Partie IX - Synthèse   Chapitre LVIII - Autour de Rennes   Au niveau de la sole   

Un peu de latin, un peu d'hbreu pour un petit tour par l'Egypte

Selon le Regius, la franc-maonnerie fut fonde en Egypte par Euclide. Le Cooke I ajoute l'initiation d'Euclide par Abraham descendu en Egypte. L'gyptomanie et l'gyptosophie fut un terreau pour Cagliostro qui dveloppa une maonnerie gyptienne alors que sa femme Sraphina cra la premire loge fminine dite d'Isis. Il fournira les Rites gyptiens de ses enseignements, thurgie, magie religieuse, clairvoyance. Les frres Bdarrides, cadres de l'arme napolonienne, apportent d'Italie le Rite Misram dont Marconis se spare pour constituer le Rire Memphis en 1838. En 1881, Garibaldi devient Grand Hirophante pour les sanctuaires roumains, amricain, anglais, italien et unit les deux rites gyptiens en un Rite Memphis- Misram. En France ce Rite, aprs la disparition progressive des deux prcdents, est activ par Papus en 1908. La vie du rite suit les hauts et les bas du courant occultiste. Papus fonde aussi l'Ordre martiniste, qui recueille les traditions de Saint- Martin, Martins de Pasqually, et Willermoz dont il prend possession d'une grande partie des archives en 1893. L'Ordre comportera d'abord un seul grade plus plusieurs autres dont trois grades doubls par ceux de l'Ordre kabbalistique de la Rose-Croix de Stanislas de Guata, l'inventeur des grgores, et confrs par la loge Humanidad, vivier du Rite Memphis-Misram. Le trait entre l'Ordre martiniste et l'Eglise gnostique de 1911 fut renouvel. En 1918, Jean Bricaud succde Teder, qui tait devenu Grand Matre en 1916 aprs Papus. Jean Bricaud tait aussi Docteur de la Rose-Croix Kabbalistique et Gnostique, Grand Hirophante pour la France du Rite Memphis Misram, Patriarche de l'Eglise Gnostique Universelle, et vque catholique anglican. Jean ou Joanny Bricaud travaillait au Crdit Lyonnais Lyon. La vie du martinisme est faite de scissions, de crations spontanes, de dissolutions.

On a affaire un gloubiboulga gnostico-maonno-occultiste auquel Pierre Plantard et ses acolytes ont ajout une couche.

La pierre de Coumesourde porte aux angles du triangle SAE, SIS et PSPRAECUM ou PS PRAECUM. On a vu ce que pouvait dsigner PS PRAECUM : la Roque Mude, la roche muette, le rocher muet.

SIS

SIS dsigne l'hirondelle en hbreu, ce qui nous ramne Osiris. Hirondelle se trouve prs du village de Douzens bien connu pour sa commanderie templire.

Les Templiers eurent, ds les premires annes de leur tablissement en France, de nombreuses possessions dans la partie du Bas-Languedoc, situe aux environs de la ville de Carcassonne. Ils en formrent une commanderie, dont la ville de Douzens fut le chef-lieu.

Le jour des kalendes d'avril de l'anne 1132, les trois frres Roger de Bziers, Raymond Trencavel et Bernard Athon, avec l'assentiment et le conseil de la comtesse Ccile leur mre, donnrent l'Ordre du Temple un mas situ aux pieds des murs de Carcassonne avec ses habitants. Le 3e jour des Ides d'avril de l'anne 1133, Bernard de Canet, Aymeric de Barbayrac et autres seigneurs font donation l'Ordre du Temple de la ville de Douzens et de son territoire.

Plutarque a narr l'errance d'Isis en qute d'Osiris dmembr ; il a voqu la transformation de la desse en hirondelle, ses cris de douleur et ses lamentations. Mais Plutarque tait convaincu qu'Isis avait retrouv tous les fragments du corps d'Osiris, son phallus except - qui avait t dvor par trois poissons du Nil -. Cependant ce dtail que nous donnait l'historien grec ne concordait pas avec l'iconographie et les peintures des bandelettes o triomphe l'Osiris " germinant ". La vrit, que les prtres gyptiens avaient, volontairement ou non, dissimul Plutarque se trouve dans l'hymne d'Amenemhat : " Isis fit les invocations de l'enterrement de son frre ; elle emporta les principes d'Osiris, en exprima l'essence et refit un enfant qu'elle allaita d'un seul bras. " (J. Aliquot, Aegyptiaca et Isiaca de la Phnicie et du Liban aux poques hellnistique et romaine).

Les Modernes n'ignorent pas que l'Isis gyptienne n'est pas voile; la clbre gravure de l'Oedipus Aegyptiacus de Kircher (1652), inspire par Apule, est souvent reprise au XIXe sicle. Mais pour tout l'Occident chrtien, Isis est la desse voile et l'inscription de Sas ne cesse d'tre reprise, en particulier par le romantisme allemand. Le voile d'Isis est devenu un clich. Cette Isis voile reprsente la Nature. En voulant laciser la Grande Mre, le rationalisme des Lumires a en quelque sorte conceptualis Isis.

Le plus clbre texte de Schiller sur l'initiation aux Mystres Isiaques est une ballade compose en 1795 : " L'Image voile de Sas ; das verschleierte Bild zu Sais " . L'ide en est diffrente, en apparence du moins : la soif de savoir (elle concerne l'aventure d'un " jeune homme que la soif ardente de savoir/Poussa en Egypte Sas/Pour apprendre la sagesse secrte des prtres ", v. 1-3) conduit l'imprudent une rvlation ngative qui peut le perdre jamais. Comme l'enseignera Nietzsche plus tard, la vrit et la vie sont contradictoires entre elles. " Ils s'arrtrent/Dans une rotonde silencieuse/O une image voile, d'une taille gigantesque/Frappa les yeux du jeune homme. Etonn,/Il regarde le guide et dit : "Qu'est-ce/Qui se cache derrire ce voile ?"/- "La vrit", lui rpond-on " (v. 19-24). L'hirophante prvient alors le jeune homme : " "Arrange-toi avec la desse", riposte/L'hirophante. "Nul mortel, dit- elle,/Ne dplace ce voile, jusqu' ce que moi-mme je le lve ;/Et quiconque d'une main profane et coupable/Le soulve plus tt, ce voile saint et interdit,/Celui-l" dit la desse "Eh bien ?" "Celui-l voit la vrit" " (v. 27-32). Bien entendu rien de tel qu'un secret pour exciter le dsir de le profaner : " Voil que le dsir enflamm de connatre lui ravit/Le sommeil " (v. 42-44). A minuit, le jeune homme prend le chemin du temple et s'achemine vers la desse voile : " Un silence de mort enveloppe le solitaire/Un silence que seul l'cho creux de ses pas/Dans les secrets caveaux interrompt./D'en haut, travers l'ouverture de la coupole,/La lune jette sa blme lueur d'argent bleu,/Et, redoutable comme un Dieu prsent,/Resplendit travers les tnbres de la vote/La statue dans son long voile " (v. 50-58). Une voix intrieure rappelle alors l'interdit : " "Malheureux, que veux-tu faire ?" C'est le cri/D'une voix fidle l'intrieur de lui-mme./"Tu veux tenter le saint entre tous les saints ?/Nul mortel, a affirm la bouche de l'oracle,/Ne dplacera ce voile jusqu' ce que je le soulve moi-mme" " (v. 63-67). Mais le jeune homme passe outre : " Il dit et dj il a soulev le voile./"Et bien me demanderez-vous, et quelle vision lui est apparu ?"/Je l'ignore. Evanoui et blme,/Tel le lendemain le trouvrent les prtres,/Etendu contre le socle d'Isis./Ce qu'il vit et apprit dans cette enceinte/Sa langue, jamais, ne le fit connatre. Pour toujours/S'en tait alle la joie de sa vie,/Une mlancolie profonde l'emporta tt dans la tombe./Malheur - c'tait son menaant avertissement/Quand le pressaient d'imptueux questionneurs -,/Malheur quiconque va la vrit par les chemins de la Faute./Jamais elle ne lui donnera la joie " (v. 74-85). La rvlation isiaque semble bien tre ici celle de l'athisme et du matrialisme moderne, qui sont vrits terribles pour les mes faibles. C'est bon droit que l'Etat maintient le peuple dans la superstition et recouvre d'un voile la desse, car la vrit rvle par l'oracle ngatif d'Isis est celle du Nant irrmdiable. Il n'y a rien dcouvrir de l'autre ct du rideau, sinon la solitude et la mort, et la vanit de toute vie. Le vritable sujet du pome de Schiller, c'est donc la contradiction proprement moderne de la posie et de la ralit, de l'Idal et du Spleen (" Une mlancolie profonde l'emporta tt dans la tombe ", v. 81). Entre l'art et la vrit, l'image artistement voile du pote et le Nant rel o tout doit disparatre, mieux vaut choisir le jeu de la vie contre la volont de savoir qui conduit la mort.

Dans ses Paralipomnes aux Disciples Sas, Novalis suggrait une fin aussi spculative : " Un favori du sort ressentait le dsir d'embrasser l'ineffable Nature. Il se mit en qute du mystrieux sjour d'Isis [] Un seul y parvint, qui souleva le voile de la desse de Sas. Mais que vit-il ? Il vit - miracle des miracles - lui-mme. " Mais dans le texte rdig en 1792 et publi en 1802, o Novalis introduit l'histoire de Hyacinthe et de Rosenbltchen (Bouton de rose) : fascin par les leons d'un barde de passage (" sa barbe tait longue, ses yeux profonds, ses sourcils effrayants, et il portait une robe merveilleuse, aux plis nombreux o taient tisses des figures singulires " : p. 362), le jeune Hyacinthe quitte sa famille et la ravissante (" qui l'avait vue croyait mourir tant elle tait belle ", p. 361) Bouton de rose, pour aller chercher le secret de la desse Nature : " Je voudrais vous dire o je vais, mais moi-mme je l'ignore. Je vais o sjourne la Mre des Choses, la vierge voile. C'est pour elle que mon me s'enflamme. Adieu [] Il demanda aux hommes, aux btes, aux rochers et aux arbres le chemin qui menait vers Isis, la desse sacre " (p. 363). Aprs une longue qute au sein de la nature, Hyacinthe parvient son but : " Le rve le mena par d'innombrables salles pleines d'objets tranges. Tout lui semblait connu, et cependant envelopp d'une splendeur qu'il n'avait jamais vue. Alors, s'vanouirent, comme dvores par l'air, les dernires traces de la terre, et il se trouva devant la vierge cleste. Il souleva le voile clatant et lger, et Rosenbltchen se jeta dans ses bras " (p. 364). La joie rotique serait ainsi l'ultime secret de la desse Nature (Jacques Darriulat - Kant et Isis).

