'y répondre. Gilles de Rais était pédophile, sacrifiait des enfants et des fœtus et se servait de leur sang pour invoquer Satan, réplique exacte des messes noires auxquelles s'adonnaient Mme de Montespan, l'abbé Guibourg, la Voisin et les autres accusés traqués par « la chambre ardente ». Évoquer de telles pratiques était absolument impossible à Paris en 1695, lorsque les échos de cette ténébreuse affaire n'étaient pas encore éteints. D'autre part, le manuscrit de 1695 des Contes en prose était dédié à Mademoiselle, la fille de Philippe d'Orléans dit Monsieur, frère cadet de Louis XIV. Or Philippe était homosexuel et entouré par une véritable cour de mignons auxquels il faisait des dons somptueux, au grand dam de son épouse qui ne cessait de s'en plaindre. En 1705, après la mort de son mari, Madame Palatine dressait un tableau hallucinant de la situation de la cour de France : « Celui qui voudrait détester tous ceux qui aiment les garçons ne pourrait pas aimer ici [...] six personnes. Il y en a de tous les genres. Il y en a qui haïssent les femmes comme la mort et ne peuvent aimer que les hommes. [...] D'autres aiment seulement des enfants de dix ou onze ans, d'autres des jeunes gens de dix-sept à vingt-cinq ans et ce ne sont les plus nombreux. » On comprend donc pourquoi Perrault a évité toute allusion explicite à un personnage comme Gilles de Rais. Tout comme pour les bottes de sept lieues que le Petit Poucet (personnage auquel il semble s'identifier) vole à l'ogre (personnage ayant les traits de Louvois) (Matei Cazacu, Gilles de Rais (1998), 2005 - books.google.fr).

Henri VIII d'Angleterre, qui eut six femmes et dont deux furent condamnées à mort pour adultère et trahisons (respectivement Anne Boleyn et Catherine Howard), est un modèle très vraisemblable du personnage de Barbe-bleue. Thomas Wyatt, poète anglais, amoureux aussi d'Anne Boleyn, dut céder devant le roi. Anne fut décapitée deux jours plus tard, le vendredi 19 mai, jour nonagonal, axe de Saint Jean de Brévelay qui doit son nom à saint John of Beverley, ayant demandé que le bourreau, qui dut venir de Calais, ce qui retarda l’exécution d’un jour, soit armé d’une épée et non d’une hache (Voyage dans le temps : Anne Boleyn, Le Prieuré de Sion : Prologue : Diététique mérovingienne : Anthime).

Saint Jean de Beverley est fêté le 7 mai et non le 19. Mais un autre saint anglais trouve place en ce jour : Dunstan. Un roi anglais lancastrien et contemporain de Gilles de Rais, Henri V, avait reconnut une dette envers saint Jean de Beverley pour sa victoire à Azincourt, le 25 octobre 1415, jour d'une des fêtes du saint.

Soulignons aussi l'intérêt pour les saints anglo-saxons [...]. A la dévotion pour saint Georges qu'avait Henri V (qui fut à l'origine de la promotion de sa fête parmi les plus solennelles), il faut ajouter l'admiration du roi pour saint Dunstan, moine, archevêque de Canterbury et réformateur de l'Eglise au Xe, dont la fête fut promue au rang de duplex en 1414. Cette « promotion » reflète les intérêts d'un roi qui désirait encourager l'idéal monastique en Angleterre, qui essaya de réformer l'ordre bénédictin (celui de Dunstan) en 1421, et qui voyait en Dunstan, qui avait tant fait pour favoriser la monrachie cinq cents ans plus tôt, un pilier de l'institution contemporaine (Christopher Allmand, Les saints anglais et la monarchie anglaise, Saint-Denis et la royauté: études offertes à Bernard Guenée, 1999 - books.google.fr).

Gilles de Rais et l'axe du 7 mai

Le roi recourut alors à tous les moyens en son pouvoir pour se renseigner aussi complètement que possible. Il dépêcha à Domremy pour recueillir les informations concernant les origines de Jeanne. Il prescrivit un examen physique en en vue d'établir s'il s'agissait d'un homme ou d' une femme et, dans ce dernier cas, si elle était vierge.

