Partie XVII - Le Prieuré de Sion   Les documents secrets   6 - Dossiers secrets de Henri Lobineau : Darmstadt et les trois portes   
PRIEURE DE SION DOCUMENTS SECRETS LOBINEAU COEUR MELANCOLIE DARMSTADT GUINGAMP

Entre 1306 et 1480, nous apprennent les « documents du Prieuré », le Prieuré de Sion possédait en France neuf commanderies ; en 1481, à la mort de René d'Anjou, ce nombre était passé à vingt-sept. Les plus importantes étaient situées à Bourges, Gisors, Jarnac, au Mont-Saint-Michel, à Montrevel, Paris, Le Puy, Solesmes et Stenay ; en outre, ajoutent laconiquement les Dossiers secrets, il existait « une arche dite “Beth Ania” [maison d'Anne], située à Rennes-le-Château ». A la page suivante se trouve le papier sur le Hiéron Val d'or et le Sacré Coeur.

Le cœur du Christ est l'organe de son humanité et symbole de son amour pour les hommes.

Le coeur et les commanderies

Sans doute, dès le XIVe siècle, en relève-t-on quelques ébauches, notamment dans les filigranes du papier, mais sans que l'on puisse dire s'il ne s'agit pas, là encore, plutôt, du dessin symétrique d'une feuille de lierre ou de lilas. Peut-être est-ce même par ce genre d'assimilation que fut conçue la figure du cœur. Mais au XVe siècle, l'image devient tout à la fois symbole de l'amour profane et de l'amour sacré. Une gravure allemande du milieu du XVe siècle, signée Casper, évoque ainsi la puissance de Vénus : on y voit, auprès de la déesse devant laquelle un jeune homme est agenouillé, une vingtaine de cœurs suppliciés, brûlés, sciés, poignardés, grillés, écrasés, brisés, transpercés, etc. Le cœur, arme parlante, orne de toutes parts l'hôtel que Jacques Cœur (1395-1456) se fait construire à Bourges. Et c'est de 1457 que date le Livre du cuer d'amour espris du roi René d'Anjou. Le cœur apparaît en 1470 dans un Ars memorandi, comme allégorie des adieux de Jésus aux apôtres. Le cœur enfin figure dans diverses gravures religieuses, soit en tant que cœur d'un homme qui l'offre au Christ ou à la Trinité, soit en tant que cœur du Christ lui-même, dans de nombreuses xylographies allemandes de facture presque populaire où, percé de la plaie au côté et souvent présenté sur la croix, il préfigure déjà le « Sacré-Cœur ». N'oublions pas les marques de libraires qui, dès lors, recourent à ce symbole, comme celles, au XVe siècle, de Georgius Mittelhus, de Pierre Levet, etc., qui furent, aux XVIe et XVIIe siècles, suivies de beaucoup d'autres (Nicole et Antoine de La Barre, Pierre de Vingle, Gilles Corrozet, Jean Bogard, Jean Corbon, Sébastien Hure, etc.). Et, sans que l'on sache au juste comment et quand, sur les cartes à jouer, les cœurs ont remplacé les coupes des tarots primitifs, le jeu fut, à n'en pas douter, un vecteur exceptionnel pour répandre et populariser, au XVe siècle, l'image du cœur (Anne Sauvy, Le miroir du coeur: quatre siècles d'images savantes et populaires, 1989 - books.google.fr).

A Solesmes, la Sépulture du Christ est plus ancienne de cinquante années environ que celle de la Vierge. Une vaste ouverture, terminée à sa partie supérieure en arc surbaissé, introduit le regard sous une voûte à ogives. Dans cette grotte (4 met. de profondeur), huit personnages de grandeur naturelle accomplissent la sépulture du Sauveur. A g. est placé Nicodème, en robe damassée, camail de pèlerin et aumônière, ceinture ornée de caractères gothiques, coifféd'un turban et ayant une barbe majestueuse. Devant lui, Joseph d'Arimathie, portant un costume du temps de Louis XI et décoré du collier d'un ordre de chevalerie, tient l'extrémité du linceul sur lequel repose le Sauveur, dont les nobles traits, malgré les atteintes que plus d'une cause leur a fait subir, retracent fidèlement la tradition que se transmettaient sur cet auguste sujet les artistes du moyen âge. La Vierge, dans une attitude de désolation, est soutenue par saint Jean, dont les traits sont calmes et purs et le costume d'une grande richesse. A la g. de la Vierge, sont deux femmes en costume du XV s., dont l'une tient un vase do parfums; près de saint Jean, un disciple, portant barbe et turban, s'apprête aussi à verser des parfums et fixe sur son divin maître des regards pleins de sentiment et de tristesse. Entre le spectateur et le tombeau qui va recevoir le corps du Christ, Madeleine est assise dans l'attitude d'une douloureuse méditation. Il faut considérer un instant cette figure exquise. « C'est, dit dom Piolin, le joyau, la perle de ce monument. Elle vit, elle respire doucement: son silence est en même temps de la tristesse et de la prière.... C'est une de ces figures qui se gravent profondément dans l'esprit de celui qui les a une fois contemplées. » Aussi, de tout temps, même à l'époque où l'art catholique était le moins compris, la Madeleine de Solesmes jouissait-elle d'une réputation peu commune. On raconte que le cardinal de Richelieu voulut s'emparer de cette statue au nom de l'État et la faire transporter à Paris; il ne s'arrêta, dit-on, que dans la crainte de détruire un chefd'œuvre par les difficultés de la route, qui lui avaient été exagérées à dessein. Nous venons de dire que plusieurs des personnages portent des costumes du XVe s. : il est généralement admis que ces statues sont des portraits de grands personnages, de bienfaiteurs, sans doute. Parmi ces statues, celle de Joseph d'Arimathie a donné lieu à plus d'une conjecture. On la regarde comme l'image du duc René d'Anjou (le roi René), mort en 1480 (Adolphe Joanne, Itinéraire général de la France, 1867 - books.google.fr).

Stenay en Lorraine a été possession de René d'Anjou.

La Congrégation des religieuses de la Sainte Famille du Sacré-Cœur a été fondée dans la ville du Puy, par Louis-Étienne Rabussier, S.J., et Marie-Adélaïde (en religion, Marie-Ignace) Melin. De droit pontifical depuis 1902, elle compte actuellement trois maisons (à Rome, à Paris et à Dinant) (data.bnf.fr - Soeurs de la Sainte Famille du Sacré Coeur).

On ne présente plus le Sacré Coeur de Paris.

La construction de la basilique du Sacré-Cœur est fréquemment associée aux événements de la Commune de Paris, et on trouve dans des documents officiels et des ouvrages d'universitaires, la thèse selon laquelle elle aurait été construite pour « expier les crimes des communards ». Le choix d'ériger la basilique sur la colline de Montmartre était hautement symbolique, car c'est là que débuta l'insurrection le 18 mars lorsque les troupes d'Adolphe Thiers viennent enlever à Paris les canons qui y étaient entreposés.

Alexandre Legentil rédige en janvier 1871 le vœu personnel fait devant son confesseur le père Gustave Argand en 1870 : "...Nous promettons de contribuer à l'érection à Paris d'un sanctuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus".

La forte personnalité d'Alexandre Legentil dans le paysage catholique parisien et ses nombreuses relations permettent au projet d'acquérir une dimension nationale. Avec son beau-frère Hubert Rohault de Fleury, peintre et autre notable parisien, il entame les démarches qui doivent aboutir à la réalisation de la basilique du Sacré-Cœur plusieurs décennies plus tard.

La construction de la Basilique du Sacré Cœur a commencée en 1876 sur la Butte Montmartre, elle s'achève en 1910 et elle est consacrée en 1919 (fr.wikipedia.org - Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre).

Dès 709, les émissaires de l'évêque Aubert étaient revenus du Mont Gargan avec un morceau du marbre sur lequel Michel avait posé le pied, et une parcelle du voile rouge laissé par l'Archange. Au Moyen Age, le marbre était contenu, au Mont Saint Michel, dans un petit livre d'argent doré, le voile du paradis était enchâssé dans un cœur de cristal tenu par un angelot d'argent doré, que Nicolas Guernon, moine et prieur claustral de cette abbaye, l'an 1413, fit faire, comme le prouve l'inscription. L'on vénérait aussi les deux armes de l'Archange, l'épée et l'écu minuscules dont il s'était servi pour tuer un dragon monstrueux qui désolait l'Irlande (Dag'naud, Les secrets du Mont Saint Michel, 1992 - books.google.fr, Jean-Jacques Desroches, Histoire du Mont Saint-Michel et de l'ancien diocèse d'Avranches depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, Tome 2, 1839 - books.google.fr).

