Partie XVII - Le Prieuré de Sion   Prologue   Alcor : De Mesnil-sous-Jumièges à Rieux-en-Val   
PRIEURE DE SION ALCOR AGNES SOREL DAGNE CAGLIOSTRO

Mentions d'Alcor

Le chapitre « Les amants de la Reine Blanche » dans le livre « Les Templiers… » débute par la citation « Ad lapidem currebat olim regina ». La « geste » lupinienne est, dès lors, amorcée (cf. reprises de Chaumeil et Ferté). (www.renne-le-chateau.com).

En 1978, Pierre Plantard écrit une préface publiée dans une édition de "La Vraie Langue Celtique" chez Belfond. Il dit :

A Rennes-les-Bains, le méridien passe entre Serres et Peyrolles, voisinant le tombeau d’Arques dit des "Bergers d’Arcadie", pour continuer sur le Serbaïrou à l’endroit où se trouve une pierre de près de 2 m de haut portant gravée l’inscription latine: "Ad Lapidem Currebat Olim Regina" (vers la pierre courait jadis la reine). Cette reine, c’est la ligne rouge du méridien, "Rose-Line" écrirait l’abbé Boudet. Peut-être aurait-il raison, car Roseline, abbesse de la "Celle aux Arcs" à sa fête le 17 janvier... et sa légende mérite lecture (www.rennes-le-chateau-archive.com - Préface Plantard).

Il a été démontré que la photo de la "Borne ALCOR" près de RLC, une des "preuves" de l'affaire, était un document trafiqué et que la pierre originale, retrouvée, n'avait jamais porté l'expression Ad lapidem currebat olim regina, imaginée par Leblanc dans La Comtesse de Cagliostro (blogruz.blogspot.fr - Un pli, (fr.wikipedia.org - Maurice Leblanc).

Jean Luc Chaumeil montre la pierre alcor pour la première fois en 1979 dans son livre "Les trésors du triangle d'or" Elle se trouverait au Pla de las Brugos au Cap de l'Homme.

L'écriture sur 5 rangées de 5 lettres et l'étoile (censée être ALCOR) à 5 branches qui inscrit le A et ce qu'on pourrait prendre pour un D, puisqu'il ressemble (plus fortement !) à celui de LAPIDEM, mais c'est un OMÉGA, conduit au carré SATOR censé donner les lettres du PATER NOSTER avec les deux lettres restantes A et O, Alpha et Oméga (Charly Alverda, 08 Jan 2016, 01:34 - Alcor - renneslechateau-fr.com).

Une anecdote intéressante est celle de la fameuse « pierre Alcor » qui fut longtemps recherchée sur les indications de Plantard au Serbaïrou sur le Méridien de Saint-Sulpice. Elle fut finalement trouvée en juin 2004 à un autre endroit et sans les prétendues inscriptions. Plantard connaissait l’existence de cette pierre puisqu’elle existe, mais il ne savait pas où elle se trouvait. C’est donc la preuve qu’il avait des documents très importants en main et qu’il cherchait comme nous aujourd’hui. Il avait simplement plusieurs longueurs d’avance grâce à son dossier et une intuition remarquable (L’interview de Jean-Pierre Garcia, écrivain, Rennes-Le-Château - Le Dossier - © JP Pourtal 1998 - 2011 - www.rennes-le-chateau.org).

Serbaïrou pour Serviès ?

Selon M. Garcia, cette pierre Alcor existe et Plantard ne savait pas précisément où elle se situait.

On pense que Cerbère dans les Pyrénées-Orientales pourrait être lié aux passages de hardes. Il y en avait aussi dans Partout où passait le cerf, les paysans se signaient, devant la réputation mythique de cet animal depuis l'Antiquité. On prétendait qu'il pouvait repérer les lieux où étaient cachées les reliques des saints, qu'il avait le mystérieux pouvoir de guider les païens jusqu'aux églises et monastères où ils pouvaient être convertis. Un cerf avait nourri sainte Anne quand elle était enfant. Une biche avait pareillement secouru Geneviève de Brabant. En traçant un emplacement dans sa course autour d'un arbre, un autre avait délimité la fondation de l'abbaye de Fécamp. Un animal tout semblable était apparu à Dagobert, le bon géant. Le roi mérovingien recherchait avec passion les reliques de saint Denis, tutélaire pour la maison des Francs. Il ne pouvait les découvrir. Un cerf lui rendit le service de lui signaler, en frappant du sabot, l'endroit où le saint reposait. Un ermite reçut un jour la visite d'un dixcors dont les yeux humides disaient le désarroi. L'ermite fit entrer l'animal dans sa caverne. Un chasseur intrépide suivait : ce Branchion fut converti par l'ermite et devint luimême un saint, qui s'attacha à protéger les cervidés, animaux divins, au lieu de les tuer. Un cerf, dans la légende de saint Eustache, annonce clairement qu'il est le Christ et qu'Eustache, ce maître de cavalerie de l'empereur Trajan, ne doit pas le poursuivre. Eustache « tombe de cheval de frayeur » et se convertit à l'instant. Ainsi le seigneur des forêts devientil instrument de prosélytisme. L'image de l'âme altérée de parole divine est symbolisée dans un psaume de David, par celle du cerf qui recherche sa fontaine. Pour Origène, le cerf débusque dans leurs nids les serpents, symboles du diable. Il les dévore quand ils se jettent entre ses dents, et boit ensuite l'eau de la fontaine pour se purifier. Telle est sans doute l'origine pieuse de Cerfontaine. Serviès, dans le Tarn, est consacré au roi des forêts comme Servin dans le Doubs ou Servès-sur-Rhône dans la Drôme. Serval dans l'Aisne est bien la vallée du cerf, et Villecerf, en Seine-et-Marne, désigne, selon Dauzat, les cerfs et non les serfs (Pierre Miquel, Petite Histoire des noms de lieux, villages et villes de France (1993), 2016 - books.google.fr).

Mizar est une étoile double apparente entre Alioth et Alkaïd. Son nom, qui signifie « le Tablier », lui fut donné par Joseph Julius Scaliger (1540 - 1609) au XVIe siècle. Le couple principal est séparé de 14.4". C'est la 2e étoile à partir du boutdu manche de la casserole. Son compagnon Alcor est à environ 12' (environ 1/3 du disque lunaire). Le couple d'étoiles le plus célébre, est visible à l'oeil nu, plus ou moins facilement. Les peuples de l'Antiquité se servaient déjà de ce couple mythique pour tester leur acuité visuelle, comme le font les amateurs aujourd'hui.

Le nom exact de cette étoile et 'Anaq-al-Banat, qui veut dire la Chevrette des Filles ou le Collier des Filles, la Grande Ourse étant considérée chez les Sémites depuis quarante siècles comme la civière d'un cortège mortuaire précédé de pleureuses (Autour de Rennes le Château : Saint Sulpice, Aude et Grande Ourse).

Le cerf et la biche sont des caprins comme la chèvre et la chevrette.

www.odeaanaude.eu

Entre Serviès et Rieux-en-Val à l'extrémité d'un mamelon rocheux peu élevé se dresse un menhir surmonté d'une croix en fer. La pierre est en grès Carcassien, commun dans les environs. Elle à 2 mètres de large. à la base sur 2m20 de haut et 0m40 d'épaisseur. On a trouvé au pied des ossements humains. La croix a dû être placée à son sommet pour éviter sa destruction et christianiser le culte dont peut-être il était l'objet.

Un menhir dit pierre de las Coumbos a été signalé par un habitant de Servies à la Société d'Et. Sc. de l'Aude, le 15 octobre 1922 ; je crois que ce monument est le même que celui cité, plus haut, à Rieux-en-Val (Germain Sicard, Essai sur les Monuments mégalithiques du département de l'Aude. In: Bulletin de la Société préhistorique de France, tome 26, n°10, 1929 - www.persee.fr).

La légende populaire veut que ce rocher, vrai ou faux menhir appelé "La Pierre Droite", ait été lancé par Charlemagne lui-même depuis la montagne du Carla, environ à 3km à l'est, pour délimiter un territoire. Ce menhir a été christianisé par une croix (www.alaric-web.com - Rieux-en-Val).

Ce menhir ou bloc de pierre debout, se trouve sur un petit monticule arrondi à 400 mètres N-E du village, dans le prolongement abaissé du Péch de Rieux. Il a 2 mètre» de hauteur verticale, une épaisseur de 30 à 35 cm. et d'un calcaire très dur. On raconte dans le pays, que Charlemagne avait l'habitude, durant ses promenades (le jouer an palet avec son neveu Rolland... Mais un jour pris par d'autres soucis, il aurait abandonné son palet et l'aurait enfoui en terre en cet endroit d'un seul coup de talon (Abbé Paul Montagné, Le Fait Folklorique : Les Superstitions Populaires Audoises, Folklore, N° 35, 1944 - garae.fr).

La tradition raconte que Rieux a existé au temps de Charlemagne dont les armées ont peut être combattu les Sarrazins. Rieux appartint à l'Abbaye de Lagrasse jusqu'au début du 12ème siècle (www.lagrasse.com).

Le nom d'Alcor viendrait de l’arabe al-qur, « le cavalier » du fait qu'elle semble chevaucher un des chevaux du chariot de la Grande Ourse. La plus ancienne notification de cette étoile vient de l'astronome persan Abd Al-Rahman Al Soufi dans son Livre des étoiles fixes établi en 964 à partir du catalogue de Ptolémée.

Rieux-en-Val, à côté de Serviès, se trouve dans le secteur zodiacal de la Balance du Sceau de Palaja. La strophe de la BALANCE du Serpent rouge présente l'auteur commun un cavalier :

« Commencé dans les ténèbres, mon voyage ne pouvait s’achever qu’en Lumière. A la fenêtre de la maison ruinée, je contemplais à travers les arbres dépouillés par l’automne le sommet de la montagne. La croix de crète se détachait sous le soleil du midi, elle était la quatorzième et la plus grande de toutes avec ses 35 centimètres ! Me voici donc à mon tour cavalier sur le coursier divin chevauchant l’abîme. »

Le cavalier sur le coursier divin chevauchant l'abîme peut indiquer le Saint Michel de Delacroix dans la chapelle des Saints Anges, les jambes écartées comme montant un cheval. La chapelle des Saints Anges est placée sur la projection du plan de l'église Saint Sulpice sur la commune de La Cassaigne, en fait dans le secteur des Poissons du Sceau de Palaja. Saint Michel est fêté le 29 septembre, date située dans le signe de la Balance (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Balance, Autour de Rennes le Château : Le Tombeau d’Anchise).