La virginité de Jeanne d'Arc fut reconnue à Poitiers après un examen intime que lui firent subir Jeanne de Preuilly, femme de Raoul de Gaucourt, gouverneur d'Orléans, premier chambellan du roi, et Jeanne de Mortimer, femme de Robert le Maçon, suivantes de la duchesse Yolande, belle-mère de Charles VII (Ferdinand de Liocourt, La mission de Jeanne d'Arc, Tome 2, 1974 - books.google.fr).

Le Preuilly en question est bien Preuilly sur Claise en Touraine. Jeanne de Preuilly est fille de Gilles de Preuilly, mort au combat de Saint Cloud en 1412, baron de Preuilly, seigneur de La Roche-Posay et Azay-Le-Ferron, partisan Armagnac du duc d’Orléans. Ses domaines sont alors confisqués par le Roi Charles VI, sous influence Bourguignonne, et confiés à Philibert de Naillac, Grand-Maître de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Charles VI lui restitue ses domaines le 22/08/1412 ; la tutelle des filles de Gilles est confiée à Gaucher d’Aubin, seigneur de Malicorne. Il épouse Marguerite de Naillac (vers 1385 - 1421), fille de Guillaume, vicomte de Bridier, seigneur du Blanc, en Berry, et de Jeanne Turpin (racineshistoire.free.fr - Preuilly).

En septembre 1439 eut lieu une rencontre entre Jeanne des Armoises, qui se dit Jeanne d'Arc, et Charles VII, à Orléans, dans les jardins de l'intendant Jacques Boucher. Ce contact est noté par Guillaume Gouffier, chambellan du Roi : "Jeanne vint droit au Roi, ce dont il fut ébahi et ne sut que dire, sinon en la saluant bien doucement et lui dit : “Pucelle, ma mie, vous, soyez la très bien revenue, au nom de Dieu qui sait le secret qui est entre nous ". Alors elle se mit à genoux..."Etaient présents à cette entrevue Jean Dunois, Charles d'Anjou, le sire de Chaumont, l'archevêque de Vienne, Jean Rabateau, chez qui Jeanne avait logé à Poitiers en 1429, et Regnault de Chartres, archevêque de Reims. Tous ces hauts dignitaires qui connaissaient bien la Pucelle ne pouvaient se méprendre car ils avaient un passé en commun. Charles VII qui préside un conseil le 24 août et quitte Orléans le 5 septembre doit bien évidemment rencontrer la Dame des Armoises pendant cette période. La réception du 4 septembre a sans doute été l'occasion pour toutes ces personnalités de se retrouver. Ce voyage de la Dame des Armoises à Orléans n'est remis en cause par aucun historien. "Dame Jehanne, Noble Princesse Très Noble et Puissante Dame Très Noble et excellente Princesse." Telles seront les expressions lancées quelques jours plus tard, en présence du roi, qui est revenu le 30 septembre 1439 à Orléans pour les Etats Généraux, de la reine Marie, de Yolande d'Anjou, et de toute la Cour. En effet, un spectacle devait être donné en plein cœur de la ville par Gilles de Rais : le "Mystère du Siège d'Orléans", où Gilles était glorifié par un rôle spécial (www.jeannedomremy.fr - Armoises, Voyage dans le temps : Gilles de Rais).

Oiron, après avoir appartenu à la maison de Thouars, puis à celle d'Amboise, fut confisqué sur Jean de Xaincoins par le roi Charles VII, qui, le 17 décembre 1449, en fit don à son premier chambellan, Guillaume Gouffier (Revue des sociétés Savantes des Departments, 1878 - books.google.fr).

Régime alimentaire

Michel Tournier avait déjà vu le lien du régime alimentaire viande-lait avec le statut d'ogre.