C'est le maréchal de Montrevel qui succède à de Broglie dans la répression de l'insurrection des Camisards, pendant la guerre de Succession d'Espagne, où s'illustra Georges, prince de Darmstadt, fils de Louis VI (1630 - 1678) et de Élisabeth de Saxe-Gotha (1640-1709), mort au siège de Barcelone à Montjuich le 14 septembre 1705 (Biographie universelle, Tome 10, Michaud frères, 1813 - books.google.fr, Henri Martin, Histoire de France, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789, Tome 14, 1862 - books.google.fr).

Des frères de Georges, Philippe (1671 - 1736) commanda dans Naples en 1708 les troupes de l'Empereur, et fut Gouverneur de Mantoue en 1714 ; Léopold-Frédéric (1677 - 1708), ayant embrassé la religion catholique, comme George et Frédéric ses frères, entra dans l'état ecclésiastique; puis l'ayant quitté, passa au service du Czar Pierre e Grand, et mourut le 13 Octobre 1708 (L'art de vérifier les dates, Tome III, 1787 - books.google.fr).

Fontaine Saint Sulpice à Paris - fr.wikipedia.org - Esprit Fléchier

L'évêque de Nîmes, Fléchier, prit l'initiative dans ce mouvement de résistance aux camisards. Esprit Fléchier, né d'une famille pauvre et toute de peupledans la race méridionale, avait été élevé d'abord à l'évêché de Lavaur, puis à celui de Nîmes; la chaire resplendissait de ses oraisons funèbres où les grandeurs périssables de la terre étaient étalées à côté des images de la mort, comme ces armoiries ciselées de blason que l'on voit encore dans les vieux cimetières. Fléchier s'était montré tolérant pour les calvinistes et les nouveaux convertis de son diocèse; mais l'irruption des camisards jusque dans les presbytères, cette guerre à mort faite aux prêtres, tout cela réveilla la profonde sollicitude du prélat; il lança une lettre pastorale adressée à tous les prêtres et fidèles de son diocèse ; il y disait, dans son onction épiscopale; « Très-chers frères, la persécution qui s'est élevée dans nos églises nous a été d'autant plus sensible, qu'elle a commencé par la maison de Dieu, je veux dire par la désolation et par le meurtre de ses ministres. Les prêtres, ces oints du Seigneur, qu'il a défendu de toucher et qu'il a tenus de tout temps sous sa protection particulière, ont été les premières victimes que les fanatiques ont égorgées. Ils nous ont regardés comme les chefs d'une religion qui leur étoit odieuse, comme des sentinelles d'Israël prêtes à crier à l'ennemi, comme des témoins et des censeurs importuns de leur rebellion naissante. Ils ont dit, comme les impies dout il est parlé dans le livre de la Sagesse: Faisons tomber le juste dans nos piéges, parce qu'il nous est incommode et qu'il est contraire à nos œuvres. L'orage avoit long-temps grondé sur les montagnes; nous en étions aussi menacés dans la plaine. La mort funeste, mais bienheureuse, d'un abbé qui s'étoit dévoue dès sa jeunesse aux missions évangéliques, fut comme le signal pour la révolte générale dans vos paroisses. Vous vites alors, parmi ces peuples nouvellement réunis, des mouvemens qui vous firent craindre pour la religion, pour eux, pour vous-mêmes; ils écoutèrent la voix trompeuse des séducteurs. Le souffle du démon leur parut une inspiration du Saint-Esprit; ils apprirent à leurs enfans l'art de trembler et de prédire des choses vaines; il forma dans leurs assemblées des conspirations et descomplots d'iniquité, au milieu même de leurs prières. Vos églises devinrent désertes : la parole de Dieu étant négligée, l'ignorance se trouva jointe à la malice, les coeurs s'endurcirent de plus en plus, les lumières de la foi s'éteignirent, la religion se perdit, et la fureur enfin prit la place de la raison ». Cette lettre pastorale, adressée par Fléchier, l'évêque grave et modéré de la race du Midi, aux curés du Languedoc, excita la plus vive sympathie parmi la population catholique : le roi n'eût pas besoin de faire un appel forcé à la milice territoriale ; elle venait comme d'elle-même se placer en bataillons réguliers sous le maréchal de Montrevel et les brigadiers d'armes Julien et de Parade (Jean Baptiste Honoré Raymond Capefigue, Louis XIV, son gouvernement et ses relations diplomatiques avec l'Europe, 1838 - books.google.fr).

On croyait cependant que c'était les Camisards, les Résistants.

Fléchier est présent statufié sur un des côtés de la Fontaine placée devant l'église de Saint Sulpice à Paris

Dans la seule année 1188, l'ormeteau ferré de Gisors fut témoin de quatre conférences. Lors de la première, Guillaume de Tyr, légal du saint-siége, prêcha la croisade en présence des deux rois, qu'il réunit dans cette entreprise. La dernièie fois, une contestation s'étant élevée, les Français chargèrent les Anglais, les mirent en fuite jusqu'au château et revinrent couper le fumeux arbre : un champ conserve ce souvenir et porte encore aujourd'hui le nom de l'Ormeteau ferré. Après la mort de Henri II (1189), Richard Coeur de Lion vint, la même année, le 21 juillet, à Gisors. Cette visite fut signalée par une affreuse catastrophe; le feu prit au château et consuma presque toutes les constructions élevées en bois. Le lendemain de cet incendie, le roi anglais devait avoir une entrevue avec le roi de France, aux environs do Gisors; au moment où il sortait du château pour s'y rendre, le pont-levis sur lequel devait passer toute sa suite s'écroula sous lui. En 1192, tandis que le chevaleresque roi d'Angleterre combattait en Palestine contre les infidèles, Philippe Auguste, plus politique, était revenu en France; il s'empara de Gisors, que lui remit Gilbert, seigneur de Vascoeil, jusque-là serviteur fidèle de Richard. Lorsque le roi anglais eut recouvré la liberté (1194), il attaqua à son tour les États de Philippe Auguste. Vers la fin de septembre 1198, Richard s'était emparé des châteaux de Gamaches et de Dangu; il établit dans cette dernière place son quartier général; puis, le dimanche suivant, il traversa l'Epie et se rendit devant le château de Courcelles, dont il somma Robert, commandant de cette forteresse, de lui ouvrir les portes; sur le refus de celui-ci, il ordonna l'assaut, el la place, bien que défendue avec vigueur, fut emportée de vive force et livrée aux flammes. Le vainqueur mena ensuite ses troupes contre le château de Boury, dont il s'empara également. Philippe Auguste apprit à Mantes l'invasion des Anglais dans le Vexin français. A cette nouvelle, il assembla toutes les forces dont il pouvait disposer, les réunit aux troupes fournies par la commune de Mantes et marcha au secours de Courcelles qu'il ne croyait pas encore occupé par les ennemis. Richard, prévenu de la marche de son adversaire, résolut de s'emparer de sa personne. Il traversa l'Epte et vint s'embusquer entre Cou reclus et Vaux. Philippe Auguste, voyant que Courcelles était au pouvoir des ennemis, se dirigea vers Gisors; mais il se trouva en face des forces beaucoup plus considérables de Richard. Au lieu de fuir, comme on le lui conseillait, le roi de France se précipita au milieu des ennemis, traversa leurs rangs, mais arrivé aux portes de Gisors, au moment où il passait le pont jeté sur l'Epte, le poids des chevaux et des guerriers le rompit, et Philippe fut précipité dans les flots. Le roi Richard se montra fort joyeux de cette aventure, et dans une longue lettre qu'il écrivait à l'évêque de Douvres, au sujet des affaires do France, il lui disait : ...et bibit rex francrrum de aquâ riveria. et copiosà bibit... Le roi de France fut en effet désarçonné, et, à cause de sa lourde armure, il fut engagé dans la vase au fond de l'eau ; il y aurait infailliblement trouvé la mort, si on ne lui parvenu à le tirer par le pied vers le rivage; il aborda, dit-on, dans le jardin d'une communauté religieuse de femmes, située dans le voisinage du pont. Des chevaliers tombés à l'eau avec Philippe, quelques-uns furent sauvés, mais les autres, au nombre de vingt, se noyèrent. Mathieu de Montmorency et plusieurs barons français furent faits prisonniers et conduits par Richard lui-même au château Gaillard. Philippe Auguste, dans son extrême péril, avait fait un vœu à la Vierge, et ce fut pour le satisfaire qu'il fit réédifier le pont, dorer la porte et élever une statuette à Notre-Dame. Le domaine de Gisors, abandonné définitivement à la couronne par Jean sans Terre en 1200, fut attribué par saint Louis à sa mère Blanche de Castille, et plus lard, en 1359, à Blanche d'Évreux, veuve de Philippe de Valois (Victor-Adolphe Malte-Brun, La France illustrée. Géographie, histoire, administration et statistique, 1862 - books.google.fr).