Charlemagne et les miracles

Les Germains transportèrent à Charles quelques uns des attributs des dieux qu'il avait détruits. Saxo Grammaticus raconte que le dieu Balder, après une victoire remportée par son armée, fit jaillir pour la désaltérer une fontaine d'un rocher aride (Grimm, D. M., i39-40); et nous avons vu le même prodige attribué à Charles par des chroniques peu éloignées de son époque et consacré au douzième siècle dans l'office que l'Église lui composa. Mais ce fut surtout Odin avec lequel on le confondit : la Grande Ourse, appelée dans beaucoup de pays le Char d'Odin, fut nommée en Allemagne Karlswagen, en Angleterre Charleswain, char de Charles (Grimm, ib., p. 138); et dans la Hesse, c'est dans la montagne d'Odin (Gudensberg) qu'on racontait que reposait le grand empereur, en attendant sa résurrection. Cette résurrection elle-même, emblème du soleil vainqueur de l'hiver, promise à Charles dans les pays germaniques, est un souvenir des anciennes croyances sur Odin.

Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises d'un autre miracle accompli pour Charlemagne, celui du cerf ou de la biche qui lui indiquent le bon chemin. Ce prodige était populaire en Allemagne au douzième siècle; c'est le seul que l'auteur de la Vita de 1165 rapporte d'après des récits et non d'après des livres : « C'est, dit-il, une chose qu'on entend souvent dire et raconter qu'un cerf, envoyé par le ciel, traversa un fleuve devant l'armée impériale, et lui permit ainsi de se mettre promptement à couvert *. » Bien qu'il remplace le cerf par une biche, c'est sans doute à ce passage que l'Office de saint Charlemagne avait emprunté le même fait, rappelé dans cette strophe de l'hymne qu'on y chantait :

Jubilemus Altissimo / In alhleta fortissimo, / Cujus missa per spiritum / Cerva duxit exercitum.

Un autre prodige qui se trouve répété dans plusieurs récits rappelle celui que Dieu accomplit pour Moïse dans le désert, quand il fit jaillir de l'eau du rocher. La plus ancienne mention s'en trouve dans les premières histoires de la guerre de Saxe; après la destruction de l'idole connue sous le nom d'Irmensûl, le roi, disent les chroniques de Saint-Denis, d'après les annales d'Eginhard, « demeura illec pour trois jours; mais comme l'ost demeuroit là, le rus et les fontaines secherent pour la presse du temps. Si estoit tout l'ost, hommes et femmes et bestes, à grant detresse, que ils ne trouvoient que boire, et moult souffroient grand mesaise de soif quant nostre Seigneur les visita, que il ne voulloit pas que son peuple fust à si grant meschief; car il avint que quant ils se reposoient en droit heure de midi en leurs tentes, nostre Seigneur leur envoia l'eau toute nouvelle, par le conduit d'un missel qui estoit delès les herberges, au pié d'une montaigne, à si grant plenté que il suffisoit aux hommes et aux bestes de l'ost.» C'est sans doute à ce miracle, admis dans la Vie de Charlemagne de 1165, que faisait allusion l'office de saint Charlemagne dans ce vers :

Qui de petra ducis undas.

La traduction interpolée de Turpin en connaît une variante, qu'elle rapporte aux guerres contre Agoland, et qui prouve la popularité de ce récit : « Karles s'en vinc en Beausse à une jornée de Paris, e arbergia tote l'oz en une terre loing d'eve ; e quant il furent arbergé, li chevaler e li cheval muriont de set par ço qu'il n'avoient point d'eve; equi moime Karles fist oreizon à nostre. Segnior, e qu'il lor donast eve, e il lor dona de l'eve aqui ; par devant cheiine arbergie de baron sortit une fontaine la mieudre qui onques fust, e li Franceis s'en esjoïrent molt».

Enfin la tradition d'un miracle semblable s'était conservée à Carcassonne, témoin ce passage d'un livre à moitié historique du dix-septième siècle que nous avons déjà cité. Les Sarrasins, ayant assiégé Charlemagne dans son camp devant Carcassonne, empoisonnèrent les fontaines ; alors « il prit sa lance, et la fichant en terre éleva les yeux au ciel qu'il conjura du profond du cœur de le vouloir assister de ses graces, et en mesme temps, ô miracle ! on veit abondamment couler de l'eau claire comme de l'argent... Cette belle et cristalline source qui sans avoir jamais tary que l'on sçache, a coulé et coule journellement ses eaux assés prez des murs de notre ville, est celle-là mesme que nous appellons la fontaine de Charlemagne, qui est le nom qu'on luy donna dez le moment de sa miraculeuse naissance, et qu'elle doit conserver éternellement. » (Gaston Bruno Paulin Paris, Histoire poétique de Charlemagne, Tome 1, 1865 - books.google.fr).

Jumièges et les animaux

La re-fondation de Jumièges, dans la version écrite par Guillaume de Jumièges avant 1070, aurait été réalisée sur l'initiative du duc Guillaume Longue-Épée vers 940, suite à une aventure de chasse. Fondé par saint Philibert, le monastère fut abandonné après 862 à cause des incursions des Normands qui l'ont incendié et l'ont réduit à son état premier, c'est-à-dire en un lieu solitaire, refuge de bêtes sauvages et d'oiseaux. Les murs des édifices, restés debout, furent recouverts par la végétation. Vers 940, deux moines retournèrent à Jumièges et se mirent à dégager les ruines envahies par les arbres. C'est à ce moment que le duc Guillaume y passa, échangea quelques mots avec les moines au sujet des ruines, puis entra dans le saltus où il aperçut un immense ours qu'il commença à poursuivre avec ses chiens. Tout à coup, l'ours se retourna, s'attaqua au prince et le jeta à terre. Après cet incident fâcheux mais dont il sortit indemne, Guillaume retourna auprès des moines et leur promit de restaurer le monastère.

Quant à l'abbaye de Saint Wandrille de Fontenelle, selon le récit joint à l'inventio et miracula sancti Vulfrani, il s'agit d'un cerf pourchassé par Torstin (Cécile Treffort, L'abbaye de Maillezais: Des moines du marais aux soldats huguenots, 2015 - books.google.fr).

La reconstruction de Saint Wandrille se fit en partie grâce à un sire Torstingue qui devait être un héritier de ces Scandinaves car son nom dérive directement du nordique Thorstein. Ce seigneur chassait un jour le cerf dans la forêt de Jumièges. L'animal traqué s'enfuit du côté du vallon de Fontenelle et parvint dans les ruines de l'ancienne abbaye, à l'endroit où se trouvait jadis l'autel. Les chiens qui le poursuivaient s'immobilisèrent aussitôt. Le cerf ne s'enfuit pas, mais leur fit face tranquillement, protégé par le lieu sacré. Torstingue voulut lancer son cheval, mais comme les chiens, il demeura immobile. Il comprit qu'il s'agissait de la puissance divine, et raconta partout le miracle dont il avait été témoin. Ce fait merveilleux hâta la réédification de l'abbaye par Richard Ier (Jean Mabire, Histoire secrète de la Normandie, Histoire secrète des provinces françaises, 1984 - books.google.fr).

Alcor et pneuma

Une épigramme de l'Anthologie Palatine (IX, 614, 2), due à Léontios (VIe s.), mentionne l'Erôtylos : « même auprès du Grand Chariot, l'Erôtylos brille d'une façon charmante » (le Grand Chariot est l'un des noms anciens de la Grande Ourse ; cf. déjà Hom., S 487 = e 273). Sur le sens de cette épigramme et le vocabulaire astrologique qui y est employé, voir F. Boll, 1903, p. 81-82. Ceci confirme qu'Érôtylos est bel et bien le nom d'une petite étoile proche de la Grande Ourse. Si l'on veut être tout à fait complet, il faut mentionner aussi un passage grammatical d'Aelius Herodianus (De prosodia catholica, III 1, p. 164, 1. 18 Lentz ; IIe s.) dont on ne peut rien tirer, car le mot y est simplement cité avec d'autres noms de même type.

On trouve le mot dans un papyrus magique du IIIe s. où figure une demande de songe (PGM, VII, 478; voir K. Preisendanz, 1939, col. 447, 1. 57-61). S'adressant à "Erôs, 'Erôtullé, le magicien prie qu'on lui envoie pendant la nuit son ange personnel afin que celui-ci lui fasse une révélation. Une offrande consistant en poussière à gratter sur sa sandale, en résine et en fiente de colombe blanche doit être adressée à l'Ourse et brûlée pendant que l'on récite l'invocation. [...] H. G. Gundel (1968, p. 64) y voit le nom d'une petite étoile située près de la Grande Ourse ; il s'agirait de l'étoile se trouvant au-dessus de Mizar (Grande Ourse), et que l'on nomme aujourd'hui Alcor. Cette seconde interprétation, qui a comme inconvénient de laisser Eros en suspens, est cependant appuyée par le fait que le destinataire de l'offrande est l'Ourse et que l'invocation a pour but l'apparition d'un ange. Or on sait que, depuis une époque fort ancienne, les anges ont été mis en rapport avec les corps célestes, dont ils sont censés guider le cours (Michèle Mertens, Les Alchimistes grecs, Tome IV, 1ère Partie: Zosime de Panopolis, 1995).

Erôtylos, lié au mercure, n'est pas forcément à identifier avec, mais peut-être avec le "pneuma".