Abel Tiffauges s'aperçoit peu à peu de sa faim perpétuelle, et surtout de son amour immodéré pour la viande crue. Il insiste sur le mot amour : « Je crois même que je pourrais égorger de mes mains, et manger avec un affectueux appétit, un animal que j'aurais élevé et qui aurait partagé ma vie. Je le mangerais même avec un goût plus éclairé, plus approfondi que je ne fais d'une viande anonyme, impersonnelle. » Une forme d'amour, oui, mais assez inquiétante. Ce n'est peut-être pas un monstre, mais il l'est aux yeux des autres, parce qu'il n'est pas, comme il dit « semblable à ses semblables ». Un monstre, du verbe latin monstrare. Ce qu'on exhibe, ce qu'on montre du doigt, avec un mélange de réprobation et de curiosité. Sans qu'on puisse déceler chez lui la moindre cruauté ni le moindre sadisme. Un être anormal, donc solitaire. Il ne boit que du lait, et cette nourriture transforme sa silhouette : il pèse cent dix kilos, tout en muscles, et possède une force peu commune (Pierre Maury, M. Tournier ou la perversion du mythe, Revue Générale, n°1, janvier 1977 - books.google.fr).

César, au sujet des Bretons, parle de leur nourriture, viande et lait, et de la teinture au pastel de leur peau ce qui les rend terrifiant, comme le bleu de la barbe de Barbe bleue le rend "si terrible". Ce régime est celui des loups selon le médecin Anthime qui dédia une lettre sur la diététique au roi Thierry Ier, fils de Clovis (Le Prieuré de Sion : Prologue : Diététique mérovingienne : Anthime).

Le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) est une plante tinctoriale qui donne un beau bleu. C’est une bisannuelle ou une vivace de courte vie. Le pastel peut atteindre 1,50m de haut et a de multiples petites fleurs jaunes en mai. Sans doute originaire des environs de la Mer Noire, il a été introduit en Europe lors des grandes migrations. A l’Age du Bronze déjà, on le trouvait de la Norvège à l’Inde. Les Romains n’en obtenaient qu’un bleu terne pour teindre les vêtements de travail des artisans et des paysans. De toute façon, ils n’aimaient pas le bleu, qu’ils associaient à leurs ennemis, les barbares celtes ou germains. Les Celtes aimaient tant faire usage de la couleur qu’un peuple parmi eux portait le nom de Pictons (= ceux qui se peignent), d’où est dérivé le nom de la ville de Poitiers. Mais certains contestent cette étymologie et considèrent qu’elle ne s’applique qu’aux Pictes d’Ecosse. Par ailleurs, le Dictionnaire National de BESCHERELLE (1848) donne l’étymologie du mot “Breton” : chez les anciens Bretons, le mot brith, d’où est tiré « Breton », signifiait pictus, peint. Le bleu pastel s’obtient à partir des feuilles de la plante, que l’on fait macérer pour donner une pâte, d’où le nom “pastel”. Avec la pâte, on fait des boules, ou coques, d’où l’expression “pays de cocagne”, car la culture du pastel a fait vers 1500 la fortune d’une zone située entre Toulouse, Albi et Carcassonne (www.jardirom.net - Pastel des teinturiers).

