Partie XI - La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet   L’antimoine   
LA VRAIE LANGUE CELTIQUE BOUDET PSAUMES ANTIMOINE DOUAI

www.nonagones.info se propose de trouver des liens entre La Vraie Langue Celtique, l'antimoine et la ville de Douai qui est le centre du sceau pris dans le frontispice du livre «Aureum Seculum Redivivum», la Renaissance de l'âge d'or, écrit par Adrian von Mynsicht (1603 ou 1588 - 1638), alias Henricus Madathanus, en 1618 et publié en 1625 (La Croix d’Huriel et le loup : La Croix d’Huriel et l’antimoine).

La paix et l'antimoine dans la bible

Le terme khol en hébreu n'apparaît que dans Ezéchiel 23,40 au sujet de Samarie et de Jérusalem sous les noms des prostituées Ohola et Oholiba. Autrement l'hébreu puk (antimoine) se trouve en 2 Rois 9,30 et en Job 42,14.

Les Rois disent ce qui confirme le rapport antimoine/paix : "Jéhu entra dans Jizreel, Jézabel, l'ayant appris, mit du fard à ses yeux, se para la tête, et regarda par la fenêtre. Comme Jéhu franchissait la porte, elle dit : Est-ce la paix, nouveau Zimri, assassin de son maître ?" Mais ça se termine mal, Jéhu tue Jézabel qui est dévoré par des chiens comme annoncer par le prophète Elie.

Les femmes connaissaient aussi les avantages du fard (pûk ; le verbe « se farder » : kâhal, rappelle le guhlu accadien, et le kohl arabe : p. 169) ; « pour s'agrandir les yeux » (Jérémie, 4,30).

Un objet essentiel, qui ne pouvait manquer sur la table de toilette des femmes, était le Pouch, une espèce de fard pour les yeux, le même que le Cohl des Arabes et le stibium des Romains; on le mettait dans une corne, comme nous le laisse deviner le nom de Kéren-happouch (Cornustibii) que l'on donne à l'une des filles de Job (Job, 42,14), et on y trempait une aiguille d'argent, d'ivoire ou de bois, pour en noircir les paupières , ce qu on appelait : « Mettre les yeux en pouch » (2 Rois, 9, 30), ou, comme s'exprime ironiquement le prophète Jéremie (4, 30) : « Se déchirer les yeux par le pouch. » (Salomon Munk, Palestine: description géographique, historique et archéologique, 1856 - books.google.fr).

Des alchimistes disent que Job, après son affliction, connut le secret de la pierre philosophale et devint si puissant, qu'il pleuvait chez lui du sel d'or : idée analogue à celle des Arabes, qui tiennent que la neige et les pluies qui tombaient chez lui étaient précieuses. Isidore place dans l'Idumée la fontaine de Job, claire trois mois de l'année, trouble trois mois, verte trois mois, et rouge trois autres mois. C'est peut—être cette fontaine où, selon les musulmans, l'ange Gabriel sortir en frappant du pied, et dont il lava Job et le guérit (Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, Dictionnaire des sciences occultes, Volume 1, Migne, 1861 - books.google.fr).

2.400 ans avant J.-C, un cri de malédiction est proféré par un poète indou : « Qu'il se cache et vive à l'écart sur une litière de fumier, avec les chiens galeux et les animaux immondes, celui dont le corps se couvre de pustules semblables aux bulles qui s'élèvent des marécages et crèvent à la surface. Car il outrage la lumière. Qu'on le chasse des villages à coups de pierres et qu'on le couvre d'ordures, lui, vivante ordure ! Que les fleuves divins vomissent son cadavre.» (Sophie Decaux, Didier Decaux, De Henri IV à Louis XIV, 1982 - books.google.fr).

Peut-on affirmer que le baiser « signe de trahison » est l'autre versant du baiser « signe de paix » ? Dans la trahison de Judas, les autres trahisons bibliques et celles des rituels de paix, le baiser reste toujours un « signe de de paix », un geste au symbolisme essentiellement positif, c'est grâce à cela que les trahisons où un baiser entre en jeu sont parmi les plus « efficaces »: la victime peut difficilement pressentir la félonie dans le geste de l'amour et de la fidélité. C'est donc l'utilisation dévoyée du baiser qui le fait parfois « signe de trahison », même si nombre des commentateurs, depuis Augustin jusqu'à Guillaume Durand, opposent le baiser de Judas, comme symbole du baiser hypocrite, au geste sacré du « baiser de paix » (Yannick Carré, Le baiser sur la bouche au Moyen Age: rites, symboles, mentalités, à travers les textes et les images, XIe-XVe siècles, 1992 - books.google.fr).

Dans Ezéchiel, au chapitre 13,10 on peut lire ce qui établit un lien entre le mortier, ou ciment, et la paix :

Pour autant, & pour ce, qu'ils ont deceu mon peuple, disans, Paix, & qu'il n'y a point de paix : l'un edifioit la paroy, & les autres la maçonnoyent de mortier mal ettoffé (La Bible, qui est tovte la saincte escriture : contenant le vieil et le nouueau testament: Autrement, la vieille et nouuelle alliance, 1569 - books.google.fr).

Dans Isaïe, au chapitre 54, le ciment est fait d'antimoine (selon certaines traductions) et permet de construire la nouvelle Jérusalem après que la paix a été établie avec Dieu (54,10).

Alcohol ou plutôt Al-ka-hol, car c'est ainsi qu'on devrait récrire & le prononcer. Ce mot est Arabe, & signifie une espèce de poudre de la derniere finesse, dont les femmes d'Orient se servent en guise de fard. Monsieur Shaw dit dans ses voyages en Barbarie, à l'occasion des femmes de ces contrées, qu'elles croiraient qu'il manquerait encore quelque chose d'essentiel à leur parure, si elles n'avoient pas teint le poil de leurs paupières & leurs yeux même, de ce qu'on nomme al-ca-hol, qui est la poudre de mine de plomb. Cette opération qui se fait en trempant dans la poudre un petit poinçon de bois de la grosseur d'une plume à écrire, & le passant ensuite entre les paupières fur la prunelle, nous offre une image vivante de ce que le Prophète Jeremie a eu en vue, lorsqu'il dit, tu t'érailles les yeux avec du fard. Elles s'imaginent que la couleur sombre que l'on parvient de cette façon adonner aux yeux, donne une grâce singulière & un grand agrément à toutes sortes de personnes. On ne sauroit douter que cet usage ne íbit fort ancien : car outre les passages de l'écriture que j'ai déja allégués, & par lesquels il paroît que la mode en étoit dès-lors connue, dans l'endroit où il est dit de Jezabel qu'elle farda son visage, les termes de l'original portent qu'elle orna ou peignit íès yeux avec de la poudre de mine de plomb. Cette coutume n'étoit pas particulière à l'Orient. Les femmes Greques & Romaines l'avoient aussi, comme il paroît par divers Auteurs. Entre autre choses qui concernent l'orncment des femmes d'Egypte, j'ai vu tirer des catacombes de Sakara un bout de roseau ordinaire qui contenoit un poinçon de l'espèce dont j'ai parlé, & une once ou davantage de la poudre dont on se sert encore aujourd'hui pour cet usage. Ce savant Auteur nous apprend encore que Golius 8c d'autres ont rendu le mot Arabe al-ca-hol par stibium, qui est une espece d'antimoine & quelquefois par collyrium, que le mot hébreu cahhol signifie la même chose, & que le verbe que nouS trouvons dans Ezéchiel, 22. 40. joint à ce qui est rendu dans notre version par "tu as fardé ton visage", signifie à la lettre, tu t'es peint les yeux, ce qui revient plus expressément à la coutume des femmes Africaines. Schindler dans son Lexicon, a pris le mot, (d'où est venu probablement le mot latin fucus, fard) dans le même sens : car il dit que c'est de l'antimoine, ou une espece d'antimoine dont on se servoit particulièrement pour teindre les paupières en noir ou pour farder les yeux. Il dit aussi que c'étoit une poudre noirâtre faite avec l'antimoine. S. Jérôme remarque sur les mots qui se trouvent dans Isaie 54. 11. Quod omnes prater Septuaginta similiter transtulerunt (sternam) in stibio lapides tuos, in similitudinem compte millieris, quae oculos pingit stibio, ut pulchritudinem significet civitatis; c'est-à-dire, que tous les Interprètes, excepté les Septantes, ont également traduit (je coucherai) tes pierres dans (ou je les cimenterai ou enduirai avec) l'antimoine, à la façon d'une femme parée qui se peint les yeux d'antimoine, pour marquer par là la beauté de la ville. Ainsi les mots désignant le même minéral ou le même collyre, on peut conjecturer que ce qu'on appelle encore aujourd'hui al-ka-hol, & qui est une riche mine de plomb réduite en poudre impalpable, est le même fard dont on se servoit anciennement. Je ne déciderai point si les conjectures du savant Auteur que nous venons de citer sont justes ou non, & si la poudre appellée alcohol est, comme il le prétend, de la mine de plomb pulvérisée. D'autres Auteurs nous assurent toutefois que la poudre dont les femmes faisoient usage pour se farder les yeux, est une préparation d'antimoine (Robert James, Marc Antoine Eidous, Jules Busson, Denis Diderot, François Vincent Toussaint, Dictionnaire universel de médecine, de chirurgie, de chymie, de botanique, d'anatomie, de pharmacie, d'histoire naturelle, Volume 1, 1746 - books.google.fr).

C'est Caïn le premier fondateur de ville. De sa lignée sort Tubal-Caïn, l'ancêtre des forgerons. Ils sont en relation avec le démon 'Asaêl, initiateur en cosmétiques, en fard d'antimoine.

Nous avons relevé dans la liste des secrets trahis par les Egrégores une anomalie. Tandis que huit noms d'anges se répartissaient à la hâte pharmacopée magique et divination astrologique un seul, nettement détaché en avant de tous et même de leur chef, dévoilait des «mystères» de différente nature: "'Asa'el enseigna aux hommes à fabriquer des épées de fer et des cuirasses pectorales de cuivre, il leur montra les (métaux) qu'on extrait (du sol), et comment travailler l'or pour le rendre apte (à ses usages), et à propos de l'argent (comment) le façonner pour des bracelets et autres parures de femmes; et il montra aux femmes ce qui concerne l'antimoine et le fard à ombrer les paupières, et toutes les pierres précieuses, et les teintures pour tissus." Le crime d''Aêa'el est d'avoir répandu les vices dont une tradition de la Genèse (4,17-22) rendait responsable la lignée de Caïn. Selon les nostalgiques du mode de vie ancestral, hostiles à l'urbanisation, Caïn fut le premier «constructeur de de ville». Sa descendance aboutit, par Lamech et sa seconde épouse Çilla, à Tubal-Caïn, «ancêtre de tous les forgerons en en cuivre et en fer», et à sa sœur Naama, «la jolie aimée», dame patronnesse des prostituées ou par extension, des coquettes. Ainsi 'Asa'el enseignant les secrets de la métallurgie et des parures féminines reprend-il à son compte l'opprobre voué à une civilisation fondée sur les armes et sur le luxe. L'anathème contre les Caïnites n'a point de relation nécessaire avec la descente d'anges luxurieux. Ce n'est pas dire qu'il n'ait pu lui être associé après coup. Le segment des Jubilés qui reproche à Kâïnâm d'avoir déchiffré l'astrologie des Egrégores lui attribue deux traits: il a appris de son père Arpakhshad l'écriture, et c'est en cherchant un lieu où construire une ville qu'il a découvert les grimoires rupestres (Jub. 8,2). Selon l"Asâtir samaritain, «Jared engendra Hénoch et il bâtit une ville appelée Shalem la Grande». Serait-ce transposer en «Hénoch fils de Jared» cet «Hénok fils de CaÏn» qui donna son nom à la première ville (Gn. 4,17) ? La tradition hostile à la vie urbaine serait-elle perpétuée par la légende d'un Kâïnâm bâtisseur, astrologue et scribe, hybride d'Hénoch et de Caïn ? (Bernard Teyssedre, La Naissance du diable, 1985 - books.google.fr).

Ce n'est pas seulement aux Etats-Unis que la demande accrue d'antimoine a provoqué la mise en exploitation d'ancienne mines ou de mines nouvelles; c'est aussi au Canada. On signalait, vers la fin de l'année 1914, la réouverture de la mine de Lake George, dans le comté de York. En dépit de ces annonces de réouverture dé mines, les prix ont progressé; ils étaient, vers la Un d'avril dernier, de 23 1/2 à 25 cents par livre anglaise pour les marques ordinaires ; Cookson's se tenait de 31 à 32 cents par livre anglaise. Si on rapproche ces cours des prix moyens annuels que nous avons rapportés plus haut pour les années 1904 à 1912, on voit l'énorme écart qu'il y a entre les prix d'aujourd'hui et ceux de ces années. Les prix de 1906, pourtant très élevés, se trouvent dépassés et même notablement en ce qui concerne l'une des marques. Il est évident que les raisons de cette hausse sont dans la demande qu'a provoquée la fabrication des munitions de guerre. Avec une consommation de munitions qui, dans la guerre actuelle, dépasse toutes les prévisions, il est tout naturel que le métal qu'on allie au plomb des balles et shrapnells, pour donner à celui-ci plus de résistance, ait un débouché beaucoup plus considérable que celui qu'il avait en temps de paix. En temps de paix, en effet, c'est dans un but beaucoup plus pacifique que l'antimoine est employé (L'économiste Français Journal Hebdomadaire July-Dec, 1915 - books.google.fr).

Douai : traces de Douai

La page 102 réunit toutes les occurrences du mot "abeilles" de La Vraie Langue Celtique. Le psaume 102 parle de "l'homme qui fleurit comme fleur des champs" (Ps 102,15), dont les abeilles font leur miel.

Chez l'anglais Richard Rolle (1290-1349), sa traduction des 5 premiers versets du psaume 102 peut être comparée un autre de ses textes "The Bee and the Stork", la cigogne remplaçant l'autruche par une erreur de traduction du Ancrene Riwle dont il s'inspire avec le Discours sur le psaume 102 de saint Augustin, portant sur les animaux (Richard Rolle, the English Writings, traduit par Rosamund Allen, 1988 - books.google.fr).

Un autre auteur, le dominicain Thomas de Cantimpré (1200-1272), a écrit sur les abeilles : Le bien universel ou les abeilles mystiques.