En effet : "Sia l’Erotilo di Zosimo che il Panareto [recueil de maximes] di PGM [papyri grecs magiques] XIII istituiscono una relazione con il pneuma vivificante." (Michela Zago, Tebe magica e alchemica, L’idea di biblioteca nell’Egitto romano : la Collezione Anastasi, 2010) (La Croix d’Huriel et la Ligne gnostique : Le Chariot).

Si donc l'âme est, pour les Stoïciens, une réalité corporelle, les huit parties qui la composent se divisent en une partie maîtresse, l'hégémonikon et sept parties qui se trouvent sous sa direction, chacune ayant son organe et son pneuma spécifique : les cinq sens, la voixet lapartie chargéede la génération (France Farago, La Volonté, 2002 - books.google.fr).

On retrouve les 7 + 1 étoiles de la Grande Ourse. Alcor était considéré comme le conducteur du char, assis sur le boeuf ou cheval du milieu des 2 autres.

Peut-être peut on considérer l'hegemonikon comme point de jonction entre l'âme et le pneuma (apex mentis) (Autour de Rennes le Château : Dalle verticale de Marie de Nègre : un triangle isocèle rectangle).

Le pneuma est comme « premier après la psychè », dans la fonction d'instrument corporel substantiel, par l'intermédiaire duquel la psyché conduit et maintient le corps dans ses définition générale du sens : c'est un pneuma intelligent, qui réalise la jonction entre l'hégémonikon et les organes du corps (Gérard Verbeke, L'Evolution de la Doctrien du Pneuma, 1945 - books.google.fr).

Semeur d'âmes

La conception des sept bœufs célestes a été de bonne heure remplacée par celle d'un char, qui s'est elle-même dédoublée en deux représentations. Dans l'une, qui est indiquée par le nom latin temo, par l'explication d'agata dans les auteurs grecs, par les dénominations anglo-saxonnes et tchèques, le char est formé par les quatre étoiles disposées en carré, et les trois de devant en sont le timon. Dans l'autre, les quatre étoiles gardant leur rôle (ou étant plus précisément désignées comme roues), les trois étoiles de devant sont les trois bœufs (ou plus tard chevaux) qui les traînent. Le conducteur du char céleste, placé par les Grecs à côté du char, a été envisagé par les nations germaniques et slaves comme a petite étoile g, et on se l'est figuré, vu sa taille microscopique eu égard à celle de l'attelage, comme placé dans l'oreille du bœuf du milieu. Dans cette conception, les légendes du charretier éternel, du Zupdümeken, du Char Voinguet (Neuchâtel), ont conservé la notion d'un mouvement rétrograde du char. [...]

Il résulte de l'expression recueillie et expliquée par le savant lexicographe liégeois, Char Pocè : 1° que les habitants du pays wallon se représentent la constellation que nous appelons Grande-Ourse comme un chariot; 2° que les quatre étoiles alpha beta gamma et delta sont pour eux les quatre roues du char, et les étoiles éta zeta et èta les trois chevaux qui le traînent; 3° que la petite étoile à peine visible à l'œil nu, appelée par les astronomes g, qui se trouve au-dessus de zeta est à leurs yeux le conducteur du char; 4° qu'ils appellent ce conducteur Pôcè, c'est-à-dire Poucet. Voyons rapidement en quoi chacune de ces idées est propre au peuple wallon, en quoi elle lui est commune avec d'autres. [...]

Si, après avoir étudié ces différentes versions, on en revient au conte français qui porte le même nom que plusieurs d'entre elles, au Petit Poucet de Perrault, on ne trouve aucune ressemblance (Gaston Bruno Paulin Paris, Le Petit Poucet et la Grande Ourse, 1875 - books.google.fr).

Il reste que la fratrie de Poucet chez Perrault est composé de 7 frères, il en manque un c'est vrai, maisle chiffre est là. On retrouve Perrault sur l'axe du 7 mai qui traverse le pays de Retz dont le seigneur Gilles de Rais a servi de modèle à Barbe bleue (Le Prieuré de Sion : Les axes : Axe du 7 mai : Barbe bleue et Ballets roses).

The Valakhilya Rishis being clearly identified in the Vedic rituals with the Seven Sirshanya Pranas, the Puranic idea of their residing in the Sun may have come down even from the Brahmana period. For a starry personification of these Seven Rishis, there seems to have presented itself to the imagination of the ancient Indo-Aryans the very grand northern constellation of the Seven Rikshas of Ursa Major (Riksha means both star and bear) (Aiyangar Narayan, Essays On Indo-Aryan Mythology (1901), 1987 - books.google.fr).

A group of sages is called Valakhilya elsewhere. According to the Taittiriya Aranyaka (1.23.3) this group consisted of as many as sixty thousand sages each of whom was of the size of a thumb. They are stated there to originated from the hair of Prajapati (i.e. God Brahman m.) while the latter was practising penance for getting progeny. The eleven hymns of the Rgveda known as Valakhilya-suktas are assigned to these sages who were all celebats (Gaekwad's Oriental Series, Numéro 176, 1997 - books.google.fr).

On retrouve encore le pouce à travers un personnage de Maurice Leblanc (Les dents du tigre) : l'adjudant Pollex qui intervient un 24 mars, fête de l'archange Gabriel qui dans un tableau d'Ambrogio Lorenzetti (1290-1348) représentant une annonciation, et conservé à Sienne, en dressant son pouce, face à la Vierge (Arsène Lupin de Maurice Leblanc : Arsène Lupin et la Croix d’Huriel : Arsène Lupin et l’ange Gabriel).

Au petit Poucet de Perrault qui sème de petits cailloux, correspond le Grand Charles, Charlemagne, qui sème des palets, plus massifs. Ce qui paraît petit dans le ciel, prend de grandes proportions une fois sur Terre.

Mais si Platon n'a pas parlé de « microcosme », il a du moins donné les éléments essentiels de cette notion symbolique dans le Timée. Après avoir décrit la formation de l'Ame du monde, puis la formation du corps du monde par le Démiurge, qui donne au vivant destiné à envelopper en lui-même tous les vivants la forme la plus parfaite, c'est à dire la forme sphérique, il décrit la naissance de l'homme. Le Démiurge sème les âmes dans les astres, et ordonne aux dieux secondaires de façonner le corps, à partir des quatre éléments; ceux-ci exécutent l'ordre: imitant la figure sphérique de l'univers, ils façonnent un corps sphérique, la tête, la partie la plus divine, à laquelle est soumis le corps entier, qui lui est donné comme véhicule. La tête est la demeure de ce qu'il y a de plus divin en l'homme — c'est à dire l'âme raisonnable préexistant dans un astre - ; les dieux donnent de plus à l'homme une autre sorte d'âme, la mortelle, qui comporte des passions. Ils séparent de l'âme immortelle le principe mortel et le logent dans une autre partie du corps; la poitrine renferme la partie de l'âme qui participe au courage et à l'ardeur guerrière; au dessous du diaphragme se trouve l'appétit, partie de l'âme qui est semblable à une bête brute qu'il faut bien nourrir. Quant à l'espèce d'âme qui est la principale, Dieu en a fait don à chacun de nous comme un génie divin. Elle demeure dans la partie la plus élevée du corps; elle nous élève au dessus de la terre, en raison de son affinité avec le ciel, car nous sommes une plante, non point terrestre, mais céleste.

La constitution du corps de l'homme à partir des quatre éléments est l'aspect didactique le plus commun du thème du microcosme, exprimé à satiété dans les figurations du Haut Moyen Age. Calcidius attache plus d'importance aux symboles des « théologiens »; l'Ame du monde et l'âme de l'homme, qui ont une seule et même nature, assurent l'unité du Cosmos et de l'être humain. La formule des « physiciens » de Macrobe est aussi rapportée à l'âme. L'homme peut paraître mourir, mais l'âme, qui est l'homme réel, est étrangère à la mortalité, car, à l'exemple du Dieu qui régit l'univers, elle gouverne le corps aussi longtemps qu'elle l'anime. C'est pour ce motif que les physiciens ont appelé le monde un grand homme, et l'homme un petit monde: « Physici mundum magnum hominem et hominem breuem mundum dixerunt ». Macrobe ne pousse pas plus loin la comparaison; mais l'allusion au macrocosme comme un homme géant semble surtout rapporter à la tradition hermétique, telle qu'on la trouve dans le monde arabe (Marie-Thérèse d'Alverny, L'homme comme symbole. Le microcosme, Simboli e simbologia nell'alto Medioevo: 3-9 aprile 1975, 1976 - books.google.fr).

Dans cette notion d'hegemonikon se réalise une espèce de synthèse platonico-stoïcienne. C'est en effet Cléanthe qui, le premier, a situé dans le Soleil la raison directrice du monde. Mais l'idée est reprise par tous : Cicéron, au livre VI du De Republica, présente, on l'a vu, le Soleil au centre du chœur céleste. Et l'exégète cicéronien, le néo-platonicien Macrobe, commentant longuement le texte de l'Arpinate, conclura : « C'est donc avec raison qu'on a nommé "cœur du ciel" l'astre par lequel se produit tout ce que nous voyons se produire par un produire par un entendement divin » (Béatrice Bakhouche, L'astrologie à Rome, 2002 - books.google.fr).

La raison est hegemonikôn, principatus, la force dirigeante, le principe d'autorité à tous les échelons de l'être, de la pierre à l'homme. To hegemonikôn est synonyme de lôgos, raison. Certes, la raison qui dirige le monde est, comme tout ce qui est réel, corporelle, matérielle. L'équivalent de l'hegemonikôn cosmique dans l'âme humaine — elle-même corporelle — est la raison subjective, l'intellect. Le lôgos — essentiellement matériel, manifestation immédiate du feu créateur et artiste — règne et dirige aussi le monde que l'âme humaine. C'est le même logos, de nature matérielle qui pénètre également la subjectivité et l'objectivité. C'est pourquoi la raison humaine peut comprendre l'objectivité cosmique; c'est pourquoi la connaissance est possible. C'est pourquoi l'homme, s'il sait faire valoir les ressources immenses de sa raison — divine puisqu'elle est expression du feu divin qui crée et dirige le monde — eh bien ! l'homme alors est l'égal des dieux. Peu importe s'il est empereur comme Marc-Aurèle, ou pauvre esclave comme l'admirable Epictète — l'homme, qui par la raison s'est rendu maître de soi, s'identifie aux dieux, se rend leur égal. Par la raison l'homme se libère de sa misère et de sa banalité, il devient authentique, il est l'expression vivante de cette raison qui circule à travers toute chose et qui gouverne le monde et qui, même après l'extinction du monde dans l'ecpyrosis reste l'unique et ineffable réalité, sous la forme du feu pur dont procédera un monde rajeuni. Par sa participation à la raison, l'homme s'élève à l'universalité, la seule forme d'éternité qui soit accessible à l'homme (Athanase Joja, Ethos et Logos dans la philosophie stoïcienne, Revue roumaine des sciences sociales: Série des sciences économiques, Volumes 9 à 10, 1965 - books.google.fr).