Gustave Doré - Mort de Barbe Bleue - fr.wikipedia.org - La Barbe bleue

Les deux sauveurs transpercent simultanément le corps de Barbe Bleue au même endroit du corps. On peut supposer alors que les lames atteindront le cœur car, sur le plan droit qui forme un rectancle, le mur d'un escalier, Gustave Doré a dessiné une longue épée où s'empale un cœur, épée autour de laquelle s'enroule un serpent. Le graveur semble avoir voulu reproduire l'image du caducée, mais y a ajouté un cœur transpercé. L'épée placée ainsi, comme en redoublement de l'assassinat de Barbe Bleue, suscite des interrogations sur la valeur de cet acte que Perrault présente pourtant comme une bonne action. Qu'exprime ce signe riche en significations antiques et bibliques ? Son étymologie de « bâton de héraut » (diren karukeion), nom du messager officiel, notamment à la guerre ou dans les relations diplomatiques, puis de poète et chanteur dans l'Antiquité gréco-latine, ne renvoie pas clairement à la réalité de Barbe Bleue. Mais si l'on relie ce personnage à Gilles de Rais, le Maréchal de France, porteur de message et homme de confiance de Charles VII, on peut alors comprendrepourquoi cette image est présente dans la demeure de Barbe Bleue. Gilles de Rais est une figure de la haute noblesse de Bretagne et se caractérisait par sa finesse de lettré et son raffinement en matière d'art et de cérémonie religieuse. [...] Barbe Bleue conserve les corps sanglants des femmes, réduites à de la viande de boucherie, au même titre qu'un individu atteint de boulime aiguë, se constitue symboliquement des provisions d'amour. [...] Gustave Doré, par la réduplication d'une gravure du Chat botté dans Barbe Bleue, établit un lien entre l'ogre du premier et Barbe Bleue. Il s'agit bien d'un « mangeur» d'êtres humains. Ces plats gigantesques laissent à penser que, comme tout ogre, Barbe Bleue est monumental et se repaît de chair humaine (Brigitte Cassirame, Les visages de la mélancolie, Volume 1, 2008 - books.google.fr).

« On voit encore aujourd'hui, dit Guépin, sur les ponts de Nantes, en face de l'hostel de la Boule-d'Or, les restes d'un monument expiatoire élevé sur le lieu du supplice de Gilles de Retz. C'est une niche dans laquelle se trouvait la statue de la Vierge, connue vulgairement sous le nom de bonne Vierge de Crée-lait, que la niche a conservé, quoique la statue n'existe plus. Une croyance populaire lui accorde la vertu de donner du lait aux nourrices, et l'on y voit de temps en temps du beurre et d'autres offrandes. » (Pierre dit Pitre Chevalier, La Bretagne ancienne et moderne, 1844 - books.google.fr).

Bellemin-Noël résume cette étape essentielle par laquelle passe tout homme et que justement Barbe Bleue ne dépasse pas : "Le bébé est dès le départ une bouche qui demande du lait. La tétée associe le contact des lèvres avec le sein, le comblement de la cavité buccale, l'écoulement ressenti du liquide le long des muqueuses et le sentiment obscur de s'accroître de ce qu'on absorbe. Être aimé, d'abord, c'est être rempli ». Cette dernière phrase résume parfaitement le manque de Barbe Bleue et de tout ogre qui se remplit de toutes sortes de nourriture, y compris humaines, faute d'avoir été « rempli » soi-même, c'est-à-dire aimé (Brigitte Cassirame, Les visages de la mélancolie, Volume 1, 2008 - books.google.fr).

Le sang coula, chez Barbe-Bleue, — aux abattoirs, — dans les cirques, où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres. Le sang et le lait coulèrent (Après le déluge, 1873).

Déjà se ternit la pureté liquide, l'innocence du premier jour, regrettée par les enfants en deuil qui recourent à l'illusion des images dans leur maison encore humide du déluge (Arthur Rimbaud, Illuminations, 1969 - books.google.fr).

« Le sang coula » mais la notion « Barbe Bleue » appelle la notion de «lait» (celle de ses femmes) présentant une autre justification pour le lait. « Le sang et le lait coulèrent », résumant ainsi la symbiose de la vie et de la mort. Remarquons aussi sur un autre plan que les couleurs mises en évidence sont le bleu, le blanc et le rouge. Au-delà de la coïncidence nous savons que les notions religieuses et patriotiques sont des préoccupations constantes chez Rimbaud (Alexandre Amprimoz, Après le déluge (Analyse textuelle directe), Rimbaud vivant, Numéros 1 à 16, Amis de Rimbaud, 1973 - books.google.fr).