PS PRAECUM ou PSPRAECUM : RUPEM PACS ou Roque Mude

Harpocrate est le nom sous lequel le dieu gyptien Horus fut ador Alexandrie d'abord, puis dans tout le monde grco-romain, ct d'Isis, de Srapis et d'Anubis. Ce nom n'est qu'une forme hellnise des mots gyptiens Har-pakhrat, qui signifient " Horus l'enfant ". Dans la religion pharaonique Horus reprsentait le soleil levant; la victoire qu'il remporte chaque jour sur les tnbres de la nuit avait inspir un mythe o se mlaient des ides morales et mystiques ; on racontait que le dieu suprme Osiris avait t mis en pices par Set, son ternel ennemi, et que celui-ci avait dispers ses membres pour l'empcher de reparatre. Mais bientt Isis, pouse d'Osiris, enfantait Horus ; le jeune dieu vengeait son pre et se rendait matre de Set, sans cependant parvenir jamais l'anantir. Ce drame divin symbolisait, en mme temps que la succession alternative des jours et des nuits, le perptuel antagonisme du bien et du mal, de la vie et de la mort dans la nature et dans l'humanit. Horus formait avec Osiris et Isis une triade dont il tait la troisime personne; on le reprsentait sous la figure d'un enfant, portant sur un ct de sa tte rase une longue boucle de cheveux, la faon des enfants gyptiens, et tenant entre ses lvres l'index de sa main droite, geste familier au premier ge; souvent il tait accroupi sur une fleur de lotus, symbole de rsurrection. On considrait aussi l'pervier comme son image. L'Horus gyptien avait t, au temps d'Hrodote, identifi par les Grecs avec leur Apollon, qui personnifiait comme lui le soleil et jouait sans doute un rle analogue dans les mystres de Delphes et d'leusis. Aprs la fondation d'Alexandrie, Horus, hellnis le plus souvent sous le nom d'Harpocrate , reut des artistes la forme qu'ils donnaient alors ros, celle d'un enfant aux membres potels, aux longs cheveux retombant en boucles sur les paules; on lui conserva le geste qui distinguait ses images dans l'art gyptien, mais on attacha ce geste un sens tout nouveau; l'ide se rpandit qu'en portant un doigt sa bouche le dieu commandait aux initis de garder le silence sur les profonds mystres qu'on leur avait rvls. Catulle emploie par plaisanterie le nom d'Harpocrate pour dsigner un personnage discret. Parmi les figures d'Harpocrate, il faut distinguer d'abord celles o l'on a visiblement imit l'art gyptien, soit qu'elles aient t exportes d'gypte dans l'antiquit, soit qu'on les ait fabriques hors de ce pays. Elles sont excutes avec une raideur et une scheresse voulues et elles portent des attributs copis sur les monuments de l'gypte, tels que le pschent et le fouet. A Myrina (Asie Mineure) on en a trouv une en terre maille, charge d'hiroglyphes faux. En second lieu viennent les figures dont le style est conforme aux traditions de l'art grec; quelques exemplaires, d'une facture hybride, pourraient servir de transition entre cette catgorie et la prcdente. Dans les images proprement grco-romaines le dieu porte sur le front, comme ses pardres Isis et Srapis, une fleur de lotus ou un croissant. Il est gnralement nu comme ros, ou lgrement vtu; parfois aussi il a des ailes derrire le dos Un carquois rappelle ses attributions de divinit solaire identifie avec Apollon [] Identifi avec Hercule, vainqueur des monstres, il est parfois arm d'une massue. Il est probable qu' l'origine les artistes ne donnrent au jeune dieu alexandrin qu'un petit nombre d'attributs; mais la plupart des images que nous possdons datent de l'poque o le syncrtisme accumulait sur une mme divinit les symboles les plus divers. On confondit alors dans la personne d'Harpocrate tous les types de dieux enfants, crs par les artistes antrieurs. Les Romains ajoutrent ses attributs la bulle, qui chez eux ornait le cou des petits enfants ; on emprunta enfin l'iconographie gyptienne l'pervier, qu'on plaa ses cts. Une terre cuite de Tarse, en Cilicie, nous montre le jeune dieu tenant la main la torche mystique et port sur le dos d'une oie, animal que l'on sacrifiait Isis. Sur beaucoup de monuments, Harpocrate est runi aux autres divinits alexandrines ; il importe seulement de noter ici qu'on le voit quelquefois sur les genoux de sa mre, Isis, qui lui donne le sein (Dictionnaire Daremberg - Harpocrates).

Harpocrate, dieu du silence, et Mercure, dieu de l'loquence, furent parfois confondus au temps de la Renaissance.

SAE

Le troisime sommet : Caunettes (Moussoulens)

SAE, aprs quelques recherches, serait l'ablatif du nom de la ville gyptienne de Sas comme l'indique la phrase " Herodotus autem GRAMMATISTEN in Sa dixit, pro Scriba" de Iouliou Polydeukous dans son Onomastikon en biblioic deka, Volume 1 qui est traduit par " The secretary of the treasury (of the goddess Neith, or Athena) as Herodotus calls, at Sais, in Egypt (Sir Henry M. Stanley, How I Found Livingstone).

Sas accueillait un des nombreux tombeaux d'Osiris. Faut-il voir dans le tombeau du Christ un de ces monuments symboliques qui ferait du Messie un nouvel Osiris ? Rpudiant l'historicit du personnage.

La reprsentation de la passion d'Osiris a lieu Sais, dans le sanctuaire d'Athna-Neith o il y a, dit Hrodote (II, 171), un lac auprs duquel on mime la nuit la passion de ce dieu que les Egyptiens appellent des mystres . Srapis, exemple d'une cration grecque d'un dieu prfabriqu selon Charles Picard, supplantera progressivement Osiris.

Caunettes-Hautes, hameau de Moussoulens est une communaut jusqu'en 1790. La paroisse comprenait Caunettes-Basses et Caunettes-Hautes, Bertrandou, Valleron et Festes. L'glise est connue comme Ecclesia Beati Saturnini de Caunetis en 1369 avec un prieur sous le vocable de saint Sernin (Saturnin).

Le terrain militaire de Bertrandou a fait l'objet d'un arrt du 12 mars 2008 portant cration d'une zone dangereuse identifie LF-D 184 Le Bertrandou (www.legifrance.gouv.fr), comme le terrain militaire de Villemaury Palaja (voir plus bas). La ferme de Bertrandou Djibouti est bien connue de la Lgion trangre. Aprs la guerre de 1870-1871, la France se prpara intensment pour parer un nouveau conflit. De grandes manoeuvres militaires se droulrent dans la rgion, tous les ans ou presque. Le XVIme corps d'arme, stationn Montpellier, effectua entre autres, de grandes manoeuvres du 15 octobre au 1er novembre 1874. La base de concentration des troupes se fit sur les friches situes entre Alzonne et le plateau de Moussoulens, l'est du domaine de Guittard. Elles concernrent environ cinq mille hommes. Le quartier gnral s'tablit Moussoulens, alors que l'artillerie cantonnait Montolieu. Les oprations militaires se passrent l'Est de la chapelle Saint-Roch, sur les terres de Malportel et de Bertrandou, jusqu' Trbes, au-del de Carcassonne, o se trouvait l'autre partie. Les militaires logs sous la tente, souffrirent beaucoup de pluies abondantes qui tombrent surtout dans les premiers jours ces manuvres (www.montolieu-village.net).

La construction des pices de Rostand de La Samaritaine et de Cyrano de Bergerac, o apparat le berger Bertrandou, est assez comparable centre sur un personnage le Christ et Cyrano. Le projet messianique apparat ainsi comme la proccupation initiale de Rostand dans sa pice La Samaritaine : la parole du Christ devra donc tre au cur de sa pice. Trois vers de Jsus de cette scne, page 54, illustrent alors parfaitement ce qu'est le prsent du messie :

" Rassure-toi : car l'heure vient, elle est venue

O l'on ne prra (sic) plus le Pre, me ingnue,

Ni sur le Garizim, ni dans Jrusalem "

Rostand avait parfaitement intgr, dans la construction de sa pice, l'antagonisme historique qui sparait Juifs et Samaritains. La Samaritaine rduisait progressivement cette opposition pour faire de Jsus, le berger d'un troupeau unique :

" Vous tes mes brebis.

Une ouaille ne peut pas m'tre moins chrie

Parce qu'elle est de telle ou telle bergerie

[] Jusqu' ce qu'il n'y ait

[] Plus qu'une bergerie au monde, et qu'un berger "

Le Jsus de la Samaritaine ne mangeait pas, prfrant "le murmure de harpes " et les "souffles " et les "accords " plutt que "la pture du corps ".

Et c'est de la musique qu'offre Cyrano ses cadets dvors par la famine :

Ah ! mais ne pensez qu' manger ?...

-Approche, Bertrandou le fifre, ancien berger ; []

Le vieux s'assied et prpare son fifre.

Que la flte, aujourd'hui, guerrire qui s'afflige,

Se souvienne un moment, pendant que sur sa tige

Tes doigts semblent danser un menuet d'oiseau,

Qu'avant d'tre d'bne, elle fut de roseau ;

Que sa chanson l'tonne, et qu'elle y reconnaisse

L'me de sa rustique et paisible jeunesse !...

Le vieux commence jouer des airs languedociens.

Ecoutez, les Gascons... []

C'est la verte douceur des soirs sur la Dordogne,

Ecoutez, les Gascons : c'est la Gascogne !

(L'hritage de la Samaritaine dans Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand).

Il n'y a qu'un Bertrandou en Languedoc, et deux en Dordogne selon geoportail.fr, comme semble remarquer ce passage de Cyrano.

La ville de Sas se trouve lie au Christ dans une oeuvre de Berlioz. l'encontre des autres uvres de grande envergure de Berlioz, L'Enfance du Christ ne fut pas conue d'emble comme un tout, mais volua presque par hasard pendant plusieurs annes. La troisime partie, L'Arrive Sas, fit suite fin 1853 et dbut 1854, et la premire partie, Le Songe d'Hrode, fut crite la dernire en 1854 (www.hberlioz.com - Berlioz, Enfance du Christ).

L'Arrive Sas s'tale sur une grosse demi-heure et possde une vritable curiosit : un intermde de pure musique de chambre, exercice auquel Berlioz s'essaye ici pour la premire fois. Ce Trio pour deux fltes et harpe est jou chez la famille ismalite, pour divertir les rfugis. En trois mouvements, la pice dure tout de mme plus de six minutes ! On ne sait pas bien ce qui a motiv le compositeur pour introduire ce trio ; toujours est-il qu'il se fond trs bien dans l'ambiance de recueillement et de paix qui caractrise l'uvre (home.nordnet.fr - Berlioz, Enfance du Christ).

A l'exemple peut-tre de Mozart qui crivit le concerto pour flte et harpe K.299 en mai 1778, commande du duc de Guisnes. Ce concerto dure approximativement 30 minutes.

L'cole franaise de flte traversire est la fin du XVIIIme sicle et au dbut du XIXme l'une des plus rayonnante d'Europe. Les fltistes francs-maons bnficient de cette renomme, tels Joseph Guillou (1787-1853) ou Jean-Louis Tulou (1786-1865). La harpe devient un instrument en vogue dans les premires dcennies du XIXme grce des innovations dans la facture. En maonnerie, un usage intimiste prdomine.

Si tous les musiciens ne sont pas tous ouvriers Franc-maons, la musique, elle, est une Maonnerie car chaque note est une Pierre Taille. C'est donc sans tonnement que plusieurs musiciens ont " trait " de trs prs les ou une partie des fondements ainsi que les approches Initiatiques de l'Ordre Maonnique (www.lesneufsoeurs.net). C'est le cas de Berlioz.

Franois de Saint-Jean, arrire-petit-fils de Jean de Saint-Jean, qui vivait en 1446, a pous (10 Octobre 1592) Catherine de Voisins, fille unique de Gailhard de Voisins, seigneur de Moussoulens ; laquelle lui ayant apport, entre autres, la seigneurie de Moussoulens, il en prit lors le titre, avec les noms et armes de sa femme, qu'il a pass et continu ceux de sa race (Hist. gnalogique de la maison de Rieux, Mss. de la Bibliothque de la ville de Carcassonne). Du mariage de Fr. de St-Jean et de Catherine de Voisins sortirent un premier fils appel Olivier, baron de Moussoulens, qui pousa Catherine de Roquelaure.