À la transcendance du démiurge platonicien se substitue, dans le stoïcisme, l'idée d'un principe divin immanent qui investit toute la création. Le monde est divin ; il est Dieu lui-même. Pline, dans son élévation à Dieu, au début du livre II de l'Histoire naturelle, identifie la divinité à la nature et lui donne des caractéristiques humaines : « Quel que soit Dieu, si toutefois il est distinct du monde, et en quelque région qu'il réside, il est tout sensation, tout vision, tout audition, tout vie, tout âme, tout lui-même ». Sénèque ne s'exprimera pas autrement : « Qu'est-ce que Dieu ? La pensée de l'univers. Qu'est-ce que Dieu ? Le tout que tu vois et le tout que tu ne vois pas ». Le monde est gouverné par la Providence divine : il n'y a donc pas de place au hasard. Dans cette perspective, tout est en relation avec tout ; tout est dans tout, comme le dit encore Sénèque, instituant une chaîne ininterrompue de causalité. Les liens invisibles qui lient tous les corps entre eux - cette fameuse sympathie universelle, terme indissolublement lié à la pensée stoïcienne - enserrent l'homme dans un destin inéluctable : «... L'ordre de la destinée roule entraîné par l'enchaînement étemel des choses, dont la première loi est de rester conforme à ses propres arrêts ». Pour Pline, ce destin a visage astral : «... Les corps célestes, qui forment le tissu du ciel et sont pris dans ce tissu, ont une nature éternelle ; or ceux qu'on a pu étudier, malgré l'extrême délicatesse de ces problèmes, grâce à leurs effets, leur clarté et leur grandeur exercent sur la terre une influence considérable... ». Et pourtant, Pline comme Sénèque se désolidarisent des pratiques astrologiques. Le premier ne s'inclut pas dans le groupe de ceux qui cherchent des réponses dans les astres et qu'il décrit avec quelque ironie : «... D'autres... attribuent les événements à leur étoile et aux lois qui présidèrent à leur naissance : selon eux, Dieu décréta une fois pour toutes le sort de tous les hommes à venir, puis s'accorda le repos pour le reste des temps. Cette conception est en voie de s'établir : la foule des gens cultivés et celle des incultes s'y précipitent du même pas ». Il n'empêche. L'idée de la continuité de l'univers induit des rapports verticaux du ciel à la Terre, et servira d'alibi philosophique à l'astromanie triomphante. Il est vrai que trois personnalités ont joué, dans ce domaine, un rôle non négligeable, en exerçant dans le monde romain une influence durable. Il s'agit du pythagoricien Nigidius Figulus et du stoïcien Posidonius au dernier siècle de la République, et plus tard, au IIIe siècle, du néoplatonicien Porphyre (Béatrice Bakhouche, L'astrologie à Rome, 2002 - books.google.fr).

La présentation de la formule latine de l'acrostiche ALCOR en carré de 5 est aussi celle du Carré SATOR. Sator signifie en latin semeur.

L'âme et le psaume 41

Mon âme a soif du Dieu vivant (Ps. 41, 3). Si nous ne voulons périr misérablement dans le désert de ce monde, il nous faut nécessairement aller a la pierre, de laquelle jaillissent les sources du salut, Dieu a fait jaillir les ruisseaux de la pierre, disait Moïse. Il parlait de Jésus-Christ (Petra Christus) et des torrents d'eau et de sang qui coulent de son cœur. Il fallait ces deux torrents. L'eau nous purifie; le sang nous fortifie et nous marque pour la gloire. Aquœ abluit, sanguis tingit. Il nous faut l'eau régénératrice du baptême; il nous faut par l'immolation intérieure la ressemblance avec Jésus-Christ immolé et sanglant. Voilà. les eaux après lesquelles doit soupirer le fidèle; car elles seules peuvent lui donner le bonheur. Et c'est d'elles que parlait le Sauveur quand il disait à la Samaritaine : Quiconque s'abreuvera aux sources de ce monde sera toujours altéré; mais celui qui boira des eaux que je lui donnerai n'aura jamais soif, ni dans le temps, ni dans l'éternité (Joan. 4, 13). Saint Antoine de Padoue traite encore ce même sujet, mais d'une autre façon dans son sermon sur ce verset: Percussit petram, et fluxerunt aquæ. Il a frappé la Pierre, et les eaux ont jailli (Serm. 147, in Ps. 77, 20). "Jésus Christ est frappé au coeur, et il en est jailli deux fleuves : l'un d'eau, l'autre de sang. Le premier représente notre baptême; le second, le prix et la marque de notre rédemption". Au premier fleuve (fleuve d'eau), s'applique la parole de Zacharie : En ce jour, il y aura une source accessible à la maison de David, et aux habitants de Jérusalem; tous les pêcheurs, toutes les créatures souillées pourront s'y purifier. C'est la source du baptême et des sacrements, toujours accessibles à tous. Au second fleuve (fleuve de sang) se rapporte la plainte du Seigneur dans Jérémie : Pourquoi cette âme que j'ai acquise par mon sang, et qui est la part de mon héritage, est—elle comme un oiseau au plumage bariolé ? Pourquoi n'est-elle pas plutôt d'une couleur uniforme, et telle que devait la lui donner le bain préparé par moi. Si, nous dégageant des vaines préoccupations d'ici-bas, nous laissons toutes nos puissances et toutes nés affections s'empourprer du souvenir affectif de la sanglante passion du Sauveur, alors notre âme sera vraiment tout entière telle que le veut Notre-Seigneur. Perfecta memoria passionis Christi debet intingere omnia membra nostra, et imprimi in corde; et sic erimus avis tincta per totum (Henri de Grèzes, Le Sacré-Coeur de Jésus: études françaises publiées à l'occasion du 2° centenaire de la Bienheureuse Marguerite Marie, 1890 - books.google.fr).

On pourrait penser Maurice Leblanc étranger à ces considérations.

La réaction de Maurice Leblanc contre les milieux bourgeois et bien-pensants, nous en trouvons une nouvelle preuve dans son attitude religieuse et politique. Elevé dans la religion catholique, il s'en détacha de bonne heure. Pourquoi ? L'Enthousiasme et ses autres œuvres nous le laissent penser. Il a été scandalisé par la sécheresse de cœur de certains bien-pensants. Il a souffert vivement des contraintes religieuses, de celle surtout que l'opinion bourgeoise faisait peser sur lui et les siens. Dans le même temps, les auteurs naturalistes, les philosophes sceptiques et pessimistes qu'il pratiquait donnaient des raisons pour braver l'opinion, se libérer des contraintes, des dogmes qui opprimaient son instinct de bonheur. Il fut ce qu'on appelait à l'époque un libre-penseur, c'est-à-dire un incroyant militant, ou, du moins, frondeur de l'Eglise et des bien-pensants. C'est même, semble-t-il, sous son influence que Maurice Maeterlinck acheva de se détacher des croyances en lesquelles il avait été élevé. Pareillement, Maurice Leblanc a été dreyfusard. C'est une réaction toute spontanée d'homme de gauche, de réfractaire, d'opposant à la bourgeoisie conservatrice. Libre-penseur et dreyfusard, Maurice Leblanc n'est pas un révolutionnaire, ni même un révolté. C'est un frondeur: dans le langage de notre temps, un non-conformiste. Il n'a pas de système. Dans cette fronde, il y a toutefois une nuance essentielle; en elle, est tout Maurice Leblanc. Pascal, le héros de L'Enthousiasme, souffre de voir sa mère soumise aveuglément aux usages puérils, aux préjugés mesquins, à l'opinion de la bourgeoisie provinciale. Or, il s'irrite, non contre sa mère, qu'il vénère tendrement, mais contre ces préjugés, cette bourgeoisie. Ainsi, généralement, Maurice Leblanc se montre hostile, moins aux personnes qu'aux groupes, aux institutions, aux dogmes oppresseurs. Dans L'Enthousiasme encore, on voit le même Pascal se faire, par bravade, l'apôtre de théories subversives. Cependant, au moment de perdre Geneviève, il se déclare prêt à tout renier pour garder son bonheur. En un autre passage, Pascal évoque son voyage en Angleterre et les théories qu'il professait alors : L'idée de Patrie est une injure envers l'humanité. Un étudiant anglais se permet contre la France des railleries de mauvais goût — au lendemain de 70. J'affirmais, dit Pascal, l'idée de patrie sur le visage de mon adversaire. Georgette Leblanc nous montre son frère portant le flambeau de toutes les utopies. Revenu de beaucoup d'enthousiasme, il en nourrissait de nouveaux avec une ardeur égale. Ces utopies, qu'il embrassait ou délaissait dans le même enthousiasme, semblent surtout lui avoir servi pour lutter contre des dogmes, des contraintes, un état social qu'il jugeait oppressif. Maurice Leblanc n'est pas un homme à systèmes. (Antoinette Peské, Pierre Marty, Les terribles, 1951 - books.google.fr).

Radical-socialiste et libre-penseur, Leblanc s’embourgeoise avec l’âge et la Première Guerre mondiale. Il aurait déclaré : « Lupin, ce n’est pas moi ! » Dès 1910, il tente de tuer son héros dans 813, mais il le ressuscite dans Le Bouchon de cristal, Les Huit Coups de l'horloge… (fr.wikipedia.org - Maurice Leblanc).