Orion

Au sujet de l'inspiration "cosmogonique" des noms des pièces centrées sur le ciel, La Nuit de Noël 1914, L'Ours et la Lune et Le Père Humilié de Paul Claudel, l'astrologue belge Philippe de Cherisey a pu écrire : "le calembour ORION-ORSA" correspond à "une opposition de la nébuleuse d'Orion avec la Polaire de l'Ourse. Le nomade famille HOMODARMES est à lui seul le signal d'Orion, l'homme à l'épée. En situant la scène à Rome un 5 mai, Orion n'y est plus visible et n'y reparaîtra qu'à la mi-novembre, 6 mois plus tard, soit en extrême fin de l'automne. Très approximativement, l'on peut poser : ORION = ORSO qui entre discrètement ; ORSA = ORIAN présent dans toute nuit. Pour compléter le jeu une nuit du 5 mai réclame quelqu'un qui se déguise en automne, soit Sichel. ORSA devait être URSA, l'Ourse latine. Un "U" est fautif, Lady "U" y supplée." (Lettre inédite à M. Malicet) (M. Brethenoux, Pour une lecture astrale de Paul Claudel, Hommages à Jacques Petit, Tome 1, 1985 - books.google.fr).

L'axe du 7 mai marque donc la disparition d'Orion pour 6 mois. Orion, le chasseur de gibier (viande), qui se retrouve dans le nom d'Oiron, l'homme à l'épée, épées qui tue Barbe bleue.

Orion est une constellation censée avoir disparu du ciel le 11 mai (milieu des Lemuria).

Si au milieu de ces fêtes tu cherches à voir Orion le Béotien, tu le feras en vain ; mon poème dira l'origine de cette constellation. Jupiter et son frère, qui règne sur l'immense océan, ainsi que Mercure suivaient ensemble le même chemin. C'était l'heure où l'on rentre les charrues retournées sur le joug, et où l'agneau se penche pour boire le lait de la brebis repue (Ovide, Fastes V - MAI, Du 3 au 11 mai (5,379-544) - bcs.fltr.ucl.ac.be).

Marie Miguet voit dans la fonction phorique d'Orion, « la première figure du Christophore dont Orion a déjà le gigantisme et la faculté merveilleuse de traverser l'eau ». Mais Saint-Christophe réintroduit le motif de l'Ogre solaire, contre-figure de l'Autre dévorateur sombre. Le Prince de Griselidis devient cette figure ambivalente du mangé et du mangeur, d'un Gilles de Rais bienfaiteur et compagnon de Jeanne la Pucelle et ogre de jeunes enfants après la mort de la Sainte (Brigitte Cassirame, Les visages de la mélancolie, Volume 1, 2008 - books.google.fr).

Michel Tournier dans une remarque du Vent Paraclet compare Abel Tiffauges à Orion du fait de sa mauvaise vue. Marie Miguet pousse la comparaison plus loin relevant qu'Abel, passionné de chasse, est un copié collé du criminel Eugen Weidmann, dernier guillotiné en public en 1939, dont le nom signifie "chasseur" et qui a tué 7 personnes comme Orion pourchasse les 7 Pléiades ; le héros du Roi des Aulnes, garagiste, rêve à s'envoler dans les étoiles ; sa mère est complètement ignoré, comme le père nourricier d'Orion se passe de femme pour procréer un fils par l'intermédiaire des trois dieux Zeus, Poséidon et Hermès (Marie Miguet-Ollagnier, Métamorphoses du mythe, Volume 628, 1997 - books.google.fr).