Ithier IV de Cognac vint ensuite. On ne sait rien de lui, sinon qu'il épousa Nobilie, fille du seigneur de Jarnac, et qu'il entra en ligue avec Aymar d'Archiac, Guy de La Rochefoucauld et plusieurs autres barons contre Guillaume Taillefer IV; mais ce dernier triompha de ses ennemis (1150-1168). Ithier n'ayant pas eu d'enfants de son mariage, on pense que Richard II Coeur de Lion, roi d'Angleterre et possesseur du duché d'Aquitaine, lui avait préparé un successeur de son vivant même; toujours est-il que Richard, après la mort d'Ithier, donna les châtellenies de Cognac et de Merpins à Philippe, son fils naturel. Ce seigneur, étant venu prendre possession de ses domaines, épousa presque aussitôt Amélie, fille du seigneur de Jarnac et nièce de Nobilie.

Philippe de Fauconbridge était fils bâtard de Richard Coeur-de-Lion, roi d'Angleterre, et de lady Fauconbridge. D'après Holinshed, chroniqueur anglais, Philippe, à qui le roi Richard, son père, avait donné le château et le titre de seigneur de Cognac, tua, en 1199, le vicomte de Limoges pour venger la mort de son père, qui avait été tué la même année en assiégeant le château de Châlus. Cette forteresse était alors possédee par Adhémar, vicomte de Limoges, et Richard Coeur-de-Lion fut tué par un archer nommé Bertrand de Bourdon (M. P. de Lacroix, Les gouverneurs de Cognac, Mémoires, Société archéologique et histoirque de la Charente, 1876 - books.google.fr).

On connaît le coup de théâtre qui s'ensuivit et le mariage d'Isabelle de Lusignan avec Jean Sans Terre. Aussitôt, Jean enleva à Hugues IX l'administration du comté de la Marche pour la confier à son beau-père, qui, de son côté, remit à son gendre les châteaux de Limeuil et de La Tour-Blanche. Dès la mort d'Aimar, le 16 juin 1202, Jean prit possession de l'Angoumois et de la Marche et se préoccupa de reconstituer le comté d'Angoulême dans son intégrité. Il acheta a Philippe, bâtard de Richard Coeur de Lion, les seigneuries de Cognac, Jarnac et Merpins, moyennant une rente annuelle de cent marcs. Il rachetait à Boson de Matha les droits que celui- ci prétendait avoir sur Cognac ; il traita également avec Audoin de Barbezieux, qui revendiquait Merpins. En 1215, il confiait les châteaux de Cognac et Jarnac au sénéchal d'Angoumois et il ordonnait de réunir au comté d'Angoulême la châtellenie de Cognac, unie au Poitou par Richard Cœur de Lion. Jean Sans Terre mourut en 1216, après avoir fait d'Angoulême le centre de toute une région administrative et militaire comprenant l'Angoumois, le Poitou, la Saintonge et l'Aunis (J. Piveteau, Voies Antiques de la Charente, Bulletins et mémoires, Société archéologique et historique de la Charente, 1955 - books.google.fr).

Coeur prisonnier

Les palmes du citharède l'emportaient sur la couronne impériale, sur le sceptre du monde. Gélimer, que l'armée de Justinien environnait d'un cercle de fer, Gélimer, investi, réduit à la dernière extrémité, demande à Bélisaire une lyre et du pain. Théodulphe, évêque d'Orléans, composait et chantait des cantiques dans sa prison. Richard-Cœur-de-Lion modulait des romances et charmait ainsi l'ennui de sa captivité. - René d'Anjou se consolait de la perte de ses royaumes en écrivant le rigaudon joyeux deis Chivaoux frus, la pavane de la Reina Saba (La France musicale. Red.: Jules Maurel, Marie et Leon Escudier, Volume 5, 1842 - books.google.fr).

La métaphore du «cœur prisonnier» prend dans Cligès, le deuxième roman de Chrétien de Troyes, la forme de «l'échange des cœurs». Cligès et Fénice s'avouent même leur amour à l'aide de cette métaphore: loin dans l'espace (Cligès avait quitté Constantinople pour la cour du roi Arthur), le cœur de chacun «accompagnait» l'autre. Ce qui reste, ce n'est que «l'écorce sans l'arbre»: «Ausi com escorce sanz fust / Fu mes cors sanz cuer an Bretaigne» («En Bretagne, mon coeur privé de son cœur était comme l'arbre sans son écorce»), dira Cligès. Et Fénice de répondre à son tour: «En moi n 'a mes fors que l'escorce, / Car sanz cuer vif et sanz cuer sui. / N'onques en Bretaigne ne fui, / Et si a mes cuers sanz moifet An Bretaigne ouan maint bon plet.» («En moi, il n'y a que l'écorce, car je vis sans cœur, je suis privée de mon cœur. Je ne suis jamais allée en Bretagne et pourtant, ces derniers temps, en Bretagne, mon cœur a conclu sans moi un bon accord»). Il n'y a donc pas eu d'«exil», parce que les deux cœurs s'étaient suivis, et que, enfin, ils se sont rejoints (Synthesis, Volume 25, Comitetul National pentru Literatura Comparata, 2000 - books.google.fr).

Coeur et mélancolie

Le coeur est l'organe associé au type sanguin dans le système des humeurs d'Hippocrate. La Thessalie où il mourut est probablement en filigrane dans la référence à cette Anne, grecque, donnée comme sainte fêtée le 13 juin, mariée à Hugues Ier issu du roi mérovingien Dagobert II (Madeleine Blancasall). La mélancolie apparaît ainsi à travers Hippocrate et la nécrologie du père de Cayron ("inexorable ennui" joint cependant au "tempérament bilieux") des Dossiers secrets (Toscan du Plantier).

Ainsi, à chacun des quatre caractères était liée une planète : au caractère sanguin Jupiter, au caractère colérique Mars, au caractère flegmatique Vénus (ou la Lune) et au caractère mélancolique, la plus néfaste des planètes, Saturne. Il semble que ce soit sous l'influence de certains auteurs arabes que le rapport étroit entre Saturne et la mélancolie ait été développé (Jean-Pierre Le May, Se tenir debout: le courage d'être dans l'œuvre de Paul Tillich, 2003 - books.google.fr).

A la complexion humide et chaude du sanguin, la complexion sèche et froide du mélancolique s'oppose donc terme à terme, et d'abord dans le style de la conduite : le sanguin chasse loin de lui l'inquiétude, le mélancolique la subit ou s'y complaît (Jean Deprun, La philosophie de l'inquiétude en France au XVIIIe siècle, 1979 - books.google.fr).

Le sanguin est le type même de la jovialité, toujours prêt à raconter une bonne blague, rarement sérieux et soucieux. Le mélancolique est à l'opposé triste et habituellement inquiet (Sylvain Brind'Amour, Développez votre personnalité, vous réussirez !, 1968 - books.google.fr).

Pour les deux autres tempéraments, sanguin et mélancolique, les images seront sans doute moins riches, puisque l'air et la terre se prêtent moins aisément à une métaphorisation ou à une « mise en images » que le feu ou l'eau, mais on retrouverait un contraste tout aussi saisissant entre le mélancolique desséché, toujours éveillé, avare et envieux, et le sanguin rieur, généreux, affable, équilibré, entre l'opacité de l'homme-terre et la transparence de l'homme-air. L'avenir appartiendra cependant au premier : son opacité peut justement s'interpréter comme profondeur, richesse intérieure et, finalement, comme capacité créatrice ; le mélancolique sera l'homme de génie avant la lettre (Jean Marie Fritz, La théorie humorale comme moyen de penser le monde. Limites et contradictions du système, Écriture et modes de pensée au Moyen Âge, 1993 - books.google.fr).