Alcor dans La Comtesse de Cagliostro date de 1924.

Sorel : la Dagne et le Val de Dagne, simple jeu de mot ?

Agnès Sorel et Jumièges

Selon Maurice Leblanc, à la fin du Moyen Age, tous les monastères de France constituaient un trésor commun, qui était géré par les sept abbayes du pays de Caux. Chacune de ces sept abbayes possédait une bague gravée à son nom et ornée d’une fausse pierre d’une couleur particulière. Un chandelier à sept branches symbolisait cette entreprise commune, chacune des branches étant ornée d’une pierre correspondant à la couleur des bagues. Les richesses récoltées étaient converties en pierres précieuses conservées dans une roche de granit creuse dominant la Seine près du manoir du Mesnil-sous-Jumièges. L’hiver 1450, ce château du Mesnil abrita Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII, lequel se trouvait alors à Rouen. Elle était enceinte et venait souvent en promenade jusqu’à la pierre, que les gens de Jumièges appelèrent dès lors "la pierre de la Reine".

Pour permettre de localiser le trésor, les moines avaient imaginé une formule secrète : "Ad Lapidem Currebat Olim Regina" (vers la pierre courait jadis la reine). Il fallait comprendre que les initiales de ces cinq mots formaient le mot ALCOR, nom d’une étoile proche d’une des sept étoiles de la Grande Ourse ; il fallait aussi prendre conscience que, sur la carte, les sept abbayes du pays de Caux dont le nom était gravé sur les bagues formaient une figure approximativement semblable à celle formée par les étoiles de la Grande Ourse. L’équivalent terrestre de l’emplacement occupé dans le ciel par l’étoile Alcor était donc l’emplacement de la pierre du trésor : le Mesnil, près de l’abbaye de Jumièges. Et la formule latine complétait cette indication en désignant plus précisément la pierre d’Agnès Sorel ou "pierre de la Reine" (Arsène Lupin de Maurice Leblanc : Arsène Lupin et Saint Sulpice : Les Grandes Ourses normande et audoise).

Ce qu'on appelle aujourd'hui « le Manoir d'Agnès Sorel » ne fut jamais un endroit qu'Agnès habita, mais l'endroit seul où elle mourut. Il serait bien plus juste de dire « le Mouroir ». En revanche, elle habita une maison à Beaulieu. Le « Manoir » d'Agnès Sorel existe encore, au Mesnil-sous-Jumièges, non loin de l'église, où l'on peut voir une «Dormition» mais figurant bien plutôt la mort d'Agnès. La maison de Beaulieu existe encore, elle aussi, située au 6 Rue du Puits-Mourier. [...]

Esther signifie « Etoile » en perse, la langue des mages, et surtout « Esther » est une forme dérivée d'Aster, Astarté ou Ishtar, dite encore Anna-Ishtar, Annaïs, Annaï, Danaï, Daïana, Annaï, qui a encore donné Anne, Agne, ou Agnès. Esther ou Agnès, c'est le même prénom dans deux formes différentes, toutes deux signifiant « la Pure », « l'Immaculée », cette Etoile Immaculée si chère aux Mages (Daniel Leveillard, Les mystères du sang royal: de Charlemagne à Louis XVII, existe-t-il une survivance, 2005 - books.google.fr).

Agnès Sorel fut amenée toute jeune à la cour, en 1431, par la femme de René d'Anjou.

Agnès Sorel, avertie d'un complot contre Charles VII, se met en route en cet hiver 1450 vers la Normandie où son amant combat les Anglais. Elle est enceinte d'un quatrième enfant et s'arrête au Mesnil-sous-Jumièges où elle meurt le 9 février. Son coeur est enchâssé dans l'église de l'abbaye de Jumièges. Son corps est transféré à Loches où il est inhumé dans la collégiale Notre-Dame qui a pris en 1808 le nom d'Eglise Saint-Ours, située dans l'enceinte de la forteresse, à laquelle elle avait fait de riches dons ; cependant les chanoines demandèrent à plusieurs reprises et obtinrent sous Louis XVI que son tombeau fût enlevé. On parle d'empisonnement. Les doutes se concentrent sur Jacques Coeur à qui un procès sera fait sur divers griefs. En ce qui concerne l'empoisonement, le verdict du 29 mai 1453 le blanchit. Emprisonné pour les autres chefs d'accusation, il s'enfuit et va combattre les Turcs en Morée pour mourir à Chio (Philippe Charlier, Médecin des morts: Récits de paléopathologie, 2006).

Blois et Jumièges se trouvent sur des axes du 18 juillet, fête de saint Ours. Loches, qui possède une collégiale Saint Ours, se trouve sur un axe du 1er juillet. Le 1er juillet et le 18 juillet sont des dates de la division de l'année en 22 (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : 18 juillet - Ours - Blois).

Merde Alcor

Charles Sorel revendiquait d'être de la famille, picarde, d'Agnès Sorel, alors qu'il était champenois. Il perpétuait la légende née dans la famille de Sorel d'Ugny que la favorite encourageait le roi Charles VII dans ses entreprises de reconquête (Émile Roy, La Vie et les œuvres de Charles Sorel: Sieur de Souvigny (1602-1674), 2016 - books.google.fr).

"Une infinité de petits garçons ailés pas plus grands que le doigt volaient au-dessus et y ayant trempé un fétu, s'en retournaient je ne sais où. Mon conducteur, plus savant que je ne pensais, m'apprit que c'était des génies qui avec leur chalumeau, allaient souffler des âmes dans la matrice des femmes tandis qu'elles dormaient, dix huit jours après qu'elles avaient reçu la semence."

Si ce passage fait penser à la fois au mythe platonicien, aux doctrines antiques du pneuma ou aux théories matérialistes de l'âme, la confrontation avec l'épisode initial du lac fait ressortir le je ne sais où désignant « la matrice des femmes ». Une théorie de la génération par les excréments parentaux surgit immédiatement dans la suite, toujours parodique, puisque le transport céleste propre à la révélation métaphysique (dans le mythe platonicien ou dans le Songe de Scipion de Cicéron) aux fins prosaïques de la médecine des tempéraments, qui permet une théorie de la génération par les excréments parentaux : « Sachez, me répondit-il, que cette matière-ci est faite des excréments des Dieux qui ne s'accordent pas bien ensemble, de sorte que ce qui sort de leurs corps garde encore des inclinations a la guerre éternelle. »

Troisième figure paradoxale de la génération, l'ouverture du troisième épisode terrestre, absolument indépendante du reste et faisant partie des éléments supprimés : Je me treuvay en un champ bien labouré, où je rencontray un homme qui n'y semoit que des cailloux, et m'asseuroit pour tant qu'il y viendrait de beau froment.

Quel que soit l'usage que peut faire Sorel par ailleurs de ce motif allégorique, cette phrase isolée qui n'entre pas dans une séquence narrative ne désigne pas moins là encore littéralement l'énigme de la génération, non plus sous l'angle de son lieu mais de son processus, à savoir la production d'un être vivant (du beau froment) à partir de rien (des cailloux) (Florence Dumora-Mabille, L'oeuvre nocturne: songe et représentation au XVIIe siècle, 2005 - books.google.fr).

Olympiodore attribue le Levant au masculin, le Couchant au féminin. L'alchimiste précise qu'« il s'agit d'Adam », et c'est dans ce contexte qu'on peut entendre cette phrase assez obscure : « Va-t-en auprès d'Achaab le laboureur, et tu apprendras que celui qui sème le blé produit le blé », et plus loin : « Pélage dit à Pausirius : " veux-tu que nous le jettions dans la mer " » [...]. Il est fort probable que ce laboureur est « celui qui sème ». En tant que masculin il se situe donc à l'Est. Mais l'Ouest est le féminin, c'est-à-dire la mer. On peut penser qu'Achaab sème dans la mer, puisque Pélage jette le blé à la mer. Une fois ensemencée la mer est bien l'élément hermaphrodite, ce que confirme au demeurant le symbolisme astrologique. Le Couchant correspond, en en effet, au signe des Poissons, donc à la mer. De l'autre côté du cercle zodiacal se trouve, à 180°, le signe de la Vierge, symbolisé par un épi. L'on sait que dans les mystères anciens, la régénération était symbolisée par un épi. Ne peut-on dire que celui qui sème, recueille le blé (l'épi) et que l'Œuvre s'achève au Couchant, sous le signe des Poissons, puisque c'est à 180°, sous le signe de la Vierge, que pousse l'épi initiatique ? L'homme séparé retrouve alors son unité intérieure en unissant le féminin au masculin, ce que symbolise l'élément « hermaphrodite ». Un autre exemple de ce parallélisme entre microcosme et macrocosme nous est fourni par ce passage de Zosime : "On le désigne symboliquement au moyen des quatre éléments, qui correspondent aux points cardinaux de la sphère, et en disant qu'il se rapporte au corps. En effet la lettre A de son nom désigne l'Orient ("anatolè") et l'air ("aèr"). La lettre D désigne le couchant ("Dusis") qui s'abaisse à cause de sa pesanteur. La lettre M montre le Midi ("mesèmbria") c'est-à-dire le feu de la cuisson qui produit la maturation des corps, la quatrième zone est la zone moyenne" [...] Dans la lettre d'Isis à Horus (CA..G., I, XIII, 6) on lit : « Interroge l'agriculteur Acharanthos et apprends de lui quelle est la semence et quelle la moisson, et tu sauras que celui qui sème le blé récolte le blé et que celui qui sème l'orge récolte l'orge » (Paulette Duval, La pensée alchimique et le conte du graal, Champion, 1979, p. 49).

Dans les Oracles Sibyllins (gréco-syriaques) 3, 24-26, le nom Adam est composé par l'initiale acrostiche des mots "Anatolè", "Dusis", "Arktos", "Mesèmbria", désignant en grec les quatre points cardinaux (Su-Min Ri, Commentaire de la Caverne Des Trésors: Étude Sur L'histoire Du Texte Et de Ses Sources, 2000) (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le Fauteuil du diable, Layram ou Aram).