Ballets roses ou PS : de Pierre Sorlut au Prieuré de Sion

L'affaire dite des « ballets roses » est une affaire de mœurs pédophile qui défraya la chronique en France en 1959. Cette expression de « ballets roses » viens du journaliste Georges Gherra de France-Soir à l'occasion de l'enquête. L'enquête établit que l'ex-chauffeur de la DST Pierre Sorlut qui se faisait passer pour un policier (il était en disponibilité) avait trois ans durant piégé des jeunes filles (la plus jeune aurait eu 14 ans et les plus âgées 20 ans selon certaines sources, 12 et 18 ans selon d'autres, alors que la majorité civile était alors de 21 ans et la majorité sexuelle de 15 ans) en leur proposant de rencontrer des hommes qui promettaient, grâce à leurs relations, favoriser leur carrière artistique. Fournies en alcool et en marijuana, elles exécutaient pour un public d'amateurs des spectacles érotiques dont certaines chorégraphies étaient imaginées par la comtesse de Pinajeff, une artiste peintre et fausse comtesse roumaine, ex-actrice, alors compagne d'André Le Troquer (d'où le nom de « ballets roses »). Persuadées de favoriser la carrière de leurs filles, certaines mères auraient été consentantes. À l'issue du procès, le 10 juin 1960, vingt-deux des vingt-trois prévenus furent condamnés (fr.wikipedia.org - Affaire des ballets roses (1959)).

André le Troquer avait été élu le 24 janvier 1956 président de l'Assemblée nationale, après avoir assumé auparavant les fonctions de Ministre de l'Intérieur, puis celles du Ministre de la Défense. Opposant à la Cinquième République naissante, sa vie a été définitivement brisée. L'ancien ministre n'a guère survécu au scandale. Il est mort le 11 novembre 1963, après deux années d'une totale solitude (www.partiradicaldefrance.com).

L'anecdote est encore plus curieuse et atteste, à mon sens, qu'il s'agissait d'une véritable manipulation politique, même si le président de l'Assemblée nationale, André Le Troquer, semble bien avoir fréquenté de très jeunes filles. En fait, l'affaire des « ballets roses » éclate fin 1958, dans les premiers mois, donc, de la Ve République, mais elle vise des faits qui ont eu lieu à partir de 1956, quand Le Troquer siégeait au « perchoir». Celui-ci, en effet, était soupçonné d'organiser des parties fines au pavillon Butard, une résidence de Vaucresson, ancien relais de chasse mis alors à la disposition des présidents de ce qu'on appelait encore la Chambre des députés. Des mineures y étaient invitées, qui participaient à des parties fines dignes du siècle de Louis XV, sur fond de ballets en tutu... Or, qui les « rabattait » pour Le Troquer et ses invités, leur offrant force whisky et marijuana ? L'un de ses proches, alors âgé de trente-quatre ans et qui avait été, en 1945-1946, le chauffeur de Roger Wybot, le premier patron de la toute nouvelle DST. Cet homme, qui s'appelle Pierre Sorlut, sera arrêté et incarcéré quatre ans ; Le Troquer, lui, ne sera condamné qu'à un an de prison avec sursis et à une amende de 3 000 francs. J'ai toujours pensé, quant à moi, que Sorlut travaillait pour les gaullistes et avait eu mission de discréditer Le Troquer, haute figure de la IVe, dont il connaissait bien les travers. Le pauvre Sorlut se sera, cependant, donné beaucoup de mal pour rien puisque le régime s'effondrera juste avant que la presse ne s'empare de l'affaire... Certes, mais vous imaginez ma surprise quand, directeur central des RG, je découvre, en 1995, que ce même Pierre Sorlut, devenu le patron d'un restaurant à réputation douteuse de la capitale, répertorié dans tous les guides du Paris « coquin », est l'invité de Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur, pour la cérémonie célébrant le cinquantième anniversaire de la création de la DST ! Mieux : c'est même lui qui, en présence du ministre et des principaux directeurs du ministère, moi compris, a déposé une gerbe au pied de la stèle jouxtant la grille d'entrée de Beauvau, sur laquelle sont inscrits les noms des agents de la DST morts en service... (Yvers Bertrand) (Yves Bertrand, Je ne sais rien... mais je dirai (presque) tout: Conversations avec Éric Branca, 2010 - books.google.fr).

Il semble que les familles Sorlut soient d'origine du Sud-Ouest ; on en compte le plus grand nombre en Charente-Maritime. Mais il en existe en Haute-Savoie, à Beaumont, au pied du Salève, à quelques kilomètres seulement au nord de Groisy, le centre du cercle templier de Savoie, de Saint Blaise et du Mont Sion (www.geneanet.org - Sorlut).