Catherine de Voisins eut encore Grard de Saint-Jean. Celui-ci commanda au sige de Leucate, en 1637, une compagnie de 50 gentilshommes volontaires. Il tait seigneur et baron de Bouisse, gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi. En 1632, il reut, d'aprs les ordres du Roi, du diocse de Narbonne, la somme de 6800 livres pour mettre entre les mains de l'Archevque de Narbonne, le chteau de Termes dont il s'est empar durant les temps de troubles. Gisard de Saint-Jean avait pous le 28 Juin 1633, Catherine de Gout, laquelle fut dote par le Roi de 18000 livres. Il en eut : Louis de Saint-Jean de la Garde-Moussoulens, seigneur et baron de Bouisse et de Montjoy, mari le 30 Juin 1663, avec Anne de Pompadour, morte en l'an 1677. En 1697, Claude de Saint-Jean de Moussoulens, seigneur et baron de Bouisse : "porte d'azur deux lions affronts d'or, soutenant une cloche de mme, bataille d'azur, cartel de gueules, trois fuses d'argent ranges en face (mongand.chez.com, Alphonse Jacques Mahul, Cartulaire et Archives des Communes de l'ancien Diocse et de l'Arrondissement administratif de Carcassonne, Volume 1, 1857 - books.google.fr).

Diodore de Sicile et Eusbe affirment que cet arbre est originaire de Sais, ville d'Egypte, et que Ccrops le porta dans l'Attique. Peut-tre est-il plus probable que l'olivier a exist de tout temps dans les pays placs prs de la Mditerrane, mais dans l'tat sauvage, et dlaiss sans doute, cause de l'amertume de son fruit, par des peuplades barbares qui ignoraient les moyens de tirer parti des richesses qu'il leur offrait (Claude-Joseph baron Trouv, Essai historique sur les tats-gnraux de la province de Languedoc: avec cartes et gravures, Volume 2, 1818 - books.google.fr).

Les habitants de Moussoulens reurent le sobriquet de sanquetous, ou Manjo-sanqueto (Frdric Mistral, Pierre Rollet, Jules Roniat, Lou tresor du Felibrige : ou, Dictionnaire provenal-franais, G-Z, 1968 - books.google.fr).

SANQUET, SANQUTO, sang coagul ; las sanqulos d l'aoujan, le sang des volailles.

La dynastie sate des pharaons d'Egypte s'teint avec Psammtique III auquel le conqurant perse Cambyse fit boire du sang de Taureau.

La triade Srapis - Isis - Harpocrate

Au point de vue spirituel, Ptolme Ier (323-285 av. J.-C.), de la dynastie des Lagides, tait convaincu que la paix rgnerait sur l'gypte quand les ides et les convictions religieuses gyptiennes et grecques seraient harmonises. Pour excuter ce rapprochement Ptolme avait choisi 2 grands thologiens : Manethon, le Grand Prtre gyptien qui, par ailleurs, connaissait la langue grecque et sa philosophie, et Timothe, l'Athnien, le plus clbre thologien grec de l'poque, Prtre d' Eleusis. Aprs de longues tudes en commun, ils purent jeter les bases d'une nouvelle religion du trio Srapis, Isis et Harpocrate (l'enfant Horus). C'est dans cet Institut thologique que commena la traduction en grec de la Bible, au moyen d'une assemble constitue par 70 savants et thologiens juifs, traduction connue sous le nom de Septante. Le culte de Srapis existait dj avant les Ptolmes sous sa forme gyptienne d'Osiris Apis (en grec Osorapis) au Serapeum de Memphis que Psammtique Ier avait restaur. Ptolme Ier en a fait une figure mixte, qui regroupait la symbolique gyptienne (en tant que manifestation d'Apis mort donc de l'Osiris Apis) mais surtout les fonctions des dieux grecs : il reoit de Zeus son aspect solaire, Hads le lie l'au-del, Dionysos le rapproche de la fertilit agraire et Asclpios lui permet de gurir les malades. Cela deviendra d'ailleurs sa principale fonction. Il prend en plus une apparence " la Zeus ", c'est--dire les longs cheveux boucls et la barbe. Il est souvent reprsent avec un kalathos sur la tte (une sorte de gobelet servant mesurer le bl, symbole du monde des morts) ou encore trnant avec le Cerbre trois ttes d'Hads ses pieds. Plus tard, il fut apparent Isis et Harpocrate, crant ainsi une sorte de triade alexandrine. Pendant l'poque ptolmaque, le culte de Srapis n'a vraiment t pratiqu qu' Alexandrie et Memphis mais l'poque romaine il s'est rpandu dans tout le pays. Il a aussi t trs populaire en Grce, en Asie mineure et mme jusqu' Rome. Le culte tripartite d'Isis, Horus (Harpocrate) et Srapis fut introduit Rome en 86 av. J.-C., sous le consulat de Lucius Cornelius Sylla. Plus tard, cause du caractre licencieux de certains rites, les consuls cherchrent supprimer ou limiter ce culte. Sous Caligula (37-41), Isis et Sarapis eurent leurs sanctuaires dans Rome, et l'on vit dans la ville des prtres gyptiens ; Caligula consacra une salle de son palais aux dieux gyptiens. En 71, la mention du culte d'Isis et des cultes alexandrins apparut officiellement sur les monnaies impriales. A l'poque de Hadrien (117-138), le culte de Srapis tendit devenir universel : Srapis fut assimil Hlios (compilhistoire - Mythologie romaine, www.histoiredumonde.net - Srapis, misraim.free.fr).

Le centre : Palaja, encore Isis

L'origine de Palaja remonte l'poque romaine comme en tmoignent les vestiges de plusieurs villas gallo-romaines qui ont t mis jour sur le territoire de la commune. Son nom est cit plusieurs fois lors de la croisade des albigeois puisque des seigneurs ou habitants palajanais s'opposent avec plus ou moins de vhmence aux troupes de Simon de Montfort et l'inquisition. D'ailleurs, aprs la rbellion de Raymond Trencavel en 1240, pour reconqurir le vicomt de Carcassonne, les seigneurs de Palaja, Trbes, Ferrals, Villefloure, Pomas, et bien d'autres, paieront cher leur soutien au vicomte : confiscation des biens, extorsion de sommes d'argent, agressions et injustices diverses. Les biens de Guillaume Pierre de Palajean seront rendus ses hritiers par Louis IX (Saint Louis) vers 1267.

La premire mention de Palaja remonte 882, dans une charte de l'Abbaye de Lagrasse, qui fait tat de VILLA PALALLALERO. Plus tard, au cours des sicles suivants, on trouve successivement les noms de PALAANO, PALAJANO, PALAJEAN, ESPALAJAN, etc. pour arriver PALAJA en 1781.

Une premire glise ddie Notre-Dame fut consacre en 917 par Gimer, vque de Carcassonne 902 931. Il est connu pour sa charit envers les pauvres. Son enfance fut illustre par le miracle du pain. En effet, il avait pour habitude de prendre le pain que sa mre faisait ce qui entranait son courroux. Jusqu'au jour o sa mre a vu s'accrotre de manire miraculeuse la quantit de pain quelle venait de ptrir. En 1279, l'glise Saint-Etienne fut rattache la dignit d'archidiacre mineur du chapitre cathdral par Jean Galtier, vque de Carcassonne. L'glise Saint-Etienne fut reconstruite au XIVme sicle sous l'piscopat de Pierre de Rochefort. L'abside pentagonale est vote d'ogives. Les chapiteaux sont moulurs et la clef de vote porte la reprsentation de l' "Agnus Dei". Une tte masculine est sculpte sur la face latrale de la clef. Le porche sud, vot d'ogives, abrite un portail voussures qui retombent sur des chapiteaux moulurs. Situe prs de la muraille, le clocher-porche abrite une salle de gardes ajoure par une archre trier.

Le pelaica de Polemius Silvius serait le mme que le pelagia de Pline, IX, 62, 2, lequel est un autre nom de la pourpre, coquillage. Pelagia et pelagica survivent peut-tre dans les langues romanes pour dsigner un animal tout diffrent, savoir la sole. Mistral enregistre palaigo " petite sole, poisson de mer " qu'il cite dans Mirio.

Dans la Faune populaire de Rolland, III, 105, on trouve palaga, nom de la sole Cette, et palaja, nom sicilien du mme poisson. Rien n'est plus commun que l'assimilation d'un e protonique un a tonique, et *palagica (pour pelagica) cadrerait avec le provenal palaigo tout aussi bien que *palagia (pour pelagia) avec le sicilien palaja.

A signaler aussi palaia, nom de la sardine moyenne Nice (Rolland, III. 119) (Paul Meyer - Gaston Paris, Romania).

Isis Plagia et l'Egypte

L'Isis Plagia (ou Pharia ou Euploia) vnre Dlos et en de nombreux ports du monde grec se dfinit comme la desse qui a invent la navigation et, consquemment, comme la protectrice des navigateurs, la divinit qui les marins sauvs du naufrage offraient des ex- voto. Ce sont l traits strictement grecs et aucun modle direct gyptien ne peut tre propos. Mais les antcdents indirects ou les rapprochements ne manquent pas, et dans un commentaire rcent aux artalogies grecques d'Isis, D. Muller a montr que par l les gyptiens pouvaient reconnatre leur Isis dans la Plagia hellnique.

Or dans la croyance gyptienne la mer est volontiers conue comme source de fcondit ; il y a l, entre elle et le Nil, un lien qui prdispose les divinits fcondantes devenir desses de la mer tandis qu'en Grce l'essentiel est l'importance premire de la navigation maritime. Pourtant celle-ci n'est pas trangre aux anciens gyptiens ; les relations maritimes avec Byblos et le Pays de Pount sont attestes ds l'Ancien Empire. Mais naturellement la navigation nilotique est la plus familire aux gyptiens ; ainsi date trs ancienne, les dieux circulent en barque ; pourtant la tradition suivant laquelle Isis avait invent la voile en recherchant Harpocrate est purement grecque et le prcurseur gyptien d'Isis protectrice des navigateurs est Amon, en tant que dieu des vents. Mais Isis, poque tardive, a pris le pas sur toutes les divinits gyptiennes et est devenue la Bienfaitrice universelle de l'humanit ; elle a pu ds lors assumer les anciennes fonctions d'Amon de mme qu'elle a supplant Thoth dans le rle d'inventeur des langues . Tels sont donc les fondements gyptiens d'Isis Plagia. Quant l'association d'Isis et de la barque, elle a aussi des antcdents dans les documents gyptiens ; les inscriptions du temple d'Edfou la prsentent plusieurs fois en navigatrice ou mme l'assimilent la barque de guerre d'Horus (Philippe Bruneau, Isis Plagia Dlos).

C'est de la reine Arsino II, certes divinise, qu'Isis aurait rcupr une fonction, qui plus est appele un grand avenir. D'Arsino-Aphrodite Euploia est ne Isis Euploia.