Achaab est aussi l'une des graphies d'Achab, roi d'Israël (Samarie). Si Ahab (aleph, het, alpeh et beth) vaut 12, avec un aleph de plus il vaut 13.

Elisée envoya un de ses disciples au camp de Ramoth-Galaad pour sacrer Jehu roy d'Israël, selon l'ordre que le Seigneur en avoit donné à Elie. C'est ce que ce jeune Prophète fit en secret & avec beaucoup de précaution, en lui marquant sa commission, qui étoit d'exterminer toute la famille d'Achab. Dès que la chose fut sçuë, Jehu fut proclamé Roy par les chefs & officiers de l'armée ; prit le chemin de Jezrael avec des troupes ; tua Joram roy d'Israël fils d'Achab, qui étoit sorti pour venir à sa rencontre ;fit poursuivre Ochosias roy dejuda petit-fils d'Achab par sa mere Athalie, qui fut tué en chemin ; fit précipiter de la fenestre du palais Jézabel veuve d'Achab qui fut mangée par les chiens, selon la prophétie d'Elie, dans l'endroit où avoit été la vigne de Naboth ; fit tuer soixante & dix fils & petits-fils d'Achab , & quarantedeux frères & neveux d'Ochosias roy de Juda ; & fit mourir tous les prêtres de Baal dont il détruisît le temple & l'idole. Ces exécutions qui se firent pour obéir au Seigneur, méritèrent à la famille de Jehu la conservation de la couronne jusqu'à la quatrième génération.

On s'est accordé presque par toutes les Eglises de la chrétienté à choisir le XIV de juin pour le culte qu'on devoit rendre à la mémoire d'Elisée. [...] Il semble qu'outre le XIV de juin, les Coptes & les Abyssins faisoient encore une feste d'Elisée en un jour qui répond au XVI de notre mois d'octobre pour honorer la mémoire de quelques-uns de ses miracles. Les Latins avoient pris d'abord le XXIX d'aoust pour célébrer la mémoire d'Elisée, & peut-être à l'occasion des reliques de S. Jean-Baptiste, de la Décolation duquel on fait la feste en ce jour. C'est ce qui paroit par les anciens martyrologes du nom de S. Jérôme, qui appellent cette feste Paufuit, comme s'il s'agissoit du jour de la mort ou de la sépulture de nôtre saint Prophete. Mais tous les autres, depuis celui de Bede jusqu'au Romain moderne, ont remis cette feste comme les Grecs au XIV de juin : quelques-uns seulement l'ont avancée au jour précédent [13 juin] (Le Cercle et la Croix des Prophètes : Les Prophètes et Rennes le Château : Le domaine de l’abbé Saunière, pentagone et AOMPS).

Achab veut se faire jardinier (donc semeur) en achetant à Naboth sa vigne.

La Dagne

Brézé se servait d'un agent du Dauphin [futur Louis XI], nommé Mariette, par lequel il voulait faire arriver au Roi certaines révélations propres à servir ses desseins. Or, ce Mariette jouait un double jeu : il recevait de toute main et appartenait au plus offrant. Brezé avait, paraît-il, fait rédiger par lui un rapport qui devait être communiqué au Roi [Charles VII]. Le rapport était écrit comme s'il eût été adressé à Brezé. Le Roi est fort subtil, avait dit celui-ci, et Mariette ne connaissait pas ses manières; aussi Brezé voulait-il que Mariette récitât ces choses comme parlant au Roi, afin d'être plus assuré et averti de répliquer sur ce qu'il pourrait lui dire. Mariette devait être ferme en son propos, et prier le Roi de garder pour lui les ouvertures qu'il faisait; il devait dire pis que pendre du sénéchal, mais se taire sur Agnès, car, lui avait dit Brézé, "il n'est jà besoin de parler de la Dagne" (Du Fresne de Beaucourt, Le caractère de Charles VII, Revue des questions historiques, Partie III, 1873 - books.google.fr).

Pierre de Brézé (1412 - 1465) avait l'appui total de la maîtresse de Charles VII, Agnès Sorel. Son tombeau, un enfeu de style flamboyant de la fin du XVe siècle, se trouve dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen. Il y est enterré avec sa femme Jeanne du Bec-Crespin, non loin du tombeau de leur petit-fils Louis qui fut le mari de Diane de Poitiers. Le frère de Jeanne du Bec-Crespin, Antoine (mort en 1472), fils de Guillaume, baron du Bec-Crespin et de Mauny, et de Jacqueline Auvricher, est évêque de Laon, transféré au siège archiépiscopal de Narbonne en 1460. Il est mentionné en 1462 comme administrateur perpétuel de l'abbaye Saint-Jean de Laon et il est abbé de Jumiéges. En 1469 le roi Louis XI lui donne la mission de réunir à Rouen les États de la province de Normandie. Antoine du Bec-Crespin signe le traité de paix conclu à Amiens entre le roi et François II, duc de Bretagne. En 1470 il obtient du roi des lettres qui assuraient ses droits et sa juridiction de métropolitain sur l'évêque d'Alet.

Le Val de Dagne se trouvait dans le diocèse de Carcassonne qui était suffragant de l'archidiocèse métropolitain de Narbonne (fr.wikipedia.org - Pierre de Brézé).

Sorel est un nom d'origine normande. Sore signifie soit fauve, roux soit blond (Myriam Rolland-Perrin, Blonde comme l’or: La chevelure féminine au Moyen Âge, 2010 - books.google.fr).

Rieux-en-Val se trouve dans le Val de Dagne.

A deux lieues (Est) de Carcassonne, on rencontre au milieu des montagnes qni forment les contreforts des Pyrénées, une vallée connue sous le nom de Val-de-Dagne. Elle se trouve à une demi-lieue du Mont-Alaric, qui est auprès de la grande route de Carcassonne à Narbonne. Le nom de Val-deDagne pourrait bien dériver, comme on l'a dit, de Vallis Dianae, de même que Ville-Dagne, lieu voisin de Narbonne, aurait d'après Astruc la même étymologie.

Le nom de Val-de-Dagne aurait-il été donné par les Gaulois eux-mêmes, comme l'avait été celui des Ardennes, à une forêt consacrée à Diane ? Il paraît du reste que le culte de Diane était très-ancien chez les Gaulois, puisque le nom d'Arduinna qui est d'étymologie gauloise a précédé de beaucoup la conquête romaine. (Gruterus, pag. 900; D. Jacques Martin, De la religion des Gaulois).

Cette vallée était appelée Acquitanica dans les nombreux actes de donations faites au monastère de Sainte-Marie d'Orbieu au commencement du IXe siècle. Sans doute qu'à cette époque les côteaux qui l'avoisinent étaient tous garnis de forêts; alors les sources étaient plus abondantes qu'elles ne le sont à présent, et lui valaient le surnom d'Acquitanica. Cette vallée renferme plusieurs lieux dont la nomenclature est donnée par une charte de l'an 1110 : In valle Acquitanica : Rivum, Faverium, Villarium, Archas, Servianum, Villatritols, Taurisanum , Pradellas, Comellas ; ces noms ont été conservés. Aucun des hameaux, villages ou métairies qui viennent d'être désignés, n'a été placé dans la partie la plus basse de la vallée qui serait habitable aujourd'hui, mais qui était autrefois une espèce de lac. Servianum, Serviés, se trouve à l'entrée de la Val-de-Dagne. C'est sans doute pour perpétuer un jeu de mots, que le rebus suivant est gravé sur une croix qu'on trouve à l'entrée du village : un cerf au milieu du champ d'un écusson ; je vois là une œuvre capricieuse à laquelle je n'attribue aucune valeur historique (J.P. Cros, Mémoire sur des torques-cercles gaulois trouvés à Serviès-en-Val (Aude), Mémoires de la Société archéologique du midi de la France, Volume 4, 1841 - books.google.fr).

Le nom de Diane, porté par la déesse de la chasse, qui serait à l'origine, du nom du Val de Dagne, est aussi celui d'une autre favorite royale, celle d'Henri II, Diane de Poitiers.

La mise en correspondance des Grandes Ourses, normande chez Leblanc, et audoise sur www.nonagones.info, placées quasiment à l'opposé sur la carte de France des nonagones, trouve un nouveau lien avec le surnom d'Agnès Sorel, étoile selon Daniel Leveillard, et le nom de la vallée où se place Rieux et Serviès (Arsène Lupin de Maurice Leblanc : Arsène Lupin et Saint Sulpice : Les Grandes Ourses normande et audoise).

Serviès en Val et le cerf

Blason de Serviès - www.servies-en-val.fr - Histoire

La croix de Serviès-en-Val a attiré très tôt l’attention des archéologues contemporains, puisque son inscription à l’Inventaire supplémentaire a été proposée et réalisée dès 1901.

Le blason au cerf possède une double signification. La plus immédiate s’explique par un calembour à propos du nom de Serviès, écrit parfois Cerviès, dans le Bas Moyen-âge. On a supposé que ce toponyme dérivait du nom de l’animal : le Cerf. Cependant, la représentation de cet animal a aussi une valeur symbolique, sur cette croix. Le cerf, dont la ramure se renouvelle chaque année, est symbole de renaissance ou de vie éternelle. En cela, il est image du Christ. Il ne faut pas oublier non plus que dans la légende de Saint Hubert, un cerf apparaît avec une croix entre les bois. Le cerf est aussi l’image de l’âme à la recherche de Dieu, selon le Psaume 41 : « Comme le cerf languit après l’eau vive, ainsi languit mon âme, après toi, mon Dieu » (Autour de Rennes le Château : Temple de Salomon et église Saint Sulpice).

A Serviès on a Mizar, l'étoile de la Grande Ourse, à Rieux en Val ce serait Alcor.

L'abbaye de Lagrasse

En 1458, Geoffroy Soreau, cousin d'Agnès Sorel, évêque-comte de Châlons et Louis d'Albret, abbé de Lagrasse, assistaient, côte à côte, à un lit de justice destiné à juger le duc d'Alençon, qui avait combattu avec Jeanne d'Arc, mais qui se retourna contre son roi (Oeuvres de Jehan Foucquet, Seconde partie, 1867 - books.google.fr).