Quant au livre dans lequel est consigné le miracle, il est intitulé : De apibus bonum universale, Bien universel des abeilles ou par la considération des abeilles. Dans cet ouvrage écrit en latin, l'auteur propose les abeilles à l'imitation de l'homme. C'était une manière d'écrire au moyen âge que de tirer des inductions morales de la considération des créatures de Dieu. Raban Maur, Hugues de Saint-Victor, Albert le Grand, et avant eux, saint Basile et saint Ambroise parlent souvent des abeilles, et dans l'étude des habitudes de ces insectes, ils trouvent des leçons pour ceux à qui ils s'adressent. Soutenu par ces grandes autorités, et suivant l'esprit de son temps, Thomas de Cantimpré présente en tête de chaque chapitre une qualité des abeilles et en tire des instructions très utiles pour les diverses classes auxquelles est destiné son ouvrage. Ses leçons dans lesquelles il montre une connaissance profonde de l'Écriture-Sainte et des écrivains de l'antiquité, l'auteur les confirme par un grand nombre de faits extraordinaires parmi lesquels se trouve le miracle du SaintSacrement. Le livre, dans lequel règne un air de candeur et de bonne foi qui charme le lecteur, est dédié au supérieur-général des Dominicains ; il était destiné à être lu dans les communautés religieuses qui s'empressèrent d'en posséder des copies. Colvenère, prévôt de Saint-Pierre, s'est demandé, dans la savante préface de cet ouvrage qu'il fit réimprimer, si les légendes qu'il contient doivent être regardées comme vraies, et il répond qu'elles ont, pour la plupart du moins, un caractère de probabilité et de certitude que l'on ne peut révoquer en doute. Admettons, avec ce chanoine si érudit, que quelques-unes d'elles ne paraissent pas être d'une authenticité complète, au moins faut-il remarquer que celles-là, notre auteur les donne comme lui ayant été rapportées, et loin de les imposer à la croyance, il en laisse la responsabilité au narrateur dont il les tient. Il procède bien autrement en racontant le miracle de Saint-Amé. Après avoir, en parlant de l'Eucharistie, exposé un fait qu'il a l'air de regarder lui-même comme douteux, il dit que dans le temps où il écrit, Dieu ne cesse pas encore de prouver la vérité de ce dogme par les miracles les plus manifestes ; puis, il en vient au récit que nous avons rapporté. Il ne parle pas ici sous la foi de quelque religieux ou d'une tradition populaire, il dit : J'ai vu, j'ai vu moi-même; pour voir de mes propres yeux, j'ai fait exprès le voyage de Cambrai à Douai ; j'ai vu au milieu d'une multitude d'hommes qui ont vu comme moi, et qui sont là pour attester la vérité du fait ! (Louis Capelle, Recherches sur l'histoire du Saint-Sacrement de miracle de Douai, 1855 - books.google.fr).

Le miracle

Comme s'il était nécessaire que toujours l'ivraie soit mêlée au bon grain, des hommes imbus de perverses doctrines répandaient parmi le peuple un poison funeste : on les appelait hérétiques, non pas tant à cause de leurs erreurs religieuses qu'à cause de leurs doctrines anti-sociales. La religion étant alors le seul droit public en Europe, les erreurs, de quelque nature qu'elles fussent, n'étaient dénoncées que par elle, et toujours envisagées à son point de vue. Issus des Manichéens ou Bulgares, dont le nom un peu déformé est resté dans le langage populaire pour désigner un être pervers et impur, on les rencontrait surtout dans le midi et dans le nord : Albigeois aux environs de Toulouse, du nom de la ville d'Alby, qui était comme leur métropole; dans nos contrées on les appelait Stadingues; ils tenaient ce dernier nom, dit Fleury, d'un peuple qui habitait aux confins de la Frise et de la Saxe, en des lieux environnés de rivières et de marais impraticables. En étudiant l'histoire de ces hérétiques, on est frappé des rapports, on pourrait même dire de l'identité qui existe entre leurs doctrines et celles qui, naguère, ont menacé la France du plus affreux cataclysme. S'insurgeant contre toute autorité, ils proclamaient la licence la plus absolue, prêchaient l'abolition de la famille en déclarant absurdes les liens sacrés du mariage; et s'ils n'avaient pas écrit sur leur drapeau : La propriété, c'est le vol ! ils n'admettaient pas moins les conséquences de ce principe, en enployant tous les moyens qui pouvaient les aider à s'emparer de ce qui était à leur convenance. Ces Stadingues étaient très-nombreux dans le nord ; on en rencontrait surtout à Arras, à Tournai, à Valenciennes, à Douai, et dans presque toutes les autres villes. A leurs doctrines anti-sociales, ils joignaient d'autres erreurs religieuses dont une des principales était la négation du dogme de la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie. Non seulement ils adhéraient sur ce point aux fausses croyances répandues par l'hérésiarque Bérenger vers la fin du onzième siècle, mais encore, et ce fait est constaté par la bulle du pape Grégoire IX qui les condamna, ils recevaient à l'église le corps du Sauveur dans la sainte communion, et, le conservant jusqu'en leur demeure, ils commettaient sur lui toutes sortes d'abominations sacriléges.

En l'année 1254, Douai fut choisi par le Tout-Puissant pour être le théâtre d'un de ces faits surnaturels. Destiné à confondre les infidèles et à les ramener à la foi de la manière la plus persuasive, ce prodige fit dès lors prendre à cette ville le rôle sublime que l'avenir devait consacrer d'une manière si glorieuse, lorsque trois siècles plus tard elle deviendrait, par son Université, un des plus forts boulevards du catholicisme. Déjà importante par sa population, ses monuments et ses franchises la rendaient une des premières du beau domaine des comtes de Flandre.

C'est dans l'église Saint-Amé que s'opéra le miracle dont nous nous occupons et dont la tradition nous a transmis la date. Écoutons le récit qu'en fait Thomas de Cantimpré qui en fut le témoin oculaire. Nous le traduisons du latin textuellement : « Douai est une ville grande et spacieuse, située à droite de la route qui réunit les nobles cités d'Arras et de Cambrai. En cette ville, dans l'église des chanoines de Saint-Amé, au temps de Pâques, un prêtre qui avait donné la communion au peuple vit avec effroi qu'une hostie se trouvait sur le sol. Il se mit à genoux et voulut recueillir le corps de Jésus Christ; mais bientôt, d'elle-même, l'hostie s'éleva en l'air et alla se placer sur le linge dont les prêtres se servent pour purifier leurs doigts consacrés. Le prêtre pousse un cri, il appelle les chanoines, et ceux-ci, accourus à sa voix, aperçoivent sur le linge un corps plein de vie sous la forme d'un charmant enfant. Bientôt l'on convoque le peuple; il est admis à contempler le prodige, et tous les asistants, sans distinction, jouissent de cette vision céleste. Instruit de cet événement par le bruit qui s'en répandit bientôt, je me rendis à Douai. Arrivé chez le doyen de Saint-Amé dont j'étais très-particulièrement connu, je le priai de me faire voir le miracle. Il y consent et donne ses ordres pour me satisfaire. On ouvre la boîte; le peuple accourt, et peu après que la boîte fut ouverte, tous s'écrièrent : Le voilà, je le vois; le voilà, je vois mon Sauveur. J'étais debout, frappé d'étonnement : je ne voyais que la forme d'un pain très-blanc, et pourtant ma conscience ne me reprochait aucune faute qui pût m'empêcher de voir comme les autres ce corps sacré. A peine m'étais je occupé de ces pensées que je vis la face de Jésus-Christ dans la plénitude de l'âge. Sur sa tête était une couronne d'épines, et deux gouttes de sang lui découlaient du front sur la figure aux deux côtés du nez. A l'instant je me jette à genoux, et, pleurant, j'adore. Je me relevai : sur la tête, plus de couronne ni de sang; mais je vis une face d'homme vénérable au-delà de tout ce qui peut s'imaginer. Elle était tournée à droite, en sorte que l'œil droit était à peine visible. Le nez était très-long et très-droit, les sourcils arqués, les yeux très-doux et baissés ; une longue chevelure descendait sur les épaules. La barbe, que le fer n'avait point touchée, se recourbait d'elle-même sous le menton, et, près de la bouche charmante, elle s'amincissait, en laissant de chaque côté du menton deux petits espaces privés de poils, comme cela arrive ordinairement aux jeunes gens qui ont laissé croître leur barbe depuis leur enfance. Le front était large, les joues maigres, et la tête, ainsi que le cou assez long, s'inclinait légèrement. Voilà le portrait, voilà la beauté de cette face très-douce. En l'espace d'une heure, on voyait ordinairement le Sauveur sous différentes formes. Les uns l'ont vu étendu sur la croix, d'autres venant juger les hommes, plusieurs, et c'est le plus grand nombre, le virent sous la forme d'un enfant. »

Thomæ Cantiprani, s. theologiæ doctoris, ordinis prædicatorum et episcopi suffraganei Camesacensis, Bonum universale de apibus. (Lib. II , cap. 40, pag. 399.) Cet ouvrage était très-répandu au moyen-âge ; la plupart des maisons religieuses le possédaient. ll fut édité presque aussitôt après la découverte de l'imprimerie, d'abord à Dorventrie en 1498, puis à Tournai un peu plus tard, et à Paris vers la même époque. Colvenère, prévôt du Chapitre de Saint-Pierre, à Douai, le fit imprimer de nouveau en l'enrichissant de notes et d'une préface pleine d'érudition ;il en donna trois éditions. La bibliothèque communale de Cambrai en possède un manuscrit qui appartenait, avant la révolution, aux religieux bénédictins de l'abbaye de Saint-Sépulcre en cette ville, et dont Colvenère s'est servi pour sa seconde édition. Ces religieux le regardaient comme un trésor ; dans les guerres qui désolèrent le Cambrésis, ils le sauvèrent à Bruxelles, avec leurs objets les plus précieux, au refuge qu'ils possédaient dans cette capitale du Brabant.

Pendant cinq siècles, Douai n'avait cessé de montrer sa foi et sa piété au Saint-Sacrement de Miracle. Mais les donations, la confrérie, la procession commémorative de chaque année, ne semblèrent plus des hommages assez grands. Loin d'effacer le souvenir du célèbre prodige, les siècles semblaient le rendre plus vivace dans l'esprit des Douaisiens. On voulut, au retour de l'anniversaire séculaire, célébrer une de ces fêtes que la Flandre seule sait organiser, et donner à ces pompes une splendeur qui égalât au moins ce que l'on avait admiré aux solennités semblables célébrées à Cambrai et à Lille quelque temps auparavant. Au milieu du dix-huitième siècle, tandis que Voltaire était le roi de l'opinion publique, ces magnificences religieuses, ces démonstrations qui sont les actes de foi d'une société, semblaient inspirées par la Providence pour protester contre la fureur impie du patriarche de Ferney et de ses adeptes. L'abbé Canquelain, dans ses Mémoires, nous assure que chaque siècle a vu l'anniversaire centenaire du miracle se célébrer, dans l'église Saint-Amé, avec une pompe inusitée; néanmoins nous ne croyons pas qu'en l'année 1654 ces solennités se soient faites avec grande magnificence ; nous n'en trouvons aucun vestige, les actes capitulaires n'en font nulle mention. A cette époque, il en a été sans doute à Douai comme à Cambrai et à Lille ; la contrée était le théâtre des guerres que se livraient la France et l'Espagne ; il n'était pas possible, au milieu de tant de désastres et de ruines, de songer à des fêtes splendides. [...] L'échevinage de Douai rivalisa de zèle avec le Chapitre pour donner à la fête séculaire de 1754 la pompe qu'elle réclamait, et offrir en quelque sorte au Saint-Sacrement l'hommage de la cité tout entière. Ses membres, après avoir voté une somme de sept mille florins destinée à payer les frais des chars de triomphe, du reposoir de l'Hôtel-de-Ville, des jeux et du feu d'artifice, envoyèrent des programmes de la fête à leurs collègues de toutes les villes de la province et d'au-delà.

La procession commence par les enfants de la Charité générale portant chacun en main des banderolles qui représentent le Très-Saint-Sacrement de Miracle. Ils ont à leur tête des timballes, cors de chasse et hautbois. Le premier miracle figuré par le sacrifice de Melchisédech. L'ouverture de cette marche se fait par une troupe d'anges tutélaires de la ville de Douai et de l'église de Saint-Amé, portant les armoiries qui distinguent l'une et l'autre. Le principal d'entre eux porte sur la banderolle de sa trompette ces mots : Deus absconditus hominibus revelatur (un Dieu caché se manifeste aux hommes). Suivent un timbalier et des trompettes, puis Abraham avec sa troupe victorieuse d'une part, de l'autre les cinq rois et les autres captifs délivrés précédent le grandprêtre Melchisédech. Le sacrificateur paroît sur un phaéton, offrant avec ses assistants, sur un autel qui y est élevé, du pain et du vin au Dieu des armées. Alors suit un char qui représente le Sauveur sous la forme d'un enfant. Ce char est précédé d'une troupe d'enfants vêtus de blanc portant des banderolles de même couleur, symbole de leur candeur. Un ange est le conducteur de cette troupe innocente. La marche est fermée par une compagnie bourgeoise faisant escorte au Sauveur. Pour le Second miracle figuré par le sacrifice, la Foi, la Force, l'Espérance, l'Obéissance, sur divers phaétons, ouvrent la marche : suit un petit char où est représenté Abraham prêt à immoler Isaac. A la suite de ce char vient la bourgeoisie vêtue à l'espagnole, excitée par la célébrité du miracle; elle est suivie d'un grand char représentant le second miracle. Le Sauveur y paroît sur un autel magnifique dans l'état d'un homme parfait. Une compagnie bourgeoise faisant escorte au SaintSacrement de Miracle termine cette marche.

Le troisième miracle où Jésus-Christ se fit voir en juge réprouvant ceux qui le reçoivent sacrilégement, et prédestinant les autres, figuré par le sacrifice d'Abel et celui de Cain. L'ouverture de cette marche se fait par un ange portant ces mots sur la banderolle de la trompette qu'il tient à la main : Nunc judicium est mundi (dès à présent commence le jugement du monde). Paroissent sur deux phaétons marchant de front Abel et Caïn offrant leur sacrifice. Succède à ces phaétons la noblesse du pays à cheval ; elle vient rendre hommage à l'auguste Sacrement de Miracle, et est précédée par ses écuyers. Après elle vient le troisième char qui représente le troisième miracle. Jésus-Christ y paroît en juge, la foudre à la main, assis sur une nue surmontée d'un arc-en-ciel. Cette marche est terminée, comme les précédentes, par une compagnie bourgeoise escortant le Très-Saint-Sacrement de l'autel.

A la quatrième marche, triomphe de Jésus-Christ et de son Église dans la divine Eucharistie, dont les trois miracles arrivés à Saint-Amé confirment invinciblement le dogme. Il est figuré par le triomphe de l'arche d'alliance portée de la maison d'Obédédom dans la sainte cité de Sion (Louis Capelle, Recherches sur l'histoire du Saint-Sacrement de miracle de Douai, 1855 - books.google.fr).

Dans La Vraie Langue Celtique le meurtre d'Abel se place à la page 40.

L'initiale B du Psaume 40 du manuscrit 0044 de la bibliothèque de Douai (Flores Psalmorum de Lietbertus) reproduit un hybride zoomorphe bien ressemblant au basilic (voir plus loin) tel décrit par Thomas de Cantimpré.

Le basilic occupe une place importante dans la mythologie animale de l'Antiquité et du Moyen Age. Vers 1240, Thomas de Cantimpré lui consacre un paragraphe du De natura rerum (Livre des natures des choses) et insiste, en s'appuyant sur Pline, sur le regard foudroyant de l'animal (Médiévales, Numéros 48 à 51, Université de Paris VIII: Vincennes, 2005 - books.google.fr).