Le carré magique de Jupiter, carré de 4, était un talisman contre la mélancolie. Il est présent sur la gravure de Dürer appelée Melencholia I. La valeur du carré de 4 est 136, année de l'ère chrétienne où, après l'issue de la guerre, Adrien continua de rebâtir Jérusalem, qu'il nomma Aelia Capitolina ; Aelia d'après lui, car il s'appelait aussi Aelius, et Capitolina d'après Jupiter Capitolin, auquel le temple fut consacré et où il fit placer sa statue et celle du dieu. 136 est aussi le numéro de la Vulgate d'un psaume : "Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion. Aux saules de la contrée nous avions suspendu nos harpes." (Ps 136,1-2) (Le Prieuré de Sion : Les documents secrets : 6 - Dossiers secrets de Henri Lobineau : Vélasquez, Le Prieuré de Sion : Les documents secrets : 6 - Dossiers secrets de Henri Lobineau : 11 juillet ou le Pasteur d’Hermas).

Darmstadt

A Darmstadt, après la réforme, la religion officielle était le luthérianisme.

Une œuvre de diaconesses de paroisse s'est constituée à Paris, en octobre 1874, 33, rue de la Tour-d'Auvergne, sous la direction de plusieurs pasteurs de la Confession d'Augsbourg. La 3e maison fut fondée à Strasbourg, le 31 octobre 1842.Le pasteur François-Henri Haerter avait été frappé, pendant une épidémie, de l'insuffisance du service des malades; devenu pasteur du Temple-Neuf à Strasbourg en 1829, il réunit plusieurs de ses catéchumènes en société de « servantes du Seigneur Jésus-Christ » et les consacra au travail des diaconesses à la fête de la Réformation de 1842. La maison des diaconesses de Strasbourg a eu l'avantage de conserver son premier fondateur jusqu'au 5 août 1874 ; elle avait, en 1875, 125 sœurs et 27 stations. — La 4°, fondée à Echallens (Vaud), le 19 décembre 1842, par M. le pasteur Germond, a été transportée à Saint-Loup : elle a (1875) 50 sœurs. — La 5° a été fondée à Dresde le 19 mai 1844. Cette maison avait, le 30 avril 1876 171 sœurs, 53 stations et des maisons-mères à Mitau, Riga, Wiborg. — La 6e, à Utrecht, le 4 novembre 1844, avait, en 1875, 42 diaconesses et 8 stations. — La 7°, fondée à Berlin le 10 octobre 1847, sous les auspiçes du roi Frédéric-Guillaume IV, prit le nom de « Béthanie »; la maison avait, en 1877, un total de 181 sœurs et 31 stations [...] - La 20°, fondée le 19 mai 1858 à Darmstadt, avait, en novembre 1877,96 sœurs, dont 7 travaillent à Londres, et 24 stations... (Encyclopédie des sciences religieuses, Volume 1, 1878 - books.google.fr).

Une maison appelée Bethania avait été construite dans la communauté piétiste d'Ephratha en Pennsylvanie fondée par des Allemands émigrés dans ce qui devait devenir les Etats-Unis (Autour de Rennes le Château : Les Affaires Gélis & Tournesol).

Jean Toulat, né le 23 juillet 1915 à Chauvigny dans la Vienne et mort le 28 décembre 1994 à Paris, prêtre catholique, écrivain et essayiste français, pacifiste, militant très actif de la non-violence, s'était rendu chez les Soeurs Luthériennes de Darmstadt au cours d'un voyage en Allemagne.

Je quitte à regret ce Béthanie, où les sœurs sont à la fois Marthe et Marie, cent pour cent contemplatives, et, à l'heure voulue, cent pour cent actives. Ce qui frappe, c'est leur équilibre. Passionnées pour leur idéal, oui. Exaltées, nullement. Adonnées à la pénitence - la couronne d'épines est leur emblème — mais toujours joyeuses. L'Évangile à la lettre, mais sans être tendues. Une foi totale, l'abandon au Père. Sur un mur elles ont peint un Christ qui brise des chaînes. C'est cela : leurs chaînes rompues, elles connaissent la liberté, l'élan des enfants de Dieu. Mère Basilea compose des chants comme elle respire : c'est le jaillissement de la création ; les sœurs dansent en récréation comme on dansait dans les couvents de Thérèse d'Avila. Elles ont retrouvé le grand courant de cette vie monastique qu'avait abandonnée le protestantisme depuis Luther et elles l'ont retrouvée d'elles-mêmes, sans avoir lu une seule ligne d'un auteur catholique, par la seule méditation de l'Evangile et de ses exigences. L'expérience de la vie communautaire les a amenées tout naturellement à la pratique des trois vœux — les promesses, comme elles disent — qu'elles prononcent après huit ans de probation. Isolée au sein du protestantisme et quelque peu suspecte à certains, la communauté œcuménique des sœurs de Marie est un intense foyer de prière et certainement un jalon sur la route de l'Unité. En la quittant, je ne puis m'empêcher de penser aux paroles qui introduisent la règle de Taizé : Ne prends jamais ton parti du scandale de la séparation des chrétiens... Aie la passion de l'unité du Corps du Christ (Jean Toulat, Proche Allemagne, 1961 - books.google.fr).

Anna Sophie von Hessen-Darmstadt (1638-1683), Äbtissin von Quedlinburg, 1660

Anna Sophie von Hessen-Darmstadt (1638-1683) est la fille de Georges II de Hesse-Darmstadt, et de la duchesse Sophie-Éléonore de Saxe. Elle a été élevée comme luthérienne, a reçu une bonne éducation très religieuse. En 1655, à l'âge de 17 ans, Anne Sophie entre à l'abbaye de Quedlinbourg. En 1658, elle publie un livre de méditations spirituelles appelé Der treue Seelenfreund le Christ Jésus. Au premier abord, les théologiens luthériens considèrent son livre comme suspect. Ils font valoir que le livre prône l'égalité des femmes et des hommes , mais il est ensuite approuvé. Anne Sophie justifie son travail comme c'était la norme au 17ème siècle, en disant que c'était l'ordre de Dieu. Étant abbesse et luthérienne en même temps, Anne Sophie défend son choix de rester célibataire dans son livre. Elle a un doute après la conversion au catholicisme de sa sœur, Élisabeth-Amalie-Magdalene de Hesse-Darmstadt. Elle pense quitter Quedlinburg et suivre sa sœur, mais finalement change d'avis. Anne Sophie est élue princesse-abbesse de Quedlinburg, en 1681. Elle choisi Anne-Dorothée de Saxe-Weimar comme coadjuteur en 1683 et meurt la même année, après seulement deux ans de règne (fr.wikipedia.org - Anne-Sophie II de Hesse-Darmstadt, Steven Mueller, The Wittelsbach Dynasty, 2007 - books.google.fr).

En 1801, Louis X de Hesse Darmstadt perdit une partie du comté de Lichtenberg et quelques autres districts sur la rive gauche du Rhin. Au terme du Recès d'Empire en 1803, la Hesse-Darmstadt gagna quelques nouveaux territoires : le duché de Westphalie, Mayence (Hesse rhénane) et quelques portions du Palatinat (fr.wikipedia.org - Landgraviat de Hesse-Darmstadt).

Klopstock naquit le 2 juillet 1724, à Quedlinburg, dans l'abbaye de ce nom , où son père avait un emploi (Le littérateur universel, Tome 1, 1835 - books.google.fr).

Klopstock passa ses premières années dans sa ville natale de Quedlinburg, à l'ombre d'une célèbre abbaye, dont la crypte renferme la tombe de son fondateur, Henri l'Oiseleur, et de son épouse Mathilde ; on peut supposer qu'il y acquit inconsciemment le goût du passé germanique et de la religion. Il subit l'influence de Schulpforta (1739-1753), une des écoles « princières » fondées par le prince électeur Maurice de Saxe. Elle était strictement évangélique et mettait à la base de la formation l'étude de la Bible ainsi que la pratique de la religion protestante. La grammaire, la rhétorique et la dialectique y étaient étudiées à propos des langues anciennes, plus que de l'allemand, et on y accordait une importance particulière à la métrique ; c'est ainsi qu'on exigeait des élèves, chaque semestre, la composition d'un grand poème latin, Aussi Klopstock s'essaya-t-il à versifier en prenant pour modèle les Schafergedichte de Haller et surtout de Hagedorn. Il découvrit les écrits de Bodmer et Breitinger, en particulier : Charakter der deutschen Gedichte (1734), où Bodmer dresse un portrait du poète épique. Il eut la révélation de sa vocation, confirmée par la lecture de Milton, et dans son Discours d'adieu, en latin (1745), où d'ailleurs il réservait une place de choix au Télémaque de Fénelon, il annonça qu'il serait le poète épique de l'Allemagne. Il connaissait déjà le sujet de son œuvre future, qui lui avait été inspiré en rêve : la vie et la mort du Christ, et sa résurrection ; déjà il avait élaboré le plan de La Messiade, pour laquelle Milton lui servirait de modèle, et il en composa les premiers chants (en prose) à léna, puis à Leipzig, où il suivit les cours de Gottsched et découvrit le mètre approprié à son œuvre : l'hexamètre (Joseph François Angelloz, Jeanne Naujac, Le Classicisme allemand, 1975 - books.google.fr).