Cette fonction nouvelle fut reprise et thorise par les auteurs de la fameuse Artalogie d'Isis, qui en firent l'un des lments les plus originaux diffuss par ce texte. L'invention des activits maritimes, qui se lit en plusieurs endroits du rcit, pourrait se rattacher l'pisode giblite de la qute d'Isis et son insertion dans le mythe osirien, insertion sans doute contemporaine de la rdaction de l'Artalogie, au IIIe s. av. J.-C. et participer l'laboration du caractre marin de la desse. Un trait concret caractrise, a posteriori sans doute, cette art d'Isis, l'invention de la voile qui autorise ces difficiles traverses, une invention bientt embellie par la mise en avant d'une gniale initiative : c'est de son manteau qu'elle fit une voile.

La traduction iconographique de cette volution thologique s'observe ds le dbut du IIme sicle av. J.-C., avec le type de l' " Isis la voile ", qui pourrait bien tre n Byblos plutt qu' Alexandrie, avant de se diffuser largement dans le monde mditerranen.

Le monnayage alexandrin, plusieurs gemmes traduisent cette double iconographie, et mettent clairement en relation Isis avec la flotte frumentaire alexandrine, place ainsi sous la triple protection de Dmter, desse des rcoltes, de Sarapis, dieu de la vgtation et protecteur des marins, enfin d'Isis, la fois dispensatrice des richesses (elle tient la cornucopia), garante du bon acheminement de la cargaison (elle tient la voile et/ou le gouvernail), et bonne fortune (elle est de fait assimile Tych).

Si les images la dterminant sont plurielles, les qualificatifs qu'on lui attribua pour manifester les facettes diverses de cet aspect le sont aussi. Mais ils ne peuvent tre employs comme autant de synonymes. Il faut sans doute rserver l'piclse Pharia l'Isis alexandrine, iconographiquement le plus souvent accompagne du Phare, en tant que protectrice de la flotte frumentaire qui transporte le bl d'gypte en Italie. L'piclse Euploia, employe surtout l'poque hellnistique, comme celle de Pelagia qui fleurit essentiellement l'poque impriale, renvoient plus gnralement Isis inventrice de la navigation et protectrice des marins. La polysmique Steira recouvre trs certainement l'occasion, notamment dans l'espace gen, la mme fonction salvatrice, et l'on s'adresse elle l'issue d'une traverse heureuse.

Pelagia fut donc bien une piclse de la desse, et non une simple pithte. L'existence de lieux vous son culte aurait pu, a priori, s'envisager uniquement dans des sites portuaires. Des documents de Corinthe et de Rome montrent qu'il n'en est rien, de mme sans doute que les statues de Bnvent et de Messne.

Deux ftes sont relier au caractre marin de la desse : le Navigium Isidis et le Sacrum Phariae. La premire, qui est clbre assurment ds le Ier sicle av. J.-C. en Mditerrane orientale, et peut-tre mme avant, est intgre au sicle suivant dans le calendrier officiel de l'Empire, la date du 5 mars, devenant une vritable manifestation publique organise par les serviteurs d'un culte dsormais romain part entire. Au cours de cette clbration interviennent les navarques, qui ne sont autres que ceux des fidles qui formaient l'quipage du navire mis flot lors de la crmonie, probablement placs sous les ordres d'une autorit suprieure qui pouvait tre soit le vritable pilote du navire, soit un personnage important charg de donner des ordres celui-ci, le trirarque. La seconde, le Sacrum Phariae du 25 avril, doit certainement tre mise en relation avec l'arrive Ostie de la flotte frumentaire plac officiellement sous la protection d'Isis et de Sarapis, que l'on clbre en gypte la mme date (Laurent Bricault, Isis, Dame des flots).

Justin Sarda et le Niveau

On ne quitte pas la poissonnerie. En ancien occitan sarda est le nom d'un "poisson du genre scombre, sardine, clupea pilchardus" (1153-XVme sicle), pass en franais au XIIIme sicle (Dictionnaire occitan).

Avec Boudet, " il y a deux prtres Rennes-les-Bains. Le second, Justin Sarda est un grand ami et financier de [Branger Saunire, cur de Rennes-le-Chteau] ". Sarda est n Douzens le 9 juillet 1855 ; vicaire de Saint-Nazaire (Carcassonne cit) (1er juillet 1879) ; vicaire de Saint-Vincent (Carcassonne) (1er octobre 1882) ; desservant de Moussoulens (Montolieu) (1er avril 1892) ; aumnier de l'Htel Dieu (Carcassonne) (16 juillet 1895) ; cur de Saint-Papoul (1er janvier 1905), cur de Quillan (1er juillet 1907), Saint-Paul (Narbonne) (1er aot 1909). Il meurt le 8 mars 1920 (Johan Netchacovitch, Carnets Saunire).

in medio linea ubi M secat parva linea : le Niveau

La traduction de la phrase donne : sur la ligne au milieu o la petite ligne (ficelle etc.) coupe M (qui n'est donc pas un point).

Tout comme Vitruve, l'uvre de Philibert de l'Orme (ou Philibert Delorme) reprsente une somme de connaissances mathmatiques et architecturales enrichies d'un enseignement philosophico-mystique o la spiritualit chrtienne s'exprime en symboles opratifs mais se nuance d'hermtisme, se colore de noplatonisme en synthse proche de la doctrine maonnique.

Le niveau est un instrument trs ancien. A l'exposition Ramss le Grand (Paris, 1976), on pouvait admirer un trs beau, trouv dans une tombe date de la premire moiti du rgne de Ramss II. Vitruve en connat l'usage. Le niveau gyptien tait en forme de A, comme on en voyait encore sur les chantiers il y a peu. Un exemplaire provient de la tombe de Semerdjen (XIXme dynastie gyptienne).

www.amicale-vauvenargues.net - Niveau gyptien).

C'est dans le trait d'architecture de Philibert de l'Orme que l'on trouvera une explication de la phrase sibylline de la pierre de Coumesourde.

La forme d'un niveau, sur la figure d'un triangle quilatral, et comme il s'en faut aider pour dresser les plans des difices qu'on voudra btir, et connatre les pentes d'un pays, ou amasser les eaux pour s'en savoir aider, ou garder qu'elles ne nuisent - CHAPITRE IV.

L'usage et pratique dudit niveau triangulaire, avec l'explication de ses parties - CHAPITRE V.

Vous mettrez votre triangle sur un lieu bien droit et niveau, comme est la ligne BC, lequel aura un plombet pendu au bout d'une petite cordelette, ou ficelle, attache au point de A, qui se trouve droite et juste sur la ligne du milieu, ainsi que vous le voyez au lieu de P. Cela montre que la basse BC, est bien niveau. Aprs ce vous tirerez justement une ligne perpendiculaire sur un bout du triangle, ou vous mettrez une rgle si vous voulez, ou bien la colloquerez contre une muraille bien droite et plomb, comme vous voyez la ligne reprsente par OB, o vous marquerez les hauteurs par pouces et pieds, comme aussi la barre circulaire marque M, ainsi que vous voyez que j'ai fait.

Par dessous le triangle vous ferez une barre qui sera demi-ronde, et non pas droite, comme celle qui est tire et vient du point A, ainsi que si vous vouliez faire une circonfrence, en laquelle se trouve comme une septime ou sixime partie de tout le cercle entier. Il faudra diviser la largeur de ladite barre, en trois ou quatre sparations par lignes, afin d'y marquer les pouces, demi pouces, et quarts de pouces, et en un autre endroit les pieds, comme deux, trois, quatre, cinq pieds, car l'instrument ne peut monter ne se lever que jusqu'au sixime pied, comme vous le connatrez mieux en pratiquant l'usage, et le pouvez aussi voir la branche de dessous, marque M (Philibert de l'Orme - Architectures Volume I).

Philibert de l'Orme - Architectures Volume I).

sur la ligne du milieu : in medio linea

petite cordelette : parva linea

barre circulaire : M

diviser (divise) : secat

Point d'intersection

Couffoulens

Le point d'intersection de la ficelle et de la barre M si on prend comme sommet Douzens est Couffoulens qui se trouve sur le mridien de Paris.

Couffoulens est une ancienne station gallo-romaine. C'est un village fortifi vers 1063 et qui dpendait l'poque, des Comtes de Carcassonne. Son architecture ronde organise autour du Chteau de Couffoulens est typique de l'poque mdivale.

La baronnie de Couffoulens fut change avec le Roy en 1296, par Guillaume de Voisins, qui tait aussi seigneur de Voisins, Limoux et Bram. La terre de Roullens est mentionne nominalement dans les actes de l'change. Cette terre suivit, depuis cette poque, le sort de la baronnie de Couffoulens, c'est--dire qu'elle resta dans la maison des Voisins jusqu' la fin du XVIme sicle. Au milieu du XVme sicle, c'est un autre Guillaume de Voisins qui est Seigneur de Couffoulens et de Montaut. Les Voisins taient aussi seigneurs de Rennes-le-Chteau de 1215 1400. La dernire fille des de Voisins pouse un seigneur de Marquefave. En 1422, Blanche de Marquefave pouse Pierre- Raymond d'Hautpoul. Henri, Baron d'Hautpoul, reprend le titre de Seigneur de Blanchefort en 1680. Marie, ne de Negri d'Ables, pouse du dernier Blanchefort meurt l'ge de 67 ans en 1781.

Spculateur fameux qui consacre l'achat d'immenses terres une fortune acquise dans le systme de Law avant l'effondrement en mars 1720 de la banque de Law, sise rue Quincampoix Paris, Guillaume Castanier, d'Auriac, lgataire universel de son oncle Franois Castanier ("le plus riche coquin de France", dcd en 1759), est mort 68 ans le 3/12/1765 Fontainebleau. Il ne lgua que l'usufruit sa nice Franoise Catherine Castanier, duchesse de POULPRY, et la nue-proprit ses parents de la Montagne Noire. Mais ce testament prcieux a disparu (www.genealogie-escande.com).

Dans le petit conte intitul Melmoth rconcili, qu'il crit en 1835, on retrouve un Castanier travaillant dans la finance.

Balzac n'a presque rien conserv du personnage qu'il empruntait au roman de Maturin. Il ne s'est pas born transporter l'aventure dans une ambiance parisienne, qui est celle de ses romans; il a imagin l'extinction du mal selon les donnes de sa croyance l'nergie vitale et son irrmdiable puisement.

Charles Robert Maturin tait un modeste rvrend irlandais n Dublin en 1780, mari et pre de cinq enfants. Et un crivain surprenant. Parce que ses revenus ne lui suffisaient pas, Maturin se mit crire. C'est du moins ce qu'il prtendait. Il crivit sur le diable, tout en le tirant par la queue. La postrit l'a retenu pour un livre magistral : Melmoth l'homme errant (Melmoth the Wanderer) paru en 1820. C'est l'histoire d'un hros tourment, un Irlandais du XVIIme sicle pour qui le temps n'existe plus car il bnficie d'une rallonge d'existence - cent-cinquante annes - aprs avoir consenti son me au diable. Accabl par ce cadeau empoisonn, Melmoth parcourt la Terre et les poques la recherche de quelqu'un d'assez dsespr pour accepter son tour, et ainsi l'en dlivrer, ce pacte satanique.

Tout se droule dans le Paris de la Restauration, et dans le monde des spculateurs de la Bourse. [] L'tranget des vnements parat d'autant plus inquitante qu'ils se passent dans la banalit du quotidien, entre un aristocrate anglais, - plus anglais que nature, - un officier de la Grande Arme devenu caissier de banque et saisi par la dbauche, une fille insolente, malfaisante et gnreuse, quelques coulissiers plus ou moins suspects. Dans cette socit moderne, qui a reni la morale de l'honneur, tout est soumis au pouvoir malfique de l'Argent, et le dmon n'aura aucune peine y trouver son instrument pervertisseur.