Hybride zoomorphe, Douai, BM, ms. 0044, t. II , provenant de l'abbaye Sainte-Rictrude de Marchiennes - bvmm.irht.cnrs.fr

Thomas de Cantimpré cite le psaume 102,22 dans sa Vie de Lutgarde de Aywières, abbaye près de Couture-Saint-Germain, non loin de Namur :

Ô the wondrous clemency of the Redeemer towards her! For He established that he was ready for her "in every place of his domination" (Ps. 102: 22) and in each of her occupations (Thomas de Cantimpré, The life of Lutgard of Aywières, traduit par Margot H. King, 1991 - books.google.fr).

La page 102 est appariée à la 257 parlant de "pierre de Trou" et de Pressigny le Grand. On parle de la ville de Troô qui dépend du dicoèse du Mans (Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique : 1er juillet - Servan - Trôo).

Cantimpré note (De Apibus mysticis, lib. I, c. I, art. 4, p. 5-8 ; lib. VII, C. II, p. 4) la vision de qui permet l'élection de Maurice à l'évêché du Mans en 1216, celui-ci mourra en 1231. Un chanoine demanda à une recluse de désigner un candidat alors que le chapitre était divisé et n'arrivait pas à en déterminer un. Son choix se porta sur l'obscur champenois Maurice. Toujours en rapport avec la Champagne, Cantimpré note qu'en 1197, Marie de France, fille de Louis VII et comtesse de Champagne, appela Adam abbé de Perseigne pour l'assister à ses derniers moments (Dom Paul Piolin, Histoire de l'Eglise du Mans, Julien, Lanier, Cosnard et Cie, 1858, pp. 104 et 265-266).

Samuel Henry Berthoud parle dès 1864 du gisement de Pressigny, alors que Louis Figuier n'écrit son Homme primitif qu'en 1870, et Boudet est d'accord avec lui pour en attribuer la paternité aux Celtes (Samuel Henry Berthoud, Les petites chroniques de la science par S. Henry Berthoud, 1865 - books.google.fr).

Samuel-Henri Berthoud (1804-1891) est né à Cambrai et mort à Paris. Romancier, poète et auteur dramatique, historien, critique d'art et journaliste, il fut directeur du Mercure de France et créateur du Musée des familles. Vulgarisateur scientifique, il est l'auteur des Fantaisies scientifiques et des Petites chroniques de la science et de l'Anneau de Salomon dont Nerval fit un compte-rendu en 1850. Il était également collectionneur d'objets ethnographiques. La bibliothèque fut acquise par le musée de Douai en même temps que la collection d'objets ethnographiques qui fut détruite pendant la guerre. Elle a été déposée à la bibliothèque municipale. Aux dires de Berthoud, Balzac rencontra, chez la duchesse d'Abrantès, Elisa Mercoeur, la poétesse nantaise « à la voix vibrante » (ccfr.bnf.fr - Samuel Henri Berthoud).

Mais en 1872, attristé par les événements et par l'état de la France, Berthoud annonça sa retraite. Une courte introduction qui précédait le dernier volume des Petites Chroniques de la Science annonçait la décision de celui qui se considérait comme un « humble historiographe, simple reporter des faits et gestes de la science » : « Il sort pour n'y plus rentrer de la lice fiévreuse du journalisme... Désormais tout entier à un long ouvrage intitulé Les Royaumes inconnus, il se consacrera à l'étude de l'histoire naturelle et se réfugiera dans l'ombre et le silence auxquels l'Imitation convie les cœurs blessés. » II tint parole et, à partir de cette année 1872, vécut dans la retraite, avec ses oiseaux et ses livres, dans son appartement de la rue La Rochefoucauld. Grand amateur de curiosités, il avait, depuis vingt ans, rassemblé une collection ethnographique, considérée comme la première du monde. Il avait cherché à accumuler, non pas les trésors de la civilisation, mais les objets dont se servent les peuples dans leur enfance. Persuadé, il l'a dit lui-même, que «quel que soit son degré de civilisation, l'homme se trouve dans la nécessité de pourvoir aux mêmes besoins », c'est-à-dire de lutter contre l'homme — car « l'homme est un loup pour l'homme » — , et contre la nature, il avait cherché l'application ou plutôt l'explication de cette loi dans les cinq parties du monde.

Cette collection, rassemblée grâce au concours des innombrables amis que comptait partout le « bon Berthoud », et enrichie de souvenirs personnels fut léguée par son possesseur à la ville de Douai, et l'inauguration du Musée fondé par Samuel-Henry Berthoud eut lieu les 29 et 30 juin 1872, en présence de Merlin, maire de Douai, et du baron de Watteville, délégué du ministre de l'Instruction publique (Madeleine Ambrière, Au soleil du romantisme: quelques voyageurs de l'infini, 1998 - books.google.fr).

Dans une plaquette publiée à l'occasion de l'inauguration des précieuses collections ethnographiques données par lui au Musée de Douai, il dit : « Une hache en jade de la Nouvelle-Zélande rapportée par le docteur Arnaud a demandé plus de douze ans de travail au chef dont le jeune médecin fut doublement le gendre, puisqu'il épousa à la fois ses deux filles, selon la coutume néo-zélandaise. Jetés sur la côte par un naufrage, Arnaud et ses compagnons durent passer deux ans dans l'île avant de pouvoir renflouer leur bâtiment et le remettre à la mer. A leur arrivée, déjà le chef polissait l'arme en jade avec un morceau de bois et du sable mouillé. Il continuait ce travail à leur départ. Dix ans après, les hasards de la navigation ramenèrent le docteur à la Nouvelle-Zélande. Son beau-père polissait toujours sa hache ! « Il espérait la terminer promptement, car il n'avait plus guère que pour deux ans de travail. Quant à l'emmanchement de la hache, il ne devait exiger qu'une seule année; car, déjà depuis longtemps, les filles du chef avaient teint en rouge avec des sucs de plante et filaient le poil de roussette qui devait recouvrir et orner la poignée de l'arme. » Malgré la valeur de son auteur, qui fut un érudit et passionné ethnographe, ce récit ne mérite pourtant aucune créance (Revue anthropologique, Volume 20, Ecole d'anthropologie de Paris, 1910 - books.google.fr).

Le docteur Emmanuel Jules Marie Arnaud, né à Trans (Var) médecin diplômé de la marine ou des colonies, le 14 février 1873, est un passager du Laplace qui arrive à Port de France (Nouméa) le 19 juillet 1868 venant de Sidney, alors qu'il était aide médecin auxilaire (Bulletin scientifique de la Société d'études historiques, Numéro 119, Société d'études historiques de la Nouvelle Calédonie, 1999 - books.google.fr, Recueil des travaux du comité consultatif d'hygiène publique de France, 1897 - www.sante.gouv.fr).

Boudet parle des Maoris de Nouvelle-Zélande à la page 10 (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre I - Ps. 10).

Cercles et croix

Les mots cercle et croix sont réunis dans La Vraie Langue Celtique aux pages 244 (appariée à la 89 - psaume 89 dit de Moïse), 245 (appariée à la 90 - psaume 90), 293 (appariée à la 138 - psaume 138, le Golem) et 306 (appariée à la 151 - psaume surnuméraire 151).

Le symbole alchimique de l'antimoine est un globe surmonté d'une croix (grecque).

Le psaume 151 raconte le combat de David et Goliath. Dans le premier livre de Samuel 17,42, Goliath voit David jeune, rougeaud, avec de beaux yeux. Boudet décrit ce combat aux pages 80 et 81. Le psaume 80 traite de la défense d'Israël par le dieu de Jacob s'il lui reste fidèle (Carol A. Newsom, Psalm 151, The Women's Bible Commentary: Revised and Expanded Edition, 2014 - books.google.fr).

A l’époque médiévale, on estimera que le Christ lui-même écrasa les animaux cités par le Psaume 91 (90) : 10-13 susmentionné, à savoir le lion et la vipère/aspic/basilic/dragon. Le basilic (assimilé à un serpent ou à un dragon) est ainsi considéré, avec le lion, comme l’un des symboles les plus évidents de la présence diabolique, de même qu’un symbole de la Luxure. Ainsi, à la fin du 15ème siècle, appelait-on la syphilis, le « poison du basilic » (Basilikengift). Le nom du Basilic vient, comme nous l’avons vu, du grec basiliskos qui signifie « petit roi », ce terme semble faire écho au terme latin de regule qui signifie également « petit roi » et qui servit à désigner l’antimoine (Eric Timmermans, Le basilic entre croyances populaires et alchimie médiévale, 2009 - lagrangeducherchant.over-blog.com).

L'antimoine servait à orner les yeux des femmes, prostituées et prostitués, mais aussi à les soigner.

A la page 279 (124+155) de La Vraie Langue Celtique, Boudet note : "elle était pour eux Notre-Dame de Marsilla, ou des yeux gâtés, endommagés et fermés par la maladie..."

Le psaume 124 se termine par "Paix sur Israël", reliant la stabilité des fondations (verset 1) à la paix, comme le fait aussi le chapitre 54 d'Isaïe qui parle du ciment des pierres des murs de la nouvelle Jérusalem composé d'antimoine.

Pages 245 et 90, Hercule et l'antimoine

Les démêlés entre les universités de Montpellier et Paris sont maintenant dépassés, la mêlée devient générale. Tous les esprits de l'époque, français et étrangers, sont passionnés. Lettres diffamatoires, ouvrages anonymes pleuvent. Eusèbe Renaudot en profite pour faire paraître, en 1653, un livre intitulé : « L'antimoine justifié et l'antimoine triomphant » dédié à Guénaut, le chef de file des «antimoniaux» que Boileau a rendu célèbre par ces vers: « Il compterait plutôt combien dans un printemps, Guénaut et l'antimoine ont fait mourir de gens ». Pour Renaudot « le laudanum et l'antimoine sont les deux colonnes d'Hercule de la médecine », L'antimoine aurait un pouvoir presque absolu, c'est la panacée universelle qui guérit « l'apoplexie, l'asthme, les catarrhes, les coliques, la boulimie, la débilité d'estomac, la paralysie, la syncope, les maladies de femme, etc. » Son livre contient plusieurs remarques désobligeantes sur la méthode d'Hippocrate et de Galien qu'il va jusqu'à traiter de vieille routine et de vieille erreur (Pilpoul). Guy Patin qualifie le traité de Renaudot « d'ouvrage injurieux et vilain », « c'est un méchant livre et un misérable galimatia de gazettés » quant au certificat des 61 docteurs, Perreau dans son propre ouvrage « Rabat-joye de l'antimoine triomphant » lui dénie toute valeur car « on ne voit pas parmi ces signataires la plus saine et meilleure partie de la Faculté : Monsieur notre Doyen, Monsieur le Censeur, Messieurs les anciens Doyens et principaux officiers». Il qualifie l'antimoine « d'extrême onction », « c'est une drogue à faire des meurtres impunément sans épée ni pistolet», Sa conclusion: « il faut haïr l'antimoine comme la peste puisqu'elle mord comme un chien enragé et est autant et plus vénéneuse qu'un serpent ». Il va jusqu'à traiter Eusèbe Renaudot de « traître fils de traître... il a le visage décharné et sans couleur, débilité par les vapeurs arséniales de l'antimoine... ce n'est qu'un âne à peine dégrossi ». Il n'admet pas qu'on puisse préférer Paracelse à Hippocrate « qui eût jamais cru qu'un docteur de Paris eût ozé parler si indignement de ce souverain dictateur de médecine, dont notre eschole a toujours fait gloire de professer et main tenir la doctrine ?... notre Faculté a même passé des choses contre le sens pour la révérence du nom ». L'esprit scientifique n'était pas la qualité première des orthodoxes. Guy Patin dresse le « martyrologue de l'antimoine» en recensant les noms des personnes dont il lui attribuait la mort. Ses adversaires répliquent en l'accusant d'avoir voulu empoisonner avec l'antimoine son propre fils qui d'ailleurs en réchappa contre toute attente. L'antimoine continue de faire des adeptes, le parlement lui devient peu à peu favorable et condamne pour la première fois Guy Patin. Jean Chartier réussit, en 1652, à faire annuler le décret relatif à la suppression du vin émétique dans l'antidotaire de 1638. On est en pleine Fronde, une presse de pamphlets imprimés anonymement, entretenait le trouble et excitait les esprits. Dans les deux camps, maintenant à égalité, on fait feu de tous bois pour écraser définitivement l'adversaire. C'est alors que Louis XIV, âgé de vingt ans, tombe malade durant la campagne de Flandre. Sa maladie, d'après ce que l'on en sait aujourd'hui, semble avoir été une fièvre typhoïde (Pilpoul). Les adversaires de l'antimoine n'ont pas été consultés; les partisans, Guénaut à leur tête, sont bien perplexes. Ils n'osent prescrire leur remède sachant que le sort de la querelle serait alors lié à la vie du jeune roi qui paraît être à sa toute dernière extrémité. Mazarin prend les choses en mains; la consultation sous sa direction décida de purger 22 fois le patient avec une «once d'antimoine ». Cette once devait marquer, avec la guérison du Roi, le triomphe de l'antimoine. « Cette maladie fut un grand bonheur pour l'Europe entière en consacrant d'une manière définitive et par un éclatant exemple les merveilleuses propriétés de l'antimoine ». L'antimoine, qui avait guéri Louis XIV, devait être funeste à Mazarin qui en mourut quelques temps après, ce qui fit dire aux chroniqueurs de l'époque que « l'antimoine avait sauvé deux fois la France» ! Guy Patin ne s'avoue pas vaincu « ce qui a sauvé le Roi a été son innocence, son âge fort et robuste, les neuf bonnes saignées et les prières des gens de bien comme nous ». L'antimoine a guéri le Roi, Guénaut triomphe, le Père Carneau compose un poème de deux milles vers: « La stimmimachie ou le grand combat des médecins modernes touchant l'usage de l'antimoine» préfacé par Scarron : « Donne, brave Carneau, donne à coups de sonnets, Sur les anti-guénaut qui blâment l'antimoine ». En 1665, une requête est présentée au Parlement demandant l'existence légale de l'antimoine qui était toujours interdit. Les adversaires font opposition dans un dernier sursaut. Le Parlement nomme deux conseillers à la cour pour demander l'avis de la Faculté: 92 docteurs sur 102 se prononcent pour l'antimoine. Le Parlement entérine l'avis en 1666 et autorise tous les médecins de se servir du vin émétique pour les cures des malades. Il ordonne que le présent arrêt soit lu en la Faculté de Médecine de Paris et inscrit dans les registres à côté du décret de 1566 qui faisait défense de s'en servir. La lutte avait duré un siècle. Guy Patin est obligé de s'incliner. La victoire « des médecins de Montpellier» fut totale; avec la protection du Grand Conseil du Roi, ils obtinrent, en 1668, le droit de pratiquer à Paris et l'autorisation d'ouvrir une Chambre Royale où ils pouvaient se réunir; les nouveaux docteurs de Montpellier y étaient inscrits après examen. L'antimoine devient le remède miracle pour tous les maux. Ainsi, Delorme, l'un des médecins les plus écoutés de la haute société en prescrit sans voir ses malades disant que s'il ne faisait pas de bien il ne ferait pas de mal; lui-même vécu centenaire grâce, paraît il, à sa fameuse poudre que Madame de Sévigné loue dans plusieurs de ses lettres : « A quoi pensez-vous, ma fille, d'être en peine de cette poudre du bonhomme que j'ai prise? Elle m'a fait des merveilles». Le Doyen de la Faculté de Paris s'oppose à la soutenance d'une thèse contre l'antimoine proposée par un des derniers adversaires et un Professeur, Lamy, publia un ouvrage vraiment scientifique sur la question dans lequel il cite beaucoup d'expériences faites par lui-même ou contrôlées par lui. Ce livre obtint l'approbation de la Faculté. En fait, c'est la chimie qui sort victorieuse de la querelle de l'antimoine. Tous les discours des rentrées universitaires prônent la chimie en en recommandant l'étude. Dès 1673, Antoine d'Aquin, Docteur de Montpellier et premier médecin de Louis XIV, celui que Guy Patin qualifiait: « Cancre charlatan mais riche en fourberies chimiques et pharmaceutiques », avait fait établir une charge de « Démonstrateur de chimie ». Une chaire de chimie est ensuite créée. Une foule de gens curieux d'expériences chimiques se presse aux conférences publiques de Nicolas Lémery. Son « cours de Chymie », publié en 1675, fut un succès. Outre la description de nombreuses manipulations chimiques et préparatives, on y trouve une division de la chimie en chimie minérale et organique et une distinction entre métaux authentiques or, argent, cuivre, etc., et semi-métaux comme le bismuth, l'antimoine et l'arsenic. L'alchimie est bien morte, la chimie n'est plus une affaire de charlatan ou de poète. « Pas sérieux s'abstenir» telle sera désormais la devise du chimiste. La chimie et l'antimoine pouvaient poursuivre leur carrière (G. Mascherpa, La querelle de l'antimoine et la victoire de la chimie - iesf-lr.org).