Dans le cadre de la Réforme, le duc Henri le Pieux avait fait fermer le cloître cistercien de Schulpforte, à Bad Kösen en Saxe-Anhalt, en 1540 et dispersé les religieux. Après de longs pourparlers sur la nouvelle destination des bâtiments du couvent sécularisé, le duc Maurice de Saxe (qui devait devenir prince-électeur en 1547), y installa en 1543 l'une des trois écoles qu'il entendait créer, la Schulpforta. Les deux écoles-sœurs furent le Lycée régional de Saxe Sainte Afra de Meissen et le Gymnasium Saint-Augustin de Grimma. 150 garçons de toutes les couches sociales pouvaient y recevoir une éducation supérieure, la scolarité étant gratuite. Pour subvenir aux besoins matériels de l'institution, le duc Maurice avait confisqué les possessions de la confrérie de Schulpforte. L'Ecole fut aménagée entre 1573 à 1575 (fr.wikipedia.org - Ecole régionale de Pforta).

Le seul domaine de la littérature qui touche réellement Caroline est l'Empfindsamkeit. Elle professe en particulier une admiration inconditionnelle pour Klopstock. A ses yeux, il écrit des poèmes inégalables. Sa première lettre adressée à Herder, datée du jour même où il lui déclare sa flamme, compare déjà leur amour à celui du poète et de sa femme Meta : Klopstock et sa Meta me viennent à l'esprit, croyez-vous que j'aime comme une Meta ? Bien sûr, il me manque encore beaucoup pour égaler une créature de Klopstock [...]. O amitié céleste, sympathie des âmes, combien tu nous rends heureux ! Herder recommande à la jeune femme de lire Klopstock ainsi que d'autres poètes, comme Gessner ou Gerstenberg. Mais il cherche aussi à lui inculquer un certain esprit critique. La jeune femme a en effet tendance à imiter la mode sans beaucoup y réfléchir (dormir par exemple avec des roses épandues sur son oreiller), et à admirer inconditionnellement tous les poètes de l'Empfindsamkeit. Il ne s'agit pas, tente de lui expliquer son correspondant, de prendre au pied de la lettre tout ce qu'elle lit, mais de l'analyser et d'adopter une position personnelle vis à vis de l'intrigue et des personnages. Herder, tout en admirant beaucoup le poète, ne témoigne pas du même enthousiasme que sa correspondante. Il critique à plusieurs reprises la mièvrerie de certaines des œuvres de Klopstock, et insiste sur son recul devant une peinture trop vraie de la nature humaine. S'il est touché par la sensibilité dont fait preuve le poète, il trouve que ce dernier atténue la peinture du caractère humain tel qu'il doit être, fort et actif. Pour Herder, Klopstock n'est pas vraiment capable de composer des épopées (Christine Pezzoli-Bonneville, Vie intellectuelle et Lumières à Darmstadt entre 1770 et 1774: Baroque, Empfindsamkeit et Sturm und Drang, 2002 - books.google.fr).

Surnommée la « Grande landgravine », Caroline Henriette Christiane Philippine Louise de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld est un membre de la Maison de Wittelsbach. Née le 9 mars 1721 au château de Rappolstein près de Ribeauvillé (Haut-Rhin) et décédée à Darmstadt le 30 mars 1774, elle est la fille aînée de Christian III, duc de Deux-Ponts et de Caroline de Nassau-Sarrebruck. Elle grandit avec ses frères et sœurs en Alsace. Le 12 août 1741, elle épouse à Deux-Ponts (en allemand Zweibrücken), Louis IX de Hesse-Darmstadt. En tant que mère et souveraine Caroline eut le bonheur de marier brillamment ses enfants. Elle est l'ancêtre des maisons impériales et royales de Prusse et d'Allemagne, de Russie et des Pays-Bas et des actuelles Maison d'Orléans, prétendante au trône de France et d'Orléans-Bragance, prétendante au trône de Brésil (fr.wikipedia.org - Caroline de Palatinat-Deux-Ponts-Birkenfeld).

Le soin extrême qu'il apporta à revoir tous les détails du style et du rythme, et même des caractères typographiques, retarda l'impression de trois ans ; dans l'intervalle parurent, publiés à Darmstadt par des admirateurs de son talent, deux recueils de ses odes, mais si remplis d'incorrections (Oden und Elegieen 48 mal gedruckt. Fur Ihro H. F. D. die Frau Landgraefin von Darmstadt, 1770) qu'il dut se hâter de donner l'édition que l'on attendait de lui. Elle parut en 1771, sans préface, ni nom d'auteur, avec cette dédicace fièrement laconique : « A Bernstorff. » Herder se fit l'interprète de l'enthousiasme public en cette occasion, et toute sa vie il resta sous le charme qu'il avait ressenti à la lecture de ces chants dont bon nombre étaient inconnus. Il ne trouva pas de termes assez expressifs dans la langue pour caractériser l'art admirable du poète à varier les tons et les couleurs selon les sujets ; ses poèmes , dit-il, ont quelque chose de si original, de si empreint d'âme, eigegeitietes, que l'on sent en chacun d'eux l'incarnation (Edmond Bailly, Étude sur la vie et les oeuvres de Frédéric Gottlieb Klopstock, 1888 - books.google.fr).

Darmstadt romantique

Pour la première fois, Goethe se sentait vraiment coupable. On lui avait ôté Gretchen, Annette l'avait quitté, mais, cette fois, c'était lui l'infidèle et il en éprouvait « un sombre repentir». Aussi cherche-t-il à s'étourdir par une activité physique fiévreuse. Il fait de l'escrime, il pratique avec passion le patinage, ce nouveau sport recommandé par Klopstock comme un plaisir divin ; il promène aux environs sa mélancolie en de lentes flâneries pénibles et sans but, puis, quand ses amis, les Schlosser, lui ont fait faire la connaissance du trésorier-payeur militaire Merck, de Darmstadt, que celui-ci l'a introduit dans la société des petites cours de Darmstadt et de Hombourg et que, sous le coup de fouet de ces relations nouvelles, il sent sa tristesse s'atténuer par degrés, c'est à cheval qu'inlassable il court de Hombourg à Darmstadt, de Darmstadt à Hombourg (Hippolyte Loiseau, L'Évolution morale de Goethe, 1911 - books.google.fr).

Les critiques reconnaissent à Herder un caractère à la fois mélancolique et tendant toujours vers le sublime.186 Merck, en revanche, possède certes un fond de mélancolie, mais il se double chez lui d'un pragmatisme inébranlable. Il donne son amitié à Herder, comprend sa situation et l'en plaint sincèrement. Son poème dépeint la triste position du Doyen, prisonnier à Strasbourg dans son lieu de souffrance (l'opération des glandes lacrymales tentée à Strasbourg lui cause de nombreuses souffrances mais n'a en fin de compte guère de résultats), sans âme sœur auprès de laquelle s'épancher, réduit à écrire des lettres et à envoyer ainsi les merveilles qui naissent de son âme à ses amis lointains. Cependant Merck confère à son correspondant une place à l'écart des autres hommes. Herder est considéré ici comme un demi-dieu qui a été envoyé sur terre pour édifier les hommes. Ceux qui s'en rendent compte, comme Merck ne peuvent que l'admirer en le craignant un peu. La distance indiquée par le poète met implicitement en doute la possibilité réelle d'une amitié. Celle-ci requiert un terrain d'entente où les deux interlocuteurs se trouvent à égalité. Merck n'emploie certes pas ici le terme de génie. Il apparaît toutefois que c'est précisément le génie de Herder qui le place à part. Et c'est également ce qui interdit à Merck, comme au reste du commun des mortels, de devenir réellement son ami. Le génie créateur de Herder en fait aux yeux de Merck un prophète dans le domaine de la littérature allemande et de l'avancée des idées. Merck a rapidement identifié le caractère susceptible de Herder ainsi qu'un côté acide que les deux hommes ont en commun, quoiqu'il s'exprime différemment. Merck critique parfois vertement ce qui lui déplaît. Mais il s'efforce toujours de le faire sans acrimonie. Les reproches de Herder, en revanche, ne sont pas dénués d'âpreté. Que le prophète terrible (Strajprophet), écrit Merck, soit ainsi remercié pour ses plaintes et ses reproches. Qu'il éclaire sous les auspices de la Lune, donc de la Sensibilité, les esprits des humains, comme le fils de l'Homme (un terme utilisé dans la Bible pour qualifier le Christ). Herder a pour mission d'éveiller à la connaissance les esprits endormis, et également de les punir s'il y a lieu [...] Ce dernier ne peut par conséquent rencontrer aucun esprit, aucun cœur accordé au sien. Il ne peut que tendre ses lèvres vers la coupe de l'amour. (Christine Pezzoli-Bonneville, Vie intellectuelle et Lumières à Darmstadt entre 1770 et 1774: Baroque, Empfindsamkeit et Sturm und Drang, 2002 - books.google.fr).