On ne peut certes préjuger sans informations complémentaires du degré et de l'ancienneté de l'intimité des deux dignitaires.

Louis Ier d'Albret, fils de Charles II d'Albret, comte de Dreux, et d'Anne d'Armagnac, était protonotaire apostolique; ce fut le premier qui obtint l'administration de l'abbaye de la Grasse, par la volonté du roi, sur la fin de l'année 1440; il fut fait évêque de Cahors en 1460, et le 18 décembre 1461, Pie II le créa cardinal au titre de Saint Pierre et Saint Marcellin. Louis laissa aux religieux de la Grasse la moitié de son héritage, et mourut à Rome le 4 septembre 1465 (Claude de Vic, Joseph Vaissete, Ernest Roschach, Histoire générale de Languedoc avec des notes et les pièces justificatives par dom Cl. Devic & dom J. Vaissete: Histoire générale. l872-89, 1872 - books.google.fr).

Louis d'Albret était abbé de Lagrasse du vivant d'Agnès Sorel.

Jean Foucquet, Les Nobles malheureux de Boccace, manuscrit de Munich, peint pour Etienne Chevalier, 1458

Le 6 février 1403, le roi Charles VI fait Charles Ier d'Albret connétable de France. Le même mois, il tient le futur Charles VII sur les fonts baptismaux en tant que parrain. Il mourut à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre 1415. Son fils Charles II fut membre du Conseil royal de Charles VII de France. Il prêta son concours à Arthur de Richemont lors de l'arrestation de Pierre de Giac, celui-ci fut noyé par le connétable de Richemont en 1427. Charles II d'Albret combattit aux côtés de Jeanne d'Arc. Charles VII le nomma lieutenant dans le Berry (fr.wikipedia.org - Charles II d'Albret, (fr.wikipedia.org - Charles Ier d'Albret).

Les pierres précieuses : des cailloux

L'abbaye de Jumièges, si célèbre par la science de ses docteurs, par le talent de son grand historien Guillaume de Jumièges. Plus d'une fois, dans cette histoire, est revenu le nom de l'abbaye de Jumièges ; — Jumièges, ainsi nommée, disent les uns, parce que les religieux gémissaient tout le jour ; ainsi nommée, disent les autres, du mot gemma, pierre précieuse, car l'abbaye de Jumièges brillait de l'éclat du diamant parmi tous les monastères du monde chrétien (La Normandie par Jules Janin, illustrée par MM. Morel-Fatio, Tellier, Gigoux, Daubigny, Debon, H. Bellangé, Alfred Johannot, 1844 - books.google.fr).

Bruts étaient encore les diamants dont était composé le collier d'Agnès Sorel, qui, la première en France, les adopta pour parure; mais bientôt après ils prirent faveur, lorsque le hasard découvrit à Louis de Berquen, natif de Bruges, la manière de les tailler. Ce fut lui qui, en 1476, tailla le beau diamant de Charles-le-Téméraire. Ce diamant, que le duc perdit la même année à la bataille de Morat (Paulin Teulières, Histoire naturelle dans ses applications geographiques, historiques et industrielles, 1843 - books.google.fr).

Lagrasse est appelée crassa, terme qui caractérise une pierre précieuse la callaica d'Isidore de Séville :

Etym. 16, 7, 10 : Callaica colore uiridi, sed pallens et nimis crassa ; nihil iucundius aurum decens, unde et appellata (Jacques André, Jean Filliozat, L'Inde vue de Rome: textes latins de l'Antiquité relatifs à l'Inde, 1986 - books.google.fr).

L'on a observé que le callais de Pline est appellé callaica par Isidore de Séville (Louis de Launay, Mineralogie des anciens, ou Expose des substances du regne mineral connues dans l'antiquite, Tome I, 1803 - books.google.fr).

Charlemagne résolut de bâtir un monastère en ce très saint lieu. Après cela, Thomas apporta une moitié de vieux pain dur et moisi et, après l'avoir béni, il en offrit à Charlemagne, au Pape, à toute sa suite et à plus de sept mille soldats, et tous furent aussi rassasiés que s'ils avaient mangé à une table royale. Tandis qu'on s'entretenait du projet de construction du monastère, surgit un vrai troupeau de cerfs poursuivis par les chiens et les chasseurs. Les cerfs vinrent se réfugier auprès des ermites dont ils léchèrent les mains. Après que ce nouveau miracle eut provoqué l'admiration de tous et eut fait l'objet d'éclatantes actions de grâces, Thomas distribua quelques choux aux cerfs, et puis, tapant des mains, leur intima l'ordre de repartir et de retourner en lieu sûr. Sept hommes aveugles apparurent soudain, un cierge à la main, qui furent guéris par Thomas pendant qu'il célébrait la messe. Pendant que Charles fortifiait la Vallée Maigre au moyen de forts pourvus chacun d'une garnison, en prévision des attaques de l'ennemi, Roland avait été envoyé en Espagne, d'où il délégua bientôt Engelerius de Gascogne, à la tête d'un riche butin qui ne comprenait pas moins de trente mille bœufs ou vaches. chevaux et mules. Bref. toute la vallée était tellement comble de vivres et d'animaux qu'on résolut de changer le nom de la vallée qui, en raison de cette abondance, ne méritait plus le nom de Vallée Maigre. On l'appela dès lors la Vallée Grasse. Telle est l'explication donnée par Philomène sur l'étymologie des noms de Vallée Maigre et de Vallée Grasse, d'où serait dérivée Crassa, Lagrasse. Ce récit m'a paru assez intéressant pour mériter d'être traduit. S'il n'est que légendaire, les diverses dénominations qu'il renferme sur Lagrasse, sont du moins vraisemblables. C'est ainsi que dans la charte de fondation de l'Abbaye de Lagrasse, datée de 778, le monastère est placé « in loco nuncupante Novalico ». En 807, dans une lettre de Charlemagne à l'abbé Nimphridius, il est dit : « in territorio Narbonensi super fluvium urbionis in valle Novalitia quæ modo Crassa nominatur ». Novalitia est, en effet, le diminutif de Vallis Vallica, nom primitif de Lagrasse. Quant au terme de Vallée Maigre, il ne figure que dans un dénombrement des biens et revenus de l'Abbaye de Lagrasse, qui daterait de la fin du XV° siècle ou du commencement du XVI°. Il y est dit : tiennent les dits Abbé, Couvent et religieux une vallée dite la vallée « macra tempore dictae fundationis », autrement dite « noualitia vallis » et depuis sept cents ans, possédée par le monastère, et de présent appelée la Vallée Grasse, comme plus amplement est contenu en la Geste ou Chronique dudit Charlemagne et dudit monastère en laquelle vallée et dedans le circuit dicelle ledit monastère est assis. Or, cette citation ne peut venir à l'appui de la légende de Philomène puisqu'elle nous renvoie à la légende même, à laquelle toutes ces dénominations sont empruntées. Le nom de Vallée Maigre ne peut donc être identifié d'une façon certaine, en dehors de ce que nous conte Philomène. Mais sa fable est jolie ; retenons-la. Telle serait l'origine de Lagrasse, cette ancienne capitale des Corbières, qui pour avoir perdu de son importance commerciale et industrielle, n'en est pas moins encore la localité la plus illustre au point de vue historique.

Philomène est le nom d'auteur d'une légende intitulée: « Cesta Caroli Magni ad Carcassonam et Narbonam, et de aedificatione monasterii Crassensis ». Cet ouvrage existe à la Bibliothèque Municipale de Carcassonne. Vous y trouverez 'abord un manuscrit original, sur parchemin, en latin. écrit par Guillaume Padouan , religieux de Lagrasse, qui, de son propre aveu, aurait traduit la légende de Philomène (Bulletin, Volumes 17 à 18, Société d'Études Scientifiques de l'Aude, Carcassonne, 1906 - books.google.fr).

A la fin du Philomena intervient également Aymeri, héros pour lequel existe une série de textes épiques importants. Aymeri de Narbonne est le père de Garin d'Anseüne (Anchoine) (Le Prieuré de Sion : Prologue : L’Heptagramme).

Le roi sarrasin de Narbonne s'y dénomme Afarsse ou Alfaris, d'un nom arabe authentique signifiant le cavalier, comme l'étoile Alcor selon certains auteurs (emile.simonnet.free.fr - Philomena, Etude).

A la suite de plusieurs miracles dûs à l'eau bénite, Charles offre un calice au monastère de Lagrasse.

Ce fut donc un calice joliment orné des plus précieuses pierres qu'on puisse trouver ; ce calice, Charles l'avait acheté mille marcs d'argent et il pensait le porter à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. La patène était ornée d'une très précieuse pierre qui s'appelle émeraude singulière. Il n'y en avait pas de semblable dans le monde sinon deux autres : l'une se trouve à Saint-Denis et la seconde à Sainte-Sophie, dans la cité de Constantinople. Charles en personne offrit de ses propres mains le calice et le plaça sur l'autel avec la patène ; il demanda à l'abbé et aux moines de toujours le conserver en cet endroit.

Il déposa encore en ce lieu deux livres, l'un recouvert d'ivoire (on y voyait d'un côté l'image ciselée d'un crucifix, de l'autre la représentation du Souverain Roi en majesté ), c'était un psautier et le deuxième était orné d'une couverture en bois de cyprès. Il donna encore deux draps de soie brodés d'or, merveilleusement travaillés, et dix précieuses pièces entières de soie. Sur les couvertures en bois du psautier qu'il déposa il y avait cent trente-cinq pierres précieuses, dotées de grandes vertus (emile.simonnet.free.fr - Philomena, Traduction).

La consécration de l'église du monastère de Lagrasse fut effectuée par le Christ lui-même.

La tradition du monastère prétendait qu'un miracle s'était produit pour la consécration; une trace palpable de ce prodige était l'impression d'une main divine dans l'église. On put la voir jusqu'au XIVème siècle, un incendie de l'église la détruisit. Voir Mahul, op. cit., p. 432. Il est curieux de noter que notre texte omet cet aspect : la légende est peut-être postérieure ou alors le fait est évoqué indirectement dans les autres "senhals manifestz" du folio 61 r°.