En qute d'mes vendre, Satan a jet son dvolu sur l'Anglais Melmoth [] vritable dtenteur patent du mal sur la terre. [] John Melmoth possde la facult de l'action infaillible et, plus redoutable, le don absolu de connaissance. []Qui ne verrait que cette connaissance s'apparente la " seconde vue " que Balzac attribue au romancier, et dont il craignit toujours qu'elle ne le ment la folie ? [] Melmoth ne peut ignorer cette cruelle ambivalence de son pouvoir, et Satan a prvu qu'il n'en supporterait pas longtemps l'crasante charge. Aussi lui a-t-il accord par surcrot la licence de revendre son privilge quiconque l'achterait au prix de son salut ternel. L'homme sduit est donc son tour devenu semblable son Sducteur. Melmoth, donc, surprend le caissier Castanier au moment o il s'apprte partir pour l'tranger avec une trs grosse somme d'argent drobe sa banque, pour enlever la belle Aquilina et, usant de ses dons surnaturels lors d'une seconde rencontre, persuade Castanier que son forfait est dcouvert et que sa seule ressource est d'hriter des pouvoirs et de la maldiction attachs au pacte.

Mari, Castanier ne veut pas quitter sa femme, et entretien Aquilina, du nom d'une sainte libanaise morte en 293 12 ans, fte le 13 juin comme saint Antoine de Padoue, en tant que matresse qui aime vritablement Lon qui sera excut lors de la rpression de la conspiration des Quatre sergents de La Rochelle.

Ds 1817, le Grand Orient de France, monarchiste et catholique cette poque, n'apprciait gure le systme de hauts grades pratiqu par le Rite de Misram et devint l'un de ses plus farouches opposants. Ainsi, en 1822, alors que les affaires semblaient florissantes, cette obdience profita de l'affaire des Quatre Sergents de La Rochelle et de l'inquitude suscite par les carbonari pour dnoncer aux forces de police l'Ordre de Misram comme un repaire de sditieux "antimonarchiques et anti- religieux ", prts pour l'insurrection arme. En Septembre 1822, 22 loges du Rite de Misraim sont en activit Paris, 6 Lyon, 6 Metz, 5 Toulouse, 3 Bordeaux, 3 Lausanne, 3 Genve, et une Coutray. Et c'est le 18 Janvier 1823, que sur la rfrence des documents violemment antireligieux de la Loge de Montpellier dcouverts au cours d'une perquisition chez le Frre Vernhes, que le tribunal de police correctionnelle ordonne la dissolution en France de l'Ordre de Misraim.

L'tat de science souveraine o se trouve soudain Castanier, dont la pense embrasse le monde " d'une hauteur prodigieuse " est ici comme l'vocation hypostasie des dangereux privilges impartis aux hommes de gnie, aux grands artistes : Balzac lui-mme. De Satan, Castanier a reu le moyen de satisfaire tous ses dsirs, mais le vrai don, celui qui compte, c'est l'omniscience qui le place en quelque sorte au del du temps et de l'espace. Eritis sicut dei... [] Castanier dcouvre l'usage qu'il s'est isol des autres humains et a consomm " un dplorable adieu sa condition d'homme " sans cesser pourtant d'tre une crature temporelle. [] Castanier ne saurait acqurir la force cratrice de Dieu, mais davantage la haine qui procure Satan les joies de la destruction ; ces joies n'existent que pour un tre qui les sait ternelles, tandis que Castanier " se sent dmon, mais dmon venir ". [] Affol par ces tourments, Castanier court chez Melmoth, pour y apprendre que son prdcesseur en damnation a fait la veille une mort difiante, et pour assister ses funrailles dans l'glise Saint-Sulpice. [] Castanier, qui l'heure de sa faute avait dj peru, un instant, l'harmonie des anges dans le ciel mais y avait oppos la surdit de l'opinitre, est boulevers par les accents du Dies irae. Inculte, naf, il est d'autant mieux accessible ce chant, et capable de s'ouvrir par lui aux messages de la grce. [] L'homme qui en avait t le suppt est dlivr, mais il lui faudra encore se dcharger sur autrui du fardeau maudit. Le dnouement de Melmoth rconcili est prcipit, visiblement bcl, mais par un coup de thtre qui n'est pas sans avoir sa ncessit. Castanier vend ses pouvoirs un financier ruin, qui ne les garde qu'un instant et les cde perte, comme une valeur en baisse. Successivement, le prsent du Malin passe de mains en mains, pour un prix toujours plus bas, jusqu' choir dans la mme soire un peintre en btiment qui n'en connat plus trop la nature, puis un clerc, du notaire Crottat, amoureux. Et celui-ci, dernier dtenteur, en use la force restante dans une orgie dont il crve sans avoir pu choisir un nouvel acqureur. [] (Albert Bguin, Balzac et la fin de Satan, Olivier Larizza, Le mouvement dans " MELMOTH THE WANDERER ").

Notons bien que l'original Melmoth est Irlandais. Melmoth se rachte en vendant ses pouvoirs Castanier, c'est--dire en faisant participer son prochain son " pch ", prochain plac en dessous de lui dans l'chelle sociale, comme dans une pyramide o l'esprit de domination trouve sa reprsentation. Le dernier contractant paie de sa mort anticipe le prix final du systme. Si, dans cette socit, " tout est soumis au pouvoir malfique de l'Argent ", mme le salut incarn par Saint-Sulpice en subit la loi.

Le potentiel mdiateur de Melmoth permet d'exprimer par allgorie le caractre contractuel de toute espce de relation humaine ou conomique en tant que mode d'tre typique de la socit moderne. [ ...] On peut envisager Melmoth rconcili comme le chant du cygne, plutt parodique, du thme dmoniaque dans La Comdie humaine. Balzac, en effet, a tout mis en uvre pour que les connotations sulfureuses de Melmoth se diluent dans le cadre d'un rcit burlesque. Il commence par faire choisir l'aristocrate errant d'outre-Manche un repreneur du pacte bien au-dessous de son niveau, savoir un caissier endett de la banque Nucingen. Ce petit-bourgeois transfigur en diablotin ne trouve ensuite pas mieux, pour s'ouvrir la voie du repentir, que de coter son me en bourse. Et, aprs une folle sarabande de transactions, le titre dsormais presque sans valeur devient le moyen avec lequel un clerc de notaire paie les services de la lubrique Euphrasie. Le jeune homme en meurt, rendant peut-tre au diable l'me qui doit lui revenir in fine. Balzac, en vrit, se moque de clarifier cet imbroglio, en crivant plaisamment : " Un diable avait peut-tre pass par l, mais lequel ? ".

Franoise Gaillard commente ce passage : " En effet, lequel ? Serait-ce le vif argent, dont l'abus des fins curatives envoie le dernier contractant ad patres ? Ou, plus srieusement, ne serait-ce pas le principe Argent ? [...] c'est--dire un mode d'instauration des valeurs dont les transactions conomiques nous fournissent le modle " Andr Vanoncini " Le pacte : structures et volutions d'un motif balzacien ").

Catherine Franoise Castanier de Couffoulens, veuve de Louis Marie, marquis du Poulpry, migr, fille unique de Franois Castanier, prsident mortier au parlement de Toulouse - frre de Guillaume -, et de Marguerite Catherine Chauvelin, Catherine Franoise Castanier de Couffoulens naquit le 13 mai 1729. Marie une premire fois Jean Joseph de Palarin, marquis de Loubre, elle contracta en 1757 une seconde union avec Louis Marie Du Poulpry, marquis du Poulpry, lieutenant gnral, alors veuf de Marie de La Haie.

A une dizaine de km au sud de Carcassonne et 700 m au sud du village de Couffoulens, tabli, comme l'indique son nom (Confluentes), au confluent de l'Aude et du Lauquet, des travaux agricoles ont rvl, sur une ancienne terrasse fluviale de l'Aude, une trs belle ncropole incinration du Premier ge du Fer (Guy Barruol, Circonscription de Languedoc-Roussillon).

La ncropole de Couffoulens, dite Ncropole de Las Peyros, comme d'autres spultures audoises de la fin du VIme sicle (Azille-La Serre, Mailhac-Grand-Bassin II), a donn des objets de parure qui trouvent leur quivalent dans la mme aire culturelle (brassards composs d'armilles, pendentifs ou "colgantes").

Le thymiaterion de Couffoulens, instrument en bronze suppos usage cultuel, de style orientalisant, fut dcouvert dans la tombe n. 13) de la ncropole. Il se compose de deux coupelles ajoures, relies par une tige, et est dcor d'un cerf et d'oiseaux (fig. 3). Il faisait partie d'un mobilier funraire situer dans la deuxime moiti du Vle sicle (Solier et alii 1976: 79-86). Des fragments fondus, provenant semble-t-il d'un objet du mme genre, ont t recueillis dans une tombe de la ncropole de Saint-Julien Pzenas (Hrault) ; le contexte chronologique est identique. Le style et la technique de thymiaterion de Couffoulens se rapprochent beaucoup des caractristiques de l'exemplaire, dcor d'un cheval, trouv anciennement San Antonio de Calaccite, en arrire-pays catalan (Cabr 1908), mais dont l'environnement chronologique est toutefois moins sr (Jean Guilaine, Guy Rancoule, Les relations mditerranennes pr-coloniales et les dbuts de l'ge du fer languedocien).

Achille Laug, n en 1861 dans une famille de cultivateurs audois, aprs son apprentissage Toulouse part s'inscrire en 1881 l'cole des beaux-arts de Paris. Dans les classes de Grme et de Cabanel, un trio d'amis insparables se forme : Laug, Maillol et Bourdelle. Ds 1888, il rentrera dans son terroir natal qu'il ne quittera qu' de rares occasions. Admirateur de Puvis de Chavannes il en garde un got pour un art monumental et statique privilgiant le rythme, la ligne et la puret. Le no-impressionnisme exaltant les couleurs et simplifiant les formes va offrir une rponse son souci de prcision, de rigueur et de clart. Adepte du divisionnisme, il utilise d'abord le point vers 1892/93 employant une technique pointilliste "des confettis", avant de lui prfrer un systme de hachures entrecroises qui, en juxtaposant les teintes, permet le mlange optique des pigments. Il loue un atelier Carcassonne et retrouve ses amis Achille Astre (galeriste Paris) et Achille Rouquet (directeur de la revue mridionale), Prosper Estieu, Achille Mir, Albert Sarraut. Mari Marie Agns Boxer en 1891, ils auront 4 enfants. Ils s'installent Couffoulens, puis Cailhau, proche de Limoux. En 1893-1894, il envoie des tableaux au salon des indpendants Paris et participe avec Henri Martin au 1er salon Carcassonnais. Toute sa vie, sa situation financire sera difficile et ses amis lui obtiennent diverses commandes et travaux de dcoration pour la manufacture des Gobelins. A partir de 1920, il vit Toulouse. Il s'teint en 1944 Cailhau (Achille Laug - Le point, la ligne, la lumire - Muse de la Chartreuse, Douai - 26 fvrier 2010 - 6 juin 2010, www.midilibre.com - Achille Laug).

Remarquons que Cailhau se trouve dans le prolongement de la "ligne du milieu" issue de Douzens, avec Couffoulens.