Merck voyage dans le sud de la France et rallia Toulon à Toulouse. La route normale de Toulon à Toulouse passe par Montpellier, Narbonne, et Carcassonne, si près de Rennes le Château (Darmstadt : La piste Darmstadtienne : Darmstadt et l’Atlantide, Darmstadt : La piste Darmstadtienne : Complot des pharmaciens et bouse d’aurochs).

Enfin, le tzaréwitsch arriva à la cour de Hesse-Darmstadt. Là aussi des fêtes lui furent données, de belles princesses rayonnèrent autour de lui. Il n'y prit qu'un médiocre intérêt, et l'on s'attendait à le voir quitter la cour de Hesse comme il en avait déjà quitté tant d'autres, la main et le cœur libres, lorsque, tout à coup, on apprit que, dans un entretien secret avec le grand-duc Louis II, Alexandre lui avait demandé en mariage la princesse Maximilienne-Wilhelmine-Auguste-Sophie-Marie, sa fille. Cette nouvelle étonna tout le monde : la jeune princesse était si modeste, elle vivait si retirée; son père lui-même s'occupait si peu d'elle! Comment donc avait-elle pu séduire un si haut prince que le fils de l'empereur de Russie? Or, c'était précisément ce charme de la réserve, cette poésie de l'abandon qui avaient fixé sur elle l'attention d'Alexandre; dans la mélancolie résignée de cette âme, il avait trouvé un écho à sa propre mélancolie. C'était bien là la femme que la Providence lui avait préparée (Louis-Antoine Léouzon Le Duc, L'Empereur Alexandre II: souvenirs personnels, 1855 - books.google.fr).

A Guingamp

Ygerne mère d'Arthur et belle-mère de Guenièvre est une Dame et Reine blanche. Son château de La Roche Champguin (Canguin, Changuin, Ganguin) est localisé par Gwenc'hlan Le Scouëzec à Guingamp, près de l'intersection Darmstadt - Gisors et Rennes le Château - Jarnac (Darmstadt : Les trois portes : Introduction, Darmstadt : Les trois portes : Rennes le Château - Jarnac).

C'est la pieuse duchesse de Bretagne, Jeanne, fille de Charles VI, une des princesses les plus vertueuses de ce siècle, que Dieu avait choisie pour élever dans sa crainte et dans son amour la bienheureuse Françoise d'Amboise, destinée, elle aussi, à porter la couronne ducale, et puis à la déposer avec joie pour revêtir la bure du Carmel. Amenée tout enfant à la cour de Nantes, Françoise révéla dès l'âge le plus tendre des dispositions merveilleuses à la piété. Un trait, entre beaucoup d'autres. A la messe, quand le prêtre montrait au peuple la divine hostie, on la voyait sOuvent verser des larmes de dévotion. Les jours où le duc, la duchesse et les personnes de la cour se préparaient à la communion, elle ne cessait de pleurer et refusait même de boire et de manger. Un jour la duchesse, l'ayant prise à part, la conjura de lui dire ce qui la rendait si triste : « Hélas! Madame, répondit en sanglotant la petite sainte, Monseigneur et vous et toute votre cour, vous avez reçu le corps de notre Sauveur, et moi seule, faute d'âge, je suis privée d'un si grand bien! Jugez, s'il vous plaît, si je n'ai pas sujet de pleurer! » Elle n'avait que cinq ans; mais comment refuser à cet ange de la terre le Pain des anges du ciel? C'était comme un lointain prélude de cette ferveur qui, plus tard, plaça tant de fois sur ses lèvres ces belles paroles : « Sur toutes choses faictes que Dieu soyt le mieulx aimé! » Recueillons encore ce cri touchant, qui nous laisse entrevoir un autre côté de sa grande âme : « Mon Seigneur Jésus-Christ, c'est mon amour, c'est ma patience. » Et terminons par ce fait caractéristique. Tous les vendredis de l'année, tant qu'elle fut dans le monde, elle donnait à dîner à cinq pauvres en l'honneur des cinq Plaies de Notre Seigneur; elle les servait elle—même avec les plus profonds sentiments d'humilité, de foi et de charité; après le repas elle remettait à chacun cinq pièces de monnaie. Devenue veuve, elle ajouta au service des pauvres le jeûne de tous les vendredis. Ah! c'était bien « la féale amie de Jésus-Christ », qu'elle a si admirablement décrite dans ses suprêmes adieux à ses filles du monastère des Couets (Victor Alet, La France et le Sacré-Coeur, 1889 - books.google.fr).

Le mariage de Françoise et de Pierre, alors titré comte de Guingamp, fut célébré avec une grande solennité en 1442. Les deux époux, imitant le rare exemple de l'empereur d’Allemagne saint Henry et de la bienheureuse Cunégonde, résolurent de conserver une pureté absolue; et l'historien Léon de Bennes rapporte à ce sujet ces curieuses paroles de Françoise : «Comme ainsi soit que le peuple de Bretagne aimat Monseigneur mon mettre, le duc mon époux, et moi aussi, espérant qu’eussions des enfants pour succéder après nous, il est vrai que, pour leur donner quelque sorte de satisfaction, nous avons fait beaucoup d’aumones, processions et pèlerinages, quoique lui et moi nous fussions certains et résolus à n’avoir jamais aucune lignée.» [...]

Les deux époux vinrent se fixer au château de Guingamp et ils y tinrent une cour brillante, que fréquentait la noblesse de Tréguier, de Saint-Brieuc et du pays de Cornouailles. Pierre, malheureusement, était d'un caractère faible, M. l’abbé Richard n’hésite même pas a dire borné, et il se laissa influencer par dïndignes flatteurs, qui surexcitèrent sa jalousie de manière à lui faire perdre toute mesure, à ce point qu’il s’oublia jusqu’à faire publiquement une scène des plus blessantes à la comtesse et à la frapper. Cet éclat fit grand bruit, et tous les gentilshommes du pays vinrent trouver le comte et iui démontrer l'injustice de sa conduite. Pierre reconnut promptement ses torts et témoigna son repentir en demandant, publiquement aussi, pardon a sa femme, qui ne trouva que de douces et affectueuses paroles à lui répondre. Elle saisit cette occasion de ramener son époux à la pratique complète de la religion, et depuis ce jour le château de Guingamp devint véritablement l’asile de la piété ; il semblait, disent les auteurs du temps, presqu’un monastère bien réglé. [...]

Pierre et Françoise demeurèrent le plus souvent à Guingamp jusqu’à la mort du duc François, arrivée en 1450, et qui laissa le trône ducal au comte de Guingamp, son frère. [...]

On peut dire qu'avec l'avénement de Pierre et de Françoise, un règne nouveau s’ouvrait pour la Bretagne. Il serait injuste cependant de l'attribuer au mérite personnel du souverain. Si Pierre avait l'amour du bien et une vertu sincère, il était loin de réunir les qualités qui font les grands princes et attirent la confiance des peuples. Son humeur un peu sombre le portait à s’isoler. La piété et la bonté de la duchesse heureusement contrebalancèrent ces regrettables dispositions. [...]