Visite de François Mitterrand à Rennes-le-Château le 2 mars 1981

Pierre Plantard, né à Paris, est issu d'un milieu très modeste. Son père, domestique chez des bourgeois du VIIe arrondissement, mourut des suites d'un accident de travail, le laissant seul avec sa mère sans emploi. Ils vivaient à deux dans un petit appartement situé place Malesherbes. C'est de là qu'il écrivit, en 1939, sous le nom de Varran de Vérestra, des lettres au président Daladier puisau maréchal Pétain, leur demandant de ne pas entrer dans «une guerre organisée par les francs-maçons et les juifs ». Les Renseignements généraux ne lâcheront pas ce «jeune homme prétentieux », réformé en 1940, sans emploi, faussement journaliste, tentant de monter des associations destinées ici à sauver la France, plus tard à restaurer la monarchie, associations jamais autorisées d'ailleurs ni par les occupants, ni par Vichy, ni par les fonctionnaires de la République. Son journal Vaincre, feuille ronéotypée, portait entre 1942 et 1943 les signatures de Comte Moncharville, Robert Amadou, Dr Camille Savoire, etc., alors que c'est Pierre Plantard qui en fut le seul rédacteur ! Il était, au départ, un sympathisant du général de Gaulle, mais il fut surtout un «pauvre type » qui tenta de prendre le train de la collaboration en marche et, après 1945, ne se résolut pas de l'avoir raté. Sa mère écrivit même au secrétariat des Anciens combattants pour réclamer un certificat d'emprisonnement en Allemagne : Pierre Plantard, qui se faisait alors appeler Pierre de France, n'était plus le seul à croire à ses propres mystifications.

La Libération voit les démêlés avec l'improbable prisonnier «Pierre de France» se terminer par quatre mois de prison. Ensuite, il rejoint Annemasse (Haute-Savoie), s'y marie, aurait eu une fille, et forme avec un certain André Bonhomme l'association Prieuré de Sion le 7 mai 1956, dont les buts étaient de «défendre les logements sociaux moins onéreux ». Mais le Prieuré est stoppé en octobre quand Plantard prend douze mois de prison pour« détournement de mineurs » ! Il lance ensuite le journal Circuit, dans lequel ontrouve des considérations ésotériques et théosophiques crypto-vichystes. Puis il devint un partisan « encombrant » du général de Gaulle en 1958, créant un comité de salut public, réimprimant à cette occasion le libelle Circuit. En 1960, le Prieuré de Sion rejaillit de ses cendres, devient un ordre historique créé par Geoffroy de Bouillon, fait un crochet par Gisors puis Rennes-le-Château, autant de lieux marqués parun certain mysticisme. En 1964, il publie un roman, Le Prieuré de Sion, dans lequel il affirme être le descendant des Mérovingiens. Il conçoit alors avec Philippe de Chérisey (et Gérard de Sède qui se contentait de mettre en forme les idées et les théories en des livres accréditant les « vérités» de Plantard, jugées impubliables par nombre d'éditeurs contactés) une série de faux documents prétendument historiques, signés d'un certain Henri Lobineau et qualifiés de «dossiers secrets ». Frustré et rusé, il en fait don sous formed e dépôt anonyme à la Bibliothèque nationale, qui les conserva longtemps. En 1967, paraît L'Or de Rennes par Gérard de Sède, un essai qui connaît un succès colossal (on parle de plus de 500000 exemplaires), rédigé à partir des notes de Plantard. Dans ce livre apparaissent donc des références aux dossiers Lobineau des reproductions de manuscrits, de généalogies, de parchemins qui « authentifient » toutes les affirmations des membres du Prieuré. De Sède refusantde partager les royalties, Plantard et Chérisey révèlent la supercherie ! Cependant, et jusqu'en 1985, la production de faux s'intensifie : on découvre une liste de« Grands Maîtres » du Prieuré, dont Vinci, Botticelli, Hugo et Cocteau ! Tout cela aurait pu revêtir un aspect comique si, en 1984, un certain Chaumeil n'avait voulu déballer sur la place publique le passé sulfureux de Plantard qui, effrayé, démissionna du Prieuré. En 1989, Plantard veut relancer un nouvel ordre du Prieuré, ainsi que le journal Vaincre: une nouvelle liste de « Grands Maîtres » surgit, les anciens documents sont dénoncés comme faux, produits sous LSD, par un certain Philippe Toscan du Plantier ! Dans son nouveau Prieuré, Plantard se disait désormais descendant de Dagobert II et ajoutait un certain Roger-Patrice Pelat à sa liste d'initiés historiques : la réalité le rattrapa quand le juge Thierry Jean-Pierre, après la mort de Pelat, à sa liste d'initiés historiques : la réalité le rattrapa quand le juge Thierry Jean-Pierre, après la mort de Pelat, le fit convoquer. Plantard avoua la supercherie. Il reçut un avertissement et mourut abandonné de tous, à Paris, en février 2000 (Philippe Di Folco, Les grandes impostures littéraires, 2006 - books.google.fr).