Achille Laug - Le calvaire de Couffoulens (1890/1891)

avec ses trois arbres (Jsus et les larrons) et leurs branches en bras crucifis la mode jansniste

www.artvalue.com

Bouilhonnac

Si on prend comme sommet la Roque Mude, le point en question est Bouilhonnac. Sa premire glise tait ddie la Conversion de saint Paul comme il y a une glise Saint-Paul Cornze, hameau de Couffoulens ; la cure tait la prsentation de l'abb de Lagrasse, seigneur du lieu ; Boloniacum cum ecclesia Sancti Pauli et Sancti Ananiae en 855, Villa Bulbiniacus, Bulliniacus, en 899, Villa de Bolloniaco en 1108, Castrum Bolonaci en 1118, Bollonacum en 1351, Villa Bolonac en 1521, Bouillonac en 1774, Bouilhonnac en 1781 (Abb Sabarths, Dictionnaire topographique du dpartement de l'Aude).

A Damas, saint Ananie fut disciple du Christ et baptisa l'aptre Paul. Aprs avoir prch l'Evangile Damas, Eleuthropolis et en d'autres lieux, Ananie fut enfin, sous le juge Licinius, frapp et dchiquet coups de nerfs de buf ; puis, accabl sous les pierres, il termina son martyre (www.schola-sainte-cecile.com).

Bouilhonnac se trouve au bord de l'Orbiel qui est une rivire assez abondante. Ce nom de "Orbiel" signifie (Or vieux) en langue d'oc; sans doute cette rivire charriait-elle des parcelles d'or dans l'Antiquit. Cette hypothse semble se confirmer partir de la fin du XVIIIme sicle; priode o furent dcouverts les gisements de minerais aurifres de Salsigne, Villanire et La Combe du Saut. Ces gisements se situent sur les rives du cours d'eau et seront exploits jusqu'en 2000.

L'Ourtigo

Enfin, troisime possibilit : L'Ourtigo Fajac-en-Val qui veut dire " ortie ".

La momie des glaciers des Alpes tzi portait un couteau dont le fourreau, qui s'est conserv depuis le Nolithique, tait un tissage en ortie.

Dans Victor Hugo, La Fin de Satan, Livre deuxime : Le Gibet, I. La Jude, VI Les paroles du docteur de la loi, on peut lire : " Deux prtres, dont la robe est en toile d'ortie, Veillent, l'un l'entre et l'autre la sortie Du Temple que Salomon fit btir Par Oliab avec le bois de Tyr." (fr.wikisource.org - Victor Hugo, La Fin de Satan).

On ne sait d'o Hugo tire la composition vgtale de ses robes, mais ces deux prtres font penser aux deux surveillants maonniques.

D'ailleurs, le niveau est un de leurs symboles. Si ce triangle de Coumesourde est maonnique, il se pourrait qu'il y en ait deux.

Marc, Ormus : une histoire de sandale

Associant Palaja Pelagia, nom de la sole, il est tentant de considrer le terme latin traduisant sole : solea qui est aussi d'abord une sandale.

Les Assyriens attaquent l'gypte vers 674, mais doivent battre en retraite devant le roi thiopien Taharqa que, trois ans plus tard, Assarhaddon dfait prenant Memphis. Taharqa se replie dans le Sud dont il garde apparemment le contrle tandis que les Assyriens favorisent ses rivaux du Nord, au premier rang desquels se trouvent les Sates. Aprs le dpart des conqurants, l'thiopien fomente des troubles dans le Nord. Le successeur d'Assarhaddon, Assurbanipal, vainc Taharqa devant Memphis et assoie son autorit jusqu' Assouan. Il fait excuter les principaux chefs Sas l'exception de Nkao Ier (672 - 664) qui il confie le royaume et installe son fils, le futur Psammtique Ier, la tte de l'ancien royaume d'Athribis. L'anne suivante, en 665, Taharqa meurt Napata. Son cousin Tantamani (664 - 656) lui succde et reprend l'gypte. Sa campagne est d'autant plus couronne de succs que Nkao Ier a manifestement pri dans les combats. Assurbanipal ragit et envoie de nouveau ses armes. Tantamani doit se replier Thbes puis Napata. Thbes est mise sac par les envahisseurs, ravage et tous les trsors accumuls dans les temples sont pills. Le sac de Thbes met fin la dynastie thiopienne. la mort de Nkao Ier, Psammtique Ier (664 - 610) est reconnu comme roi unique d'gypte par les Assyriens. Il soumet les souverains du Nord en l'an 8 de son rgne et fait adopter sa fille Nitocris par les Divines Adoratrices d'Amon afin de mettre la main sur la Thbade. L'gypte s'ouvre au monde extrieur, notamment en Grce et en Asie Mineure, tant en matire d'art que de technique mais sans renoncer aux valeurs nationales. Psammtique Ier radicalise la pense religieuse en affichant une recherche constante de la puret originelle. Durant toute la priode sate et perse, le culte des animaux connat un grand essor : le roi fait agrandir le Srapeum de Memphis, le culte de l'Apis s'tant nettement dvelopp. C'est la tradition memphite retrouve qui donne le ton en matire de thologie au dtriment de Thbes. Psammtique Ier dplace la capitale Memphis tout en conservant Sas comme rsidence et ncropole. Il remet en place la politique et l'conomie du pays en installant en Haute-gypte du personnel li aux intrts de Sas. Profitant de querelles intestines en Assyrie, Psammtique Ier chasse les garnisons assyriennes jusqu' Asdod en Palestine (www.bubastis.be - Histoire de l'Egypte).

Au IIIme sicle, lien raconte l'histoire de Rhodope, une jeune Grecque embarque en gypte comme esclave. Un jour, un aigle lui vola une de ses pantoufles alors qu'elle tait au bain. L'oiseau laissa tomber la pantoufle aux pieds du pharaon Psammtique ; celui-ci, frapp de stupeur par la dlicatesse de la pantoufle, promit d'pouser la femme qui elle appartenait. Mais vraisemblablement lien ne faisait que reprendre une lgende dj conte par Strabon au sujet de la pyramide de Mykrinos dont il rappelle que certains auteurs disaient que c'tait le tombeau d'une courtisane nomme Rhodopis (Yeux de rose) : " Un jour, comme elle tait au bain, un aigle enleva une de ses chaussures des mains de sa suivante, et s'envola vers Memphis o, s'tant arrt juste au-dessus du roi qui rendait alors la justice en plein air dans une des cours de son palais, il laissa tomber la sandale dans les replis de sa robe. Les proportions mignonnes de la sandale et le merveilleux de l'aventure murent le roi; il envoya aussitt par tout le pays des agents la recherche de la femme dont le pied pouvait chausser une chaussure pareille; ceux-ci finirent par la trouver dans la ville de Naucratis; et l'amenrent au roi qui l'pousa et qui, aprs sa mort, lui fit lever ce magnifique tombeau. " (fr.wikipedia.org - Cendrillon).

A partir de 1776, deux membres de la Loge des Trois pes, Johann Rudolf von Bischoffswerder (1714-1803), officier prussien puis ministre de la guerre la mort du grand Frdric, et Jean Christophe Wllner (1732-1800), pasteur, instaurent un nouvel Ordre maonnique rosicrucien : l'Ordre de la Rose-Croix d'Or d'Ancien Systme. La Loge des Trois Globes de Berlin devient le centre de ses activits. Cet Ordre adopte une hirarchie de neuf grades. Les enseignements de celui des Juniores reproduisent textuellement cent dix pages de l'Opus mago-cabbalisticum et theosophicum. L'Instruction et le rituel des Theoretici reprend mot--mot le Novuin laboratorium chemicum, de Christophe Glaser (1677). Quand aux oprations alchimiques enseignes aux Magistri, elles sont empruntes deux livres de Henri Khunrath : la Confessio de Chao-physico chemycorum catholico (1596) et l'Amphiteatrum sapientiae aeternae (1609). La symbolique et les enseignements de l'Ordre de la Rose-Croix d'Or d'Ancien Systme sont nettement orients vers l'alchimie oprative. Ils revendiquent une filiation remontant Ormus, un gyptien baptis par saint Marc et qui aurait fond l'Ordre. En 151, les Essniens se seraient joints cet Ordre, qui aurait gagn l'Europe par les Croiss et les Templiers. Quoi qu'il en soit, il se diffrencie nettement du Rosicrucianisme du sicle prcdent, plus mystique, dont le projet tait celui d'une grande Rforme intellectuelle et religieuse, propre apporter la prosprit et la paix l'humanit. Aprs avoir donn naissance aux Frres Initis de l'Asie, il fut mis en sommeil par ses fondateurs en 1787 (www.rose-croix.org - Histoire de la franc-maonnerie).

La lgende d'Ormus a t reprise par Jean-Etienne Marconis de Ngre, fondateur du Rite de Memphis.

L'aptre Marc, appel aussi Jean, tait le fils d'une pieuse femme de Jrusalem, qui offrait l'hospitalit au Seigneur puis aprs la rsurrection aux aptres pour les synaxes de prires. La maison de Saint Marc tait celle o Jsus se runissait avec les Aptres et o il clbra avec eux la Pque. C'est aussi dans sa maison que les Aptres taient runis lorsque le Saint Esprit descendit le jour de la Pentecte. Ainsi la maison de Saint Marc est bien connue dans toutes les glises Apostoliques comme la premire glise du monde. C'est peut-tre Marc, qui vtu d'un drap, s'enfuit nu lors le l'arrestation du Seigneur prcdent la Passion. Marc reut le baptme des mains de saint Pierre. Marc, un des soixante dix disciples, qui tait cousin avec l'aptre Barnarb, partit avec lui pour Antioche en compagnie de l'aptre Paul. A Perg, en Pamphylie, Marc, saisi de crainte devant les difficults de la mission se spara de Paul, s'embarqua avec Barnab pour Chypre. Une dizaine d'anne plus tard, on retrouve Marc Rome avec Pierre. Marc rdigea son vangile, considr comme " l'vangile de Pierre ", puis partit pour l'Egypte. Lorsqu'il aborda Alexandrie, sa sandale use s'tant rompue, il la donna rparer un cordonnier du nom d'Aniane (Anianos) qui laissa chapper son aiguille et se pera le doigt en s'criant; "Dieu Unique". Il pria sur Aniane en disant : " Au nom du Pre, du Fils et du Saint Esprit, un seul Dieu Vivant jamais, guris la main de cet homme pour que Ton Nom soit glorifi. " Aniane, guri immdiatement et stupfait, invita Marc chez lui aspirant connatre le Dieu Unique.

Suivant Luc et Mathieu, les aptres ne doivent prendre ni argent ni sac, pas mme de sandales et de bton, dans Marc, au contraire, Jsus leur dfend de rien emporter si ce n'est des sandales et un bton.

Ainsi Marc, btit Alexandrie la premire glise copte dans la maison du cordonnier qu'il fit premier vque de la ville. La Messe de Saint Marc fut transmise oralement de gnration en gnration jusqu' Saint Cyrille Le Grand qui la mit par crit. Il se rendit aussi dans la Pentapole et la Libye pour y tablir des Eglises. Une anne o la fte de Pque correspondait avec celle de Srapis, Alexandrie, alors que saint Marc clbrait l'anaphore, les paens l'arrachrent de l'autel ; ils le tranrent durant tous le jour dans les rues de la ville par une corde attache aux pieds. Aprs avoir pass la nuit au cachot, ses bourreaux lui firent subir le mme supplice jusqu' un lieu escarp prs de la mer appel Boucole. On ftait aussi, le 25 Avril, les Serapia, en commmoration de la ddicace d'un des temples de Srapis (coptica.free.fr, coptipedia.com - Saint Marc).