A la mort de son mari, Françoise d'Amboise voulut prendre le voile dans le monastère des Clarisses de Nantes; puis elle entra en relation avec le Père Soreth, général de l’Ordre des Carmes, lui exposant son désir a de se rendre religieuse, ce qu’elle aurait taché d'exécuter par diverses fois, s'étant à cette fin retirée au monastère de Sainte—Claire ; mais qu’elle n'avait pu, pour ses maladies presque continuelles, supporterla rigueur et l'austérité de cet institut. Le Père Soreth l'écouta, l'encouragea et la dirigea vers l'Ordre du Carmel; il n'eut pas de peine à la décider à demander l'envoi d'une colonie de Carmélites, qui devait étre installée auprès de Vannes, dans l'ancien monastère du Bon-Don. Françoise vint alors se fixer dans cette ville (1460) et s'exercer avec les personnes de sa maison aux pratiques de la vie religieuse. [...] Françoise rompit définitivement avec le monde, poussée peut-être encore par le désir de prier plus ardemment pour ceux qui écoutaient si mal ses conseils. Le 25 mars 1461, elle prit le voile. [...]

L'influence de Françoise était naturellement grande pour les affaires religieuses. Elle s'occupa d'exaucer le vœu suprême de la duchesse Jeanne en obtenant la canonisation de saint Vincent Ferrier (Edouard de Barthélemy, Françoise d'Amboise, Revue du monde catholique, 1866 - books.google.fr, Le Cercle et la Croix des Prophètes : Le jardin d’Adonis : Onis et Joachim, La Croix d’Huriel et Rennes le Château : Croix d’Huriel et Rosaire).

Lobineau, nom donné aux dossiers secrets (Dossiers 6) est aussi celui d'un historien bénédictin de la Congrégation de Saint Maur.

Dom Lobineau, prêtre religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, naquit à Rennes, en 1666, et mourut en 1727. Il fut du nombre des savants religieux à qui fut confié le soin de recueillir dans les diverses archives de la province les actes et documents qui pouvaient servir à composer l'Histoire de Bretagne. Appelé, par suite de la mort de ses collaborateurs, à rédiger cet ouvrage, il le donna au public en 1707. Après son Histoire, Dom Lobineau fit imprimer à Rennes, en 1724, YHistoire des saints de la province de Bretagne et des personnes qui s'y sont distinguées par une éminente piété. C'est dans ce dernier ouvrage qu'il a publié la Vie de Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, puis religieuse Carmélite. Dom Lobineau n'a fait que reproduire les deux premiers biographes de la sainte. Seulement, avec une critique exagérée qui se ressentait des influences de l'incrédulité du dix-huitième siècle, il a craint d'admettre les circonstances miraculeuses que nous ont apprises les anciens historiens. Un reproche que nous ne pouvons nous empêcher de faire au docte Bénédictin, c'est que seul, parmi tous nos écrivains bretons, il n'a pas osé donner à Françoise le titre de Bienheureuse que tous les actes et tous les auteurs lui ont accordé jusqu'à nos jours, et que le Souverain-Pontife vient enfin de ratifier par sa suprême autorité (François-Marie-Benjamin Richard de La Vergne, Vie de la bienheureuse Françoise d'Amboise, 1865 - books.google.fr).

Les Filles du Sacré Coeur à Guingamp

Jean Eudes (1601-1680), canonisé en 1925, missionnaire normand, fonde à Caen la congrégation de Jésus et Marie (eudistes) et celle de Notre-Dame de Charité vouées « aux Sacrés Coeurs de Jésus et Marie » en 1651.

Il existait déjà dans certaines grandes villes des refuges laïques qui accueillaient ces « femmes perdues » (mais il manquait à leurs objectifs la finalité spirituelle, le retour vers Dieu voulu par le missionnaire). Rennes avait le sien, soutenu financièrement par de bonnes familles, Mme d’Argouges, femme du premier président du parlement de Bretagne, et son amie la comtesse de Brie.

Le couvent des Dames du Refuge et de la Charité n’aurait pu voir le jour sans les nombreuses démarches entreprises par Hélène Moysant, notamment pour obtenir les autorisations nécessaires. Celle de la communauté de ville fut accordée le 26 août 1676, mais les religieuses « seront tenues de recevoir préférablement les filles mal nottées de cette ville et déclarées en justice » ; celle de l’évêque de Tréguier tomba le 28 septembre 1676 ; celle de M. de Vendôme le 21 juillet 1680. Mme des Arcis sut aussi aller chercher l’argent indispensable, là où il était : dans sa famille, dans la bourgeoisie aisée, et surtout chez sa belle-mère, Mme de Kervégan. [...] Le 20 novembre 1676, Marie de la Trinité Heurtaut, supérieure, avec Mlle Ménard, son bras droit de Rennes, sœur Marie de la Présentation Vallée et la sœur Marie de Saint-Esprit de Porçon, toutes du Refuge de Rennes, arrivent à Guingamp. [...] La première pierre de la chapelle fut posée le 3 décembre 1677, gravée d’une croix et de cœurs, l’église étant consacrée aux Sacrés Cœurs de Jésus et Marie et à saint François de Sales. Dix-huit mois après le début des travaux, les constructions étaient utilisables bien qu’inachevées (Le monastère des Dames de la Charité et du Refuge - patrimoine-guingamp.net).

Les religieux de Notre-Dame de Charité du Refuge ne se montraient pas moins dignes du beau nom de Filles du Sacré Cœur, sous lequel leur pieux instituteur les désignait souvent. Nous avons vu plus haut qu'elles furent longtemps contrariées dans leurs désirs les plus légitimes, et qu'elles ne purent, du moins à Caen, célébrer publiquement la fête du Saint—Cœur de Marie qu'en 1681; celle du Sacré-Cœur de Jésus ne leur fut même accordée qu'en 1695. Mais elles furent plus heureuses à Rennes, a Guingamp, et plus tard à Tours, à la Rochelle, à Paris. Non seulement elles purent y célébrer les divins Cœurs, mais elles établirent en leur honneur des associations qui ne tardèrent pas à devenir florissantes; parfois même elles obtenaient d'étendre a tout le diocèse la célébration des fêtes du Cœur de Jésus et du Cœur de Marie; comme nous le remarquons dans la lettre de Mgr Ollivier Jégou de Querlivio, évêque de Tréguier (1704). A Hennebont (1673), à Vannes (1683), l'action des filles du V. P. Eudes, et en particulier celle de la R. M. Marie de la Trinité Heurtaut, ne fut pas moins efficace. La présidente d'Argouges, qui les avait connues à Rennes dès 1666, seconda avec zèle leurs efforts en faveur de la dévotion des Saints Cœurs. Elle-même faisait partie, comme la présidente de Biré, de la Société des Enfants du Cœur de la Mère admirable. Mgrd'Argouges, son fils, évêque de Vannes, 1692-1716, ainsi que son auxiliaire, évêque de Berythe, et beaucoup d'ecclésiastiques séculiers de la ville épiscopale, s'étaient également fait inscrire dans cette association (Ange Le Doré (1834-1919), Les Sacrés-Coeurs et le vénérable Jean Eudes, premier apôtre de leur culte, 1891 - archive.org).

Carmes et études sur Rennes le Château

Charles Baudouin, qui a pu inspiré le Serpent Rouge, avait fondé la revue Carmel Né à Nancy le 26 juillet 1893 - mort à Saconnex-d'Arve, Genève le 25 août 1963, c'est un psychanalyste et écrivain franco-suisse (Le Prieuré de Sion : Prologue : Serpentaire : Annemasse et Charles Baudouin, 22 v’la l’Tarot : Kabbalisation du Tarot : X - Roue de la Fortune . XXI - Monde).

Les pages 153/154 de La Vraie Langue Celtique de l'abbé Henri Boudet, disent : "Le nom de Vénètes indique cette fière coutume, qui était d'ailleurs commune à tous les Gaulois, tout aussi religieux que les Vénètes, – vane (véne), temple, – to hate (héte), détester –. Leur ville principale était Dariorigum, aujourd'hui Vannes. Nous avons déjà constaté l'habileté des Aquitains et des Bituriges à élever et dompter les chevaux, et maintenant dans une autre partie de la Gaule, nous pourrons nous convaincre de quels soins vigilants les Celtes entouraient l'espèce chevaline ;car Dariorgum se traduit par : oser tailler un cheval, – to dare, oser, – to hew (hiou) tailler, – rig, cheval à demi châtré –."

"Chez les Anciens, loin de se porter sur son pénis dressé en fascinus, la castration de celui qui voit devient celle de ses yeux. Le castré, par condensation, c'est l'aveugle. Homère, Tirésias, Œdipe." remarque Pascal Quignard ("L'érotisme romain", le sexe et l'effroi, p. 141).