Plusieurs minéralogistes ont désigné la turquoise sous le nom de calaïte, la rapportant ainsi à la matière précieuse que Pline nommait Callais, et appellé callaica par Isidore de Séville. Or voici la description qu'en donne Pline : « La Callaïs est d'un vert pâle : elle se trouve en morceaux volumineux, mais souvent perforés de cavités et souillés de matières étrangères. On taille ces pierres qui, du reste, ont peu de dureté. Les plus estimées ont la teinte de l'émeraude (optimus color smaragdi). Plus elles sont belles, plus aisément elles perdent leur couleur par l'action de l'huile, des onguents ou du vin; les moins belles se conservent mieux. Il n'est pas de pierre plus facile à contrefaire, au moyen des matières vitreuses. » (A. Damour, Sur la callaïs, Annales de chimie, Tome 4, 1865 - books.google.fr).

A l'occasion de l'Exposition universelle de de 1900, c'est l'amiral Réveillère qui propose d'exposer le grand menhir de Lockmariaker au Champ-de-Mars. En cela, il ne faisait que reprendre une idée qu'avait déjà eue l'écrivain Jean Raynaud qui proposait que Men-er-Hroek soit dressé sur le parvis de Notre-Dame (Arnaud Hurel, La France préhistorienne de 1789 à 1941, 2016 - books.google.fr).

Attestée sous la forme Locus Matrice de Ker en 1409, Lokmaria-Kaer en breton, du breton lok qui signifie lieu saint, de Maria et de ker, « lieu dédié à Marie ».

Le Grand menhir brisé d'Er Grah, ou Men ar hroëc'h qui signifie « Pierre de la Fée » en breton, situé sur le territoire de la commune de Locmariaquer, dans le Morbihan, est un menhir de dimensions exceptionnelles, le plus grand d'Europe2 : 18,5 m de hauteur lorsqu'il était dressé (20,4 m partie en terre comprise), 3 m de largeur, masse estimée à 280 tonnes. Ce menhir, dont l'érection remonterait au milieu du Ve millénaire av. J.-C. est aujourd’hui à terre et brisé en quatre morceaux. Il se dressait au milieu d'un ensemble monumental associant exceptionnellement, en un même lieu, les trois familles de monuments mégalithiques : le tumulus d'Er Grah ; le cairn de la Table des Marchand ; le grand menhir brisé. (fr.wikipedia.org - Grand menhir brisé d'Er Grah, fr.wikipedia.org - Locmariaquer).

Men Er Hroeg - Locmariaquer

Saint Philibert, en breton Lokfiliberzh doit son nom à Philibert de Tournus, fondateur de Jumièges. Loc Philibert était l’un des 21 villages du quartier de L’Angle, situé à l’ouest de la chapelle dédiée au culte du Saint Philibert. Le toponyme de « l’Angle » désigne généralement un territoire délimité par le confluent de deux ruisseaux, deux rivières. La commune est en effet bordée à l’est par la ria du Ster er Bellec et à l’ouest par la ria de Crac’h. Au moment de la Révolution de 1789, le hameau Loc Philibert devint le village de Saint-Philibert qui donnera plus tard son nom à notre commune actuelle. Après avoir obtenu son émancipation paroissiale en 1870, le quartier de l’Angle émit le souhait de se séparer de la commune mère. La demande fut initiée en 1872, mais n'aboutit qu'en 1892 (www.saintphilibert.fr).

Locmariaquer et Saint Philibert se trouvent sur des axes du 13 mai, axes qui semblent se manifester dans La Vraie Langue Celtique d'Henri Boudet, et dans L'Île aux trente cercueils de Maurice Leblanc (Les curiosités de La Vraie Langue Celtique : Un alignement Carnac - Grand Pressigny - Neuillay-les-Bois, Arsène Lupin de Maurice Leblanc : Arsène Lupin et la Croix d’Huriel : Les soeurs Archignat - books.google.fr).

Il existe probablement des gîtes de callaïs en Bretagne, à proximité de Locmariaquer où de nombreux vestiges en callaïs ont été mis au jour (fr.wikipedia.org - Callaïs).

Jean Raynaud (1806-1863), polytechnicien, saint-simonien, fut en 1848 membre de l'Assemblée constituante, sous secrétaire d'État à l'Instruction publique, où il aide George Sand à la publication de ses Lettres de Blaise Bonnin, destinées à l'éducation politique populaire. Par la suite conseiller d'État, il publie en 1854 son ouvrage Terre et Ciel, qui est condamné par l'Église et où il développe l'idée d'une survie astrale. Ce livre enthousiasme George Sand et sans doute Armand Barbès. La correspondance de cet homme carrefour, très original, a hélas disparu (Michelle Perrot, Sand Barbès, 1999 - books.google.fr).

Le tombeau d'Armand Barbès se trouve à Villalier, qui pourrait être en rapport avec les Gémeaux du Serpent rouge, document du Prieuré de Sion, et où se trouvait un calvaire de 14 stations en ruine (Le Serpent rouge : Le voyage de l’âme : Gémeaux).

Mais entre la callaïs bien caractérisée du Manné er roeck et les perles vertes ou bleues des autres gisements préhistoriques du Morbihan, du midi de la France et du Portugal, il y a une foule de transitions. Plusieurs échantillons ne se distinguent pas de la turquoise et l'on doit admettre que l'on a affaire à des fragments d'une même roche présentant toute une gamme de couleurs et de compositions. On ne connaissait naguère la callaïs en place dans aucune partie de l'Europe. Pline la signalait au delà des Indes, chez les Phycares qui habitent le mont Caucase, et aussi chez les Saces et les Daces et en Caramanie ; cette provenance se rapporterait assez bien à celle de la turquoise orientale, dont on connaît actuellement des gites dans quelques parties de la Perse. Mais voici qu'on a trouvé la turquoise avec quelques autres raretés minéralogiques à la mine d'étain de Montebras (Creuse), où existent des traces d'anciennes fouilles qui paraissent préhistoriques (Matériaux pour l'histoire primitive et naturelle de l'homme, Année 19, 3ème série, Tome II, 1885 - books.google.fr).

La callaïs entre dans la composition des gougad patereu, collier qui remonte au néolithique et qui fut porté longtemps après (Le Prieuré de Sion : Prologue : L’Heptagramme).

Les Grecs appelle aérizousa (d'"èéréossan") un pierre bleue. L'aérizusa est bleue comme le ciel du matin en Automne, selon Pline. La callaïs, toujours selon Pline, est de couleur eau des bords de mer (Francesco Colonna, Le songe de Poliphile, ou, Hypnérotomachie, annoté par Claude Popelin, 1883 - books.google.fr, Lucio Gambi, Una prima sonda nella collezione einaudiana sulle Storie regionali, Acme: annali della Facoltà di Lettere e Filosofia dell'Università degli Studi di Milano, Volume 57, 2004 - books.google.fr, Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Tome 2, Didot, 1860 - books.google.fr).

135 pierres

Les 135 pierres précieuses qui ornent le psautier de Lagrasse offert par Charlemagne peuvent faire référence au psaume 135 (Vulgate).

L'auteur inspiré de la Sagesse de Salomon a interprété une autre « expiation » célèbre, expiation de nature proprement sacrificielle, bien que le moyen adopté ait été la fumée de l'encens et non pas l'effusion du sang, l'expiation accomplie sur l'ordre de Moïse par Aaron et racontée en Num 17, 9-13 (Vulg. 16, 44-48), en assimilant le rite d'expiation à une "prière d'intercession". En effet le commentaire « midrashique » de Sap 18, 21-25 est aussi clair que possible. [...]

Enfin, ultime précision, ce « rappel des serments et des alliances » se fait moins par des mots que par la simple « présence devant Dieu » du grand prêtre revêtu des ornements pontificaux (v. 24-25) : car ceux-ci constituent comme un «mémorial» de tout le dessein salvifique de Dieu, qui commence avec la création elle-même (cf. Ps 135(136)) — « sur sa robe talaire était tout l'univers » — et se poursuit avec l'élection des patriarches et les alliances successives avec Abraham, peut-être déjà Noé, puis avec Moïse, — « les gloires des Pères ("patérôn doxai") gravées sur les quatre rangs de pierres précieuses». Quant au diadème portant l'inscription «sainteté à Yahvé » (cf. Ex 28, 36), il signifiait que le grand prêtre, élu de Dieu, le représentait et agissait en son nom : «et ta majesté sur le diadème de sa tête». Devant une telle intercession, ofiicielle et comme incarnée en la personne même du pontife en fonction, «l'exterminateur céda» (S. Lyonnet, Expiation et intercession, Biblica, Volumen 40, Fascicule 3, 1959 - books.google.fr).

"doxa" en grec a pour valeur isopséphique 135 (delta - omicron - ksi - alpha : 4 + 70 + 60 + 1) (www.biblewheel.com).

Le Ps 136[135] est bâti sur la correspondance entre création et liturgie : v. 4-9. L'assemblée liturgique rend grâces à chaque pas de la création (Edgar Haulotte, Symbolique du vêtement: selon la Bible, 1966 - books.google.fr).

Dans le psaume 135, Dieu fit les cieux, les luminaires, le soleil, la lune etc. Le roi Og de Basan est aussi mentionné, pays où il existait plus d'une localité consacrée au culte de la divinité syrienne, Astaroth ou Astarté (Le Prieuré de Sion : Prologue : L’Heptagramme).

Sâturnus de saitur = aster, parallèlement à l'Ashtoret cananéenne et sémitique, et à la Dea Asteria de Délos, tous dérivés du sumérien Ishtar, par ailleurs prototype de « l'indo-européen » aster/ stella (Gérard Legrand, Sur Œdipe, 1972 - books.google.fr).

On a aussi rapproché Saturne de sator, d'où un lien (spécieux ?) entre sator et l'étoile.

Cela crée un lien astronomique entre la région de Lagrasse et le ciel étoilé.