Carpocrate tait aussi une forme du nom d'Harpocrate, l'Horus enfant. Selon une lettre attribue Clment d'Alexandrie, l'hrsiarque Carpocrate qui vcut sous Hadrien (117-138) utilisait un vangile secret de Marc.

Dcouverte et photographie par Morton Smith en 1958 au monastre de Saint-Sabas prs de Jrusalem, publie en 1973, cette lettre de trois pages (dbut du IIIme sicle) et adress un certain Thodore, contient l'histoire et deux extraits d'une version jusqu'alors inconnue de l'vangile de Marc, appele l'vangile secret. Il s'agit d'un document important prendre en considration dans toute tude de la formation des vangiles et qui est conforme la pense gnostique orthodoxe de Clment pour qui l'accs la connaissance se fait par tapes initiatiques (www.ebior.org - Evangile secret de Marc).

Les exgtes du Nouveau Testament prennent de plus en plus au srieux les indications de la lettre, pour reconstituer la gense des synoptiques. L'accord ne s'est pas encore fait, cependant, sur la relation chronologique entre le Marc " secret " et le Marc canonique. L'authenticit de la lettre n'est pas dfinitivement tranche. La comparaison entre la lettre et le Quis dives salvetur ? de Clment, o celui-ci commente la pricope de Marc 10, 17-31, ouvrage trs probablement postrieur aux Stromates, et mme aux Hypotyposes comportant une interprtation spirituelle des versets de Marc, relve que l'pisode rapport par Marc " secret " est narrativement et thmatiquement li au rcit de Marc 10, 17-31. On peut supposer, si la lettre est de Clment, que l'exgse symbolique du Quis dives salvetur ? introduit des lments tirs de l'"Evangile secret" (cat.inist.fr).

Clment cite deux passages de l'Evangile secret de Marc. Le premier est celui de la rsurrection d'un jeune homme de Bthanie (peut-tre Lazare) assez comparable celui de Jean sinon qu'il donne une suite au miracle : six jours plus tard, le jeune homme vint trouver Jsus, " le corps vtu de lin " et il passa une nuit avec lui, durant laquelle il fut " instruit du mystre du royaume de Dieu ". Le miracle prend la tournure d'une preuve initiatique au cours de laquelle l'initi vit une mort et une renaissance symbolique avant de recevoir les enseignements secrets comme dans les religions mystres du monde grco-romain. Le second passage concerne la visite de Jsus Jricho relate dans le Marc canonique (10:46) sans prciser ce qu'il y fit : " Puis il arriva Jricho. Et la sur de celui que Jsus aimait et sa mre et Salom taient l, et Jsus ne les reut pas. "[1]. Quant savoir ce que cela signifie, cela ne nous regarde pas. En fait, il s'agirait d'une pratique baptismale des premiers temps de l'Eglise. le baptis est nu au moment de descendre dans l'eau, et le sacrement est clbr l'aube aprs une nuit de veille [2].

Saturnin, comme Marc, est tir par une corde pendant son martyr. Envoy de Rome par le pape Fabien, pour vangliser la Gaule, il passe par Nmes et l'Espagne. Le Nmois Honest subit le martyre, et Saturnin, accompagn d'Hilaire, son futur successeur, revient sur ses pas pour s'arrter Toulouse. Saturnin sillonne la rgion des fins d'vanglisation. Des prtres paens lui demandrent d'honorer l'empereur en lui sacrifiant un taureau. Son refus valut Saturnin d'tre attach au taureau du sacrifice. La lgende raconte que le taureau, pris d'une rage folle, descendit toute allure les marches du Capitole, tranant derrire lui l'vque (fr.wikipedia.org - Saturnin de Toulouse).

Le supplice de Dirc, femme de Lycos, rgent de Thbes, semble tre un archtype des martyrs de Marc et Saturnin. Lorsque Lycos fit emprisonner sa nice Antiope pour avoir t sduite par Zeus, Dirc la maltraita. Mais Zeus dlivra un jour Antiope. Lors de sa fuite, elle retrouva ses deux fils, Amphion et Zthos, qui avaient t recueillis par des bergers aprs leur abandon par Lycos. Ceux-ci allrent alors Thbes, turent Lycos et attachrent Dirc la queue d'un taureau indompt, qui l'emporta sur des rochers o elle fut mise en pices. Amphion et Zthos sont connus pour leurs exploits de maons. Ils construisirent la ville basse de Thbes dont la ville haute avait t btie par Cadmos, fils de Belos venu d'Egypte en Canaan. Amphion mouvait les pierres de construction avec le son de sa lyre. Les dieux, touchs du malheur de Dirc, la changrent en une source qui porta son nom et qui coulait prs de Thbes (fr.wikipedia.org - Dirc).

www.musagora.education.fr

Une cramique d'Italie mridionale du dbut du IVme sicle avant J.-C. semble reprsenter le chtiment de Dirc. Le chien rappelle celui du fragment d'Eos-Tithonos et le traitement raliste du pied fminin chauss d'une sandale voque le pied d'Electre d'un fragment d'hydrie encore conserv dans la collection d'Herbert A. Cahn (Cramique de Grande Grce : la collection de fragments Herbert A. Cahn).

L'glise abbatiale de Saint-Hilaire dans l'Aude l'intrieur du " niveau " et sur le Mridien de Paris, renferme un sarcophage dit sarcophage de Saint-Sernin. Ce coffrage sculpt d'un seul bloc dans du marbre blanc des Pyrnes est attribu au matre de Cabestany. On pense qu'il s'agit d'un devant d'autel datant du XIIme sicle. La face avant ct gauche reprsente le martyr de Saint-Sernin. Il est attach par une corde un taureau qui le traine. Des piques et des chiens excitent le taureau. Des Saintes Puelles, des jeunes filles vierges, sont bnits par Saint-Sernin (fr.wikipedia.org - Abbaye de Saint-Hilaire).

Le nom de Saturnin fait rfrence Saturne, le grec Cronos. L'Apologie du dieu Kronos, Du souverain prtre au bienveillant boiteux de Valry Raydon est un essai de restitution du portrait de Kronos, ce " pre des dieux et des hommes " et roi de l'Age d'or dans la mythologie grecque si bien chante par le pote Hsiode. Cette enqute aboutit l'identification de Kronos en un dieu souverain de type Mitra issu de la thologie indo-europenne dont les caractristiques ont t mises en valeur par Georges Dumzil. L'auteur livre en suivant une prsentation et une explication de la fte des Saturnales, une des plus grandes ftes du monde antique romain qui clbrait en recrant les conditions de l'Age d'or le retour cyclique et bnfique du dieu et des esprits des grands anctres parmi les vivants. On dcouvrira quel point la fte des Saturnales se rvle fondatrice dans sa dimension idologique de la pense occidentale contemporaine.

L'ancien roi de l'ge d'Or, dtrn, boiteux, a t emprisonn l'intrieur du sol. Ses " enfants " sont les paysans, les boulangers, les travailleurs de la pierre et du bois, les fossoyeurs et les condamns.

Les no-platoniciens conduits par Marsile Ficin, sous l'gide de Plotin et d'Aristote, rhabilitent l'image de Saturne. Plus lev que Jupiter, Saturne incarne le spiritus alors que Jupiter n'est que l'me. Le premier invite la contemplation alors que le second l'action. Saturne est le patron de tous ceux qui se consacrent la rflexion et la mditation, la mlancolie tant cette aptitude l'investigation des plus hauts secrets.

Dans sa Tentation de saint Antoine conserv Lisbonne, Jrme Bosch a inclus un " boiteux saturnien " suivi par des chiens[3].

La boterie comme signe de " menstrues masculines " dont taient supposs atteints cagots et juifs.

Jason est le reprsentant des hros boiteux par la perte d'une de ses sandales.