L'inventaire de la petite bibliothèque de Charles de Lorraine mentionne le traité de Von Suchten Mysteria Gemina Antimonii, sans en préciser la date. Il y eut en effet une édition non datée publiée à Nuremberg. Une autre parut à Leipzig en 1604. Von Suchten était non seulement alchimiste mais aussi un poète qui se sentit inspiré lors de la mort de Petrus Bembus. L'on sait qu'il vécut à Dantzig entre 1546 et 1560. L'un de ses traités sur l'antimoine, recueillit un certain succès (De Secretis Antimonii..., Bâle, 1575). Il fut traduit en anglais puis réédité en allemand, dès 1604, par Johann Thôlde. Ce fait implique Von Suchten dans le mystère touchant les publications de Basile Valentin qui, pour certains, n'aurait été qu'un nom emprunté par ce Johann Thôlde qui les édita dès 1599. Ce fut le cas notamment du célèbre Char triomphal de l'Antimoine (Triumph-Wagen Antimonii) publié en 1604, la même année que son édition du traité de Von Suchten consacré au même sujet ! En admettant cette hypothèse, Thôlde aurait pu s'inspirer de Von Suchten... Ce n'est certainement pas un hasard si, par la suite, ces deux traités sur l'Antimoine furent publiés ensemble, en anglais, en 1670. L'on peut également verser au dossier de la «parenté» éventuelle entre Basile Valentin et Von Suchten, le fait que ce dernier conçut en outre une Clé de l'Alchimie (Clavis Alchymiae) insérée dans certaines éditions de son ouvrage sur l'Antimoine (notamment celle de Mumpelgardt, 1604). Ce traité mérite d'être rapproché des Douze Clefs de Philosophie de Valentin (publié dès 1599).

L'ouvrage de Von Suchten sur l'Antimoine est illustré d'une gravure montrant les dieux symbolisant les métaux alchimiques Ils entourent un globe crucifère sur lequel on lit Morborum Domitor Hercules: Hercule vainqueur des maladies. Le fait de voir ainsi désigné un Hercule thérapeute est assez rare, mais il se comprend dans la mesure où ce héros qui personnifiait l'alchimiste par excellence détenait en conséquence les secrets de l'élixir de longue vie ou de la «médecine universelle». Pernety, dans ses Fables (vol. II, p. 359) assura à ce propos qu'il dispensait la médecine dorée. En l'occurrence, celle-ci correspond au Régule d'Antimoine dont le globe crucifère est le symbole. Hercule qui incarnait l'alchimiste par excellence, inspira le symbolisme du grand escalier du palais de Charles de Lorraine qui s'identifia à ce héros (Claudine Lemaire, Charles-Alexandre de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas autrichiens, 1987 - books.google.fr).

Charles Alexandre de Lorraine est sur la liste des maîtres du Prieuré de Sion.

Sous ce nom - qui pourrait se lire en grec comme un calembour signifiant « le puissant roi » - se dissimulait sans doute l'éditeur des œuvres du pseudo-Basile, un paracelsiste allemand nommé Johann Thoelde (- 1565-av. 1624) qui fut notamment inspecteur des mines de Cronach et qui fréquenta le milieu du landgrave passionné d'alchimie Maurice de Hesse-Cassel (1572-1632). Avec son Char triomphal de l'antimoine (Triumph Wagen Antimonii, 1604) où il affirmait, contre l'enseignement de l'Ecole galénique, les vertus thérapeutiques du trisulfure d'antimoine préparé « chymiquement », le pseudo-Basile Valentin a conquis une place importante dans l'histoire de la chimie, tout en exerçant une influence profonde et durable sur l'alchimie occidentale (André Jacob, Encyclopédie philosophique universelle, Volume 3, 1992 - books.google.fr).

Lucius Annaeus Cornutus, stoïcien de l'époque de Néron, distingue Hermès et Hercule. Hermès, dieu de la ruse et non de la force, est le logos de la communication, de la sociabilité civile, de l'entregent, négociant et négociateur: Panurge. Hercule est le logos civilisateur, qui conserve et qui crée, celui qui, répandu en toutes choses, donne à la nature sa force et sa vigueur, en empêchant le retour du chaos. Ce logos herculéen ou christique est, chez Lucien même, «plus fort qu'Hermès». Eloquence, oui, mais des lois. Ce n'est pas pour rien que, dans la suite de l'épître à Odet de Châtillon, Rabelais donne Moïse comme équivalent biblique d'Hercule, en citant Ecclésiastique 45 : 1-5. Moïse est à la fois le premier «capitaine» et le premier législateur des Hébreux, en d'autres termes la première figure royale. Comme Moïse, Hercule a une éloquence royale que n'a pas Mercure. Le roi, comme le harangueur blâmé par Bodin commande à la multitude, un contre tous. Mercure, lui, est un médiateur entre deux parties. L'éloquence du médiateur, celle que vantent les parlementaires, c'est le conciliare. L'éloquence royale celle du rector et dux populi que vante le De oratore, c'est le movere, qui mêle comme Hercule furor bellicus et violence fondatrice (F. Goyet, D'Hercule à Pantagruel : l'ambivalence des géants, Rabelais pour le XXIe siècle: actes du colloque du Centre d'études supérieures de la Renaissance (Chinon-Tours, 1994), 1998 - books.google.fr).

Pages 244 et 89, Moïse

Le psaume 89 est attribué à Moïse.

Moïse déclare les chameaux impurs parce que ruminants. Ceux-ci ne réagissent pas aux émétiques, comme ceux à l'antimoine, qui ne les font pas vomir.

Expériences touchant l'action de l'émétique (tartrate de potasse et d'antimoine) sur les animaux ruminants.

Le vomissement propre des animaux ruminants diffère essentiellement du vomissement des animaux ordinaires, en ce que, au lieu d'être comme celui ci une réjection confuse et en masse, il constitue, au contraire, une réfection qui ne s'opère que par portions réglées et détachées. On va voir, par les expériences qui suivent, qu'une différence non moins essentielle entre cette réjection réglée et déterminée , d'une part, et le vomissement ordinaire, de l'autre, consiste en ce que ce n'est pas des mêmes estomacs , c'est à-dire des mêmes organes immédiats, que l'un et l'autre de ces deux phénomènes dépendent. La réfection des animaux ruminants et le vomissement des animaux ordinaires sont donc deux phénomènes essentiellement distincts. Ils diffèrent par leur nature; ils diffèrent par leurs organes; et ce sont là deux points qui me paraissent établis par les expériences suivantes touchant l'action de Tèmétique sur les animaux ruminants. Ces expériences montrent: 1° que l'émétique a sur les animaux ruminants une action constante et déterminée; 2° que ce n'est pas sur tous les estomacs indifféremment, mais sur l'un d'eux en particulier, que porte cette action; et 3° que c'est précisément par cette spécialité d'action sur un estomac donné que s'explique cette difficulté qui a si longtemps embarrassé les physiologistes et les vétérinaires, savoir, comment il se fait que des animaux qui régurgitent si facilement, ne vomissent, au contraire, qu'avec une peine extrême, ou même ne vomissent point. On sait, par les expériences de Daubenton, de Gilbert, de M. Huzard, que l'êmétique, à quelque haute dose qu'il soit donné aux animaux ruminants, ou ne produit aucun effet sensible, ou du moins ne produit que des effets qui ne vont pas jusqu'au vomissement (Pierre-Marie-Jean Flourens, Mémoires d'anatomie et de physiologie comparées, 1844 - books.google.fr).

On doit avoir égard aux causes, parce qu'ôtant la cause vous ôtez l'effet. Il faut avant toutes choies purger les matières vitieuses qui font dans l'estomac & corriges le défaut du levain de l'estomac ; autant qu'on le pourra : je dis autant qu'on le pourra, parce qu'on ne manie pas comme on veut les fermens. Les vomitifs remplissent bien ces vües, parce qu'ils purgent immédiatement l'estomac & qu'un vomitif fait plus dans les maladies d'estomac que dix purgatifs. Les vomitifs à l'Antimoine sont convenables, ils opèrent si vous voulez par une vertu maligne & contraire à l'estomac, mais ils ne laissent pas de produire l'estat qu'on en désire, pourveu qu'on les prépare & qu'on les donna avec circonspection. Je vous avertiray en gênerai qu'il ne faut point donner l'Antimoine en substance, mais en infusion (Michael Ernst Ettmüller, Pratique generale de medecine de tout le corps humain, 1699 - books.google.fr).

Pages 293 et 138, l'homunculus

Remarquons encore les allégories de Zozime dans le manuscrit 2327, où les métaux sont représentés comme des personnes, des hommes : c'est là probablement l'origine de l'homunculus du moyen âge ; la notion de la puissance créatrice des métaux et de celle de la vie s'étant confondus dans un même symbole (M.Berthelot, Originesdel'alchimie - livros01.livrosgratis.com.br).

Le psaume 138 comporte en hébreu le terme "golem" qui signifie "ébauche" mentionné à la page 293 (138 + 155) de La Vraie Langue Celtique (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Livre V - Ps. 138).

Le Golem, tiré de la glaise à l'aide de formules kabbalistiques, n'est pas excatement un homoncule alchimique, être créé à partir du sperme de l'homme.

L'homunuclus est déjà cité par Jabir au IX-Xème siècle auquel on peut donnéer la forme d'une jeune femme avec une tête de garçon, ou un adolescent à l'intelligence d'homme. Le Liber vaccae est le premier ouvrage parlant de l'homunculus au début du Moyen Âge, il est cité sous le nom de Liber neumiche par l'évêque de Paris Guillaume d'Auvergne au XIIIème siècle (William Newman, The homunculus and his forebears, Natural Particulars: Nature and the Disciplines in Renaissance Europe, 1999 - books.google.fr).

Comme le Liber vaccae, le Liber Theysolius, présents tous deux dans la bibliothèque de l'abbaye bénédictine de Saint Augustine à Cantorbéry, inclut, faisant office d’annexe, dans le traité volumineux de théurgie Liber Razielis de la fin du Moyen Âge (XVème siècle) (“Dixit Theysolius hic incipio dicere de angelis iiii partium mundi,” and fol. 235r–v: “Capitulum ultimum Theyzoli philosophi super Razielem"), traite de la création d'être semi-humains avec des pouvoirs utilisables par l'opérateur. Le nom Theysolius est probablement une variante du nom de Toz Graecus, figre mystérieuse attaché à plusieurs texte magiques arabes. Serait-ce Thot l'égyptien ou Ta'us le nom persan du paon. Ce livre parle encore de la composition d'une mixture appelée alcophol (d'où le verbe alcofolizet), probablement en rapport avec le khôl et le collirium latin, car c'est une lotion pour les yeux, avant de conjurer l'armée du démon Ascymor en direction des quatre points cardinaux. [...] Guillaume d'Auvergne et Nicolas Oresme condamnent les expérimentions de ses livres (Sophie Page, Magic in the Cloister: Pious Motives, Illicit Interests, and Occult Approaches to the Medieval Universe, 2013 - books.google.fr).

Le premier des quatre experimenta du manuscrit d’Amsterdam (Bibliotheca Philosophica Hermetica, 114, fin XVe siècle) nécessite l’usage d’un cristal conservé dans de la cire neuve (cristallomancie). Sur un côté de la pierre doivent être gravés les noms « Uriel » et « Tetragrammaton », et sur l’autre celui de « Salomon ». Uriel, archange non canonique en milieu chrétien auquel s’adresse aussi Wladislas dans son Livre de prières, et Salomon, archétype du roi sage mais également exorciste hors-pair et maître des esprits dans la tradition judéo-chrétienne, sont au cœur de toute une liturgie fondée sur la récitation de prières canoniques – le Pater noster, l’Ave Maria, le Credo, le Kyrie – de psaumes et d’une longue conjuration répétée à plusieurs reprises demandant à Dieu de faire apparaître ses messagers visibiliter et specialiter dans le cristal aux yeux d’un enfant soumis au demandeur (Julien Véronèse, La magie divinatoire à la fin du Moyen Âge, autour de quelques experimenta inédits, 2011 - crm.revues.org).

Le basilic et l'antimoine

Dans la première version de son De natura rerum, achevée vers 1235, Thomas de Cantimpré, au chapitre du coq, ajoute à la description de Bède, ou de Barthélemy, des détails fournis par des "modernes", la couvée par le serpent. [...] Au chapitre du basilic, il cite Jacques de Vitry (en fait le texte d'Isidore), puis Pline, explique d'après l'Experimentator comment le regard du serpent peut tuer. [...] La description de la bête mi-coq, mi-serpent, et la couvaison par le crapaud sont donc une addition plus récente, qui se fait jour chez Pierre le Picard et Thomas de Cantimpré. Elle passe dans l'iconographie des bestiaires tardifs.