Le borgne, par là-même, est un demi-châtré. Or Geoffroy Le Borgne, originaire de Questembert, suppléant du cardinal Laurent Pucci, évêque de Vannes de 1514 à 1531, était prieur des carmes du Bondon et aussi évêque in partibus de Tibériade du lac duquel Pierre retira les 153 poissons dans son filet.

Saint Augustin dans le Discours sur le psaume CL dit : "Dans ce nombre de poissons pris dans les filets des Apôtres après la résurrection, l'Evangile ajoute le nombre de trois à celui de cent cinquante, pour nous montrer, ce semble, en combien de portions nous devons partager ce nombre de manière à trouver trois fois cinquante. On pourrait néanmoins trouver dans ce nombre une raison plus subtile et plus agréable, c'est-à-dire que si nous décomposons dix-sept, de manière que tous les nombres depuis un jusqu'à dix-sept soient additionnés ensemble, nous arrivons encore à ce nombre de cent cinquante trois" (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Présentation : Introduction).

Béthanie et Sacré Coeur

Sur la dévotion au Sacré Coeur, le deuxième volume des Notes intimes de la Mère Louise Marguerite Claret de la Touche, contient une doctrine de grande précision théologique et de haute valeur mystique. Le Sacré-Cœur n'y apparaît pas seulement comme le symbole réel de l'amour créé du Christ, mais comme celui de toute sa vie intime, car tout Jésus s'explique par l'amour. La dévotion à son Cœur va à toute sa personne ; elle nous fait atteindre l'Amour incréé du Verbe ; elle nous conduit jusqu'au sein de la Trinité, puisque l'Amour du Verbe est aussi celui du Père et de l'Esprit, et que Dieu est par essence l'Amour Infini. Voici, entre beaucoup d'autres, un passage caractéristique de a Mère : « Jésus, me répétant la parole de son Évangile : « Nul ne vient au Père que par Moi », a ajouté : « Nul ne vient à la » connaissance et à la possession de l'Amour Infini que par mon Cœur » [...]. Autour de sa tombe se développent actuellement une union sacerdotale, l'Alliance sacerdotale universelle des amis du Sacré-Coeur (notice publiée par Marietti, 1922), et un Institut de religieuses dévouées au sacerdoce, l'Institut de Béthanie du Sacré-Cœur, que prolongent dans le monde les Fidèles amies de Béthanie. Le centre de tout ce mouvement est le couvent de Béthanie, à Vische, diocèse d'Ivrée (Revue des sciences philosophiques et théologiques, Volume 14, 1925 - books.google.fr).

Louise-Marguerite Claret de la Touche, née Marguerite-Céline le 15 mars 1868 à Saint-Germain-en-Laye (France) et morte le 14 mai 1915 à Vische (Turin, Italie), est une religieuse et mystique française. D'abord visitandine, elle quitte cet ordre pour fonder les Sœurs de Béthanie du Sacré-Cœur. Elle est reconnue vénérable par l'Église catholique (fr.wikipedia.org - Louise-Marguerite Claret de la Touche).

Vincent Ferrier et le Sacré Coeur

Les Saints ont trouvé dans la blessure faite au Sacré Cœur de Jésus, et dans la cicatrice de cette plaie que le divin Sauveur a voulu conserver dans son corps ressuscité, la signification très élevée d'autres mystères, qu'ils nous invitent, avec l'Apôtre St Jean, à considérer avec foi, espérance et amour dans notre culte du Sacré Cœur. St Vincent Ferrier cité par le P. de Gallifet, dit ceci : "On a voulu marquer plus expressément, que la lance avait perçé le Cœur de Jésus, pour faire comprendre mieux, que le pardon de nos péchés a son origine dansle Sacré Cœur." (L. Le Roy, Les litanies du Sacré-Coeur de Jésus: commentaire dogmatique, 1904 - books.google.fr).

Le 25 mars, maitre Vincent vint prêcher à Montolieu, diocèse de Carcassonne, où il guérit l'aveugle Guillaume Seuhier (H. Fages, Histoire de Saint Vincent Ferrier, Volume 2, 1904 - books.google.fr).

A Montolieu, le vitrail qui représentait le Saint à l'église du monastère des Bénédictins est reproduit dans l'église paroissiale, à la chapelle actuelle du Sacré-Cœur. Le Saint est debout avec des ailes d'ange. Bien que le monastère ait été complètement détruit, la tradition subsiste ininterrompue (H. Fages, Histoire de Saint Vincent Ferrier, Volumes 3 à 4, 1904 - books.google.fr).

Cunégonde en Hesse

Kauffungen, ou Ober-Kauffungen, anciennement Capungum, Confunga, Confengon, Confungen, Confugia, Caufunga, est un couvent noble de Bénédictins, fondé en 1015 par Cunégonde, épouse de l'empereur Henri II, & situé dans un bois, auquel il donne son nom. Le landgrave Frédéric le généreux le réforma en 1527, & en appliqua les revenus à doter des filles d'anciennes familles de Hesse, faisant partie des états. Sa jurisdiction s'étend sur le bourg d'Oberauffen, sur celui de Helsen, bâti sur la Losse, & sur 3 villages. Les landgraves de Cassel & de Darmstadt en sont les seigneurs directs & les protecteurs , & l'administration de même que celle de Wetter en est confiée à 4 gentilshommes hessois, dont 2 tirés de la noblesse de basse Hesse, un de celle de Marbourg & l'autre de celle de Darmstadt (Anton Friedrich Büsching, Géographie Universelle: Contenant L'Empire D'Allemagne, troisieme partie, savoir: Les Cercles du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, & de Suabe, Tome 8, 1792 - books.google.fr).

L'abbaye de Kaufungen est une ancienne abbaye bénédictine à Kaufungen, actuellement dans le Land de Hesse et le diocèse de Fulda. Après la mort de son mari en 1024, Cunégonde se retire en simple nonne dans le nouveau couvent bénédictin, où elle meurt le 3 mars 1033. L'église abbatiale de Kaufungen est le plus important monument de la renaissance ottonienne dans le nord de la Hesse (fr.wikipedia.org - Abbaye de Kaufungen).

Darmstadt catholique

En août 1854. l'évêque de Mayence Wilhelm Emmanuel von Ketteler (1811-1877) avait conclu avec son gouvernement (Hesse-Darmstadt) une convention provisoire concernant les droits de l'Eglise catholique. Il pensait que le Saint-Siège la validerait au prix de petites modifications. Il se trompait lourdement.

Le Kulturkampf prussien avait duré quinze ans. Il en fut à peu près de même dans les autres États allemands qui crurent devoir imiter la Prusse. Dans la Hesse-Darmstadt, on avait adopté les « lois de mai » en 1875; aussi le conflit latent qui existait depuis 1866 entre le gouvernement et l'archevêque de Mayence, Mgr de Ketteler, s'était-il exaspéré, si bien qu'à la mort du prélat (1877), il fut impossible de lui donner un successeur avant 1886. En 1887, la Hesse, imitant une fois de plus la Prusse, abrogea les lois de combat (Ernest Lavisse, Alfred Rambaud, Histoiree générale du IVe siècle à nos jours, Tome 12, 1901 - books.google.fr).

Les lois de mai sont votées au milieu de la période du Kulturkampf, débuté en 1871, la politique de lutte contre le catholicisme mise en place par le chancelier impérial allemand Otto von Bismarck. Elles suivent les lois dite du : paragraphe de la chaire, loi sur l’inspection des écoles et la loi (anti) jésuite. L'objectif du chancelier est de lutter contre les ultramontains qui place l'autorité du Pape au-dessus celle du nouvel État fédéral allemand, et contre le parti politique du Zentrum qui représente les intérêts des catholiques. L'alliance de ce parti politique avec les partis particularistes, c'est-à-dire contre l'assimilation des différentes régions de l'Allemagne dans un tout centralisé, en fait selon le chancelier un « ennemi de l'Empire ».

En octobre 1873, l'évêque de Mayence Wilhelm Emmanuel von Ketteler fait un prêche à Kevelaer devant plus de 25 000 personnes dans lequel il dénonce ces lois. Le paragraphe de la chaire interdisant aux ecclésiastiques de parler de politique, il est arrêté juste après son sermon et condamné à la peine maximale prévue qui est de 2 ans de prison. Cela déclenche une vague de protestation chez les catholiques (fr.wikipedia.org - Lois de mai (Empire allemand)).

Wilhelm Emmanuel von Ketteler, Bischof von Mainz und Mitbegründer der Deutschen Zentrumspartei