La plupart des hros menacs de banalisation [une vie sans sublimation] se trouvent runis dans l'aventure des Argonautes. Outre leur chef, Jason, les plus importants sont : Orphe, Hracls, Thse. Aucun des Argonautes ne prsente la vanit folle des hros sentimentaux. Leurs dangers sont la tentation de la domination perverse et la dbauche (l'incapacit du juste choix et d'une liaison durable). C'est prcisment ce danger, les menaant chacun en particulier, qui les lie en une entreprise commune de libration. Cette porte gnrale de l'expdition, confirme par tous les dtails de l'histoire fabuleuse, se trouve dj exprime par la signification du nom des hros runis : Argonautes. Ils sont tous navigateurs, embarqus sur l'Argo, ce qui signifie : le vaisseau blanc. Le blanc tant symbole de puret, l'Argo devrait les conduire vers la purification. Ce but de l'expdition se trouve encore plus clairement affirm par le fait que les hros vont la recherche de la toison d'or. L'or-couleur est reprsentatif de la spiritualisation, tandis que la toison - le blier, figurant l'innocence - est symbole de sublimation. La toison d'or conqurir indique que le but de l'entreprise est la conqute de la force de l'esprit (vrit) et de la puret de l'me. La toison d'or est suspendue l'arbre, symbole de la vie ; elle est garde par le Dragon : il faut tuer le pervertissement pour pouvoir s'emparer du trsor sublime. Le hros peut trouver le trsor sublime, mais il se peut aussi qu'il s'empare du trsor sous sa signification perverse. [] A la tte de l'expdition des Argonautes se trouve Jason. Son but initial n'est pas la recherche de la toison d'or. Cette recherche n'est qu'une condition remplir afin d'accder au trne de son pre. Ceci permet de prciser davantage le dilemme essentiel, renferm dans le mythe de la toison d'or : dans quel esprit le hros va-t-il exercer le pouvoir, lorsqu'il l'aura acquis ? Le pre de Jason, le roi lgitime, Eson, fut destitu par Plias. Enfant, Jason, fut sauv de la poursuite de l'usurpateur. Son ducateur est le Centaure Chiron. Devenu adulte, Jason a regagn son pays natal, dcid s'opposer au roi-usurpateur. Ainsi la situation du hros n'est pas sans analogie avec celle d'dipe : Jason veut gouverner le monde malgr sa tendance la banalisation, imputable en partie son ducation. L'oracle avait prdit au tyran de se mfier de l'homme qui ne porterait qu'une seule sandale. Dchauss d'un pied, Jason se prsente devant Plias, l'usurpateur qu'il devait combattre. [] Le pied dchauss de Jason est une nouvelle figuration de l'homme " boiteux ". Plias se dclare prt abdiquer ds que Jason pourra lui montrer le trophe : la toison d'or, symbole de la banalit vaincue. [] Si le roi n'exigeait qu'un travail quelconque suppos dangereux et irralisable, il ne serait que le tyran-usurpateur, l'homme intrigant, Plias. Mais le travail accomplir est le combat hroque, qui, dans tous les mythes, est impos par le roi symbolique, l'esprit. Le roi rel qui exige l'preuve par tratrise se trouve, sur le plan symbolique, remplac par l'exigence sublime susceptible de caractriser la situation essentielle. Jason ne se sent pas la force de tenter seul l'aventure []. L'Argo conduit les hros vers Colchos, pays o se trouve la toison d'or. Ils naviguent sur les flots de la mer, symbole de la vie dont ils doivent affronter les dangers. Comme il a t dj indiqu, l'expdition encourt des dangers prcis et que le mythe souligne par une nouvelle image : l'Argo, en route vers Colchos, doit trouver le juste milieu en traversant les Symplgades, deux rochers qui s'lancent sans cesse l'un contre l'autre et qui menacent d'craser le vaisseau. Le pril rappelle Carybde et Scylla. Il en est une variante sens extrmement significatif : la terre crasante, le rocher, tant symbole de banalisation, les deux rochers sont figuratifs de la double menace qui plane sur toute l'entreprise : dbauche et tyrannie. L'Argo chappe de justesse au pril, mais, prsage funeste, une partie du gouvernail est emporte. Le roi de Colchos, Ats, nouveau reprsentant du roi mythique, reoit Jason amicalement. Il est prt cder la toison d'or en cas de victoire sur le Dragon. Mais l'autorisation d'affronter le monstre est lie de nouvelles conditions []. Le roi remet Jason les dents d'un Dragon auparavant tu par un hros-vainqueur (Cadmos). Jason doit atteler une charrue des taureaux que nul n'a su dompter, dont le souffle est de flamme et dont les pieds sont d'airain. Aprs avoir ainsi labour un champ, le hros doit y semer les dents du Dragon. La rcolte de cette semence ne pouvant tre que funeste, Jason doit se montrer capable de matriser le pril. L'ensemble de ces travaux supplmentaires reprsente une symbolisation plus spcifique du combat contre la tendance la domination perverse dont le hros, prtendant au trne, devrait se purifier. [] Caractristiques de la force brutale, les taureaux sont symbole typique de la domination perverse. Leur souffle est la flamme dvastatrice. L'attribut " d'airain " ajout au symbole " pied " est une image frquente dans la mythologie grecque qui sert caractriser l'tat d'me. Attribus aux taureaux, les pieds d'airain symbolisent le trait marquant de la tendance dominatrice, la frocit et l'endurcissement de l'me. Jason russit dompter les taureaux et les atteler la charrue. [En semant les dents du Dragon, il fait apparatre les " hommes de fer " qu'il pousse s'entretuer en lanant des pierres parmi eux qui ne tardent pas se massacrer, chacun se croyant attaqu par l'autre]. Mais, prsage nfaste, le hros se montre dfaillant dans cette deuxime partie de l'preuve. Il ne triomphe pas de la violence menaante grce sa force sublime ; la place de la justice, il use d'intrigue. Il fait ce que de tout temps ont su faire les tyrans en vue de triompher de leurs adversaires : il divise pour rgner. [] Le danger qui guette plus que jamais le hros n'est pourtant pas devenu insurmontable, car les travaux prliminaires n'ont que la signification d'un prsage l'gard de l'attitude future et ne la dterminent pas dfinitivement. La dfaite essentielle du hros qui clt les travaux prliminaires se prsente sous l'aspect d'une russite extrieure, ce qui lui assure le droit d'essayer de conqurir la toison d'or. [] [Enfin] Jason se contentera une fois de plus de combattre mme le Dragon avec les armes de la ruse. [] Peu confiant en ses propres forces, Jason se lie avec la fille du roi de Colchos, Mde. Ce n'est ni le choix juste ni une vraie liaison d'me ; l'impuret s'y mle sous forme de calcul : Jason veut s'assurer l'aide de Mde qui est une magicienne. Elle rgne sur les forces terrestres l'aide de la puissance dmoniaque. [] En succombant aux charmes de la magicienne et la tentation de profiter de son secours, Jason s'apprte s'assurer le rgne et la domination l'aide des forces " dmoniaques " du subconscient, et non pas grce au combat de purification. [] Jason ne tue pas en combat hroque le Dragon (symbole de sa propre perversion qu'il aurait d vaincre) ; il l'endort l'aide d'un philtre prpar par Mde. Il parvient ainsi s'emparer de la toison d'or. Ats, en exigeant les travaux-preuves, a t le reprsentant du roi mythique. Comme tel, il refuse Jason le droit d'emporter le trophe de la sublimit. Afin de se drober au verdict, Jason s'enfuit en emportant la toison d'or. Il est accompagn par Mde et poursuivi par Ats. Le roi qui pourchasse les voleurs du trsor spirituel tant symbole de l'esprit-vengeur, la poursuite symbolique - selon sa vrit profonde - n'a pas lieu sur le plan extrieur. La poursuite du coupable par l'esprit se passe dans le for intrieur : elle est le sentiment de culpabilit. Suivant ce sens psychologique, la fuite devant Ats signifie le refoulement de la coulpe, car le refoulement n'est rien d'autre que la fuite devant l'esprit-accusateur. Cette mme signification adhre au rapt de la toison d'or : " refouler sa faute " est synonyme de " se parer vaniteusement de la sublimit immrite, drobe ". Tous les dtails de l'image symbolique de la fuite doivent contribuer prciser ce sens cach : la coulpe et son refoulement. Afin d'aider le faux hros s'chapper, Mde use d'une astuce monstrueuse : elle tue son propre frre Absyrtos et le coupe en morceaux qu'elle jette la mer. Ats est ainsi retard, car il repche un un les lambeaux de son fils. Du fait qu'Ats reprsente dans le symbolisme de la fuite l'esprit-accusateur : son fils Absyrtos devient symboliquement " le fils de l'esprit ". Or, le " fils de l'esprit " est la vrit. Dans l'image de la fuite, la vrit en question concerne l'tat d'me de Jason. Cet tat d'me est la coulpe et la tentation de la refouler. Le meurtre d'Absyrtos est une variante du symbole typique du " fils sacrifi ". Jason rapporte la toison d'or Plias et accde au trne. Sa dficience dans l'accomplissement des conditions imposes fait prvoir la nature perversement dominatrice de son rgne, ce qui n'empche pas que, sur le plan de la vie utilitaire, il peut se montrer organisateur habile. L'histoire en son entier est l pour vrifier, par des exemples innombrables et sans cesse rpts, le sens secret du mythe dont Jason est le hros reprsentatif. Sa malignit devient, sur le plan essentiel, le flau qui dvaste la contre, le monde ; les astuces dont il a su faire preuve se tournent contre lui. Victime d'intrigues, il est finalement chass hors du pays. Mais tout le temps de son rgne demeure caractris par l'influence nfaste et croissante de la magicienne, symbole du pervertissement banal [] . Sur la mort de Jason existent de multiples versions. [] La version la plus significative est celle qui rapporte que Jason, voulant se reposer l'ombre de l'Argo, fut tu par une poutre tombe du vaisseau qui aurait d le conduire vers une vie hroque. L'Argo est le symbole des promesses juvniles de sa vie, des exploits d'apparence hroque qui lui ont valu la gloire. Il a voulu se reposer d l'ombre de sa gloire, croyant qu'elle suffirait justifier sa vie entire. Tombant en ruines, l'Argo, symbole de l'espoir hroque de sa jeunesse, devient le symbole de la ruine finale de sa vie. La poutre est une transformation de la massue. C'est l'crasement sous le poids mort, la punition de la banalisation [une vie sans sublimation]..." (Paul Diel, Le Symbolisme dans la Mythologie grecque).

Cyrano de Bergerac fut bless, en 1654, par la chute d'une poutre en bois alors qu'il entrait dans la maison de son protecteur, le duc d'Arpajon. On ignore s'il s'agit d'une tentative dlibre contre sa vie ou simplement d'un accident, de mme qu'il est impossible de dterminer si sa mort fut ou non la consquence de cette blessure, ou d'une raison non prcise. Il mourut un an plus tard, le 28 juillet 1655, 36 ans, dans la maison de son cousin Pierre de Cyrano, Sannois. Il fut inhum dans l'glise de Sannois (fr.wikipedia.org - Savinien Cyrano de Bergerac).

Saint Saturnin se prsente ainsi comme un Anti-Jason, d'aprs une lecture chrtienne du mythe de la Toison d'or, avec son dragon, comme Clment de Metz, et son taureau furieux.

Le rite du " pied dchauss " peut correspondre une initiation effective d'un certain ordre. Une statuette de " Mercure " est chausse d'une seule sandale. La stle funraire du forgeron Bellicus, trouve Sens s'est fait statufier post mortem avec un signe, clair pour certains, le dsignant comme initi druidique, voire comme initiateur (www.culture.gouv.fr - Bellicus).

Un relief qui dcorait la Porte des Comtes en l'glise Saint-Sernin de Toulouse use du mme symbole en le compltant par un signe de reconnaissance commun au druidisme et certaine initiation brahmanique : les deux vierges aux jambes croises, un pied dchauss. L'une portant un voile de tte, l'autre tte nue (Andr Savoret, Visage du druidisme).

L'gyptologue Alan Gardiner a observ que le mot gyptien pour la lanire de sandale ressemble au mot Ankh et que la boucle autour de la cheville dessine une croix anse (Ancient Code: Are You Ready for the Real 2012?).

La croix anse est souvent rapproche du nud d'Isis comme symbole d'ternit. Ce n'est pas en raison des directions des lignes droites prolonges l'infini, mais parce que ces lignes se rejoignent. Cette boucle symbolise l'essence infinie de l'nergie vitale identifie Isis d'o dcoule toute manifestation de vie.

Le nud d'Isis ajoute au sens de signe de vie et d'immortalit le sens des liens qui rattache la vie mortelle et terrestre et qu'il importe de dnouer pour accder l'immortalit[4].

lphantine, en tant que dieu de la fcondit, le dieu Khnoum rgne sur la rgion de la premire cataracte du Nil, lieu mythique d'o est cense jaillir la crue qu'il retient sous sa sandale. Il assure la fertilit grce sa relation avec l'inondation (www.immortelleegypte.com - Khnoum).

La pantoufle de Cendrillon ou la sandale de Rhodope est proprement parler un symbolon qui tait partag en deux pour que chaque partie serve de signe de reconnaissance. Si une des chausses est en possession de la personne, la deuxime est en possession d'autrui sans qui, par la reconnaissance sociale, l'identit n'est pas complte.

On invoque parfois le nom de Cerbre dans les dfixions destines demander l'aide des morts et des divinits infernales, que ce soit de manire directe ou indirecte. C'est le cas dans un passage du Papyrus de Paris :

Je t'en conjure par cette nuit puissante

En laquelle ton tout dernier feu s'en va, en laquelle

Un chien ouvre toute grande sa gueule, en laquelle

Enrage Cerbre, arm de la foudre. ()

Ecoute-moi () ;

car ce symbole de toi, la sandale,

Je l'ai cach et je dtiens la cl. J'ai ouvert

Les geles de Cerbre, qui garde la Tartare,

Et j'ai livr une nuit prmature l'obscurit.

(Aurore Petrilli, La figure du chien de la mythologie la magie antique).

A Alexandrie (Egypte), on appelle la sole samak moussa ou tout simplement moussa, terme qui en arabe n'a qu'un sens possible, " Mose ". Une tymologie populaire indique que la sole est un demi poisson : en collant deux soles l'une contre l'autre on obtient un poisson complet. Mose, en fendant la mer rouge, aurait fendu ce poisson en deux (Louis-Jean Calvet, Le plurilinguisme alexandrin).

 


[1] Lynn Picknett, Clive Prince,  La rvlation des Templiers , J'ai lu, pp. 303-306

[2] Jean Daniel Kaestli,  Les mystres apocryphes , Labor et Fides, pp. 126, 127

[3] Jean Delumeau,  La mlancolie , L'Histoire n42, p. 32

[4] Jean Chevalier, Alain Gheerbrant,  Dictionnaire de symboles , Laffont, p. 49