Cet enchaînement de procédés s'inscrit dans une double tradition bien attestée en alchimie. - Le travail sur les oeufs : les quatre parties de l'oeuf (la coquille, le blanc, le jaune, l'air) sont censées correspondre aux quatre éléments, terre, eau, feu, air, et leur décomposition par distillation fonde une pratique transmutatoire largement répandue en alchimie grecque et, plus près de notre texte, dans l'Alchemie de Berlin et le De anima in arte alchemiae d'Avicenne. - La fabrication d'animaux inférieurs par génération spontanée à partir de la putréfaction. Connu pour les abeilles depuis la fameuse bougonie des Géorgiques de Virgile, par Plutarque et les Geoponica, ce procédé est étendu à la fabrication des animaux supérieurs et des homoncules par Gâbir ibn Hayyân. Mieux, il existe dans les Kutub al-Mawâzïn de Gâbir ("Livre des balances"), un traité, le Kitâb at-tagmi décrivant explicitement ces procédés dans une perspective transmutatoire. Si on se réfère à l'analyse qu'en a donnée Paul Kraus, maints passages de ce traité semblent correspondre au fragment de Palerme.

Tout donne à penser qu'il existait, avant la traduction du Morienus, un texte venu d'Espagne où la légende du basilic se trouvait associée à une pratique transmutatoire (Camélia Opsomer et Robert Halleux, L'alchimie de Théophile et l'abbaye de Stavelot, Comprendre et maîtriser la nature au Moyen Age: mélanges d'histoire des sciences offerts à Guy Beaujouan, 1994 - books.google.fr).

Cette tendance de l'antimoine à « dévorer » les métaux l'a fait baptiser « loup gris » par Basile Valentin (Gilles Pasquier, L'entrée du labyrinthe ou Introduction à l'alchimie: Suivie des Récréations hermétiques et des Scholies, 1992 - books.google.fr).

Quant au basilic, il est encore plus rare. Les textes alchimiques ne fournissent que des allusions tardives : les alchimistes du XVIe et du XVIIe siècle exploitent la propriété que le monstre possède de tuer les animaux du regard pour en faire un des noms de leur benoîte Pierre.

Le basilic est le serpent qui avec son poison tue tous les animaux selon le De aliminibus et salibus, élaboré par un alchimiste espagnol chrétien avant la moitié du XIIIe siècle sur un texte établi par un écrivain maure ibérique du XIe/XIIe siècle. Selon Guillaume Salmon, le Basilic des Philosophe [...] projette sur le Mercure, le tüe, l'arrête et le fixe.

De même le corps métallique de l'antimoine d'Italie fixe le mercure, selon le Philosophe chrétien (Marcellin Berthelot, Collection Des Anciens Alchimistes Grecs, 1888 - books.google.fr).

kermès : kermès, oxysulfure d'antimoine hydraté dit encore poudre des Chartreux. Expectorant (bronchites, pleurésies, péripneumonies et fluxions de poitrine), comme l'oxyde blanc d'antimoine, et vomitif mais déprimant. Voir aussi « Alkermès » (Revue d'Auvergne, Volume 119,Numéros 2 à 3, Société des amis de l'Université de Clermont, 2005 - books.google.fr).

Le kermès minéral, de couleur rouge, a réellement été découvert par Glauber ; mais ce chimiste en décrit la préparation en termes si énigmatiques qu'elle fut comprise de peu de personnes. Un de ses élèves la fit connaître à M. de Chastenay, lieutenant du roi à Landau ; celui-ci la communiqua au chirurgien la Ligerie, et ce dernier la transmit à un chartreux de Paris, le frère apothicaire Simon. En 1714, ce moine en fit l'épreuve sur un des frères de son couvent, pour une maladie aiguë de la poitrine, dont la guérison fit beaucoup de bruit. De là le nom de poudre des chartreux, que reçut le kermès ; de là aussi la vogue de ce remède jusqu'alors inconnu. En 1720, le procédé par lequel on le prépare fut acheté par le gouvernement français de la Ligerie (Jean-Baptiste Dumas, Traité de chimie appliquée aux arts, Volume 7, 1848 - books.google.fr).

Kermès ou plutôt Qirmiz est un mot arabe signifiant, en général, qui teint en écarlate. Dans le monde végétal, c'est une petite excroissance rouge qui vient sur le chêne vert, et qui est formée par la piqûre d'un insecte du genre hémiptère. Elle sert à teindre en écarlate. On l'emploie aussi dans la médecine. On le nomme aussi Coccus (Claude-Marie Gattel, Dictionnaire universel de la langue française, 1819 - books.google.fr).

Théophraste Bombast Von Hohenheim, surnommé Paracelse, premier titulaire d'une chaire de chimie, à Bâle, à qui on attribue l'emploi de l'antimoine en médecine, propose dans son De natura rerum l'expérience suivante : placer dans l'œuf philosophique de la liqueur spermatique humaine, la nourrir de sang en la chauffant convenablement ; au bout de quarante jours, elle donnera naissance à un homme minuscule, l'homoncule (Œuvres de Lavoisier, Volume 7, Parties 1 à 2, 1955 - books.google.fr, André Akoun, L'Europe: mythes et tradition, 1990 - books.google.fr).

Nous retrouvons ces deux amants tragiques dans le chapitre de la rue (Ruta graveolens) : cette herbe précieuse, qui guérissait de plus de quatre-vingt-quatre maladies, et qui aurait été le contre-poison universel de Mithridate, servait à aromatiser l'eau bénite : « There's Rue for you and here's some for me — dit Ophélie au prince de Danemark — we uiay call it herb of grâce o' Sunday ». L'efficacité attribuée à la rue, comme éloignant la contagion, explique l'ancienne coutume consistant à placer sur les banc» des iiccusés, aux procès criminels, des touffes de cette plante, « pour garantir les juges de l'odeur que les prisonniers apportaient de leur cachot dans le tribunal », ce qui en dit long sur l'administration pénitentiaire du bon vieux temps, beaucoup de ces propriétés thérapeutiques semblent d'ailleurs être singulièrement affaiblies (Chimie analytique, 1934 - books.google.fr).

La rue, plante médicinale, jouait surtout dans ces sortes de pratiques, un rôle important; on l'employait mêlée à l'or, à l'encens et à la myrrhe , pour chasser les incubes et les succubes " ; les trois substances auxquelles on l'unissait se consacraient de préférence le jour de l'Epiphanie , en mémoire des trois rois mages qui vinrent adorer le Sauveur (Flagellum Dæmonum, seu exorcismi terribiles, potentissimi et efficaces... remediaque probatissima ad malignos spiritus expellendos, per F. Hieronymum Mengum, Vitellaniensem , exorc. VI.) (Léon Ménabréa, De l'origine de la forme et de l'esprit des jugements rendus au moyen-age contre les animaux avec des documents inédits, 1846 - books.google.fr).

Dans le XVe siècle, Paracelse sectateur de l'opinion de Valentin, en conseilla aussi l'usage intérieur. Il fut cependant contredit par beaucoup de médecins. En 1566 un décret de médecine, confirmé par un arrêt du Parlement, en proscrit l'usage. Ce ne fut qu'en 1637, que sa vertu lui fut reconnue et qu'il fut inséré dans le livre des médicaments.

Un dérivé de l'antimoine, le trochique d'antihectique de Poterius, est probablement un sel double composé d'antimoniate et de stannate de potasse. On lui octroyait la capacité d'arrêter le flux de sang et de semence ainsi que les sueurs colliquatives (Yannick Romieux, De la hune au mortier, ou, L'histoire des compagnies des Indes: leurs apothicaires et leurs remèdes, 1986 - books.google.fr).

La médecine antimoniaque, selon Basile Valentin, "guérit la suffocation de matrice, la goutte et meut les menstrues, arrêtant aussi celles qui sont trop abondantes" (Basile Valentin, Le char triomphal de l'Antimoine, 2002 - books.google.fr).

Contrairement à l'antimoine la rue est emménagogue (fait couler le sang) et son nom vient du grec rein couler. Elle est appelée Sandeb en égyptien, et ruda en languedoc et dans l'Aude où la rue d'Alep est présente. Ses fleurs sont jaunes et ses feuilles vertes (Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, G. Dumé, Flore forestière française: Région méditerranéenne, 2008 - books.google.fr).

Selon la conception de Paracelse, que suivait Pierre-Jean Fabre, médecin alchimiste né et mort à Castelnaudary (1588-1658 année de la guérison de Louis XIV par un émétique à l'antimoine), l'antimoine est un métal qui intéresse les médecins alchimistes à double titre : ses propriétés de purification de l'or lui font jouer un rôle essentiel dans la fabrication de la Pierre des philosophes, mais il peut aussi servir de remède, car il purifie les corps vivants de toutes les impuretés qui causent les maladies (Bernard Joly, La rationalité de l'alchimie au XVIIe siècle, 1992 - books.google.fr).

Car cette huile et ce Menstrue végétable se peuvent tellement circuler ensemble, et tellement exubérer par l'Art, qu'il s'en fait une Pierre céleste de nature tant ignée, que sortant de là, nous l'appelleront notre basilic, et le et le grand Elixir de vie, d'un prix inestimable ; lequel comme la vue du basilic tue son objet. Ainsi celui ci tue le Mercure crud, quand il est jeté sur lui. [...] Une légende, raconte, qu'un sage ayant enfoui dans du fumier un œuf de coq, il en naquit un basilic, ressemblant du tout à la figure du coq, hormis la queue serpentine; et les plus experts en disent que c'est chose fabuleuse (George Ripley, Les douze portes d'alchimie ; La vision du Chevalier George ; Le traité du Mercure, traduit par Bernard Biebel, 1979 - books.google.fr).

Les fleurs blanches (Fluor albus) sont un écoulement d'humeurs séreuses, lymphatiques, visqueuses, blanches, quelquefois vertes, jaunâtres, noirâtres, qui se fait par les parties naturelles des femmes. Cette maladie survient souvent au défaut des menstrues, il est rare que les filles en soient attaquées avant l'âge de puberté. Ce mot vient du verbe latin fluere, fluer, couler & parce que ces humeurs qui coulent par le vagin, sont ordinairemement blanches, on leur a dormé le nom de Fleurs blanches (Dictionnaire françois-latin, des termes de médecine, et de chirurgie, avec leur definition, leur division, & leur etymologie, 1760 - books.google.fr).

Pour se garantir de la naissance du basilic, c'est au 1er Mai, ancienne fête de Beltaine dont les rapports au soleil (Belenos) paraissent bien établis, que nos paysans plantaient jadis sur leurs tas de fumier des branches d'aubépine voire de charme, véritables goupillons populaires magiques (Bernard Coussée, Le coq: folklore et mythologie d'un oiseau, 1992 - books.google.fr).

Le mot fleur (flos, floris) appartenant au registre de la botanique, est à rapprocher du dérivé du latin fluor désignant «l'écoulement», en particulier dans la locution menstrui fluores «flux menstruel»"*. Par attractions paronymique et sémantique avec fleur (flos, floris) et les sèmes «épanouissement, rose, rouge, odeur», les dérivés en ancien français flurs, flors «menstrues» se sont effacés, sous l'effet du tabou, au profit du signifié végétal, plus élégant semble-t-il. C'est ainsi d'ailleurs qu'il faut comprendre ce flux de roses s'écoulant du tablier de sainte Germaine de Pibrac (15 juin). De nombreuses héroïnes des récits médiévaux, nous l'avons déjà remarqué, portent, en tant que jeunes filles nubiles, le nom même de cet écoulement (Fleur, Flor, Fore, Florée, Fleurie, Blanchefleur, Rose, Rosette, etc.) (Mythologie française: bulletin de la Société de mythologie française, Numéros 217 à 221, 2005 - books.google.fr).

Germaine de Pibrac a pour un de ses modèles sainte Elisabeth de Hongrie qui a elle aussi bénéficié d'un miracle des roses (22 v’la l’Tarot : Calendrier kabbalistique à Rennes-le-Château).

Pour tout le Moyen Âge, la femme se résume à la tentation, sinon à sa sexualité, selon le vieil adage tota mulier in utero. L'homme est l'étoupe et la femme le feu, résume Gautier de Coinci : nue ou vêtue, belle ou laide, elle les séduit tous, jeunes ou vieux, chauds ou froids. La pudeur n'a rien de naturel pour elle, car la Nature, depuis la chute originelle, est maudite et pervertie. Il n'y a plus qu'à voiler, puisque le regard pur n'est plus possible depuis que la Nature est déchue. Tel est le second rôle de la décence encore confondue avec la pudeur. Dans le discours des moralistes, il s'oppose bien au premier, qui dissimule ce qui est laid. Ainsi, à l'inverse de celles qui cachent leur disgrâce sous des fards et des et des colifichets, mais qui, intérieurement, ne sont que « boue et pourriture », sainte Élisabeth de Hongrie, duchesse de Thuringe, « belle et gracieuse intérieurement et extérieurement », soustrayait aux hommes la beauté que Dieu lui avait donnée, afin de ne pas les inciter au mal (Sermon de Jacques de Provins). [...]

Solution radicale : mortifier la chair pour la rendre pudique – donc non désirable. Cela concerne les parties supérieures du corps : cheveux, visage, seins, bras. Une belle et noble femme de Souabe redoute ainsi d'être une occasion de scandale pour ceux qui se pressent autour d'elle. Elle prie Dieu de la défigurer, et aussitôt une lèpre affreuse la frappe. Le visage couvert de pustules, les yeux gonflés, la bouche déformée, le nez gibbeux, elle ne se reconnaît pas ellemême, et s'en réjouit. Quel péché, s'emporte son confesseur, et quelle occasion de blasphémer ne donne-t-elle pas à tous ceux qui l'ont connue ! De nouvelles prières, heureusement, lui restituent sa beauté première. Elle entre après la mort de son mari au monastère de Liemberchum (Thomas de Cantimpré, Bonum universale de apibus, liv. II, chap XXXX, par. 29) (Jean Claude Bologne, Pudeurs féminines: Voilées, dévoilées, révélées, 2013 - books.google.fr, Les Prophètes et Rennes le Château : Le retable de saint Martin de Cassaignes).

Psaume 119

La page 274 note "aiguillonner" et "Cercle". Or le verbe stizô signifie aiguillonner et piquer et a donné stigma la marque. C'est une marque en tau ou tav que l'homme de lin, portant un écritoire à la ceinture, fait sur le front des élus dans Ezéchiel 9,4. C'est pourquoi les chrétiens dessinent une croix au front. Croix qui surmonte le globe du symbole de l'Antimoine appelé parfois stimmi nom qui se rapproche de stigma noté stimma en italien.

La page 119 parle du choléra (La Vraie Langue Celtique de l’abbé Henri Boudet : Psaume 119 : l’Encobert et l’ange Cédar).

Les symptômes de l'empoisonnement par l'antimoine peuvent être confondus avec ceux que présente le choléra asiatique, d'où la désignation de choléra stibié donnée à l'empoisonnement par l'antimoine. La dose toxique pour un adulte est de 0,500 gr (Ernest Barillot, Traité de chimie légale: analyse toxicologique, recherches spéciales, 1894 - books.google.fr).