En 1993, Pierre Plantard sera interrogé par la justice dans le cadre de l'enquête sur la mort de Roger-Patrice Pelat, ancien ami de François Mitterrand, qui, il est vrai, fit une visite à Rennes le Château le 2 mars 1981 (fr.wikipedia.org - Pierre Plantard, fr.wikipedia.org - Rennes-le-Château).

Des axes nonagonaux du 2 mars, avec certains du 1er mars, passent par la commune de Fronsac, sommet de la Croix d'Huriel, ville associée à Rennes-le-Château avec l'égyptienne Héliopolis, et l'italienne Padoue (La Croix d’Huriel : Les sommets de La Croix d’Huriel : Fronsac, Le Cercle et la Croix des Prophètes : Le jardin d’Adonis : Onis et Rennes le Château).

Faustrestra : a Drama, with Other Poems and Esiays. By VERESTRA, B.Sc. (London). (Clapham : T. Fox. 1887.) Whether the author of this ridiculous trash is simply irresponsible for his actions, or whether he is indulging in some form of " chaff " too esoteric for our comprehension, we cannot take upon ourselves to determine. An extract, taken absolutely at random from the so-called " Drama," may perhaps enable some more penetrating reader to divine which (if either) of these two hypotheses is correct : — UNDINE. Not to mention clearly all the Circumstances. LADY JOAN. I've lived all my Life long in the sacred fame of All the Wirtues so to speak till... UNDINE. Many were the escapades which Took place in the misty shadows Of its aisles. I've heard about them. LADY JOAN. Since yon are so very learned On the subject may I ask from Whom you heard about these mighty Escapades. MADAM ANYBODY. We knew about them. Walls have ears, you know, - You humbugged Many — not us, though. LADY JOAN. It seems you r Know more of my history than I myself do, so you'd better Tell it, or proceed to tell your Own ones. The author seems to lapse into something approaching temporary sanity in a concluding Essay on the Senses (Knowledge, Volume 3 ;Volume 11, 1888 - books.google.fr).

Un axe du 8 novembre

L'axe du Sarnieu, centre du cercle templier de Savoie, est du début du jour du 8 novembre. Il est presque à l'opposite des axes du 7 mai, en fait le 9 mai. Il passe par Brou à côté de Bourg en Bresse où se trouvent les tombeaux de Marguerite d'Autriche et de Philibert le Beau avec leur devise FERT, par Pont-de-Veyle (Ain), par Souvigny à côté de Moulins, par Cérilly, par Ardentes (Indre).

Ardentes fut le siège des forges de Clavières créées en 1666, par les princes de Condé, avec l'aide de financiers bretons. et l'histoire de la ville de Cérilly est marquée au XIXe siècle par la révolution industrielle et l'installation des forges de Nicolas Rambourg à Tronçais (fr.wikipedia.org - Cérilly (Allier), fr.wikipedia.org - Ardentes).