L'action de l'antimoine sur la nutrition est la suivante : non seulement la circulation et la respiration se ralentissent mais la calorification diminue. L'abaissement de la température est parfois telle que les sujets sont glacés (algidité stibiée) ; alors la circulation est comme suspendue, le sang paraît se figer dans les vaisseaux, les muqueuses sont cyanosées, de sorte que l'ensemble de ces symptômes et la diarrhée, qui ne fait pas défaut, simulent le choléra à s'y méprendre (choléra stibié), état qu'on a observé surtout chez les enfants (Congrès periodique international des sciences médicales, Volumes 1 à 2, 1880 - books.google.fr).

Cette page 274 a été mise en relation avec la duchesse d'Aiguillon à la date du 19 juillet, axe de Blois où est né l'auteur de l'Oraison funèbre de ladite dame (mentions des psaumes 17 et 104), le jésuite Jacques-Charles de Brisacier (1642-1736) le prêtre de la Société qui exerça le plus longtemps les fonctions de directeur et de supérieur du Séminaire des Missions étrangères. Fils du trésorier de la généralité du Berry et de Marie Le Lorrain, il naquit le 18 octobre 1642, dans la paroisse Saint-Sauveur, à Blois (Loir-et-Cher). Il paraît avoir fait une partie de ses études à Blois (archives.mepasie.org, Le Calendrier de La Vraie Langue Celtique 2 : 19 juillet - Vincent de Paul - Blois/Brou).

L'Evêque de Riez se reduit à ne faire que la vie des Cardinaux qui ont vécu avec quelque opinion de Sainteté, & ce qu'il a fait imprimer du Cardinal de Berulle n'est qu'un extrait de son livre. Je ne say s'il mettra parmi ces gens-là, le Cardinal du Perron , qui étoit un grand fourbe & que je sai de bonne part être monde la vérole. Pour le Cardinal de Richelieu, c'étoit une bonne bête & un franc Tyran: & pour marque de sa Sainteté aere illicita. ) Je me souviens de ce qu'un Courtisan me conta l'autre jour, que ce Cardinal deux ans avant que de mourir avoit encore trois Maîtresses qu'il entretenoit, dont la premiére étoit ia Niéce Marie de Vignerot, autrement Madame de Combalet & aujourdui Madame la Duchesse d'Aiguillon. Son Pére étoit un des espions du Marquis d'Ancre à mille livres par an, & son Grand Pére étoit Notaire à Bressuyre village de Poitou. La seconde étoit la Picarde, savoir la femme de Monsieur le Maréchal de Chaunes (frére du Connétable de Luynes) lequel est mort ici depuis quatre jours, quelquetems aprés aVoir été taillé de la pierre en la vessie. La troisiéme étoit une certaine belle fille Parisienne nommée Marion de L'Orme, que Monsieur de Cinq-mars, qui fut éxécuté à Lyon l'an 1642, avec Monsieur de Thou, avoit entretenue, comme à fait aussi Monsieur le Maréchal de la Meilleraye & plusieurs autres. Elle est encore en crédit: elle est même dans l'Histoire pour fa beauté, car Vittorio Siri a parlé d'elle dans son Mercure. Tant y a que ces Messieurs les Bonnets rouges font de bonnes bêtes, Vere Cardinales isti sunt carnales: Je fuis tout à vous, &c. De Paris, le 3. Novembre 1649 (Guy Patin, Lettres choisies de feu Mr Guy Patin (1645 - 1672), Volume 1, 1692 - books.google.fr).

Marie de l'Orme "avait trente-neuf ans quand elle est morte, cependant elle était aussi belle que jamais. Sans les fréquentes grossesses qu'elle a eues, elle eût été belle jusqu'à soixante ans. Elle prit, un peu avant que de tomber malade , une forte prise d'antimoine pour se faire avorter , et ce fut ce qui la tua." (Les historiettes de Tallemant des Réaux (1619-1692) : Mémoires pour servir à l'histoire du XVIIe siècle, pub. sur le manuscrit inédit et autographe; avec des éclaircissemens et des notes, Volumes 3 à 4, 1834 - books.google.fr).

N'empêche qu'il court encore une légende qui prolonge la vie de Marion Delorme Jusqu'à cent trente-quatre ans et la fait mourir à Paris, sur la paroisse Saint-Paul, en 1741. L'auteur de cette fable n'appuie, du reste, d'aucune preuve son invraisemblable roman (Chronique Médicale, Volume 4, 1897 - books.google.fr).

Dans la nuit du 28 juillet 1648, des voleurs entrèrent par une fenêtre dans l'église Saint—Sulpice et y prirent les vases sacrés, en répandant les hosties sur le sol. Dès que les paroissiens apprirent cette profanation, ils en furent consternés, et chacun se mit en devoir d'apaiser la justice divine. On ne vit partout qu'œuvres de piété et de mortifications. « Le lundi, 3 août, il y eut une réparation publique. Tous les paroissiens, en habits de deuil, se portèrent à l'église, où on célébra une messe Pro remissione peccatorum. Il y eut ensuite une procession de pénitence à l'église Saint-Germain-des-Prés. La pluie tombait en abondance et les plus grandes dames, aussi bien que le reste, ne marchaient que dans l'eau, mais avec tant de modestie et de religion qu'on n'entendait que le chant des psaumes. Les jeudi, vendredi et samedi, le Saint-Sacrement fut exposé à Saint-Sulpice avec une magnificence sans exemple : la duchesse d'Aiguillon envoya ce qu'elle avait de plus beau en tapisseries et en lustres d'or et d'argent. Les prédicateurs les plus célèbres prêchèrent et la reine y assista. Le troisième jour, il y eut une procession publique ; la reine suivit le dais, accompagnée des princes, des princesses et d'une grande partie de la cour, en habits de deuil (Alfred Bonneau-Avenant, La duchesse d'Aiguillon nièce du cardinal de Richelieu: sa vie et ses oeuvres charitables (1604 - 1675), 1879 - books.google.fr).

Autrement un commentaire patristique de Basile de Césarée sur l'évangile selon saint Mathieu, Chapitre XXII versets 35 à 46, dit :

"Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur" : Or, quoi de plus admirable que la beauté de Dieu ?.. Quel désir est ardent comme la soif provoquée par Dieu dans l'âme purifiée, s'écriant dans une émotion sincère : "L'amour m'a blessée" ? (Ct 2,5)… Cette beauté est invisible aux yeux du corps ; l'âme seule et l'intelligence peuvent la saisir. Chaque fois qu'elle a illuminé les saints, elle a laissé en eux l'aiguillon d'un grand désir, au point qu'ils se sont écriés : "Malheur à moi, parce que mon exil s'est prolongé" (Ps 119,5)... (www.crypte.fr).

Psaume 95 et les mannequins d'osier

L'osier est le matériau de premier ordre de la vannerie. Il s'agit des jeunes pousses de saules souples obtenues par une coupe annuelle hivernale. La culture de l'osier, la saliciculture aujourd'hui appelée "osiériculture", a très vite remplacé la cueillette sauvage car les besoins de matière première pour la vannerie étaient très importants. Un panier rond de trente centimètres de diamètre par exemple nécessite plus d'une centaine de brins de différentes longueurs. Déjà, Caton l'Ancien dans son traité d'économie rurale (dès son premier chapitre) met la récolte d'osier immédiatement après la vigne et le jardin par la valeur de son produit (fr.wikipedia.org - Osier).

A Hebrew word for willow, zaphzaphah, relates this tree with water. Then he took of the seed of the land and planted it in fertile soil : he placed it beside abundant waters. He set it like a willow twig, and it sprouted and became a low-spreading vine, and its branches turned toward him, and its roots remained where it stood. So it became a vine, and brought forth branches and put forth foliage. Though death may be regarded as a returning to God, it is certainly an exile from earthly life. In this connection, Psalm 137, which is a Zionist hymn of the Babylonian exile is pertinent to quote (Western States Jewish Historical Quarterly, Volume 2, Southern California Jewish Historical Society, 1969 - books.google.fr).

L'arabe safsaf, « saule », rend bien compte de l'hapax hébreu (Revue Biblique, Volume 69, Ecole pratique d'études bibliques (Jerusalem), 1962 - books.google.fr).

Dans le psaume 137 il s'agit de "orebim" traduit par "saules" généralement (John Hutton (1808-1884), The plants of the Bible, 1885 - archive.org).

Au sujet du chapitre XXXI de l'évangile de Matthieu :

The use or THE wORD 'HOSANNA' as a triumphal shout, rather than as a prayer. seems to have arisen from a custom observed at the Feast of Tabernacles, when ‘the Hallel’ (‘praise ')—-viz.. Psalms CXIII-CXVIII. — was sung, the singers bearing in their hands bundles of palm, myrtle, and willow (with a reference, it was said. to Ps. 96 : 12). which they waved at certain verses, especially at the words ‘save now I beseech thee’ (hosiah-na) (Eustace Rogers Conder, A Commentary on St. Matthew's Gospel, etc, 1866 - books.google.fr).

Après les travaux de A. Alfôldi, F. Gerke, A. Grabar et de J. Kollwitz, les origines romaines de ce premier type ne poseront pas de problèmes : nous en retrouverons les antécédents sur de nombreux monuments (en particulier sur des monnaies et médailles) où l'on voit Romulus, Mars ou un empereur tropéophore s'avancer de profil, le trophée sur l'épaule, une lance à la main, traînant derrière eux ou foulant aux pieds un captif, un prisonnier de guerre ou une personnification de province conquise. A partir du IVe siècle, un dragon foulé aux pieds ou percé par la pointe d'un labarum remplace parfois le captif. d'autant plus connue qu'elle figurait souvent au revers des monnaies, passa rapidement dans l'iconographie chrétienne où elle servit, tout naturellement à célébrer les épisodes triomphaux de l'histoire du Christ. On la retrouve notamment à l'occasion de la Transfiguration (Psautier d'Utrecht fol. 83v), du Portement de la croix, de la Résurrection de l'Ascension ; elle fournira le schéma de l'Anastasis * ; au Xe siècle enfin, celui de la Seconde Parousie du fol. 9v du Bénédictional d'Aethelwold (Brit. Mus. Add. 49.598). Sous son aspect chrétien, ce dernier type fut aussitôt rapproché d'un passage célèbre d'Isaie (Is. IX, 6) : Ecce puer natus est nobis, filius datus est nobis, et ïmperium super humeros ejus, ïmperium étant alors traduit par vexillum, principatus, ou trophaeum crucis, par assimilation de la croix aux enseignes, labara ou mannequins armés de la symbolique romaine. Et comme ce texte fut relié au fameux verset 10 du Ps. 96 (95) : Dominus regnavit a ligno (traduction de la Vetus latina) = regnavit per tropaeum, vexillum crucis, cette interprétation symbolique a permis que cette figure isolée s'introduise dans diverses scènes triomphales, dans divers contextes historiques, où la puissance du Christ, rex regum et dominus dominantium (Ap. XIX, 16), s'était manifestée aux yeux des hommes. Bien que l'on sache mal si c'est le texte qui est responsable de ce choix, ou au contraire si c'est l'image qui a fixé l'attention sur ces textes, le fait est là : les épiphanies du Christ-Empereur sont exprimées par le moyen de la symbolique romaine. Un texte de Léon I commentant précisément Is. IX, 6 nous offre un bon exemple de cette assimilation : Cum ergo Dominus lignum portaret crucis, quod in sceptrum sibi converteret potestatis, erat quidem hoc apud ïmpiorum oculos grande ludibrium, sed manifestabatur ftdelibus grande mysterium : quia gloriosissimus diabolï victor et inimicarum virtutum debellator, pulchra specie triumphi sut portabat trophaeum, et invictae patientiae humeris signum salutis adorandum regnis omnibus inferebat. (Cf. également Ambroise (CSEL 32, 3, p. 495) : Sed iam tropaeum suum victor adtollat. Crux supra humeros imponitur quod sive Simon sive ipse portaverif). Pour décrire la montée au Calvaire, saint Léon ou saint Ambroise ne se réfèrent donc pas au texte évangélique, mais à des images romaines et à leur contenu symbolique. Avant même d'être cloué sur la croix, le Christ, tel un empereur qui ne peut être vaincu, marche au combat, assuré de son triomphe. La croix, l'instrument du supplice, est son trophée, le symbole de sa puissance cosmique devant laquelle tout devra s'incliner. On notera également les allu- sions aux forces du mal et au démon ; les ennemis que le Christ s'apprête à défaire. L'interprétation triomphale de saint Léon n'a pourtant rien d'original, puisqu'on la trouve déjà chez Tertullien (et également chez Irénée) qui, dans Adversus Judaeos X, 11-12, considère la montée au Calvaire comme le début triomphal de la royauté du Christ, ainsi que chez saint Augustin, saint Jean Chrysostome, etc. (Yves Christe, La vision de Matthieu (Matth. XXIV-XXV): origines et développement d'une image de la Seconde Parousie, 1973 - books.google.fr).

« Après les victoires remportées sur les Carthaginois et la prise des Syphax – to see (si), penser, – to face (fèce) affronter, braver, – dont l'empire s'étendait au loin dans l'Afrique, le peuple romain donna au roi Massinissa toutes les villes et terres qu'il avait prises de sa main. » (Salluste, bell. Jug.) (VLC, p. 95)

L'historien Salluste avait un parent propriétaire de mines en Tarentaise.

En Tarentaise, les mines de cuivre signalées par Pline (H.N., XXXIV, 2) sont difficiles à localiser: peut-être celles du Planey, dans le Beaufortain ? Elles étaient la propriété de Sallustius Crispus, petit-neveu et fils adoptif de l'historien Salluste ; mais elles sont déjà épuisées lorsque l'auteur écrit, dans la deuxième moitié du premier siècle après J.C: «Après l'orichalque, le meilleur cuivre était le sallustien, qu'on trouvait dans le pays des Centrons, dans les Alpes ; vite épuisé lui aussi, il fut remplacé par le cuivre livien, exploité en Gaule. L'un et l'autre devaient leur nom aux propriétaires des mines, le premier à l'ami du divin Auguste, le second à sa femme». (Jean Prieur, La Savoie des origines à l'an mil: histoire et archéologie, 1983 - books.google.fr).

Les premiers vestiges d'exploitation du cuivre datent de 1450 ans avant J.-C., vers Peisey Nancroix. Peisey est aussi connu pour ces mines de plomb argentifère, filons découverts en 1644, mais dont l'exploitation commença au XVIIIe siècle. Le minerai contient aussi de l'antimoine (Savoie 2011-12, Guides Départements, Petit Futé, 2011 - books.google.fr, Alain Richermoz, Peisey-Nancroix autrefois: le fruit commun, 2003 - books.google.fr).

Isaïe IX,6 est en effet lié au psaume 95 dans la liturgie de Noël, le Psaume 95 Ad primam Missam in nocte Ant. ad Offertorium, Isaïe Ad secundam Missam in aurora, Statio ad S. Anastasiam, Ant. ad Introitum.

Le verset d’offertoire est tiré du psaume 95, où sont invités à se réjouir et les cieux et la terre, parce que le Seigneur est venu. En effet, la venue de Jésus sur la terre a consacré le monde, comme s’exprimait hier l’Église dans sa liturgie. Cette consécration se reflète aussi en partie sur les créatures sans raison et insensibles, soit parce que le Verbe incarné a voulu s’en servir durant sa vie passible, soit encore parce que certaines d’entre elles, comme l’eau, le vin, le pain, l’huile, ont été élevées à la dignité de matière des divins sacrements, et qu’en général toutes aident l’homme à la facile obtention de sa fin dernière surnaturelle.

L’introït est tiré d’Isaïe (IX). Un peuple qui marchait au milieu des ténèbres, la malheureuse gentilité non éclairée par la révélation mosaïque et par les prophéties, a vu aujourd’hui une grande lumière, puisque Celui qui est né est justement le Père de la nouvelle génération, le Prince de la paix, dans le royaume de qui il n’y a ni différences de castes, ni prérogatives de familles : quiconque accueille sa parole devient fils de Dieu et citoyen du nouveau royaume messianique (www.introibo.fr - 25 décembre).

Il faut se garder de croire que ce livre, qui apporte une contribution décisive à l'étude des trophées romains, et jette une lumière si nouvelle sur un aspect capital de la mystique romaine de la victoire, n'intéresse pas le domaine hellénique. G. Picard n'oublie pas que le mot Iropaeiim n'est que la transposition du grec "tropaion" et il a eu la sagesse de consacrer un très long chapitre liminaire au trophée grec. C'est à la recension de ce chapitre que je me limiterai ici. Le "tropaion" est, pour les Grecs, un mannequin formé d'un bâti cruciforme revêtu d'armes. Son érection constitue un rite spécifiquement grec, dont la valeur religieuse est multiple : c'est une statue armée, semblable aux Palladia, qui renferme un « sacré » généralement identifié à Zeus Tropaios ; en ce premier sens, c'est en somme l'image d'un dieu pourvoyeur de victoire, que l'on statufie pour l'honorer. Mais antérieurement (les trophées apparaissent dans la littérature et dans l'art à la fin du VIe siècle, mais existaient plus anciennement), c'est aussi l'image de l'ennemi vaincu que l'on envoûte pour le persécuter après sa mort, ou celle du guerrier vainqueur qui, sur son tombeau, fixe son âme et l'apaise. C'est donc « une sorte de voull, dressé sur le champ de bataille pour absorber, fixer et rendre inoffensives les forces mauvaises qui y font rage, et qui autrement ne manqueraient pas de maltraiter les humains : âmes de guerriers morts, et surtout démons destructeurs, qui ont coopéré à la défaite des vaincus, mais qui pourraient bien, s'ils demeuraient libres, devenir dangereux pour les vainqueurs ». (p. 31). A cette analyse, qui rend si pleinement compte des éléments magiques subsistant dans le trophée grec, fait suite une étude de l'art triomphal en Grèce. Cet art est une création des dernières années du ve siècle, à la fin de la guerre du Péloponnèse. A un moment où se développe la notion de l'homme providentiel, le général vainqueur apparaît comme doté d'un charisme particulier, qui procède à la fois de Varété et de Veutychia. Le trophée va jouer un rôle essentiel dans l'art nouveau-né de ces nouvelles conceptions idéologiques, comme symbole du charisme du chef. Il prend dès lors la forme d'un monument durable, souvent accompagné de statues et entouré d'un téménos, et dont la dédicace met en valeur l'action personnelle du chef. Autre nouveauté capitale : le trophée devient symbolique et, à ce titre, on peut le dresser dans des sanctuaires ou le représenter sur des monnaies ou des gemmes. Dès le ive siècle, le trophée sert ainsi de sujet pour les artistes : il tend vers une forme conventionnelle (d'où naissance de plusieurs types de trophées d'après l'ennemi vaincu : trophées grec, oriental, nordique ou naval) et se complète avec des statues de captifs, de vainqueurs ou de dieux, thèmes qui resteront traditionnels pour les trophées jusqu'à la fin de la période romaine. Un pas décisif a donc été franchi au ive siècle : antérieurement objet de culte, support d'un rituel magique, le trophée est maintenant partie intégrante du nouvel art triomphal qui se développe alors. Après Alexandre, transformation essentielle : la monarchie hellénistique, fondée en partie sur une mystique de la victoire, adopte le trophée comme symbole de l'épiphanie qui consacre le charisme royal. Suit une minutieuse étude des trophées dans les différents royaumes nés de la conquête macédonienne, et aussi dans les cités qui revendiquent également une eutychia comparable à celle des rois. Des éléments orientaux ont alors contaminé l'idéologie grecque du trophée : le thème du vainqueur foulant aux pieds les vaincus, qui avait été pour tous les Orientaux le symbole le plus tangible de la victoire, mais qui répugnait aux Grecs par son inhumaine brutalité, est peu à peu adopté. C'est à ce moment que l'intervention romaine, qui met fin à l'existence des armées grecques, va mettre fin en même temps à l'art triomphal grec ; mais l'évolution de la théologie de la victoire et l'évolution des doctrines politiques qui reposent sur elle se poursuivent dans le cadre des organisations romaines. Le trophée grec va se survivre dans le trophée républicain et surtout dans le trophée impérial. En me limitant au trophée grec (1 chapitre sur 7), je ne fais qu'effleurer un livre qui frappe avant tout par l'étendue de son information et par la lucidité de ses analyses. Il s'agit moins pour l'auteur de nous montrer les multiples représentations de trophées dans l'art, que de nous faire comprendre les diverses idéologies qui expliquent ces représentations. Au total, une œuvre d'intelligence aiguë qui apporte une remarquable contribution à l'histoire des idées et des croyances (Pierre Lévêque, compte rendu de Gilbert-Charles Picard, Les trophées romains. Contribution à l'histoire de la religion et de l'art triomphal de Rome. (Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome, fasc. 187). Paris, E. de Boccard, 1957 - www.persee.fr).

Trophées, victoires, triomphes font penser au Char triomphal de l'Antimoine de Basile Valentin.

Après la seconde guerre punique, Carthage avait tout perdu, son empire, ses richesses, son commerce : il lui restait à peine la vie, que Massinissa, chef de la Numidie et allié des Romains, cherchait à lui enlever. Ce numide, qui a vécu un siècle, se tenait encore nuit et jour à cheval, à l'âge de quatre-vingt-dix ans, harcelant les malheureux Carthaginois sans trève ni merci. Cavalier indomptable, Massinissa ne connaissait point le repos dans une maison ou dans les hôtelleries dont il faisait profession de se moquer, – mass, amas – to inn, loger dans une auberge, – to hiss, se moquer. (VLC, p. 95)

Alors seulement il ajoute : « La nation gauloise en entier est fort superstitieuse : et pour ce motif, ceux qui sont atteints de graves maladies, exposés « aux hasards des combats et à d'autres périls, ou immolent des hommes comme victimes, ou font voeu d'en immoler : ils se servent du ministère des Druides pour ces sacrifices ; ils estiment qu'on ne peut se rendre favorables les dieux immortels, qu'en donnant la vie d'un homme pour la vie d'un homme ; et ils ont publiquement institué des sacrifices de ce genre.» (VLC, p. 250)

Dans l'article Chirurgie de l'Encyclopediana :

Saxon le grammairien raconte qu'un brave fermier, nommé Stackobd, ayant eu dans un combat le ventre tellement fendu, que les intestins en sortoient, son chirurgien les remit en place, & fit la suture avec une aiguille faite de branche de saule. Nous lisons dans Tite-Live, que Massinissa, roi de Numidie, guérissait les blessures, pendant les guerres de Carthage, avec quelques simples (Encyclopediana ou Dictionnaire encyclopédique des Ana, Panckoucke, 1791 - books.google.fr).

From, Taggou-zainah Icontinued my journey nearly straight S. E. and arrived at Medrashem, a superb pile of building, the sepulchre of Syphax, and the other kings of Numidia, and where, as the Arabs believe, were also deposited the treasures of those kings. A drawing of this monument is still unpublished in my collection. Advancing still to the S. E. through broken ground and some very barren valleys, which produced nothing but game, I came to Jibbel Aurez, the Aurasius Mons of the middle age. This is not one mountain, but an assemblage of many of the most craggy steeps in Africa. Here I met, to my great astonishment, a tribe, who, if I, cannot say they were fair like English, were of a shade lighter than that of the inhabitants of country to the southward of Britain. Their hair-also was red, and their eyes blue. They are a savage and independent people; it required address to approach them with safety, which, however, I accomplished, (the particulars would take too much room for this place), was well received, and at perfect liberty to do whatever I pleased. This tribe is called Neardie. Each of the tribe, in the middle between their eyes, has a Greek cross marked with antimony. They are Kabyles (Travels to Discover the Source of the Nile, in the Years 1768, 1769, 1770, 1771, 1772, & 1773. By James Bruce of Kinnaird, Esq. F.R.S., Tome 1, 1804 - books.google.fr).

There have been many speculations as to the meaning of the word and the destination of the building, which is not mentioned by any classical author. There can, however, be little doubt that the word Medrassen, as it is usually written, or Madghassen, which is the more correct orthography, is the plural of the Berber word Madghes, the patronymic designation of an ancient family from which Masinissa was descended (Sir Robert Lambert Playfair, Travels in the Footsteps of Bruce in Algeria and Tunis, 1877 - books.google.fr).

Les Kabyles sont les descendans incontestés des Numides et sous une dénomination affectant une forme différente, les moeurs chicanières de ce peuple se montrent au grand jour s'accusant de la formation du nom de Kabyle – to cavil, chicaner.– Les Maures, relativement à la chicane, n'ont rien à envier aux habitants de la Grande Kabylie du Sud de l'Atlas. (VLC, p. 99)

Les cosmétiques employés par les kabyles sont peu nombreux. et presque tous à l'usage des femmes, pour lesquelles, même dans les pays les plus primitifs, la coquetterie a ses exigences et ses lois. Les femmes teignent leurs cheveux, non-seulement dans le but d'en dissimuler la décoloration anticipée, mais surtout dans le but de leur donner une rigoureuse teinte noire, qui seule est de mode. Si beaux et si noirs que leurs cheveux soient naturellement, ils ne le sont jamais assez à leur gré. Le procédé qu'elles emploient est le suivant: un mélange de trois parties de noix de galle et d'une partie d'hadida est délayé dans une proportion suffisante d'huile d'olives pour constituer une pâte presque liquide; cette pâte est soumise à l'action de la chaleur pendant le temps nécessaire pour lui donner une belle couleur noire. Ainsi préparée, la mixture est appliquée sur la chevelure et y est maintenue pendant trois jours, au moyen de linges. A l'expiration de ce terme, les cheveux sont peignés, huilés; l'opération est terminée. L'hadida est un alliage de sulfure d'antimoine et de pyrite de cuivre; il est obtenu sous forme de lamelles brunes, sonores, à cassure cristalline et brillante; il se réduit facilement en poudre par trituration dans un mortier de fer. [...] On a souvent dit et répété que te koheul arabe est un sulfure d'antimoine. Ou bien on s'est trompé, ou bien le koheul kabyle est d'une autre nature. Toutes les fois que nous avons demandé cette substance, on nous a présenté soit de la galène, soit une poudre noire qui, traitée par la flamme du chalumeau, nous a donné pour résidu une petite masse de plomb métallique (Adolphe Hanoteau, Aristide Horace Letourneux, La Kabylie et les coutumes kabyles, Volume 1, 1872 - books.google.fr).

Le géant Gayant de Douai

Le Namur français, partie du comté de Namur passé à la France sous souis XIV en exécution du Traité de Nimègue, était du ressort du parlement de Douai quand celui de Tournai y fut transféré en 1709. La région de Namur, avec Hastedon, Furfooz etc., est mentionné pages 190-192 de La Vraie Langue Celtique.

Le conseil de justice établi par Louis XIV à Tournai en 1668 est devenu parlement de Flandre en 1686. En 1709, la France perd Tournai. Le Parlement se réfugie d’abord à Cambrai puis à Douai. Le parlement de Douai (1714-1790) continue à se battre, avec plus ou moins de succès pour le respect des privilèges des Flamands et, en particulier, de leur privilège de juridiction (La Croix d’Huriel et le loup : La Croix d’Huriel et l’antimoine).

Charlemont, l'une des forteresses les plus importantes du royaume, autrefois chef-lieu du Namurois français, aujourd'hui comprise dans le département des Ardennes, doit son nom à Charles-Quint, son fondateur, et à sa situation sur une hauteur escarpée (Encyclopédie catholique, Tome VI, 1843 - books.google.fr).

A Douai, c'était la procession de Gayant, l'Hercule flamand, un cousin du géant Hellequin, et peut-être aussi un ancêtre de Gargantua. Gayant était-il un ancien héros du pays, un représentant de la nationalité gauloise ? (La Satire en France Au Moyen-âge, 1893 - books.google.fr).

Parmi les plus belles solennités des âges passés, il faut ranger sans contredit les processions et les cavalcades avec leurs nombreux et brillants cortèges d'ordres religieux, de corps de métiers, et de confréries, avec leurs spectacles de tout genre où paraissaient singulièrement amalgamés des sujets sacrés et profanes. Quel ébahissement et quels trépignements de joie ne causaient pas les immenses figures, qui, d'une façon majestueuse ou grotesque, dominaient les têtes des spectateurs autant que les clochers s'élèvent au-dessus des maisons: ces idoles du populaire qui s'appelaient Gayant et sa femme, ou Goliath, ou Hercules, ou l'Indien, ou Janneken et Mietje, ou Reuse tout court. Envain chercherait-on à ressusciter ces antiques images; jamais on ne saurait leur rendre le charme qu'elles ont perdu. Et puis jamais on ne fera plus les choses comme nos aïeux savaient les faire (H. van de Velde, Anciennes mœurs et coutumes. Histoire de la procession de Furnes, 1855 - books.google.fr).

1° que Gargantua est certainement un type antérieur à Rabelais, et que ce mythe est celtique, puisqu'on le retrouve répandu en France, en Grande- Bretagne et non ailleurs; 2° Que Gargantua est probablement le développement populaire d'un Hercule gaulois ; 3° Que Gargantua est peut-être un mythe solaire. Peut-être pourrait-on y rattacher le Gayant de Douai, (Henri Gaidoz, Essai de mythologie celtique, Revue archéologique, 1868) (Oeuvres de François Rabelais, Volume 1, H. Champion, 1912 - books.google.fr).

Alors seulement il ajoute : « La nation gauloise en entier est fort superstitieuse : et pour ce motif, ceux qui sont atteints de graves maladies, exposés aux hasards des combats et à d'autres périls, ou immolent des hommes comme victimes, ou font voeu d'en immoler : ils se servent du ministère des Druides pour ces sacrifices ; ils estiment qu'on ne peut se rendre favorables les dieux immortels, qu'en donnant la vie d'un homme pour la vie d'un homme ; et ils ont publiquement institué des sacrifices de ce genre. Ils remplissent d'hommes vivants des statues énormes de leurs dieux, fabriquées au moyen des branches flexibles de l'osier : on y met le feu et les hommes périssent environnés par les flammes.» (VLC, p. 250)

Gayant, disent MM. Lenglet-Mortier et Diogène Vandamme (1858), est formé de deux mots gaulois et signifie mot-à-mot : « Patrie-de—Dieu. La racine de son origine est le christianisme donnant la main au vieux druidisme et proclamant plus haut que jamais l’unité de Dieu, la continuité de la vie, l’émancipation de l’homme et la rédemption de l’humanité La marche de Gayant n’est pas une farce, une mascarade sans nom ; c’est, au contraire, une des cérémonies les plus augustes de l’antiquité; c‘est la représentation solennelle d‘un fait historique accompli dans l’humanité; c’est l’emblème du triomphe de notre antique civilisation sur la barbarie; c’est le symbole de la régénération de la Gaule... La véritable gloire de Gayant n‘est pas d’avoir chassé, mais d’avoir éclairé les barbares; son vrai triomphe est d’avoir dissipé les ténèbres et les superstitions du polythéisme !...»

A mes yeux, Gayant n'a été qu’une chose à son apparition. Ce n’est qu’au bout d’un certain temps, après l’extinction des premières générations qui avaient vu bâtir cette chose, lorsque déjà le souvenir de son premierjour se perdait dans levague des hypothèses, qu’il est insensiblement arrivé à se faire passer pour une personne. On me comprendra tout a fait , lorsque j'aurai montré la route même qui m’a conduit à ces conjectures. D’abord, j’ai examiné le document de 1665, celui qui présente, le premier, des données authentiques sur nos colosses d’osier; et j’ai remarqué que ces mannequins y sont désignés sous l’appellation de le géant et la géante (Théophile Denis, Qu'est-ce que Gayant ? Toutes les réponses plus une. Notice sur les mannequins de la fête communale de Douai, 1862 - books.google.fr).

De "le géant" on passera en 1715 à "Géan" ("Gayant" dans la langue régionale). Gayant serait ainsi l'emblème des Manneliers (fabricants d'objets en osier).

Un Mandelier (Mandemaker en néerlandais, mandrier, mandeliez, mannier, manniez, mannelier ou mandjeu en picard, mandequinier, mandier) est un ouvrier vannier qui travaille l'osier. Ce mot ancien a disparu depuis longtemps en français, mais subsiste en néerlandais.

Mande et Manne viendraient tous deux du saxon Mann « panier d'osier, corbeille » (teuton) puis du néerlandais. Mot utilisé en Hollande, Belgique, France (Nord, Franche-Comté, Hainaut, Picardie) et son dérivé en Angleterre mais en Bretagne on dit Banne (fr.wikipedia.org - Mandelier).

La ville de Troyes avait un gayant, nommé Goliath, qu'elle fit voir en 1486, à l'entrée de Charles VIII. Dans la relation de cette entrée, écrite par Grosley, on lit: « Qu'on y vit un Gayant fainet qu'on disait Gotiath. » (Théophile Denis, Qu'est-ce que Gayant ? Toutes les réponses plus une. Notice sur les mannequins de la fête communale de Douai, 1862 - books.google.fr).

Dans une procession qui aurait été faite en 1480, dont parle un extrait du registre aux consaux de la ville de Douai, participent " les religieux, les chanoines des deux chapitres avec tous les reliques ; à eux succèdent (suivent) ou le gouverneur ou l'université, la gouvernance, et messieurs du magistrat perma- nens , conseil et arrière conseil, le bailly étant à la droite du chef du magistrat. Après viennent le Géant, sa femme et enfans, la roue de Fortune, le charre de triomphe, la (sic) navire et les arbalétriers, canonniers, archers » ; puis d'autres figurants ; enfin des fiertes et reliques de divers saints accompagnaient celles de saint Morant (pour le texte complet, voir (Archives du Nord de la France, nouv. série, t. II, 1839, pp. 450-451). Il ressortirait donc de ce texte : que le vrai Gayant existait déjà à Douai en 1480 et peut-être avant, car on ne présente pas sa participation au cortège sacré comme une nouveauté ; qu'il avait une femme dès cette époque et que Marie Cagenon n'a été en 1665 qu'une résurrection ; que même ses enfants existaient aussi dès ce moment (Arnold van Gennep, Le folklore de la Flandre et du Hainaut français (département du Nord) ...: Du berceau à la tombe. Les cérémonies périodiques. Le culte des saints, 1935 - books.google.fr).

Gayant, héros primitif, héros civilisateur, héros libérateur, c'est finalement ce qui transparait des légendes rattachées à ce personnage [...]. En juin 1479, le 16 très exactement, Douai est assiégé par les Français. C'est derniers essayent une ruse pour pénétrer dans la ville. Pour ce faire, ils lancent un cheval et une jument en direction de la porte d'Arras dans l'espoir de faire sortir quelques Douaisiens affamés et profiter ainsi de ce que les portes soient ouvertes pour entrer dans la cité. Mais la ruse échoue et sans doute sous la pression du tout puissant clergé douaisien le peuple se met alors à louer et remercier saint Maurand leur patron. Et l'année suivante on organise même une procession...

Autre légende celle de 1556 qui semble bien de son côté avoir été réactualisée en fonction des circonstances politico-religieuses du moment. Douai est une nouvelle fois assiégé ! Saint Maurand apparaît miraculeusement au gardien de l'église de St Amé pour le prévenir d'une attaque. (Mythologie française, Numéros 124 à 127, Société de mythologie française, 1982 - books.google.fr).

Jean-Baptiste Corot - Planque près de Douai, saules - masmoulin.blog.lemonde.fr

Douai et Cornélius a Lapide

L'université de Douai a formé de nombreux théologiens, exégètes et biblistes, tels que Martín Antonio Delrío (1555-1608), prêtre jésuite des Pays-Bas, juriste, philologue et exégète de renom, Cornélius a Lapide (en néerlandais : Cornelis Cornelissen Van Den Steen) (1567-1637), théologien et bibliste de renom, François Du Bois, dit Franciscus Sylvius (1581-1649), étudiant en théologie à Douai puis successeur de Guillaume Estius, Peter Wadding (1581- 1644), théologien106, Antoine Sandérus (1586 – 1664), licencié en philosophie de l'université de Douai, étudie la théologie auprès de Guillaume Estius, Alexandre Wiltheim (1604-1684), théologien, fondateur de l’archéologie luxembourgeoise, Honoré Tournély (1658 – 1729), professeur de théologie, Edward Hawarden (Harden) (1662-1735), théologien, Étienne Célestin Enoch (1739 - 1825), évêque de Rennes, Louis-Joseph Dumarquez (1746-1805), chanoine, poète (fr.wikipedia.org - Universités de Douai).

Cornelius a Lapide est cité pages 30, 31, 35 et 36 de La Vraie Langue Celtique :

Elohim est le nom, par lequel les hommes ont tout d'abord désigné le Seigneur qui à créé la terre, et a daigné la bénir en la consacrant à sa gloire. L'expression hébraïque Elohim, disent les rabbins, est mise au pluriel par respect pour Dieu; car au singulier on dirait Eloha. Les hébreux le font dériver de el, fort et puissant et de ala, obliger, astreindre, parce que Dieu s'oblige et s'astreint pour ainsi dire à faire servir sa puissance à la conservation des choses créées. (VLC, p. 30)

Dieu était encore connu sous le nom de Saddaï, qui exprimait l'idée du créateur donnant la nourriture et l'abondance des choses nécessaires à la vie corporelle par sa libéralité, car Saddaï signifie large et libéral. (VLC, p. 31)

Nous avons écrit le nom de Jehova au moyen des lettres i, he, u, i, quoique le texte hébraïque porte i, he, u, he. Cornelius a Lapide relate à ce sujet la formule employée par les Juifs quand on les force à prêter serment ; afin de ne pas prononcer le nom divin et sacré, ils s'expriment ainsi : « Je jure par i, he, u, i, et ces lettres ajoute le même Cornélius, forment le vrai nom de Jéhova. La différence accusée par la quatrième lettre paraît au premier abord fort importante, mais en l'examinant avec soin, elle n'offre rien d'embarrassant ; car dans le pronom celtique ye, vous, il y a en même temps un y et un e, et c'est là, croyons-nous, le noeud d'une difficulté que la langue hébraï que moderne, réduite à ses seules forces, ne saurait résoudre. (VLC, pp. 35-36)

Cornelius a Lapide entre dans la Compagnie de Jésus à Tournai, le 11 juillet 1592 pour revenir ensuite poursuivre ses études de théologie à Louvain. Cornélius fut ordonné prêtre le 24 décembre 1595. Le vaste projet d’un commentaire encyclopédique des livres de la Bible ne fut interrompu que par sa mort en 1637. Le travail était alors presque achevé: il ne lui restait que le livre de Job et les Psaumes (fr.wikipedia.org - Cornélius a Lapide).

Psaume 31, Ecclésiaste et conscience

Cornelius a Lapide dans son Commentaire sur l'Ecclésiaste, cité par Boudet page 186 (31+155) relie le psaume 31 à la bonne conscience, ce que faisait déjà Luther (Martin Luther, Oeuvres choisies tome 10, Labor et Fides, 1967 - books.google.fr, Commentaria in sacram scripturam auctore Cornelio Cornelii A Lapide: Tomus 5. complectens commentaria in Ecclesiasticum. 5, 1855 - books.google.fr).

En interprétant Saddaï par la langue celtique, nous trouvons que les hommes sont rassasiés par un Dieu soucieux de ses créatures, – to sate (séte), rassasier, – to eye (aï) avoir l'oeil sur. (VLC, p. 31)

Avoir l'oeil sur : "L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn" (Victor Hugo, La Conscience, La Légende des siècles, 1ère série, 1859).

Rejetez loin de vous tout ce qui peut souiller et blesser voire conscience. Ne cessez point d'avoir l'œil sur vous, et de vous faire des leçons. Puisque vous avez péché, pensez que vous méritez d'être toujours dans la tribulation, et que votre peine continuelle doit être dece que vous ne vous conduisez pasmieux; efforcez-vous de vous recueillir et de gémir sur vos péchés. En vous livrant à la componction , vous trouverez la dévotion ; en renonçant aux consolations vaines et extérieures, vous attirerez en vous des consolations divines (L'imitation du Sacré-Coeur de Jésus-Christ, Baucé-Rusand, 1819 - books.google.fr).

François-Nicolas Chifflart (1825-1901), La Conscience, tiré de la Légende des Siècle, Fusain, vers 1885. Paris, Maison de Victor Hugo, © Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet - maisonsvictorhugo.paris.fr

Douza rend les mêmes honneurs funéraires à un autre héros, Walérand d'Hangouard. "O passant, dit le poète, salue la divinité tutélaire et le génie de ce lieu; il renferme les cendres de Walérand, ce généreux protecteur des pauvres auprès de» rois, le digne ami du grand César. Fidèle compagnon de cet immortel empereur (Charles-Quint), il le suivit sur terre et sur mer dans toutes ses brillantes conquêtes, sans cesse exposant sa vie à ses côtés, bravant tous les hasards, tous les écueils, tous les genres de mort, tant étoit grande la force de sa fidélité et de son amour: témoins le Danube, le Rhin, l'Italie entière ; témoin le Tage, depuis la sublime Tolède jusqu'à l'endroit où ce grand fleuve va colorer de ses flots d'or le palais de Nérée. Le héros que je pleure alla faire admirer sa bravoure aux pieds des murs de l'antique Carthage, chez les Numides, jusqu'à la mer de Barbarie, où pressé par des hordes ennemies, forcé de se sauver à la nage, menacé de deux morts presque inévitables par le fer et par les vagues, il fut sur le point de devenir la pâture des poissons de l'Afrique. Mais Neptune, qui n'est pas un Dieu si contraire à l'amitié, fut touché de celle de Walérand que ses forces abandonnoient, et lui tendit une main protectrice ; il lui fraya une route facile pour s'échapper. Le fidèle Batave, après mille dangers, revit César, qui pleuroit déjà sa mort; et ce grand prince lui dit en l'embrassant : Je termine ici Votre carrière militaire. C'est l'academie de Douai qui donna au vertueux Walérand les premiers élémens des lettres et, par reconnoissance, il lui donna lui-même un beau collège doté de son patrimoine. Vous parlerai-je de ses mœurs, de tout ce qu'il fit de bien , de sa probité, de sa religion ? Il faisoit vivre tous les pauvres, et il est mort. (On observe que l'université de Douai n'existoit pas encore dans la jeunesse de Walérand, puisqu'elle ne fut fondée que par Philippe II, fils de Charles-Quint ; mais c'étoit déjà une école célèbre depuis un siècle) (Jean Marie Louis Coupé, Les soirées littéraires, 1799 - books.google.fr).

Pierre Jean de Olivi est franciscain languedocien, destiné par les censures médiévales à une damnatio memoriae que certains mouvements spirituels dissidents avaient alors contrée, forçant l'image d'un penseur marginal. Olivi est une figure complexe qui a un pied dans la scolastique universitaire, un autre dans l'interprétation joachimite de l'histoire, et dont la personnalité est structurée par son identité franciscaine. Olivi est le seul franciscain de cette génération qui ait clairement maintenu cette orientation de l'anti-aristotélisme apocalyptique et prophétique du dernier Bonaventure.

Si l'on prend à la lettre les informations fournies dans le Transitus sacri patris – court récit de ses dernières heures que lisaient fréquemment les béguins de Languedoc lors de leurs réunions – il serait mort à Narbone, le 14 mars 1298, dans cinquantième année de son âge et la trente-huitième de son entrée en religion. En considérant ces durées comme indiquant des années non révolues, Olivi serait donc né entre mars 1248 et mars 1249 et aurait rejoint les frères mineurs au couvent de Béziers, à l'âge de 12 ans, en 1260/1261.

Dans son Perlegendis Philosophorum libris, peut-on lire :

16. Quant au troisième défaut, c'est-à-dire la finalité vaine, on peut adopter ce que dit l'Ecclésiaste, 1, 14: « J'ai regardé toutes les œuvres qui se font sous le soleil: eh bien, tout est vanité et affliction de l'esprit. En effet, s'il n'y a pas d'autre finalité ultime que celle que propose la philosophie mondaine, tout adviendra de la même manière pour l'insensé et pour le sage et « le sage meurt bel et bien avec l'insensé ». En effet, « cette injonction ne vise qu'à promouvoir la charité qui procède d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sans détours. Pour avoir dévié de cette ligne, certains se sont fourvoyés en un creux verbiage », comme le dit l'Apôtre dans la Première Lettre à Timothée 1, 5-6 (Sylvain Piron, Catherine König-Pralong, Olivier Ribordy, Tiziana Suarez-Nani, Pierre de Jean Olivi - Philosophe et théologien, 2010 - books.google.fr).